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APOCALYPSES

On désigne par ce nom une littérature religieuse florissante, surtout au sein du peuple juif aux alentours de l'ère chrétienne. Elle est de nature eschatologique, c'est-à-dire qu'elle a pour objet de dévoiler l'avenir réservé par Dieu à la nation juive et aux autres peuples de la terre. De là le nom d'apocalypse, qui signifie révélation Les révélations des Apocalypses n'ont pas trait à la vie religieuse et morale des personnes, au salut des âmes, mais aux choses dernières et aux catastrophes qui accompagneront la fin du monde. Les écrivains apocalyptiques prétendent puiser leurs inspirations et leurs oracles, non dans l'étude ou dans la méditation solitaire, mais dans un contact direct avec Dieu et ses anges. C'est au moyen de visions et d'extases qu'ils entrent en possession des vérités surnaturelles. Pour donner à leurs oeuvres un degré supérieur de certitude et d'autorité, ils en attribuent la rédaction à des hommes réputés pour leur piété et leur sagesse dans l'histoire d'Israël et particulièrement à ceux des temps les plus reculés de cette histoire, tels que : Hénoch, Noé, Daniel, Esdras, Baruch. La pseudonymie est un signe distinctif de l'Apocalyptique.

Par tous ces caractères, mais surtout par leur contenu eschatologique et leur prétention d'apporter des révélations nouvelles, les Apo diffèrent des livres apocryphes de l'A.T. et constituent une classe à part. On a défini les apocalypticiens des continuateurs des prophètes. Mais c'est méconnaître ce qui les distingue les uns des autres. Quoique le prophétisme ne nous soit plus connu aujourd'hui que par des écrits, il n'est pas cependant à l'origine une littérature. Ses moyens d'action furent la parole, la prédication vivante. Ce que les prophètes enseignaient à leurs auditeurs concernait non point un avenir éloigné, mais l'histoire présente et la situation actuelle du peuple. L'Apocalyptique, par contre, est d'essence littéraire dès sa naissance. Le recours aux extases et aux révélations n'est généralement qu'une pure convention. En réalité, les auteurs ont étudié les livres de leurs devanciers et surtout ceux des prophètes. Ils leur empruntent en les développant les thèmes, le langage, les images, les allégories, de sorte qu'il existe entre tous leurs ouvrages une grande analogie de style, d'expressions et de tournures littéraires. Cette parenté est d'autant plus frappante que l'objet des auteurs, préoccupés surtout de la description des choses finales, est beaucoup plus restreint que celui des prophètes. Tandis que l'attention de ces derniers est attirée et maintes fois détournée par les événements variables du jour, les premiers planent au-dessus du temps dans un monde imaginaire et conventionnel. L'aspect schématique propre à ces écrits provient de cette fixité de leurs traditions au double point de vue du fond et de la forme.

Les matériaux qu'emploient les Apo ne sont pas tous d'origine israélite. Les croyances des peuples païens, surtout les idées babyloniennes et iraniennes que les Juifs apprirent à connaître durant l'exil et en général par leur séjour à l'étranger, se reflètent à chaque page de leurs écrits. Plus tard, lors de la grande diaspora juive à travers tout l'empire romain, le judaïsme fut initié aussi à la science et à la philosophie de l'hellénisme et du monde romain. Tout cela laissa des traces dans sa religion, dans sa littérature et surtout dans les livres apocalyptiques. Des influences étrangères se font sentir sans conteste dans une série de sujets qu'ils traitent avec prédilection, tels que l'observation des phénomènes de la nature, principalement du monde astral, les mythes relatifs à la création et aux luttes de Dieu contre les monstres du chaos, la dernière levée de boucliers des puissances sataniques avant l'établissement du règne du Messie, la division de l'histoire de l'humanité en quatre périodes, etc. S'appuyant sur l'un ou l'autre de ces points, on a défini l'Apocalyptique une philosophie de l'histoire. On pourrait l'appeler aussi une cosmogonie, une philosophie de la nature. Mais il serait sans doute plus juste de dire qu'elle est un conglomérat de choses disparates, un réservoir où vinrent se déverser et se fondre en un tout peu harmonieux les croyances, les sciences, les philosophies, les mythologies et le folklore de toute l'antiquité. Ce ne fut pas un phénomène exclusivement juif : on retrouve des passages et des fragments apocalyptiques dans toutes les littératures religieuses, surtout dans les chapitres afférents à l'eschatologie : ainsi dans le parsisme, dans l'Inde, en Egypte et dans l'hellénisme (stoïcisme, livres sibyllins, Hésiode, Plutarque). Ce genre fut aussi cultivé plus tard dans l'Église chrétienne et l'Islam.

Le point essentiel de la doctrine apocalyptique, c'est la proximité du grand jour où Dieu établira son royaume sur la terre et jugera les hommes. La science apocalyptique s'efforce de calculer et de fixer ce moment, d'en discerner les signes précurseurs, c-à-d. les fléaux qui doivent s'abattre dans les derniers jours sur la nature et la société humaine, tels que les guerres, les discordes civiles, les tremblements de terre, les famines, les bouleversements du monde sidéral. Ces phénomènes annonciateurs de la fin sont dénommés « les douleurs de l'enfantement du Messie ». La création sera frappée par toutes ces calamités, parce qu'elle est foncièrement dégénérée. La terre a perdu sa fraîcheur première : il faut qu'elle disparaisse. Ce pessimisme qui va à rencontre de la foi des prophètes doit être ramené à des causes diverses. D'abord, le dualisme de la religion de l'Iran ne fut sans doute pas étranger à cette évolution. D'autre part, l'histoire même du peuple juif l'a, favorisé. Comme Israël était tombé dans la servitude politique et gémissait sous le joug étranger sans espoir de relèvement, les âmes pieuses en conclurent que Dieu s'était retiré de la nation juive, qu'il l'avait abandonnée à Satan et aux démons, et qu'un changement ne pouvait plus se produire que par une intervention directe du Dieu suprême qui exterminerait les Juifs renégats et les païens, adorateurs des faux dieux. Un point caractérise nettement le changement survenu dans la conscience religieuse du judaïsme, c'est la doctrine des deux éons : l'éon présent qui est passager, périssable et rempli de maux, et l'éon futur qui est éternel et plein de félicité.

Des différences notables se perçoivent dans les peintures eschatologiques des Apoc., surtout en ce qui concerne la participation du Messie au drame final. Parfois le Messie en est absent et Dieu seul est mis en scène. Quand le Messie paraît, on évoque à son sujet les souvenirs du roi David, et on considère son règne sous la forme politique et terrestre. Mais à côté de ce Messie juif surgit un être nouveau que les apocalypticiens ont confondu et ont cherché à amalgamer avec lui, sans toutefois y réussir complètement. C'est le Fils de l'Homme introduit pour la première fois dans la vision des quatre animaux de Daniel et que l'auteur désigne par le terme araméen de earnasch. Ce Fils d'Homme est d'origine non juive. Il possède des attributions diverses. Il est dépeint sous des couleurs transcendantes : c'est sur les nuages du ciel qu'il vient pour présider au jugement universel. Avant cet acte suprême a lieu un dernier soulèvement de toutes les forces adverses sous le commandement de Satan lui-même, appelé pour cette raison l'Antéchrist. Selon les uns, ce dernier est anéanti sur-le-champ par le Messie. Selon les autres, il est enchaîné pour un temps (voir l'Apocalypse johannique : le millénium). Relâché ensuite, il se révolte derechef contre Dieu et est exterminé définitivement avec tous les siens par le feu. Alors s'établiront de nouveaux cieux et une nouvelle terre, reproduction parfaite du paradis originel. Toutes choses seront remises en état, comme au premier jour de la création. Une correspondance mystérieuse règne entre le point de départ et le point d'arrivée de l'histoire du monde. Ce qui fut au commencement doit revenir et reviendra à la fin.

Bien que ces doctrines diverses manquent de coordination et soient loin de s'enchaîner en un système, elles forment néanmoins un ensemble caractéristique qu'on désigne couramment par ce nom d'Apocalyptique. Particulier d'abord au genre littéraire, ce terme s'emploie aussi par extension pour l'ensemble des croyances contenues dans ces écrits.

Quand on mesure l'Apocalyptique juive à l'idéal religieux du christianisme, on n'a pas de peine à reconnaître l'infériorité de la première. Sous prétexte de révéler au lecteur les mystères divins, elle le promène à travers les espaces illimités du monde et de l'histoire. Elle ignore la révélation chrétienne de l'universalité de l'amour divin et elle connaît moins encore le mystère de la croix. Les Apo sont des oeuvres d'école, d'une science théologique surannée et un peu prétentieuse, d'une inspiration souvent médiocre, parfois même douteuse. Néanmoins, elles ne sont pas sans avoir laissé des traces dans l'histoire religieuse postérieure. Plus d'une des idées chères à leurs auteurs ont pénétré dans le Canon du N.T. (évangiles synoptiques, épîtres pauliniennes) et dans l'Église chrétienne. A plus d'une époque leur lecture fut en bénédiction aux hommes. Dans les temps troublés où Israël risquait d'être absorbé par la culture grecque et de s'enliser dans l'immoralité, ces livres ont maintenu chez leurs lecteurs les traditions de pureté et de sainteté de la loi juive et entretenu dans leurs coeurs l'espoir en des jours meilleurs. Aussi, quand sonnèrent les heures de persécution pour l'Eglise chrétienne, devinrent-elles une lecture de prédilection pour les fidèles, qui y puisèrent courage et consolation. Avec les auteurs de ces livres ils se réfugiaient d'un présent enveloppé de ténèbres dans un avenir de lumière.

Sous un autre rapport encore l'Apocalyptique juive peut passer pour un acheminement vers le christianisme. Sans doute ces auteurs n'ont pas songé à abolir le mur qui séparait Israël du monde païen. Mais ils furent amenés à établir au sein même du judaïsme une séparation entre les Juifs restés fidèles et ceux qui reniaient leur foi. Et cette distinction des bons et des méchants, qui ne se couvrait plus avec celle des Juifs et des païens, prépara en une certaine mesure l'universalisme chrétien.

Le nombre des Apocalypses juives, qui virent le jour dans les derniers siècles de l'existence de la nation, est considérable. De beaucoup d'entre elles les noms seuls sont parvenus jusqu'à nous. Celles dont il va être question ci-après nous ont été conservées en entier ou par fragments.

Il convient de citer d'abord l'Apocalypse de Daniel, qui servit de modèle aux autres et qui eut les honneurs de la canonisation (voir Daniel).

Le Livre d'Hénoch. Cette Apoc, la plus étendue de toutes (elle contient 108 chap.), est un assemblage sans art et sans méthode de plusieurs écrits qui appartiennent à des époques et à des auteurs différents et qui traitent de sujets disparates. Après un exorde de cinq chap. qui touchent à tout ce qu'il plaît à l'auteur de mentionner, une première partie (ch. 6-36) parle des anges, de leur chute, de leur châtiment et de plusieurs visions d'Hénoch relatives aux merveilles du Ciel et de la Terre. Vient ensuite (37-71) le livre des Paraboles, dont le contenu est en majeure partie de nature eschatologique. Il traite du sort des justes et des pécheurs lors du jugement, de la participation du Fils de l'Homme à ce jugement, de l'Assomption d'Hénoch et de son intronisation comme Fils de l'Homme. Les chap. 72-83 contiennent le livre des ans et des mois. C'est un traité astronomique sur les lois des astres. Dans les chap. 83-go l'histoire du monde est révélée à Hénoch en songe et par des symboles comme celui des 70 pasteurs d'Israël. Les derniers chap. (91-108) donnent les exhortations d'Hénoch aux justes et aux impies, puis une Apo des semaines et un fragment noachique. On y a inséré en effet des prophéties de Noé qui se rapportent aux mêmes sujets : la destruction des anges et la cosmologie. Ces fragments dits noachique se trouvent aux chap. 6 à 11, 54 à 60, 65 à 69. Ils proviennent peut-être d'une Apo plus ancienne, a laquelle notre rédacteur a fait des emprunts et qui est sans doute tombée dans l'oubli à cause de l'intérêt plus considérable qui s'attachait à Hénoch.

Ainsi qu'il ressort de l'analyse du contenu, Hénoch expose la théologie et toutes les sciences historiques et naturelles qui s'enseignaient dans les écoles juives de son temps. C'est un essai de codification de toute cette sagesse scolastique. Mais elle ne procède pas uniquement du judaïsme et de l'inspiration de ses docteurs. Elle s'était développée sous l'influence des religions de l'Orient, en particulier de l'astrologie babylonienne et de l'eschatologie persane. Une gnose particulière, étrangère au nomisme synagogal, s'était infiltrée peu à peu dans certains cercles juifs adonnés aux doctrines mystiques. L'apocalyptique fut comme une fenêtre ouverte, par où un air frais d'Orient pénétra dans l'atmosphère de la casuistique juive. Parmi les importations orientales dans le judaïsme, il faut classer surtout la doctrine du Fils de l'Homme. On combina cette doctrine tant bien que mal avec le messianisme prophétique. Hénoch contient plus de détails sur le Fils de l'Homme que Daniel, mais il ne les a ni imaginés, ni ajoutés de son propre chef. Il a connu les mêmes traditions exotiques que Daniel et les a utilisées plus largement.

D'où vient qu'on attribua cette Apo à Hénoch ? D'après l'A.T., ce patriarche eut une fin mystérieuse, car il fut enlevé au ciel (Ge 5:24). Il était donc le personnage prédestiné pour assumer le rôle d'un initiateur à une gnose nouvelle. Comparable au Dante catholique dont il est le prototype juif, Hénoch, guidé par les anges, était censé avoir visité le ciel et l'enfer, tous les lieux où habitent les défunts, et avoir contemplé le sort qui leur était réservé. Nul mieux qu'un tel homme n'était à même d'instruire les mortels sur toutes les choses cachées, sur le passé et l'avenir.

L'époque de la rédaction d'Hénoch ne peut être établie qu'approximativement, au moyen de quelques indices plus ou moins sûrs. La vision des 70 pasteurs fait penser aux Macchabées. La grande corne, dont il y est question, désigne ou Judas Macchabée ou Hyrcan. La vision des dix semaines (chap. 91-93) donne un aperçu historique, qui s'arrête à la même époque. Dans les « Exhortations », il y a des allusions aux Pharisiens et aux Sadducéens, et aux luttes de ces partis qui caractérisent l'époque des Hasmonéens. Les Paraboles, la partie la plus récente du livre, appartiennent au déclin de la dynastie hasmonéenne. Elles sont écrites avant l'entrée en scène des Romains, dont l'auteur n'a pas connaissance. L'ancienne théologie, s'appuyant sur les passages relatifs au Fils de l'Homme, y voyait des interpolations chrétiennes et plaçait la rédaction de toute cette partie du livre après la naissance du christianisme.

Cet ouvrage fut très en faveur, non seulement dans les cercles apocalyptiques, mais encore dans l'Église naissante. Un écrit du N.T., l'épître de Jude (v. 14 et suivant) le cite formellement. Ailleurs dans le N.T. et chez les auteurs ecclésiastiques, les allusions indirectes à notre livre sont fréquentes.. L'original d'Hénoch paraît avoir été écrit en hébreu ou araméen. Il fut traduit en beaucoup de langues. Une version éthiopienne fut découverte et publiée dans la première moitié du siècle dernier. Cinquante ans plus tard on retrouva une partie considérable (ch. 1-36) de la version grecque. Une nouvelle traduction française d'après le texte éthiopien et annotée a été faite récemment par Francis Martin (Paris, 1906).

Nous possédons aussi un livre d'Hénoch en langue slave, composé primitivement en grec. Il reproduit le texte éthiopien, mais l'empreinte d'une main chrétienne est très visible en plusieurs endroits. Des remarques concernant le culte du Temple, les sacrifices qui s'y célèbrent et la recommandation de faire un pèlerinage aux lieux saints, prouvent que cette recension slave fut rédigée encore avant la destruction de Jérusalem en l'an 70.

L'Assomption de Moïse. Un grand nombre de livres apocryphes, attribués à Moïse, étaient répandus dans l'ancienne Église. Celui dont nous parlons ici était cité sous le nom d'Assomption (ou Ascension) de Moïse, parce qu'il racontait que Moïse, à la fin de sa carrière, fut emporté au ciel. Cependant, ce livre ne nous est parvenu qu'en un état très fragmentaire, et précisément la fin de l'ouvrage, relative à la disparition de Moïse, manque. Nous ne possédons plus que les premiers chapitres (1-12), qui rapportent les recommandations et paroles d'adieu du grand législateur à son successeur Josué. Il lui prédit toute l'histoire future d'Israël, entre autres l'entrée en Canaan, la ruine de Jérusalem et de son temple par Nabuchodonosor, l'exil et le retour, les règnes des Hasmonéens et d'Hérode le Grand. La durée de ce dernier est fixée à trente-quatre ans. Puis c'est la description de l'impiété des derniers temps. A ce moment, un lévite appelé d'un nom tout à fait énigmatique (Taxo) et ses sept fils donneront un bel exemple de fidélité. Enfin c'est l'apparition du royaume de Dieu et le châtiment des méchants. A en juger par ce fragment, l'Assomption fut d'abord un livre de prophétie ; Moïse y est appelé le grand prophète. Ce livre prophétique a sans doute existé d'abord seul, sans l'addition d'un récit de l'Assomption, et se terminait par une simple relation de la mort de Moïse. Les Pères de l'Église font mention d'un ouvrage appelé non Assomption mais Testament de Moïse (diatkèkè). Dans les milieux apocalypticiens,. on y aura ajouté plus tard la légende de l'Ascension, sans songer à élaguer dans les premiers chapitres les allusions à la mort de Moïse qu'on y trouve encore et qui nous renseignent sur l'état primitif des choses. En tout cas la spéculation des écoles juives s'est emparée du sujet de la disparition du grand prophète d'Israël et des circonstances spéciales où elle s'était produite, et cela avant l'ère chrétienne. Témoin l'épître de Jude, où il est question d'une dispute de l'ange Michaël et de Satan à propos du corps de Moïse, croyance empruntée à un livre apocryphe plus ancien. Les docteurs des trois premiers siècles estimaient que la citation de Jude provenait d'une « Assomption » ou d'une « Ascension » de Moïse.

Notre texte est une traduction latine fort défectueuse d'un original probablement grec. L'une des prophéties mises dans la bouche de Moïse peut servir à dater le livre. Les fils d'Hérode, est-il dit, régneront moins longtemps que leur père. L'aîné de ses trois fils (Archélaüs) ayant été déposé et exilé déjà en l'an 6 de notre ère, l'auteur se crut en droit de prédire la fin prochaine de toute la dynastie hérodienne. C'est donc à ce moment, à la nouvelle de la chute d'Archélaüs, qu'il a composé son livre. Il ne se doutait pas que le règne des deux autres fils devait encore se prolonger beaucoup. Plus on s'écarte de cette date de la fin d'Archélaüs, et moins il y avait lieu de relever la brièveté du règne des fils en comparaison de celui du père.

Apocalypse d'Esdras. La plus belle des Apocalypses juives, si l'on met Daniel à part, est sans contredit celle d'Esdras. On l'appelle aussi le 4 e Esdras, les livres canoniques d'Esdras, de Néhémie et un apocryphe attribué à Esdras étant désignés par la Vulgate comme les trois premiers livres d'Esdras. Le texte le plus ancien, c'est-à-dire l'original écrit sans doute en hébreu, et sa version grecque ne nous ont pas été conservés. Autrefois ce livre n'était connu que par une traduction latine fort imparfaite. Dans les temps modernes, on découvrit successivement de nombreuses versions : une arabe, une éthiopienne, une syriaque, une arménienne, une géorgienne, d'autres encore. Une lacune considérable du texte latin (au ch. 7) a pu être comblée grâce à un manuscrit de la bibliothèque d'Amiens provenant de Corbie. Le 4 e Esdras eut une grande vogue dans les cercles apocalypticiens juifs, où il servit de modèle aux auteurs d'écrits similaires (voir l'Apocalypse de Baruch). Le crédit dont il a joui dans l'Église chrétienne est attesté par le fait qu'il fut reçu temporairement dans le Canon. La Vulgate l'a placé à la fin de la collection. Il semble avoir été lu avec prédilection dès les premiers siècles par les chrétiens d'Espagne, en particulier par les Priscilliens. Un ms. latin qui date du VII e siècle a été trouvé récemment dans le nord de l'Espagne. Dans la liturgie mozarabique en usage chez un groupe de chrétiens espagnols dès avant le Moyen âge, se trouve inséré tout un fragment de notre Apoc, connu sous le nom d'Oraison d'Esdras.

L'Apocalypse d'Esdras se divise en sept parties :

La ruine du peuple d'Israël est un problème, car malgré ses défaillances, ce peuple vaut mieux que le reste du monde.

Dieu a des pensées d'amour à l'égard des Juifs, mais lui seul connaît le temps opportun pour les réaliser.

Les signes avant-coureurs de la fin et le jour du Jugement. Il y a sept degrés de félicité et de damnation. Les sept noms de Dieu. La grande prière d'Esdras.

4° à7° Les visions de Sion, de l'Aigle, du Messie, la glorification de Dieu, la rédaction miraculeuse de 84 livres et l'enlèvement d'Esdras. Les deux premiers et les deux derniers chapitres sont considérés par la Vulgate comme des Livres spéciaux et désignés par elle comme 5 e et 6 e livres d'Esdras. Plus que les autres, l'Apocalypse d'Esdras a gagné des lecteurs par son contenu édifiant et par la forme dramatique de l'exposé. Les sentiments profonds qu'elle exprime en font une lecture attachante, même pour le lecteur moderne. L'auteur ne s'arrête pas à l'aspect extérieur des choses, mais il désire en pénétrer le sens caché. Le coeur ulcéré par la destruction de la ville sainte, il agite, sans se lasser, le grand problème du mal et s'efforce de l'éclaircir par quantité d'images et de comparaisons. Ce n'est pas une étude abstraite, c'est un livre douloureux, plein d'émotion.

On ne peut assigner à ce livre une date précise. Si l'on en juge par les sentiments d'amertume que la destruction de Jérusalem a laissés dans son coeur, l'auteur appartient à la génération qui fut témoin de cet événement. Il a dû prendre la plume avant la fin du I er siècle de notre ère. Où, dans quelle province de l'empire, dans quelle ville (Rome ou ailleurs) a-t-il séjourné ? On ne saurait le dire. Quelques critiques ayant discerné dans l'ouvrage des conceptions divergentes, en ont inféré que l'auteur s'était servi de multiples sources pour le composer. Cette hypothèse paraît superflue, si l'on considère que les auteurs apocalypticiens ont pris de-ci de-là et amalgamé des matériaux très divers dans le cours des siècles. C'est là l'origine des incohérences, plus ou moins grandes, qu'on remarque dans toutes les Apo ; il est donc inutile d'y stipuler une pluralité de sources littéraires.

Esdras, qui avait restauré le peuple d'Israël et qui lui avait enseigné à nouveau les préceptes de Moïse, était le personnage dont il parut opportun d'inscrire le nom en tête de ce livre.

Souvent classé parmi les Pseudépigraphes (voir ce mot), le 4 e Esdras est désigné par l'abréviation Pseud. Esd dans le présent ouvrage.

L'Apocalypse de Baruch est proche parente de celle d'Esdras, bien que d'une inspiration et d'une valeur moindres. C'est une imitation de celle-ci, mais l'auteur n'a ni le talent, ni la chaleur de son prédécesseur. Elle se divise en sept parties :

elle traite d'abord de la destruction de Jérusalem par les Babyloniens ;

elle contient une complainte de l'auteur et la réponse que Dieu lui donne ;

des méditations sur la fin ;

une vision d'un cèdre et d'un cep de vigne qui représentent le Messie ;

l'auteur traduit son inquiétude concernant la fin dans une prière ;

6° à 7° mention de deux lettres dont l'une est adressée à neuf tribus et demie en exil en Assyrie, et l'autre aux deux tribus et demie exilées à Babylone.

Il est vraisemblable que cette oeuvre fut écrite primitivement en hébreu. L'auteur déclare lui-même qu'il la composa dans le voisinage de Jérusalem. Seule une traduction syriaque nous a été conservée. Elle fut découverte dans un ms. de Milan en 1871. Il y eut aussi une autre Apo grecque de Baruch, apparentée à la précédente, et dont nous avons une version abrégée en langue slave. On y traite du voyage que Baruch, guidé par un ange, fit dans les cieux.

L'auteur écrivit sous un nom d'emprunt conformément à la méthode apocalyptique. Son oeuvre est postérieure à l'Apocalypse d'Esdras. On peut en placer la rédaction dans les premières années du II e siècle de l'ère chrétienne. Baruch, connu dans l'histoire d'Israël par ce qu'en rapporte le livre de Jérémie, fut le disciple et l'ami du prophète, dont il partagea le sort. Il a tracé le portrait de son maître et édité ses prophéties. Il jouit d'une grande considération dans les Églises juive et chrétienne, où on lui attribua la composition d'une multitude d'écrits. Plusieurs docteurs de l'Église, comme Papias et Barnabas, en ont fait usage.

Le Livre des Jubilés, appelé aussi la Petite Genèse, reproduit, sous la forme d'un discours adressé à Moïse par un ange, l'histoire sacrée depuis la création jusqu'à l'institution de la Pâque (Ge 1 Ex 12). A cette histoire l'auteur ajoute de nombreux détails de nature historique ou législative dont les écoles juives avaient enrichi le texte biblique. Elles avaient érigé cette exégèse fantaisiste en une véritable science, connue sous les noms de Agada et de Halacha. Le but essentiel du livre des Jubilés est d'inculquer aux lecteurs l'origine divine et la sainteté des prescriptions mosaïques, et d'empêcher que le monde juif ne se laisse séduire par l'exemple des païens. Aussi n'est-ce qu'improprement qu'on peut ranger les Jubilés dans la catégorie des Apo ; leur caractère apocalyptique ne se manifeste qu'en ceci : c'est que toute l'histoire antérieure et future du peuple, inscrite sur des tables célestes, est révélée à Moïse, et qu'on lui fait connaître en même temps comment Dieu jugera ou récompensera ce peuple dans la suite. L'auteur relève avec soin à travers tout son exposé la division de l'histoire sacrée en périodes jubilaires de quarante-neuf années, périodes qui se décomposent en sept semaines d'années comprenant chacune sept ans. L'importance qu'il attribue à ce système chronologique a valu a son livre le titre de Jubilés.

Quant à l'époque de sa composition, on se base sur quelques allusions au règne de Jean Hyrcan. Il aurait donc été écrit vers la fin du II e siècle avant notre ère. C'est dans une traduction éthiopienne qu'il nous a été conservé. Cette dernière fut faite d'après une version grecque qui eut sans doute elle-même un original hébreu. Un tiers du livre existe en latin.

Les Testaments des douze Patriarches appartiennent à une classe de livres d'édification, dans lesquels les auteurs expriment leurs pensées sur l'histoire et la religion du peuple d'Israël. Ils les présentent comme étant les dernières volontés que les personnages célèbres d'autrefois, soit Abraham, soit Job, soit les douze fils de Jacob, avaient dictées à leurs descendants avant de mourir. Les Test. des douze Patriarches en particulier sont une imitation du Test, de Jacob qui se lit dans le chap. 49 de la Genèse. Comme leur père, les douze fils, sur le point de quitter la vie, font venir leurs enfants. Ils rappellent leur existence passée en l'illustrant de beaucoup d'anecdotes de provenance non biblique, mais agadique. Ils adressent ensuite de pressantes exhortations à leurs descendants et leur prédisent leurs destinées futures. Le point de vue religieux de l'auteur diffère tant soit peu du judaïsme officiel et légaliste des rabbins. Son idéal, il est vrai, n'est autre que la Loi. Il tient le sacerdoce en haute estime et le prise plus que la royauté. Il pousse même le rigorisme jusqu'à recommander les jeûnes et l'abstinence et il met en garde contre les désirs de la chair et du sang. Mais ces sentiments de l'écrivain sont dus à une inspiration intérieure et personnelle. Il prêche l'humilité, la droiture, la simplicité. Cet état d'âme l'apparente au groupe piétiste des Ébionim (les Pauvres d'Israël) dont la ferveur religieuse s'accommodait mal des moeurs dissolues de leurs compatriotes hellénisés de l'époque hasmonéenne. Un point intéressant de la psychologie de l'auteur, c'est son amour de la vie rurale et du travail champêtre. Il a en aversion l'agitation des cités et les occupations de leurs habitants, surtout le commerce, bien différent en cela de la juiverie moderne qui aime mieux se livrer au négoce qu'à l'agriculture.

Les premiers chrétiens ont trouvé dans notre livre des conceptions qui leur étaient sympathiques : non seulement la prédiction d'un Messie libérateur et de la proximité du royaume de Dieu, mais encore l'idée dualiste de l'histoire de l'humanité, l'opposition entre le siècle présent et le siècle à venir, le commandement de la crainte du Seigneur uni à l'amour du prochain, l'image des deux chemins ouverts devant chaque homme, etc. Dans ces circonstances, il n'est pas étonnant que les douze Test., bien que leur origine juive ne fasse pas de doute, aient alimenté aussi les méditations des prédicateurs chrétiens et que de ce chef le texte ait reçu des additions nombreuses. Ce fut une habitude répandue dans l'Église naissante d'adapter les anciens écrits du Judaïsme aux besoins du culte nouveau. Il n'est pas sûr, d'ailleurs, que l'original hébreu lui-même de notre livre n'ait pas été composé avec des matériaux de provenances diverses, étant donné qu'on y trouve des textes parallèles où le même événement est raconté deux fois. L'un des douze Test. (Nephthali) nous a été conservé en langue hébraïque. Outre le texte grec, il existe encore une version slave et une version arménienne dans laquelle une moitié environ des passages que la critique, déjà avant de connaître cette version, avait supposés être des interpolations chrétiennes, font défaut. La rédaction du livre peut être placée dans les années qui s'écoulèrent depuis les Hasmonéens jusqu'à la destruction de Jérusalem en 70.

Le Martyre d'Ésaïe. Dans la littérature patristique, il est souvent question d'un ou de plusieurs livres apocryphes qui circulaient sous le pseudonyme du prophète Ésaïe. On donnait à ces livres des titres différents : Martyre, Ascension, ou Vision d'Ésaïe. C'est au siècle dernier que le texte d'une version éthiopienne du Martyre fut publié. Ce texte, fort mal conservé, peut remonter jusqu'au V e siècle de notre ère et semble dériver d'une traduction grecque plus ancienne. La version éthiopienne est un ouvrage de compilation où des éléments d'origine juive et chrétienne sont mélangés. Elle peut dater du II e siècle Une première partie, écrite par un auteur juif, raconte le martyre d'Ésaïe et reproduit une ancienne légende d'après laquelle le prophète, pour échapper à la vengeance du roi Manassé, dont il avait dénoncé l'impiété, se retire au désert avec ses adhérents. Trahi par un Samaritain, il est arrêté et son corps est scié par le milieu. Il est probable qu'il y a une allusion à cette légende dans Heb 11:37 ; Justin et Tertullien la connaissent également. Dans la deuxième partie du livre (à partir du ch. 6) Ésaïe raconte ses visions : il lui fut donné de parcourir les sept cieux et de voir toute la vie de Jésus depuis sa naissance jusqu'à son retour au ciel. L'origine chrétienne de cette partie est certaine.

Oracles sibyllins. Des oracles de ce nom étaient colportés dans toute l'antiquité, tant en Orient que dans le monde de l'hellénisme et dans l'ancienne Rome. On les attribuait à des prophétesses appartenant à des époques et des peuplades différentes, et on leur donna le nom générique de Sibylles. L'origine et l'étymologie du mot nous sont inconnues. La plus célèbre des Sibylles de l'antiquité, pour le public cultivé de nos jours, est la Sibylle italienne de Cumes, chantée dans l'Enéide de Virgile. Les Sibylles avaient primitivement pour tâche d'annoncer aux individus comme aux cités des calamités de tous genres et de leur donner à ce sujet des exhortations et des avertissements qu'elles exprimaient en des termes obscurs.

L'idée qu'on se faisait de leur rôle se modifia lorsqu'on songea à rassembler par écrit de vieux oracles transmis jusqu'alors par la voie orale. Il se créa un genre littéraire, connu sous le nom de « Livres sibyllins », dont une grande partie (plus de 4.000 vers) est parvenue jusqu'à nous. Pour assurer à ces prédictions de l'autorité et en propager la lecture, on leur assigna une haute antiquité. On rapportait entre autres que quelques-uns de ces livres furent déjà offerts en vente à Tarquin l'Ancien et que depuis lors, jusqu'à l'époque impériale, les dirigeants de l'État y puisèrent leurs maximes politiques. Cette littérature sibylline, qui était née dans les pays de langue grecque et qui de là s'était répandue en Italie, passa aussi aux mains des Juifs hellénisants qui y virent un moyen précieux pour glorifier le judaïsme. En fin de compte elle fut cultivée également par les propagandistes de la religion chrétienne. Au Moyen âge son action ne fut pas encore éteinte, et l'on peut même en discerner des influences lointaines jusqu'au siècle dernier.

C'est la Sibylle juive qui offre le plus d'intérêt pour la théologie chrétienne. Les prophéties qu'on lui attribuait se sont conservées surtout dans les livres III-V de la collection. Il y a cependant dans ces livres, à côté des éléments juifs, beaucoup d'autres de provenance étrangère. L'auteur a intercalé dans ses élucubrations personnelles d'anciens oracles païens. Il met en scène l'histoire du peuple juif depuis Noé et le déluge jusqu'à l'établissement du règne messianique. Les traits les plus marquants de son oeuvre sont : la présentation des actions éclatantes du peuple d'Israël et des bénédictions dont il fut l'objet, comme ayant été annoncées d'avance par la Sibylle païenne, l'affirmation vigoureuse et convaincue du monothéisme juif, la dérision jetée sur l'idolâtrie, la description complaisante des châtiments réservés aux nations et la certitude triomphante de la venue prochaine du Messie juif.

Les livres sibyllins dont il est question ici se divisent en une série de morceaux plus ou moins étendus et dont la rédaction appartient à des époques différentes. Une grande partie du livre III doit être attribuée à un Juif d'Egypte qui a tenu la plume vers le milieu du II e siècle pré-chrétien. D'autres passages de ce livre et les livres IV et V reflètent des situations tout autres : on y trouve des allusions aux triumvirs romains, aux guerres civiles et à la domination de Rome sur l'Egypte.

G.B.

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      Genèse 1

      1 Au commencement DIEU créa les cieux et la terre.
      2 Et la terre était sans forme, et vide, et les ténèbres [étaient] sur la face de l'abîme ; et l'Esprit de Dieu se mouvait sur le dessus des eaux.
      3 Et Dieu dit : Que la lumière soit ; et la lumière fut.
      4 Et Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière des ténèbres.
      5 Et Dieu nomma la lumière, jour ; et les ténèbres, nuit. Ainsi fut le soir, ainsi fut le matin ; [ce fut] le premier jour.
      6 Puis Dieu dit : Qu'il y ait une étendue entre les eaux, et qu'elle sépare les eaux d'avec les eaux.
      7 Dieu donc fit l'étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue, d'avec celles qui sont au-dessus de l'étendue, et il fut ainsi.
      8 Et Dieu nomma l'étendue, cieux. Ainsi fut le soir, ainsi fut le matin ; [ce fut] le second jour.
      9 Puis Dieu dit : Que les eaux qui sont au-dessous des cieux soient rassemblées en un lieu, et que le sec paraisse ; et il fut ainsi.
      10 Et Dieu nomma le sec, terre ; et il nomma l'amas des eaux, mers ; et Dieu vit que cela était bon.
      11 Puis Dieu dit : Que la terre pousse son jet, de l'herbe portant de la semence, et des arbres fruitiers, portant du fruit selon leur espèce, qui aient leur semence en eux-mêmes sur la terre ; et il fut ainsi.
      12 La terre donc produisit son jet, [savoir] de l'herbe portant de la semence selon son espèce ; et des arbres portant du fruit, qui avaient leur semence en eux-mêmes, selon leur espèce ; et Dieu vit que cela était bon.
      13 Ainsi fut le soir, ainsi fut le matin ; [ce fut] le troisième jour.
      14 Puis Dieu dit : Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue des cieux, pour séparer la nuit d'avec le jour, et qui servent de signes pour les saisons, et pour les jours, et pour les années ;
      15 Et qui soient pour luminaires dans l'étendue des cieux, afin d'éclairer la terre ; et il fut ainsi.
      16 Dieu donc fit deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour dominer sur le jour, et le moindre pour dominer sur la nuit ; [il fit] aussi les étoiles.
      17 Et Dieu les mit dans l'étendue des cieux pour éclairer la terre,
      18 Et pour dominer sur le jour et sur la nuit, et pour séparer la lumière des ténèbres ; et Dieu vit que cela était bon.
      19 Ainsi fut le soir, ainsi fut le matin ; [ce fut] le quatrième jour.
      20 Puis Dieu dit : Que les eaux produisent en toute abondance des reptiles qui aient vie ; et [qu'il y ait] des oiseaux, qui volent sur la terre vers l'étendue des cieux.
      21 Dieu donc créa les grandes baleines et tous les animaux se mouvant, lesquels les eaux produisirent en toute abondance, selon leur espèce ; [il créa] aussi tout oiseau ayant des ailes, selon son espèce ; et Dieu vit que cela était bon.
      22 Et Dieu les bénit, en disant : Croissez et multipliez, et remplissez les eaux dans les mers, et que les oiseaux multiplient sur la terre.
      23 Ainsi fut le soir, ainsi fut le matin ; [ce fut] le cinquième jour.
      24 Puis Dieu dit : Que la terre produise des animaux selon leur espèce, le bétail, les reptiles, et les bêtes de la terre selon leur espèce ; et il fut ainsi.
      25 Dieu donc fit les bêtes de la terre selon leur espèce, et le bétail selon son espèce, et les reptiles de la terre selon leur espèce ; et Dieu vit que cela était bon.
      26 Puis Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux, et sur le bétail, et sur toute la terre, et sur tout reptile qui rampe sur la terre.
      27 Dieu donc créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il les créa mâle et femelle.
      28 Et Dieu les bénit, et leur dit : Croissez, et multipliez, et remplissez la terre ; et l'assujettissez, et dominez sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux, et sur toute bête qui se meut sur la terre.
      29 Et Dieu dit : Voici, je vous ai donné toute herbe portant semence qui est sur toute la terre, et tout arbre qui a en soi-même du fruit d'arbre portant semence, [et cela] vous sera pour nourriture.
      30 Mais [j'ai donné] à toutes les bêtes de la terre, et à tous les oiseaux des cieux et à toute chose qui se meut sur la terre, ayant vie en soi-même, toute herbe verte pour manger ; et il fut ainsi.
      31 Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait, et voilà il était très-bon ; ainsi fut le soir, ainsi fut le matin ; [ce fut] le sixième jour.

      Genèse 5

      24 Hénoc marcha avec Dieu ; mais il ne [parut] plus, parce que Dieu le prit.

      Exode 12

      1 Or l'Eternel avait parlé à Moïse et à Aaron au pays d'Egypte, en disant :
      2 Ce mois-ci vous sera le commencement des mois, il vous sera le premier des mois de l'année.
      3 Parlez à toute l'assemblée d'Israël, en disant : qu'au dixième [jour] de ce mois, chacun d'eux prenne un petit d'entre les brebis ou d'entre les chèvres, selon les familles des pères, un petit, [dis-je], d'entre les brebis ou d'entre les chèvres, par famille.
      4 Mais si la famille est moindre qu'il ne faut pour [manger] un petit d'entre les brebis ou d'entre les chèvres, qu'il prenne son voisin qui est près de sa maison, selon le nombre des personnes ; vous compterez combien il en faudra pour manger un petit d'entre les brebis ou d'entre les chèvres, ayant égard à ce que chacun de vous peut manger.
      5 Or le petit d'entre les brebis ou d'entre les chèvres sera sans tare, [et sera un] mâle, ayant un an ; vous le prendrez d'entre les brebis, ou d'entre les chèvres.
      6 Et vous le tiendrez en garde jusqu'au quatorzième jour de ce mois, et toute la congrégation de l'assemblée d'Israël l'égorgera entre les deux vêpres.
      7 Et ils prendront de son sang, et le mettront sur les deux poteaux, et sur le linteau de la porte des maisons où ils le mangeront.
      8 Et ils en mangeront la chair rôtie au feu cette nuit-là ; et ils la mangeront avec des pains sans levain, [et] avec des herbes amères.
      9 N'en mangez rien à demi cuit, ni qui ait été bouilli dans l'eau, mais qu'il soit rôti au feu, sa tête, ses jambes, et ses entrailles.
      10 Et n'en laissez rien de reste jusques au matin, mais s'il en reste quelque chose jusqu'au matin, vous le brûlerez au feu.
      11 Et vous le mangerez ainsi ; vos reins seront ceints, vous aurez vos souliers en vos pieds, et votre bâton en votre main, et vous le mangerez à la hâte. C'est la Pâque de l'Eternel.
      12 Car je passerai cette nuit-là par le pays d'Egypte, et je frapperai tout premier-né au pays d'Egypte, depuis les hommes jusques aux bêtes, et j'exercerai des jugements, sur tous les dieux de l'Egypte ; je suis l'Eternel.
      13 Et le sang vous sera pour signe sur les maisons dans lesquelles vous serez, car je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous, et il n'y aura point de plaie à destruction parmi vous, quand je frapperai le pays d'Egypte.
      14 Et ce jour-là vous sera en mémorial, et vous le célébrerez comme une fête solennelle à l'Eternel en vos âges ; vous le célébrerez comme une fête solennelle, par ordonnance perpétuelle.
      15 Vous mangerez pendant sept jours des pains sans levain, et dès le premier jour vous ôterez le levain de vos maisons ; car quiconque mangera du pain levé, depuis le premier jour jusques au septième, cette personne-là sera retranchée d'Israël.
      16 Au premier jour il y aura une sainte convocation, et il y aura de même au septième jour une sainte convocation ; il ne se fera aucune oeuvre en ces [jours-là] ; seulement on vous apprêtera à manger ce qu'il faudra pour chaque personne.
      17 Vous prendrez donc garde aux pains sans levain ; parce qu'en ce même jour j'aurai retiré vos bandes du pays d'Egypte ; vous observerez donc ce jour-là en vos âges, par ordonnance perpétuelle.
      18 Au premier mois, le quatorzième jour du mois au soir, vous mangerez des pains sans levain, jusqu'au vingt-unième jour du mois, au soir.
      19 Il ne se trouvera point de levain dans vos maisons pendant sept jours ; car quiconque mangera du pain levé, cette personne-là sera retranchée de rassemblée d'Israël, tant celui qui habite comme étranger, que celui qui est né au pays.
      20 Vous ne mangerez point de pain levé ; [mais] vous mangerez dans tous les lieux où vous demeurerez, des pains sans levain.
      21 Moïse donc appela tous les anciens d'Israël, et leur dit : choisissez, et prenez un petit d'entre les brebis, ou d'entre les chèvres, selon vos familles, et égorgez la Pâque.
      22 Puis vous prendrez un bouquet d'hysope, et le tremperez dans le sang qui sera dans un bassin, et vous arroserez du sang qui sera dans le bassin, le linteau, et les deux poteaux ; et nul de vous ne sortira de la porte de sa maison, jusqu'au matin.
      23 Car l'Eternel passera pour frapper l'Egypte, et il verra le sang sur le linteau, et sur les deux poteaux, et l'Eternel passera par-dessus la porte, et ne permettra point que le destructeur entre dans vos maisons pour frapper.
      24 Vous garderez ceci comme une ordonnance perpétuelle pour toi et pour tes enfants.
      25 Quand donc vous serez entrés au pays que l'Eternel vous donnera, selon qu'il [en] a parlé, vous garderez ce service.
      26 Et quand vos enfants vous diront : que vous [signifie] ce service ?
      27 Alors vous répondrez : c'est le sacrifice de la Pâque à l'Eternel, qui passa en Egypte par-dessus les maisons des enfants d'Israël, quand il frappa l'Egypte, et qu'il préserva nos maisons. Alors le peuple s'inclina, et se prosterna.
      28 Ainsi les enfants d'Israël s'en allèrent, et firent comme l'Eternel l'avait commandé à Moïse et à Aaron, ils le firent ainsi.
      29 Et il arriva qu'à minuit l'Eternel frappa tous les premiers-nés du pays d'Egypte, depuis le premier-né de Pharaon, qui devait être assis sur son trône, jusqu'aux premiers-nés des captifs qui [étaient] dans la prison, et tous les premiers-nés des bêtes.
      30 Et Pharaon se leva de nuit, lui et ses serviteurs, et tous les Egyptiens ; et il y eut un grand cri en Egypte, parce qu'il n'y avait point de maison où il n'y [eût] un mort.
      31 Il appela donc Moïse et Aaron de nuit, et leur dit : levez-vous, sortez du milieu de mon peuple, tant vous que les enfants d'Israël, et vous en allez ; servez l'Eternel, comme vous en avez parlé.
      32 Prenez aussi votre menu et gros bétail, selon que vous en avez parlé, et vous en allez, et bénissez-moi.
      33 Et les Egyptiens forçaient le peuple, et se hâtaient de les faire sortir du pays ; car ils disaient : nous sommes tous morts.
      34 Le peuple donc prit sa pâte avant qu'elle fût levée, ayant leurs maies liées avec leurs vêtements, sur leurs épaules.
      35 Or les enfants d'Israël avaient fait selon la parole de Moïse, et avaient demandé aux Egyptiens des vaisseaux d'argent et d'or, et des vêtements.
      36 Et l'Eternel avait fait trouver grâce au peuple envers les Egyptiens, qui les leur avaient prêtés ; de sorte qu'ils butinèrent les Egyptiens.
      37 Ainsi les enfants d'Israël étant partis de Rahmésès, vinrent à Succoth, environ six cent mille hommes de pied, sans les petits enfants.
      38 Il s'en alla aussi avec eux un grand nombre de toutes sortes de gens ; et du menu et du gros bétail en fort grands troupeaux.
      39 Or parce qu'ils avaient été chassés d'Egypte, et qu'ils n'avaient pas pu tarder [plus longtemps], et que même ils n'avaient fait aucune provision, ils cuisirent par gâteaux sans levain la pâte qu'ils avaient emportée d'Egypte ; car ils ne l'avaient point fait lever.
      40 Or la demeure que les enfants d'Israël avaient faite en Egypte, était de quatre cent et trente ans.
      41 Il arriva donc, au bout de quatre cent et trente ans, il arriva, [dis-je], en ce propre jour-là, que toutes les bandes de l'Eternel sortirent du pays d'Egypte.
      42 C'est la nuit qui doit être soigneusement observée à [l'honneur] de l'Eternel, parce qu'[alors] il les retira du pays d'Egypte ; cette même nuit-là est à observer à [l'honneur] de l'Eternel, par tous les enfants d'Israël en leurs âges.
      43 L'Eternel dit aussi à Moïse et à Aaron : c'est ici l'ordonnance de la Pâque : aucun étranger n'en mangera.
      44 Mais tout esclave qu'on aura acheté par argent sera circoncis, [et] alors il en mangera.
      45 L'étranger et le mercenaire n'en mangeront point.
      46 On la mangera dans une même maison, et vous n'emporterez point de sa chair hors de la maison, et vous n'en casserez point les os.
      47 Toute l'assemblée d'Israël la fera.
      48 Et si quelque étranger qui habite chez toi, veut faire la Pâque à l'Eternel, que tout mâle qui lui appartient soit circoncis, et alors il s'approchera pour la faire, et il sera comme celui qui est né au pays ; mais aucun incirconcis n'en mangera.
      49 Il y aura une même loi pour celui qui est né au pays et pour l'étranger qui habite parmi vous.
      50 Tous les enfants d'Israël firent ainsi que l'Eternel avait commandé à Moïse et à Aaron ; ils le firent ainsi.
      51 Il arriva donc en ce propre jour-là, que l'Eternel retira les enfants d'Israël du pays d'Egypte, selon leurs bandes.

      Lévitique 4

      1 L'Eternel parla encore à Moïse, en disant :
      2 Parle aux enfants d'Israël, et leur dis : Quand une personne aura péché par erreur contre quelqu'un des commandements de l'Eternel, en commettant des choses qui ne se doivent point faire, et qu'il aura fait quelqu'une de ces choses ;
      3 Si c'est le Sacrificateur oint qui ait commis un péché semblable à quelque faute du peuple, il offrira à l'Eternel pour son péché qu'il aura fait, un veau sans tare, pris du troupeau, en offrande pour le péché.
      4 Il amènera le veau à l'entrée du Tabernacle d'assignation devant l'Eternel, il posera sa main sur la tête du veau, et l'égorgera devant l'Eternel.
      5 Et le Sacrificateur oint prendra du sang du veau, et l'apportera dans le Tabernacle d'assignation.
      6 Et le Sacrificateur trempera son doigt dans le sang, et fera aspersion du sang par sept fois devant l'Eternel, au devant du voile du Sanctuaire.
      7 Le Sacrificateur mettra aussi devant l'Eternel du sang sur les cornes de l'autel du parfum des drogues, qui est dans le Tabernacle d'assignation ; mais il répandra tout le reste du sang du veau au pied de l'autel de l'holocauste, qui est à l'entrée du Tabernacle d'assignation.
      8 Et il lèvera toute la graisse du veau de l'offrande pour le péché, [savoir], la graisse qui couvre les entrailles, et toute la graisse qui est sur les entrailles.
      9 Et les deux rognons avec la graisse qui est sur eux, jusque sur les flancs, et il ôtera la taie qui est sur le foie [pour la mettre] sur les rognons ;
      10 Comme on les ôte du boeuf du sacrifice de prospérités, et le Sacrificateur fera fumer [toutes] ces choses-là sur l'autel de l'holocauste.
      11 Mais quant à la peau du veau et toute sa chair, avec sa tête, ses jambes, ses entrailles, et sa fiente,
      12 Et [même] tout le veau, il le tirera hors du camp dans un lieu net, où l'on répand les cendres, et il le brûlera sur du bois au feu, il sera brûlé au lieu où l'on répand les cendres.
      13 Et si toute l'assemblée d'Israël a péché par erreur, et que la chose n'ait pas été aperçue par l'assemblée, et qu'ils aient violé quelque commandement de l'Eternel, en commettant des choses qui ne se doivent point faire, et se soient rendus coupables ;
      14 Et que le péché qu'ils ont fait vienne en évidence, l'assemblée offrira en offrande pour le péché un veau pris du troupeau, et on l'amènera devant le Tabernacle d'assignation.
      15 Et les Anciens de l'assemblée poseront leurs mains sur la tête du veau devant l'Eternel.
      16 Et le Sacrificateur oint portera du sang du veau dans le Tabernacle d'assignation.
      17 Ensuite le Sacrificateur trempera son doigt dans le sang, et en fera aspersion devant l'Eternel au devant du voile, par sept fois.
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