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CHRONOLOGIE DU NOUVEAU TESTAMENT (2)

II CHRONOLOGIE DES TEMPS APOSTOLIQUES.

1.

LA PRIMITIVE ÉGLISE.

On célébrait la Pentecôte cinquante jours après le 16 nisan, jour où se faisait l'offrande de la gerbe d'épis nouveaux. S'il y a eu coïncidence du 15 nisan et du sabbat, l'année de la mort de Jésus, la Pentecôte de cette année a dû être un dimanche, comme l'entend la tradition chrétienne. L'envoi du Saint-Esprit aux apôtres a fait d'une vieille fête de la moisson le jour de naissance de l'Église. Nous parlerons maintenant des dates qui comptent pour l'histoire de la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem, en réservant les questions de chronologie paulinienne pour les deux paragraphes suivants.

La persécution que l'Église eut à souffrir de la part d'Hérode Agrippa I er (Ac 12:1) peut être datée assez exactement. Ce prince, petit-fils d'Hérode le Grand, avait obtenu de la faveur de Caligula, lors de l'avènement de celui-ci (mars 37), l'ancienne tétrarchie de Philippe, celle de Lysanias, puis vers 40 celle dont Hérode Antipas s'était vu déposséder. Après l'assassinat de Caligula (janvier 41), il reçut encore de Claude la Samarie et la Judée, et se trouva ainsi à la tête de tous les États qui avaient formé le royaume de son grand-père. Lorsque la mort le surprit, nous dit Josèphe (Ant., XIX, 8:2 ; G.J., II, 11:6), il régnait depuis trois ans accomplis sur toute la Judée (ici Judée signifie Palestine). Cela nous porte à l'année 44. La persécution ne peut pas être antérieure à 41, puisque c'est alors seulement que la Judée fut incorporée au royaume d'Agrippa. Elle semble, d'après les Actes, ne pas avoir précédé de beaucoup la fin cruelle du persécuteur, revenu de Jérusalem à Césarée (Ac 12:19). Si l'on en croit Josèphe, Agrippa fut frappé du mal qui devait l'emporter au moment où il donnait un spectacle en l'honneur de l'empereur. Nous savons que le retour de Claude, qui était parti en 43 pour la Grande-Bretagne, fut célébré à Rome par des jeux au commencement de l'année 44 (Dion Cass., LX, 23). En admettant que cet exemple a été suivi par Agrippa à quelques mois de distance, on peut faire de la Pâque pendant laquelle Pierre fut arrêté celle de la même année. Quoique mentionnée dans les Actes avant la persécution, la famine prédite par Agabus (Ac 11:27 et suivants) doit se placer un peu plus tard. L'auteur sacré note qu'elle arriva sous Claude (Ac 11:28), ce qui ne signifie pas que le fléau sévit dans tout l'empire en même temps, car dans ce cas on n'aurait pas pu se venir en aide d'une province ou d'une ville à l'autre. Nous savons par les historiens profanes qu'il y eut en effet de grandes disettes pendant le règne de cet empereur (Tacite, Ann., XII, 43 ; Suétone, Claud., 18 ; Dion Cass., LX, 11), et par Josèphe (Ant., XX, 5:2) que la Judée fut atteinte à l'époque du procurateur Tibère Alexandre, peut-être déjà sous son prédécesseur Cuspius Fadus, mais de toute façon en 45 au plus tôt. C'est après la mort d'Agrippa I er que le régime procuratorien fut rétabli et cette fois étendu à la Palestine entière (Ant., XIX, 9:2 ; G.J., II 11:6). Il semble que Luc, après avoir rassemblé dans sa notice d'Actes Ac 11:19-30 tout ce qu'il avait à dire de la fondation de l'Église d'Antioche, du travail de Barnabas et de Paul dans cette Église, de la prophétie d'Agabus et des mesures prises par les chrétiens d'Antioche pour secourir leurs frères de Jérusalem, revienne un peu en arrière pour raconter comment ceux-ci furent persécutés par le roi hérodien, peu de temps avant sa mort. Les derniers mots du ch. 12 reprennent le fil de la chronologie en signalant le retour des deux porteurs du secours envoyé à la communauté-mère.

Agrippa avait fait mettre à mort un des apôtres, « Jacques frère de Jean » (Ac 12:2). Certains critiques voudraient nous persuader que le texte portait primitivement : « Jacques et Jean son frère ». Il suivrait de là que la conférence dont Paul parle au ch. 2 des Galates, et à laquelle Jean prit part, devrait forcément avoir eu lieu avant 44. C'est pourquoi nous avons à toucher un mot d'une opinion qui intéresse surtout ce qu'on appelle le « problème johannique ». La trace du précoce martyre de Jean aurait été soigneusement effacée du récit des Actes à une époque où l'on croyait déjà que le disciple bien-aimé était mort à Éphèse après une longue vieillesse. Le principal appui de cette thèse subversive est un texte attribué à Papias et ainsi conçu : « Jean le théologien et Jacques son frère furent tués par les Juifs. » Mais ce texte n'a pour témoin que la citation qui en est faite dans une compilation historique du V e siècle, connue elle-même par des extraits qui datent de 600 à 800, puis dans un des manuscrits, d'une chronique du IX e siècle (ici sous cette forme : « Jean fut tué par les Juifs »). Il s'agit donc d'une notice dont le vrai contexte est inconnu, la teneur primitive douteuse, et dans l'histoire de laquelle une confusion entre Jean-Baptiste et Jean l'apôtre pourrait bien avoir joué un rôle, comme aussi l'idée que la parole de Jésus aux fils de Zébédée (Mr 10:39) avait dû s'accomplir par la mort violente des deux frères. Les. compilateurs de qui nous tenons ce problématique fragment, tout en le rapportant à Jean l'apôtre, ne songent point à y voir la preuve d'une fin si prompte de sa carrière. Et si saint Irénée et ses contemporains, qui possédaient l'ouvrage de Papias. aujourd'hui perdu, y avaient lu l'énoncé d'un fait aussi inconciliable avec la tradition relative au séjour et à l'activité de Jean en Asie, comment cette tradition aurait-elle pu s'accréditer ? Irénée n'aurait pas pu dire que Papias (né au plus tôt dans les années 70 !) avait été un des auditeurs, de l'apôtre. Et surtout Eusèbe ne se serait pas abstenu, dans le chapitre où il conteste cette affirmation d'Irénée (H.E., III, 39), de recourir à l'argument péremptoire que Papias lui-même lui aurait fourni par sa prétendue mention du double, martyre de l'an 44. Il convient donc d'écarter sans hésitation une hypothèse qui ajoute indûment à un passage bien clair des Actes ce que voudraient. y trouver les négateurs de l'authenticité de l'évangile de Jean (voir ce mot). D'après Josèphe (Ant., XX, 9:1), Jacques le frère du Seigneur fut lapidé par ordre du grand-prêtre Ananos, fils de celui que le N.T. appelle Annas (Anne), et cela pendant le temps qui s'écoula entre la mort du procurateur Festus et l'arrivée de son successeur Albinus. Un autre récit de Josèphe (G.J., VI, 5:3) noua, apprend qu'Albinus était à son poste lors de la fête des Tabernacles de l'année 62. C'est donc cette année au plus tard, et assez probablement cette année même, --la mort de Festus ne pouvant guère être antérieure, --que Jacques aurait été exécuté. Cependant Hégésippe, qui fait de ce martyre un récit détaillé (conservé par Eusèbe, H.E., II, 23), en rapproche la date de celle de l'investissement de Jérusalem par Vespasien.

C'est en 66 qu'éclata la grande guerre juive. La ruine du temple et de la ville sainte, annoncée par Jésus, se consomma dans les mois d'août et septembre 70. La communauté judéo-chrétienne, avertie d'En-haut d'avoir à fuir la cité condamnée, et se souvenant des instructions du Seigneur (Mr 13:14 et suivants et parallèle), s'était retirée à Pella, en Pérée, avant le commencement du siège (Eusèbe, H.E., III, 5:3). Elle ne fut pas atteinte par la catastrophe, et ceux de ses adhérents qui voulurent ensuite revenir en Judée ne furent pas empêchés., de le faire. Mais le temps de sa primauté était fini.

2.

SAINT PAUL DEVANT GALLION.

Il y a, dans la chronologie paulinienne, un point fixe qu'il faut marquer d'abord, et à partir duquel on peut ensuite compter, soit en arrière, soit en avant.

Nous savons par Ac 18:12 qu'étant à Corinthe, le grand apôtre eut à comparaître devant Gallion, proconsul d'Achaïe. Une inscription de Delphes, publiée en 1905 par M. E. Bourguet, permet d'établir avec assez d'exactitude la date de ce proconsulat. Cette inscription est mutilée, mais ce qui reste du texte laisse voir qu'elle reproduit une lettre de l'empereur Claude aux Delphiens. A la ligne 6, Junius Gallion est nommé avec le titre de proconsul. Le chiffre de 26, qu'on lit à la ligne 2, ne peut être que celui des acclamations impériales de Claude : vingt-six fois déjà, il avait été salué empereur à la suite de victoires des armées romaines. Ce renseignement permet de dater la lettre avec une précision suffisante. Voici comment. L'inscription de l' Aqua Claudia, à Rome, atteste que lorsque fut inauguré l'aqueduc qui porte son nom, Claude en était à sa 27 e acclamation impériale. Or, cette inauguration eut lieu le I er août 52 (Frontin, De Aquis, I, 13). Ainsi, la lettre aux Delphiens est sûrement antérieure à ce jour. D'autre part, une inscription de la ville de Kys, en Carie, porte la mention de la 26 e acclamation de Claude avec celle de la 12 e année de sa puissance tribunitienne, laquelle va du 25 janvier 52 au 25 janvier 53. Il y a donc coïncidence d'une partie au moins de cette année et du temps où le nombre des acclamations s'élevait à 26. Le terminus ad quem que nous venons d'établir (1er août 52) demeurant acquis, il se pourrait que Claude eût reçu pour la 26 e fois le titre d 'imperator avant d'entrer dans la 12 e année de son tribunat. Mais cette supposition est rendue extrêmement improbable par d'autres textes épigraphiques, où l'on voit la 22 e, puis la 24 e acclamation figurer dans la titulature de Claude au cours de sa II e année de pouvoir tribunitien. La vingt-troisième est naturellement supposée, et il faut encore réserver un intervalle pour la 25 e. Donc la lettre de Claude a dû être écrite pendant un temps qui a pour limite certaine, d'un côté, le I er août de l'année 52, et pour limite très probable, de l'autre, le commencement de cette année, ou plutôt la fin de l'hiver 51 à 52, puisque les opérations militaires n'étaient guère reprises avant le retour du printemps.

Cela étant, de quelle date à quelle autre Gallion a-t-il exercé ses fonctions proconsulaires en Achaïe ? Les gouverneurs de provinces sénatoriales, qui portaient tous le titre de proconsul, étaient nommés pour une année. Le cas exceptionnel d'une prorogation peut d'autant moins être envisagé ici que Gallion supportait mal le climat de la Grèce (Sénèque, Ep. mor., 104:1). Tibère avait décidé que les magistrats chargés d'un gouvernement provincial auraient à quitter Rome avant le I er juin, date à laquelle Claude substitua le I er avril, puis le milieu du même mois, ou plus exactement le 13, jour des ides d'avril (Dion Cass., LVII, 14 ; LX, 11 et 17). C'est à cette dernière disposition que Gallion a dû se conformer. On peut donc admettre qu'il était à son poste vers le milieu de mai. De quelle année ? Il a été proconsul de 51 à 52 suivant les uns, de 52 à 53 selon les autres. La première opinion nous paraît être la bonne. Il est assez clair que ce proconsulat n'était pas à son début quand le rescrit impérial fut communiqué aux Delphiens. En effet, si Gallion y est nommé, c'est sans doute parce qu'il avait eu à s'occuper des affaires de Delphes et probablement parce qu'il en avait fait rapport à l'empereur. Cela suppose des pourparlers et une correspondance qui ne trouvent pas bien leur place entre la venue du nouveau proconsul, entré en charge au printemps, et l'expédition de la lettre impériale, car enfin le I er août est un terme extrême : ce n'est pas la date même de la 27 e acclamation, mais une date où celle-ci était chose faite. Par contre, si Gallion a quitté son poste en mai 52, rien n'empêche que son nom figure sur une pièce officielle dont la date soit de peu antérieure à la fin de son gouvernement.

Reste à savoir à quel moment de l'année 51 à 52 Paul a comparu devant le magistrat romain. La façon même dont Luc introduit le récit de cette affaire (Ac 18:12) donne à penser qu'il s'agit d'un nouveau proconsul. C'est parce que Gallion est nouveau venu que les Juifs espèrent lui arracher une sentence contre l'apôtre. C'est parce que la magistrature de Gallion ne touche pas alors à sa fin que Paul peut ensuite rester à Corinthe un temps assez long (Ac 18:18) sans être inquiété. Ces considérations nous invitent à placer l'accusation juive à un moment peu éloigné de l'entrée en charge du proconsul, en juin par exemple ou au commencement de juillet 51, et l'embarquement de Paul pour la Syrie en automne, avant la mauvaise saison qu'évitaient autant que possible ceux qui se proposaient de naviguer. Ainsi on a l'espace voulu, quelque chose comme trois mois, entre sa comparution et son départ. Tirons maintenant parti du texte qui dit que Paul demeura à Corinthe un an et six mois (Ac 18:11). Si ces dix-huit mois comprennent la totalité du séjour, ainsi qu'on l'admet en général, il en résulte que Paul est arrivé à Corinthe au printemps de l'année 50. S'ils se rapportent seulement à la partie du séjour qui a précédé l'épisode de Gallion, c'est depuis le milieu de l'année 51 qu'il faut compter en remontant, et l'arrivée de Paul coïncide avec le début de 50. L'écart est de peu d'importance.

Ce résultat reçoit une confirmation qui n'est pas à négliger. Paul fit à Corinthe, dans les premiers temps de son séjour, la connaissance d'Aquilas et de Priscille, Juifs du Pont chassés de Rome par un édit de Claude (Ac 18:2), le même dont la mention se trouve dans Suétone (Claud., 25). Un historien chrétien du V e siècle, Orose (Hist. adv. paganos, VII, 6), donne pour date à cet édit la 9 e année de Claude (25 janv. 49-25 janv. 50). Il est vrai qu'il dit emprunter cette indication à Josèphe, et qu'elle ne figure pas dans les oeuvres de cet auteur. Mais quelle que soit l'origine du renseignement, il prend une valeur singulière par son accord avec la conclusion à laquelle on est amené par une tout autre voie. Si c'est en 49 qu'un décret d'expulsion a obligé Aquilas et Priscille à quitter Rome, ils devaient être, comme le disent les Actes, établis depuis peu à Corinthe quand Paul y arriva, trois mois au plus tard après le début de l'année 50.

3.

LES PRINCIPALES ETAPES DE LA CARRIERE DE SAINT PAUL.

Les dix-huit mois (si ce n'est plus) du premier séjour de Paul à Corinthe sont compris dans ce qu'on est convenu d'appeler son deuxième voyage missionnaire (Ac 15:36-18:22). Pour juger du temps écoulé entre le départ d'Antioche et l'arrivée à Corinthe, il faut tenir compte et de la longueur de l'itinéraire parcouru et de l'importance des travaux accomplis ; il faut compléter le récit des Actes à l'aide des lettres adressées aux Églises de Galatie et de Macédoine, dont la fondation date d'alors ; il faut noter, par exemple, que Paul s'arrêta à Thessalonique assez longtemps pour y recevoir par deux fois les dons des nouveaux chrétiens de Philippes (Php 4:16). L'intervalle doit bien être d'une douzaine de mois. Paul s'est donc mis en route vers le commencement de 49 ou la fin de 48, dans ce dernier cas assez tôt pour pouvoir franchir les défilés du Taurus avant le gros de l'hiver.

De toute façon, c'est en 48 que nous placerons la conférence de Jérusalem, ainsi que le conflit d'Antioche, qui apparemment l'a suivie de près. Entre Ga 2 et Ac 15, il y a des différences qui ne sont pas toutes faciles à expliquer ; mais les concordances l'emportent : même question, traitée entre les mêmes hommes, et pour l'essentiel même accord. Ce sont bien deux récits du même événement. On ne peut sans arbitraire identifier le voyage à Jérusalem dont parle Ga 2 avec celui qui est mentionné Ac 11:30 et Ac 12:25. Là, les circonstances sont tout autres : Barnabas et Paul ne vont à Jérusalem que pour porter un secours de la part de l'Église d'Antioche, et ce secours est remis aux anciens ; les apôtres ne sont même pas nommés. En outre, le silence de l'épître aux Galates sur la grande réunion racontée Ac 15 ne s'expliquerait que dans le cas où cette épître daterait d'avant cette réunion. Et alors, il faudrait admettre qu'elle a pour destinataires les habitants de la Pisidie et de la Lycaonie évangélisés lors du premier voyage de Paul (Ac 13 et Ac 14). Ces contrées faisaient partie, c'est vrai, de la Galatie au sens administratif, de la province romaine de la Galatie. Mais il vaut mieux ne pas avoir à chercher là les Galates auxquels Paul s'adresse dans son épître (3:1), car cette hypothèse « sud-galatique » se soutient mal. Les habitants de Lystre ou d'Antioche de Pisidie auraient été plutôt surpris de s'entendre appeler du même nom que les descendants des envahisseurs celtes fixés à Ancyre, Pessinonte et Tavium, sous prétexte qu'ils étaient gouvernés par le même légat propréteur. Nous ne croyons pas non plus à la possibilité de rapprocher Ga 2 de Ac 18:22. Dans ce dernier texte, les mots « étant monté et ayant salué l'Église » paraissent bien indiquer une visite de Paul à Jérusalem. Mais à cette époque il s'était séparé de Barnabas (Ac 15:39). Et rien ne donne à penser que cette visite ait marqué dans l'histoire de ses relations avec les premiers apôtres.

C'est donc en remontant à partir de 48, date du concile apostolique (Ga 2 =Ac 15), qu'il faut compter les quatorze ans après lesquels Paul dit être allé à Jérusalem avec Barnabas (Ga 2:1). La traduction « après » ou « au bout de », communément admise ici pour la préposition dia avec le génitif, est rejetée par M. Ch. Bruston. Selon lui, Paul écrirait avant le concile apostolique ; il voudrait dire que « pendant » les quatorze ans écoulés entre sa première venue à Jérusalem et le moment où il écrit, il y est retourné une fois, une seule, à savoir dans la circonstance rapportée par Ac 11:30. Mais lorsque la même préposition, suivie aussi d'une indication numérique de durée, a le sens de « pendant », « en l'espace de » (Ac 1:3, Mt 26:61), on veut parler d'une action qui se poursuit ou se répète durant tout le temps indiqué, et non d'une action qui tomberait à un moment donné de cette période. Le sens « après un intervalle de » est classique (Hérodote, VI, 118, « après vingt ans ») ; ici c'est le seul qui convienne.

La vraie difficulté est celle-ci : Paul compte-t-il dix-sept ans ou seulement quatorze, entre sa conversion et la conférence de Jérusalem ? Après la phrase relative à la conversion et à ses suites immédiates (Ga 1:15 et suivants), viennent trois « ensuite » qui s'enchaînent : « ensuite, trois ans après, je montai à Jérusalem » (Ga 1:18) ; « ensuite, je me rendis dans les régions de la Syrie et de la Cilicie » (Ga 1:21) ; « ensuite, au bout de quatorze ans, de nouveau je montai à Jérusalem » (Ga 2:1). Le deuxième marque la succession des faits, mais n'entre pas dans le compte des années. Le troisième, numériquement déterminé comme le premier, introduit le récit d'une nouvelle entrevue des apôtres. Cette indication reporte donc plus naturellement le lecteur à la mention de la première entrevue qu'au point de départ de l'énumération. Aussi admettrons-nous, quoique l'autre manière de compter ne puisse être péremptoirement exclue, que les quatorze ans de Ga 2:1 ne doivent pas comprendre les trois ans de Ga 1:18, mais s'y ajouter. Nous aurions donc 3 + 14 =17, et 48--17 = 31, date de la conversion. Il convient cependant de remarquer que l'usage des anciens permettait de dire « après trois années » du moment qu'on en était à la troisième selon le calendrier, et alors même qu'une seule des trois, celle du milieu, se trouvait entière, les deux autres n'étant représentées que par des fractions. Quand il s'agit de la résurrection de notre Seigneur, dont le corps devait rester dans le tombeau du vendredi soir au dimanche matin, « après trois jours » (Mr 8:31 9:31 10:34) ne signifie pas autre chose que « le troisième jour ». Ainsi, dans le cas qui nous occupe, la date qu'on obtient en soustrayant 17 de 48 correspond à un maximum possible d'intervalle. Mais on a des chances de serrer la réalité de plus près, en diminuant d'une unité, comme le font certains chronologistes, chacun des deux chiffres cités par l'apôtre, en comptant donc deux ans au lieu de trois, treize au lieu de quatorze, et quinze en tout au lieu de dix-sept ; ce qui ferait remonter la conversion de Paul non pas à 31 ap. J. -C, mais seulement à 33.

Ni les Actes ni les épîtres ne nous fournissent le moyen de préciser davantage. Si l'apparition qui a converti Saul de Tarse est mise par saint Paul à la suite de celles qui avaient été accordées à ses prédécesseurs dans l'apostolat (1Co 15:5,8), il n'en résulte pas nécessairement qu'elle doive avoir eu lieu à une date très rapprochée de la mort du Christ. Les événements racontés dans les premiers chapitres des Actes, y compris la mort d'Etienne, la persécution qui suivit, et l'évangélisation de la Samarie par les disciples que la persécution avait dispersés, paraissent plutôt réclamer un intervalle assez long. Le Sauveur ayant été crucifié au printemps de l'an 30, ce n'est qu'à la rigueur qu'on peut dater de l'année suivante la conversion de Saul le persécuteur. Pour la placer en 31, plus précisément en automne de cette année, on s'est appuyé sur un passage de l'Ascension d'Ésaïe, pseudépigraphe dont la partie chrétienne date du II e siècle. On y lit (9:16) que le Fils de l'homme restera 545 jours (dix-huit mois) dans ce monde après sa résurrection. Irénée a recueilli la même donnée chez les gnostiques (Adv. hoer., I, 3:2, 30:14). Suivant une hypothèse adoptée par Harnack, cette croyance proviendrait de ce qu'il s'était écoulé dix-huit mois entre la résurrection et l'apparition à Paul, envisagée comme la dernière de celles du Christ ressuscité. C'est peut-être faire bien de l'honneur à une telle tradition que de lui attribuer une origine historique. Nous nous bornerons donc à maintenir la possibilité de la conversion en 31, tout en donnant la préférence à la manière de compter qui retarde cet événement d'un à deux ans.

Mais on invoque souvent, en faveur d'une date plus tardive encore, un argument tiré de l'épisode de la fuite de Damas (Ac 9:23,25,2Co 11:32 et suivant). Selon notre estimation, cet épisode, à la suite duquel Paul vint à Jérusalem pour la première fois après sa conversion, se placerait en 34 (trois ans après 31) ou mieux en 35 (deux ans après 33). Mais la mention de « l'ethnarque du roi Arétas », dans le texte de 2 Cor., est interprétée par bien des auteurs comme établissant que ce roi nabatéen (Arétas IV, père de la première femme d'Hérode Antipas) était alors en possession de la ville de Damas. On juge peu vraisemblable qu'il ait pu s'en emparer de force, mais on suppose-qu'il l'aurait reçue amiablement de l'empereur Caligula. Ainsi l'évasion dans la corbeille serait postérieure à la mort de Tibère (37), et la conversion de Paul devrait être retardée en conséquence. Mais il n'y a d'autre preuve de cette prétendue cession que l'absence de l'effigie de Caligula et de celle de Claude dans la série des monnaies de Damas. Preuve trop négative pour appuyer suffisamment une telle hypothèse. Nous ignorons du reste la nature exacte des pouvoirs que possédait ledit ethnarque, comme aussi la nature exacte des circonstances qui ont rendu possible l'organisation du guet-apens auquel Paul n'échappa qu'à si grand'peine. Si l'on veut que cette affaire soit en rapport avec une éclipse de l'autorité romaine à Damas, pourquoi ce phénomène, d'assez peu de durée pour que les historiens n'en disent mot, ne se serait-il pas produit à une date antérieure à 37 ? Tout ce qu'on peut conclure, au point de vue chronologique, du bref passage où Paul évoque cette périlleuse aventure des premiers temps de son apostolat, c'est qu'elle date d'avant la mort d'Arétas, qui survint en 40. Et cette conclusion n'est guère utile pour nous, car nous n'avons pas besoin d'autant de marge qu'elle nous en laisse.

Nous avons parlé plus haut de la famine prédite par Agabus. C'est en 45 ou en 46 que Barnabas et Paul ont dû venir à Jérusalem avec l'offrande fraternelle de l'Église d'Antioche. Nombreux sont les critiques qui nient ce voyage, le considérant comme exclu par les déclarations de l'épître aux Galates. Il est vrai que Paul ne mentionne qu'une visite faite par lui aux apôtres entre sa conversion et la conférence apostolique. Mais s'il prend Dieu à témoin de l'exactitude de son dire (Ga 1:20), ce n'est point pour assurer que l'énumération de ses voyages à Jérusalem sera complète. Il veut prouver qu'il tient son mandat de Dieu et non des hommes (Ga 1:11 et suivant). Cette preuve est faite puisqu'il n'a vu Pierre et Jacques que trois ans après s'être converti, et qu'il n'a pas attendu leur approbation pour prêcher l'Évangile. Cependant les « colonnes de l'Église » ont expressément reconnu la validité de sa mission, et il veut aussi qu'on le sache. C'est pourquoi il parle ensuite de l'entrevue de 48. Mais quand il dit : « Je montai de nouveau à Jérusalem » (Ga 2:1), rien ne force à croire que ce de nouveau signifie pour la seconde fois. Il ne serait guère utile à son dessein de noter qu'on l'a vu une fois à Jérusalem dans l'intervalle, à un moment où Pierre n'y était probablement pas. (cf. Ac 12:17) S'il mentionne sa promesse d'intéresser les Églises des Gentils au sort de la communauté primitive, c'est que cette promesse, à laquelle il n'a pas manqué de faire honneur (Ga 2:10), a la valeur d'un gage d'union. Il n'est pas obligé pour cela de rappeler que déjà auparavant il était venu avec Barnabas, comme délégué de l'Église d'Antioche, alors qu'il ne s'agissait que de secourir des frères durement éprouvés.

De 45/46 à 48, on a le temps voulu pour le voyage missionnaire raconté aux ch. 13 et 14 des Actes, et pour le séjour de quelque durée que Paul et Barnabas firent à Antioche (14:28) avant de se rendre à la conférence de Jérusalem. Après les nouvelles pérégrinations qui remplissent l'année 49, vient l'important séjour à Corinthe dont on peut, grâce au synchronisme que nous avons étudié, faire le pivot de la chronologie paulinienne, et qui s'étend selon nous du début ou du printemps de 50 à l'automne de 51. De retour à Antioche, Paul y resta un « certain temps » (Ac 18:22), c'est-à-dire sans doute y séjourna pendant l'hiver de 51 à 52. Puis il se remit en route et parcourut la Galatie et la Phrygie, « fortifiant tous les disciples » (Ac 18:23). On ne nous dit pas combien cette tournée apostolique prit de mois, mais il nous paraît excessif de la faire durer jusqu'au printemps de l'année suivante. Disons seulement que l'année 52 devait être à son déclin quand, des hautes régions de l'Asie Mineure, Paul arriva à Éphèse.

Le séjour qu'il fit dans cette ville fut long, riche en travaux et en combats (Ac 19,1Co 15:32 16:9,2Co 1:8 et suivants), et coupé par un voyage à Corinthe (2Co 2:1 12:14 13:1 et suivant). Dans son discours de Milet, adressé aux anciens de l'Église d'Éphèse, il évalue à trois ans la durée de son ministère au milieu d'eux (Ac 20:31). L'auteur des Actes indique trois mois de prédication à la synagogue (Ac 19:8) et deux ans d'enseignement à l'école de Tyrannus (Ac 19:10). Mais il est possible que ces deux chiffres n'embrassent pas la totalité du séjour : il faudrait y ajouter le temps que Paul resta en Asie après avoir envoyé Timothée et Éraste en Macédoine (Ac 19:22). D'autre part, en disant « trois ans », l'apôtre peut arrondir son total. On ne doit pas être loin de compte en admettant que cette période éphésienne a commencé en 52 (automne) et s'est terminée en 55 (printemps), ce qui fait deux années et demie.

En Macédoine, où il passa ensuite après un arrêt à Troas, (Ac 20:18,2Co 2:12 et suivant) Paul paraît avoir déployé une grande activité, malgré le tourment d'esprit que lui causait la crise corinthienne et malgré les difficultés que lui suscitaient comme partout les ennemis de son oeuvre (2Co 7:5). Il s'occupa de la collecte en faveur des saints de Jérusalem, à laquelle les Églises de Macédoine contribuèrent généreusement (2Co 8:1 et suivants). Il travailla aussi parmi les païens : c'est alors, semble-t-il, qu'il porta l'Évangile jusqu'aux confins de l'Illyrie, sinon jusqu'à l'intérieur de ce pays (Ro 15:19). Rejoint entre temps par Tite, qui lui apportait des nouvelles rassurantes de Corinthe (2Co 7:6 et suivant), il l'y renvoya (2Co 8:6), probablement avec la lettre que nous appelons la seconde aux Corinthiens. A la fin de l'année, il se rendit lui-même en Grèce, c'est-à-dire sans doute à Corinthe, et y séjourna trois mois (Ac 20:2 et suivant), qui doivent correspondre à l'hiver de 55 à 56. Revenu en Macédoine, il s'embarqua à Néapolis, port de Philippes, « après les jours des azymes » (Ac 20:6). Si l'on était certain que ce départ eut lieu le lendemain même du 21 nisan, dernier jour des solennités pascales, on pourrait, en tenant compte des cinq jours de traversée de Néapolis à Troas, puis des sept jours d'arrêt dans cette ville, remonter à partir du lundi, jour où Paul quitta Troas (verset 7), jusqu'au jour où la Pâque avait été célébrée cette année ; et l'astronomie pourrait intervenir pour déterminer de quelle année il s'agit, avec toutes les réserves qu'appelle le caractère peu rigoureux des observations lunaires sur lesquelles se fondait le comput juif. Mais rien ne prouve que l'apôtre et ses compagnons ne se soient pas embarqués quelques jours seulement après la fin de la fête. On n'est pas absolument sûr, d'ailleurs, de la façon dont les cinq et les sept jours d'intervalle doivent être comptés. Il est question plus loin de la hâte de Paul, qui voulait être à Jérusalem avant la Pentecôte. Cette hâte se comprend d'autant mieux si d'abord il ne s'était pas autrement pressé--c'est bien ce que semble indiquer son séjour d'une semaine à Troas--, ou avait été retardé par les circonstances. Qu'il soit ou non arrivé à temps, son arrestation dut suivre d'assez près son arrivée (Ac 21:17 et suivants, 27 et suivants). Elle se placerait donc aux environs de la Pentecôte de l'an 56.

Paul était prisonnier depuis deux ans quand le procurateur Félix fut remplacé par Festus (Ac 24:27). Si nos estimations sont justes, ce changement a eu lieu en 58. Mais plusieurs chronologistes, pour les raisons que nous allons dire, croient devoir le mettre à une date antérieure, et avancer en conséquence celle de l'emprisonnement de Paul. Josèphe raconte (Ant., XX, 8:9) que Félix, rappelé à Rome et accusé par les Juifs devant Néron, fut acquitté à cause du crédit dont jouissait son frère Pallas. Le retour de Félix aurait ainsi précédé la disgrâce de Pallas, qui se produisit peu avant le 13 février 55, jour où Britannicus devait avoir quatorze ans (Tacite, Ann., XIII, 14:15 ; Suétone, Claud.. Mais comme le règne de Néron a commencé le 13 octobre 54, on ne voit pas la possibilité de faire tenir entre cette date et le milieu de février tous les événements qui se sont passés en Palestine après la mort de Claude, puis le rappel du procurateur, son voyage à Rome, son procès. Il faut croire que Pallas avait gardé assez d'influence, même après sa chute, pour pouvoir aider l'un des siens à se tirer d'une mauvaise affaire. A moins encore que son intervention n'ait été imaginée pour expliquer un non-lieu dont les Juifs avaient dû être extrêmement mortifiés. Ce que dit Josèphe du rôle de Pallas dans le procès de Félix ne saurait donc nous obliger à reporter plus tôt les événements de cette partie de la vie de Paul.

Mais on en appelle aussi à la Chronique d'Eusèbe, dont l'édition latine, due à saint Jérôme, donne pour date au remplacement de Félix par Festus la 2 e année de Néron (la date encore plus hâtive indiquée par la version arménienne de la Chronique, à savoir la 14 e année de Claude, est contredite par Eusèbe lui-même, H.E., II, 22:1). Il s'agirait alors de l'année 55 /56, et l'arrestation de Paul se trouverait remonter à la Pentecôte de 54. Voici cependant qui nous empêche de nous fier ici à Eusèbe. Au moment où Paul fut arrêté, le tribun crut avoir affaire à un Égyptien qui s'était mis quelque temps auparavant à la tête d'une révolte (Ac 21:38). Josèphe raconte la tentative de cet aventurier (Ant., XX, 8:6 ; G.J., II, 13:5) ; il la place après l'avènement de Néron, donc pas avant octobre 54. Conséquence : Félix ne peut avoir été remplacé en 55 /56. car si tel était le cas, Paul, deux ans plus tôt, aurait été pris pour l'auteur d'une sédition qui n'avait pas encore éclaté. Ce n'est pas tout. L'entrée en charge de Félix peut être fixée assez exactement à l'année 52. Josèphe (Ant., XX, 7:1) la mentionne juste avant de noter l'achèvement de la 12 e année du principat de Claude (janvier 53). D'après Tacite (Ann., XII, 54), Félix avait déjà gouverné une partie de la Palestine du temps de Cumanus ; mais Josèphe, ici plus précis et plus circonstancié, le fait venir de Rome seulement après la révocation de son prédécesseur (que Tacite raconte aussi comme un des événements de l'année 52). Dès lors est-il possible que Paul, comparaissant devant Félix en 54, lui ait dit qu'il gouvernait la nation juive « depuis plusieurs années » ? (Ac 24:10) Même si c'est là une formule de politesse, elle se comprend mieux deux ans plus tard.

Quelques-uns admettent cependant qu'Eusèbe est en retard d'une année et compte l'année 56/57 pour la 2 e de Néron. L'emprisonnement de Paul tomberait alors en 55, date qui se rapprocherait déjà davantage des vraisemblances historiques. Seulement le synchronisme de Gallion empêche de faire commencer le troisième voyage avant l'année 52 ; et ce voyage, ou plutôt cette grande période d'activité qui comprend le séjour à Éphèse, ne peut pas se réduire à trois ans et une fraction. Une année de plus est nécessaire. Il est à peu près sûr, d'un autre côté, que le rappel de Félix n'est pas postérieur à 60. En effet, il ne faut pas compter moins de deux ans pour les événements qui se sont passés sous le successeur de Félix, Festus. Et c'est en 62 au plus tard que celui-ci mourut, puisque Albinus, qui lui succéda, était déjà en Palestine en automne de cette année. Comme les fonctions de Félix ont débuté en 52, et qu'on doit bien leur attribuer une longueur totale d'au moins six ans, le flottement se limite entre 58 et 60. Ceux qui optent pour la date moyenne de 59 doivent mettre l'arrestation en 57. C'est possible en comptant trois années pleines pour le séjour à Éphèse, et en allongeant de quelques mois, soit le voyage d'Antioche à Éphèse (Ac 18:23 et Ac 19:1), de manière que Paul n'arrive dans cette ville qu'au printemps de 53, soit la phase Troas-Macédoine (2Co 2:12,13, Ac 20:1-2), qui aurait commencé en 55 et rempli presque toute l'année 56. La supputation à laquelle nous nous sommes arrêté nous paraît avoir l'avantage de ne pas trop distendre les intervalles, sans toutefois avoir l'inconvénient de les resserrer trop.

Le départ de Paul pour Rome, décidé dès que Festus, nouvellement entré en charge, l'eut entendu en appeler à César (Ac 25:12), eut lieu dans l'automne de la même année, qui est pour nous l'année 58. Le jeûne de Kippour était passé quand le navire qui portait l'apôtre et ses compagnons toucha à Beaux-Ports, sur la côte méridionale de l'île de Crète (Ac 27:8 et suivant). Les trois mois de séjour à Malte après la tempête et l'échouage, puis le voyage de Malte à Syracuse et de Syracuse à Rome (28:1,15), nous amènent à la fin de février ou au commencement de mars de l'année 59. Et deux ans après, en 61, s'achève le temps pendant lequel Paul fut gardé à domicile par un soldat (Ac 28:16,30).

La tradition très ferme de l'ancienne Église est que les apôtres Pierre et Paul ont subi tous deux le martyre à Rome, sous Néron. Il n'y a aucune raison valable d'en douter, mais la date de leur mort ne peut pas être fixée avec certitude, et quand Denys de Corinthe (cité par Eusèbe, H.E., II, 25:8) déclare qu'ils ont rendu témoignage « dans le même temps », on n'est pas sûr que cette simultanéité doive s'entendre à la lettre.

Une opinion qui s'exprime souvent est que Paul a été condamné et exécuté au bout de ses deux ans de captivité mitigée. Mais si la carrière de l'apôtre s'était terminée à ce moment-là et de cette façon, l'auteur des Actes l'aurait su, puisqu'il parle de ces deux ans comme d'une période close et révolue. Et il n'aurait pu moins faire que d'indiquer d'un mot ce dénouement tragique, qu'on ne pouvait espérer cacher en le taisant, à supposer qu'on en eût envie. Selon toute apparence, Luc se proposait de reprendre dans un autre livre son récit interrompu. On ne sait ce qui l'a empêché de donner cette suite à son ouvrage, mais c'était une bonne manière de l'amorcer que de dire brièvement comment Paul, arrivé à Rome, y vécut en attendant l'issue de son procès. Seulement, si ce procès--le premier--n'avait pas abouti à un élargissement suivi d'une nouvelle phase d'activité missionnaire, il n'eût pas été raisonnable de laisser en suspens une histoire qui allait toucher à sa fin. La mention du voyage en Espagne, qui se trouve dans l'épître de saint Clément aux Corinthiens sous la forme d'une périphrase d'ailleurs assez claire (V, 7), puis en termes exprès dans le fragment de Muratori, ne doit pas reposer uniquement sur le texte où Paul annonce son intention de se rendre dans ce pays (Ro 15:24,28). Aurait-on même conclu à tort du projet formé au projet exécuté, il n'est guère croyable que cette conclusion eût pu être tirée et se faire accepter si l'on n'avait su que l'apôtre, libéré après une première captivité, était parti pour de nouveaux voyages. Enfin, les épîtres pastorales apportent en faveur de cette libération un témoignage dont toute la valeur ne dépend pas, quoi qu'on en dise, de la question préalable de leur authenticité ; car si ces lettres étaient l'oeuvre d'un faussaire, il les aurait mieux accréditées en les mettant en rapport avec des circonstances réelles et connues qu'en leur donnant un cadre historique fictif.

Resterait à savoir si Paul, revenu à Rome, est mort dans la persécution qui suivit l'incendie de juillet 64, ce que beaucoup d'auteurs admettent pour lui comme pour Pierre, ou s'il faut songer à une autre date. Clément romain parle d'abord du martyre des deux apôtres (V, 3-7), puis de celui d'une « grande foule d'élus » qui vint s'adjoindre à eux (VI, 1,2). Il est clair que, par cette foule, l'évêque de Rome entend les victimes de l'horrible exécution collective dont l'incendie fut le prétexte (Tacite, Ann., XV, 44). Mais son langage n'est pas de nature à ce qu'on en puisse tirer des conclusions précises au sujet de l'époque de la mort des apôtres. Et quand il fait allusion au témoignage rendu par Paul « devant ceux qui gouvernent », ces expressions font penser à un jugement régulier plutôt qu'à des supplices où les chrétiens furent conduits en masse. On considérera aussi le texte de Caïus (cité par Eusèbe, H.E., II, 25:7), qui atteste vers 200 la localisation distincte des tombeaux apostoliques, et encore la tradition relative à la manière dont Pierre et Paul auraient péri : le premier crucifié, le second décapité, comme un condamné dont la qualité de citoyen romain aurait été reconnue. Tout cela donne quelque consistance à l'idée que Paul au moins serait mort à une date postérieure à la persécution de 64 ; non pas antérieure, car on ne voit pas qu'auparavant la « superstition nouvelle » (Suétone, Nero, 16) ait été un motif de condamnation. Signalons la date indiquée par Eusèbe (Chronique, éd. hiéronymienne) : 14 e année de Néron (67/68). Mais il en fait à la fois celle du double martyre de Pierre et de Paul et celle de la persécution néronienne qu'on rapporte d'après Tacite à l'année 64. Néron étant mort le 9 juin 68, nous nous bornerons à dire que la fin glorieuse des deux apôtres ne peut se placer ni avant 64, ni après 68.

Tableau récapitulatif.

Nativité : 7 ou 6 av. notre ère.

Début du ministère public : 27 ou 28 ap. J. -C.

Passion de notre Seigneur : 30.

Conversion de saint Paul : (31) 33.

Premier voyage de Paul à Jérusalem : (34) 35.

Persécution d'Hérode

Agrippa : 44.

Secours apporté par Barnabas et Paul à Jérusalem : 45 ou 56.

Conférence de Jérusalem : 48.

Paul à Corinthe : 50-51

Comparution devant Gallion : été 51.

Paul à Éphèse : 52-55.

Arrestation à Jérusalem : 56.

Captivité à Césarée : 56-58.

Arrivée à Rome : 59.

Fin du récit des Actes : 61 ?.

Mort des apôtres Pierre et Paul : entre 64 et 68.

Ruine de Jérusalem : 70.

BIBLIOGRAPHIE

--On a pris le parti de ne mentionner ici, à quelques exceptions près, que des ouvrages, articles et monographies qui ont paru ou ont été réédités depuis 1900 (pour la chronologie paulinienne : depuis 1905, date de la publication de l'inscription de Delphes). Et encore, parmi les très nombreuses publications postérieures qui intéressent la chronologie du N.T., s'est-on borné à faire un choix, soit pour compléter l'indication des références utilisées dans le présent article, soit pour signaler des travaux d'une importance particulière.

-Ch. Babut, Le proconsul Gallion et saint Paul. Rev. d'hist. et de litt. relig., II, 1911.

-A. Brassac, Une inscription de Delphes et la chronologie de saint Paul. Rev. bibl. internat., X, janv. et avril 1913.

-Ch. Brusïon, Les dates principales de la vie de saint Paul, de sa conversion à sa première épître (et autres et. de chronol. paulin.). Rev. Montaub., XXII, 1913.

-E. Cavaignac, Chronologie, 1925.

-A. Deissmann, Paulus, 1911.

-J.K. Fotheringham, Astronomical Evidence for the date of the Crucifixion. Journ. of theol. Stud., XII, oct. 1910.

-F. Godet, Introd. N.T., 2 vol., 1893-1897 ; Comment, sur l'év. de saint Jean, 3 vol., 4 e éd., 1901-1903.

-JYI Goguel, Essai sur la chronol. paulinienne. RHR, LXV, 1912 ; Notes d'hist. évangélique. Le problème chronologique. Ibid., LXXIV, 1916 ; Introd. N.T. (en cours de publication depuis 1922 ; voir en particulier le chap. de chronologie paulinienne du t. IV, 1re part., p. 81ss) ; Jean-Baptiste, 1928.

-E. Jacquier, Introd. au Nouv.T., 4 vol. (chacun rééd. plusieurs fois) ; Les Actes des apôtres, 1926.

-M. -J. Lagrange, Du Sinaï à Jérusalem, Rev. Bbl., oct. 1897 (voir p. 618) ; Évangile selon saint Marc, 4 e éd., 1929 (et Comment., sur Matthieu Luc Jn. chacun rééd. plusieurs fois) ; Ép. aux Galates, 2 e éd., 1926 ; L'Évangile de J. -C, 1928.

-A. Loisy, Les livres du N.T., 1922 (aperçu chronol., p. 16-17 ; voir aussi Comment, du même auteur).

-A.J. Maclean, Art. Chronol. of the N.T., DB, 6 e éd., 1924.

-Th. MoilM-sen, Le droit public romain, trad. franc, (voir t. III, p. 274SS, sur les gouverneurs de provinces ; t. V, p. 6oss, sur l'année : impériale tribunitienne).

-F. Prat, La chronologie de l'âge apostolique. Recherches de science religieuse, III, 1912 ; La théologie de saint Paul, t. I, 13 e éd., 1927 (Note A : La chronologie de l'apostolat de P.)

-CH. Turner, Chronol. of the N.T., HDB, t. I, 1898.

-A. Westfhal, Jésus de Nazareth D'après les témoins de sa vie, 2. vol.,. 1914 ; Les apôtres, 1918.

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      Lévitique 13

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      Matthieu 26

      61 qui déclarèrent : — Cet homme a dit : « Je peux démolir le temple de Dieu et le rebâtir en trois jours ».

      Marc 8

      31 À partir de ce moment, il commença à leur apprendre que le Fils de l’homme devait beaucoup souffrir, qu’il serait rejeté par les chefs des Juifs, les grands-prêtres et les interprètes de la loi, qu’on le ferait mourir et qu’il ressusciterait trois jours après.

      Marc 9

      31 car il voulait se consacrer à l’instruction de ses disciples. Il leur répétait : — Le Fils de l’homme va être livré entre les mains des hommes. Ils le feront mourir, mais trois jours après qu’il aura été mis à mort, il ressuscitera.

      Marc 10

      34 qui le ridiculiseront, lui cracheront au visage, le feront battre à coups de fouet et le feront mourir. Mais au bout de trois jours, il ressuscitera.
      39 Oui, lui répondent-ils, nous en sommes capables. Alors, Jésus reprend : — C’est bien, vous boirez en effet la coupe que je dois boire, et vous subirez le baptême par lequel j’aurai à passer,

      Marc 13

      14 Quand vous verrez l’horrible profanation usurpant une place qui ne lui revient pas (attention ! lecteur, réfléchis bien à ce que cela signifie) alors, ce sera le moment pour les habitants de la Judée de s’enfuir dans les montagnes.

      Actes 1

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      25 Mais une nuit, les disciples le conduisirent au mur d’enceinte, le firent asseoir dans une corbeille et le descendirent le long du rempart.

      Actes 11

      19 Les disciples qui s’étaient dispersés lors de la persécution survenue après la mort d’Étienne continuaient d’évangéliser de lieu en lieu. Ils étaient parvenus jusqu’en Phénicie, dans l’île de Chypre et à Antioche. Ils annonçaient la parole seulement aux Juifs.
      20 Toutefois, quelques-uns d’entre eux, originaires de Chypre et de Cyrène, se rendirent à Antioche, où il s’adressèrent aussi aux Grecs et leur annoncèrent l’Évangile du Seigneur Jésus.
      21 Le Seigneur bénit leur initiative et leur accorda sa force, de sorte que beaucoup de personnes crurent et se convertirent au Seigneur.
      22 Bientôt, l’Église de Jérusalem apprit la nouvelle et envoya Barnabas à Antioche.
      23 Dès son arrivée, il put constater ce que la grâce de Dieu avait accompli ; il s’en réjouit et ne put que les encourager à persévérer dans leur décision de suivre fidèlement le Seigneur.
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      25 Barnabas se rendit alors à Tarse pour y chercher Saul. Quand il l’eut trouvé, il l’amena avec lui à Antioche.
      26 Durant toute une année, ils participèrent aux réunions de l’Église et enseignèrent beaucoup de personnes. Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples de Jésus furent appelés chrétiens.
      27 À cette même époque, des prophètes se rendirent de Jérusalem à Antioche.
      28 L’un d’eux, nommé Agabus, prédit sous l’inspiration de l’Esprit qu’une grande famine sévirait bientôt dans le monde entier. Cette famine eut effectivement lieu sous le règne de l’empereur Claude.
      29 Les disciples d’Antioche décidèrent alors de secourir les frères habitant la Judée : chacun donnerait ce qu’il pourrait, et on le leur ferait parvenir.
      30 Ainsi fut fait. Barnabas et Saul furent chargés de porter les dons (à Jérusalem) et de les remettre aux responsables de l’Église.

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      1 Vers la même époque, le roi Hérode se mit à maltraiter quelques membres de l’Église de Jérusalem.
      2 Il fit couper la tête à Jacques, le frère de Jean.
      17 Mais Pierre, d’un geste de la main, leur fit signe de se taire et se mit à leur raconter comment le Seigneur l’avait fait sortir de prison. Puis il conclut : — Allez l’annoncer à Jacques et aux autres frères. Ensuite, il repartit et se rendit ailleurs.
      19 Hérode le demanda, il ordonna que l’on fasse des recherches, mais peine perdue : on ne le trouva nulle part. Alors, Hérode fit mettre les gardes à la question, puis les condamna à être exécutés. Ensuite, il quitta la Judée pour se rendre à Césarée où il passa quelque temps.
      25 Après avoir rempli leur mission, Barnabas et Saul repartirent de Jérusalem, emmenant avec eux Jean surnommé Marc.

      Actes 13

      1 Il y avait alors, dans l’Église d’Antioche, des hommes qui avaient le don de parler au nom de Dieu, et d’autres qui possédaient le don d’enseigner : Barnabas, Siméon surnommé le Noir, Lucius originaire de Cyrène, Manaën, un camarade d’enfance d’Hérode le tétrarque, et Saul.
      2 Un jour, pendant qu’ils adoraient ensemble le Seigneur et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit leur dit : — Mettez à part pour moi Barnabas et Saul en vue du travail auquel je les ai appelés.
      3 Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et pourvurent à leur voyage.
      4 Barnabas et Saul, obéissant à la direction du Saint-Esprit qui les envoyait en mission, descendirent à Séleucie, où ils s’embarquèrent pour l’île de Chypre.
      5 Dès qu’ils furent arrivés dans le port de Salamine, ils annoncèrent la parole de Dieu dans les synagogues des Juifs. Jean-Marc était avec eux et les secondait.
      6 Ils traversèrent toute l’île jusqu’à Paphos. Ils trouvèrent là un magicien juif nommé Bar-Jésus, qui se faisait passer pour un prophète.
      7 Il faisait partie de la cour du proconsul Sergius Paulus, un homme intelligent et ouvert. Celui-ci invita Barnabas et Saul et leur exprima le désir d’entendre la parole de Dieu.
      8 Mais Elymas – c’est-à-dire le mage, dans notre langue – s’y opposa et excita le proconsul contre eux pour le dissuader de devenir croyant.
      9 Alors, Saul, plus connu à présent sous le nom de Paul, animé par l’Esprit saint, l’apostropha en le regardant droit dans les yeux : —
      10 Espèce de charlatan plein de ruse et de méchanceté, fils du diable, ennemi juré de tout ce qui est bien, quand cesseras-tu de contrecarrer les plans du Seigneur ? Quand finiras-tu de falsifier sa vérité ?
      11 Attention ! C’est lui qui te punira maintenant ! Tu vas devenir aveugle et, pendant quelque temps, tu ne verras même plus la lumière du soleil. Au même instant, il se trouva enveloppé d’épaisses ténèbres ; autour de lui, c’était la nuit noire. Il se tournait en tâtonnant de tous côtés, cherchant quelqu’un qui lui donnerait la main pour le guider.
      12 Quand le proconsul vit ce qui venait de se passer, il fut vivement impressionné par la puissance de l’enseignement du Seigneur et il devint croyant.
      13 Quittant Paphos, Paul et ses compagnons reprirent la mer en direction de Perge en Pamphylie. Là, Jean-Marc les abandonna et revint à Jérusalem.
      14 Quant à eux, ils se mirent à parcourir le pays depuis Perge jusqu’à Antioche en Pisidie. Là, ils se rendirent à la synagogue le jour du sabbat et prirent place (parmi les auditeurs).
      15 Après qu’on ait fait la lecture dans la loi et les prophètes comme c’était la coutume, les chefs de la synagogue leur firent dire : — Frères, si vous avez un message d’encouragement ou de consolation pour la communauté, vous avez la parole.
      16 Alors, Paul se leva. D’un geste, il demanda le silence et dit : — Hommes d’Israël et vous tous qui croyez au vrai Dieu, soyez attentifs à ce que je vais vous dire.
      17 Le Dieu de notre peuple, le Dieu d’Israël a porté son choix sur nos ancêtres. Il a multiplié leurs descendants et en a fait une grande nation durant leur exil en Égypte, sur la terre étrangère. Ensuite, en déployant sa puissance, il les en a fait sortir.
      18 Pendant quelque quarante ans, il les a menés à travers le désert, il les a nourris, il en a pris soin comme une mère de son enfant, il a supporté leur inconduite.
      19 Après avoir fait disparaître sept nations du pays de Canaan, il a donné leur territoire en héritage à son peuple et a distribué à chacun son lot.
      20 Cela dura environ quatre cent cinquante ans. Après cela, il a donné à nos ancêtres des chefs, jusqu’à l’époque du prophète Samuel.
      21 Alors, le peuple demanda un roi, et Dieu leur donna Saül, fils de Kis, de la tribu de Benjamin. Celui-ci régna sur eux pendant quarante ans,
      22 après quoi, Dieu le destitua et choisit pour roi David, à qui il a rendu ce beau témoignage : En David, fils d’Isaï, j’ai trouvé un homme selon mon cœur ; Il accomplira toute ma volonté.
      23 Or, voici que Dieu vient d’accorder à Israël un Sauveur parmi les descendants de David, exactement comme il l’a promis, et ce Sauveur, c’est Jésus.
      24 Sa venue a été précédée par celle de Jean, qui a prêché à tout le peuple d’Israël de se faire baptiser pour indiquer qu’ils changeaient de vie.
      25 Arrivé au terme de sa carrière, Jean disait encore : Je ne suis pas celui auquel vous pensez et que vous attendez. Mais après moi vient quelqu’un dont je ne mérite même pas de dénouer les sandales.
      26 Mes frères, vous qui êtes la descendance d’Abraham, comme vous qui êtes venus d’entre les autres peuples pour croire en notre Dieu, c’est à nous que cette parole de salut s’adresse aujourd’hui.
      27 En effet, les habitants de Jérusalem et leurs chefs n’ont compris ni les paroles des prophètes ni qui était ce Jésus : ils l’ont condamné, mais par là-même, ils ont accompli sans le savoir les prophéties qui sont lues chaque sabbat.
      28 Bien qu’ils n’aient trouvé en lui rien qui mérite la mort, ils ont demandé à Pilate de le faire exécuter.
      29 Après avoir pleinement réalisé tout ce que les Écritures avaient prédit à son sujet, ils l’ont descendu de la croix et l’ont déposé dans un tombeau.
      30 Mais Dieu l’a ressuscité des morts !
      31 La preuve : il a été vu pendant de nombreux jours par ceux qui l’avaient suivi depuis la Galilée jusqu’à Jérusalem et qui sont maintenant ses témoins devant le peuple.
      32 Voici donc la Bonne Nouvelle que nous sommes venus vous annoncer : ce que Dieu avait promis à nos ancêtres,
      33 il l’a pleinement accompli pour nous, leurs descendants, en ressuscitant Jésus. N’est-il pas écrit au psaume deux : Tu es mon Fils, aujourd’hui je fais de toi mon enfant.
      34 Dieu avait annoncé qu’il le ressusciterait sans retour possible à la terre et sans décomposition de son corps. En effet, il a déclaré : J’accomplirai fidèlement les promesses sacrées et sûres que j’ai faites jadis à David. Je vous accorderai les grâces et les bénédictions que je lui ai assurées. Vous pouvez y compter.
      35 Dans un autre passage, il est dit encore : Tu ne permettras pas que ton fidèle serviteur subisse la décomposition au tombeau.
      36 Pourtant, David, après avoir en son temps contribué à l’accomplissement du plan de Dieu, est mort et a été enterré aux côtés de ses ancêtres. Il a donc bel et bien subi la décomposition.
      37 Mais celui que Dieu a ressuscité ne l’a pas subie.
      38 Sachez-le donc, mes frères : c’est grâce à lui que nous pouvons vous annoncer le pardon de vos péchés. Par la loi de Moïse, vous n’avez jamais pu être acquittés de toutes vos fautes.
      39 Par contre, tous ceux qui croient en Jésus sont acquittés et considérés comme des justes aux yeux de Dieu.
      40 Mais attention : ne repoussez pas cette offre, de peur qu’il ne vous arrive ce que les prophètes ont dit :
      41 Prenez garde, hommes fiers et pleins de mépris, soyez dans l’étonnement, car soudain vous disparaîtrez. En effet, dans votre temps, je vais accomplir une œuvre, une œuvre que vous ne croiriez pas si quelqu’un venait vous l’annoncer.
      42 À la sortie, on leur demanda de reparler du même sujet le sabbat suivant.
      43 Après que l’assemblée se fut dispersée, beaucoup de Juifs et de gens qui s’étaient convertis au judaïsme rejoignirent Paul et Barnabas pour s’entretenir avec eux. Ceux-ci les persuadaient d’accepter la grâce de Dieu et de s’attacher fidèlement à tout ce qu’il leur avait accordé.
      44 Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour écouter la parole du Seigneur.
      45 En voyant tant de monde, les Juifs furent saisis de jalousie. Ils bouillonnaient de colère et se mirent à contredire Paul et à l’injurier.
      46 Paul et Barnabas leur déclarèrent alors avec une pleine assurance : — Notre devoir était de vous annoncer, à vous les premiers, la parole de Dieu. Mais puisque vous la refusez et que vous ne vous jugez sans doute pas dignes d’avoir part à la vie éternelle, eh bien ! nous allons désormais nous tourner vers les autres peuples.
      47 Telle est, en effet, la mission spéciale que nous a confiée le Seigneur, suivant les instructions qu’il a données dans les Écritures : J’ai fait de toi une lumière pour que tu éclaires tous les peuples et que tu portes mon salut jusqu’au bout du monde.
      48 Quand les non-Juifs les entendirent parler ainsi, ils furent tout joyeux ; ils se mirent à louer Dieu pour sa parole et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants.
      49 Bientôt la parole du Seigneur se répandit dans toute la contrée avoisinante.
      50 Mais les Juifs montèrent la tête à des femmes dévotes de la haute société qui s’étaient attachées au judaïsme. Par elles, ils gagnèrent les notables de la ville et déchaînèrent ainsi une persécution contre Paul et Barnabas, qui furent expulsés de leur territoire.
      51 Il ne leur restait plus qu’à secouer la poussière de leurs pieds, en signe de protestation contre eux, et à reprendre la route vers Iconium.
      52 Les nouveaux disciples, cependant, étaient remplis de joie et d’Esprit saint.

      Actes 14

      1 À Iconium, (les choses se passèrent à peu près de la même manière :) Paul et Barnabas se rendirent à la synagogue des Juifs ; ils y parlèrent avec une telle puissance qu’un nombre considérable de Juifs et de Grecs devinrent croyants.
      2 Mais les Juifs réfractaires à la foi et qui ne voulaient pas se laisser convaincre excitèrent l’hostilité des non-Juifs et les indisposèrent contre les frères.
      3 Néanmoins, Paul et Barnabas prolongèrent leur séjour dans cette ville ; ils parlèrent avec assurance, car ils se fondaient sur le Seigneur qui confirmait lui-même le message de la grâce par des témoignages (visibles). En effet, il leur donnait le pouvoir d’accomplir des miracles et des prodiges qui appuyaient leur prédication.
      4 Finalement, la population de la ville se trouva partagée en deux camps : les uns prirent parti pour les Juifs, les autres pour les apôtres.
      5 Les non-Juifs et les Juifs, de connivence avec les autorités municipales, préparèrent secrètement un plan pour s’emparer des deux prédicateurs, se proposant de les maltraiter, puis de les tuer à coups de pierres.
      6 Dès qu’ils eurent vent du complot, les apôtres s’enfuirent et cherchèrent refuge dans les villes de la Lycaonie : à Lystre, à Derbe et dans la région environnante.
      7 Là aussi, ils se mirent à annoncer l’Évangile.
      8 À Lystre se trouvait un homme paralysé des deux jambes : il était infirme de naissance et n’avait jamais pu marcher.
      9 Il était parmi les auditeurs de Paul et buvait littéralement ses paroles. L’apôtre fixa les yeux sur lui et, voyant qu’il avait la foi pour être guéri,
      10 il lui commanda d’une voix forte : — Lève-toi, tiens-toi droit sur tes pieds ! D’un bond, il fut debout et se mit à marcher.
      11 Quand la foule vit ce que Paul avait fait, elle se mit à pousser des cris d’enthousiasme. Des voix s’élevèrent pour dire en dialecte lycaonien : — Les dieux ont pris la forme humaine et sont descendus parmi nous.
      12 Et déjà l’on chuchotait en désignant Barnabas : — Lui, ce doit être Zeus. Et lui, en montrant Paul, c’est sans doute Hermès, parce qu’il en est le porte-parole.
      13 Le temple de Zeus, défenseur de la cité, était situé à l’entrée de la ville. Or, voici que le prêtre de ce temple fit amener devant les portes de la cité des taureaux ornés de guirlandes de fleurs. Déjà, il s’apprêtait, avec la foule, à les offrir en sacrifice.
      14 Dès que les apôtres Barnabas et Paul l’apprirent, ils déchirèrent leurs vêtements (en signe de consternation) et se précipitèrent au milieu du peuple en s’écriant : —
      15 Amis, que faites-vous là ? Nous sommes des mortels comme vous, sujets aux mêmes faiblesses que vous. Nous sommes venus vous annoncer une bonne nouvelle et vous appeler à abandonner les faux dieux impuissants et toutes ces illusions, pour vous tourner vers le Dieu vivant, celui qui a créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve.
      16 Dans les siècles passés, ce Dieu a laissé tous les peuples agir comme bon leur semblait.
      17 Et pourtant, il n’a cessé de leur donner des preuves de son existence et des témoignages de ce qu’il est. En effet, il vous a manifesté sa bonté par d’innombrables bienfaits : c’est lui qui vous envoie, du haut du ciel, les pluies qui fécondent la terre, lui qui régit les saisons et vous accorde des fruits abondants. Oui, c’est lui qui pourvoit à votre subsistance et remplit vos cœurs de joie.
      18 Même en leur parlant ainsi, ce n’est qu’à grand-peine qu’ils réussirent à dissuader la foule de leur offrir un sacrifice.
      19 Cependant, (peu de temps après,) des Juifs vinrent d’Antioche et d’Iconium et ils parvinrent à retourner le peuple contre eux, si bien que l’on se mit à lancer des pierres sur Paul pour le tuer. On le traîna hors de la cité, dans l’idée qu’il était mort.
      20 Mais les disciples s’empressèrent autour de lui, il reprit connaissance, se releva et rentra dans la ville. Le lendemain, il partit avec Barnabas pour Derbe.
      21 Après avoir annoncé la Bonne Nouvelle dans cette ville et y avoir gagné de nombreux disciples, ils retournèrent à Lystre, à Iconium et à Antioche
      22 pour fortifier l’esprit des croyants, pour ranimer leur courage et les engager à demeurer fermes dans la foi. — Car, leur disaient-ils, il nous faut passer par beaucoup d’épreuves et de souffrances, avant d’entrer dans le royaume de Dieu.
      23 Dans chaque Église, ils firent élire à main levée, des responsables et, après avoir prié et jeûné, ils les confièrent à la garde du Seigneur en qui ils avaient mis leur confiance.
      24 De là, ils traversèrent la Pisidie et gagnèrent la Pamphilie.
      25 Après avoir annoncé la parole à Perge, ils descendirent au port d’Attalie,
      26 où ils s’embarquèrent pour Antioche (en Syrie), leur point de départ. En effet, c’était là qu’ils avaient été confiés à la grâce de Dieu pour accomplir la mission qu’ils venaient d’achever.
      27 Dès leur retour, ils convoquèrent les membres de l’Église et se mirent à raconter tout ce que Dieu avait accompli par leur moyen ; ils exposèrent, en particulier, comment il avait ouvert aux non-Juifs l’accès à la foi.
      28 Ils demeurèrent là assez longtemps dans la compagnie des disciples.

      Actes 15

      1 Un beau jour arrivèrent à Antioche quelques hommes de Judée qui se mirent à endoctriner les frères : — Si vous ne vous faites pas circoncire comme Moïse l’a prescrit, affirmaient-ils, vous ne pouvez pas être sauvés.
      2 Cela jeta le trouble dans les esprits. Il s’ensuivit une vive discussion. Paul et Barnabas s’opposèrent vigoureusement à eux et contestèrent leur doctrine. Finalement, il fut décidé que Paul et Barnabas monteraient à Jérusalem avec quelques autres frères pour soumettre ce litige aux apôtres et aux responsables.
      3 L’Église pourvut à leur voyage. Ils traversèrent la Phénicie et la Samarie, racontant partout comment les non-Juifs se convertissaient à la foi. Et tous les frères en eurent beaucoup de joie.
      4 À leur arrivée à Jérusalem, ils furent aimablement accueillis par l’Église, par les apôtres et les responsables ; ils leur rapportèrent ce que Dieu avait fait avec eux.
      5 Alors, quelques membres de l’Église, qui avaient été membres du parti des pharisiens avant de devenir croyants, intervinrent pour soutenir qu’il fallait absolument circoncire les non-Juifs et leur ordonner d’observer la loi de Moïse.
      6 Les apôtres et les responsables se réunirent pour examiner la question.
      7 La discussion fut longue et vive. Comme les avis étaient de plus en plus opposés, Pierre intervint finalement pour dire : — Mes frères, comme vous le savez bien, il y a déjà longtemps que Dieu m’a choisi parmi vous pour annoncer l’Évangile aux non-Juifs et les amener à la foi.
      8 Dieu, qui lit dans le secret des cœurs, a témoigné qu’il les acceptait, en leur donnant lui-même le Saint-Esprit comme il l’avait fait jadis pour nous.
      9 Entre eux et nous, il n’a fait aucune différence : parce qu’ils ont cru (en Jésus-Christ), il a purifié leur cœur.
      10 Pourquoi donc maintenant vouloir provoquer Dieu et vous opposer à ce qu’il a fait ? Pourquoi voulez-vous charger ces disciples d’un joug que personne n’a jamais eu la force de porter, ni nos ancêtres ni nous-mêmes ?
      11 Que croyons-nous ? Que c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous sommes sauvés, les uns comme les autres.
      12 Alors, tout le monde se tut, et c’est dans un profond silence que l’assemblée écouta Barnabas et Paul raconter les miracles et les prodiges que Dieu avait accomplis par leur intermédiaire parmi les non-Juifs.
      13 Quand ils eurent cessé de parler, Jacques prit la parole et dit : — Maintenant, mes frères, écoutez-moi !
      14 Simon vous a rappelé comment Dieu lui-même a pris l’initiative, dès le début, de jeter les regards vers les nations pour se choisir, parmi eux, un peuple qui lui appartienne.
      15 D’ailleurs, cela concorde parfaitement avec les paroles des prophètes puisqu’il est écrit :
      16 Un jour, (dit le Seigneur,) je reviendrai et je rebâtirai la maison de David qui s’est effondrée. Je relèverai ses murailles renversées et je réparerai ses ruines.
      17 Alors, le reste de l’humanité cherchera le Seigneur, oui, toutes les nations qui ont entendu parler de moi.
      18 Ainsi parle le Seigneur qui réalise le plan qu’il s’est tracé de toute éternité.
      19 C’est pourquoi, continua Jacques, je préconise qu’on ne crée pas des difficultés inutiles aux non-Juifs qui se convertissent à Dieu.
      20 Je propose que nous leur écrivions simplement qu’ils s’abstiennent de manger de la viande provenant des sacrifices offerts aux idoles, ainsi que des relations sexuelles hors mariage, qu’ils ne mangent pas la chair des animaux étouffés et ne consomment pas de sang,
      21 car depuis bien des générations, la loi de Moïse est prêchée dans chaque ville. Tous les sabbats, on la lit dans les synagogues.
      22 Alors, les apôtres et les responsables, d’accord avec toute l’Église, décidèrent de choisir parmi eux quelques délégués et de les envoyer à Antioche avec Paul et Barnabas. Ils élurent donc Jude, surnommé Barsabbas, ainsi que Silas. Tous deux étaient des hommes estimés jouissant d’une grande autorité parmi les frères.
      23 Voici la lettre qu’ils leur remirent : Les apôtres, les responsables et vos frères (de Jérusalem), Adressent leurs salutations aux frères d’origine non-juive qui habitent Antioche, la Syrie et la Cilicie.
      24 Nous avons appris que certains frères venus de chez nous, mais sans mandat de notre part, ont jeté le trouble parmi vous et que, par leurs paroles et leurs exigences, ils vous ont ébranlés.
      25 C’est pourquoi nous avons décidé à l’unanimité de choisir des délégués officiels et de vous les envoyer avec nos chers frères Barnabas et Paul
      26 qui ont risqué leur vie pour la cause de notre Seigneur Jésus-Christ.
      27 Jude et Silas, les deux délégués que nous avons choisis, vous confirmeront et vous expliqueront de vive voix le contenu de notre lettre.
      28 Conduits par le Saint-Esprit, nous avons décidé de ne pas vous imposer d’autres obligations que celles qui sont strictement nécessaires,
      29 c’est-à-dire de vous abstenir des choses suivantes : manger des viandes sacrifiées aux idoles ou celles qui n’ont pas été saignées, consommer du sang et avoir des liaisons hors mariage. Si vous évitez soigneusement ces choses, vous agirez bien – et vous vous en porterez bien. Recevez nos meilleures salutations fraternelles.
      30 Les délégués prirent congé (des frères) et se rendirent à Antioche. Ils firent rassembler l’ensemble des fidèles et leur remirent la lettre.
      31 On la lut, et tous se réjouirent des paroles encourageantes et des instructions apaisantes qu’elle renfermait.
      32 Comme Jude et Silas étaient eux-mêmes prophètes, ils parlèrent longuement aux frères pour les encourager et les affermir dans la foi.
      33 Après être restés quelque temps, ils firent leurs adieux pour retourner auprès de ceux qui les avaient envoyés, accompagnés des vœux de paix et de bénédiction des frères de l’Église.
      34 Silas cependant trouva bon de rester à Antioche, de sorte que Jude rentra seul à Jérusalem.
      35 Paul et Barnabas aussi restèrent à Antioche, continuant avec beaucoup d’autres à enseigner et à annoncer la parole du Seigneur.
      36 Après quelque temps, Paul dit à Barnabas : — Viens, nous allons refaire le tour de toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur et rendre visite aux frères pour voir où ils en sont.
      37 Barnabas fut d’accord et proposa d’emmener aussi Jean, surnommé Marc.
      38 Mais Paul s’y refusa net : il estimait qu’il ne convenait pas de reprendre comme compagnon celui qui les avait quittés en plein travail en Pamphilie sans achever l’œuvre avec eux.
      39 On se mit à insister, à s’obstiner ; la discussion s’échauffa, et chacun finit par partir de son côté. Barnabas s’embarqua avec Marc pour l’île de Chypre.
      40 Paul, de son côté, choisit Silas et partit avec lui, après que les frères lui eurent souhaité bon voyage en le confiant à la grâce du Seigneur.
      41 Il parcourut la Syrie et la Cilicie, apportant aux Églises un nouveau courage et de nouvelles forces.

      Actes 16

      1 Paul se rendit ensuite à Derbe, puis à Lystre. Il y trouva un (jeune) disciple nommé Timothée ; sa mère était une chrétienne d’origine juive, son père était grec.
      2 Il était très aimé des frères de Lystre aussi bien que de ceux d’Iconium ; tous en disaient beaucoup de bien.
      3 Paul décida de se l’adjoindre comme collaborateur. Il le prit donc avec lui et le fit circoncire, par égard pour les Juifs de ces régions (parmi lesquels il aurait à travailler et qui) tous, en effet, savaient que son père était grec.
      4 Dans toutes les villes où ils passaient, ils transmettaient et expliquaient aux frères les décisions prises par les apôtres et les responsables de Jérusalem, en leur demandant de s’y conformer.
      5 C’est ainsi que les Églises s’affermissaient dans la foi et voyaient augmenter chaque jour le nombre de leurs membres.
      6 Comme le Saint-Esprit empêchait Paul et ses compagnons d’annoncer la parole dans la province d’Asie, ils traversèrent la Phrygie et la Galatie.
      7 Parvenus aux confins de la Mysie, ils se proposaient d’aller en Bithynie, mais là encore, l’Esprit de Jésus s’opposa à leur projet.
      8 Ils passèrent en bordure de la Mysie et descendirent au port de Troas.
      9 Là, Paul eut une vision au cours de la nuit : un Macédonien se tenait devant lui et le suppliait : — Viens en Macédoine et secours-nous !
      10 À la suite de cette vision de Paul, nous avons aussitôt cherché une occasion de passer en Macédoine, car nous en tirions la conclusion que Dieu lui-même nous appelait à prêcher la Bonne Nouvelle dans cette contrée.
      11 Nous nous sommes embarqués à Troas et nous avons mis directement le cap sur l’île de Samothrace. Le lendemain, nous avons atteint le port de Néapolis.
      12 De là, nous avons continué à pied jusqu’à la colonie romaine de Philippes, la ville principale de ce district de la Macédoine. Nous y avons passé quelque temps.
      13 Le jour du sabbat, nous nous sommes rendus hors de l’enceinte (de la cité), au bord de la rivière où nous supposions que les Juifs se réunissaient habituellement pour la prière. Effectivement, quelques femmes étaient rassemblées là. Nous nous sommes assis parmi elles et nous avons engagé la conversation.
      14 Il y avait, en particulier, une marchande d’étoffes de pourpre, nommée Lydie, originaire de la ville de Thyatire et qui adorait Dieu. Elle nous écoutait attentivement et le Seigneur ouvrit son cœur, de sorte qu’elle fut réceptive à ce que disait Paul.
      15 Elle se fit baptiser avec sa famille et ses employés, puis elle nous invita en ces termes : — Vous avez reconnu que je crois vraiment au Seigneur ; si vous m’estimez sincèrement attachée à lui, acceptez mon hospitalité, venez chez moi : vous pourrez loger dans ma maison et y demeurer (aussi longtemps qu’il vous plaira). Nous avons fini par céder à ses instances.
      16 Un jour, alors que nous nous rendions au lieu de prière, une jeune esclave vint à notre rencontre. Elle avait en elle un esprit démoniaque ayant la faculté de prédire l’avenir et, par ses divinations, elle procurait de jolis revenus à ses maîtres.
      17 Elle se mit à nous suivre, Paul et nous, en criant à tue-tête : — Ces hommes-là sont des serviteurs du Dieu suprême : ils viennent vous annoncer comment être sauvés !
      18 Elle fit cela plusieurs jours de suite. À la fin, Paul fut excédé. Il se retourna et, s’adressant directement au mauvais esprit, il dit : — Je t’ordonne, au nom de Jésus-Christ, de sortir de cette fille ! À l’instant même, il la quitta (de sorte qu’elle perdit son don de divination).
      19 Lorsque les maîtres de la jeune esclave s’aperçurent que leurs espoirs de gains s’étaient évanouis, ils se saisirent de Paul et de Silas et les traînèrent sur la grand-place de la ville devant les magistrats romains.
      20 Puis ils les conduisirent devant les gouverneurs militaires et portèrent plainte contre eux en ces termes : — Voilà des Juifs qui jettent le trouble dans notre ville. Ce sont des agitateurs dangereux.
      21 Ils cherchent à introduire ici des coutumes religieuses illégales et voudraient nous imposer des rites que nous n’avons pas le droit de pratiquer en tant que citoyens romains. Nous ne pouvons pas accepter cela !
      22 La foule s’ameuta et se déchaîna contre eux, réclamant qu’ils soient punis. Alors, les magistrats leur firent arracher les vêtements et ordonnèrent qu’on les batte à coups de bâton.
      23 Après les avoir roués de coups, ils les firent jeter en prison, en donnant ordre au gardien de les surveiller de près.
      24 Pour obéir à la consigne, celui-ci les enferma dans le cachot le plus reculé et leur attacha les pieds dans des blocs de bois.
      25 Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu. Tous les autres prisonniers tendaient l’oreille.
      26 Tout à coup, un violent tremblement de terre secoua la prison jusque dans ses fondations. Aussitôt, toutes les portes se trouvèrent ouvertes et les chaînes de tous les prisonniers furent arrachées de leurs scellements.
      27 Quand le gardien, réveillé en sursaut, vit les portes de la prison grandes ouvertes, il dégaina son sabre et voulut se suicider, pensant que les prisonniers avaient tous pris le large.
      28 Mais Paul lui cria de toutes ses forces : — Arrête ! Ne te fais pas de mal, nous sommes tous là.
      29 Le gardien demanda des torches, se précipita dans le cachot et, tremblant de peur, il se jeta aux pieds de Paul et Silas.
      30 Puis il les fit sortir et leur demanda : — Messieurs, que dois-je faire pour être sauvé ? —
      31 Place ta confiance dans le Seigneur Jésus, lui répondirent-ils, crois en lui, et tu seras sauvé, toi et les tiens.
      32 Et aussitôt, ils se mirent à lui annoncer la parole de Dieu, ainsi qu’à tous ceux qui vivaient avec lui.
      33 À l’heure même, en pleine nuit, le gardien les emmena pour laver leurs blessures et, séance tenante, il se fit baptiser avec tous les siens.
      34 Puis il fit monter Paul et Silas dans son logement, demanda de leur préparer un repas et se réjouit, avec toute sa famille, d’avoir trouvé la foi en Dieu.
      35 Au petit jour, les magistrats envoyèrent des officiers de police à la prison pour faire dire au gardien : — Relâche ces hommes !
      36 Celui-ci courut annoncer la nouvelle à Paul : — Les gouverneurs militaires m’ont donné ordre de vous remettre en liberté. Vous pouvez donc sortir maintenant et partir en paix.
      37 Mais Paul n’était pas d’accord. Il dit aux officiers de police : — Comment ! Hier, ils se sont permis de nous faire fouetter sur la place publique, nous des citoyens romains, sans enquête, sans jugement régulier ; ensuite, ils nous font jeter en prison. Et maintenant, ils voudraient se débarrasser de nous à la dérobée ? Pas question ! Ils n’ont qu’à venir eux-mêmes nous aviser de notre mise en liberté.
      38 Les policiers retournèrent auprès des magistrats et leur rapportèrent ces paroles. Ceux-ci, en apprenant qu’ils avaient affaire à des citoyens romains, commencèrent à trembler.
      39 Ils vinrent en personne leur présenter des excuses, leur rendirent la liberté, les accompagnèrent jusque devant la prison et les supplièrent de bien vouloir quitter leur ville.
      40 À leur sortie de prison, Paul et Silas se rendirent chez Lydie, où ils retrouvèrent tous les frères. Ils les encouragèrent et leur adressèrent des exhortations et, après avoir fait leurs adieux, ils reprirent la route.

      Actes 17

      1 Ils traversèrent Amphipolis puis Apollonie, et gagnèrent Thessalonique où les Juifs avaient une synagogue.
      2 Selon son habitude, Paul s’y rendit et, pendant trois sabbats, il y prit la parole en se basant sur les Écritures.
      3 Il leur expliquait et leur démontrait que, d’après elles, le Christ devait souffrir et mourir, puis ressusciter. — Or, conclut-il, le Christ n’est autre que ce Jésus que je vous annonce et au nom de qui je vous parle.
      4 Quelques Juifs se laissèrent convaincre et se joignirent à Paul et à Silas, ainsi qu’un grand nombre de Grecs convertis au judaïsme et beaucoup de femmes de la haute société.
      5 Mais les autres Juifs furent saisis de jalousie. Ils s’en allèrent recruter quelques truands de la pègre et des vagabonds qui traînaient dans les rues et ils provoquèrent des attroupements dans la ville. Bientôt, tout Thessalonique fut en effervescence. On assiégea la maison de Jason où habitaient Paul et Silas, pour les traduire devant l’assemblée du peuple.
      6 Comme les deux missionnaires restaient introuvables, on emmena Jason et quelques chrétiens qui se trouvaient chez lui, pour les traîner devant les autorités de la ville, en criant : — Ces individus sont des révolutionnaires qui ont mis le monde entier sens dessus dessous.
      7 Voilà qu’ils sont venus jusqu’ici, et c’est Jason qui les a reçus chez lui. Ce sont des agitateurs publics qui n’obéissent pas aux édits de César : ils défient son autorité puisqu’ils prétendent qu’il y a un autre roi, un certain Jésus.
      8 Ces accusations impressionnèrent la foule.
      9 Les autorités de la ville s’inquiétèrent et ne relâchèrent Jason et les autres chrétiens qu’après avoir exigé d’eux une caution.
      10 Dès qu’il fit nuit, les frères se hâtèrent de faire partir Paul et Silas en direction de Bérée. À peine arrivés, ils se rendirent à la synagogue des Juifs.
      11 Ils y trouvèrent des gens à l’esprit plus ouvert que les Juifs de Thessalonique et qui leur témoignèrent de meilleurs sentiments. Ils accueillirent le message de l’Évangile avec beaucoup d’empressement ; chaque jour, ils étudiaient les Écritures pour vérifier si ce qu’on leur disait était conforme à ce qui était écrit.
      12 Aussi, beaucoup d’entre eux devinrent croyants. Un bon nombre de Grecs parmi les gens influents (de la ville), tant hommes que femmes, acceptèrent également la foi.
      13 Mais dès que les Juifs de Thessalonique apprirent que Paul annonçait aussi la parole de Dieu à Bérée, ils vinrent semer, là aussi, l’agitation et le trouble parmi la population.
      14 Devant ce soulèvement, sans tarder, les frères firent partir Paul. Ils le conduisirent en direction de la côte pour lui faire prendre la mer. Silas et Timothée restèrent à Bérée.
      15 Mais les frères chargés d’escorter Paul l’amenèrent jusqu’à Athènes. L’apôtre leur demanda d’inviter Silas et Timothée à venir le rejoindre au plus tôt, puis les laissa repartir.
      16 Pendant que Paul attendait ses compagnons à Athènes, il fut bouleversé jusqu’au fond de l’âme en voyant à quel point cette ville était remplie d’idoles. L’indignation s’empara de son cœur.
      17 Il saisit l’occasion d’en parler à la synagogue, avec les Juifs et les autres gens convertis au judaïsme. De plus, il en discutait chaque jour sur la place publique avec les premiers venus qu’il rencontrait.
      18 Il tomba, entre autres, sur des philosophes épicuriens et stoïciens qui l’entreprirent et engagèrent une discussion assez serrée avec lui. — Qu’est-ce que ce radoteur peut bien vouloir dire avec ses sornettes ? s’exclamaient les uns. — Il a l’air de faire de la propagande pour de nouvelles divinités importées de l’étranger, affirmaient d’autres, car ils l’avaient entendu parler de Jésus et de la résurrection.
      19 Alors, ils décidèrent de l’emmener à l’aréopage (devant le conseil de la cité) pour lui demander des explications : — Pourrions-nous savoir, au juste, en quoi consiste ce nouvel enseignement que tu propages ?
      20 Tu parles de choses étranges qui nous paraissent originales. Nous voudrions bien savoir ce que tout cela signifie et de quoi il s’agit.
      21 Il faut dire que tous les Athéniens, tant les habitants que les étrangers domiciliés dans la ville, passaient le plus clair de leur temps à glaner ou à colporter les dernières nouvelles.
      22 Paul, debout au centre de l’aréopage, commença : — Citoyens d’Athènes, j’ai pu constater de mes propres yeux que vous êtes, à tous égards, très soucieux d’honorer les divinités. Vous êtes certainement les plus religieux des hommes.
      23 En effet, en parcourant les rues de votre ville et en examinant vos monuments sacrés, j’ai découvert, entre autres, un autel portant comme inscription : « À un dieu inconnu ». Eh bien ! précisément, ce dieu que vous révérez ainsi sans le connaître, moi je viens vous l’annoncer.
      24 C’est le Dieu qui a créé l’univers et toute la multitude d’êtres qui le peuplent. Il est le Seigneur, Maître du ciel et de la terre. Il n’habite donc pas des temples bâtis de main d’hommes.
      25 Rien ne lui manque, il n’a donc pas besoin de se faire servir par les hommes. Au contraire, c’est lui qui donne à tous les êtres la vie, l’air qu’ils respirent et tout le reste.
      26 À partir d’un seul homme, il a créé tout le genre humain. Il lui a donné en partage toute la surface de la terre, en fixant à chaque peuple la durée de son existence et l’étendue de son domaine.
      27 Par tout cela, il invitait les hommes à le chercher. Il voulait qu’ils s’efforcent de le découvrir, comme à tâtons, et qu’ils essaient d’entrer en contact avec lui. Car en réalité, il n’est pas loin de chacun de nous.
      28 En effet, c’est en lui que nous vivons, que nous agissons, que nous existons. C’est bien ce que certains de vos poètes ont reconnu : « Nous aussi, nous sommes de descendance divine ».
      29 Si donc nous sommes « de descendance divine », comment pouvons-nous imaginer que la divinité puisse se représenter par des statues en or, en argent ou en pierre, sculptées par les mains d’un artiste au gré de son imagination ?
      30 Mais Dieu, dans sa bonté, ferme les yeux sur ces temps d’ignorance où les hommes ne savaient rien de lui. Aujourd’hui, par contre, il fait annoncer à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils doivent changer.
      31 Il a, en effet, déjà fixé un jour où il jugera le monde entier en toute justice. Il a désigné, comme juge suprême, un homme qu’il a lui-même accrédité : en effet, il a donné à tous une raison péremptoire de croire en lui, car il l’a ressuscité d’entre les morts.
      32 Lorsqu’ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns commencèrent à ricaner, d’autres lui dirent : — Nous t’écouterons là-dessus une autre fois.
      33 C’est ainsi que Paul se retira de leur assemblée.
      34 Cependant, quelques auditeurs le suivirent et devinrent croyants : par exemple Denys, un membre du conseil municipal, Damaris, une femme de la haute société, et d’autres avec eux.

      Actes 18

      1 Après cela, Paul partit d’Athènes et se rendit à Corinthe.
      2 Il y fit la connaissance d’un Juif nommé Aquilas, originaire du Pont. Il venait d’arriver d’Italie avec sa femme Priscille, car tous les Juifs avaient été expulsés de Rome par un décret de l’empereur Claude. Paul entra en relations avec eux et devint leur ami.
      3 Comme ils étaient du même métier que lui, c’est-à-dire qu’ils fabriquaient des toiles de tente, ils le prirent comme associé et le logèrent chez eux.
      4 Chaque sabbat, Paul se rendait à la synagogue et y prenait la parole. Des Juifs et des Grecs se laissèrent convaincre par lui.
      5 Quand Silas et Timothée arrivèrent de la Macédoine, il consacra tout son temps au ministère de la parole. Il démontrait aux Juifs, témoignages à l’appui, que Jésus était bien le Christ, le Messie promis.
      6 Mais bientôt, ceux-ci firent obstruction, ils l’injurièrent et répandirent des calomnies sur son compte. Alors, Paul, en signe de protestation, secoua contre eux la poussière de ses vêtements en déclarant : — Si vous êtes perdus, ce sera de votre faute. Je n’en suis pas responsable. À partir de maintenant, je me tourne en toute bonne conscience vers les non-Juifs.
      7 En quittant la salle, il entra chez un nommé Titius Justus, un homme converti au judaïsme, dont la maison se trouvait juste à côté de la synagogue.
      8 D’ailleurs, Crispus, le président de la synagogue, accepta de croire au Seigneur avec toute sa famille. Beaucoup de Corinthiens qui avaient entendu Paul devinrent aussi croyants et se firent baptiser.
      9 Une nuit, le Seigneur lui-même apparut à Paul dans une vision et lui dit : — Tu n’as rien à craindre ! Continue à parler hardiment. Ne te laisse pas réduire au silence,
      10 car je suis avec toi, et nul ne pourra te nuire. En effet, dans cette ville, il y a beaucoup de gens qui m’appartiennent.
      11 Alors, Paul se fixa à Corinthe et, pendant un an et demi, il y enseigna la parole de Dieu.
      12 Un nouveau gouverneur, Gallion, fut placé à la tête de la province d’Achaïe. Aussitôt, les Juifs, tous ensemble, vinrent se saisir de Paul et l’entraînèrent devant le tribunal du gouverneur.
      13 Ils portèrent plainte contre lui en ces termes : — Cet homme cherche à persuader les gens de servir et d’adorer Dieu d’une façon contraire à la loi.
      14 Paul se préparait à répondre, quand Gallion lui-même dit aux Juifs : — Écoutez-moi, ô Juifs : s’il s’agissait d’un délit, d’un crime ou de quelque autre méfait punissable, j’accueillerais bien entendu votre plainte et je prendrais le temps de l’examiner comme il convient.
      15 Mais comme il s’agit de discussions sur des questions doctrinales, des textes religieux et des formules de votre loi particulière, cela vous regarde ; je ne veux pas juger ces sortes d’affaires.
      16 Là-dessus, il les fit évacuer de la salle d’audience.
      17 Alors, la foule s’en prit à Sosthène, le chef de la synagogue, et le roua de coups devant le tribunal, sans que Gallion s’en mette en peine.
      18 Après cet incident, Paul resta encore assez longtemps à Corinthe, puis il fit ses adieux aux frères et s’embarqua pour la Syrie, emmenant avec lui Priscille et Aquilas. Avant de quitter le port de Cenchrées, Paul se fit raser la tête en accomplissement d’un vœu.
      19 On débarqua à Éphèse, où Paul laissa ses compagnons. Il profita de l’escale pour se rendre à la synagogue et s’entretenir avec les Juifs de la ville.
      20 On le pria de prolonger son séjour, mais il n’avait pas l’intention de s’attarder là.
      21 Il les quitta en leur promettant : — Je reviendrai à Éphèse vous voir une autre fois, s’il plaît à Dieu. Il repartit donc d’Éphèse
      22 et fit route jusqu’à Césarée. De là, il monta à Jérusalem pour saluer l’Église, puis il redescendit à Antioche,
      23 où il passa quelque temps. Bientôt, il se remit en route et parcourut systématiquement les villes de la Galatie et de la Phrygie pour encourager tous les disciples et affermir leur foi.

      Actes 19

      1 Ce fut durant ce séjour d’Apollos à Corinthe que Paul, après avoir parcouru la région montagneuse d’Asie Mineure, descendit à Éphèse. Il y rencontra un petit groupe de disciples.
      2 Au cours de son entretien avec eux, il leur demanda : — Avez-vous reçu le Saint-Esprit quand vous êtes devenus croyants ? Ils lui répondirent : — Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit. —
      3 Mais alors, quel baptême avez-vous donc reçu ? poursuivit Paul. — Celui de Jean-Baptiste, lui répondirent-ils. —
      4 Oui, reprit Paul, Jean baptisait ceux qui voulaient changer de vie, mais il disait aussi au peuple d’Israël qu’il devait croire en celui qui viendrait après lui, c’est-à-dire en Jésus.
      5 Après avoir entendu cela, ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus.
      6 Paul leur imposa les mains, et le Saint-Esprit descendit sur eux : ils se mirent à parler dans des langues (inconnues) et à exprimer ce que Dieu leur inspirait de dire.
      7 Il y avait là environ douze hommes.
      8 Paul se rendit ensuite à la synagogue où, pendant trois mois, il parla librement et avec une grande assurance. Par ses discours et ses entretiens, il s’efforçait, avec succès, de persuader ses auditeurs de tout ce qui concernait le règne de Dieu.
      9 Mais un certain nombre de Juifs fermaient leur cœur au message et s’obstinaient dans leur refus d’y croire. En pleine assemblée, ils se mirent à discréditer la voie du Seigneur, par des calomnies et des paroles méprisantes. Alors, Paul finit par se séparer d’eux et réunit les disciples à part. Il poursuivit son enseignement tous les jours dans l’école d’un nommé Tyrannus.
      10 Il continua ainsi pendant deux années, si bien que tous les habitants de la province d’Asie, tant Juifs que Grecs, entendirent la parole du Seigneur.
      11 Dieu agissait d’une manière peu commune par Paul : il accomplissait des miracles extraordinaires par ses mains.
      12 On allait jusqu’à lui prendre ses mouchoirs ou son linge de corps pour les appliquer aux malades, et ceux-ci guérissaient ; à leur contact, les mauvais esprits s’enfuyaient.
      13 Quelques Juifs, qui allaient de lieu en lieu pour chasser les démons, s’avisèrent alors d’invoquer, eux aussi, le nom du Seigneur Jésus sur ceux qui étaient sous l’emprise d’esprits mauvais. — Par le nom de ce Jésus que Paul annonce, disaient-ils, je vous ordonne de sortir.
      14 Ceux qui employaient cette méthode étaient les sept fils d’un certain Scéva, un chef des prêtres juifs.
      15 Mais l’esprit malin leur répondit : — Jésus ? Je le connais. Paul, je sais qui c’est. Mais vous, qui êtes-vous ?
      16 Là-dessus, l’homme qui avait ces mauvais esprits en lui se jeta sur eux, en maîtrisa deux et les malmena avec tant de violence qu’ils parvinrent à grand-peine à s’enfuir de la maison, roués de coups et les vêtements en lambeaux.
      17 Cet incident fut bientôt connu de tous les habitants d’Éphèse : Juifs et Grecs en furent profondément impressionnés, un saint respect s’empara d’eux et le nom du Seigneur Jésus fut honoré.
      18 Beaucoup de ceux qui étaient devenus croyants vinrent alors confesser publiquement leurs péchés et avouer les pratiques occultes auxquelles ils s’étaient livrés.
      19 Bon nombre de ceux qui avaient exercé la magie apportèrent leurs livres de sorcellerie, les entassèrent aux yeux de tous et y mirent le feu. Leur valeur fut estimée à cinquante mille pièces d’argent.
      20 C’est ainsi que la parole du Seigneur démontrait sa puissance et se répandait de plus en plus, remportant partout des victoires.
      21 Après ces événements, Paul, poussé par l’Esprit, prit la décision de se rendre à Jérusalem en passant par la Macédoine et l’Achaïe : « Après avoir été là-bas, dit-il, il faudra que je me rende aussi à Rome ».
      22 Il envoya deux de ses collaborateurs, Timothée et Éraste, en Macédoine, tandis qu’il restait lui-même encore quelque temps dans la province d’Asie.
      23 C’est à cette époque que la voie (du Seigneur) fut l’occasion de troubles sérieux (à Éphèse).
      24 Un bijoutier, nommé Démétrius, qui fabriquait de petits temples d’Artémis en argent, procurait aux artisans de sa corporation des gains très appréciables.
      25 Un jour, il les convoqua tous, ainsi que les ouvriers qui vivaient de la même industrie. Il se mit à les haranguer ainsi : — Camarades ! Vous savez bien que nous devons notre prospérité à l’exercice de ce métier d’art.
      26 Or, vous voyez et vous entendez ce qui se passe, non seulement à Éphèse, mais dans presque toute la province d’Asie. Ce Paul, avec sa propagande, a endoctriné les foules pour les persuader que les divinités fabriquées par des hommes ne sont pas de vrais dieux, et il a déjà réussi à gagner un tas de gens à ses vues. Vous vous rendez compte des conséquences ?
      27 Il ne s’agit pas seulement de notre corporation qui risque d’être dénigrée, et de notre gagne-pain qui se voit menacé, mais pensez-y : le temple même de la grande déesse Artémis court le danger de perdre toute sa renommée. Pire que cela : avant longtemps, la déesse elle-même, celle que toute l’Asie, que dis-je ! celle que le monde entier adore, sera dépouillée de sa grandeur et de son prestige.
      28 À ces mots, les auditeurs devinrent furieux et se mirent à scander : — Vive la grande Artémis d’Éphèse !
      29 L’agitation se répandit vite. Bientôt, toute la ville fut en effervescence. Les meneurs entraînèrent la foule au théâtre, après s’être emparés de Gaïus et d’Aristarque, deux chrétiens originaires de Macédoine, qui aidaient Paul dans son ministère.
      30 Paul voulut se rendre à l’assemblée et s’expliquer devant le peuple, mais les autres disciples l’en empêchèrent.
      31 Il y eut même quelques hauts fonctionnaires de la province qui le tenaient en amitié et qui lui firent parvenir un message dans lequel ils le conjuraient de ne pas s’aventurer au théâtre.
      32 Là-bas, l’assemblée devint de plus en plus houleuse : chacun criait n’importe quoi… mais autre chose que son voisin. C’était une confusion sans pareille : la plupart des gens ne savaient même pas pourquoi ils étaient venus.
      33 On expliqua l’affaire à un Juif nommé Alexandre ; ses compatriotes le firent sortir de la foule et le poussèrent en avant vers la tribune. Alexandre fit un signe de la main (pour demander le silence), il voulut s’adresser au peuple pour prendre la défense de ses coreligionnaires.
      34 Mais dès que la foule s’aperçut qu’il était juif, tous se remirent à crier en chœur : — Vive la grande Artémis d’Éphèse ! Et cela, deux heures durant.
      35 À la fin, le chancelier de la ville parvint à calmer le peuple : — Citoyens d’Éphèse, dit-il, quel homme au monde ignore que notre cité d’Éphèse est la gardienne du temple de la grande Artémis et de sa statue tombée du ciel ?
      36 C’est là un fait incontestable. Il faut donc vous calmer et garder votre sang-froid. Ne faites rien d’irréfléchi ! N’agissez pas avec précipitation !
      37 Vous avez amené ici ces hommes, mais ils n’ont dit aucun mal de notre déesse.
      38 Si donc Démétrius et les artisans de sa corporation ont des griefs contre quelqu’un, ils n’ont qu’à porter plainte en bonne et due forme ! Il y a des tribunaux et des magistrats avec des jours d’audience pour cela !
      39 Et si vous avez encore d’autres réclamations à formuler, ou d’autres affaires à régler, on peut les examiner dans une assemblée légalement convoquée.
      40 Mais notre attroupement d’aujourd’hui risque de nous faire accuser d’avoir voulu nous révolter, car en fait, nous ne pourrions alléguer aucune raison valable qui nous permette de justifier une telle manifestation. Là-dessus, il ordonna à l’assemblée de se disperser.

      Actes 20

      1 Quand les esprits se furent apaisés et que les troubles eurent cessé, Paul convoqua les disciples et, après les avoir encouragés et leur avoir adressé ses dernières recommandations, il prit congé d’eux et partit pour la Macédoine.
      2 En parcourant cette province, il eut de nombreuses occasions de parler aux croyants pour les édifier et leur donner des conseils. De là, il passa en Grèce
      6 Paul et moi, nous nous sommes embarqués à Philippes après la fête de la Pâque et après une traversée de cinq jours, nous les avons rejoints à Troas où nous nous sommes arrêtés pendant une semaine.
      18 Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur dit : — Vous savez comment je me suis comporté à votre égard pendant tout le temps que j’ai passé parmi vous, depuis le jour de mon arrivée dans la province d’Asie.
      31 Soyez donc vigilants. Rappelez-vous que, pendant trois années, je n’ai cessé, la nuit comme le jour, de vous conseiller et de vous avertir un à un, parfois avec larmes.

      Actes 21

      17 À notre arrivée à Jérusalem, les frères nous accueillirent avec joie.
      38 Tu n’es donc pas cet Égyptien qui a provoqué une émeute dernièrement et qui a entraîné quatre mille terroristes au désert ? —

      Actes 24

      10 Sur un signe du gouverneur, Paul prit la parole : — Depuis plusieurs années, dit-il, tu administres cette province et tu exerces la justice sur notre nation. C’est donc en toute confiance que je viens te présenter ma défense.
      27 Deux années s’écoulèrent ainsi, après quoi Félix fut remplacé par Porcius Festus. Mais, pour se ménager les bonnes grâces des Juifs, il partit en laissant Paul sous les verrous.

      Actes 25

      12 Alors, Festus, après en avoir conféré avec ses assesseurs, décida : — Tu en as appelé à César ; tu comparaîtras donc devant César.

      Actes 27

      8 et après avoir côtoyé péniblement (le sud-est de) l’île, nous avons réussi à mouiller en un endroit appelé Bons-Ports, non loin de la ville de Lasée.

      Actes 28

      16 Après notre arrivée à Rome, Paul fut autorisé à loger, sous la garde d’un soldat, dans un appartement personnel.
      30 Paul resta deux années entières dans le logement qu’il avait loué. Il pouvait y recevoir tous ceux qui désiraient le voir.

      Romains 15

      19 par des miracles et des signes convaincants : oui, tout cela, je le dois à la puissance du Saint-Esprit. C’est ainsi que j’ai proclamé sans réserve la Bonne Nouvelle du Christ depuis Jérusalem et ses environs, en rayonnant en tous sens jusqu’en Illyrie. J’ai pleinement accompli l’œuvre du Christ, remplissant toutes ces contrées de son Évangile.
      24 Je pense me rendre en Espagne et vous voir en passant. Je compte sur vous pour me mettre sur le chemin de ce pays, peut-être même quelques-uns de vous m’accompagneront-ils ? Mais avant de continuer ma route, j’espère passer quelques bons moments en votre compagnie.
      28 Lorsque j’aurai rempli ma mission et remis aux destinataires le produit de la collecte, je prendrai le chemin de l’Espagne en passant par chez vous.

      1 Corinthiens 15

      5 Il est apparu vivant à Céphas (c’est-à-dire Pierre), puis aux douze.
      32 Si la lutte que j’ai soutenue à Éphèse, véritable « combat contre des bêtes fauves », ne s’est inspirée que par des motifs purement humains, si elle n’était rien de plus qu’une aventure propre à exalter l’homme, à quoi cela me servirait-il ? Si les morts ne devaient pas ressusciter, nous n’aurions qu’à agir d’après le proverbe : Mangeons et buvons, car demain nous mourrons.

      2 Corinthiens 1

      8 (Nous venons d’expérimenter ce dont nous parlons.) Il faut en effet que vous sachiez, frères, que nous avons dû passer par une terrible épreuve en Asie Mineure. Nous avons été persécutés avec tant de violence que nous en étions absolument écrasés. Nous avons été excessivement accablés, nos forces étaient à bout. Nous en étions venus à abandonner tout espoir de nous en tirer vivants, car nous avions le sentiment de voir tomber notre arrêt de mort.

      2 Corinthiens 2

      1 C’est pourquoi j’ai pris la ferme résolution d’éviter une nouvelle visite aussi pénible que la dernière : je ne veux pas retourner chez vous pour vous attrister une seconde fois.
      12 Étant allé à Troas pour prêcher l’Évangile du Christ, j’ai trouvé, dès l’arrivée, grâce au Seigneur, des portes largement ouvertes à mon activité, car on a fait bon accueil à ma prédication.
      13 Cependant, mon esprit n’a pas eu de repos, parce que je n’y ai pas rencontré mon frère Tite. C’est pourquoi j’ai fait mes adieux aux fidèles et je suis parti pour la Macédoine.

      2 Corinthiens 7

      5 En effet, à mon arrivée en Macédoine, je n’ai pas eu un instant de repos. De tous côtés, des épreuves m’attendaient ; autour de moi ce n’étaient que combats ; en moi, inquiétudes et craintes.
      6 Mais Dieu, le consolateur de ceux qui sont abattus, m’a réconforté par l’arrivée de Tite.

      2 Corinthiens 8

      1 Il faut que je vous raconte, frères, ce que la grâce de Dieu a réalisé dans les Églises de la Macédoine.
      6 Cela m’a encouragé à demander à Tite de mener à bonne fin chez vous cette œuvre de bienfaisance qu’il a si bien mise en train.

      2 Corinthiens 11

      32 (Je ne veux ajouter qu’un exemple où ma faiblesse a été clairement mise au jour :) à Damas le gouverneur du roi Arétas faisait circuler des patrouilles à travers la ville pour se saisir de moi : on surveillait les issues pour m’arrêter.

      Galates 1

      11 Je vous l’assure, frères, la Bonne Nouvelle que vous m’avez entendu prêcher n’est pas d’origine humaine. Elle ne doit rien aux hommes.
      15 Mais Dieu en avait décidé autrement. Dès avant ma naissance, il m’avait mis à part pour une tâche spéciale.
      18 Ce n’est que trois ans plus tard que j’ai fait la connaissance de Pierre, lors d’un voyage à Jérusalem. Je ne suis resté que quinze jours chez lui.
      20 Ce que je vous écris là est la pure vérité, Dieu m’en est témoin.
      21 Ensuite, je suis allé dans les régions de la Syrie et de la Cilicie.

      Galates 2

      1 Quatorze ans plus tard, je suis remonté à Jérusalem en compagnie de Barnabas et de Tite que j’avais pris avec moi.
      2 J’avais entrepris ce voyage pour obéir à une révélation divine. Dans un entretien particulier avec les responsables les plus considérés de l’Église, je leur ai exposé l’Évangile que j’ai coutume de prêcher parmi les non-Juifs : « Ai-je fait fausse route, leur ai-je demandé, dans mes courses passées et présentes ? » Je ne voulais évidemment pas que tout le travail accompli soit inutile et je ne tenais pas non plus à continuer de courir éventuellement en vain.
      3 Quelle a été leur réponse ? Un fait prouve leur accord avec moi : Tite, mon compagnon grec d’origine païenne, n’a pas été obligé de se soumettre au rite de la circoncision.
      4 D’ailleurs, cette question ne se serait même pas posée si certains faux frères ne s’étaient pas subrepticement introduits dans l’Église pour nous espionner. Ils voulaient voir si, oui ou non, nous obéissions à la loi juive. Ils s’étaient glissés parmi nous pour nous épier et pour remettre en question la liberté dont nous jouissons dans la communion avec Jésus-Christ, leur but étant de nous ramener sous l’esclavage des règles et ordonnances juives.
      5 Mais nous n’avons reconnu aucune autorité ni fait la moindre concession à ces intrus, fut-ce par déférence ou à titre temporaire, car la vérité de l’Évangile était en jeu, et j’étais décidé à la maintenir intégralement à cause de vous (et de tous les non-Juifs).
      6 Quelle a été, à cet égard, l’attitude des apôtres dirigeants, de ceux dont l’autorité est reconnue par tous ? (Peu m’importe, au fond, leur autorité et la position qu’ils occupent. Ce qu’ils ont été autrefois n’entre pas non plus en ligne de compte. Dieu ne s’arrête pas à de telles considérations et je ne veux pas non plus leur prêter plus d’attention qu’elles ne méritent.) Toujours est-il que ces apôtres, qui jouissent de la considération générale, n’ont rien eu à ajouter à mon Évangile, aucune obligation nouvelle à m’imposer.
      7 Au contraire ! Ils se sont rendu compte que l’évangélisation des non-Juifs m’avait été confiée au même titre que celle des Juifs à Pierre.
      8 Celui qui a préparé Pierre pour un apostolat parmi les Juifs m’a aussi qualifié pour un ministère parmi les non-Juifs. La même force nous assiste l’un et l’autre.
      9 Donc, lorsque Jacques, Pierre et Jean, ceux qui sont considérés comme les « piliers » de l’Église, ont reconnu la grâce qui m’a été accordée, ils nous ont donné la main, à Barnabas et à moi, en signe de parfait accord et de communion. Nous avons convenu que nous irions vers les peuples non juifs tandis qu’eux se consacreraient à l’évangélisation des Juifs.
      10 Ils n’ont exprimé qu’un seul souhait : que nous nous souvenions de leurs pauvres, ce que je n’ai jamais manqué de faire.
      11 Cependant, plus tard, lorsque Pierre est venu à Antioche, j’ai dû prendre personnellement position contre lui. Je lui ai tenu tête, car il était manifestement dans son tort et méritait d’être repris.
      12 En effet, avant l’arrivée de certaines personnes de l’entourage de Jacques, il prenait ses repas avec les non-Juifs convertis. Puis, quand ces gens sont arrivés, il a subitement pris peur et s’est esquivé, évitant de fréquenter les frères non juifs. Par crainte des « judaïsants », partisans de la circoncision, il s’est tenu complètement à l’écart des chrétiens non juifs.
      13 Les autres Juifs convertis, imitant sa conduite, se sont mis, eux aussi, à cacher leurs véritables convictions, au point que Barnabas lui-même s’est laissé entraîner avec eux à la dissimulation.
      14 Je voyais clairement qu’ils quittaient le droit chemin et ne marchaient plus selon la vérité enseignée par l’Évangile. J’ai alors dit ouvertement à Pierre, dans une réunion de l’Église (afin d’être entendu par tous) : « Si toi qui es juif, tu te sens libre de suivre les coutumes non juives et t’estimes dégagé des ordonnances légales du judaïsme, pourquoi veux-tu contraindre les non-Juifs convertis à respecter les coutumes juives ? »
      15 De naissance, nous appartenons bien au peuple juif, nous ne faisons pas partie de ces « pécheurs étrangers », de ces « pécheurs de païens » (comme on dit).
      16 Cependant, nous avons compris qu’aucun homme ne gagnera l’approbation divine par la pratique d’œuvres légales. Personne ne sera justifié en accomplissant ce que la loi commande. Seuls ceux qui croient en Jésus-Christ sont acceptés par Dieu et déclarés justes. C’est pourquoi, nous aussi, nous avons placé notre confiance en Jésus-Christ. Nous avons trouvé la vie véritable et la faveur divine, non pas en respectant la loi, mais en plaçant notre confiance en Jésus-Christ, car, comme il est écrit : Nul n’obtient d’être déclaré juste devant Dieu en accomplissant ce qu’ordonne la loi.
      17 Mais si, maintenant, nous aussi, qui cherchons l’acquittement de notre culpabilité et l’approbation divine dans la communion avec le Christ, nous sommes trouvés en faute, serait-ce le Christ qui nous aurait incités à pécher ? Cela est impossible ! Si on nous traite de « pécheurs », ce reproche atteint le Christ lui-même qui, dans ce cas, servirait donc la cause du péché. Jamais de la vie !
      18 Ah ! certes, si je me mettais à réédifier ce (système de justification par la loi) que j’ai renversé, je me constituerais par là transgresseur.
      19 Mais (je ne suis pas près de le faire car,) en réalité, c’est (en cherchant à accomplir) la loi, c’est par l’Ancien Testament (qui m’a conduit au Christ) que je suis mort à la loi ; (j’ai trouvé ma condamnation dans la loi) et je suis libre de vivre pour Dieu, c’est à lui que ma vie appartient désormais. La mort du Christ en croix a été aussi la mienne. Je reste crucifié avec lui,
      20 et si je continue à vivre, ce n’est plus mon ancien moi qui continue à vivre, c’est le Christ vivant qui agit et reproduit sa vie en moi. Le reste de mon existence sur terre est une vie vécue dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé jusqu’à mourir pour moi, à ma place.
      21 Je ne fais pas fi de ce don de Dieu et je me garde bien de négliger la grâce divine comme si elle était superflue, car vraiment, si l’on pouvait s’assurer l’acquittement de ses fautes en obéissant à une loi, alors, le Christ n’aurait pas eu besoin de mourir : sa mort perdrait tout son sens.
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