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OSÉE

Le premier des douze « petits prophètes ». L'une des plus grandes personnalités de l'A.T. Il a fait jaillir dans le monde des âmes une source d'eau vive que rien, par la suite, n'a pu tarir.

1.

La personne d'Osée.

Nous avons sur elle un petit nombre de renseignements précis. Il était fils d'un nommé Bééri (Os 11), et sa femme s'appelait Gomer, fille (c-à-d, probablement originaire) de Diblaïm (Os 13). Conformément à une habitude chère aux prophètes, il avait appelé ses enfants de noms symboliques (Os 1:5,6,9) par lesquels s'exprimait son profond pessimisme en présence de la situation morale et politique de la nation où il vivait : Jizréel (écho lointain et sévère du massacre par lequel Jéhu avait exterminé la famille d'Achab, 2Ro 9 et 2Ro 10) ; Lo-Ruhama (celle dont on n'a pas pitié) ; Lo-Ammi (pas mon peuple). D'autre part, Os 2:1 paraît signifier que le ménage du prophète fut troublé par des événements douloureux (voir plus bas, parag. 3).

Quelques indications plus générales sur la personnalité d'Osée ressortent d'une étude attentive de son livre. Comme Amos, il prophétise dans le royaume du Nord, mais, à la différence de son prédécesseur, qui était venu des montagnes de Juda, il appartient, lui, selon toute vraisemblance, au terroir d'Israël. Il cite en effet uniquement des localités ressortissant au royaume des Dix Tribus, et les spécialistes croient pouvoir reconnaître chez lui quelques formes particulières à l'hébreu septentrional. On est en droit aussi d'affirmer avec certitude qu'il est un rural. Il parle des « villes » d'une manière abstraite et dédaigneuse (Os 8:14 13:10) et de la vie des champs, au contraire, avec une compréhension et une poésie qui font penser aux paraboles de l'Évangile. Il connaît le monde des plantes (Os 2:15 9:10 10:1,4) et les labeurs de la culture et de la moisson (Os 10:11,12) ; il est familier avec le travail des bêtes domestiques (Os 10:11 11:4) et avec le vol des oiseaux (Os 7 8:1) ; il a vu les animaux sauvages et la menace qu'ils font peser sur les habitants de la campagne (Os 5:14 13:7 et suivant). Enfin et surtout, comme tout bon citoyen des champs, il est sensible à la rosée (Os 6:4), à la pluie fécondante (Os 6:3), au vent d'Orient qui dessèche toutes choses (Os 13:5). Déjà là se marque la qualité de son âme sensible et vibrante.

--On a soutenu qu'il appartenait à une famille sacerdotale. Mais sa sévérité à l'égard des prêtres rend cette hypothèse peu probable. Par contre il n'y a pas lieu de douter qu'il ait porté officiellement (à la différence d'Amos) le nom de prophète (Os 9:7). Mais il a condamné le prophétisme vulgaire avec la même force que le sacerdotalisme (Os 4:5) et les noms qu'il a donnés à ses enfants semblent bien montrer que, dès le début, il s'est distingué des bandes de prophètes courtisans qui gagnaient leur vie à prophétiser le bonheur. En tout cas, la passion qui anime ses oracles, la souffrance qu'ils expriment, la puissance spirituelle qui s'en dégage prouvent que dans l'âme de ce prophète « de profession » habitait une admirable « vocation ».

2.

L'époque d'Osée.

La suscription du livre mentionne, comme contemporains du prophète, Ozias, Achaz, Ézéchias, rois de Juda, et Jéroboam, fils de Joas, roi d'Israël (Os 11). Comme toute l'activité d'Osée a eu pour théâtre le royaume du Nord, il est normal de penser que les noms des rois de Juda sont ici adventices, ajoutés par un copiste de bonne volonté à l'usage des lecteurs Judéens du livre, à une époque postérieure. Quant au Jéroboam fils de Joas, roi d'Israël, que la suscription cite in fine, c'est le personnage connu dans l'histoire sous le nom de Jéroboam II le dernier grand roi des Dix Tribus, dont le gouvernement fut marqué par des succès'politiques et un essor économique remarquables, et qui mourut, après un règne de 40 ans, en 744. Il semble d'ailleurs probable que les mots : « au temps de Jéroboam » ne concernent que le contenu des chap. 1-3 d'Osée, lesquels alors seraient de peu antérieurs à 744.

--Les chap. 4-14, par contre, se révèlent comme étant en pleine harmonie avec la période excessivement troublée qui s'ouvre pour Israël avec l'assassinat, après six mois seulement de règne, de Zacharie, fils de Jéroboam II A ce moment, les facteurs extérieurs viennent se joindre aux dissensions intestines pour affaiblir le royaume un moment si prospère. C'était l'affaiblissement de la puissance assyrienne qui avait valu aux petites nations de l'Asie Antérieure quelques années de tranquillité. Mais l'avènement de l'énergique Tiglath-Piléser III (745-727) rend à la grande puissance mésopotamienne sa vigueur combative. Et pendant ce temps, à Samarie, les révolutions de palais se succèdent. Challoum, meurtrier et successeur de Zacharie, ne règne qu'un mois. Il est remplacé par Ménahem, qui garde le pouvoir 10 ans mais est obligé de verser un lourd tribut au roi d'Assyrie triomphant. Pékahia, son fils, au bout de 2 ans, est victime d'une nouvelle conspiration qui met sur le trône Pékah, fils de Rémalia. Celui-ci a la désastreuse idée d'entreprendre (735). de concert avec Retsin, de Damas, une guerre fratricide contre le royaume de Juda. Appelé au secours par les Jérusalémites affolés, Tiglath-Piléser, se hâte de profiter de l'occasion, et il enlève au royaume d'Israël une bonne partie de son territoire, emmenant les habitants en captivité. Ceci n'est du reste qu'une préface à des événements plus graves. Pékah, assassiné par les partisans de la soumission à l'Assyrie, est remplacé par Osée, fils d'Ela, qui paie d'abord fidèlement tribut aux vainqueurs, mais qui ne sait pas résister aux intrigues politiques provoquées dans toute la région par la mort de Tiglath-Piléser, et qui attire ainsi sur son pays une nouvelle attaque assyrienne, dont l'aboutissement sera, en 722, sous Sargon, la chute définitive de Samarie (2Ro 15 et 2Ro 17).

--Il est impossible de savoir si Osée le prophète a connu ces heures sinistres de l'effondrement de son peuple., Les oracles que nous avons de lui n'en parlent pas. Mais tout au long des derniers chapitres de son livre on sent venir la catastrophe. Et l'on ne pourrait rien comprendre aux sombres prophéties qui remplissent ces pages si l'on ignorait les troubles que traversait Israël à l'époque où elles furent écrites.

3.

Le livre d'Osée.

Comme nous l'avons constaté précédemment (parag. 2), le livre qui porte le nom d'Osée est composé de deux parties distinctes : d'un côté les chap. -1-3, sans doute antérieurs à 744 ; et de l'autre les chap. 4-14, s'échelonnant sur les années 743-725 environ.

Les chap. 1-3 posent un des problèmes critiques les plus délicats de l'A.T. L'histoire de cette « femme de prostitution » que le prophète épouse sur l'ordre de Yahvé, qu'il chasse ensuite à cause de son inconduite, mais à qui finalement, après un temps d'épreuve, il pardonne, la réinstallant dans ses prérogatives d'épouse et de mère, cette histoire reproduit-elle des faits réels qui auraient eu pour théâtre le ménage d'Osée, ou n'est-elle qu'une allégorie destinée à présenter sous un jour saisissant l'infidélité d'Israël ? Luther défendait la première interprétation, Calvin soutenait la seconde, et les avis ont été longtemps très partagés sur ce point. Il semblait cependant que, sous l'influence de Wellhausen notamment, la théorie allégorique était de plus en plus abandonnée et que l'unanimité était sur le point de se faire sur la réalité des événements relatés dans ces trois chap., lorsque des études récentes ont de nouveau tout remis en question. Après avoir critiqué vigoureusement (dans son Introduction) l'interprétation allégorique, le professeur Lucien Gautier ne craignait pas d'avouer, sur la fin de sa vie, que de graves hésitations lui étaient venues à ce sujet.

--Peut-être cependant la difficulté d'interprétation que mettent en lumière ces oscillations de la recherche historique n'est-elle qu'apparente, et destinée à s'évanouir si, avec le prof. Paul Humbert, une distinction nécessaire est établie entre le chap. I er, qui mentionne des faits réels, de l'ordre biographique, et les chap. 2-3, qui contiennent des exhortations de forme allégorique. La plupart des difficultés des deux opinions contraires disparaissent dès l'instant qu'une telle distinction est adoptée. Ainsi les « allégoristes » avaient toujours échoué à expliquer le fait que le nom de la femme d'Osée dans 13 n'avait aucune signification symbolique ; mais cette objection n'a plus de force si nous admettons le caractère autobiographique du chap. 1 er. Inversement, les « réalistes » étaient impuissants à expliquer, dans les chap. 2 et 3, la coexistence de deux histoires de femme infidèle, analogues dans leur contexture générale, mais historiquement difficiles à concilier ; cette difficulté n'existe plus dès que les chap, en question sont considérés comme allégoriques ; parlant à l'âme de son peuple, le prophète utilise sous deux formes différentes le même thème de la femme infidèle à la fois punie et aimée.

--La répartition des chap. 1-3 d'Osée entre deux éléments, l'un autobiographique, l'autre symbolique, nous paraît donc s'imposer. Mais il y aurait, d'autre part, exagération certaine à pousser cette distinction jusqu'à la séparation absolue, et à isoler complètement l'un de l'autre ces deux éléments qui, si distincts qu'ils soient, demeurent solidaires. Littérairement parlant il n'y a pas, entre eux, solution de continuité : le prophète commence par parler de lui-même et de sa famille ; puis, par un mouvement de pensée qui n'est peut-être pas très conforme aux exigences de notre logique, mais qui semble assez dans la ligne du génie oriental, il en vient à adresser un appel véhément à la conscience et au coeur de son peuple. Insensiblement l'autobiographie a coulé en allégorie. Au point de vue spirituel aussi les liens sont étroits entre le chap. 1 er et ce qui le suit. N'est-ce pas le fait autobiographique discrètement mentionné dans 12 qui explique, au moins en grande partie, les magnifiques allégories des chap. 2 et 3 ? S'il n'avait pas souffert par sa femme, Osée aurait-il compris si profondément les sentiments de Yahvé souffrant par son peuple ? S'il n'avait pas éprouvé une telle indignation contre l'épouse infidèle, aurait-il su mettre des accents si pathétiques dans la bouche de Yahvé trompé par la nation infidèle ? S'il n'avait pas aimé Gomer d'un amour espérant contre toute espérance, aurait-il pu parler d'une manière si émouvante des perspectives d'un retour d'Israël à son Dieu ? « On ne peut pas supposer que tout le contenu de ces chapitres soit une étude abstraite de psychologie des émotions. C'est une expérience humaine actuelle qui donne à Osée la clef de la vérité divine » (Cheyne).

--Dans le séculaire débat qui a pour objet la signification du début du livre d'Osée, nous en venons par conséquent à adopter une position synthétique : dans l'esprit du prophète, c'est l'allégorie qui est l'essentiel. Il n'écrit pas pour se raconter lui-même, mais pour accomplir son ministère de prophète en parlant à son peuple. Mais il s'appuie pour cela sur des faits personnels, qu'il indique avec une extrême sobriété. Les deux éléments biographique et symbolique se complètent et s'éclairent mutuellement : les merveilleuses pensées des chap. 2 et 3 ont leurs racines dans les faits rappelés au chap. I er ; et à son tour, l'étrange affirmation de 12, qui nous montre l'Éternel ordonnant à son serviteur de prendre une femme de prostitution, s'illumine si nous nous rendons compte qu'aux yeux du prophète ébloui, une série d'événements qui lui a apporté de si hautes révélations divines ne peut qu'avoir été voulue de Dieu entièrement et dès ses tout premiers débuts. (La lecture des chap. 1-3 est grandement facilitée si l'on retranche quelques passages visiblement interpolés comme Os 1:7 2:1-3 et peut-être Os 2:21 et suivant. Quant à Os 2:8 et suivant, sa place normale est à la suite de Os 2:15)

La seconde partie du livre d'Osée (chap. 4-14) est toute différente de la première. Ce n'est plus un récit s'achevant en une allégorie prestigieuse ; c'est une série de courts oracles qui se succèdent le plus souvent sans lien, et dont l'aspect entrecoupé correspond bien à la période troublée qui les a vus naître et à la nature passionnée du prophète qui les a prononcés. Les invectives les plus sévères voisinent avec les effusions les plus tendres. Et les efforts tentés pour retrouver dans ce chaos un plan n'ont abouti qu'à des résultats tout à fait décevants. Le plus probable est qu'à une exception près, les oracles nous sont donnés dans leur ordre chronologique, tels qu'ils sont sortis, tout brûlants, de l'âme du prophète.

--Le texte de ces chap, est extrêmement difficile à interpréter. D'une part il est rempli d'allusions à des faits que nous ne connaissons pas et de jeux de mots intraduisibles ; et d'autre part il est matériellement en très mauvais état : les fautes de copie, peut-être aussi les gloses interprétatives, y sont nombreuses ; la traduction des LXX, mauvaise elle-même, est d'un secours médiocre, et les tentatives de correction des exégètes n'aboutissent pas toujours à des résultats satisfaisants. En plusieurs endroits, il faut simplement renoncer à comprendre. --D'une façon générale, les historiens sont d'accord pour éliminer comme postérieures la plupart des mentions de Juda qui parsèment le livre. (Os 4:15 5:5,10,12,13,14 6:4,11 8:14 10:11 12:1-3)

Ces mentions donnent presque toujours l'impression de survenir artificiellement, et elles étonnent dans une prédication entièrement consacrée à agir sur l'Israël du Nord. Il est donc naturel d'y voir des adjonctions dues à un annotateur judéen postérieur, désireux d'annexer en quelque sorte Osée à son pays. Cet annotateur (qui était peut-être plusieurs) paraît avoir quelquefois ajouté des phrases entières, quelquefois substitué simplement le mot de Juda à celui d'Israël.

--Les chercheurs sont moins unanimes au sujet des fragments contenant des promesses, c'est-à-dire essentiellement les chap, 11 et 14. K. Marti et Cheyne, notamment, nient l'authenticité de ces passages qu'ils estiment impossibles à concilier avec les autres prophéties, toutes plus menaçantes les unes que les autres, d'Osée. Mais une telle logique paraît trop rigoureuse, et pas assez conforme à la réalité psychologique. D'une même âme, lorsqu'elle est passionnée comme celle d'Osée surtout, peuvent bien jaillir successivement les accents de l'indignation qui condamne et ceux de la tendresse qui espère. Des contrastes analogues se rencontrent chez Jérémie, dans l'épître aux Philippiens, dans l'Évangile lui-même. Selon ses dispositions intérieures du moment, selon les réactions de ses auditeurs, un prophète peut fort bien jeter à certains moments le feu et la flamme de la condamnation, et d'autres fois essayer d'obtenir la conversion de ses auditeurs par une prédication d'amour. Et par suite il n'y a pas lieu, sous prétexte qu'elles ne rendent pas le même son que les autres, de rejeter les paroles dites de promesses. Il convient seulement d'admettre que l'oracle eschatologique du chap. 14 n'est probablement pas à sa place chronologique. Il doit dater d'une période où la situation était moins grave que celle supposée par le chap. 13. On l'aura mis à la fin du livre pour que celui-ci, conformément à la règle générale, se termine sur une note d'espérance.

4.

Le message d'Osée.

On a dit souvent que, par opposition avec Amos, le prédicateur de la justice de Dieu, Osée était le chantre de l'amour divin. Cette affirmation est exacte, à condition toutefois de ne pas envisager l'amour divin sous le seul angle de la compassion, de l'indulgence et de la tendresse. Car le livre d'Osée fait entendre, dans la bouche de l'Éternel, des grondements d'indignation, des condamnations impitoyables, qui égalent et peut-être même dépassent tout ce qu'a pu exprimer Amos. Osée croit de toutes ses forces à l'amour de Dieu, mais comme il voit le plus souvent cet amour bafoué par les infidélités du peuple, il en résulte chez lui des explosions de colère qui n'effacent pas, mais parfois tendent à submerger les déclarations plus tendres. « L'amour de Dieu est une chose terrible. » Ces mots d'un de ses meilleurs commentateurs, G.A. Smith, rendent bien l'impression que donne la lecture du livre d'Osée. On pourrait aussi parler, ici plus que partout ailleurs, de la sainte jalousie (voir ce mot, parag. II) de Dieu à l'égard de sa créature. L'Eternel souffre et condamne parce qu'il aime.

--Ce message de l'amour divin indigné et souffrant était psychologiquement nécessaire au moment où il a retenti. Il fallait en effet que la prédication austère du Dieu juste apportée par Amos fût complétée. Mais comment eût-elle pu l'être sans danger si l'amour de Dieu avait été prêché uniquement sous sa forme indulgente et tendre ? Israël eût alors été ramené à sa conception ancienne d'un Dieu facile et toujours bienveillant pour son peuple. Au lieu qu'en entendant Osée, il apprend à connaître le véritable caractère de Dieu qui aime son peuple d'une manière inouïe, mais qui, précisément à cause de cela, exige de lui fidélité, ou du moins repentance sincère. --Pour exprimer les droits que l'amour de Dieu a sur Israël, Osée emploie diverses images, celle de la relation du père vis-à-vis de son fils (Os 11:1-4), celle du Créateur (Os 8:14), celle de l'Alliance (Os 6:7, cf. Os 8:1-12). Mais la parabole à laquelle il a recours le plus souvent, non seulement dans les chap. 1-3, mais aussi dans le reste du livre, c'est celle du mariage, de l'union conjugale qui unit deux êtres par le tréfonds de leur personne, et dont toute violation est un crime.

Dieu est l'époux d'Israël, et par conséquent toute infidélité à Dieu est un adultère, une prostitution. Inlassablement Osée revient sur cette pensée, interprétant à sa lumière le passé et le présent de la nation. Prostitution, l'adhésion au culte des Baals consentie par les Hébreux arrivant en Palestine sous le prétexte que c'était des Baals que venaient « le blé, le moût et l'huile » (Os 4:7). Prostitution, l'actuel culte des hauts-lieux (Os 4:13). Prostitution, l'adoration des idoles (Os 4 17 8:4 10:5 11:2) Prostitution, la mauvaise conduite et les paroles mensongères (Os 7:13). Maintes fois d'ailleurs la dénonciation de cette prostitution symbolique se mue en indignation contre la prostitution réelle qui était pratiquée jusque dans les lieux de culte et qui paraît à cette époque avoir une grande extension parmi le peuple (Os 4:12-14 ; [cf. le passage si profond où Osée montre les effets stérilisants de l'inconduite dans la vie des individus et de la nation, Os 9:10-14]). Ajoutons à tout cela la polémique ardente contre les alliances étrangères, considérées, elles aussi, comme une grave infidélité à l'Éternel (Os 5:13 7:11 8:9 10:4,6 12:2 14:3), et les attaques lancées contre la royauté débauchée et impie, qui a été établie sans le consentement de Yahvé et qui usurpe sa place (Os 7:3-7 8:4 13:10 ; [cf. aussi Os 9:9 10:9, si du moins, comme certains le pensent, l'expression : jour de Guibéa, se rapporte à la fondation de la royauté ; d'autres voient là plutôt une allusion au scandale de Jug 20:13 et suivants. M. Humbert, avec les LXX, fait de Guibéa un nom commun : les collines ; nous aurions alors ici une allusion au culte des hauts-lieux]).

Mentionnons encore les invectives contre les prêtres infidèles à leur mission et avides (Os 4:1,10 6:9), celles contre les prophètes trompeurs également (Os 4:5), et nous aurons une idée des principaux sujets d'indignation d'Osée. Toutes ces infidélités méritent un châtiment. Et la parole du prophète ne tarit pas quand elle décrit les catastrophes que le péché du peuple attirera sur lui. Le lion qui déchire (Os 5:14), l'aigle qui fond sur sa proie (Os 8:1), la tempête qui dévaste (Os 8:7), le filet de l'oiseleur (Os 9:8), la plante vénéneuse dans le sillon des champs (Os 10:4), le dur travail du labour (Os 10:11), les attaques de la panthère et de l'ourse (Os 13:7 et suivant), le vent d'orient qui dessèche (Os 13:15), la carie et la teigne qui rongent (Os 5:13), autant d'images qui lui servent à décrire la calamité qui, voulue de Dieu, va frapper l'Israël infidèle.

N'y a-t-il donc aucune espérance ? S'il n'y en avait aucune, l'Éternel ne serait pas un Dieu d'amour. A côté de l'indignation habite en lui une infinie tendresse pour le peuple qui est le sien. Et les plus beaux passages d'Osée sont ceux où il décrit, dans le passé et dans le présent, cette affection impénitente de Yahvé pour Israël. Comme un père, Yahvé a aimé son peuple au temps de sa jeunesse (Os 11:1), il a guidé ses premiers pas chancelants (Os 11:3). Comme un cultivateur qui use envers ses bêtes de tendres ménagements, Yahvé a aidé Israël dans les passages difficiles, il a relâché le joug qui lui faisait mal, il l'a abondamment nourri (Os 11:4). Maintenant encore, les épouvantables iniquités du peuple ne parviennent pas à empêcher le Dieu qui aime de sentir passer en lui les vagues de l'amour qui veut pardonner : « Mon coeur s'agite au dedans de moi ; toutes mes compassions sont émues. Non, je n'agirai pas selon mon ardente colère. Car je suis Dieu, et non pas homme... » (Os 11:9).

--Seulement, pour que la délivrance désirée par Dieu se produise, il faut que certaines conditions soient, par le peuple, réalisées. Profondément imbu des principes qui sont la gloire du prophétisme hébreu, Osée ne saurait laisser croire que Dieu puisse pardonner sans que le pécheur « revienne ». A de certains moments, ce retour d'Israël apparaît, chez notre prophète, comme conditionné par un nouveau séjour au désert (Os 2:9 3:3 12:10), et dans cette idée se manifeste la nostalgie des Israélites pieux pour lesquels le passé se partage en deux périodes, celle de Moïse, des tentes, des troupeaux et du culte sans cérémonial, qui est l'âge d'or de la foi ; et celle de la vie en Canaan, avec « le vin, le moût et l'huile » mais aussi avec les Baals, avec les sacrifices païens, avec les idoles. Osée se montre ici le frère spirituel des Naziréens et des Récabites, ces protestataires de l'idéal nomade, qui eurent sans aucun doute une grande influence pour le maintien de la foi yahviste.

Mais il suit aussi parfois une ligne moins archaïque. Il formule des exigences d'ordre moral qui s'apparentent avec celles d'Amos, et que reprendront les prophètes postérieurs : « Semez la justice, moissonnez la miséricorde ; défrichez-vous un champ nouveau ! » (Os 10:12, cf. Jer 4:3). Il donne, de la repentance qui devrait être celle du peuple, une description à la fois très actuelle de forme et éternelle d'inspiration : « Israël, reviens à l'Éternel ton Dieu... Apportez avec vous des paroles et revenez à l'Éternel. Dites : Pardonne-nous nos iniquités. Nous t'offrirons l'hommage de nos lèvres. L'Assyrien et la cavalerie de l'Egypte ne seront plus nos sauveurs. Et nous ne dirons plus à l'ouvrage de nos mains : Notre Dieu ! » (Os 14:1,3). Enfin, sous-jacente à toute la prédication d'Osée se trouve l'invitation pressante et mille fois répétée à connaître l'Éternel (Os 4:1,6 5:4 2:10-23 11:3 6:6 8:2). Cette connaissance n'est pas conçue uniquement comme quelque chose d'intellectuel ; c'est un attachement à l'Éternel, une intimité avec lui semblable à celle de l'amour conjugal, une obéissance à sa volonté, une vie selon son esprit. Car « Yahvé aime la piété et non les sacrifices, la connaissance de Dieu plus que les holocaustes » (Os 6:6). Malheureusement le peuple n'a pas cette connaissance.

Malgré ses prétentions et ses bons mouvements passagers, (Os 8:2) il ne sert pas Dieu de cette manière. Quand, sous le coup du malheur, il fait mine de revenir à l'Eternel, c'est une repentance superficielle qui se dissipe comme la rosée (Os 6:1,6). Et c'est pour cela que les menaces de mort se multiplient à l'horizon et que la destruction semble désormais inévitable. « Les rachèterai-je du séjour des morts ; les délivrerai-je de la mort ? O mort, où est ta peste ? O séjour des morts, où est ta destruction ? Plus de compassion ! » (Os 13:14 : c'est le passage cité, avec un sens tout à fait différent d'ailleurs, par saint Paul dans 1Co 15:55).

Toutes les données psychologiques et religieuses de la parabole de l'enfant prodigue se trouvent donc dans le message d'Osée. Mais on sent qu'à de certains moments il ne croît plus au retour possible, non pas par la faute du Père, mais par celle de l'absent. De là le son sauvage que rendent certaines pages de son livre. Il reste cependant que, sous une forme abrupte, ce livre est le premier qui ait révélé au monde la véritable réalité de l'Amour de Dieu. Dans l'activité de Jérémie, dans les évangiles, dans la 1 re ép. de Jean, retentiront des échos de cette parole et de cette expérience. Et Paul exprimera la pensée profonde de son lointain prédécesseur lorsqu'il écrira dans son épître aux Romains : « Ne_sais-tu pas que c'est la bonté de Dieu qui t'appelle à la repentance ? » (Ro 2:4). A. AL

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      Lévitique 1

      1 Le Seigneur appela Moïse ; de la tente de la rencontre, il lui ordonna
      2 de communiquer aux Israélites les prescriptions suivantes : « Quand l’un de vous veut offrir un animal en sacrifice au Seigneur, il peut le choisir dans un troupeau de gros ou de petit bétail.
      3 « S’il offre en sacrifice complet une tête de gros bétail, il doit prendre un taureau sans défaut : il le conduit à l’entrée de la tente de la rencontre, afin d’obtenir la faveur du Seigneur ;
      4 il pose la main sur la tête de l’animal, qui est ainsi accepté comme offrande pour obtenir le pardon ;
      5 il égorge l’animal devant le sanctuaire. Les prêtres, fils d’Aaron, présentent son sang au Seigneur, puis en aspergent les côtés de l’autel dressé à l’entrée de la tente.
      6 L’homme ôte la peau du taureau et le découpe en morceaux.
      7 Les prêtres allument du feu sur l’autel et y disposent des bûches ;
      8 au-dessus ils placent les morceaux de viande, avec la tête et les parties grasses.
      9 Les entrailles et les pattes de l’animal sont lavées, puis un des prêtres brûle le tout sur l’autel, en sacrifice entièrement consumé, dont le Seigneur apprécie la fumée odorante.
      10 « Si quelqu’un offre en sacrifice complet une tête de petit bétail, il doit prendre un bélier ou un bouc sans défaut :
      11 il l’égorge devant le sanctuaire, au nord de l’autel. Les prêtres, fils d’Aaron, aspergent de son sang les côtés de l’autel.
      12 L’homme découpe l’animal en morceaux, en détachant la tête et les parties grasses. Un des prêtres place tous ces morceaux sur les bûches enflammées de l’autel.
      13 Les entrailles et les pattes sont lavées. Le prêtre les présente alors au Seigneur, puis brûle le tout sur l’autel. C’est un sacrifice entièrement consumé, dont le Seigneur apprécie la fumée odorante.
      14 « Si quelqu’un offre un oiseau en sacrifice complet au Seigneur, il doit prendre une tourterelle ou un pigeon.
      15 Le prêtre apporte l’oiseau devant l’autel, détache sa tête et la brûle sur l’autel ; ensuite il fait couler son sang le long des côtés de l’autel.
      16 Il arrache le jabot avec son contenu et le jette à l’est de l’autel, là où sont déposées les cendres grasses.
      17 Après avoir fendu l’oiseau en deux, entre les ailes, mais sans séparer les deux moitiés, il le brûle sur les bûches enflammées de l’autel. C’est un sacrifice entièrement consumé, dont le Seigneur apprécie la fumée odorante. »

      Lévitique 13

      1 Le Seigneur dit à Moïse et à Aaron :
      2 « Quand une boursouflure, une dartre ou une tache luisante apparaît sur la peau d’un homme et prend l’aspect d’une forme de lèpre, on amène cet homme chez le prêtre Aaron ou chez l’un de ses descendants.
      3 Le prêtre examine la partie malade : si les poils y sont devenus blancs et qu’une cavité se forme dans la peau, c’est un cas de lèpre ; sitôt après l’examen, le prêtre déclare l’homme impur.
      4 S’il s’agit d’une tache luisante et blanche, sans cavité dans la peau et sans poil blanc, le prêtre met le malade à l’isolement pour une semaine.
      5 Le septième jour, il refait un examen : s’il constate que la tache n’a pas changé et ne s’est pas étendue sur la peau, il met le malade à l’isolement pour une deuxième semaine.
      6 A la fin de celle-ci, il procède à un nouvel examen : si la tache s’est ternie et ne s’est pas étendue sur la peau, le prêtre déclare l’homme pur ; c’est une simple dartre. L’homme doit seulement laver ses vêtements pour être pur.
      7 Mais si la dartre prend de l’extension après que le prêtre a examiné l’homme et l’a déclaré pur, celui-ci retourne chez le prêtre.
      8 Le prêtre l’examine une nouvelle fois : lorsqu’il constate que la dartre s’est étendue sur la peau, il déclare l’homme impur ; c’est une forme de lèpre.
      9 « Quand un homme est atteint d’une forme de lèpre, on l’amène chez le prêtre.
      10 Le prêtre l’examine : s’il y a une boursouflure blanche sur la peau, avec des poils blancs et de la chair à vif,
      11 il s’agit d’un cas de lèpre chronique ; le prêtre déclare l’homme impur. Il est inutile de le mettre en observation à l’isolement, car il est manifestement impur.
      12 Par contre si le prêtre a l’impression qu’une éruption de boutons recouvre tout le corps de l’homme, de la tête aux pieds,
      13 il procède à un examen approfondi. S’il constate que les boutons s’étendent effectivement sur tout le corps, il déclare que ce mal ne rend pas impur ; l’homme est pur puisque tout son corps est devenu blanc.
      14 Mais le jour où apparaît sur lui de la chair vive, l’homme devient impur :
      15 le prêtre examine l’endroit où la chair est à vif et déclare l’homme impur. La chair vive est impure, elle résulte d’une forme de lèpre.
      16 Si l’endroit où la chair est à vif redevient blanc, l’homme retourne chez le prêtre ;
      17 celui-ci l’examine et s’il constate que la plaie est effectivement redevenue blanche, il déclare qu’elle ne rend plus impur et que l’homme est donc pur.
      18 « Quand un homme a eu un furoncle qui a guéri,
      19 si une boursouflure blanche ou une tache d’un blanc rougeâtre apparaît à l’emplacement du furoncle, l’homme va trouver le prêtre.
      20 Celui-ci examine la partie malade : si une cavité se forme dans la peau et que les poils y deviennent blancs, le prêtre déclare l’homme impur ; c’est une forme de lèpre qui se développe sur la cicatrice du furoncle.
      21 Mais si, lors de l’examen, le prêtre ne trouve pas de poil blanc, si la cicatrice ne forme pas de cavité dans la peau et qu’elle est terne, il met le malade à l’isolement pour une semaine.
      22 Après quoi, si le mal s’est étendu sur la peau, le prêtre déclare l’homme impur ; c’est une forme de lèpre.
      23 Mais si la tache n’a pas changé et ne s’est pas étendue, c’est alors simplement la cicatrice du furoncle, et le prêtre déclare l’homme pur.
      24 « Quand un homme a été brûlé et qu’une tache luisante et blanche ou d’un blanc rougeâtre se forme à l’endroit de la brûlure,
      25 le prêtre examine la partie malade : si les poils y sont devenus blancs et qu’une cavité apparaît dans la peau, c’est une forme de lèpre qui se développe à l’emplacement de la brûlure et, par conséquent, le prêtre déclare l’homme impur.
      26 Mais si, lors de l’examen, le prêtre ne trouve pas de poil blanc, si la tache ne forme pas de cavité dans la peau et qu’elle est terne, il met le malade à l’isolement pour une semaine.
      27 Si, le septième jour, le prêtre constate que le mal s’est étendu sur la peau, il déclare l’homme impur ; c’est une forme de lèpre.
      28 Par contre si la tache n’a pas changé, si elle ne s’est pas étendue mais qu’elle s’est ternie, c’est une simple boursouflure due à la brûlure. Le prêtre déclare l’homme pur, car il s’agit seulement de la cicatrice de la brûlure.
      29 « Quand un homme ou une femme est atteint d’une maladie de la peau sur la tête ou au menton,
      30 le prêtre examine la partie malade : si une cavité apparaît dans la peau, avec du poil jaunâtre et clairsemé, le prêtre déclare la personne impure ; c’est la teigne, qui attaque la peau sur la tête ou au menton.
      31 Mais si, lors de l’examen, le prêtre remarque qu’il n’y a pas de cavité dans la peau, et qu’il n’y a cependant pas de poil foncé, il met le malade à l’isolement pour une semaine.
      32 Si, le septième jour, le prêtre constate par un nouvel examen que le mal ne s’est pas étendu, qu’il n’y a pas de poil jaunâtre ni de cavité dans la peau,
      33 le malade doit se raser la tête, sauf la partie atteinte, puis le prêtre le met à l’isolement pour une deuxième semaine.
      34 A la fin de celle-ci, il procède à un nouvel examen de la partie atteinte : si le mal ne s’est pas étendu sur la peau et ne forme pas de cavité, le prêtre déclare la personne pure. Elle doit seulement laver ses vêtements pour être pure.
      35 Mais si la teigne prend de l’extension après que le prêtre a déclaré cette personne pure,
      36 le prêtre refait un examen : si la teigne s’est effectivement étendue sur la peau, le prêtre n’a pas besoin de rechercher s’il y a des poils jaunâtres, car l’homme est manifestement impur.
      37 Si par contre la partie atteinte n’a visiblement pas changé d’aspect et si des poils foncés y repoussent, c’est que le mal est guéri et que la personne est pure. Alors le prêtre la déclare pure.
      38 « Quand un homme ou une femme voit apparaître sur sa peau des taches blanches,
      39 le prêtre l’examine : si les taches sont d’un blanc terne, la maladie qui s’est développée n’est pas grave et la personne reste pure.
      40 « Quand un homme perd ses cheveux et devient chauve, il reste pur.
      41 S’il perd ses cheveux sur le devant et a le front dégarni, il reste également pur.
      42 Mais si dans la partie chauve au sommet du crâne ou sur le front, apparaît une affection de la peau d’un blanc rougeâtre, c’est une forme de lèpre qui s’y développe.
      43 Le prêtre l’examine : s’il trouve dans la partie chauve des boursouflures d’un blanc rougeâtre, ressemblant à la lèpre,
      44 l’homme est atteint d’une forme de lèpre et il est impur ; le prêtre le déclare impur, à cause du mal dont il est atteint à la tête.
      45 « Il faut que l’homme atteint de lèpre porte des vêtements déchirés, ne se coiffe pas et se couvre le bas du visage ; il doit crier : “Impur ! Impur !”
      46 Il est impur aussi longtemps qu’il est atteint de son mal ; c’est pourquoi il doit avoir sa demeure à l’écart des autres gens, en dehors du camp. »
      47 « Quand des taches de moisissures apparaissent sur des vêtements de laine ou de lin,
      48 sur des étoffes ou des tricots de laine ou de lin, sur des peaux ou des objets en cuir,
      49 si ces taches sont verdâtres ou rougeâtres, il s’agit de moisissures qu’on doit faire examiner par un prêtre.
      50 Le prêtre, après examen, garde l’objet taché sous clé pendant une semaine.
      51 Le septième jour, il refait un examen : si la tache s’est étendue sur l’objet, il s’agit d’une moisissure qu’on ne peut pas éliminer ; l’objet est impur.
      52 Le prêtre brûle alors le vêtement, l’étoffe, le tricot, en laine ou en lin, ou l’objet en cuir. Puisqu’on ne peut pas éliminer la moisissure, l’objet doit être détruit par le feu.
      53 Mais si, lors de l’examen, le prêtre constate que la tache ne s’est pas étendue sur l’objet,
      54 il ordonne qu’on lave celui-ci, puis il le remet sous clé une deuxième semaine.
      55 Lorsqu’il l’examine de nouveau, après lavage, s’il constate que la tache n’a pas changé d’aspect, même si elle ne s’est pas étendue, l’objet est tenu pour impur ; on doit le brûler, que la moisissure le ronge à l’endroit ou à l’envers.
      56 Mais si, lors de l’examen, le prêtre constate que la tache a pâli après avoir été lavée, il se borne à découper la partie tachée du vêtement, de la peau, de l’étoffe ou du tricot.
      57 Si plus tard la tache reparaît sur le vêtement, l’étoffe, le tricot ou l’objet en cuir, c’est que la moisissure s’y développe de nouveau. On brûle alors l’objet taché.
      58 « Lorsqu’on a lavé un objet atteint de moisissure, vêtement, étoffe, tricot ou objet en cuir, et que la tache a disparu, il faut le laver une seconde fois pour qu’il soit pur. »
      59 Telles sont les instructions concernant les taches de moisissure qui apparaissent sur des vêtements de laine ou de lin, sur des étoffes, des tricots, ou des objets en cuir ; ces instructions permettent de déclarer si l’objet atteint est pur ou impur.

      Juges 20

      13 Livrez-nous maintenant les coupables, les voyous de Guibéa, nous les mettrons à mort et nous ferons ainsi disparaître le mal du peuple d’Israël. » Mais les Benjaminites ne voulurent pas écouter leurs compatriotes israélites.

      Jérémie 4

      3 Voici ce que déclare le Seigneur aux gens de Juda et de Jérusalem : Défrichez-vous un champ nouveau, cessez de semer parmi les ronces.

      Lamentations 1

      1 Hélas ! la voilà toute seule, la cité autrefois si fréquentée ! Elle, si renommée parmi les nations, la voilà comme veuve. Hier princesse dominant les provinces, la voilà réduite au travail des esclaves.
      2 Elle passe la nuit à pleurer, ses joues ruissellent de larmes. Parmi tous ses amis, plus personne pour la réconforter. Tous ses amis l’ont abandonnée, ils sont maintenant des ennemis pour elle.
      3 Accablée de misère et du pire esclavage, la tribu de Juda part en déportation. Elle vit chez les païens, mais sans trouver où se fixer. Ceux qui la poursuivaient l’ont rejointe en la coinçant dans une impasse.
      4 Les chemins qui vont à Sion sont dans le deuil, délaissés par ceux qui venaient à la fête. Ses places publiques sont désertées, ses prêtres soupirent de découragement. Ses jeunes filles sont désespérées. Que tout cela est amer pour Sion !
      5 Ses ennemis ont eu le dessus, ses adversaires sont tranquilles. C’est le Seigneur qui l’afflige pour ses nombreuses désobéissances. Ses jeunes enfants, poussés par les vainqueurs, partent vers la captivité.
      6 Sion voit s’en aller tout ce qui faisait sa gloire. Ses ministres font penser à des cerfs qui n’ont rien trouvé à brouter, et s’enfuient à bout de forces devant le chasseur.
      7 En ces jours où elle est errante et humiliée, Jérusalem se rappelle tout ce qu’elle avait de précieux depuis si longtemps. Quand son peuple est tombé aux mains de l’ennemi, sans personne pour lui porter secours, ses vainqueurs ont trouvé amusant de la voir ainsi réduite à rien.
      8 Jérusalem a commis des fautes graves, c’est pourquoi elle provoque le dégoût. Ceux qui la respectaient la méprisent, maintenant qu’ils la voient toute nue. Elle n’a plus qu’à se retirer en poussant des soupirs.
      9 Sa robe porte les traces de sa souillure. Elle n’avait pas prévu ce qui arriverait, et la voilà surprise d’être ainsi déchue, sans personne pour la réconforter. « Seigneur, dit-elle, vois ma misère, vois comme mon ennemi est triomphant. »
      10 Les vainqueurs ont fait main basse sur tous ses trésors. Elle a même vu les païens pénétrer dans son sanctuaire. Tu avais pourtant interdit, Seigneur, qu’ils prennent place dans ton assemblée.
      11 Son peuple soupire, découragé, cherchant quelque chose à manger. Il a donné ce qu’il avait de plus précieux pour du pain, pour refaire ses forces. « Seigneur, prie-t-elle, regarde et vois à quel point je suis méprisée. »
      12 Vous tous qui passez par ici, ce malheur ne vous a pas touchés ; regardez et constatez : il n’y a pas de souffrance comparable à celle que je subis, à celle que le Seigneur m’a infligée, le jour où sa colère a éclaté.
      13 De là-haut, il a envoyé un feu et l’a fait pénétrer en moi. Il a tendu un piège sous mes pas et m’a renversée en arrière. Il m’a complètement isolée, j’en suis malade tous les jours.
      14 Il a l’œil sur mes fautes, elles forment comme un nœud dans sa main, elles montent jusqu’à mon cou. Le Seigneur a paralysé mes forces, il m’a livrée aux mains d’adversaires contre lesquels je ne peux rien.
      15 Le Seigneur a rejeté dans le mépris tous les vaillants soldats que j’avais chez moi. Il a mobilisé une armée contre moi, pour écraser mes jeunes gens. Il m’a écrasée, moi Sion de Juda, comme du raisin au pressoir.
      16 C’est sur ce malheur que je pleure toutes les larmes de mon corps. Il est loin, celui qui peut me réconforter et me rendre la force de vivre. Mes enfants sont perdus pour moi, l’ennemi était trop fort.
      17 Sion a beau tendre les mains en suppliant, personne pour la réconforter. Sur l’ordre du Seigneur, les voisins d’Israël sont devenus ses adversaires. Parmi eux, Jérusalem ne provoque plus que du dégoût.
      18 Le Seigneur a eu raison d’agir ainsi, car je m’étais opposée à ses ordres. Vous tous qui êtes ici, écoutez bien, et regardez ma souffrance : mes jeunes filles et mes jeunes gens partent vers la captivité.
      19 J’ai appelé ceux qui m’aimaient, pourtant ils m’ont laissée tomber. Mes prêtres et mes conseillers ont expiré dans la ville, alors qu’ils cherchaient quelque chose à manger pour refaire leurs forces.
      20 Seigneur, vois dans quelle détresse je suis, et quelle émotion me brûle. J’ai le cœur tout retourné de t’avoir été rebelle à ce point. Dans la rue, l’épée m’a privée de mes enfants, à la maison, on se croirait chez les morts.
      21 On m’entend soupirer : personne pour me réconforter. Mes ennemis ont tous appris mon malheur, ils sont ravis de ce que tu m’as infligé. Tu as fait lever le jour annoncé. Qu’ils aient le même sort que moi !
      22 Regarde bien leur méchanceté et traite-les comme tu m’as traitée pour toutes mes désobéissances. Tu vois, je ne fais que soupirer, j’en ai le cœur malade.

      Osée 1

      5 Un de ces jours, je briserai la force militaire d’Israël dans la plaine de Jizréel. »
      6 Gomer, de nouveau enceinte, mit au monde une fille. Et le Seigneur dit à Osée : « Tu l’appelleras Mal-Aimée, car je cesse d’aimer les gens d’Israël. Je leur retire tout mon amour.
      7 « Mais je continue d’aimer les gens de Juda. Au contraire, moi le Seigneur leur Dieu, je les sauverai, et cela sans recourir ni à l’arc ou à l’épée, ni aux combats, ni aux chevaux ou aux cavaliers. »
      9 Et le Seigneur dit à Osée : « Tu l’appelleras Étranger car vous, les gens d’Israël, vous n’êtes pas mon peuple, et moi je ne suis rien pour vous. »

      Osée 2

      1 Mais un jour les gens d’Israël seront devenus trop nombreux pour être recensés, tels les grains de sable impossibles à compter sur le bord de la mer. Et là même où Dieu leur disait : “Vous n’êtes pas mon peuple”, il les nommera au contraire : “Fils du Dieu vivant”.
      8 « Mais moi, le Seigneur, je vais lui barrer la route par une haie d’épines ; je vais l’entourer d’un mur pour l’empêcher désormais de trouver son chemin.
      9 C’est en vain qu’elle essaiera de rejoindre ses amants ; elle cherchera à les atteindre, mais sans le moindre succès. Alors elle se dira : “Il faut que je revienne à mon premier mari, car j’étais heureuse alors, bien plus qu’aujourd’hui !”
      10 « Elle ne se rendait pas compte que c’est moi qui lui donnais le blé, le vin et l’huile fraîche ; c’est moi qui l’enrichissais de l’argent et de l’or dont elle s’est servie pour Baal.
      15 Je lui ferai payer ainsi le temps qu’elle consacrait à Baal et aux dieux de cette espèce. Elle leur offrait des sacrifices, se parait d’anneaux et de colliers, elle courait après ses amants, et moi, elle m’oubliait, déclare le Seigneur.
      21 Israël, c’est pour toujours que je t’obtiendrai en mariage. Pour t’obtenir je paierai le prix : la loyauté et la justice, l’amour et la tendresse.

      Osée 3

      3 Et je lui dis : « Pendant longtemps tu resteras chez moi, et tu renonceras à pratiquer la prostitution. Tu devras renoncer à tout rapport amoureux, et moi, j’y renoncerai de même à ton égard. »

      Osée 4

      1 Le Seigneur est en procès contre les habitants du pays. Gens d’Israël, écoutez donc ce qu’il déclare : « Il n’y a plus ici ni fidélité ni bonté. On ne me reconnaît plus comme Dieu.
      5 Tu vas trébucher en plein jour, et ton compère, le prophète, trébuchera lui aussi dans la nuit. Je réduirai ta mère au silence éternel.
      6 Oui, mon peuple est réduit au silence faute de me reconnaître. Mais toi-même déjà, tu n’as pas voulu me reconnaître. C’est pourquoi je ne veux plus de toi, tu ne seras plus mon prêtre. Puisque tu as oublié l’enseignement de ton Dieu, moi, j’oublierai tes enfants.
      7 « Tous les prêtres sans exception ont d’ailleurs dévié de la ligne que je leur avais tracée. Leur fonction est honorée, je vais la rendre déshonorante.
      10 Ils auront beau manger, ils ne se rassasieront pas ; ils auront beau se prostituer, ils n’auront pas d’enfants. Oui, ils m’ont abandonné, moi, le Seigneur, pour pratiquer la prostitution.
      12 Il demande des réponses à une idole de bois ; c’est un bout de bâton qui lui fait des révélations ! Un vent de prostitution a soufflé sur eux et les a égarés. Ils se sont prostitués en se séparant de leur Dieu.
      13 Ils font des repas sacrés sur le sommet des montagnes. Sur les collines, ils font monter la fumée de leurs sacrifices. Ils se tiennent sous les chênes, les peupliers, les térébinthes, dont l’ombre est si favorable. C’est pour toutes ces raisons que leurs filles et leurs belles-filles se prostituent et vivent dans l’adultère.
      14 Mais je ne punirai pas vos filles de s’être prostituées, ni vos belles-filles de vivre dans l’adultère. Car ce sont eux – les prêtres – qui emmènent des filles à l’écart, et partagent les repas sacrés avec les prostituées de vos temples. Comme dit le proverbe : “Un peuple sans discernement est un peuple perdu.”
      15 « Ainsi donc, Israël, tu pratiques la prostitution. Mais que Juda, au moins, ne commette pas la même faute ! N’allez pas au lieu saint du Guilgal, ne montez pas à Béthel-l’enfer, ne jurez pas en disant : “Par le Seigneur vivant... !” »
      17 Les gens d’Éfraïm se sont compromis avec les idoles. Laissez-les

      Osée 5

      4 Ce que les gens d’Israël ont fait ne leur permet pas de revenir à leur Dieu. Un vent de prostitution souffle en effet parmi eux, ils ne reconnaissent pas le Seigneur.
      5 L’orgueil du peuple d’Éfraïm témoigne contre lui. Éfraïm et Israël trébuchent sur leur propre crime. Même Juda trébuche avec eux.
      10 Les chefs de Juda se comportent comme des gens qui déplacent les bornes de leur champ. Mais je déverserai sur eux le flot de ma colère.
      12 Moi, je suis maintenant pour lui comme un abcès purulent, et pour les gens de Juda comme un ulcère infectieux.
      13 Éfraïm a reconnu son mal et Juda la gravité de son cas. Alors Éfraïm s’est adressé à l’Assyrie, il a envoyé une mission auprès du Grand Roi. Mais celui-ci est incapable de remédier à votre mal et de vous guérir, gens d’Éfraïm.
      14 Car c’est moi, le Seigneur, qui vous attaque, tel un lion, et qui assaille Juda, tel une bête féroce. Quand je saisis ma proie et m’en vais en l’emportant, personne n’est capable de me l’arracher. »

      Osée 6

      1 Alors vous dites : « Allons, revenons au Seigneur. C’est lui qui a fait la blessure, mais il nous guérira. C’est lui qui nous a frappés, mais il bandera nos plaies
      3 Alors reconnaissons-le comme Dieu. Oui, tâchons vraiment de reconnaître le Seigneur. Son intervention est certaine comme la venue de l’aurore. Il viendra jusqu’à nous comme la pluie d’hiver ou la pluie du printemps, qui rafraîchit la terre. »
      4 Mais le Seigneur vous répond : « Que faire pour toi, Éfraïm ? et pour toi, Juda ? L’affection que vous me portez est comme un nuage matinal ou comme la rosée : elle est si vite dissipée !
      6 Qu’on agisse avec bonté : voilà ce que je désire plutôt que des sacrifices ; et qu’on me reconnaisse comme Dieu, plutôt que de consumer des animaux sur l’autel. »
      7 « Mais vous, à Adam-la-Ville, vous avez violé vos engagements ; c’est là que vous m’avez trahi.
      9 Comme des brigands en embuscade, une bande de prêtres assassine les gens sur le chemin de Sichem. C’est une chose horrible !
      11 « Pour toi aussi, Juda, on prépare la moisson. » « Au moment où je désire rétablir mon peuple,

      Osée 7

      1 dit le Seigneur, quand je veux guérir Israël, les crimes des gens d’Éfraïm, les méfaits de ceux de Samarie m’apparaissent à nouveau. Ils pratiquent l’escroquerie, les voleurs entrent dans les maisons, les brigands sévissent dans les rues.
      2 Et personne ne se dit que je suis conscient du mal qu’ils font. Maintenant les voilà prisonniers de leurs propres méfaits. J’ai tout cela sous les yeux.
      3 Ils cachent leurs méchants complots en amusant roi et ministres.
      4 Tous ils pratiquent l’adultère. Ils sont comme un four surchauffé que le boulanger ne surveille plus depuis qu’il a pétri la pâte et jusqu’à ce qu’elle ait levé.
      5 Le jour où on fête notre roi, les ministres se rendent malades par la brûlure du vin ; le roi tend la main aux moqueurs,
      6 quand ils s’approchent. Dans leur ruse ils sont comme un four : toute la nuit leur colère sommeille ; le matin elle s’enflamme comme un grand incendie.
      7 Tous échauffés comme un four ils éliminent leurs dirigeants. Leurs rois tombent les uns après les autres, sans que personne fasse appel à moi.
      8 « Éfraïm est contaminé par les autres peuples. On dirait une galette qui n’a pas été retournée.
      9 Des étrangers sucent ses forces, et lui ne s’en aperçoit pas. Il a déjà des cheveux blancs mais ne s’en rend pas compte.
      10 L’orgueil du peuple d’Israël témoigne contre lui. Israël n’est pas revenu vers moi, le Seigneur son Dieu. Dans tous ces événements on ne m’a pas consulté.
      11 Éfraïm est un pigeon aussi naïf qu’irréfléchi : il fait appel à l’Égypte, puis il se rend en Assyrie.
      12 Mais pendant qu’il y va, je lance mon filet sur lui, je le fais tomber comme un oiseau, et je le corrige comme je l’ai annoncé à son assemblée.
      13 « Malheureusement pour eux, les gens d’Éfraïm me fuient. C’est la catastrophe pour eux, car ils sont révoltés contre moi. Et moi, je devrais les libérer, alors qu’ils mentent dès qu’ils me parlent !
      14 Ils ne sont pas sincères quand ils m’appellent à leur secours. Mais ils se couchent en gémissant, ils s’entaillent le corps, dans l’espoir d’obtenir de meilleures moissons, de meilleures vendanges. Ils se détournent ainsi de moi.
      15 Et cependant c’est moi qui leur avais donné des forces ! Mais ils n’ont eu envers moi que de mauvaises pensées.
      16 S’ils reviennent à quelqu’un, ce n’est pas à moi. Ils sont décevants comme un arc faussé. Leurs chefs tomberont à la guerre pour leurs paroles insolentes, et l’on en rira bien en Égypte ! »

      Osée 8

      1 Sonnez du cor, donnez l’alarme : comme un vautour le malheur s’abat sur le pays du Seigneur. « C’est que les gens d’Israël ont violé les engagements qui les liaient à moi, dit le Seigneur ; ils se sont opposés à mon enseignement.
      2 Ils ont beau me crier : “Mon Dieu, nous sommes Israël, nous te reconnaissons, nous !”
      3 Ils ont rejeté ce qui est bien. Alors l’ennemi les met en fuite.
      4 Ils établissent des rois, mais sans demander mon avis. Ils nomment des ministres, mais sans me mettre au courant. Ils prennent leur argent, leur or, pour se faire des idoles. Bon moyen de le perdre !
      5 Gens de Samarie, votre veau est répugnant. Vous avez provoqué mon indignation. Jusqu’à quand resterez-vous impunis ?
      6 Votre veau ne provient que d’Israël, c’est un artisan qui l’a fait, il n’a rien d’un dieu. Oui, le veau de Samarie volera en éclats.
      7 Puisque vous semez le vent, vous récolterez la tempête. Comme dit le proverbe : “A blé sans épi, point de farine”. Et s’il en donne tout de même, ce sont des étrangers qui la consommeront.
      8 « Israël s’est fait dévorer. Le voici parmi les peuples comme un pot dont on ne veut plus.
      9 Il a pris l’initiative de se rendre en Assyrie. Un âne sauvage garde son indépendance, mais les gens d’Éfraïm s’achètent des amants !
      10 Malgré tous les cadeaux qu’ils font aux autres peuples, le moment est venu où je vais les rassembler. Et d’ici peu ils souffriront sous la charge que le roi des princes fera peser sur eux.
      11 Éfraïm a dressé d’innombrables autels, et ceux-ci n’ont servi qu’à les rendre plus coupables. – Des autels pour se rendre coupable ! –
      12 J’aurais beau rédiger pour lui mes instructions par milliers, il n’en tiendrait aucun compte.
      14 « Israël s’est construit des palais, oubliant ainsi son Créateur. Juda, de son côté, a fortifié quantité de villes. Mais je mettrai le feu à ses villes, le feu dévorera leurs belles maisons. »

      Osée 9

      7 Le moment est venu où le Seigneur interviendra. Oui, le moment est venu pour le règlement des comptes. Israël doit le savoir. « Le prophète est fou, dites-vous, l’homme inspiré divague. » Eh bien oui, mais c’est l’effet de vos innombrables crimes et de la violente hostilité que vous lui manifestez.
      8 Celui qui veille pour Éfraïm est avec mon Dieu – c’est le prophète. – Or on lui tend des pièges partout où il va. Dans la maison de son Dieu il ne rencontre qu’hostilité.
      9 Vous êtes allés jusqu’au fond du mal comme jadis à Guibéa. Mais le Seigneur n’oublie pas vos crimes, il punira vos fautes.
      10 « Autrefois, dit le Seigneur, Israël m’était apparu comme des raisins qu’on trouverait en plein désert. J’avais découvert vos ancêtres comme la toute première figue qu’on aperçoit sur un figuier. Mais à peine arrivés à Beth-Péor, ils se consacraient à Baal-la-Honte et devenaient du même coup aussi détestables eux-mêmes que leur nouvel amant.
      11 La gloire des gens d’Éfraïm va s’envoler maintenant comme une volée de moineaux : il n’y aura plus de naissances, plus d’enfants attendus, plus même d’enfants conçus !
      12 Et même s’ils arrivent à en élever quelques-uns, je les en priverai pour qu’il ne reste personne. Quand je leur tournerai le dos, eh bien, tant pis pour eux !
      13 Éfraïm, tel que je le vois, fait de ses enfants un gibier pour la chasse : il les laisse partir au-devant du tueur. »
      14 Seigneur, s’il faut une sanction, laquelle choisir ? Rends leurs femmes incapables d’avoir des enfants et d’allaiter !

      Osée 10

      1 Une vigne prospère, qui produisait beaucoup : voilà ce qu’était Israël. Mais plus il était florissant, plus il multipliait les autels ; plus son pays prospérait, plus il dressait de somptueuses pierres sacrées.
      4 Ils tiennent des palabres, ils font de faux serments, ils concluent des alliances, mais le droit n’est plus pour eux qu’une herbe vénéneuse poussant dans un champ labouré.
      5 Les habitants de Samarie honorent une sorte de veau qui se trouve à Béthel-l’enfer. Son peuple et ses prétendus prêtres mènent grand deuil devant lui. Ils peuvent bien acclamer sa gloire : elle est perdue pour lui !
      6 Car lui aussi on l’emmènera jusqu’en Assyrie en cadeau pour le Grand Roi. Éfraïm en sera humilié, Israël se mordra les doigts d’avoir choisi cette politique.
      9 « Depuis l’affaire de Guibéa Israël manque à son devoir ; il n’a pas changé. N’est-il pas normal que la guerre atteigne ces criminels à Guibéa précisément ?
      11 « Une génisse bien dressée, qui aimait travailler à battre le blé : voilà ce qu’était Éfraïm. Et moi, quand j’ai découvert son cou si bien musclé, j’ai voulu l’atteler : ainsi Juda ferait le labour et Israël tirerait la herse.
      12 Semez ce qui est juste, vous récolterez la bonté ; défrichez-vous un champ nouveau : le moment est venu pour vous de vous tourner vers moi, le Seigneur, jusqu’à ce que je vienne répandre sur vous le salut.

      Osée 11

      1 « Quand Israël était jeune, je me suis mis à l’aimer, dit le Seigneur, et je l’ai appelé, lui mon fils, à sortir d’Égypte. »
      2 – Mais ensuite, plus on les appelait, plus ils s’éloignaient. Mon peuple offre des sacrifices à Baal et aux dieux de cette espèce, il brûle des offrandes en l’honneur des idoles.
      3 « C’est pourtant moi qui avais guidé les premiers pas d’Éfraïm et l’avais porté dans mes bras. Mais il n’a pas reconnu que je prenais soin de lui.
      4 Je le dirigeais avec ménagement, lié à lui par l’amour. J’étais pour lui comme une mère qui soulève son petit enfant tout contre sa joue. Je me penchais vers lui pour le faire manger.
      5 « Le peuple d’Israël ne reviendra pas en Égypte, mais ce sera l’Assyrie qui dominera sur lui. Car il a refusé de revenir à moi.
      6 C’est pourquoi la guerre fait rage dans ses villes et détruit ses défenses, elle engloutit tout. Tel est le résultat de la politique d’Israël.
      7 Mon peuple s’accroche à sa trahison ; on l’appelle à se relever, mais sans le moindre succès.
      8 « Pourtant comment peut-on imaginer que je t’abandonne, Éfraïm, que je te trahisse, Israël ? Comment pourrais-je en venir à te traiter comme les villes d’Adma et de Seboïm ? Une telle décision me bouleverserait, l’émotion serait trop forte.
      9 Ce n’est pas mon indignation qui aura le dernier mot, et je ne reviendrai pas à l’idée de détruire Éfraïm. Car je ne suis pas homme, je suis Dieu, moi. Chez toi, Éfraïm, je suis le Dieu unique, et je ne viens pas pour montrer ma fureur. »
      10 Les exilés avancent en suivant le Seigneur, qui rugit comme un lion. A ses rugissements ses fils arrivent tout excités d’au-delà de la mer.
      11 Ils arrivent aussi d’Égypte comme une volée de moineaux, et de l’Assyrie, comme un vol de colombes. « Je les ramène dans leur patrie », dit le Seigneur.

      Osée 12

      1 Le peuple d’Éfraïm m’entoure de déloyauté ; la nation d’Israël forme tout autour de moi un cercle de trahison. Et Juda est encore indécis envers Dieu, il reste fidèle aux dieux païens.
      2 Éfraïm livre de l’huile aux Égyptiens. Il cultive ainsi des amis qui ne sont que du vent. Et c’est un vent desséchant qu’il poursuit tous les jours en concluant un pacte avec les Assyriens ! Il multiplie les mensonges et les actes de violence.
      10 Eh bien, moi le Seigneur, moi qui suis ton Dieu depuis que tu étais en Égypte, je vais te ramener à la vie des nomades, comme au temps de notre rencontre.

      Osée 13

      1 Quand Éfraïm parlait, tout le monde avait peur. Il dominait en Israël. Mais il s’est rendu coupable d’adorer le dieu Baal, ce qui lui a été fatal.
      2 Et maintenant voilà ces gens qui s’obstinent dans leur faute : avec leur argent ils se moulent des statuettes, des idoles de leur invention. Ce n’est là qu’œuvres d’artisan, et c’est à leur sujet qu’ils disent : « On doit leur offrir des sacrifices ! » Des hommes adorent des veaux !
      3 C’est pourquoi, comme un nuage matinal, ces gens disparaîtront, rosée vite dissipée, brins de paille envolés loin de l’aire où l’on bat le blé, ou fumée qui s’échappe par l’ouverture du toit.
      4 « Israël, depuis ta sortie d’Égypte, je suis le Seigneur ton Dieu. Un autre Dieu que moi, tu n’en connais pas, et il n’existe pas d’autre sauveur que moi.
      5 C’est moi qui étais ton intime quand tu étais au désert, au pays de la sécheresse.
      6 A peine au pâturage, tu as pu calmer ta faim ; mais une fois rassasié, tu t’es gonflé d’orgueil. C’est pourquoi tu m’as oublié.
      7 Alors je suis devenu comme un lion pour vous tous, comme une panthère embusquée sur le chemin.
      8 Je vous attaque comme une ourse à qui l’on a pris son petit, je vous déchire la poitrine. Comme une lionne je vous dévore, et les bêtes sauvages mettront en pièces vos cadavres.
      9 « Israël, ce qui te perd, c’est que tu es contre moi, contre celui qui t’apporte du secours.
      10 Ton roi, qu’est-il devenu, où est celui qui devait te sauver ? Dans toutes tes villes, où sont ceux qui devaient te diriger ? C’est toi qui m’avais demandé : “Donne-moi un roi et des chefs.”
      11 Je t’ai donc donné des rois, mais par colère contre toi ; et je te les ai repris, tant j’étais indigné.
      12 « Les torts du peuple d’Éfraïm sont bien enregistrés ; les preuves de sa faute ont été mises en lieu sûr.
      13 Pour lui les douleurs surviennent comme lors d’une naissance. Mais c’est un enfant stupide : quand le moment est venu, il refuse de sortir du ventre maternel.
      14 Et moi, le Seigneur, je devrais arracher ces gens aux griffes de la mort, les délivrer du monde des morts ? Mort, où sont tes armes ? Mort, montre ton pouvoir mortel ! Mon œil se ferme à la pitié.
      15 Tandis qu’Éfraïm prospère parmi ses frères, le vent desséchant se lève, il arrive du désert. C’est le Seigneur qui l’envoie. Alors la source tarit, la fontaine est à sec. On emporte le trésor, tout ce qui est précieux.

      Osée 14

      1 Les habitants de Samarie devront bien supporter les conséquences de leur faute, car ils sont en révolte contre leur Dieu. Ils tomberont morts à la guerre, leurs enfants seront écrasés, leurs femmes enceintes éventrées. »
      3 Revenez au Seigneur en lui apportant ces paroles : « Pardonne tout notre crime. Reçois favorablement, plutôt que des taureaux, ce que nous déclarons :

      Romains 2

      4 Ou bien méprises-tu la grande bonté de Dieu, sa patience et sa générosité ? Ne sais-tu pas que la bonté de Dieu doit t’amener à changer de comportement ?

      1 Corinthiens 15

      55 « Mort, où est ta victoire ? Mort, où est ton pouvoir de tuer ? »
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