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COMMUNION

Grec koïnônia, de koïnos, adj. qui signifie : commun à plusieurs personnes.

1. Koïnônia, comme le subst. koïnônos, a d'abord le sens d'associé, de compagnon, d'ami. Les apôtres de Jérusalem donnent à Paul et Barnabas « la main d'association » (Ga 2:9) ; Paul en appelle à l'amitié de Philémon (Phm 1:17) ; Jacques et Jean sont les associés de Simon (Lu 5:10). D'où l'idée de participation à un effort, à une oeuvre, à un crime (Mt 23:30, cf. 2Jn 11,1Ti 5:22, comp. aussi 2Co 6:14).

2.

Dans plusieurs textes, koïnônia désigne la participation des chrétiens à « l'assistance que l'on doit aux saints » (Ro 15:26). Il s'agit ici du devoir des chrétiens aisés de faire part de leurs biens aux chrétiens déshérités. Par ceux-ci, on entendait avant tout, à l'origine, les membres de l'Église de Jérusalem, que leur excommunication de la synagogue avait mis au ban de la société et privés des moyens de gagner leur vie. On disait : « communion dans la diaconie », c'est-à-dire participation au service fraternel, aux distributions charitables (2Co 8:4). A lui tout seul le mot koïnônia est quelquefois l'équivalent de « libéralité », « contribution », « collecte » (2Co 9:13) et suffit pour désigner le devoir d'assistance (Heb 13:16, cf. Ro 12:13, Ga 6:6, Php 4:16). Le chrétien doit être koïnônikos, c'est-à-dire prompt à donner (1Ti 6:18).

3.

Inversement, koïnônia, au sens philosophique et religieux, indique la participation d'un individu aux caractères de la nature humaine ou de la nature divine, ainsi qu'aux biens spirituels (Ro 15:27). Jésus a participé au sang et à la chair (Heb 2:14). Dans les Mystères païens, le repas sacré faisait de l'initié le participant de l'énergie de son dieu. L'initié se nourrissait matériellement de son dieu. Ainsi, dans un texte magique il est dit à la coupe : « Tu es du vin et tu n'es pas du vin, mais tu es les entrailles d'Osiris. » C'est à cette communion que Paul fait allusion quand il dit aux Corinthiens : « Je ne veux pas que vous entriez dans la koïnônia des démons » (1Co 10:20). Quant à la koïnônia obtenue par la participation au repas du Christ, le repas de la Cène, elle est d'un autre ordre. D'abord parce que le Christ est une victime réelle, qui a donné, dans l'histoire, sa chair et son sang pour la rédemption des pécheurs, et qui a annoncé lui-même son sacrifice avant de l'accomplir (Mt 16:21-23, Mr 14:21, Lu 20:9-19 etc.) ; ensuite parce qu'après avoir dit : qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, il a ajouté que ces paroles étaient d'ordre spirituel et que la chair en elle-même ne sert de rien. Ainsi pouvons-nous comprendre que la communion à laquelle Jésus appelle ses disciples dans le repas de la sainte Cène est une communion à son Esprit, une participation à sa vie divine, mystiquement liée au geste symbolique qu'il accomplit lorsqu'étant là, à table, présent et vivant dans son corps, il dit en langue araméenne : « Ceci, mon corps » (Mr 14:22 ; voir Cène). La représentation de son corps par le pain et de son sang par la coupe enseigne aux chrétiens que la communion à laquelle ils sont appelés par leur Maître est une commémoration de sa mort, une acceptation de la rançon qu'il a payée, un engagement dans leur devoir de rachetés, devoir ainsi formulé par saint Paul : « Je vous exhorte, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps en sacrifice vivant, saint, acceptable par Dieu, ce qui est votre culte rationnel » (Ro 12:1). La communion de la chambre haute s'accomplit au-dessus de toute matérialité, dans l'ordre de la moralité la plus élevée. C'est la communion spirituelle où se réalise le culte en esprit du Dieu qui est Esprit (Jn 4:23 et suivant).

4.

Nous atteignons ici au sens de koïnônia =communion de la nouvelle créature avec la divinité : la communion en Jésus (1Co 1:9), au sang de Jésus (1Co 10:16), aux souffrances du Christ (Php 3:10,1Pi 4:13), avec le Dieu qui est lumière (1Jn 1:6 et suivant), avec le Père et le Fils (1Jn 1:3) et par le don du Saint-Esprit (2Co 13:13), participation à la nature divine (2Pi 1:4) et à la gloire `qui doit apparaître (1Pi 5:1). Tous ces traits, qui caractérisent la communion chrétienne avec Dieu et Jésus, sont résumés dans cette définition de Paul aux Éphésiens : la koïnônia du mystère de Christ, mystère caché de toute éternité en Dieu, le créateur de toutes choses (Eph 3:4-9, comp. Col 1:27 2:2 4:3). Ce mystère, c'était l'oeuvre de la rédemption et du rétablissement de l'humanité dans la filialité divine. Nul n'a mieux compris et retenu l'enseignement du Christ sur cette koïnônia que l'apôtre Jean, qui en expose les conditions et les effets dans les pages où il rapporte les entretiens de la chambre haute (Jn 14 Jean 15 Jean 16). Méditer ici l'image du cep et des sarments (Jn 15:1,11), avec la parole centrale : « Demeurez en moi et je demeurerai en vous ». (cf. Jn 14:21,23) A ces déclarations répondent les affirmations de Paul : « Christ est ma vie » (Php 1:21), « ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi » (Ga 2:20). On voit par là que cette koïnônia n'est pas un état de passivité, une extase mystique, mais qu'elle garde à tous ses degrés son caractère primordial de « participation ». Dans ses conditions comme dans ses privilèges, elle manifeste chez le chrétien qui en jouit des bénédictions reçues et des devoirs à accomplir. L'humain et le divin ne se pénètrent que par une action réciproque. Dieu se donne à l'homme par la grâce de Jésus-Christ, l'homme se donne à Dieu par la foi en vue du service chrétien. Aussi la communion avec la divinité n'existe-t-elle réellement que là où elle porte ses fruits dans la communion fraternelle (1Jn 3:10 4:21).

5.

La communion fraternelle est la koïnônia où s'exprime la réalité de notre communion avec Dieu et Jésus. Aussi le Maître et ses apôtres reviennent-ils sans cesse sur ce sujet. (cf. 1Jn 3:16, Php 2:1 1:5, Phm 1:6,1Jn 1:3, Heb 10:33) Jésus donne les principes de cette communion dans le Sermon sur la montagne (Mt 5 Matthieu 6 Matthieu 7). Paul en formule les conditions dans 1Co 13. Jean lui consacre toute sa grande épître (1 Jn). Dans la prière sacerdotale, elle est l'objet central de l'intercession du Christ : « Qu'ils soient un, comme nous sommes un » (Jn 17:11,20 et suivant). Pour Jésus, la « communion des saints », que proclamera plus tard le Symbole des apôtres, est l'argument décisif qui convaincra le monde de la réalité de la rédemption. En effet, les divisions au sein de la famille humaine sont le fruit direct de la chute ; de même, la communion fraternelle rétablie parmi les chrétiens de tous temps, de tous peuples, de toute opinion, est la preuve qu'une force régénératrice est entrée dans l'humanité, que le racheté du Christ est vraiment une nouvelle créature et que le Royaume de Dieu est reconstitué sur la terre usurpée par Satan. Un croyant qui sait à quel prix Jésus l'a aimé et qui a vraiment conscience de ce que Jésus a fait pour lui, ne peut pas ne pas éprouver de la joie a vivre en commun avec ceux qui ont expérimenté les mêmes grâces et qui sont l'objet du même amour. Ce qui peut séparer : notion ou forme du service, lui apparaît secondaire auprès de ce qui unit : le service lui-même. C'est ce qu'avaient compris les apôtres de Jérusalem quand ils admirent Paul dans leur koïnônia (Ac 15, Ga 2:9). La grande hérésie dans le monde chrétien n'est pas d'ordre intellectuel, elle est d'ordre moral ; elle est dans le fait que les disciples qui se réclament du même Sauveur et participent aux mêmes bénédictions spirituelles se refusent à s'aimer, à se comprendre, à se supporter, à s'entr'aider les uns les autres, et qu'ils en viennent même, sous prétexte de zèle, à haïr et à persécuter des frères (Php 2:1 et suivant, 1Co 1:10,16, Ga 5:13-15 Mc 3:24).

Au contraire de cet état de choses, que nous voyons sévir dans toute l'histoire de l'Église à travers les siècles et qui suffirait à expliquer la grande pitié du Royaume de Dieu sur la terre après dix-neuf siècles de prédication de l'Évangile, nous voyons dans l'Église primitive de Jérusalem la communion fraternelle s'exprimer spontanément en communauté des biens. Les prophètes messianiques avaient déjà dit à l'Israélite fidèle : « Partage ton pain avec celui qui a faim » (Esa 58:7). La première communauté de Jérusalem, dans l'enthousiasme de la fraternité en Christ et aidée dans son geste par la conviction que Jésus allait bientôt reparaître, poussa la solidarité chrétienne jusqu'à mettre tout en commun (Ac 2:42,47). C'était la koïnônia sociale dans sa réalisation la plus émouvante : « Personne ne disait que ce qu'il possédait fût à lui en particulier » (Ac 4:32). Mais ne faisons pas dire aux textes ce qu'ils ne renferment pas. La communauté des biens qui manifesta la communion fraternelle à l'aurore de l'Église n'avait rien du bouleversement économique que le communisme préconise de nos jours. Tout y était volontaire et individuelle expression des sentiments du coeur. Le droit de propriété comme le droit pour chacun de disposer de ce qui lui appartient n'était pas contesté. Nous en avons la preuve éclatante dans ces paroles de Pierre à Ananias : « Si tu n'avais pas vendu ton champ, ne te serait-il pas resté ? et après l'avoir vendu, n'étais-tu pas libre d'en garder le prix ? » (Ac 5:4). C'est pourquoi nous voyons bientôt, dans les Actes (Ac 6), les nécessités imposées par le développement de l'Église et par les persécutions qu'elle souffrait, amener la koïnônia à s'exprimer dans la diakonia, le service fraternel où les chrétiens qui ont des biens temporels se montrent empressés à subvenir aux besoins. des frères dans le dénuement. De ce que la diakonia s'est pervertie dans la suite en aumône, laissant subsister le paupérisme et même l'entretenant au sein de l'Église, il ne faut point conclure que les chrétiens ont trahi le christianisme en abandonnant la primitive communauté des biens, mais simplement qu'ils sont devenus incapables de la communion fraternelle qui inspire le véritable amour des grands pour les petits, des heureux pour les malheureux et qui permet, dans la liberté des initiatives, l'organisation familiale du Royaume de Dieu fondé par Jésus-Christ. Alex. W.

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      Esaïe 58

      7 N'est-ce pas que tu partages ton pain à celui qui a faim ? et que tu fasses venir en ta maison les affligés qui sont errants ? quand tu vois un homme nu, que tu le couvres, et que tu ne te caches point arrière de ta chair ?

      Matthieu 5

      1 Or [Jésus] voyant tout ce peuple, monta sur une montagne ; puis s'étant assis, ses Disciples s'approchèrent de lui ;
      2 Et ayant commencé à parler, il les enseignait, de la sorte ;
      3 Bienheureux sont les pauvres en esprit ; car le Royaume des cieux est à eux.
      4 Bienheureux sont ceux qui pleurent ; car ils seront consolés.
      5 Bienheureux sont les débonnaires ; car ils hériteront la terre.
      6 Bienheureux sont ceux qui sont affamés et altérés de la justice ; car ils seront rassasiés.
      7 Bienheureux sont les miséricordieux ; car la miséricorde leur sera faite.
      8 Bienheureux sont ceux qui sont nets de coeur ; car ils verront Dieu.
      9 Bienheureux sont ceux qui procurent la paix ; car ils seront appelés enfants de Dieu.
      10 Bienheureux sont ceux qui sont persécutés pour la justice ; car le Royaume des cieux est à eux.
      11 Vous serez bienheureux quand on vous aura injuriés et persécutés, et quand, à cause de moi, on aura dit faussement contre vous toute sorte de mal.
      12 Réjouissez-vous, et tressaillez de joie ; parce que votre récompense est grande dans les cieux ; car on a ainsi persécuté les Prophètes qui ont été avant vous.
      13 Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel perd sa saveur, avec quoi le salera-t-on ? il ne vaut plus rien qu'à être jeté dehors, et foulé des hommes.
      14 Vous êtes la lumière du monde ; une ville située sur une montagne ne peut point être cachée.
      15 Et on n'allume point la lampe pour la mettre sous un boisseau, mais sur un chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.
      16 Ainsi, que votre lumière luise devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est aux cieux.
      17 Ne croyez pas que je sois venu anéantir la Loi, ou les Prophètes ; je ne suis pas venu les anéantir, mais les accomplir.
      18 Car je vous dis en vérité, que jusqu'à ce que le ciel et la terre soient passés, un seul Iota, ou un seul trait de lettre ne passera point, que toutes choses ne soient faites.
      19 Celui donc qui aura violé l'un de ces petits commandements, et qui aura enseigné ainsi les hommes, sera tenu le plus petit au Royaume des cieux ; mais celui qui les aura faits et enseignés, sera tenu grand au Royaume des cieux.
      20 Car je vous dis que si votre justice ne surpasse celle des Scribes et des Pharisiens, vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux.
      21 Vous avez entendu qu'il a été dit aux Anciens : Tu ne tueras point ; et qui tuera, sera punissable par le jugement.
      22 Mais moi je vous dis : que quiconque se met en colère sans cause contre son frère, sera punissable par le jugement ; et celui qui dira à son frère, Racha, sera punissable par le conseil ; et celui qui lui dira, fou, sera punissable par la géhenne du feu.
      23 Si donc tu apportes ton offrande à l'autel, et que là il te souvienne que ton frère a quelque chose contre toi ;
      24 Laisse-là ton offrande devant l'autel, et va te réconcilier premièrement avec ton frère, puis viens, et offre ton offrande.
      25 Sois bientôt d'accord avec ta partie adverse, tandis que tu es en chemin avec elle ; de peur que ta partie adverse ne te livre au juge, et que le juge ne te livre au sergent, et que tu ne sois mis en prison.
      26 En vérité, je te dis, que tu ne sortiras point de là, jusqu'à ce que tu aies payé le dernier quadrin.
      27 Vous avez entendu qu'il a été dit aux Anciens : Tu ne commettras point adultère.
      28 Mais moi je vous dis, que quiconque regarde une femme pour la convoiter, il a déjà commis dans son coeur un adultère avec elle.
      29 Que si ton oeil droit te fait broncher, arrache-le, et le jette loin de toi ; car il vaut mieux qu'un de tes membres périsse, que si tout ton corps était jeté dans la géhenne.
      30 Et si ta main droite te fait broncher, coupe-la, et la jette loin de toi ; car il vaut mieux qu'un de tes membres périsse, que si tout ton corps était jeté dans la géhenne.
      31 Il a été dit encore : si quelqu'un répudie sa femme, qu'il lui donne la Lettre de divorce.
      32 Mais moi je vous dis, que quiconque aura répudié sa femme, si ce n'est pour cause d'adultère, il la fait devenir adultère ; et quiconque se mariera à la femme répudiée, commet un adultère.
      33 Vous avez aussi appris qu'il a été dit aux Anciens : tu ne te parjureras point, mais tu rendras au Seigneur ce que tu auras promis par jurement.
      34 Mais moi, je vous dis : ne jurez en aucune manière ; ni par le ciel, car c'est le trône de Dieu ;
      35 Ni par la terre, car c'est le marchepied de ses pieds ; ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du grand Roi.
      36 Tu ne jureras point non plus par ta tête ; car tu ne peux faire un cheveu blanc ou noir.
      37 Mais que votre parole soit : oui, oui ; non, non ; car ce qui est de plus, est mauvais.
      38 Vous avez appris qu'il a été dit : oeil pour oeil, et dent pour dent.
      39 Mais moi, je vous dis : ne résistez point au mal ; mais si quelqu'un te frappe à ta joue droite, présente-lui aussi l'autre.
      40 Et si quelqu'un veut plaider contre toi, et t'ôter ta robe, laisse-lui encore le manteau.
      41 Et si quelqu'un te veut contraindre d'aller avec lui une lieue, vas-en deux.
      42 Donne à celui qui te demande, et ne te détourne point de celui qui veut emprunter de toi.
      43 Vous avez appris qu'il a été dit : tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi.
      44 Mais moi je vous dis : aimez vos ennemis, et bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous courent sus, et vous persécutent.
      45 Afin que vous soyez les enfants de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants, et sur les gens de bien, et il envoie sa pluie sur les justes, et sur les injustes.
      46 Car si vous aimez [seulement] ceux qui vous aiment, quelle récompense en aurez-vous ? Les péagers mêmes n'en font-ils pas tout autant ?
      47 Et si vous faites accueil seulement à vos frères, que faites-vous plus [que les autres] ? les péagers mêmes ne le font-ils pas aussi ?
      48 Soyez donc parfaits, comme votre Père qui est aux cieux est parfait.

      Matthieu 6

      1 Prenez garde de ne faire point votre aumône devant les hommes, pour en être regardés ; autrement vous n'en recevrez point la récompense de votre Père qui est aux cieux.
      2 Lors donc que tu feras ton aumône, ne fais point sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites font dans les Synagogues, et dans les rues, pour en être honorés des hommes ; en vérité je vous dis, qu'ils reçoivent leur récompense.
      3 Mais quand tu fais ton aumône, que ta main gauche ne sache point ce que fait ta droite.
      4 Afin que ton aumône soit dans le secret, et ton Père, qui voit [ce qui se fait] en secret t'en récompensera publiquement.
      5 Et quand tu prieras, ne sois point comme les hypocrites ; car ils aiment à prier en se tenant debout dans les Synagogues et aux coins des rues, afin d'être vus des hommes ; en vérité je vous dis, qu'ils reçoivent leur récompense.
      6 Mais toi, quand tu pries, entre dans ton cabinet, et ayant fermé ta porte, prie ton Père, qui [te voit] dans ce lieu secret ; et ton Père qui te voit dans ce lieu secret, te récompensera publiquement.
      7 Or quand vous priez, n'usez point de vaines redites, comme font les Païens ; car ils s'imaginent d'être exaucés en parlant beaucoup.
      8 Ne leur ressemblez donc point ; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.
      9 Vous donc priez ainsi : notre Père qui es aux cieux, ton Nom soit sanctifié.
      10 Ton Règne vienne. Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
      11 Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien.
      12 Et nous quitte nos dettes, comme nous quittons aussi [les dettes] à nos débiteurs.
      13 Et ne nous induis point en tentation ; mais délivre-nous du mal. Car à toi est le règne, et la puissance, et la gloire à jamais. Amen.
      14 Car si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi [les vôtres].
      15 Mais si vous ne pardonnez point aux hommes leurs offenses, votre Père ne vous pardonnera point non plus vos offenses.
      16 Et quand vous jeûnerez, ne prenez point un air triste, comme font les hypocrites ; car ils se rendent tout défaits de visage, afin qu'il paraisse aux hommes qu'ils jeûnent ; en vérité je vous dis, qu'ils reçoivent leur récompense.
      17 Mais toi, quand tu jeûnes, oins ta tête, et lave ton visage ;
      18 Afin qu'il ne paraisse point aux hommes que tu jeûnes, mais ton Père qui est présent dans [ton] lieu secret ; et ton Père qui te voit dans [ton] lieu secret, te récompensera publiquement.
      19 Ne vous amassez point des trésors sur la terre, que les vers et la rouille consument et que les larrons percent et dérobent.
      20 Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni les vers ni la rouille ne consument rien, et où les larrons ne percent ni ne dérobent.
      21 Car où est votre trésor, là sera aussi votre coeur.
      22 L'oeil est la lumière du corps ; si donc ton oeil est net, tout ton corps sera éclairé.
      23 Mais si ton oeil est mal disposé, tout ton corps sera ténébreux ; si donc la lumière qui est en toi, n'est que ténèbres, combien seront grandes les ténèbres [mêmes] ?
      24 Nul ne peut servir deux maîtres ; car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre ; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre ; vous ne pouvez servir Dieu et Mammon.
      25 C'est pourquoi je vous dis : ne soyez point en souci pour votre vie, de ce que vous mangerez, et de ce que vous boirez ; ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus ; la vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?
      26 Considérez les oiseaux du ciel ; car ils ne sèment, ni ne moissonnent, ni n'assemblent dans des greniers, et cependant votre Père céleste les nourrit ; n'êtes-vous pas beaucoup plus excellents qu'eux ?
      27 Et qui est celui d'entre vous qui puisse par son souci ajouter une coudée à sa taille ?
      28 Et pourquoi êtes-vous en souci du vêtement ? apprenez comment croissent les lis des champs ; ils ne travaillent, ni ne filent ;
      29 Cependant je vous dis que Salomon même dans toute sa gloire n'a pas été vêtu comme l'un d'eux.
      30 Si donc Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui est aujourd'hui [sur pied], et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas beaucoup plutôt, ô gens de petite foi ?
      31 Ne soyez donc point en souci, disant : que mangerons-nous ? ou que boirons-nous ? ou de quoi serons-nous vêtus ?
      32 Vu que les Païens recherchent toutes ces choses ; car votre Père céleste connaît que vous avez besoin de toutes ces choses.
      33 Mais cherchez premièrement le Royaume de Dieu, et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus.
      34 Ne soyez donc point en souci pour le lendemain ; car le lendemain prendra soin de ce qui le regarde ; à chaque jour suffit sa peine.

      Matthieu 7

      1 Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés.
      2 Car de tel jugement que vous jugez, vous serez jugés ; et de telle mesure que vous mesurerez, on vous mesurera réciproquement.
      3 Et pourquoi regardes-tu le fétu qui est dans l'oeil de ton frère, et tu ne prends pas garde à la poutre dans ton oeil ?
      4 Ou comment dis-tu à ton frère ? Permets que j'ôte de ton oeil ce fétu, et voilà, [tu as] une poutre dans ton oeil.
      5 Hypocrite, ôte premièrement de ton oeil la poutre, et après cela tu verras comment tu ôteras le fétu de l'oeil de ton frère.
      6 Ne donnez point les choses saintes aux chiens, et ne jetez point vos perles devant les pourceaux, de peur qu'ils ne les foulent à leurs pieds, et que se retournant, ils ne vous déchirent.
      7 Demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez ; heurtez, et il vous sera ouvert.
      8 Car quiconque demande, reçoit ; et quiconque cherche, trouve ; et il sera ouvert à celui qui heurte.
      9 Et qui sera l'homme d'entre vous qui donne une pierre à son fils, s'il lui demande du pain ?
      10 Et s'il lui demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ?
      11 Si donc vous, qui êtes méchants, savez bien donner à vos enfants des choses bonnes, combien plus votre Père qui est aux cieux, donnera-t-il des biens à ceux qui les lui demandent ?
      12 Toutes les choses donc que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-les leur aussi de même, car c'est là la Loi et les Prophètes.
      13 Entrez par la porte étroite ; car c'est la porte large et le chemin spacieux qui mène à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par elle.
      14 Car la porte est étroite, et le chemin est étroit qui mène à la vie, et il y en a peu qui le trouvent.
      15 Or gardez-vous des faux Prophètes, qui viennent à vous en habit de brebis, mais qui au-dedans sont des loups ravissants.
      16 Vous les connaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on les raisins à des épines, ou les figues à des chardons ?
      17 Ainsi tout bon arbre fait de bons fruits ; mais le mauvais arbre fait de mauvais fruits.
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