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Jean 3.3

Jésus répondit aux pensées que Nicodème n'avait pas encore eu le temps d'exprimer, et qui avaient trait au royaume de Dieu. (Voir sur ce terme Matthieu 3.2, note.)

C'était, en effet, le grand sujet qui préoccupait tout Israélite pieux. Mais quel renversement des idées de Nicodème : avec les pharisiens, dont il était (verset 1) il attendait un royaume extérieur, national, politique. Jésus lui présente un royaume invisible, dans lequel on entre par une transformation morale.

Et, en affirmant la n√©cessit√© pour tous de cette naissance d'eau et d'esprit, J√©sus d√©truit du m√™me coup cet √©difice de vertus, d'Ňďuvres, d'observances de la loi, par lesquelles la propre justice pharisa√Įque pensait pouvoir subsister devant Dieu¬†!

Il ne s'agit plus de faire, mais d'√™tre, et avant d'√™tre, il faut na√ģtre. Ainsi J√©sus r√©pond aux pr√©occupations intimes de Nicod√®me.

Cette explication de la r√©ponse de J√©sus nous para√ģt plus naturelle que celle qui lui pr√™te l'intention de faire passer son interlocuteur de la foi fond√©e sur les miracles √† la foi morale qui produit une transformation du cŇďur (Augustin, de Wette), ou que celle qui, s'attachant au titre de Rabbi, d√©cern√© √† J√©sus par Nicod√®me, nous pr√©sente celui-ci comme un docteur satisfait de lui-m√™me, avide de discussions et d'instructions nouvelles, chez lequel J√©sus s'appliquerait √† √©veiller la conscience de ses d√©ficits moraux. (Weiss.) J√©sus va du reste expliquer et compl√©ter sa pens√©e au verset 5.

- Faut-il traduire¬†: na√ģtre de nouveau, ou na√ģtre d'en haut¬†? Chrysostome mentionne d√©j√† les deux interpr√©tations. La premi√®re est celle d'Augustin, de la Vulgate, de Luther, Calvin, B√®ze, Tholuck, Olshausen, Luthardt, Godet, Weiss, et de la plupart de nos versions anciennes et modernes. Leur principal argument est que la m√©prise de Nicod√®me n'e√Ľt pas √©t√© possible si J√©sus avait parl√© d'une naissance d'en haut. (verset 4, voir la note.)

Mais il est difficile de justifier cette traduction par l'usage du Nouveau Testament. Pris comme adverbe de temps, le terme employ√© dans notre passage signifie d√®s le commencement, d√®s l'origine¬†; (Luc 1.3¬†; Actes 26.5) cela est tellement vrai que Paul, dans Galates 4.9, lui adjoint l'adverbe de nouveau. Or dans notre passage, o√Ļ il se trouve seul, il devrait proprement se traduire¬†: "Si un homme n'est n√© d√®s le commencement," ce qui ne donne aucun sens acceptable. Il faut donc le prendre comme adverbe de lieu, signifiant d'en haut, du ciel, de Dieu.

Jean l'emploie toujours dans ce sens local (Jean 3.31¬†; 19.11,23¬†; comparez Matthieu 27.51¬†; Jacques 1.17¬†; 3.15), conform√©ment √† sa notion de l'homme r√©g√©n√©r√©, qu'il d√©signe comme "n√© de Dieu." (Jean 1.13¬†; 1Jean 2.29¬†; 3.9¬†; 4.7¬†; 5.1) S'il avait voulu dire¬†: na√ģtre de nouveau, il avait pour cela √† sa disposition le verbe grec qu'emploie l'ap√ītre Pierre, (1Pierre 1.23) ou un autre terme exprimant le renouvellement de l'√Ęme, et qui se trouve fr√©quemment sous la plume de Paul. (Romains 1¬†; 2.2¬†; Eph√©siens 4.23¬†; Colossiens 3.10)

Le Nouveau Testament nous para√ģt donc tout entier favorable au sens que nous adoptons et dans lequel la pens√©e de J√©sus est plus compl√®te et plus en harmonie avec l'explication qu'il en donne luim√™me au verset 5, quand il appelle cette naissance d'en haut une naissance d'Esprit.

Notre traduction est celle d'Orig√®ne et de plusieurs P√®res grecs, d'Erasme, Bengel, L√ľcke, de Wette, Meyer, Lange Weizs√§cker, Rilliet, Reuss, et de la version de Lausanne.


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