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ROIS (livre des)

1.

Division, nom, sujet.

La division actuelle en 2 livres était inconnue des Juifs encore à l'époque où Jérôme traduisit la Bible en latin (IV e siècle de notre ère). Elle vient des LXX, passa dans la Vulgate, et seulement depuis 1517 dans la Bible hébraïque (édition de Bomberg). La version grecque compte 4 livres des règnes (Basileiôn), et Jérôme 4 livres des règnes ou des rois (Regnorum ou Regum)  ; ce sont les 2 livres actuels de Samuel et les 2 des Rois. Notre ouvrage est donc en réalité unique.

Partant de la fin du règne de David (1Ro 1-2), il consacre les chapitres suivants (3-11) au règne de Salomon. Les destinées des deux royaumes d'Israël et de Juda jusqu'à la chute du premier sont exposées parallèlement dans la partie centrale du livre, de beaucoup la plus étendue (1Ro 12:1 à 2Ro 17:41). Les derniers chapitres (2Ro 18 à 25) continuent l'histoire de Juda de 722 à 586, c'est-à-dire jusqu'à la prise de Jérusalem par Nébucadnetsar, la déportation et (sorte d'appendice : 2Ro 25:27-30) la mise en liberté du roi captif Jéhojakin.

2.

But du livre.

Tout le long de l'ouvrage, le procédé d'exposition est aussi simple que rigide : chaque règne est raconté séparément ; puis ces petites biographies royales sont rangées par ordre chronologique d'après la date de l'avènement de chaque souverain. Il en résulte certaines étrangetés : ainsi Josaphat est devenu roi de Juda après qu'en Israël Achab a commencé de régner ; dans la vie d'Achab, il est donc plusieurs fois question de Josaphat avant qu'on sache qu'il occupait le trône de Jérusalem. En outre, toutes les biographies sont coulées dans un moule uniforme. Pour chaque roi d'Israël on indique au début la durée de son règne, et l'année du règne du souverain de Juda coïncidant avec celle de son avènement ; à la fin, en mentionnant sa mort, on renvoie aux sources à consulter pour ce le reste de ses actions » (plus amples renseignements). Le cadre est le même pour les règnes Judéens, mais en outre on mentionne au début l'âge de chaque nouveau monarque, le nom de sa mère, et à la fin le lieu de sa sépulture.

Plus frappant encore est le soin du rédacteur à caractériser chaque règne. On constate aisément qu'il juge le roi suivant sa fidélité plus ou moins grande aux prescriptions du code deutéronomique, et dans les termes mêmes de cette loi. Il reproche à peu près exclusivement à ceux des souverains qui « firent le mal aux yeux de l'Éternel » des manquements aux règles du culte. Cela montre combien, contrairement aux intentions des prophètes, l'élément cultuel de la réforme introduite sous Josias avait prédominé.

Les trois principales infidélités sont en effet :

a) de n'avoir pas aboli les hauts-lieux après la construction du temple ; ex. : Roboam (1Ro 14:21 à 34) ;

b) d'avoir rompu avec le sanctuaire et le clergé de Jérusalem, « péché de Jéroboam, fils de Nébat », imputé littéralement à cinq rois (1Ro 15:26,34 16:19 26 31), et, en d'autres termes, « suivant l'exemple de ses pères », à neuf de leurs successeurs (2Ro 8:18,27 16:2 21:2-20 23:32,37 24:9-19) ;

c) d'avoir adoré des dieux étrangers, « le péché d'Achab » ou « le péché des rois d'Israël ».

Par contre, des louanges sont adressées à ceux des rois de Juda qui ont combattu les cultes des hauts-lieux (2Ro 18:3 22:2 23:25) ; l'éloge subit une restriction lorsque le souverain a toléré ces sanctuaires que condamne le Deutéronome (1Ro 15:11-14 22:43 et suivant, 2Ro 12:3 14:3 15:3,34).

Il importe de noter que, quand bien même les jugements formulés à propos des rois de Juda présentent quelque variété (quelques-uns ont « fait ce qui est droit aux yeux de l'Éternel »), le rédacteur leur reproche à tous de n'avoir pas aboli les hauts-lieux. Font seuls exception Ézéchias et Josias, auxquels, par erreur, est attribuée à peu près la même initiative réformatrice. L'infidélité commune à tous les rois d'Israël est plus grave encore : tous, même Zimri qui régna 3 jours, ont commis le péché de Jéroboam I er, c'est-à-dire ont rompu avec le temple de Jérusalem. De très bonne foi, le rédacteur commet en ce qui les concerne le même anachronisme que pour les rois de Juda antérieurs à Josias : il juge les siècles passés d'après une loi qu'ils avaient foncièrement ignorée, et pour cause ; le culte des hauts-lieux, l'adoration des images, le sacerdoce accessible à tous, les dates variées des fêtes locales, tout cela, au temps de Jéroboam, avait libre cours aussi bien qu'avant l'apparition de la royauté en Israël.

« Nos pères n'ont pas obéi aux paroles de ce livre. » Telle pourrait être l'épigraphe de l'ouvrage sur tous les ancêtres de Josias, à la seule exception d'Ézéchias ; l'auteur est obligé de porter une sentence défavorable, parce qu'il les juge d'après les paroles du « livre », le Deutéronome.

Même inspiration dans les discours attribués à certains des personnages dont l'histoire est racontée, en particulier aux prophètes, qui y interviennent parfois assez inopinément. Même couleur, à plus forte raison encore, dans les considérations personnelles que l'auteur formule çà et là, par exemple quand il définit les causes de la ruine du royaume septentrional (2Ro 17:18,21-23 etc.). Il va jusqu'à citer expressément « le livre de la Loi de Moïse » (De 24:16,2Ro 14:6). C'est dans les termes mêmes de la loi découverte en 621 que Salomon fait part au roi de Tyr, Hiram, de son intention d'élever un temple à l'Éternel (1Ro 5:2-5, De 12:8-11).

Le choix des matières traitées trahit aussi le point de vue très spécial qui domine tout l'ouvrage. On constate une disproportion singulière entre les diverses biographies. Pour la plus grande partie, elles se réduisent au cadre commun à tous les rois, à des données statistiques, aux appréciations stéréotypées et à des renseignements tenant en peu de lignes, alors même qu'il s'agit de souverains aussi importants qu'Omri ou Jéroboam II entre autres. Nous sommes loin d'une histoire générale des deux royaumes.

Le tableau des éléments plus développés, reliés entre eux par ces biographies sommaires et quasi uniformes, achève de caractériser l'esprit qui présida à l'élaboration du livre. Ce sont (abstraction faite de 1Ro 1 et 2 qui se rattache à l'histoire de David et dont les sources ne sont autres que celles du livre de Samuel) :

le règne de Salomon (1Ro 3:11) ;

la séparation des deux royaumes, définie par l'abandon du temple dont les Israélites du N. se rendent coupables (1Ro 12-14) ;

les histoires d'Élie et d'Elisée, champions de l'Éternel, en lutte contre la pénétration du culte de Baal en terre israélite (1Ro 17 à 2Ro 10) ;

Athalie et Joas (2Ro 11 2Ro 12) ; la chute d'Athalie entraîne l'abolition du culte de Baal en Juda ; Joas instaure une nouvelle administration du temple ;

les changements opérés dans le sanctuaire par Achaz (2Ro 16) ;

Ézéchias et Ésaïe, épisodes merveilleux qui culminent dans la délivrance de Jérusalem assiégée par Sanchérib (2Ro 18 à 20) ;

la réforme de Josias (2Ro 22 et 2Ro 23).

L'intérêt de l'auteur gravite ainsi essentiellement autour du temple et de la lutte entreprise par les prophètes contre le paganisme ; plus du tiers de son livre est rempli par les histoires d'Élie, d'Elisée et d'Athalie. En définitive, il a voulu composer une histoire religieuse de la période royale, du point de vue du Deutéronome. C'est à titre très exceptionnel qu'il a admis certains récits profanes un peu développés, soit dans la biographie de Salomon, soit à l'état de rares fragments dans les histoires d'Élie et d'Elisée. Pour l'histoire profane, la note finale insérée après chaque règne a soin de renvoyer à d'autres ouvrages. Ces vues essentiellement religieuses et pratiques donnent le secret de l'interprétation exacte requise par le livre des Rois.

3.

Sources : procédés présidant à leur utilisation.

Tandis que les livres qui précèdent celui des Rois dans le canon biblique ne renvoient que fort rarement à d'autres textes auxquels ils empruntent de brèves citations (No 21:14, citant le « livre des guerres de l'Éternel » ; Jos 10:13,2Sa 1:18, extraits du « livre du Juste »), les notes finales de l'histoire des règnes mentionnent trois sources auxquelles l'auteur a puisé :

le livre des faits et gestes de Salomon (1Ro 11:41) ;

le livre des annales (ou chroniques) des rois de Juda : 15 références, de 1Ro 14:29 à 2Ro 24:5 ;

le livre des annales (ou chroniques) des rois d'Israël : 18 fois invoqué, de 1Ro 14:19 à 2Ro 15:31.

S'agit-il d'annales officielles, rédigées par un fonctionnaire royal, secrétaire (scribe, sôpher, cf. 2Ro 25:3) ou bien archiviste (mazkîr, cf. 1Ro 4:3), comme les chroniques ou mémoires des rois de Perse, conservées dans la « maison du trésor » que les auteurs des livres d'Esdras et d'Esther (Ne 12:23, Est 2:23) désignent comme ici, sous le nom de sépher dibré hayyâmîm ? L'existence de documents semblables n'est pas incompatible avec les changements presque continuels de dynasties dans le royaume du Nord. On sait, par exemple, que les rois de Perse continuèrent les chroniques des rois caldéens par eux détrônés (Esd 4:15) ; des inscriptions cunéiformes rapportent que Cyrus fit même rédiger celle du règne de Nabonid. Mais le caractère officiel des recueils auxquels l'auteur des Rois se réfère semble peu compatible avec la possibilité pour le premier venu d'aller les consulter comme on l'y invite. C'étaient apparemment des exposés qui, sous un titre imposant, gardaient une allure plus populaire, en utilisant peut-être et abrégeant les pièces mêmes de la chancellerie royale.

Les « annales des rois de Juda » sont citées pour la dernière fois à propos de Jojakim, qui régna jusqu'en 597. Mais on ne peut pas savoir à quelle époque exacte les premières pages en avaient été rédigées. En remarquant que l'auteur du livre biblique des Chroniques parle indifféremment des « annales des rois de Juda et d'Israël » ou « d'Israël et de Juda », on pourrait attribuer les trois titres des sources citées par le livre des Rois comme désignant trois sections d'un seul et même ensemble relatif aux deux royaumes. Mais la date tardive où fut compilé l'ouvrage du Chroniqueur ne permet guère de supposer qu'après les tribulations de l'exil et du retour il ait encore puisé directement aux mêmes documents que l'auteur des Rois. Les « annales des rois de Juda » ont fourni à celui-ci des données statistiques plus étendues que celles « des rois d'Israël » ; elles semblent donc bien avoir eu une existence indépendante.

Au surplus, notre écrivain a-t-il à proprement parler utilisé des sources auxquelles il n'a recours que pour renvoyer ses lecteurs les consulter s'ils veulent connaître les faits, spécialement ceux de l'histoire profane, qu'il s'abstient de narrer lui-même ? On n'est pas rigoureusement fondé à affirmer que les « annales » contenaient aussi l'histoire religieuse des règnes et furent mises à contribution dans cet ordre d'idées. Mais l'hypothèse reste fort vraisemblable. Comme les autres historiographes de l'époque deutéronomique, le rédacteur du livre des Rois aurait donc seulement retouché des ouvrages antérieurs au sien. Son rôle aurait consisté :

à entremêler l'histoire des rois d'Israël à celle des rois de Juda ;

à supprimer ou résumer tout ce qui n'intéressait pas directement l'histoire religieuse ;

à formuler ses appréciations et jugements, ainsi que certaines modifications de détail, le tout conditionné par les exigences de la loi deutéronomique.

Tel qu'il est, écrit tardivement, racontant les événements de deuxième ou de troisième main, ce livre garde néanmoins une réelle valeur historique. Cela ressortirait en particulier d'une comparaison suivie avec la compilation tardive et autrement tendancieuse des Chroniques. Mais, même considéré en soi, le travail de notre écrivain nous apporte directement ou par l'intermédiaire des « annales » l'utilisation de sources anciennes, quelques-unes très voisines des faits. La reconstitution de ces sources atteint parfois un degré de vraisemblance comparable à la solidité de la plupart des résultats aujourd'hui acquis par la critique de l'historiographie israélite relative aux temps antérieurs (Hexateuque, Juges, Samuel), car l'auteur a su respecter les différences de style, de points de vue, d'esprit, de traditions qui existaient entre ces documents.

On est ainsi amené à reconnaître qu'il utilisa pour son récit du règne de Salomon :

Certains actes officiels de l'époque (1Ro 4:1,6,7-19).

Une chronique anecdotique de ce règne, dont le noyau primitif doit remonter à deux générations seulement après Salomon, c'est-à-dire encore au IX e siècle, 1Ro 5:12-32 7:1-12 13-51 8:1-13 9:11-14,16-17,24 9:26-28 10:16-20,28 11:7 11:14-28,40. Embellissements ultérieurs : le songe et le jugement de Salomon (1Ro 3:4-13,16-28) la reine de Séba (1Ro 10:1,10,13 etc.). Chronique et amplifications auront formé le « livre des Actes de Salomon », expressément visé dans 1Ro 11:41.

Dans l'histoire d'Élie et d'Elisée (1Ro 17 2Ro 10), on reconnaît trois couches de traditions :

Des mémoires sur Achab et Jéhu, écrits probablement vers l'an 800 par un auteur fort bien informé et aussi littéraire que celui de 2Sa 9-20. C'est de l'histoire vivante et vécue, remarquablement impartiale (1Ro 20 et 1Ro 22,2Ro 9 et 2Ro 10 ; en détacher quelques additions reconnaissables à leur allure vague, incolore, conventionnelle : 1Ro 20:13,14-22-28 22:28,35,38 2Ro 9:7-10),

Une biographie populaire du prophète Élie, très idéalisée, mais remarquable par son coloris littéraire et la grandeur tout épique qu'elle confère aux épisodes narrés. Ces pages sont postérieures aux précédentes, mais ne se concevraient pas après l'apparition d'Amos en 760. Ce sont : 1Ro 17-19 21, chapitres auxquels s'ajoute peut-être 2Ro 1:2-8,17

Un recueil de traditions sur Elisée : 2Ro 2:1,8,15 13:14,21, de valeur religieuse et littéraire très inégale, et en général très inférieure à celle du cycle d'Élie. Le héros est surtout exalté comme thaumaturge. Les récits les moins suspects sont compris dans 2Ro 3 6:24-7:20. La plupart de ces éléments ressortissent au folklore. L'ensemble était achevé avant 722, peut-être vers 750 ; ce cycle émane d'un milieu populaire religieusement arriéré, resté étranger ou réfractaire au mouvement du grand prophétisme.

Les récits relatifs à Athalie, Joas, Amatsia (2Ro 11-16) laissent reconnaître l'utilisation d'au moins trois documents, car la déposition d'Athalie en combine visiblement deux, d'origine judéenne : l'un explique l'événement comme une révolution militaire et politique, l'autre en fait une explosion de sentiments religieux et populaires ; et d'autre part l'histoire de la guerre entre Israël et Juda sous Amatsia (2Ro 14:8,14) ne peut provenir que du royaume du Nord. Ces pages d'historiographie furent rédigées entre 760 et 621.

Pour le règne d'Ézéchias (2Ro 18 à 20), on discerne également trois sources :

une chronique fort exacte, reconnaissant qu'Ézéchias fut défait par Sanchérib (2Ro18:14,16) ;

un récit populaire, déjà très idéalisé, célébrant la retraite de Sanchérib qui accomplit une prédiction d'Ésaïe (2Ro 18:17,19 19:36 et suivant) ;

une série de traditions encore plus merveilleuses sur la maladie et la guérison d'Ézéchias, suivies d'une ambassade de Mérodac-Baladan (2Ro 20).

Il est possible que primitivement la chronique seule ait figuré dans le livre des Rois. Le deuxième document est postérieur non seulement à 621, mais aussi, semble-t-il, à Ézéchiel, de qui doit provenir l'image comparant l'Egypte à un roseau (Eze 29:6). En tout cas, le troisième suppose la déportation en Babylonie, au moins celle de 597, et paraît même trahir l'influence du Deutéro-Esaïe (2Ro 20:16 et suivant).

Par contre les chap. 22-23, réforme de Josias, doivent provenir de la main même de l'auteur, qui aura été témoin de ce grand événement.

En résumé, les sources sont nombreuses et le plus souvent reproduites avec fidélité. Plusieurs d'entre elles assurent au livre une sérieuse valeur historique.

4.

Chronologie.

Ses données chronologiques comprennent :

les années de règne, durée de pouvoir de chaque roi ;

les synchronismes entre les règnes en Israël et en Juda.

Ces deux séries de chiffres ne concordent pas. Si les totaux sont sensiblement égaux pour la période comprise entre la séparation des deux royaumes et la chute de Samarie : 258 et 260 ans, les nombres partiels diffèrent parfois considérablement. De ces deux ordres d'indications, les années de règne ont à priori le plus de chances de reposer sur une tradition ancienne, les contemporains se rappelant sans beaucoup de peine la durée du règne de chacun de leurs rois. Au contraire, les synchronismes trahissent des calculs faits après coup, suivant une chronologie divergente.

D'autre part, les années de règne donnent, d'abord depuis la séparation des deux royaumes jusqu'à la mort simultanée de Joram d'Israël et d'Achazia de Juda, tués par Jéhu à Jizréel, ensuite de Jéhu jusqu'à la chute de Samarie :

Pour Israël Pour Juda

Jusqu'à Jéhu... 98 ans 95 ans

De Jéhu à la fin de Samarie.. 143 ans 7 mois 165 ans

________________________

Totaux... 241 ans 7 mois 200 ans

Aucun de ces chiffres ne s'accorde avec les données absolument sûres que fournit la chronologie assyrienne et qui sont : pour l'avènement de Jéhu (mention de son tribut sur l'obélisque de Salmanasar III) : 842 ; pour la prise de Samarie : 722/721. Entre ces deux dates, il n'y eut donc que 121 ans, au lieu de 143 et 7 mois ou 165 des années de règne, et des 170 des synchronismes. Nous savons encore, par les inscriptions assyriennes, que le tribut de Ménahem se place en 738 ; entre cette année-là et celle de la prise de Samarie, on compte 16 ans, contre les 31 que donnent les années de règne et les 38 des synchronismes.

Pour expliquer ces désaccords, on a supposé des fautes de copistes, des corrections inexactes (synchronismes), ou que, dans l'un des royaumes, la dernière année d'un souverain et la première de son successeur n'en faisaient qu'une, l'autre royaume datant du nouveau règne l'année seulement qui suivait celle de la mort du roi précédent (système babylonien). On remarque aussi que les années partirent tantôt du printemps, tantôt de l'automne. Toutes ces observations ou conjectures ne sauraient suffire à trancher la difficulté. Il semble qu'en fait on n'ait guère compté en Israël d'après les années de règne avant le VII e siècle (cf. Jér., puis Ezéch.) ; auparavant, on prenait surtout pour point de repère un événement fortuit, resté fameux, tremblement de terre (Am 1:1) ; mort d'un roi (Esa 6:1 14:28), siège (Esa 20:1), et seulement par exception un avènement (1Ro 14:25,2Ro 12:7). Il semble en résulter que les données traditionnelles sur les anciens règnes présentaient des lacunes, que l'on chercha à combler au moyen d'évaluations approximatives, par exemple en comptant par générations, en tout cas jusqu'à l'époque des Juges. Le problème ne peut donc aboutir à une solution satisfaisante. On retiendra seulement deux conclusions :

Les synchronismes ont été calculés par un auteur autre que celui des années de règne. Dès lors, ou les années de règne sont attribuables au rédacteur même du livre des Rois, et les synchronismes furent ajoutés après coup à son oeuvre achevée ; ou les années de règne remontent aux « annales », et notre auteur aurait la paternité des synchronismes, ce qui s'expliquerait assez vraisemblablement dans son oeuvre de fusion entre Annales des rois d'Israël et Annales des rois de Juda.

La chronologie réelle de la période royale ne peut partir que des données sûres résultant de la liste assyrienne des éponymes. Cette grande inscription énonce pour 228 années (893-666) une série de personnages d'après lesquels chacune reçoit un nom ; ce sont en majeure partie des rois, éponymes pour la seconde année de leurs règnes respectifs. La liste mentionne aussi les principaux événements de l'année. Elle concorde en partie avec le canon de Ptolémée demeuré célèbre, qui date de 150 environ ap. J. -C, et qui donne la durée de tous les règnes de Babylone et de Perse depuis Nabonassar (747) jusqu'à Alexandre le Grand, mort en 323. Grâce aux éclipses mentionnées dans ces deux documents, l'astronomie permet d'en contrôler la rigoureuse exactitude. Il suffit enfin de ramener leurs chiffres à notre numération chronologique fondée sur l'ère chrétienne.

De la sorte, la première date sûrement établie pour l'histoire d'Israël est celle de la bataille de Karkar (854), à laquelle Achab participa. Puis viennent : le tribut de Jéhu (842), celui de Ménahem (738), l'hommage de Ménahem à Tiglath-Piléser à Damas (732), la prise de Samarie (722/721), le siège de Jérusalem par Sanchérib (701), la première année de Nébucadnetsar (604), la ruine de Jérusalem (586). Il ne reste plus qu'à insérer dans les mailles de ce réseau les règnes des rois d'Israël et de Juda, en modifiant par des conjectures vraisemblables les nombres d'années que donne le livre des Rois. Ainsi avons-nous procédé pour les dates attribuées à chaque souverain dans l'article qui lui est consacré. Comp. art. Chronol. de l'A.T.

5.

Date de rédaction.

Étant donné le coloris si authentiquement deutéronomiste, le livre ne peut pas avoir été composé avant la réforme de 621. D'autre part il est antérieur au code sacerdotal, qui apparaîtra avec Esdras en 458, car il ignore tous les éléments caractéristiques de cette législation, par exemple la distinction entre prêtres et lévites, la descendance aaronide du clergé, l'existence d'un sanctuaire central pour tout Israël avant la construction du temple de Salomon. Seules quelques rares interpolations très récentes trahissent l'influence du code sacerdotal (dans la description du temple).

Entre 621 et 458 se place la date capitale de 586. prise de Jérusalem, fin de l'existence proprement nationale du peuple de l'Éternel, qui ne se relèvera guère plus, au retour de l'exil, qu'à l'état de communauté religieuse. Notre livre est-il antérieur ou postérieur à ce tournant décisif ? De nombreux passages supposent la déportation comme un fait accompli ; ex. : 2Ro : 24 et 25, récit des débuts de l'exil ; 1 Ro 5:4 et suivant, où Palestine et Syrie sont appelées pays d'au-delà de l'Euphrate. Plusieurs prédictions décrivent l'exil de visu : 2Ro 22:15-20.

Mais ces différents passages semblent bien appartenir à un rédacteur moins ancien que l'auteur du grand ensemble. Si l'on convient d'appeler celui-ci RD, l'amplificateur animé du même esprit pourrait se désigner par RD 2 (cf. Bible de Kautzsch : Dt, Dt 2).

Cette hypothèse repose sur trois observations :

Des traits comme 1Ro 11:36, qui ne peuvent remonter à l'auteur, ne sauraient davantage dater d'après 586, sans tomber dans une cruelle ironie.

Salomon avant la construction du temple est tour à tour blâmé et excusé (1Ro 3:2 et suivant) pour son attitude à l'égard des hauts-lieux. Mêmes divergences entre 2Ro 17:18,21-23 et v. 7-17 : causes de la chute de l'Israël du Nord.

Certains passages supposant l'exil viennent de toute évidence en surcharge : 1Ro 5:4 9:1-9, 2Ro 17:19.

La première rédaction est donc très vraisemblablement comprise entre 621 et 586. Pouvant encore espérer le salut national par la fidèle observation de la loi, l'auteur vise à obtenir cet urgent résultat. Peut-être remontera-t-on au règne même de Josias, entre 621 et 608, après la réforme, mais avant le désastre de Méguiddo. L'ouvrage alors composé se serait achevé sur le récit de la réapparition de la loi.

Survient 586. Toute espérance subit le plus terrible des démentis. RD 2 s'attache alors à mettre les livres des Rois en harmonie avec la douloureuse réalité ; cf. 2Ro 21:7-15 22:15-20 24:2,4, 1Ro 8:46 9:6 et suivant, 2Ro 17:19 et suivant, etc. Les synchronismes, la notice 1Ro 6:1, les récits populaires 2Ro 18:17-20 19 peuvent aussi lui appartenir.

Cette seconde rédaction deutéronomiste fut achevée après la libération de Jojakin (561) et même, semble-t-il, après sa mort. On salue ce petit fait comme un gage de la délivrance prochaine, mais le livre ne s'achève pas moins sur une note désolée qui fait penser aux disciples d'Emmaüs. Wellhausen appelait le livre des Rois : « la grande confession de la nation exilée se remémorant son passé ».

Comme additions post-exiliques notons des retouches dans les synchronismes, deux petits midrachîm (contes à la manière de Ru ou de Jonas, dans 1Ro 13 et 2Ro 1), etc. Les remaniements, de peu d'importance, duraient encore lorsque fut entreprise la traduction grecque des LXX Jq. M.

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      Exode 2

      1 Un homme de la tribu de Lévi se marie avec une femme de la même tribu.
      2 Cette femme devient enceinte et elle met au monde un garçon. Elle voit que l’enfant est beau. Alors elle le cache pendant trois mois.
      3 Mais elle ne peut pas le cacher plus longtemps. Elle prend donc un panier fait avec des tiges de papyrus. Elle le recouvre avec du goudron et de la colle. Puis elle met le bébé dedans et va poser le panier parmi les roseaux, au bord du Nil.
      4 La sœur de l’enfant reste un peu plus loin pour voir ce qui se passera.
      5 Plus tard, la fille du roi d’Égypte descend vers le Nil pour se baigner. Pendant ce temps, les femmes qui sont avec elle se promènent le long du fleuve. La princesse aperçoit le panier au milieu des roseaux et elle envoie sa servante le prendre.
      6 Puis elle ouvre le panier et voit un petit garçon qui pleure. Elle a pitié de lui et dit : « C’est un petit Hébreu ! »
      7 La sœur de l’enfant demande à la princesse : « Est-ce que je dois aller chercher parmi les Hébreux une femme pour le nourrir ? Elle pourra allaiter l’enfant pour toi. »
      8 La princesse lui répond : « Va ! » Et la jeune fille va appeler la mère de l’enfant.
      9 La princesse dit à la femme : « Prends ce bébé ! Allaite-le pour moi, et je te paierai pour cela. » La femme prend le bébé et lui donne son lait.
      10 L’enfant grandit. Sa mère l’amène à la fille du roi d’Égypte. Celle-ci le prend pour fils. Elle dit : « Cet enfant, je l’ai tiré de l’eau, c’est pourquoi je vais l’appeler Moïse. »
      11 Un jour, Moïse, devenu adulte, va trouver ses frères hébreux. Il voit les durs travaux qu’on leur impose. Il aperçoit aussi un Égyptien en train de frapper un de ses frères hébreux.
      12 Moïse regarde autour de lui et il ne voit personne. Alors il tue l’Égyptien et le cache dans le sable.
      13 Le jour suivant, Moïse revient de nouveau. Il trouve deux Hébreux qui se battent. Il demande à celui qui a tort : « Pourquoi est-ce que tu frappes ton frère ? »
      14 Celui-ci lui répond : « Qui t’a nommé chef pour nous juger ? Est-ce que tu as l’intention de me tuer, comme tu as tué l’Égyptien ? » Moïse se dit : « C’est sûr, les gens savent ce que j’ai fait ! », et il a peur.
      15 Le roi d’Égypte, lui aussi, apprend la chose et il cherche à faire mourir Moïse. Mais Moïse s’enfuit et il va habiter au pays de Madian. Un jour, il s’assoit près d’un puits.
      16 Sept jeunes filles viennent puiser de l’eau et remplir les abreuvoirs. Elles vont donner à boire aux moutons et aux chèvres de leur père, qui est prêtre de Madian.
      17 Mais des bergers arrivent et ils chassent les jeunes filles. Alors Moïse vient à leur secours et il donne à boire à leurs bêtes.
      18 Elles reviennent chez leur père, Réouel. Celui-ci leur demande : « Vous rentrez très tôt aujourd’hui. Pourquoi ? »
      19 Elles répondent : « Un Égyptien nous a protégées contre les bergers. Il a même puisé de l’eau pour nous et il a donné à boire aux bêtes. »
      20 Réouel dit à ses filles : « Où est cet homme ? Vous ne l’avez pas amené ici ! Pourquoi donc ? Allez le chercher pour qu’il mange avec nous ! »
      21 Moïse accepte d’habiter chez Réouel. Celui-ci lui donne sa fille Séfora pour femme.
      22 Séfora met au monde un fils. Alors Moïse dit : « Je vais l’appeler Guerchom, c’est-à-dire “Étranger-là”. En effet, je suis maintenant installé dans un pays étranger. »
      23 Longtemps après, le roi d’Égypte meurt. Les Israélites gémissent et crient du fond de leur esclavage, et leur appel monte vers Dieu.
      24 Dieu entend leur plainte et il se souvient de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob.
      25 Il regarde les Israélites et comprend leur situation.

      Nombres 21

      14 Un chant dans le « Livre des guerres du SEIGNEUR » parle de la ville de Vaheb avec ses rivières, dans la région de Soufa. Il parle aussi du torrent de l’Arnon

      Deutéronome 2

      1 Ensuite, nous avons fait demi-tour et nous sommes repartis par le désert en direction de la mer des Roseaux, comme le SEIGNEUR me l’avait commandé. Nous avons passé beaucoup de temps dans cette région, autour des montagnes de Séir.
      2 Moïse continue : Un jour, le SEIGNEUR m’a dit :
      3 Vous êtes dans cette région depuis longtemps. Cela suffit maintenant. Prenez la direction du nord !
      4 Voici l’ordre que tu vas donner aux Israélites : « Vous allez traverser la région de Séir. C’est là que vos frères de la famille d’Ésaü habitent. Ils auront peur de vous. Mais attention !
      5 Ne les attaquez pas ! Je ne vous donnerai aucune terre en partage dans leur pays, même pas un endroit où poser vos pieds. En effet, c’est aux gens de la famille d’Ésaü que j’ai donné en partage la région montagneuse de Séir.
      6 Vous leur paierez en argent la nourriture que vous mangerez et même l’eau que vous boirez. »
      7 Oui, le SEIGNEUR votre Dieu vous a bénis dans tout ce que vous avez fait. Il a veillé sur vous quand vous avez traversé ce grand désert. Pendant 40 ans, il a été avec vous, et vous n’avez manqué de rien.
      8 Nous avons donc évité la région de Séir, là où habitent nos cousins, de la famille d’Ésaü. Nous avons évité aussi la route de la vallée, ainsi qu’Élath et Ession-Guéber. Nous avons changé de direction pour traverser le désert de Moab.
      9 Puis le SEIGNEUR m’a dit : « N’attaquez pas les Moabites, ne commencez pas à les combattre. Je ne vous donnerai aucune terre en partage dans leur pays. En effet, c’est aux gens de la famille de Loth que j’ai donné le pays d’Ar en partage. »
      10 – Autrefois c’étaient les Émites qui habitaient là. C’étaient des gens puissants, nombreux et aussi grands que ceux de la famille d’Anaq.
      11 Certains croyaient qu’ils étaient des Refaïtes, comme les Anaquites, mais les Moabites les appelaient Émites.
      12 La région de Séir, c’étaient les Horites qui l’habitaient autrefois. Mais les gens de la famille d’Ésaü les ont chassés, ils les ont tués pour s’installer à leur place. Plus tard, les Israélites ont fait la même chose dans le pays que le SEIGNEUR leur a donné et qu’ils possèdent. –
      13 Le SEIGNEUR nous a donné cet ordre : « Maintenant, partez et traversez le torrent de Zéred. » C’est ce que nous avons fait.
      14 Notre marche depuis Cadès-Barnéa jusqu’à la traversée du Zéred a duré 38 ans. À cette époque, toute la génération de ceux qui pouvaient faire la guerre au moment du départ avait disparu. Le SEIGNEUR leur avait juré cela
      15 et il avait lui-même agi pour qu’ils disparaissent tous du camp.
      16 Après la mort de tous ces combattants du peuple,
      17 le SEIGNEUR m’a dit :
      18 « Maintenant, vous allez passer la frontière de Moab et traverser le pays d’Ar.
      19 Vous allez arriver en face du pays des Ammonites. Ne les attaquez pas, ne commencez pas à les combattre. Je ne vous donnerai aucune terre en partage dans leur pays. En effet, c’est aux gens de la famille de Loth que j’ai donné cette région en partage. »
      20 – On pensait que cette région était aux Refaïtes. En effet, autrefois, des Refaïtes habitaient là. Les Ammonites les appelaient Zamzoumites.
      21 C’étaient des gens puissants, nombreux et aussi grands que ceux de la famille d’Anaq. Mais le SEIGNEUR les a fait disparaître à l’arrivée des Ammonites. Ceux-ci les ont chassés et ils se sont installés à leur place.
      22 Le SEIGNEUR a fait la même chose pour les Édomites, de la famille d’Ésaü, qui habitent la région de Séir. Il a tué les Horites à l’arrivée des Édomites. Ceux-ci les ont chassés et ils se sont installés à leur place. Ils y sont encore aujourd’hui.
      23 Les Avites habitaient autrefois dans les villages de la région de Gaza. Mais des gens venus de Kaftor les ont tués et ils se sont installés à leur place. –
      24 Ensuite le SEIGNEUR m’a dit : « Partez et traversez le torrent de l’Arnon. Je vais livrer en votre pouvoir le roi amorite Sihon, de Hèchebon, et son pays. Commencez à en prendre possession, attaquez-le !
      25 Dès aujourd’hui, je ferai en sorte que vous répandiez la terreur, et les peuples du monde entier auront peur de vous. Quand ils entendront parler de vous, ils trembleront et seront effrayés. »
      26 Moïse dit : À partir du désert de Quedémoth, j’ai envoyé des messagers à Sihon, roi de Hèchebon, avec des paroles de paix. Je lui ai dit :
      27 « Laisse-nous traverser ton pays. Nous marcherons seulement sur la route, sans aller ni à droite ni à gauche.
      28 Nous te paierons en argent la nourriture que nous mangerons et l’eau que nous boirons. Laisse-nous seulement traverser ton pays.
      29 Les gens de la famille d’Ésaü, qui habitent la région de Séir, nous ont permis de traverser leur pays, de même les Moabites qui habitent le pays d’Ar. Ensuite, nous passerons le Jourdain pour aller dans le pays que le SEIGNEUR notre Dieu nous donne. »
      30 Mais Sihon, le roi de Hèchebon, n’a pas voulu nous laisser passer chez lui. En effet, le SEIGNEUR votre Dieu a rendu son esprit et son cœur durs comme une pierre pour le livrer en votre pouvoir ce jour-là.
      31 Le SEIGNEUR m’a dit : « Écoute, dès maintenant, je livre Sihon et son pays en ton pouvoir. Commence donc à prendre possession de son pays. »
      32 Sihon et toute son armée sont venus à notre rencontre pour nous attaquer à Yahas.
      33 Le SEIGNEUR notre Dieu nous a donné la victoire : nous l’avons battu, lui, ses fils et toute son armée.
      34 Tout de suite après, nous avons pris toutes ses villes. À cause du SEIGNEUR, nous les avons complètement détruites, et nous avons tué les hommes, les femmes et les enfants. Nous n’avons laissé personne en vie.
      35 Nous avons seulement gardé comme richesses de guerre les animaux et les biens trouvés dans les villes que nous avons prises.
      36 Aucune ville n’a pu nous résister, depuis la ville d’Aroër sur le torrent de l’Arnon, depuis l’autre ville dans la même vallée, jusqu’au pays de Galaad. Le SEIGNEUR notre Dieu nous a livré toutes ces villes.
      37 Mais nous avons laissé le pays des Ammonites, c’est-à-dire toute la région située au bord du torrent du Yabboq, et aussi les villes dans la région montagneuse, avec tous les lieux que le SEIGNEUR nous avait interdit d’attaquer.

      Josué 10

      13 Le soleil s’arrête, et la lune reste immobile jusqu’à la victoire du peuple d’Israël sur ses ennemis. Voici ce qui est raconté dans le « Livre du Juste » : le soleil est resté immobile au milieu du ciel, il a retardé son coucher pendant presque un jour entier.

      2 Samuel 1

      18 Et il donne l’ordre de l’enseigner aux habitants de Juda. C’est le « chant de deuil de l’Arc », qui se trouve dans le « Livre du Juste ».

      2 Samuel 9

      1 Un jour, David demande : « Est-ce que quelqu’un de la famille de Saül est encore en vie ? Je voudrais agir envers lui avec bonté, à cause de Jonatan. »
      2 Or, la famille de Saül a eu un serviteur appelé Siba. On le fait venir devant le roi. David lui demande : « C’est toi, Siba ? » Il répond : « Oui, c’est moi. »
      3 Le roi dit : « Est-ce qu’il existe encore quelqu’un de la famille de Saül ? Je voudrais agir envers lui comme Dieu lui-même, avec bonté. » Siba répond au roi : « Il y a encore un fils de Jonatan. Il est handicapé des deux jambes. »
      4 Le roi demande : « Où est-il ? » Siba répond : « Il est chez Makir, le fils d’Ammiel, à Lo-Dabar. »
      5 Le roi David l’envoie chercher à Lo-Dabar.
      6 Quand Mefibaal, fils de Jonatan et petit-fils de Saül, arrive chez David, il s’incline jusqu’à terre devant lui. David lui dit : « C’est toi, Mefibaal ? » Il répond : « Oui, c’est moi. »
      7 David lui dit : « N’aie pas peur ! Je veux agir envers toi avec bonté, à cause de ton père Jonatan. Je te rendrai tous les champs de ton grand-père Saül, et toi, tu mangeras tous les jours à ma table. »
      8 Mefibaal s’incline et dit : « Je suis comme un chien mort. Pourquoi veux-tu prendre soin de moi ? »
      9 Mais le roi fait venir Siba, serviteur de Saül, et il lui dit : « Je donne à Mefibaal, le petit-fils de ton maître, tout ce qui appartenait à Saül et à toute sa famille.
      10 Toi, tes fils et tes serviteurs, vous cultiverez la terre pour lui. Ce que vous récolterez servira à nourrir sa famille, et Mefibaal mangera tous les jours à ma table. » Or, Siba avait 15 fils et 20 serviteurs.
      11 Il dit au roi : « Je ferai tout ce que tu me commandes. Mais Mefibaal a l’habitude de manger à ma table, parce qu’il est un petit-fils de Saül. »
      12 Mefibaal a un jeune fils, Mika. Tous ceux qui habitent dans la maison de Siba sont au service de Mefibaal.
      13 Comme il boite des deux pieds, il s’installe à Jérusalem. Ainsi, il peut aller manger tous les jours à la table du roi.

      2 Samuel 10

      1 Quelque temps après, Nahach, le roi des Ammonites, meurt, et son fils Hanoun devient roi à sa place.
      2 David se dit : « Je vais être bon avec Hanoun, fils de Nahach, comme son père l’a été avec moi. » David envoie alors quelques ministres pour montrer sa sympathie à Hanoun, à l’occasion de la mort de son père. Les ministres de David arrivent dans le pays des Ammonites.
      3 Mais les chefs ammonites disent à Hanoun, leur maître : « Si David t’envoie des ministres, à ton avis, est-ce que c’est vraiment pour honorer ton père et te montrer sa sympathie ? Est-ce qu’ils ne cherchent pas plutôt à se renseigner sur notre ville ? Cela leur permettra ensuite de la prendre. »
      4 Alors Hanoun fait arrêter les ministres de David : il leur fait raser la moitié de la barbe, couper la moitié de leurs vêtements jusqu’aux fesses, puis on les renvoie.
      5 David apprend cela. Il envoie des messagers à la rencontre de ses ministres qui sont couverts de honte. Le roi leur fait dire : « Restez à Jéricho jusqu’à ce que votre barbe ait repoussé, puis revenez ici. »
      6 Les Ammonites comprennent que David ne peut plus les supporter, à cause de ce qu’ils ont fait. Alors ils paient 20 000 soldats des États syriens de Beth-Rehob et de Soba, 1 000 soldats de l’armée du roi de Maaka et 12 000 hommes du pays de Tob.
      7 Quand David apprend cela, il envoie contre eux le général Joab et toute une armée de combattants courageux.
      8 Les Ammonites vont se ranger à l’entrée de leur capitale pour combattre. Les Syriens de Soba et de Beth-Rehob, ainsi que les soldats de Tob et de Maaka, se trouvent ailleurs dans la campagne.
      9 Joab voit que ses soldats et lui doivent attaquer à deux endroits, devant et derrière. Il choisit donc les meilleurs soldats d’Israël et il les place en face des Syriens.
      10 Il met son frère Abichaï à la tête du reste de l’armée, et il le place en face des Ammonites.
      11 Joab dit à son frère : « Si les Syriens sont plus forts que moi, tu viendras à mon secours. Si les Ammonites sont plus forts que toi, c’est moi qui viendrai t’aider.
      12 Sois courageux, combattons courageusement pour notre peuple et pour les villes de notre Dieu. Et que le SEIGNEUR agisse comme il le jugera bon ! »
      13 Joab avance avec les soldats qui sont avec lui. Il attaque les Syriens qui fuient devant eux.
      14 Les Ammonites voient que les Syriens ont fui. Ils fuient à leur tour devant Abichaï et ils rentrent dans leur ville. Alors Joab arrête de poursuivre les Ammonites et il revient à Jérusalem.
      15 Quand les Syriens voient que les Israélites les ont battus, ils rassemblent tous leurs soldats.
      16 Hadadézer envoie des messagers chercher les soldats syriens qui habitent de l’autre côté de l’Euphrate. Ils arrivent à Hélam. Chobak, chef de l’armée de Hadadézer, les commande.
      17 David l’apprend. Il rassemble tous les soldats d’Israël, il traverse le fleuve Jourdain et va à Hélam. Les Syriens se rangent pour le combat, en face de David. Ils attaquent,
      18 mais les Israélites les font fuir. David et ses soldats tuent 700 chevaux qui tirent les chars et 40 000 cavaliers. Ils blessent le général Chobak, qui meurt à cet endroit.
      19 Tous les rois sous le pouvoir de Hadadézer voient que les Israélites les ont battus. Alors ils font la paix avec les Israélites et se mettent sous leur pouvoir. Et les Syriens ont peur de revenir aider les Ammonites.

      2 Samuel 11

      1 L’année suivante, à la saison où les rois ont l’habitude de partir pour la guerre, le roi David envoie contre les Ammonites le général Joab, ses officiers et toute l’armée d’Israël. Ils tuent les habitants du pays et ils organisent l’attaque de Rabba, la capitale. David est resté à Jérusalem.
      2 À la fin d’un après-midi, après la sieste, David se promène sur le toit en terrasse de son palais. Il aperçoit une femme qui se baigne. Elle est très belle.
      3 Il envoie quelqu’un demander qui est cette femme. On lui répond : « C’est Batchéba, la fille d’Éliam et la femme d’Urie, le Hittite. »
      4 David envoie des messagers la chercher. Batchéba arrive chez le roi. Elle vient juste de se purifier après ses règles. David passe la nuit avec elle, puis elle rentre chez elle.
      5 Batchéba devient enceinte. Elle envoie quelqu’un dire à David : « J’attends un enfant. »
      6 Alors David adresse cet ordre à Joab : « Envoie-moi Urie le Hittite », et Joab l’envoie à David.
      7 Quand Urie arrive devant le roi, David lui demande : « Comment va Joab ? Et l’armée ? Comment se passe la guerre ? »
      8 Puis le roi dit à Urie : « Va chez toi et repose-toi ! » Urie quitte le palais, et le roi lui fait porter un cadeau.
      9 Mais Urie ne va pas dans sa maison. Il va dormir avec les gardes du roi, à l’entrée du palais.
      10 David l’apprend. Alors il demande à Urie : « Voyons, tu viens de faire un long voyage et tu n’es pas rentré chez toi. Pourquoi donc ? »
      11 Urie répond à David : « Le coffre sacré est sous une tente. L’armée d’Israël et de Juda habitent sous des tentes. Le général Joab et tes officiers campent dans des champs. Moi, pendant ce temps, est-ce que je peux aller dans ma maison pour manger, boire et coucher avec ma femme ? Par ta vie, je le jure, je ne ferai jamais une chose pareille ! »
      12 David dit à Urie : « Reste ici encore aujourd’hui, et demain, je te laisserai partir. » Urie reste donc à Jérusalem ce jour-là et le jour suivant.
      13 David l’invite à manger et à boire à sa table. David le rend ivre. Pourtant, le soir, Urie ne rentre pas chez lui. Il va dormir avec les gardes du roi.
      14 Le matin suivant, David écrit une lettre à Joab et il la fait porter par Urie.
      15 Dans cette lettre, il dit : « Place Urie juste devant les ennemis, là où le combat est le plus violent. Ensuite, retirez-vous et laissez-le seul. De cette façon, l’ennemi le frappera, et il mourra. »
      16 Joab surveille la ville de Rabba. Il fait exprès de placer Urie à un endroit où il sait que les ennemis sont les plus forts.
      17 Les hommes sortent de la ville pour attaquer les Israélites. Ils tuent des soldats et des officiers de David. Urie le Hittite meurt aussi.
      18 Joab envoie un messager raconter à David tout ce qui s’est passé pendant le combat.
      19 Il lui donne cet ordre : « Quand tu auras fini de raconter le combat au roi,
      20 il va peut-être se mettre en colère et te dire : “Vous êtes venus trop près de la ville pour combattre. Pourquoi ? Est-ce que vous ne savez pas que quelqu’un peut tirer du haut des murs ?
      21 Qui a tué Abimélek, le fils de Yeroubaal, à Tébès ? C’est une femme ! Elle a lancé sur lui une grosse pierre du haut du mur, et il est mort ! Pourquoi est-ce que vous êtes venus si près des murs de la ville ?” Si le roi te dit cela, tu ajouteras : “L’officier Urie, le Hittite, est mort aussi.” »
      22 Le messager part. À son arrivée, il raconte à David ce que Joab l’a chargé de dire.
      23 Il dit : « Ceux qui défendaient la ville étaient plus forts que nous. Ils sont sortis contre nous dans la campagne. Nous les avons repoussés jusqu’à l’entrée de la ville.
      24 Mais les tireurs à l’arc nous ont lancé des flèches du haut des murs. Parmi les officiers, quelques-uns sont morts, en particulier Urie le Hittite. »
      25 Le roi répond au messager : « Va dire à Joab : “Ne t’en fais pas pour cette affaire. À la guerre, il y a toujours des morts, celui-ci ou celui-là. Attaque violemment la ville et détruis-la !” »
      26 Batchéba, la femme d’Urie, apprend la mort de son mari. Elle fait les cérémonies de deuil.
      27 Quand le temps du deuil est fini, David la fait venir chez lui. Elle devient sa femme et elle lui donne un fils. Mais ce que David a fait déplaît au SEIGNEUR.

      2 Samuel 12

      1 Alors le SEIGNEUR envoie le prophète Natan à David. Natan entre chez le roi et lui dit : « Dans une ville, il y avait deux hommes. L’un était riche, l’autre était pauvre.
      2 Le riche avait beaucoup de moutons et beaucoup de bœufs.
      3 Le pauvre n’avait rien du tout, sauf une petite brebis qu’il avait achetée. Il lui donnait à manger, et la brebis grandissait avec ses enfants. Elle mangeait la même nourriture que lui et elle buvait le même lait. La brebis dormait à côté de lui. Elle était comme sa fille.
      4 Un jour, un visiteur arrive chez l’homme riche. Celui-ci ne veut pas prendre un mouton ni un bœuf de son troupeau pour préparer le repas. Alors il prend la petite brebis du pauvre et la fait cuire pour son visiteur. »
      5 David se met dans une violente colère contre ce riche et il dit à Natan : « Aussi vrai que le SEIGNEUR est vivant, l’homme qui a fait cela mérite la mort !
      6 Il a agi sans aucune pitié ! Il doit remplacer la brebis volée par quatre autres brebis ! »
      7 Natan dit à David : « L’homme qui a fait cela, c’est toi ! Et voici ce que le SEIGNEUR, Dieu d’Israël, te dit : “Je t’ai consacré comme roi d’Israël. Je t’ai délivré de la main de Saül.
      8 Je t’ai donné autorité sur la famille de ton maître Saül. J’ai mis dans tes bras les femmes de ton maître. Je t’ai donné les peuples d’Israël et de Juda. Si ce n’est pas assez, je peux encore te donner deux fois plus.
      9 Pourtant, tu n’as pas respecté mes commandements. Pourquoi donc ? Tu as fait ce qui est mal à mes yeux. Pourquoi ? Tu as assassiné Urie le Hittite. Oui, tu l’as fait tuer par les Ammonites et tu as pris sa femme pour en faire ta femme !
      10 Eh bien, à partir de maintenant, il y aura toujours des morts violentes dans ta famille. En effet, tu t’es moqué de moi en prenant pour femme la femme d’Urie le Hittite.
      11 Écoute bien ce que je t’annonce : je vais faire venir le malheur sur toi, et ce malheur viendra de ta propre famille. Je vais prendre tes femmes sous tes yeux, pour les donner à l’un de tes parents. Et celui-ci couchera avec tes femmes en plein jour.
      12 Oui, ce que tu as fait dans le secret, moi, je le ferai arriver en plein jour, devant tout ton peuple.” »
      13 Alors David répond à Natan : « Je reconnais mon péché devant le SEIGNEUR. » Natan dit à David : « Dans ce cas, le SEIGNEUR te pardonne. Tu ne vas pas mourir.
      14 Mais dans cette affaire, tu as gravement méprisé le SEIGNEUR. C’est pourquoi ton enfant, qui vient de naître, doit mourir. »
      15 Ensuite Natan rentre chez lui. Le SEIGNEUR envoie une maladie à l’enfant que la femme d’Urie a donné à David.
      16 David supplie Dieu pour l’enfant. Il se met à jeûner, et quand il rentre chez lui pour la nuit, il couche par terre.
      17 Ses serviteurs les plus respectés viennent auprès de lui et ils l’invitent à se relever. Mais le roi refuse et ne veut rien manger avec eux.
      18 Au bout d’une semaine, l’enfant meurt. Les serviteurs ont peur de le dire à David. Ils pensent : « Quand l’enfant vivait encore, nous avons parlé au roi. Il ne voulait pas nous écouter. Comment lui annoncer maintenant que l’enfant est mort ? Il risque de réagir très mal. »
      19 David les voit parler tout bas entre eux. Il comprend que l’enfant est mort. Il demande à ses serviteurs : « Est-ce que mon fils est mort ? » Ils répondent : « Oui, il est mort. »
      20 Alors David se relève de terre. Il se lave, se parfume et change de vêtements. Puis il va dans la maison du SEIGNEUR pour l’adorer. Ensuite il rentre chez lui, il demande qu’on lui serve un repas et se met à manger.
      21 Ses serviteurs lui demandent : « Qu’est-ce que tu fais là ? Quand ton fils vivait encore, tu jeûnais et tu pleurais. Maintenant qu’il est mort, tu te relèves de terre et tu manges ! »
      22 Le roi répond : « Oui, quand l’enfant vivait encore, je jeûnais et je pleurais. Je me disais : “Qui sait ? Le SEIGNEUR aura peut-être pitié de moi, et l’enfant vivra.”
      23 Maintenant qu’il est mort, à quoi sert de jeûner ? Je ne pourrai pas le faire revenir à la vie ! Moi, j’irai vers lui, mais lui ne reviendra pas vers moi. »
      24 David va consoler sa femme Batchéba et il passe la nuit avec elle. Elle met au monde un fils, et David l’appelle Salomon. Le SEIGNEUR l’aime.
      25 Il le dit à David par l’intermédiaire du prophète Natan. À cause de cet amour, David donne à son fils le nom de Yedidia, ce qui veut dire « aimé du SEIGNEUR ».
      26 Pendant ce temps, le général Joab attaque Rabba, la capitale des Ammonites. Il prend le quartier où le roi habite.
      27 Il envoie des messagers à David pour lui dire : « J’ai attaqué Rabba et j’ai pris le quartier où l’eau se trouve en réserve.
      28 Maintenant, rassemble le reste de l’armée, viens attaquer la ville pour la prendre toi-même. Moi, je ne peux pas la prendre, sinon, l’honneur serait pour moi. »
      29 David rassemble le reste de l’armée, il vient attaquer la ville de Rabba et la prend.
      30 Il enlève la couronne qui est sur la tête de la statue de Molek, le dieu des Ammonites. Cette couronne pèse plus de 30 kilos et porte une pierre précieuse. On met cette pierre sur la couronne de David. De plus, David emporte de nombreuses richesses de guerre prises dans la ville.
      31 David déporte les habitants et il leur fait faire certains travaux : scier et tailler les pierres, abattre des arbres, fabriquer des briques. David traite de la même façon toutes les autres villes des Ammonites. Ensuite, il rentre à Jérusalem avec toute son armée.

      2 Samuel 13

      1 Après cela, voici ce qui arrive. Absalom, fils de David, a une sœur très belle qui s’appelle Tamar. Amnon, un autre fils de David, en devient amoureux.
      2 Il se rend malade de chagrin à cause de Tamar, sa demi-sœur. En effet, il lui semble impossible de s’approcher d’elle, car elle n’a jamais couché avec un homme.
      3 Amnon a un ami très rusé. C’est Yonadab, fils de Chamma, et neveu de David.
      4 Yonadab demande à Amnon : « Tous les matins, tu es découragé, prince. Tu ne veux pas me dire pourquoi ? » Amnon répond : « Je suis amoureux de Tamar, la sœur de mon demi-frère Absalom. »
      5 Yonadab lui dit : « Eh bien, couche-toi sur ton lit et fais semblant d’être malade. Quand ton père viendra te voir, tu lui diras : “Permets à ma sœur Tamar de venir me donner à manger. Elle préparera la nourriture sous mes yeux pour que je la voie faire. Elle me servira et je mangerai.” »
      6 Alors Amnon se couche et fait semblant d’être malade. Le roi va le voir, et Amnon lui dit : « Permets à ma sœur Tamar de venir préparer deux petits gâteaux sous mes yeux. Elle me les servira elle-même, et je les mangerai. »
      7 David envoie quelqu’un chez Tamar pour lui dire : « Va chez ton frère Amnon et prépare-lui à manger. »
      8 Tamar va chez Amnon et elle le trouve au lit. Elle prépare de la pâte, elle la travaille, fait des gâteaux sous ses yeux et les fait cuire.
      9 Ensuite, elle prend la poêle et présente les gâteaux pour qu’il les mange, mais il refuse. Il demande de faire sortir tout le monde, et tous sortent.
      10 Alors il dit à Tamar : « Apporte ces gâteaux dans ma chambre. Tu me les serviras, et je les mangerai. » Tamar prend les gâteaux et elle les porte à Amnon dans sa chambre.
      11 Elle lui présente les gâteaux à manger. À ce moment-là, Amnon saisit Tamar et lui dit : « Viens au lit avec moi, ma sœur ! »
      12 Elle lui répond : « Non, mon frère, ne me fais pas violence ! On n’agit pas de cette façon en Israël. Ne commets pas cet acte horrible,
      13 sinon, je vais perdre mon honneur ! Où pourrai-je aller ensuite ? Et toi, tu seras comme un homme qui ne vaut rien en Israël. Je t’en prie, va parler au roi. Il ne refusera pas de me donner à toi. »
      14 Mais Amnon ne veut pas l’écouter. Il la saisit, lui fait violence et couche avec elle.
      15 Ensuite, Amnon se met à haïr Tamar. Sa haine est plus violente que l’amour qu’il a eu pour elle. Il lui dit : « Va-t’en ! »
      16 Tamar crie : « Non ! Si tu me chasses, ce sera un mal plus grand que celui que tu m’as déjà fait. » Mais Amnon ne veut pas l’écouter.
      17 Il appelle son serviteur et lui dit : « Chasse cette fille de chez moi ! Ferme la porte à clé derrière elle ! »
      18 Le serviteur chasse Tamar et ferme la porte à clé. Tamar portait une très belle robe, comme les princesses en portaient d’habitude avant d’être mariées.
      19 Elle déchire sa belle robe et se couvre la tête de cendre. Elle met la main sur sa tête en signe de honte et s’en va en poussant des cris.
      20 Son frère Absalom lui demande : « Est-ce qu’Amnon t’a fait violence, petite sœur ? Maintenant, tais-toi, c’est ton frère. Ne t’en fais pas trop pour cela ! » Tamar reste dans la maison de son frère Absalom, comme une femme abandonnée.
      21 Le roi David apprend ce qui s’est passé et il est très en colère. Pourtant il ne fait pas de reproches à Amnon. C’est son fils aîné, et il l’aime beaucoup.
      22 Absalom ne parle plus à Amnon. Il le déteste parce qu’il a fait violence à sa sœur Tamar.
      23 Deux ans passent. Un jour, ceux qui coupent la laine des moutons sont chez Absalom, à Baal-Hassor, près d’Éfraïm. Absalom invite donc tous les fils du roi.
      24 Il va trouver David et lui dit : « Mon roi, les tondeurs de moutons sont chez moi. Accepte de venir à cette fête avec tes ministres. »
      25 Le roi répond : « Non, mon fils, nous n’irons pas tous chez toi, cela coûterait trop cher. » Absalom insiste, mais le roi refuse d’y aller. Il lui donne seulement sa bénédiction.
      26 Absalom dit encore : « Si tu ne viens pas, permets au moins à mon frère Amnon de venir avec nous. » Le roi demande : « Pourquoi donc ? »
      27 Absalom insiste de nouveau. À la fin, le roi laisse Amnon et ses autres fils partir avec Absalom. Alors Absalom prépare un repas, un vrai repas de roi.
      28 Il donne cet ordre à ses serviteurs : « Surveillez Amnon ! Quand il sera gai à cause du vin, et que je vous dirai : “Frappez Amnon !”, tuez-le ! N’ayez pas peur, c’est moi qui vous donne cet ordre. N’hésitez pas et montrez votre courage ! »
      29 Les serviteurs obéissent à Absalom et tuent Amnon. Aussitôt les autres fils du roi se lèvent, ils montent chacun sur son mulet et ils fuient.
      30 Ils sont encore en route quand David apprend cette nouvelle : « Absalom a tué tous tes fils. Il n’en reste pas un seul en vie. »
      31 Alors le roi déchire ses vêtements et il se couche par terre. Tous ses ministres sont là, les habits déchirés.
      32 Mais Yonadab, fils de Chamma et neveu de David, prend la parole et dit : « Mon roi, ne crois pas que tous tes fils sont morts. Amnon seul est mort. Absalom a décidé cela le jour où Amnon a fait violence à sa sœur Tamar.
      33 Ne pense donc pas que tous tes fils sont morts. Amnon seul est mort,
      34 et Absalom est en fuite. » Le jeune homme qui surveille la route aperçoit tout à coup une troupe nombreuse. Elle descend par la route de Horonaïm, sur le côté de la colline. Il vient prévenir le roi : « J’ai vu des gens arriver par la route de Horonaïm, sur le côté de la colline. »
      35 Alors Yonadab dit au roi : « Ce sont tes fils qui arrivent. Tout s’est passé comme je l’ai dit. »
      36 Yonadab finit à peine de parler quand les fils du roi arrivent. Ils se mettent à pleurer à grands cris. Le roi et tous ses ministres pleurent beaucoup, eux aussi.
      37 Absalom a fui et il est allé chez Talmaï, fils d’Ammihoud et roi de Guéchour. David, lui, porte tous les jours le deuil de son fils Amnon.
      38 Absalom, qui a fui à Guéchour, reste là-bas trois ans.
      39 Le roi David finit par se consoler de la mort d’Amnon, et sa colère contre Absalom se calme.

      2 Samuel 14

      1 Joab, fils de Serouia, voit que le roi David est mieux disposé envers Absalom.
      2 Alors il fait venir de Técoa une femme remplie de sagesse. Il lui dit : « Fais semblant d’être en deuil. Porte des habits de deuil, ne mets pas de parfum. Fais comme si tu pleurais un mort depuis longtemps.
      3 Va voir le roi. Je vais t’indiquer ce que tu lui diras. » Et Joab explique à la femme ce qu’elle doit dire au roi.
      4 La femme de Técoa va trouver le roi. Elle s’incline jusqu’à terre devant lui et dit : « Viens à mon secours, mon roi ! »
      5 Le roi lui demande : « Qu’est-ce que tu as ? » Elle répond : « Hélas ! Je suis veuve, mon mari est mort !
      6 J’avais deux fils. Ils se sont battus dans la campagne. Il n’y avait personne pour les séparer, et l’un de mes fils a tué l’autre.
      7 Alors tous ceux de notre clan se sont mis contre moi. Ils m’ont dit : “Livre-nous l’assassin ! Nous allons le tuer pour venger la mort de son frère. De cette façon, nous supprimerons aussi l’héritier !” Ainsi, ils veulent m’enlever le seul espoir qui me reste. Ils refusent de laisser à mon mari un enfant qui porte son nom sur la terre. »
      8 Le roi dit à la femme : « Rentre chez toi. Je vais donner des ordres à ton sujet. »
      9 La femme de Técoa dit au roi : « Mon roi, ma famille et moi, nous acceptons d’être responsables de ce qui arrivera. Que cela ne retombe pas sur toi ni sur la famille royale ! »
      10 Le roi dit : « Si quelqu’un parle contre toi, amène-le ici. Il ne recommencera plus à te faire du mal. »
      11 La femme continue : « Mon roi, rappelle-toi qui est le SEIGNEUR ton Dieu ! Alors l’homme chargé de venger la mort de mon premier fils n’augmentera pas mon malheur en tuant le deuxième ! » Le roi répond : « Par le SEIGNEUR vivant, je le jure, aucun cheveu de ton fils ne tombera à terre. »
      12 La femme dit encore : « Mon roi, permets-moi d’ajouter encore quelque chose. » Le roi lui dit : « Oui, je t’écoute. »
      13 La femme dit au roi : « Pourquoi est-ce que tu as agi contre le peuple de Dieu ? En effet, tu ne permets pas à Absalom de revenir du pays où tu l’as chassé. Or, en parlant comme tu viens de le faire, tu reconnais d’une certaine façon que tu as tort.
      14 Nous devons tous mourir un jour. Nous ressemblons à l’eau qu’on verse par terre et qu’on ne peut plus reprendre. Mais pour Absalom, Dieu a d’autres pensées que toi : celui qui a été chassé au loin ne doit pas rester loin de lui.
      15 Maintenant, je suis venue te dire tout cela, parce que les gens m’ont effrayée. J’ai pensé : “Je parlerai au roi. Il fera peut-être ce que je lui dirai.
      16 Il acceptera de me délivrer de celui qui veut nous supprimer, mon fils et moi, du peuple de Dieu.”
      17 En effet, je me suis dit : “Ce que le roi dira aidera sûrement à faire la paix. Oui, le roi est comme un ange de Dieu, il sait distinguer le bien du mal.” Que le SEIGNEUR ton Dieu soit avec toi ! »
      18 Le roi dit à la femme : « J’ai une question à te poser, réponds-moi franchement. » La femme répond : « Je t’écoute, mon roi. »
      19 Le roi demande : « Est-ce que ce n’est pas Joab qui est derrière tout cela ? » La femme lui répond : « Aussi vrai que tu es vivant, c’est bien lui ! Oui, ton serviteur Joab m’a donné des ordres. C’est lui qui m’a indiqué ce que je devais dire.
      20 Il a fait cela pour changer la situation. Et toi, mon roi, tu es aussi sage qu’un ange de Dieu, tu comprends tout ce qui se passe sur la terre. »
      21 Ensuite, le roi parle à Joab. Il lui dit : « J’ai décidé de faire ce que tu proposes. Va chercher Absalom et fais-le revenir ici. »
      22 Joab s’incline jusqu’à terre devant le roi. Il le remercie en disant : « Mon roi, je sais maintenant que tu me montres toujours ta bonté. En effet, tu acceptes de faire ce que j’ai proposé. »
      23 Joab se relève et part pour Guéchour. Il ramène Absalom à Jérusalem.
      24 Mais le roi dit : « Absalom doit aller chez lui ! Qu’il ne vienne pas se présenter devant moi ! » Alors Absalom rentre chez lui et il ne voit pas le roi.
      25 Dans tout le pays d’Israël, aucun homme n’est aussi beau qu’Absalom. Il reçoit beaucoup de compliments. Des pieds à la tête, il n’y a pas de défaut en lui.
      26 À la fin de chaque année, il se coupe les cheveux parce qu’ils sont trop lourds : ils pèsent plus de deux kilos.
      27 Absalom a trois fils et une fille. La fille s’appelle Tamar, elle est très belle.
      28 Absalom reste deux ans à Jérusalem, mais le roi ne le reçoit pas.
      29 Un jour, il fait appeler Joab pour l’envoyer auprès du roi, mais Joab refuse de venir. Il le fait appeler une deuxième fois, Joab refuse encore.
      30 Alors Absalom dit à ses serviteurs : « Vous voyez le champ d’orge qui est à côté du mien. C’est celui de Joab. Allez y mettre le feu ! » Les serviteurs obéissent.
      31 Aussitôt Joab va chez Absalom. Il lui demande : « Pourquoi tes serviteurs ont-ils mis le feu à mon champ ? »
      32 Absalom répond : « Parce que je t’ai demandé de venir me trouver et que tu as refusé. Je voulais t’envoyer chez le roi pour que tu lui demandes pourquoi je suis revenu de Guéchour. Il vaudrait mieux que j’y sois encore ! Maintenant, je veux que le roi me reçoive. Et si je suis coupable, qu’il me fasse mourir ! »
      33 Joab porte au roi le message d’Absalom. Alors le roi fait appeler Absalom. Celui-ci vient le trouver et s’incline jusqu’à terre devant lui. Et le roi l’embrasse.

      2 Samuel 15

      1 Ensuite, Absalom réussit à avoir un char et des chevaux, avec 50 hommes qui courent devant son char.
      2 Tôt le matin, il se tient au bord de la route, à l’entrée de la ville. Chaque fois qu’une personne va chez le roi pour demander justice dans un procès, Absalom l’appelle. Il lui demande : « Tu es de quelle ville ? » L’autre répond qu’il vient de telle ou telle tribu d’Israël.
      3 Absalom lui dit : « Ton affaire est bonne et juste, mais personne ne t’écoutera de la part du roi. »
      4 Et il ajoute : « Ah ! si j’étais juge dans ce pays ! Tous ceux qui sont en procès ou qui ont une cause à défendre viendraient me trouver, et je leur rendrais justice. »
      5 Quand un homme s’approche pour se mettre à genoux devant lui, Absalom lui tend la main, il le retient et l’embrasse.
      6 Absalom agit ainsi envers tous ceux qui viennent demander justice au roi. Ainsi, il gagne le cœur des Israélites de façon malhonnête.
      7 Quatre ans plus tard, Absalom dit au roi : « Laisse-moi aller à Hébron. Je veux tenir la promesse que j’ai faite au SEIGNEUR.
      8 En effet, quand j’habitais à Guéchour, en Syrie, j’ai dit : “Si le SEIGNEUR me ramène à Jérusalem, je lui offrirai des sacrifices à Hébron.” »
      9 Le roi lui répond : « Va en paix. » Absalom part donc pour Hébron.
      10 De là, il envoie des gens dans toutes les tribus d’Israël en leur disant : « Quand vous entendrez sonner de la trompette, vous annoncerez : Absalom est devenu roi à Hébron. »
      11 Deux cents hommes, invités par Absalom, sont partis avec lui de Jérusalem sans mauvaise intention. Ils ne savaient rien de cette affaire.
      12 Absalom offre les sacrifices. Pendant ce temps, il envoie chercher Ahitofel, conseiller de David, dans la ville de Guilo, où il habite. Ainsi, les gens qui sont pour Absalom sont de plus en plus nombreux, et le complot devient puissant.
      13 Quelqu’un vient dire à David : « Les Israélites ont pris le parti d’Absalom. »
      14 Aussitôt David dit à tous les ministres qui sont avec lui à Jérusalem : « Fuyons ! Sinon Absalom ne nous laissera pas en vie. Dépêchons-nous ! Autrement, il va nous rattraper rapidement. Et il fera tomber le malheur sur la ville en tuant tous les habitants. »
      15 Les ministres répondent à David : « Notre roi, tu peux décider ce que tu veux, nous sommes avec toi ! »
      16 Alors le roi part à pied, avec toute sa famille. Il laisse seulement dix femmes de deuxième rang pour s’occuper du palais.
      17 Au moment où le roi sort de Jérusalem avec tous ceux qui le suivent, ils s’arrêtent près de la dernière maison.
      18 Tous les serviteurs du roi se mettent à défiler : les Crétois et les Pélétiens, puis les 600 soldats de la ville de Gath qui ont suivi David. Tous défilent devant le roi.
      19 Celui-ci dit à Ittaï, chef des soldats de Gath : « Pourquoi est-ce que tu viens avec nous ? Retourne en ville et reste avec le nouveau roi. Tu es un étranger, tu as même été chassé de ton pays.
      20 Tu viens d’arriver, et aujourd’hui, je t’entraînerais avec nous ? Je ne sais même pas où aller. Non, retourne à Jérusalem et ramène tes frères avec toi. Et que le SEIGNEUR te montre sa bonté et sa fidélité ! »
      21 Mais Ittaï répond : « Par le SEIGNEUR vivant et par ta vie, mon roi, je le jure : là où tu seras, je serai, pour vivre ou mourir avec toi. »
      22 David lui dit : « Bon, passe devant ! » Ittaï passe donc devant, avec ses soldats, leurs femmes et leurs enfants.
      23 Tout le monde pleure à grands cris, pendant que les soldats défilent. Le roi traverse le torrent du Cédron avec ceux qui l’accompagnent. Il prend la route qui conduit au désert.
      24 Le prêtre Sadoc est là aussi avec les lévites qui portent le coffre sacré de l’alliance. Les lévites posent le coffre, et le prêtre Abiatar offre des sacrifices jusqu’à ce que tous ceux qui sortent de la ville finissent de passer.
      25 Le roi dit alors à Sadoc : « Ramène le coffre sacré en ville. Si le SEIGNEUR montre sa bonté envers moi, il me fera revenir. Il me permettra de revoir le coffre et la tente sacrée.
      26 Si au contraire, le SEIGNEUR dit qu’il ne veut plus de moi, j’accepte. Qu’il me traite comme il lui semble bon ! »
      27 Puis le roi dit encore au prêtre Sadoc : « Tu vois la situation. Retourne en paix à Jérusalem avec ton fils Ahimaas, avec Abiatar et son fils Yonatan.
      28 Moi, je vais rester dans les plaines du désert près des lieux de passage du Jourdain. J’attends de recevoir des nouvelles de vous. »
      29 Sadoc et Abiatar ramènent alors le coffre sacré à Jérusalem et ils restent dans la ville.
      30 David monte le mont des Oliviers en pleurant. Il s’est couvert le visage d’un voile et il marche pieds nus. Tous ceux qui sont avec lui ont aussi le visage couvert d’un voile et ils pleurent.
      31 Quelqu’un vient dire à David : « Ahitofel fait partie des comploteurs avec Absalom. » David dit : « SEIGNEUR, fais que les conseils d’Ahitofel soient stupides ! »
      32 Au moment où David arrive en haut du mont des Oliviers, là où on adore Dieu, Houchaï, l’Arkite, son conseiller, vient à sa rencontre. Son vêtement est déchiré et sa tête est couverte de poussière.
      33 David lui dit : « Ne viens pas avec moi, tu seras une charge pour moi.
      34 Mais retourne en ville et va dire à Absalom : “Mon roi, je veux être à ton service. Autrefois, j’ai été au service de ton père, mais maintenant, je veux te servir.” De cette façon, tu pourras t’opposer aux conseils d’Ahitofel et tu m’aideras.
      35 Les prêtres Sadoc et Abiatar te soutiendront. Tu leur répéteras tout ce que tu apprendras dans le palais du roi.
      36 Ahimaas, fils de Sadoc, et Yonatan, fils d’Abiatar, sont avec leurs pères. Donc, vous les enverrez me dire tout ce que vous apprendrez. »
      37 Houchaï, conseiller de David, rentre à Jérusalem au moment même où Absalom arrive.

      2 Samuel 16

      1 David vient de dépasser le sommet de la colline. À ce moment-là, Siba, le serviteur de Mefibaal, arrive à sa rencontre. Il conduit deux ânes qui portent 200 pains, 100 grappes de raisins secs, 100 figues et une outre de vin.
      2 Le roi lui demande : « Qu’est-ce que tu veux faire de tout cela ? » Siba répond : « Mon roi, les ânes serviront pour transporter ta famille. Les pains et les figues sont pour nourrir tes soldats. Le vin servira de boisson pour ceux qui seront fatigués dans le désert. »
      3 Le roi demande encore : « Où est Mefibaal, le petit-fils de ton maître Saül ? » Siba répond : « Il est resté à Jérusalem. En effet, il a dit : “Maintenant, les Israélites vont me rendre le pouvoir royal de mon grand-père.” »
      4 David dit à Siba : « Eh bien, tout ce qui était à Mefibaal, c’est à toi. » Alors Siba s’incline et dit : « Je te remercie pour ta bonté, mon roi. »
      5 Le roi David arrive près de Bahourim. Au même moment, un certain Chiméi, fils de Guéra, sort de ce village. Il est du même clan que Saül. Chiméi se met à lancer des malédictions contre le roi.
      6 Il jette des pierres à David et à tous ses ministres. Pourtant le peuple et les soldats marchent à droite et à gauche du roi.
      7 Voici ce que Chiméi dit dans ses malédictions : « Va-t’en, va-t’en, assassin, tu ne vaux rien !
      8 Le SEIGNEUR te fait payer pour tous ceux que tu as tués dans la famille de Saül ! Tu as volé le pouvoir royal à Saül. C’est pourquoi le SEIGNEUR le donne à ton fils Absalom. Et toi, maintenant, tu es dans le malheur, parce que tu es un assassin ! »
      9 Alors Abichaï, fils de Serouia, dit au roi : « Pourquoi est-ce que ce chien mort maudit le roi ? Laisse-moi passer, je vais lui couper la tête. »
      10 Mais le roi répond : « Qu’est-ce que vous me voulez, toi et ton frère Joab ? Si cet homme me maudit, c’est peut-être que le SEIGNEUR lui a dit de me maudire. Alors, qui peut lui faire des reproches ? »
      11 David ajoute pour Abichaï et pour tous ses ministres : « Mon fils, celui qui est né de moi, veut me tuer. Alors, pourquoi être surpris par les paroles de ce Benjaminite ? Laissez-le lancer ses malédictions, si le SEIGNEUR lui a dit de le faire.
      12 Le SEIGNEUR verra peut-être ma misère. Alors il changera sa malédiction d’aujourd’hui en bonheur. »
      13 David et ses soldats avancent sur le chemin. Chiméi marche en même temps qu’eux, sur le côté de la montagne, pas très loin de David. Il continue à lancer des malédictions, à leur jeter des pierres et de la terre.
      14 Enfin, le roi et tous ceux qui le suivent arrivent au bord du fleuve Jourdain. Ils sont épuisés et se reposent à cet endroit.
      15 Absalom est entré dans Jérusalem avec une foule d’Israélites. Ahitofel est avec lui.
      16 Houchaï, l’Arkite, conseiller de David, arrive près d’Absalom et il crie : « Vive le roi ! Vive le roi ! »
      17 Absalom lui dit : « C’est ainsi que tu es fidèle à ton ami David ? Pourquoi est-ce que tu n’es pas parti avec lui ? »
      18 Houchaï répond : « Impossible ! Le SEIGNEUR et tout le peuple d’Israël ont choisi un roi. C’est à ce roi que j’appartiens, je resterai donc avec mon roi.
      19 Deuxièmement, je vais servir qui ? Tu es le fils de mon ami, n’est-ce pas ? J’ai été au service de ton père jusqu’à aujourd’hui. Maintenant, c’est toi que je servirai. »
      20 Absalom dit à Ahitofel : « Cherchez entre vous ce que nous devons faire. »
      21 Ahitofel dit à Absalom : « Va coucher avec les femmes que ton père a laissées pour s’occuper du palais. Ainsi ton père ne pourra plus te supporter. Tous les Israélites le sauront, et ceux qui sont avec toi seront encouragés. »
      22 Alors on dresse une tente pour Absalom sur la terrasse du palais. Absalom va coucher avec les femmes de son père, et tout le monde le sait en Israël.
      23 À ce moment-là, les gens écoutent Ahitofel comme si c’était Dieu qui parlait. David ainsi qu’Absalom suivent toujours tous ses conseils.

      2 Samuel 17

      1 Ahitofel dit à Absalom : « Laisse-moi choisir 12 000 hommes. Je vais partir poursuivre David cette nuit même.
      2 J’arriverai près de lui par surprise quand il sera sans force et découragé. Je le ferai trembler de peur, et tous ceux qui sont avec lui fuiront. Alors je tuerai le roi quand il sera seul.
      3 En effet, quand celui que tu cherches sera mort, tout le monde reviendra à toi et vivra en paix. »
      4 Ce conseil semble bon à Absalom et à tous les anciens d’Israël.
      5 Pourtant Absalom dit : « Appelez aussi Houchaï, l’Arkite. Il nous donnera son avis. »
      6 Houchaï arrive, et Absalom lui dit : « Voici ce qu’Ahitofel a conseillé. Est-ce que nous devons réaliser son projet ou non ? Qu’est-ce que tu en penses ? »
      7 Houchaï répond à Absalom : « Cette fois-ci, le conseil d’Ahitofel n’est pas bon.
      8 Tu connais ton père et ses hommes ! Ce sont des combattants courageux. Ils sont en colère comme une ourse qui a perdu son petit dans la campagne. Ton père est un homme de guerre. Il ne passera pas la nuit avec le peuple.
      9 Maintenant il se cache sûrement dans une grotte ou ailleurs. Dès qu’il y aura des morts parmi nous, les gens l’apprendront et diront : “Les troupes d’Absalom ont perdu la bataille.”
      10 Alors même les meilleurs soldats, ceux qui sont courageux comme un lion, seront découragés. Oui, tous les Israélites le savent : ton père est un combattant courageux, et il a des soldats excellents avec lui.
      11 Voici le conseil que je donne : rassemble près de toi tous les soldats d’Israël, depuis Dan, au nord, jusqu’à Berchéba, au sud. Ils doivent être aussi nombreux que les grains de sable au bord de la mer. Puis tu iras toi-même combattre au milieu d’eux.
      12 Nous le trouverons, là où il sera, et nous tomberons sur lui comme la rosée sur le sol. Nous ne laisserons personne en vie, ni lui ni aucun des soldats qui sont avec lui.
      13 S’ils se réfugient dans une ville, tous nos soldats apporteront des cordes, et nous traînerons cette ville dans un torrent voisin. Alors on ne trouvera plus un seul caillou à cet endroit. »
      14 Absalom et les Israélites disent : « Le conseil de Houchaï vaut mieux que celui d’Ahitofel ! » En effet, le SEIGNEUR a décidé de faire échouer le conseil d’Ahitofel, qui était pourtant valable. Ainsi, il fera tomber le malheur sur Absalom.
      15 Houchaï raconte aux prêtres Sadoc et Abiatar ce qu’Ahitofel a conseillé à Absalom et aux anciens d’Israël. Il leur dit aussi ce que lui-même a conseillé.
      16 Il ajoute : « Maintenant, prévenez David très vite. Faites-lui dire de ne pas passer la nuit dans la plaine du Jourdain. Il doit traverser le fleuve, sinon il risque d’être tué, lui et ceux qui sont avec lui. »
      17 Yonatan, fils d’Abiatar, et Ahimaas, fils de Sadoc, attendent près de la source des Blanchisseurs. Une servante est chargée de leur apporter les messages qu’ils auront à communiquer au roi David. En effet, ils ne doivent pas entrer dans la ville, pour ne pas être vus.
      18 Pourtant un jeune homme les voit et le dit à Absalom. Tous les deux s’en vont très vite et ils arrivent à Bahourim, chez quelqu’un qui a un puits dans sa cour. Ils descendent dans le puits.
      19 La femme de cet homme prend une bâche, elle l’étend sur le puits et elle met des grains dessus pour qu’on ne remarque rien.
      20 Des envoyés d’Absalom arrivent chez cette femme et lui demandent : « Où sont Ahimaas et Yonatan ? » La femme répond : « Ils ont passé le ruisseau. » Les envoyés d’Absalom les cherchent. Comme ils ne les trouvent pas, ils retournent à Jérusalem.
      21 Après leur départ, Ahimaas et Yonatan sortent du puits et vont prévenir le roi David. Ils lui disent : « Voilà ce qu’Ahitofel a conseillé contre vous. Dépêchez-vous de traverser le Jourdain. »
      22 Aussitôt David et ceux qui sont avec lui se mettent à traverser le fleuve. Au lever du jour, tous ont traversé, il n’en reste plus un seul.
      23 Quand Ahitofel voit qu’Absalom n’a pas suivi son conseil, il selle son âne et il retourne chez lui dans sa ville. Il donne des ordres à sa famille, et il se pend. On met son corps dans la tombe de son père.
      24 David arrive à Mahanaïm. À ce moment-là, Absalom traverse le fleuve Jourdain, lui et toute l’armée d’Israël.
      25 Il a nommé Amassa comme chef de l’armée à la place de Joab. Amassa est le fils d’un Israélite appelé Yéter. Il a pris pour femme Abigal, fille de Nahach et sœur de Serouia, mère de Joab.
      26 Absalom et les Israélites installent leur camp dans le pays de Galaad.
      27 Quand David arrive à Mahanaïm, Chobi, fils de Nahach, de la ville de Rabba des Ammonites, le rejoint. Il y a avec lui Makir, fils d’Ammiel, de la ville de Lo-Dabar, et Barzillaï, de la ville de Roguelim, en Galaad.
      28 Ils apportent des lits, des cuvettes, des pots en terre, du blé, de l’orge, de la farine, des grains grillés, des haricots, des lentilles,
      29 du miel, de la crème, des fromages de vache et de brebis. Ils apportent tout cela à David et à ceux qui sont avec lui pour les nourrir. En effet, ils ont pensé : « Ces gens-là doivent être morts de fatigue, ils ont souffert de la faim et de la soif dans le désert. »

      2 Samuel 18

      1 David passe en revue les troupes qui sont avec lui. Il nomme des chefs pour 1 000 soldats et des chefs pour 100 soldats.
      2 Il divise l’armée en trois groupes : il met Joab, fils de Serouia, à la tête d’un groupe. Il met Abichaï, frère de Joab, à la tête du deuxième groupe. Il met Ittaï, de la ville de Gath, à la tête du troisième groupe. Puis le roi dit aux soldats : « Je pars avec vous. »
      3 Mais les soldats lui disent : « Non ! Tu ne dois pas venir avec nous. En effet, si nous fuyons, les ennemis ne feront pas attention à nous. Et si la moitié d’entre nous meurt, ils n’y feront pas attention. Mais toi, tu vaux 10 000 soldats comme nous. Donc, reste dans la ville, c’est mieux. De là, tu pourras venir à notre secours. »
      4 Le roi répond : « D’accord ! Je ferai ce qui vous semble bon. » Alors l’armée sort par groupes de 100 soldats et par groupes de 1 000. Pendant ce temps, le roi se tient près de la porte de la ville.
      5 Il dit à Joab, à Abichaï et à Ittaï : « Je vous en prie, protégez le jeune Absalom ! » Tous les soldats entendent le roi donner cet ordre aux chefs.
      6 L’armée de David se met en route pour attaquer les troupes d’Absalom. La bataille a lieu dans la forêt d’Éfraïm.
      7 Les troupes de David battent les troupes d’Absalom. C’est une grande défaite ce jour-là, et 20 000 hommes sont tués.
      8 La bataille s’étend à toute la région. Et ceux qui meurent dans la forêt sont plus nombreux que ceux qui meurent dans la bataille.
      9 À un moment, Absalom se trouve face à des soldats de David. Il se déplace sur un mulet. L’animal passe sous les branches emmêlées d’un grand arbre. La tête d’Absalom est prise dans les branches. Le mulet continue à avancer, et Absalom reste suspendu entre ciel et terre.
      10 Un soldat de David le voit et il va dire à Joab : « J’ai vu Absalom ! Il est pris dans les branches d’un arbre ! »
      11 Joab lui dit : « Quoi ? Tu l’as vu ! Pourquoi est-ce que tu ne l’as pas tué là, sur place ? Je t’aurais donné 10 pièces d’argent et une ceinture ! »
      12 Mais le soldat répond à Joab : « Même si tu me donnais 1 000 pièces d’argent, je ne ferais pas de mal au fils du roi. Le roi vous a dit, à toi, à Abichaï et à Ittaï : “Je vous en prie, protégez le jeune Absalom !” Nous l’avons tous entendu.
      13 D’ailleurs, supposons ceci : je dis que je n’ai rien entendu, et je le tue. Eh bien, le roi sait tout : il saurait que j’ai menti. Et toi, tu ne me défendrais pas ! »
      14 Joab répond : « Inutile de perdre mon temps avec toi ! » Joab prend trois bâtons pointus et il part les enfoncer dans le cœur d’Absalom. Celui-ci est pris dans les branches de l’arbre, mais il vit encore.
      15 Les dix jeunes soldats qui portent les armes de Joab entourent Absalom et ils le tuent.
      16 Alors Joab fait sonner de la trompette pour arrêter le combat. Les soldats de David arrêtent de poursuivre les troupes d’Absalom.
      17 Ils prennent le corps d’Absalom et le jettent dans un grand trou au milieu de la forêt. Ils mettent sur lui un gros tas de pierres. Les soldats d’Absalom fuient, et chacun rentre chez soi.
      18 Quand Absalom vivait encore, il avait fait dresser une pierre qui se trouve dans la vallée du Roi. Il s’était dit : « Je n’ai pas de fils pour qu’on se souvienne de mon nom. » Il avait donc donné son nom à cette pierre. Aujourd’hui encore, on l’appelle « monument d’Absalom ».
      19 Ahimaas, fils de Sadoc, dit à Joab : « Le SEIGNEUR a rendu justice au roi en le délivrant de ses ennemis. Laisse-moi lui porter cette nouvelle. »
      20 Joab répond : « Non, parce qu’aujourd’hui, tu ne serais pas un messager de bonne nouvelle. Tu iras porter des nouvelles un autre jour. Mais aujourd’hui, n’y va pas, parce que le fils du roi est mort. »
      21 Et Joab dit à un esclave éthiopien : « Toi, va raconter au roi ce que tu as vu. » L’esclave s’incline devant Joab et il part en courant.
      22 Pourtant Ahimaas dit encore à Joab : « Ce qui va arriver m’est égal ! Je vais courir, moi aussi, derrière cet Éthiopien. » Joab lui demande : « Pourquoi est-ce que tu veux courir, mon ami ? Une telle nouvelle ne t’apportera pas de récompense. »
      23 Ahimaas répond : « Cela m’est égal, je veux y aller. » Joab lui dit : « Eh bien, pars ! » Ahimaas part en courant par la route de la plaine du Jourdain et il dépasse l’Éthiopien.
      24 David se trouve entre la porte extérieure et la porte intérieure de la ville. Un guetteur se trouve sur la terrasse du mur qui protège la ville, en haut de la porte. Il surveille les environs. Tout à coup, le guetteur aperçoit un homme seul en train de courir.
      25 Il crie pour prévenir le roi. Le roi répond : « S’il est seul, il apporte une bonne nouvelle. » Quand le messager est tout près,
      26 le guetteur voit un autre homme qui court. Le guetteur crie au portier : « Voici encore un homme seul qui arrive en courant. » Le roi dit : « Celui-ci aussi apporte une bonne nouvelle. »
      27 Le guetteur dit : « À mon avis, le premier, c’est Ahimaas, fils de Sadoc. Je le reconnais à sa façon de courir. » Le roi dit : « C’est un garçon de valeur. Il apporte sûrement une bonne nouvelle. »
      28 En arrivant, Ahimaas dit au roi : « Tout va bien ! » Puis il s’incline et dit : « Je remercie le SEIGNEUR ton Dieu, il a livré en ton pouvoir ceux qui se sont opposés à toi. »
      29 Le roi demande : « Et le jeune Absalom, est-ce qu’il va bien ? » Ahimaas répond : « Au moment où Joab nous a envoyés, ton autre serviteur et moi, j’ai vu qu’on s’agitait beaucoup. Mais je ne sais pas ce que c’était. »
      30 Le roi lui dit : « Retire-toi, mais ne va pas trop loin. » Ahimaas se retire et attend.
      31 Le messager éthiopien arrive. Il dit au roi : « Voici une bonne nouvelle pour toi. Aujourd’hui, le SEIGNEUR t’a fait justice, il t’a délivré de tous tes ennemis. »
      32 Le roi demande : « Et le jeune Absalom, est-ce qu’il va bien ? » Le messager répond : « Notre roi, que tes ennemis finissent comme ce jeune homme ! Que tous tes adversaires qui veulent ton malheur finissent comme lui ! »

      2 Samuel 19

      1 Alors le roi est très bouleversé. Il monte dans la chambre qui est au-dessus de la porte de la ville, et il se met à pleurer. Tout en marchant, il crie : « Mon fils Absalom, mon fils, mon fils Absalom ! Pourquoi est-ce que je ne suis pas mort à ta place ? Absalom, mon fils, mon fils ! »
      2 Quelqu’un va prévenir Joab en disant : « Le roi pleure et gémit à cause d’Absalom. »
      3 Ce jour-là, la victoire se change en deuil pour tous les soldats. En effet, ils apprennent, eux aussi, que le roi est très triste à cause de la mort de son fils.
      4 Ce même jour, ils rentrent en ville en se cachant. Ils ressemblent à des soldats couverts de honte parce qu’ils ont fui au combat.
      5 Le roi a un voile sur le visage et il continue à crier : « Mon fils Absalom ! Absalom, mon fils, mon fils ! »
      6 Alors Joab va trouver le roi dans sa chambre et lui dit : « Tes soldats t’ont sauvé la vie et la vie de tes fils, de tes filles et de toutes tes femmes. Et aujourd’hui, tu les couvres de honte !
      7 En effet, tu aimes ceux qui te détestent et tu détestes ceux qui t’aiment. En agissant ainsi, tu montres que les chefs de ton armée et tous tes serviteurs fidèles ne comptent pas pour toi. Oui, je le vois : si aujourd’hui, Absalom était vivant et si nous étions tous morts, tu trouverais cela normal.
      8 Maintenant, lève-toi et va dire quelques mots à tes soldats pour les encourager. Si tu n’y vas pas, je le jure au nom du SEIGNEUR, aucun ne restera un jour de plus à ton service. Ce serait pour toi un malheur plus grand que tous ceux qui te sont arrivés depuis ta jeunesse. »
      9 Alors le roi va s’asseoir à la porte de la ville. Les soldats l’apprennent, et ils se réunissent tous auprès de lui. Les soldats d’Absalom ont fui, et chacun est rentré chez lui.
      10 Dans toutes les tribus d’Israël, tout le monde discute. Les gens disent : « Le roi David nous a délivrés de nos ennemis, en particulier des Philistins. Et maintenant, il a dû fuir à cause d’Absalom.
      11 Mais cet Absalom, que nous avons choisi comme roi, est mort au combat. Qu’est-ce que nous attendons pour faire revenir le roi David ? »
      12 De son côté, le roi David envoie dire aux prêtres Sadoc et Abiatar : « Parlez aux anciens de Juda et dites-leur : “Le roi connaît les intentions des gens d’Israël. Ne soyez pas les derniers à faire revenir le roi chez lui.
      13 Vous êtes les frères du roi, ses parents les plus proches. Ne soyez pas les derniers à faire revenir le roi.”
      14 Ensuite vous irez dire de ma part à Amassa : “Tu es de ma famille. Que Dieu me punisse très sévèrement si je ne te nomme pas pour toujours chef de mon armée à la place de Joab !” »
      15 David gagne ainsi le cœur de tous les gens de Juda. Ils sont tous d’accord pour faire dire au roi : « Reviens ici, avec tes serviteurs ! »
      16 Alors le roi prend le chemin du retour et il arrive au bord du fleuve Jourdain. Les gens de Juda viennent au Guilgal à la rencontre du roi, pour l’aider à traverser le Jourdain.
      17 Chiméi, fils de Guéra, le Benjaminite de Bahourim, se dépêche de descendre avec eux pour rencontrer le roi David.
      18 Il a avec lui 1 000 Benjaminites. Siba, le serviteur de la famille de Saül, est là aussi avec ses 15 fils et ses 20 serviteurs. Ils se dépêchent d’arriver au Jourdain à la rencontre du roi. Ils doivent être là
      19 au moment où le bac qui transporte la famille du roi traversera le fleuve. Et ils doivent faire ce que le roi leur commandera. Après que le roi a traversé le Jourdain, Chiméi se jette à terre devant lui.
      20 Il lui dit : « Mon roi, ne tiens pas compte de ma faute ! Oublie la faute que j’ai commise le jour où tu as quitté Jérusalem. Ne m’en veux pas !
      21 Je le reconnais : j’ai commis une faute, mon roi. Mais aujourd’hui, tu le vois, je suis descendu le premier à ta rencontre avant tous les Israélites du Nord. »
      22 Alors Abichaï, fils de Serouia, prend la parole et dit : « Est-ce une raison suffisante pour ne pas faire mourir Chiméi ? Il a maudit le roi que le SEIGNEUR a consacré ! »
      23 Mais David dit à Abichaï et à son frère Joab : « Qu’est-ce que vous me voulez, fils de Serouia ! Pourquoi est-ce que vous vous opposez à moi maintenant ? Aujourd’hui, je ne veux faire mourir personne en Israël. Oui, aujourd’hui, je suis sûr que le roi d’Israël, c’est moi. »
      24 Et le roi dit à Chiméi : « Tu ne mourras pas, je le jure. »
      25 Mefibaal, le petit-fils de Saül, est aussi venu à la rencontre du roi. Depuis le jour où le roi est parti jusqu’au jour où il revient en paix, Mefibaal ne s’est pas lavé les pieds, il n’a pas coupé sa barbe, il n’a pas nettoyé ses habits.
      26 Quand il arrive devant le roi, celui-ci lui demande : « Mefibaal, tu n’es pas venu avec moi. Pourquoi ? »
      27 Il répond : « Mon roi, mon serviteur m’a trompé. Pourtant j’avais pensé : “Comme je marche avec peine, je vais atteler mon âne, je vais le monter pour aller avec le roi.”
      28 Et mon serviteur est allé te raconter des mensonges sur moi. Pourtant, mon roi, tu es comme un ange de Dieu. Fais ce qui te semble bon.
      29 Pour toi, dans toute la famille de mon grand-père Saül, il n’y avait que des gens qui méritaient la mort. Pourtant tu m’as reçu parmi ceux qui mangent à ta table. Est-ce que j’ai encore droit à quelque chose ? Je ne peux plus rien te demander. »
      30 Le roi lui dit : « Pourquoi parler encore de cela ? Je l’ai décidé : toi et Siba, vous vous partagerez les terres de Saül. »
      31 Mefibaal répond : « Siba peut tout prendre ! L’important, mon roi, c’est que tu rentres en paix chez toi. »
      32 Barzillaï, de la ville de Roguelim, en Galaad, est descendu, lui aussi, au Jourdain. Il a traversé le fleuve avec le roi, avant de le quitter de l’autre côté.
      33 Il est très vieux, il a 80 ans. C’est un homme très riche et il a pu nourrir le roi quand il était à Mahanaïm.
      34 Le roi lui dit : « Barzillaï, viens avec moi à Jérusalem, je m’occuperai de toi. »
      35 Il répond : « Mon roi, je vais vivre combien de temps encore ? Il me reste trop peu de temps pour monter avec toi à Jérusalem.
      36 Maintenant, j’ai 80 ans. Je ne peux plus faire la différence entre ce qui est bon et ce qui est mauvais. Je ne peux plus trouver du goût à ce que je mange et à ce que je bois, je n’entends plus les voix des chanteurs et des chanteuses. Pourquoi est-ce que je serais une charge pour toi ?
      37 Je peux seulement traverser le fleuve Jourdain avec toi. D’ailleurs je ne mérite pas cette récompense.
      38 Laisse-moi retourner dans ma ville. Je mourrai là, près de la tombe de mon père et de ma mère. Mais voici mon fils Kimham : lui ira avec toi. Fais pour lui ce qui te semble bon. »
      39 Le roi dit : « D’accord ! Kimham viendra avec moi, et je ferai pour lui ce que tu veux. Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai. »
      40 Toute la foule passe le Jourdain après que le roi l’a traversé. David embrasse Barzillaï et le bénit. Ensuite Barzillaï rentre chez lui.
      41 Le roi va au Guilgal, et Kimham va avec lui. Tous les gens de Juda et la moitié des Israélites du Nord partent avec le roi David.
      42 Les gens du Nord s’approchent de lui et lui demandent : « Nos frères de Juda t’ont pris pour te faire passer le fleuve Jourdain, avec ta famille. Pourquoi ? Pourtant tous tes soldats étaient avec toi. »
      43 Les gens de Juda répondent : « C’est parce que nous sommes plus proches du roi que vous. Pourquoi vous mettre en colère ? Est-ce que le roi nous a nourris ? Est-ce qu’il nous a donné des cadeaux ? »
      44 Les Israélites du Nord disent : « Mais le roi nous appartient dix fois plus qu’à vous ! Oui, David nous appartient plus qu’à vous ! Pourquoi est-ce que vous nous méprisez ? C’est nous qui avons parlé les premiers de faire revenir notre roi ! » Mais les hommes de Juda parlent avec plus de violence que ceux d’Israël.

      2 Samuel 20

      1 Il y a, au Guilgal, un Benjaminite appelé Chéba, fils de Bikri. Il ne vaut rien. Il sonne de la trompette et dit : « Nous n’avons rien à voir avec David ! Nous n’avons rien de commun avec ce fils de Jessé ! Israélites, rentrez chacun chez vous ! »
      2 Alors les hommes d’Israël s’éloignent de David pour suivre Chéba, fils de Bikri. Mais les hommes de Juda restent avec leur roi. Ils vont avec lui depuis le fleuve Jourdain jusqu’à Jérusalem.
      3 Le roi David arrive au palais. Il appelle les dix femmes de deuxième rang qu’il a laissées là pour s’occuper du palais. Il les installe dans une maison bien gardée. Il se charge de leur entretien, mais il ne s’unit plus à elles. Elles restent enfermées jusqu’au jour de leur mort. Elles sont comme des veuves, et pourtant, leur mari est toujours vivant.
      4 Ensuite le roi dit à Amassa : « Réunis les soldats de Juda ! Présente-toi ici avec eux dans trois jours ! »
      5 Amassa part pour réunir les gens de Juda, mais il dépasse le temps fixé par le roi.
      6 Alors David dit à Abichaï : « Maintenant, Chéba va nous faire plus de mal qu’Absalom. Prends toi-même le commandement de mes gardes. Poursuis-le avant qu’il se réfugie dans des villes bien protégées et nous échappe. »
      7 Les soldats commandés par Joab, les Crétois, les Pélétiens des gardes du roi, c’est-à-dire tous les soldats de l’armée, vont au combat avec Abichaï. Ils quittent Jérusalem et poursuivent Chéba.
      8 Quand ils se trouvent près de la grande pierre de Gabaon, Amassa arrive. Joab porte ses habits militaires. Il a une ceinture à laquelle il a fixé une épée dans un étui. Au moment où Joab avance, l’épée tombe.
      9 Joab dit à Amassa : « Comment vas-tu, mon frère ? » Et de la main droite, il prend la barbe d’Amassa pour l’embrasser.
      10 Amassa ne fait pas attention à l’épée que Joab a dans sa main gauche. Celui-ci le frappe au ventre. Les intestins d’Amassa se répandent par terre, et il meurt. Joab n’a pas besoin de le frapper une deuxième fois. Joab et son frère Abichaï continuent à poursuivre Chéba.
      11 Un soldat de Joab est resté près du corps d’Amassa. Il dit : « Qui est pour Joab et pour David ? Qu’il suive Joab ! »
      12 Amassa a roulé dans son sang au milieu du chemin. Le soldat voit que tout le monde s’arrête. Alors il tire le corps dans un champ et il jette un vêtement sur lui.
      13 Après qu’il a enlevé le corps du chemin, les soldats passent sans s’arrêter et ils continuent à poursuivre Chéba, derrière Joab.
      14 Joab traverse les régions de toutes les tribus d’Israël et il va jusqu’à la ville d’Abel-Beth-Maaka. Tous les Bérites se regroupent pour aller avec lui.
      15 Joab et ses soldats vont attaquer Chéba, qui se trouve à Abel-Beth-Maaka. Ils construisent contre cette ville une sorte de barrage en terre jusqu’au premier mur qui la protège. Puis ils attaquent ce mur pour le faire tomber.
      16 Alors une femme de bon conseil crie : « Écoutez ! Écoutez ! Appelez Joab. Dites-lui que je veux lui parler. »
      17 Joab s’approche. La femme lui demande : « C’est toi, Joab ? » Il répond : « Oui, c’est moi. » La femme lui dit : « Écoute-moi, je te prie. » Joab répond : « Je t’écoute. »
      18 La femme continue : « Autrefois, on avait l’habitude de dire : “Demandons l’avis des habitants d’Abel-Beth-Maaka, et les problèmes seront réglés.”
      19 Nous sommes parmi les gens les plus paisibles et les plus fidèles d’Israël. Et tu veux détruire cette ville, qui est l’une des plus importantes en Israël ! Tu veux supprimer ce qui appartient au SEIGNEUR. Pourquoi donc ? »
      20 Joab répond : « Pas du tout ! Loin de moi l’intention de détruire ou de supprimer quoi que ce soit !
      21 Il ne s’agit pas de cela. Mais un homme de la montagne d’Éfraïm, un certain Chéba, fils de Bikri, s’est révolté contre le roi David. Livrez-le, lui seul, et je m’éloignerai de votre ville. » La femme dit à Joab : « Eh bien, nous allons te lancer sa tête par-dessus le mur de la ville ! »
      22 La femme va retrouver les habitants et avec sagesse, elle leur conseille d’agir ainsi. Ils coupent donc la tête de Chéba, et ils la lancent à Joab. Celui-ci fait sonner de la trompette. Alors ses soldats quittent aussitôt la ville et ils rentrent chez eux. Joab lui-même retourne près du roi à Jérusalem.
      23 Joab commande toute l’armée d’Israël. Benaya, fils de Yoyada, commande les Crétois et les Pélétiens, les gardes du roi.
      24 Adoram est responsable des travaux obligatoires. Yochafath, fils d’Ahiloud, est le porte-parole du roi.
      25 Cheva est secrétaire. Sadoc et Abiatar sont prêtres.
      26 Ira, de la famille de Yaïr, est aussi prêtre au service de David.

      Esdras 4

      15 Ainsi, tu pourras faire des recherches dans le livre qui rapporte les événements passés du royaume. Tu verras que Jérusalem s’est toujours révoltée. Elle a sans cesse fait du tort aux rois et aux gouverneurs de provinces. Depuis toujours, cette ville n’a jamais arrêté de se soulever. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle a été détruite.

      Néhémie 12

      23 Les noms des chefs de famille des lévites sont inscrits dans un livre rapportant les événements importants. Cela dure jusqu’au temps de Yohanan, petit-fils d’Éliachib.

      Esther 2

      23 Une enquête montre que la nouvelle est vraie. Alors les deux fonctionnaires sont pendus à un poteau. Cette affaire est mise par écrit en présence du roi dans le livre de l’histoire du royaume.

      Esaïe 6

      1 C’était l’année où le roi Ozias est mort. Un jour, j’ai eu une vision. Le Seigneur était assis sur un siège royal très élevé. Son vêtement remplissait le temple.

      Esaïe 14

      28 Ce message a été donné l’année où le roi Akaz est mort.

      Esaïe 20

      1 C’était l’année où Sargon, le roi d’Assyrie, a envoyé le chef de son armée contre la ville d’Asdod, en Philistie. Celui-ci a attaqué la ville et l’a prise.

      Ezéchiel 29

      6 Alors tous les habitants de l’Égypte sauront que le SEIGNEUR, c’est moi. « L’appui que tu as apporté aux Israélites a été aussi léger que l’appui d’un roseau.

      Amos 1

      1 Voici les paroles d’Amos, un éleveur de troupeaux, du village de Técoa. Deux ans avant le tremblement de terre, le SEIGNEUR lui a fait voir ce qu’il faudrait dire au sujet du royaume d’Israël. C’était l’époque où Ozias était roi de Juda et où Jéroboam, fils de Yoas, était roi d’Israël.

      Romains 5

      4 et quand quelqu’un est patient, il reste fidèle malgré les difficultés. Celui qui est fidèle garde l’espérance,

      Romains 15

      11 « Pays du monde entier, chantez la louange du Seigneur ! Tous les peuples, chantez la grandeur de Dieu ! »
      12 Ésaïe dit aussi : « Un homme de la famille de Jessé va venir. Il se lèvera pour gouverner les autres peuples, et ces peuples mettront leur espoir en lui. »
      13 Que Dieu, qui donne l’espérance, vous remplisse de paix et de joie à cause de votre foi ! Alors vous serez pleins d’espérance par la puissance de l’Esprit Saint.
      14 Frères et sœurs, personnellement j’en suis sûr, vous êtes vous-mêmes pleins de bonne volonté. Vous savez tout ce qu’il faut connaître et vous êtes capables de vous donner des conseils les uns aux autres.
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