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1 Corinthiens 11

    • 1 Chapitre 11.

      2 à 16 Sur la bienséance dans les assemblées chrétiennes.

      L'exhortation de verset 32 est le r√©sum√© pratique de ce qui pr√©c√®de. L'ap√ītre ne craint pas d'en montrer l'accomplissement dans sa propre vie, (verset 33) ni m√™me d'appeler ses fr√®res √† l'imiter en cela, parce qu'il est lui-m√™me l'imitateur du Mod√®le supr√™me qui a constamment donn√© l'exemple du renoncement par la plus tendre charit√©.

      2 Grec : "Je vous loue de ce que vous vous rappelez toutes choses de moi, et que, comme je vous ai livré les traditions, vous les retenez."

      L'ap√ītre entend par traditions ses instructions, tant orales qu'√©crites, comme il le dit clairement lui-m√™me¬†: (2Thessaloniciens 2.15) et il se sert de ce mot pour montrer que ces instructions n'√©taient pas de lui, mais qu'il les avait re√ßues du Seigneur et qu'il n'en √©tait, pour ainsi dire, que le d√©positaire et le messager.

      - Au moment de reprendre les Corinthiens, il les loue des choses dans lesquelles ils étaient restés fidèles, afin que la vérité soit toujours tempérée par la charité.

      Les admonitions de l'ap√ītre qui ouvrent ce chapitre, (versets 3-16) toutes fond√©es sur les mŇďurs du temps, ne trouvent plus leur application litt√©rale de nos jours, parce que les id√©es, qui se traduisent par la mise, varient dans leur expression, d'une √©poque √† l'autre, et de nation √† nation.

      Mais l'esprit de ces enseignements subsiste et reste aussi invariable qu'il est important. En outre, il est au plus haut degr√© instructif de voir de quelle mani√®re l'ap√ītre rattache les moindres pr√©ceptes de morale aux plus profondes v√©rit√©s, montrant ainsi que tout se tient dans la vie chr√©tienne, et qu'il est impossible d'en n√©gliger aucune partie sans fouler aux pieds le fondement m√™me sur lequel elle repose. (Voir surtout son point de d√©part, verset 3)

      Dans tout l'Orient, et aussi en Gr√®ce, les mŇďurs voulaient que les femmes ne parussent en public que voil√©es et avec les cheveux longs, tandis que les hommes les portaient courts. On attachait aux usages contraires des id√©es d'inconvenance, sinon d'immoralit√©. Or, √† Corinthe on avait commenc√© √† m√©priser sur ce point l'opinion publique. Les femmes assistaient sans voile aux assembl√©es de l'Eglise, se fondant sans doute sur le principe de la libert√© chr√©tienne pr√™ch√© par Paul lui-m√™me, et sur celui de l'√©galit√© de l'homme et de la femme devant Dieu. (Galates 3.28)

      Quelque vrais que soient ces principes eux-m√™mes, l'ap√ītre en bl√Ęme l'application pr√©sente. Il aurait pu invoquer le danger moral d'une telle innovation, soit pour les chr√©tiens eux-m√™mes, soit surtout pour le monde, auquel on fournissait ainsi une excellente occasion de blasph√©mer contre l'Evangile. Mais, bien que cette pens√©e f√Ľt sans doute dans l'esprit de l'ap√ītre, il pr√©f√®re tirer ses arguments du domaine m√™me des r√©v√©lations divines.

      3 L'ap√ītre fonde ici les enseignements moraux qu'il veut inculquer √† ses lecteurs sur les v√©rit√©s bibliques relatives au rapport que Dieu a √©tabli entre l'homme et la femme.

      Mais, s'élevant immédiatement à une pensée infiniment plus haute, il voit dans ce rapport une image de celui qui unit notre humanité avec Christ, et par lui avec Dieu lui-même.

      Dieu, dans son infinie condescendance, a voulu cr√©er des √™tres intelligents capables de le conna√ģtre et de l'aimer, qui, malgr√© leur absolue d√©pendance de lui, lui fussent pourtant semblables par l'amour, et qui trouvassent dans cet amour le vrai motif de l'ob√©issance due au souverain Ma√ģtre, le vrai rapport entre la cr√©ature et le Cr√©ateur.

      Pour cela, Christ, qui est à la fois le Dieu révélé et le révélateur de Dieu, le Médiateur et le lien de ce rapport entre la créature et le Créateur, est devenu le Chef (Grec : "la Tête") de l'homme, l'Epoux de son Eglise qu'il a rachetée et qu'il veut présenter à Dieu pure et sans tache. (Ephésiens 5.22 et suivants) Mais en tant que Christ lui-même s'est fait homme semblable à nous, membre réel de cette humanité, Dieu est son Chef.

      Christ est, à la fois, Celui "par qui et pour qui toutes choses ont été faites," et le "premierné entre plusieurs frères ;" comme ces derniers, il met sa confiance en Dieu, il invoque Dieu, il peut s'approprier les paroles du prophète : "Me voici moi et les enfants que Dieu m'a donnés," (Hébreux 2.13) il s'identifie avec eux dans un même rapport de subordination et d'amour.

      Maintenant, Paul voit une image de ce rapport dans celui du mari et de la femme. Cette image, qui se trouve d√©j√† dans l'Ancien Testament, a √©t√© d√©velopp√©e et r√©alise dans le Nouveau. L'homme fut d'abord cr√©√© √† l'image de Dieu, puis la femme, pour √™tre son aide¬†; (versets 8,9) l'homme n'est donc d√©pendant que de Dieu en Christ¬†; la femme est dans la m√™me relation avec Dieu sans doute (car l'ap√ītre, en disant que Christ est le Chef de l'homme, n'exclut point la femme de cette relation), mais elle est en m√™me temps d√©pendante de son mari, qui est son guide, son appui, et le lien naturel entre elle et Dieu. (1Corinthiens 14.34,35)

      Tout cela est pris à un point de vue idéal (comme la Bible le fait toujours), et suppose les choses telles qu'elles doivent être ou devenir.

      Il y a plus¬†: cette d√©pendance de la femme n'est que pour le temps de l'√©preuve ici-bas¬†; (Matthieu 22.30¬†; Luc 20.34-36) et m√™me dans la mesure o√Ļ la vie √©ternelle appara√ģt au sein de cette vie terrestre, se manifeste aussi dans cette in√©galit√© l'√©galit√© qui un jour sera parfaite¬†; "en Christ, il n'y a plus ni homme, ni femme." (Galates 3.28)

      Ainsi, le m√™me ap√ītre qui insiste si fort sur la diversit√© qui existe dans ce rapport terrestre, image de l'union de l'homme avec Dieu, enseigne tout aussi clairement l'unit√© des √Ęmes en Dieu, sans distinction de sexe ni de rang.

      Ce contraste, qui n'est point une contradiction, se retrouve dans toutes les relations de la vie humaine : subordination des uns à l'égard des autres, et pourtant égalité devant Dieu, égalité qui atteindra un jour à sa perfection.

      5 Bien que, dans ces versets versets 3-5, le mot grec k√©phal√®, la t√™te, soit le seul employ√©, et que d'excellents traducteurs (version de Lausanne, Rilliet) le rendent uniquement par ce dernier terme, nous pr√©f√©rons le traduire tant√īt par chef, tant√īt par t√™te, selon que l'ap√ītre le prend en un sens figur√© ou dans le sens propre.

      Cela ne serait pas n√©cessaire si le mot chef avait encore, comme autrefois, sa double signification. Mais ici (verset 4 et 5) l'ap√ītre emploie le m√™me mot dans ces deux sens¬†: "l'homme qui prie la t√™te couverte d√©shonore son Chef, c'est-√†-dire Christ¬†; (verset 3) la femme qui prie la t√™te d√©couverte d√©shonore son chef, c'est-√†dire son mari." (verset 3) Il est vrai que quelques interpr√®tes, se fondant sur une variante peu autoris√©e, traduisent¬†: "d√©shonore sa propre t√™te." Mais qu'est-ce que cela voudrait dire¬†? (Voir note suivante.)

      Avoir la t√™te ras√©e, ou les cheveux coup√©s, √©tait une peine inflig√©e aux femmes adult√®res. Les cheveux longs, ce voile naturel de la femme, (verset 15) √©taient donc consid√©r√©s comme l'honneur du mari¬†; (verset 6) mais il y a de cet honneur un autre symbole, c'est le voile proprement dit, qui est le signe de la r√©serve, de la pudeur, de la soumission dans la femme¬†; en paraissant en public non voil√©e, elle d√©shonorait son mari, parce qu'elle violait les r√®gles re√ßues de la d√©cence, exactement comme, selon nos mŇďurs, une conduite inconvenante chez une femme retombe en d√©shonneur, non seulement sur elle, mais sur son mari.

      L'homme, au contraire, (verset 4) repr√©sentant le principe de la domination et de la libert√©, doit para√ģtre d'une mani√®re conforme √† ce principe¬†; il honore son Chef en se d√©couvrant devant lui. (verset 7)

      - Les mots prier, proph√©tiser, montrent que ces dons de l'Esprit √©taient quelquefois d√©partis √† la femme. Ailleurs, l'ap√ītre lui en interdit l'exercice public (1Corinthiens 14.34¬†; comparez 1Timoth√©e 2.12)¬†; en ne le faisant pas ici se met-il en contradiction avec lui-m√™me¬†? Il semble plut√īt que, tout occup√© d'une pens√©e, il la poursuit sans s'arr√™ter √† une autre.

      "En désapprouvant l'un, il n'approuve pas l'autre." Calvin.

      Le fait est qu'ici Paul ne dit rien de l'interdiction qui suivra, (1Corinthiens 14.34) et qu'on ne peut rien conclure de son silence.

      7 On sait qu'aujourd'hui encore les Juifs regardent comme ind√©cent pour les hommes de para√ģtre dans leurs synagogues la t√™te d√©couverte, tandis que les chr√©tiens observent un usage directement oppos√©. Affaire de pays, de temps et de mŇďurs.
      9 Les versets versets 8,9 expliquent verset 7 par des faits relatifs à la création de l'homme et de la femme.

      L'homme est l'image de Dieu, (Genèse 1.27) et par là même sa 7, que cette image doit manifester. (verset 7)

      Il en est de m√™me de la femme, sans doute¬†; mais l'ap√ītre conclut la sup√©riorit√© originelle de l'homme sur elle, d'abord (verset 8) du fait qu'elle fut form√©e d'une partie du corps de l'homme d√©j√† existant et accomplissant le dessein de Dieu¬†; (Gen√®se 2.20-23) et ensuite, (verset 9) Paul tire de ce fait la cons√©quence que la femme fut cr√©√©e pour l'homme, pour lui √™tre une aide, tandis que le but imm√©diat et unique de la cr√©ation de l'homme √©tait de glorifier Dieu.

      C'est ainsi que Paul explique à sa manière (car) cette pensée de verset 7, que la femme est la gloire du mari, tandis que l'homme est la gloire de Dieu. (Comparer verset 3)

      "De nos jours une telle argumentation a quelque chose d'étrange, mais c'est uniquement à cause des principes vagues que l'on s'est faits sur l'autorité de l'Ecriture et en particulier de l'Ancien Testament. Paul, au contraire, a pris pour point de départ la divinité absolue de l'Ancien Testament ; et plus cette divinité sera de nouveau reconnue, plus on comprendra la solidité des démonstrations de cette nature." Olshausen.

      10 Comme le mot d'ange signifie un envoyé, un messager, on a souvent cherché à appliquer ici ce sens, à cause de la difficulté que présente la signification ordinaire du mot.

      Ainsi, on a pens√© que ces anges √©taient les anciens qui pr√©sidaient au culte, en se fondant sur ce que ce nom leur est donn√© Apocalypse 2.1, et dans les lettres aux sept Eglises¬†; ou encore, on a entendu par l√† les envoy√©s des autorit√©s pa√Įennes, ayant mission de voir ce qui se passait dans les assembl√©es des chr√©tiens, etc.

      Aujourd'hui, on a g√©n√©ralement abandonn√© ces interpr√©tations pour revenir au sens ordinaire du mot. Est-ce avec raison¬†? La pr√©sence invisible des anges dans les assembl√©es du culte est-elle un argument n√©cessaire pour la d√©cence recommand√©e ici aux femmes¬†? Leur dire qu'elles sont en pr√©sence des hommes et en pr√©sence de Dieu, ne serait-ce pas plus concluant¬†? Et quand Bengel et, apr√®s lui, Gerlach, citent Esa√Įe 6.2, o√Ļ il est dit que les anges se voilent la face devant Dieu, √©videmment c'est prouver trop, car les hommes devraient √† plus forte raison se voiler aussi bien que les femmes, ce qui va contre la pens√©e de l'ap√ītre.

      Il ne faut pas craindre d'avouer que pour nous le sens de ce mot est incertain ; il nous manque, pour l'expliquer, quelque donnée qui le rendait clair aux premiers lecteurs de Paul. (Voir toutefois 1Corinthiens 4.9)

      Grec : simplement : "Doit avoir sur la tête une autorité," ce qu'on explique par métonymie, comme on le voit dans notre version paraphrasée.

      12 Ces deux versets ont pour but de pr√©venir tout malentendu sur ce qui pr√©c√®de, et en particulier de d√©truire tout orgueil en l'homme √† l'√©gard de la femme. Soit selon la gr√Ęce, (verset 11) soit selon la nature, (verset 12) chacun des deux remplit sa destination, ils ont besoin l'un de l'autre pour vivre dans une sainte communion qui tend √† l'√©galit√© compl√®te. (verset 3, note.)
      14 C'est-√†-dire le sentiment naturel des convenances, tel qu'il s'exprime de lui-m√™me dans les mŇďurs.
      16 Ce grand et beau principe, exprimé ainsi d'une manière inattendue, semble prouver que ces sujets avaient donné lieu à des contestations dans l'Eglise de Corinthe.
      17 17 à 34 Sur certains abus relatifs aux agapes et à la sainte cène.

      Comme il l'a fait √† d'autres √©gards (verset 2) On peut rapporter le mot ceci √† ce qui pr√©c√®de, comme le font plusieurs, ou √† ce qui suit, et cela para√ģt plus conforme √† l'ensemble du texte. En effet, l'ap√ītre va censurer de criants abus, se rattachant √† ce qu'il y a de plus sacr√©¬†: la c√®ne du Seigneur.

      Dans l'Eglise apostolique on célébrait la cène tout à fait selon son institution, en la faisant précéder d'un repas pris en commun ; c'est ce qu'on appelait agape (charité, amour). A Corinthe, cet usage n'avait pas tardé à dégénérer, sous l'influence de l'esprit de parti. Des coteries s'étaient formées, elles s'assemblaient en particulier pour ces repas, les riches y apportaient de leur profusion, tandis que les pauvres n'avaient pas de quoi se nourrir. (verset 21) La cène, à la suite de cela, ne pouvait qu'être indignement profanée.

      C'est pourquoi l'ap√ītre, apr√®s avoir r√©primand√© ces abus, rapporte l'institution de la communion dans sa simplicit√© et sa saintet√©, afin de faire mieux sentir √† ses lecteurs, par ce contraste, de quoi ils se rendaient coupables, et quels ch√Ętiments ils attiraient sur eux.

      Grec : "Non pour le mieux, mais pour le pis," ce qui se rapporte au but religieux et moral des assemblées.

      18 Ce premi√®rement n'est pas suivi d'un secondement, mais selon toute apparence l'ap√ītre a dans la pens√©e, apr√®s les abus relatifs √† la c√®ne, dont il va parler d'abord, d'autres abus concernant les dons spirituels, sujet qu'il traite √† 1Corinthiens 12 et 1Corinthiens 14. Ou bien, il parle premi√®rement des divisions, (versets 18,19) puis de la c√®ne m√™me, (verset 20) sujet auquel il passe par un donc, maintenant.

      Grec¬†: "Des schismes," c'est-√†-dire s√©parations en partis, en coteries. Il ne s'agit que des assembl√©es¬†; car, quant aux grands partis qui divisaient l'Eglise de Corinthe, (1Corinthiens 1.12) l'ap√ītre n'en croyait pas seulement une partie. Ici, il fait sagement la part des exag√©rations.

      19 Vos schismes dans les assemblées, votre esprit de parti, en foulant aux pieds la charité qui est le lien de la perfection, vous conduiront nécessairement à des sectes permanentes. (Grec : "hérésies," mot qui, dans l'origine, signifiait secte en matière de doctrine, tandis que le schisme n'est qu'une séparation sans divergences dogmatiques.)

      Il le faut ; votre corruption à cet égard le rend inévitable, puisque même la célébration de la cène n'a pu vous unir ; il le faut, afin que ceux qui sont approuvés de Dieu soient manifestés du milieu de ceux qui se recherchent eux-mêmes.

      Le mal existant dans la nature humaine, Dieu permet parfois qu'il apparaisse avec toute sa puissance, pour en préserver les siens et pour exercer un jugement sur les coupables qui n'en prennent pas occasion de se repentir et de revenir à lui. Cette sérieuse pensée se trouve fréquemment dans les Ecritures. (Luc 17.1, 2Jean 9.39 ; Actes 2.23 ; Romains 5.20)

      20 "Lorsque vous le faites ainsi, vous ne sauriez donner à votre repas ce nom sacré, il n'est pas possible que vous célébriez la cène."

      - "La c√®ne," ou "le souper du Seigneur" (c'est le seul passage o√Ļ se trouve cette d√©signation de la communion), est ainsi appel√©e, parce que c'est le Seigneur qui l'a fond√©e, qui y invite, qui s'y donne lui-m√™me en nourriture, et parce que la c√®ne fut institu√©e au repas du soir.

      - Pour comprendre ce qui suit, il ne faut pas oublier que la cène terminait un vrai souper pris en commun (agape).

      21 Gr "Ivre." L'ap√ītre emploie √† dessein les plus fortes expressions afin de montrer, par un contraste criant avec la saintet√© de la chose, tout ce qu'il y avait d'odieux en de tels abus.

      A Corinthe, comme partout et toujours, le go√Ľt raffin√© des beaux-arts, de la sagesse du si√®cle, de l'√©loquence, avait fait alliance avec la convoitise de la chair. Les gens "de bon ton, de bonne compagnie" se tenaient √† part, m√™me dans les assembl√©es des chr√©tiens, et trouvaient tout naturel d'employer √† flatter leur sensualit√© ces biens que Dieu leur avait confi√©s, tandis que les pauvres devaient se contenter de ce qui leur √©tait tomb√© en partage¬†!

      L'expression¬†: "prend d'abord ou d'avance son propre repas," prouve que, quoique dans le m√™me local, le repas n'√©tait pas en commun, comme il aurait d√Ľ l'√™tre, mais divis√©s en coteries, riches et pauvres. De l√†, l'exhortation qui se trouve au verset 33, de s'attendre les uns les autres.

      22 De tels reproches sur de tels abus durent amener promptement dans l'Eglise la cessation des agapes avant la cène. Elles en furent séparées, en effet, et subsistèrent, comme simples repas fraternels, pendant les quatre premiers siècles.
      23 L'ap√ītre lie, par la particule car, le r√©cit de l'institution de la c√®ne √† ce reproche¬†: Je ne vous loue point, je vous bl√Ęme¬†: cela nous indique clairement que son but est de mettre en contraste frappant, d'une part, la c√®ne du Seigneur envisag√©e dans toute sa puret√© primitive, et, d'autre part, les abus dont les Corinthiens l'avaient profan√©e. L'impression que fait ce simple r√©cit dut leur prouver, mieux que tous les raisonnements et tous les reproches, combien leur mani√®re de la c√©l√©brer en d√©naturait le but et leur en √ītait les b√©n√©dictions. Au reste, les s√©rieuses cons√©quences que l'ap√ītre d√©duit de son r√©cit (versets 28-34) nous montrent plus clairement encore quel √©tait son but.

      - Bien que l'ap√ītre conn√Ľt l'institution de la c√®ne par la tradition apostolique, il d√©clare positivement que, ce qu'il a transmis sur ce point aux Corinthiens, il l'avait re√ßu du Seigneur, c'est-√†-dire, comme il le dit ailleurs, de tout l'Evangile qu'il pr√™chait, il l'avait re√ßu "par une r√©v√©lation de J√©sus-Christ." (Galates 1.12¬†; comparez 1Corinthiens 7.40, note.)

      Si Paul n'avait eu l'histoire de l'institution de la cène que par la tradition, il ne dirait pas : moi j'ai reçu, mais : nous avons reçu. C'était donc non seulement de son autorité apostolique, mais par l'autorité de Jésus-Christ, qu'il transmettait aux Eglises cet important document sur l'origine et le sens de la sainte cène.

      "Nous avons ici une exposition authentique de Christ lui-même, après sa résurrection, sur son sacrement, et de tout temps l'Eglise, comprenant ainsi ce passage, l'a considéré comme l'explication de la sainte cène la plus importante qui se trouve dans le Nouveau Testament" Olshausen.

      Quel souvenir que celui de cette nuit terrible des souffrances de Jésus, mis en contraste avec la manière légère et profane dont ce même repas était célébré à Corinthe !

      - Quant à l'explication des paroles de l'institution, on ne la reproduira pas ici. Voir Matthieu 26.26-28 ; Luc 22.19-21, notes. C'est Luc qui, dans son récit, se rapproche le plus des termes mêmes de Paul.

      24 Il y a dans ces versets (versets 24-29) un nombre considérable de variantes qu'il faut indiquer.

      verset 24, les mots du texte reçu : prenez, mangez, manquent dans les sources les plus décisives ; ils sont retranchés dans notre texte. De même le mot qui est rompu manque dans les plus anciens manuscrits qui lisent seulement : ceci est mon corps pour vous. Ainsi traduit M. Rilliet d'après le manuscrit du Vatican. Comme le Seigneur, en prononçant ces mots, rompait le pain, le sens, d'autant plus saisissant, se trouvait dans l'action symbolique, et n'avait pas besoin de paroles. Matthieu et Marc ne les ont pas non plus ; Luc dit : qui est donné pour vous. Toutefois, le témoignage opposé d'autres autorités rend la suppression au moins douteuse.

      verset 26, ; il ne faut pas lire : de ce pain, de cette coupe, mais : ce pain, la coupe.

      verset 27, le pain, la coupe.

      verset 29, les mots indignement et du Seigneur sont omis par de graves autorit√©s, en sorte que la pens√©e de l'ap√ītre serait exprim√©e ainsi¬†: "Celui qui mange et boit, mange et boit un justement, ne discernant pas le corps."

      Ainsi manger et boire seulement, et ne pas discerner ce corps donné pour nous, serait la cause du jugement. Toutefois les raisons externes et internes de cette leçon ne sont pas assez décisives pour l'introduire dans le texte, comme le font Lachmann, Tischendorf, etc.

      26 Comme les Isra√©lites, en mangeant l'agneau pascal, annon√ßaient, d√©claraient √† leurs enfants leur d√©livrance de la servitude par le sang de cet agneau, ainsi, en mangeant dans la c√®ne l'Agneau de Dieu qui √īte le p√©ch√© du monde, nous annon√ßons et proclamons sa mort comme le salut de notre √Ęme.

      Son sacrifice est ainsi toujours nouveau, toujours pleinement efficace, toujours présent, comme si Christ était crucifié au milieu de nous. (Galates 3.1) Telle est l'idée profondément vraie qui se trouve matérialisée et faussée dans le sacrifice de la messe.

      27 Ces s√©rieuses paroles ressortent imm√©diatement des pr√©c√©dentes¬†: Si la c√®ne est la proclamation de la mort de J√©sus-Christ, celui qui y participe indignement se rend coupable du corps et du sang du Seigneur, c'est-√†-dire p√®che contre son sacrifice, contre cette √©mouvante manifestation de son amour, contre lui-m√™me, qui, glorifi√©, s'offre √† nous dans la c√®ne pour y devenir la nourriture et la vie de notre √Ęme.

      Plus l'objet d'une offense est élevé et saint, plus le crime est grand ; quel n'est donc pas celui qui se commet contre le Fils de Dieu s'offrant pour nous en sacrifice ?

      - Mais qu'est-ce que participer indignement √† la c√®ne du Seigneur¬†? C'est le faire dans un √©tat d'√Ęme qui constitue avec la c√®ne m√™me une contradiction, un mensonge. Or, il n'y a qu'une disposition qui puisse mettre une √Ęme absolument dans ce cas¬†: c'est l'imp√©nitence.

      28 Qu'il en mange et en boive ainsi, c'est-à-dire après s'être éprouvé.

      Sur l'objet spécial et principal de cet examen de soi-même, voir 2Corinthiens 13.5.

      "Cette √©preuve de soi-m√™me consiste √† s'assurer que l'on a une vraie repentance et une vraie foi¬†; non pas une repentance et une foi parfaites, car, √† ce compte, tous les hommes seraient toujours retenus loin de la c√®ne¬†; mais si, aspirant du fond du cŇďur √† la justice qui vient de Dieu, humili√© par le sentiment de ta mis√®re, tu te confies et t'abandonnes tout entier √† la gr√Ęce de Christ, tu es un convive dignement pr√©par√© pour t'approcher de cette table. En effet, celui-l√† est digne que le Seigneur n'exclut pas, alors qu'il lui resterait beaucoup √† d√©sirer encore¬†; car la foi, m√™me dans ses commencements, rend dignes les indignes." Calvin.

      29 Ne discernant ou ne distinguant point le corps du Seigneur d'avec un aliment ordinaire ; ne voyant point dans la cène et ne recevant point avec foi ce corps du Seigneur, offert en sacrifice pour le péché. Si Christ, crucifié pour nous, et maintenant glorifié, n'était pas réellement présent dans la cène, ces paroles n'auraient aucun sens, non plus que celles du verset 27 : être coupable du corps et du sang du Seigneur.

      Sous le signe est la chose signifiée.

      "Ainsi le Seigneur dit : ceci est mon corps, parce qu'il atteste avec certitude qu'en nous offrant ce symbole visible, il nous donne en même temps son corps ; car Christ n'est pas un trompeur qui nous joue par de vaines figures. Ceci est donc pour moi hors de toute controverse : la vérité est jointe à ce qui en est le signe. C'est-àdire que, dans toute la force spirituelle du mot, nous sommes aussi réellement participants du corps de Christ que nous vivons réellement de pain...Ainsi, le corps de Christ ne nous est pas seulement donné, mais donné en nourriture...Nous sommes participants de Christ, non seulement quand nous croyons qu'il est la victime d'expiation pour nos péchés ; mais en tant qu'il habite en nous, qu'il est un avec nous, que nous sommes ses membres, chair de sa chair, unis avec lui, enfin, en une même vie, en une même substance." Calvin.

      Quant à la question oiseuse, et sur laquelle pourtant ont eu lieu tant de disputes, de savoir si les communiants indignes reçoivent aussi le corps de Christ (mais en condamnation), c'est en vain que l'on a voulu l'affirmer au moyen de ces paroles de Paul : car elles conservent toute leur sérieuse signification, dès qu'on admet que Christ est réellement présent dans la cène, sans pour cela qu'il soit nécessaire de penser que l'infidèle reçoit son corps aussi bien que le croyant. Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, comment recevrait-il son corps ? "Christ est-il divisé ?"

      - Le jugement ici d√©nonc√© renferme tous les ch√Ętiments de Dieu qu'un tel p√©ch√© entra√ģne √† sa suite, (verset 30) et qui sont les pr√©curseurs du jugement √©ternel, s'ils n'am√®nent point le communiant indigne √† la repentance.

      - Manger et boire un jugement contre soi-m√™me est une √©nergique expression pour dire que le ch√Ętiment est uni √† l'action m√™me, aussi bien qu'√† la personne. C'est transformer en mal√©diction la b√©n√©diction¬†; et plus celle-ci devait √™tre pr√©cieuse, plus celle-l√† est terrible.

      30 Grec : "Dorment." Ces paroles disent clairement que le jugement dénoncé (verset 29) ne s'est pas fait attendre ; Dieu l'exerçait déjà à Corinthe lorsque Paul écrivait. Mais en quoi consistait-il ?

      En d'autres termes, faut-il entendre les mots infirmes, malades, morts √† la lettre, se rapportant au corps, ou spirituellement, s'appliquant √† l'√Ęme¬†?

      La plupart des interpr√®tes, entre autres Calvin, Gerlach, Godet, se d√©cident pour le premier sens, s'appuyant surtout sur verset 32, o√Ļ le mot ch√Ęti√©s ne peut, selon eux, s'entendre que d'une √©preuve ext√©rieure.

      Mais, sans exclure la possibilit√© de tels ch√Ętiments dans l'Eglise de Corinthe, ne reste-t-on pas plus s√Ľrement et plus largement dans la v√©rit√© en donnant √† tous ces mots un sens spirituel¬†?

      D'abord, la cons√©quence naturelle d'un coupable abus de la c√®ne est certainement de rendre l'√Ęme infirme, malade, et de l'endormir, plut√īt que le corps. Un tel ch√Ętiment est infaillible¬†; mais combien de communiants indignes ne sont punis ni par la maladie, ni par la mort¬†! Une telle vue serait propre √† accr√©diter sur la c√®ne des id√©es effrayantes et superstitieuses, qui n'existent d√©j√† que trop.

      Ensuite, Paul aurait-il exprim√© la mort du corps sous une condamnation de Dieu par cette douce image du sommeil, que l'Ecriture applique √† ceux qui se sont endormis (en Christ)¬†? Voir 1Corinthiens 15.16-18,20,51¬†; Matthieu 27.52¬†; Jean 11.11¬†; Actes 7.60¬†; 13.36¬†; 1Thessaloniciens 4.13-15. M√™me le temps du verbe employ√© ici para√ģt contraire √† cette id√©e.

      32 Tout jugement de Dieu, temporel ou spirituel, pendant que nous sommes dans le temps de l'√©preuve, a pour but de nous ch√Ętier (Grec¬†: "√©duquer") afin que, revenant √† la repentance, nous √©vitions le dernier jugement, la condamnation.
      33 Prenez ces repas de charité ensemble, dans une fraternelle communion, et non par petites coteries, ou chacun pour soi. (Comparer verset 21, note.)
      34 Grec : "Pour jugement." verset 29.

      Il y avait donc √† Corinthe d'autres abus de moindre importance que l'ap√ītre se r√©serve de redresser par sa pr√©sence personnelle. (1Corinthiens 16.5-8)

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