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PAUL (ses voyages) 6.

VI Derniers voyages.

Après quelques brèves indications au sujet des rapports que Paul eut avec les Juifs de Rome, peu après son arrivée, le livre des Actes s'achève brusquement sur ce renseignement, qui n'est pas une conclusion : « Paul demeura deux années entières dans un logement qu'il avait loué ; il recevait tous ceux qui venaient le voir, prêchant le Règne de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ, avec une entière liberté et sans aucun empêchement » (Ac 28:30 et suivant). Cette liberté de Paul fut sans doute d'autant plus grande qu'il était prisonnier et sous la sauvegarde autant que sous la surveillance d'un légionnaire romain. Une tradition, par ailleurs suspecte, mais ici très acceptable, spécifie que l'apôtre convertit son gardien. Elle se rencontre avec la dernière salutation de l'épître aux Philippiens, vraisemblablement composée à Rome : « Tous vous saluent, et principalement ceux qui sont de la maison de César » (Php 4:22). Dans la même lettre, Paul reconnaît lui-même héroïquement le privilège et les avantages de sa captivité au point de vue de son apostolat (Ac 1:12,14). Il est probable, d'après ce dernier passage, que Paul avait converti non seulement son gardien, mais beaucoup d'autres légionnaires, d'où ce paradoxe d'un homme d'autant plus libre qu'il est prisonnier. Qu'advint-il ensuite ? L'auteur des Actes le racontait-il dans une conclusion qui s'est perdue ? Ne voulait-il pas plutôt l'indiquer dans un autre livre qu'il n'a point écrit ou qui n'est point parvenu jusqu'à nous ? De toute façon, il apparaît que la vie de Paul a dû se prolonger au delà de ces deux années de captivité à Rome, sinon Luc n'aurait pas laissé pour un autre ouvrage la mention de la mort de l'apôtre. Il est même légitime de supposer qu'il lui restait à écrire un chapitre important d'une carrière apostolique non encore achevée.

Les épîtres dites pastorales (voir ce mot), si elles sont authentiques, viennent ici combler un vide mystérieux. Elles supposent, en effet, des voyages qui ne trouvent point leur place dans la trame historique des Actes et des autres épîtres. La lettre à Tite mentionne un séjour en Crète, et la décision de passer un hiver à Nicopolis, en Epire.

Carte : Voyage à Rome. 1ere captivité.

Arrestation et emprisonnement à Jérusalem. --De (Ac 21:18-23:22) Jérusalem à Césarée, par Antipatris. --A (Ac 23:23-32) Césarée ; emprisonnement et procès. --De (Ac 23:33-26:32) Césarée à Rome, par : Sidon, Myra, Cnide, Beaux-Ports en Crète. --Départ (Ac 27:1-13) de Crète ; tempête ; naufrage à Malte. --Séjour (Ac 27:14-44) à Malte. --De (Ac 28:1-11) Malte à Syracuse, Rhégium, Pouzzoles. --De (Ac 28:12-14) Pouzzoles à Rome par la voie Appienne, le Forum d'Appius, les Trois-Tavernes. --Paul (Ac 28:15) à Rome (Ac 28:16-31).

Dans 1 Tim., il est question d'un voyage de Paul en Macédoine, alors que Timothée a la charge de l'Église d'Éphèse. 2Ti fait allusion à des voyages à Corinthe, Milet, Troas. Il est impossible d'insérer ces déplacements, dont certains ont été prolongés, dans le cours du troisième voyage missionnaire, ainsi que le suggèrent quelques rares auteurs. Que resterait-il pour le séjour à Éphèse, sur lequel les Actes nous donnent des renseignements formels ? D'autre part, 2Ti suppose une captivité bien différente de celle que décrivent les Actes ou l'épître aux Philippiens. Lorsqu'il écrit à ces derniers, l'apôtre est plein de confiance quant à l'issue de son procès. Sans doute il a envisagé la mort avec tranquillité, et même avec joie ; mais, par amour pour les Églises et pour l'oeuvre du Christ, il espère survivre et compte bien revoir prochainement ses chers Philippiens (Php 1:19-25 2:24). Lorsqu'il écrit 2 Tim., Paul ne jouit plus de la grande liberté que lui avait assurée le régime de la custodia militaris : tous l'ont abandonné ; il a déjà comparu devant ses juges ; il est lié comme un malfaiteur ; le temps de son départ approche ; il a achevé sa course ; il va être immolé (2Ti 2:9 4:6,16). Il semble donc que l'apôtre ait subi deux captivités de caractère très différent et séparées par les voyages mentionnés dans les épîtres pastorales. D'autre part, des témoignages importants font penser que Paul a bien réalisé le projet de voyage en Espagne auquel il avait fait allusion dans l'épître aux Romains (Ro 15:24,28) ; or, il n'a pu le réaliser que dans ce même intervalle. Clément de Rome, dans son épître aux Corinthiens, vers, rend à Paul ce témoignage : « ... après avoir enseigné la justice au monde entier, il est arrivé jusqu'au terme de l'Occident ; il a rendu témoignage devant les préfets ; puis, il a été ôte du monde, et il s'en est allé au saint lieu... » (1Co 5:7). L'expression : « terme de l'Occident » ne peut pas désigner Rome, centre de son vaste empire méditerranéen, mais l'extrême pointe espagnole, les colonnes d'Hercule. Apollonius de Tyane (Vie de Philostrate) écrivait : « Gadès (Cadix) est située au terme de l'Europe », et Strabon spécifiait que les confins de ce monde, à l'Occident, sont les colonnes d'Hercule à la pointe de l'Ibérie (II, III). Harnack, Zahn, et un grand nombre d'auteurs, sont bien d'accord que le témoignage de Clément veut indiquer un voyage de Paul en Espagne. Le fragment de Muratori, vers 180, confirme ce témoignage (Paul, délivré de sa captivité, est venu jusqu'en Espagne). Les Actes apocryphes supposent également cette tradition. Enfin, la date de la mort de Paul, telle qu'elle ressort de certains témoignages patristiques, est aussi à considérer, car elle oblige à supposer une prolongation telle de la vie de l'apôtre qu'elle implique une libération et un complément considérable d'activité. Eusèbe place la mort de Paul tout à fait à la fin du règne de Néron, c'est-à-dire vers l'année 68. Une oraison du IV e siècle, étudiée par Ramsay, permet d'aboutir à la date 67. Cet ensemble d'indices et de témoignages paraît suffisant pour conclure fermement, avec la majorité des auteurs catholiques et protestants, à une libération de Paul après les deux ans de captivité romaine mentionnés par les Actes (Bleek, Ewald, Neander, Godet, Spitta, Zahn, Harnack, Lietzmann, etc.).

Si Paul a été libéré, il dut l'être avant l'incendie de Rome et le massacre des chrétiens en juillet 64. Un autre indice favorable à l'hypothèse de la libération peut être ici mentionné. La tradition n'a qu'une voix pour affirmer que Paul, en qualité de citoyen romain, fut décapité. On pense bien que, s'il avait été captif au moment où Néron déchaîna la plus sauvage des persécutions, sa qualité de citoyen romain n'aurait pas pesé lourd et ne l'aurait pas empêché de servir aux jeux du cirque ou, torche vivante, à l'illumination des jardins impériaux.

Selon toute vraisemblance, Paul n'était pas à Rome en juillet 64. Il en était parti après son acquittement, quelques mois plus tôt.

Bleek estime que Paul se rendit en Espagne aussitôt ; Farrar juge que l'apôtre dut renoncer tout à fait à son projet, et il en donne comme preuve que les épîtres pastorales n'en font pas mention, mais supposent un certain nombre de voyages dans le bassin oriental de la Méditerranée. Il convient, semble-t-il, de faire justice et à la tradition pastorale et à la tradition clémentine susmentionnée ; elles ne s'excluent nullement.

Paul, libéré après quatre ans de captivité, est partagé entre deux désirs, deux projets anciens : porter l'Évangile en Espagne (Ro 15:24-28), la plus romanisée des provinces romaines, ou revoir ses Églises d'Orient (Php 1:26, Phm 1:22). Il les a réalisés l'un et l'autre, si l'on en croit la tradition (Clément de Rome, canon de Muratori, oraison du IV e siècle, apocryphes) et si l'on veut situer normalement dans la vie de Paul certains détails biographiques des épîtres pastorales tenues pour authentiques. Le passage de Clément donnerait à penser que le voyage en Espagne fut le dernier acte de la vie de Paul, avant l'épilogue du martyre. Rien d'étonnant d'autre part, que le premier souci de Paul, après l'imprévu considérable d'une captivité de quatre ans et sans renoncer du tout à ses projets antérieurs, ait été de revoir d'abord les régions jadis évangélisées par lui. N'est-ce pas ce que déjà il comptait faire lorsqu'il écrivait de Césarée à Philémon (Phm 1:22), puis de Rome aux Philippiens (Phil 1:26) ? Si l'on en juge ainsi, l'itinéraire suivant apparaîtra comme plausible, sans exclure d'ailleurs d'autres possibilités :

Après sa libération, Paul se dirige vers l'Orient. Il s'arrête dans l'île de Crète, où il laisse son disciple Tite, afin d'y organiser les Églises (Tit 1:5). Avant de repartir pour la Macédoine, il écrit à Timothée, qui voudrait le rejoindre, de rester à Éphèse et de l'y attendre. Il rappellera et renouvellera cette recommandation dans une lettre postérieure (1Ti 1:3 3:14). Paul revoit ses Philippiens, comme il l'espérait, peu avant sa libération (Php 1:26). Il écrit à Tite pour lui donner rendez-vous à Nicopolis, où il va passer l'hiver (Tit 3:12). De Nicopolis, en Épire, Paul se rend à Éphèse, ainsi qu'il l'avait annoncé à Timothée (1Ti 1:3 3:14 et suivant). Il passe par Corinthe, où il laisse Éraste (2Ti 4:20). D'Éphèse, Paul va sans doute à Colosses, réalisant ainsi le projet formé à Césarée quatre ou cinq ans auparavant ; il visite peut-être, par la même occasion, Laodicée sur son chemin, Hiérapolis, et d'autres Églises touchées par sa lettre circulaire aux Éphésiens (voir art.). Il s'arrête à Milet, où il laisse Trophime malade (2Ti 4:20).

Paul reprend alors son grand projet de voyage en Espagne. 11 part d'Éphèse pour Rome, par Troas, où il laisse un manteau chez Carpus (2Ti 4:13). Il poursuit par la Macédoine, suivant la voie Egnatia d'un bout à l'autre, de Néapolis jusqu'à Dyrrachium, sur l'Adriatique. Il fait la courte traversée de Dyrrachium à Brundisium (Brindisi), gagne Tarente, et, suivant la via Appia sur tout son parcours, il arrive à Rome. Il s'y arrête sans doute, pour aider la communauté dispersée, terrorisée, en grande partie détruite, à se reformer.

De Rome en Espagne, jusqu'au terme de l'Occident, plusieurs itinéraires se présentent à lui, tous courants et sûrs : le trajet par terre, en suivant les côtes, ou le même détour par mer. Dans les deux cas, il a pu s'arrêter en Gaule, à Massilia (Marseille), comme le suppose l'historien catholique Zeiller, et à Narbo Martius (Narbonne). M. Camille Jullian a fait observer justement que Marseille, ville grecque et résidence de nombreux Orientaux, était l'un de ces beaux champs de propagande comme Paul les aimait. Paul peut aussi avoir suivi le trajet direct, par mer, d'Ostie à Tarraco (Tarragone), en traversant le détroit de Taphros (Bonifacio), entre la Corse et la Sardaigne. De Tarraco, il peut avoir continué, soit par terre, soit par mer, jusqu'à Carthago-Nova (Carthagène), et, de là, pour éviter le passage difficile des colonnes d'Hercule, par terre jusqu'à Gadès (Cadix). Peut-être fut-il arrêté là même, au terme de l'Occident, et ramené à Rome, pour une seconde captivité, la dernière. Il écrivit alors 2 Tim., quand l'issue fatale de ce nouvel et dur emprisonnement ne faisait pour lui aucun doute (2Ti 2:9 4:6,8).

La tradition est unanime à affirmer que Paul subit le martyre à Rome, sous le règne de Néron. Suivant Tertullien et toute la tradition postérieure, il fut décapité sur la route d'Ostie. Au témoignage de Clément de Rome, dans le passage cité plus haut (9:7), Paul fut martyr devant les préfets. Rome n'en avait habituellement qu'un. Or, en 67, Néron décida qu'il y en aurait deux, pendant un voyage et un séjour qu'il fit en Achaïe au printemps. Paul pourrait donc avoir été condamné et exécuté sous le gouvernement des préfets, pendant l'absence de l'empereur. La tradition spécifie : le 29 juin ; ce serait, si l'on pouvait retenir ce jour, le 29 juin de l'année 67.

Les Actes apocryphes donnent sur ce tragique dénouement de la vie de l'apôtre de nombreux détails, dont quelques-uns ont une valeur mystique à retenir, mais dont il est impossible de déterminer la substance historique, assurément très mince. La veille du supplice, Paul aurait été enfermé dans un cachot de la prison Mamertine, près du Forum. Il en fut tiré de grand matin, pour marcher au supplice. Il dit au centurion : « Crois au Dieu vivant ; Il me ressuscitera, moi et tous ceux qui croient en Lui ! » Vers la porte d'Ostie, au Sud-O, de la ville, une femme, le front couvert d'un voile, attendait son passage et lui dit tout en larmes : « Paul, homme de Dieu, souviens-toi de moi devant le Seigneur Jésus ! » Reconnaissant Plautilla, une patricienne, protectrice des chrétiens, Paul répondit joyeusement : « Je te salue, Plautilla, fille de l'éternité ! Prête-moi ! e voile dont tu couvres ta tête. Au moment du supplice, j'en couvrirai mes yeux comme d'un suaire, et je te laisserai ce gage de mon affection en Christ. » Ils traversèrent le Tibre, et suivant la route d'Ostie, ils gravirent un plateau ; ils s'arrêtèrent enfin près d'un pin, dans un vallon, dont les sources limpides portaient le nom d'Aquas Salvia ? L'apôtre demanda un instant pour se recueillir. Il pria debout, les mains étendues vers l'Orient, s'adressant en hébreu à quelqu'un d'invisible. Puis, conformément à l'arrêt, il subit une dernière fois le supplice du fouet. Enfin, on lui banda les yeux avec le voile de Plautilla ; il se mit à genoux et tendit le cou en silence, et tout fut accompli ! Quelques fidèles, prévenus, se tenaient à distance et transportèrent le corps dans une maison chrétienne à proximité, sur la route qu'ils venaient de suivre : la maison de Lucina. C'est là que, d'après la tradition catholique, le corps de Paul reposa jusqu'en 258, date à laquelle, suivant la même tradition, il fut réuni à celui de Pierre, dans la nécropole de la voie Appienne. On le transféra, au IV e siècle, sous l'autel de la basilique dédiée à l'apôtre : Saint-Paul-hors-les-murs.

Tous ces détails n'ont d'intérêt que par la piété qu'ils expriment, car leur historicité se réduit à peu, sinon à rien. Qu'importent, au demeurant, les détails matériels d'une fin glorieuse et les pérégrinations posthumes d'une dépouille terrestre, lorsque son possesseur fut le héros de l'invisible Esprit, celui qui proclamait victorieusement : « Nous ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles, car les choses visibles ne sont que pour un temps, mais les invisibles sont éternelles ! » (2Co 4:18).

Carte : de la Libération au martyre. (Hypothèses suggérées). --Libération de Paul. --De (Ac 28:30, Php 1:12-26) Rome en Crète, où Paul fait un séjour, et laisse Tite afin d'y organiser les Eglises. --Avant (Tit 1:3) de partir pour la Macédoine, Paul écrit à Timothée de rester à Éphèse et de l'y attendre. --Paul (1Ti 1:3 3:14) en Macédoine, revoit ses Philippiens. --Paul (Php 1:26) écrit à Tite et lui donne rendez-vous à Nicopolis, en Épire, où il passe l'hiver. --Il (Tit 3:12) écrit de nouveau à Timothée de l'attendre à Ephèse. --Paul (1Ti 1:3 3:14) se rend de Nicopolis à Éphèse, en passant par Corinthe, où il laisse Éraste. --D'Ephèse (2Ti 4:20), Paul va sans doute à Colosses (Phm 1:22), en passant par Laodicée, peut-être aussi Hiérapolis. --Il s'arrête à Milet, où il laisse Trophime malade. --Paul (2Ti 4:20) veut réaliser son projet de voyage en Espagne (Ro 15:24-28) ; il se rend à Rome par Troas (2Ti 4:13), la Macédoine, la voie Egnatia, de Thessalonique à Lychnidas (Ochrida), Dyrrachium (Durazzo), Brundisium (Brindisi), Tarente et la voie Appienne. --Voyage en Espagne jusqu' « au au terme de l'Occident », (Clément : 1Co 5:7 ; Canon Muratori) soit Gadès (Cadix) ; itinéraires possibles :

par terre, le long des côtes, par Genua (Gênes), Massilia (Marseille), Narbo Martius (Narbonne), Tarraco (Tarragone), Carthago Nova (Carthagène), Gadès (Cadix) ;

par mer, soit en longeant les côtes, avec escales et débarquements, soit directement d'Ostie à Tarragone (parcours terrestre de Carthagène à Cadix, pour éviter le passage des colonnes d'Hercule [=détroit de Gibraltar]). --Paul, arrêté en Espagne, est ramené à Rome, d'où il écrit 2 Tim., peu avant son martyre (2Ti 4:6-8).

BIBLIOGRAPHIE

--Parmi les innombrables études sur Paul, où l'élément biographique, chronologique ou géographique tient une place notable, on peut signaler :

--Félix Bungener, St Paul, sa vie, son oeuvre et ses ép., 1867.

--Renan, St Paul, 1869.

--Godet, Introd. N.T., t. I, 1893.

--Schneller, d'après Gindraux qui le traduit librement, L'apôtre Paul et le Monde ancien, 1898.

--E. Baumann, St Paul, 1925.

--M. Goguel, Les ép. pauliniennes (1e et 2 e part.), 1925-26.

--Farrar, The Life and Work of St. Paul (2 vol., 1879).

--Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, 1895 ; Hist. Comm, on the Galates, 1899 ; Pauline and other Studies, 1906 ; The Cities of St. Paul, 1907.

--A. Westphal, Les Apôtres, 1918.

--Il convient d'y ajouter les articles sur Paul dans les Encyclopédies religieuses ou spécialement bibliques, notamment ceux de Zahn, dans RE ; de Bousset, dans die Relig. In Gesch. und Gegenw. ; de Findlay et Maclean, dans DB et HDB

Nous mentionnerons encore comme présentant un intérêt spécial pour l'étude des voyages de Paul :

--Rams. w, The hist. Geog. of Asia Minor, 1890 ; The Church in the Roman Empire, 1893 ; The Cities and Bishoprics of Phrygia, 1895 ; Roads and Travels in N.T. (dans HDB, V, 1904).

CARTES

Cartes schématisées ou croquis pour vues d'ensemble, dans Arnold, Chart of Paul's Journeys, 1897 ; Stirling, an Atlas illustrating the Acts of the Apostles and the Epistles,

1926. H. Cl.

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      Actes 1

      12 Alors les apôtres quittent la colline appelée « mont des Oliviers » et ils retournent à Jérusalem. Ce n’est pas très loin, à un kilomètre environ.
      14 Tous prient fidèlement d’un seul cœur. Avec eux, il y a quelques femmes, Marie la mère de Jésus, et les frères de Jésus.

      Actes 21

      18 Le jour suivant, Paul vient avec nous chez Jacques. Là, tous les anciens de l’Église sont réunis.
      19 Paul les salue puis il raconte en détail tout ce que Dieu a fait chez les non-Juifs en se servant de lui.
      20 Quand les anciens entendent cela, ils chantent la gloire de Dieu et ils disent à Paul : « Frère, tu vois, des milliers de Juifs sont devenus chrétiens et tous suivent fidèlement la loi.
      21 Voici ce qu’on leur raconte sur toi : tu apprends à tous les Juifs qui vivent au milieu d’autres peuples à abandonner la loi de Moïse. Tu leur dis de ne pas circoncire les enfants, et de ne pas suivre les coutumes juives.
      22 Qu’est-ce qu’il faut faire ? En effet, ils vont sûrement apprendre que tu es ici.
      23 Fais donc ce que nous allons te dire : nous avons ici quatre hommes qui ont fait un vœu.
      24 Emmène-les, fais avec eux la cérémonie de purification et paie leurs dépenses. Alors ils pourront se faire raser la tête, et tout le monde va le savoir : les choses qu’on raconte sur toi sont fausses. Mais on verra que toi aussi, tu obéis à la loi.
      25 Nous avons écrit à ceux qui ne sont pas juifs et qui sont devenus croyants. Nous leur avons dit ce que nous avons décidé : “Vous ne devez pas manger la viande qu’on a offerte aux faux dieux. Ne mangez pas de viande qui contient encore du sang. Respectez les lois du mariage.” »
      26 Alors Paul emmène ces quatre hommes. Le jour suivant, il commence avec eux la cérémonie de purification, puis il va dans le temple. Là, il fait savoir le jour où on offrira le sacrifice pour chacun d’eux, quand la purification sera finie.
      27 Les sept jours de la purification sont presque finis. Des Juifs de la province d’Asie voient Paul dans le temple, ils excitent toute la foule et ils arrêtent Paul.
      28 Ils crient : « Gens d’Israël, au secours ! Le voilà, l’homme qui donne partout et à tout le monde un enseignement contre notre peuple, contre notre loi et contre ce temple ! Il a même fait entrer des non-Juifs ici, et il a rendu impur ce lieu saint. »
      29 En effet, à Jérusalem, les Juifs ont vu Trophime d’Éphèse qui accompagnait Paul, et ils pensent que Paul l’a fait entrer dans le temple.
      30 Il y a de l’agitation dans toute la ville, et le peuple arrive en foule. Ils arrêtent Paul et l’entraînent en dehors du temple. Tout de suite après, on ferme ses portes.
      31 Les gens cherchent à tuer Paul, mais le commandant des soldats romains apprend que l’agitation s’est répandue dans toute la ville de Jérusalem.
      32 Il prend immédiatement avec lui des soldats et des officiers et il court vers la foule. Quand les gens voient le commandant et les soldats, ils cessent de frapper Paul.
      33 Alors le commandant s’approche, il fait arrêter Paul et il donne l’ordre de l’attacher avec deux chaînes. Puis il demande : « Qui est cet homme ? Qu’est-ce qu’il a fait ? »
      34 Mais dans la foule, les uns crient une chose, les autres en crient une autre. Comme le commandant ne peut rien apprendre de sûr à cause du bruit, il donne l’ordre d’emmener Paul dans la caserne.
      35 Quand Paul arrive près de l’escalier, les soldats doivent le porter, parce que la foule est très violente.
      36 En effet, tout le peuple le suit en criant : « À mort ! »
      37 Au moment où on va faire entrer Paul dans la caserne, il dit au commandant : « Est-ce que je peux dire un mot ? » Le commandant répond : « Tu sais le grec ?
      38 Donc, tu n’es pas l’Égyptien qui, ces temps-ci, a fait un complot et qui a emmené au désert 4 000 terroristes ? »
      39 Paul dit : « Moi, je suis juif, de la ville de Tarse en Cilicie. Je suis citoyen d’une ville célèbre. S’il te plaît, permets-moi de parler au peuple ! »
      40 Le commandant le permet. Paul, debout sur les marches, fait signe de la main au peuple. Alors il y a un grand silence, et Paul leur dit dans la langue des Juifs :

      Actes 22

      1 « Frères et pères, écoutez ce que je vais dire maintenant pour me défendre. »
      2 Quand ils entendent Paul parler dans leur langue, ils sont encore plus calmes. Paul continue :
      3 « Je suis juif. Je suis né à Tarse en Cilicie, mais j’ai été élevé ici, à Jérusalem, et j’ai eu Gamaliel comme maître. Il m’a enseigné de façon très exacte la loi de nos ancêtres. J’étais plein d’ardeur pour Dieu, comme vous tous aujourd’hui.
      4 J’ai fait souffrir jusqu’à la mort ceux qui suivaient le chemin de Jésus. J’ai fait arrêter et jeter en prison des hommes et des femmes.
      5 Le grand-prêtre et tout le Conseil des anciens peuvent dire que c’est vrai. En effet, ils m’ont donné des lettres d’autorisation pour les frères juifs de Damas. Alors, je suis parti pour arrêter les chrétiens qui étaient là-bas, pour les emmener à Jérusalem et les faire punir. »
      6 « J’étais en route et j’approchais de Damas. Tout à coup, vers midi, une grande lumière venant du ciel a brillé autour de moi.
      7 Je suis tombé par terre et j’ai entendu une voix qui me disait : “Saul, Saul, pourquoi est-ce que tu me fais souffrir ?”
      8 J’ai demandé : “Seigneur, qui es-tu ?” La voix m’a répondu : “Je suis Jésus de Nazareth, c’est moi que tu fais souffrir.”
      9 Ceux qui étaient avec moi voyaient la lumière, mais ils n’entendaient pas celui qui me parlait.
      10 J’ai demandé : “Seigneur, qu’est-ce que je dois faire ?” Le Seigneur m’a répondu : “Relève-toi, va à Damas, et là, on te dira tout ce que tu dois faire.”
      11 J’étais devenu aveugle à cause de cette lumière si brillante. Alors ceux qui m’accompagnaient m’ont pris par la main et ils m’ont conduit à Damas.
      12 « Là, il y avait un homme appelé Ananias. Il était fidèle à Dieu et à la loi de Moïse. Tous les Juifs qui habitent Damas disaient du bien de lui.
      13 Ananias est venu me trouver et il m’a dit : “Saul, mon frère, retrouve la vue !” Et au même moment, j’ai vu Ananias clairement.
      14 Il m’a dit aussi : “Le Dieu de nos ancêtres t’a choisi d’avance pour que tu connaisses ce qui lui plaît. Il t’a choisi pour que tu voies Jésus, le Juste, et que tu entendes sa voix.
      15 En effet, tu dois être son témoin, devant le monde entier. Tu annonceras ce que tu as vu et entendu.
      16 Et maintenant, pourquoi attendre ? Viens, reçois le baptême et le pardon de tes péchés en faisant appel à son nom !”
      17 « Ensuite, je suis retourné à Jérusalem. Un jour, je priais dans le temple, et le Seigneur s’est montré à moi.
      18 Je l’ai vu et il m’a dit : “Dépêche-toi, sors vite de Jérusalem ! En effet, ses habitants n’accepteront pas ton témoignage à mon sujet.”
      19 J’ai répondu : “Seigneur, ils le savent bien, j’allais dans les maisons de prière chercher ceux qui croient en toi. Je les jetais en prison et je les faisais frapper.
      20 Et quand on a fait mourir Étienne, ton témoin, j’étais là, moi aussi. J’étais d’accord avec ceux qui le tuaient et je gardais leurs vêtements.”
      21 Le Seigneur m’a dit : “Va, je t’envoie au loin, vers tous ceux qui ne sont pas juifs.” »
      22 Les gens ont écouté Paul jusqu’au moment où il dit ces mots, mais maintenant, ils se mettent à crier : « Supprimez cet homme ! À mort ! Il ne mérite pas de vivre ! »
      23 Ils poussent des cris, ils jettent leurs vêtements en l’air et font voler la poussière.
      24 Alors le commandant des soldats romains donne cet ordre : « Faites entrer Paul dans la caserne et frappez-le à coups de fouet pour l’obliger à parler ! Je veux savoir pourquoi la foule crie contre lui de cette façon. »
      25 On va attacher Paul pour le fouetter. Mais à ce moment-là, il dit à l’officier qui est présent : « Vous voulez fouetter un citoyen romain que vous n’avez même pas jugé ! Est-ce que vous en avez le droit ? »
      26 Quand l’officier entend cela, il va prévenir le commandant : « Qu’est-ce que tu allais faire ! Cet homme est citoyen romain ! »
      27 Alors le commandant vient trouver Paul et lui demande : « Dis-moi, est-ce que tu es citoyen romain ? » Paul répond : « Oui. »
      28 Le commandant lui dit : « Moi, j’ai dû acheter très cher le droit de devenir citoyen romain. » Paul répond : « Et moi, je le suis depuis ma naissance ! »
      29 Ceux qui voulaient frapper Paul pour l’obliger à parler le laissent aussitôt. Quand le commandant se rend compte qu’il a fait attacher un citoyen romain avec des chaînes, il a peur.
      30 Le commandant veut savoir de façon sûre pourquoi des chefs juifs accusent Paul. Donc, le jour suivant, il donne l’ordre aux chefs des prêtres et à tout le Tribunal religieux de se réunir. Il libère Paul de ses chaînes, il le fait amener et le place devant eux.

      Actes 23

      1 Paul regarde en face les membres du Tribunal et il dit : « Frères, j’ai toujours vécu pour Dieu jusqu’à maintenant et je n’ai rien à me reprocher. »
      2 Mais le grand-prêtre Ananias commande à ceux qui sont près de Paul : « Frappez-le sur la bouche ! »
      3 Alors Paul lui dit : « C’est toi que Dieu va frapper, espèce de mur blanchi ! Tu es assis là pour me juger d’après la loi, et tu donnes l’ordre de me frapper, c’est contraire à la loi ! »
      4 Ceux qui sont près de Paul lui disent : « Tu insultes le grand-prêtre de Dieu ! »
      5 Paul répond : « Frères, je ne savais pas que c’était le grand-prêtre. En effet, dans les Livres Saints on lit : “Tu ne diras pas de mal du chef de ton peuple.” »
      6 Paul le sait : certains membres du Tribunal sont Sadducéens et d’autres sont Pharisiens. C’est pourquoi devant eux, il dit d’une voix forte : « Frères, je suis Pharisien et fils de Pharisien. Comme eux, j’ai l’espoir que les morts se relèveront, et c’est pour cela qu’on me juge. »
      7 Au moment où Paul dit cela, les Pharisiens et les Sadducéens se mettent à se disputer, et l’assemblée se divise en deux camps.
      8 En effet, les Sadducéens disent : « Les morts ne se relèvent pas, les anges et les esprits n’existent pas. » Mais les Pharisiens croient le contraire.
      9 Tout le monde se met à crier. Quelques maîtres de la loi du groupe des Pharisiens se lèvent et disent avec force : « Nous trouvons que cet homme n’a rien fait de mal. Un esprit ou un ange lui a peut-être parlé. »
      10 Ils se disputent de plus en plus. Le commandant a peur qu’ils ne mettent Paul en morceaux. Alors il donne cet ordre aux soldats : « Descendez ! Faites sortir Paul du Tribunal et ramenez-le à la caserne ! »
      11 La nuit suivante, le Seigneur se montre à Paul et dit : « Courage ! Tu as été mon témoin ici, à Jérusalem. Il faut aussi que tu sois mon témoin à Rome. »
      12 Le jour suivant, certains Juifs se réunissent en secret. Ils jurent devant Dieu : « Nous ne mangerons rien et nous ne boirons rien avant de tuer Paul ! »
      13 Ceux qui ont juré cela sont plus de 40.
      14 Ils vont voir les chefs des prêtres et les anciens et ils leur disent : « Voici ce que nous avons juré devant Dieu : nous ne prendrons aucune nourriture avant de tuer Paul.
      15 Maintenant donc, les autres membres du Tribunal doivent nous accompagner chez le commandant romain, et vous lui demanderez de faire venir Paul devant vous. Vous direz que vous voulez étudier son affaire de façon plus exacte. De notre côté, nous sommes prêts à le tuer avant qu’il arrive ici. »
      16 Mais un neveu de Paul, le fils de sa sœur, entend parler de ce piège. Il va à la caserne, il entre et prévient Paul.
      17 Alors Paul appelle un des officiers et lui dit : « Conduis ce jeune homme chez le commandant : il a quelque chose à lui annoncer. »
      18 L’officier emmène le jeune homme, il le conduit chez le commandant et dit : « Le prisonnier Paul m’a appelé, il m’a demandé de t’amener ce jeune homme. Il a quelque chose à t’annoncer. »
      19 Le commandant prend le jeune homme par la main, il l’emmène à l’écart et lui demande : « Qu’est-ce que tu as à me dire ? »
      20 Le jeune homme répond : « Certains Juifs sont d’accord pour te demander d’emmener Paul demain devant leur Tribunal. Ils diront qu’ils veulent étudier son affaire de façon plus exacte,
      21 mais ne les crois pas. En effet, plus de 40 hommes vont tendre un piège à Paul. Ils ont juré devant Dieu de ne rien manger et de ne rien boire avant de le tuer. Maintenant ils sont prêts, ils n’attendent plus que ta réponse. »
      22 Alors le commandant dit au jeune homme : « Ne raconte à personne ce que tu viens de me dire. » Puis il le laisse partir.
      23 Le commandant appelle deux de ses officiers, il leur dit : « Rassemblez 200 soldats, 70 cavaliers et 200 hommes armés. Ils doivent être prêts à partir pour Césarée à neuf heures du soir.
      24 Préparez aussi des chevaux pour conduire Paul en toute sécurité devant le gouverneur Félix. »
      25 Ensuite, le commandant écrit une lettre. La voici :
      26 « Claudius Lysias envoie ses salutations à son Excellence le gouverneur Félix.
      27 Les Juifs ont pris cet homme que je t’envoie et ils allaient le tuer. Alors je suis arrivé avec mes soldats et je l’ai délivré. En effet, j’ai appris qu’il était citoyen romain.
      28 J’ai voulu savoir pourquoi certains Juifs l’accusaient, donc, je l’ai amené devant leur Tribunal.
      29 J’ai vu qu’ils discutaient avec Paul au sujet de leur loi, voilà pourquoi ils l’accusaient. Mais il n’y a aucune raison pour le faire mourir ou pour le mettre en prison.
      30 On m’a prévenu que ces gens voulaient lui tendre un piège. C’est pourquoi je t’ai envoyé cet homme tout de suite. J’ai demandé à ceux qui l’accusent de porter plainte contre lui devant toi. »
      31 Les soldats font ce que le commandant leur a ordonné. Ils emmènent Paul et, pendant la nuit, ils le conduisent jusqu’à Antipatris.
      32 Le jour suivant, les soldats retournent à la caserne et ils laissent les cavaliers continuer la route.
      33 Les cavaliers arrivent à Césarée, ils donnent la lettre au gouverneur et lui amènent Paul.
      34 Le gouverneur lit la lettre et demande à Paul : « De quelle région es-tu ? » Paul répond : « De Cilicie. »
      35 Le gouverneur lui dit : « Je t’interrogerai quand ceux qui t’accusent seront là. » Et il commande de garder Paul dans le palais d’Hérode le Grand.

      Actes 24

      1 Cinq jours après, le grand-prêtre Ananias arrive à Césarée avec quelques anciens et un avocat appelé Tertullus. Ils viennent porter plainte contre Paul devant le gouverneur Félix.
      2 On fait venir Paul. Tertullus se met à l’accuser en disant à Félix : « Excellence, nous vivons vraiment dans la paix, grâce à toi et aux changements que tu as décidés pour notre peuple.
      3 Nous recevons ces bienfaits toujours et partout en te remerciant très sincèrement.
      4 Mais je ne veux pas te prendre trop de temps. C’est pourquoi je te demande de nous écouter avec bonté pendant quelques instants.
      5 Nous avons trouvé que cet homme est très dangereux. Il provoque du désordre chez les Juifs du monde entier, et c’est le chef du groupe des Nazaréens.
      6 Il a même essayé de faire certaines choses montrant qu’il ne respecte pas notre temple sacré, et nous l’avons arrêté.
      7 []
      8 Interroge cet homme, ainsi tu pourras voir toi-même que toutes nos accusations contre lui sont vraies. »
      9 Les Juifs sont d’accord avec Tertullus et ils disent : « Oui, c’est exact. »
      10 Le gouverneur fait signe à Paul de parler. Paul prend la parole : « Je le sais, tu es le juge de notre peuple depuis de nombreuses années. Donc, je suis plein de confiance pour me défendre devant toi.
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