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ISRAËL (Histoire et Religion 3.)

2.

Installation en Palestine.

Le livre des Juges est une énigme pour le lecteur superficiel. Tout paraît y être dans la confusion ; il semble que l'oeuvre accomplie par Moïse ait été réduite à néant. Il est vrai que ce livre présente un aspect plus fidèle de la situation que celui de Josué qui décrit, en un tableau idéalisé, le pays conquis et réparti sous les ordres d'un chef unique. La conquête ne fut pas faite en une fois et ne fut jamais complète. Elle fut nécessairement lente et progressive. Le livre des Juges, bien que composé à une époque plus récente (D), contient de vieux récits du type juif primitif (J), qui reflètent fidèlement le désordre et l'état chaotique des tribus. Bien qu'elles n'eussent pas de sanctuaire national et fussent exposées à descendre au niveau de l'ambiance cananéenne, les tribus restaient cependant attachées au nom sacré et aspiraient à une union plus étroite avec Jéhovah (Jug 7:18 8:23). Le cantique de Débora, magnifique poème (Jug 5:2,31), l'un des documents les plus anciens de la littérature hébraïque, dépeint la lutte de nombreuses tribus liguées contre les Cananéens. Les unes sont blâmées pour leur mollesse, les autres louées pour leur courage ; et l'on est surpris de constater que la tribu de Juda--destinée à jouer plus tard un rôle si important--n'est pas mentionnée. Des hommes qui, selon les données postérieures, semblent avoir été sauvages et superstitieux, ont laissé leurs noms écrits dans les annales de la gloire (Heb 11:32,38) et contribué, à leur manière, à édifier le Royaume. L'édifice matériel devait précéder le spirituel. Le livre des Juges, qui semble appartenir à un passé si éloigné du but à la fois objectif et religieux de cette étude, a une grande valeur aux yeux des historiens. Cananéens, Hébreux, Philistins y sont mélangés, sans que des frontières territoriales les séparent. Auxquels appartiendra la prédominance ? On ne saurait le dire encore. Ces éléments de la tradition la plus ancienne ont un prix exceptionnel. Les temps n'étant pas mûrs, il est heureux qu'aucun de ces héros n'ait fondé un royaume. C'eût été un royaume du type cananéen et non pas la fédération constituée et complétée par Saül et David. La place manque pour étudier en détail les origines et l'histoire de chacune des tribus--Moabites, Ammonites, Édomites, Amalécites--avec lesquelles les Hébreux furent en contact. Elles eurent une brève existence, s'épuisèrent en combats de tribus à tribus et disparurent sans laisser de traces dans l'histoire du monde.

Pendant trois cents ans environ avant l'arrivée des Hébreux, la Palestine avait été soumise à la domination égyptienne. Elle était divisée en petits royaumes impuissants, en raison de leurs discordes et de leur faiblesse, à repousser les invasions. Leurs recours au monarque égyptien (lettres de Tell el-Amarna) étaient inopérants. A l'Est également la situation était telle que, vers 1400, la Palestine devait régler seule ses propres affaires. Trois acteurs principaux sont en scène à cette époque : les Cananéens, les Hébreux et les Philistins. Les Cananéens furent dispersés, détruits ou absorbés par les rudes envahisseurs de l'Est, de l'Ouest et du Sud. Leur religion et leurs coutumes leur survécurent, exercèrent une influence sur les nouveaux habitants et menacèrent la foi et le culte des Hébreux. Au travers de conflits avec les éléments inférieurs, la religion de ceux-ci s'affirme cependant plus claire et plus forte. Les Hébreux formaient, au milieu des indigènes, des groupes séparés et souvent en querelle les uns avec les autres, mais l'unité de race et de religion tendait sans cesse à se manifester. Quand d'incessantes luttes eurent affaibli les Cananéens, il fallut affronter un nouvel ennemi. Les Philistins, qui ont donné leur nom au pays, vinrent de l'Ouest par la route maritime. Ces « pirates de la mer », comme on les appelle, s'établirent en sécurité sur la côte occidentale et y bâtirent des villes prospères. Ils venaient, croit-on, de l'île de Crète, et avaient hérité de la vieille civilisation égéenne. L'idée a été émise, mais non prouvée, que les Hébreux avaient adopté leur alphabet. Leur arrivée en Palestine date de l'an 1100 environ av. J. -C. C'étaient des guerriers bien armés, courageux et habiles. Pendant le siècle suivant, il s'agit d'établir qui, des Hébreux ou des Philistins, aurait la suprématie, question plus importante qu'il ne le semblait alors. Les Juges et le premier livre de Samuel sont les sources auxquelles nous pouvons puiser pour cette période. Ce sont des recueils de récits semblables à ceux des documents J et E. L'on y trouve les mêmes étranges confusions et répétitions. Il a pu exister des vies séparées de Samuel et de Saül ; cependant, à défaut de biographies méthodiques, il y a là des traditions rangées à côté les unes des autres et reflétant les idées d'époques `anciennes et d'époques tardives. La guerre contre les Philistins dura longtemps sans résultats appréciables. Il devint évident que le seul espoir de victoire pour les Hébreux résidait dans l'alliance des tribus contre l'ennemi commun et que ce résultat ne serait obtenu que par l'établissement d'une forme quelconque de royauté. Il est difficile d'apprécier le rôle joué à ce moment par Samuel ; car le « Voyant », qui exerçait son influence sur une région déterminée, a été transformé par la tradition en chef théocratique du peuple tout entier. Les voyants et les prophètes extatiques de ces temps reculés prenaient part à la vie publique, exaltaient le patriotisme du peuple par leurs appels passionnés comme « champions de Jéhovah » et comme conservateurs du passé, protestant contre les coutumes des Cananéens, telles que la culture de la vigne, l'usage du vin et autres déviations de la simplicité de la vie nomade. Ces hommes contribuèrent à sauvegarder la religion ; mais pour qu'une religion nationale pût être fondée, il fallait que le peuple en grandissant devînt partie intégrante de sa nouvelle patrie.

La vie de Saül est une tragédie. Son action dans le domaine religieux n'a rien de marquant. Des historiens attentifs pensent que la gloire de son brillant successeur l'a trop relégué dans l'ombre. Il a contribué à la cohésion du peuple. Il eut quelques succès au début de son règne, mais à la fin de sa carrière les ténèbres s'épaissirent et sa mort semble être un irréparable désastre. Cette faillite apparente, sévère avertissement aux jaloux insensés et aux nécromanciens, ne fut cependant pas complète (1Sa 19:15 28:8 et suivants). De ce naufrage, désastre pour Saül lui-même et pour sa famille, sortit pour Israël un bienfait permanent.

La littérature de cette époque (1 Samuel) offre un grand intérêt aux historiens et soulève de nombreux problèmes critiques quant à la méthode de compilation des documents et à leur valeur comparée. Entre la période dénommée des « Juges » et l'avènement de la monarchie, il n'y a pas de démarcation précise. L'admirable histoire de Samuel enfant (1Sa 1-3) se détache sur un fond sombre comme un brillant tableau. La destinée du vieux prêtre Héli et de ses fils (1Sa 4:10-18) prouve que la réalité de la religion et la pureté de l'adoration étaient dangereusement menacées par la corruption ambiante (1Sa 2:17). L'histoire de la vocation de Samuel est un des plus beaux morceaux de la narration hébraïque. De même le récit de l'élection de David (1Sa 16) fortifie la conviction que même lorsque, par la méchanceté des hommes, tout espoir semble anéanti, Dieu prépare un avenir nouveau. La plus grande catastrophe fut la perte de l'arche, symbole de la présence de Jéhovah. D'après la tradition, les Philistins lui durent la victoire, mais cette capture valut aux vainqueurs tant de tribulations qu'ils furent heureux de s'en défaire. Les récits divers qu'a inspirés cette arche sainte (coffre sacré) nous rappellent qu'en ce temps-là, quand un peuple émigrait, il devait emporter son dieu avec lui ; il fallait pour cela qu'il en eût une représentation visible. Différentes explications ont été données des origines et du contenu de l'arche (voir ce mot). Plus tard elle jouera à nouveau un rôle important et accomplira sa destinée (2Sa 6). Le vieux sanctuaire de Silo était condamné à perdre son prestige. La littérature des époques anciennes y fait de fréquentes allusions (Jug 21:19,1Sa 1:3 4:3), et plus tard Silo personnifiera le jugement de Dieu contre le culte idolâtre (Ps 78:60, Jer 7:14).

Il est impossible de tracer un tableau clair et précis de la vie religieuse, de la pensée et du culte en Palestine à cette période de l'histoire. Kamos dieu de Moab, Moloch dieu d'Amalek, Dagon dieu des Philistins et autres divinités avaient leurs territoires et leurs adorateurs. Les Hébreux admettaient que chaque dieu eût son pays (Jug 11:24). Leurs rites se ressemblaient beaucoup. Exception faite des exterminations par interdit ou des massacres des prisonniers de guerre, les sacrifices humains semblent avoir été peu pratiqués dans l'ancienne religion d'Israël. Les autres nations contemporaines n'y avaient recours que sous la pression de circonstances tragiques (2Ro 3:27). En Israël ils étaient considérés comme une apostasie (2Ro 16:3). La vie était probablement plus simple et plus austère dans le Sud. Les conditions de l'existence y étaient plus dures et le pays moins fertile. Les riches plaines du Nord, plus fécondes et prospères à maints égards, étaient aussi plus ouvertes aux influences du dehors. Cependant il n'y avait pas encore de sanctuaire national. En quelque lieu que Dieu se fût manifesté, les hommes avaient, à cet endroit précis, élevé un autel qui devait servir de mémorial (Ge 28:18 et suivant, Ex 20:24 et suivant). Parfois ces autels en remplaçaient d'autres dédiés à Baal (=Maître, Seigneur). Le Baal (voir ce mot) n'était pas le dieu et le seigneur du territoire entier, mais une divinité particulière, considérée comme propriétaire de son domaine restreint : Baal-Péor, divinité de la montagne (No 25:3,5) ; Baal-Hermon, divinité du mont Hermon (Jug 3:3). Pour conquérir la suprématie sur ces cultes indigènes, celui de Jéhovah eut des luttes à livrer. Quand il se fut établi dans les anciens sanctuaires, il courut le risque de conserver les cérémonies païennes et leurs rites sensuels. Ce conflit entre les deux formes de l'adoration dura longtemps. Ce fut beaucoup plus tard qu'il reçut une solution définitive (2Ro 10,11,18). Les Hébreux avaient besoin d'apprendre que leur Dieu, bien qu'il fût adoré en des lieux divers, était cependant le seul Dieu (De 6:4 s).

Il n'est pas aisé, on le voit, de présenter un compte rendu systématique de l'état religieux de la Palestine en ces temps reculés. Celui-ci offrait un mélange confus de croyances et de cérémonies. L'adoration de la nature et l'animisme en étaient un élément important. Les sources d'eau et les fontaines, les rochers et les arbres étaient, croyait-on, la demeure de dieux ou de démons (Esa 1:29-31, Jer 2:20). Il est difficile de détruire des croyances et des coutumes si profondément enracinées ; elles survivront sous des formes variées, et l'on peut encore les retrouver en Palestine et ailleurs. Ce que nous appelons polythéisme et paganisme exerce un attrait extraordinaire sur les races humaines à un certain stade de leur développement. La nature y est représentée et divinisée de façon grossière. Belle et pittoresque à un certain point de vue, cette forme de religion est un appel puissant aux sentiments, aux passions qui font partie intégrante de la vie humaine. La preuve évidente de la vitalité et de la valeur morale de la religion des Hébreux, nous la trouvons dans le fait que, malgré des infiltrations du syncrétisme, elle resta fidèle à son principe monothéiste et s'enrichit des combats mêmes qu'elle eut à livrer.

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      Genèse 28

      18 Jacob se leva de bon matin ; il prit la pierre qu’il avait placée sous sa tête, il l’érigea en stèle et versa de l’huile sur son sommet.

      Exode 20

      24 Tu me feras un autel de terre, sur lequel tu offriras tes holocaustes, tes sacrifices de communion, ton petit et ton gros bétail. Partout où je rappellerai mon nom, je viendrai vers toi et je te bénirai.

      Nombres 25

      3 Israël s’accoupla avec Baal -Peor, et la colère de l’Éternel s’enflamma contre Israël.
      5 Moïse dit aux juges d’Israël : Que chacun de vous tue ceux de ses gens qui se sont accouplés à Baal-Peor.

      Juges 3

      3 les cinq ducs des Philistins, tous les Cananéens, les Sidoniens et les Héviens qui habitaient la montagne du Liban, depuis la montagne de Baal-Hermon jusqu’à l’entrée de Hamath.

      Juges 5

      2 Quand on laisse flotter sa chevelure en Israël, Quand un peuple se porte volontaire lui-même : Bénissez-en l’Éternel !
      31 Périssent ainsi tous tes ennemis, Éternel ! Ceux qui l’aiment sont comme le soleil, Quand il paraît dans sa force. Le pays fut tranquille pendant quarante ans.

      Juges 7

      18 et quand je sonnerai du cor, moi et tous ceux qui seront avec moi, vous sonnerez aussi du cor tout autour du camp et vous direz : Pour l’Éternel et pour Gédéon !

      Juges 8

      23 Gédéon leur dit : Je ne dominerai pas sur vous, ni mon fils non plus ; c’est l’Éternel qui dominera sur vous.

      Juges 11

      24 Ce que ton dieu Kemoch te donne à posséder, ne le posséderais-tu pas ? Et tout ce que l’Éternel, notre Dieu, a mis en notre possession devant nous, nous ne le posséderions pas !

      Juges 21

      19 Et ils dirent : Voici qu’il y a chaque année une fête de l’Éternel à Silo, qui est au nord de Béthel, à l’orient de la route qui monte de Béthel à Sichem, et au midi de Lebona.

      1 Samuel 1

      1 Il y avait un homme de Ramataïm-Tsophim, de la montagne d’Éphraïm, nommé Elqana, fils de Yeroham, fils d’Élihou, fils de Tohou, fils de Tsouph, Éphratien.
      2 Il avait deux femmes. Le nom de l’une était Anne et le nom de la deuxième Peninna ; Peninna avait des enfants, mais Anne n’avait point d’enfants.
      3 Chaque année, cet homme montait de sa ville à Silo, pour se prosterner devant l’Éternel des armées et pour lui offrir des sacrifices. Là se trouvaient les deux fils d’Éli, Hophni et Phinéas, sacrificateurs de l’Éternel.
      4 Le jour où Elqana offrait son sacrifice, il donnait des parts à sa femme Peninna, ainsi qu’à tous ses fils et à toutes ses filles.
      5 Mais il donnait à Anne une part double ; car il aimait Anne, que l’Éternel avait rendue stérile.
      6 Sa rivale ne cessait pas de lui causer du chagrin, pour qu’elle se révolte parce que l’Éternel l’avait rendue stérile.
      7 Toutes les années il en était ainsi. Chaque fois qu’Anne montait à la maison de l’Éternel, Peninna lui causait du chagrin de la même manière. Alors elle pleurait et ne mangeait pas.
      8 Elqana, son mari, lui dit : Anne, pourquoi pleures-tu et ne manges-tu pas ? Pourquoi ton cœur est-il attristé ? Est-ce que je ne vaux pas pour toi mieux que dix fils ?
      9 Anne se leva, après que l’on eut mangé et bu à Silo. Le sacrificateur Éli était assis sur un siège près du montant de la porte du temple de l’Éternel.
      10 Et, l’amertume dans l’âme, elle pria l’Éternel et pleura beaucoup.
      11 Elle fit un vœu et dit : Éternel des armées ! Si ton regard s’arrête sur l’humiliation de ta servante, si tu te souviens de moi et n’oublies pas ta servante, et si tu donnes un garçon à ta servante, je le donnerai à l’Éternel pour tous les jours de sa vie, et le rasoir ne passera pas sur sa tête.
      12 Comme elle multipliait ses prières devant l’Éternel, Éli observa sa bouche.
      13 Anne parlait dans son cœur ; seules ses lèvres remuaient, mais l’on n’entendait pas sa voix. Éli pensa qu’elle était ivre.
      14 Il lui dit : Jusques à quand seras-tu dans l’ivresse ? Fais passer ton vin.
      15 Anne répondit : Non, mon seigneur, je suis une femme à l’esprit affligé, et je n’ai bu ni vin ni liqueur forte ; mais j’épanchais mon âme devant l’Éternel.
      16 Ne prends pas ta servante pour une femme de rien, car c’est l’excès de ma douleur et de mon chagrin qui m’a fait parler jusqu’à présent.
      17 Éli reprit la parole et dit : Va en paix, et que le Dieu d’Israël te donne ce que tu lui as demandé !
      18 Elle dit : Que ta servante obtienne ta faveur ! Et cette femme poursuivit sa route. Elle mangea, et son visage ne fut plus le même.
      19 Ils se levèrent de bon matin et, après s’être prosternés devant l’Éternel, s’en retournèrent et revinrent dans leur maison à Rama. Elqana connut sa femme Anne, et l’Éternel se souvint d’elle.
      20 Dans le cours de l’année, Anne devint enceinte ; elle accoucha d’un fils, qu’elle appela du nom de Samuel, car, (dit-elle), je l’ai demandé à l’Éternel.
      21 Le mari, Elqana, monta ensuite avec toute sa famille, pour offrir à l’Éternel le sacrifice annuel et pour (accomplir) son vœu.
      22 Mais Anne ne monta pas. Car elle dit à son mari : Lorsque le garçon sera sevré, je le mènerai, afin qu’il soit présenté devant l’Éternel et qu’il reste là pour toujours.
      23 Elqana, son mari, lui dit : Fais ce qui te semblera bon, reste ici jusqu’à ce que tu l’aies sevré. Que l’Éternel accomplisse seulement sa parole ! Et la femme resta ; elle allaita son fils, jusqu’à ce qu’elle l’eût sevré.
      24 Quand elle l’eut sevré, elle le fit monter avec elle et prit trois taureaux, un épha de farine et une outre de vin. Elle le mena dans la maison de l’Éternel à Silo : le garçon était encore tout jeune.
      25 Ils égorgèrent le taureau et conduisirent le garçon à Éli.
      26 Anne dit : Pardon mon seigneur, aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se trouvait placée ici près de toi pour prier l’Éternel.
      27 C’était en vue de ce garçon que je priais, et l’Éternel m’a donné ce que je lui demandais.
      28 Aussi, moi je veux le prêter à l’Éternel : il sera toute sa vie prêté à l’Éternel. Et ils se prosternèrent là devant l’Éternel.

      1 Samuel 2

      1 Anne pria et dit : Mon cœur exulte en l’Éternel, Ma force s’est élevée par l’Éternel ; Ma bouche s’est ouverte contre mes ennemis, Car je me réjouis de ton salut.
      2 Nul n’est saint comme l’Éternel ; Il n’y a point d’autre que toi ; Il n’y a point de rocher comme notre Dieu.
      3 Ne multipliez pas vos paroles sans cesse plus arrogantes ; Que l’audace ne sorte pas de votre bouche ; Car l’Éternel est un Dieu qui connaît tout, Et par lui sont pesés (tous) les agissements.
      4 L’arc des héros est brisé, Et ceux qui trébuchaient ont la vaillance pour ceinture.
      5 Ceux qui étaient rassasiés cherchent un gagne-pain, Mais ceux qui étaient affamés ont du répit ; Même la femme stérile enfante sept fois, Mais celle qui avait beaucoup de fils est flétrie.
      6 L’Éternel fait mourir et il fait vivre, Il fait descendre au séjour des morts et il en fait remonter.
      7 L’Éternel appauvrit et il enrichit, Il abaisse et il élève.
      8 De la poussière il redresse l’indigent, Du fumier il relève le pauvre, Pour les faire siéger avec les notables ; Et il leur donne en héritage un trône de gloire ; Car à l’Éternel sont les colonnes de la terre, Et c’est sur elles qu’il a posé le monde.
      9 Il gardera les pas de ses fidèles. Mais les méchants se perdront dans les ténèbres ; Car l’homme ne triomphera point par la force.
      10 Ceux qui contestent avec l’Éternel seront terrifiés ; Contre eux, dans les cieux, il tonnera ; L’Éternel jugera les extrémités de la terre. Il donnera la puissance à son roi, Et relèvera la force de son messie.
      11 Elqana s’en alla dans sa maison à Rama, et le garçon fut au service de l’Éternel auprès du sacrificateur Éli.
      12 Les fils d’Éli étaient des vauriens, ils ne connaissaient pas l’Éternel.
      13 (Voici) la manière d’agir de ces sacrificateurs à l’égard du peuple : Chaque fois qu’on offrait un sacrifice, le serviteur du sacrificateur arrivait au moment où l’on faisait cuire la viande. Une fourchette à trois dents à la main,
      14 il piquait dans la cuve, dans le chaudron, dans la marmite ou dans le pot ; et tout ce que la fourchette ramenait, le sacrificateur le prenait. C’est ainsi qu’ils agissaient à l’égard de tous ceux d’Israël qui venaient là, à Silo.
      15 Même avant qu’on fasse brûler la graisse, le serviteur du sacrificateur arrivait et disait à celui qui offrait le sacrifice : Donne de la viande à rôtir pour le sacrificateur ; il n’acceptera pas de toi de la viande cuite, mais (de la viande) crue.
      16 Et si l’homme lui disait : On fera d’abord brûler la graisse, tu prendras ensuite ce qui te plaira, le serviteur répondait : Non ! tu donneras maintenant, sinon je prends de force.
      17 Le péché de ces jeunes gens était très grand devant l’Éternel, car on traitait avec mépris l’offrande (faite à) l’Éternel.
      18 Samuel faisait le service devant l’Éternel, et ce garçon était revêtu d’un éphod de lin.
      19 Sa mère lui faisait chaque année un petit vêtement et le lui apportait en montant avec son mari pour offrir le sacrifice annuel.
      20 Éli bénit Elqana et sa femme en disant : Que l’Éternel te donne une descendance par cette femme, pour remplacer (l’enfant) qu’elle a demandé à l’Éternel ! Ils s’en retournèrent chez eux.
      21 Et l’Éternel intervint en faveur d’Anne, elle devint enceinte et accoucha de trois fils et de deux filles. Et le jeune Samuel grandissait auprès de l’Éternel.
      22 Éli était fort âgé, et il apprit comment ses fils agissaient à l’égard de tout Israël ; (il apprit aussi) qu’ils couchaient avec les femmes qui s’assemblaient à l’entrée de la tente de la Rencontre.
      23 Il leur dit : Pourquoi faites-vous de telles choses ? Car j’apprends de tout le peuple vos mauvaises actions.
      24 Non, mes fils, ce que j’entends dire n’est pas bon ; vous poussez le peuple de l’Éternel à la transgression.
      25 Si un homme pèche contre un autre homme, Dieu le jugera ; mais si un homme pèche contre l’Éternel, qui intercédera pour lui ? Mais ils n’écoutèrent pas la voix de leur père, car l’Éternel voulait les faire mourir.
      26 Le jeune Samuel continuait à grandir et il était agréable à l’Éternel aussi bien qu’aux hommes.
      27 Un homme de Dieu vint auprès d’Éli et lui dit : Ainsi parle l’Éternel : Ne me suis-je pas manifestement révélé à la maison de ton père, lorsqu’en Égypte ils appartenaient à la maison du Pharaon ?
      28 Je l’ai choisie parmi toutes les tribus d’Israël pour être à mon service dans le sacerdoce, pour monter à mon autel, pour brûler le parfum, pour porter l’éphod devant moi, et j’ai donné à la maison de ton père tous les (sacrifices) consumés par le feu de la part des Israélites.
      29 Pourquoi foulez-vous aux pieds mon sacrifice et mon offrande, que j’ai ordonné de faire dans ma demeure ? (Pourquoi) honores-tu tes fils plus que moi, afin de vous engraisser des prémices de toutes les offrandes d’Israël, mon peuple ?
      30 Eh bien, – oracle de l’Éternel, Dieu d’Israël – : Assurément, j’avais dit que ta maison et la maison de ton père seraient à mon service à perpétuité. Mais maintenant, – oracle de l’Éternel –, loin de moi (cette promesse) ! Car j’honorerai celui qui m’honore, mais ceux qui me méprisent seront voués à l’ignominie.
      31 Voici venir des jours où j’abattrai ta vigueur et la vigueur de ta famille, en sorte qu’il n’y aura plus de vieillard dans ta maison.
      32 Tu verras un adversaire dans ma demeure, au milieu de tout le bien qui sera fait à Israël ; et il n’y aura plus jamais de vieillard dans ta maison.
      33 Il y aura quelqu’un des tiens que je ne retrancherai pas d’auprès de mon autel, afin de consumer tes yeux et de faire dépérir ton âme ; mais tous ceux qui viendront accroître ta maison mourront dans la force de l’âge.
      34 Et tu auras pour signe ce qui arrivera à tes deux fils, Hophni et Phinéas : ils mourront tous les deux le même jour.
      35 Je m’établirai un sacrificateur fidèle qui agira selon mon cœur et selon mon âme ; je lui bâtirai une maison stable, et il marchera toujours devant mon messie.
      36 Et quiconque restera dans ta maison viendra se prosterner devant lui pour avoir une pièce d’argent et une miche de pain et dira : Attache-moi, je te prie, à l’une des fonctions du sacerdoce, afin que j’aie un morceau de pain à manger.

      1 Samuel 3

      1 Le jeune Samuel était au service de l’Éternel auprès d’Éli. La parole de l’Éternel était rare en ce temps-là, les visions n’étaient point fréquentes.
      2 En ce même temps, Éli était couché à sa place. Ses yeux commençaient à s’affaiblir ; il ne pouvait plus voir.
      3 La lampe de Dieu n’était pas encore éteinte, et Samuel était couché dans le temple de l’Éternel où était l’arche de Dieu.
      4 Alors l’Éternel appela Samuel. Il répondit : Me voici !
      5 Il courut vers Éli et dit : Me voici, car tu m’as appelé. Éli répondit : Je n’ai pas appelé ; retourne te coucher. Et il alla se coucher.
      6 L’Éternel appela de nouveau Samuel. Et Samuel se leva, alla vers Éli et dit : Me voici, car tu m’as appelé. Éli répondit : Je n’ai pas appelé, mon fils ; retourne te coucher.
      7 Samuel ne connaissait pas encore l’Éternel, et la parole de l’Éternel ne lui avait pas encore été révélée.
      8 L’Éternel appela de nouveau Samuel, pour la troisième fois. Celui-ci se leva, alla vers Éli et dit : Me voici, car tu m’as appelé. Éli comprit que c’était l’Éternel qui appelait le garçon.
      9 Éli dit à Samuel : Va, couche-toi ; et si l’on t’appelle, tu diras : Parle, Éternel, car ton serviteur écoute. Et Samuel alla se coucher à sa place.
      10 L’Éternel vint et se présenta. Il appela comme chaque fois : Samuel, Samuel ! Et Samuel répondit : Parle, car ton serviteur écoute.
      11 Alors l’Éternel dit à Samuel : Voici que moi je vais faire en Israël une chose qui fera que les deux oreilles de quiconque l’entendra en tinteront.
      12 En ce jour j’accomplirai sur Éli tout ce que j’ai dit contre sa maison ; je commencerai et j’achèverai.
      13 Je lui ai déclaré que je veux moi-même condamner sa maison à perpétuité, à cause de la faute qu’il connaît et par laquelle ses fils se sont rendus méprisables, sans qu’il les ait réprimés.
      14 C’est pourquoi je jure à la maison d’Éli que jamais la faute de la maison d’Éli ne sera expiée, ni par des sacrifices ni par des offrandes.
      15 Samuel resta couché jusqu’au matin, puis il ouvrit les portes de la maison de l’Éternel. Samuel craignait de raconter la vision à Éli.
      16 Mais Éli appela Samuel et dit : Samuel, mon fils ! Il répondit : Me voici !
      17 Éli dit : Quelle est la parole que t’a adressée l’Éternel ? Ne me dissimule rien. Que Dieu te fasse ceci et qu’il ajoute cela, si tu dissimules quelque chose de tout ce qu’il t’a dit !
      18 Alors Samuel lui rapporta toutes les paroles, sans rien lui dissimuler. Éli dit : C’est l’Éternel, qu’il fasse ce qui lui semblera bon !
      19 Samuel grandissait et l’Éternel était avec lui. Il ne laissait tomber à terre aucune de ses paroles.
      20 Tout Israël, depuis Dan jusqu’à Beér-Chéba, reconnut que Samuel était établi prophète de l’Éternel.
      21 L’Éternel continuait d’apparaître à Silo, car l’Éternel se révélait à Samuel, à Silo, par la parole de l’Éternel.

      1 Samuel 4

      10 Les Philistins livrèrent bataille, et Israël fut battu. Chacun s’enfuit dans sa tente. La défaite fut très grande, et il tomba d’entre les Israélites trente mille hommes de pied.
      11 L’arche de Dieu fut prise, et les deux fils d’Éli, Hophni et Phinéas moururent.
      12 Un homme de Benjamin accourut du champ de bataille et vint à Silo le même jour, les vêtements déchirés et la tête couverte de terre.
      13 Lorsqu’il arriva, Éli était en train de guetter, assis sur un siège près de la route, car son cœur tremblait pour l’arche de Dieu. A son entrée dans la ville, cet homme annonça la nouvelle, et toute la ville poussa des cris.
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