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Jean 1.1

Prologue.

Chapitre 1.

1 à 18 La Parole.

Tandis que les autres évangélistes commencent leur narration avec la venue de Jésus-Christ en ce monde, ou son entrée dans son ministère, Jean remonte, d'un vol d'aigle, au delà du temps, pour saisir le Sauveur dans son éternelle préexistence, puis il nous montre en Jésus de Nazareth la Parole faite chair. (verset 14) C'est le sujet du "prologue" de son évangile. (versets 1-18)

Ce morceau se divise naturellement en trois parties :

Dans la première, (versets 1-5) l'auteur, s'élevant à l'origine de toutes choses, nous présente la Parole en elle-même et dans sa relation primordiale avec Dieu ; puis il nous décrit ses rapports avec le monde en général et son action sur l'humanité rebelle.

Dans la seconde partie, (versets 6-13) l'auteur caractérise l'accueil que les hommes, et spécialement le peuple élu ont fait à la Parole, quand, annoncée par Jean Baptiste, elle est apparue en Jésus-Christ. Repoussée par le peuple qui aurait de la recevoir, elle a donné à ceux qui l'ont reçue, et qui, par la foi, sont nés de Dieu, le pouvoir de devenir enfants de Dieu.

Cette expérience des croyants est exposée dans la troisième partie : la Parole faite chair a habité parmi ceux qui ont cru en elle.

- Il faut remarquer en outre que la dernière pensée de la première partie (verset 5) devient le thème de la seconde partie, (versets 6-13) et de même la pensée finale de la seconde partie (verset 13) est développée dans la troisième partie. (versets 14-18) Jean nous élève ainsi comme dans une spirale. Nous ne croyons pas que le prologue suive un plan historique. Le verset 5 nous montre déjà en termes généraux Jésus apparu en chair et rejeté par les hommes qui l'ont fait mourir.

Et la seconde partie (versets 6-13) n'a pas pour sujet, comme on l'a pr√©tendu, le r√īle du Christ pr√©existant sous l'ancienne Alliance, en effet elle d√©bute par le t√©moignage de Jean Baptiste, (verset 6) qui, de m√™me que dans les synoptiques, (Marc 1.1) ouvre l'histoire √©vang√©lique¬†; on ne saurait, sans arbitraire, prendre ici Jean-Baptiste pour le repr√©sentant des proph√®tes. Et de plus cette seconde partie se termine par l'affirmation que "la Parole a donn√© √† ceux qui l'ont re√ßue le pouvoir de devenir enfants de Dieu lesquels ne sont point n√©s de la volont√© de la chair, mais de Dieu," ces derniers mots nous transportent sur le terrain de la nouvelle Alliance.

- Les premiers mots de l'√©vangile de Jean¬†: Au commencement √©tait la Parole rappellent les premiers mots de la Gen√®se et il ne s'agit point d'un simple rapprochement dans les termes, mais d'une analogie profonde. Si la Gen√®se raconte la cr√©ation de l'univers, l'√©vangile retrace la cr√©ation nouvelle d'un monde moral. Dans son prologue, Jean remonte √† l'origine de toutes choses pour nous montrer l'Auteur de cette double cr√©ation. En effet, si les mots¬†: au commencement ne reportent pas la pens√©e au del√† de la premi√®re cr√©ation, Jean ne dit pourtant pas que la Parole elle-m√™me fut alors cr√©√©e, mais qu'elle √©tait au moment o√Ļ toutes choses furent cr√©√©es, qu'elle est ant√©rieure √† toute la cr√©ation, Par cons√©quent au temps lui m√™me¬†; (Proverbes 8.23¬†; Jean 17.5¬†; Eph√©siens 1.4) or c'est l√† d√©signer l'√©ternit√©.

Si la pens√©e de l'√©ternit√© n'√©tait pas impliqu√©e dans les termes m√™mes dont se sert l'√©vang√©liste, elle se pr√©senterait comme une cons√©quence de la nature divine attribu√©e √† la Parole. Et, du reste, cette id√©e de la pr√©existence √©ternelle du Fils de Dieu n'est point une sp√©culation m√©taphysique de l'ap√ītre, mais une v√©rit√© religieuse clairement enseign√©e dans tout le Nouveau Testament (Colossiens 1.17¬†; 1Jean 1.1¬†; Apocalypse 3.14¬†; comparez Mich√©e 5.1), et qui ressort de mainte d√©claration de J√©sus lui-m√™me, dans notre √©vangile. (Jean 6.62¬†; 8.58¬†; 17.5,24)

La Parole : il faut laisser à ce mot son sens premier, ordinaire. Rattachant sa pensée au commencement de la Genèse (note précédente), Jean affirme (verset 3) que toute la création a été opérée par la Parole, expression de la volonté et de la puissance de Dieu.

Le terme de Parole, non moins que celui de au commencement, sert à rappeler le récit génésiaque ; il fait allusion à ce : et Dieu dit huit fois répété, qui est comme le refrain de ce magnifique poème. Tous ces dire de Dieu, Jean les rassemble comme en une Parole unique, vivante, douée d'intelligence et d'activité, de laquelle émane chacun de ces ordres particuliers. Au fond de ces paroles divines parlées, il découvre la parole divine parlante. Mais, tandis que celles là retentissent dans le temps, celle-ci existe au-dessus et en dehors du temps. Godet.

Comment Jean fut-il amené à concevoir comme une personne cette Parole éternelle, par laquelle ont eu lieu la création et toutes les révélations divines ?

L'Ancien Testament, compris √† la lumi√®re des enseignements de son Ma√ģtre, lui fournit cette id√©e. Plusieurs de ses donn√©es conduisent en effet √† la notion de la Parole que nous trouvons dans notre √©vangile.

1¬į Dans une s√©rie de passages, la Parole de l'Eternel est l'objet de personnifications plus ou moins po√©tiques¬†: c'est par elle que les cieux ont √©t√© faits, (Psaumes 33.6) c'est elle que Dieu envoie √† ceux qui sont dans l'angoisse, et "elle les gu√©rit¬†;" (Psaumes 107.20) c'est elle que Dieu envoie sur la terre, et "elle court avec vitesse¬†;" (Psaumes 147.15) c'est elle qui, "sortant de la bouche de Dieu, ex√©cute son bon plaisir et am√®ne √† bien la chose pour laquelle il l'a envoy√©e." (Esa√Įe 55.11)

Dans les livres des proph√®tes, la Parole de l'Eternel est pr√©sent√©e comme l'organe des r√©v√©lations divines¬†: J√©r√©mie 1.4,11¬†; Esa√Įe 2.3¬†; Ez√©chiel 1.3.

Depuis l'exil, les docteurs juifs consid√®rent ces actions attribu√©es √† la Parole divine comme l'Ňďuvre d'un agent permanent et personnel qu'ils nomment la Memra (Parole) de J√©hovah.

2¬į Dans Proverbes 8 et Proverbes 9, la Sagesse divine se pr√©sente aux hommes, parlant, agissant comme un √™tre personnel¬†: "L'Eternel m'a poss√©d√©e d√®s le commencement, avant ses Ňďuvres¬†; j'ai √©t√© √©tablie d√®s l'√©ternit√©, avant les origines de la terre." (Proverbes 8.22,23) "Lorsqu'il disposait les cieux, j'√©tais l√†." (Proverbes 8.27¬†; comparez surtout Proverbes 8.28-31) La m√™me notion de la sagesse personnifi√©e s'est conserv√©e et d√©velopp√©e plus tard chez les Juifs comme on le voit par divers passages des livres apocryphes. (Eccl√©siastique 1¬†: 1-10¬†; 24¬†: 1 et suivants Voir surtout Sapience 7¬†:7 et Sapience 10 et 11.)

3¬į Deux v√©rit√©s, en apparence contradictoires, sont enseign√©es dans toute l'√©criture¬†: d'une part, Dieu, le Dieu invisible, inaccessible, ne s'est jamais manifest√© aux hommes. "Personne ne vit jamais Dieu¬†;" (verset 18) nul homme ne peut le voir et vivre. (Exode 33.20 comparez 1Timoth√©e 6.16) D'autre part, la Bible raconte √† toutes les √©poques de l'histoire d'Isra√ęl diverses th√©ophanies ou apparitions de Dieu √† ses serviteurs. Comment se concilie cette contradiction¬†? Par la manifestation d'un √™tre myst√©rieux qui est appel√© "l'ange de l'Eternel.," (Gen√®se 22.15) ou "l'ange de sa face," (Esa√Įe 63.9) ou encore "l'ange de l'alliance" (Malachie 3.1) et qui, non seulement se r√©v√®le aux hommes de la part de Dieu, mais qui re√ßoit tr√®s fr√©quemment le nom sacr√© et exclusif de J√©hova, l'Eternel. Ainsi l'ange de l'Eternel appara√ģt √† Agar dans le d√©sert et lui adresse la parole, (Gen√®se 16.7) et √† Gen√®se 16.13 Agar "appela le nom de l'Eternel qui lui parlait¬†: Tu es le Dieu qui me voit." Cette m√™me r√©v√©lation divine par l'ange qui s'appelle l'Eternel est souvent rapport√©e dans l'Ecriture. (Gen√®se 19.1, 22.15,16¬†; 31.11-13¬†; 32.24-30¬†; comparez Os√©e 12.4,5¬†; Exode 3.2-5¬†; 4.5¬†; 14.19-24¬†; Jude 6.11-14, etc.)

Mon nom est en lui, dit l'Eternel en parlant de l'ange qu'il envoyait devant Isra√ęl, (Exode 23.20,21) c'est-√†-dire qu'il √©tait la manifestation de l'essence divine elle-m√™me.

Enfin, le dernier des proph√®tes annonce en ces termes l'apparition d√©finitive sur notre terre de ce grand r√©v√©lateur de Dieu¬†: "Voici, je vais envoyer mon messager¬†; il pr√©parera la voie devant moi et aussit√īt entrera dans son temple le Seigneur (Adona√Į) que vous cherchez, l'ange de l'alliance que vous d√©sirez." (Malachie 3.1)

Les deux v√©rit√©s contradictoires que nous venons de signaler sont ainsi concili√©es, et notre √©vang√©liste, qui est p√©n√©tr√© de toutes deux, nous en montre le sublime accord dans ces paroles¬†: "Personne ne vit jamais Dieu, le Fils unique qui est dans le sein du P√®re, est celui qui nous l'a fait conna√ģtre." (verset 18, comparez Jean 5.37-39¬†; 6.45)

Nous savons maintenant pourquoi Jean appelle la Parole Celui par qui le Dieu invisible s'est toujours manifesté au monde, soit dans la création, soit dans ses révélations successives, soit enfin dans la rédemption de notre humanité. Et l'on conçoit quelle vive lumière ce fait projette sur toutes les Ecritures, qui nous apparaissent ainsi dans leur pleine harmonie.

Jean a donc tiré de l'Ancien Testament son idée de la Parole (grec Logos). Si, de ce que ce mot était alors usité dans les écoles de la philosophie alexandrine et se trouve souvent dans les écrits de Philon, on veut inférer que Jean l'a emprunté à ce philosophe, il n'y a pas lieu de le nier absolument. Mais s'il l'a fait, c'est pour rectifier les notions fausses que ce terme recouvrait et pour mettre la vérité divine à la place des spéculations métaphysiques de son époque.

C'est ainsi que Paul empruntait à la philosophie de son temps ce grand mot de sagesse, dont elle était si fière, afin d'en montrer la folie, ajoutant avec une sainte hardiesse : "Mais nous prêchons une sagesse entre les parfaits, sagesse qui n'est pas de ce siècle, mais une sagesse de Dieu." (1Corinthiens 2.6)

Avec Dieu¬†; la pr√©position que nous traduisons ainsi ne signifie pas seulement que la Parole √©tait aupr√®s de Dieu, dans sa soci√©t√©¬†; elle nous la pr√©sente dans un mouvement constant vers lui, r√©alisant avec lui la communion vivante et intime de l'amour. Cette nuance se retrouve au verset 18 "le Fils unique qui est dans le sein du P√®re." Jean emploie la m√™me pr√©position dans sa premi√®re √©p√ģtre, (1Jean 1.2) en parlant de "la vie √©ternelle, qui √©tait aupr√®s du P√®re et qui nous a √©t√© manifest√©e." (Comparer 2Corinthiens 5.8) Par cette seconde sentence, l'√©vang√©liste √©tablit une distinction entre la Parole √©ternelle et Dieu et cela au moment de d√©clarer que cette Parole √©tait Dieu.

La Parole était Dieu ; il n'y a rien à expliquer dans cette déclaration solennelle, il n'y a qu'à la recevoir dans toute la plénitude de sa signification ; elle attribue à la Parole tous les caractères et toutes les perfections de l'essence divine.

- Il est vrai qu'ici le mot Dieu n'a pas l'article, dont il est habituellement pr√©c√©d√©¬†; cette omission s'imposait, soit parce que le mot joue dans la phrase le r√īle d'attribut, soit surtout parce qu'en l'√©crivant avec l'article, Jean aurait identifi√© la Parole et Dieu, et effac√© la distinction qu'il venait de faire en disant¬†: "La Parole √©tait avec Dieu."

- Il y a quelque chose de majestueux dans la progression des trois sentences de ce verset, dont la première enseigne la préexistence éternelle de la Parole, la seconde son rapport unique avec Dieu, la troisième sa divinité. La même solennité se retrouve dans ce terme trois fois répété : la Parole, et la Parole, et la Parole.


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