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ÉVANGILES SYNOPTIQUES (2.)

II Données du problème.

1. LES RESSEMBLANCES

1 ° Il s'agit bien tout d'abord, comme l'indique le mot synoptique, d'une Harmonie d'ensemble.

(a) Ces évang, concordent entre eux par le sujet et la marche des événements : Jésus, que Jean-Baptiste a annoncé puis baptisé, exerce son oeuvre de prédication, d'instruction et de guérison, d'abord en Galilée ; après avoir aussi visité diverses régions voisines, il se dirige enfin vers Jérusalem, où son ministère semble l'amener pour la première fois, et où se consomme en quelques jours le dénouement suprême.

(b) Les évangiles syn. ont le même plan, ou, si ce terme paraît trop précis pour leur suite de narrations, incomplètes et parfois discontinues, du moins la même- division générale, qui découle du message même et des actes du Seigneur : d'abord l'Évangile du Royaume, dans les prédications galiléennes et notamment les premières paraboles ; puis l'Évangile du Messie, à partir de l'entretien proche de Césarée, où les Douze ont déclaré leur foi en sa messianité, et le Christ « commence dès lors à leur enseigner qu'il faut que le Fils de l'homme souffre, soit mis à mort... » (Mr 8:31 et parallèle) ; ce point de vue nouveau introduit, plus ou moins rapidement suivant les éléments propres ici à chacun des synoptiques, sa passion et sa résurrection, en un récit plus étroitement enchaîné et comparativement beaucoup plus développé que tout ce qui l'a précédé.

(c) En un assez grand nombre de passages, ils ont aussi, identiques ou presque identiques, des séries d'épisodes semblables ; p. ex. le passage Mr 4:35-5:43 / / Mt 8:23-9:26 / / Lu 8:22-56 contient dans le même ordre (plus une addition dans Mt 9:1-17) les récits relatifs à la tempête, aux Géraséniens, à la femme malade et à la fille de Jaïrus, l'histoire de celle-ci étant interrompue de la même manière dans les trois textes par la guérison de celle-là ; ou encore, le passage Mr 8:27-9:32 / / Mt 16:13-17:23 parallèle Lu 9:18-45 rapporte dans le même ordre la confession de Pierre, la prédiction de la destinée du Fils de l'homme, l'appel au renoncement des disciples, la transfiguration, suivie d'un entretien, puis de la guérison de l'enfant et d'une deuxième annonce des souffrances du Messie.

Si les relations réciproques entre nos évang, se bornaient à ces concordances d'ensemble comportant quelques divergences de détails, la solution du problème synoptique serait d'une clarté d'évidence : nous aurions là trois témoignages à la fois informés (d'où leurs concordances) et indépendants (d'où leurs particularités). C'est l'idée qui vient naturellement à l'esprit tant qu'on n'est pas entré plus avant dans l'examen des faits.

Mais peut-on persister à croire ces trois témoins indépendants les uns des autres quand on les voit étroitement rapprochés par un si grand nombre de Concordances de détails, que n'importe quel critique de textes serait contraint d'en conclure à une parenté littéraire ?

(a) Mêmes faits ou mêmes discours sont reproduits souvent dans les mêmes termes. Sur les 144 mots grecs du récit de la confession de Pierre dans Marc 99 se retrouvent dans les récits parallèles de Matthieu et de Luc ; même proportion entre les trois récits de la transfiguration ; cette proportion des identités verbales, qui est de 68 pour cent (et qui se trouve ailleurs de 62 pour cent, 66 pour cent, etc.), est déjà très supérieure, en vérité, à celle qu'on devrait attendre de trois narrateurs d'un même fait l'exposant chacun de son côté. Mais elle s'élève jusqu'à plus de 95 pour cent et presque 100 pour cent dans certains enseignements de Jean-Baptiste ou de Jésus, communs à Matthieu et à Lu : sur les 63 mots grecs des premières exhortations du Précurseur dans Mt 3:7,10, Luc en reproduit 60 dans le même ordre, et plus loin, sur les 26 mots de Mt 3:12, il y en a 23 d'identiques dans Lu 3:17 (dans les deux cas, les trois autres mots ne sont que des variantes grammaticales) ; l'action de grâces de Jésus est dans Mt 11:26 comme dans Lu 10:21 une phrase de 29 mots rigoureusement identiques. La langue grecque commune, celle de nos évangile, était, quoi qu'on en ait dit, trop riche en synonymes pour que le choix aussi constant des mêmes termes puisse être l'effet de simples coïncidences aussi souvent répétées tout le long des trois ouvrages.

(b) La coïncidence fortuite pourrait encore moins rendre compte des anomalies de rédaction, surgissant au même endroit des récits, telles les explications données après coup au lieu de l'être à leur place logique ou psychologique. La femme malade « toucha son vêtement », --car elle disait :

- « Si je touche seulement ses vêtements, je serai guérie » Mr 5:27 parallèle Mt 9:20 et suivant) ; le démoniaque supplie Jésus de ne pas le tourmenter, --car Jésus lui disait : -- « Sors de cet homme » (Mr 5:7 parallèle Lu 8:28). Dans les trois listes des apôtres de Jésus, la même anticipation concernant Judas--qui le trahit-- (Mr 3:19 et parallèle) ne saurait guère être une rencontre fortuite ; encore pourrait-elle simplement nous conserver une périphrase devenue courante dans le langage des premiers chrétiens pour désigner, avec une tristesse horrifiée, le traître ! Mais on ne peut décidément expliquer que par un écrit connu des trois évangélistes, la syntaxe irrégulière qu'ils ont tous les trois au même point (Mr 2:10 parallèle Mt 9:6 parallèle Lu 5:24), cette anacoluthe ou phrase brisée qui fait passer la parole de Jésus de la deuxième personne du plur, à la deuxième du singulier, par une parenthèse du narrateur à la troisième du singulier : « Afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés, il dit au paralytique : Lève-toi...  »

(c) Aussi caractéristique est l'apparition d'un récit rétrospectif : Marc et Matthieu ne racontent la mort de Jean-Baptiste qu'au moment où il faut expliquer la terreur d'Hérode se figurant, à la nouvelle de l'activité de Jésus, que c'est Jean ressuscité : « En effet, ce même Hérode avait envoyé prendre Jean... », et c'est, racontée après coup, toute l'histoire de l'emprisonnement avec son motif (qu'ils n'avaient pas donné à sa place, Mr 1:14, Mt 4:12), puis du festin et de la décapitation (Mr 6:14 et suivant, Mt 14:1 et suivants), alors qu'ici Luc s'est séparé des deux autres en indiquant d'abord à sa place le motif de l'emprisonnement, puis (Lu 3:19 et suivant) en se bornant à reproduire sans l'expliquer l'allusion d'Hérode à l'exécution capitale (Lu 9:9)

Devant ces traces irrécusables d'un texte écrit ayant influencé les rédactions synoptiques, objectera-t-on encore que l'utilisation par un évangéliste d'évangiles ou d'écrits antérieurs diminuerait son autorité et celle de ses prédécesseurs, et finalement exclurait toute inspiration divine ? Ce serait d'une part appliquer nos conceptions modernes de propriété littéraire à une époque où l'on sait pertinemment qu'il était de pratique courante d'incorporer tout ou partie d'un ouvrage ancien dans un ouvrage nouveau : c'est ainsi que les Constitutions Apostoliques (environ 375 ap. J. -C.) ont absorbé, avec quelques remaniements, les Didascalia et la Didachè, qui sans doute avait elle-même absorbé le traité juif sur les Voies de la Vie et de la Mort. Ce serait, d'autre part, vouloir imposer a priori des conditions à l'inspiration divine, qui n'a que faire de nos partis pris sur la manière dont nous pouvons estimer qu'elle doit s'exercer dans les livres sacrés. Pourquoi l'expérience spirituelle des premiers chrétiens, guidée par le témoignage du Saint-Esprit, n'aurait-elle pas fait précisément conserver dans nos évangiles les écrits en lesquels elle reconnaissait l'action manifeste de l'inspiration d'En-haut ?

2. LES DIVERGENCES

Le dernier exemple cité de concordance entre Marc et Matthieu nous a fait constater en même temps une divergence entre eux et Luc.

Rien d'étonnant en effet qu'il se trouve entre les synoptiques des différences portant sur des Détails.

(a) Il faut évidemment s'attendre, même dans l'hypothèse d'emprunts littéraires, à des formes de style propres aux divers auteurs, n'affectant en rien le sens, disparaissant même dans la traduction ; p. ex. les tournures littérales de l'original grec, dans la remarque, déjà signalée, sur Judas : qui lui-même le trahit, Mr 3:19 ; celui-là même l'ayant trahi, Mt 10:4 ; qui fut traître, Lu 6:16.

(b) On s'explique aussi des différences de développements déplaçant les nuances ou l'accent d'une parole sans nuire à l'accord sur le fond ; p. ex. la réponse de Pierre à Jésus : tu es le Christ, Mr 8:29 ; le Christ de Dieu, Lu 9:20 ; tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant, Mt 16:16.

(c) Même de menus désaccords, sur certaines circonstances d'un fait, sont admissibles : il s'en produit toujours entre divers témoins sans que cela rende douteuse la réalité du fait ; p. ex., un aveugle guéri au sortir de Jérico (Mr 10:46 et suivant), deux aveugles guéris au sortir de Jérico (Mt 20:29 et suivant), un aveugle guéri à l'entrée de Jérico (Lu 18:35 et suivants) ; ou bien, l'inscription de la croix, reproduite de quatre manières différentes par les quatre évangiles (Mr 15:26 et parallèle), etc.

Des désaccords plus étranges sont ceux qui portent sur les Faits et les Idées.

(a) Des documents d'allure officielle qu'a priori l'on supposerait identiques, les deux listes des ancêtres de Jésus (Mt 1, Lu 3), diffèrent tellement par leurs noms et par le nombre de leurs générations que l'origine de ces deux généalogies de Jésus-Christ (voir art.) pose un difficile problème.

(b) Sans doute, lorsqu'il est apparent qu'un récit est rétrospectif, il ne nous cache pas la suite réelle des faits. Mais voici des difficultés historiques plus sérieuses. D'un évang, à l'autre certains épisodes sont avancés, reculés ou intervertis : p. ex., la prédication de Jésus à Nazareth où il est mal accueilli, termine le ministère galiléen dans Mr 6:1 et suivants parallèle Mt 13:54, mais le commence dans Lu 4:16 et suivants, récit en outre assez différent ; au cours de ce ministère, le sermon sur la montagne est placé plus tôt dans Mt 5-7 que dans Lu 6:20,49, dont au surplus le contenu, beaucoup plus réduit que dans Matthieu, s'écarte assez souvent de son texte. Tel ou tel sujet auquel un des synoptiques consacre une grande place est totalement ignoré d'un autre : p. ex., aucun évangile de l'enfance dans Marc et dans Mt 1 et Mt 2 un long évangile de l'enfance entièrement différent de celui de Lu 1 et Lu 2 qui pourtant est encore plus long ; absence dans Lu--l'évangile missionnaire--de la tournée de Jésus vers le nord, avec les trois épisodes conservés parallèlement dans Mr 7:24-8:26 et Mt 15:21-16:12 ; absence dans Marc et Matthieu, ou dans l'un des deux, surtout dans Marc d'une grande partie du contenu de dix chapitres de Luc (Lu 9:50-18:14), en particulier des paraboles dont quelques-unes sont capitales : bon Samaritain (Lu 10:25 et suivants), riche insensé (Lu 12:13 et suivants), enfant prodigue (Lu 15 et suivants), pharisien et péager (Lu 18:9 et suivants), etc. Des événements aussi sensationnels que les apparitions du Ressuscité (Mt 28, Lu 24, Mr 16) n'ont pas été notés de la même façon.

(c) Non seulement le nombre de faits similaires, miracles, paraboles, discours, varie ainsi d'un évang, à l'autre, mais même des textes qu'il eût paru naturel à des croyants de considérer comme des formulaires définitifs, se présentent plus ou moins dissemblables et parfois difficiles à harmoniser : les béatitudes, Mt 5:3 et suivant, Lu 6:20 et suivants ; l'oraison dominicale, Mt 6:9 et suivant, Lu 11:2 et suivants ; le sommaire de la loi, Mr 12:29 et suivants, Mt 22:37 et suivants, Lu 10:27 ; les paroles de l'institution de la Cène, Mr 14:22 et suivant, Mt 26:26 et suivants, Lu 22:17 et suivant.

(d) A serrer de plus près les comparaisons, on voit s'accumuler d'apparentes contradictions sur les passages communs aux uns et aux autres ou particuliers à chacun : d'une part Matthieu et Lu possèdent ensemble un nombre relativement considérable de sections inconnues de Marc représentant surtout des enseignements, d'autre part presque tout le contenu de Marc se retrouve soit dans Matthieu soit dans Luc et dans ces parallèles la rédaction de Marc est toujours beaucoup plus proche soit de Matthieu soit de Luc que ces deux derniers ne le sont l'un de l'autre.

Si, faute de pouvoir produire ici la minutieuse argumentation analytique qui ménage ces constatations, nous devons en faire entrevoir les résultats dans un tableau simplifié, l'examen comparé des éléments propres à chacun des synoptiques et des éléments qu'ils ont en commun, soit au point de vue du vocabulaire, soit au point de vue des sujets traités, aboutit aux approximations suivantes :

  ÉLÉMENTS DE FORME

ÉLÉMENTS DE FOND

 
  (levocabulaire) (lessujets traités)
 
  En commun En propre En commun En propre
 
Marc 17 pour cent 83 pour cent 93 pour cent 7 pour cent
 
Matthieu 16 pour cent 84 pour cent 76 pour cent 24 pour cent
 
Luc 10 pour cent 90 pour cent 59 pour cent 41 pour cent

La relativité de ces évaluations, tout en confirmant une parenté littéraire dans la documentation de nos évangélistes, rend aussi manifeste la part d'originalité conservée par chacun d'eux ; et il va sans dire que l'interprétation de ces proportions diverses variera suivant que nos trois évang, se sont ignorés ou connus, suivant que tel d'entre eux en a imité un ou deux autres, ou bien au contraire a été imité par eux. Tous ces chiffres s'éclaireront à la lumière de nos conclusions générales, et plus encore, pour chacun des évangiles, dans les articles respectifs qui leur sont consacrés.

3. LE PROBLÈME

On voit maintenant comment se pose le problème synoptique dans son ensemble. Il s'agit « d'expliquer ce mélange de ressemblance littérale et de dissemblance parfois considérable, qui fait de nos trois évangiles un phénomène unique dans toute l'histoire de la littérature ». (F. Godet.) Se représenter autant que possible comment ont été composés ces trois ouvrages, de façon à rendre compte à la fois des ressemblances et des divergences, à la fois des ressemblances entre tous les trois et des accords de deux d'entre eux contre un troisième, lequel est tantôt l'un tantôt l'autre, --voilà l'énoncé du problème. Tel ou tel des synoptiques a-t-il copié ou imité tel ou tel autre ? S'il y a eu copie ou imitation, pourquoi n'a-t-elle pas été complète ni littérale ? Si certains d'entre eux se sont connus, jusqu'à quel point faut-il vraiment parler comme on l'a fait de dépendance « mutuelle » ? S'ils ont utilisé des renseignements antérieurs, ceux-ci devaient-ils consister en informations orales ou en documents déjà rédigés, et dans quelle mesure pourrait-on tenter de reconstituer de telles sources écrites ? Quelle répercussion l'explication de ces rapports complexes peut-elle avoir sur la valeur historique des trois premiers évangiles ? Voilà les principaux aspects du problème.

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Versets relatifs

    • Matthieu 1

      1 Voici la généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham.
      2 Abraham eut pour fils Isaac ; Isaac eut Jacob ; Jacob eut Juda et ses frères ;
      3 Juda eut Pérets et Zérach de Tamar ; Pérets eut Hetsrom ; Hetsrom eut Aram ;
      4 Aram eut pour fils Aminadab ; Aminadab eut Nachshon ; Nachshon eut Salmon ;
      5 Salmon eut Boaz de Rahab ; Boaz eut Obed de Ruth ;
      6 Obed eut pour fils Isaï ; Isaï eut David. Le roi David eut Salomon de la femme d'Urie ;
      7 Salomon eut pour fils Roboam ; Roboam eut Abija ; Abija eut Asa ;
      8 Asa eut pour fils Josaphat ; Josaphat eut Joram ; Joram eut Ozias ;
      9 Ozias eut pour fils Jotham ; Jotham eut Achaz ; Achaz eut Ezéchias ;
      10 Ezéchias eut pour fils Manassé ; Manassé eut Amon ; Amon eut Josias ;
      11 Josias eut pour descendants Jéconias et ses frères, à l’époque de la déportation à Babylone.
      12 Après la déportation à Babylone, Jéconias eut pour fils Shealthiel ; Shealthiel eut Zorobabel ;
      13 Zorobabel eut pour fils Abiud ; Abiud eut Eliakim ; Eliakim eut Azor ;
      14 Azor eut pour fils Sadok ; Sadok eut Achim ; Achim eut Eliud ;
      15 Eliud eut pour fils Eléazar ; Eléazar eut Matthan ; Matthan eut Jacob ;
      16 Jacob eut pour fils Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qu’on appelle le Christ.
      17 Il y a donc en tout 14 générations depuis Abraham jusqu'à David, 14 générations depuis David jusqu'à la déportation à Babylone et 14 générations depuis la déportation à Babylone jusqu'au Christ.
      18 Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle se trouva enceinte par l'action du Saint-Esprit.
      19 Joseph, son fiancé, qui était un homme juste et qui ne voulait pas l’exposer au déshonneur, se proposa de rompre secrètement avec elle.
      20 Comme il y pensait, un ange du Seigneur lui apparut dans un rêve et dit : « Joseph, descendant de David, n’aie pas peur de prendre Marie pour femme, car l'enfant qu’elle porte vient du Saint-Esprit.
      21 Elle mettra au monde un fils et tu lui donneras le nom de Jésus car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
      22 Tout cela arriva afin que s'accomplisse ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète :
      23 La vierge sera enceinte, elle mettra au monde un fils et on l’appellera Emmanuel, ce qui signifie « Dieu avec nous ».
      24 A son réveil, Joseph fit ce que l'ange du Seigneur lui avait ordonné et il prit sa femme chez lui,
      25 mais il n'eut pas de relations conjugales avec elle jusqu'à ce qu'elle ait mis au monde un fils [premier-né] auquel il donna le nom de Jésus.

      Matthieu 2

      1 Jésus naquit à Bethléhem en Judée, à l’époque du roi Hérode. Or, des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem
      2 et dirent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? En effet, nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus pour l'adorer. »
      3 Quand le roi Hérode apprit cela, il fut troublé et tout Jérusalem avec lui.
      4 Il rassembla tous les chefs des prêtres et spécialistes de la loi que comptait le peuple et leur demanda où le Messie devait naître.
      5 Ils lui dirent : « A Bethléhem en Judée, car voici ce qui a été écrit par le prophète :
      6 Et toi, Bethléhem, terre de Juda, tu n'es certes pas la plus petite parmi les principales villes de Juda, car de toi sortira un chef qui prendra soin d’Israël, mon peuple. »
      7 Alors Hérode fit appeler en secret les mages ; il s'informa soigneusement auprès d'eux du moment où l'étoile était apparue,
      8 puis il les envoya à Bethléhem en disant : « Allez prendre des informations exactes sur le petit enfant. Quand vous l'aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j'aille moi aussi l'adorer. »
      9 Après avoir entendu le roi, ils partirent. L'étoile qu'ils avaient vue en Orient allait devant eux jusqu'au moment où, arrivée au-dessus de l'endroit où était le petit enfant, elle s'arrêta.
      10 Quand ils aperçurent l'étoile, ils furent remplis d'une très grande joie.
      11 Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l'adorèrent. Ensuite, ils ouvrirent leurs trésors et lui offrirent en cadeau de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
      12 Puis, avertis dans un rêve de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
      13 Lorsqu'ils furent partis, un ange du Seigneur apparut dans un rêve à Joseph et dit : « Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Egypte et restes-y jusqu'à ce que je te parle, car Hérode va rechercher le petit enfant pour le faire mourir. »
      14 Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère et se retira en Egypte.
      15 Il y resta jusqu'à la mort d'Hérode, afin que s'accomplisse ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : J'ai appelé mon fils à sortir d'Egypte.
      16 Quand Hérode vit que les mages l'avaient trompé, il se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire, selon la date qu'il s'était fait préciser par les mages.
      17 Alors s'accomplit ce que le prophète Jérémie avait annoncé :
      18 On a entendu des cris à Rama, des pleurs et de grandes lamentations : c'est Rachel qui pleure ses enfants et n'a pas voulu être consolée, parce qu'ils ne sont plus là.
      19 Après la mort d'Hérode, un ange du Seigneur apparut dans un rêve à Joseph, en Egypte,
      20 et dit : « Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère et va dans le pays d'Israël, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts. »
      21 Joseph se leva, prit le petit enfant et sa mère et alla dans le pays d'Israël.
      22 Cependant, quand il apprit qu'Archélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s'y rendre. Averti dans un rêve, il se retira dans le territoire de la Galilée
      23 et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, afin que s'accomplisse ce que les prophètes avaient annoncé : « Il sera appelé nazaréen. »

      Matthieu 3

      7 Cependant, quand il vit beaucoup de pharisiens et de sadducéens venir se faire baptiser par lui, il leur dit : « Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ?
      10 Déjà la hache est mise à la racine des arbres ; tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera donc coupé et jeté au feu.
      12 Il a sa pelle à la main ; il nettoiera son aire de battage et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint pas. »

      Matthieu 4

      12 Lorsqu'il apprit que Jean avait été arrêté, Jésus se retira en Galilée.

      Matthieu 5

      1 A la vue de ces foules, Jésus monta sur la montagne. Il s'assit et ses disciples s'approchèrent de lui.
      2 Puis il prit la parole pour les enseigner ; il dit :
      3 « Heureux ceux qui reconnaissent leur pauvreté spirituelle, car le royaume des cieux leur appartient !
      4 Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés !
      5 Heureux ceux qui sont doux, car ils hériteront la terre !
      6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés !
      7 Heureux ceux qui font preuve de bonté, car on aura de la bonté pour eux !
      8 Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !
      9 Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu !
      10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient !
      11 Heureux serez-vous lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi.
      12 Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande au ciel. En effet, c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.
      13 » Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Il ne sert plus qu'à être jeté dehors et piétiné par les hommes.
      14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut pas être cachée,
      15 et on n'allume pas non plus une lampe pour la mettre sous un seau, mais on la met sur son support et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.
      16 Que, de la même manière, votre lumière brille devant les hommes afin qu'ils voient votre belle manière d’agir et qu’ainsi ils célèbrent la gloire de votre Père céleste.
      17 » Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
      18 En effet, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre n’auront pas disparu, pas une seule lettre ni un seul trait de lettre ne disparaîtra de la loi avant que tout ne soit arrivé.
      19 Celui donc qui violera l'un de ces plus petits commandements et qui enseignera aux hommes à faire de même sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les mettra en pratique et les enseignera aux autres, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.
      20 En effet, je vous le dis, si votre justice ne dépasse pas celle des spécialistes de la loi et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux.
      21 » Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commet un meurtre mérite de passer en jugement.’
      22 Mais moi je vous dis : Tout homme qui se met [sans raison] en colère contre son frère mérite de passer en jugement ; celui qui traite son frère d’imbécile mérite d'être puni par le tribunal, et celui qui le traite de fou mérite d'être puni par le feu de l'enfer.
      23 Si donc tu présentes ton offrande vers l'autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi,
      24 laisse ton offrande devant l'autel et va d'abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande.
      25 Mets-toi rapidement d'accord avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu'il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l'officier de justice et que tu ne sois mis en prison.
      26 Je te le dis en vérité, tu n'en sortiras pas avant d'avoir remboursé jusqu'au dernier centime.
      27 » Vous avez appris qu'il a été dit : Tu ne commettras pas d'adultère.
      28 Mais moi je vous dis : Tout homme qui regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur.
      29 Si ton œil droit te pousse à mal agir, arrache-le et jette-le loin de toi, car il vaut mieux pour toi subir la perte d'un seul de tes membres que de voir ton corps entier jeté en enfer.
      30 Et si ta main droite te pousse à mal agir, coupe-la et jette-la loin de toi, car il vaut mieux pour toi subir la perte d'un seul de tes membres que de voir ton corps entier jeté en enfer.
      31 » Il a été dit : Que celui qui renvoie sa femme lui donne une lettre de divorce.
      32 Mais moi, je vous dis : Celui qui renvoie sa femme, sauf pour cause d'infidélité, l'expose à devenir adultère, et celui qui épouse une femme divorcée commet un adultère.
      33 » Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne violeras pas ton serment, mais tu accompliras ce que tu as promis au Seigneur.
      34 Mais moi je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu,
      35 ni par la terre, parce que c'est son marchepied, ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du grand roi.
      36 Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux pas rendre blanc ou noir un seul cheveu.
      37 Que votre parole soit ‘oui’pour oui, ‘non’pour non ; ce qu'on y ajoute vient du mal.
      38 » Vous avez appris qu'il a été dit : Œil pour œil et dent pour dent.
      39 Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre.
      40 Si quelqu'un veut te faire un procès et prendre ta chemise, laisse-lui encore ton manteau.
      41 Si quelqu'un te force à faire un kilomètre, fais-en deux avec lui.
      42 Donne à celui qui t’adresse une demande et ne te détourne pas de celui qui veut te faire un emprunt.
      43 » Vous avez appris qu'il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu détesteras ton ennemi.’
      44 Mais moi je vous dis : Aimez vos ennemis, [bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous détestent] et priez pour ceux [qui vous maltraitent et] qui vous persécutent,
      45 afin d'être les fils de votre Père céleste. En effet, il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.
      46 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les collecteurs d’impôts n'agissent-ils pas de même ?
      47 Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les membres des autres peuples n'agissent-ils pas de même ?
      48 Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait.
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