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ABRAHAM

Le plus célèbre des patriarches, appelé communément le Père des Croyants, (cf. Ro 4:12 etc.) ou encore, par Jas 2:23 et par le Coran, l'Ami de Dieu. Son nom semble avoir été primitivement Abram (cf. les noms hébreu Abiram et babyl. Abiramou). Les récits de la Genèse concernant ce grand ancêtre du peuple hébreu sont essentiellement des traditions populaires. Bien avant d'être mises par écrit, ces traditions ont été transmises oralement d'une génération à une autre ; les vieux conteurs ont amalgamé en elles des souvenirs de faits ou de personnages historiques, des notions sur les origines des peuples, des épisodes épiques, de profondes expériences religieuses ; et tout cet ensemble a traversé les siècles, conservant d'une part (grâce au sérieux des conteurs et aux exigences de leur auditoire habitué à certains traits et à certains effets toujours identiques), une remarquable fixité, et d'autre part s'enrichissant progressivement de nouveaux traits et de nouveaux effets en harmonie avec les dispositions, les goûts, les expériences des auditeurs et des conteurs. Il suit de là que les récits concernant Abraham ne doivent être considérés, ni comme des procès-verbaux minutieusement établis, ni comme des histoires inventées de toutes pièces. Il appartient aux chercheurs de mettre au jour par une étude patiente et éclairée (que les découvertes archéologiques en cours peuvent grandement faciliter) le fond historique solide qui est à la base de ces traditions. Quant aux croyants, les riches expériences religieuses contenues dans ces vieux récits les leur rendront toujours précieux et bienfaisants, quelles que puissent être à leur sujet les hypothèses changeantes des historiens.

Il pourrait sembler au premier abord qu'il y a une tradition concernant Abraham, cohérente et harmonieuse.

En réalité cette tradition est formée d'éléments de provenances diverses dont la plupart paraissent avoir eu, au cours des âges, leur existence propre, et qu'il y a avantage à considérer séparément et successivement :

Voir Atlas 2

Le départ de Babylonie (Ge 12:1-9, J). Sur l'ordre de Dieu, Abraham quitte sa patrie et se met en route « vers le pays que l'Éternel lui montrera ». Le point de départ de ce voyage est, d'après Ge 12:5, Caran (N. -O, de la Mésopotamie) et, d'après Ge 11:31, Our-Kasdim (Our des Caldéens ; voir Ur). Le point d'arrivée est la Palestine centrale (Sichem, Béthel), d'où Abraham pousse ensuite vers le sud. Le narrateur a voulu avant tout mettre en lumière la foi du patriarche. (cf. Heb 11:8)

Le séjour en Egypte (Ge 12:10-20, J). Cette tradition, où ils montraient le grand ancêtre trompant victorieusement le célèbre pharaon d'Egypte, en faisant passer Sara pour sa soeur, était particulièrement chère aux conteurs hébreux. Preuve en soit l'existence de deux doublets où réapparaît la même aventure, mais en relation alors avec Abimélec (Ge 20, E ; 26:7-11, J).

La séparation d'avec Lot (Ge 13, J). Abraham, l'homme de foi, apparaît ici comme un homme de paix. Le narrateur vante la générosité de l'Ancêtre (bientôt récompensée d'ailleurs par une belle promesse), mais il se réserve malicieusement de montrer plus tard qu'en croyant faire une bonne affaire, Lot a en réalité choisi la mauvaise part.

Abraham et les rois (Ge 14). Ce chapitre, qui ne se rattache à aucun des grands documents dont est formée la plus grande partie de la Genèse, paraît contenir, à côté de développements postérieurs, des renseignements historiques de grande valeur. En particulier le souvenir de la rencontre d'Abraham avec Melchisédec, roi de (Jéru) Salem, a dû se conserver vivant dans le cercle des Jérusalémites, (cf. Ps 110:4) et l'antiquité sémitique a connu plusieurs exemples d'individualités croyantes semblables à celle de ce prêtre d'El-Élion que la tradition jugeait digne de bénir Abraham.

Promesses à Abraham (Ge 15, JE). L'Éternel fait à Abraham la promesse inattendue d'une descendance (ici encore le narrateur exalte la foi de l'Ancêtre : Ge 15:6, cf. Ro 4:3, Ga 3:6). Et, dans le cadre d'un rituel sacrificiel très ancien, une véritable alliance est conclue entre Dieu et son serviteur fidèle.

Agar et Ismaël (Ge 16:1-14, J et 21, E). Ces deux récits, nettement parallèles, ont un caractère ethnique très marqué. En faisant d'Ismaël un bâtard d'Abraham, ils expliquent à la fois la parenté et l'hostilité entre Israélites et Ismaélites. Et, en racontant comment Agar et son fils furent chassés au désert, ils rendent compte du caractère nomade de leurs descendants.

La circoncision (Ge 17). Ce fragment appartient à P ; mais en faisant remonter la circoncision jusqu'à Abraham, il semble plus près des faits que les récits de Ex 4 et Jos 5. Ceux-ci en effet paraissent faire de la circoncision un usage spécifiquement israélite, alors qu'en réalité les peuples voisins d'Israël (les Abrahamides) la pratiquaient aussi.

Abraham reçoit une visite divine. (Ge 18:1-15), (J) Récit coloré, vivant, très ancien, mais où se montre clairement le travail de remaniement opéré sur la tradition par les âges successifs. Dans Ge 18:2,4,5,8,16 il est en effet parlé de « trois hommes » qui viennent visiter Abraham, et dans les Ge 18:8,13,14,15 c'est Dieu lui-même qui est le visiteur, sans que l'on puisse savoir si les « trois hommes » ont été introduits pour éviter l'anthropomorphisme choquant d'un Dieu qui mange et boit, ou si c'est le nom de l'Éternel qui a été substitué à la mention jugée trop polythéiste d'une pluralité de visiteurs divins.

L'intercession d'Abraham (Ge 18:16-33, J). Prévenu par l'Éternel de ses intentions à l'égard de Sodome, Abraham prie pour la ville coupable au nom de quelques justes qu'elle peut contenir. Deux grandes pensées inspirent ce récit : celle de la puissance de l'intercession, et celle de la solidarité qui permettrait à dix justes de sauver par leur justice toute une population pécheresse. A de telles hauteurs d'intuition religieuse, les questions de date n'ont plus qu'un très mince intérêt.

10° Sodome et Gomorrhe punies de leur péché, (Ge 19:1-29), (J) Dans cette tradition revivent peut-être de vieux souvenirs relatifs à un cataclysme dont aurait eu à souffrir la région au Sud de la mer Morte. Mais ce qui mérite surtout d'être relevé, c'est le motif de la catastrophe : pour la conscience israélite, bien avant les prophètes, la cause d'une calamité de cette espèce ne peut être qu'un péché.

11° Les filles de Lot (Ge 19:30-38 J). De nouveau une tradition ethnique, très ancienne. Pas plus que les Ismaélites, les Moabites et les Ammonites ne sont de purs Abrahamides : ils descendent de Lot, et de quelle manière !

12° Abraham et Abimêlec. (Ge 20:1-17 21:22-32, E) Séjournant le plus souvent dans le S. de la Palestine (Négeb), Abraham se trouve avoir affaire, à Guérar, au roi (philistin ? Ge 21:31) Abimélec avec lequel, à la suite de divers démêlés, il fait finalement alliance. Cette histoire avait pour les Israélites postérieurs un grand intérêt, parce qu'ils y voyaient la consécration de leurs droits sur Béer-Séba, localité frontière et lieu de culte réputé.

13° Le sacrifice d'Isaac (Ge 22, E). D'autres peuples ont des traditions analogues (Phéniciens, Grecs), mais ici le récit est particulièrement animé et émouvant. A travers le texte actuel semblent transparaître, d'une part, certaines données sur un très antique sanctuaire (l'étymologie de Morija : Ge 22 2,14 est obscure ; Gunkel conclut d'une étude très ingénieuse qu'il devait s'agir primitivement d'un lieu de culte appelé Ieruel), et d'autre part un mouvement de protestation contre les sacrifices d'enfants dont la pratique, extrêmement ancienne, s'est maintenue très longtemps en Israël (la fille de Jephté, Jug 11:34-40, cf. aussi Mic 6:7). Avec la simplicité des anciens âges, le conteur met la demande du sacrifice dans la bouche même de Dieu. Mais c'est afin de mieux montrer ensuite que Dieu lui-même refuse l'offrande contre nature. Le verset 12 est le diamant spirituel auquel tout le récit sert d'écrin : « Parce que tu n'as pas refusé ton fils, ton unique, je reconnais que tu crains Dieu ! »

14° La caverne de Macpela (Ge 23). P, dont les données sur Abraham sont en général squelettiques, raconte ici tout au long, et avec des notations psychologiques très exactes, l'achat de cette caverne (située à Hébron) comme sépulture pour Sara. Il a évidemment trouvé ce récit dans une tradition ancienne, laquelle se plaisait à revendiquer pour Israël la légitime possession de ce lieu saint : le tombeau des grands ancêtres.

15° Le mariage d'Isaac (Ge 24, J). L'une des histoires les plus touchantes de l'A.T. On sent la joie du conteur à décrire la fidélité et la piété du serviteur (qui n'est pas forcément l'Éliézer de Ge 15:2), la bonté et la beauté de la jeune fille qui sera, après Sara, la mère du peuple d'Israël, la réussite d'une entreprise si visiblement conduite par Dieu, la réserve chaste de la fiancée arrivant en vue de son futur époux, la consolation apportée par un mariage si heureux à Isaac orphelin.

16° La mort d'Abraham (Ge 25:1-11). Après que J a mentionné quelques données, très anciennes sans doute, sur des points de détail (verset 1-6), c'est P qui donne la conclusion de l'épopée d'Abraham ; dans son langage hiératique, il montre le patriarche vivant une heureuse vieillesse, puis mourant rassasié de jours, et léguant à son fils Isaac cette bénédiction divine qui ne l'a lui-même jamais abandonné (verset 7-11). A. Ae.

Sur la personnalité d'Abraham, voir encore Genèse, période patriarcale. --Comp. A. Westphal, Jéhovah, II e p. (les Ancêtres) et, dans la Préface, I, le postulat de la foi : comme l'oeuvre des prophètes postule la personnalité de Moïse, l'oeuvre de Moïse postule la personnalité d'Abraham.

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      Genèse 11

      31 Térah partit d’Our en Chaldée, emmenant avec lui son fils Abram, son petit-fils Loth, le fils de Harân, et Saraï, sa belle-fille, la femme d’Abram, pour se rendre au pays de Canaan, mais arrivés à Harân, ils s’y établirent.

      Genèse 12

      1 L’Eternel dit à Abram : —Va, quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père pour te rendre dans le pays que je t’indiquerai.
      2 Je ferai de toi l’ancêtre d’une grande nation ; je te bénirai, je ferai de toi un homme important et tu deviendras une source de bénédiction pour d’autres.
      3 Je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai ceux qui t’outrageront. Tous les peuples de la terre seront bénis à travers toi.
      4 Abram partit donc comme l’Eternel le lui avait demandé, et Loth s’en alla avec lui. Abram avait soixante-quinze ans quand il quitta Harân.
      5 Il emmena Saraï, sa femme, son neveu Loth, les biens et les serviteurs qu’ils avaient acquis à Harân, et ils se mirent en route pour aller au pays de Canaan. Quand ils furent arrivés,
      6 Abram traversa le pays jusqu’à un lieu appelé Sichem, jusqu’au chêne de Moré. A cette époque-là, les Cananéens habitaient le pays.
      7 L’Eternel apparut à Abram et lui dit : —Je donnerai ce pays à ta descendance. Abram érigea là un autel à l’Eternel qui lui était apparu.
      8 Puis il leva son camp pour se rendre dans la région montagneuse à l’est de Béthel ; il établit son campement entre Béthel, à l’ouest, et Aï, à l’est. Il y construisit un autre autel à l’Eternel et le pria.
      9 Ensuite Abram repartit vers le sud ; d’étape en étape, il gagna le *Néguev.
      10 Une famine survint dans le pays. Alors Abram se rendit en Egypte pour y séjourner quelque temps, car la famine sévissait dans le pays.
      11 Lorsqu’il approchait de l’Egypte, il dit à Saraï sa femme : —Ecoute, je sais que tu es très belle.
      12 Quand les Egyptiens te verront, ils se diront : « C’est sa femme. » Ils me tueront et te laisseront en vie.
      13 Dis-leur donc que tu es ma sœur, pour qu’on me traite bien à cause de toi. Ainsi, grâce à toi, ma vie sera épargnée.
      14 En effet, quand Abram arriva en Egypte, les Egyptiens remarquèrent la grande beauté de sa femme.
      15 Des gens de la cour du pharaon la remarquèrent et la vantèrent à leur maître, de sorte qu’elle fut enlevée et emmenée au palais royal.
      16 A cause d’elle, le pharaon traita Abram avec bonté. Il lui offrit des moutons, des chèvres, des bovins, des ânes, des serviteurs, des servantes, des ânesses et des chameaux.
      17 Mais l’Eternel infligea de grands maux au pharaon et aux gens de sa maison, à cause de Saraï, la femme d’Abram.
      18 Alors le pharaon fit venir Abram et lui dit : —Pourquoi m’as-tu fait cela ? Pourquoi ne m’as-tu pas dit qu’elle était ta femme ?
      19 Pourquoi l’as-tu présentée comme ta sœur ? A cause de cela, j’en ai fait ma femme. Maintenant, voilà ta femme ; reprends-la et va-t’en !
      20 Et le pharaon chargea ses gens de le reconduire avec sa femme et avec tout ce qu’il possédait.

      Genèse 13

      1 Abram quitta donc l’Egypte avec sa femme et tout ce qu’il possédait en direction du *Néguev. Loth était avec lui.
      2 Abram était très riche en troupeaux, en argent et en or.
      3 D’étape en étape, il retourna du Néguev jusqu’à Béthel, au lieu où il avait auparavant établi son campement, entre Béthel et Aï,
      4 c’est-à-dire à l’endroit où était l’autel qu’il avait précédemment érigé, et il y pria l’Eternel.
      5 Loth, qui accompagnait Abram, avait aussi des moutons, des chèvres, des bovins et des tentes,
      6 et le pays ne suffisait pas pour qu’ils puissent habiter ensemble, car leurs troupeaux étaient trop nombreux,
      7 et, de plus, les Cananéens et les Phéréziens habitaient alors le pays. Alors, les bergers d’Abram se disputèrent avec ceux de Loth.
      8 Abram dit à Loth : —Nous sommes de la même famille. Il ne faut donc pas qu’il y ait dispute entre moi et toi, entre mes bergers et les tiens.
      9 Séparons-nous plutôt. Tout le pays est à ta disposition. Si tu vas à gauche, j’irai à droite, et si tu vas à droite, j’irai à gauche.
      10 Alors Loth regarda et vit toute la plaine du *Jourdain qui s’étendait jusqu’à Tsoar : avant que l’Eternel eût détruit Sodome et Gomorrhe, elle était comme le jardin de l’Eternel, comme la terre d’Egypte.
      11 Loth choisit donc pour lui toute la plaine du *Jourdain et il se dirigea vers l’est. Ainsi, ils se séparèrent l’un de l’autre.
      12 Abram se fixa dans le pays de Canaan, et Loth s’établit au milieu des villes de la plaine, dressant ses tentes jusqu’aux environs de Sodome.
      13 Or, les gens de Sodome étaient pervertis, ils commettaient de grands péchés contre l’Eternel.
      14 L’Eternel dit à Abram après que Loth se fut séparé de lui : —Lève les yeux et regarde depuis l’endroit où tu es, vers le nord, le sud, l’est et l’ouest :
      15 tout le pays que tu vois, je te le donnerai, à toi et à ta descendance pour toujours.
      16 Je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les grains de poussière de la terre ; si l’on peut compter les grains de poussière de la terre, alors on pourra aussi compter ta descendance.
      17 Lève-toi, parcours le pays en long et en large car je te le donnerai.
      18 Alors Abram déplaça son campement et vint se fixer près des chênes de Mamré aux environs d’Hébron, et il bâtit là un autel à l’Eternel.

      Genèse 14

      1 Il arriva au temps d’Amraphel, roi de Chinéar, d’Aryok, roi d’Ellasar, de Kedorlaomer, roi d’Elam, et de Tideal, roi de Goyim,
      2 que ces quatre rois firent la guerre à Béra, roi de Sodome, à Bircha, roi de Gomorrhe, à Chineab, roi d’Adma, à Chémeéber, roi de Tseboïm et au roi de Béla, c’est-à-dire Tsoar.
      3 Ces derniers rassemblèrent leurs troupes dans la vallée de Siddim que recouvre aujourd’hui la mer Morte.
      4 Pendant douze ans, ils avaient été assujettis à Kedorlaomer, mais la treizième année, ils se révoltèrent.
      5 Un an plus tard, Kedorlaomer se mit en campagne avec les rois qui lui étaient alliés et ils battirent les Rephaïm à Achteroth-Qarnaïm, puis les Zouzim à Ham, et les Emim à Chavé-Qiryataïm.
      6 Ils défirent les Horiens dans leur montagne de Séir, et les poursuivirent jusqu’au chêne de Parân, aux confins du désert.
      7 En revenant sur leurs pas, ils arrivèrent à Eyn-Michpath, — c’est-à-dire Qadech — ravagèrent tout le pays des Amalécites et battirent les Amoréens qui habitaient Hatsatsôn-Tamar.
      8 C’est alors que les rois de Sodome, de Gomorrhe, d’Adma, de Tseboïm et de Béla, c’est-à-dire Tsoar, s’avancèrent et se mirent en position de combat dans la vallée de Siddim
      9 pour attaquer Kedorlaomer, roi d’Elam, Tideal, roi de Goyim, Amraphel, roi de Chinéar et Aryok, roi d’Ellasar. Ils étaient quatre rois contre cinq.
      10 Les rois de Sodome et de Gomorrhe prirent la fuite. Or, il y avait dans la vallée de Siddim beaucoup de puits de bitume, et des fuyards y tombèrent ; les rescapés s’enfuirent dans la montagne.
      11 Les vainqueurs s’emparèrent de tous les biens de Sodome et de Gomorrhe, ils prirent toutes leurs réserves de vivres et s’en allèrent.
      12 Ils enlevèrent aussi Loth le neveu d’Abram, avec ses biens, car il demeurait à Sodome.
      13 Un rescapé vint annoncer la nouvelle à Abram l’Hébreu qui habitait près des chênes de Mamré l’Amoréen, un frère d’Echkol et d’Aner ; ces trois frères étaient tous trois des alliés d’Abram.
      14 Quand Abram apprit que son parent avait été emmené captif, il arma trois cent dix-huit hommes bien entraînés, nés dans sa maison, et poursuivit les quatre rois jusqu’à Dan.
      15 Il divisa sa troupe et attaqua les ennemis pendant la nuit avec ses serviteurs, il les battit et les poursuivit jusqu’à Hoba au nord de Damas.
      16 Il récupéra tout le butin, il ramena aussi Loth son parent, ainsi que ses biens, les femmes et les autres prisonniers.
      17 Lorsque Abram revint après avoir battu Kedorlaomer et les rois qui étaient avec lui, le roi de Sodome vint à sa rencontre dans la vallée de Chavé qui est la vallée royale.
      18 Melchisédek, roi de Salem, qui était prêtre du Dieu très-haut, apporta du pain et du vin.
      19 Il bénit Abram en ces termes : —Que le Dieu très-haut qui a formé le ciel et la terre bénisse Abram,
      20 et béni soit le Dieu très-haut qui t’a donné la victoire sur tes ennemis ! Et Abram lui donna le dixième de tout le butin.
      21 Le roi de Sodome dit alors à Abram : —Rends-moi les personnes et garde les biens pour toi.
      22 Abram lui répondit : —Je jure à main levée vers l’Eternel, le Dieu très-haut qui a formé le ciel et la terre,
      23 que je ne prendrai rien de ce qui t’appartient, pas même un fil ou une courroie de soulier, pour que tu ne puisses pas dire : « J’ai enrichi Abram. »
      24 Je ne veux rien si ce n’est ce qu’ont mangé les jeunes gens. De plus, la part des hommes qui m’ont accompagné, Aner, Echkol et Mamré, eux, ils la prendront.

      Genèse 15

      1 Après ces événements, l’Eternel s’adressa à Abram dans une vision : —Ne crains rien, Abram, lui dit l’Eternel, je suis ton protecteur, ta récompense sera très grande.
      2 Abram répondit : —Eternel Dieu, que me donnerais-tu ? Je n’ai pas d’enfant, et c’est Eliézer de Damas qui héritera tous mes biens.
      3 Tu ne m’as pas donné de descendance, poursuivit-il, et c’est un serviteur attaché à mon service qui sera mon héritier.
      4 Alors l’Eternel lui parla en ces termes : —Non, cet homme-là ne sera pas ton héritier : c’est celui qui naîtra de toi qui héritera de toi.
      5 Puis Dieu le fit sortir de sa tente et lui dit : —Contemple le ciel et compte les étoiles, si tu en es capable. Et il ajouta : Tes descendants seront aussi nombreux qu’elles.
      6 Abram fit confiance à l’Eternel et, à cause de cela, l’Eternel le déclara juste.
      7 Il lui dit : —Je suis l’Eternel qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te donner ce pays en possession.
      8 —Seigneur Dieu, répondit Abram, comment aurai-je la certitude que je le posséderai ?
      9 Dieu lui dit : —Va chercher une génisse, une chèvre et un bélier ayant chacun trois ans, une tourterelle et un jeune pigeon.
      10 Abram alla prendre ces animaux, les coupa tous en deux par le milieu, excepté les oiseaux, et pour chacun d’eux disposa les deux moitiés face à face.
      11 Des oiseaux de proie fondirent sur les bêtes mortes, mais Abram les chassa.
      12 Au moment où le soleil se couchait, une grande torpeur s’empara d’Abram et, en même temps, l’angoisse le saisit dans une profonde obscurité.
      13 Le Seigneur lui dit : —Sache bien que tes descendants vivront en étrangers dans un pays qui ne leur appartiendra pas, on en fera des esclaves et on les opprimera pendant quatre cents ans.
      14 Mais je punirai la nation qui les aura réduits en esclavage et ils quitteront le pays chargés de grandes richesses.
      15 Quant à toi, tu rejoindras en paix tes ancêtres, et tu seras enterré après une heureuse vieillesse.
      16 C’est seulement à la quatrième génération que tes descendants reviendront ici car, jusqu’à présent, les Amoréens n’ont pas encore mis le comble à leurs crimes.
      17 Lorsque le soleil fut couché et que l’obscurité fut totale, un tourbillon de fumée et une torche de feu passèrent soudain entre les animaux partagés.
      18 Ce jour-là, l’Eternel fit alliance avec Abram et lui dit : —Je promets de donner à ta descendance tout ce pays, depuis le fleuve d’Egypte jusqu’au grand fleuve, l’Euphrate,
      19 le pays des Qéniens, des Qeniziens, des Qadmonéens,
      20 des Hittites, des Phéréziens, des Rephaïm,
      21 des Amoréens, des Cananéens, des Guirgasiens et des Yebousiens.

      Genèse 16

      1 Saraï, l’épouse d’Abram, ne lui avait pas donné d’enfant. Mais elle avait une esclave égyptienne nommée Agar.
      2 Elle dit à Abram : —Tu vois que l’Eternel m’a empêchée d’avoir des enfants. Va donc vers ma servante : peut-être aurai-je un fils par son intermédiaire. Abram suivit le conseil de sa femme.
      3 Saraï, femme d’Abram, prit donc sa servante Agar et la donna pour femme à Abram, son mari. Il y avait alors dix ans qu’Abram séjournait au pays de Canaan.
      4 Il s’unit à Agar et elle devint enceinte. Quand elle vit qu’elle attendait un enfant, elle se mit à mépriser sa maîtresse.
      5 Alors Saraï dit à Abram : —C’est toi qui es responsable de l’injure qui m’est faite. J’ai poussé ma servante dans tes bras et depuis qu’elle s’est vue enceinte, elle me méprise. Que l’Eternel soit juge entre nous.
      6 Abram lui répondit : —Ta servante est en ton pouvoir. Agis envers elle comme bon te semblera. Alors Saraï la traita si durement que celle-ci s’enfuit.
      7 L’*ange de l’Eternel la rencontra près d’une source d’eau dans le désert, celle qui se trouve sur le chemin de Chour.
      8 Il lui demanda : —Agar, servante de Saraï, d’où viens-tu et où vas-tu ? Elle répondit : —Je m’enfuis de chez Saraï, ma maîtresse.
      9 L’ange de l’Eternel lui dit : —Retourne auprès de ta maîtresse et humilie-toi devant elle.
      10 Et il ajouta : Je te donnerai de très nombreux descendants ; ils seront si nombreux qu’on ne pourra pas les compter.
      11 Puis il ajouta : Voici que tu attends un enfant : ce sera un garçon. Tu l’appelleras Ismaël (Dieu entend) car l’Eternel t’a entendue dans ta détresse.
      12 Ton fils sera comme un âne sauvage : il s’opposera à tous et sera en butte à l’opposition de tous, mais il assurera sa place en face de tous ses semblables.
      13 Agar se demanda : —Ai-je réellement vu ici même le Dieu qui me voit ? Et elle appela l’Eternel qui lui avait parlé du nom de Atta-El-Roï (C’est toi le Dieu qui me voit).
      14 C’est pourquoi on appelle ce puits : Beer-Lachaï-Roï (le Puits du Vivant-qui-me-voit). Il se trouve entre Qadech et Béréd.

      Genèse 17

      1 Quand Abram eut quatre-vingt-dix-neuf ans, l’Eternel lui apparut et lui dit : —Je suis le Dieu tout-puissant. Conduis ta vie sous mon regard et comporte-toi de manière irréprochable !
      2 Je conclurai une alliance avec toi et je multiplierai ta descendance à l’extrême.
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