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JOB

« Le Livre de Job est l'une des oeuvres les plus sublimes que la plume ait jamais tracées... Rien, je crois, de ce qui a été écrit, soit dans la Bible soit ailleurs, n'atteint sa valeur littéraire » (Carlyle). Et il n'est pas moins remarquable par sa vigueur intellectuelle que par sa puissance littéraire. C'est une brillante défense des droits de la personnalité morale et intelligente et une grandiose protestation contre une orthodoxie qui ferme les yeux sur les faits qui la gênent.

La thèse générale du livre peut être ainsi résumée : Le prologue (Job 1) nous montre en Job un modèle de piété scrupuleuse et par suite, conformément à l'antique croyance, un homme comblé de biens matériels. Dans l'assemblée des habitants du ciel, Satan insinue que si la prospérité de Job lui était enlevée, sa piété disparaîtrait en même temps. Jéhovah, sûr de la fidélité de son serviteur Job, consent a laisser Satan le dépouiller de tout ce qu'il a, afin qu'il puisse découvrir tout ce qu'il est. Job supporte les quatre catastrophes successives et cruelles, qui le privent de tout ce qu'il possédait, avec une admirable soumission. Satan a échoué. Il suggère maintenant que l'épreuve n'a pas été assez dure : Job n'a été atteint que dans ses richesses, il ne l'a pas été dans son corps. Avec la permission de Jéhovah, Satan livre un nouvel assaut et Job frappé de la lèpre, maladie repoussante et incurable, n'a plus rien à espérer ici-bas. Dieu seul lui reste, mais Dieu lui suffira-t-il ? Cette fois encore Job accepte l'épreuve et prononce de nobles, inoubliables paroles (Job 2:10). De nouveau Satan est confondu.

Trois personnages, amis de Job, chefs de tribus, viennent alors lui apporter leurs condoléances et leurs consolations. Suivent trois séries de dialogues entre Job et chacun de ses amis. (Job 3-14,15-21,22-31)

SERIE 1. Job commence par maudire le jour où il est né, il appelle la mort (Job 3). Éliphaz, homme d'âge mûr et de jugement, auquel une révélation a été accordée pendant la nuit, s'efforce avec beaucoup de bienveillance de réconcilier Job avec son sort ; il lui rappelle qu'aucun homme n'est juste devant Dieu et l'assure que le bonheur lui sera rendu s'il accepte ses souffrances comme un châtiment (Job 4 Job 5). Job repousse cet optimisme commode, il soupire après une mort rapide, car la vie ici-bas n'est qu'un misérable train de guerre (Job 6 Job 7).

--Bildad, qui blâme le défi que Job semble porter à la justice de Dieu, affirme que ceux qui commettent le mal seront sûrement détruits ; mais, à la fin de son discours, il concède implicitement, en lui promettant un brillant avenir, que Job est innocent.

--Celui-ci devient alors ironique. (Job 8) « Assurément, dit-il, le Tout-Puissant a raison. Il est juste en faisant périr également l'innocent et le coupable. » Job désire ardemment voir Dieu et apprendre de Lui pourquoi Il impose à la créature merveilleuse qu'il a formée, un traitement aussi incompréhensible (Job 9 Job 10).

--Tsophar blâme avec rudesse ces paroles de Job et le presse de se repentir. Cependant, comme ses amis, il prédit l'aurore de jours meilleurs, bien que les derniers mots de son discours semblent présager un autre dénouement. (Job 11)

--Job fait un éloge sarcastique de la sagesse de ses amis ; il réclame le droit de juger en toute indépendance et défie l'édifice entier de la morale sur lequel repose le monde. Mieux vaut être franc. Dieu n'a pas besoin qu'aucun homme dénature les faits pour Le justifier. Job soupire après une rencontre avec Dieu afin de L'écouter ou de Lui parler. Mais il ne reçoit aucune réponse et se lamente à nouveau sur le caractère tragique d'une vie que la mort doit anéantir. (Job 12-14)

SERIE 2. Éliphaz, concluant de ce qui précède que Job méprise la piété, décrit en termes énergiques le sort des impies. (Job 15)

--Job se plaint de la persécution cruelle dont il est l'objet de la part de Dieu. II en appelle dans une même supplication de ce Dieu qui se cache au Dieu juste qui, dans les cieux, est son témoin et son garant, puis il retombe dans la tristesse et l'accablement (Job 16 Job 17).

--Bildad lui répond en décrivant le sort des méchants et fait maintes allusions évidentes au cas de Job. (Job 18)

--Celui-ci est profondément blessé. Il éclate en accents d'une détresse infinie. Ces ténèbres sont cependant traversées d'un soudain et fugitif éclair de confiance : un jour, Dieu le justifiera. (Job 19)

--Non, répond Tsophar : le triomphe du méchant est de peu de durée. (Job 20)

--En termes fiers et courroucés, Job attaque les arguments de ses amis, nie l'économie morale du monde et affirme que celui-ci n'est qu'un chaos (Job 21).

SERIE 3.

Aux yeux de ses amis. Job semble maintenant avoir prononcé sa propre condamnation. Éliphaz se met à l'accuser froidement de péchés déterminés (Job 22), ce qui réduit Job au désespoir. Il souhaite ardemment rencontrer le Dieu qui se dérobe, afin de plaider sa cause devant Lui. Pourquoi n'intervient-Il pas ? Une fois encore il lance à la loi morale qui régit le monde un audacieux défi (Job 23 et Job 24).

--Peu à peu l'argumentation des amis s'épuise et Bildad se borne à répondre qu'en présence de l'infinie majesté de Dieu, l'homme est un être souillé (Job 25 Job 26).

--Job n'en affirme pas moins son innocence.

--Tsophar (Job 27:1,6) rappelle une fois encore le sort réservé aux méchants d'après l'antique croyance (Job 27:7-23 ; bien des critiques, en effet, attribuent ce passage à Tsophar, dont le nom aura disparu entre le verset 6 et le verset 7).

--Job se dresse alors comme un géant et présente avec ampleur sa dernière défense. Il décrit sa prospérité passée et sa misère actuelle et, dans un développement qui atteint aux sommets les plus sublimes de la morale de l'A.T., il affirme en détail les principes qui ont formé son caractère et guidé sa conduite. Il termine par un cri passionné, adjurant le Tout-Puissant de l'écouter (Job 29 Job 30 Job 31). Le Tout-Puissant écoute ; Il répond, non pas en jugeant le cas particulier de Job, moins encore son péché, mais par une série de questions. Il lui dépeint, en face de Sa puissance, de Sa sagesse, de Son amour manifestés dans le monde, l'ignorance et la faiblesse de l'homme (Job 38,39,40:2,8). A la lumière de cette révélation de Dieu, Job reconnaît humblement l'insuffisance de ses critiques (Job 40:3-5 42:2-6). Ainsi se termine le poème. L'épilogue (Job 42:7-17), écrit en prose, raconte comment Jéhovah, après avoir blâmé sévèrement les discours prononcés par les trois amis, fait l'éloge de son serviteur Job qui a parlé de son Maître selon la justice, et lui rend au double sa prospérité passée.

Cette analyse rapide n'a pas tenu compte des chap. Job 28, Job 32:1-37:24 et Job 40:10-41:25. Ils sont généralement considérés comme une addition postérieure au livre de Job. L'accent de sérénité qui anime le ch. 28 avec sa belle description de la sagesse, précédant le Job 29 où Job se répand en lamentations, paraît peu vraisemblable. Les discours d'Élihu (Job 32:1-37:24), dont le nom n'est mentionné ni dans le prologue (Job 2:11) ni dans l'épilogue (Job 42), interrompent le dernier plaidoyer de Job (Job 31) et la réponse du Tout-Puissant (Job 38), et n'apportent qu'un faible argument nouveau. En exaltant la grandeur de Dieu, ils ne font qu'anticiper sur les paroles de Jéhovah ; et, en exaltant la valeur du châtiment en tant que discipline (Job 36:16), ils ne font que développer le sujet déjà traité par Éliphaz (Job 5:17). De même les descriptions (Job 40:10-41:25) du rhinocéros (hébreu béhc-moth) et du crocodile (hébreu léviathan) ne semblent pas, malgré leur beauté technique, faire partie intégrante du livre ; elles retardent sans nécessité le drame final qui met Jéhovah et Job face à face et auquel le lecteur sympathique est impatient d'assister.

Ce livre fut probablement écrit environ quatre cents ans av. J. -C. Non seulement les malédictions et les lamentations de Job au ch. 3 rappellent celles de Jérémie et seraient alors postérieures à l'an 586 av. J. -C, mais encore la doctrine fataliste de la rétribution, défendue par Ézéchiel (Eze 18), y est énergiquement combattue. Il serait alors postérieur à l'an 570. De plus, la tristesse et le doute qui caractérisent le livre rappellent étrangement les sentiments des contemporains de Malachie (cf. Mal 2:17 3:14) qui écrivait vers le milieu du V e siècle av. J. -C. Nous ne sommes pas en mesure de préciser davantage ces détails chronologiques.

Un prédicateur pourrait utiliser avec fruit le livre de Job en le divisant en cinq parties et en traitant chacune dans une prédication, comme suit :

Un juste accablé par le malheur (Job 1 et Job 2).

Comment en découvrir la cause ? (trois séries d'entretiens : (Job 3-14,15-21,22-27) ; --ou bien l'on pourrait consacrer une prédication séparée à chacune de ces trois séries, et y ajouter une quatrième, traitant de l'intervention d'Élihu dans le débat : Job 32 à Job 37).

Job en appelle à Dieu (Job 28 à Job 31).

La réponse du Tout-Puissant (Job 38 à Job 40).

La réparation (Job 42).

Aucun livre de la Bible ne peut être comparé à celui de Job pour la sincérité irréductible avec laquelle il envisage les faits troublants du monde moral. A ceux qui sont parvenus trop facilement à la foi ou à ceux qui manquent de sympathie pour les lutteurs en quête de la lumière, sa logique inflexible devrait rappeler que le monde, après tout, est une énigme qu'aucun homme n'est capable, par ses seules études, de déchiffrer entièrement (Job 11:7). Job a la mentalité et l'esprit protestants. Il ne lui suffit pas d'admettre comme Bildad qu'étant « nés d'hier nous ne savons rien » (Job 8:8 et suivant). Non ! Il a comme ses pères non seulement le droit mais, plus encore, le devoir d'examiner. Négliger ce devoir serait se rendre coupable de trahison envers Dieu et envers sa propre conscience. « Comme son palais goûte les aliments, son oreille jugera les discours » (Job 12:11).

Le problème posé par le livre de Job a plusieurs aspects. On peut y voir un essai de réponse à cette question : existe-t-il une piété désintéressée ? (Job 1:9) Il répond en nous montrant un être qui, dépouillé de tout ce que l'homme aime avec fierté, reste quand même attaché à Dieu. Mais à un point de vue plus large, ce problème est le suivant : Comment la prospérité des méchants et, plus encore, le malheur des hommes de bien, peuvent-ils se concilier avec la justice de Dieu ? Dans l'un de ses pires accès d'amertume, Job affirme sans détours que Dieu ne fait pas de distinctions entre les hommes. « Il fait périr également l'innocent et l'impie » (Job 9:22). « La paix règne sous les tentes des brigands » (Job 12:6). Le chap. 21 est un acte d'accusation terrifiant et ininterrompu contre toute l'ordonnance de l'univers.

Quelle sera l'explication du problème ? L'auteur du livre était sans doute un homme de trop grande valeur et un penseur trop profond pour s'attribuer le mérite d'avoir trouvé une solution parfaite. La paix à laquelle il parvient est due à ses révélations et à sa foi, non à sa science consommée.

L'épilogue qui montre Job rentrant en possession de ses chameaux, de ses brebis et de ses boeufs, est une peinture poétique de redressement de la justice, mais non--sauf dans des cas très exceptionnels--de la vie réelle telle que nous la connaissons. Pour qui a suivi avec attention la sublime argumentation du livre, ce dénouement comporte presque un désappointement.

1.

Mais si ce livre n'apporte pas une solution complète du problème soulevé, il contient de précieuses suggestions, de brillants éclairs projetés dans des ténèbres épaisses. Le chap, 1 déjà nous offre le premier de ces aperçus lumineux. Les cinq premiers versets décrivent la piété et la prospérité de Job. Au verset 6 le lecteur est transporté de la terre, où vit une famille heureuse, au milieu des habitants du ciel qui délibèrent. En voici la conséquence : aussitôt que Satan les a quittés, des épreuves cruelles, nombreuses, précipitées, fondent sur le patriarche. Ni Job, ni ses amis n'en comprennent la cause. Ceux-ci prétendent que c'est en lui-même, en son péché, qu'il faut chercher l'origine de tous ses malheurs. Job le nie fièrement. Ce n'est pas ici-bas, c'est plus haut qu'il faut chercher l'explication du mystère, non pas dans le péché de Job mais dans un plan de Dieu. Herder a eu cette formule heureuse : « En-haut l'action, en bas la discussion. » Job et ses amis ne connaissent pas le plan divin, ce qui explique l'incohérence et l'animosité de leurs entretiens. Cette observation ne nous aidera-t-elle pas à trouver la solution du problème ? Il ne faut pas envisager les douleurs et les infortunes de ce monde sans tenir compte d'un plan divin. Pour expliquer ce qui se passe ici-bas, oserions-nous oublier ce qui se passe Là-haut ? Il existe une pensée divine qui, s'il nous était donné de la pénétrer, expliquerait et transformerait les souffrances d'ici-bas. La terre et ses tragédies sont incompréhensibles si on les sépare du ciel et des desseins de Dieu.

2.

Une lumière plus vive est projetée sur le mystère de la souffrance par la pensée qu'elle est une épreuve de la fidélité. Satan avait insinué que Job était pieux uniquement parce que sa piété était lucrative. La preuve de sa sincérité ne serait établie que si sa prospérité lui était enlevée. Le vieil Hébreu était trop enclin à identifier Dieu et ses dons. Le jour où Dieu lui restera seul, on saura avec certitude si Job l'aime pour Lui-même ou pour les biens dont Il l'a comblé. Avec Dieu seul, sera-t-il satisfait ? La façon dont il supportera cette épreuve sera la pierre de touche de sa piété. Dépouillez-le de ce qu'il a, alors seulement nous saurons ce qu'il est. A coup sûr, voici le moyen de mettre la souffrance à profit. Elle révèle l'homme à lui-même. Quelle somme de malheurs pourra-t-il supporter sans voir sombrer sa foi en Dieu ? Ils sont rares ceux qui conservent leur foi quand la terre chancelle sous leurs pieds et que le ciel est d'airain au-dessus de leur tête. La souffrance constitue une épreuve décisive de la fidélité. L'homme dont la piété est superficielle fléchira devant elle. Le vrai croyant la supportera sans perdre la foi. De plus, la fidélité dans la souffrance est un moyen pour l'homme de glorifier Dieu en prouvant à ceux qui l'entourent la puissance et la réalité de la vraie piété. Combien doit être grand et glorieux le Dieu dans lequel Job persiste à croire, bien que toutes les marques extérieures de Sa bonté aient disparu et auprès duquel il est heureux quoique dépouillé de tout !

3.

Éliphaz, ainsi qu'Élihu (Job 33:19,28), considère la souffrance comme un châtiment (Job 5:17). Il est vrai ; mais Job, qui est plusieurs fois qualifié « homme intègre et droit, craignant Dieu et se détournant du mal » (Job 1:1 2:3), mérite-t-il ce châtiment ? Ceux-ci l'affirment, ils l'accusent d'un orgueil qui appelle une répression. Mais les qualités que Job s'attribue

sont conformes à la réalité (Job 29:23-25). Ce n'est point par orgueil qu'il les énumère, (cf. Job 29:12-17) en sorte que la valeur de la souffrance en tant que châtiment, si vivement défendue par Éliphaz, ne peut en bonne justice, bien que vraie dans son principe, être appliquée à Job.

4.

Mais si une explication satisfaisante du problème en question peut être donnée dans le livre de Job, on s'attendrait tout naturellement à la trouver dans les sublimes paroles de Jéhovah aux chap. 38 et 39. Le lecteur cependant est, dès l'abord, surpris et désappointé. Job qui, plein d'espoir, tourne ses regards vers le ciel, est accueilli par une grêle de questions impitoyables dont l'ironie acérée dut briser le coeur du malheureux. Ces questions, qui n'ont aucun rapport avec le cas particulier de Job, semblent presque cruelles. Elles signifieraient, d'après certains savants, qu'en présence de l'univers, la seule attitude raisonnable est celle d'un complet agnosticisme. Mais cette conception pessimiste n'est-elle pas de qualité inférieure ? Il est logique de supposer que la solution de l'énigme sera donnée par Jéhovah quand Job et ses amis auront épuisé leur argumentation. A vrai dire, bien qu'elles ne soient pas dès l'abord apparentes, le discours de Jéhovah renferme des allusions lumineuses à la solution du problème.

(a) Première suggestion : Job est appelé à détourner ses regards de sa propre misère pour les arrêter sur les merveilles de l'immense univers dont lui-même et sa misère font partie. En présence du panorama splendide qui se déroule devant lui, il ne trouve de réponse à aucune des questions qui le glacent d'épouvanté. S'il ne comprend pas les phénomènes les plus simples du monde physique, comment peut-il espérer pénétrer les secrets du monde moral que Dieu gouverne ? Le mystère des souffrances de Job n'est qu'une infime partie du mystère universel, et la leçon qui s'en dégage est que, même dans la piété de l'homme, il y a place pour un agnosticisme mêlé de respect. L'auteur anglais A.C. Benson a dit : « Je ne sais pourquoi notre vie est semée de tant de difficultés, de peines et de tristesses, mais je vois--du moins il me le semble--qu'il devait en être ainsi. » Apprenons, en tout cas, en lisant ces discours, qu'il nous est bon, quand nous sommes en proie à l'inquiétude ou accablés par le chagrin, de sortir de nous-mêmes, de « nous oublier nous-mêmes, comme on l'a dit, au sem de la création merveilleuse dont nous faisons partie ». Le sens de la grande vie qui anime l'univers est un appel à l'abnégation, il comporte un blâme de l'esprit égoïste et personnel.

(b) Au coeur du mystère règne la Sagesse : « Quel est donc celui qui obscurcit ainsi mes desseins par des discours sans discernement ? » (Job 38:2). Par delà le monde visible, habite une intelligence infinie. Dans ce monde ordonné par elle, chaque chose est à sa place. Il n'est pas permis à la mer de sortir des bornes qui lui ont été assignées et de dévaster le pays (Job 38:8). De même la souffrance, comme la mer, a sa place marquée ; mais à elle non plus, il n'est pas permis d'être un instrument de perdition et de ruine. Nous pouvons avoir confiance en l'ordre qui régit l'univers au sein duquel nous vivons.

(c) Enfin dans ce monde invisible ne régnent pas seulement la sagesse, l'ordre, mais encore l'amour. Jamais cette pensée ne fut exprimée avec plus de tendresse et de beauté que dans Job 38:25-27. Le Dieu qui prodigue son amour même aux terres désolées et désertes en les arrosant de la pluie du ciel, ne saurait oublier les êtres humains, ses créatures, dont le coeur est désolé comme un désert aride. Si Dieu se soucie des solitudes inhabitées, combien plus sûrement se souviendra-t-il des régions habitées par l'homme ! N'y a-t-il pas ici comme une prescience des paroles de Jésus ? (Mt 6:30) On l'a dit avec raison : cette solution du problème ne supprime pas notre incertitude, mais elle l'ensevelit en quelque sorte sous le flot d'une plénitude de vie et de joie en Dieu. Au centre de ce monde qu'habite Job avec ses souffrances incompréhensibles, régnent la sagesse, l'ordre, l'amour.

5.

Il est possible aussi, mais non certain, que l'un des éléments de la solution du problème réside dans la croyance en une vie future. Cette noble espérance était peut-être entrevue dans l'admirable profession de foi (Job 19:25-27) vers laquelle Job 14:13 et Job 16:18 nous acheminent graduellement. Mais les passages Job 7:8-10 et Job 14:7-12 démontrent avec une clarté suffisante que la croyance en l'immortalité ne faisait pas partie du credo de l'auteur. Si c'eût été le cas, le livre n'aurait probablement jamais été écrit. Mais si le texte et l'interprétation du passage cité (Job 19:25-27) paraissent fort obscurs, en voici une explication très défendable : Job, qui descend rapidement vers la tombe, dans une agonie de souffrances et d'humiliations, est consolé par la grande et magnifique espérance de rencontrer au delà du voile, Dieu, son Défenseur. Avec surprise, émotion et sympathie, on lit ces mots ajoutés à la fin du livre, dans la version des LXX : « Il est écrit que Job ressuscitera avec ceux que le Seigneur veut élever. » Quel qu'il soit, l'auteur de cette adjonction avait dû sentir que les mots : « Ainsi mourut Job, âgé et rassasié de jours », ne pouvaient s'appliquer à la destinée définitive du patriarche qui, accablé de malheurs et de souffrances, était resté si fermement attaché à son Dieu.

6.

On a souvent reproché à l'épilogue (Job 42:7,16), qui dépeint Job recouvrant au double sa prospérité passée, de donner une solution invraisemblable de tout le problème soulevé par le livre ; cette critique ne tient pas compte des éléments les plus importants qui le constituent, car la vraie justification de Job n'est pas dans la restitution de ses richesses, mais :

dans cette caractéristique donnée de lui à quatre reprises : « mon serviteur Job » (Job 42:7) ; Dieu se glorifie de la fidélité de son serviteur ;

dans l'efficacité de sa prière d'intercession en faveur de ses amis, qui l'élève à la hauteur des prophètes. (cf. Ge 20:7, Am 7:2,5) a côté du redressement poétique de la justice, il y a dans l'épilogue comme un regard intérieur d'une haute spiritualité.

L'un des enseignements essentiels du livre est que Dieu aime la pensée indépendante. Les amis orthodoxes qui professent les traditionnelles opinions reçues tombent sous le coup de sa condamnation (Job 42:7 et suivant), tandis que Job, dont les défis étrangement audacieux confinent parfois au blasphème, est loué par Dieu Lui-même pour avoir parlé selon la vérité ! (Job 42:7) Étonnante constatation pour qui se souvient que Job avait imité, presque dans les mêmes termes, l'exclamation du psalmiste : (Ps 8:5) « Qu'est-ce que l'homme, pour que tu daignes prendre garde à lui ! » (Job 7:17) ; qu'il avait dit que Dieu faisait périr également l'innocent et l'impie (Job 9:22) ; qu'avec amertume et colère, il avait attaqué l'économie morale de ce monde (Job 21). Mais c'est d'une affection passionnée pour la vérité que jaillissent ces paroles violentes de Job. Il en appelle de la théorie au fait, des préjugés pieux à la réalité religieuse, du Dieu conventionnel au Dieu de la conscience ; et c'est cette attitude loyale et éprise de liberté que Dieu marque du sceau de son approbation.

Éliphaz appuie ses arguments sur une « révélation » qui lui a été. accordée (Job 4:12,21). Bildad en appelle à l'expérience des générations passées (Job 8:8). Tsophar incarne un gros bon sens assez rude. La préoccupation dominante de Job, c'est la piété ; celle de ses amis, la doctrine. Telle est entre eux la grande divergence. Eux, avec leur intelligence, mettent au premier plan la théorie spéculative ; lui, de toute son âme, s'attache à la réalité d'un Dieu personnel. Eux s'intéressent aux systèmes ; pour lui l'intérêt suprême est d'être l'ami de Dieu. « Oh ! si je savais où le trouver ! » (Job 23:3). Tel est le soupir de ce coeur blessé et tourmenté, et l'on peut imaginer le ravissement avec lequel il aurait accueilli Celui qui disait : « Venez à moi et je vous donnerai du repos. »

C'est ce caractère passionnément individuel de la piété de Job qui conserve à son esprit une si intense vitalité. En Dieu, Job a « la vie, le mouvement et l'être ». Il est debout pour l'action, le progrès, la critique, l'édification. Ses amis gardent l'attitude du statu quo qui ne cesse pas d'être uniquement conventionnelle. L'attitude de Job est libre, personnelle, affranchie. J.E. McF.

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      7 Now therefore, restore the man's wife. For he is a prophet, and he will pray for you, and you will live. If you don't restore her, know for sure that you will die, you, and all who are yours."

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      6 He shall flay the burnt offering, and cut it into pieces.
      7 The sons of Aaron the priest shall put fire on the altar, and lay wood in order on the fire;

      Lévitique 21

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      2 except for his relatives that are near to him: for his mother, for his father, for his son, for his daughter, for his brother,
      3 and for his virgin sister who is near to him, who has had no husband; for her he may defile himself.
      4 He shall not defile himself, being a chief man among his people, to profane himself.
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      15 He shall not profane his seed among his people: for I am Yahweh who sanctifies him.'"
      16 Yahweh spoke to Moses, saying,
      17 "Say to Aaron, 'None of your seed throughout their generations who has a blemish, may approach to offer the bread of his God.
      18 For whatever man he is that has a blemish, he shall not draw near: a blind man, or a lame, or he who has a flat nose, or any deformity,
      19 or a man who has an injured foot, or an injured hand,
      20 or hunchbacked, or a dwarf, or one who has a defect in his eye, or an itching disease, or scabs, or who has damaged testicles;
      21 no man of the seed of Aaron the priest who has a blemish, shall come near to offer the offerings of Yahweh made by fire. Since he has a blemish, he shall not come near to offer the bread of his God.
      22 He shall eat the bread of his God, both of the most holy, and of the holy.
      23 He shall not come near to the veil, nor come near to the altar, because he has a blemish; that he may not profane my sanctuaries, for I am Yahweh who sanctifies them.'"
      24 So Moses spoke to Aaron, and to his sons, and to all the children of Israel.

      Job 1

      1 There was a man in the land of Uz, whose name was Job. That man was blameless and upright, and one who feared God , and turned away from evil.
      2 There were born to him seven sons and three daughters.
      3 His possessions also were seven thousand sheep, three thousand camels, five hundred yoke of oxen, five hundred female donkeys, and a very great household; so that this man was the greatest of all the children of the east.
      4 His sons went and held a feast in the house of each one on his birthday; and they sent and called for their three sisters to eat and to drink with them.
      5 It was so, when the days of their feasting had run their course, that Job sent and sanctified them, and rose up early in the morning, and offered burnt offerings according to the number of them all. For Job said, "It may be that my sons have sinned, and renounced God in their hearts." Job did so continually.
      6 Now it happened on the day when God's sons came to present themselves before Yahweh, that Satan also came among them.
      7 Yahweh said to Satan, "Where have you come from?" Then Satan answered Yahweh, and said, "From going back and forth in the earth, and from walking up and down in it."
      8 Yahweh said to Satan, "Have you considered my servant, Job? For there is none like him in the earth, a blameless and an upright man, one who fears God, and turns away from evil."
      9 Then Satan answered Yahweh, and said, "Does Job fear God for nothing?
      10 Haven't you made a hedge around him, and around his house, and around all that he has, on every side? You have blessed the work of his hands, and his substance is increased in the land.
      11 But put forth your hand now, and touch all that he has, and he will renounce you to your face."
      12 Yahweh said to Satan, "Behold, all that he has is in your power. Only on himself don't put forth your hand." So Satan went forth from the presence of Yahweh.
      13 It fell on a day when his sons and his daughters were eating and drinking wine in their eldest brother's house,
      14 that there came a messenger to Job, and said, "The oxen were plowing, and the donkeys feeding beside them,
      15 and the Sabeans attacked, and took them away. Yes, they have killed the servants with the edge of the sword, and I alone have escaped to tell you."
      16 While he was still speaking, there also came another, and said, "The fire of God has fallen from the sky, and has burned up the sheep and the servants, and consumed them, and I alone have escaped to tell you."
      17 While he was still speaking, there came also another, and said, "The Chaldeans made three bands, and swept down on the camels, and have taken them away, yes, and killed the servants with the edge of the sword; and I alone have escaped to tell you."
      18 While he was still speaking, there came also another, and said, "Your sons and your daughters were eating and drinking wine in their eldest brother's house,
      19 and behold, there came a great wind from the wilderness, and struck the four corners of the house, and it fell on the young men, and they are dead. I alone have escaped to tell you."
      20 Then Job arose, and tore his robe, and shaved his head, and fell down on the ground, and worshiped.
      21 He said, "Naked I came out of my mother's womb, and naked shall I return there. Yahweh gave, and Yahweh has taken away. Blessed be the name of Yahweh."
      22 In all this, Job did not sin, nor charge God with wrongdoing.

      Job 2

      1 Again it happened on the day when the God's sons came to present themselves before Yahweh, that Satan came also among them to present himself before Yahweh.
      2 Yahweh said to Satan, "Where have you come from?" Satan answered Yahweh, and said, "From going back and forth in the earth, and from walking up and down in it."
      3 Yahweh said to Satan, "Have you considered my servant Job? For there is none like him in the earth, a blameless and an upright man, one who fears God, and turns away from evil. He still maintains his integrity, although you incited me against him, to ruin him without cause."
      4 Satan answered Yahweh, and said, "Skin for skin. Yes, all that a man has he will give for his life.
      5 But put forth your hand now, and touch his bone and his flesh, and he will renounce you to your face."
      6 Yahweh said to Satan, "Behold, he is in your hand. Only spare his life."
      7 So Satan went forth from the presence of Yahweh, and struck Job with painful sores from the sole of his foot to his head.
      8 He took for himself a potsherd to scrape himself with, and he sat among the ashes.
      9 Then his wife said to him, "Do you still maintain your integrity? Renounce God, and die."
      10 But he said to her, "You speak as one of the foolish women would speak. What? Shall we receive good at the hand of God, and shall we not receive evil?" In all this Job didn't sin with his lips.
      11 Now when Job's three friends heard of all this evil that had come on him, they each came from his own place: Eliphaz the Temanite, Bildad the Shuhite, and Zophar the Naamathite, and they made an appointment together to come to sympathize with him and to comfort him.
      12 When they lifted up their eyes from a distance, and didn't recognize him, they raised their voices, and wept; and they each tore his robe, and sprinkled dust on their heads toward the sky.
      13 So they sat down with him on the ground seven days and seven nights, and none spoke a word to him, for they saw that his grief was very great.

      Job 3

      1 After this Job opened his mouth, and cursed the day of his birth.
      2 Job answered:
      3 "Let the day perish in which I was born, the night which said, 'There is a boy conceived.'
      4 Let that day be darkness. Don't let God from above seek for it, neither let the light shine on it.
      5 Let darkness and the shadow of death claim it for their own. Let a cloud dwell on it. Let all that makes black the day terrify it.
      6 As for that night, let thick darkness seize on it. Let it not rejoice among the days of the year. Let it not come into the number of the months.
      7 Behold, let that night be barren. Let no joyful voice come therein.
      8 Let them curse it who curse the day, who are ready to rouse up leviathan.
      9 Let the stars of its twilight be dark. Let it look for light, but have none, neither let it see the eyelids of the morning,
      10 because it didn't shut up the doors of my mother's womb, nor did it hide trouble from my eyes.
      11 "Why didn't I die from the womb? Why didn't I give up the spirit when my mother bore me?
      12 Why did the knees receive me? Or why the breast, that I should nurse?
      13 For now should I have lain down and been quiet. I should have slept, then I would have been at rest,
      14 with kings and counselors of the earth, who built up waste places for themselves;
      15 or with princes who had gold, who filled their houses with silver:
      16 or as a hidden untimely birth I had not been, as infants who never saw light.
      17 There the wicked cease from troubling. There the weary are at rest.
      18 There the prisoners are at ease together. They don't hear the voice of the taskmaster.
      19 The small and the great are there. The servant is free from his master.
      20 "Why is light given to him who is in misery, life to the bitter in soul,
      21 Who long for death, but it doesn't come; and dig for it more than for hidden treasures,
      22 who rejoice exceedingly, and are glad, when they can find the grave?
      23 Why is light given to a man whose way is hidden, whom God has hedged in?
      24 For my sighing comes before I eat. My groanings are poured out like water.
      25 For the thing which I fear comes on me, That which I am afraid of comes to me.
      26 I am not at ease, neither am I quiet, neither have I rest; but trouble comes."

      Job 4

      1 Then Eliphaz the Temanite answered,
      2 "If someone ventures to talk with you, will you be grieved? But who can withhold himself from speaking?
      3 Behold, you have instructed many, you have strengthened the weak hands.
      4 Your words have supported him who was falling, You have made firm the feeble knees.
      5 But now it has come to you, and you faint. It touches you, and you are troubled.
      6 Isn't your piety your confidence? Isn't the integrity of your ways your hope?
      7 "Remember, now, whoever perished, being innocent? Or where were the upright cut off?
      8 According to what I have seen, those who plow iniquity, and sow trouble, reap the same.
      9 By the breath of God they perish. By the blast of his anger are they consumed.
      10 The roaring of the lion, and the voice of the fierce lion, the teeth of the young lions, are broken.
      11 The old lion perishes for lack of prey. The cubs of the lioness are scattered abroad.
      12 "Now a thing was secretly brought to me. My ear received a whisper of it.
    • Genèse 20

      7 Maintenant, rends la femme de cet homme ; car il est prophète, il priera pour toi, et tu vivras. Mais, si tu ne la rends pas, sache que tu mourras, toi et tout ce qui t'appartient.

      Lévitique 1

      6 Il dépouillera l'holocauste, et le coupera par morceaux.
      7 Les fils du sacrificateur Aaron mettront du feu sur l'autel, et arrangeront du bois sur le feu.

      Lévitique 21

      1 L'Éternel dit à Moïse : Parle aux sacrificateurs, fils d'Aaron, et tu leur diras : Un sacrificateur ne se rendra point impur parmi son peuple pour un mort,
      2 excepté pour ses plus proches parents, pour sa mère, pour son père, pour son fils, pour son frère,
      3 et aussi pour sa soeur encore vierge, qui le touche de près lorsqu'elle n'est pas mariée.
      4 Chef parmi son peuple, il ne se rendra point impur en se profanant.
      5 Les sacrificateurs ne se feront point de place chauve sur la tête, ils ne raseront point les coins de leur barbe, et ils ne feront point d'incisions dans leur chair.
      6 Ils seront saints pour leur Dieu, et ils ne profaneront pas le nom de leur Dieu ; car ils offrent à l'Éternel les sacrifices consumés par le feu, l'aliment de leur Dieu : ils seront saints.
      7 Ils ne prendront point une femme prostituée ou déshonorée, ils ne prendront point une femme répudiée par son mari, car ils sont saints pour leur Dieu.
      8 Tu regarderas un sacrificateur comme saint, car il offre l'aliment de ton Dieu ; il sera saint pour toi, car je suis saint, moi, l'Éternel, qui vous sanctifie.
      9 Si la fille d'un sacrificateur se déshonore en se prostituant, elle déshonore son père : elle sera brûlée au feu.
      10 Le sacrificateur qui a la supériorité sur ses frères, sur la tête duquel a été répandue l'huile d'onction, et qui a été consacré et revêtu des vêtements sacrés, ne découvriras point sa tête et ne déchirera point ses vêtements.
      11 Il n'ira vers aucun mort, il ne se rendra point impur, ni pour son père, ni pour sa mère.
      12 Il ne sortira point du sanctuaire, et ne profanera point le sanctuaire de son Dieu ; car l'huile d'onction de son Dieu est une couronne sur lui. Je suis l'Éternel.
      13 Il prendra pour femme une vierge.
      14 Il ne prendra ni une veuve, ni une femme répudiée, ni une femme déshonorée ou prostituée ; mais il prendra pour femme une vierge parmi son peuple.
      15 Il ne déshonorera point sa postérité parmi son peuple ; car je suis l'Éternel, qui le sanctifie.
      16 L'Éternel parla à Moïse, et dit :
      17 Parle à Aaron, et dis : Tout homme de ta race et parmi tes descendants, qui aura un défaut corporel, ne s'approchera point pour offrir l'aliment de son Dieu.
      18 Tout homme qui aura un défaut corporel ne pourra s'approcher : un homme aveugle, boiteux, ayant le nez camus ou un membre allongé ;
      19 un homme ayant une fracture au pied ou à la main ;
      20 un homme bossu ou grêle, ayant une tache à l'oeil, la gale, une dartre, ou les testicules écrasés.
      21 Tout homme de la race du sacrificateur Aaron, qui aura un défaut corporel, ne s'approchera point pour offrir à l'Éternel les sacrifices consumés par le feu ; il a un défaut corporel : il ne s'approchera point pour offrir l'aliment de son Dieu.
      22 Il pourra manger l'aliment de son Dieu, des choses très saintes et des choses saintes.
      23 Mais il n'ira point vers le voile, et il ne s'approchera point de l'autel, car il a un défaut corporel ; il ne profanera point mes sanctuaires, car je suis l'Éternel, qui les sanctifie.
      24 C'est ainsi que parla Moïse à Aaron et à ses fils, et à tous les enfants d'Israël.

      Job 1

      1 Il y avait dans le pays d'Uts un homme qui s'appelait Job. Et cet homme était intègre et droit ; il craignait Dieu, et se détournait du mal.
      2 Il lui naquit sept fils et trois filles.
      3 Il possédait sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de boeufs, cinq cents ânesses, et un très grand nombre de serviteurs. Et cet homme était le plus considérable de tous les fils de l'Orient.
      4 Ses fils allaient les uns chez les autres et donnaient tour à tour un festin, et ils invitaient leurs trois soeurs à manger et à boire avec eux.
      5 Et quand les jours de festin étaient passés, Job appelait et sanctifiait ses fils, puis il se levait de bon matin et offrait pour chacun d'eux un holocauste ; car Job disait : Peut-être mes fils ont-ils péché et ont-ils offensé Dieu dans leur coeur. C'est ainsi que Job avait coutume d'agir.
      6 Or, les fils de Dieu vinrent un jour se présenter devant l'Éternel, et Satan vint aussi au milieu d'eux.
      7 L'Éternel dit à Satan : D'où viens-tu ? Et Satan répondit à l'Éternel : De parcourir la terre et de m'y promener.
      8 L'Éternel dit à Satan : As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n'y a personne comme lui sur la terre ; c'est un homme intègre et droit, craignant Dieu, et se détournant du mal.
      9 Et Satan répondit à l'Éternel : Est-ce d'une manière désintéressée que Job craint Dieu ?
      10 Ne l'as-tu pas protégé, lui, sa maison, et tout ce qui est à lui ? Tu as béni l'oeuvre de ses mains, et ses troupeaux couvrent le pays.
      11 Mais étends ta main, touche à tout ce qui lui appartient, et je suis sûr qu'il te maudit en face.
      12 L'Éternel dit à Satan : Voici, tout ce qui lui appartient, je te le livre ; seulement, ne porte pas la main sur lui. Et Satan se retira de devant la face de l'Éternel.
      13 Un jour que les fils et les filles de Job mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère aîné,
      14 il arriva auprès de Job un messager qui dit : Les boeufs labouraient et les ânesses paissaient à côté d'eux ;
      15 des Sabéens se sont jetés dessus, les ont enlevés, et ont passé les serviteurs au fil de l'épée. Et je me suis échappé moi seul, pour t'en apporter la nouvelle.
      16 Il parlait encore, lorsqu'un autre vint et dit : Le feu de Dieu est tombé du ciel, a embrasé les brebis et les serviteurs, et les a consumés. Et je me suis échappé moi seul, pour t'en apporter la nouvelle.
      17 Il parlait encore, lorsqu'un autre vint et dit : Des Chaldéens, formés en trois bandes, se sont jetés sur les chameaux, les ont enlevés, et ont passé les serviteurs au fil de l'épée. Et je me suis échappé moi seul, pour t'en apporter la nouvelle.
      18 Il parlait encore, lorsqu'un autre vint et dit : Tes fils et tes filles mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère aîné ;
      19 et voici, un grand vent est venu de l'autre côté du désert, et a frappé contre les quatre coins de la maison ; elle s'est écroulée sur les jeunes gens, et ils sont morts. Et je me suis échappé moi seul, pour t'en apporter la nouvelle.
      20 Alors Job se leva, déchira son manteau, et se rasa la tête ; puis, se jetant par terre, il se prosterna,
      21 et dit : Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L'Éternel a donné, et l'Éternel a ôté ; que le nom de l'Éternel soit béni !
      22 En tout cela, Job ne pécha point et n'attribua rien d'injuste à Dieu.

      Job 2

      1 Or, les fils de Dieu vinrent un jour se présenter devant l'Éternel, et Satan vint aussi au milieu d'eux se présenter devant l'Éternel.
      2 L'Éternel dit à Satan : D'où viens-tu ? Et Satan répondit à l'Éternel : De parcourir la terre et de m'y promener.
      3 L'Éternel dit à Satan : As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n'y a personne comme lui sur la terre ; c'est un homme intègre et droit, craignant Dieu, et se détournant du mal. Il demeure ferme dans son intégrité, et tu m'excites à le perdre sans motif.
      4 Et Satan répondit à l'Éternel : Peau pour peau ! tout ce que possède un homme, il le donne pour sa vie.
      5 Mais étends ta main, touche à ses os et à sa chair, et je suis sûr qu'il te maudit en face.
      6 L'Éternel dit à Satan : Voici, je te le livre : seulement, épargne sa vie.
      7 Et Satan se retira de devant la face de l'Éternel. Puis il frappa Job d'un ulcère malin, depuis la plante du pied jusqu'au sommet de la tête.
      8 Et Job prit un tesson pour se gratter et s'assit sur la cendre.
      9 Sa femme lui dit : Tu demeures ferme dans ton intégrité ! Maudis Dieu, et meurs !
      10 Mais Job lui répondit : Tu parles comme une femme insensée. Quoi ! nous recevons de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal ! En tout cela Job ne pécha point par ses lèvres.
      11 Trois amis de Job, Éliphaz de Théman, Bildad de Schuach, et Tsophar de Naama, apprirent tous les malheurs qui lui étaient arrivés. Ils se concertèrent et partirent de chez eux pour aller le plaindre et le consoler !
      12 Ayant de loin porté les regards sur lui, ils ne le reconnurent pas, et ils élevèrent la voix et pleurèrent. Ils déchirèrent leurs manteaux, et ils jetèrent de la poussière en l'air au-dessus de leur tête.
      13 Et ils se tinrent assis à terre auprès de lui sept jours et sept nuits, sans lui dire une parole, car ils voyaient combien sa douleur était grande.

      Job 3

      1 Après cela, Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance.
      2 Il prit la parole et dit :
      3 Périsse le jour où je suis né, Et la nuit qui dit : Un enfant mâle est conçu !
      4 Ce jour ! qu'il se change en ténèbres, Que Dieu n'en ait point souci dans le ciel, Et que la lumière ne rayonne plus sur lui !
      5 Que l'obscurité et l'ombre de la mort s'en emparent, Que des nuées établissent leur demeure au-dessus de lui, Et que de noirs phénomènes l'épouvantent !
      6 Cette nuit ! que les ténèbres en fassent leur proie, Qu'elle disparaisse de l'année, Qu'elle ne soit plus comptée parmi les mois !
      7 Que cette nuit devienne stérile, Que l'allégresse en soit bannie !
      8 Qu'elle soit maudite par ceux qui maudissent les jours, Par ceux qui savent exciter le léviathan !
      9 Que les étoiles de son crépuscule s'obscurcissent, Qu'elle attende en vain la lumière, Et qu'elle ne voie point les paupières de l'aurore !
      10 Car elle n'a pas fermé le sein qui me conçut, Ni dérobé la souffrance à mes regards.
      11 Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre de ma mère ? Pourquoi n'ai-je pas expiré au sortir de ses entrailles ?
      12 Pourquoi ai-je trouvé des genoux pour me recevoir, Et des mamelles pour m'allaiter ?
      13 Je serais couché maintenant, je serais tranquille, Je dormirais, je reposerais,
      14 Avec les rois et les grands de la terre, Qui se bâtirent des mausolées,
      15 Avec les princes qui avaient de l'or, Et qui remplirent d'argent leurs demeures.
      16 Ou je n'existerais pas, je serais comme un avorton caché, Comme des enfants qui n'ont pas vu la lumière.
      17 Là ne s'agitent plus les méchants, Et là se reposent ceux qui sont fatigués et sans force ;
      18 Les captifs sont tous en paix, Ils n'entendent pas la voix de l'oppresseur ;
      19 Le petit et le grand sont là, Et l'esclave n'est plus soumis à son maître.
      20 Pourquoi donne-t-il la lumière à celui qui souffre, Et la vie à ceux qui ont l'amertume dans l'âme,
      21 Qui espèrent en vain la mort, Et qui la convoitent plus qu'un trésor,
      22 Qui seraient transportés de joie Et saisis d'allégresse, s'ils trouvaient le tombeau ?
      23 A l'homme qui ne sait où aller, Et que Dieu cerne de toutes parts ?
      24 Mes soupirs sont ma nourriture, Et mes cris se répandent comme l'eau.
      25 Ce que je crains, c'est ce qui m'arrive ; Ce que je redoute, c'est ce qui m'atteint.
      26 Je n'ai ni tranquillité, ni paix, ni repos, Et le trouble s'est emparé de moi.

      Job 4

      1 Éliphaz de Théman prit la parole et dit :
      2 Si nous osons ouvrir la bouche, en seras-tu peiné ? Mais qui pourrait garder le silence ?
      3 Voici, tu as souvent enseigné les autres, Tu as fortifié les mains languissantes,
      4 Tes paroles ont relevé ceux qui chancelaient, Tu as affermi les genoux qui pliaient.
      5 Et maintenant qu'il s'agit de toi, tu faiblis ! Maintenant que tu es atteint, tu te troubles !
      6 Ta crainte de Dieu n'est-elle pas ton soutien ? Ton espérance, n'est-ce pas ton intégrité ?
      7 Cherche dans ton souvenir : quel est l'innocent qui a péri ? Quels sont les justes qui ont été exterminés ?
      8 Pour moi, je l'ai vu, ceux qui labourent l'iniquité Et qui sèment l'injustice en moissonnent les fruits ;
      9 Ils périssent par le souffle de Dieu, Ils sont consumés par le vent de sa colère,
      10 Le rugissement des lions prend fin, Les dents des lionceaux sont brisées ;
      11 Le lion périt faute de proie, Et les petits de la lionne se dispersent.
      12 Une parole est arrivée furtivement jusqu'à moi, Et mon oreille en a recueilli les sons légers.
    • Genèse 20

      7 Et maintenant, rends la femme de cet homme ; car il est prophète, et il priera pour toi, et tu vivras. Mais si tu ne la rends pas, sache que tu mourras certainement, toi et tout ce qui est à toi.

      Lévitique 1

      6 et il écorchera l'holocauste et le coupera en morceaux.
      7 Et les fils d'Aaron, le sacrificateur, mettront du feu sur l'autel, et arrangeront du bois sur le feu ;

      Lévitique 21

      1 Et l'Éternel dit à Moïse : Parle aux sacrificateurs, fils d'Aaron, et dis-leur : Que le sacrificateur ne se rende pas impur parmi ses peuples pour un mort,
      2 excepté pour son proche parent, pour sa mère, et pour son père, et pour son fils, et pour sa fille, et pour son frère ;
      3 et pour sa soeur vierge qui lui est proche, et qui n'aura pas été mariée, pour elle il se rendra impur.
      4 Il ne se rendra pas impur comme chef parmi son peuple, pour se profaner.
      5 Ils ne se feront point de place chauve sur leur tête, et ils ne raseront pas les coins de leur barbe ni ne se feront d'incisions dans leur chair.
      6 Ils seront saints, consacrés à leur Dieu, et ils ne profaneront pas le nom de leur Dieu, car ils présentent les sacrifices de l'Éternel faits par feu, le pain de leur Dieu ; et ils seront saints.
      7 Ils ne prendront point pour femme une prostituée ou une femme déshonorée ; et ils ne prendront pas une femme répudiée par son mari, car le sacrificateur est saint, consacré à son Dieu.
      8 Et tu le tiendras pour saint, car il présente le pain de ton Dieu. Il te sera saint, car je suis saint, moi, l'Éternel qui vous sanctifie.
      9 Et si la fille d'un sacrificateur se profane en se prostituant, elle profane son père ; elle sera brûlée au feu.
      10 Et le grand sacrificateur d'entre ses frères, sur la tête duquel l'huile de l'onction aura été versée et qui aura été consacré pour revêtir les saints vêtements, ne découvrira pas sa tête et ne déchirera pas ses vêtements.
      11 Il n'ira vers aucune personne morte ; il ne se rendra impur ni pour son père, ni pour sa mère ;
      12 et il ne sortira pas du sanctuaire, et ne profanera pas le sanctuaire de son Dieu ; car la consécration de l'huile de l'onction de son Dieu est sur lui. Moi, je suis l'Éternel.
      13 Et il prendra pour femme une vierge.
      14 Une veuve, ou une répudiée, ou une femme déshonorée, une prostituée, il ne les prendra point ; mais il prendra pour femme une vierge d'entre ses peuples.
      15 Et il ne profanera pas sa semence parmi ses peuples, car moi, je suis l'Éternel qui le sanctifie.
      16 Et l'Éternel parla à Moïse, disant :
      17 Parle à Aaron, en disant : Aucun homme de ta semence, en ses générations, qui a quelque défaut corporel, ne s'approchera pour présenter le pain de son Dieu ;
      18 car quiconque a un défaut corporel ne s'approchera pas : l'homme aveugle, ou boiteux, ou camus, ou qui a l'un de ses membres plus long que l'autre ;
      19 ou l'homme qui a une fracture au pied ou une fracture à la main ;
      20 ou celui qui est bossu, ou grêle, ou qui a une tache à l'oeil, ou qui a une gale, ou une dartre, ou qui a les testicules écrasés.
      21 Nul homme de la semence d'Aaron, le sacrificateur, en qui il y aura quelque défaut corporel, ne s'approchera pour présenter les sacrifices de l'Éternel faits par feu ; il y a en lui un défaut corporel : il ne s'approchera pas pour présenter le pain de son Dieu.
      22 Il mangera du pain de son Dieu, des choses très-saintes et des choses saintes ;
      23 seulement il n'entrera pas vers le voile, et ne s'approchera pas de l'autel, car il y a en lui un défaut corporel, et il ne profanera pas mes sanctuaires ; car moi, je suis l'Éternel qui les sanctifie.
      24 Moïse parla ainsi à Aaron et à ses fils, et à tous les fils d'Israël.

      Job 1

      1 Il y avait dans le pays d'Uts un homme dont le nom était Job ; et cet homme était parfait et droit, craignant Dieu et se retirant du mal.
      2 Et il lui naquit sept fils et trois filles ;
      3 et il possédait sept mille brebis, et trois mille chameaux, et cinq cents paires de boeufs, et cinq cents ânesses ; et il avait un très-grand nombre de serviteurs ; et cet homme était plus grand que tous les fils de l'orient.
      4 Et ses fils allaient et faisaient un festin, chacun dans sa maison, à son jour ; et ils envoyaient appeler leurs trois soeurs pour manger et pour boire avec eux.
      5 Et il arrivait que, quand les jours de festin étaient terminés, Job envoyait vers eux et les sanctifiait : il se levait de bonne heure le matin et offrait des holocaustes selon leur nombre à tous, car Job disait : Peut-être mes fils ont-ils péché et ont-ils maudit Dieu dans leurs coeurs. Job faisait toujours ainsi.
      6 Or un jour, il arriva que les fils de Dieu vinrent se présenter devant l'Éternel, et Satan aussi vint au milieu d'eux.
      7 Et l'Éternel dit à Satan : D'où viens-tu ? Et Satan répondit à l'Éternel et dit : De courir çà et là sur la terre et de m'y promener.
      8 Et l'Éternel dit à Satan : As-tu considéré mon serviteur Job, qu'il n'y a sur la terre aucun homme comme lui, parfait et droit, craignant Dieu, et se retirant du mal ?
      9 Et Satan répondit à l'Éternel et dit : Est-ce pour rien que Job craint Dieu ?
      10 Ne l'as-tu pas, toi, entouré de toutes parts d'une haie de protection, lui, et sa maison, et tout ce qui lui appartient ? Tu as béni le travail de ses mains, et tu as fait abonder son avoir sur la terre.
      11 Mais étends ta main et touche à tout ce qu'il a : tu verras s'il ne te maudit pas en face.
      12 Et l'Éternel dit à Satan : Voici, tout ce qu'il a est en ta main, seulement tu n'étendras pas ta main sur lui. Et Satan sortit de la présence de l'Éternel.
      13 Et, un jour, il arriva que ses fils et ses filles mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère premier-né ;
      14 et un messager vint à Job et dit : Les boeufs labouraient et les ânesses paissaient auprès d'eux,
      15 et ceux de Sheba sont tombés sur eux et les ont pris, et ils ont frappé les jeunes hommes par le tranchant de l'épée ; et j'ai échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
      16 Celui-ci parlait encore, qu'un autre vint et dit : Le feu de Dieu est tombé du ciel et a brûlé les brebis et les jeunes hommes, et les a consumés ; et j'ai échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
      17 Celui-ci parlait encore, qu'un autre vint et dit : Les Chaldéens ont formé trois bandes, et se sont jetés sur les chameaux et les ont pris, et ils ont frappé les jeunes hommes par le tranchant de l'épée ; et j'ai échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
      18 Celui-ci parlait encore, qu'un autre vint et dit : Tes fils et tes filles mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur premier-né,
      19 et voici, un grand vent est venu de delà le désert et a donné contre les quatre coins de la maison, et elle est tombée sur les jeunes gens et ils sont morts ; et j'ai échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
      20 Et Job se leva, et déchira sa robe, et rasa sa tête, et se jeta à terre et se prosterna.
      21 Et il dit : Nu je suis sorti du sein de ma mère, et nu j'y retournerai ; l'Éternel a donné, et l'Éternel a pris ; que le nom de l'Éternel soit béni !
      22 En tout cela Job ne pécha pas, et n'attribua rien à Dieu qui fût inconvenable.

      Job 2

      1 Or, un jour, il arriva que les fils de Dieu vinrent se présenter devant l'Éternel, et Satan aussi vint au milieu d'eux se présenter devant l'Éternel.
      2 Et l'Éternel dit à Satan : D'où viens-tu ? Et Satan répondit à l'Éternel et dit : De courir çà et là sur la terre et de m'y promener.
      3 Et l'Éternel dit à Satan : As-tu considéré mon serviteur Job, qu'il n'y a sur la terre aucun homme comme lui, parfait et droit, craignant Dieu, et se retirant du mal ? Et encore il reste ferme dans sa perfection, alors que tu m'as incité contre lui pour l'engloutir sans cause.
      4 Et Satan répondit à l'Éternel et dit : Peau pour peau, et tout ce qu'un homme a, il le donnera pour sa vie ;
      5 mais étends ta main et touche à ses os et à sa chair : tu verras s'il ne te maudit pas en face.
      6 Et l'Éternel dit à Satan : Le voilà entre tes mains, seulement épargne sa vie.
      7 Et Satan sortit de la présence de l'Éternel ; et il frappa Job d'un ulcère malin, depuis la plante de ses pieds jusqu'au sommet de sa tête.
      8 Et il prit un tesson pour s'en gratter, et il était assis dans la cendre.
      9 Et sa femme lui dit : Restes-tu encore ferme dans ta perfection ?
      10 Maudis Dieu et meurs. Et il lui dit : Tu parles comme parlerait l'une des insensées ; nous avons reçu le bien aussi de la part de Dieu, et nous ne recevrions pas le mal ? En tout cela Job ne pécha point de ses lèvres.
      11 Et trois amis de Job apprirent tout ce mal qui lui était arrivé et vinrent chacun de son lieu, Éliphaz, le Thémanite, et Bildad, le Shukhite, et Tsophar, le Naamathite ; et ils s'entendirent ensemble pour venir le plaindre et le consoler.
      12 Et ils levèrent les yeux de loin, et ils ne le reconnurent pas ; et ils élevèrent leur voix et pleurèrent, et ils déchirèrent chacun sa robe et répandirent de la poussière sur leurs têtes en la jetant vers les cieux.
      13 Et ils s'assirent avec lui à terre sept jours et sept nuits, et nul ne lui dit une parole, car ils voyaient que sa douleur était très-grande.

      Job 3

      1 Après cela, Job ouvrit sa bouche et maudit son jour.
      2 Et Job prit la parole et dit :
      3 Périsse le jour auquel je naquis, et la nuit qui dit : Un homme a été conçu !
      4 Ce jour-là, qu'il soit ténèbres ; que +Dieu ne s'en enquière pas d'en haut, et que la lumière ne resplendisse pas sur lui !
      5 Que les ténèbres et l'ombre de la mort réclament ; que les nuées demeurent sur lui ; que ce qui assombrit les jours le terrifie !
      6 Cette nuit-là, que l'obscurité s'en empare ; qu'elle ne se réjouisse point parmi les jours de l'année, qu'elle n'entre pas dans le nombre des mois !
      7 Voici, que cette nuit-là soit stérile ; que les cris de joie n'y entrent pas !
      8 Que ceux qui maudissent le jour la maudissent, ceux qui sont prêts à réveiller Léviathan !
      9 Que les étoiles de son crépuscule soient obscurcies ; qu'elle attende la lumière, et qu'il n'y en ait point, et qu'elle ne voie pas les cils de l'aurore !
      10 Parce qu'elle n'a pas fermé les portes du sein qui m'a porté, et n'a pas caché la misère de devant mes yeux.
      11 Pourquoi ne suis-je pas mort dès la matrice, n'ai-je pas expiré quand je sortis du ventre ?
      12 Pourquoi les genoux m'ont-ils rencontré, et pourquoi les mamelles, pour les téter ?
      13 Car maintenant je serais couché et je serais tranquille, je dormirais : alors j'aurai du repos,
      14 Avec les rois et les conseillers de la terre qui se bâtissent des solitudes,
      15 Ou avec les princes qui ont de l'or, qui ont rempli d'argent leurs maisons ;
      16 Ou, comme un avorton caché, je n'aurais pas été, -comme les petits enfants qui n'ont pas vu la lumière.
      17 Là, les méchants ont cessé leur tumulte, et là ceux dont les forces sont épuisées par la fatigue sont en repos ;
      18 Les prisonniers demeurent ensemble tranquilles, ils n'entendent pas la voix de l'exacteur ;
      19 Là sont le petit et le grand, et le serviteur libéré de son maître.
      20 Pourquoi la lumière est-elle donnée au misérable, et la vie à ceux qui ont l'amertume dans l'âme,
      21 A ceux qui attendent la mort, et elle n'est pas là, -qui la cherchent plus que des trésors cachés,
      22 Qui se réjouissent jusqu'aux transports et sont dans l'allégresse, parce qu'ils ont trouvé le sépulcre, -
      23 A l'homme de qui le chemin est caché et que +Dieu a enfermé de toutes parts ?
      24 Car mon gémissement vient avant mon pain, et mes rugissements débordent comme des eaux.
      25 Car j'ai eu une crainte, et elle est venue sur moi, et ce que j'appréhendais m'est arrivé.
      26 Je n'étais pas en sécurité, et je n'étais pas tranquille ni en repos, et le trouble est venu.

      Job 4

      1 Et Éliphaz, le Thémanite, répondit et dit :
      2 Si nous essayons de t'adresser une parole, en seras-tu irrité ? Mais qui pourrait se retenir de parler ?
      3 Voici, tu en as enseigné beaucoup, et tu as fortifié les mains languissantes ;
      4 Tes paroles ont tenu droit celui qui chancelait, et tu as affermi les genoux qui ployaient ;
      5 Mais maintenant le malheur est venu sur toi, et tu es irrité ; il t'atteint, et tu es troublé.
      6 Ta crainte de Dieu n'est-elle pas ta confiance, et l'intégrité de tes voies, ton espérance ?
      7 Souviens-toi, je te prie, qui a péri étant innocent ? et où les hommes droits ont-ils été détruits ?
      8 Selon ce que j'ai vu, ceux qui labourent l'iniquité et qui sèment la misère, la moissonnent.
      9 Ils périssent par le souffle de +Dieu, et sont consumés par le souffle de ses narines.
      10 Le rugissement du lion et la voix du lion rugissant sont étouffés, et les dents des jeunes lions sont brisées ;
      11 Le fort lion périt faute de proie, et les petits de la lionne sont dispersés.
      12 Une parole vint à moi secrètement, et mon oreille en saisit la susurration.
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