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CORINTHIENS (2 e épître aux)

Cette lettre, au moins la quatrième aux Corinthiens, est la seconde des deux qui nous ont été conservées (cf. art. précéd., Introd.).

I Le contenu.

1. PLAN ET ANALYSE. PREAMBULE, 2Co 1:1,11.

(a) L'adresse (2Co 1:1,2) mentionne non seulement l'Église qui est à Corinthe, mais aussi tous les saints qui sont dans toute l'Achaïe. L'Évangile a donc rayonné dans toute la Grèce méridionale, depuis la fondation de l'Église.

(b) L'action de grâces (2Co 1:3-4) ne mentionne pas l'état de la communauté, ce qui est significatif (cf. art. précéd., I, préamb.) ; elle est toute personnelle, ce qui l'est également.

(c) L'argument (2Co 1:5-11) expose les raisons pour lesquelles Paul rend grâces, et prépare son apologie devant une Église où son prestige et son autorité sont gravement compromis. L'apôtre fait appel, en même temps, aux meilleurs sentiments de ses lecteurs, en faisant allusion à une épreuve où sa vie fut en jeu (2Co 1:8 s). On songe habituellement à un risque extérieur : emprisonnement et menace d'une condamnation ad bestias, (cf. 1Co 15:32, pris au sens figuré par la majorité des interprètes ; au sens propre par Holsten, Godet, Weizsoecker, J. Weiss, Goguel) émeute de Démétrius, etc. ; mais on peut songer aussi bien, peut-être mieux, D'après les termes du passage, à une maladie grave. Quel qu'il fût, cet événement était bien digne de réveiller, chez les Corinthiens, une sympathie et une affection endormies.

I° PARTIE : LE PASSÉ, 2Co 1:12-7:16.

(a) Apologie personnelle (2Co 1:12-2:17). Paul proteste de sa sincérité, de sa fermeté et de son affection, répondant indirectement aux attaques de ses adversaires. Dans sa correspondance avec les Corinthiens, il a toujours écrit ce qu'il pensait (2Co 1:13). Ses changements de projets ne sont nullement l'indice d'un manque de loyauté ou de décision (2Co 1:15-24). Il fait preuve d'indulgence et de modération, en demandant, pour celui qui l'a offensé, des ménagements et le pardon (2Co 2:6,11). [Il ne peut s'agir ici de l'incestueux de 1Co 5:1,5].

(b) La gloire du ministère (2Co 3:1-6:10). Suivant le tour dialectique de sa pensée, l'apôtre s'élève de faits particuliers à des principes généraux, d'où son raisonnement descend ensuite vers le concret avec une célérité et une puissance accrues. De sa vocation personnelle, il s'élance à la contemplation du ministère chrétien. Il en découvre la liberté, la spiritualité et la gloire immortelle. Il revient alors à son apostolat, et constate qu'il rend fidèlement l'image de ce glorieux idéal : Paul est parfaitement libre, il fait tout au grand jour, et ne craint le jugement de personne (2Co 3:12-4:2) ; en lui se manifeste la puissance de vie et de résurrection du Christ, avec tous les espoirs de cette expérience (2Co 4:7-5:8) ; c'est d'une manière spirituelle qu'il connaît toutes choses et le Christ lui-même (2Co 5:16). Il a répudié, non pas une connaissance du Christ en chair, qu'il aurait autrefois rencontré pendant sa vie terrestre, mais une connaissance charnelle, c-à-d. 1mparfaite et grossière, du Seigneur qui est l'Esprit.

(c) (2Co 3:17) Union de Paul et de la communauté (2Co 6:11-7:16). En termes émouvants, Paul supplie les Corinthiens de lui faire place dans leurs coeurs, comme il leur a fait place dans le sien (2Co 6:11,13 7:2,1). Ce passage est coupé en deux tronçons par des exhortations sur d'autres thèmes (2Co 6:14-7:1).

2 e PARTIE : LE PRÉSENT, 2Co 8:1-9:15.

Puisque l'apôtre a en eux une telle confiance, que ses lecteurs la justifient en achevant chez eux la collecte en cours. La Macédoine leur a donné l'exemple ; qu'ils le suivent promptement et généreusement. La distribution de ces offrandes aux chrétiens pauvres de Jérusalem sera une source abondante d'actions de grâces qui uniront tous les fidèles.

3 e PARTIE : L'AVENIR, 2Co 10:1-13:10.

Ici l'épître change brusquement de ton. L'apologie reprend avec une vigueur accrue. Paul se défend en attaquant. Ce qu'il est en paroles, il le sera en actes. Ceux qui le taxent de forfanterie, ces faux dévots qui se prétendent chrétiens par excellence, le constateront bientôt à leurs dépens (2Co 10). Paul se vantera aussi, mais sans orgueil. Il sait le peu que valent tous les mérites et tous les avantages ; il les méprise tous, en les possédant tous ; il n'est pas de ceux auxquels on peut lancer ironiquement : ils sont trop verts. D'ailleurs, serait-il oublieux de sa misère que Dieu la lui rappellerait par une infirmité mystérieuse : l'écharde dans la chair (2Co 12:7 s). Ses travaux l'ont accrue, peut-être provoquée, s'il est vrai que vers 45 ans, au début de ses voyages missionnaires, il frappait les regards par son aspect robuste (Acta Pauli et Tkecloe). Cette faiblesse, non point constitutive, mais acquise au service du Christ, est devenue, pour le Seigneur, l'occasion de tels miracles spirituels que Paul y trouvera sa gloire (2Co 12:9 s). L'apôtre va venir à Corinthe ; il agira énergiquement. Ceux qui sont dans la vérité n'ont rien à redouter : il ne peut rien contre la vérité (2Co 12:19-13:10).

CONCLUSION, 2Co 13:11,13.

Paul conclut brièvement par des exhortations, des salutations et une bénédiction.

2. LA LANGUE, LE STYLE ET LES IDÉES. (a) La langue n'a rien de particulier, sinon un nombre relativement élevé d' « hapax » (92). Dans les passages polémiques, le style est plus vif, heurté et saccadé qu'en aucune autre épître, y compris Galates ; par ses effusions, ses éloges, ses brusques variations, ses éclairs de fureur et d'ironie cinglante, il contraste avec le ton de 1 Cor., mesuré jusque dans l'angoisse et l'indignation.

(b) Les idées abstraites sont encore plus rares qu'en 1Co ; les notions pratiques, moins nombreuses et moins variées, apportent cependant des renseignements utiles pour la compréhension de l'ecclésiologie paulinienne (cf. art. précéd., I 2 ° b). La dialectique paulinienne, telle qu'elle se présente surtout en Rom., offre, ainsi qu'on l'a noté, un exemple typique dans la première partie. La pensée de Paul paraît enfin avoir subi une évolution importante de 1 à 2Co (cf. art. précéd., I 2° 6).

2Co 4:7-5:6 exprime une expérience quasi johannique de résurrection intérieure et de vie éternelle en Christ.

II L'authenticité et l'intégrité. (cf. art. précéd., II).

1. Les témoignages sont moins nombreux et moins anciens que pour 1 Cor., sans doute en raison du caractère très personnel de l'épître ; mais ils sont pourtant fréquents et sûrs, à partir de la lettre à Diognète et du Canon de Marcion.

2. L'authenticité est aussi peu discutée que celle de 1 Cor. ; les deux épîtres ont eu le même sort dans l'histoire de la critique : elles ont été attaquées par les mêmes rares extrémistes, avec des arguments semblables ; elles se défendent semblablement. Avec ses multiples traits personnels et sa puissante originalité, 2Co paraît l'élément le plus ferme dans cette indissoluble association.

3. L'intégrité a été contestée de deux manières, comme celle de 1 Cor., et généralement par les mêmes critiques. Les deux lettres sont ici tellement liées qu'il a fallu déjà les étudier ensemble (cf. art. précéd., II 2°). On peut ajouter simplement que l'intégrité de 2Co a été contestée avant celle de 1Co : Semler découvrait en 2Co deux lettres (2Co 1-8, 10-13), séparées par un billet aux Églises d'Achaïe (9). Hausrat, reprenant ce point de vue, s'attacha particulièrement à soutenir l'hypothèse fameuse de la lettre en quatre chapitres (Vierkapitelbrief : 10-13). Il a été suivi, notamment, par Pfleiderer, Schmiedel, J. Weiss, E. de Faye, von Soden, Lake, Moffatt, Loisy. La thèse de Hausrat repose sur de prétendues contradictions, que l'on peut contester. 2Co 13:1 ne se rapporte pas au cas visé en 2Co 2:5 7:11, non plus qu'à celui mentionné en 1Co 5:1-5 ; il n'y a donc aucune opposition. On ne voit pas non plus que 2Co 11:7-12,16-18 contredise 8-9. Quant au changement indéniable de ton, de 1-8 à 10-13, il peut s'interpréter de diverses manières sans recourir à l'hypothèse de Hausrat. D'ailleurs, ni 1-8, ni 9, ni 10-13 ne constituent un tout ; on ne pourrait y voir que des fragments, et pourquoi leur association ? 10-13 serait la lettre intermédiaire entre 1 et 2 Cor., dit Hausrat. Mais cette lettre est décrite, en 2Co 2:3-4, de telle manière qu'on ne saurait admettre cette conjecture. 10-13 ne renferme aucune demande précise de réparation pour une insulte personnelle. 10-13 est une explosion de colère indignée qui ne donne aucunement l'impression d'avoir été accompagnée de « beaucoup de larmes » (2Co 2:4). Enfin, le changement de ton à partir de 10 ne doit pas être exagéré. Paul a commencé son apologie au ch. 1 ; il l'a menée parfois d'une allure assez vive jusqu'à 8 ; il la reprend avec une violence accrue, pour des motifs que l'on ignore, après l'interruption du long passage essentiellement pratique : 8-9. L'hypothèse de Hausrat a été repoussée par des critiques de toutes nuances : Weizsaecker, Reuss, Godet, Heinrici, Holtzmann, Jülicher, Zahn, Bousset, etc.

III La composition. (cf. art. précéd., III).

Paul est en Macédoine, en l'été 57. Il a reçu, par Tite, des nouvelles de Corinthe. La situation est meilleure ; mais elle n'est point encore entièrement rétablie. Exaspéré par la fermeté de l'apôtre, le parti soi-disant de Christ, qui a survécu aux trois autres, a tenté un nouvel effort pour soulever l'Église ; il n'a pas réussi. Paul écrit avec un double but : affermir les fidèles et réduire à néant, par un assaut violent et décisif, la volonté d'attaque de ses adversaires. Par cette complexité et son extraordinaire vivacité, 2Co fait connaître Paul mieux qu'aucune autre épître. En terrain aussi tourmenté, le psychologue peut descendre jusqu'aux assises de la personnalité paulinienne, afin d'en observer la structure, la direction et jusqu'au mouvement.

L'apôtre eut un succès complet. Il passa l'hiver à Corinthe, et dans la paix durement conquise, il écrivit sereinement Romains qui, après les épîtres de combat Galates 1 et 2 Cor.), est l'épître de la victoire. H. Cl.

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      1 Corinthiens 5

      1 D’ailleurs, on parle partout de l’immoralité tolérée parmi vous. On m’a rapporté un cas d’inconduite si grave qu’il ne s’en rencontre même pas chez les gens du monde. Il paraît que l’un de vous vit avec la (seconde) femme de son père !
      2 Et vous êtes encore fiers ! Vous vous enorgueillissez (de votre « liberté chrétienne ») au lieu d’être atterrés ! Vous auriez dû pleurer de honte et faire en sorte que l’auteur d’un tel forfait soit exclu du milieu de vous.
      3 Eh bien ! moi, bien que personnellement absent, je suis présent parmi vous par mon esprit et j’ai déjà porté mon jugement, comme si j’étais là, sur celui qui s’est rendu coupable d’une telle offense.
      4 Il faut que vous convoquiez, au nom du Seigneur, l’assemblée des membres de votre Église – je serai réuni avec vous en esprit – la puissance de notre Seigneur Jésus-Christ nous assistera, et c’est avec sa pleine autorité que vous prononcerez la sentence contre cet homme.
      5 Qu’il soit livré sans défense au pouvoir de Satan pour qu’il expérimente les conséquences néfastes du péché et que la vie de ses sens soit mortifiée ; que le mal qui est en lui soit détruit, afin que son esprit soit sauvé au jour du Seigneur.

      1 Corinthiens 15

      32 Si la lutte que j’ai soutenue à Éphèse, véritable « combat contre des bêtes fauves », ne s’est inspirée que par des motifs purement humains, si elle n’était rien de plus qu’une aventure propre à exalter l’homme, à quoi cela me servirait-il ? Si les morts ne devaient pas ressusciter, nous n’aurions qu’à agir d’après le proverbe : Mangeons et buvons, car demain nous mourrons.

      2 Corinthiens 1

      1 Paul, apôtre de Jésus-Christ, par la volonté de Dieu, et notre frère Timothée, à l’Église de Dieu qui est à Corinthe ainsi qu’à tous ceux qui, dans la Grèce entière, ont voué leur vie à Dieu :
      2 que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par Jésus-Christ le Seigneur.
      3 Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. Il est vraiment un Père plein de compassion, un Dieu qui sait consoler dans les situations les plus diverses.
      4 Il nous aide et nous encourage dans toutes nos difficultés et nos afflictions, afin que nous soyons nous-mêmes capables de consoler et d’affermir à notre tour tous ceux qui sont dans la peine, en partageant avec eux la consolation que Dieu nous a accordée.
      5 Nous avons, certes, beaucoup à souffrir au service du Christ ; parfois la coupe déborde, mais nous portons ces souffrances avec lui et il est toujours pour nous la source d’abondantes consolations.
      6 Si donc nous passons par l’épreuve, si nous endurons la persécution ou quelque autre détresse, ce n’est pour vous que bénéfice, car alors, nous pouvons d’autant mieux vous réconforter et vous affermir dans le chemin du salut. Si, d’autre part, nous sommes réconfortés, cela vous sert, à vous aussi, d’encouragement ; vous en recevez des forces nouvelles pour supporter avec patience et constance les mêmes épreuves que nous.
      7 Lorsque nous pensons à vous, nous sommes pleins de confiance. C’est un espoir inébranlable, car il repose sur un fondement solide : nous savons que si vous avez part aux souffrances, vous aurez aussi part au réconfort dont nous bénéficions.
      8 (Nous venons d’expérimenter ce dont nous parlons.) Il faut en effet que vous sachiez, frères, que nous avons dû passer par une terrible épreuve en Asie Mineure. Nous avons été persécutés avec tant de violence que nous en étions absolument écrasés. Nous avons été excessivement accablés, nos forces étaient à bout. Nous en étions venus à abandonner tout espoir de nous en tirer vivants, car nous avions le sentiment de voir tomber notre arrêt de mort.
      9 En notre for intérieur, nous avions fait le sacrifice de nos vies. Tout cela nous est arrivé pour nous apprendre à ne pas mettre notre confiance en nous-mêmes, mais uniquement en Dieu qui peut ressusciter même des morts.
      10 C’est lui qui nous a arrachés à une mort imminente et terrible. C’est de lui aussi que nous attendons toute délivrance à l’avenir : il est notre espoir, il nous sauvera encore.
      11 Vous pouvez contribuer à cette délivrance en priant pour nous. Ainsi, la grâce qui nous sera accordée sera due aux prières d’un grand nombre de personnes ; elle sera donc aussi pour beaucoup une occasion de remercier Dieu à notre sujet.
      12 (J’aimerais à présent répondre à mes détracteurs. Ils m’accusent d’être versatile et de manquer de sincérité.) S’il est une chose dont je puisse être fier en toute bonne conscience, c’est de pouvoir dire que je me suis conduit dans le monde, et tout spécialement dans mes relations avec vous, avec la simplicité et la sincérité qui viennent de Dieu. Mon comportement ne m’était pas dicté par des calculs intéressés ou des raisonnements humains. Non, c’est la grâce de Dieu qui m’inspirait et me guidait.
      13 Il en est de même de nos lettres : elles sont exemptes de toute arrière-pensée. Vous n’avez pas besoin de lire entre les lignes, car elles ne contiennent pas autre chose que ce que vous pouvez y lire et comprendre. Vous avez commencé à faire connaissance avec nous. Vous comprenez déjà partiellement notre manière d’agir. J’espère que vous nous comprendrez de mieux en mieux
      14 et que vous reconnaîtrez que vous avez autant de raisons d’être fiers de nous que nous en avons de l’être de vous. Le jour où notre Seigneur Jésus-Christ reviendra, nous pourrons nous regarder les uns les autres avec joie et contentement.
      15 C’était convaincu de cette atmosphère de confiance réciproque que je m’étais proposé de me rendre chez vous en premier lieu, afin de vous procurer une double joie :
      16 je comptais passer par Corinthe et vous saluer en allant en Macédoine, puis revenir de là-bas chez vous ; vous auriez alors pu m’aider à préparer mon voyage en Judée et m’y faire accompagner.
      17 Tel était mon projet. Ai-je donc agi avec légèreté en le concevant ? Suis-je « instable et capricieux » parce que j’ai changé mes plans ? Ou bien mes résolutions seraient-elles inspirées par des motifs purement humains, par des arrière-pensées ou par l’humeur du moment, tout comme celles des gens du monde, en sorte que si je dis oui, cela pourrait bien signifier non, et que mon oui aujourd’hui serait non demain ?
      18 Je puis vous assurer que notre langage avec vous n’a jamais été tantôt oui, tantôt non, ou les deux à la fois. Dieu m’en est un fidèle témoin. Le message que je vous ai adressé n’était pas un mélange ambigu et inconsistant d’affirmations et de négations.
      19 Car le Fils de Dieu, le Christ Jésus qui vous a été prêché par nous – c’est-à-dire par moi aussi bien que par Silas et Timothée – n’a pas non plus oscillé entre le oui et le non. Il était le oui incarné :
      20 le oui de Dieu à toutes ses promesses. Il les a toutes accomplies ; tout ce que Dieu avait promis est devenu réalité en lui. Aussi est-ce par lui que nous répondons : « Amen, ainsi soit-il (à toutes ces promesses) » afin que Dieu soit exalté et glorifié.
      21 Or, si vous et moi nous appartenons au Christ, si nous sommes fermement ancrés dans la communion avec lui, si nous avons été consacrés à son service par l’onction, c’est à Dieu que nous le devons.
      22 C’est lui aussi qui nous a marqués de son sceau, nous reconnaissant comme sa propriété, et qui a fait habiter dans nos cœurs son Esprit comme gage des biens à venir.
      23 Pourquoi donc ne suis-je pas encore revenu à Corinthe ? Pourquoi ai-je renoncé à ma visite ? Parce que je voulais vous ménager. Dieu connaît mon cœur, il sait qu’en mon âme et conscience, je dis la vérité.
      24 Cela signifierait-il que nous prétendons exercer une domination sur votre foi ? Certes non, car vous êtes fermes et bien fondés dans la foi ; tout ce que nous désirons, c’est contribuer à votre joie.

      2 Corinthiens 2

      1 C’est pourquoi j’ai pris la ferme résolution d’éviter une nouvelle visite aussi pénible que la dernière : je ne veux pas retourner chez vous pour vous attrister une seconde fois.
      2 Car si je vous plonge dans le chagrin, qui pourra encore réjouir mon cœur ? Vous, que j’aurais moi-même affligés ?
      3 Si donc j’ai préféré m’adresser à vous par lettre et si je vous ai écrit comme je l’ai fait, c’était précisément pour qu’en venant chez vous, je ne sois pas attristé par ceux-là mêmes dont je serais en droit d’attendre de la joie. J’avais, en effet, la ferme conviction que ma joie serait aussi la vôtre. Par la confiance que j’ai en vous tous, je suis persuadé que cela vous réjouit de pouvoir contribuer à mon bonheur.
      4 (Au lieu de venir vous voir, j’ai donc écrit cette lettre.) Je l’ai fait dans une profonde affliction et une grande détresse intérieure ; j’avais le cœur serré et les larmes aux yeux, car je voulais, non vous faire de la peine, mais vous amener à reconnaître l’affection sans bornes que je vous porte – oui, tout particulièrement à vous.
      5 Si l’un de vous a été une cause de tristesse, ce n’est pas tant moi personnellement qu’il a attristé, mais vous tous, ou du moins la plupart d’entre vous, pour ne rien exagérer.
      6 Le blâme que lui a infligé la majorité d’entre vous dans l’assemblée générale (de l’Église) est, pour cet homme, un châtiment suffisant.
      7 Aussi, devriez-vous à présent, non pas aggraver sa peine, mais au contraire, lui accorder le pardon et le réconforter. Consolez-le et encouragez-le, de peur que ce malheureux ne soit submergé par l’excès de chagrin et qu’il ne vienne à sombrer dans le désespoir.
      8 Je vous engage donc à prendre à son égard une décision miséricordieuse. Faites prévaloir l’amour et redonnez-lui de l’assurance en lui montrant combien il vous est cher.
      9 Le but de ma lettre est atteint, elle constituait une sorte de test ; je vous ai écrit pour voir si vous étiez prêts à manifester une obéissance totale en toutes circonstances.
      10 Mais à présent, celui à qui vous accordez la grâce peut être aussi assuré de la mienne. Et si je pardonne, ce qu’il m’appartient de pardonner, je le fais comme représentant du Christ et en sa présence, par amour pour vous.
      11 Car il ne faut pas que ce soit Satan qui prenne l’avantage de la situation et qui, finalement, par ses ruses, remporte la victoire. Nous ne connaissons que trop bien ses manœuvres et ses desseins.
      12 Étant allé à Troas pour prêcher l’Évangile du Christ, j’ai trouvé, dès l’arrivée, grâce au Seigneur, des portes largement ouvertes à mon activité, car on a fait bon accueil à ma prédication.
      13 Cependant, mon esprit n’a pas eu de repos, parce que je n’y ai pas rencontré mon frère Tite. C’est pourquoi j’ai fait mes adieux aux fidèles et je suis parti pour la Macédoine.
      14 Je ne puis que remercier Dieu : partout où nous allons en suivant le char triomphal du Christ, il nous fait remporter des victoires dans la communion avec lui. En tous lieux, il se sert de nous et de notre travail pour répandre, comme un parfum, la connaissance du Christ.
      15 Oui vraiment, nous sommes ce parfum du Christ (ou, pour employer une autre image :) cet encens offert par lui et qui monte comme une « agréable odeur » vers Dieu. Nous le sommes à la fois pour ceux qui se laissent sauver et pour ceux qui continuent à courir sur le chemin de la perdition.
      16 Pour ceux-ci, c’est une odeur fatale qui vient de la mort et y conduit ; elle leur fait pressentir leur fin et le jugement. Pour les autres, c’est un parfum vivifiant qui mène à la vie (nouvelle et éternelle). Et qui donc est à la hauteur d’un tel ministère ? Quel homme est capable d’assumer pareilles responsabilités ?
      17 Certes pas ceux, et ils sont nombreux, qui falsifient la parole de Dieu ou font de sa prédication une affaire rentable. Nous ne sommes pas de leur nombre, car si nous annonçons la parole, c’est en toute sincérité, comme des hommes qui n’ont pas à craindre la lumière du jour : nos intentions sont pures, nous agissons en envoyés de Dieu, proclamant sa parole telle qu’elle vient de lui ; nous nous savons responsables devant lui, nous tenant en sa présence, et nous vivons par la force du Christ dans la communion avec lui et comme membres de son corps.

      2 Corinthiens 3

      1 Recommencerions-nous à « nous recommander nous-mêmes », ou bien aurions-nous besoin, comme certains, de vous présenter des lettres de recommandation ou de vous en demander ?
      2 Notre lettre, la seule dont nous ayons besoin, c’est vous-mêmes : une lettre gravée dans nos cœurs, que tout le monde peut connaître et lire.
      3 Il est évident pour tous que vous êtes une lettre dictée par le Christ et pour laquelle nous avons servi de secrétaire. Cette lettre n’a pas été écrite avec de l’encre, mais gravée par l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tablettes de pierre, mais dans des cœurs humains : dans les vôtres.
      4 Si nous avons cette assurance, c’est du Christ que nous la tenons parce que nous nous appuyons sur Dieu.
      5 Car, par nos propres forces, nous sommes incapables d’accomplir quoi que ce soit, nous ne pouvons même pas concevoir une pensée valable de notre propre initiative, ou prendre une décision d’après nos lumières personnelles : toute notre capacité nous vient de Dieu.
      6 C’est lui seul qui nous a qualifiés pour être les ministres de sa nouvelle alliance avec les hommes. Or, cette alliance n’est plus basée sur un code de lois écrites, mais sur l’Esprit, car la loi, avec ses commandements écrits, mène à la mort ; l’Esprit, par contre, communique la vie.
      7 La loi, gravée lettre par lettre sur des pierres, ne pouvait conduire qu’à la mort, et pourtant son ministère fut inauguré avec un tel déploiement de gloire que les enfants d’Israël ne pouvaient regarder Moïse en face, tant son visage était resplendissant. Cette gloire, toutefois, était bien éphémère et elle s’évanouissait vite.
      8 Si donc le ministère annonçant la mort a été entouré de gloire, comment celui qui communique l’Esprit divin n’en connaîtrait-il pas davantage ?
      9 En effet, si un ministère qui juge et condamne les hommes a eu son éclat, combien plus glorieux est celui qui conduit les hommes à être déclarés justes par Dieu !
      10 On peut même dire que l’éclat de l’ancienne alliance pâlit et s’évanouit complètement, éclipsé par la gloire infiniment supérieure de la nouvelle.
      11 Car si un ordre transitoire a brillé d’un tel éclat, combien plus grande sera la splendeur de ce qui est destiné à demeurer éternellement !
      12 Cette espérance nous remplit de hardiesse : nous agissons avec assurance, parlant ouvertement et sans réserve.
      13 Nous ne faisons pas comme Moïse qui couvrait son visage d’un voile pour empêcher les enfants d’Israël d’arrêter leurs regards sur cet éclat passager et leur éviter ainsi d’en constater le caractère éphémère.
      14 Mais sur leur intelligence aussi un voile est tombé ; leur esprit obscur est devenu insensible, ils demeurent aveugles (pour la vérité). Aujourd’hui encore, lorsqu’ils lisent l’Ancien Testament, leurs regards ne peuvent percer au-delà du voile, car c’est seulement dans l’union avec le Christ que le voile est levé.
      15 Ainsi, jusqu’à ce jour, toutes les fois que les Israélites lisent les écrits de Moïse, un voile recouvre leur compréhension.
      16 Mais comme le dit l’Écriture, lorsque Moïse se tournait vers le Seigneur, il ôtait le voile. Chaque fois qu’une personne se tourne vers Dieu, le voile tombe. Lorsqu’Israël se convertira, son bandeau lui sera enlevé.
      17 « Le Seigneur » dont il est question, c’est l’Esprit, car là où est l’Esprit du Seigneur, là règne la liberté.
      18 Or c’est sans voile, le visage découvert, que nous tous, nous contemplons, comme dans un miroir, la gloire du Seigneur. Ainsi nous sommes constamment transformés d’après son modèle, pour lui ressembler davantage de jour en jour et en refléter une image toujours plus fidèle. Sa gloire devient progressivement nôtre. Il ne saurait en être autrement, car celui qui agit en nous, c’est le Seigneur lui-même par son Esprit.

      2 Corinthiens 4

      1 C’est ce ministère (de l’Esprit) que Dieu, dans sa bonté, nous a confié. Voilà pourquoi nous nous y consacrons sans crainte ni défaillance. Nous ne nous laissons pas abattre ou intimider.
      2 Nous rejetons les « méthodes secrètes », les « voies cachées » et tout ce qui se trame dans l’ombre. Nous n’avons rien à dissimuler, rien dont nous devions rougir. Nous ne nourrissons ni « arrière-pensées » ni « calculs intéressés ». Nous ne recourons pas à l’intrigue ou à la ruse ; au contraire, nous les dénonçons sans ménagement. Nous n’altérons pas la parole de Dieu et n’en tordons pas le sens. Notre unique souci est de publier ouvertement la vérité. Par une telle conduite menée sous le regard de Dieu, nous nous rendons recommandables à la conscience de tout homme droit.
      3 Sans doute, malgré tout cela, notre Évangile demeure-t-il « voilé » et « obscur » pour certains, mais à présent, le « voile » est dans leur cœur, et il ne reste que chez ceux qui courent à leur perte,
      4 ceux dont le dieu de ce monde a aveuglé l’esprit et obscurci l’intelligence à cause de leur incrédulité. (Satan) veut les empêcher de voir briller, dans toute sa splendeur, l’Évangile de la gloire du Christ, image du Dieu vivant.
      5 Ce n’est pas nous-mêmes que nous mettons en avant dans notre prédication, c’est le Christ Jésus en tant que Seigneur. Nous voulons nous présenter simplement comme vos serviteurs par amour pour Jésus.
      6 En effet, le même Dieu qui, un jour, a ordonné : Que la lumière jaillisse des ténèbres, a illuminé nos cœurs afin que nous puissions à notre tour refléter la lumière de la connaissance de Dieu, et faire resplendir sur les autres la gloire divine qui rayonne sur le visage de Jésus-Christ.
      7 (Cet Évangile est le trésor précieux qui nous a été confié.) Certes, nous portons ce trésor dans des vases de terre cuite, mais il faut qu’il en soit ainsi : cela prouve avec évidence que cette incomparable puissance vient de Dieu et non pas de nous.
      8 (Cette puissance, nous l’expérimentons dans nos vies en même temps que la fragilité des « vases » qui la contiennent :) traqués et opprimés de tous côtés et cependant jamais subjugués par la peur ; fréquemment désemparés, jamais découragés ; souvent nous sommes perplexes et ne savons plus quel chemin prendre, mais nous n’abandonnons pas. Nous connaissons l’angoisse et le dénuement, mais non le désespoir.
      9 On nous persécute, mais nous ne nous sentons pas délaissés ; nous sommes jetés à terre, mais nous nous relevons et poursuivons notre route.
      10 Oui, partout et toujours, nous subissons dans notre corps la « mise à mort » que Jésus a endurée, mais c’est pour que la vie à laquelle il fut ressuscité apparaisse, elle aussi, manifestement dans ce même corps.
      11 Tout au long de notre vie, nous sommes livrés à la mort à cause de Jésus afin que la vie de Jésus transparaisse aussi à travers notre corps mortel.
      12 C’est ainsi que la mort fait son œuvre en nous, et que la vie peut alors s’épanouir en vous.
      13 Nous sommes animés de ce même esprit de foi dont il est question dans cette parole de l’Écriture : J’ai cru, voilà pourquoi j’ai parlé. Nous aussi, nous parlons parce que nous croyons (l’action de la mort en nous ne nous empêche pas de proclamer courageusement l’Évangile, car nous croyons à la résurrection).
      14 Nous savons que Dieu a ressuscité le Seigneur Jésus-Christ et nous avons l’assurance qu’il nous ressuscitera aussi, nous qui sommes un avec lui, et qu’il nous fera paraître avec vous en sa présence.
      15 Ainsi, tout ce que nous endurons contribue à votre bien. Car plus la grâce abondera, plus nombreux seront ceux qu’elle atteindra, et plus puissant sera le chœur d’actions de grâces qui s’élèvera vers Dieu pour exalter sa gloire.
      16 Voilà donc pourquoi rien ne saurait abattre notre courage et pourquoi nous ne faiblissons pas. Bien au contraire : si, extérieurement, notre corps s’épuise et se détériore, intérieurement, nous sommes renouvelés et revêtus de forces neuves de jour en jour.
      17 Les épreuves que nous avons à endurer dans cette vie sont, somme toute, légères et éphémères ; elles nous préparent, pour l’éternité, une plénitude de gloire dépassant tout ce que nous pouvons imaginer.
      18 Aussi n’attachons-nous pas nos regards aux choses visibles, mais aux réalités invisibles. Ce que l’on peut voir ne dure qu’un temps, les réalités invisibles demeurent éternellement.

      2 Corinthiens 5

      1 Nous savons en effet que si notre corps, cette tente qui nous abrite sur terre, vient à être détruit, nous avons au ciel une demeure qui n’est pas l’œuvre de l’homme, une maison éternelle que Dieu nous a préparée.
      2 C’est là précisément ce qui nous fait soupirer aussi longtemps que nous habitons encore dans cette tente ; nous attendons, avec un ardent désir, d’entrer dans cette habitation céleste (ou, pour employer une autre image,) de revêtir l’habit céleste par-dessus l’autre.
      3 Car nous n’aimerions pas passer par la nudité, mais être immédiatement revêtus (de notre habit céleste).
      4 En effet, tant que nous vivons dans cette tente terrestre, nous nous sentons oppressés, accablés par nos fardeaux, et nous gémissons. Ce n’est pas que nous voulions nous dépouiller de ce vêtement actuel (qu’est notre corps), mais nous souhaiterions, sans avoir à le déposer au préalable, être revêtus de l’habit nouveau, (le corps céleste,) en sorte que ce qui est mortel en nous soit absorbé par la vie.
      5 C’est Dieu lui-même qui nous a préparés à un tel avenir, qui entretient en nous cette attente, et qui nous a donné son Esprit comme gage et garantie (de la gloire future).
      6 Quoi qu’il arrive, nous sommes donc, en tout temps, pleins de courage. Certes, nous savons que, tant que nous séjournons dans ce corps, nous vivons en exil, loin du Seigneur,
      7 car nous cheminons guidés par la foi, non par la vue.
      8 Nous avançons cependant sans crainte ; nos cœurs sont remplis de confiance et d’assurance. Si nous avions à choisir, nous préférerions même quitter ce corps pour aller rejoindre notre vraie patrie auprès du Seigneur.
      9 Ainsi donc, que nous devions rester encore dans ce corps ou le quitter, notre seule ambition est de plaire au Seigneur.
      10 Car, un jour, nous aurons tous à comparaître devant le Christ pour être soumis à son examen. Là, tout sera mis à découvert. Chacun recevra la récompense méritée, suivant sa conduite durant cette vie terrestre et les actions, bonnes ou mauvaises, qu’il aura accomplies dans son corps.
      11 C’est pénétrés de ce respect du Seigneur que nous marchons. Et parce que nous savons ce que signifie vivre en révérant Dieu, nous cherchons à persuader les hommes et à les gagner. Dieu nous connaît bien, nos vies sont comme un livre ouvert devant lui. J’espère que vous-mêmes aussi, dans vos consciences, vous nous connaissez tels que nous sommes.
      12 N’ayez crainte, nous ne recommençons pas à « faire notre propre éloge » devant vous, nous voulons seulement vous donner de bonnes raisons d’être fiers de nous et de vous placer résolument de notre côté. Ainsi, vous saurez comment répondre à ceux qui se vantent de leurs avantages tout extérieurs, mais qui n’ont certes pas à se vanter de leur vie intérieure.
      13 Nous avons été exaltés et hors de sens (disent certains) ? Soit ! Mais c’était pour Dieu, pour le servir. Il en tire sa gloire. Nous sommes trop réservés et raisonnables, (prétendent d’autres,) nous nous laissons guider par le bon sens. Mais alors c’est pour vous, et vous en profitez !
      14 Nous sommes subjugués par l’amour que le Christ nous a témoigné ; il nous étreint, nous presse et nous pousse en avant. La conviction à laquelle nous sommes arrivés et qui nous guide est celle-ci : si un seul homme est mort pour tous, il s’ensuit que tous sont morts.
      15 Et pourquoi est-il mort pour tous ? Pour que ceux qui ont été ressuscités à une vie (nouvelle) ne continuent pas à mener, selon leur gré, une petite vie égoïste, mais qu’ils vivent pour celui qui est mort à leur place et qui fut ressuscité pour leur salut.
      16 Ainsi, désormais nous ne jugeons plus personne d’après des critères purement extérieurs, à la manière du monde. Autrefois notre jugement sur le Christ lui-même se basait sur son apparence extérieure ; ce que nous pensions de lui s’inspirait des points de vue du monde, mais maintenant, nous le connaissons d’une tout autre manière.
      17 Si quelqu’un entre en communion vivante avec le Christ, il devient un homme nouveau, il est recréé. L’ancien état est dépassé. Ce qu’il était autrefois a disparu. La nouvelle création a déjà commencé ; voici : tout est devenu nouveau.
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