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ASIANIQUES

Le Croissant des civilisations primitives Voir Atlas 12

(Sumériens, Mitanniens, Hittites, Élamites, Rassîtes, Vanniques). On nomme Asianiques les populations de l'Asie Occidentale ancienne qui ne sont ni des Sémites ni des Indo-Européens, et qui paraissent représenter les plus anciennes populations qui aient occupé le pays. L'archéologie n'a reconnu que peu à peu leur existence et leur véritable nature. Nous exposerons les résultats des découvertes qui ont eu lieu sur ce terrain, et qui modifient la conception qu'on se faisait du milieu où se sont développés les Israélites.

Les premières fouilles en Mésopotamie furent effectuées en Assyrie, sur les sites de Khorsabad et de Ninive à partir de 1842 (1). Elles firent connaître une civilisation dont les monuments représentaient des individus de type sémitique accentué et dont les documents étaient rédigés en une langue, l'assyrien, qu'on reconnut bientôt pour sémitique et apparentée à l'hébreu. Les fouilles exécutées en Phénicie aboutirent aux mêmes conclusions. Mais toutes les antiquités alors découvertes n'appartenaient qu'à la dernière époque de l'histoire de l'Asie Occidentale, celle à laquelle se rapportent la plupart des événements relatés par la Bible, et l'on ne soupçonnait pas, à ce moment, qu'on pût remonter plus haut dans le passé.

LES SUMERIENS.

Les découvertes ultérieures, dans le sud de la Mésopotamie, mirent au jour des monuments figurés, appartenant à un peuple qui se nommait lui-même : Sumérien, et représentant un type nettement différent du type sémitique, à tête large, à occiput plat, à nez exagérément aquilin, en bec d'oiseau, faisant parfois suite à la courbe de la ligne frontale. Les documents du peuple ainsi représenté étaient rédigés en une langue du type que l'on appelle agglutinant, où conjugaisons et déclinaisons sont rendues par adjonction de suffixes ou de préfixes aux mots racines. On a tenté d'assimiler cette langue à l'un des grands groupes linguistiques connus ; la variété des tentatives en montre la difficulté ; on a voulu tour à tour rapprocher le sumérien du groupe auquel appartient le turc, du sémitique et même de langages tout à fait primitifs.

Les plus récentes tentatives ont permis d'intéressants rapprochements avec l'indo-européen, et c'est de ce côté, semble-t-il, que les découvertes s'annoncent comme devant être fécondes (2). Le déchiffrement du sumérien n'a été possible que parce que les Assyro-Babyloniens, ayant conservé le sumérien pour la liturgie, ont rédigé à leur propre usage de véritables traductions juxtalinéaires et des lexiques suméro-akkadiens.

Le déchiffrement des textes sumériens a permis de reconstituer l'histoire de la Mésopotamie pour la période la plus ancienne. Il en résulte que si, dès le début de l'histoire, les Sumériens et les Sémites occupent déjà la région des deux fleuves (les premiers au sud, les seconds dans la partie moyenne du bassin), les premières dynasties historiques sont sumériennes ; la religion, les lois primitives, l'art archaïque sont le fait de Sumer ; les Sémites s'infiltrent peu à peu en Mésopotamie, provenant de l'ouest de la Haute-Syrie ; ils subjuguent les Sumériens à leur tour (dynastie d'Agadé, 2850-2650 environ), mais adoptent leur civilisation et, notamment, leur écriture, dont ils se serviront pour rendre leur propre langue. Pendant tout le troisième millénaire avant notre ère, nous assistons au duel des Sémites et des Sumériens ; en voici les principales phases. Vers 3000 (début de la période historique), hégémonie des villes de Sumer (Our, Éridou, Nippour, Lagash, etc.), qui disparaît devant celle des Sémites d'Agadé (Sargon l'Ancien). Cette dynastie est renversée par les Gouti, barbares venus des monts Zagros, dont l'autorité paraît simplement nominale sur une partie du pays, puisque sous leur suzeraineté la ville de Lagash connaît une prospérité sans égale avec le prince sumérien

Goudéa ; lors de l'expulsion des Gouti, une nouvelle dynastie sumérienne régit le pays avec Our pour capitale (3 e dynastie d'Our) ; elle est remplacée après une période de luttes incessantes par Première dynastie de Babylone qui est sémitique et dont le monarque le plus connu est Hammourabi. Après quoi le pays de Sumer ne sera plus jamais maître de ses destinées ; il fera partie intégrante de l'empire de Babylone, et plus tard de celui d'Assyrie. Mais tout au long de cette histoire, nous recueillons des marques de l'importance et de l'antériorité de l'art sumérien ; la littérature religieuse reste sumérienne et les nom ; des dieux sémitiques traduisent ceux des divinités de Sumer. Lorsque Hammourabi rédigera le Code de lois qui l'a rendu célèbre, il ne fera que recueillir et mettre en harmonie avec son temps les ancienne ? lois sumériennes (3).

L'art, enfin, ne se dépouillera jamais de l'influence de celui de Sumer ; bien plus, cette influence se fait sentir loin de la Mésopotamie, en Élam, dans la future Assyrie, la Haute-Syrie, l'Asie Mineure et le pays de Canaan ; cette particularité seule aurait même pu suffire à nous faire pressentir l'existence, sur toute cette aire, de populations en affinités ethniques avec celle de Sumer, car une formule d'art (et partant de civilisation) ne peut se propager que si elle rencontre les mêmes conditions de culture et répond aux aspirations de ceux chez qui elle va s'implanter ce qui suppose un minimum de sentiments communs.

Et, de fait, l'art de Sumer est à la base de celui de l'Asie Occidentale ancienne jusqu'à la fin de son histoire. Quelques transformations qu'il ait subies, c'est l'art sumérien qui est la source de toutes les manifestations artistiques de la Babylonie, de l'Assyrie, de la Haute-Syrie et même de l'Asie Mineure. Cette présomption d'affinités sur tout ce territoire, où l'art est en quelque sorte commun, s'est vérifiée par les découvertes.

LES MITANNIENS.

Nous savons par les documents cunéiformes que l'Assyrie, qui s'appelait alors le Soubarou, et la Haute-Syrie étaient recouvertes à l'époque des rois d'Agadé par une population qui remplaça les Sumériens et s'opposa à l'emprise des Sémites d'Agadé (4). Or, au second millénaire, nous constatons dans la même région la présence d'un royaume appelé le Mitanni, dont la langue est le nourri ; cette langue, nous la connaissons par les noms propres qui se trouvent sur les documents cunéiformes de l'époque et par certaines lettres d'El-Amarna (ainsi nommées de la localité d'Egypte où l'on a découvert la correspondance échangée entre les rois d'Egypte et les princes de Syrie au milieu du II e millénaire avant notre ère) ; elle est du type agglutinant, ni indo-européenne, ni sémitique. Nous voyons ainsi que ce royaume s'étendit, vers 1500 avant notre ère, des monts Zagros jusqu'à la côte syrienne ; l'Assyrie et la Haute-Syrie sont ses tributaires. Il est en possession d'un art que représentent les cylindres sceaux, et leurs empreintes relevées sur les tablettes de Kerkouk (5), et certains monuments de la Syrie du nord ; son architecture paraît préférer le plan carré au plan rond pour la construction des villes ; de sorte que l'art de la seconde moitié du deuxième millénaire, apparenté à l'art contemporain d'Asie Mineure et tout imprégné d'influences sumériennes, peut être défini l'art mitannien ; il explique l'art hittite de Syrie de la fin du II e millénaire et du début du premier. Ce n'est point tout ; la constitution de ce royaume paraît coïncider avec le grand mouvement de peuples qui porte les Hyksos en Egypte, Hyksos que l'on croit être des peuples d'Asie Mineure renforcés de contingents syriens ; or, la présence en Egypte. de cités sur plan carré attribuées aux Hyksos (Tell-el-Yahoudieh, par exemple), et assez semblables à des cités mitanniennes comme Qatna, aujourd'hui Mishrifé (6), a conduit à se demander si les envahisseurs hyksos ne vinrent point du Mitanni en même temps que de l'Asie Mineure, et même surtout du Mitanni ?

Quoi qu'il en soit, nous voyons qu'en regard des Sémites d'Agadé qui tentent de s'infiltrer vers le nord, se dresse, après les Sumériens, dont la civilisation est attestée à Assur dès 3000 avant notre ère, une population asianique ; pleine de vitalité pendant une grande partie du II e millénaire, sa prépondérance fut détruite par les Assyriens, mais aussi par d'autres Asianiques, les Hittites (fig. 18-20).

LES HITTITES.

On a englobé sous ce nom (7) une mosaïque de peuples de l'Asie Mineure qui furent réunis en confédération sous la direction de la tribu dont la capitale était à Hattoushash, aujourd'hui Boghaz-Keuï, dans la boucle de l'Halys ; on peut aujourd'hui retracer assez bien les vicissitudes de cet empire, dont nous ne retiendrons que les points principaux.

Aux derniers siècles de la seconde moitié du III e millénaire avant notre ère, nous constatons la présence en Cappadoce, au pied du mont Argée, d'une colonie sémitique installée au milieu d'un pays asianique (8) ; en effet, les documents cunéiformes qui y ont été retrouvés (tablettes dites « cappadociennes »), portent, à côté des noms sémitiques des contractants, des noms propres dans un dialecte tout différent ; ces autochtones ont été appelés les Proto-Hittites ; ils représentent la couche de population asianique antérieure à l'arrivée des Sémites.

A la suite des fouilles exécutées sur le site de Boghaz-Keuï, et du déchiffrement des documents qui y ont été découverts, on a constaté qu'au milieu du II e millénaire, cette région était devenue la tête de la confédération hittite englobant les pays voisins de l'Asie Mineure et de la Haute-Syrie. Dans les documents trouvés à Boghaz-Keuï, documents écrits en cunéiformes, mais rédigés en dialectes divers, on a relevé la présence de plusieurs dialectes asianiques dont l'un, le proto-hittite, est le même que celui des noms propres des tablettes cappadociennes. Par contre, la langue de la capitale et du pays environnant est indo-européenne, au moins dans ses cadres ; ceci indique l'arrivée en Asie Mineure de conquérants indo-européens ayant imposé leur langue à la population, comme les Sémites l'avaient fait à l'égard des Sumériens ; dans les deux cas, qu'il s'agît du sémitique ou de l'indo-européen, le parler des vainqueurs devait remplacer, tout naturellement, celui des vaincus, en raison de sa supériorité comme moyen d'expression.

Par contre, s'il n'y a aucun rapport entre la langue indo-européenne des Hittites de Boghaz-Keuï et la langue asianique des Mitanniens, qu'on appelle le nourri, il y a de grandes ressemblances, notamment dans les noms propres, entre le mitannien et le proto-hittite qui, lui, est asianique. On acquiert ainsi la notion d'une population assez homogène, répandue à l'origine dans l'Assyrie, la Haute-Syrie, et même l'Asie Mineure, population dont les dialectes sont plus voisins entre eux qu'ils ne le sont, pris en bloc, de la langue sumérienne, mais qui accuse cependant des affinités avec Sumer, par la facilité avec laquelle les principes de l'art sumérien ont été adoptés par elle.

Notre revue des peuples asianiques serait incomplète si nous ne mentionnions ni les Élamites ni les Vanniques ; bien que leur action ne semble pas avoir eu de retentissement sur Israël, ce n'en sont pas moins des facteurs importants dans la civilisation de l'Asie Occidentale ancienne.

LES ÉLAMITES.

C'est en Élam (l'ancienne Perse), sur le site de Suse, que l'on a rencontré les plus anciens vestiges de civilisation de l'Asie Occidentale. Une nécropole située sur le sol vierge contenait une céramique dont le décor était une stylisation de motifs naturistes avec tendance au géométrique. Au-dessus de cette nécropole, les monuments découverts étaient contemporains des plus vieux monuments de Sumer ; or, la céramique de cette seconde couche se rattache nettement à celle de la nécropole sous-jacente. Et lorsqu'apparaît l'écriture, la langue régionale qu'on appelle le proto-élamite n'est ni sémitique ni indoeuropéenne (9).

Les Kassites. Asianiques aussi les Kassites descendus du Zagros, comme autrefois les Gouti, qui succédèrent à la première dynastie de Babylone, ébranlée par un raid hittite, et gouvernèrent le pays pendant plusieurs siècles (XVIII e -XII e siècles av. J. -C).

Chez eux d'ailleurs, comme chez les Mitanniens, comme chez les Hittites de Boghaz-Keuï, certaines divinités, certains dynastes portent des noms indo-européens, mais ce n'est que le fait d'aristocraties dirigeantes ; le fond reste asianique, comme on le voit par la langue et l'ensemble du panthéon. Il offre en effet, dans toute l'Asie Occidentale ancienne, une grande homogénéité ; nous y retrouvons partout le culte naturiste représenté par une divinité de fertilité et de fécondité ou par un couple divin ayant ces attributs.

LES VANNIQUES.

Au nord de l'Assyrie, dans la partie la plus haute de ce que l'on appelait le Soubarou, ou pays nourri, nous retrouvons, au début du premier millénaire avant notre ère, un royaume asianique, le royaume d'Ourartou, dans la région du lac de Van dont les habitants parlaient encore une langue asianique, malgré que leur civilisation fût imprégnée d'influences assyriennes.

L'ethnographie, d'ailleurs, semble corroborer ces résultats. Tandis que les Sémites appartiennent en général au type dolichocéphale, les Asianiques, dont le type se retrouve aujourd'hui dans les Arméniens, les Kurdes, sont brachycéphales. Les récentes mensurations de crânes, vraisemblablement sumériens, trouvés dans les fouilles anglaises dirigées par M. Hall à Tell-el-Obéid près d'Our, ont montré que si les Sumériens sont dolichocéphales par leur indice crânien, ils ont un occiput plat et une grande étroitesse des tempes qui leur donne un aspect brachycéphale (10) ; cette particularité est indiquée par les monuments sumériens, de même que les monuments asianiques reproduisent habituellement un type brachycéphale. Si donc, par leur parler, les Sumériens peuvent être rangés parmi les Asianiques, ils constituent une variété à part en regard du grand bloc des Mitanno-Hittites (ou mieux Hourri-Proto-Hittites) que nous avons décrit.

En Palestine, la situation ne paraît pas avoir été différente. On a reconnu à Guézer, notamment, la présence d'une population (la plus ancienne dont on ait constaté l'existence en Canaan), qui pratiquait l'incinération de ses morts. Ce n'est que postérieurement que l'on constate, au même endroit, le rite de l'inhumation qui correspond sans doute à l'installation des Sémites dans la contrée (11).

Une telle situation n'a pas été sans influence sur les Israélites. Lorsque le clan sémitique d'Abraham, vers 2000 avant notre ère, quittait la ville d'Our, il abandonnait une métropole foncièrement sumérienne ; et dans son séjour à Harran, il se retrouvait en pays asianique (Harran sur le Balih, affluent de l'Euphrate, répond au centre du territoire occupé par les Hourri). Lorsque les Israélites s'installèrent en Canaan, ils prenaient contact avec toutes ces tribus asianiques dont la Bible a gardé le souvenir, de temps immémorial en I possession du sol, et aussi avec les tribus sémitiques fixées avant eux dans la région. Pour peu de temps, d'ailleurs, puisque les Sémites et Asianiques (Hittites et Hourri) s'ébranlent probablement sous la poussée lointaine de deux courants de peuples, l'un venu d'Europe en Asie Mineure (les Indo-Européens de Boghaz-Keuï ?), l'autre venu du Zagros (la descente des Mèdes et des Perses en Iran ?), et que cette invasion conjuguée sous le nom d'invasion des Hyksos s'installe solidement en Egypte où, à côté de faits de civilisation pratique dus aux Asianiques hourri (le plan carré des villes), on constate l'intrusion de noms propres sémitiques (scarabées au nom de Jacob-El, etc.).

Pendant ce temps, les Hittites qui devaient un jour supplanter les Mitanniens, soit par les armes, soit par infiltration, descendaient en Syrie, se fixaient un peu partout, et, quoique la rédaction soit bien postérieure à l'événement, nous en trouvons un écho dans l'épisode biblique (Ge 23-25:9 et suivant), qui nous montre Abraham achetant aux Hittites « maîtres du pays », et payant à « Éphron le Hittite » la caverne de Macpélah près d'Hébron où il ensevelira les siens. C'est pendant le séjour des Israélites demeurés en Egypte après l'expulsion des Hyksos, et, de race conquérante devenus pour les Égyptiens celle des vaincus (ce que rappelle l'allusion de l'Exode aux « Pharaons qui n'avaient pas connu Joseph »), que nous voyons par les lettres d'El-Amarna (12) un roi de souche hittite régner à Jérusalem ; il s'appelle Abdou-Hépa (Hépa est une divinité hittite). Cette emprise de la civilisation mitanno-hittite se traduit dans le domaine de l'art, jusqu'à l'est de la mer Morte, par une stèle mutilée trouvée à Schihan (13), qui représente un guerrier vêtu du pagne d'étoffe plissée comme les Hittites, coiffé comme eux du casque et dans l'attitude du combat, tel qu'on voit le grand dieu hittite figurer sur les monuments de la Hautes Syrie et de l'Asie Mineure. Puis lorsque les Israélites après leur sortie d'Egypte s'établiront en Palestine, il leur faudra vaincre la résistance des tribus locales. Ils s'infiltreront au milieu d'elles sans pouvoir les réduire toutes. Jérusalem notamment ne succombera que sous David et grâce au stratagème qui lui fit employer le chemin du sin-nor (la grande conduite d'eau qui ravitaillait la cité), pour s'emparer de la ville. Mais l'origine réelle de Jérusalem demeurait connue, témoin l'apostrophe du prophète : « Ton père est un Amorrite, ta mère une Hittite » (Eze 16:3,46) qui la rappelle : mi-sémitique, mi-asianique. Et de même que, malgré le départ des Hyksos d'Egypte, il était resté des Sémites dans le Delta, de même il restait des Asianiques en Palestine après la conquête. Ésaü, jadis, avait pris femmes chez les Hittites, Salomon fit de même, et David comptait des Hittites parmi ses officiers et ses familiers. C'est à l'influence asiatique et plus particulièrement asianique, et pas à celle de l'Egypte, que l'on doit des rechutes dans l'idolâtrie comme l'adoration du veau d'or. Le culte du taureau (animal-attribut du grand dieu de fertilité Teshoub-Adad, dont il est la représentation) est attesté dès la période la plus ancienne, sur des monuments datant de la fin du III e millénaire, et provenant de Cappadoce (empreintes de sceaux sur les tablettes cappadociennes), on remarque sur un piédestal l'idole d'un taureau (14) ; on la retrouve, presque un millénaire plus tard, sur des bas-reliefs d'Euyuk (aux environs de Boghaz-Keuï) ; une procession de prêtres et de fidèles s'avance vers lui pour l'adorer (15).

Ces divers indices contribuent à mettre en lumière l'importance de l'élément asianique en Asie Occidentale ancienne, et celle de son influence sur le peuple d'Israël. G. Contenau.

-- (1) G. Contenau, Manuel d'archéologie orientale. P. (A. Picard) 1, 1927, où l'histoire des fouilles en Asie antérieure est résumée, p. 135

-- (2) Sur les langues asianiques, lire : C. Autran, Les langues propres de l'Asie antérieure ancienne, dans Les langues du Monde. P. (Champion), 1924, p. 273-318. --J. Friedrich, Altkleinasiatische Sprachin Ebert Reallexikon der Vorgeschichie Berlin (W. de Gruyter), 1924.

-- (3) G. Furlani, Leggi dell'Asia Anleriore antica ; Roma (Istituto p l'Oriente), 1929, recueil des lois sumériennes, babyloniennes, néobabyloniennes, hittites et assyriennes.

-- (4) S. Smith, Early Historv Assyria, Lond. (Chatto, Windus), 1928, chap. 7, 13, 15.

-- (5) G. ContE nau, Les tablettes de Kerkouk et les origines de la civilisation assyrienne Babyloniaca IX (1926).

-- (6) Du Mesnil du Buisson, Les ruines. d'El-Mishrijé ; Syria, depuis 1920, où sont consignés les résultats des campagnes de fouilles de l'auteur.

-- (7) J. Garstang, The Hittite Empire. Lond. (Constable), 1929. --Sur l'histoire de l'Asie Antérieure, résume au point dans : E. Ebeling, Geschichte des alten Morgenlandes. Berlin (W. de Gruyter), 1929.

-- (8) G. Contenau, Trente tablettes cappadociennes. P. (Geuthner), 1919.

-- (9) V Scheil, Mémoires de la Délégation, française en Perse. P. (Leroux), VI, 1907 ; XVII, 1923.

-- (10) H. R-Hall et CL. Woolley, Ur Excavations, l Al-Ubaid. Lond. (British Muséum), 1927, chap. 10.

-- (11) L. -H. Vincent, Canaan d'après l'exploration récente. P. (Gabalda), 1907. --P. Handcock. Archoeology of the Holy Land Lond. (Fisher Unwin), 1916.

-- (12) J.A. Knudtzon, Die El-Amarna Tafeln. Leipzig (Hinrichsï), 1915. Références p. 1556.

-- (13) G. Contenau, Musée du Louvre, Les Antiquités Orientales P. (Mo-rancé), II, 1930, pl. 4.

-- (14) G. Contenau, La glyptique syro-hittite. P. (Geuthner), 1922, fig. 5, 6, 15, 22, 24, 39.

-- (15) J. Garstang, Loc. cit., fig. 8, p. 134.

Pour l'étude des Sumériens, voir CL. Woolley, Les Sumériens (tr. fr. E. Lévy), Paris, Payot, 1930.

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      Genèse 23

      1 Sarah lived one hundred twenty-seven years. This was the length of Sarah's life.
      2 Sarah died in Kiriath Arba (the same is Hebron), in the land of Canaan. Abraham came to mourn for Sarah, and to weep for her.
      3 Abraham rose up from before his dead, and spoke to the children of Heth, saying,
      4 "I am a stranger and a foreigner living with you. Give me a possession of a burying-place with you, that I may bury my dead out of my sight."
      5 The children of Heth answered Abraham, saying to him,
      6 "Hear us, my lord. You are a prince of God among us. Bury your dead in the best of our tombs. None of us will withhold from you his tomb. Bury your dead."
      7 Abraham rose up, and bowed himself to the people of the land, even to the children of Heth.
      8 He talked with them, saying, "If it be your mind that I should bury my dead out of my sight, hear me, and entreat for me to Ephron the son of Zohar,
      9 that he may give me the cave of Machpelah, which he has, which is in the end of his field. For the full price let him give it to me among you for a possession of a burying-place."
      10 Now Ephron was sitting in the middle of the children of Heth. Ephron the Hittite answered Abraham in the hearing of the children of Heth, even of all who went in at the gate of his city, saying,
      11 "No, my lord, hear me. I give you the field, and I give you the cave that is in it. In the presence of the children of my people I give it to you. Bury your dead."
      12 Abraham bowed himself down before the people of the land.
      13 He spoke to Ephron in the audience of the people of the land, saying, "But if you will, please hear me. I will give the price of the field. Take it from me, and I will bury my dead there."
      14 Ephron answered Abraham, saying to him,
      15 "My lord, listen to me. What is a piece of land worth four hundred shekels of silver between me and you? Therefore bury your dead."
      16 Abraham listened to Ephron. Abraham weighed to Ephron the silver which he had named in the audience of the children of Heth, four hundred shekels of silver, according to the current merchants' standard.
      17 So the field of Ephron, which was in Machpelah, which was before Mamre, the field, the cave which was in it, and all the trees that were in the field, that were in all of its borders, were deeded
      18 to Abraham for a possession in the presence of the children of Heth, before all who went in at the gate of his city.
      19 After this, Abraham buried Sarah his wife in the cave of the field of Machpelah before Mamre (that is, Hebron), in the land of Canaan.
      20 The field, and the cave that is in it, were deeded to Abraham for a possession of a burying place by the children of Heth.

      Genèse 24

      1 Abraham was old, and well stricken in age. Yahweh had blessed Abraham in all things.
      2 Abraham said to his servant, the elder of his house, who ruled over all that he had, "Please put your hand under my thigh.
      3 I will make you swear by Yahweh, the God of heaven and the God of the earth, that you shall not take a wife for my son of the daughters of the Canaanites, among whom I live.
      4 But you shall go to my country, and to my relatives, and take a wife for my son Isaac."
      5 The servant said to him, "What if the woman isn't willing to follow me to this land? Must I bring your son again to the land you came from?"
      6 Abraham said to him, "Beware that you don't bring my son there again.
      7 Yahweh, the God of heaven, who took me from my father's house, and from the land of my birth, who spoke to me, and who swore to me, saying, 'I will give this land to your seed .' He will send his angel before you, and you shall take a wife for my son from there.
      8 If the woman isn't willing to follow you, then you shall be clear from this my oath. Only you shall not bring my son there again."
      9 The servant put his hand under the thigh of Abraham his master, and swore to him concerning this matter.
      10 The servant took ten camels, of his master's camels, and departed, having a variety of good things of his master's with him. He arose, and went to Mesopotamia, to the city of Nahor.
      11 He made the camels kneel down outside the city by the well of water at the time of evening, the time that women go out to draw water.
      12 He said, "Yahweh, the God of my master Abraham, please give me success this day, and show kindness to my master Abraham.
      13 Behold, I am standing by the spring of water. The daughters of the men of the city are coming out to draw water.
      14 Let it happen, that the young lady to whom I will say, 'Please let down your pitcher, that I may drink,' and she will say, 'Drink, and I will also give your camels a drink,'--let her be the one you have appointed for your servant Isaac. By this I will know that you have shown kindness to my master."
      15 It happened, before he had finished speaking, that behold, Rebekah came out, who was born to Bethuel the son of Milcah, the wife of Nahor, Abraham's brother, with her pitcher on her shoulder.
      16 The young lady was very beautiful to look at, a virgin, neither had any man known her. She went down to the spring, filled her pitcher, and came up.
      17 The servant ran to meet her, and said, "Please give me a drink, a little water from your pitcher."
      18 She said, "Drink, my lord." She hurried, and let down her pitcher on her hand, and gave him drink.
      19 When she had done giving him drink, she said, "I will also draw for your camels, until they have done drinking."
      20 She hurried, and emptied her pitcher into the trough, and ran again to the well to draw, and drew for all his camels.
      21 The man looked steadfastly at her, remaining silent, to know whether Yahweh had made his journey prosperous or not.
      22 It happened, as the camels had done drinking, that the man took a golden ring of half a shekel weight, and two bracelets for her hands of ten shekels weight of gold,
      23 and said, "Whose daughter are you? Please tell me. Is there room in your father's house for us to lodge in?"
      24 She said to him, "I am the daughter of Bethuel the son of Milcah, whom she bore to Nahor."
      25 She said moreover to him, "We have both straw and provender enough, and room to lodge in."
      26 The man bowed his head, and worshiped Yahweh.
      27 He said, "Blessed be Yahweh, the God of my master Abraham, who has not forsaken his loving kindness and his truth toward my master. As for me, Yahweh has led me in the way to the house of my master's relatives."
      28 The young lady ran, and told her mother's house about these words.
      29 Rebekah had a brother, and his name was Laban. Laban ran out to the man, to the spring.
      30 It happened, when he saw the ring, and the bracelets on his sister's hands, and when he heard the words of Rebekah his sister, saying, "This is what the man said to me," that he came to the man. Behold, he was standing by the camels at the spring.
      31 He said, "Come in, you blessed of Yahweh. Why do you stand outside? For I have prepared the house, and room for the camels."
      32 The man came into the house, and he unloaded the camels. He gave straw and provender for the camels, and water to wash his feet and the feet of the men who were with him.
      33 Food was set before him to eat, but he said, "I will not eat until I have told my message." He said, "Speak on."
      34 He said, "I am Abraham's servant.
      35 Yahweh has blessed my master greatly. He has become great. He has given him flocks and herds, silver and gold, male servants and female servants, and camels and donkeys.
      36 Sarah, my master's wife, bore a son to my master when she was old. He has given all that he has to him.
      37 My master made me swear, saying, 'You shall not take a wife for my son of the daughters of the Canaanites, in whose land I live,
      38 but you shall go to my father's house, and to my relatives, and take a wife for my son.'
      39 I asked my master, 'What if the woman will not follow me?'
      40 He said to me, 'Yahweh, before whom I walk, will send his angel with you, and prosper your way. You shall take a wife for my son of my relatives, and of my father's house.
      41 Then will you be clear from my oath, when you come to my relatives. If they don't give her to you, you shall be clear from my oath.'
      42 I came this day to the spring, and said, 'Yahweh, the God of my master Abraham, if now you do prosper my way which I go--
      43 behold, I am standing by this spring of water. Let it happen, that the maiden who comes out to draw, to whom I will say, "Please give me a little water from your pitcher to drink,"
      44 and she will tell me, "Drink, and I will also draw for your camels,"--let her be the woman whom Yahweh has appointed for my master's son.'
      45 Before I had finished speaking in my heart, behold, Rebekah came out with her pitcher on her shoulder. She went down to the spring, and drew. I said to her, 'Please let me drink.'
      46 She hurried and let down her pitcher from her shoulder, and said, 'Drink, and I will also give your camels a drink.' So I drank, and she also gave the camels a drink.
      47 I asked her, and said, 'Whose daughter are you?' She said, 'The daughter of Bethuel, Nahor's son, whom Milcah bore to him.' I put the ring on her nose, and the bracelets on her hands.
      48 I bowed my head, and worshiped Yahweh, and blessed Yahweh, the God of my master Abraham, who had led me in the right way to take my master's brother's daughter for his son.
      49 Now if you will deal kindly and truly with my master, tell me. If not, tell me, that I may turn to the right hand, or to the left."
      50 Then Laban and Bethuel answered, "The thing proceeds from Yahweh. We can't speak to you bad or good.
      51 Behold, Rebekah is before you. Take her, and go, and let her be your master's son's wife, as Yahweh has spoken."
      52 It happened that when Abraham's servant heard their words, he bowed himself down to the earth to Yahweh.
      53 The servant brought out jewels of silver, and jewels of gold, and clothing, and gave them to Rebekah. He also gave precious things to her brother and her mother.
      54 They ate and drank, he and the men who were with him, and stayed all night. They rose up in the morning, and he said, "Send me away to my master."
      55 Her brother and her mother said, "Let the young lady stay with us a few days, at least ten. After that she will go."
      56 He said to them, "Don't hinder me, since Yahweh has prospered my way. Send me away that I may go to my master."
      57 They said, "We will call the young lady, and ask her."
      58 They called Rebekah, and said to her, "Will you go with this man?" She said, "I will go."
      59 They sent away Rebekah, their sister, with her nurse, Abraham's servant, and his men.
      60 They blessed Rebekah, and said to her, "Our sister, may you be the mother of thousands of ten thousands, and let your seed possess the gate of those who hate them."
      61 Rebekah arose with her ladies. They rode on the camels, and followed the man. The servant took Rebekah, and went his way.
      62 Isaac came from the way of Beer Lahai Roi, for he lived in the land of the South.
      63 Isaac went out to meditate in the field at the evening. He lifted up his eyes, and saw, and, behold, there were camels coming.
      64 Rebekah lifted up her eyes, and when she saw Isaac, she dismounted from the camel.
      65 She said to the servant, "Who is the man who is walking in the field to meet us?" The servant said, "It is my master." She took her veil, and covered herself.
      66 The servant told Isaac all the things that he had done.
      67 Isaac brought her into his mother Sarah's tent, and took Rebekah, and she became his wife. He loved her. Isaac was comforted after his mother's death.

      Genèse 25

      1 Abraham took another wife, and her name was Keturah.
      2 She bore him Zimran, Jokshan, Medan, Midian, Ishbak, and Shuah.
      3 Jokshan became the father of Sheba, and Dedan. The sons of Dedan were Asshurim, Letushim, and Leummim.
      4 The sons of Midian: Ephah, Epher, Hanoch, Abida, and Eldaah. All these were the children of Keturah.
      5 Abraham gave all that he had to Isaac,
      6 but to the sons of Abraham's concubines, Abraham gave gifts. He sent them away from Isaac his son, while he yet lived, eastward, to the east country.
      7 These are the days of the years of Abraham's life which he lived: one hundred seventy-five years.
      8 Abraham gave up the spirit, and died in a good old age, an old man, and full of years, and was gathered to his people.
      9 Isaac and Ishmael, his sons, buried him in the cave of Machpelah, in the field of Ephron, the son of Zohar the Hittite, which is before Mamre,

      Ezéchiel 16

      3 and say, Thus says the Lord Yahweh to Jerusalem: Your birth and your birth is of the land of the Canaanite; the Amorite was your father, and your mother was a Hittite.
      46 Your elder sister is Samaria, who dwells at your left hand, she and her daughters; and your younger sister, who dwells at your right hand, is Sodom and her daughters.
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