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3 Jean 1

    • 1 Chapitre 1.

      1 à 8 Vœux de l'ancien pour Gaïus. Il approuve sa conduite envers les frères étrangers.

      Voir 2Jean 1, note.

      L'histoire évangélique mentionne divers disciples de ce nom : l'un de Corinthe ; (Romains 16.23 ; 1Corinthiens 1.14) un autre de Macédoine ; (Actes 19.29) un troisième de Derbe. (Actes 20.4)

      Gaïus jouissait de l'affection particulière de Jean, qui lui prodigue les expressions de son approbation et de sa confiance. Il avait probablement une demeure assez vaste pour exercer largement l'hospitalité (verset 5 et suivants)

      Voir 2Jean 2, note.

      3 Le car (omis par Sin. seul) introduit le motif que l'apôtre a de croire à l'état prospère de l'âme de Gaïus.

      Grec : J'ai été fort réjoui des frères venant et rendant témoignage à la vérité de toi.

      Quelques interprètes concluent de ces participes présents que ces frères ne sont pas venus une fois seulement, mais à diverses reprises.

      Les mots : (grec) à la vérité de toi, sont expliqués de diverses manières.

      Les anciens exégètes entendaient par la vérité, l'Evangile, la vraie doctrine, et paraphrasaient : ta fidélité, ton attachement à la vérité, le fait que tu connais et possèdes la vérité.

      La plupart des modernes estiment que rendant témoignage à ta vérité signifie : ils attestent que tu as une véritable vie chrétienne.

      L'apôtre expliquerait lui-même ce qu'il entend par ta vérité, en ajoutant : selon que tu marches dans la vérité.

      Enfin Weiss suppose que Gaïus avait été calomnié auprès de l'apôtre. Les frères qui viennent, déclare Jean à son ami, rendent témoignage à la vérité en ce qui te concerne, c'est-à-dire ils attestent à ton sujet le véritable état des choses, (comparez Jean 5.33 pour ce sens du mot vérité) selon que toi tu marches, que tu te conduis, vraiment.

      Le grec porte : en vérité, et non dans la vérité. Cependant 2Jean 4 prouve que cette locution, même sans l'article, signifie "marcher dans la vérité," vivre d'une vie où la vérité chrétienne se manifeste pleinement. Et tel doit aussi être le sens du mot vérité dans l'expression : ils rendent témoignage de ta vérité. (Harnack.)

      8 Ces frères, qui étaient des étrangers, Jean le relève expressément (grec et cela étrangers, d'après Sin., B. A, C ; le texte reçu porte : pour les frères et pour les étrangers), c'est-à-dire des membres d'Eglises établies en d'autres contrées, voyageaient en qualité de missionnaires ou d'évangélistes itinérants.

      Il est probable que, comme Paul, ils se nourrissaient du travail de leurs mains. Mais comme ils donnaient de leur temps au Seigneur pour la prédication de l'Evangile, il était naturel que les chrétiens qui, tels que Gaïus, en avaient les moyens, pourvussent à leurs frais de voyage d'une manière digne de Dieu, c'est-à-dire conformément à l'amour que Dieu inspire pour des frères et pour les intérêts de son règne. (Comparer 3.13)

      Le motif que l'apôtre invoque à l'appui de sa recommandation (car, verset 7) c'est que ces missionnaires (grec) sont sortis, (comparez 1Jean 4.1) partis en mission, pour le nom de Jésus.

      De Jésus ne se trouve pas dans le texte, mais est sous-entendu, comme dans Actes 5.41. D'autres pensent que le complément sous-entendu c'est Dieu ; (verset 6) ils traduisent : pour son nom.

      Le but de ces prédicateurs est de faire connaître le nom du Sauveur, de travailler à son règne et à sa gloire. Et dans leur mission ils n'acceptent rien des païens auxquels ils annoncent l'Évangile. (Matthieu 10.8)

      A nous donc le devoir d'accueillir de tels hommes, ajoute l'apôtre ; par cette bonne œuvre, nous devenons coopérateurs avec eux pour la vérité.

      D'autres traduisent avec moins de vraisemblance : coopérateurs de la vérité.

      9 9 à 15 Diotrèphe blamé. Démétrius approuvé. Conclusion.

      Grec : Quelque chose.

      - L'Eglise est celle dont Gaïus faisait partie.

      - Une variante (minusc., Vulgate) porte : "J'aurais écrit à l'Eglise, mais..." On a supposé qu'il s'agissait de notre seconde épître canonique. (Comparer Introduction) Le contexte (versets 5-8,10) indique plutôt qu'il s'agit d'une lettre destinée à recommander les prédicateurs itinérants.

      Ce Diotrèphe paraît avoir été revêtu d'une charge dans l'Eglise. Il refusait sans doute de communiquer à l'Eglise les lettres de l'apôtre. Celui-ci informe Gaïus de l'envoi de la lettre. On peut croire que Diotrèphe, non seulement repoussait les missionnaires recommandés par Jean, (verset 10) mais s'élevait contre l'autorité de l'apôtre. Jean peint en un seul mot les secrets mobiles de Diotrèphe qui sont ceux de tous les chefs de parti, de tous les fondateurs de sectes : "Il aime à être le premier." L'orgueil, une vaniteuse ambition, voilà le sentiment qui cause la plupart des divisions dans l'Eglise.

      10 Grec : Je ferai souvenir de ses œuvres, sans régime direct ; la plupart sousentendent Diotrèphe, d'autres l'Eglise. Que cette menace est modérée et douce dans son expression ! L'autorité apostolique fut toujours une autorité toute morale, l'autorité de la vérité seule.

      Diotrèphe frappait d'excommunication les membres de l'Eglise disposés à recevoir les frères itinérants. Les rapports de Gaïus avec l'Eglise devaient être tendus, puisqu'il avait une fois déjà (versets 5,6) offert l'hospitalité à ces frères.

      11 Comparer 1Jean 3.8.

      N'imite pas le mal. Cette exhortation se rapporte tout d'abord à Diotrèphe et à sa conduite ; mais sa portée est plus générale : elle s'applique à toute la vie morale de Gaïus.

      12 Comparer Jean 19.35 ; 21.24.

      - Démétrius n'était pas le porteur de cette lettre, ni l'un des évangélistes itinérants, car ceux-ci étaient connus de Gaïus, qui les avait déjà reçus avec bienveillance. Les pressantes recommandations données à Démétrius semblent impliquer qu'il était suspect à Gaïus. Il était donc probablement un membre de l'Eglise de Gaïus, qui n'avait pas ouvertement rompu avec Diotrèphe et son parti. Weiss suppose que Jean avait adressé à Démétrius la lettre mentionnée verset 9.

      Le témoignage de la vérité, qu'il a, est différent de celui que tous lui rendent, et même de celui de Jean ; c'est le témoignage irrécusable que la vérité divine, c'est-à-dire la sainteté, se rend à elle- même dans la vie d'un homme, et dont tous ceux qui l'approchent ont bientôt conscience. Ce témoignage-là est plus sûr que celui de tous, car c'est le témoignage immédiat de Dieu dans un homme pénétré de son Esprit. Enfin, à ce double témoignage, l'apôtre ajoute le sien propre.

      Par ce nous il se désigne lui seul. (Harnack.) Il ne comprend pas dans ce pluriel ceux qui connaissent Démétrius, puisqu'il ajoute : Tu sais que notre témoignage est vrai. Il l'oppose d'ailleurs au témoignage de tous.

      14 2Jean 1.12, note.
      15 Grec : nom par nom.

      - Jean veut que chacun de ses amis reçoive un témoignage personnel de son souvenir et de son affection.

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