TAN avec Pascal Portokoulian

Lévitique 1

    • 1

      1 à 2 Introduction

      Les lois précédentes avaient été soit prononcées aux oreilles du peuple entier (Décalogue), soit adressées à Moïse seul, les unes comme les autres sur la montagne de Sinaï. Maintenant que le Tabernacle est dressé, c'est de là que Dieu appelle le législateur, et là qu'il lui parle, du lieu où réside sa gloire, au-dessus des chérubins.

      Appela Moïse. Cette formule n'a été employée jusqu'ici que dans trois circonstances particulièrement solennelles :

      • au désert quand Dieu lui adressa la mission de délivrer le peuple, Exode 3.4
      • à Sinaï quand il voulut donner les dix commandements, Exode 19.3,20
      • enfin quand il lui communiqua ses ordres relatifs au Tabernacle, Exode 24.16

      2

      Quand quelqu'un d'entre vous... poussé par un besoin de consécration et d'expiation.

      Les directions données dans les trois premiers chapitres sont la réglementation de sacrifices dès longtemps en usage et qu'Israël offrait spontanément à son Dieu. Au chapitre 4, Dieu en instituera qui n'existaient pas encore et qui auront un caractère absolument obligatoire ; dans ces derniers le choix de la victime ne sera pas non plus laissé à la volonté de l'Israélite.

      Une offrande, en hébreu korban, c'est-à-dire don. Cette expression est la plus générale de toutes celles qui servent à désigner les offrandes avec lesquelles les Israélites se présentaient devant Dieu ; elle comprend tous les sacrifices proprement dits, sanglants et non sanglants, volontaires ou obligatoires, puis aussi les prémices (2.12) et les dons en argent (Nombres 7.13).

      Le verbe hébreu karav, d'où vient le mot korban, signifie s'approcher. Le peuple ne pouvait s'approcher de son Dieu qu'en lui présentant une offrande, car en Orient on n'aborde jamais un grand sans lui offrir quelque présent. (Exode 34.20 ; Deutéronome 16.16).

      Du bétail. Le tour de la phrase suppose que, quand on fera une offrande, ce sera avant tout un don d'animal.

      D'après les prescriptions qui suivent, la victime ne pourra être choisie que parmi les animaux domestiques, et seulement parmi ceux d'entre eux qui peuvent servir de nourriture (bœufs, moutons et chèvres). Les cerfs, gazelles et daims sont donc exclus, quoi qu'on pût les manger (Deutéronome 14.5), parce qu'ils n'étaient pas domestiques ; les chameaux et les ânes sont également exclus, quoiqu'animaux domestiques, parce qu'on ne pouvait les manger.

      On comprend le motif de cette prescription. Pour qu'il y eût vraiment sacrifice les victimes devaient premièrement être la propriété familière de l'Israélite, et deuxièmement appartenir à la classe des aliments dont il aurait pu se nourrir lui-même.

      3

      3 à 9 Holocauste de gros bétail

      Holocauste, en hébreu ôlah, du verbe alah, monter ; peut-être parce que dans l'holocauste la victime était tout entière élevée sur l'autel, ou plutôt (Genèse 8.20) parce que, consumée tout entière, elle montait en fumée vers l'Eternel.

      Aucune partie de l'holocauste n'était mangée, ni par les sacrificateurs, ni par l'Israélite qui offrait le sacrifice.

      De gros bétail..., un mâle sans défaut. C'est ici la victime par excellence. Par sa taille, le taureau a le pas sur les béliers et les boucs. Comme mâle il appartient au sexe fort. Il doit en outre tout naturellement être sans défaut ; autrement il ne serait pas digne de l'Eternel. Chez les Egyptiens, le prêtre faisait une inspection minutieuse du taureau qui devait être immolé, et, lorsqu'il l'avait déclaré parfait, il fixait à ses cornes, avec de la cire, un certificat qu'il scellait de son sceau afin d'éviter toute substitution.

      A l'entrée... : dans le parvis, près de l'autel d'airain.

      Agréé. Ce mot se rapporte non à la victime, mais à celui qui l'offre. La victime légale, légalement offerte et montant tout entière en fumée vers l'Eternel, est le symbole du don que l'Israélite, délivré de ses péchés, et désireux d'appartenir à Dieu, lui fait de sa personne ; elle rend celle-ci agréable au Seigneur. Cette expression d'être agréé n'est employée qu'en parlant des holocaustes et des sacrifices d'actions de grâces. Mais elle se rencontre dans Exode 28.38 à propos de la lame d'or de la tiare du souverain sacrificateur, et dans le même sens : par sa pureté extérieure parfaite, cet ornement attirait sur le peuple le bon plaisir de l'Eternel.

      4

      Il appuiera sa main sur la tête... C'est ici le premier acte du sacrifice. L'imposition des mains est toujours le symbole d'une transmission, et le sens de ce symbole est de constituer celui qui en est l'objet le représentant, sous un rapport quelconque, de celui qui l'accomplit à son égard. Ainsi, lorsque Moïse impose les mains à Josué (Nombres 27.23), c'est le symbole de la transmission de sa charge de conducteur du peuple de Dieu ; lorsque les pères de famille israélites imposent les mains aux Lévites (8.10), c'est pour représenter la transmission qu'ils font à ceux-ci du devoir de leurs fils aînés de s'employer an service du sanctuaire ; lorsqu'Aaron au jour des Expiations pose les mains sur la tête du bouc en confessant sur lui toutes les iniquités des enfants d'Israël, et les met sur la tête du bouc (Lévitique 16.21), l'interprétation du symbole est donnée dans ce passage même. Il en est de même dans le Nouveau Testament ; ainsi, lorsque les apôtres imposent les mains aux sept élus de l'Eglise de Jérusalem (Actes 6.6), c'est pour se décharger sur eux d'une fonction qu'ils avaient remplie eux-mêmes jusque là ; ou quand Paul et Barnabas imposent les mains aux Anciens élus comme pasteurs des églises de Lystre et de Derbe, c'est pour leur transmettre la direction de ces églises qu'ils avaient fondées et dirigées dans les premiers temps. Ainsi donc, dans le cas de l'holocauste, l'Israélite par cette cérémonie consacre la victime pour que, par son entière combustion, elle représente la consécration qu'il va faire de sa personne à son Dieu.

      Sera acceptée..., littéralement : sera acceptée avec satisfaction. L'expression dit plus que le terme de sacrifice d'agréable odeur.

      Pour faire propitiation. Cette expression montre que dans l'holocauste à la notion de consécration se joignait encore celle d'expiation. Non que l'holocauste se rapportât, comme le sacrifice pour le péché, à quelque faute particulière à expier ; mais chaque fois que l'homme s'offre lui-même à Dieu, il est impossible que la conscience de son état général de péché ne se réveille pas chez lui et que, dans un moment si solennel, il ne sente pas le besoin de se décharger, sur la victime qu'il présente à Dieu à sa place, de tout le fardeau de péché qui l'accompagne jusque dans l'acte saint qu'il accomplit.

      Nous avons traduit exactement par appuiera, an lieu de posera ; les rabbins paraphrasent en disant : de toute sa force.

      5

      Et il égorgera... C'est le second acte de l'holocauste, l'immolation, suivie de l'offrande du sang. C'est l'Israélite qui doit égorger lui-même la victime ; voir à 4.4 le sens de cet acte. Le sacrificateur, qui avait auparavant constaté l'absence de défauts chez la victime (verset 3), en recueille maintenant le sang et le répand contre l'autel (verset 5) ; puis il arrange les pièces sur le feu de l'autel (verset 8) et veille à ce que tout se consume (verset 9).

      Entre ces deux séries d'actes. dont la première est assignée à l'Israélite, la seconde au sacrificateur, s'en trouvent quelques autres (écorcher la victime, la découper, laver les entrailles et les jambes) dont le sujet est indéterminé (verset 6 et 9). Nous pouvons supposer que c'étaient les sacrificateurs aidés soit des lévites, soit de l'Israélite lui-même, qui s'en acquittaient.

      Devant l'Eternel. Là même où avait eu lieu l'imposition des mains, au côté nord de l'autel (verset 11). L'immolation devait avoir lieu tout près de l'Eternel ; il fallait que le sang fût répandu chaud encore, contre le pied de l'autel. Dans ce but il était recueilli dans un vase d'airain (Exode 27.3 ; 38.3).

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      On écorchera. La peau est pour le sacrificateur (7.8) ; c'est la seule partie de l'holocauste qui n'appartienne pas à l'autel.

      En ses pièces, c'est-à-dire d'après la division naturelle des membres dont se compose le corps de la victime, et non pas à bien plaire. Ceci rappelle la défense de briser les os de l'agneau pascal. Les membres ne devaient pas être offerts mutilés.

      7

      7 à 9 Le troisième acte de l'holocauste la combustion totale.

      Mettront du feu. Ceci ne s'applique qu'au premier sacrifice. Car une fois le feu allumé et le service du sanctuaire inauguré, le feu devra être constamment entretenu, et il suffira d'alimenter le brasier (verset 12 ; 3.5 ; 6.11).

      8

      Arrangeront les pièces ; ils ne les poseront pas pêle-mêle, négligemment.

      La fressure : le cœur, les poumons et le foie. Le terme hébreu que nous rendons par fressure ne se trouve qu'ici, au verset 12 et 7.20. On a cru parfois que ce mot désignait la graisse qui s'attache aux intestins et qu'il ne fallait pas oublier d'y joindre, après qu'on avait sorti les intestins pour les laver. Mais pourquoi dans ce cas ce mot ne serait-il pas employé 3.3,9,14, etc. ?

      9

      Entrailles. Le cœur, le foie, les poumons n'avaient pas besoin d'être lavés ; mais il fallait nettoyer les organes de la digestion, ainsi que la partie inférieure des jambes, qui pouvait être souillée de boue.

      Le tout, voir à verset 3.

      Fera fumer. L'homme ne peut faire parvenir visiblement ses dons à l'Eternel que sous cette forme de la fumée qui monte au ciel.

      Un sacrifice fait par le feu. Cette expression répond à un seul mot hébreu : ischsché, qui signifie combustions (Exode 29.18,25). Il s'applique aux sacrifices qui sont brûlés sur l'autel soit en totalité, soit en partie.

      D'agréable odeur (Genèse 8.21) : odeur d'apaisement. Voir note, verset 4. Cette expression revient à propos de tous les sacrifices, sanglants ou non sanglants, qui sont consumés en totalité ou en partie (versets 13, 17 ; 2.2,9 ; 3.5,16 ; 4.31 ; 6.8,14).

      Deux remarques sur la loi de l'holocauste de gros bétail :

      1. C'est bien la réglementation et la fixation d'une cérémonie déjà pratiquée ; voir Genèse 8.20 ; 22.2,3,6,7,13 ; Exode 10.25 ; 18.12 ; 20.24 ; 24.5 ; 29.18,25 ; 30.9 ; 22.6.
        Et en effet cette loi ne contient rien qui ne pût se faire déjà avant l'érection du sanctuaire. Dans la loi du sacrifice pour le péché, qui est nouvelle, nous trouverons (4.5,6,7) des traits qui supposent nécessairement le sanctuaire. Une seule innovation pour l'holocauste : il doit se faire à l'entrée de ce Tabernacle.
      2. L'holocauste-type, que décrit notre passage (1.3-9), est sous tous les rapports ce qu'il peut y avoir de plus complet en fait d'offrande :
        • sexe : un mâle
        • taille : un taureau
        • emploi : tout à Dieu, sauf la peau
        • effets : bon plaisir, comme pour le sacrifice d'actions de grâces, et pourtant aussi propitiation, comme dans les sacrifices pour le péché et de réparation.

      Les deux genres d'holocauste dont nous allons nous occuper sont moins considérables, mais tout aussi complets et efficaces que l'holocauste principal que nous venons de voir, lors même que le mot de propitiation (verset 4) n'y est pas répété.

      10

      10 à 13 Holocauste de menu bétail.

      D'après 5.7 ; 12.8 ; 14.21,22 nous pouvons supposer que ce genre d'holocauste était prescrit en faveur des personnes qui ne pouvaient faire la dépense d'un taureau. Cependant l'agneau, c'est-à-dire le bélier encore jeune (voir 4.23, note), était la victime ordinaire pour l'holocauste quotidien, pour celui du sabbat et des grands jours de fête, ainsi que pour les naziréens et divers sacrifices de purification ; et le chevreau, c'est-à-dire le bouc (aïl), ni tout jeune (atthoud), ni vieux (saïr), était prescrit par exemple pour l'holocauste du souverain sacrificateur.

      11

      Nord. A l'est étaient les cendres. le plus près de la sortie (verset 16) ; à l'ouest, la cuve, pour que les sacrificateurs la trouvassent sur le chemin du sanctuaire et s'y lavassent avant d'y entrer (Exode 40.7,32) ; au midi, la rampe (d'après Josèphe). Au nord avait lieu l'immolation de la victime.

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      14 à 17 Holocauste d'oiseaux.

      Tourterelles ou pigeonneaux. L'antiquité hébraïque ne connaît pas les gallinacées. En fait d'oiseaux les pigeons étaient les seuls animaux domestiques. Quant aux tourtereaux (ramiers), il y en avait une si grande quantité qu'ils formaient la principale nourriture animale des pauvres. Ils se laissent prendre si facilement qu'ils pouvaient être considérés comme des animaux domestiques. (Taureaux, béliers, boucs, tourterelles et pigeonneaux, ces cinq espèces d'animaux, admises pour l'holocauste, figurent Genèse 15.9)

      15

      Lui détachera la tête : avec l'ongle. Cette opération, qui correspondait à l'immolation des autres victimes, était très difficile, au dire du Talmud. Voilà pourquoi elle devait être pratiquée par le sacrificateur lui-même. L'Israélite indigent pouvait voir par là que sa modeste offrande n'était pas moins estimée de Dieu que les victimes plus considérables.

      Quatre détails distinguent cet holocauste des précédents :

      1. Pas d'imposition des mains, cet acte ne convenait pas à une victime de ce genre.
      2. Tête seule détachée et immédiatement jetée sur l'autel comme ne pouvant fournir du sang, et afin que le sacrificateur eût les deux mains libres pour exprimer contre l'autel le sang du corps.
      3. Le sang simplement exprimé ; il y en avait trop peu pour qu'il fût, recueilli dans des vases.
      4. Incisions aux jointures des ailes correspondant au partage des grandes victimes en leurs pièces.

      Nous ignorons ce qu'on faisait des plumes. Comme la peau de l'holocauste n'était pas brûlée (7.8), on peut supposer que les plumes ne l'étaient pas non plus.

      16

      Un léger changement dans un mot du verset 16 (nôtsa au lieu de notsa) permettrait de traduire : Il éloignera le gésier joint aux plumes de l'oiseau et il le jettera...

      Les cendres. On enlevait chaque jour les cendres de l'autel et on les mettait en tas à l'est de l'autel. Lorsque la quantité en devenait gênante, on les transportait hors du camp (4.12).

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