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JOB

« Le Livre de Job est l'une des oeuvres les plus sublimes que la plume ait jamais tracées... Rien, je crois, de ce qui a été écrit, soit dans la Bible soit ailleurs, n'atteint sa valeur littéraire » (Carlyle). Et il n'est pas moins remarquable par sa vigueur intellectuelle que par sa puissance littéraire. C'est une brillante défense des droits de la personnalité morale et intelligente et une grandiose protestation contre une orthodoxie qui ferme les yeux sur les faits qui la gênent.

La thèse générale du livre peut être ainsi résumée : Le prologue (Job 1) nous montre en Job un modèle de piété scrupuleuse et par suite, conformément à l'antique croyance, un homme comblé de biens matériels. Dans l'assemblée des habitants du ciel, Satan insinue que si la prospérité de Job lui était enlevée, sa piété disparaîtrait en même temps. Jéhovah, sûr de la fidélité de son serviteur Job, consent a laisser Satan le dépouiller de tout ce qu'il a, afin qu'il puisse découvrir tout ce qu'il est. Job supporte les quatre catastrophes successives et cruelles, qui le privent de tout ce qu'il possédait, avec une admirable soumission. Satan a échoué. Il suggère maintenant que l'épreuve n'a pas été assez dure : Job n'a été atteint que dans ses richesses, il ne l'a pas été dans son corps. Avec la permission de Jéhovah, Satan livre un nouvel assaut et Job frappé de la lèpre, maladie repoussante et incurable, n'a plus rien à espérer ici-bas. Dieu seul lui reste, mais Dieu lui suffira-t-il ? Cette fois encore Job accepte l'épreuve et prononce de nobles, inoubliables paroles (Job 2:10). De nouveau Satan est confondu.

Trois personnages, amis de Job, chefs de tribus, viennent alors lui apporter leurs condoléances et leurs consolations. Suivent trois séries de dialogues entre Job et chacun de ses amis. (Job 3-14,15-21,22-31)

SERIE 1. Job commence par maudire le jour où il est né, il appelle la mort (Job 3). Éliphaz, homme d'âge mûr et de jugement, auquel une révélation a été accordée pendant la nuit, s'efforce avec beaucoup de bienveillance de réconcilier Job avec son sort ; il lui rappelle qu'aucun homme n'est juste devant Dieu et l'assure que le bonheur lui sera rendu s'il accepte ses souffrances comme un châtiment (Job 4 Job 5). Job repousse cet optimisme commode, il soupire après une mort rapide, car la vie ici-bas n'est qu'un misérable train de guerre (Job 6 Job 7).

--Bildad, qui blâme le défi que Job semble porter à la justice de Dieu, affirme que ceux qui commettent le mal seront sûrement détruits ; mais, à la fin de son discours, il concède implicitement, en lui promettant un brillant avenir, que Job est innocent.

--Celui-ci devient alors ironique. (Job 8) « Assurément, dit-il, le Tout-Puissant a raison. Il est juste en faisant périr également l'innocent et le coupable. » Job désire ardemment voir Dieu et apprendre de Lui pourquoi Il impose à la créature merveilleuse qu'il a formée, un traitement aussi incompréhensible (Job 9 Job 10).

--Tsophar blâme avec rudesse ces paroles de Job et le presse de se repentir. Cependant, comme ses amis, il prédit l'aurore de jours meilleurs, bien que les derniers mots de son discours semblent présager un autre dénouement. (Job 11)

--Job fait un éloge sarcastique de la sagesse de ses amis ; il réclame le droit de juger en toute indépendance et défie l'édifice entier de la morale sur lequel repose le monde. Mieux vaut être franc. Dieu n'a pas besoin qu'aucun homme dénature les faits pour Le justifier. Job soupire après une rencontre avec Dieu afin de L'écouter ou de Lui parler. Mais il ne reçoit aucune réponse et se lamente à nouveau sur le caractère tragique d'une vie que la mort doit anéantir. (Job 12-14)

SERIE 2. Éliphaz, concluant de ce qui précède que Job méprise la piété, décrit en termes énergiques le sort des impies. (Job 15)

--Job se plaint de la persécution cruelle dont il est l'objet de la part de Dieu. II en appelle dans une même supplication de ce Dieu qui se cache au Dieu juste qui, dans les cieux, est son témoin et son garant, puis il retombe dans la tristesse et l'accablement (Job 16 Job 17).

--Bildad lui répond en décrivant le sort des méchants et fait maintes allusions évidentes au cas de Job. (Job 18)

--Celui-ci est profondément blessé. Il éclate en accents d'une détresse infinie. Ces ténèbres sont cependant traversées d'un soudain et fugitif éclair de confiance : un jour, Dieu le justifiera. (Job 19)

--Non, répond Tsophar : le triomphe du méchant est de peu de durée. (Job 20)

--En termes fiers et courroucés, Job attaque les arguments de ses amis, nie l'économie morale du monde et affirme que celui-ci n'est qu'un chaos (Job 21).

SERIE 3.

Aux yeux de ses amis. Job semble maintenant avoir prononcé sa propre condamnation. Éliphaz se met à l'accuser froidement de péchés déterminés (Job 22), ce qui réduit Job au désespoir. Il souhaite ardemment rencontrer le Dieu qui se dérobe, afin de plaider sa cause devant Lui. Pourquoi n'intervient-Il pas ? Une fois encore il lance à la loi morale qui régit le monde un audacieux défi (Job 23 et Job 24).

--Peu à peu l'argumentation des amis s'épuise et Bildad se borne à répondre qu'en présence de l'infinie majesté de Dieu, l'homme est un être souillé (Job 25 Job 26).

--Job n'en affirme pas moins son innocence.

--Tsophar (Job 27:1,6) rappelle une fois encore le sort réservé aux méchants d'après l'antique croyance (Job 27:7-23 ; bien des critiques, en effet, attribuent ce passage à Tsophar, dont le nom aura disparu entre le verset 6 et le verset 7).

--Job se dresse alors comme un géant et présente avec ampleur sa dernière défense. Il décrit sa prospérité passée et sa misère actuelle et, dans un développement qui atteint aux sommets les plus sublimes de la morale de l'A.T., il affirme en détail les principes qui ont formé son caractère et guidé sa conduite. Il termine par un cri passionné, adjurant le Tout-Puissant de l'écouter (Job 29 Job 30 Job 31). Le Tout-Puissant écoute ; Il répond, non pas en jugeant le cas particulier de Job, moins encore son péché, mais par une série de questions. Il lui dépeint, en face de Sa puissance, de Sa sagesse, de Son amour manifestés dans le monde, l'ignorance et la faiblesse de l'homme (Job 38,39,40:2,8). A la lumière de cette révélation de Dieu, Job reconnaît humblement l'insuffisance de ses critiques (Job 40:3-5 42:2-6). Ainsi se termine le poème. L'épilogue (Job 42:7-17), écrit en prose, raconte comment Jéhovah, après avoir blâmé sévèrement les discours prononcés par les trois amis, fait l'éloge de son serviteur Job qui a parlé de son Maître selon la justice, et lui rend au double sa prospérité passée.

Cette analyse rapide n'a pas tenu compte des chap. Job 28, Job 32:1-37:24 et Job 40:10-41:25. Ils sont généralement considérés comme une addition postérieure au livre de Job. L'accent de sérénité qui anime le ch. 28 avec sa belle description de la sagesse, précédant le Job 29 où Job se répand en lamentations, paraît peu vraisemblable. Les discours d'Élihu (Job 32:1-37:24), dont le nom n'est mentionné ni dans le prologue (Job 2:11) ni dans l'épilogue (Job 42), interrompent le dernier plaidoyer de Job (Job 31) et la réponse du Tout-Puissant (Job 38), et n'apportent qu'un faible argument nouveau. En exaltant la grandeur de Dieu, ils ne font qu'anticiper sur les paroles de Jéhovah ; et, en exaltant la valeur du châtiment en tant que discipline (Job 36:16), ils ne font que développer le sujet déjà traité par Éliphaz (Job 5:17). De même les descriptions (Job 40:10-41:25) du rhinocéros (hébreu béhc-moth) et du crocodile (hébreu léviathan) ne semblent pas, malgré leur beauté technique, faire partie intégrante du livre ; elles retardent sans nécessité le drame final qui met Jéhovah et Job face à face et auquel le lecteur sympathique est impatient d'assister.

Ce livre fut probablement écrit environ quatre cents ans av. J. -C. Non seulement les malédictions et les lamentations de Job au ch. 3 rappellent celles de Jérémie et seraient alors postérieures à l'an 586 av. J. -C, mais encore la doctrine fataliste de la rétribution, défendue par Ézéchiel (Eze 18), y est énergiquement combattue. Il serait alors postérieur à l'an 570. De plus, la tristesse et le doute qui caractérisent le livre rappellent étrangement les sentiments des contemporains de Malachie (cf. Mal 2:17 3:14) qui écrivait vers le milieu du V e siècle av. J. -C. Nous ne sommes pas en mesure de préciser davantage ces détails chronologiques.

Un prédicateur pourrait utiliser avec fruit le livre de Job en le divisant en cinq parties et en traitant chacune dans une prédication, comme suit :

Un juste accablé par le malheur (Job 1 et Job 2).

Comment en découvrir la cause ? (trois séries d'entretiens : (Job 3-14,15-21,22-27) ; --ou bien l'on pourrait consacrer une prédication séparée à chacune de ces trois séries, et y ajouter une quatrième, traitant de l'intervention d'Élihu dans le débat : Job 32 à Job 37).

Job en appelle à Dieu (Job 28 à Job 31).

La réponse du Tout-Puissant (Job 38 à Job 40).

La réparation (Job 42).

Aucun livre de la Bible ne peut être comparé à celui de Job pour la sincérité irréductible avec laquelle il envisage les faits troublants du monde moral. A ceux qui sont parvenus trop facilement à la foi ou à ceux qui manquent de sympathie pour les lutteurs en quête de la lumière, sa logique inflexible devrait rappeler que le monde, après tout, est une énigme qu'aucun homme n'est capable, par ses seules études, de déchiffrer entièrement (Job 11:7). Job a la mentalité et l'esprit protestants. Il ne lui suffit pas d'admettre comme Bildad qu'étant « nés d'hier nous ne savons rien » (Job 8:8 et suivant). Non ! Il a comme ses pères non seulement le droit mais, plus encore, le devoir d'examiner. Négliger ce devoir serait se rendre coupable de trahison envers Dieu et envers sa propre conscience. « Comme son palais goûte les aliments, son oreille jugera les discours » (Job 12:11).

Le problème posé par le livre de Job a plusieurs aspects. On peut y voir un essai de réponse à cette question : existe-t-il une piété désintéressée ? (Job 1:9) Il répond en nous montrant un être qui, dépouillé de tout ce que l'homme aime avec fierté, reste quand même attaché à Dieu. Mais à un point de vue plus large, ce problème est le suivant : Comment la prospérité des méchants et, plus encore, le malheur des hommes de bien, peuvent-ils se concilier avec la justice de Dieu ? Dans l'un de ses pires accès d'amertume, Job affirme sans détours que Dieu ne fait pas de distinctions entre les hommes. « Il fait périr également l'innocent et l'impie » (Job 9:22). « La paix règne sous les tentes des brigands » (Job 12:6). Le chap. 21 est un acte d'accusation terrifiant et ininterrompu contre toute l'ordonnance de l'univers.

Quelle sera l'explication du problème ? L'auteur du livre était sans doute un homme de trop grande valeur et un penseur trop profond pour s'attribuer le mérite d'avoir trouvé une solution parfaite. La paix à laquelle il parvient est due à ses révélations et à sa foi, non à sa science consommée.

L'épilogue qui montre Job rentrant en possession de ses chameaux, de ses brebis et de ses boeufs, est une peinture poétique de redressement de la justice, mais non--sauf dans des cas très exceptionnels--de la vie réelle telle que nous la connaissons. Pour qui a suivi avec attention la sublime argumentation du livre, ce dénouement comporte presque un désappointement.

1.

Mais si ce livre n'apporte pas une solution complète du problème soulevé, il contient de précieuses suggestions, de brillants éclairs projetés dans des ténèbres épaisses. Le chap, 1 déjà nous offre le premier de ces aperçus lumineux. Les cinq premiers versets décrivent la piété et la prospérité de Job. Au verset 6 le lecteur est transporté de la terre, où vit une famille heureuse, au milieu des habitants du ciel qui délibèrent. En voici la conséquence : aussitôt que Satan les a quittés, des épreuves cruelles, nombreuses, précipitées, fondent sur le patriarche. Ni Job, ni ses amis n'en comprennent la cause. Ceux-ci prétendent que c'est en lui-même, en son péché, qu'il faut chercher l'origine de tous ses malheurs. Job le nie fièrement. Ce n'est pas ici-bas, c'est plus haut qu'il faut chercher l'explication du mystère, non pas dans le péché de Job mais dans un plan de Dieu. Herder a eu cette formule heureuse : « En-haut l'action, en bas la discussion. » Job et ses amis ne connaissent pas le plan divin, ce qui explique l'incohérence et l'animosité de leurs entretiens. Cette observation ne nous aidera-t-elle pas à trouver la solution du problème ? Il ne faut pas envisager les douleurs et les infortunes de ce monde sans tenir compte d'un plan divin. Pour expliquer ce qui se passe ici-bas, oserions-nous oublier ce qui se passe Là-haut ? Il existe une pensée divine qui, s'il nous était donné de la pénétrer, expliquerait et transformerait les souffrances d'ici-bas. La terre et ses tragédies sont incompréhensibles si on les sépare du ciel et des desseins de Dieu.

2.

Une lumière plus vive est projetée sur le mystère de la souffrance par la pensée qu'elle est une épreuve de la fidélité. Satan avait insinué que Job était pieux uniquement parce que sa piété était lucrative. La preuve de sa sincérité ne serait établie que si sa prospérité lui était enlevée. Le vieil Hébreu était trop enclin à identifier Dieu et ses dons. Le jour où Dieu lui restera seul, on saura avec certitude si Job l'aime pour Lui-même ou pour les biens dont Il l'a comblé. Avec Dieu seul, sera-t-il satisfait ? La façon dont il supportera cette épreuve sera la pierre de touche de sa piété. Dépouillez-le de ce qu'il a, alors seulement nous saurons ce qu'il est. A coup sûr, voici le moyen de mettre la souffrance à profit. Elle révèle l'homme à lui-même. Quelle somme de malheurs pourra-t-il supporter sans voir sombrer sa foi en Dieu ? Ils sont rares ceux qui conservent leur foi quand la terre chancelle sous leurs pieds et que le ciel est d'airain au-dessus de leur tête. La souffrance constitue une épreuve décisive de la fidélité. L'homme dont la piété est superficielle fléchira devant elle. Le vrai croyant la supportera sans perdre la foi. De plus, la fidélité dans la souffrance est un moyen pour l'homme de glorifier Dieu en prouvant à ceux qui l'entourent la puissance et la réalité de la vraie piété. Combien doit être grand et glorieux le Dieu dans lequel Job persiste à croire, bien que toutes les marques extérieures de Sa bonté aient disparu et auprès duquel il est heureux quoique dépouillé de tout !

3.

Éliphaz, ainsi qu'Élihu (Job 33:19,28), considère la souffrance comme un châtiment (Job 5:17). Il est vrai ; mais Job, qui est plusieurs fois qualifié « homme intègre et droit, craignant Dieu et se détournant du mal » (Job 1:1 2:3), mérite-t-il ce châtiment ? Ceux-ci l'affirment, ils l'accusent d'un orgueil qui appelle une répression. Mais les qualités que Job s'attribue

sont conformes à la réalité (Job 29:23-25). Ce n'est point par orgueil qu'il les énumère, (cf. Job 29:12-17) en sorte que la valeur de la souffrance en tant que châtiment, si vivement défendue par Éliphaz, ne peut en bonne justice, bien que vraie dans son principe, être appliquée à Job.

4.

Mais si une explication satisfaisante du problème en question peut être donnée dans le livre de Job, on s'attendrait tout naturellement à la trouver dans les sublimes paroles de Jéhovah aux chap. 38 et 39. Le lecteur cependant est, dès l'abord, surpris et désappointé. Job qui, plein d'espoir, tourne ses regards vers le ciel, est accueilli par une grêle de questions impitoyables dont l'ironie acérée dut briser le coeur du malheureux. Ces questions, qui n'ont aucun rapport avec le cas particulier de Job, semblent presque cruelles. Elles signifieraient, d'après certains savants, qu'en présence de l'univers, la seule attitude raisonnable est celle d'un complet agnosticisme. Mais cette conception pessimiste n'est-elle pas de qualité inférieure ? Il est logique de supposer que la solution de l'énigme sera donnée par Jéhovah quand Job et ses amis auront épuisé leur argumentation. A vrai dire, bien qu'elles ne soient pas dès l'abord apparentes, le discours de Jéhovah renferme des allusions lumineuses à la solution du problème.

(a) Première suggestion : Job est appelé à détourner ses regards de sa propre misère pour les arrêter sur les merveilles de l'immense univers dont lui-même et sa misère font partie. En présence du panorama splendide qui se déroule devant lui, il ne trouve de réponse à aucune des questions qui le glacent d'épouvanté. S'il ne comprend pas les phénomènes les plus simples du monde physique, comment peut-il espérer pénétrer les secrets du monde moral que Dieu gouverne ? Le mystère des souffrances de Job n'est qu'une infime partie du mystère universel, et la leçon qui s'en dégage est que, même dans la piété de l'homme, il y a place pour un agnosticisme mêlé de respect. L'auteur anglais A.C. Benson a dit : « Je ne sais pourquoi notre vie est semée de tant de difficultés, de peines et de tristesses, mais je vois--du moins il me le semble--qu'il devait en être ainsi. » Apprenons, en tout cas, en lisant ces discours, qu'il nous est bon, quand nous sommes en proie à l'inquiétude ou accablés par le chagrin, de sortir de nous-mêmes, de « nous oublier nous-mêmes, comme on l'a dit, au sem de la création merveilleuse dont nous faisons partie ». Le sens de la grande vie qui anime l'univers est un appel à l'abnégation, il comporte un blâme de l'esprit égoïste et personnel.

(b) Au coeur du mystère règne la Sagesse : « Quel est donc celui qui obscurcit ainsi mes desseins par des discours sans discernement ? » (Job 38:2). Par delà le monde visible, habite une intelligence infinie. Dans ce monde ordonné par elle, chaque chose est à sa place. Il n'est pas permis à la mer de sortir des bornes qui lui ont été assignées et de dévaster le pays (Job 38:8). De même la souffrance, comme la mer, a sa place marquée ; mais à elle non plus, il n'est pas permis d'être un instrument de perdition et de ruine. Nous pouvons avoir confiance en l'ordre qui régit l'univers au sein duquel nous vivons.

(c) Enfin dans ce monde invisible ne régnent pas seulement la sagesse, l'ordre, mais encore l'amour. Jamais cette pensée ne fut exprimée avec plus de tendresse et de beauté que dans Job 38:25-27. Le Dieu qui prodigue son amour même aux terres désolées et désertes en les arrosant de la pluie du ciel, ne saurait oublier les êtres humains, ses créatures, dont le coeur est désolé comme un désert aride. Si Dieu se soucie des solitudes inhabitées, combien plus sûrement se souviendra-t-il des régions habitées par l'homme ! N'y a-t-il pas ici comme une prescience des paroles de Jésus ? (Mt 6:30) On l'a dit avec raison : cette solution du problème ne supprime pas notre incertitude, mais elle l'ensevelit en quelque sorte sous le flot d'une plénitude de vie et de joie en Dieu. Au centre de ce monde qu'habite Job avec ses souffrances incompréhensibles, régnent la sagesse, l'ordre, l'amour.

5.

Il est possible aussi, mais non certain, que l'un des éléments de la solution du problème réside dans la croyance en une vie future. Cette noble espérance était peut-être entrevue dans l'admirable profession de foi (Job 19:25-27) vers laquelle Job 14:13 et Job 16:18 nous acheminent graduellement. Mais les passages Job 7:8-10 et Job 14:7-12 démontrent avec une clarté suffisante que la croyance en l'immortalité ne faisait pas partie du credo de l'auteur. Si c'eût été le cas, le livre n'aurait probablement jamais été écrit. Mais si le texte et l'interprétation du passage cité (Job 19:25-27) paraissent fort obscurs, en voici une explication très défendable : Job, qui descend rapidement vers la tombe, dans une agonie de souffrances et d'humiliations, est consolé par la grande et magnifique espérance de rencontrer au delà du voile, Dieu, son Défenseur. Avec surprise, émotion et sympathie, on lit ces mots ajoutés à la fin du livre, dans la version des LXX : « Il est écrit que Job ressuscitera avec ceux que le Seigneur veut élever. » Quel qu'il soit, l'auteur de cette adjonction avait dû sentir que les mots : « Ainsi mourut Job, âgé et rassasié de jours », ne pouvaient s'appliquer à la destinée définitive du patriarche qui, accablé de malheurs et de souffrances, était resté si fermement attaché à son Dieu.

6.

On a souvent reproché à l'épilogue (Job 42:7,16), qui dépeint Job recouvrant au double sa prospérité passée, de donner une solution invraisemblable de tout le problème soulevé par le livre ; cette critique ne tient pas compte des éléments les plus importants qui le constituent, car la vraie justification de Job n'est pas dans la restitution de ses richesses, mais :

dans cette caractéristique donnée de lui à quatre reprises : « mon serviteur Job » (Job 42:7) ; Dieu se glorifie de la fidélité de son serviteur ;

dans l'efficacité de sa prière d'intercession en faveur de ses amis, qui l'élève à la hauteur des prophètes. (cf. Ge 20:7, Am 7:2,5) a côté du redressement poétique de la justice, il y a dans l'épilogue comme un regard intérieur d'une haute spiritualité.

L'un des enseignements essentiels du livre est que Dieu aime la pensée indépendante. Les amis orthodoxes qui professent les traditionnelles opinions reçues tombent sous le coup de sa condamnation (Job 42:7 et suivant), tandis que Job, dont les défis étrangement audacieux confinent parfois au blasphème, est loué par Dieu Lui-même pour avoir parlé selon la vérité ! (Job 42:7) Étonnante constatation pour qui se souvient que Job avait imité, presque dans les mêmes termes, l'exclamation du psalmiste : (Ps 8:5) « Qu'est-ce que l'homme, pour que tu daignes prendre garde à lui ! » (Job 7:17) ; qu'il avait dit que Dieu faisait périr également l'innocent et l'impie (Job 9:22) ; qu'avec amertume et colère, il avait attaqué l'économie morale de ce monde (Job 21). Mais c'est d'une affection passionnée pour la vérité que jaillissent ces paroles violentes de Job. Il en appelle de la théorie au fait, des préjugés pieux à la réalité religieuse, du Dieu conventionnel au Dieu de la conscience ; et c'est cette attitude loyale et éprise de liberté que Dieu marque du sceau de son approbation.

Éliphaz appuie ses arguments sur une « révélation » qui lui a été. accordée (Job 4:12,21). Bildad en appelle à l'expérience des générations passées (Job 8:8). Tsophar incarne un gros bon sens assez rude. La préoccupation dominante de Job, c'est la piété ; celle de ses amis, la doctrine. Telle est entre eux la grande divergence. Eux, avec leur intelligence, mettent au premier plan la théorie spéculative ; lui, de toute son âme, s'attache à la réalité d'un Dieu personnel. Eux s'intéressent aux systèmes ; pour lui l'intérêt suprême est d'être l'ami de Dieu. « Oh ! si je savais où le trouver ! » (Job 23:3). Tel est le soupir de ce coeur blessé et tourmenté, et l'on peut imaginer le ravissement avec lequel il aurait accueilli Celui qui disait : « Venez à moi et je vous donnerai du repos. »

C'est ce caractère passionnément individuel de la piété de Job qui conserve à son esprit une si intense vitalité. En Dieu, Job a « la vie, le mouvement et l'être ». Il est debout pour l'action, le progrès, la critique, l'édification. Ses amis gardent l'attitude du statu quo qui ne cesse pas d'être uniquement conventionnelle. L'attitude de Job est libre, personnelle, affranchie. J.E. McF.

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      22 Il pourra bien manger le pain de son Dieu, des choses très saintes, et des choses consacrées ;
      23 Mais il n'ira point vers le voile, et ne s'approchera point de l'autel, car il y a un défaut en lui ; il ne profanera point mes sanctuaires, car je suis l'Éternel qui les sanctifie.
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      2 Et il lui naquit sept fils et trois filles ;
      3 Et il possédait sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de boeufs, cinq cents ânesses, et un très grand nombre de serviteurs, et cet homme était le plus grand des enfants de l'Orient.
      4 Et ses fils allaient les uns chez les autres et se donnaient un repas chacun à leur jour, et ils envoyaient convier leurs trois soeurs à manger et à boire avec eux ;
      5 Et quand le cercle des jours de festin était achevé, Job envoyait chercher ses fils pour les purifier, et se levant de bon matin, il offrait un holocauste pour chacun d'eux ; car Job disait : Peut-être mes fils ont-ils péché, et ont-ils renié Dieu dans leurs coeurs. Ainsi faisait Job toujours.
      6 Or, il arriva un jour que les fils de Dieu étant venus se présenter devant l'Éternel, Satan vint aussi au milieu d'eux ;
      7 Et l'Éternel dit à Satan : D'où viens-tu ? Et Satan répondit à l'Éternel, et dit : De courir çà et là sur la terre et de m'y promener.
      8 Et l'Éternel dit à Satan : As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n'y en a pas comme lui sur la terre, intègre, droit, craignant Dieu, et se détournant du mal.
      9 Et Satan répondit à l'Éternel, et dit : Est-ce pour rien que Job craint Dieu ?
      10 N'as-tu pas fait comme une haie de tous côtés autour de lui, autour de sa maison, autour de tout ce qui lui appartient ? Tu as béni l'oeuvre de ses mains, et ses troupeaux se répandent sur la terre.
      11 Mais étends ta main, touche à tout ce qui lui appartient ; et tu verras s'il ne te renie pas en face !
      12 Et l'Éternel dit à Satan : Voici, tout ce qui lui appartient est dans ta main ; seulement ne porte pas la main sur lui. Et Satan sortit de devant la face de l'Éternel.
      13 Il arriva donc qu'un jour, comme ses fils et ses filles mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère aîné, un messager vint vers Job,
      14 Et lui dit : Les boeufs labouraient, et les ânesses paissaient à côté d'eux ;
      15 Et ceux de Shéba se sont jetés dessus, et les ont pris, et ont passé les serviteurs au fil de l'épée ; et je me suis échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
      16 Cet homme parlait encore, lorsqu'un autre vint et dit : Le feu de Dieu est tombé du ciel, et il a brûlé les brebis et les serviteurs, et les a consumés ; et je me suis échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
      17 Cet homme parlait encore, lorsqu'un autre vint et dit : Des Caldéens ont fait trois bandes, et ont fondu sur les chameaux et les ont pris ; et ils ont passé les serviteurs au fil de l'épée ; et je me suis échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
      18 Cet homme parlait encore, lorsqu'un autre vint et dit : Tes fils et tes filles mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère aîné ;
      19 Et voici, un grand vent est venu de l'autre côté du désert, et a donné contre les quatre coins de la maison, et elle est tombée sur les jeunes gens, et ils sont morts ; et je me suis échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
      20 Alors Job se leva, et il déchira son manteau, et il rasa sa tête ; et il se jeta par terre, et il se prosterna,
      21 Et il dit : Nu je suis sorti du ventre de ma mère, et nu j'y retournerai ; l'Éternel a donné, l'Éternel a ôté, que le nom de l'Éternel soit béni !
      22 En tout cela, Job ne pécha point, et n'attribua rien de mauvais à Dieu.

      Job 2

      1 Or, il arriva un jour que les fils de Dieu étant venus se présenter devant l'Éternel, Satan vint aussi au milieu d'eux, se présenter devant l'Éternel,
      2 Et l'Éternel dit à Satan : D'où viens-tu ? Et Satan répondit à l'Éternel, et dit : De courir çà et là sur la terre et de m'y promener.
      3 Et l'Éternel dit à Satan : As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n'y en a pas comme lui sur la terre, intègre, droit, craignant Dieu, et se détournant du mal. Il tient encore ferme dans son intégrité, et tu m'as excité à le ruiner sans motif.
      4 Et Satan répondit à l'Éternel et dit : Peau pour peau ! Tout ce que l'homme possède, il le donne pour sa vie.
      5 Mais étends ta main, et touche à ses os et à sa chair ; et tu verras s'il ne te renie pas en face !
      6 Et l'Éternel dit à Satan : Voici, il est en ta main ; seulement respecte sa vie.
      7 Et Satan sortit de devant la face de l'Éternel ; et il frappa Job d'un ulcère malin, depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête.
      8 Et Job prit un tesson pour se gratter, et il était assis dans la cendre.
      9 Et sa femme lui dit : Tu tiens ferme encore dans ton intégrité ! Renie Dieu, et meurs !
      10 Et il lui dit : Tu parles comme une femme insensée ! Nous recevons le bien de la part de Dieu, et nous ne recevrions pas le mal ! En tout cela, Job ne pécha point par ses lèvres.
      11 Et trois amis de Job, Éliphaz, de Théman, Bildad, de Shuach, Tsophar, de Naama, ayant appris tous les maux qui lui étaient arrivés, partirent chacun de leur pays, et convinrent ensemble d'un jour pour venir lui faire leurs condoléances et le consoler.
      12 Et, ayant de loin levé les yeux, ils ne le reconnurent pas ; alors ils élevèrent la voix et ils pleurèrent ; et ils déchirèrent leur manteau, et ils jetèrent de la poussière vers le ciel, au-dessus de leur tête.
      13 Puis ils restèrent assis à terre avec lui, sept jours et sept nuits, et aucun d'eux ne lui dit une parole, car ils voyaient que sa douleur était fort grande.

      Job 3

      1 Après cela, Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance.
      2 Et, prenant la parole, Job dit :
      3 Périsse le jour où je suis né, et la nuit qui a dit : Un homme est conçu !
      4 Que ce jour soit ténèbres, que Dieu ne s'en enquière pas d'en haut, qu'aucune lumière ne brille sur lui !
      5 Que les ténèbres et l'ombre de la mort le reprennent, qu'une sombre nuée demeure sur lui, qu'une éclipse le remplisse d'horreur !
      6 Que l'obscurité s'empare de cette nuit, qu'elle ne se réjouisse pas au milieu des jours de l'année, qu'elle n'entre pas dans le compte des mois !
      7 Voici, que cette nuit soit stérile, et qu'aucun cri de joie n'y survienne !
      8 Qu'ils la maudissent ceux qui maudissent les jours, ceux qui sont habiles à faire lever Léviathan !
      9 Que les étoiles de son crépuscule soient obscurcies, qu'elle attende la lumière et qu'il n'y en ait point, et qu'elle ne voie pas les paupières de l'aurore !
      10 Parce qu'elle n'a pas fermé le sein qui me porta, et n'a point caché la douleur à mes yeux !
      11 Que ne suis-je mort dès le sein de ma mère ? Au sortir de ses flancs, que n'ai-je expiré ?
      12 Pourquoi des genoux se sont-ils présentés à moi, et pourquoi des mamelles pour être sucées ?
      13 Car, maintenant, je serais couché et tranquille, je dormirais, je serais en repos,
      14 Avec les rois et les arbitres de la terre, qui se bâtissent des mausolées,
      15 Avec les princes qui ont de l'or, qui remplissent d'argent leurs maisons.
      16 Ou bien, comme l'avorton caché, je n'existerais pas ; comme les petits enfants qui n'ont pas vu la lumière.
      17 Là, les méchants ne tourmentent plus personne, et là se reposent les hommes fatigués ;
      18 Avec eux, les captifs sont tranquilles : ils n'entendent plus la voix de l'exacteur.
      19 Là, le petit et le grand sont ensemble, et l'esclave est délivré de son maître.
      20 Pourquoi donne-t-on la lumière au malheureux, et la vie à ceux dont l'âme est pleine d'amertume ?
      21 Qui attendent la mort, et elle ne vient point, qui la recherchent plus qu'un trésor,
      22 Qui seraient contents jusqu'à l'allégresse et ravis de joie, s'ils trouvaient le tombeau ?
      23 A l'homme qui ne connaît pas sa voie et que Dieu cerne de tous côtés ?
      24 Car je soupire au lieu de manger, et mes cris se répandent comme l'eau.
      25 Ce que je crains m'arrive, et ce que j'appréhende vient sur moi.
      26 Je n'ai ni paix, ni tranquillité, ni repos ! Le tourment est venu !

      Job 4

      1 Alors Éliphaz, de Théman, prit la parole, et dit :
      2 Si l'on tente de te parler, te fâcheras-tu ? Mais qui pourrait retenir ses paroles ?
      3 Voici, tu as souvent instruit les autres, et tu as fortifié les mains affaiblies ;
      4 Tes paroles ont relevé ceux qui chancelaient, et tu as raffermi les genoux qui pliaient.
      5 Et maintenant que le malheur t'arrive, tu te fâches ; et parce qu'il t'a atteint, tu es tout éperdu !
      6 Ta piété ne fait-elle pas ta confiance ? Ton espérance, n'est-ce pas l'intégrité de tes voies ?
      7 Cherche dans ta mémoire ; quel est l'innocent qui a péri, et où des justes ont-ils été exterminés ?
      8 Pour moi, j'ai vu que ceux qui labourent l'iniquité et qui sèment la peine, la moissonnent.
      9 Ils périssent par le souffle de Dieu, et ils sont consumés par le vent de sa colère.
      10 Le rugissement du lion, le cri du grand lion cesse, et les dents du lionceau sont anéanties ;
      11 Le lion périt faute de proie, et les petits de la lionne sont dispersés.
      12 Une parole m'est furtivement arrivée, et mon oreille en a saisi le murmure.
    • Genèse 20

      7 Maintenant rends cette femme à son mari. C’est un prophète ; il priera pour que tu aies la vie sauve. Mais si tu ne la rends pas, sache que tu mourras certainement avec tous les tiens. »

      Lévitique 1

      6 L’homme ôte la peau du taureau et le découpe en morceaux.
      7 Les prêtres allument du feu sur l’autel et y disposent des bûches ;

      Lévitique 21

      1 Le Seigneur dit à Moïse de communiquer les prescriptions suivantes aux prêtres, fils d’Aaron : « Il est interdit à un prêtre de se rendre impur en s’approchant du cadavre d’un membre de sa parenté,
      2 sauf s’il s’agit d’un très proche parent, à savoir sa mère, son père, son fils, sa fille ou son frère.
      3 Dans le cas d’une sœur non mariée, il peut se rendre impur ; elle appartient à sa famille, puisqu’elle n’est pas entrée dans la famille d’un autre homme.
      4 Parmi les gens de sa parenté, le prêtre a une fonction de chef ; il ne doit donc pas se rendre impur, car il en serait déshonoré.
      5 « En cas de deuil, les prêtres ne doivent pas se faire de tonsure, ni se raser la barbe sur les côtés, ni se faire des entailles sur le corps.
      6 Ils doivent se consacrer à mon service et éviter de me déshonorer ; ils sont chargés de me présenter les sacrifices, ma nourriture, à moi, le Seigneur leur Dieu, et ils doivent par conséquent demeurer en état de consécration.
      7 « Il n’est pas permis à un prêtre de prendre pour épouse une femme qui s’est prostituée ou qui a été séduite par un homme, ni une femme divorcée, car tout prêtre est consacré à mon service.
      8 Chaque Israélite doit respecter le caractère sacré des prêtres, car ceux-ci me présentent la nourriture que vous m’offrez, à moi, votre Dieu. Que personne ne porte donc atteinte à la sainteté des prêtres. Je suis saint, moi, le Seigneur, à qui Israël appartient en propre.
      9 « Si la fille d’un prêtre se déshonore en se prostituant, c’est son père lui-même qu’elle déshonore : elle doit être brûlée vive.
      10 « Le grand-prêtre est le chef des prêtres ; il a été consacré au moyen de l’huile d’onction le jour de son entrée en fonction, et il peut revêtir les habits sacrés. C’est pourquoi il n’est pas autorisé à défaire sa chevelure, à déchirer ses vêtements
      11 ou à s’approcher d’un mort ; il ne doit pas se rendre impur, même lors du décès de son père ou de sa mère.
      12 Il lui est interdit de quitter les lieux sacrés, de peur qu’il ne profane mon sanctuaire ; en effet, il a été consacré à mon service par l’onction d’huile. Je suis le Seigneur.
      13 « Le grand-prêtre ne peut prendre pour épouse qu’une femme encore vierge.
      14 Il ne peut épouser ni une veuve, ni une femme divorcée, ni une femme qui s’est déshonorée en se prostituant. Il devra choisir pour femme une jeune fille de sa parenté,
      15 afin de ne pas introduire une descendance profane dans sa famille. Je suis le Seigneur qui le consacre à mon service. »
      16 Le Seigneur dit à Moïse
      17 de communiquer à Aaron les prescriptions suivantes : « Dans les générations à venir, aucun de tes descendants atteint d’un défaut physique ne sera autorisé à s’approcher de l’autel pour m’y offrir ma nourriture.
      18 Aucun infirme n’est admis à ce service, que ce soit un aveugle, un boiteux, un homme défiguré ou difforme,
      19 un homme atteint d’une fracture de la jambe ou du bras,
      20 un bossu ou un gringalet, un homme affligé d’une tache à l’œil, un homme souffrant d’une maladie de la peau, ou encore un eunuque.
      21 Aucun de tes descendants atteint d’un défaut physique ne doit donc s’approcher de l’autel pour m’y offrir ma nourriture. A cause de son infirmité, les tâches habituelles du prêtre lui sont interdites.
      22 Il peut manger de ce qui m’est offert en sacrifice, aussi bien les aliments qui me sont strictement réservés que les autres ;
      23 mais à cause de son infirmité, il ne doit pas s’approcher du rideau du sanctuaire ni s’avancer jusqu’à l’autel. Il ne faut pas qu’il profane mon sanctuaire, car je suis le Seigneur, et c’est moi qui consacre les prêtres à mon service. »
      24 Moïse transmit ces prescriptions à Aaron, à ses fils et à tous les Israélites.

      Job 1

      1 Il y avait une fois au pays d’Ous un homme du nom de Job. Cet homme était irréprochable, droit, fidèle à Dieu et se tenait à l’écart du mal.
      2 Il était père de sept fils et de trois filles ;
      3 il possédait sept mille moutons, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs et cinq cents ânesses, ainsi que de nombreux domestiques. C’était le personnage le plus considérable à l’est de la Palestine.
      4 De temps en temps, ses fils se rendaient chez l’un ou l’autre d’entre eux, à tour de rôle, pour y faire un bon repas. Ils invitaient alors leurs trois sœurs à manger et boire avec eux.
      5 Quand les festivités étaient achevées, Job faisait venir ses enfants pour les purifier. Il se levait tôt le lendemain et offrait à Dieu un sacrifice complet pour chacun d’eux, car il se disait : « Mes fils ont peut-être commis une faute, ils ont peut-être offensé Dieu en pensée. » C’est ainsi que Job agissait chaque fois.
      6 Or un jour que les anges de Dieu venaient faire leur rapport au Seigneur, le Satan, l’accusateur, se présenta parmi eux, lui aussi.
      7 Le Seigneur lui demanda : « D’où viens-tu donc ? » L’accusateur répondit au Seigneur : « Je viens de faire un tour sur terre. » –
      8 « Tu as sûrement remarqué mon serviteur Job, dit le Seigneur. Il n’a pas son pareil sur terre. C’est un homme irréprochable et droit ; il m’est fidèle et se tient à l’écart du mal. » –
      9 « Si Job t’est fidèle, répliqua l’accusateur, est-ce gratuitement ?
      10 Ne le protèges-tu pas de tous côtés, comme par une clôture, lui, sa famille et ses biens ? Tu as si bien favorisé ce qu’il a entrepris, que ses troupeaux sont répandus sur tout le pays.
      11 Mais si tu oses toucher à ce qu’il possède, il te maudira ouvertement ! »
      12 Le Seigneur dit à l’accusateur : « Eh bien, tu peux disposer de tout ce qu’il possède. Mais garde-toi de toucher à lui-même. » Alors l’accusateur se retira hors de la présence du Seigneur.
      13 Un jour que les enfants de Job étaient occupés à manger et boire chez leur frère aîné,
      14 un messager arriva chez Job et lui dit : « Les bœufs étaient en train de labourer, et les ânesses se trouvaient au pré non loin de là,
      15 quand des Sabéens se sont précipités sur eux et les ont enlevés, passant tes domestiques au fil de l’épée. J’ai été le seul à m’échapper pour t’en avertir. »
      16 Le premier messager n’avait pas fini de parler qu’un autre arriva pour annoncer : « La foudre est tombée du ciel sur les troupeaux de moutons et sur tes domestiques, et elle a tout consumé. J’ai été le seul à pouvoir m’échapper pour t’en avertir. »
      17 Il n’avait pas fini de parler qu’un autre arriva pour annoncer : « Des Chaldéens ont formé trois bandes, qui se sont jetées sur les chameaux et les ont enlevés, passant tes domestiques au fil de l’épée. J’ai été le seul à pouvoir m’échapper pour t’en avertir. »
      18 Il n’avait pas fini de parler qu’un autre arriva pour annoncer : « Tes enfants étaient occupés à manger et boire chez leur frère aîné,
      19 quand un ouragan survenant du désert a heurté violemment les quatre coins de la maison ; la maison s’est effondrée et les jeunes gens sont morts. J’ai été le seul à m’échapper pour t’en avertir. »
      20 Alors Job se leva, il déchira son manteau, se rasa la tête et se jeta à terre, le front dans la poussière ;
      21 il déclara : « Je suis sorti tout nu du ventre de ma mère, je retournerai nu au ventre de la terre. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris. Il faut continuer de remercier le Seigneur. »
      22 Dans tous ces malheurs Job ne commit ainsi aucune faute ; il ne dit rien d’inconvenant contre Dieu.

      Job 2

      1 Un jour que les anges de Dieu venaient faire leur rapport au Seigneur, l’accusateur se présenta parmi eux, lui aussi, pour son rapport.
      2 Le Seigneur lui demanda : « D’où viens-tu donc ? » L’accusateur répondit au Seigneur : « Je viens de faire un tour sur terre. » –
      3 « Tu as sûrement remarqué mon serviteur Job, dit le Seigneur. Il n’a pas son pareil sur terre. C’est un homme irréprochable et droit ; il m’est fidèle et se tient à l’écart du mal. Il est resté fermement irréprochable. C’est donc pour rien que tu m’as poussé à lui faire du tort. » –
      4 « Échange de bons procédés, répliqua l’accusateur : tout ce qu’un homme possède, il le donnera pour sauver sa peau.
      5 Mais si tu oses toucher à sa personne, il te maudira ouvertement ! »
      6 Le Seigneur dit à l’accusateur : « Eh bien, tu peux disposer de lui, mais non pas de sa vie. »
      7 Alors l’accusateur se retira hors de la présence du Seigneur. Il frappa Job d’une méchante maladie de peau, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet du crâne.
      8 Job s’assit au milieu du tas des cendres et ramassa un débris de poterie pour se gratter.
      9 Sa femme lui dit : « Tu persistes à rester irréprochable. Mais tu ferais mieux de maudire Dieu et d’en mourir ! » –
      10 « Tu parles comme une femme privée de bon sens, lui répondit Job. Si nous acceptons de Dieu le bonheur, pourquoi refuserions-nous de lui le malheur ? » Dans cette nouvelle épreuve Job ne prononça aucun mot qui puisse offenser Dieu.
      11 Trois amis de Job apprirent les malheurs qui lui étaient arrivés. C’étaient Élifaz de Téman, Bildad de Chouha et Sofar de Naama. Ils vinrent de chez eux et se mirent d’accord pour lui manifester leur sympathie et le réconforter.
      12 En le regardant de loin, ils le trouvèrent méconnaissable. Alors ils éclatèrent en sanglots ; ils déchirèrent leur manteau et se répandirent de la poussière sur la tête.
      13 Puis ils restèrent assis à terre avec Job pendant sept jours et sept nuits, sans rien lui dire, tant sa souffrance leur apparaissait grande.

      Job 3

      1 A la fin, Job se décida à parler et maudit le jour de sa naissance.
      2 Voici ce qu’il dit :
      3 Ah ! que disparaisse le jour de ma naissance et la nuit qui a dit : « Un garçon est conçu » !
      4 Qu’on regarde ce jour comme l’un des plus sombres ! Que Dieu, là-haut, ne s’intéresse plus à lui ! Qu’aucune lumière ne vienne l’éclairer !
      5 Que l’ombre la plus noire s’empare de lui et qu’un nuage obscur s’abatte sur ce jour, ou une terrifiante éclipse de soleil !
      6 Quant à cette nuit-là, qu’elle soit la plus noire, qu’on ne la compte plus dans le calendrier, et qu’elle n’entre plus dans le calcul des mois !
      7 Oui, que cette nuit-là reste toujours stérile et qu’aucun cri de joie n’y pénètre jamais !
      8 Qu’elle soit signalée comme portant malheur par tous les magiciens qui maudissent les jours et sont habiles à provoquer le grand dragon !
      9 Qu’elle ne puisse voir l’étoile du matin ! Qu’elle espère le jour, mais qu’elle attende en vain et n’aperçoive pas l’aurore qui s’éveille !
      10 Car elle n’a rien fait pour m’empêcher de naître et de voir aujourd’hui cette dure misère.
      11 Pourquoi n’être pas mort dès avant ma naissance, n’avoir pas expiré dès que j’ai vu le jour ?
      12 Pourquoi ai-je trouvé deux genoux accueillants et deux seins maternels où je tétais la vie ?
      13 Je serais aujourd’hui tranquille dans ma tombe ; alors je dormirais et je serais en paix
      14 avec les rois, avec les grands hommes d’État, ceux qui reconstruisaient les monuments en ruine,
      15 ou avec les princes, qui possédaient de l’or et des objets d’argent pour garnir leurs maisons.
      16 Ou bien tout simplement je n’existerais pas, comme l’enfant mort-né qui n’a pas vu le jour.
      17 Dans la tombe, les méchants ne s’agitent plus, et les gens épuisés se reposent enfin.
      18 Les prisonniers ont trouvé eux aussi la paix, ils ont cessé d’entendre les cris du gardien,
      19 et l’esclave est ici délivré de son maître. Grands ou petits, il n’y a plus de différence.
      20 Pourquoi Dieu fait-il voir le jour aux malheureux, à ceux qui doivent vivre une existence amère ?
      21 Ils attendent la mort, mais elle ne vient pas ; ils la cherchent plus passionnément qu’un trésor.
      22 Ils seraient si heureux et tellement ravis de trouver un tombeau !
      23 Voici donc un homme qui ne sait où il va, que Dieu a enfermé comme derrière un mur.
      24 Comme pain à manger, je n’ai que des soupirs, et mes cris de douleur jaillissent comme l’eau.
      25 Si j’éprouve une crainte, elle se réalise ; ce que je redoutais, c’est cela qui m’arrive !
      26 Je ne connais plus ni tranquillité, ni paix, ni repos, mais je suis assailli de tourments.

      Job 4

      1 Élifaz de Téman prit alors la parole et dit à Job :
      2 On n’ose te parler, tant tu es déprimé. Pourtant on ne peut pas se taire plus longtemps.
      3 Toi qui as fait l’éducation de tant de gens et savais fortifier les bras trop fatigués,
      4 toi qui trouvais les mots pour remettre debout ceux qui n’en pouvaient plus, et relever ceux qui pliaient sous le fardeau,
      5 te voilà abattu quand le malheur est là, te voilà effrayé quand c’est toi qu’il atteint !
      6 Puisque tu reconnais l’autorité de Dieu, et puisque ta conduite est sans aucun reproche, ne dois-tu pas garder confiance et bon espoir ?
      7 Souviens-toi : as-tu vu déjà des innocents ou des honnêtes gens succomber au malheur ?
      8 Je l’ai bien remarqué : Cultiver l’injustice ou semer la misère conduit à récolter injustice et misère.
      9 Dieu balaie de son souffle ceux qui s’y adonnent, il les réduit à rien au vent de sa colère.
      10 Il fait taire leurs rugissements de lions, et il casse les dents à ces bêtes féroces.
      11 Privés de toute proie, ces fauves dépérissent, tandis que leurs petits sont dispersés au loin.
      12 Un message m’est parvenu comme en secret, mon oreille a perçu un très léger murmure,
    • Genèse 20

      7 Et maintenant, rends la femme de cet homme ; car il est prophète, et il priera pour toi, et tu vivras. Mais si tu ne la rends pas, sache que tu mourras certainement, toi et tout ce qui est à toi.

      Lévitique 1

      6 et il écorchera l'holocauste et le coupera en morceaux.
      7 Et les fils d'Aaron, le sacrificateur, mettront du feu sur l'autel, et arrangeront du bois sur le feu ;

      Lévitique 21

      1 Et l'Éternel dit à Moïse : Parle aux sacrificateurs, fils d'Aaron, et dis-leur : Que le sacrificateur ne se rende pas impur parmi ses peuples pour un mort,
      2 excepté pour son proche parent, pour sa mère, et pour son père, et pour son fils, et pour sa fille, et pour son frère ;
      3 et pour sa soeur vierge qui lui est proche, et qui n'aura pas été mariée, pour elle il se rendra impur.
      4 Il ne se rendra pas impur comme chef parmi son peuple, pour se profaner.
      5 Ils ne se feront point de place chauve sur leur tête, et ils ne raseront pas les coins de leur barbe ni ne se feront d'incisions dans leur chair.
      6 Ils seront saints, consacrés à leur Dieu, et ils ne profaneront pas le nom de leur Dieu, car ils présentent les sacrifices de l'Éternel faits par feu, le pain de leur Dieu ; et ils seront saints.
      7 Ils ne prendront point pour femme une prostituée ou une femme déshonorée ; et ils ne prendront pas une femme répudiée par son mari, car le sacrificateur est saint, consacré à son Dieu.
      8 Et tu le tiendras pour saint, car il présente le pain de ton Dieu. Il te sera saint, car je suis saint, moi, l'Éternel qui vous sanctifie.
      9 Et si la fille d'un sacrificateur se profane en se prostituant, elle profane son père ; elle sera brûlée au feu.
      10 Et le grand sacrificateur d'entre ses frères, sur la tête duquel l'huile de l'onction aura été versée et qui aura été consacré pour revêtir les saints vêtements, ne découvrira pas sa tête et ne déchirera pas ses vêtements.
      11 Il n'ira vers aucune personne morte ; il ne se rendra impur ni pour son père, ni pour sa mère ;
      12 et il ne sortira pas du sanctuaire, et ne profanera pas le sanctuaire de son Dieu ; car la consécration de l'huile de l'onction de son Dieu est sur lui. Moi, je suis l'Éternel.
      13 Et il prendra pour femme une vierge.
      14 Une veuve, ou une répudiée, ou une femme déshonorée, une prostituée, il ne les prendra point ; mais il prendra pour femme une vierge d'entre ses peuples.
      15 Et il ne profanera pas sa semence parmi ses peuples, car moi, je suis l'Éternel qui le sanctifie.
      16 Et l'Éternel parla à Moïse, disant :
      17 Parle à Aaron, en disant : Aucun homme de ta semence, en ses générations, qui a quelque défaut corporel, ne s'approchera pour présenter le pain de son Dieu ;
      18 car quiconque a un défaut corporel ne s'approchera pas : l'homme aveugle, ou boiteux, ou camus, ou qui a l'un de ses membres plus long que l'autre ;
      19 ou l'homme qui a une fracture au pied ou une fracture à la main ;
      20 ou celui qui est bossu, ou grêle, ou qui a une tache à l'oeil, ou qui a une gale, ou une dartre, ou qui a les testicules écrasés.
      21 Nul homme de la semence d'Aaron, le sacrificateur, en qui il y aura quelque défaut corporel, ne s'approchera pour présenter les sacrifices de l'Éternel faits par feu ; il y a en lui un défaut corporel : il ne s'approchera pas pour présenter le pain de son Dieu.
      22 Il mangera du pain de son Dieu, des choses très-saintes et des choses saintes ;
      23 seulement il n'entrera pas vers le voile, et ne s'approchera pas de l'autel, car il y a en lui un défaut corporel, et il ne profanera pas mes sanctuaires ; car moi, je suis l'Éternel qui les sanctifie.
      24 Moïse parla ainsi à Aaron et à ses fils, et à tous les fils d'Israël.

      Job 1

      1 Il y avait dans le pays d'Uts un homme dont le nom était Job ; et cet homme était parfait et droit, craignant Dieu et se retirant du mal.
      2 Et il lui naquit sept fils et trois filles ;
      3 et il possédait sept mille brebis, et trois mille chameaux, et cinq cents paires de boeufs, et cinq cents ânesses ; et il avait un très-grand nombre de serviteurs ; et cet homme était plus grand que tous les fils de l'orient.
      4 Et ses fils allaient et faisaient un festin, chacun dans sa maison, à son jour ; et ils envoyaient appeler leurs trois soeurs pour manger et pour boire avec eux.
      5 Et il arrivait que, quand les jours de festin étaient terminés, Job envoyait vers eux et les sanctifiait : il se levait de bonne heure le matin et offrait des holocaustes selon leur nombre à tous, car Job disait : Peut-être mes fils ont-ils péché et ont-ils maudit Dieu dans leurs coeurs. Job faisait toujours ainsi.
      6 Or un jour, il arriva que les fils de Dieu vinrent se présenter devant l'Éternel, et Satan aussi vint au milieu d'eux.
      7 Et l'Éternel dit à Satan : D'où viens-tu ? Et Satan répondit à l'Éternel et dit : De courir çà et là sur la terre et de m'y promener.
      8 Et l'Éternel dit à Satan : As-tu considéré mon serviteur Job, qu'il n'y a sur la terre aucun homme comme lui, parfait et droit, craignant Dieu, et se retirant du mal ?
      9 Et Satan répondit à l'Éternel et dit : Est-ce pour rien que Job craint Dieu ?
      10 Ne l'as-tu pas, toi, entouré de toutes parts d'une haie de protection, lui, et sa maison, et tout ce qui lui appartient ? Tu as béni le travail de ses mains, et tu as fait abonder son avoir sur la terre.
      11 Mais étends ta main et touche à tout ce qu'il a : tu verras s'il ne te maudit pas en face.
      12 Et l'Éternel dit à Satan : Voici, tout ce qu'il a est en ta main, seulement tu n'étendras pas ta main sur lui. Et Satan sortit de la présence de l'Éternel.
      13 Et, un jour, il arriva que ses fils et ses filles mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère premier-né ;
      14 et un messager vint à Job et dit : Les boeufs labouraient et les ânesses paissaient auprès d'eux,
      15 et ceux de Sheba sont tombés sur eux et les ont pris, et ils ont frappé les jeunes hommes par le tranchant de l'épée ; et j'ai échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
      16 Celui-ci parlait encore, qu'un autre vint et dit : Le feu de Dieu est tombé du ciel et a brûlé les brebis et les jeunes hommes, et les a consumés ; et j'ai échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
      17 Celui-ci parlait encore, qu'un autre vint et dit : Les Chaldéens ont formé trois bandes, et se sont jetés sur les chameaux et les ont pris, et ils ont frappé les jeunes hommes par le tranchant de l'épée ; et j'ai échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
      18 Celui-ci parlait encore, qu'un autre vint et dit : Tes fils et tes filles mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur premier-né,
      19 et voici, un grand vent est venu de delà le désert et a donné contre les quatre coins de la maison, et elle est tombée sur les jeunes gens et ils sont morts ; et j'ai échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
      20 Et Job se leva, et déchira sa robe, et rasa sa tête, et se jeta à terre et se prosterna.
      21 Et il dit : Nu je suis sorti du sein de ma mère, et nu j'y retournerai ; l'Éternel a donné, et l'Éternel a pris ; que le nom de l'Éternel soit béni !
      22 En tout cela Job ne pécha pas, et n'attribua rien à Dieu qui fût inconvenable.

      Job 2

      1 Or, un jour, il arriva que les fils de Dieu vinrent se présenter devant l'Éternel, et Satan aussi vint au milieu d'eux se présenter devant l'Éternel.
      2 Et l'Éternel dit à Satan : D'où viens-tu ? Et Satan répondit à l'Éternel et dit : De courir çà et là sur la terre et de m'y promener.
      3 Et l'Éternel dit à Satan : As-tu considéré mon serviteur Job, qu'il n'y a sur la terre aucun homme comme lui, parfait et droit, craignant Dieu, et se retirant du mal ? Et encore il reste ferme dans sa perfection, alors que tu m'as incité contre lui pour l'engloutir sans cause.
      4 Et Satan répondit à l'Éternel et dit : Peau pour peau, et tout ce qu'un homme a, il le donnera pour sa vie ;
      5 mais étends ta main et touche à ses os et à sa chair : tu verras s'il ne te maudit pas en face.
      6 Et l'Éternel dit à Satan : Le voilà entre tes mains, seulement épargne sa vie.
      7 Et Satan sortit de la présence de l'Éternel ; et il frappa Job d'un ulcère malin, depuis la plante de ses pieds jusqu'au sommet de sa tête.
      8 Et il prit un tesson pour s'en gratter, et il était assis dans la cendre.
      9 Et sa femme lui dit : Restes-tu encore ferme dans ta perfection ?
      10 Maudis Dieu et meurs. Et il lui dit : Tu parles comme parlerait l'une des insensées ; nous avons reçu le bien aussi de la part de Dieu, et nous ne recevrions pas le mal ? En tout cela Job ne pécha point de ses lèvres.
      11 Et trois amis de Job apprirent tout ce mal qui lui était arrivé et vinrent chacun de son lieu, Éliphaz, le Thémanite, et Bildad, le Shukhite, et Tsophar, le Naamathite ; et ils s'entendirent ensemble pour venir le plaindre et le consoler.
      12 Et ils levèrent les yeux de loin, et ils ne le reconnurent pas ; et ils élevèrent leur voix et pleurèrent, et ils déchirèrent chacun sa robe et répandirent de la poussière sur leurs têtes en la jetant vers les cieux.
      13 Et ils s'assirent avec lui à terre sept jours et sept nuits, et nul ne lui dit une parole, car ils voyaient que sa douleur était très-grande.

      Job 3

      1 Après cela, Job ouvrit sa bouche et maudit son jour.
      2 Et Job prit la parole et dit :
      3 Périsse le jour auquel je naquis, et la nuit qui dit : Un homme a été conçu !
      4 Ce jour-là, qu'il soit ténèbres ; que +Dieu ne s'en enquière pas d'en haut, et que la lumière ne resplendisse pas sur lui !
      5 Que les ténèbres et l'ombre de la mort réclament ; que les nuées demeurent sur lui ; que ce qui assombrit les jours le terrifie !
      6 Cette nuit-là, que l'obscurité s'en empare ; qu'elle ne se réjouisse point parmi les jours de l'année, qu'elle n'entre pas dans le nombre des mois !
      7 Voici, que cette nuit-là soit stérile ; que les cris de joie n'y entrent pas !
      8 Que ceux qui maudissent le jour la maudissent, ceux qui sont prêts à réveiller Léviathan !
      9 Que les étoiles de son crépuscule soient obscurcies ; qu'elle attende la lumière, et qu'il n'y en ait point, et qu'elle ne voie pas les cils de l'aurore !
      10 Parce qu'elle n'a pas fermé les portes du sein qui m'a porté, et n'a pas caché la misère de devant mes yeux.
      11 Pourquoi ne suis-je pas mort dès la matrice, n'ai-je pas expiré quand je sortis du ventre ?
      12 Pourquoi les genoux m'ont-ils rencontré, et pourquoi les mamelles, pour les téter ?
      13 Car maintenant je serais couché et je serais tranquille, je dormirais : alors j'aurai du repos,
      14 Avec les rois et les conseillers de la terre qui se bâtissent des solitudes,
      15 Ou avec les princes qui ont de l'or, qui ont rempli d'argent leurs maisons ;
      16 Ou, comme un avorton caché, je n'aurais pas été, -comme les petits enfants qui n'ont pas vu la lumière.
      17 Là, les méchants ont cessé leur tumulte, et là ceux dont les forces sont épuisées par la fatigue sont en repos ;
      18 Les prisonniers demeurent ensemble tranquilles, ils n'entendent pas la voix de l'exacteur ;
      19 Là sont le petit et le grand, et le serviteur libéré de son maître.
      20 Pourquoi la lumière est-elle donnée au misérable, et la vie à ceux qui ont l'amertume dans l'âme,
      21 A ceux qui attendent la mort, et elle n'est pas là, -qui la cherchent plus que des trésors cachés,
      22 Qui se réjouissent jusqu'aux transports et sont dans l'allégresse, parce qu'ils ont trouvé le sépulcre, -
      23 A l'homme de qui le chemin est caché et que +Dieu a enfermé de toutes parts ?
      24 Car mon gémissement vient avant mon pain, et mes rugissements débordent comme des eaux.
      25 Car j'ai eu une crainte, et elle est venue sur moi, et ce que j'appréhendais m'est arrivé.
      26 Je n'étais pas en sécurité, et je n'étais pas tranquille ni en repos, et le trouble est venu.

      Job 4

      1 Et Éliphaz, le Thémanite, répondit et dit :
      2 Si nous essayons de t'adresser une parole, en seras-tu irrité ? Mais qui pourrait se retenir de parler ?
      3 Voici, tu en as enseigné beaucoup, et tu as fortifié les mains languissantes ;
      4 Tes paroles ont tenu droit celui qui chancelait, et tu as affermi les genoux qui ployaient ;
      5 Mais maintenant le malheur est venu sur toi, et tu es irrité ; il t'atteint, et tu es troublé.
      6 Ta crainte de Dieu n'est-elle pas ta confiance, et l'intégrité de tes voies, ton espérance ?
      7 Souviens-toi, je te prie, qui a péri étant innocent ? et où les hommes droits ont-ils été détruits ?
      8 Selon ce que j'ai vu, ceux qui labourent l'iniquité et qui sèment la misère, la moissonnent.
      9 Ils périssent par le souffle de +Dieu, et sont consumés par le souffle de ses narines.
      10 Le rugissement du lion et la voix du lion rugissant sont étouffés, et les dents des jeunes lions sont brisées ;
      11 Le fort lion périt faute de proie, et les petits de la lionne sont dispersés.
      12 Une parole vint à moi secrètement, et mon oreille en saisit la susurration.
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