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DÉLUGE

1.

Regrettant d'avoir créé les hommes, qui se sont corrompus, Dieu veut les détruire. Noé, seul juste de sa génération, reçoit l'ordre de construire une arche et de s'y réfugier, parce qu'un déluge va noyer la terre. Au jour fixé le cataclysme se déchaîne, hommes et bêtes périssent ; seule l'arche flotte sur la mer sans bornes. Elle s'arrête enfin sur une montagne. Après avoir, trois fois, lâché une colombe qui finit par ne plus revenir, Noé sort de l'arche et offre un sacrifice. Dieu l'agrée, bénit Noé et ses fils et conclut alliance avec eux.

2.

Ce récit de 82 versets (Ge 6:6-9:17,28) est formé de fragments empruntés à la source jéhoviste (J) et au Code sacerdotal (P), que l'on a déterminés en relevant d'abord la différence des noms donnés à Dieu (Yahvé dans J ; Élohim dans P), puis des répétitions (6:5 =6:11 6:17 =7:4 6:18 =7:1 6:19 =7:2, etc.), des divergences et des contradictions (comp. Ge 6:19 et suivant et Ge 7 15 avec Ge 7:2 ; puis Ge 7:11 avec Ge 7 4,12 et Ge 8:6-12, etc.).

De la source J sont tirés : 6:5-8 7:1-5,10,7,16,12, 17b, 23a, 22,23b 8:2 b, 3a, 6-12,13b, 20-22- de P : 6 : -9-22 7:6,11,13-16a, 17a, 18-21,24 8:1,2a, 3b-5,13a, 14-19 9:1-17,28. L'exposé de J où, du reste, se mêlent plusieurs courants de tradition, a été tronqué au profit de P.

3.

Ces deux récits diffèrent nettement par la manière et par les intentions de leurs auteurs. Celles de J apparaissent dès la première ligne : la douleur que JHVH éprouve du péché des hommes, son soulagement de trouver un juste, Noé, le salut de celui-ci et la punition des coupables, tout cela J le raconte pour son propre plaisir et pour l'édification de ses lecteurs, avec une naïveté et un naturel qui font le charme de sa narration. Sans hésiter il recourt aux anthropomorphismes et nous montre JHVH fermant la porte de l'arche derrière Noé, se repentant et s'affligeant « dans son coeur », respirant avec délices l'odeur du sacrifice, etc. Ces expressions ingénues n'attestent, en définitive, que la profondeur de son sentiment religieux, l'intensité de vie qu'il prête à Dieu, l'ardent désir de faire sentir cette vie à ses lecteurs, et il y réussit admirablement, sans porter atteinte au caractère moral de JHVH. Il sait aussi nous intéresser à son héros parce qu'il s'y intéresse lui-même et le peint avec des traits qui le font vivre sous nos yeux : ingéniosité, sollicitude, inquiétude, reconnaissance. Cf. aussi la scène finale : la libre décision de JHVH de ne plus recourir au déluge le révèle attentif à la lutte du bien et du mal, dont il reste l'arbitre (Ge 8:21 et suivant). Ce récit est fort ancien et remonte au VIII e, peut-être au IX e siècle.

Tout autre est la narration de P. Celui-ci met au premier plan l'alliance que Dieu conclut avec Noé ; le déluge est, en réalité, un accessoire, le moyen d'octroyer à la famille élue la bénédiction préparée d'avance. De là l'ampleur de la scène finale (Ge 9:1-17) ; de là aussi le peu de relief de son récit. Conscient peut-être de ce déficit, il y supplée par des détails et des exagérations qui ne réussissent qu'à rendre le phénomène plus invraisemblable : il fait durer le fléau une année, les eaux dépassent de 15 coudées les plus hauts sommets ; il sait la date exacte du début et de la fin de l'inondation (Ge 7:11 8 4,5,13,14), etc. Sa conception de Dieu est aussi bien différente de celle de J : évitant tout ce qui montrerait la divinité en relation trop familière avec l'homme, il ne nous dit pas comment Dieu entre en rapport avec Noé, il constate simplement la chose. Sa piété est plus traditionnelle que spontanée : d'après Ge 8:20 (J) Noé offre un sacrifice-qui fait plaisir à JHVH ; rien de pareil dans Ge 9:1-19 (P) : Noé, laïque, n'a pas le droit de faire ce geste, car les sacrifices n'ont été institués que par Moïse. Cette préoccupation cultuelle et sacerdotale voile un peu, dans la dernière scène, le souci proprement religieux et moral. Si sa conception de Dieu est plus spiritualiste que celle de J, le JHVH de ce dernier est animé d'une vie autrement intense. Quant au héros, le Noé de P est un personnage conventionnel, sans initiative et sans caractère. Tout son mérite est dans son obéissance, mais celle-ci n'a pas la valeur morale de celle que J prête à Noé : on ne voit pas comment, d'après P, Noé aurait pu agir autrement.

Ce récit est l'oeuvre d'un prêtre de l'époque de l'exil qui utilise les traditions de son peuple au profit de l'institution sacerdotale. Venant après J dont il connaissait l'oeuvre, il ne s'est pourtant pas borné à le reproduire, en lui imprimant son esprit ; il a recueilli ailleurs des détails originaux, par ex. sur les matériaux employés à la construction de l'arche, sur l'océan souterrain (tehôm) dont les flots jaillissent du sol tandis que s'ouvrent les bondes de l'océan céleste, lesquels manquaient sans doute à la narration plus ancienne.

Ces deux traditions ont été combinées par un rédacteur postérieur qui a donné la préférence au texte de P et l'a complété par celui de J. Sa tentative d'harmonisation n'est guère parfaite, mais nous devons à ses scrupules de posséder, quoique tronqué, le véritable texte de J à côté de celui de P. En dépit de leurs divergences, un lien intime unit ces deux narrations : le souffle moral qui animait la plus ancienne s'est accentué jusqu'à produire, dans la plus récente, cette sublimation de la divinité qui met celle-ci au-dessus des contingences de la vie courante, sans la rendre étrangère au coeur.

4.

L' origine babylonienne de ce récit n'est plus, aujourd'hui, contestée par personne. L'auteur en place le théâtre dans l'Est lointain : Ararat (P), l'Ourartou des textes assyriens (pl. des cartes n° et suivant I et II), c-à-d, l'Arménie, inconnue des habitants de Canaan, et il s'y révèle familier avec ce phénomène de la submersion des terres, que la Palestine ignore totalement.

Voici qui est plus probant encore. L'historien babylonien Bérose (300 av. J. -C.) a laissé un récit du déluge, mais on pensait qu'il l'avait reçu des Juifs et adapté aux exigences de la piété babylonienne. En 1872, on a découvert, dans la bibliothèque cunéiforme d'Assourbanipal (aujourd'hui au Musée Britannique), un texte qui confirme celui de Bérose et reproduit, parfois mot pour mot, le récit biblique : le héros Atrakhasis reçoit du dieu Ea le conseil de construire un vaisseau et de s'y réfugier, parce qu'un déluge va détruire tout ce qui vit : ainsi le veulent les dieux. Le héros obéit, le fléau se déchaîne et dure sept jours et sept nuits ; le bateau aborde sur une montagne, Atrakhasis lâche une colombe, puis une hirondelle qui, ne sachant où se poser, reviennent à lui, puis un corbeau qui trouve la terre découverte et ne revient pas. Le héros sort du navire et offre un sacrifice aux dieux. Ceux-ci, apaisés, lui accordent leur faveur et lui confèrent la nature divine.

Le récit babylonien est incontestablement le récit original, car les plus anciennes rédactions en remontent au XXI e siècle avant notre ère.

Les ressemblances entre les deux narrations sautent aux yeux. Elles ne voilent pas, cependant, les divergences profondes qui les distinguent. Non seulement le monothéisme israélite s'oppose violemment au polythéisme grossier des Babyloniens, mais encore le caractère de la divinité dans la Ge n'a rien de commun avec celui des dieux caldéens jaloux, fantasques et sensuels : le déluge est dû à leur seul caprice et non à une cause morale ; le héros est sauvé parce qu'il est le favori de l'un d'eux, non parce qu'il est moralement digne de salut. Tandis que JHVH commande l'arche à Noé pour mettre sa confiance à l'épreuve, avant de lui parler du déluge, la réticence du dieu babylonien sur ce dernier point vient de sa peur de divulguer un secret divin. La supériorité religieuse et morale du récit biblique est immense.

5.

Quand Israël s'est-il approprié cet ancien récit ? La transmission n'a certainement pas été directe : jamais un écrivain du VIII e siècle n'aurait introduit une matière aussi nettement païenne dans les documents religieux de son peuple, même en en changeant l'esprit. Fragment du trésor littéraire de cette civilisation de Babel qui a exercé pendant des siècles une influence si prépondérante dans tout le Proche Orient (cf. les archives de Tell el-Amarna, 1400), le récit du déluge a précédé Israël en Canaan ; c'est dans ce dernier pays qu'il l'a adopté avec d'autres traditions. Pénétré de l'esprit des prophètes, il a été incorporé au recueil des Annales d'Israël par le Jéhoviste. De longues générations ont collaboré à cette transformation, mais le résultat en est frappant : les deux récits, babylonien et israélite, se ressemblent par la lettre et diffèrent totalement par l'esprit.

6.

Pour maintenir l'historicité traditionnelle du déluge, on a invoqué, mais en vain, le témoignage de la paléontologie et des documents extrabibliques. La période diluvienne des géologues a précédé de bien des siècles celle de l'apparition de l'homme sur la terre ; et si l'on retrouve des récits de déluges en Asie Mineure, en Grèce, en Inde et dans le Nouveau Monde, il ne faut pas oublier que les Égyptiens, les Arabes, les Chinois et d'autres peuples n'ont aucune tradition pareille. Ensuite le point de départ de ces récits est sans doute une inondation locale, comme en connaît périodiquement toute plaine traversée par un grand fleuve et exposée aux raz-de-marée, telle la Babylonie. Nul besoin d'un déluge universel pour les expliquer, et leur existence un peu partout n'apporte aucun appui à l'historicité du cataclysme raconté par la Genèse (voir ce mot).

7.

Avons-nous là un récit mythologique, la description d'un phénomène naturel présenté comme un drame dont le héros principal est un dieu qui a revêtu une forme humaine ? Si cette explication s'adapte parfaitement au récit babylonien, puisque le héros est élevé au rang des dieux, il est certain que tout élément mythique a disparu du récit biblique : Noé est un véritable représentant de l'humanité, et son épopée raconte les exploits non pas d'un dieu déguisé, mais d'un homme qui marchait avec Dieu. Voir Noé. E. G.

Voir A. Westphal, Jéhovah, Prophètes

Révision Yves Petrakian 2005

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Versets relatifs

    • Genèse 6

      6 L'Eternel regretta d'avoir fait l'homme sur la terre et eut le cœur peiné.
      7 L'Eternel dit : « J'exterminerai de la surface de la terre l'homme que j'ai créé, depuis l'homme jusqu'au bétail, aux reptiles et aux oiseaux, car je regrette de les avoir faits. »
      8 Cependant, Noé trouva grâce aux yeux de l'Eternel.
      9 Voici l’histoire de Noé. C’était un homme juste et intègre dans sa génération, un homme qui marchait avec Dieu.
      10 Noé eut trois fils : Sem, Cham et Japhet.
      11 La terre était corrompue devant Dieu, elle était pleine de violence.
      12 Dieu regarda la terre et constata qu'elle était corrompue, car tout le monde avait corrompu sa conduite sur la terre.
      13 Alors Dieu dit à Noé : « La fin de tous les hommes est décidée devant moi, car ils ont rempli la terre de violence. Je vais les détruire avec la terre.
      14 Fais-toi un bateau avec des arbres résineux. Tu disposeras cette arche en compartiments et tu l'enduiras de poix dedans et dehors.
      15 Voici comment tu la feras : l'arche aura 150 mètres de long, 25 de large et de haut.
      16 Tu feras une ouverture à l’arche et tu la feras d’une cinquantaine de centimètres depuis le haut. Tu placeras une porte sur le côté de l'arche. Tu construiras un étage inférieur, un deuxième et un troisième étages.
      17 Pour ma part, je vais faire venir le déluge d'eau sur la terre pour détruire toute créature qui a souffle de vie sous le ciel. Tout ce qui est sur la terre mourra.
      18 Cependant, j'établis mon alliance avec toi : tu entreras dans l'arche avec tes fils, ta femme et les femmes de tes fils.
      19 De tout ce qui vit, de toute créature, tu feras entrer dans l'arche deux membres de chaque espèce pour leur conserver la vie avec toi. Il y aura un mâle et une femelle.
      20 Des oiseaux selon leur espèce, du bétail selon son espèce et de tous les reptiles de la terre selon leur espèce, deux membres de chaque espèce viendront vers toi pour que tu leur conserves la vie.
      21 Quant à toi, prends de tous les aliments que l'on mange et fais-t’en une provision afin qu'ils vous servent de nourriture, à toi et à eux. »
      22 C'est ce que fit Noé : il se conforma à tous les ordres que Dieu lui avait donnés.

      Genèse 7

      1 L'Eternel dit à Noé : « Entre dans l'arche avec toute ta famille, car je t'ai vu comme juste devant moi dans cette génération.
      2 Tu prendras avec toi 7 couples de tous les animaux purs, le mâle et sa femelle, une paire des animaux impurs, le mâle et sa femelle,
      3 ainsi que 7 couples des oiseaux, mâle et femelle, afin de conserver leur espèce en vie sur toute la surface de la terre.
      4 En effet, encore 7 jours et je ferai tomber la pluie sur la terre pendant 40 jours et 40 nuits. J'exterminerai ainsi de la surface du sol tous les êtres que j'ai créés. »
      5 Noé se conforma à tous les ordres que Dieu lui avait donnés.
      6 Noé avait 600 ans lorsque le déluge frappa la terre.
      7 Noé entra dans l'arche avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils pour échapper à l’eau du déluge.
      8 Parmi les animaux purs et les animaux impurs, les oiseaux et tout ce qui se déplace sur le sol,
      9 un mâle et une femelle entrèrent dans l'arche avec Noé, deux par deux, comme Dieu l'avait ordonné à Noé.
      10 L’eau du déluge frappa la terre 7 jours après.
      11 L'an 600 de la vie de Noé, le dix-septième jour du deuxième mois, toutes les sources du grand abîme jaillirent et les écluses du ciel s'ouvrirent.
      12 La pluie tomba sur la terre pendant 40 jours et 40 nuits.
      13 C’est ce jour-là précisément que Noé, Sem, Cham et Japhet, les fils de Noé, la femme de Noé et les trois femmes de ses fils avec eux étaient entrés dans l’arche,
      14 ainsi que tous les animaux selon leur espèce, tout le bétail selon son espèce, tous les reptiles qui rampent sur la terre selon leur espèce, tous les oiseaux selon leur espèce, tous les petits oiseaux, tout ce qui a des ailes.
      15 Ils entrèrent dans l'arche avec Noé, deux par deux, issus de toutes les créatures qui ont souffle de vie.
      16 Il en entra, mâle et femelle, de toute espèce, comme Dieu l'avait ordonné à Noé. Puis l'Eternel ferma la porte sur lui.
      17 Le déluge frappa la terre pendant 40 jours. L’eau grossit et souleva l'arche, et celle-ci s'éleva au-dessus de la terre.
      18 L’eau monta et grossit beaucoup sur la terre, et l'arche flotta à la surface de l'eau.
      19 L’eau augmenta de plus en plus et toutes les hautes montagnes qui sont sous le ciel tout entier furent recouvertes.
      20 L’eau monta de 7 mètres et demi au-dessus des montagnes, si bien qu’elles furent recouvertes.
      21 Tout ce qui vivait sur la terre expira, tant les oiseaux que le bétail et les animaux, tout ce qui pullulait sur la terre et tous les hommes.
      22 Tout ce qui avait un souffle de vie dans ses narines et qui se trouvait sur la terre ferme mourut.
      23 Dieu fit disparaître tous les êtres qui étaient à la surface du sol, depuis l'homme jusqu'au bétail, aux reptiles et aux oiseaux : ils furent exterminés de la terre. Il ne resta que Noé et ceux qui étaient avec lui dans l'arche.
      24 La crue de l’eau sur la terre dura 150 jours.

      Genèse 8

      1 Dieu se souvint de Noé, de tous les animaux et de tout le bétail qui étaient avec lui dans l'arche. Il fit passer un vent sur la terre et l’eau se calma.
      2 Les sources de l'abîme et les écluses du ciel furent fermées et la pluie ne tomba plus du ciel.
      3 L’eau se retira peu à peu de dessus la terre, si bien qu’elle baissa au bout de 150 jours.
      4 Le dix-septième jour du septième mois, l'arche s'arrêta sur les montagnes d'Ararat.
      5 L’eau baissa progressivement jusqu'au dixième mois. Le premier jour du dixième mois, les sommets des montagnes apparurent.
      6 Au bout de 40 jours, Noé ouvrit la fenêtre qu'il avait faite à l'arche.
      7 Il lâcha le corbeau et celui-ci sortit, faisant des allers et retours jusqu'à ce que l’eau ait séché sur la terre.
      8 Il lâcha aussi la colombe pour voir si l’eau avait baissé sur la terre,
      9 mais celle-ci ne trouva aucun endroit où se poser. Elle revint vers lui dans l'arche, car il y avait de l’eau sur toute la surface de la terre. Il avança la main, la prit et la fit rentrer vers lui dans l'arche.
      10 Il attendit encore 7 autres jours, puis il lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche.
      11 La colombe revint vers lui sur le soir, et voici qu'une feuille d'olivier arrachée était dans son bec. Noé sut ainsi que l’eau avait baissé sur la terre.
      12 Il attendit encore 7 autres jours, puis il lâcha la colombe, mais elle ne revint plus vers lui.
      13 L'an 601, le premier jour du premier mois, l’eau avait séché sur la terre. Noé retira le toit de l'arche. Il regarda et constata que la surface du sol avait séché.
      14 Le vingt-septième jour du deuxième mois, la terre fut sèche.
      15 Alors Dieu parla à Noé :
      16 « Sors de l'arche avec ta femme, tes fils et les femmes de tes fils.
      17 Fais sortir avec toi tous les animaux de toute espèce qui sont avec toi, tant les oiseaux que le bétail et tous les reptiles qui rampent sur la terre. Qu'ils pullulent sur la terre, qu'ils se reproduisent et deviennent nombreux sur la terre. »
      18 Noé sortit avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils.
      19 Tous les animaux, tous les reptiles, tous les oiseaux et tout ce qui se déplace sur la terre sortirent de l'arche en fonction de leur espèce.
      20 Noé construisit un autel en l’honneur de l'Eternel. Il prit de toutes les bêtes pures et de tous les oiseaux purs et offrit des holocaustes sur l'autel.
      21 L'Eternel perçut une odeur agréable et se dit en lui-même : « Je ne maudirai plus la terre à cause de l'homme, car l’orientation du cœur de l'homme est mauvaise dès sa jeunesse, et je ne frapperai plus tous les êtres vivants comme je l'ai fait.
      22 Tant que la terre subsistera, les semailles et la moisson, le froid et la chaleur, l'été et l'hiver, le jour et la nuit ne cesseront pas. »

      Genèse 9

      1 Dieu bénit Noé et ses fils. Il leur dit : « Reproduisez-vous, devenez nombreux et remplissez la terre.
      2 Vous serez craints et redoutés de tout animal de la terre, de tout oiseau du ciel, de tout ce qui se déplace sur le sol et de tous les poissons de la mer : ils sont placés sous votre autorité.
      3 Tout ce qui se déplace et qui vit vous servira de nourriture : je vous donne tout cela de la même manière que je vous ai donné l'herbe verte.
      4 Seulement, vous ne mangerez aucune viande avec sa vie, avec son sang.
      5 Sachez-le aussi, je redemanderai le sang de votre vie, je le redemanderai à tout animal. Et je redemanderai la vie de l'homme à l'homme, à l'homme qui est son frère.
      6 Si quelqu'un verse le sang de l'homme, son sang sera versé par l'homme, car Dieu a fait l'homme à son image.
      7 Quant à vous, reproduisez-vous et devenez nombreux, pullulez et multipliez-vous sur la terre. »
      8 Dieu dit encore à Noé et à ses fils :
      9 « J'établis mon alliance avec vous et avec votre descendance après vous,
      10 avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, tant les oiseaux que le bétail et tous les animaux de la terre, avec tous ceux qui sont sortis de l'arche, avec tous les animaux de la terre.
      11 J'établis mon alliance avec vous : aucune créature ne sera plus supprimée par l’eau du déluge et il n'y aura plus de déluge pour détruire la terre. »
      12 Dieu dit : « Voici le signe de l'alliance que j'établis entre moi et vous, ainsi que tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour toutes les générations :
      13 j'ai placé mon arc parmi les nuages et il servira de signe de l'alliance conclue entre moi et la terre.
      14 Quand j'aurai rassemblé des nuages au-dessus de la terre, l'arc apparaîtra parmi les nuages
      15 et je me souviendrai de mon alliance entre moi et vous ainsi que tous les êtres vivants de toute espèce : l’eau ne se transformera plus en déluge pour détruire toute créature.
      16 L'arc sera parmi les nuages et je le regarderai pour me souvenir de l'alliance éternelle entre Dieu et tous les êtres vivants de toute espèce qui se trouvent sur la terre. »
      17 Dieu dit à Noé : « Tel est le signe de l'alliance que j'établis entre moi et toute créature sur la terre. »
      18 Les fils de Noé qui sortirent de l'arche étaient Sem, Cham et Japhet. Cham fut le père de Canaan.
      19 Voilà quels sont les trois fils de Noé. Ce sont eux qui ont peuplé toute la terre.
      28 Noé vécut 350 ans après le déluge.
    • Genèse 6

      8 Noé n'a pas rencontré la faveur auprès de son Entourage ; il a été haï et persécuté à la fois pour sa conduite et pour sa prédication envers le monde condamné : mais il a trouvé grâce aux yeux de Dieu, ce qui est de loin la meilleure part. Cela devrait être notre but principal ; cherchons premièrement à Lui être agréable.

      Tandis que le reste du monde vivait dans la méchanceté, Noé, quant à lui, est resté intègre. La bénédiction divine envers Noé a provoqué en lui cette bonne conduite. Il était un homme juste, juste devant Dieu, par sa foi en la Semence promise. Il a, de ce fait, été rendu saint, en ayant une conduite pure, en particulier dans la tenue de sa conversation. Il n'était pas seulement honnête, il était également pieux ; cela se traduisait par une recherche permanente de la volonté divine.

      Dieu porte favorablement Ses regards sur ceux qui Le recherchent avec foi. Il est facile d'être pieux quand la religion est à la mode ; mais il faut avoir une foi solide pour contrer les pensées et tendances de ce monde, pour être le seul qui puisse être, comme Noé, agréé par Dieu.

      On rencontrait toutes sortes de péchés parmi les hommes de cette époque. Les principes divins étaient bafoués. La terre était pleine de violence à cause du péché, ce qui a pleinement justifié la résolution divine de détruire le monde. Cette corruption s'est même répandue partout. Quand la méchanceté se généralise, la ruine ne tarde pas ; bien qu'il y en ait certains parmi le peuple qui prient le Seigneur, ce qui remonte un peu le niveau général de piété, le jugement ne tardera pas à être exécuté ; mais quand toutes les âmes outrepassent les limites et que personne ne cherche à limiter le débordement, que reste-t-il, à part le déluge de la colère divine ?

      12 Dieu a révélé à Noé son intention de détruire par l'eau le monde et sa méchanceté. Le secret de l'Eternel est pour ceux qui le craignent, Psaume 25:14. Cela s'applique à tous les croyants, ce qui leur permet de comprendre et de mettre en pratique les déclarations et les avertissements de la Parole de Dieu. Dieu a délibérément choisi de détruire le monde par le déluge. De la même manière qu'Il choisit la verge pour corriger Ses enfants, il a utilisé l'épée qui a décapité Ses ennemis. Dieu a établi une « alliance » avec Noé. C'est le premier passage dans la Bible où l'on rencontre ce mot ; cela semble signifier : 1- Une alliance avec la providence ; le cours de la vie, (la fin de toute chair) est défini. 2- Une alliance par la grâce ; l'Éternel est le Dieu de Noé, en qui il a placé Sa confiance pour perpétrer la race humaine.

      Dieu a donné à Noé la directive de construire une arche. Cette arche avait les caractéristiques d'un véritable navire, conçue pour flotter sur les eaux. Elle était très grande, à peu près la moitié du volume que représente la cathédrale de Saint Paul de Londres, elle aurait pu contenir plus de dix huit de nos plus grands navires actuels. Dieu aurait pu épargner Noé en le mettant simplement à l'écart, loin de tout problème et de toute Souffrance ; Il a cependant usé d'une autre solution, à savoir l'épreuve de la foi et de l'obéissance. La grâce et la providence divine couronnent l'obéissance et l'intégrité. Dieu a donné à Noé des consignes particulières en ce qui concerne la construction de l'arche, ce qui a permis d'exécuter cette tâche à la perfection. Dieu a promis à Noé, que lui-même et sa famille seraient préservés au moyen de cette arche.

      Quand nous sommes obéissants à Dieu, nous ne pouvons qu'en tirer des bénéfices, nous et notre famille. La piété des parents mène leurs enfants sur le chemin de la sagesse et même, vers la vie éternelle, s'ils la recherchent vraiment.

      22 La foi de Noé a triomphé des corruptions présentes à cette époque. Le fait de bâtir un tel ouvrage, sans avoir de réel modèle, et d'avoir procuré toutes les provisions destinées à nourrir les créatures embarquées, ont nécessité de sa part de sérieuses qualités d'application, de travail et de moyens. Ses voisins ont dû rire de son projet. Mais malgré toutes ces critiques, Noé, par la foi, a persévéré ; son obéissance était franche et déterminée. Une fois la tâche commencée, il ne l'a pas interrompue, et ce, jusqu'à la fin : telle fut sa conduite et telle devrait être la nôtre. Il craignait le déluge, il a donc préparé l'arche. À côté de l'avertissement donné à Noé, il y en a un autre, plus solennel, qui nous est adressé : celui de fuir la colère à venir, qui va balayer le monde des incroyants vers l'abîme de la destruction. Christ, à l'image de Noé, est à même de pouvoir nous consoler ; Il a, par Ses souffrances, déjà préparé l'arche et nous invite, avec tendresse, à y entrer. Alors que nous sommes toujours au bénéfice de Sa patience, écoutons et obéissons à Sa voix !

      Genèse 7

      1

      Noé, sa famille et les créatures vivantes, entrent dans l'arche ; début du déluge. (Genèse 7:1-12)
      Noé enfermé dans l'arche. (Genèse 7:13-16)
      La croissance des eaux pendant quarante jours. (Genèse 7:17-20)
      Toute chair est détruite par les eaux. (Genèse 7:21-24)

      L'appel qui est fait à Noé est plein d'amour, un peu comme celui d'un père qui invite ses enfants à rentrer au foyer à la veille de la nuit ou avant la tempête. Noé n'est pas entré dans l'arche avant que Dieu ne lui ordonne, bien qu'il sache que ce soit la place préparée pour son refuge. Il est très réconfortant de voir Dieu aplanir les sentiers que nous allons emprunter. Noé s'est donné beaucoup de mal pour construire l'arche, ce qui, en final, préservera sa vie. Dans tout ce que nous faisons, si nous obéissons, par la foi, aux ordonnances divines, tôt ou tard nous en tirerons du bénéfice. Cet appel fait à Noé, n'est pas sans nous rappeler celui que fait l'évangile aux pauvres pécheurs. Christ est l'arche, seul moyen de survie contre la mort et le jugement qui approchent. La Parole nous dit : « venez » ; les serviteurs de Dieu aussi ; l'Esprit nous dit : « venez dans l'arche ». Noé a été trouvé juste, non par son propre mérite, mais par son héritage de Justice, acquis par la foi Heb 11:7. Il a cru à la révélation que lui a faite l'Éternel, son Sauveur ; il n'a placé son espérance qu'en Lui seul. Ainsi justifié par la foi, il a reçu l'Esprit, dont la manifestation se traduit par la bonté ; mais si quelqu'un ne dispose pas de l'Esprit de Christ, il ne peut prétendre bénéficier de tels fruits. Après les cent vingt ans de patience divine, l'Éternel accorda encore sept jours de plus pour la repentance. Mais ces sept jours furent pris à la légère par tous ceux qui sont restés dans le monde d'alors. Le sursis ne fut que de sept jours. Ces condamnés n'ont eu qu'une semaine, dont un sabbat, pour considérer le niveau qu'ils avaient atteint et la paix qu'ils pouvaient entrevoir, dans l'arche.

      Il est commun pour ceux qui n'ont pas pris soin de leur âme au moment le plus propice de leur vie, alors qu'ils ne voyaient la mort que de loin, d'être soudain très attentifs, au jour de la maladie, alors qu'ils voient la fin de leur vie approcher ; leur cœur est alors endurci par les péchés. Après que Noé ait préparé l'arche, par la foi, selon l'avertissement divin du déluge à venir, il entra dans cette arche, toujours par la foi, assuré que le jugement ne tarderait pas à être exécuté rapidement. Au jour où Noé fut en sécurité dans l'arche, les fontaines du grand abîme se sont alors libérées.

      La terre disposait d'une réserve d'eau fabuleuse qui s'est libérée au moment choisi par l'Eternel ; il en est ainsi pour nos corps mortels, qui, selon le bon plaisir de Dieu, peuvent devenir sujets aux maladies mortelles. Les fenêtres des cieux furent ouvertes et les eaux qui sont au-dessus des cieux se déversèrent sur la terre. La pluie tomba abondamment, une pluie comme il n'en était jamais tombé. Il a plu sans interruption quarante jours et quarante nuits, sur la terre entière. Bien que cela soit une manifestation de la toute-puissance de l'Éternel, il serait vain et présomptueux de vouloir tenter de l'expliquer avec le raisonnement de notre prétendue sagesse.

      13 Les créatures sauvages ont été dociles ; l'arrivée de ce cataclysme et le fait d'entrer dans l'arche n'ont pas modifié leur comportement ni leur nature. Les hypocrites dans l'église, qui, aux yeux du monde, se conforment aux lois de cette « arche spirituelle », conservent leur vieille nature ; celle-ci, un jour ou l'autre, finira par se révéler.

      Dieu continue à s'occuper de Noé. L'Éternel ferme la porte, afin qu'il soit bien en sûreté et en sécurité, lui et tout son entourage, à l'intérieur de l'arche ; quelle que soit la manière employée, Dieu ne s'est pas particulièrement réjoui d'exécuter sa sentence.

      C'est un réel privilège et une sécurité de faire partie, de par l'évangile, de « l'arche spirituelle » que représente l'église. L'apôtre a fait de cette arche, une image du baptême, 1Pierre 3:20,21.

      Nous sommes en face d'une grande responsabilité vis-à-vis de l'obéissance à l'évangile, étant animés d'une foi vivante, en Christ, en nous engageant vers le chemin du salut, que Dieu a préparé pour les pauvres pécheurs. Ceux qui entrent dans cette « arche spirituelle » devraient amener avec eux autant de personnes que possible, en leur donnant de bonnes instructions, en les persuadant et en leur montrant le bon exemple. Il y a de la place pour tous ceux qui veulent entrer en Christ. Dieu a placé Adam dans le paradis, sans toutefois l'enfermer ; Il l'a même, pour finir, expulsé ; par contre, quand Dieu plaça Noé dans l'arche, et de manière imagée, quand une âme s'approche de Christ, le salut est assuré : Cela n'est pas le résultat d'un quelconque mérite personnel, mais celui qu'opère la main du Médiateur. La porte de la grâce sera rapidement close à la face de ceux qui refusent la lumière. Frappez maintenant et il vous sera ouvert, Luc 13:25.

      17 Le niveau des eaux n'a cessé de croître pendant quarante jours. Il a été tel qu'il a surpassé d'environ six mètres le sommet des montagnes les plus élevées. Aucun endroit sur terre n'est capable de mettre l'homme à l'abri des jugements divins. La main de l'Eternel trouvera tous Ses ennemis, Psaume 21:8.

      Le niveau du déluge s'est élevé, et les eaux, détruisant toutes choses, ont soulevé l'arche. C'est une image de la mort anéantissant les incroyants, et de la vie, menant les fidèles vers les cieux.

      21 Tous les hommes, femmes et enfants de ce monde, moururent, à l'exception de ceux qui se trouvaient dans l'arche. Nous pouvons imaginer facilement la terreur qui les saisit. Notre Sauveur nous dit que jusqu'à ce que le déluge arrive, les hommes mangeaient et buvaient, Luc 17:26,27 ; ils étaient aveugles et sourds aux avertissements divins. La mort les a alors surpris. Ils ont été convaincus trop tard de leur folie. On peut supposer qu'ils ont essayé de s'en sortir par tous les moyens, mais tout a été vain. Ceux qui n'appartiennent pas à Christ, l'Arche, sont perdus, perdus à jamais. Faisons une pause, un instant, pour considérer ce jugement terrible ! Qui peut se tenir devant l'Éternel alors qu'Il est en colère ? L'iniquité du pécheur sera tôt ou tard sa ruine, à moins qu'il ne se repente. Le Dieu de justice sait comment faire venir la ruine sur ce monde impie, 2Pierre 2:5.

      Quel moment terrible ce sera pour les incrédules, au jour du Jugement ! Heureux ceux qui appartiennent à la famille de Christ, ils se trouvent vraiment en sécurité ; ils peuvent, sans crainte, porter leur regard vers le futur et voir qu'ils seront épargnés, au grand jour du triomphe divin, quand le feu s'abattra sur la terre et sur tout ce qu'elle contient. Nous sommes capables, dans notre vie, d'emprunter divers chemins ; si nous négligeons, refusons ou méprisons le salut de Christ, nous serons détruits lors de la ruine commune qui s'abattra sur le monde incrédule.

      Genèse 8

      1

      Dieu se souvient de Noé, et assèche les eaux. (Genèse 8:1-3)
      L'arche échoue sur le mont Ararat, Noé envoie un corbeau et une colombe. (Genèse 8:4-12)
      Noé reçoit l'ordre de sortir de l'arche. (Genèse 8:13-19)
      Noé offre un sacrifice, Promesse de Dieu de ne plus envoyer de malédiction sur terre. (Genèse 8:20-22)

      Toute la race humaine, à l'exception de Noé et de sa famille, a été anéantie ; Dieu se souvenant alors de l'arche, a offert à la terre le bénéfice de Sa Grâce, en la préservant à jamais d'une fin analogue. La rétribution de la justice divine a été satisfaite par la ruine des pécheurs. Dieu envoya du vent pour assécher la terre et maîtriser les eaux. Cette même main, qui a amené la désolation, est capable d'offrir la délivrance ; C'est cette Main, que nous devons toujours saisir. Quand les afflictions ont accompli ce pourquoi elles ont été envoyées, soit pour tuer, soit pour guérir, elles finissent toujours par s'éloigner. De même que la terre n'a pas été inondée en un seul jour, elle n'a pu être asséchée immédiatement. En général, Dieu accorde la délivrance à son peuple graduellement, de façon à ce que les jours où peu de choses surviennent ne soient pas méprisés et que ceux attristés par l'épreuve ne fassent pas perdre l'espoir.
      4 L'arche, guidée par la Sagesse et la providence divines, s'est posée sur une montagne. Dieu a pris le temps nécessaire pour faire reposer cette arche en sécurité, après tout le périple que celle-ci accomplit ; Il a tout prévu afin que tout se déroule convenablement, sans que la race humaine intervienne. Dieu a prévenu Noé que le déluge viendrait, sans toutefois lui révéler tous les détails et toutes les étapes qui devaient le conduire dans sa fuite du cataclysme. Le fait de savoir que cela allait arriver était nécessaire pour préparer l'arche ; tout autre détail supplémentaire n'aurait servi qu'à satisfaire sa curiosité ; ce plan divin n'a pu qu'affermir la foi et la patience de Noé. Celui-ci a fait sortir de l'arche un corbeau, qui a tenté de se nourrir des carcasses éventuelles qui pouvaient flotter à la dérive. Il a envoyé ensuite une colombe qui est rapidement rentrée, sans nouvelle encourageante ; mais, à la seconde sortie, elle rapporta une branche d'olivier dans son bec, montrant ainsi que les arbres fruitiers commençaient à apparaître parmi les eaux. Noé a envoyé la colombe sept jours après sa première sortie, puis sept jours plus tard il fit de même, une troisième fois, peut-être un jour de sabbat. Ayant conservé le concept du sabbat au sein de sa petite communauté, il espérait obtenir ainsi une bénédiction céleste particulière et tentait d'obtenir quelque information à ce sujet. Cette colombe est l'emblème de l'âme pleine de grâce qui, ne trouvant pas sur place, de paix véritable, dans ce monde souillé, retourne à Christ, l'Arche, seul endroit où elle puisse demeurer en sécurité. Le cœur charnel, tel le corbeau, s'est accommodé du monde et s'est nourri de la charogne qu'il a pu trouver sur place. Oh mon âme, retourne donc en lieu sûr, Psaume 116:7 ! De même que Noé sortit sa main pour recueillir et prendre la colombe dans l'arche, Christ sauve, aide et accueille ceux qui sont en quête d'un refuge.
      13 Dieu s'intéresse davantage à nos intérêts qu'à nos désirs personnels ; Il sait, mieux que nous-mêmes, ce qui nous convient le mieux ; Il connaît la juste mesure qui doit être appliquée tant à nos épreuves qu'à la miséricorde. Nous voulons souvent sortir de l'arche avant que le sol ne soit sec ; même si la porte est encore fermée, nous sommes prêts à pousser le système de fermeture et à grimper n'importe où ; mais le moment prévu par Dieu pour nous, est le meilleur. Noé reçut l'ordre d'entrer dans l'arche et malgré un certain sentiment de lassitude, il a patiemment attendu le commandement divin pour en sortir. Nous devons, dans notre cheminement avec Dieu, Le placer sans cesse devant nous, dans toutes nos entreprises ; nous devons savoir nous placer sous Sa protection, savoir Le suivre et nous soumettre à Lui.
      20 Noé est maintenant entré dans ce monde de désolation, où chacun aurait pu penser qu'il allait commencer par construire une maison, mais en fait, il a bâti un autel pour adorer Dieu. Il a bien fait de commencer par honorer Dieu.

      Bien que le bétail qu'il avait fait entrer dans l'arche fût relativement réduit et qu'il ait dépensé beaucoup d'énergie à le garder en vie, il n'a pas rechigné à s'en servir pour adorer l'Éternel. Servir son Dieu avec de petites choses au départ ouvre la voie pour en faire davantage, plus tard ; ne pensons jamais que ce qui est offert à Dieu, en vue de l'honorer, soit perdu. Le premier acte accompli dans ce nouveau monde a été l'adoration. Nous devons aujourd'hui exprimer notre reconnaissance, non pas par des offrandes brûlées sur un autel, mais par la prière, par une vie pieuse et dévouée et par notre conversation. Dieu a réellement apprécié ce qui a été fait par Noé. Mais la chair consumée ne pourrait davantage plaire à Dieu que le sang des taureaux et des boucs, à l'exception particulière du sang de Christ et de l'humble foi de Noé accompagnée de sa consécration. Si le déluge a balayé la méchanceté sur terre, il n'a pas, par contre, ôté l'iniquité de la nature humaine, née dans le péché ; quand on voit les pensées des hommes, leurs devises, leur amour du mal, dès le plus jeune âge, que ce soit avant ou après le jugement divin.

      Mais Dieu, dans Sa grâce, a déclaré qu'Il ne frapperait plus jamais la terre par les eaux du déluge. Tant que la terre subsistera et que l'homme y vivra, l'été et l'hiver seront toujours présents. Il est évident que cette terre ne durera pas éternellement. Elle doit être détruite par le feu, avec toutes ses œuvres ; et nous, portons notre regard vers de nouveaux cieux et une nouvelle terre, quand toutes ces choses seront dissoutes. Mais, tant que la terre demeure, la Providence divine veillera au bon déroulement des saisons, afin que chacun puisse le constater. Et c'est sur cette Déclaration que nous devons nous appuyer. Et de même que nous voyons les promesses divines s'accomplir ici-bas, dans toute la bonté de Dieu, confions-nous dans celles qu'Il a préparées pour tous les croyants.

      Genèse 9

      1

      Dieu bénit Noé, et accorde la chair comme nourriture. (Genèse 9:1-3)
      Le sang et le meurtre sont interdits. (Genèse 9:4-7)
      L'alliance divine : l'arc en ciel. (Genèse 9:8-17)
      Noé plante une vigne, son ébriété et sa honte devant Cham. (Genèse 9:18-23)
      Noé maudit Canaan, Il bénit Sem, Il prie pour Japhet, Sa mort. (Genèse 9:24-29)

      La bénédiction divine est la cause de notre prospérité. C'est de l'Éternel que nous dépendons et c'est à Lui que nous devrions être reconnaissants. N'oublions pas les avantages et les plaisirs que nous tirons des tâches accomplies par le bétail et de la chair que nous pouvons consommer.

      Soyons également reconnaissants pour la sécurité que nous avons vis-à-vis des bêtes sauvages, malgré la crainte que nous éprouvons. Nous voyons l'accomplissement de cette promesse chaque jour, en tout lieu. Cette disponibilité des animaux nous permet de nous en servir en tant que nourriture, sans toutefois en abuser, par de gloutonnerie et encore moins par cruauté. Nous devrions ne pas leur faire de mal tant qu'ils sont en vie, ni d'ailleurs les faire mourir inutilement.

      4 La principale raison de s'abstenir de manger de la chair « avec son âme » était sans doute due au sang répandu lors des sacrifices, en vue de préserver chez les pécheurs le sentiment d'un précieux pardon ; bien qu'il puisse sembler cruel de répandre le sang des animaux, les hommes devraient être néanmoins choqués à l'idée que certains puissent tuer leurs semblables.

      L'homme ne doit pas se donner la mort. Nos vies appartiennent à Dieu et nous sommes appelés à ne quitter ce monde que lorsque notre heure survient, ordonnée par Dieu. Si nous anticipons volontairement l'heure de notre mort, nous sommes alors redevables à Dieu.

      Quand l'Éternel reprend la vie d'un homme, par l'acte d'un meurtrier, cela peut nous paraître injuste ; ce dernier est incapable de réparer le méfait, sinon seulement par sa vie. Tôt ou tard, quel que soit l'endroit au monde où se trouvent les meurtriers, Dieu les découvrira et les punira. Il y a cependant ceux, qui au nom du service divin, protègent les innocents en répandant la terreur parmi les méchants ; ils ne porteront pas l'épée en vain, Romains 13:4.

      Les meurtres prémédités devraient toujours être punis de mort. Il y a une raison à cela : l'homme, créé à l'image de Dieu, est néanmoins mauvais et est toujours capable de tuer son prochain. Quelle dégradation il apporte à cette image, quel déshonneur !

      8 Le monde précédant le déluge ayant été détruit, le suivant se devait d'être une référence de justice et de grâce. Hélas, le péché, qui a mené cette ancienne période, jusqu'au déluge, finira par faire brûler la suivante. Les grandes alliances humaines sont souvent officialisées et les traités solennels rassurent avec satisfaction les différents partis engagés. Le signe de l'alliance divine a été l'arc en ciel ; ce signe, existant déjà dans les nuages, avant le déluge, n'a reçu véritablement sa valeur que lorsque Dieu a fait cette déclaration. L'arc en ciel apparaît quand nous avons de bonnes raisons de craindre la tempête et la pluie ; Dieu rappelle alors Sa promesse et ne reviendra pas dessus. Plus les nuages sont menaçants, plus l'arc en ciel est vif. Il en est de même dans nos vies : c'est au sein des épreuves les plus dures que la consolation divine est la plus vive. L'arc en ciel résulte de la réflexion et de la décomposition des gouttes d'eau par les rayons de lumière. Toute la gloire de l'alliance divine découle de Christ, le Soleil de droiture. Il répandra Sa gloire sur les saints, lors de l'épreuve.

      Un arc est synonyme de terreur. Celui de l'Éternel ne possède ni corde, ni flèche ; un arc ne peut cependant, à lui seul, faire beaucoup de mal. Celui de l'Éternel n'est pas dirigé vers la terre, mais vers le ciel ; le signe de l'alliance est destiné à réconforter et non à terrifier. Lorsque Dieu regarde l'arc en ciel, il se souvient de l'alliance qu'Il a faite avec les hommes ; soyons conscients de cette alliance, avec foi et reconnaissance. Sans cette révélation, l'assurance pleine de grâce qu'Il accorde ne serait pas perçue ; sans la foi cela n'est d'aucune utilité pour nous ; cette assurance divine est aussi utile lors des grands dangers, auxquels nous sommes exposés ; elle nous rappelle la nouvelle alliance et les bénédictions promises.

      18 L'ivresse de Noé est citée dans la Bible, avec cette délicatesse qui n'appartient qu'à l'Écriture, soulignant ainsi la faiblesse et l'imperfection de l'homme qui peut à tout moment tomber sous l'emprise du péché ; ce passage révèle aussi que le meilleur des hommes est capable de chuter, à moins qu'il ne compte sur la Grâce divine et s'y attache. On pourrait supposer que Cham soit un mauvais personnage, se réjouissant de l'inconvenante situation de son père. Il est dit, au sujet de Noé, qu'il était parfait, parmi sa génération, voir Genèse 6:9 ; cela soulignait son intégrité et non pas une perfection, dénuée de péché. Le patriarche, qui a montré une certaine lucidité, en compagnie des hommes pervers, est maintenant ivre, parmi les siens.

      Que celui qui pense tenir droit, prenne garde de ne pas chuter. Nous devons rester vraiment vigilants quand nous usons des délices de cette terre, créés par l'Eternel : n'en abusons pas, Luc 21:34.

      La conséquence du péché de Noé fut la honte. Notez, ici, les dégâts occasionnés par le péché d'ivrognerie. Celle-ci dénude les hommes ; elle dévoile leurs infirmités et leurs secrets sont facilement mis à jour. Les ivrognes ouvrent les portes de leur intimité. L'abus d'alcool déshonore les hommes et les expose au mépris général. Ceux qui sont ivres ne contrôlent ni actes ni paroles ; ensuite, lorsqu'ils retrouvent leur esprit, leurs propos les font rougir.

      Remarquez aussi les précautions prises par Cham et Japhet pour couvrir la nudité de leur père. Il existe un type d'amour capable de couvrir les fautes des autres, 1Pierre 4:8. Il existe, de plus, une « robe » de révérence qui couvre les fautes éventuelles qu'ont pu commettre nos parents ou nos supérieurs. La bénédiction divine est promise à ceux qui honorent leurs parents, par contre la malédiction est réservée spécialement à ceux qui les déshonorent.

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