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Psaumes 150.6

Tout ce qui respire : c'est le mot final, embrassant tous les êtres qui ont reçu de Dieu, à un degré quelconque, force et vie.

Conclusions sur l'origine des psaumes et la formation du recueil.

1. Origine des Psaumes.

Les problèmes qui se posent à ce sujet étaient bien simplifiés pour ceux qui, jadis, soutenaient que tous les psaumes, sans exception, avaient David pour auteur. Ils ne le sont pas moins pour les critiques qui, de nos jours, affirment qu'aucun psaume n'est de David, que même tous, ou à peu près, appartiennent aux temps qui suivirent la captivité de Babylone (Cornill, Einleitung in das Alte Testament. Le parti-pris est aussi évident dans l'une que dans l'autre de ces affirmations.

Qu'un grand nombre de cantiques datent en effet du retour de la captivité et de la période de reconstitution qui suivit cette grande délivrance, nous l'avons reconnu ; c'est le cas de la plupart des psaumes du quatrième et du cinquième livre et de quelques-uns du troisième (85, 86). Mais une étude impartiale ne saurait assigner à tous les psaumes une date aussi tardive.

Observons tout d'abord combien la supposition dont nous venons de parler est contraire à toutes les analogies.

L'√©cole critique √† laquelle nous venons de faire allusion admet qu'avant l'exil Isra√ęl avait des proph√®tes qui parlaient de l'Eternel et souvent √† l'Eternel en un langage d'une sublime po√©sie¬†; mieux que cela, elle place √† l'√©poque des Juges le chant de D√©bora (Juges, chapitre 5). Ne serait-il pas √©trange et vraiment inexplicable qu'√† partir de cette √©poque et pendant toute la p√©riode des rois et des proph√®tes, Isra√ęl n'e√Ľt produit aucun cantique proprement dit, capable de survivre aux catastrophes de son histoire¬†?

Mais de tels cantiques existaient, puisque les Babyloniens eux-m√™mes en avaient entendu parler et demandaient aux captifs de Sion de les leur chanter (Psaumes 137). Qu'√©taient ces cantiques, sinon les Psaumes, que d√®s longtemps les chŇďurs de L√©vites chantaient en s'accompagnant d'instruments sacr√©s¬†? Esdras, en indiquant le nombre des Juifs qui revinrent √† J√©rusalem en vertu de l'√©dit de Cyrus, dit que parmi eux se trouvaient cent vingt-huit chantres, fils d'Asaph (Esdras 2.41). Que chantaient-ils, sinon des cantiques connus d√®s avant la captivit√©¬†?

Consultons maintenant les Psaumes eux-mêmes.

La langue des Psaumes, a-t-on fait observer, est sensiblement la m√™me, qu'il s'agisse des compositions attribu√©es √† David ou de celles datant de six √† sept cents ans plus tard. Or, on sait quels changements profonds se produisent en un pareil espace de temps, dans nos langues modernes. Il en r√©sulte, dit-on, que tous nos psaumes doivent appartenir √† la m√™me √©poque. La comparaison sur laquelle repose cette conclusion nous para√ģt manquer de justesse. Il n'est pas absolument exact que la langue des Psaumes soit uniforme d'un bout √† l'autre du recueil. Certaines formes de langage ne se trouvent que dans les psaumes les plus anciens¬†; le Psaume 90 nous en offre plusieurs exemples. Certains termes archa√Įques n'apparaissent que dans les psaumes de David (Psaumes 16, 22, etc.). Il faut reconna√ģtre toutefois que, compar√© aux langues modernes, l'h√©breu fait l'effet d'une langue qui ne varie pas. Mais on sait que, si l'Occident est vou√© aux transformations rapides, l'Orient est l'immutabilit√© m√™me, pour autant du moins qu'il ne subit pas des influences √©trang√®res¬†; on y retrouve aujourd'hui les usages d'il y a vingt si√®cles, et l'on peut supposer que l'h√©breu, tant qu'il fut la langue d'Isra√ęl, fut loin de subir des modifications comparables √† celles des langues europ√©ennes. Les captifs, il est vrai, rapport√®rent de Chald√©e l'usage de l'aram√©en, qui finit par remplacer l'h√©breu comme langue usuelle. Mais ce fait m√™me est de nature √† nous expliquer pourquoi l'h√©breu post√©rieur √† la captivit√© est si semblable √† celui des si√®cles ant√©rieurs¬†; les nouvelles g√©n√©rations durent apprendre l'h√©breu, qu'elles avaient conserv√© comme langue sacr√©e, et elles l'apprirent √† l'√©cole des grands auteurs d'autrefois. La ressemblance de l'aram√©en et de l'h√©breu √©tait n√©anmoins si grande, qu'il dut se produire quelques infiltrations de l'une de ces langues dans l'autre, ainsi que nous l'avons remarqu√© en plusieurs occasions. (Voir entre autres Psaume 139)

Quelle que soit d'ailleurs l'uniformité des formes du langage proprement dit des Psaumes, il est facile de constater qu'en ce qui concerne le genre littéraire, les cantiques les plus récents diffèrent considérablement de ceux que l'on peut attribuer à David ou à ses contemporains. La forme littéraire de ceux-ci, dirons-nous avec le Dr J. Robertson, est plus rude, plus accidentée, plus vive, parfois même énigmatique, dans l'expression qu'elle donne aux sentiments du psalmiste ; elle contraste d'une manière bien manifeste avec le cours régulier, la clarté transparente, le ton uniforme des cantiques plus récents. (The poetry and the religion of the Psalms. Cité d'après le Kirchenfreund de février 1899.) Ces derniers ont évidemment été composés en vue d'un usage liturgique, ils se prêtent d'emblée à être chantés par tous les fidèles, ils reflètent les sentiments de tous les croyants d'une époque. Les psaumes datant de David, quoique devenus plus tard d'un usage général, portent un caractère individuel beaucoup plus marqué.

A ces consid√©rations litt√©raires s'en ajoutent d'autres, de nature historique. Que faire, par exemple, des nombreux psaumes des premiers livres, qui parlent de la royaut√© isra√©lite, si l'on veut leur assigner pour date le temps o√Ļ Isra√ęl ob√©issait √† des rois √©trangers¬†? Serait-ce aux rois de Perse, √† ceux d'Egypte ou aux Antiochus que s'appliquerait le terme si fr√©quent d'oint de l'Eternel¬†? Est-ce en vue des victoires d'un roi √©tranger qu'auraient √©t√© compos√©s les Psaumes 20 et 21, aux noces d'un dominateur pa√Įen qu'aurait √©t√© consacr√© le Psaume 45¬†? Et √† qui s'applique le Psaume 72, sinon √† un roi isra√©lite bien authentique, non √† l'un des Maccab√©es, dont la royaut√© n'a jamais re√ßu le sceau de l'onction divine, mais bien √† un roi de la grande √©poque des David et des Salomon¬†? Apr√®s le retour de Babylone, Isra√ęl ne parle plus de ses rois, mais il s'√©crie : L'Eternel r√®gne¬†! (Psaumes 93, 97, 99, etc.). C'est m√™me, apparemment, l'absence de rois isra√©lites qui le pousse √† parler d'autant plus de l'Eternel comme du roi qui r√®gne sur l'univers, en d√©pit de l'agitation mena√ßante des puissances terrestres. Et si, √† cette √©poque, il consacre un de ses chants √† la m√©moire de David, c'est pour demander √† l'Eternel de se souvenir de ses promesses et de relever la corne de David (Psaumes 132).

Il existe donc des psaumes antérieurs à la captivité. Mais, si même il en est qui remontent à l'époque de David, avons-nous des raisons légitimes de voir en ce roi le psalmiste par excellence ?

C'est un axiome, aux yeux d'un grand nombre de critiques, que David, √©tant donn√©s son caract√®re et son r√īle historique, n'a pas pu composer de psaumes. N'y a-t-il pas incompatibilit√© absolue entre les fautes graves de ce roi, ses guerres nombreuses et souvent cruelles, et la pi√©t√© intime que respirent les psaumes¬†?

Cette assertion a contre elle le t√©moignage de tous les livres de l'Ancien Testament qui nous parlent de David : celui des Chroniques, qui nous le montrent organisant en Isra√ęl la musique et la psalmodie sacr√©es (1Chroniques 6.33 et suivants¬†; 1Chroniques 23.5), celui des Rois, qui ne cessent de citer en exemple sa fid√©lit√© √† l'Eternel (1Rois 3.6,14¬†; 11.34,36, etc.), celui de J√©r√©mie, qui parle des temps o√Ļ l'Eternel suscitera √† David un germe juste, digne de lui (J√©r√©mie 23.5), celui d'Esa√Įe, qui d√©peint J√©rusalem, sous David, comme la cit√© fid√®le, pleine de droiture, dans laquelle la justice habitait (Esa√Įe 1.22). C'est ainsi, nous dit-on, que l'on parle d'un grand homme √† la distance de quelques si√®cles, alors que le temps jette un voile sur ses d√©fauts et grandit ses qualit√©s. Mais les r√©cits des deux livres de Samuel, ces r√©cits dont plusieurs sans doute √©manent d'√©crivains et de proph√®tes contemporains de David, ne nous donnent point de ce roi une id√©e diff√©rente de celle que nous puisons dans les r√©cits moins anciens.

Ils ne nous cachent pas, il est vrai, les fautes de David. Il est de son √©poque¬†; il fait la guerre comme on la faisait alors et r√©pand beaucoup de sang, persuad√© qu'il est que les ennemis d'Isra√ęl et de son Dieu ne sont pas dignes de vivre¬†; il croit pouvoir un jour, sous l'empire de la passion (2Samuel 11.1-27), disposer de la personne de ses sujets comme le faisaient les monarques orientaux. Mais il serait injuste, en face des contrastes qu'offre la vie de David, de d√©clarer seuls possibles et r√©els les traits sombres de cette vie et de taxer les traits lumineux d'aur√©ole imagin√©e apr√®s coup par l'enthousiasme populaire. Toujours faut-il que cet enthousiasme ait sa raison d'√™tre¬†; √† elles seules des taches et des crimes n'auraient pu le provoquer. Non, le trait dominant de David n'est ni l'ambition, ni la ruse, mais bien son ardent amour pour l'Eternel. C'est l√† ce qui fait du berger de Bethl√©em l'homme selon le cŇďur de Dieu (1Samuel 13.14) et ce qui pousse le roi, d√©j√† grand et redout√©, √† sauter de joie devant l'arche, jusqu'√† provoquer les moqueries de ceux qui ne comprennent pas ces √©lans de sa pi√©t√© (2Samuel 6.14,20). La critique veut bien lui reconna√ģtre des dons po√©tiques et lui conc√©der la composition de la complainte sur la mort de Sa√ľl et de Jonathan (2Samuel 1.17-27). Comment ce po√®te, ce musicien, qui, tout jeune, charmait la cour de Sa√ľl, cet homme au cŇďur ardent et pieux, n'aurait-il pas c√©l√©br√© son Dieu et r√©pandu en toute occasion son √Ęme devant l'Eternel¬†? Il n'existe aucune raison valable de douter de l'authenticit√© des derni√®res paroles du doux chantre d'Isra√ęl (2Samuel 23.1). Ces derni√®res paroles, qui sont elles-m√™mes un cantique inspir√©, supposent √©videmment des paroles ant√©rieures, d'autres po√®mes, tels que ce chant de victoire (2Samuel 22.1-51), qui est devenu notre Psaume 18. Ce psaume est pr√©cis√©ment propre √† nous donner une id√©e du genre de po√©sie particulier √† David, des images vives et splendides qui jaillissaient en foule de son esprit, des √©motions puissantes qui agitaient son cŇďur.

Le contraste est grand, il est vrai, dans la vie de David, entre les fautes que nous avons rappel√©es et la pi√©t√© dont nous venons de parler. Si grand, cependant, que soit ce contraste, il n'est pas en dehors des possibilit√©s. M√™me sous la loi de Christ, le fid√®le sait o√Ļ le m√®nerait sa folie naturelle, s'il se trouvait un instant livr√© √† lui-m√™me. Comment donc nous √©tonnerions-nous de voir s'affirmer les effrayantes contradictions du cŇďur le plus pieux, √† une √©poque pr√©c√©dant de mille ans l'heure de la r√©demption de l'humanit√©¬†? C'est un m√™me esprit de v√©rit√© qui p√©n√®tre les livres de Samuel, soit qu'ils nous racontent les erreurs et les fautes de David, soit qu'ils parlent de ses actes √©clatants de g√©n√©rosit√© et de confiance en Dieu... Les Psaumes 51 et 32 pourraient-ils avoir √©t√© compos√©s par un homme qui n'aurait pas souffert √† un haut degr√© de la souillure du p√©ch√© et du poids √©crasant de la culpabilit√©¬†? (Orelli.)

Ce n'est donc point une opposition, c'est au contraire une correspondance tr√®s √©troite que nous constatons entre la vie de David et ses psaumes. Ceux-ci sont le reflet de celle-l√†. Tir√© soudain d'aupr√®s de ses brebis, le fils d'Isa√Į est d√©sign√© par le proph√®te comme l'oint de l'Eternel, mais pour √™tre bient√īt poursuivi et traqu√©, pendant des ann√©es, comme un criminel. La royaut√© lui est donn√©e sans qu'il ait cherch√© √† la conqu√©rir. Mais c'est au moment o√Ļ il vient d'√©prouver le secours merveilleux de son Dieu, que de tristes exp√©riences lui apprennent √† conna√ģtre sa propre impuissance et sa culpabilit√©. Comment ne pas voir dans les accents des Psaumes l'expression parfaitement ad√©quate des √©motions provoqu√©es par de telles vicissitudes¬†?

La mention du nom de David dans les suscriptions des Psaumes nous a paru, en un grand nombre de cas, confirmée par la nature même de ces compositions, du moins dans les deux premiers livres. Que la tradition ait attribué au grand psalmiste plus d'un cantique offrant certaines analogies avec les siens (20, 21, 122, 133, etc.), que même, dans la dernière période de création des Psaumes, on ait développé, sous forme de cantique, telle parole attribuée à David (Psaumes 138, 139), il n'y a rien là qui puisse nous surprendre.

Quant aux psaumes d'Asaph et à ceux des fils de Koré, nous leur avons reconnu certains traits qui font de chacun de ces deux groupes comme une famille à part et qui justifient, pour ce qui concerne ces psaumes-là, l'exactitude des suscriptions.

2. Formation du recueil.

Les hommes qui groupèrent nos Psaumes en cinq livres ont laissé une trace visible de leur travail dans les paroles de louange (doxologies) qui terminent chacun de ces livres (voir Introduction). Quand eut lieu ce travail de groupement ?

Ce que nous pouvons constater, c'est qu'il √©tait termin√© depuis assez longtemps d√©j√† au moment o√Ļ furent √©crits les livres des Chroniques, c'est-√†-dire de 300 √† 350 avant notre √®re. (Voir Bible annot√©e, Livres historiques). Leur auteur, en effet, cite le Psaume 106, en y joignant la doxologie qui, √† la fin de ce psaume, cl√īt le quatri√®me livre. On avait pris l'habitude de lire ces paroles de louange avec le psaume auquel elles faisaient suite, si bien qu'elles avaient fini par y √™tre comme incorpor√©es. Quant aux psaumes, en petit nombre, qui peut-√™tre datent d'une √©poque post√©rieure √† celle que nous, venons d'indiquer (74, 75, 79, 125), ils ont pu √™tre intercal√©s dans le recueil d√©j√† form√©.

Les livres d'Esdras et de N√©h√©mie font ressortir √† plusieurs reprises le soin que l'on mit, apr√®s le retour de la captivit√©, √† se conformer, pour le chant des cantiques, aux ordonnances de David (Esdras 3.10¬†; N√©h√©mie 12.36,46). Il est probable que ce fut √† partir de cette √©poque que l'on s'appliqua √† recueillir ce qu'Isra√ęl avait poss√©d√© autrefois en fait de musique sacr√©e. Esdras lui-m√™me ne fut sans doute pas √©tranger √† ce travail, bien que nous ne pensions pas qu'il y ait mis la derni√®re main. Les cantiques des Maaloth supposent l'habitude prise d√®s assez longtemps, par les Juifs des provinces √©loign√©es et m√™me de l'√©tranger, de venir aux f√™tes religieuses de J√©rusalem, ce qui nous conduit √† un temps plus avanc√© que celui de la restauration op√©r√©e par Esdras, √† une √©poque o√Ļ ses institutions √©taient d√©j√† entr√©es dans les mŇďurs et fonctionnaient r√©guli√®rement. Un si√®cle environ s'√©coula entre le travail d'Esdras et de N√©h√©mie et la composition des livres des Chroniques¬†; c'est dans le cours de ce si√®cle que le recueil des Psaumes doit √™tre apparu, tel √† peu pr√®s que nous le poss√©dons.

Diff√©rents indices nous y font reconna√ģtre les traces de recueils existant ant√©rieurement. Ainsi, un m√™me psaume ne se trouverait pas reproduit avec des variantes insignifiantes, dans deux livres diff√©rents, s'il n'avait pas d√©j√† fait partie de deux recueils qu'utilis√®rent ceux qui form√®rent notre psautier d√©finitif (voir Psaume 53, identique au Psaume 14¬†; Psaume 70, reproduisant la derni√®re partie du Psaume 40).

La notice qui termine le Psaume 72 : Fin des pri√®res de David, fils d'Isa√Į, nous montre le respect scrupuleux avec lequel les r√©dacteurs du psautier d√©finitif ont conserv√© tout ce qui appartenait aux documents dont ils faisaient usage. Cette notice, due peut-√™tre √† la main m√™me de Salomon (voir la note sur Psaumes 72.20), terminait √©videmment un tr√®s ancien recueil de psaumes datant de l'√©poque de David. Les r√©dacteurs d√©finitifs remani√®rent ce recueil, non pas quant au texte m√™me des psaumes, mais en y introduisant des cantiques plus r√©cents (46¬†; 48¬†; 66¬†; 71), peut-√™tre aussi en en d√©tachant quelques psaumes de David, qu'ils r√©partirent dans les livres suivants. Malgr√© ces remaniements, il nous semble tr√®s probable que nous avons, dans nos deux premiers livres (Psaumes 1 √† 72), une partie consid√©rable de cet antique recueil, datant de la grande √©poque de David et de Salomon.

Notre troisième livre (Psaumes 73 à 89), qui comprend essentiellement des psaumes d'Asaph et de Koré, diffère à la fois des deux premiers livres, dont nous venons de parler, et des deux derniers, composés surtout de cantiques datant de la période qui suivit le retour de Babylone. Nous savons, d'après les Chroniques, que le roi Ezéchias voua un soin particulier à ce qui concernait le culte et remit en honneur le chant des cantiques, tel que l'avait institué David (2Chroniques 29.25-30). Il est naturel de penser que, de même qu'il réunit en recueil ceux des proverbes de Salomon qui ne l'avaient pas encore été (Proverbes 25.1), il ajouta à la collection des psaumes déjà connus plusieurs cantiques composés plus récemment, ceux en particulier qui célébraient les grandes délivrances du règne de Josaphat et de son propre règne ; ce serait là le noyau du troisième livre.

Enfin la captivit√©, le retour √† J√©rusalem, le rel√®vement de la ville et du temple, provoqu√®rent l'√©closion d'un grand nombre de cantiques, complaintes et surtout actions de gr√Ęces, que nous trouvons r√©partis dans nos deux derniers livres. Ces deux livres n'en forment en r√©alit√© qu'un seul. Le besoin de compl√©ter le nombre cinq, par analogie avec le Pentateuque, est apparemment la seule raison qui ait engag√© les r√©dacteurs d√©finitifs √† le scinder en deux. Au milieu d'un grand nombre de psaumes anonymes, on trouve dans ces derniers livres quelques cantiques plus anciens, dont les uns, comme le Psaume 142, nous ont paru remonter r√©ellement √† David, tandis que d'autres sont plut√īt compos√©s de fragments emprunt√©s √† ce roi (138, 139). Il semble que les auteurs de cette derni√®re collection aient voulu conserver, en m√™me temps que les produits tout r√©cents de la pi√©t√© isra√©lite, plus d'un morceau po√©tique, ins√©r√© peut-√™tre dans quelque ouvrage historique, et qui, avant eux, n'avait pas √©t√© utilis√© dans le culte. Tel √©tait, entre autres, le cas de la pri√®re de Mo√Įse, (Psaume 90), qu'ils ont mise en t√™te du quatri√®me livre, comme pour rattacher l'expression la plus r√©cente de la foi de leur peuple aux paroles du grand serviteur de Dieu des temps anciens.

Si nous ne poss√©dions pas le livre des Psaumes, nous serions peu et mal renseign√©s sur l'√©tat religieux des Isra√©lites, et nous serions en droit de nous demander si ce peuple, bien que mis √† part et soumis par le Seigneur √† une √©ducation toute sp√©ciale, s'est √©lev√© r√©ellement √† un niveau sup√©rieur √† celui des peuples pa√Įens qui l'entouraient. Les livres historiques de l'Ancien Testament nous tracent le tableau des r√©voltes continuelles des Isra√©lites et des ch√Ętiments qu'ils s'attirent par leur d√©sob√©issance¬†; les proph√®tes leur reprochent sans cesse leur infid√©lit√©, et la foi h√©ro√Įque de quelques hommes d'√©lite rend plus manifeste encore l'incr√©dulit√© de la masse de la nation. C'est dans le livre des Psaumes que nous d√©couvrons quels tr√©sors de pi√©t√© intime et de saintet√© v√©ritable recelait l'√Ęme de l'Isra√©lite fid√®le. Comme les cantiques chr√©tiens, aux diverses √©poques de l'histoire de l'Eglise, t√©moignent de l'action que l'Esprit saint exerce dans le cŇďur des rachet√©s, les Psaumes nous r√©v√®lent la profondeur de l'Ňďuvre qui s'est accomplie au cours des si√®cles au sein de la communaut√© isra√©lite. Par l√† m√™me, ils t√©moignent d'une mani√®re bien manifeste en faveur de la r√©alit√© de l'intervention divine dans l'histoire d'Isra√ęl. D'o√Ļ proc√©derait en effet la communion si vivante avec Dieu qui s'exprime dans les Psaumes, si ce Dieu lui-m√™me ne s'√©tait abaiss√© vers l'homme et approch√© le premier de son cŇďur¬†? Dieu n'est connu, a-t-on dit avec v√©rit√©, qu'autant qu'il se donne √† conna√ģtre¬†; √† plus forte raison n'est-il aim√© qu'√† la condition d'avoir lui-m√™me r√©v√©l√© son amour. On a cit√©, il est vrai, comme parall√®le fourni par le monde pa√Įen, les remarquables psaumes de p√©nitence d√©couverts en Chald√©e. Mais, si la conscience religieuse a pu trouver, en dehors de la r√©v√©lation, des termes saisissants pour exprimer des sentiments d'humiliation et son d√©sir d'obtenir le secours divin, l'Isra√©lite seul a su donner essor √† cette confiance, √† cette ardeur d'amour qui cherche moins les bienfaits de Dieu que Dieu lui-m√™me.
Ta gr√Ęce est meilleure que la vie... Quel autre ai-je au ciel que toi¬†? Je n'ai pris plaisir sur la terre qu'en toi... M'approcher de Dieu, c'est tout mon bien.(Psaumes 63.4¬†; 73.25-28).

Comme les cieux t√©moignent de la gloire du Dieu fort, les Psaumes sont l'√©cho de l'amour que l'Eternel a manifest√© √† son peuple. Ils sont le sceau bien √©vident de la r√©v√©lation divine, de laquelle proc√®dent la religion, l'histoire et la litt√©rature sacr√©e du peuple d'Isra√ęl.


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    • Psaumes 103

      22 B√©nissez l‚ÄôEternel, vous, toutes ses Ňďuvres, dans tous les lieux o√Ļ il domine¬†! B√©nis l‚ÄôEternel, mon √Ęme¬†!

      Psaumes 145

      10 Toutes tes Ňďuvres te loueront, Eternel, et tes fid√®les te b√©niront¬†;
      21 Que ma bouche dise la louange de l’Eternel et que toute créature bénisse son saint nom, pour toujours et à perpétuité !

      Psaumes 148

      7 Louez l’Eternel depuis la terre, vous, monstres marins, et vous tous, océans,
      8 foudre et grêle, neige et brouillards, vents de tempête qui exécutez ses ordres,
      9 montagnes et toutes les collines, arbres fruitiers et tous les cèdres,
      10 animaux sauvages et tout le bétail, reptiles et oiseaux ailés,
      11 rois du monde et tous les peuples, princes et tous les juges de la terre,

      Psaumes 150

      6 Que tout ce qui respire loue l’Eternel ! Louez l’Eternel !

      Apocalypse 5

      13 Toutes les cr√©atures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer, tous les √™tres qui s'y trouvent, je les entendis s‚Äô√©crier¬†: ¬ę¬†A celui qui est assis sur le tr√īne et √† l'Agneau soient la louange, l'honneur, la gloire et la domination, aux si√®cles des si√®cles¬†!¬†¬Ľ

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