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ÉVANGILES SYNOPTIQUES (4.)

IV Solution d'ensemble.

Il y faut, en effet, une solution d'ensemble. Comme on vient de le voir, aucune des théories systématiques ne peut seule embrasser tous les aspects opposés du problème. Si la tradition orale ou des documents multiples eussent été trop éparpillés pour produire le plan uniforme des synoptiques, par contre un évangile, primitif eût été trop uniforme pour produire leurs innombrables variantes. Toutefois, chacune de ces explications avait le mérite de préparer des matériaux utiles à la construction générale, dont les grandes lignes réalisent de plus en plus l'accord des théologiens : désormais la critique est presque unanime à reconnaître leur valeur primordiale aux « deux sources », c'est-à-dire aux deux écrits originaux qui constituent les fondations de tout l'édifice synoptique.

1. LES DEUX SOURCES PRINCIPALES

Ces deux écrits correspondent à deux témoignages d'un vieil ouvrage en cinq livres : Explications des paroles du Seigneur, composé par l'évêque d'Hiéra-polis en Phrygie, Papias, sans doute avant l'an 150 ; on n'en connaît plus que quelques maigres fragments conservés par divers auteurs, et c'est Eusèbe de Césarée (Mort en 340) qui cite les deux passages relatifs à l'origine des évangiles de Marc et de Matthieu (H.E., III 39:36). Notons pour le moment que l'ordre dans lequel se présentent ici ces deux oeuvres est celui de leur apparition dans notre étude du problème, et ne préjuge pas de l'ordre historique de leur composition, car il faudra rechercher si et dans quelle mesure les deux « sources » premières coïncident avec la forme actuelle du Mr et du Matthieu canoniques.

L'évangile de Marc. « Marc, étant devenu l'interprète de Pierre, écrivit exactement, quoique sans ordre, tout ce qu'il se rappelait de ce qu'avait dit ou avait fait le Christ... » Tel est le renseignement que Papias déclare tenir du presbytre Jean, c'est-à-dire d'un chrétien âgé de la génération qui l'avait précédé (voir le passage complet de Papias dans l'article Marc, évangile de).

Oui, en un certain sens il est donc vrai qu'un des synoptiques a été l'évangile primitif, connu et reproduit dans de très fortes proportions par les deux suivants, parenté d'origine qui explique leurs ressemblances de détails et la suite de la synopse. Mais cet évang, le plus ancien n'est pas, comme on le crut si longtemps avec Augustin, celui de Matthieu : c'est celui de Marc. Or l'évangile de Marc en retenant, suivant le mot de Papias, « ce que le Christ avait dit ou fait », et en le retenant d'après les souvenirs de Pierre, qui était homme de coeur et d'action plutôt que de pensée, s'était attaché aux actes du Seigneur plus encore qu'à ses paroles. L'évangile de Marc nous met en présence du Christ actif, à la fois serviteur participant à la nature humaine et Maître tout-puissant de la nature et de la créature, donnant volontairement sa vie en rançon pour les pécheurs. On trouvera la démonstration de ce point de vue, ainsi que de son caractère pittoresque, vivant et vibrant, dans l'art, consacré à cet évangile ; devant nous borner ici à ses relations synoptiques, notons seulement que ce sont ces qualités mêmes qui lui ont valu de devenir un document narratif de premier ordre et d'entrer dans la tradition synoptique à titre de source principale.

A. La priorité de Marc, c'est-à-dire l'antériorité de cet évang, par rapport aux deux autres, ressort de plus en plus probable, et finalement incontestable, d'une étude comparée de détail et d'ensemble.

(a) Au point de vue de la rédaction. Le style de Mr est le plus primitif, souvent gauche et rude, presque toujours amélioré dans Luc et dans Matthieu Il renferme plusieurs citations de mots araméens prononcés par Jésus (Mr 5:41 7:34 14:36), lesquels ne se trouvent pas dans les autres (à l'exception du cri du Sauveur en croix, conservé par Mt 27:46, parce que citation d'un Psaume) : on imagine fort bien les deux évang, les plus récents supprimant ces vocables qui perdaient de leur intérêt à mesure qu'on s'éloignait des faits, tandis qu'on ne pourrait se représenter Marc se plaisant à traduire le grec de Luc ou de Matthieu en araméen, pour en redonner aussitôt après la traduction grecque. Sa locution constante à propos de la résurrection de Jésus : « ... trois jours après » (Mr 8:31 9:31 10:34) est sans doute connue de Matthieu, qui la met une fois dans la bouche des prêtres (Mt 27:63) ; mais dans toutes les prédictions mêmes de Jésus, Matthieu ainsi que Luc la modifient en celle-ci : « le troisième jour » : (Mt 16:21 17:23 20:19, Luc 9:22 18:33) c'est donc une rectification ? on ne comprendrait pas, en sens inverse, que Marc eût changé en une formule discutable la formule plus strictement exacte qu'il eût trouvée chez les deux autres. Encore une correction : d'après Mr 2:26, David mangea les pains de proposition au temps du grand-prêtre Abiathar ; c'est un lapsus, explicable par la longue et intime association d'Abiathar avec David à partir justement de l'époque en question, mais le grand-prêtre était encore le père d'Abiathar, Ahimélec (1Sa 21:1-6,22:20 et suivants) ; aussi Matthieu et Luc qui dans le passage parallèle suivent à peu près mot à mot le texte de Marc en ont supprimé cette seule mention, l'ayant reconnue erronée. Ailleurs un terme hardi de Marc est adouci par Matthieu et par Luc ; le verbe de la phrase : « l'Esprit chassa Jésus au désert » (Mr 1:12, Vers. Syn. : poussa) devient : emmener, conduire (Mt 4:1, Luc 4:1) ; ici encore, on s'expliquerait mal la correction dans l'autre sens. La remarque un peu vague de Mr 1:30 à propos de la belle-mère de Pierre : « ils lui parlèrent d'elle », disparaît dans Mt 8:14, mais est définie par Luc 4:38 : « on le pria de la guérir » ; il est facile d'en comprendre la suppression par Matthieu s'il l'a jugée inutile, et la précision par Luc s'il l'a jugée ambiguë, mais comment supposer que Marc eût pris la peine de faire une addition à Matthieu ou une modification à Luc pour surajouter un renseignement aussi peu explicite ?

(b) Au point de vue des traits épisodiques. Bien que Marc soit l'évangile le plus court et le moins complet, chacun de ses épisodes pris séparément est presque toujours le plus long et le plus complet des trois (comp, les 20 versets de Mr 5:1-20 sur le démoniaque, aux 7 versets de Mt 8:28-34 et aux 14 de Luc 8:26,39 ; les 12 versets de Mr 2:1-12 sur le paralytique, aux 8 versets de Mt 9 et aux 10 de Luc 5, etc.). Dans ces parallèles, les éléments propres à Marc sont souvent des traits d'ordre descriptif qui auront paru sans intérêt aux autres évangélistes, comme le nom de Bartimée ou son manteau jeté par terre (Mr 10:50 et parallèle), ou des traits d'ordre psychologique qu'ils auront trouvés trop familiers, comme certaines indignations ou interrogations de Jésus (Mr 3:5 et parallèle ; Mr 10:14 et parallèle ; Mr 6:38 et parallèle ; Mr 9:21 et parallèle), ou comme le reproche qui lui est fait dans la barque : « Maître, cela ne te fait-il rien que nous périssions ? » et dont Matthieu et Luc font une prière : « Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! » (Mr 4:38, Mt 8:25, Luc 8:24). Dans plus de trente cas, une expression double de Marc due soit à son style ample et en parallélisme, soit à quelque nuance entre deux points de vue, n'a plus qu'un terme dans Matthieu et l'autre dans Luc ; p. ex. : « le soir venu, après le coucher du soleil » (Mr 1:32 Matthieu 8:16 a : le soir venu, Luc 4:40 : après le coucher du soleil) ; « mettre la lampe sous le boisseau ou sous le lit » (Mr 4:21 Matthieu 5:15 a : le boisseau, Luc 8:16 : le lit) ; « aujourd'hui, cette nuit même » (Mr 14:30 Matthieu 26:34 a : cette nuit même, Luc 22:34 : aujourd'hui) ; comment s'expliquerait-on, au cas où Marc fût venu le dernier, le souci qu'il se fût imposé d'aller si souvent relever ces pures vétilles dans les deux parallèles pour les additionner dans le sien, alors que par ailleurs, dans la même hypothèse, il eût abandonné à ses devanciers tant de passages de première importance ?

(c) Au point de vue du choix des récits. Les faits conservés par Marc seul n'ont pas en somme une grande portée ; ils auraient pu tomber sans guère appauvrir les traditions évangéliques, et pour chacun d'eux il est facile d'admettre que Matthieu et Luc même si nous ne retrouvons pas toujours leurs motifs déterminants, aient jugé inutile de les conserver : les deux guérisons de Mr 7:31 8:22 ont pu leur paraître un peu laborieuses, vulgaires aussi par l'emploi de la salive ; dans la recherche de Jésus par sa famille, où il est dit qu'il passait pour avoir perdu l'esprit (Mr 3:20 et suivant), il a pu sembler que ce dernier mot, assez choquant, se greffait sur une remarque non indispensable, puisque l'arrivée de sa mère et de ses frères est reprise plus loin (Mr 3:31 et parallèle) ; la parabole de la semence (Mr 4:26-29), d'un grand intérêt pour nous, a pu être considérée comme développant plus brièvement la même idée que celle du levain, ce qui permettait en tout cas à Matthieu (Mt 13) de s'en tenir pour les paraboles du Royaume au chiffre consacré de 7 ; la fuite du jeune homme nu (Mr 14:51) ne joue aucun rôle dans la Passion du Maître et pouvait aussi passer pour un peu trop familière. Le fait que tout le reste de l'évangile de Marc (à la réserve de quelques phrases dans les parallèles) se retrouve dans Matthieu ou dans Luc est un argument solide pour sa priorité ; cette découverte a été appelée « le fil d'Ariane » (Wellhausen) dans le dédale du problème synoptique. Sans doute ce fait fut d'abord interprété en sens inverse par la fameuse thèse du Marc abréviateur de Matthieu ; mais on voit maintenant combien serait inexplicable la suppression par Marc d'un nombre considérable de récits de grande valeur qu'il eût trouvés dans Matthieu et dans Luc.

(d) Au point de vue de la suite des récits L'argument le plus décisif est enfin l'ordre même de la synopse : toute la substance de Marc qui se retrouve donc à une trentaine de versets près dans les deux autres synoptiques, s'y retrouve disposée dans la même succession. Sans doute, il arrive (rarement) que Matthieu transpose certaines péricopes, mais alors l'ordre de Marc devient celui de Luc ; vice versa, lorsque la suite dans Luc s'écarte de celle de Marc alors celle de Matthieu lui est conforme. Ainsi, la synopse est établie soit par une succession de péricopes commune aux trois synoptiques, soit par une succession commune à deux d'entre eux contre le troisième, ce troisième unique pouvant être Matthieu ou Luc mais n'étant jamais Marc lequel est toujours d'accord à cet égard avec au moins l'un des deux autres. Plus encore : dès que Matthieu et Luc ne sont plus réunis par les sujets communs avec Marc ils sont indépendants l'un de l'autre en ce qui concerne les récits de faits (il en va tout autrement de leur accord sur les enseignements : voir plus loin, 2° Les « Logia »). Enfin l'étude comparée des accords de Luc et Matthieu contre Marc où celui-ci pourrait paraître au premier abord le moins primitif, n'ébranle pas, en fait, sa priorité, et ne pourrait faire supposer tout au plus, dans quelques cas sans importance, que de faibles retouches apportées à son texte après son utilisation par les deux autres synoptiques. De toutes ces constatations il résulte qu'il est tout naturel de concevoir comment le contenu de Marc a divergé, par quelques interversions occasionnelles, en deux plans indépendants entre eux : Matthieu et Luc--tandis qu'il serait pratiquement inconcevable que par une prodigieuse solution de « puzzle » les plans occasionnellement divergents de Matthieu et de Luc fussent venus converger en celui de Marc. B. Le Proto-Marc. La priorité de Marc évang, primitif utilisé par les deux autres, répond donc à certaines données fondamentales du problème : la suite de la synopse, les ressemblances générales et particulières entre les parallèles narratifs, et les identités de langue. Il restait encore à expliquer des différences, soit menues divergences entre passages communs, soit omissions par Luc ou Matthieu de tel important passage de Marc comme le récit de la retraite de Jésus à l'étranger (Mr 7:24-8:26, Mt 15:21-16:12) que Luc n'a pas conservé. Aussi certains savants ont-ils eu recours à des hypothèses complétant (mais plutôt compliquant) la priorité de Marc : celui-ci aurait été lui-même précédé d'une première recension, appelée pour cette raison proto-Marc, qui d'après les uns (A. Réville, etc.) aurait été plus riche que lui, et moins riche d'après les autres (Reuss, etc.), qui aurait pu avoir plusieurs formes successives avant de devenir le Marc canonique (Ful-liquet), ou bien ce dernier aurait été utilisé par Matthieu et Luc dans des éditions plus ou moins différentes (Stanton). Ces diverses théories de proto-Marc, dans leurs combinaisons d'ailleurs presque aussi nombreuses que leurs partisans, sont aujourd'hui passablement délaissées ; ce serait souvent reculer les difficultés, et les aggraver, que de décréter des modifications encore moins explicables entre les recensions successives d'un ouvrage donné, comme l'évangile de Marc qu'entre les ouvrages distincts de deux auteurs, comme ceux de Matthieu et de Luc. L'omission par Luc du passage indiqué plus haut, moins étrange chez l'évangéliste des païens si l'on y voit une retraite momentanée du Christ plutôt qu'une réelle mission en pays païen, et en général toutes les disparitions analogues dans Matthieu ou Luc de quelque passage de Marc peuvent fort bien avoir été voulues sans que nous en puissions deviner les motifs ; il importe au plus haut point de ne pas méconnaître la liberté de choix des évangélistes, leurs habitudes de composition, leurs buts appropriés aux lecteurs qu'ils voulaient atteindre, autant d'éléments de la psychologie des écrivains sacrés sur lesquels l'inspiration divine avait toute latitude de s'exercer aussi bien qu'éventuellement sur la rédaction antérieure d'un écrit employé par eux. Dès que l'évangile de Marc n'apparaît plus comme l'unique source de la tradition synoptique, l'utilité du proto-Marc se réduit dans la mesure même où d'autres sources peuvent avoir enrichi cette tradition d'éléments étrangers à Marc. La grande majorité des critiques voient donc dans l'oeuvre de Marc interprète de Pierre mentionnée par Papias, non pas un hypothétique proto-Marc mais l'évangile canonique lui-même, soit sous sa forme actuelle, soit sous une forme extrêmement analogue, et qui s'est maintenu dans la littérature chrétienne même après sa fusion dans Matthieu et dans Luc.

Dès lors s'explique la place considérable que les derniers jours de Jésus à Jérusalem occupent dans les synoptiques, et plus particulièrement dans Marc qui leur conserve 7 chapitres sur 16, plus du tiers de son livre : c'est que la passion du Seigneur, son procès, sa mort et sa résurrection, étaient le centre de la prédication des apôtres, (cf. Ac 2:22-24 3:13-15 10:39 13:27-31 etc.) et nous avons une sorte de procès-verbal abrégé de la prédication de Pierre à ce sujet dans la dernière partie de l'évangile de Marc qui devait être conservée intégralement, et complétée encore, par les deux autres synoptiques.

Les « Logia ».

Si l'on retranchait maintenant soit de Matthieu soit de Luc les matériaux venus de Marc que resterait-il ? Il resterait, en dehors d'une grande variété de fragments dissemblables, un nombre imposant de passages parallèles, dont quelques-uns d'une longueur et d'une valeur considérables, et consistant surtout en instructions, ou en incidents rattachés à des instructions. C'est dans ces enseignements communs à Matthieu et Luc que l'on retrouve la seconde des « deux sources », celle qu'on identifie avec le document auquel fait allusion encore un témoignage de Papias : « Matthieu composa (ou réunit) en langue hébraïque les Logia [du Seigneur], et chacun les traduisit comme il put. » Le mot grec Logia (prononcé loguià) , dérivé de logos (parole), désigne dans la langue classique les prédictions des oracles, et dans la langue biblique des LXX et du N.T. des déclarations plus ou moins solennelles, en général des paroles de Dieu, nos versions disent parfois : oracles de Dieu (Ps 12:7, Ac 7:38, Heb 5:12,1Pi 4:11) ; dans la langue ecclésiastique, comme dans l'ouvrage de Papias lui-même : Explications des « Logia » du Seigneur, ce terme ne s'applique pas exclusivement à des paroles, car les recueils ainsi nommés comportaient aussi de brefs récits des circonstances qui avaient provoqué ou accompagné lesdites paroles. Matthieu avait donc recueilli dans son livre les enseignements de Jésus dont l'autorité divine avait secoué ses auditeurs, soit qu'il les leur eût fait entendre au cours de simples conversations occasionnelles à propos des incidents quotidiens, soit qu'il les eût adressés à un public expressément assemblé pour l'écouter longuement. Marc s'était surtout attaché à ce que le Seigneur « avait fait », sans toutefois passer sous silence l'essentiel de ses instructions ; Matthieu, lui, sans négliger absolument ses actes, aurait conservé surtout ce qu'il « avait dit ».

A. Les « Logia » et Matthieu

Il suit de là que cet ouvrage de l'apôtre Matthieu, dont parle Papias, n'est pas notre évang, canonique de Matthieu

Il se composait surtout de paroles, tandis que notre évang, relate aussi, avec les enseignements un très grand nombre de faits.

Il était rédigé en « langue hébraïque », c-à-d, en araméen, idiome apparenté à l'hébreu et qui l'avait remplacé à l'époque de Jésus, tandis que le grec de notre évang, n'est pas celui d'une traduction.

Matthieu, apôtre, n'avait nul besoin d'emprunter des souvenirs à une oeuvre de seconde main, tandis que nous avons vu l'évangile de Matthieu dépendre étroitement, pour ses passages narratifs, de celui de Marc, lequel n'était pas des Douze. Cette dernière remarque est capitale : il suffit de lire attentivement, en regard l'un de l'autre, les passages communs à Marc et Matthieu, sans perdre de vue la priorité de Marc et le fait que Matthieu utilise ses récits--en les retouchant plus ou moins, --pour que les retouches de Matthieu fassent sauter aux yeux une conception plus majestueuse du Seigneur et de ses disciples, qui assigne à cet évang, un tout autre milieu d'origine peut-être, en tout cas une date plus tardive, qu'à la rédaction de Marc. Il nous paraît impossible d'en pousser tant soit peu la lecture comparée sans avoir à bientôt convenir de cette invraisemblance : comment l'un des Douze, le péager Matthieu, ancien employé de bureau, voulant écrire un évangile, en eût-il atténué principalement et souvent supprimé--lui, un témoin oculaire du ministère--justement la fraîcheur pittoresque, les traits pris sur le vif, retenus et dépeints dans Marc grâce à la mémoire visuelle et la vivacité de langage du témoin oculaire Simon Pierre ? De ce point de vue presque constant chez Matthieu, qui en fait un évang, secondaire par rapport à Marc quelques exemples ont été cités à propos de la priorité de Marc (ci-dessus, parag. 1, 1°, A) ; on en trouvera de plus nombreux, ensemble assez démonstratif, dans l'article Matthieu (évangile de). Pour ne pas apercevoir cette perspective, et pour faire grief aux critiques de répudier soi-disant sans raison valable l'antique tradition attribuant le premier évang, canonique à l'apôtre Matthieu directement, il faut n'avoir guère étudié les évangiles sur la synopse même, sur un tableau des parallèles synoptiques disposés de front, --si bon connaisseur qu'on puisse être par ailleurs des évangiles pris séparément.

Mais si nous devons donc renoncer à voir en l'apôtre lui-même le rédacteur de l'évangile qui fut appelé du nom de Matthieu, en revanche on voit clairement le motif de cette attribution : c'est parce que Matthieu était l'auteur de l'ouvrage qui, enchâssé dans le cadre de l'évangile, lui a donné sa valeur propre et sa personnalité. Ce fut très probablement le plus important des plus anciens écrits chrétiens : l'employé du péage devenu l'un des Douze, professionnellement apte à manier la plume, couche par écrit les principaux enseignements du Maître, dans la langue araméenne où celui-ci les a prononcés, et qui est la langue maternelle de l'apôtre. Plus tard, un autre écrivain, peut-être disciple de Matthieu, voulant conserver aux Eglises un tableau plus complet de la vie et de l'oeuvre du Seigneur, insère ce recueil de discours dans l'ouvrage historique de Marc, en y englobant aussi des informations particulières recueillies par ailleurs : et ce nouvel évangile, rédigé dans la langue grecque universellement connue, deviendra pour la tradition l'évangile selon saint Matthieu.

B. Les « Logia » dans Matthieu et Luc

Vers la même époque, en d'autres régions, un écrivain de race, et grand voyageur, Luc, disciple de saint Paul, après s'être entouré de renseignements oraux et de documents écrits en aussi grand nombre que possible et après les avoir soigneusement contrôlés (Luc 1:1 et suivants), va combiner également ces « deux sources », l'évangile de Marc et les Logia de Matthieu, avec ses sources accessoires. Cet évangile de Luc aurait eu, en principe, autant de droit que celui de Matthieu à être mis au bénéfice de l'apôtre auteur des Logia, mais

il est apparu dans des milieux pagano-chrétiens fort éloignés des Églises judéo-chrétiennes auxquelles appartenait l'évangile de Matthieu

il s'est assimilé les Logia en les dispersant, tandis que c'est par leurs groupements que Matthieu revêt sa physionomie particulière ;

il agrège à la tradition synoptique une plus grande proportion de matériaux nouveaux ;

il se présente comme le premier volume d'un ouvrage dont le deuxième, aussi célèbre, les Actes des apôtres, ne peut aucunement, avec ses récits d'un compagnon de saint Paul écrits à la première personne, être attribué à Matthieu. Sans doute, pour un certain nombre de critiques modernes, le livre des Actes et avec lui le troisième évang, ne proviendraient du médecin Luc qu'au second degré, par une relation comparable à celle du premier évang, avec l'apôtre Matthieu (voir Actes des Apôtres) ; mais dans l'état actuel du problème, ce qui s'impose pour l'un ne s'impose pas absolument pour l'autre, et il est toujours légitime en saine critique de considérer comme plus convaincants les arguments favorables à la tradition sur Luc auteur de l'ouvrage en deux volumes (voir Luc, évangile de).

L'utilisation par Matthieu et par Luc de cette seconde « source », les Logia, est naturellement la raison de leurs contacts étroits, parfois étendus sur d'assez longs passages, tels que : les analogies ou identités verbales et grammaticales déjà constatées en abordant les données du problème, prédication de Jean-Baptiste (Mt 3:7-13 parallèle Luc 3:7-9,16), action de grâces de Jésus pour la révélation aux petits (Mt 11:25-27 parallèle Luc 10:21 et suivant) ; les nombreuses instructions du Seigneur conservées par ces deux seuls évangile : sur les soucis (Mt 6:28-34 parallèle Luc 12:22-31), les deux arbres et les deux maisons (Mt 7:17,27 parallèle Luc 6:43,49), les dispositions pour suivre le Maître (Mt 8:18-22 parallèle Luc 9:57-62), sa réponse à Jean prisonnier (Mt 11:1-19 parallèle Luc 7:18-35), ses appels aux villes rebelles (Mt 11:20-24 parallèle Luc 10:13,16), etc. ; même la tentation de Jésus--qui n'a pu être connue que par un récit du Seigneur lui-même à ses disciples--peut se ranger dans les matières d'enseignement (Mt 4:1-11 parallèle Luc 4:1-13). Du reste, on l'a vu, les Logia devaient comporter aussi quelques narrations connexes : un épisode comme celui du centenier de Capernaüm (Mt 8:5-13 parallèle Luc 7:1-10) constituait en soi une admirable leçon, sans qu'il fût besoin de discours.

L'utilisation des « deux sources » par Matthieu comme par Luc fournit aussi l'explication de ressemblances singulières, voire anormales, dont il n'a pas encore été fait mention ; il s'agit des doublets : paroles reproduites deux fois dans un même évangile, en des situations différentes. Sans doute il faut faire la part des répétitions oratoires, disons même pédagogiques, bien connues dans le genre gnomique des moralistes hébreux, et dont le Christ n'a pas manqué d'user, comme tout bon instructeur, en rappelant à l'occasion une maxime, une formule typique destinée à se fixer dans les esprits et les consciences : « les premiers seront les derniers » (Mt 19:30 20:16), « que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! » (Mt 11:15 5 13:9,43), « celui d'entre vous qui voudra être le premier sera le serviteur de tous » (Mr 9:36 10:43 et suivant). Mais ceci reconnu, il se trouve encore bien des phrases dont la longueur et l'identité postulent un texte original commun. Comment Luc et Matthieu ont-ils été entraînés à ces doubles reproductions textuelles ? Simplement, parce qu'ici ils ont copié Marc et là les Logia, ou une autre source, qui se trouvaient posséder déjà ce même texte grâce à une parenté littéraire antérieure. Par ex., la déclaration de Mt 5:32 sur le divorce, parall. à Luc 16:18, doit provenir des Logia, mais dans Mt 19:9 elle provient du parall. de Mr 10 : et suivant ; l'exhortation plus développée à couper la main et arracher l'oeil, dans Mt 5:29 et suivant, doit de même venir des Logia quoique n'ayant pas été conservée par Luc, mais dans Mt 18:8 et suivant elle vient du parall. de Mr 9:43 et suivant ; la parole relative à la lampe sur un support, dans Luc 8:16, vient du parall. Mr 4:21 et, dans Luc 11:33 parall. à Mt 5:16, vient des Logia. Comme on peut compter plusieurs douzaines de tels exemples, même en défalquant ceux qui pourraient paraître douteux, on se trouve bien en présence d'un phénomène littéraire apportant un argument de poids à la théorie des « deux sources » par laquelle s'éclairent tant d'accords intimes entre Luc et Matthieu.

D'autre part, comme ce n'est pas suivant la même méthode que l'un et l'autre ont inclus les Logia dans le ministère de Jésus, de là découlent entre eux des différences de répartition. Alors que Matthieu réunit par sujets, massivement, les exhortations du Maître à des auditoires définis, de foules ou de disciples, Luc les dispose de préférence épisodiquement, de la façon la plus variable, et rarement sous forme de discours proprement dits. On peut citer une dizaine de cas où des paroles associées dans le sermon sur la montagne de Mt 5-7 sont transportées par Luc en d'autres occasions : le sel sans saveur (Luc 14:34), l'oraison dominicale (Luc 11:1,4), les soucis (Luc 12:22,31), la prière (Luc 11:9-13), etc. ; on trouverait des disparités analogues à propos d'autres discours (Mt 10,13,18). Il semble que Luc cherche à replacer autant que possible chaque parole dans sa situation chronologique (cf. « les faits exposés dans leur ordre », Luc 1:3), alors que Matthieu, visant à un classement de matières, aime rattacher à une occasion solennelle (dont Luc, par ailleurs, confirme la réalité) nombre d'instructions similaires du Seigneur. Cette dernière présentation, plus didactique en ce qu'elle systématise la doctrine, rend plus sensible aussi l'impression d'autorité et de puissance sans égales que Jésus produisit sur les foules et sur les chefs. Suivant la remarque de Godet, « Luc est semblable au botaniste, qui aime à contempler une fleur dans le lieu même de son entourage naturel ; Matthieu ressemble au jardinier qui, en vue d'un certain but particulier, compose de magnifiques bouquets ».

Ce n'est pas seulement par leur mode de distribution que les emprunts aux Logia se différencient entre Luc et Matthieu : c'est encore par leur forme même. Dans bien des cas où l'on ne saurait mettre en doute l'origine commune d'enseignements parallèles sur un même thème, des variantes plus ou moins notables d'expression ou de rédaction font apparaître deux versions dissemblables, parfois irréductibles l'une à l'autre : dans la parabole de la brebis perdue, le cadre et la conclusion (Mt 18:10-34 parallèle Luc 15:3-7) ; dans celles du souper et du festin (Mt 22:1-14 parallèle Luc 14:16-24) comme dans celles des talents ou des mines (Mt 25:14,30 parallèle Luc 19:12-27), les détails descriptifs, et les points de comparaison ; dans l'oraison dominicale (voir art.), l'occasion et le contenu (Mt 6:5-15 parallèle Luc 11:1,13) ; des béatitudes (voir ce mot), le nombre, le point de vue et les formules (Mt 5:3-12 parallèle Luc 6:20,26) ; les circonstances mêmes du sermon sur la montagne (voir art.) se présentent en termes qui paraissent au premier abord inconciliables (Mt 5:1, Luc 6:17).

C. Le contenu des « Logia » Pour expliquer ces diversités le long de la trame didactique commune à nos deux évangile, il a fallu admettre que ceux-ci se seraient servi d'éditions différentes des Logia, auxquelles pourraient être attribués aussi les enseignements du Maître conservés par l'un ou par l'autre et cependant conformes à l'inspiration générale de leur source ; par ex. les exhortations sur l'aumône et le jeûne, les importantes paraboles : ivraie, trésor, perle, filet, dix vierges, jugement dernier, etc., propres à Matthieu (Mt 6:1-4,16-18 13:24,44-50 25:1-13,31-46) ; ou bon Samaritain, juge insensé, drachme perdue, enfant prodigue, etc., paraboles propres à Luc (Luc 10:25 12:16 15:8). C'est ainsi que M. Goguel a été amené à accorder une ampleur et un rôle de première importance au recueil des Logia, en le considérant comme une collection de matériaux qui se serait enrichie peu à peu d'apports nouveaux dus aux souvenirs des premières générations chrétiennes ; dans cette conception, il va jusqu'à supposer l'utilisation par Marc lui-même d'une édition réduite de ces Logia, ceci surtout pour rendre compte de quelques passages où cet évang, paraît être, malgré sa priorité, moins primitif que les deux autres. C'est sans doute faire beaucoup d'honneur à un ouvrage qui, après avoir d'abord connu tant de succès d'éditions et avoir fait la fortune de deux évangiles, n'aurait plus conservé aucune vie propre dans la littérature chrétienne. De plus, en ce qui concerne Marc, l'hypothèse n'est pas nécessaire, car pourquoi n'aurait-il pas tiré d'une source plus accessoire ces textes prétendus secondaires ? et elle est onéreuse, car pourquoi n'eût-il pas emprunté davantage à une source aussi importante ? Il ne serait pas absolument insoutenable, toutefois, que Marc, connaissant une édition des Logia en circulation dans les Eglises, se fût volontairement abstenu d'y puiser, comme à un genre différent de son ouvrage d'histoire, sauf pour tel complément jugé indispensable, comme les paraboles du Royaume (Mr 4).

On voit combien il serait vain de vouloir retrouver l'ouvrage primitif des Logia derrière les synoptiques qui les ont librement employés ou remaniés, reproduits et répartis, probablement combinés çà et là avec d'autres sources moins considérables et, par cela même, encore plus inconnues de nous. Qu'on essaye de se représenter ce que pourrait être notre reconstitution de l'évangile de Marc d'après ces seuls évangiles de Luc et de Matthieu qui l'ont pourtant abondamment utilisé : que pourrait-on lui restituer de ses hautes qualités descriptives en conjecturant par exemple son récit de l'offrande de la veuve (Mr 12:41-44), d'après l'unique parallèle abrégé de Luc 21:1,4 ? Ce sont précisément ses caractères les plus significatifs que nous ne pourrions lui faire récupérer ; notre opération de remodelage fabriquerait un monstre sans vie, « un torse sans tête ni bras », a-t-on dit. De même il faut renoncer à remodeler l'oeuvre de Matthieu l'apôtre. Du moins peut-on chercher, sans rigueur ni parti pris, à reconnaître dans nos évangiles de Luc et de Matthieu les principaux passages qu'ils ont dû lui emprunter. Les essais dans cette voie ont été fort nombreux : l'introduction de J. Moffatt (Intr. Lit. N.T., 1911) reproduisait jusqu'à seize listes différentes (d'autres ont été imaginées depuis), dues aux spécialistes les plus réputés, des versets et fragments de versets de Matthieu et de Luc appartenant à cette source désignée par A (1nitiale grecque de Logia) ou Q (Initiale de l'allemand Quelle =source), ou S (1nitiale de Source ; adoptée par Bbl. Cent.). Retenons de ces méticuleuses juxtapositions leur accord d'ensemble à peu près général, confirmation de tout ce qui précède sur la nature de l'ouvrage : il devait commencer par l'introduction de Jean-Baptiste, mais ne devait pas aller jusqu'à la passion et la mort du Christ (où la plupart des critiques voient la source narrative de Mc) ; ce n'était donc point un évangile, mais bien, comme le suggérait Papias, un « recueil des paroles du Seigneur » pour lequel les paroles du Précurseur étaient le plus naturel des avant-propos.

2. AUTRES ÉLÉMENTS DE LA SOLUTION

Relations entre Matthieu et Luc. Faut-il supposer que Luc, en rédigeant son évangile, ait eu sous les yeux, avec les « deux sources » de Marc et des Logia, l'évangile de Matthieu lui-même antérieurement composé avec ces deux mêmes sources ? Cette hypothèse a été soutenue, comme aussi l'inverse, d'après laquelle Matthieu aurait employé Lu : l'une et l'autre sont du reste également combattues. Il est difficile de se prononcer sur les vraisemblances plus ou moins grandes de tels emprunts. Toutefois, les accords de ces deux évang, contre Marc n'exigent pas obligatoirement cette explication ; et leur indépendance incontestable pour d'importantes sections, comme les évangiles de l'enfance ou divers passages propres à l'un ou à l'autre, nous incite à croire l'hypothèse inutile. Comme la connaissance réciproque de Matthieu par Luc et de Luc par Matthieu est en tout cas impossible, on n'aurait jamais dû parler de « dépendance mutuelle » entre nos évangile ; la seule dépendance démontrée est celle de Matthieu et de Luc séparément, par rapport à Marc et aux Logia séparément.

Sources secondaires. Il a été question plusieurs fois, à propos de l'utilisation des « deux sources » par Matthieu ou par Luc, de leurs sources accessoires. C'est l'élément de vérité que fournit l'ancienne théorie des documents multiples, dès qu'au lieu de montrer en chacun de nos synoptiques une pure et simple anthologie de morceaux isolés, elle suggère derrière les morceaux importants, propres à l'un ou à l'autre, quelques-unes de ces diégèses ou notices narratives connues des premières communautés, et qui ont pu s'ajouter aux sources principales. Bien que Luc soit le seul à prévenir son lecteur qu'il a mis en oeuvre divers récits dûment contrôlés, il n'est pas douteux que Matthieu en ait aussi employé ; Marc lui-même, en rédigeant son évangile d'après la prédication de Pierre, y aura parfois ajouté des éléments écrits, comme nous l'ont prouvé les doublets de Matthieu et de Luc traces d'une rédaction antérieure de textes que Marc possédait en commun avec les Logia.

Quant à distinguer aujourd'hui ces sources secondaires, plus ou moins amalgamées dans nos divers évangiles, il faudrait qu'elles y eussent conservé quelque chose de caractéristique. Peut-être devons-nous tout au moins supposer les suivantes :

A. Les évangiles de l'enfance

Il ne s'en trouve que dans Matthieu (Mt 1 et Mt 2) et Luc (Luc 1 et Luc 2), et ce sont deux longs récits absolument indépendants l'un de l'autre. Ils n'ont guère en commun que : la mention de Marie ou de Joseph, la naissance miraculeuse de Jésus à Bethléhem, l'installation de la famille à Nazareth ; tout le reste est spécial à chacun. Dans Matthieu, presque tout est présenté du point de vue de Joseph : la généalogie de Jésus est aussi la sienne, c'est à lui qu'est faite l'annonce miraculeuse, après la visite des Mages c'est lui qui reçoit l'avertissement d'un ange et qui emmène mère et enfant en Egypte, pour les en ramener sur nouvel ordre d'En-haut après la mort d'Hérode, dont la menace a plané sur tout ce chap. 2. Dans Luc presque tout est présenté du point de vue de Marie : après les annonces divines à ses cousins Zacharie et Elisabeth, c'est elle qui est l'objet de l'annonciation, qui va voir sa parente, chante le Magnificat ; puis, après la naissance de Jean au foyer du vieux prêtre, celle de Jésus est mise dans la relation que l'on sait avec le recensement romain de Quirinius ; lors de la visite des bergers c'est Marie qui garde tous ces événements en son coeur, lors de la présentation au temple c'est à elle que Siméon adresse sa prophétie, et quand Jésus, à 12 ans, s'attarde parmi les docteurs, c'est Marie qui lui parle et reçoit sa réponse mystérieuse, et c'est elle encore une fois qui conserve en son coeur tous ces souvenirs. Qu'à l'origine de cet important récit il faille supposer une source écrite, c'est ce qui ressort de sa tonalité nettement hébraïque, en certains passages presque une traduction littérale de l'araméen, contrastant avec le grec généralement très pur de l'évangéliste (comp., même en français, l'allure classique de sa préface, v. 1 - 4, et les tournures d'A.T. accumulées à partir du verset 5). Cette source de Luc ne peut provenir, directement ou non, que du milieu familial de Jésus et, par certaines informations orales, que de Marie elle-même ; ces tableaux et ces chants du temple et des foyers pieux représentent en tout cas les humbles d'Israël, fidèles dans leur attente messianique. La tradition de Matthieu, d'inspiration moins intime, était plus préoccupée de l'apparition du Christ devant les grands de la terre. Si c'est dans l'évangile universaliste de Luc qu'on se serait attendu à trouver la visite des mages, emblème de l'humanité cherchant son Roi, par contre c'est dans l'évangile judéo-chrétien de Matthieu qu'on serait allé chercher les tableaux du temple : Zacharie, Siméon et Anne, les docteurs ; preuve de l'indépendance complète de nos deux évangiles. Mais ils ont en commun, dans leurs pages sur l'enfant, un genre poétique plus flottant que leurs témoignages relatifs au ministère du Seigneur ; le plan historique n'est pas tout à fait le même, et l'on pense d'abord aux récits merveilleux d'enfances de héros qu'ont produits toutes les littératures. L'attention des premiers chrétiens se portait avant tout sur l'oeuvre publique de Jésus et sur ses prolongements dans leur vie religieuse ; les souvenirs de famille relatifs à son enfance n'offraient guère d'intérêt pour la piété. Toutefois, quand on compare la simplicité, la délicatesse et la spiritualité des deux évangiles de l'enfance avec les grossièretés des légendes antiques ou même d'ouvrages juifs comme le livre d'Hénoch, et avec les bizarreries et les invraisemblances des apocryphes sur l'enfance de Jésus, on reprend complètement confiance en la réalité de ces traditions

évangéliques si pures, si conformes à la révélation biblique, et qui, tout le long des siècles, sont demeurées le charme, le réconfort et l'inspiration de la chrétienté.

B. Le récit de voyage

Le long récit de Luc 9:51-18:14 n'a avec Matthieu que des parallélismes intermittents et aucun avec Mc ; il constitue comme une division supplémentaire de la synopse, entre le ministère de Galilée et la passion à Jérusalem ; il est jalonné par une série de notes rappelant que Jésus est en voyage, en route vers la capitale (Luc 9:51-57 10:38 13:22,33 14:25 17:11) il suppose donc un cadre géographique nouveau, hors de Galilée : on a songé à la Pérée, rive gauche du Jourdain par courue par la route vers Jérico et Jérusalem qui évitait la Samarie ; il contient, parmi les péricopes propres à Luc, des scènes comme Marthe et Marie (Luc 10:38-42), les dix lépreux (Luc 17:11,19), et les grandes paraboles dont les principales illustrent l'universalisme de la grâce divine : bon Samaritain, enfant prodigue, riche et Lazare, pharisien et péager, etc. ; autant de tableaux évoquant plus ou moins l'opposition chère à Luc entre les victimes, les petits, les méprisés, et les mauvais riches, les rigoristes, les satisfaits. Beaucoup d'auteurs y ont vu les fragments d'une source spéciale, à laquelle on pourrait encore rapporter des épisodes de même inspiration appartenant à d'autres sections de Lu : la pécheresse (Luc 7:36-50), Zachée (Luc 19:1-10), le brigand converti (Luc 23:39-43), les disciples d'Emmaüs (Luc 24:13-36) ; ce serait comme « l'évangile de Jésus missionnaire » (A. Sabatier), et l'on en a même cherché l'origine auprès du diacre Philippe, le premier missionnaire de la Samarie (Ac 8), qui devait plus tard recevoir Luc chez lui à Césarée (Ac 21:8 et suivants) et avoir tout loisir, pendant les captivités de Paul en cette ville, pour documenter son compagnon sur les souvenirs du ministère du Seigneur (Westphal). Peut-être serait-ce dépasser le but, malgré les mentions successives de déplacements, que de qualifier « journal de voyage » une série de faits sans rapport avec les déplacements eux-mêmes (sauf au départ : Luc 9:51-62) et manquant d'homogénéité, en dépit de l'inspiration générale que justement l'on retrouve même en dehors de la source. Il semble surtout que l'unité en ait été exagérée ; on paraît oublier le nombre encore considérable dans ce document de sections connues de Matthieu (Luc 10:1-24 Luc 11 Luc 12:1-12,22-59 13:18-30,34 14:15-35 15:3-7 16:10 17:1-10,20-37). Aussi certains auteurs voient-ils dans cette longue section des souvenirs discontinus de plusieurs voyages et non pas d'un seul (voir Chronologie du N.T., I, 3) ; d'autres pensent y trouver ceux des renseignements d'origines diverses recueillis par Luc qu'il ne savait où situer dans le cadre historique de Marc. Quoi qu'il en soit, l'enclave est assez remarquable tant par son étendue que par sa valeur intrinsèque et sa place à la veille de la passion, pour qu'on puisse y voir, mais plus probablement en ordre dispersé, une part importante de la documentation du troisième évangile.

C. Le discours apocalyptique

On tend à voir aussi dans le discours eschatologique qu'on a appelé l'apocalypse synoptique, commune à nos trois évangile (Mr 13, Mt 24, Luc 21), un morceau d'origine indépendante plutôt qu'un des longs discours déjà contenus dans les Logia, ce qui en rendrait Marc tributaire. C'est en tout cas le seul vrai discours dans Marc car la suite des trois paraboles du Royaume au chap. 4 ne s'y présente pas comme un enseignement suivi. Cette page, d'une allure tout à fait unique dans les évangiles, aurait été « la feuille volante d'une prophétie chrétienne », à propos d'un entretien de Jésus avec ses disciples, mais faisant chevaucher les perspectives de la ruine prochaine du Temple et de l'avènement lointain du Fils de l'homme. Les trois versions présentent du reste entre elles quelques différences, explicables par leurs lecteurs et leurs buts respectifs.

D. Les citations de l'A. T Les livres de l'ancienne alliance, recueil sacré d'Écritures saintes pour les croyants juifs, ayant conservé toute leur autorité pour les premières générations chrétiennes, qui de plus y trouvaient la préparation, la préfiguration et la prophétie de l'oeuvre du Sauveur, sont fréquemment cités par les évangiles (voir Citations de l'A.T.). Plusieurs cas de citations composites (ex. : Mr 1:2 et suivant annonce une parole d'Ésaïe et cite Mal 3:1 + Esa 40:3 Matthieu 27:9 annonce une parole de Jérémie et cite Za 11:12 et suivant, avec allusion probable à Jer 32:6-9) ont fait supposer l'existence dans l'Église primitive de « florilèges », ou anthologies, de textes de l'A.T., auxquels ces citations ont pu être empruntées par les évangélistes ; ces listes pouvaient servir à la propagande auprès des Juifs ; des collections de ce genre pouvaient même être en usage dès avant le christianisme, comme manuels juifs portatifs, à côté des rouleaux fort encombrants de la Loi, des Prophètes et des Écrits. Il n'est pas invraisemblable que la formule de Matthieu : « Ainsi fut accompli ce qui avait été dit... » (Mt 2:15,17 23 8:17 etc.) introduise précisément des emprunts à une telle « catène » (chaîne) de textes messianiques. Toutefois l'hypothèse de cette nouvelle source, intermédiaire entre les faits et nos sources principales, antérieure aux évangiles et même aux Logia, ne s'impose pas absolument.

E. Autres sources

Lorsqu'un certain nombre d'éléments propres à un seul évang, paraissent réductibles à un thème ou à un point de vue donné, il peut quelquefois sembler naturel de les ramener à une source particulière. Ainsi le récit de la passion dans Luc comporte beaucoup plus de traits particuliers que les deux autres ; l'on a parfois aussi déduit de son intérêt pour les pauvres sa connaissance d'une source ébionite (très improbable), de divers renseignements relatifs à l'entourage d'Antipas sa connaissance d'une source proche de la cour d'Hérode, etc. De même Matthieu possède ses éléments propres dans l'histoire de la passion et de la résurrection.

Mais à mesure que nous avançons dans la distinction des sources, notre confiance se fait de plus en plus réservée. Déjà les documents divers dont il vient d'être question ne sont que conjecturaux, peut-être seulement problématiques. Combien plus, s'il s'agissait maintenant de partir à la recherche des sources par les procédés de l'analyse littéraire, le souci d'objectivité nous inviterait-il à la prudence ! Sans doute la critique actuelle du problème synoptique se donne pour tâche « d'une part, de préciser la théorie des deux sources et, de l'autre, d'expliquer, dans la mesure où la chose est possible, la formation des documents qui sont à la base de la littérature évangélique actuelle » (Goguel) ; dans la mesure où la chose est possible, assurément ! Mais, dit aussi le même auteur, « il est malaisé, faute d'un recul suffisant, d'apprécier l'évolution de la critique évangélique depuis le début du XXe siècle ». Devant la multiplicité des exégèses et des hypothèses, inévitablement plus subjectives que ne le voudraient leurs propres auteurs, il faut savoir attendre le verdict du temps et faire grâce au lecteur des recherches de laboratoire dont les savants seront peut-être les premiers à revenir, à plus ou moins brève échéance. Il faut davantage : le chercheur doit se mettre en garde soi-même. Il est si tentant, une fois soupçonnée l'existence d'une « source », de se lancer à sa poursuite pour la reconstituer, comme l'école Graf-Wellhausen pouvait le réussir pour les documents du Pentateuque, par les distinctions des textes appuyées sur les déductions de l'histoire ! Mais à ce précédent de l'A.T., le problème des évangiles n'est nullement comparable : les livres historiques de la Bible hébraïque combinent les genres les plus variés, chant, poésie, lois, narrations, annales politiques et ecclésiastiques, citations d'ouvrages encore plus anciens, tous dus à des auteurs fort divers la plupart inconnus, répartis sur des siècles, et représentant des conceptions religieuses qui ont permis de les reconnaître beaucoup moins, comme on le croit trop souvent, sur de simples particularités de langue, que par leurs vues générales sur l'histoire sainte et le culte de Jéhovah ; les évangiles, eux, composés dans un laps de temps de moins de cinquante années, se présentent comme des témoignages rendus par des contemporains, dont certains vivaient encore, au Maître inoubliable qui après avoir laissé en Palestine, « parmi eux », le sillage d'un ministère rédempteur, opérait encore des transformations miraculeuses dans les âmes de leur propre génération. Sous l'effet de ces événements sensationnels--la naissance du christianisme--le temps manquait pour l'évolution de tendances suffisamment accusées et pour leur élaboration dans des documents, d'abord distincts et bientôt mélangés. Sans doute l'école de Tubingue (1845-1875), pour qui nos évangiles, publiés de 80 à 110 ans après la mort de Jésus, représentaient les grands partis de l'Église, pouvait chercher au nom de ces prémisses, derrière Matthieu des sources judéo-chrétiennes, des sources pagano-chrétiennes derrière Luc et des sources plus ou moins neutres derrière Marc. Mais ces systèmes factices, reflet des spéculations de Hegel, ont depuis longtemps disparu, et la recherche des sources secondaires n'ayant aujourd'hui pour guide aucun principe général de psychologie ou d'histoire, comme c'est le cas pour la critique du Pentateuque, en est le plus souvent réduite à des calculs de probabilités qui dépendent surtout, comme on l'a dit, non seulement de l'ingéniosité des savants, mais aussi de leur ingénuité. Tel critère à la mode, comme la règle parfois juste d'après laquelle sont authentiques les paroles du N.T. en contradiction avec l'Église de leur temps, est susceptible aussi d'applications radicalement fausses et suggestif de méfiance envers les textes conformes à l'histoire du christianisme. Bien plus sûr et plus élevé, cet autre principe de la science historique : authentiques, les paroles supérieures au niveau mental et moral de ceux qui les rapportent, --s'applique exactement aux évangiles dans leur ensemble, tout pleins de leur héros, combien plus grand qu'eux tous !

Sous cet angle de vision spirituelle, on nous excusera donc, ou l'on nous approuvera, d'arrêter ici nos études textuelles, sans quitter un ferme terrain ; car il nous suffit d'admettre derrière nos évangiles un certain nombre de sources secondaires, en convenant de notre impuissance à les démêler avec sécurité et, pour toute question d'importance, de faire confiance, d'abord aux évangélistes eux-mêmes, généralement capables de vérifier l'exactitude des documents qu'ils adoptaient, puis au verdict des générations chrétiennes, qui surent laisser tomber dans l'oubli l'incroyable fatras des évangiles, apocryphes, tout en consacrant les synoptiques et l'évangile de Jean livres vrais, livres inspirés.

La tradition orale.

Il nous reste pourtant, avant de conclure, à relever un dernier élément de quelque valeur dans notre solution d'ensemble. Oui, il est exact que la transmission orale de la Parole a joué son rôle ; oui, les évangélistes ont tenu compte de toute information qu'ils ont pu entendre, aussi bien que de tout document qu'ils ont pu lire. Si, comme il est vraisemblable, un évangéliste tel que Luc recevant une information verbale prenait soin de se la faire dicter, ou demandait à ceux qui savaient quelque chose de le dicter ou rédiger, que devenait la démarcation entre source orale et source écrite ? Voilà pourquoi l'on a senti, au cours de cette étude, combien il faut se garder de trancher de telles questions d'un esprit absolu : c'est qu'elles représentent toute la complexité de la vie, le bouillonnement du premier demi-siècle de vie chrétienne, et, --dans le témoignage missionnaire, l'instruction, la consolation, la parole et le chant, les actes et les écrits, --l'hommage individuel et collectif des fidèles à Celui qu'ils aimaient, adoraient et servaient, comme leur Sauveur personnel, Sauveur du monde entier : Jésus-Christ « le Seigneur » !

Mais voici que par un étrange retour, cet hommage même de l'Église à son Chef en rendrait le contenu suspect à l'historien. Un des plus récents systèmes théologiques, l'école historique-formative allemande (Bultmann), désespérant de remonter aux faits par l'analyse des textes évangéliques, voit dans l'histoire de Jésus une création collective de la communauté de ses fidèles, de leurs messages, de leurs cultes et de leurs rites. Ce ne serait plus le Christ qui aurait fait l'Église, c'est l'Église qui aurait fait le Christ : et non pas seulement le Christ de la foi, mais même aussi le Jésus de l'histoire. --Ce n'est pas ici le lieu de développer ni de réfuter cette singulière conception, discutée ailleurs dans le présent ouvrage (Jésus-Christ, avant-propos, et bibliographie, 5°). Notons-le seulement, c'est l'éparpillement de l'histoire évangélique en une multiplicité de menues sources, d'auteurs tenus plus ou moins pour tendancieux, qui a provoqué par réaction logique son éparpille-ment en une multiplicité de menus propos, gestes et rites de disciples devenus plus créateurs que leur Maître. Mais si, tout au contraire, la révélation chrétienne postule la personnalité du Révélateur inspiré, alors il faut l'admettre inspirateur aussi, et le reconnaître comme tel tout entier, quelles que puissent être les imperfections de ses témoins, dans l'hommage qu'ils lui ont tous rendu, aussi humble et désintéressé pour eux-mêmes que communicatif pour sa cause, aussi sobre de paroles que précis dans les faits, aussi personnel à chaque évangéliste que concordant entre eux tous, aussi émouvant et stimulant pour les âmes d'aujourd'hui que pour celles de son temps, hommage à Celui qui domine de haut les plus grands auteurs ou lecteurs du monde, comme la science et l'amour du Dieu de Jésus-Christ dominent de l'infini les balbutiements de la pensée et de la tendresse humaines chez les mieux doués et les meilleurs d'entre nous.

Conclusion.

Dans un traité de Platon, un élève de Socrate explique comment il racontait les entretiens de son maître : aussitôt revenu d'Athènes, il prenait note de quelques-unes de ses paroles et plus tard il révisait en les développant de mémoire ; chaque fois qu'il revoyait Socrate, il s'assurait que rien d'essentiel n'était oublié, puis il corrigeait définitivement son manuscrit (Théétète, prologue).

Aucun des synoptiques ne saurait prétendre à un tel contact direct avec Jésus. Le Maître n'a pas dicté une seule de ses instructions. Lui disparu, vers l'an 30, les siens pieusement cultivent leurs communs souvenirs de lui, en attendant son retour prochain. Les premiers écrits chrétiens sont des lettres de circonstance sur les besoins des Églises, car pour vivre il faut s'organiser. A mesure que vieillissent et disparaissent les contemporains du Seigneur, si vigoureuse que fût la tradition orale, l'utilité s'impose de conserver ne varietur tels et tels témoignages qu'ils ne seront plus là pour répéter désormais ; or les récits des faits risquent moins de s'altérer que les instructions du Maître : c'est donc celles-ci qui font l'objet des premières rédactions pré-évangéliques. Des collections morcelées de discours ont pu déjà surgir entre les années 40 et 50 ; vers cette époque peut-être l'apôtre Matthieu écrit son grand ouvrage des « Logia ». Cependant le temps passe, le retour du Christ tarde, bien des frères meurent (cf. 1Th 4:13, écrit en 50) : pour les jeunes générations, pour les milieux nouveaux de mission où l'araméen ne se parle pas, il faut aussi dépeindre avec vie, dans la langue courante, Jésus-Christ agissant, mort et ressuscité (cf. Ga 3:1, écrit en 55). Ici et là. suivant les ressources en témoins de la grande époque, paraissent quelques notices ; elles se multiplient, s'allongent, s'agglomèrent, se recopient et se communiquent à travers les régions évangélisées. Entre temps, les Églises apprennent à connaître les lettres où saint Paul, traitant des besoins de telle ou telle situation locale, élève tous les sujets à la hauteur des principes, et fonde la théologie chrétienne sur le péché, la grâce et la rédemption de la croix, ce qui implique la nécessité de proclamer les faits de la vie et de la mort du Christ. Vers 64 ou 68, à Rome, les deux grands apôtres, Paul et Pierre, sont mis à mort dans les persécutions de Néron ; sous le coup de ces pertes irréparables, entre 65 et 70, Marc, disciple et interprète de Pierre, et qui fut aussi compagnon de Paul, rédige pour la mission aux païens son évangile d'après les prédications de Pierre, qu'il possédait d'autant mieux qu'il ne les avait pas seulement écoutées, mais traduites aussi : c'est à peu près sous sa forme actuelle, notre évangile selon saint Marc. Plus tard, en Palestine, un judéo-chrétien en possession de cet évangile de Marc et d'une édition des « Logia » de Matthieu, encadre ceux-ci dans celui-là, avec d'autres petits écrits et quelques traditions orales ; et ce nouvel ouvrage, destiné à des judéo-chrétiens, remarquable surtout par l'importance qu'il accorde aux discours du Maître jadis recueillis par Matthieu, sera notre évangile selon saint Matthieu. Vers le même temps, un païen grec instruit, converti par saint Paul, après avoir réuni et contrôlé avec grand soin nombre de témoignages, combine lui aussi, mais pour des lecteurs d'origine païenne, les « Logia » de Matthieu et l'évangile de Marc avec ses riches renseignements personnels, et c'est notre évangile selon saint Luc. Le recul nécessaire après Marc nous contraindra sans doute à suivre les critiques qui placent Matthieu et Luc après la ruine de Jérusalem en 70, sans qu'il soit obligatoire d'aller jusqu'à 80 ou 90 ; pourtant certains savants s'en tiennent encore, non sans bons arguments, à une date de peu antérieure à 70. Avant la fin du siècle, complétés par le quatrième évangile, les trois synoptiques se seront rapidement et largement répandus à travers la chrétienté d'Orient et d'Occident, qui dans le cours du II e siècle les acceptera définitivement comme Écritures saintes faisant autorité (voir Canon du N.T.).

Par leur origine comme par leur inspiration (l'Esprit de Jésus-Christ), par leur but comme par leur contenu (la personne de Jésus-Christ), ils méritaient vraiment de faire autorité (voir Révélation, parag. 5). Certes, quoique ne s'introduisant jamais dans leurs évangiles, par respect pour le Seigneur, les évangélistes ne s'assignaient point la tâche académique de l'historien moderne, scrupuleux à reconstruire la chronologie et à dresser, impassible, la biographie complète de son héros. Ils racontaient pour convaincre ? En effet : parce qu'ils l'aimaient, parce qu'ils voulaient le faire aimer. Leur passion pour leur sujet, du reste toujours contenue, devrait-elle discréditer la valeur historique de leur oeuvre ? sans doute, si leur amour pour lui les avait aveuglés, déroutés, égarés... Mais si les témoins, positivement, ne se sont pas trompés ? si la thèse qu'ils veulent prouver au monde est précisément celle qui comprend le mieux les faits, condensés dans le « fait du Christ », et qui peut aussi le mieux les révéler au monde, alors leur souci de convaincre se confond avec leur souci de vérité, et leur autorité d'évangélistes, autorité historique aussi bien que religieuse, sort triomphante et rehaussée du creuset de la critique, car en eux ou derrière eux nous retrouvons de fidèles adorateurs du Christ et de fidèles compagnons de Jésus : Jésus-Christ, l'autorité suprême de l'histoire et de la foi. BIBLIOGRAPHIE. --Nous la limitons systématiquement à quelques ouvrages en français, représentant les principales positions de la théologie biblique ; la bibliographie complète se trouve dans plusieurs d'entre eux. Voir aussi les bibliogrec des art. Chronologie du N.T., Jésus-Christ, Critique.

--C. Tischendorf, De la date de nos Evang., Toulouse, 1866.

--Ed. Reuss, Hist. Evang., synapse (La Bible, N.T., 1ere p., Paris, 1876) ; pt devoir critique accentué ; a vieilli.

--A. Sabatier, Synoptiques (Encycl. Licht., t. XI, 1881).

--F. Godet, Intr. N.T. (1898-1904), t. II ; Etudes Bibl. N.T., 4e éd., 1889 (critiq. modérée).

--L. Bonnet, Le N.T. expliqué T. 1. (2e éd., revue et augmentée par A. Schroeder, Lausanne 1895).

--H. Monnier, Qu'est-ce que la Bible Saint-Biaise 1909.

--Ern. Martin, La Valeur du N.T., Saint-Biaise, 1911.

--R. Patry, dans Les Etapes de la Foi, 1914.

--A. Arnal, Le N.T. devant la Critique, broch., 1914.

--A. Westphal, Jés. de Naz. d'après les Tém. de sa vie, t. I, 1914 ; Les Apôtres, 1918 ; Expérience chrétienne et probité scientifique, 1925.

--M. Goguel, Intr. N.T., t. I, Paris 1923 ; Jésus de Nazareth, 1925 (pt devoir crit. accentué) ; traduction des évangiles, avec intr. et notes, Bbl. Cent., Paris 1918 ; M. Goguel et H. Monnier, Le N.T., avec introd. et notes, 1929.

--P. Fargues, Intr. N.T., 1902 ; Les Orig. du N.T., 1928 ; Hist, du Christianisme, t. I, 1929.

--A. Loisy, Les Evang, syn., 1907-08 ; Les Liv. du. N.T., 1922 (crit. radicale).

--F. Durrleman, Jésus, 1929.

--L'abbé Jacquier, Hist, des Liv. du N.T., 4 vol., Paris 1903-1912 ; Etudes de Critique et de Philologie du N.T., 1920 (p 1 devoir cathol.).

--A. Puech, Hist, de la Litt, grecq. chrét., t. I, 1920.

Jn L.

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      1 Samuel 21

      1 Alors David s’en alla, et Jonatan retourna en ville.
      2 David se rendit à Nob, chez le prêtre Ahimélek. Celui-ci vint tout inquiet à sa rencontre et lui demanda : « Pourquoi es-tu seul, sans aucun compagnon ? »
      3 David lui répondit : « Le roi m’a donné un ordre, puis m’a dit : “Personne ne doit connaître la mission que je te confie.” C’est pourquoi j’ai donné rendez-vous à mes compagnons à un certain endroit.
      4 Pour l’instant, de quoi disposes-tu comme nourriture ? Donne-moi cinq pains ou ce que tu peux trouver d’autre. » –
      5 « Je n’ai pas de pain ordinaire, déclara le prêtre, il n’y a ici que du pain consacré. Mais je peux t’en donner, pour autant que tes compagnons n’aient pas eu récemment de relations avec des femmes. »
      6 David lui dit : « Bien sûr, de telles relations nous ont été interdites, comme toujours en pareil cas. De plus, quand je pars en expédition, les armes de mes compagnons sont consacrées ; et même si la présente expédition a un caractère profane, elle est aujourd’hui consacrée puisque les armes le sont. »

      Psaumes 12

      7 Les paroles du Seigneur sont franches comme l’or qui est passé au creuset et sept fois purifié.

      Esaïe 40

      1 Réconfortez mon peuple, c’est urgent, dit votre Dieu.
      2 Retrouvez la confiance de Jérusalem, criez-lui qu’elle en a fini avec les travaux forcés, et qu’elle a purgé sa peine. Car le Seigneur lui a fait payer le prix complet de toutes ses fautes.
      3 J’entends une voix crier : « Dans le désert, ouvrez le chemin au Seigneur ; dans cet espace aride, frayez une route pour notre Dieu.
      4 Qu’on relève le niveau des vallées, qu’on abaisse montagnes et collines ! Qu’on change les reliefs en plaine et les hauteurs en larges vallées !
      5 La glorieuse présence du Seigneur va être dévoilée, et tout le monde la verra. Tel est l’ordre du Seigneur. »
      6 J’entends une voix qui dit : « Fais une proclamation ». Mais je réponds : « Laquelle ? » La voix reprend : « Celle-ci : Le sort des humains est précaire comme celui de l’herbe. Ils n’ont pas plus de vigueur que les fleurs des champs.
      7 L’herbe sèche, la fleur se fane, quand le souffle du Seigneur est passé par là. – C’est bien vrai, les humains ont la fragilité de l’herbe –.
      8 Oui, l’herbe sèche, la fleur se fane, mais la Parole de notre Dieu se réalisera pour toujours. »
      9 Peuple de Jérusalem, monte sur une haute montagne. Peuple de Sion, crie de toutes tes forces. Tu es chargé d’une bonne nouvelle, n’aie pas peur de la faire entendre. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu.
      10 Voici le Seigneur Dieu. Il arrive plein de force, il a les moyens de régner. Il ramène ce qu’il a gagné, il rapporte le fruit de sa peine.
      11 Il est comme un berger qui mène son troupeau et le rassemble d’un geste du bras ; il porte les agneaux contre lui et ménage les brebis qui allaitent des petits. »
      12 Qui a mesuré dans le creux de sa main le volume de la mer ? Qui a évalué de ses doigts écartés le diamètre du ciel ? Et la poussière de la terre, qui en a estimé la masse en la tassant dans un seau ? Qui a pesé sur la balance les montagnes et les collines ?
      13 Qui a pris la mesure de l’Esprit du Seigneur ? Quel confident Dieu a-t-il instruit de son plan ?
      14 Avec qui s’est-il entretenu pour le mettre au courant ? A qui a-t-il enseigné comment il faut s’y prendre, et ce qu’il faut savoir, et par quel moyen comprendre son action ?
      15 Devant le Seigneur, les nations ne comptent pas plus qu’une goutte d’eau qui tombe d’un seau, ou qu’un grain de sable dans le plateau d’une balance. Les populations lointaines ne pèsent pas plus qu’un peu de poussière.
      16 Tout le gibier du Liban ne suffirait pas pour lui offrir un sacrifice digne de lui, ni les arbres de ses forêts pour entretenir le feu.
      17 Les nations toutes ensemble ne font pas le poids devant lui, elles comptent pour moins que rien.
      18 A qui voulez-vous comparer Dieu ? A quelle image le confronter ?
      19 Une idole ? Un fondeur l’a moulée, puis un orfèvre l’a plaquée d’or et ornée de chaînettes d’argent.
      20 Celui qui est trop pauvre pour une telle dépense choisit un morceau de bois que les vers n’ont pas piqué. Puis il cherche un bon artisan, capable de faire une idole qui tiendra solidement.
      21 Ne le savez-vous pas ? Ne l’avez-vous pas appris ? Ne vous l’a-t-on pas annoncé depuis le début ? N’avez-vous pas compris la fondation du monde ?
      22 Le Seigneur a son trône au-dessus de l’horizon, si haut qu’il voit les humains de la taille des fourmis. Il a étendu le ciel comme une grande toile, et l’a déployé comme une tente pour y faire sa demeure.
      23 Il a réduit à rien les dirigeants du monde, à rien du tout les détenteurs du pouvoir.
      24 A peine sont-ils en place, à peine sont-ils installés, à peine ont-ils pris racine, que le souffle du Seigneur les balaie, les dessèche. Et les voilà emportés comme des brins de paille dans un tourbillon.
      25 « A qui pourriez-vous donc me comparer ? demande l’unique vrai Dieu. Qui pourrait être mon égal ? »
      26 Regardez le ciel, là-haut, voyez qui a créé les étoiles, qui les fait sortir au complet comme une armée à la parade. Il les embauche toutes par leur nom. Sa force est si grande et son pouvoir est tel, qu’aucune ne manque à l’appel.
      27 Israël, peuple de Jacob, pourquoi affirmes-tu : « Le Seigneur ne s’aperçoit pas de ce qui m’arrive. Mon bon droit échappe à mon Dieu » ?
      28 Ne le sais-tu pas ? Ne l’as-tu pas entendu dire ? Le Seigneur est Dieu de siècle en siècle ; il a créé la terre d’une extrémité à l’autre. Jamais il ne faiblit, jamais il ne se lasse. Son savoir-faire est sans limite.
      29 Il redonne des forces à celui qui faiblit, il remplit de vigueur celui qui n’en peut plus.
      30 Les jeunes eux-mêmes connaissent la défaillance ; même les champions trébuchent parfois.
      31 Mais ceux qui comptent sur le Seigneur reçoivent des forces nouvelles ; comme des aigles ils s’élancent. Ils courent, mais sans se lasser, ils avancent, mais sans faiblir.

      Esaïe 50

      1 Voici ce que le Seigneur déclare : « S’il est vrai que j’ai renvoyé Jérusalem, votre mère, montrez-moi le certificat prouvant que je l’ai répudiée ! Ou encore, dites-moi à qui je vous aurais vendus comme esclaves en paiement de mes dettes. Si vous avez été vendus, c’est à cause de vos crimes. Si votre mère a été renvoyée, c’est pour ses révoltes – les vôtres !
      2 Quand je suis venu, pourquoi n’ai-je trouvé personne ? Quand j’ai appelé, pourquoi ne m’a-t-on pas répondu ? Aurais-je le bras trop court pour pouvoir vous sauver ? Manquerais-je de force pour délivrer ? Allons donc ! D’une simple menace je peux assécher la mer ou changer les fleuves en désert. Alors, faute d’eau, les poissons meurent de soif et se mettent à pourrir.
      3 Je peux aussi vêtir le ciel de noir et l’habiller de deuil. »
      4 Le Seigneur Dieu m’a enseigné ce que je dois dire, pour que je sache avec quels mots je soutiendrai celui qui faiblit. Chaque matin, il me réveille, il me réapprend à écouter, comme doivent écouter les disciples.
      5 Le Seigneur Dieu m’ouvre les oreilles, et je ne lui résiste pas, je ne recule pas.
      6 J’offre mon dos à ceux qui me battent, je tends les joues à ceux qui m’arrachent la barbe. Je ne cache pas mon visage aux crachats, aux insultes.
      7 Le Seigneur Dieu me vient en aide, c’est pourquoi je ne m’avoue pas vaincu, je rends mon visage dur comme la pierre, je sais que je n’aurai pas le dessous.
      8 Le Seigneur est à mes côtés, il me donnera raison. Qui osera me faire un procès ? Qu’il vienne avec moi devant un juge ! Qui veut être mon adversaire ? Qu’il se présente en face de moi !
      9 C’est le Seigneur Dieu qui me vient en aide, qui donc pourrait me déclarer coupable ? Mes adversaires s’useront tous comme un habit qui tombe en lambeaux, dévoré par les mites.
      10 Si quelqu’un parmi vous reconnaît l’autorité du Seigneur, qu’il écoute son serviteur ! Si quelqu’un avance dans le noir, sans la moindre lumière, qu’il se fie au Seigneur et s’appuie sur son Dieu !
      11 Quant à vous tous qui allumez du feu et vous armez de flèches enflammées, voici ce qui vous attend : les flammes de votre propre feu, les flèches que vous avez allumées. C’est le sort que le Seigneur vous réserve ; vous mourrez dans les tourments.

      Jérémie 32

      6 Or voici ce que Jérémie raconte : Je reçus cette parole du Seigneur :
      7 « Ton cousin Hanaméel, fils de Challoum, va venir te voir au sujet du champ qu’il possède à Anatoth. Il va te proposer d’acheter ce champ, car tu es son plus proche parent ; c’est donc toi qui as la priorité pour le racheter. »
      8 Comme le Seigneur me l’avait annoncé, mon cousin Hanaméel vint me trouver dans la cour de garde et me dit : « Tu devrais acheter le champ que je possède à Anatoth, sur le territoire de Benjamin, car tu es mon plus proche parent ; tu as donc la priorité pour le racheter et l’avoir ainsi à toi. » Je fus alors certain que c’était bien le Seigneur qui m’avait parlé.
      9 J’ai donc acheté à Hanaméel le champ situé à Anatoth et payé le prix : dix-sept pièces d’argent.

      Zacharie 11

      12 Je leur déclarai : « Si vous le jugez bon, donnez-moi mon salaire ; sinon tant pis ! » Ils comptèrent alors trente pièces d’argent, qu’ils me donnèrent comme salaire.

      Malachie 3

      1 « Le Seigneur de l’univers vous répond : “Je vais envoyer mon messager pour m’ouvrir le chemin. Le Seigneur que vous désirez arrivera soudain dans son temple ; le messager que vous attendez proclamera mon alliance avec vous. Le voici, il est en train de venir !”

      Matthieu 1

      1 Voici la liste des ancêtres de Jésus-Christ, descendant de David, lui-même descendant d’Abraham.
      2 Abraham fut père d’Isaac, Isaac de Jacob, Jacob de Juda et de ses frères ;
      3 Juda fut père de Pérès et de Zéra – leur mère était Tamar –, Pérès fut père de Hesron, Hesron de Ram ;
      4 Ram fut père d’Amminadab ; Amminadab de Nachon ; Nachon de Salman ;
      5 Salman fut père de Booz – Rahab était sa mère –, Booz fut père d’Obed – Ruth était sa mère –, Obed fut père de Jessé,
      6 et Jessé du roi David. David fut père de Salomon – sa mère avait été la femme d’Urie – ;
      7 Salomon fut père de Roboam, Roboam d’Abia, Abia d’Asaf ;
      8 Asaf fut père de Josaphat, Josaphat de Joram, Joram d’Ozias ;
      9 Ozias fut père de Yotam, Yotam d’Akaz, Akaz d’Ézékias ;
      10 Ézékias fut père de Manassé, Manassé d’Amon, Amon de Josias ;
      11 Josias fut père de Yekonia et de ses frères, à l’époque où les Israélites furent déportés à Babylone.
      12 Après que les Israélites eurent été déportés à Babylone, Yekonia fut père de Chéaltiel et Chéaltiel de Zorobabel ;
      13 Zorobabel fut père d’Abihoud, Abihoud d’Éliakim ; Éliakim d’Azor ;
      14 Azor fut père de Sadok, Sadok d’Achim ; Achim d’Élioud ;
      15 Élioud fut père d’Éléazar, Éléazar de Matthan, Matthan de Jacob ;
      16 Jacob fut père de Joseph, l’époux de Marie ; c’est d’elle qu’est né Jésus, appelé le Messie.
      17 Il y eut donc en tout quatorze générations depuis Abraham jusqu’à David, puis quatorze depuis David jusqu’à l’époque où les Israélites furent déportés à Babylone, et quatorze depuis cette époque jusqu’à la naissance du Messie.
      18 Voici dans quelles circonstances Jésus-Christ est né. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph ; mais avant qu’ils aient vécu ensemble, elle se trouva enceinte par l’action du Saint-Esprit.
      19 Joseph, son fiancé, était un homme droit et ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de rompre secrètement ses fiançailles.
      20 Comme il y pensait, un ange du Seigneur lui apparut dans un rêve et lui dit : « Joseph, descendant de David, ne crains pas d’épouser Marie, car c’est par l’action du Saint-Esprit qu’elle attend un enfant.
      21 Elle mettra au monde un fils, que tu appelleras Jésus, car il sauvera son peuple de ses péchés. »
      22 Tout cela arriva afin que se réalise ce que le Seigneur avait dit par le prophète :
      23 « La vierge sera enceinte et mettra au monde un fils, qu’on appellera Emmanuel. » – Ce nom signifie « Dieu est avec nous ». –
      24 Quand Joseph se réveilla, il agit comme l’ange du Seigneur le lui avait ordonné et prit Marie comme épouse.
      25 Mais il n’eut pas de relations avec elle jusqu’à ce qu’elle ait mis au monde son fils, que Joseph appela Jésus.

      Matthieu 2

      1 Jésus naquit à Bethléem, en Judée, à l’époque où Hérode était roi. Après sa naissance, des savants, spécialistes des étoiles, vinrent d’Orient. Ils arrivèrent à Jérusalem
      2 et demandèrent : « Où est l’enfant qui vient de naître, le roi des Juifs ? Nous avons vu son étoile apparaître en Orient et nous sommes venus l’adorer. »
      3 Quand le roi Hérode apprit cette nouvelle, il fut troublé, ainsi que toute la population de Jérusalem.
      4 Il convoqua tous les chefs des prêtres et les maîtres de la loi, et leur demanda où le Messie devait naître.
      5 Ils lui répondirent : « A Bethléem, en Judée. Car voici ce que le prophète a écrit :
      6 “Et toi, Bethléem, au pays de Juda, tu n’es certainement pas la moins importante des localités de Juda ; car c’est de toi que viendra un chef qui conduira mon peuple, Israël.” »
      7 Alors Hérode convoqua secrètement les savants et s’informa auprès d’eux du moment précis où l’étoile était apparue.
      8 Puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez chercher des renseignements précis sur l’enfant ; et quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j’aille, moi aussi, l’adorer. »
      9 Après avoir reçu ces instructions du roi, ils partirent. Ils virent alors l’étoile qu’ils avaient déjà remarquée en Orient : elle allait devant eux, et quand elle arriva au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant, elle s’arrêta.
      10 Ils furent remplis d’une très grande joie en la voyant là.
      11 Ils entrèrent dans la maison et virent l’enfant avec sa mère, Marie. Ils se mirent à genoux pour adorer l’enfant ; puis ils ouvrirent leurs bagages et lui offrirent des cadeaux : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
      12 Ensuite, Dieu les avertit dans un rêve de ne pas retourner auprès d’Hérode ; ils prirent alors un autre chemin pour rentrer dans leur pays.
      13 Quand les savants furent partis, un ange du Seigneur apparut à Joseph dans un rêve et lui dit : « Debout, prends avec toi l’enfant et sa mère et fuis en Égypte ; restes-y jusqu’à ce que je te dise de revenir. Car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire mourir. »
      14 Joseph se leva donc, prit avec lui l’enfant et sa mère, en pleine nuit, et se réfugia en Égypte.
      15 Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode. Cela arriva afin que se réalise ce que le Seigneur avait dit par le prophète : « J’ai appelé mon fils à sortir d’Égypte. »
      16 Quand Hérode se rendit compte que les savants l’avaient trompé, il entra dans une grande colère. Il donna l’ordre de tuer, à Bethléem et dans les environs, tous les garçons de moins de deux ans ; cette limite d’âge correspondait aux indications que les savants lui avaient données.
      17 Alors se réalisa ce qu’avait déclaré le prophète Jérémie :
      18 « On a entendu une plainte à Rama, des pleurs et de grandes lamentations. C’est Rachel qui pleure ses enfants, elle ne veut pas être consolée, car ils sont morts. »
      19 Après la mort d’Hérode, un ange du Seigneur apparut dans un rêve à Joseph, en Égypte.
      20 Il lui dit : « Debout, prends avec toi l’enfant et sa mère et retourne au pays d’Israël, car ceux qui cherchaient à faire mourir l’enfant sont morts. »
      21 Joseph se leva donc, prit avec lui l’enfant et sa mère et retourna au pays d’Israël.
      22 Mais il apprit qu’Archélaos avait succédé à son père Hérode comme roi de Judée ; alors il eut peur de s’y rendre. Il reçut de nouvelles indications dans un rêve, et il partit pour la province de Galilée.
      23 Il alla s’établir dans une ville appelée Nazareth. Il en fut ainsi pour que se réalise cette parole des prophètes : « Il sera appelé Nazaréen. »

      Matthieu 3

      7 Jean vit que beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens venaient à lui pour être baptisés ; il leur dit alors : « Bande de serpents ! Qui vous a enseigné à vouloir échapper au jugement de Dieu, qui est proche ?
      8 Montrez par des actes que vous avez changé de mentalité
      9 et ne pensez pas qu’il suffit de dire en vous-mêmes : “Abraham est notre ancêtre.” Car je vous déclare que Dieu peut utiliser les pierres que voici pour en faire des descendants d’Abraham !
      10 La hache est déjà prête à couper les arbres à la racine : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.
      11 Moi, je vous baptise avec de l’eau pour montrer que vous changez de comportement ; mais celui qui vient après moi vous baptisera avec le Saint-Esprit et avec du feu. Il est plus puissant que moi : je ne suis pas même digne d’enlever ses chaussures.
      12 Il tient en sa main la pelle à vanner et séparera le grain de la paille. Il amassera son grain dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint jamais. »
      13 Alors Jésus vint de la Galilée au Jourdain ; il arriva auprès de Jean pour être baptisé par lui.

      Matthieu 4

      1 Ensuite l’Esprit de Dieu conduisit Jésus dans le désert pour qu’il y soit tenté par le diable.
      2 Après avoir passé quarante jours et quarante nuits sans manger, Jésus eut faim.
      3 Le diable, le tentateur, s’approcha et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à ces pierres de se changer en pains. »
      4 Jésus répondit : « L’Écriture déclare : “L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole que Dieu prononce.” »
      5 Alors le diable l’emmena jusqu’à Jérusalem, la ville sainte, le plaça au sommet du temple
      6 et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car l’Écriture déclare : “Dieu donnera pour toi des ordres à ses anges et ils te porteront sur leurs mains pour éviter que ton pied ne heurte une pierre.” »
      7 Jésus lui répondit : « L’Écriture déclare aussi : “Ne mets pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.” »
      8 Le diable l’emmena encore sur une très haute montagne, lui fit voir tous les royaumes du monde et leur splendeur,
      9 et lui dit : « Je te donnerai tout cela, si tu te mets à genoux devant moi pour m’adorer. »
      10 Alors Jésus lui dit : « Va-t’en, Satan ! Car l’Écriture déclare : “Adore le Seigneur ton Dieu et ne rends de culte qu’à lui seul.” »
      11 Cette fois le diable le laissa. Des anges vinrent alors auprès de Jésus et se mirent à le servir.

      Matthieu 5

      1 Quand Jésus vit ces foules, il monta sur une montagne et s’assit. Ses disciples vinrent auprès de lui
      2 et il se mit à leur donner cet enseignement :
      3 « Heureux ceux qui se savent pauvres en eux-mêmes, car le Royaume des cieux est à eux !
      4 Heureux ceux qui pleurent, car Dieu les consolera !
      5 Heureux ceux qui sont doux, car ils recevront la terre que Dieu a promise !
      6 Heureux ceux qui ont faim et soif de vivre comme Dieu le demande, car Dieu exaucera leur désir !
      7 Heureux ceux qui ont de la compassion pour autrui, car Dieu aura de la compassion pour eux !
      8 Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !
      9 Heureux ceux qui créent la paix autour d’eux, car Dieu les appellera ses fils !
      10 Heureux ceux qu’on persécute parce qu’ils agissent comme Dieu le demande, car le Royaume des cieux est à eux !
      11 Heureux êtes-vous si les hommes vous insultent, vous persécutent et disent faussement toute sorte de mal contre vous parce que vous croyez en moi.
      12 Réjouissez-vous, soyez heureux, car une grande récompense vous attend dans les cieux. C’est ainsi, en effet, qu’on a persécuté les prophètes qui ont vécu avant vous. »
      13 « C’est vous qui êtes le sel du monde. Mais si le sel perd son goût, comment pourrait-on le rendre de nouveau salé ? Il n’est plus bon à rien ; on le jette dehors, et les gens marchent dessus.
      14 « C’est vous qui êtes la lumière du monde. Une ville construite sur une montagne ne peut pas être cachée.
      15 On n’allume pas une lampe pour la mettre sous un seau. Au contraire, on la place sur son support, d’où elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.
      16 C’est ainsi que votre lumière doit briller devant les hommes, afin qu’ils voient le bien que vous faites et qu’ils louent votre Père qui est dans les cieux. »
      17 « Ne pensez pas que je sois venu supprimer la loi de Moïse et l’enseignement des prophètes. Je ne suis pas venu pour les supprimer mais pour leur donner tout leur sens.
      18 Je vous le déclare, c’est la vérité : aussi longtemps que le ciel et la terre dureront, ni la plus petite lettre ni le plus petit détail ne seront supprimés de la loi, et cela jusqu’à la fin de toutes choses.
      19 C’est pourquoi, celui qui écarte même le plus petit des commandements et enseigne aux autres à faire de même, sera le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui l’applique et enseigne aux autres à faire de même, sera grand dans le Royaume des cieux.
      20 Je vous l’affirme : si vous n’êtes pas plus fidèles à la volonté de Dieu que les maîtres de la loi et les Pharisiens, vous ne pourrez pas entrer dans le Royaume des cieux. »
      21 « Vous avez entendu qu’il a été dit à nos ancêtres : “Tu ne commettras pas de meurtre ; tout homme qui en tue un autre mérite de comparaître devant le juge.”
      22 Eh bien, moi je vous déclare : tout homme qui se met en colère contre son frère mérite de comparaître devant le juge ; celui qui dit à son frère : “Imbécile !” mérite d’être jugé par le Conseil supérieur ; celui qui lui dit : “Idiot !” mérite d’être jeté dans le feu de l’enfer.
      23 Si donc tu viens à l’autel présenter ton offrande à Dieu et que là tu te souviennes que ton frère a une raison de t’en vouloir,
      24 laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord faire la paix avec ton frère ; puis reviens et présente ton offrande à Dieu.
      25 « Si tu es en procès avec quelqu’un, dépêche-toi de te mettre d’accord avec lui pendant que vous êtes encore en chemin. Tu éviteras ainsi que ton adversaire ne te livre au juge, que le juge ne te remette à la police et qu’on ne te jette en prison.
      26 Je te le déclare, c’est la vérité : tu ne sortiras pas de là tant que tu n’auras pas payé ta dette jusqu’au dernier centime. »
      27 « Vous avez entendu qu’il a été dit : “Tu ne commettras pas d’adultère.”
      28 Eh bien, moi je vous déclare : tout homme qui regarde la femme d’un autre en la désirant a déjà commis l’adultère avec elle en lui-même.
      29 Si donc c’est à cause de ton œil droit que tu tombes dans le péché, arrache-le et jette-le loin de toi : il vaut mieux pour toi perdre une seule partie de ton corps que d’être jeté tout entier dans l’enfer.
      30 Si c’est à cause de ta main droite que tu tombes dans le péché, coupe-la et jette-la loin de toi : il vaut mieux pour toi perdre un seul membre de ton corps que d’aller tout entier en enfer. »
      31 « Il a été dit aussi : “Celui qui renvoie sa femme doit lui donner une attestation de divorce.”
      32 Eh bien, moi je vous déclare : tout homme qui renvoie sa femme, alors qu’elle n’a pas été infidèle, lui fait commettre un adultère si elle se remarie ; et celui qui épouse une femme renvoyée par un autre commet aussi un adultère. »
      33 « Vous avez aussi entendu qu’il a été dit à nos ancêtres : “Ne romps pas ton serment, mais accomplis ce que tu as promis avec serment devant le Seigneur.”
      34 Eh bien, moi je vous dis de ne faire aucun serment : n’en faites ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu ;
      35 ni par la terre, car elle est un escabeau sous ses pieds ; ni par Jérusalem, car elle est la ville du grand Roi.
      36 N’en fais pas non plus par ta tête, car tu ne peux pas rendre blanc ou noir un seul de tes cheveux.
      37 Si c’est oui, dites “oui”, si c’est non, dites “non”, tout simplement ; ce que l’on dit en plus vient du Mauvais. »
      38 « Vous avez entendu qu’il a été dit : “Œil pour œil et dent pour dent.”
      39 Eh bien, moi je vous dis de ne pas vous venger de celui qui vous fait du mal. Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, laisse-le te gifler aussi sur la joue gauche.
      40 Si quelqu’un veut te faire un procès pour te prendre ta chemise, laisse-le prendre aussi ton manteau.
      41 Si quelqu’un t’oblige à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.
      42 Donne à celui qui te demande quelque chose ; ne refuse pas de prêter à celui qui veut t’emprunter. »
      43 « Vous avez entendu qu’il a été dit : “Tu dois aimer ton prochain et haïr ton ennemi.”
      44 Eh bien, moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent.
      45 Ainsi vous deviendrez les fils de votre Père qui est dans les cieux. Car il fait lever son soleil aussi bien sur les méchants que sur les bons, il fait pleuvoir sur ceux qui lui sont fidèles comme sur ceux qui ne le sont pas.
      46 Si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, pourquoi vous attendre à recevoir une récompense de Dieu ? Même les collecteurs d’impôts en font autant !
      47 Si vous ne saluez que vos frères, faites-vous là quelque chose d’extraordinaire ? Même les païens en font autant !
      48 Soyez donc parfaits, tout comme votre Père qui est au ciel est parfait. »

      Matthieu 6

      1 « Gardez-vous d’accomplir vos devoirs religieux en public, pour que tout le monde vous remarque. Sinon, vous ne recevrez pas de récompense de votre Père qui est dans les cieux.
      2 Quand donc tu donnes quelque chose à un pauvre, n’attire pas bruyamment l’attention sur toi, comme le font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues : ils agissent ainsi pour être loués par les hommes. Je vous le déclare, c’est la vérité : ils ont déjà leur récompense.
      3 Mais quand ta main droite donne quelque chose à un pauvre, ta main gauche elle-même ne doit pas le savoir.
      4 Ainsi, il faut que ce don reste secret ; et Dieu, ton Père, qui voit ce que tu fais en secret, te récompensera. »
      5 « Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à prier debout dans les synagogues et au coin des rues pour que tout le monde les voie. Je vous le déclare, c’est la vérité : ils ont déjà leur récompense.
      6 Mais toi, lorsque tu veux prier, entre dans ta chambre, ferme la porte et prie ton Père qui est là, dans cet endroit secret ; et ton Père, qui voit ce que tu fais en secret, te récompensera.
      7 « Quand vous priez, ne répétez pas sans fin les mêmes choses comme les païens : ils s’imaginent que Dieu les exaucera s’ils parlent beaucoup.
      8 Ne les imitez pas, car Dieu, votre Père, sait déjà de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez.
      9 Voici comment vous devez prier : “Notre Père qui es dans les cieux, que chacun reconnaisse que tu es le Dieu saint,
      10 que ton Règne vienne ; que chacun, sur la terre, fasse ta volonté comme elle est faite dans le ciel.
      11 Donne-nous aujourd’hui le pain nécessaire.
      12 Pardonne-nous nos torts, comme nous pardonnons nous aussi à ceux qui nous ont fait du tort.
      13 Et ne nous expose pas à la tentation, mais délivre-nous du Mauvais. [Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour toujours. Amen. ]”
      14 « En effet, si vous pardonnez aux autres le mal qu’ils vous ont fait, votre Père qui est au ciel vous pardonnera aussi.
      15 Mais si vous ne pardonnez pas aux autres, votre Père ne vous pardonnera pas non plus le mal que vous avez fait. »
      16 « Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air triste comme font les hypocrites : ils changent de visage pour que tout le monde voie qu’ils jeûnent. Je vous le déclare, c’est la vérité : ils ont déjà leur récompense.
      17 Mais toi, quand tu jeûnes, lave-toi le visage et parfume ta tête,
      18 afin que les gens ne se rendent pas compte que tu jeûnes. Seul ton Père qui est là, dans le secret, le saura ; et ton Père, qui voit ce que tu fais en secret, te récompensera. »
      19 « Ne vous amassez pas des richesses dans ce monde, où les vers et la rouille détruisent, où les cambrioleurs forcent les serrures pour voler.
      20 Amassez-vous plutôt des richesses dans le ciel, où il n’y a ni vers ni rouille pour détruire, ni cambrioleurs pour forcer les serrures et voler.
      21 Car ton cœur sera toujours là où sont tes richesses. »
      22 « Les yeux sont la lampe du corps : si tes yeux sont en bon état, tout ton corps est éclairé ;
      23 mais si tes yeux sont malades, tout ton corps est dans l’obscurité. Si donc la lumière qui est en toi n’est qu’obscurité, comme cette obscurité sera noire ! »
      24 « Personne ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra le premier et aimera le second ; ou bien il s’attachera au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »
      25 « Voilà pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas au sujet de la nourriture et de la boisson dont vous avez besoin pour vivre, ou au sujet des vêtements dont vous avez besoin pour votre corps. La vie est plus importante que la nourriture et le corps plus important que les vêtements, n’est-ce pas ?
      26 Regardez les oiseaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent pas de récoltes dans des greniers, mais votre Père qui est au ciel les nourrit ! Ne valez-vous pas beaucoup plus que les oiseaux ?
      27 Qui d’entre vous parvient à prolonger un peu la durée de sa vie par le souci qu’il se fait ?
      28 « Et pourquoi vous inquiétez-vous au sujet des vêtements ? Observez comment poussent les fleurs des champs : elles ne travaillent pas, elles ne se font pas de vêtements.
      29 Pourtant, je vous le dis, même Salomon, avec toute sa richesse, n’a pas eu de vêtements aussi beaux qu’une seule de ces fleurs.
      30 Dieu habille ainsi l’herbe des champs qui est là aujourd’hui et qui demain sera jetée au feu : alors ne vous habillera-t-il pas à bien plus forte raison vous-mêmes ? Comme votre confiance en lui est faible !
      31 Ne vous inquiétez donc pas en disant : “Qu’allons-nous manger ? qu’allons-nous boire ? qu’allons-nous mettre pour nous habiller ?”
      32 Ce sont les païens qui recherchent sans arrêt tout cela. Mais votre Père qui est au ciel sait que vous en avez besoin.
      33 Préoccupez-vous d’abord du Royaume de Dieu et de la vie juste qu’il demande, et Dieu vous accordera aussi tout le reste.
      34 Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : le lendemain se souciera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. »

      Matthieu 7

      1 « Ne portez de jugement contre personne, afin que Dieu ne vous juge pas non plus.
      2 Car Dieu vous jugera comme vous jugez les autres ; il vous mesurera avec la mesure que vous employez pour eux.
      3 Pourquoi regardes-tu le brin de paille qui est dans l’œil de ton frère, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans ton œil ?
      4 Comment peux-tu dire à ton frère : “Laisse-moi enlever cette paille de ton œil”, alors que tu as une poutre dans le tien ?
      5 Hypocrite, enlève d’abord la poutre de ton œil et alors tu verras assez clair pour enlever la paille de l’œil de ton frère.
      6 « Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens, de peur qu’ils ne se retournent contre vous et ne vous déchirent ; ne jetez pas vos perles devant les porcs, de peur qu’ils ne les piétinent. »
      7 « Demandez et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira la porte.
      8 Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve et l’on ouvre la porte à qui frappe.
      9 Y a-t-il quelqu’un parmi vous qui donne à son fils une pierre si celui-ci demande du pain ?
      10 ou qui lui donne un serpent s’il demande un poisson ?
      11 Tout mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants. A combien plus forte raison, donc, votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
      12 « Faites pour les autres tout ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous : c’est là ce qu’enseignent les livres de la loi de Moïse et des Prophètes. »
      13 « Entrez par la porte étroite ! Car large est la porte et facile le chemin qui mènent à la ruine ; nombreux sont ceux qui passent par là.
      14 Mais combien étroite est la porte et difficile le chemin qui mènent à la vie ; peu nombreux sont ceux qui les trouvent. »
      15 « Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups féroces.
      16 Vous les reconnaîtrez à leur conduite. On ne cueille pas des raisins sur des buissons d’épines, ni des figues sur des chardons.
      17 Un bon arbre produit de bons fruits et un arbre malade de mauvais fruits.
      18 Un bon arbre ne peut pas produire de mauvais fruits ni un arbre malade de bons fruits.
      19 Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits est coupé, puis jeté au feu.
      20 Ainsi donc, vous reconnaîtrez les faux prophètes à leur conduite. »
      21 « Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : “Seigneur, Seigneur”, qui entreront dans le Royaume des cieux, mais seulement ceux qui font la volonté de mon Père qui est dans les cieux.
      22 Au jour du Jugement, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, c’est en ton nom que nous avons été prophètes ; c’est en ton nom que nous avons chassé des esprits mauvais ; c’est en ton nom que nous avons accompli de nombreux miracles. Ne le sais-tu pas ?”
      23 Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus ; allez-vous-en loin de moi, vous qui commettez le mal !” »
      24 « Ainsi, quiconque écoute ce que je viens de dire et le met en pratique sera comme un homme intelligent qui a bâti sa maison sur le roc.
      25 La pluie est tombée, les rivières ont débordé, la tempête s’est abattue sur cette maison, mais elle ne s’est pas écroulée, car ses fondations avaient été posées sur le roc.
      26 Mais quiconque écoute ce que je viens de dire et ne le met pas en pratique sera comme un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.
      27 La pluie est tombée, les rivières ont débordé, la tempête s’est abattue sur cette maison et elle s’est écroulée : sa ruine a été complète. »
      28 Quand Jésus eut achevé ces instructions, tous restèrent impressionnés par sa manière d’enseigner ;
      29 car il n’était pas comme leurs maîtres de la loi, mais il les enseignait avec autorité.

      Matthieu 8

      5 Au moment où Jésus entrait dans Capernaüm, un capitaine romain s’approcha et lui demanda son aide
      6 en ces termes : « Maître, mon serviteur est couché à la maison, il est paralysé et souffre terriblement. »
      7 Jésus lui dit : « J’y vais et je le guérirai. »
      8 Mais le capitaine répondit : « Maître, je ne suis pas digne que tu entres dans ma maison. Mais il suffit que tu dises un mot et mon serviteur sera guéri.
      9 Je suis moi-même soumis à mes supérieurs et j’ai des soldats sous mes ordres. Si je dis à l’un : “Va !”, il va ; si je dis à un autre : “Viens !”, il vient ; et si je dis à mon serviteur : “Fais ceci !”, il le fait. »
      10 Quand Jésus entendit ces mots, il fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Je vous le déclare, c’est la vérité : je n’ai trouvé une telle foi chez personne en Israël.
      11 Je vous l’affirme, beaucoup viendront de l’est et de l’ouest et prendront place à table dans le Royaume des cieux avec Abraham, Isaac et Jacob.
      12 Mais ceux qui étaient destinés au Royaume seront jetés dehors, dans le noir, où ils pleureront et grinceront des dents. »
      13 Puis Jésus dit au capitaine : « Retourne chez toi, Dieu t’accorde ce que tu as demandé avec foi ! » Et le serviteur du capitaine fut guéri à ce moment même.
      14 Jésus se rendit à la maison de Pierre. Il y trouva la belle-mère de Pierre au lit : elle avait de la fièvre.
      16 Le soir venu, on amena à Jésus un grand nombre de personnes tourmentées par des esprits mauvais. Par sa parole Jésus chassa ces esprits et il guérit aussi tous les malades.
      17 Il le fit afin que se réalise cette parole du prophète Ésaïe : « Il a pris nos infirmités et nous a déchargés de nos maladies. »
      18 Quand Jésus vit toute la foule qui l’entourait, il donna l’ordre à ses disciples de passer avec lui de l’autre côté du lac.
      19 Un maître de la loi s’approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. »
      20 Jésus lui répondit : « Les renards ont des terriers et les oiseaux ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas un endroit où il puisse se coucher et se reposer. »
      21 Quelqu’un d’autre, un de ses disciples, lui dit : « Maître, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »
      22 Jésus lui répondit : « Suis-moi et laisse les morts enterrer leurs morts. »
      25 Les disciples s’approchèrent de lui et le réveillèrent en criant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous allons mourir ! »
      28 Quand Jésus arriva de l’autre côté du lac, dans le territoire des Gadaréniens, deux hommes sortirent du milieu des tombeaux et vinrent à sa rencontre. Ces hommes étaient possédés par des esprits mauvais ; ils étaient si dangereux que personne n’osait passer par ce chemin.
      29 Ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le moment fixé ? »
      30 Il y avait, à une certaine distance, un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture.
      31 Les esprits mauvais adressèrent cette prière à Jésus : « Si tu veux nous chasser, envoie-nous dans ce troupeau de porcs. » –
      32 « Allez », leur dit Jésus. Ils sortirent des deux hommes et s’en allèrent dans les porcs. Aussitôt, tout le troupeau se précipita du haut de la falaise dans le lac et disparut dans l’eau.
      33 Les hommes qui gardaient les porcs s’enfuirent ; ils se rendirent dans la ville où ils racontèrent toute l’histoire et ce qui s’était passé pour les deux possédés.
      34 Alors tous les habitants de la ville sortirent à la rencontre de Jésus ; quand ils le virent, ils le supplièrent de quitter leur territoire.

      Matthieu 9

      1 Jésus monta dans la barque, refit la traversée du lac et se rendit dans sa ville.
      2 Quelques personnes lui amenèrent un paralysé couché sur une civière. Quand Jésus vit leur foi, il dit au paralysé : « Courage, mon fils ! Tes péchés sont pardonnés ! »
      3 Alors quelques maîtres de la loi se dirent en eux-mêmes : « Cet homme fait insulte à Dieu ! »
      4 Jésus discerna ce qu’ils pensaient et dit : « Pourquoi avez-vous ces mauvaises pensées ?
      5 Est-il plus facile de dire : “Tes péchés sont pardonnés”, ou de dire : “Lève-toi et marche” ?
      6 Mais je veux que vous le sachiez : le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés. » Il dit alors au paralysé : « Lève-toi, prends ta civière et rentre chez toi ! »
      7 L’homme se leva et s’en alla chez lui.
      8 Quand la foule vit cela, elle fut remplie de crainte et loua Dieu d’avoir donné un tel pouvoir aux hommes.
      9 Jésus partit de là et vit, en passant, un homme appelé Matthieu assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi ! » Matthieu se leva et le suivit.
      10 Jésus prenait un repas dans la maison de Matthieu ; beaucoup de collecteurs d’impôts et autres gens de mauvaise réputation vinrent prendre place à table avec lui et ses disciples.
      11 Les Pharisiens virent cela et dirent à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les collecteurs d’impôts et les gens de mauvaise réputation ? »
      12 Jésus les entendit et déclara : « Les personnes en bonne santé n’ont pas besoin de médecin, ce sont les malades qui en ont besoin.
      13 Allez apprendre ce que signifient ces mots prononcés par Dieu : “Je désire la bonté et non des sacrifices d’animaux.” Car je ne suis pas venu appeler ceux qui s’estiment justes, mais ceux qui se savent pécheurs. »
      14 Les disciples de Jean-Baptiste s’approchèrent alors de Jésus et lui demandèrent : « Pourquoi nous et les Pharisiens jeûnons-nous souvent, tandis que tes disciples ne le font pas ? »
      15 Et Jésus leur répondit : « Pensez-vous que les invités d’une noce peuvent être tristes pendant que le marié est avec eux ? Bien sûr que non ! Mais le temps viendra où le marié leur sera enlevé ; alors ils jeûneront.
      16 « Personne ne répare un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; car cette pièce arracherait une partie du vêtement et la déchirure s’agrandirait encore.
      17 On ne verse pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres ; sinon les outres éclatent, le vin se répand et les outres sont perdues. On verse au contraire le vin nouveau dans des outres neuves et ainsi le tout se conserve bien. »
      18 Pendant que Jésus leur parlait ainsi, un chef juif arriva, se mit à genoux devant lui et dit : « Ma fille est morte il y a un instant ; mais viens, pose ta main sur elle et elle vivra. »
      19 Jésus se leva et le suivit avec ses disciples.
      20 Une femme, qui souffrait de pertes de sang depuis douze ans, s’approcha alors de Jésus par derrière et toucha le bord de son vêtement.
      21 Car elle se disait : « Si je peux seulement toucher son vêtement, je serai guérie ».
      22 Jésus se retourna, la vit et déclara : « Courage, ma fille ! Ta foi t’a guérie. » Et à ce moment même, la femme fut guérie.
      23 Jésus arriva à la maison du chef. Quand il vit les musiciens prêts pour l’enterrement et la foule qui s’agitait bruyamment,
      24 il dit : « Sortez d’ici, car la fillette n’est pas morte, elle dort. » Mais ils se moquèrent de lui.
      25 Quand on eut mis la foule dehors, Jésus entra dans la chambre, il prit la fillette par la main et elle se leva.
      26 La nouvelle s’en répandit dans toute cette région.
      27 Au moment où Jésus partit de là, deux aveugles se mirent à le suivre en criant : « Aie pitié de nous, Fils de David ! »
      28 Quand Jésus fut arrivé à la maison, les aveugles s’approchèrent de lui et il leur demanda : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » Ils lui répondirent : « Oui, Maître. »
      29 Alors Jésus leur toucha les yeux et dit : « Dieu vous accorde ce que vous attendez avec foi ! »
      30 Et leurs yeux purent voir. Jésus leur parla avec sévérité : « Écoutez bien, leur dit-il, personne ne doit le savoir. »
      31 Mais ils s’en allèrent parler de Jésus dans toute cette région.
      32 Alors qu’ils s’en allaient, on amena à Jésus un homme qui était muet parce qu’il était possédé d’un esprit mauvais.
      33 Dès que Jésus eut chassé cet esprit, le muet se mit à parler. Dans la foule tous étaient remplis d’étonnement et disaient : « On n’a jamais rien vu de pareil en Israël ! »
      34 Mais les Pharisiens affirmaient : « C’est le chef des esprits mauvais qui lui donne le pouvoir de chasser ces esprits ! »
      35 Jésus parcourait villes et villages ; il enseignait dans leurs synagogues, prêchait la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissait toutes les maladies et toutes les infirmités.
      36 Son cœur fut rempli de pitié pour les foules qu’il voyait, car ces gens étaient fatigués et découragés, comme un troupeau qui n’a pas de berger.
      37 Il dit alors à ses disciples : « La moisson à faire est grande, mais il y a peu d’ouvriers pour cela.
      38 Priez donc le propriétaire de la moisson d’envoyer davantage d’ouvriers pour la faire. »

      Matthieu 10

      1 Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir de chasser les esprits mauvais et de guérir toutes les maladies et toutes les infirmités.
      2 Voici les noms de ces douze apôtres : d’abord Simon, surnommé Pierre, et son frère André ; Jacques et son frère Jean, tous deux fils de Zébédée ;
      3 Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le collecteur d’impôts ; Jacques le fils d’Alphée et Thaddée ;
      4 Simon le nationaliste et Judas Iscariote, qui trahit Jésus.
      5 Jésus envoya ces douze hommes en mission, avec les instructions suivantes : « Évitez les régions où habitent les non-Juifs et n’entrez dans aucune ville de Samarie.
      6 Allez plutôt vers les brebis perdues du peuple d’Israël.
      7 En chemin, prêchez et dites : “Le Royaume des cieux s’est approché !”
      8 Guérissez les malades, rendez la vie aux morts, purifiez les lépreux, chassez les esprits mauvais. Vous avez reçu gratuitement, donnez aussi gratuitement.
      9 Ne vous procurez ni or, ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos poches ;
      10 ne prenez pas de sac pour le voyage, ni une deuxième chemise, ne prenez ni chaussures, ni bâton. En effet, l’ouvrier a droit à sa nourriture.
      11 « Quand vous arriverez dans une ville ou un village, cherchez qui est prêt à vous recevoir et restez chez cette personne jusqu’à ce que vous quittiez l’endroit.
      12 Quand vous entrerez dans une maison, dites : “La paix soit avec vous.”
      13 Si les habitants de cette maison vous reçoivent, que votre souhait de paix repose sur eux ; mais s’ils ne vous reçoivent pas, retirez votre souhait de paix.
      14 Si, dans une maison ou dans une ville, on refuse de vous accueillir ou de vous écouter, partez de là et secouez la poussière de vos pieds.
      15 Je vous le déclare, c’est la vérité : au jour du Jugement, les habitants de Sodome et Gomorrhe seront traités moins sévèrement que les habitants de cette ville-là.
      16 « Écoutez ! Je vous envoie comme des moutons au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents et innocents comme les colombes.
      17 Prenez garde, car des hommes vous feront passer devant les tribunaux et vous frapperont à coups de fouet dans leurs synagogues.
      18 On vous fera comparaître devant des gouverneurs et des rois à cause de moi, pour que vous puissiez apporter votre témoignage devant eux et devant les non-Juifs.
      19 Lorsqu’on vous conduira devant le tribunal, ne vous inquiétez pas de ce que vous aurez à dire ni de la manière de l’exprimer ; les paroles que vous aurez à prononcer vous seront données à ce moment-là :
      20 elles ne viendront pas de vous, mais l’Esprit de votre Père parlera en vous.
      21 Des frères livreront leurs propres frères pour qu’on les mette à mort, et des pères agiront de même avec leurs enfants ; des enfants se tourneront contre leurs parents et les feront condamner à mort.
      22 Tout le monde vous haïra à cause de moi. Mais celui qui tiendra bon jusqu’à la fin sera sauvé.
      23 Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Je vous le déclare, c’est la vérité : vous n’aurez pas encore fini de parcourir toutes les villes d’Israël avant que vienne le Fils de l’homme.
      24 « Aucun élève n’est supérieur à son maître ; aucun serviteur n’est supérieur à son patron.
      25 Il suffit que l’élève devienne comme son maître et que le serviteur devienne comme son patron. Si l’on a appelé le chef de famille Béelzébul, à combien plus forte raison insultera-t-on les membres de sa famille ! »
      26 « Ne craignez donc aucun homme. Tout ce qui est caché sera découvert, et tout ce qui est secret sera connu.
      27 Ce que je vous dis dans l’obscurité, répétez-le à la lumière du jour ; et ce que l’on chuchote à votre oreille, criez-le du haut des toits.
      28 Ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais qui ne peuvent pas tuer l’âme ; craignez plutôt Dieu qui peut faire périr à la fois le corps et l’âme dans l’enfer.
      29 Ne vend-on pas deux moineaux pour un sou ? Cependant, aucun d’eux ne tombe à terre sans que Dieu votre Père le sache.
      30 Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés.
      31 N’ayez donc pas peur : vous valez plus que beaucoup de moineaux ! »
      32 « Quiconque reconnaît publiquement qu’il est mon disciple, je reconnaîtrai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux qu’il est à moi ;
      33 mais si quelqu’un affirme publiquement ne pas me connaître, j’affirmerai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux que je ne le connais pas. »
      34 « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le combat.
      35 Je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère ;
      36 on aura pour ennemis les membres de sa propre famille.
      37 Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi.
      38 Celui qui ne se charge pas de sa croix pour marcher à ma suite n’est pas digne de moi.
      39 Celui qui voudra garder sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la retrouvera. »
      40 « Quiconque vous accueille m’accueille ; quiconque m’accueille accueille celui qui m’a envoyé.
      41 Celui qui accueille un prophète de Dieu parce qu’il est prophète, recevra la récompense accordée à un prophète ; et celui qui accueille un homme fidèle à Dieu parce qu’il est fidèle, recevra la récompense accordée à un fidèle.
      42 Je vous le déclare, c’est la vérité : celui qui donne même un simple verre d’eau fraîche à l’un de ces petits parmi mes disciples parce qu’il est mon disciple recevra sa récompense. »

      Matthieu 11

      1 Lorsque Jésus eut achevé de donner ces instructions à ses douze disciples, il partit de là pour aller enseigner et prêcher dans les villes de la région.
      2 Jean-Baptiste, dans sa prison, entendit parler des œuvres du Christ. Alors il envoya quelques-uns de ses disciples
      3 demander à Jésus : « Es-tu le Messie qui doit venir ou devons-nous attendre quelqu’un d’autre ? »
      4 Jésus leur répondit : « Allez raconter à Jean ce que vous entendez et voyez :
      5 les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts reviennent à la vie et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.
      6 Heureux celui qui n’abandonnera pas la foi en moi ! »
      7 Quand les disciples de Jean partirent, Jésus se mit à parler de Jean à la foule en disant : « Qu’êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ? Non ?
      8 Alors qu’êtes-vous allés voir ? un homme vêtu d’habits magnifiques ? Mais ceux qui portent des habits magnifiques se trouvent dans les palais des rois.
      9 Qu’êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, vous dis-je, et même bien plus qu’un prophète.
      10 Car Jean est celui dont l’Écriture déclare : “Je vais envoyer mon messager devant toi, dit Dieu, pour t’ouvrir le chemin.”
      11 Je vous le déclare, c’est la vérité : parmi les humains, il n’a jamais existé personne de plus grand que Jean-Baptiste ; pourtant, celui qui est le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui.
      12 Depuis l’époque où Jean-Baptiste prêchait jusqu’à présent, le Royaume des cieux subit la violence et les violents cherchent à s’en emparer.
      13 Tous les prophètes et la loi de Moïse ont annoncé le Royaume, jusqu’à l’époque de Jean.
      14 Et si vous voulez bien l’admettre, Jean est cet Élie dont la venue a été annoncée.
      15 Écoutez bien, si vous avez des oreilles !
      16 « A qui puis-je comparer les gens d’aujourd’hui ? Ils ressemblent à des enfants assis sur les places publiques, dont les uns crient aux autres :
      17 “Nous vous avons joué un air de danse sur la flûte et vous n’avez pas dansé ! Nous avons chanté des chants de deuil et vous ne vous êtes pas lamentés !”
      18 En effet, Jean est venu, il ne mange ni ne boit, et l’on dit : “Il est possédé d’un esprit mauvais !”
      19 Le Fils de l’homme est venu, il mange et boit, et l’on dit : “Voyez cet homme qui ne pense qu’à manger et à boire du vin, qui est ami des collecteurs d’impôts et autres gens de mauvaise réputation !” Mais la sagesse de Dieu se révèle juste par ses effets. »
      20 Alors Jésus se mit à faire des reproches aux villes dans lesquelles il avait accompli le plus grand nombre de ses miracles, parce que leurs habitants n’avaient pas changé de comportement. Il dit :
      21 « Malheur à toi, Chorazin ! Malheur à toi, Bethsaïda ! Car si les miracles qui ont été accomplis chez vous l’avaient été à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que leurs habitants auraient pris le deuil, se seraient couvert la tête de cendre et auraient changé de comportement.
      22 C’est pourquoi, je vous le déclare, au jour du Jugement Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous.
      23 Et toi, Capernaüm, crois-tu que tu t’élèveras jusqu’au ciel ? Tu seras abaissée jusqu’au monde des morts. Car si les miracles qui ont été accomplis chez toi l’avaient été à Sodome, cette ville existerait encore aujourd’hui.
      24 C’est pourquoi, je vous le déclare, au jour du Jugement Sodome sera traitée moins sévèrement que toi. »
      25 En ce temps-là, Jésus s’écria : « O Père, Seigneur du ciel et de la terre, je te remercie d’avoir révélé aux petits ce que tu as caché aux sages et aux gens instruits.
      26 Oui, Père, tu as bien voulu qu’il en soit ainsi.
      27 « Mon Père m’a remis toutes choses. Personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et personne ne connaît le Père si ce n’est le Fils et ceux à qui le Fils veut le révéler.

      Matthieu 13

      1 Ce jour-là, Jésus sortit de la maison et alla s’asseoir au bord du lac pour enseigner.
      2 Une foule nombreuse s’assembla autour de lui, si bien qu’il monta dans une barque et s’y assit. Les gens se tenaient au bord de l’eau.
      3 Il leur parlait de beaucoup de choses en utilisant des paraboles et il leur disait : « Un jour, un homme s’en alla dans son champ pour semer.
      4 Tandis qu’il lançait la semence, une partie des grains tomba le long du chemin : les oiseaux vinrent et les mangèrent.
      5 Une autre partie tomba sur un sol pierreux où il y avait peu de terre. Les grains poussèrent aussitôt parce que la couche de terre n’était pas profonde.
      6 Quand le soleil fut haut dans le ciel, il brûla les jeunes plantes : elles se desséchèrent parce que leurs racines étaient insuffisantes.
      7 Une autre partie des grains tomba parmi des plantes épineuses. Celles-ci grandirent et étouffèrent les bonnes pousses.
      8 Mais d’autres grains tombèrent dans la bonne terre et produisirent des épis : les uns portaient cent grains, d’autres soixante et d’autres trente. »
      9 Et Jésus ajouta : « Écoutez bien, si vous avez des oreilles ! »
      10 Les disciples s’approchèrent alors de Jésus et lui demandèrent : « Pourquoi leur parles-tu en utilisant des paraboles ? »
      11 Il leur répondit : « Vous avez reçu, vous, la connaissance des secrets du Royaume des cieux, mais eux ne l’ont pas reçue.
      12 Car celui qui a quelque chose recevra davantage et il sera dans l’abondance ; mais à celui qui n’a rien on enlèvera même le peu qui pourrait lui rester.
      13 C’est pourquoi j’utilise des paraboles pour leur parler : parce qu’ils regardent sans voir et qu’ils écoutent sans entendre et sans comprendre.
      14 Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie exprimée par Ésaïe en ces termes : “Vous entendrez bien, mais vous ne comprendrez pas ; vous regarderez bien, mais vous ne verrez pas.
      15 Car ce peuple est devenu insensible ; ils se sont bouché les oreilles, ils ont fermé les yeux, afin d’empêcher leurs yeux de voir, leurs oreilles d’entendre, leur intelligence de comprendre, et ainsi, ils ne reviendront pas à moi pour que je les guérisse, dit Dieu.”
      16 « Quant à vous, heureux êtes-vous : vos yeux voient et vos oreilles entendent !
      17 Je vous le déclare, c’est la vérité : beaucoup de prophètes et de gens fidèles à Dieu ont désiré voir ce que vous voyez, mais ne l’ont pas vu, et entendre ce que vous entendez, mais ne l’ont pas entendu. »
      18 « Écoutez donc ce que signifie la parabole du semeur.
      19 Ceux qui entendent parler du Royaume et ne comprennent pas sont comme le bord du chemin où tombe la semence : le Mauvais arrive et arrache ce qui a été semé dans leur cœur.
      20 D’autres sont comme le terrain pierreux où tombe la semence : ils entendent la parole et la reçoivent aussitôt avec joie.
      21 Mais ils ne la laissent pas s’enraciner en eux, ils ne s’y attachent qu’un instant. Et alors, quand survient la détresse ou la persécution à cause de la parole de Dieu, ils renoncent bien vite à la foi.
      22 D’autres encore reçoivent la semence parmi des plantes épineuses : ils ont entendu la parole, mais les préoccupations de ce monde et l’attrait trompeur de la richesse étouffent la parole, et elle ne produit rien.
      23 D’autres, enfin, reçoivent la semence dans de la bonne terre : ils entendent la parole et la comprennent ; ils portent alors des fruits, les uns cent, d’autres soixante et d’autres trente. »
      24 Jésus leur raconta une autre parabole : « Voici à quoi ressemble le Royaume des cieux : Un homme avait semé de la bonne semence dans son champ.
      25 Une nuit, pendant que tout le monde dormait, un ennemi de cet homme vint semer de la mauvaise herbe parmi le blé et s’en alla.
      26 Lorsque les plantes poussèrent et que les épis se formèrent, la mauvaise herbe apparut aussi.
      27 Les serviteurs du propriétaire vinrent lui dire : “Maître, tu avais semé de la bonne semence dans ton champ : d’où vient donc cette mauvaise herbe ?”
      28 Il leur répondit : “C’est un ennemi qui a fait cela.” Les serviteurs lui demandèrent alors : “Veux-tu que nous allions enlever la mauvaise herbe ?” –
      29 “Non, répondit-il, car en l’enlevant vous risqueriez d’arracher aussi le blé.
      30 Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson et, à ce moment-là, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord la mauvaise herbe et liez-la en bottes pour la brûler, puis vous rentrerez le blé dans mon grenier.” »
      31 Jésus leur raconta une autre parabole : « Le Royaume des cieux ressemble à une graine de moutarde qu’un homme a prise et semée dans son champ.
      32 C’est la plus petite de toutes les graines ; mais quand elle a poussé, c’est la plus grande de toutes les plantes du jardin : elle devient un arbre, de sorte que les oiseaux viennent faire leurs nids dans ses branches. »
      33 Jésus leur dit une autre parabole : « Le Royaume des cieux ressemble au levain qu’une femme prend et mêle à une grande quantité de farine, si bien que toute la pâte lève. »
      34 Jésus dit tout cela aux foules en utilisant des paraboles ; il ne leur parlait pas sans utiliser de paraboles.
      35 Il agissait ainsi afin que se réalise cette parole du prophète : « Je m’exprimerai par des paraboles, j’annoncerai des choses tenues secrètes depuis la création du monde. »
      36 Alors Jésus quitta la foule et se rendit à la maison. Ses disciples s’approchèrent de lui et dirent : « Explique-nous la parabole de la mauvaise herbe dans le champ. »
      37 Jésus répondit en ces termes : « Celui qui sème la bonne semence, c’est le Fils de l’homme ;
      38 le champ, c’est le monde ; la bonne semence représente ceux qui se soumettent au Royaume ; la mauvaise herbe représente ceux qui obéissent au Mauvais ;
      39 l’ennemi qui sème la mauvaise herbe, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; et les moissonneurs, ce sont les anges.
      40 Comme on enlève la mauvaise herbe pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde :
      41 le Fils de l’homme enverra ses anges, ils élimineront de son Royaume tous ceux qui détournent de la foi les autres et ceux qui commettent le mal,
      42 et ils les jetteront dans le feu de la fournaise ; c’est là que beaucoup pleureront et grinceront des dents.
      43 Mais alors, ceux qui sont fidèles à Dieu brilleront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. Écoutez bien, si vous avez des oreilles ! »
      44 « Le Royaume des cieux ressemble à un trésor caché dans un champ. Un homme découvre ce trésor et le cache de nouveau. Il est si heureux qu’il va vendre tout ce qu’il possède et revient acheter ce champ.
      45 « Le Royaume des cieux ressemble encore à un marchand qui cherche de belles perles.
      46 Quand il en a trouvé une de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède et achète cette perle. »
      47 « Le Royaume des cieux ressemble encore à un filet qu’on a jeté dans le lac et qui attrape toutes sortes de poissons.
      48 Quand il est plein, les pêcheurs le tirent au bord de l’eau, puis s’asseyent pour trier les poissons : ils mettent les bons dans des paniers et rejettent ceux qui ne valent rien.
      49 Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges viendront séparer les méchants d’avec les bons
      50 pour les jeter dans le feu de la fournaise ; c’est là que beaucoup pleureront et grinceront des dents. »
      51 « Avez-vous compris tout cela ? » leur demanda Jésus. « Oui », répondirent-ils.
      52 Il leur dit alors : « Ainsi donc, tout maître de la loi qui devient disciple du Royaume des cieux est semblable à un propriétaire qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. »
      53 Quand Jésus eut fini de raconter ces paraboles, il partit de là
      54 et se rendit dans la ville où il avait grandi. Il se mit à enseigner dans la synagogue de l’endroit et toutes les personnes présentes furent très étonnées. Elles disaient : « D’où a-t-il cette sagesse ? comment peut-il accomplir ces miracles ?
      55 N’est-ce pas lui le fils du charpentier ? Marie n’est-elle pas sa mère ? Jacques, Joseph, Simon et Jude ne sont-ils pas ses frères ?
      56 Et ses sœurs ne vivent-elles pas toutes parmi nous ? D’où a-t-il donc tout ce pouvoir ? »
      57 Et cela les empêchait de croire en lui. Alors Jésus leur dit : « Un prophète est estimé partout, excepté dans sa ville natale et dans sa famille. »
      58 Jésus n’accomplit là que peu de miracles à cause de leur manque de foi.

      Matthieu 15

      21 Puis Jésus partit de là et s’en alla dans le territoire de Tyr et de Sidon.
      22 Une femme cananéenne qui vivait dans cette région vint à lui et s’écria : « Maître, Fils de David, aie pitié de moi ! Ma fille est tourmentée par un esprit mauvais, elle va très mal ! »
      23 Mais Jésus ne répondit pas un mot. Ses disciples s’approchèrent pour lui adresser cette demande : « Renvoie-la, car elle ne cesse de crier en nous suivant. »
      24 Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues du peuple d’Israël. »
      25 Mais la femme vint se mettre à genoux devant lui et dit : « Maître, aide-moi ! »
      26 Jésus répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens. » –
      27 « C’est vrai, Maître, dit-elle, pourtant même les chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »
      28 Alors Jésus lui répondit : « Oh ! que ta foi est grande ! Dieu t’accordera ce que tu désires. » Et sa fille fut guérie à ce moment même.
      29 Jésus partit de là et se rendit au bord du lac de Galilée. Il monta sur une colline et s’assit.
      30 Des foules nombreuses vinrent à lui, amenant avec elles des boiteux, des aveugles, des infirmes, des muets et beaucoup d’autres malades. On les déposa aux pieds de Jésus et il les guérit.
      31 Les gens furent remplis d’étonnement quand ils virent les muets parler, les infirmes être guéris, les boiteux marcher et les aveugles voir, et ils se mirent à louer le Dieu d’Israël.
      32 Jésus appela ses disciples et dit : « J’ai pitié de ces gens, car voilà trois jours qu’ils sont avec moi et ils n’ont plus rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer le ventre vide ; ils pourraient se trouver mal en chemin. »
      33 Les disciples lui demandèrent : « Où pourrions-nous trouver de quoi faire manger à sa faim une telle foule, dans cet endroit désert ? »
      34 Jésus leur demanda : « Combien avez-vous de pains ? » Et ils répondirent : « Sept, et quelques petits poissons. »
      35 Alors, il ordonna à la foule de s’asseoir par terre.
      36 Puis il prit les sept pains et les poissons, remercia Dieu, les rompit et les donna à ses disciples, et les disciples les distribuèrent à tous.
      37 Chacun mangea à sa faim. Les disciples emportèrent sept corbeilles pleines des morceaux qui restaient.
      38 Ceux qui avaient mangé étaient au nombre de quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants.
      39 Après avoir renvoyé la foule, Jésus monta dans la barque et se rendit dans la région de Magadan.

      Matthieu 16

      1 Les Pharisiens et les Sadducéens s’approchèrent de Jésus pour lui tendre un piège. Ils lui demandèrent de leur montrer par un signe miraculeux qu’il venait de la part de Dieu.
      2 Mais Jésus leur répondit en ces termes : « Au coucher du soleil, vous dites : “Il va faire beau temps, car le ciel est rouge.”
      3 Et tôt le matin, vous dites : “Il va pleuvoir aujourd’hui, car le ciel est rouge sombre.” Vous savez interpréter les aspects du ciel, mais vous êtes incapables d’interpréter les signes qui concernent ces temps-ci !
      4 Les gens d’aujourd’hui, qui sont mauvais et infidèles à Dieu, réclament un signe miraculeux, mais aucun signe ne leur sera accordé si ce n’est celui de Jonas. » Puis il les laissa et partit.
      5 Quand les disciples passèrent de l’autre côté du lac, ils oublièrent d’emporter du pain.
      6 Jésus leur dit alors : « Attention ! Gardez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens. »
      7 Les disciples se mirent à dire entre eux : « Il parle ainsi parce que nous n’avons pas emporté de pain. »
      8 Jésus s’aperçut de ce qu’ils disaient et leur demanda : « Pourquoi dire entre vous : c’est parce que nous n’avons pas de pain ? Comme votre confiance est faible !
      9 Ne comprenez-vous pas encore ? Ne vous rappelez-vous pas les cinq pains distribués aux cinq mille hommes et le nombre de corbeilles que vous avez emportées ?
      10 Et ne vous rappelez-vous pas les sept pains distribués aux quatre mille hommes et le nombre de corbeilles que vous avez emportées ?
      11 Comment ne comprenez-vous pas que je ne vous parlais pas de pain quand je vous disais : Gardez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens ? »
      12 Alors les disciples comprirent qu’il ne leur avait pas dit de se garder du levain utilisé pour le pain, mais de l’enseignement des Pharisiens et des Sadducéens.
      21 A partir de ce moment, Jésus se mit à parler ouvertement à ses disciples en disant : « Il faut que j’aille à Jérusalem et que j’y souffre beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des maîtres de la loi. Je serai mis à mort et, le troisième jour, je reviendrai à la vie. »

      Matthieu 17

      23 qui le mettront à mort ; mais, le troisième jour, il reviendra à la vie. » Alors les disciples furent profondément attristés.

      Matthieu 18

      1 A ce moment, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui demandèrent : « Qui est le plus grand dans le Royaume des cieux ? »
      8 Si c’est à cause de ta main ou de ton pied que tu tombes dans le péché, coupe-les et jette-les loin de toi ; il vaut mieux pour toi entrer dans la vraie vie avec une seule main ou un seul pied que de garder les deux mains et les deux pieds et d’être jeté dans le feu éternel.
      10 « Gardez-vous de mépriser l’un de ces petits ; je vous l’affirme, en effet, leurs anges se tiennent continuellement en présence de mon Père dans les cieux. [
      11 Car le Fils de l’homme est venu sauver ceux qui étaient perdus. ]
      12 « Qu’en pensez-vous ? Supposons qu’un homme possède cent moutons et que l’un d’eux s’égare, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur la colline pour partir à la recherche de celui qui s’est égaré ?
      13 Je vous l’affirme, s’il le retrouve, il ressent plus de joie pour ce mouton que pour les quatre-vingt-dix-neuf autres qui ne se sont pas égarés.
      14 De même, votre Père qui est dans les cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits se perde. »
      15 « Si ton frère se rend coupable à ton égard, va le trouver seul à seul et montre-lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère.
      16 Mais s’il refuse de t’écouter, prends une ou deux autres personnes avec toi, afin que, comme le dit l’Écriture, “toute affaire soit réglée sur le témoignage de deux ou trois personnes.”
      17 Mais s’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église ; et s’il refuse d’écouter l’Église, considère-le comme un incroyant ou un collecteur d’impôts.
      18 « Je vous le déclare, c’est la vérité : tout ce que vous exclurez sur terre sera exclu dans le ciel ; tout ce que vous accueillerez sur terre sera accueilli dans le ciel.
      19 « Je vous déclare aussi que si deux d’entre vous, sur la terre, s’accordent pour demander quoi que ce soit dans la prière, mon Père qui est dans les cieux le leur donnera.
      20 Car là où deux ou trois s’assemblent en mon nom, je suis au milieu d’eux. »
      21 Alors Pierre s’approcha de Jésus et lui demanda : « Seigneur, combien de fois devrai-je pardonner à mon frère s’il se rend coupable envers moi ? jusqu’à sept fois ? » –
      22 « Non, répondit Jésus, je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.
      23 C’est pourquoi, voici à quoi ressemble le Royaume des cieux : Un roi décida de régler ses comptes avec ses serviteurs.
      24 Il commençait à le faire, quand on lui en amena un qui lui devait une énorme somme d’argent.
      25 Cet homme n’avait pas de quoi rendre cet argent ; alors son maître donna l’ordre de le vendre comme esclave et de vendre aussi sa femme, ses enfants et tout ce qu’il possédait, afin de rembourser ainsi la dette.
      26 Le serviteur se jeta à genoux devant son maître et lui dit : “Prends patience envers moi et je te paierai tout !”
      27 Le maître en eut pitié : il annula sa dette et le laissa partir.
      28 Le serviteur sortit et rencontra un de ses compagnons de service qui lui devait une très petite somme d’argent. Il le saisit à la gorge et le serrait à l’étouffer en disant : “Paie ce que tu me dois !”
      29 Son compagnon se jeta à ses pieds et le supplia en ces termes : “Prends patience envers moi et je te paierai !”
      30 Mais l’autre refusa ; bien plus, il le fit jeter en prison en attendant qu’il ait payé sa dette.
      31 Quand les autres serviteurs virent ce qui était arrivé, ils en furent profondément attristés et allèrent tout raconter à leur maître.
      32 Alors le maître fit venir ce serviteur et lui dit : “Méchant serviteur ! j’ai annulé toute ta dette parce que tu m’as supplié de le faire.
      33 Tu devais toi aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi.”
      34 Le maître était fort en colère et il envoya le serviteur aux travaux forcés en attendant qu’il ait payé toute sa dette. »

      Matthieu 19

      9 Je vous le déclare : si un homme renvoie sa femme, alors qu’elle n’a pas été infidèle, et en épouse une autre, il commet un adultère. »
      30 Mais beaucoup qui sont maintenant les premiers seront les derniers et beaucoup qui sont maintenant les derniers seront les premiers. »

      Matthieu 20

      16 Ainsi, ajouta Jésus, ceux qui sont les derniers seront les premiers et ceux qui sont les premiers seront les derniers. »
      19 et le livreront aux païens, qui se moqueront de lui, le frapperont à coups de fouet et le cloueront sur une croix. Et le troisième jour, il reviendra de la mort à la vie. »

      Matthieu 22

      1 Jésus utilisa de nouveau des paraboles pour parler à ses auditeurs. Il leur dit :
      2 « Voici à quoi ressemble le Royaume des cieux : Un roi organisa un repas pour le mariage de son fils.
      3 Il envoya ses serviteurs appeler les invités pour ce repas, mais ils ne voulurent pas venir.
      4 Il envoya alors d’autres serviteurs avec cet ordre : “Dites aux invités : Mon repas est préparé maintenant, mes taureaux et mes bêtes grasses sont tués, tout est prêt. Venez au repas de mariage !”
      5 Mais les invités ne s’en soucièrent pas et s’en allèrent à leurs affaires : l’un à son champ, l’autre à son commerce ;
      6 les autres saisirent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.
      7 Le roi se mit en colère : il envoya ses soldats tuer ces assassins et incendier leur ville.
      8 Puis il dit à ses serviteurs : “Le repas de mariage est prêt, mais les invités ne le méritaient pas.
      9 Allez donc dans les principales rues et invitez au repas tous ceux que vous pourrez trouver.”
      10 Les serviteurs s’en allèrent dans les rues et rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons ; et ainsi, la salle de fête se remplit de monde.
      11 Le roi entra alors pour voir les invités et il aperçut un homme qui ne portait pas de costume de fête.
      12 Il lui demanda : “Mon ami, comment es-tu entré ici sans costume de fête ?” Mais l’homme ne répondit rien.
      13 Alors le roi dit aux serviteurs : “Liez-lui les pieds et les mains et jetez-le dehors, dans le noir. C’est là qu’il pleurera et grincera des dents.”
      14 En effet, ajouta Jésus, beaucoup sont invités, mais peu sont admis. »

      Matthieu 24

      1 Jésus sortit du temple et, tandis qu’il s’en allait, ses disciples s’approchèrent de lui pour lui faire remarquer les constructions du temple.
      2 Alors Jésus prit la parole et leur dit : « Vous voyez tout cela ? Je vous le déclare, c’est la vérité : il ne restera pas ici une seule pierre posée sur une autre ; tout sera renversé. »
      3 Jésus s’était assis au mont des Oliviers. Ses disciples s’approchèrent alors de lui en particulier et lui demandèrent : « Dis-nous quand cela se passera, et quel signe indiquera le moment de ta venue et de la fin du monde. »
      4 Jésus leur répondit : « Faites attention que personne ne vous trompe.
      5 Car beaucoup d’hommes viendront en usant de mon nom et diront : “Je suis le Messie !” Et ils tromperont quantité de gens.
      6 Vous allez entendre le bruit de guerres proches et des nouvelles sur des guerres lointaines ; ne vous laissez pas effrayer : il faut que cela arrive, mais ce ne sera pas encore la fin de ce monde.
      7 Un peuple combattra contre un autre peuple, et un royaume attaquera un autre royaume ; il y aura des famines et des tremblements de terre dans différentes régions.
      8 Tous ces événements seront comme les premières douleurs de l’accouchement.
      9 Alors des hommes vous livreront pour qu’on vous tourmente et l’on vous mettra à mort. Tous les peuples vous haïront à cause de moi.
      10 En ce temps-là, beaucoup abandonneront la foi ; ils se trahiront et se haïront les uns les autres.
      11 De nombreux faux prophètes apparaîtront et tromperont beaucoup de gens.
      12 Le mal se répandra à tel point que l’amour d’un grand nombre de personnes se refroidira.
      13 Mais celui qui tiendra bon jusqu’à la fin sera sauvé.
      14 Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera annoncée dans le monde entier pour que le témoignage en soit présenté à tous les peuples. Et alors viendra la fin. »
      15 « Vous verrez celui qu’on appelle “l’Horreur abominable”, dont le prophète Daniel a parlé ; il sera placé dans le lieu saint. – Que celui qui lit comprenne bien cela ! –
      16 Alors, ceux qui seront en Judée devront s’enfuir vers les montagnes ;
      17 celui qui sera sur la terrasse de sa maison ne devra pas descendre pour prendre ses affaires à l’intérieur ;
      18 et celui qui sera dans les champs ne devra pas retourner chez lui pour emporter son manteau.
      19 Quel malheur ce sera, en ces jours-là, pour les femmes enceintes et pour celles qui allaiteront !
      20 Priez Dieu pour que vous n’ayez pas à fuir pendant la mauvaise saison ou un jour de sabbat !
      21 Car, en ce temps-là, la détresse sera plus terrible que toutes celles qu’on a connues depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant, et il n’y en aura plus jamais de pareille.
      22 Si Dieu n’avait pas décidé d’abréger cette période, personne ne pourrait survivre. Mais il l’a abrégée à cause de ceux qu’il a choisis.
      23 Si quelqu’un vous dit alors : “Regardez, le Messie est ici !” ou bien : “Il est là !”, ne le croyez pas.
      24 Car de faux messies et de faux prophètes apparaîtront ; ils accompliront de grands miracles et des prodiges pour tromper, si possible, même ceux que Dieu a choisis.
      25 Écoutez ! Je vous ai avertis à l’avance.
      26 « Si donc on vous dit : “Regardez, il est dans le désert !”, n’y allez pas. Ou si l’on vous dit : “Regardez, il se cache ici !”, ne le croyez pas.
      27 Comme l’éclair brille à travers le ciel de l’est à l’ouest, ainsi viendra le Fils de l’homme.
      28 Où que soit le cadavre, là se rassembleront les vautours. »
      29 « Aussitôt après la détresse de ces jours-là, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa clarté, les étoiles tomberont du ciel et les puissances des cieux seront ébranlées.
      30 Alors, le signe du Fils de l’homme apparaîtra dans le ciel ; alors, tous les peuples de la terre se lamenteront, ils verront le Fils de l’homme arriver sur les nuages du ciel avec beaucoup de puissance et de gloire.
      31 La grande trompette sonnera et il enverra ses anges aux quatre coins de la terre : ils rassembleront ceux qu’il a choisis, d’un bout du monde à l’autre. »
      32 « Comprenez l’enseignement que donne le figuier : dès que la sève circule dans ses branches et que ses feuilles poussent, vous savez que la bonne saison est proche.
      33 De même, quand vous verrez tout cela, sachez que l’événement est proche, qu’il va se produire.
      34 Je vous le déclare, c’est la vérité : les gens d’aujourd’hui n’auront pas tous disparu avant que tout cela arrive.
      35 Le ciel et la terre disparaîtront, tandis que mes paroles ne disparaîtront jamais. »
      36 « Cependant personne ne sait quand viendra ce jour ou cette heure, pas même les anges dans les cieux, ni même le Fils ; le Père seul le sait.
      37 Ce qui s’est passé du temps de Noé se passera de la même façon quand viendra le Fils de l’homme.
      38 En effet, à cette époque, avant la grande inondation, les gens mangeaient et buvaient, se mariaient ou donnaient leurs filles en mariage, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;
      39 ils ne se rendirent compte de rien jusqu’au moment où la grande inondation vint et les emporta tous. Ainsi en sera-t-il quand viendra le Fils de l’homme.
      40 Alors, deux hommes seront aux champs : l’un sera emmené et l’autre laissé.
      41 Deux femmes moudront du grain au moulin : l’une sera emmenée et l’autre laissée.
      42 Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra.
      43 Comprenez bien ceci : si le maître de la maison savait à quel moment de la nuit le voleur doit venir, il resterait éveillé et ne le laisserait pas pénétrer dans sa maison.
      44 C’est pourquoi, tenez-vous prêts, vous aussi, car le Fils de l’homme viendra à l’heure que vous ne pensez pas. »
      45 « Quel est donc le serviteur fidèle et intelligent ? En voici un que son maître a chargé de prendre soin des autres serviteurs pour leur donner leur nourriture au moment voulu.
      46 Heureux ce serviteur si le maître, à son retour chez lui, le trouve occupé à ce travail !
      47 Je vous le déclare, c’est la vérité : le maître lui confiera la charge de tous ses biens.
      48 Mais si c’est un mauvais serviteur, il se dira : “Mon maître tarde à revenir”,
      49 et il se mettra à battre ses compagnons de service, il mangera et boira avec des ivrognes.
      50 Eh bien, le maître reviendra un jour où le serviteur ne l’attend pas et à une heure qu’il ne connaît pas ;
      51 il chassera le serviteur et lui fera partager le sort des hypocrites, là où l’on pleure et grince des dents. »

      Matthieu 25

      1 « Alors le Royaume des cieux ressemblera à l’histoire de dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et sortirent pour aller à la rencontre du marié.
      14 « Il en sera comme d’un homme qui allait partir en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
      30 Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors, dans le noir, là où l’on pleure et grince des dents.” »
      31 « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous les anges, il siégera sur son trône royal.

      Matthieu 26

      34 Jésus lui répondit : « Je te le déclare, c’est la vérité : cette nuit même, avant que le coq chante, tu auras prétendu trois fois ne pas me connaître. »

      Matthieu 27

      9 Alors se réalisèrent ces paroles du prophète Jérémie : « Ils prirent les trente pièces d’argent – le prix auquel les Israélites l’avaient estimé –
      46 Vers trois heures, Jésus cria avec force : « Éli, Éli, lema sabactani ? » – ce qui signifie « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » –
      63 et dirent : « Excellence, nous nous souvenons que cet imposteur, quand il était encore vivant, a dit : “Au bout de trois jours, je reviendrai de la mort à la vie.”

      Marc 1

      2 Dans le livre du prophète Ésaïe, il est écrit : « Je vais envoyer mon messager devant toi, dit Dieu, pour t’ouvrir le chemin.
      12 Tout de suite après, l’Esprit le poussa dans le désert.
      30 La belle-mère de Simon était au lit, parce qu’elle avait de la fièvre ; dès que Jésus arriva, on lui parla d’elle.
      32 Le soir, après le coucher du soleil, les gens transportèrent vers Jésus tous les malades et ceux qui étaient possédés d’un esprit mauvais.

      Marc 2

      1 Quelques jours plus tard, Jésus revint à Capernaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison.
      2 Une foule de gens s’assembla, si bien qu’il ne restait plus de place, pas même dehors devant la porte. Jésus leur donnait son enseignement.
      3 Quelques hommes arrivèrent, lui amenant un paralysé porté par quatre d’entre eux.
      4 Mais ils ne pouvaient pas le présenter à Jésus, à cause de la foule. Ils ouvrirent alors le toit au-dessus de l’endroit où était Jésus ; par le trou qu’ils avaient fait, ils descendirent le paralysé étendu sur sa natte.
      5 Quand Jésus vit la foi de ces hommes, il dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »
      6 Quelques maîtres de la loi, qui étaient assis là, pensaient en eux-mêmes :
      7 « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il fait insulte à Dieu. Qui peut pardonner les péchés ? Dieu seul le peut ! »
      8 Jésus devina aussitôt ce qu’ils pensaient et leur dit : « Pourquoi avez-vous de telles pensées ?
      9 Est-il plus facile de dire au paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou de dire : “Lève-toi, prends ta natte et marche” ?
      10 Mais je veux que vous le sachiez : le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés. » Alors il adressa ces mots au paralysé :
      11 « Je te le dis, lève-toi, prends ta natte, et rentre chez toi ! »
      12 Aussitôt, tandis que tout le monde le regardait, l’homme se leva, prit sa natte et partit. Ils furent tous frappés d’étonnement ; ils louaient Dieu et disaient : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil ! »
      26 Il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains offerts à Dieu. Abiatar était le grand-prêtre en ce temps-là. Notre loi permet aux seuls prêtres de manger ces pains, mais David en prit et en donna aussi à ses compagnons. »

      Marc 3

      5 Jésus les regarda tous avec indignation ; il était en même temps profondément attristé qu’ils refusent de comprendre. Il dit alors à l’homme : « Avance ta main. » Il l’avança et sa main redevint saine.
      20 Jésus se rendit ensuite à la maison. Une telle foule s’assembla de nouveau que Jésus et ses disciples ne pouvaient même pas manger.
      31 La mère et les frères de Jésus arrivèrent alors ; ils se tinrent en dehors de la maison et lui envoyèrent quelqu’un pour l’appeler.

      Marc 4

      1 Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord du lac de Galilée. Une foule nombreuse s’assembla autour de lui, si bien qu’il monta dans une barque et s’y assit. La barque était sur le lac et les gens étaient à terre, près de l’eau.
      2 Il leur enseignait beaucoup de choses en utilisant des paraboles et il leur disait dans son enseignement :
      3 « Écoutez ! Un jour, un homme s’en alla dans son champ pour semer.
      4 Or, tandis qu’il lançait la semence, une partie des grains tomba le long du chemin : les oiseaux vinrent et les mangèrent.
      5 Une autre partie tomba sur un sol pierreux où il y avait peu de terre. Les grains poussèrent aussitôt parce que la couche de terre n’était pas profonde.
      6 Quand le soleil fut haut dans le ciel, il brûla les jeunes plantes : elles se desséchèrent parce que leurs racines étaient insuffisantes.
      7 Une autre partie des grains tomba parmi des plantes épineuses. Celles-ci grandirent et étouffèrent les bonnes pousses, qui ne produisirent rien.
      8 Mais d’autres grains tombèrent dans la bonne terre ; les plantes poussèrent, se développèrent et produisirent des épis : les uns portaient trente grains, d’autres soixante et d’autres cent. »
      9 Et Jésus dit : « Écoutez bien, si vous avez des oreilles pour entendre ! »
      10 Quand ils furent seuls avec Jésus, ceux qui l’entouraient d’habitude et les douze disciples le questionnèrent au sujet des paraboles.
      11 Il leur répondit : « Vous avez reçu, vous, le secret du Royaume de Dieu ; mais les autres n’en entendent parler que sous forme de paraboles,
      12 et ainsi “Ils peuvent bien regarder mais sans vraiment voir, ils peuvent bien entendre mais sans vraiment comprendre, sinon ils reviendraient à Dieu et Dieu leur pardonnerait !” »
      13 Puis Jésus leur dit : « Vous ne comprenez pas cette parabole ? Alors comment comprendrez-vous toutes les autres paraboles ?
      14 Le semeur sème la parole de Dieu.
      15 Certains sont comme le bord du chemin où tombe la parole : dès qu’ils l’ont entendue, Satan arrive et arrache la parole semée en eux.
      16 D’autres reçoivent la semence dans des sols pierreux : aussitôt qu’ils entendent la parole, ils l’acceptent avec joie.
      17 Mais ils ne la laissent pas s’enraciner en eux, ils ne s’y attachent qu’un instant. Et alors, quand survient la détresse ou la persécution à cause de la parole de Dieu, ils renoncent bien vite à la foi.
      18 D’autres encore reçoivent la semence parmi des plantes épineuses : ils ont entendu la parole,
      19 mais les préoccupations de ce monde, l’attrait trompeur de la richesse et les désirs de toutes sortes pénètrent en eux, ils étouffent la parole et elle ne produit rien.
      20 D’autres, enfin, reçoivent la semence dans de la bonne terre : ils entendent la parole, ils l’accueillent et portent des fruits, les uns trente, d’autres soixante et d’autres cent. »
      21 Puis Jésus leur dit : « Quelqu’un apporte-t-il la lampe pour la mettre sous un seau ou sous le lit ? N’est-ce pas plutôt pour la mettre sur son support ?
      22 Tout ce qui est caché paraîtra au grand jour, et tout ce qui est secret sera mis en pleine lumière.
      23 Écoutez bien, si vous avez des oreilles pour entendre ! »
      24 Jésus leur dit encore : « Faites attention à ce que vous entendez ! Dieu mesurera ce qu’il vous donne avec la mesure que vous employez vous-mêmes et il y ajoutera encore.
      25 Car celui qui a quelque chose recevra davantage ; mais à celui qui n’a rien on enlèvera même le peu qui pourrait lui rester. »
      26 Jésus dit encore : « Voici à quoi ressemble le Royaume de Dieu : Un homme lance de la semence dans son champ.
      27 Ensuite, il va dormir durant la nuit et il se lève chaque jour, et pendant ce temps les graines germent et poussent sans qu’il sache comment.
      28 La terre fait pousser d’elle-même la récolte : d’abord la tige des plantes, puis l’épi vert, et enfin le grain bien formé dans l’épi.
      29 Dès que le grain est mûr, l’homme se met au travail avec sa faucille, car le moment de la moisson est arrivé. »
      30 Jésus dit encore : « A quoi pouvons-nous comparer le Royaume de Dieu ? Au moyen de quelle parabole allons-nous en parler ?
      31 Il ressemble à une graine de moutarde ; quand on la sème dans la terre, elle est la plus petite de toutes les graines du monde.
      32 Mais après qu’on l’a semée, elle monte et devient la plus grande de toutes les plantes du jardin. Elle pousse des branches si grandes que les oiseaux peuvent faire leurs nids à son ombre. »
      33 Ainsi, Jésus donnait son enseignement en utilisant beaucoup de paraboles de ce genre ; il le donnait selon ce que ses auditeurs pouvaient comprendre.
      34 Il ne leur parlait pas sans utiliser des paraboles ; mais quand il était seul avec ses disciples, il leur expliquait tout.
      35 Le soir de ce même jour, Jésus dit à ses disciples : « Passons de l’autre côté du lac. »
      36 Ils quittèrent donc la foule ; les disciples emmenèrent Jésus dans la barque où il se trouvait encore. D’autres barques étaient près de lui.
      37 Et voilà qu’un vent violent se mit à souffler, les vagues se jetaient dans la barque, à tel point que, déjà, elle se remplissait d’eau.
      38 Jésus, à l’arrière du bateau, dormait, la tête appuyée sur un coussin. Ses disciples le réveillèrent alors en criant : « Maître, nous allons mourir : cela ne te fait donc rien ? »
      39 Jésus, réveillé, menaça le vent et dit à l’eau du lac : « Silence ! calme-toi ! » Alors le vent tomba et il y eut un grand calme.
      40 Puis Jésus dit aux disciples : « Pourquoi avez-vous si peur ? N’avez-vous pas encore confiance ? »
      41 Mais ils éprouvèrent une grande frayeur et ils se dirent les uns aux autres : « Qui est donc cet homme, pour que même le vent et les flots lui obéissent ? »

      Marc 5

      1 Puis ils arrivèrent de l’autre côté du lac de Galilée, dans le territoire des Géraséniens.
      2 Jésus descendit de la barque et, aussitôt, un homme sortit du milieu des tombeaux et vint à sa rencontre. Cet homme était possédé par un esprit mauvais
      3 et il vivait parmi les tombeaux. Personne ne pouvait plus le tenir attaché, même avec une chaîne ;
      4 souvent, en effet, on lui avait mis des fers aux pieds et des chaînes aux mains, mais il avait rompu les chaînes et brisé les fers. Personne n’était assez fort pour le maîtriser.
      5 Continuellement, la nuit comme le jour, il errait parmi les tombeaux et sur les collines, en poussant des cris et en se blessant lui-même avec des pierres.
      6 Il vit Jésus de loin ; alors il accourut, se jeta à genoux devant lui,
      7 et cria avec force : « Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu très-haut ? Je t’en conjure, au nom de Dieu, ne me tourmente pas ! »
      8 – Jésus lui disait en effet : « Esprit mauvais, sors de cet homme ! » –
      9 Jésus l’interrogea : « Quel est ton nom ? » Il répondit : « Mon nom est “Multitude”, car nous sommes nombreux. »
      10 Et il le suppliait avec insistance de ne pas envoyer les esprits mauvais hors de la région.
      11 Il y avait là un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture près de la colline.
      12 Les esprits adressèrent cette prière à Jésus : « Envoie-nous dans ces porcs, laisse nous entrer en eux ! »
      13 Jésus le leur permit. Alors les esprits mauvais sortirent de l’homme et entrèrent dans les porcs. Tout le troupeau – environ deux mille porcs – se précipita du haut de la falaise dans le lac et s’y noya.
      14 Les hommes qui gardaient les porcs s’enfuirent et portèrent la nouvelle dans la ville et dans les fermes. Les gens vinrent donc voir ce qui s’était passé.
      15 Ils arrivèrent auprès de Jésus et virent l’homme qui avait été possédé d’une multitude d’esprits mauvais : il était assis, il portait des vêtements et était dans son bon sens. Et ils prirent peur.
      16 Ceux qui avaient tout vu leur racontèrent ce qui était arrivé à l’homme possédé et aux porcs.
      17 Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire.
      18 Au moment où Jésus montait dans la barque, l’homme guéri lui demanda de pouvoir rester avec lui.
      19 Jésus ne le lui permit pas, mais il lui dit : « Retourne chez toi, dans ta famille, et raconte-leur tout ce que le Seigneur a fait dans sa bonté pour toi. »
      20 L’homme s’en alla donc et se mit à proclamer dans la région des Dix Villes tout ce que Jésus avait fait pour lui ; et tous ceux qui l’entendirent furent remplis d’étonnement.
      41 Il la prit par la main et lui dit : « Talitha koum ! » – ce qui signifie « Fillette, debout, je te le dis ! » –

      Marc 6

      38 Jésus leur dit : « Combien avez-vous de pains ? Allez voir. » Ils se renseignèrent et lui dirent : « Nous avons cinq pains, et aussi deux poissons. »

      Marc 7

      24 Jésus partit de là et se rendit dans le territoire de Tyr. Il entra dans une maison et il voulait que personne ne sache qu’il était là, mais il ne put pas rester caché.
      25 En effet, une femme, dont la fille était tourmentée par un esprit mauvais, entendit parler de Jésus ; elle vint aussitôt vers lui et se jeta à ses pieds.
      26 Cette femme était non juive, née en Phénicie de Syrie. Elle pria Jésus de chasser l’esprit mauvais hors de sa fille.
      27 Mais Jésus lui dit : « Laisse d’abord les enfants manger à leur faim ; car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens. »
      28 Elle lui répondit : « Pourtant, Maître, même les chiens, sous la table, mangent les miettes que les enfants laissent tomber. »
      29 Alors Jésus lui dit : « A cause de cette réponse, tu peux retourner chez toi : l’esprit mauvais est sorti de ta fille. »
      30 Elle retourna donc chez elle et, là, elle trouva son enfant étendue sur le lit : l’esprit mauvais l’avait quittée.
      31 Jésus quitta ensuite le territoire de Tyr, passa par Sidon et revint vers le lac de Galilée à travers le territoire des Dix Villes.
      32 On lui amena un homme qui était sourd et avait de la peine à parler, et on le supplia de poser la main sur lui.
      33 Alors Jésus l’emmena seul avec lui, loin de la foule ; il mit ses doigts dans les oreilles de l’homme et lui toucha la langue avec sa propre salive.
      34 Puis il leva les yeux vers le ciel, soupira et dit à l’homme : « Effata ! » – ce qui signifie « Ouvre-toi ! » –
      35 Aussitôt, les oreilles de l’homme s’ouvrirent, sa langue fut libérée et il se mit à parler normalement.
      36 Jésus recommanda à tous de n’en parler à personne ; mais plus il le leur recommandait, plus ils répandaient la nouvelle.
      37 Et les gens étaient impressionnés au plus haut point ; ils disaient : « Tout ce qu’il fait est vraiment bien ! Il fait même entendre les sourds et parler les muets ! »

      Marc 8

      1 En ce temps-là, une grande foule s’était de nouveau assemblée. Comme elle n’avait rien à manger, Jésus appela ses disciples et leur dit :
      2 « J’ai pitié de ces gens, car voilà trois jours qu’ils sont avec moi et ils n’ont plus rien à manger.
      3 Si je les renvoie chez eux le ventre vide, ils se trouveront mal en chemin, car plusieurs d’entre eux sont venus de loin. »
      4 Ses disciples lui répondirent : « Où pourrait-on trouver de quoi les faire manger à leur faim, dans cet endroit désert ? »
      5 Jésus leur demanda : « Combien avez-vous de pains ? » Et ils répondirent : « Sept. »
      6 Alors, il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Puis il prit les sept pains, remercia Dieu, les rompit et les donna à ses disciples pour les distribuer à tous. C’est ce qu’ils firent.
      7 Ils avaient encore quelques petits poissons. Jésus remercia Dieu pour ces poissons et dit à ses disciples de les distribuer aussi.
      8 Chacun mangea à sa faim. Les disciples emportèrent sept corbeilles pleines des morceaux qui restaient.
      9 Or, il y avait là environ quatre mille personnes. Puis Jésus les renvoya,
      10 monta aussitôt dans la barque avec ses disciples et se rendit dans la région de Dalmanoutha.
      11 Les Pharisiens arrivèrent et commencèrent à discuter avec Jésus pour lui tendre un piège. Ils lui demandèrent de montrer par un signe miraculeux qu’il venait de Dieu.
      12 Jésus soupira profondément et dit : « Pourquoi les gens d’aujourd’hui réclament-ils un signe miraculeux ? Je vous le déclare, c’est la vérité : aucun signe ne leur sera donné ! »
      13 Puis il les quitta, remonta dans la barque et partit vers l’autre côté du lac.
      14 Les disciples avaient oublié d’emporter des pains, ils n’en avaient qu’un seul avec eux dans la barque.
      15 Jésus leur fit alors cette recommandation : « Attention ! Gardez-vous du levain des Pharisiens et du levain d’Hérode. »
      16 Les disciples se mirent à discuter entre eux parce qu’ils n’avaient pas de pain.
      17 Jésus s’en aperçut et leur demanda : « Pourquoi discutez-vous parce que vous n’avez pas de pain ? Ne comprenez-vous pas encore ? Ne saisissez-vous pas ? Avez-vous l’esprit bouché ?
      18 Vous avez des yeux, ne voyez-vous pas ? Vous avez des oreilles, n’entendez-vous pas ? Ne vous rappelez-vous pas :
      19 quand j’ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées ? » – « Douze », répondirent-ils.
      20 « Et quand j’ai rompu les sept pains pour les quatre mille personnes, demanda Jésus, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées ? » – « Sept », répondirent-ils.
      21 Alors Jésus leur dit : « Et vous ne comprenez pas encore ? »
      22 Ils arrivèrent à Bethsaïda ; là, on amena à Jésus un aveugle et on le pria de le toucher.
      23 Jésus prit l’aveugle par la main et le conduisit hors du village. Puis il lui mit de la salive sur les yeux, posa les mains sur lui et lui demanda : « Peux-tu voir quelque chose ? »
      24 L’aveugle leva les yeux et dit : « Je vois des gens, je les vois comme des arbres, mais ils marchent. »
      25 Jésus posa de nouveau les mains sur les yeux de l’homme ; celui-ci regarda droit devant lui : il était guéri, il voyait tout clairement.
      26 Alors Jésus le renvoya chez lui en lui disant : « N’entre pas dans le village. »
      31 Ensuite, Jésus se mit à donner cet enseignement à ses disciples : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup ; les anciens, les chefs des prêtres et les maîtres de la loi le rejetteront ; il sera mis à mort, et après trois jours, il se relèvera de la mort. »

      Marc 9

      21 Jésus demanda au père : « Depuis combien de temps cela lui arrive-t-il ? » Et le père répondit : « Depuis sa petite enfance.
      31 Voici, en effet, ce qu’il enseignait à ses disciples : « Le Fils de l’homme sera livré aux mains des hommes, ceux-ci le mettront à mort ; et trois jours après, il se relèvera de la mort. »
      36 Puis il prit un petit enfant et le plaça au milieu d’eux ; il le serra dans ses bras et leur dit :
      43 Si c’est à cause de ta main que tu tombes dans le péché, coupe-la ; il vaut mieux pour toi entrer dans la vraie vie avec une seule main que de garder les deux mains et d’aller en enfer, dans le feu qui ne s’éteint pas. [

      Marc 10

      1 Jésus partit de là et se rendit dans le territoire de la Judée, puis de l’autre côté du Jourdain. De nouveau, une foule de gens s’assemblèrent près de lui et il se mit à leur donner son enseignement, comme il le faisait toujours.
      2 Quelques Pharisiens s’approchèrent de lui pour lui tendre un piège. Ils lui demandèrent : « Notre loi permet-elle à un homme de renvoyer sa femme ? »
      3 Jésus leur répondit par cette question : « Quel commandement Moïse vous a-t-il donné ? »
      4 Ils dirent : « Moïse a permis à un homme d’écrire une attestation de divorce et de renvoyer sa femme. »
      5 Alors Jésus leur dit : « Moïse a écrit ce commandement pour vous parce que vous avez le cœur dur.
      6 Mais au commencement, quand Dieu a tout créé, “il les fit homme et femme”, dit l’Écriture.
      7 “C’est pourquoi, l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme,
      8 et les deux deviendront un seul être.” Ainsi, ils ne sont plus deux mais un seul être.
      9 Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. »
      10 Quand ils furent dans la maison, les disciples posèrent de nouveau des questions à Jésus à ce propos.
      11 Il leur répondit : « Si un homme renvoie sa femme et en épouse une autre, il commet un adultère envers la première ;
      12 de même, si une femme renvoie son mari et épouse un autre homme, elle commet un adultère. »
      13 Des gens amenèrent des enfants à Jésus pour qu’il pose les mains sur eux, mais les disciples leur firent des reproches.
      14 Quand Jésus vit cela, il s’indigna et dit à ses disciples : « Laissez les enfants venir à moi ! Ne les en empêchez pas, car le Royaume de Dieu appartient à ceux qui sont comme eux.
      15 Je vous le déclare, c’est la vérité : celui qui ne reçoit pas le Royaume de Dieu comme un enfant ne pourra jamais y entrer. »
      16 Ensuite, il prit les enfants dans ses bras ; il posa les mains sur chacun d’eux et les bénit.
      17 Comme Jésus se mettait en route, un homme vint en courant, se jeta à genoux devant lui et lui demanda : « Bon maître, que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle ? »
      18 Jésus lui dit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, à part Dieu seul.
      19 Tu connais les commandements : “Ne commets pas de meurtre ; ne commets pas d’adultère ; ne vole pas ; ne prononce pas de faux témoignage contre quelqu’un ; ne prends rien aux autres par tromperie ; respecte ton père et ta mère.” »
      20 L’homme lui répondit : « Maître, j’ai obéi à tous ces commandements depuis ma jeunesse. »
      21 Jésus le regarda avec amour et lui dit : « Il te manque une chose : va vendre tout ce que tu as et donne l’argent aux pauvres, alors tu auras des richesses dans le ciel ; puis viens et suis-moi. »
      22 Mais quand l’homme entendit cela, il prit un air sombre et il s’en alla tout triste parce qu’il avait de grands biens.
      23 Jésus regarda ses disciples qui l’entouraient et leur dit : « Qu’il est difficile aux riches d’entrer dans le Royaume de Dieu ! »
      24 Les disciples furent troublés par ces paroles. Mais Jésus leur dit encore : « Mes enfants, qu’il est difficile d’entrer dans le Royaume de Dieu !
      25 Il est difficile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille, mais il est encore plus difficile à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. »
      26 Les disciples étaient de plus en plus étonnés, et ils se demandèrent les uns aux autres : « Mais qui donc peut être sauvé ? »
      27 Jésus les regarda et leur dit : « C’est impossible aux hommes, mais non à Dieu, car tout est possible à Dieu. »
      28 Alors Pierre lui dit : « Écoute, nous avons tout quitté pour te suivre. »
      29 Jésus lui répondit : « Je vous le déclare, c’est la vérité : si quelqu’un quitte, pour moi et pour la Bonne Nouvelle, sa maison, ou ses frères, ses sœurs, sa mère, son père, ses enfants, ses champs,
      30 il recevra cent fois plus dans le temps où nous vivons maintenant : des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants et des champs, avec des persécutions aussi ; et dans le monde futur, il recevra la vie éternelle.
      31 Mais beaucoup qui sont maintenant les premiers seront les derniers, et ceux qui sont maintenant les derniers seront les premiers. »
      32 Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem. Jésus marchait devant ses disciples, qui étaient inquiets, et ceux qui les suivaient avaient peur. Jésus prit de nouveau les douze disciples avec lui et se mit à leur parler de ce qui allait bientôt lui arriver.
      33 Il leur dit : « Écoutez, nous montons à Jérusalem, où le Fils de l’homme sera livré aux chefs des prêtres et aux maîtres de la loi. Ils le condamneront à mort et le livreront aux païens.
      34 Ceux-ci se moqueront de lui, cracheront sur lui, le frapperont à coups de fouet et le mettront à mort. Et, après trois jours, il se relèvera de la mort. »
      35 Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, vinrent auprès de Jésus. Ils lui dirent : « Maître, nous désirons que tu fasses pour nous ce que nous te demanderons. » –
      36 « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » leur dit Jésus.
      37 Ils lui répondirent : « Quand tu seras dans ton règne glorieux, accorde-nous de siéger à côté de toi, l’un à ta droite, l’autre à ta gauche. »
      38 Mais Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe de douleur que je vais boire, ou recevoir le baptême de souffrance que je vais recevoir ? »
      39 Et ils lui répondirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « Vous boirez en effet la coupe que je vais boire et vous recevrez le baptême que je vais recevoir.
      40 Mais ce n’est pas à moi de décider qui siègera à ma droite ou à ma gauche ; ces places sont à ceux pour qui Dieu les a préparées. »
      41 Quand les dix autres disciples entendirent cela, ils s’indignèrent contre Jacques et Jean.
      42 Alors Jésus les appela tous et leur dit : « Vous le savez, ceux qu’on regarde comme les chefs des peuples les commandent en maîtres, et les grands personnages leur font sentir leur pouvoir.
      43 Mais cela ne se passe pas ainsi parmi vous. Au contraire, si l’un de vous veut être grand, il doit être votre serviteur,
      44 et si l’un de vous veut être le premier, il doit être l’esclave de tous.
      45 Car le Fils de l’homme lui-même n’est pas venu pour se faire servir, mais il est venu pour servir et donner sa vie comme rançon pour libérer une multitude de gens. »
      46 Ils arrivèrent à Jéricho. Lorsque Jésus sortit de cette ville avec ses disciples et une grande foule, un aveugle appelé Bartimée, le fils de Timée, était assis au bord du chemin et mendiait.
      47 Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! »
      48 Beaucoup lui faisaient des reproches pour qu’il se taise, mais il criait encore plus fort : « Fils de David, aie pitié de moi ! »
      49 Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le. » Ils appelèrent donc l’aveugle et lui dirent : « Courage, lève-toi, il t’appelle. »
      50 Alors il jeta son manteau, sauta sur ses pieds et vint vers Jésus.
      51 Jésus lui demanda : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui répondit : « Maître, fais que je voie de nouveau. »
      52 Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a guéri. » Aussitôt, il put voir, et il suivait Jésus sur le chemin.

      Marc 12

      41 Puis Jésus s’assit en face des troncs à offrandes du temple, et il regardait comment les gens y déposaient de l’argent. De nombreux riches donnaient beaucoup d’argent.
      42 Une veuve pauvre arriva et mit deux petites pièces de cuivre, d’une valeur de quelques centimes.
      43 Alors Jésus appela ses disciples et leur dit : « Je vous le déclare, c’est la vérité : cette veuve pauvre a mis dans le tronc plus que tous les autres.
      44 Car tous les autres ont donné de l’argent dont ils n’avaient pas besoin ; mais elle, dans sa pauvreté, a offert tout ce qu’elle possédait, tout ce dont elle avait besoin pour vivre. »

      Marc 13

      1 Tandis que Jésus sortait du temple, un de ses disciples lui dit : « Maître, regarde ! Quelles belles pierres, quelles grandes constructions ! »
      2 Jésus lui répondit : « Tu vois ces grandes constructions ? Il ne restera pas ici une seule pierre posée sur une autre ; tout sera renversé. »
      3 Jésus s’assit au mont des Oliviers, en face du temple. Pierre, Jacques, Jean et André, qui étaient seuls avec lui, lui demandèrent :
      4 « Dis-nous quand cela se passera et quel signe indiquera le moment où toutes ces choses doivent arriver. »
      5 Alors Jésus se mit à leur dire : « Faites attention que personne ne vous trompe.
      6 Beaucoup d’hommes viendront en usant de mon nom et diront : “Je suis le Messie !” Et ils tromperont quantité de gens.
      7 Quand vous entendrez le bruit de guerres proches et des nouvelles sur des guerres lointaines, ne vous effrayez pas ; il faut que cela arrive, mais ce ne sera pas encore la fin de ce monde.
      8 Un peuple combattra contre un autre peuple, et un royaume attaquera un autre royaume ; il y aura des tremblements de terre dans différentes régions, ainsi que des famines. Ce sera comme les premières douleurs de l’accouchement.
      9 Quant à vous, faites attention à vous-mêmes. Car des gens vous feront passer devant les tribunaux ; on vous battra dans les synagogues. Vous devrez comparaître devant des gouverneurs et des rois à cause de moi, pour apporter votre témoignage devant eux.
      10 Il faut avant tout que la Bonne Nouvelle soit annoncée à tous les peuples.
      11 Et lorsqu’on vous arrêtera pour vous conduire devant le tribunal, ne vous inquiétez pas d’avance de ce que vous aurez à dire ; mais dites les paroles qui vous seront données à ce moment-là, car elles ne viendront pas de vous, mais du Saint-Esprit.
      12 Des frères livreront leurs propres frères pour qu’on les mette à mort, et des pères agiront de même avec leurs enfants ; des enfants se tourneront contre leurs parents et les feront condamner à mort.
      13 Tout le monde vous haïra à cause de moi. Mais celui qui tiendra bon jusqu’à la fin sera sauvé. »
      14 « Vous verrez celui qu’on appelle “l’Horreur abominable” : il sera placé là où il ne doit pas être. – Que celui qui lit comprenne bien cela ! – Alors, ceux qui seront en Judée devront s’enfuir vers les montagnes ;
      15 celui qui sera sur la terrasse de sa maison ne devra pas descendre pour aller prendre quelque chose à l’intérieur ;
      16 et celui qui sera dans les champs ne devra pas retourner chez lui pour emporter son manteau.
      17 Quel malheur ce sera, en ces jours-là, pour les femmes enceintes et pour celles qui allaiteront !
      18 Priez Dieu pour que ces choses n’arrivent pas pendant la mauvaise saison !
      19 Car, en ces jours-là, la détresse sera plus grande que toutes celles qu’on a connues depuis le commencement du monde, quand Dieu a tout créé, jusqu’à maintenant, et il n’y en aura plus jamais de pareille.
      20 Si le Seigneur n’avait pas décidé d’abréger cette période, personne ne pourrait survivre. Mais il l’a abrégée à cause de ceux qu’il a choisis pour être à lui.
      21 Si quelqu’un vous dit alors : “Regardez, le Messie est ici !” ou bien : “Regardez, il est là !”, ne le croyez pas.
      22 Car de faux messies et de faux prophètes apparaîtront ; ils accompliront des miracles et des prodiges pour tromper, si possible, ceux que Dieu a choisis.
      23 Vous donc, faites attention ! Je vous ai avertis de tout à l’avance. »
      24 « Mais en ces jours-là, après ce temps de détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa clarté,
      25 les étoiles tomberont du ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées.
      26 Alors on verra le Fils de l’homme arriver parmi les nuages, avec beaucoup de puissance et de gloire.
      27 Il enverra les anges aux quatre coins de la terre pour rassembler ceux qu’il a choisis, d’un bout du monde à l’autre. »
      28 « Comprenez l’enseignement que donne le figuier : dès que la sève circule dans ses branches et que ses feuilles poussent, vous savez que la bonne saison est proche.
      29 De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que l’événement est proche, qu’il va se produire.
      30 Je vous le déclare, c’est la vérité : les gens d’aujourd’hui n’auront pas tous disparu avant que tout cela arrive.
      31 Le ciel et la terre disparaîtront, tandis que mes paroles ne disparaîtront jamais. »
      32 « Cependant personne ne sait quand viendra ce jour ou cette heure, pas même les anges dans les cieux, ni même le Fils ; le Père seul le sait.
      33 Attention ! Ne vous endormez pas, car vous ne savez pas quand le moment viendra.
      34 Ce sera comme lorsqu’un homme part en voyage : il quitte sa maison et en laisse le soin à ses serviteurs, il donne à chacun un travail particulier à faire et il ordonne au gardien de la porte de rester éveillé.
      35 Restez donc éveillés, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra : ce sera peut-être le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin.
      36 S’il revient tout à coup, il ne faut pas qu’il vous trouve endormis.
      37 Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Restez éveillés ! »

      Marc 14

      30 Alors Jésus lui répondit : « Je te le déclare, c’est la vérité : aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, toi, tu auras prétendu trois fois ne pas me connaître. »
      36 Il disait : « Abba, ô mon Père, tout t’est possible ; éloigne de moi cette coupe de douleur. Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. »
      51 Un jeune homme suivait Jésus, vêtu d’un simple drap. On essaya de le saisir,

      Luc 1

      1 Cher Théophile, Plusieurs personnes ont essayé d’écrire le récit des événements qui se sont passés parmi nous.
      2 Ils ont rapporté les faits tels que nous les ont racontés ceux qui les ont vus dès le commencement et qui ont été chargés d’annoncer la parole de Dieu.
      3 C’est pourquoi, à mon tour, je me suis renseigné exactement sur tout ce qui est arrivé depuis le début et il m’a semblé bon, illustre Théophile, d’en écrire pour toi le récit suivi.
      4 Je le fais pour que tu puisses reconnaître la vérité des enseignements que tu as reçus.
      5 Au temps où Hérode était roi de Judée, il y avait un prêtre nommé Zacharie qui appartenait au groupe de prêtres d’Abia. Sa femme, une descendante d’Aaron le grand-prêtre, s’appelait Élisabeth.
      6 Ils étaient tous deux justes aux yeux de Dieu et obéissaient parfaitement à toutes les lois et tous les commandements du Seigneur.
      7 Mais ils n’avaient pas d’enfant, car Élisabeth ne pouvait pas en avoir et ils étaient déjà âgés tous les deux.
      8 Un jour, Zacharie exerçait ses fonctions de prêtre devant Dieu, car c’était au tour de son groupe de le faire.
      9 Selon la coutume des prêtres, il fut désigné par le sort pour entrer dans le sanctuaire du Seigneur et y brûler l’encens.
      10 Toute la foule des fidèles priait au-dehors à l’heure où l’on brûlait l’encens.
      11 Un ange du Seigneur apparut alors à Zacharie : il se tenait à la droite de l’autel servant à l’offrande de l’encens.
      12 Quand Zacharie le vit, il fut troublé et saisi de crainte.
      13 Mais l’ange lui dit : « N’aie pas peur, Zacharie, car Dieu a entendu ta prière : Élisabeth, ta femme, te donnera un fils que tu nommeras Jean.
      14 Tu en seras profondément heureux et beaucoup de gens se réjouiront au sujet de sa naissance.
      15 Car il sera un grand serviteur du Seigneur. Il ne boira ni vin, ni aucune autre boisson fermentée. Il sera rempli du Saint-Esprit dès avant sa naissance.
      16 Il ramènera beaucoup d’Israélites au Seigneur leur Dieu.
      17 Il viendra comme messager de Dieu avec l’esprit et la puissance du prophète Élie, pour réconcilier les pères avec leurs enfants et ramener les désobéissants à la sagesse des justes ; il formera un peuple prêt pour le Seigneur. »
      18 Mais Zacharie dit à l’ange : « Comment saurai-je que cela est vrai ? Car je suis vieux et ma femme aussi est âgée. »
      19 Et l’ange lui répondit : « Je suis Gabriel ; je me tiens devant Dieu pour le servir ; il m’a envoyé pour te parler et t’apporter cette bonne nouvelle.
      20 Mais tu n’as pas cru à mes paroles, qui se réaliseront pourtant au moment voulu ; c’est pourquoi tu vas devenir muet, tu seras incapable de parler jusqu’au jour où ces événements se produiront. »
      21 Pendant ce temps, les fidèles attendaient Zacharie et s’étonnaient qu’il reste si longtemps à l’intérieur du sanctuaire.
      22 Mais quand il sortit, il ne put pas leur parler et les gens comprirent qu’il avait eu une vision dans le sanctuaire. Il leur faisait des signes et restait muet.
      23 Quand Zacharie eut achevé la période où il devait servir dans le temple, il retourna chez lui.
      24 Quelque temps après, Élisabeth sa femme devint enceinte, et elle se tint cachée pendant cinq mois. Elle se disait :
      25 « Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi : il a bien voulu me délivrer maintenant de ce qui causait ma honte devant tout le monde. »
      26 Le sixième mois, Dieu envoya l’ange Gabriel dans une ville de Galilée, Nazareth,
      27 chez une jeune fille fiancée à un homme appelé Joseph. Celui-ci était un descendant du roi David ; le nom de la jeune fille était Marie.
      28 L’ange entra chez elle et lui dit : « Réjouis-toi ! Le Seigneur t’a accordé une grande faveur, il est avec toi. »
      29 Marie fut très troublée par ces mots ; elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
      30 L’ange lui dit alors : « N’aie pas peur, Marie, car tu as la faveur de Dieu.
      31 Bientôt tu seras enceinte, puis tu mettras au monde un fils que tu nommeras Jésus.
      32 Il sera grand et on l’appellera le Fils du Dieu très-haut. Le Seigneur Dieu fera de lui un roi, comme le fut David son ancêtre,
      33 et il régnera pour toujours sur le peuple d’Israël, son règne n’aura point de fin. »
      34 Marie dit à l’ange : « Comment cela sera-t-il possible, puisque je suis vierge ? »
      35 L’ange lui répondit : « Le Saint-Esprit viendra sur toi et la puissance du Dieu très-haut te couvrira comme d’une ombre. C’est pourquoi on appellera saint et Fils de Dieu l’enfant qui doit naître.
      36 Élisabeth ta parente attend elle-même un fils, malgré son âge ; elle qu’on disait stérile en est maintenant à son sixième mois.
      37 Car rien n’est impossible à Dieu. »
      38 Alors Marie dit : « Je suis la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi comme tu l’as dit. » Et l’ange la quitta.
      39 Dans les jours qui suivirent, Marie se mit en route et se rendit en hâte dans une localité de la région montagneuse de Judée.
      40 Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
      41 Au moment où celle-ci entendit la salutation de Marie, l’enfant remua en elle. Élisabeth fut remplie du Saint-Esprit
      42 et s’écria d’une voix forte : « Dieu t’a bénie plus que toutes les femmes et sa bénédiction repose sur l’enfant que tu auras !
      43 Qui suis-je pour que la mère de mon Seigneur vienne chez moi ?
      44 Car, vois-tu, au moment où j’ai entendu ta salutation, l’enfant a remué de joie en moi.
      45 Tu es heureuse : tu as cru que le Seigneur accomplira ce qu’il t’a annoncé ! »
      46 Marie dit alors : « De tout mon être je veux dire la grandeur du Seigneur,
      47 mon cœur est plein de joie à cause de Dieu, mon Sauveur ;
      48 car il a bien voulu abaisser son regard sur moi, son humble servante. Oui, dès maintenant et en tous les temps, les humains me diront bienheureuse,
      49 car Dieu le Tout-Puissant a fait pour moi des choses magnifiques. Il est le Dieu saint,
      50 il est plein de bonté en tout temps pour ceux qui le respectent.
      51 Il a montré son pouvoir en déployant sa force : il a mis en déroute les hommes au cœur orgueilleux,
      52 il a renversé les rois de leurs trônes et il a placé les humbles au premier rang.
      53 Il a comblé de biens ceux qui avaient faim, et il a renvoyé les riches les mains vides.
      54 Il est venu en aide au peuple d’Israël, son serviteur : il n’a pas oublié de manifester sa bonté
      55 envers Abraham et ses descendants, pour toujours, comme il l’avait promis à nos ancêtres. »
      56 Marie resta avec Élisabeth pendant environ trois mois, puis elle retourna chez elle.
      57 Le moment arriva où Élisabeth devait accoucher et elle mit au monde un fils.
      58 Ses voisins et les membres de sa parenté apprirent que le Seigneur lui avait donné cette grande preuve de sa bonté et ils s’en réjouissaient avec elle.
      59 Le huitième jour après la naissance, ils vinrent pour circoncire l’enfant ; ils voulaient lui donner le nom de son père, Zacharie.
      60 Mais sa mère déclara : « Non, il s’appellera Jean. »
      61 Ils lui dirent : « Mais, personne dans ta famille ne porte ce nom ! »
      62 Alors, ils demandèrent par gestes au père comment il voulait qu’on nomme son enfant.
      63 Zacharie se fit apporter une tablette à écrire et il y inscrivit ces mots : « Jean est bien son nom. » Ils s’en étonnèrent tous.
      64 Aussitôt, Zacharie put de nouveau parler : il se mit à louer Dieu à haute voix.
      65 Alors, tous les voisins éprouvèrent de la crainte, et dans toute la région montagneuse de Judée l’on se racontait ces événements.
      66 Tous ceux qui en entendaient parler se mettaient à y réfléchir et se demandaient : « Que deviendra donc ce petit enfant ? » La puissance du Seigneur était en effet réellement avec lui.
      67 Zacharie, le père du petit enfant, fut rempli du Saint-Esprit ; il se mit à prophétiser en ces termes :
      68 « Loué soit le Seigneur, le Dieu du peuple d’Israël, parce qu’il est intervenu en faveur de son peuple et l’a délivré.
      69 Il a fait apparaître un puissant Sauveur, pour nous, parmi les descendants du roi David, son serviteur.
      70 C’est ce qu’il avait annoncé depuis longtemps par ses saints prophètes :
      71 il avait promis qu’il nous délivrerait de nos ennemis et du pouvoir de tous ceux qui nous veulent du mal.
      72 Il a manifesté sa bonté envers nos ancêtres et n’a pas oublié sa sainte alliance.
      73 En effet, Dieu avait fait serment à Abraham, notre ancêtre,
      74 de nous libérer du pouvoir des ennemis et de nous permettre ainsi de le servir sans peur,
      75 pour que nous soyons saints et justes devant lui tous les jours de notre vie.
      76 Et toi, mon enfant, tu seras prophète du Dieu très-haut, car tu marcheras devant le Seigneur pour préparer son chemin
      77 et pour faire savoir à son peuple qu’il vient le sauver en pardonnant ses péchés.
      78 Notre Dieu est plein de tendresse et de bonté : il fera briller sur nous une lumière d’en haut, semblable à celle du soleil levant,
      79 pour éclairer ceux qui se trouvent dans la nuit et dans l’ombre de la mort, pour diriger nos pas sur le chemin de la paix. »
      80 L’enfant grandissait et se développait spirituellement. Il demeura dans des lieux déserts jusqu’au jour où il se présenta publiquement devant le peuple d’Israël.

      Luc 2

      1 En ce temps-là, l’empereur Auguste donna l’ordre de recenser tous les habitants de l’empire romain.
      2 Ce recensement, le premier, eut lieu alors que Quirinius était gouverneur de la province de Syrie.
      3 Tout le monde allait se faire enregistrer, chacun dans sa ville d’origine.
      4 Joseph lui aussi partit de Nazareth, un bourg de Galilée, pour se rendre en Judée, à Bethléem, où est né le roi David ; en effet, il était lui-même un descendant de David.
      5 Il alla s’y faire enregistrer avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte.
      6 Pendant qu’ils étaient à Bethléem, le jour de la naissance arriva.
      7 Elle mit au monde un fils, son premier-né. Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’abri destiné aux voyageurs.
      8 Dans cette même région, il y avait des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leur troupeau.
      9 Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur les entoura de lumière. Ils eurent alors très peur.
      10 Mais l’ange leur dit : « N’ayez pas peur, car je vous apporte une bonne nouvelle qui réjouira beaucoup tout le peuple :
      11 cette nuit, dans la ville de David, est né, pour vous, un Sauveur ; c’est le Christ, le Seigneur.
      12 Et voici le signe qui vous le fera reconnaître : vous trouverez un petit enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche. »
      13 Tout à coup, il y eut avec l’ange une troupe nombreuse d’anges du ciel, qui louaient Dieu en disant :
      14 « Gloire à Dieu dans les cieux très hauts, et paix sur la terre pour ceux qu’il aime ! »
      15 Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres : « Allons donc jusqu’à Bethléem : il faut que nous voyions ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. »
      16 Ils se dépêchèrent d’y aller et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche.
      17 Quand ils le virent, ils racontèrent ce que l’ange leur avait dit au sujet de ce petit enfant.
      18 Tous ceux qui entendirent les bergers furent étonnés de ce qu’ils leur disaient.
      19 Quant à Marie, elle gardait tout cela dans sa mémoire et y réfléchissait profondément.
      20 Puis les bergers prirent le chemin du retour. Ils célébraient la grandeur de Dieu et le louaient pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, car tout s’était passé comme l’ange le leur avait annoncé.
      21 Le huitième jour après la naissance, le moment vint de circoncire l’enfant ; on lui donna le nom de Jésus, nom que l’ange avait indiqué avant que sa mère devienne enceinte.
      22 Puis le moment vint pour Joseph et Marie d’accomplir la cérémonie de purification qu’ordonne la loi de Moïse. Ils amenèrent alors l’enfant au temple de Jérusalem pour le présenter au Seigneur,
      23 car il est écrit dans la loi du Seigneur : « Tout garçon premier-né sera mis à part pour le Seigneur. »
      24 Ils devaient offrir aussi le sacrifice que demande la même loi, « une paire de tourterelles ou deux jeunes pigeons. »
      25 Il y avait alors à Jérusalem un certain Siméon. Cet homme était droit ; il respectait Dieu et attendait celui qui devait sauver Israël. Le Saint-Esprit était avec lui
      26 et lui avait appris qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Messie envoyé par le Seigneur.
      27 Guidé par l’Esprit, Siméon alla dans le temple. Quand les parents de Jésus amenèrent leur petit enfant afin d’accomplir pour lui ce que demandait la loi,
      28 Siméon le prit dans ses bras et remercia Dieu en disant :
      29 « Maintenant, Seigneur, tu as réalisé ta promesse : tu peux laisser ton serviteur mourir en paix.
      30 Car j’ai vu de mes propres yeux ton salut,
      31 ce salut que tu as préparé devant tous les peuples :
      32 c’est la lumière qui te fera connaître aux nations du monde et qui sera la gloire d’Israël, ton peuple. »
      33 Le père et la mère de Jésus étaient tout étonnés de ce que Siméon disait de lui.
      34 Siméon les bénit et dit à Marie, la mère de Jésus : « Dieu a destiné cet enfant à causer la chute ou le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de Dieu auquel les gens s’opposeront,
      35 et il mettra ainsi en pleine lumière les pensées cachées dans le cœur de beaucoup. Quant à toi, Marie, la douleur te transpercera l’âme comme une épée. »
      36 Il y avait aussi une prophétesse, appelée Anne, qui était la fille de Penouel, de la tribu d’Asser. Elle était très âgée. Elle avait vécu sept ans avec le mari qu’elle avait épousé dans sa jeunesse,
      37 puis, demeurée veuve, elle était parvenue à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne quittait pas le temple, mais elle servait Dieu jour et nuit : elle jeûnait et elle priait.
      38 Elle arriva à ce même moment et se mit à remercier Dieu. Et elle parla de l’enfant à tous ceux qui attendaient que Dieu délivre Jérusalem.
      39 Quand les parents de Jésus eurent achevé de faire tout ce que demandait la loi du Seigneur, ils retournèrent avec lui en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
      40 L’enfant grandissait et se fortifiait. Il était rempli de sagesse et la faveur de Dieu reposait sur lui.
      41 Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.
      42 Lorsque Jésus eut douze ans, ils l’emmenèrent avec eux selon la coutume.
      43 Quand la fête fut terminée, ils repartirent, mais l’enfant Jésus resta à Jérusalem et ses parents ne s’en aperçurent pas.
      44 Ils pensaient que Jésus était avec leurs compagnons de voyage et firent une journée de marche. Ils se mirent ensuite à le chercher parmi leurs parents et leurs amis,
      45 mais sans le trouver. Ils retournèrent donc à Jérusalem en continuant à le chercher.
      46 Le troisième jour, ils le découvrirent dans le temple : il était assis au milieu des maîtres de la loi, les écoutait et leur posait des questions.
      47 Tous ceux qui l’entendaient étaient surpris de son intelligence et des réponses qu’il donnait.
      48 Quand ses parents l’aperçurent, ils furent stupéfaits et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Ton père et moi, nous étions très inquiets en te cherchant. »
      49 Il leur répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? »
      50 Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
      51 Jésus repartit avec eux à Nazareth. Il leur obéissait. Sa mère gardait en elle le souvenir de tous ces événements.
      52 Et Jésus grandissait, il progressait en sagesse et se rendait agréable à Dieu et aux hommes.

      Luc 3

      7 Une foule de gens venaient à Jean pour qu’il les baptise. Il leur disait : « Bande de serpents ! Qui vous a enseigné à vouloir échapper au jugement divin, qui est proche ?
      8 Montrez par des actes que vous avez changé de mentalité et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes : “Abraham est notre ancêtre.” Car je vous déclare que Dieu peut utiliser les pierres que voici pour en faire des descendants d’Abraham !
      9 La hache est déjà prête à couper les arbres à la racine : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. »
      16 Jean leur dit alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais celui qui vient est plus puissant que moi : je ne suis pas même digne de délier la courroie de ses sandales. Il vous baptisera avec le Saint-Esprit et avec du feu.

      Luc 4

      1 Jésus, rempli de Saint-Esprit, revint du Jourdain et fut conduit par l’Esprit dans le désert.
      2 Il y fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là et, quand ils furent passés, il eut faim.
      3 Le diable lui dit alors : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de se changer en pain. »
      4 Jésus lui répondit : « L’Écriture déclare : “L’homme ne vivra pas de pain seulement.” »
      5 Le diable l’emmena plus haut, lui fit voir en un instant tous les royaumes de la terre
      6 et lui dit : « Je te donnerai toute cette puissance et la richesse de ces royaumes : tout cela m’a été remis et je peux le donner à qui je veux.
      7 Si donc tu te mets à genoux devant moi, tout sera à toi. »
      8 Jésus lui répondit : « L’Écriture déclare : “Adore le Seigneur ton Dieu et ne rends de culte qu’à lui seul.” »
      9 Le diable le conduisit ensuite à Jérusalem, le plaça au sommet du temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas ;
      10 car l’Écriture déclare : “Dieu ordonnera à ses anges de te garder.”
      11 Et encore : “Ils te porteront sur leurs mains pour éviter que ton pied ne heurte une pierre.” »
      12 Jésus lui répondit : « L’Écriture déclare : “Ne mets pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.” »
      13 Après avoir achevé de tenter Jésus de toutes les manières, le diable s’éloigna de lui jusqu’à une autre occasion.
      38 Jésus quitta la synagogue et se rendit à la maison de Simon. La belle-mère de Simon souffrait d’une forte fièvre et l’on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle.
      40 Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de divers maux les amenèrent à Jésus. Il posa les mains sur chacun d’eux et les guérit.

      Luc 5

      1 Un jour, Jésus se tenait au bord du lac de Génésareth et la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
      2 Il vit deux barques près de la rive : les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
      3 Jésus monta dans l’une des barques, qui appartenait à Simon, et pria celui-ci de s’éloigner un peu du bord. Jésus s’assit dans la barque et se mit à donner son enseignement à la foule.
      4 Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance plus loin, là où l’eau est profonde, puis, toi et tes compagnons, jetez vos filets pour pêcher. »
      5 Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre. Mais puisque tu me dis de le faire, je jetterai les filets. »
      6 Ils les jetèrent donc et prirent une si grande quantité de poissons que leurs filets commençaient à se déchirer.
      7 Ils firent alors signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent et, ensemble, ils remplirent les deux barques de tant de poissons qu’elles enfonçaient dans l’eau.
      8 Quand Simon Pierre vit cela, il se mit à genoux devant Jésus et dit : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! »
      9 Simon, comme tous ceux qui étaient avec lui, était en effet saisi de crainte, à cause de la grande quantité de poissons qu’ils avaient pris.
      10 Il en était de même des compagnons de Simon, Jacques et Jean, les fils de Zébédée. Mais Jésus dit à Simon : « N’aie pas peur ; désormais, ce sont des hommes que tu prendras. »
      11 Ils ramenèrent alors leurs barques à terre et laissèrent tout pour suivre Jésus.
      12 Alors que Jésus se trouvait dans une localité, survint un homme couvert de lèpre. Quand il vit Jésus, il se jeta devant lui le visage contre terre et le pria en ces termes : « Maître, si tu le veux, tu peux me rendre pur. »
      13 Jésus étendit la main, le toucha et déclara : « Je le veux, sois pur ! » Aussitôt, la lèpre quitta cet homme.
      14 Jésus lui donna cet ordre : « Ne parle de cela à personne. Mais va te faire examiner par le prêtre, puis offre le sacrifice que Moïse a ordonné, pour prouver à tous que tu es guéri. »
      15 Cependant, la réputation de Jésus se répandait de plus en plus ; des foules nombreuses se rassemblaient pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies.
      16 Mais Jésus se retirait dans des endroits isolés où il priait.
      17 Un jour, Jésus était en train d’enseigner. Des Pharisiens et des maîtres de la loi étaient présents ; ils étaient venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem. La puissance du Seigneur était avec Jésus et lui faisait guérir des malades.
      18 Des gens arrivèrent, portant sur une civière un homme paralysé ; ils cherchaient à le faire entrer dans la maison et à le déposer devant Jésus.
      19 Mais ils ne savaient par où l’introduire, à cause de la foule. Ils le montèrent alors sur le toit, firent une ouverture parmi les tuiles et le descendirent sur sa civière au milieu de l’assemblée, devant Jésus.
      20 Quand Jésus vit leur foi, il dit au malade : « Mon ami, tes péchés te sont pardonnés. »
      21 Les maîtres de la loi et les Pharisiens se mirent à penser : « Qui est cet homme qui fait insulte à Dieu ? Qui peut pardonner les péchés ? Dieu seul le peut ! »
      22 Jésus devina leurs pensées et leur dit : « Pourquoi avez-vous de telles pensées ?
      23 Est-il plus facile de dire : “Tes péchés te sont pardonnés”, ou de dire : “Lève-toi et marche” ?
      24 Mais je veux que vous le sachiez : le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés. » Alors il adressa ces mots au paralysé : « Je te le dis, lève-toi, prends ta civière et rentre chez toi ! »
      25 Aussitôt, l’homme se leva devant tout le monde, prit la civière sur laquelle il avait été couché et s’en alla chez lui en louant Dieu.
      26 Tous furent frappés d’étonnement. Ils louaient Dieu, remplis de crainte, et disaient : « Nous avons vu aujourd’hui des choses extraordinaires ! »
      27 Après cela, Jésus sortit et vit un collecteur d’impôts, nommé Lévi, assis à son bureau. Jésus lui dit : « Suis-moi ! »
      28 Lévi se leva, laissa tout et le suivit.
      29 Puis Lévi lui offrit un grand repas dans sa maison ; beaucoup de collecteurs d’impôts et d’autres personnes étaient à table avec eux.
      30 Les Pharisiens et les maîtres de la loi qui étaient de leur parti critiquaient cela ; ils dirent aux disciples de Jésus : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les collecteurs d’impôts et autres gens de mauvaise réputation ? »
      31 Jésus leur répondit : « Les personnes en bonne santé n’ont pas besoin de médecin, ce sont les malades qui en ont besoin.
      32 Je ne suis pas venu appeler ceux qui s’estiment justes, mais ceux qui se savent pécheurs pour qu’ils changent de comportement. »
      33 Les Pharisiens dirent à Jésus : « Les disciples de Jean, de même que les nôtres, jeûnent souvent et font des prières ; mais tes disciples, eux, mangent et boivent. »
      34 Jésus leur répondit : « Pensez-vous pouvoir obliger les invités d’une noce à ne pas manger pendant que le marié est avec eux ? Bien sûr que non !
      35 Mais le temps viendra où le marié leur sera enlevé ; ces jours-là, ils jeûneront. »
      36 Jésus leur dit aussi cette parabole : « Personne ne déchire une pièce d’un vêtement neuf pour réparer un vieux vêtement ; sinon, le vêtement neuf est déchiré et la pièce d’étoffe neuve ne s’accorde pas avec le vieux.
      37 Et personne ne verse du vin nouveau dans de vieilles outres ; sinon, le vin nouveau fait éclater les outres : il se répand et les outres sont perdues.
      38 Mais non ! pour le vin nouveau, il faut des outres neuves !
      39 Et personne ne veut du vin nouveau après en avoir bu du vieux. On dit en effet : “Le vieux est meilleur.” »

      Luc 6

      17 Jésus descendit de la colline avec eux et s’arrêta en un endroit plat, où se trouvait un grand nombre de ses disciples. Il y avait aussi là une foule immense : des gens de toute la Judée, de Jérusalem et des villes de la côte, Tyr et Sidon ;
      20 Jésus regarda alors ses disciples et dit : « Heureux, vous qui êtes pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous !
      26 « Malheur à vous si tous les hommes disent du bien de vous, car c’est ainsi que leurs ancêtres agissaient avec les faux prophètes ! »
      43 « Un bon arbre ne produit pas de mauvais fruits, ni un arbre malade de bons fruits.
      49 Mais quiconque écoute mes paroles et ne les met pas en pratique est comme un homme qui a bâti une maison directement sur le sol, sans fondations. Quand les eaux de la rivière se sont jetées contre cette maison, elle s’est aussitôt écroulée : elle a été complètement détruite. »

      Luc 7

      1 Quand Jésus eut fini d’adresser toutes ces paroles à la foule qui l’entourait, il se rendit à Capernaüm.
      2 Là, un capitaine romain avait un serviteur qui lui était très cher. Ce serviteur était malade et près de mourir.
      3 Quand le capitaine entendit parler de Jésus, il lui envoya quelques anciens des Juifs pour lui demander de venir guérir son serviteur.
      4 Ils arrivèrent auprès de Jésus et se mirent à le prier avec insistance en disant : « Cet homme mérite que tu lui accordes ton aide.
      5 Il aime notre peuple et c’est lui qui a fait bâtir notre synagogue. »
      6 Alors Jésus s’en alla avec eux. Il n’était pas loin de la maison, quand le capitaine envoya des amis pour lui dire : « Maître, ne te dérange pas. Je ne suis pas digne que tu entres dans ma maison ;
      7 c’est pour cela que je ne me suis pas permis d’aller en personne vers toi. Mais dis un mot pour que mon serviteur soit guéri.
      8 Je suis moi-même soumis à mes supérieurs et j’ai des soldats sous mes ordres. Si je dis à l’un : “Va !”, il va ; si je dis à un autre : “Viens !”, il vient ; et si je dis à mon serviteur : “Fais ceci !”, il le fait. »
      9 Quand Jésus entendit ces mots, il admira le capitaine. Il se retourna et dit à la foule qui le suivait : « Je vous le déclare : je n’ai jamais trouvé une telle foi, non, pas même en Israël. »
      10 Les envoyés retournèrent dans la maison du capitaine et y trouvèrent le serviteur en bonne santé.
      18 Les disciples de Jean racontèrent tout cela à leur maître. Jean appela deux d’entre eux
      19 et les envoya au Seigneur pour lui demander : « Es-tu le Messie qui doit venir ou devons-nous attendre quelqu’un d’autre ? »
      20 Quand ils arrivèrent auprès de Jésus, ils lui dirent : « Jean-Baptiste nous a envoyés pour te demander : “Es-tu le Messie qui doit venir ou devons-nous attendre quelqu’un d’autre ?” »
      21 Au même moment, Jésus guérit beaucoup de personnes de leurs maladies, de leurs maux, il les délivra d’esprits mauvais et rendit la vue à de nombreux aveugles.
      22 Puis il répondit aux envoyés de Jean : « Allez raconter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts reviennent à la vie, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.
      23 Heureux celui qui n’abandonnera pas la foi en moi ! »
      24 Quand les envoyés de Jean furent partis, Jésus se mit à parler de Jean à la foule en disant : « Qu’êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ? Non ?
      25 Alors qu’êtes-vous allés voir ? un homme vêtu d’habits magnifiques ? Mais ceux qui portent de riches habits et vivent dans le luxe se trouvent dans les palais des rois.
      26 Qu’êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, vous dis-je, et même bien plus qu’un prophète.
      27 Car Jean est celui dont l’Écriture déclare : “Je vais envoyer mon messager devant toi, dit Dieu, pour t’ouvrir le chemin.”
      28 « Je vous le déclare, ajouta Jésus, il n’est jamais né personne de plus grand que Jean ; pourtant, celui qui est le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui.
      29 Tout le peuple et les collecteurs d’impôts l’ont écouté, ils ont reconnu que Dieu est juste et ils se sont fait baptiser par Jean.
      30 Mais les Pharisiens et les maîtres de la loi ont rejeté ce que Dieu voulait pour eux et ont refusé de se faire baptiser par Jean. »
      31 Jésus dit encore : « A qui puis-je comparer les gens d’aujourd’hui ? A qui ressemblent-ils ?
      32 Ils ressemblent à des enfants assis sur la place publique, dont les uns crient aux autres : “Nous vous avons joué un air de danse sur la flûte et vous n’avez pas dansé ! Nous avons chanté des chants de deuil et vous n’avez pas pleuré !”
      33 En effet, Jean-Baptiste est venu, il ne mange pas de pain et ne boit pas de vin, et vous dites : “Il est possédé d’un esprit mauvais !”
      34 Le Fils de l’homme est venu, il mange et boit, et vous dites : “Voyez cet homme qui ne pense qu’à manger et à boire du vin, qui est ami des collecteurs d’impôts et autres gens de mauvaise réputation !”
      35 Mais la sagesse de Dieu est reconnue comme juste par tous ceux qui l’acceptent. »
      36 Un Pharisien invita Jésus à prendre un repas avec lui. Jésus se rendit chez cet homme et se mit à table.
      37 Il y avait dans cette ville une femme de mauvaise réputation. Lorsqu’elle apprit que Jésus était à table chez le Pharisien, elle apporta un flacon d’albâtre plein de parfum
      38 et se tint derrière Jésus, à ses pieds. Elle pleurait et se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus ; puis elle les essuya avec ses cheveux, les embrassa et répandit le parfum sur eux.
      39 Quand le Pharisien qui avait invité Jésus vit cela, il se dit en lui-même : « Si cet homme était vraiment un prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche et ce qu’elle est : une femme de mauvaise réputation. »
      40 Jésus prit alors la parole et dit au Pharisien : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. » Simon répondit : « Parle, Maître. »
      41 Et Jésus dit : « Deux hommes devaient de l’argent à un prêteur. L’un lui devait cinq cents pièces d’argent et l’autre cinquante.
      42 Comme ni l’un ni l’autre ne pouvaient le rembourser, il leur fit grâce de leur dette à tous deux. Lequel des deux l’aimera le plus ? »
      43 Simon lui répondit : « Je pense que c’est celui auquel il a fait grâce de la plus grosse somme. » Jésus lui dit : « Tu as raison. »
      44 Puis il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi et tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds ; mais elle m’a lavé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.
      45 Tu ne m’as pas reçu en m’embrassant ; mais elle n’a pas cessé de m’embrasser les pieds depuis que je suis entré.
      46 Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête ; mais elle a répandu du parfum sur mes pieds.
      47 C’est pourquoi, je te le déclare : le grand amour qu’elle a manifesté prouve que ses nombreux péchés ont été pardonnés. Mais celui à qui l’on a peu pardonné ne manifeste que peu d’amour. »
      48 Jésus dit alors à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »
      49 Ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme qui ose même pardonner les péchés ? »
      50 Mais Jésus dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée : va en paix. »

      Luc 8

      16 « Personne n’allume une lampe pour la couvrir d’un pot ou pour la mettre sous un lit. Au contraire, on la place sur son support, afin que ceux qui entrent voient la lumière.
      24 Les disciples s’approchèrent alors de Jésus et le réveillèrent en criant : « Maître, maître, nous allons mourir ! » Jésus, réveillé, menaça le vent et les grosses vagues, qui s’apaisèrent. Il y eut un grand calme.
      26 Ils abordèrent dans le territoire des Géraséniens, qui est de l’autre côté du lac, en face de la Galilée.
      39 « Retourne chez toi et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi. » L’homme s’en alla donc et proclama dans la ville entière tout ce que Jésus avait fait pour lui.

      Luc 9

      22 et il ajouta : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup ; les anciens, les chefs des prêtres et les maîtres de la loi le rejetteront ; il sera mis à mort et, le troisième jour, il reviendra à la vie. »
      51 Lorsque le moment approcha où Jésus devait être enlevé au ciel, il décida fermement de se rendre à Jérusalem.
      52 Il envoya des messagers devant lui. Ceux-ci partirent et entrèrent dans un village de Samarie pour lui préparer tout le nécessaire.
      53 Mais les habitants refusèrent de le recevoir parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
      54 Quand les disciples Jacques et Jean apprirent cela, ils dirent : « Seigneur, veux-tu que nous commandions au feu de descendre du ciel et de les exterminer ? »
      55 Jésus se tourna vers eux et leur fit des reproches.
      56 Et ils allèrent dans un autre village.
      57 Ils étaient en chemin, lorsqu’un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. »
      58 Jésus lui dit : « Les renards ont des terriers et les oiseaux ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas un endroit où il puisse se coucher et se reposer. »
      59 Il dit à un autre homme : « Suis-moi. » Mais l’homme dit : « Maître, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »
      60 Jésus lui répondit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; et toi, va annoncer le Royaume de Dieu. »
      61 Un autre homme encore dit : « Je te suivrai, Maître, mais permets-moi d’aller d’abord dire adieu à ma famille. »
      62 Jésus lui déclara : « Celui qui se met à labourer puis regarde en arrière n’est d’aucune utilité pour le Royaume de Dieu. »

      Luc 10

      1 Après cela, le Seigneur choisit soixante-douze autres hommes et les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et tous les endroits où lui-même devait se rendre.
      2 Il leur dit : « La moisson à faire est grande, mais il y a peu d’ouvriers pour cela. Priez donc le propriétaire de la moisson d’envoyer davantage d’ouvriers pour la faire.
      3 En route ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
      4 Ne prenez ni bourse, ni sac, ni chaussures ; ne vous arrêtez pas en chemin pour saluer quelqu’un.
      5 Quand vous entrerez dans une maison, dites d’abord : “Paix à cette maison.”
      6 Si un homme de paix habite là, votre souhait de paix reposera sur lui ; sinon, retirez votre souhait de paix.
      7 Demeurez dans cette maison-là, mangez et buvez ce que l’on vous y donnera, car l’ouvrier a droit à son salaire. Ne passez pas de cette maison dans une autre.
      8 Quand vous entrerez dans une ville et que l’on vous recevra, mangez ce que l’on vous présentera ;
      9 guérissez les malades de cette ville et dites à ses habitants : “Le Royaume de Dieu s’est approché de vous.”
      10 Mais quand vous entrerez dans une ville et que l’on ne vous recevra pas, allez dans les rues et dites à tous :
      11 “Nous secouons contre vous la poussière même de votre ville qui s’est attachée à nos pieds. Pourtant, sachez bien ceci : le Royaume de Dieu s’est approché de vous.”
      12 Je vous le déclare : au jour du Jugement les habitants de Sodome seront traités moins sévèrement que les habitants de cette ville-là. »
      13 « Malheur à toi, Chorazin ! Malheur à toi, Bethsaïda ! Car si les miracles qui ont été accomplis chez vous l’avaient été à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que leurs habitants auraient pris le deuil, se seraient assis dans la cendre et auraient changé de comportement.
      14 C’est pourquoi, au jour du Jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous.
      15 Et toi, Capernaüm, crois-tu que tu t’élèveras jusqu’au ciel ? Tu seras abaissée jusqu’au monde des morts. »
      16 Il dit encore à ses disciples : « Celui qui vous écoute, m’écoute ; celui qui vous rejette, me rejette ; et celui qui me rejette, rejette celui qui m’a envoyé. »
      17 Les soixante-douze envoyés revinrent pleins de joie et dirent : « Seigneur, même les esprits mauvais nous obéissent quand nous leur donnons des ordres en ton nom ! »
      18 Jésus leur répondit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair.
      19 Écoutez : je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions et d’écraser toute la puissance de l’ennemi, et rien ne pourra vous faire du mal.
      20 Mais ne vous réjouissez pas de ce que les esprits mauvais vous obéissent ; réjouissez-vous plutôt de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. »
      21 A ce moment même, Jésus fut rempli de joie par le Saint-Esprit et s’écria : « O Père, Seigneur du ciel et de la terre, je te remercie d’avoir révélé aux petits ce que tu as caché aux sages et aux gens instruits. Oui, Père, tu as bien voulu qu’il en soit ainsi.
      22 « Mon Père m’a remis toutes choses. Personne ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, et personne ne sait qui est le Père si ce n’est le Fils et ceux à qui le Fils veut bien le révéler. »
      23 Puis Jésus se tourna vers ses disciples et leur dit à eux seuls : « Heureux êtes-vous de voir ce que vous voyez !
      24 Car, je vous le déclare, beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir ce que vous voyez, mais ne l’ont pas vu, et entendre ce que vous entendez, mais ne l’ont pas entendu. »
      25 Un maître de la loi intervint alors. Pour tendre un piège à Jésus, il lui demanda : « Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle ? »
      26 Jésus lui dit : « Qu’est-il écrit dans notre loi ? Qu’est-ce que tu y lis ? »
      27 L’homme répondit : «  “Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence.” Et aussi : “Tu dois aimer ton prochain comme toi-même.” »
      28 Jésus lui dit alors : « Tu as bien répondu. Fais cela et tu vivras. »
      29 Mais le maître de la loi voulait justifier sa question. Il demanda donc à Jésus : « Qui est mon prochain ? »
      30 Jésus répondit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho lorsque des brigands l’attaquèrent, lui prirent tout ce qu’il avait, le battirent et s’en allèrent en le laissant à demi-mort.
      31 Il se trouva qu’un prêtre descendait cette route. Quand il vit l’homme, il passa de l’autre côté de la route et s’éloigna.
      32 De même, un lévite arriva à cet endroit, il vit l’homme, passa de l’autre côté de la route et s’éloigna.
      33 Mais un Samaritain, qui voyageait par là, arriva près du blessé. Quand il le vit, il en eut profondément pitié.
      34 Il s’en approcha encore plus, versa de l’huile et du vin sur ses blessures et les recouvrit de pansements. Puis il le plaça sur sa propre bête et le mena dans un hôtel, où il prit soin de lui.
      35 Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, les donna à l’hôtelier et lui dit : “Prends soin de cet homme ; lorsque je repasserai par ici, je te paierai moi-même ce que tu auras dépensé en plus pour lui.” »
      36 Jésus ajouta : « Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de l’homme attaqué par les brigands ? »
      37 Le maître de la loi répondit : « Celui qui a été bon pour lui. » Jésus lui dit alors : « Va et fais de même. »
      38 Tandis que Jésus et ses disciples étaient en chemin, il entra dans un village où une femme, appelée Marthe, le reçut chez elle.
      39 Elle avait une sœur, appelée Marie, qui, après s’être assise aux pieds du Seigneur, écoutait ce qu’il enseignait.
      40 Marthe était très affairée à tout préparer pour le repas. Elle survint et dit : « Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour accomplir tout le travail ? Dis-lui donc de m’aider. »
      41 Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses,
      42 mais une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas enlevée. »

      Luc 11

      1 Un jour, Jésus priait en un certain lieu. Quand il eut fini, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, enseigne-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. »
      2 Jésus leur déclara : « Quand vous priez, dites : “Père, que tous reconnaissent que tu es le Dieu saint ; que ton Règne vienne.
      3 Donne-nous chaque jour le pain nécessaire.
      4 Pardonne-nous nos péchés, car nous pardonnons nous-mêmes à tous ceux qui nous ont fait du tort. Et ne nous expose pas à la tentation.” »
      5 Jésus leur dit encore : « Supposons ceci : l’un d’entre vous a un ami qu’il s’en va trouver chez lui à minuit pour lui dire : “Mon ami, prête-moi trois pains.
      6 Un de mes amis qui est en voyage vient d’arriver chez moi et je n’ai rien à lui offrir.”
      7 Et supposons que l’autre lui réponde de l’intérieur de la maison : “Laisse-moi tranquille ! La porte est déjà fermée à clé, mes enfants et moi sommes au lit ; je ne peux pas me lever pour te donner des pains.”
      8 Eh bien, je vous l’affirme, même s’il ne se lève pas par amitié pour les lui donner, il se lèvera pourtant et lui donnera tout ce dont il a besoin parce que son ami insiste sans se gêner.
      9 Et moi, je vous dis : demandez et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira la porte.
      10 Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve et l’on ouvrira la porte à qui frappe.
      11 Si l’un d’entre vous est père, donnera-t-il un serpent à son fils alors que celui-ci lui demande un poisson ?
      12 Ou bien lui donnera-t-il un scorpion s’il demande un œuf ?
      13 Tout mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants. A combien plus forte raison, donc, le Père qui est au ciel donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ! »
      14 Jésus était en train de chasser un esprit mauvais qui rendait un homme muet. Quand l’esprit mauvais sortit, le muet se mit à parler et, dans la foule, les gens furent remplis d’étonnement.
      15 Cependant, quelques-uns dirent : « C’est Béelzébul, le chef des esprits mauvais, qui lui donne le pouvoir de chasser ces esprits ! »
      16 D’autres voulaient lui tendre un piège : ils lui demandèrent de montrer par un signe miraculeux qu’il venait de Dieu.
      17 Mais Jésus connaissait leurs pensées ; il leur dit alors : « Tout royaume dont les habitants luttent les uns contre les autres finit par être détruit, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres.
      18 Si donc Satan est en lutte contre lui-même, comment son royaume pourra-t-il se maintenir ? Vous dites, en effet, que je chasse les esprits mauvais parce que Béelzébul m’en donne le pouvoir.
      19 Si je les chasse de cette façon, qui donne à vos partisans le pouvoir de les chasser ? Vos partisans eux-mêmes démontrent que vous avez tort !
      20 En réalité, c’est avec la puissance de Dieu que je chasse les esprits mauvais, ce qui signifie que le Royaume de Dieu est déjà venu jusqu’à vous.
      21 « Quand un homme fort et bien armé garde sa maison, tous ses biens sont en sûreté.
      22 Mais si un homme plus fort que lui arrive et s’en rend vainqueur, il lui enlève les armes dans lesquelles il mettait sa confiance et il distribue tout ce qu’il lui a pris.
      23 « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; et celui qui ne m’aide pas à rassembler disperse. »
      24 « Lorsqu’un esprit mauvais est sorti d’un homme, il va et vient dans des espaces déserts en cherchant un lieu où s’établir. S’il n’en trouve pas, il se dit alors : “Je vais retourner dans ma maison, celle que j’ai quittée.”
      25 Il y retourne et la trouve balayée, bien arrangée.
      26 Alors il s’en va prendre sept autres esprits encore plus malfaisants que lui ; ils reviennent ensemble dans la maison et s’y installent. Finalement, l’état de cet homme est donc pire qu’au début. »
      27 Jésus venait de parler ainsi, quand une femme s’adressa à lui du milieu de la foule : « Heureuse est la femme qui t’a porté en elle et qui t’a allaité ! »
      28 Mais Jésus répondit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique ! »
      29 Tandis que les foules s’amassaient autour de Jésus, il se mit à dire : « Les gens d’aujourd’hui sont mauvais ; ils réclament un signe miraculeux, mais aucun signe ne leur sera accordé si ce n’est celui de Jonas.
      30 En effet, de même que Jonas fut un signe pour les habitants de Ninive, ainsi le Fils de l’homme sera un signe pour les gens d’aujourd’hui.
      31 Au jour du Jugement, la reine du Sud se lèvera en face des gens d’aujourd’hui et les accusera, car elle est venue des régions les plus lointaines de la terre pour écouter les paroles pleines de sagesse de Salomon. Et il y a ici plus que Salomon !
      32 Au jour du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en face des gens d’aujourd’hui et les accuseront, car les Ninivites ont changé de comportement quand ils ont entendu prêcher Jonas. Et il y a ici plus que Jonas ! »
      33 « Personne n’allume une lampe pour la cacher ou la mettre sous un seau ; au contraire, on la place sur son support, afin que ceux qui entrent voient la lumière.
      34 Tes yeux sont la lampe de ton corps : si tes yeux sont en bon état, tout ton corps est éclairé ; mais si tes yeux sont mauvais, alors ton corps est dans l’obscurité.
      35 Ainsi, prends garde que la lumière qui est en toi ne soit pas obscurité.
      36 Si donc tout ton corps est éclairé, sans aucune partie dans l’obscurité, il sera tout entier en pleine lumière, comme lorsque la lampe t’illumine de sa brillante clarté. »
      37 Quand Jésus eut fini de parler, un Pharisien l’invita à prendre un repas chez lui. Jésus entra et se mit à table.
      38 Le Pharisien s’étonna lorsqu’il remarqua que Jésus ne s’était pas lavé avant le repas.
      39 Le Seigneur lui dit alors : « Voilà comme vous êtes, vous les Pharisiens : vous nettoyez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur vous êtes pleins du désir de voler et pleins de méchanceté.
      40 Insensés que vous êtes ! Dieu qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas aussi fait l’intérieur ?
      41 Donnez donc plutôt aux pauvres ce qui est dans vos coupes et vos plats, et tout sera pur pour vous.
      42 « Malheur à vous, Pharisiens ! Vous donnez à Dieu le dixième de plantes comme la menthe et la rue, ainsi que de toutes sortes de légumes, mais vous négligez la justice et l’amour pour Dieu : c’est pourtant là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger le reste.
      43 « Malheur à vous, Pharisiens ! Vous aimez les sièges les plus en vue dans les synagogues et vous aimez à recevoir des salutations respectueuses sur les places publiques.
      44 Malheur à vous ! Vous êtes comme des tombeaux qu’on ne remarque pas et sur lesquels on marche sans le savoir ! »
      45 Un des maîtres de la loi lui dit : « Maître, en parlant ainsi, tu nous insultes nous aussi ! »
      46 Jésus répondit : « Malheur à vous aussi, maîtres de la loi ! Vous mettez sur le dos des gens des fardeaux difficiles à porter, et vous ne bougez pas même un seul doigt pour les aider à porter ces fardeaux.
      47 Malheur à vous ! Vous construisez de beaux tombeaux pour les prophètes, ces prophètes que vos ancêtres ont tués !
      48 Vous montrez ainsi que vous approuvez les actes de vos ancêtres, car ils ont tué les prophètes, et vous, vous construisez leurs tombeaux !
      49 C’est pourquoi Dieu, dans sa sagesse, a déclaré : “Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils tueront certains d’entre eux et en persécuteront d’autres.”
      50 Par conséquent, les gens d’aujourd’hui supporteront les conséquences des meurtres commis contre tous les prophètes depuis la création du monde,
      51 depuis le meurtre d’Abel jusqu’à celui de Zacharie, qui fut tué entre l’autel et le sanctuaire. Oui, je vous l’affirme, les gens d’aujourd’hui supporteront les conséquences de tous ces meurtres !
      52 « Malheur à vous, maîtres de la loi ! Vous avez pris la clé permettant d’ouvrir la porte du savoir : vous n’entrez pas vous-mêmes et vous empêchez d’entrer ceux qui le désirent. »
      53 Quand Jésus fut sorti de cette maison, les maîtres de la loi et les Pharisiens se mirent à lui manifester une violente fureur et à lui poser des questions sur toutes sortes de sujets :
      54 ils lui tendaient des pièges pour essayer de surprendre quelque chose de faux dans ses paroles.

      Luc 12

      1 Pendant ce temps, les gens s’étaient assemblés par milliers, au point qu’ils se marchaient sur les pieds les uns des autres. Jésus s’adressa d’abord à ses disciples : « Gardez-vous, leur dit-il, du levain des Pharisiens, c’est-à-dire de leur hypocrisie.
      2 Tout ce qui est caché sera découvert, et tout ce qui est secret sera connu.
      3 C’est pourquoi tout ce que vous aurez dit dans l’obscurité sera entendu à la lumière du jour, et ce que vous aurez murmuré à l’oreille d’autrui dans une chambre fermée sera crié du haut des toits. »
      4 « Je vous le dis, à vous mes amis : ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais qui, ensuite, ne peuvent rien faire de plus.
      5 Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez Dieu qui, après la mort, a le pouvoir de vous jeter en enfer. Oui, je vous le dis, c’est lui que vous devez craindre !
      6 « Ne vend-on pas cinq moineaux pour deux sous ? Cependant, Dieu n’en oublie pas un seul.
      7 Et même vos cheveux sont tous comptés. N’ayez donc pas peur : vous valez plus que beaucoup de moineaux ! »
      8 « Je vous le dis : quiconque reconnaît publiquement qu’il est mon disciple, le Fils de l’homme aussi reconnaîtra devant les anges de Dieu qu’il est à lui ;
      9 mais si quelqu’un affirme publiquement ne pas me connaître, le Fils de l’homme aussi affirmera devant les anges de Dieu qu’il ne le connaît pas.
      10 Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme sera pardonné ; mais celui qui aura fait insulte au Saint-Esprit ne recevra pas de pardon.
      11 « Quand on vous conduira pour être jugés dans les synagogues, ou devant les dirigeants ou les autorités, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous vous défendrez ou de ce que vous aurez à dire,
      12 car le Saint-Esprit vous enseignera à ce moment-là ce que vous devez exprimer. »
      13 Quelqu’un dans la foule dit à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi les biens que notre père nous a laissés. »
      14 Jésus lui répondit : « Mon ami, qui m’a établi pour juger vos affaires ou pour partager vos biens ? »
      15 Puis il dit à tous : « Attention ! Gardez-vous de tout amour des richesses, car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, même s’il est très riche. »
      16 Il leur raconta alors cette parabole : « Un homme riche avait des terres qui lui rapportèrent de bonnes récoltes.
      17 Il réfléchissait et se demandait : “Que vais-je faire ? Je n’ai pas de place où amasser toutes mes récoltes.”
      18 Puis il ajouta : “Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands, j’y amasserai tout mon blé et mes autres biens.
      19 Ensuite, je me dirai à moi-même : Mon cher, tu as des biens en abondance pour de nombreuses années ; repose-toi, mange, bois et jouis de la vie.”
      20 Mais Dieu lui dit : “Insensé ! Cette nuit même tu cesseras de vivre. Et alors, pour qui sera tout ce que tu as accumulé ?” »
      21 Jésus ajouta : « Ainsi en est-il de celui qui amasse des richesses pour lui-même, mais qui n’est pas riche aux yeux de Dieu. »
      22 Puis Jésus dit à ses disciples : « Voilà pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas au sujet de la nourriture dont vous avez besoin pour vivre, ou au sujet des vêtements dont vous avez besoin pour votre corps.
      23 Car la vie est plus importante que la nourriture et le corps plus important que les vêtements.
      24 Regardez les corbeaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’ont ni cave à provisions ni grenier, mais Dieu les nourrit ! Vous valez beaucoup plus que les oiseaux !
      25 Qui d’entre vous parvient à prolonger un peu la durée de sa vie par le souci qu’il se fait ?
      26 Si donc vous ne pouvez rien pour ce qui est très peu de chose, pourquoi vous inquiétez-vous au sujet du reste ?
      27 Regardez comment poussent les fleurs des champs : elles ne travaillent pas et ne tissent pas de vêtements. Pourtant, je vous le dis, même Salomon, avec toute sa richesse, n’a pas eu de vêtements aussi beaux qu’une seule de ces fleurs.
      28 Dieu revêt ainsi l’herbe des champs qui est là aujourd’hui et qui demain sera jetée au feu : à combien plus forte raison vous vêtira-t-il vous-mêmes ! Comme votre confiance en lui est faible !
      29 Ne vous tourmentez donc pas à chercher continuellement ce que vous allez manger et boire.
      30 Ce sont les païens de ce monde qui recherchent sans arrêt tout cela. Mais vous, vous avez un Père qui sait que vous en avez besoin.
      31 Préoccupez-vous plutôt du Royaume de Dieu et Dieu vous accordera aussi le reste. »
      32 « N’aie pas peur, petit troupeau ! Car il a plu à votre Père de vous donner le Royaume.
      33 Vendez vos biens et donnez l’argent aux pauvres. Munissez-vous de bourses qui ne s’usent pas, amassez-vous des richesses dans les cieux, où elles ne disparaîtront jamais : les voleurs ne peuvent pas les y atteindre ni les vers les détruire.
      34 Car votre cœur sera toujours là où sont vos richesses. »
      35 « Soyez prêts à agir, avec la ceinture serrée autour de la taille et vos lampes allumées.
      36 Soyez comme des serviteurs qui attendent leur maître au moment où il va revenir d’un mariage, afin de lui ouvrir la porte dès qu’il arrivera et frappera.
      37 Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera éveillés ! Je vous le déclare, c’est la vérité : il attachera sa ceinture, les fera prendre place à table et viendra les servir.
      38 S’il revient à minuit ou même plus tard encore et qu’il les trouve éveillés, heureux sont-ils !
      39 « Comprenez bien ceci : si le maître de la maison savait à quelle heure le voleur doit venir, il ne le laisserait pas pénétrer dans la maison.
      40 Tenez-vous prêts, vous aussi, car le Fils de l’homme viendra à l’heure que vous ne pensez pas. »
      41 Alors Pierre demanda : « Seigneur, dis-tu cette parabole pour nous seulement ou bien pour tout le monde ? »
      42 Le Seigneur répondit : « Quel est donc le serviteur fidèle et intelligent ? En voici un que son maître va charger de veiller sur la maison et de donner aux autres serviteurs leur part de nourriture au moment voulu.
      43 Heureux ce serviteur si le maître, à son retour chez lui, le trouve occupé à ce travail !
      44 Je vous le déclare, c’est la vérité : le maître lui confiera la charge de tous ses biens.
      45 Mais si le serviteur se dit : “Mon maître tarde à revenir”, s’il se met alors à battre les autres serviteurs et les servantes, s’il mange, boit et s’enivre,
      46 alors le maître reviendra un jour où le serviteur ne l’attend pas et à une heure qu’il ne connaît pas ; il chassera le serviteur et lui fera partager le sort des infidèles.
      47 Le serviteur qui sait ce que veut son maître, mais ne se tient pas prêt à le faire, recevra de nombreux coups.
      48 Par contre, le serviteur qui ne sait pas ce que veut son maître et agit de telle façon qu’il mérite d’être battu, recevra peu de coups. A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a confié beaucoup, on demandera encore plus. »
      49 « Je suis venu apporter un feu sur la terre et combien je voudrais qu’il soit déjà allumé !
      50 Je dois recevoir un baptême et quelle angoisse pour moi jusqu’à ce qu’il soit accompli !
      51 Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais la division.
      52 Dès maintenant, une famille de cinq personnes sera divisée, trois contre deux et deux contre trois.
      53 Le père sera contre son fils et le fils contre son père, la mère contre sa fille et la fille contre sa mère, la belle-mère contre sa belle-fille et la belle-fille contre sa belle-mère. »
      54 Jésus disait aussi à la foule : « Quand vous voyez un nuage se lever à l’ouest, vous dites aussitôt : “Il va pleuvoir”, et c’est ce qui arrive.
      55 Et quand vous sentez souffler le vent du sud, vous dites : “Il va faire chaud”, et c’est ce qui arrive.
      56 Hypocrites ! Vous êtes capables de comprendre ce que signifient les aspects de la terre et du ciel ; alors, pourquoi ne comprenez-vous pas le sens du temps présent ? »
      57 « Pourquoi ne jugez-vous pas par vous-mêmes de la juste façon d’agir ?
      58 Si tu es en procès avec quelqu’un et que vous alliez ensemble au tribunal, efforce-toi de trouver un arrangement avec lui pendant que vous êtes en chemin. Tu éviteras ainsi que ton adversaire ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à la police et que la police ne te jette en prison.
      59 Tu ne sortiras pas de là, je te l’affirme, tant que tu n’auras pas payé ta dette jusqu’au dernier centime. »

      Luc 13

      1 En ce temps-là, quelques personnes vinrent raconter à Jésus comment Pilate avait fait tuer des Galiléens au moment où ils offraient des sacrifices à Dieu.
      2 Jésus leur répondit : « Pensez-vous que si ces Galiléens ont été ainsi massacrés, cela signifie qu’ils étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens ?
      3 Non, vous dis-je ; mais si vous ne changez pas de comportement, vous mourrez tous comme eux.
      4 Et ces dix-huit personnes que la tour de Siloé a écrasées en s’écroulant, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
      5 Non, vous dis-je ; mais si vous ne changez pas de comportement, vous mourrez tous comme eux. »
      6 Puis Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher des figues, mais n’en trouva pas.
      7 Il dit alors au vigneron : “Regarde : depuis trois ans je viens chercher des figues sur ce figuier et je n’en trouve pas. Coupe-le donc ! Pourquoi occupe-t-il du terrain inutilement ?”
      8 Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le cette année encore ; je vais creuser la terre tout autour et j’y mettrai du fumier.
      9 Ainsi, il donnera peut-être des figues l’année prochaine ; sinon, tu le feras couper.” »
      10 Un jour de sabbat, Jésus enseignait dans une synagogue.
      11 Une femme malade se trouvait là : depuis dix-huit ans, un esprit mauvais la tenait courbée et elle était totalement incapable de se redresser.
      12 Quand Jésus vit cette femme, il l’appela et lui dit : « Tu es délivrée de ta maladie. »
      13 Il posa les mains sur elle et, aussitôt, elle se redressa et se mit à louer Dieu.
      14 Mais le chef de la synagogue était indigné de ce que Jésus avait accompli une guérison le jour du sabbat. Il s’adressa alors à la foule : « Il y a six jours pendant lesquels on doit travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là et non le jour du sabbat ! »
      15 Le Seigneur lui répondit en ces mots : « Hypocrites que vous êtes ! Le jour du sabbat, chacun de vous détache de la crèche son bœuf ou son âne pour le mener boire, n’est-ce pas ?
      16 Et cette femme, descendante d’Abraham, que Satan a tenue liée pendant dix-huit ans, ne fallait-il pas la détacher de ses liens le jour du sabbat ? »
      17 Cette réponse de Jésus remplit de honte tous ses adversaires ; mais la foule entière se réjouissait de toutes les œuvres magnifiques qu’il accomplissait.
      18 Jésus dit : « A quoi le Royaume de Dieu ressemble-t-il ? A quoi puis-je le comparer ?
      19 Il ressemble à une graine de moutarde qu’un homme a prise et mise en terre dans son jardin : elle a poussé, elle est devenue un arbre et les oiseaux ont fait leurs nids dans ses branches. »
      20 Jésus dit encore : « A quoi puis-je comparer le Royaume de Dieu ?
      21 Il ressemble au levain qu’une femme prend et mêle à une grande quantité de farine, si bien que toute la pâte lève. »
      22 Jésus traversait villes et villages et enseignait en faisant route vers Jérusalem.
      23 Quelqu’un lui demanda : « Maître, n’y a-t-il que peu de gens qui seront sauvés ? » Jésus répondit :
      24 « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ; car, je vous l’affirme, beaucoup essayeront d’entrer et ne le pourront pas.
      25 « Quand le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte à clé, vous vous trouverez dehors, vous vous mettrez à frapper à la porte et à dire : “Maître, ouvre-nous.” Il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes !”
      26 Alors, vous allez lui dire : “Nous avons mangé et bu avec toi, tu as enseigné dans les rues de notre ville.”
      27 Il vous dira de nouveau : “Je ne sais pas d’où vous êtes. Écartez-vous de moi, vous tous qui commettez le mal !”
      28 C’est là que vous pleurerez et grincerez des dents, quand vous verrez Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes dans le Royaume de Dieu et que vous serez jetés dehors !
      29 Des hommes viendront de l’est et de l’ouest, du nord et du sud et prendront place à table dans le Royaume de Dieu.
      30 Et alors, certains de ceux qui sont maintenant les derniers seront les premiers et d’autres qui sont maintenant les premiers seront les derniers. »
      31 A ce moment-là, quelques Pharisiens s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pars d’ici, va-t’en ailleurs, car Hérode veut te faire mourir. »
      32 Jésus leur répondit : « Allez dire à cette espèce de renard : “Je chasse des esprits mauvais et j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour j’achève mon œuvre.”
      33 Mais il faut que je continue ma route aujourd’hui, demain et le jour suivant, car il ne convient pas qu’un prophète soit mis à mort ailleurs qu’à Jérusalem.
      34 « Jérusalem, Jérusalem, toi qui mets à mort les prophètes et tues à coups de pierres ceux que Dieu t’envoie ! Combien de fois ai-je désiré rassembler tes habitants auprès de moi comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, mais vous ne l’avez pas voulu !
      35 Eh bien, votre maison va être abandonnée. Je vous le déclare : vous ne me verrez plus jusqu’à ce que vienne le moment où vous direz : “Que Dieu bénisse celui qui vient au nom du Seigneur !” »

      Luc 14

      1 Un jour de sabbat, Jésus se rendit chez un des chefs des Pharisiens pour y prendre un repas. Ceux qui étaient là observaient attentivement Jésus.
      2 Un homme atteint d’hydropisie se tenait devant lui.
      3 Jésus prit la parole et demanda aux maîtres de la loi et aux Pharisiens : « Notre loi permet-elle ou non de faire une guérison le jour du sabbat ? »
      4 Mais ils ne voulurent pas répondre. Alors Jésus toucha le malade, le guérit et le renvoya.
      5 Puis il leur dit : « Si l’un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas l’en retirer aussitôt, même le jour du sabbat ? »
      6 Ils furent incapables de répondre à cela.
      7 Jésus remarqua comment les invités choisissaient les meilleures places. Il dit alors à tous cette parabole :
      8 « Lorsque quelqu’un t’invite à un repas de mariage, ne va pas t’asseoir à la meilleure place. Il se pourrait en effet que quelqu’un de plus important que toi ait été invité
      9 et que celui qui vous a invités l’un et l’autre vienne te dire : “Laisse-lui cette place.” Alors tu devrais, tout honteux, te mettre à la dernière place.
      10 Au contraire, lorsque tu es invité, va t’installer à la dernière place, pour qu’au moment où viendra celui qui t’a invité, il te dise : “Mon ami, viens t’asseoir à une meilleure place.” Ainsi, ce sera pour toi un honneur devant tous ceux qui seront à table avec toi.
      11 En effet, quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. »
      12 Puis Jésus dit à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite ni tes amis, ni tes frères, ni les membres de ta parenté, ni tes riches voisins ; car ils pourraient t’inviter à leur tour et tu serais ainsi payé pour ce que tu as donné.
      13 Mais quand tu offres un repas de fête, invite les pauvres, les infirmes, les boiteux et les aveugles.
      14 Tu seras heureux, car ils ne peuvent pas te le rendre. Dieu te le rendra lorsque ceux qui ont fait le bien se relèveront de la mort. »
      15 Après avoir entendu ces mots, un de ceux qui étaient à table dit à Jésus : « Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu ! »
      16 Jésus lui raconta cette parabole : « Un homme offrit un grand repas auquel il invita beaucoup de monde.
      17 A l’heure du repas, il envoya son serviteur dire aux invités : “Venez, car c’est prêt maintenant.”
      18 Mais tous, l’un après l’autre, se mirent à s’excuser. Le premier dit au serviteur : “J’ai acheté un champ et il faut que j’aille le voir ; je te prie de m’excuser.”
      19 Un autre lui dit : “J’ai acheté cinq paires de bœufs et je vais les essayer ; je te prie de m’excuser.”
      20 Un autre encore dit : “Je viens de me marier et c’est pourquoi je ne peux pas y aller.”
      21 Le serviteur retourna auprès de son maître et lui rapporta ces réponses. Le maître de la maison se mit en colère et dit à son serviteur : “Va vite sur les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les infirmes, les aveugles et les boiteux.”
      22 Après un moment, le serviteur vint dire : “Maître, tes ordres ont été exécutés, mais il y a encore de la place.”
      23 Le maître dit alors à son serviteur : “Va sur les chemins de campagne, le long des haies, et oblige les gens à entrer, afin que ma maison soit remplie.
      24 Je vous le dis : aucun de ceux qui avaient été invités ne mangera de mon repas !” »
      25 Une foule immense faisait route avec Jésus. Il se retourna et dit à tous :
      26 « Celui qui vient à moi doit me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même à sa propre personne. Sinon, il ne peut pas être mon disciple.
      27 Celui qui ne porte pas sa croix pour me suivre ne peut pas être mon disciple.
      28 Si l’un de vous veut construire une tour, il s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a assez d’argent pour achever le travail.
      29 Autrement, s’il pose les fondations sans pouvoir achever la tour, tous ceux qui verront cela se mettront à rire de lui
      30 en disant : “Cet homme a commencé de construire mais a été incapable d’achever le travail !”
      31 De même, si un roi veut partir en guerre contre un autre roi, il s’assied d’abord pour examiner s’il peut, avec dix mille hommes, affronter son adversaire qui marche contre lui avec vingt mille hommes.
      32 S’il ne le peut pas, il envoie des messagers à l’autre roi, pendant qu’il est encore loin, pour lui demander ses conditions de paix.
      33 Ainsi donc, ajouta Jésus, aucun de vous ne peut être mon disciple s’il ne renonce pas à tout ce qu’il possède. »
      34 « Le sel est une bonne chose. Mais s’il perd son goût, comment pourrait-on le lui rendre ?
      35 Il n’est alors bon ni pour la terre, ni pour le fumier ; on le jette dehors. Écoutez bien, si vous avez des oreilles pour entendre ! »

      Luc 15

      1 Les collecteurs d’impôts et autres gens de mauvaise réputation s’approchaient tous de Jésus pour l’écouter.
      2 Les Pharisiens et les maîtres de la loi critiquaient Jésus ; ils disaient : « Cet homme fait bon accueil aux gens de mauvaise réputation et mange avec eux ! »
      3 Jésus leur dit alors cette parabole :
      4 « Si quelqu’un parmi vous possède cent moutons et qu’il perde l’un d’entre eux, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres dans leur pâturage pour partir à la recherche de celui qui est perdu jusqu’à ce qu’il le retrouve ?
      5 Et quand il l’a retrouvé, il est tout joyeux : il met le mouton sur ses épaules,
      6 il rentre chez lui, puis appelle ses amis et ses voisins et leur dit : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé mon mouton, celui qui était perdu !”
      7 De même, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui commence une vie nouvelle que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’en ont pas besoin. »
      8 « Ou bien, si une femme possède dix pièces d’argent et qu’elle en perde une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
      9 Et quand elle l’a retrouvée, elle appelle ses amies et ses voisines et leur dit : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !”
      10 De même, je vous le dis, il y a de la joie parmi les anges de Dieu pour un seul pécheur qui commence une vie nouvelle. »
      11 Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils.
      12 Le plus jeune dit à son père : “Mon père, donne-moi la part de notre fortune qui doit me revenir.” Alors le père partagea ses biens entre ses deux fils.
      13 Peu de jours après, le plus jeune fils vendit sa part de la propriété et partit avec son argent pour un pays éloigné. Là, il vécut dans le désordre et dissipa ainsi tout ce qu’il possédait.
      14 Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à manquer du nécessaire.
      15 Il alla donc se mettre au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya dans ses champs garder les cochons.
      16 Il aurait bien voulu se nourrir des fruits du caroubier que mangeaient les cochons, mais personne ne lui en donnait.
      17 Alors, il se mit à réfléchir sur sa situation et se dit : “Tous les ouvriers de mon père ont plus à manger qu’ils ne leur en faut, tandis que moi, ici, je meurs de faim !
      18 Je veux repartir chez mon père et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi,
      19 je ne suis plus digne que tu me regardes comme ton fils. Traite-moi donc comme l’un de tes ouvriers.”
      20 Et il repartit chez son père. « Tandis qu’il était encore assez loin de la maison, son père le vit et en eut profondément pitié : il courut à sa rencontre, le serra contre lui et l’embrassa.
      21 Le fils lui dit alors : “Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi, je ne suis plus digne que tu me regardes comme ton fils...”
      22 Mais le père dit à ses serviteurs : “Dépêchez-vous d’apporter la plus belle robe et mettez-la-lui ; passez-lui une bague au doigt et des chaussures aux pieds.
      23 Amenez le veau que nous avons engraissé et tuez-le ; nous allons faire un festin et nous réjouir,
      24 car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et je l’ai retrouvé.” Et ils commencèrent la fête.
      25 « Pendant ce temps, le fils aîné de cet homme était aux champs. A son retour, quand il approcha de la maison, il entendit un bruit de musique et de danses.
      26 Il appela un des serviteurs et lui demanda ce qui se passait.
      27 Le serviteur lui répondit : “Ton frère est revenu, et ton père a fait tuer le veau que nous avons engraissé, parce qu’il a retrouvé son fils en bonne santé.”
      28 Le fils aîné se mit alors en colère et refusa d’entrer dans la maison. Son père sortit pour le prier d’entrer.
      29 Mais le fils répondit à son père : “Écoute, il y a tant d’années que je te sers sans avoir jamais désobéi à l’un de tes ordres. Pourtant, tu ne m’as jamais donné même un chevreau pour que je fasse la fête avec mes amis.
      30 Mais quand ton fils que voilà revient, lui qui a dépensé entièrement ta fortune avec des prostituées, pour lui tu fais tuer le veau que nous avons engraissé !”
      31 Le père lui dit : “Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce que je possède est aussi à toi.
      32 Mais nous devions faire une fête et nous réjouir, car ton frère que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et le voilà retrouvé !” »

      Luc 16

      1 Jésus dit à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant et l’on vint lui rapporter que ce gérant gaspillait ses biens.
      2 Le maître l’appela et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Présente-moi les comptes de ta gestion, car tu ne pourras plus être mon gérant.”
      3 Le gérant se dit en lui-même : “Mon maître va me retirer ma charge. Que faire ? Je ne suis pas assez fort pour travailler la terre et j’aurais honte de mendier.
      4 Ah ! je sais ce que je vais faire ! Et quand j’aurai perdu ma place, des gens me recevront chez eux !”
      5 Il fit alors venir un à un tous ceux qui devaient quelque chose à son maître. Il dit au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?” –
      6 “Cent tonneaux d’huile d’olive”, lui répondit-il. Le gérant lui dit : “Voici ton compte ; vite, assieds-toi et note cinquante.”
      7 Puis il dit à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” – “Cent sacs de blé”, répondit-il. Le gérant lui dit : “Voici ton compte ; note quatre-vingts.”
      8 Eh bien, le maître loua le gérant malhonnête d’avoir agi si habilement. En effet, les gens de ce monde sont bien plus habiles dans leurs rapports les uns avec les autres que ceux qui appartiennent à la lumière. »
      9 Jésus ajouta : « Et moi je vous dis : faites-vous des amis avec les richesses trompeuses de ce monde, afin qu’au moment où elles n’existeront plus pour vous on vous reçoive dans les demeures éternelles.
      10 Celui qui est fidèle dans les petites choses est aussi fidèle dans les grandes ; celui qui est malhonnête dans les petites choses est aussi malhonnête dans les grandes.
      11 Si donc vous n’avez pas été fidèles dans votre façon d’utiliser les richesses trompeuses de ce monde, qui pourrait vous confier les vraies richesses ?
      12 Et si vous n’avez pas été fidèles en ce qui concerne le bien des autres, qui vous donnera le bien qui vous est destiné ?
      13 « Aucun serviteur ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra le premier et aimera le second ; ou bien il s’attachera au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »
      14 Les Pharisiens entendaient toutes ces paroles et se moquaient de Jésus, car ils aimaient l’argent.
      15 Jésus leur dit : « Vous êtes des gens qui se font passer pour justes aux yeux des hommes, mais Dieu connaît vos cœurs. Car ce que les hommes considèrent comme grand est détestable aux yeux de Dieu.
      16 « Le temps de la loi de Moïse et des livres des Prophètes a duré jusqu’à l’époque de Jean-Baptiste. Depuis cette époque, la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu est annoncée et chacun use de force pour y entrer.
      17 Mais le ciel et la terre peuvent disparaître plus facilement que le plus petit détail de la loi.
      18 « Tout homme qui renvoie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et celui qui épouse une femme renvoyée par son mari commet un adultère. »
      19 « Il y avait une fois un homme riche qui s’habillait des vêtements les plus fins et les plus coûteux et qui, chaque jour, vivait dans le luxe en faisant de bons repas.
      20 Devant la porte de sa maison était couché un pauvre homme, appelé Lazare. Son corps était couvert de plaies.
      21 Il aurait bien voulu se nourrir des morceaux qui tombaient de la table du riche. De plus, les chiens venaient lécher ses plaies.
      22 Le pauvre mourut et les anges le portèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi et on l’enterra.
      23 Il souffrait beaucoup dans le monde des morts ; il leva les yeux et vit de loin Abraham et Lazare à côté de lui.
      24 Alors il s’écria : “Père Abraham, aie pitié de moi ; envoie donc Lazare tremper le bout de son doigt dans de l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre beaucoup dans ce feu.”
      25 Mais Abraham dit : “Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu beaucoup de biens pendant ta vie, tandis que Lazare a eu beaucoup de malheurs. Maintenant, il reçoit ici sa consolation, tandis que toi tu souffres.
      26 De plus, il y a un profond abîme entre vous et nous ; ainsi, ceux qui voudraient passer d’ici vers vous ne le peuvent pas et l’on ne peut pas non plus parvenir jusqu’à nous de là où tu es.”
      27 Le riche dit : “Je t’en prie, père, envoie donc Lazare dans la maison de mon père,
      28 où j’ai cinq frères. Qu’il aille les avertir, afin qu’ils ne viennent pas eux aussi dans ce lieu de souffrances.”
      29 Abraham répondit : “Tes frères ont Moïse et les prophètes pour les avertir : qu’ils les écoutent !”
      30 Le riche dit : “Cela ne suffit pas, père Abraham. Mais si quelqu’un revient de chez les morts et va les trouver, alors ils changeront de comportement.”
      31 Mais Abraham lui dit : “S’ils ne veulent pas écouter Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader même si quelqu’un se relevait d’entre les morts.” »

      Luc 17

      1 Jésus dit à ses disciples : « Il est inévitable qu’il y ait des faits qui entraînent les hommes à pécher. Mais malheur à celui qui en est la cause !
      2 Il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache au cou une grosse pierre et qu’on le jette dans la mer, plutôt que de faire tomber dans le péché un seul de ces petits.
      3 Prenez bien garde ! « Si ton frère se rend coupable, parle-lui sérieusement. Et s’il regrette son acte, pardonne-lui.
      4 S’il se rend coupable à ton égard sept fois en un jour et que chaque fois il revienne te dire : “Je le regrette”, tu lui pardonneras. »
      5 Les apôtres dirent au Seigneur : « Augmente notre foi. »
      6 Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous pourriez dire à cet arbre, ce mûrier : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous obéirait. »
      7 « Supposons ceci : l’un d’entre vous a un serviteur qui laboure ou qui garde les troupeaux. Lorsqu’il le voit revenir des champs, va-t-il lui dire : “Viens vite te mettre à table” ?
      8 Non, il lui dira plutôt : “Prépare mon repas, puis change de vêtements pour me servir pendant que je mange et bois ; après quoi, tu pourras manger et boire à ton tour.”
      9 Il n’a pas à remercier son serviteur d’avoir fait ce qui lui était ordonné, n’est-ce pas ?
      10 Il en va de même pour vous : quand vous aurez fait tout ce qui vous est ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs ; nous n’avons fait que notre devoir.” »
      11 Tandis que Jésus faisait route vers Jérusalem, il passa le long de la frontière qui sépare la Samarie et la Galilée.
      12 Il entrait dans un village quand dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils se tinrent à distance
      13 et se mirent à crier : « Jésus, Maître, aie pitié de nous ! »
      14 Jésus les vit et leur dit : « Allez vous faire examiner par les prêtres. » Pendant qu’ils y allaient, ils furent guéris.
      15 L’un d’entre eux, quand il vit qu’il était guéri, revint sur ses pas en louant Dieu à haute voix.
      16 Il se jeta aux pieds de Jésus, le visage contre terre, et le remercia. Cet homme était Samaritain.
      17 Jésus dit alors : « Tous les dix ont été guéris, n’est-ce pas ? Où sont les neuf autres ?
      18 Personne n’a-t-il pensé à revenir pour remercier Dieu, sinon cet étranger ? »
      19 Puis Jésus lui dit : « Relève-toi et va ; ta foi t’a sauvé. »
      20 Les Pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le Royaume de Dieu. Il leur répondit : « Le Royaume de Dieu ne vient pas de façon spectaculaire.
      21 On ne dira pas : “Voyez, il est ici !” ou bien : “Il est là !” Car, sachez-le, le Royaume de Dieu est au milieu de vous. »
      22 Puis il dit aux disciples : « Le temps viendra où vous désirerez voir le Fils de l’homme même un seul jour, mais vous ne le verrez pas.
      23 On vous dira : “Regardez là !” ou : “Regardez ici !” Mais n’y allez pas, n’y courez pas.
      24 Comme l’éclair brille à travers le ciel et l’illumine d’une extrémité à l’autre, ainsi sera le Fils de l’homme en son jour.
      25 Mais il faut d’abord qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par les gens d’aujourd’hui.
      26 Ce qui s’est passé du temps de Noé se passera de la même façon aux jours du Fils de l’homme.
      27 Les gens mangeaient et buvaient, se mariaient ou étaient donnés en mariage, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche : la grande inondation vint alors et les fit tous périr.
      28 Ce sera comme du temps de Loth : les gens mangeaient et buvaient, achetaient et vendaient, plantaient et bâtissaient ;
      29 mais le jour où Loth quitta Sodome, il tomba du ciel une pluie de soufre enflammé qui les fit tous périr.
      30 Il se passera la même chose le jour où le Fils de l’homme doit apparaître.
      31 « En ce jour-là, celui qui sera sur la terrasse de sa maison et aura ses affaires à l’intérieur, ne devra pas descendre pour les prendre ; de même, celui qui sera dans les champs ne devra pas retourner dans sa maison.
      32 Rappelez-vous la femme de Loth !
      33 Celui qui cherchera à préserver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie la conservera.
      34 Je vous le déclare, en cette nuit-là, deux personnes seront dans un même lit : l’une sera emmenée et l’autre laissée.
      35 Deux femmes moudront du grain ensemble : l’une sera emmenée et l’autre laissée. [
      36 Deux hommes seront dans un champ : l’un sera emmené et l’autre laissé. ] »
      37 Les disciples lui demandèrent : « Où cela se passera-t-il, Seigneur ? » Et il répondit : « Où sera le cadavre, là aussi se rassembleront les vautours. »

      Luc 18

      1 Jésus leur dit ensuite cette parabole pour leur montrer qu’ils devaient toujours prier, sans jamais se décourager :
      2 « Il y avait dans une ville un juge qui ne se souciait pas de Dieu et n’avait d’égards pour personne.
      3 Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait fréquemment le trouver pour obtenir justice : “Rends-moi justice contre mon adversaire”, disait-elle.
      4 Pendant longtemps, le juge refusa, puis il se dit : “Bien sûr, je ne me soucie pas de Dieu et je n’ai d’égards pour personne ;
      5 mais comme cette veuve me fatigue, je vais faire reconnaître ses droits, sinon, à force de venir, elle finira par m’exaspérer.” »
      6 Puis le Seigneur ajouta : « Écoutez ce que dit ce juge indigne !
      7 Et Dieu, lui, ne ferait-il pas justice aux siens quand ils crient à lui jour et nuit ? Tardera-t-il à les aider ?
      8 Je vous le déclare : il leur fera justice rapidement. Mais quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »
      9 Jésus dit la parabole suivante à l’intention de ceux qui se croyaient justes aux yeux de Dieu et méprisaient les autres :
      10 « Deux hommes montèrent au temple pour prier ; l’un était Pharisien, l’autre collecteur d’impôts.
      11 Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : “O Dieu, je te remercie de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont voleurs, mauvais et adultères ; je te remercie de ce que je ne suis pas comme ce collecteur d’impôts.
      12 Je jeûne deux jours par semaine et je te donne le dixième de tous mes revenus.”
      13 Le collecteur d’impôts, lui, se tenait à distance et n’osait pas même lever les yeux vers le ciel, mais il se frappait la poitrine et disait : “O Dieu, aie pitié de moi, qui suis un pécheur.”
      14 Je vous le dis, ajouta Jésus, cet homme était en règle avec Dieu quand il retourna chez lui, mais pas le Pharisien. En effet, quiconque s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé. »
      33 Ils le frapperont à coups de fouet et le mettront à mort. Et le troisième jour il se relèvera de la mort. »

      Luc 19

      1 Après être entré dans Jéricho, Jésus traversait la ville.
      2 Il y avait là un homme appelé Zachée ; c’était le chef des collecteurs d’impôts et il était riche.
      3 Il cherchait à voir qui était Jésus, mais comme il était de petite taille, il ne pouvait pas y parvenir à cause de la foule.
      4 Il courut alors en avant et grimpa sur un arbre, un sycomore, pour voir Jésus qui devait passer par là.
      5 Quand Jésus arriva à cet endroit, il leva les yeux et dit à Zachée : « Dépêche-toi de descendre, Zachée, car il faut que je loge chez toi aujourd’hui. »
      6 Zachée se dépêcha de descendre et le reçut avec joie.
      7 En voyant cela, tous critiquaient Jésus ; ils disaient : « Cet homme est allé loger chez un pécheur ! »
      8 Zachée, debout devant le Seigneur, lui dit : « Écoute, Maître, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j’ai pris trop d’argent à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois autant. »
      9 Jésus lui dit : « Aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison, parce que tu es, toi aussi, un descendant d’Abraham.
      10 Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. »
      12 Voici donc ce qu’il dit : « Un homme de famille noble se rendit dans un pays éloigné pour y être nommé roi ; il devait revenir ensuite.
      13 Avant de partir, il appela dix de ses serviteurs, leur remit à chacun une pièce d’or de grande valeur et leur dit : “Faites des affaires avec cet argent jusqu’à mon retour.”
      14 Mais les gens de son pays le haïssaient ; ils envoyèrent une délégation derrière lui pour dire : “Nous ne voulons pas de lui comme roi.”
      15 Il fut pourtant nommé roi et revint dans son pays. Il fit alors appeler les serviteurs auxquels il avait remis l’argent, pour savoir ce qu’ils avaient gagné.
      16 Le premier se présenta et dit : “Maître, j’ai gagné dix pièces d’or avec celle que tu m’as donnée.”
      17 Le roi lui dit : “C’est bien, bon serviteur ; puisque tu as été fidèle dans de petites choses, je te nomme gouverneur de dix villes.”
      18 Le deuxième serviteur vint et dit : “Maître, j’ai gagné cinq pièces d’or avec celle que tu m’as donnée.”
      19 Le roi dit à celui-là : “Toi, je te nomme gouverneur de cinq villes.”
      20 Un autre serviteur vint et dit : “Maître, voici ta pièce d’or ; je l’ai gardée cachée dans un mouchoir.
      21 J’avais peur de toi, car tu es un homme dur : tu prends ce que tu n’as pas déposé, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.”
      22 Le roi lui dit : “Mauvais serviteur, je vais te juger sur tes propres paroles. Tu savais que je suis un homme dur, que je prends ce que je n’ai pas déposé et moissonne ce que je n’ai pas semé.
      23 Alors, pourquoi n’as-tu pas placé mon argent dans une banque ? A mon retour, j’aurais pu le retirer avec les intérêts.”
      24 Puis il dit à ceux qui étaient là : “Enlevez-lui cette pièce d’or et remettez-la à celui qui en a dix.”
      25 Ils lui dirent : “Maître, il a déjà dix pièces !”
      26 – “Je vous l’affirme, répondit-il, à celui qui a quelque chose l’on donnera davantage ; tandis qu’à celui qui n’a rien on enlèvera même le peu qui pourrait lui rester.
      27 Quant à mes ennemis qui n’ont pas voulu de moi comme roi, amenez-les ici et exécutez-les devant moi.” »

      Luc 21

      1 Jésus regarda autour de lui et vit des riches qui déposaient leurs dons dans les troncs à offrandes du temple.
      2 Il vit aussi une veuve pauvre qui y mettait deux petites pièces de cuivre.
      3 Il dit alors : « Je vous le déclare, c’est la vérité : cette veuve pauvre a mis plus que tous les autres.
      4 Car tous les autres ont donné comme offrande de l’argent dont ils n’avaient pas besoin ; mais elle, dans sa pauvreté, a offert tout ce dont elle avait besoin pour vivre. »
      5 Quelques personnes parlaient du temple et disaient qu’il était magnifique avec ses belles pierres et les objets offerts à Dieu. Mais Jésus déclara :
      6 « Les jours viendront où il ne restera pas une seule pierre posée sur une autre de ce que vous voyez là ; tout sera renversé. »
      7 Ils lui demandèrent alors : « Maître, quand cela se passera-t-il ? Quel sera le signe qui indiquera le moment où ces choses doivent arriver ? »
      8 Jésus répondit : « Faites attention, ne vous laissez pas tromper. Car beaucoup d’hommes viendront en usant de mon nom et diront : “Je suis le Messie !” et : “Le temps est arrivé !” Mais ne les suivez pas.
      9 Quand vous entendrez parler de guerres et de révolutions, ne vous effrayez pas ; il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin de ce monde. »
      10 Puis il ajouta : « Un peuple combattra contre un autre peuple, et un royaume attaquera un autre royaume ;
      11 il y aura de terribles tremblements de terre et, dans différentes régions, des famines et des épidémies ; il y aura aussi des phénomènes effrayants et des signes impressionnants venant du ciel.
      12 Mais avant tout cela, on vous arrêtera, on vous persécutera, on vous livrera pour être jugés dans les synagogues et l’on vous mettra en prison ; on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs à cause de moi.
      13 Ce sera pour vous l’occasion d’apporter votre témoignage à mon sujet.
      14 Soyez donc bien décidés à ne pas vous inquiéter par avance de la manière dont vous vous défendrez.
      15 Je vous donnerai moi-même des paroles et une sagesse telles qu’aucun de vos adversaires ne pourra leur résister ou les contredire.
      16 Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos parents et vos amis ; on fera condamner à mort plusieurs d’entre vous.
      17 Tout le monde vous haïra à cause de moi.
      18 Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
      19 Tenez bon : c’est ainsi que vous sauverez vos vies. »
      20 « Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, vous saurez, à ce moment-là, qu’elle sera bientôt détruite.
      21 Alors, ceux qui seront en Judée devront s’enfuir vers les montagnes ; ceux qui seront à l’intérieur de Jérusalem devront s’éloigner, et ceux qui seront dans les campagnes ne devront pas entrer dans la ville.
      22 Car ce seront les jours du Jugement, où se réalisera tout ce que déclarent les Écritures.
      23 Quel malheur ce sera, en ces jours-là, pour les femmes enceintes et pour celles qui allaiteront ! Car il y aura une grande détresse dans ce pays et la colère de Dieu se manifestera contre ce peuple.
      24 Ils seront tués par l’épée, ils seront emmenés prisonniers parmi toutes les nations, et les païens piétineront Jérusalem jusqu’à ce que le temps qui leur est accordé soit écoulé. »
      25 « Il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles. Sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, rendues inquiètes par le bruit violent de la mer et des vagues.
      26 Des hommes mourront de frayeur en pensant à ce qui devra survenir sur toute la terre, car les puissances des cieux seront ébranlées.
      27 Alors on verra le Fils de l’homme arriver sur un nuage, avec beaucoup de puissance et de gloire.
      28 Quand ces événements commenceront à se produire, redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance sera proche. »
      29 Puis Jésus leur dit cette parabole : « Regardez le figuier et tous les autres arbres :
      30 quand vous voyez leurs feuilles commencer à pousser, vous savez que la bonne saison est proche.
      31 De même, quand vous verrez ces événements arriver, sachez que le Royaume de Dieu est proche.
      32 Je vous le déclare, c’est la vérité : les gens d’aujourd’hui n’auront pas tous disparu avant que tout cela arrive.
      33 Le ciel et la terre disparaîtront, tandis que mes paroles ne disparaîtront jamais. »
      34 « Prenez garde ! Ne laissez pas votre esprit s’alourdir dans les fêtes et l’ivrognerie, ainsi que dans les soucis de cette vie, sinon le jour du Jugement vous surprendra tout à coup,
      35 comme un piège ; car il s’abattra sur tous les habitants de la terre entière.
      36 Ne vous endormez pas, priez en tout temps ; ainsi vous aurez la force de surmonter tout ce qui doit arriver et vous pourrez vous présenter debout devant le Fils de l’homme. »
      37 Pendant le jour, Jésus enseignait dans le temple ; mais, le soir, il s’en allait passer la nuit sur la colline appelée mont des Oliviers.
      38 Et tout le peuple venait au temple tôt le matin pour l’écouter.

      Luc 22

      34 Jésus lui répondit : « Je te le déclare, Pierre, le coq n’aura pas encore chanté aujourd’hui que tu auras déjà prétendu trois fois ne pas me connaître. »

      Luc 23

      39 L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’insultait en disant : « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même et nous avec toi ! »
      40 Mais l’autre lui fit des reproches et lui dit : « Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même punition ?
      41 Pour nous, cette punition est juste, car nous recevons ce que nous avons mérité par nos actes ; mais lui n’a rien fait de mal. »
      42 Puis il ajouta : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras pour être roi. »
      43 Jésus lui répondit : « Je te le déclare, c’est la vérité : aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. »

      Luc 24

      13 Ce même jour, deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs, qui se trouvait à environ deux heures de marche de Jérusalem.
      14 Ils parlaient de tout ce qui s’était passé.
      15 Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux.
      16 Ils le voyaient, mais quelque chose les empêchait de le reconnaître.
      17 Jésus leur demanda : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Et ils s’arrêtèrent, tout attristés.
      18 L’un d’eux, appelé Cléopas, lui dit : « Es-tu le seul habitant de Jérusalem qui ne connaisse pas ce qui s’est passé ces derniers jours ? » –
      19 « Quoi donc ? » leur demanda-t-il. Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth ! C’était un prophète puissant ; il l’a montré par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple.
      20 Les chefs de nos prêtres et nos dirigeants l’ont livré pour le faire condamner à mort et l’ont cloué sur une croix.
      21 Nous avions l’espoir qu’il était celui qui devait délivrer Israël. Mais en plus de tout cela, c’est aujourd’hui le troisième jour depuis que ces faits se sont passés.
      22 Quelques femmes de notre groupe nous ont étonnés, il est vrai. Elles se sont rendues tôt ce matin au tombeau
      23 mais n’ont pas trouvé son corps. Elles sont revenues nous raconter que des anges leur sont apparus et leur ont déclaré qu’il est vivant.
      24 Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau et ont trouvé tout comme les femmes l’avaient dit, mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
      25 Alors Jésus leur dit : « Gens sans intelligence, que vous êtes lents à croire tout ce qu’ont annoncé les prophètes !
      26 Ne fallait-il pas que le Messie souffre ainsi avant d’entrer dans sa gloire ? »
      27 Puis il leur expliqua ce qui était dit à son sujet dans l’ensemble des Écritures, en commençant par les livres de Moïse et en continuant par tous les livres des Prophètes.
      28 Quand ils arrivèrent près du village où ils se rendaient, Jésus fit comme s’il voulait poursuivre sa route.
      29 Mais ils le retinrent en disant : « Reste avec nous ; le jour baisse déjà et la nuit approche. » Il entra donc pour rester avec eux.
      30 Il se mit à table avec eux, prit le pain et remercia Dieu ; puis il rompit le pain et le leur donna.
      31 Alors, leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux.
      32 Ils se dirent l’un à l’autre : « N’y avait-il pas comme un feu qui brûlait au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ? »
      33 Ils se levèrent aussitôt et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent les onze disciples réunis avec leurs compagnons,
      34 qui disaient : « Le Seigneur est vraiment ressuscité ! Simon l’a vu ! »
      35 Et eux-mêmes leur racontèrent ce qui s’était passé en chemin et comment ils avaient reconnu Jésus au moment où il rompait le pain.
      36 Ils parlaient encore, quand Jésus lui-même se présenta au milieu d’eux et leur dit : « La paix soit avec vous ! »

      Actes 2

      22 « Gens d’Israël, écoutez ce que je vais vous dire : Jésus de Nazareth était un homme dont Dieu vous a démontré l’autorité en accomplissant par lui toutes sortes de miracles et de signes prodigieux au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes.
      23 Cet homme vous a été livré conformément à la décision que Dieu avait prise et au plan qu’il avait formé d’avance. Vous l’avez tué en le faisant clouer sur une croix par des infidèles.
      24 Mais Dieu l’a ressuscité, il l’a délivré des douleurs de la mort, car il n’était pas possible que la mort le retienne en son pouvoir.

      Actes 3

      13 Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos ancêtres, a manifesté la gloire de son serviteur Jésus. Vous-mêmes, vous l’avez livré aux autorités et vous l’avez rejeté devant Pilate, alors que celui-ci avait décidé de le relâcher.

      Actes 7

      38 De plus, alors que le peuple d’Israël était assemblé dans le désert, c’est lui qui se tenait entre nos ancêtres et l’ange qui lui parlait sur le mont Sinaï ; il reçut les paroles vivantes de Dieu, pour nous les transmettre.

      Actes 8

      1 Et Saul approuvait le meurtre d’Étienne. Le même jour commença une grande persécution contre l’Église de Jérusalem. Tous les croyants, excepté les apôtres, se dispersèrent dans les régions de Judée et de Samarie.
      2 Des hommes pieux enterrèrent Étienne et pleurèrent abondamment sur sa mort.
      3 Saul, lui, s’efforçait de détruire l’Église ; il allait de maison en maison, en arrachait les croyants, hommes et femmes, et les jetait en prison.
      4 Ceux qui avaient été dispersés parcouraient le pays en annonçant la Bonne Nouvelle.
      5 Philippe se rendit dans la principale ville de Samarie et se mit à annoncer le Messie à ses habitants.
      6 La population tout entière était très attentive aux paroles de Philippe quand elle l’entendait et voyait les miracles qu’il accomplissait.
      7 En effet, des esprits mauvais sortaient de beaucoup de malades en poussant un grand cri et de nombreux paralysés et boiteux étaient également guéris.
      8 Ainsi, la joie fut grande dans cette ville.
      9 Un homme appelé Simon se trouvait déjà auparavant dans cette même ville. Il pratiquait la magie et provoquait l’étonnement de la population de la Samarie. Il prétendait être quelqu’un d’important,
      10 et tous, des plus jeunes aux plus âgés, lui accordaient beaucoup d’attention. On disait : « Cet homme est la puissance de Dieu, celle qu’on appelle “la grande puissance”. »
      11 Ils lui accordaient donc beaucoup d’attention, car il y avait longtemps qu’il les étonnait par ses pratiques magiques.
      12 Mais quand ils crurent à la Bonne Nouvelle que Philippe annonçait au sujet du Royaume de Dieu et de la personne de Jésus-Christ, ils se firent baptiser, hommes et femmes.
      13 Simon lui-même crut et fut baptisé ; il restait auprès de Philippe et il était rempli d’étonnement en voyant les grands miracles et prodiges qui s’accomplissaient.
      14 Les apôtres qui étaient à Jérusalem apprirent que les habitants de la Samarie avaient reçu la parole de Dieu ; ils leur envoyèrent alors Pierre et Jean.
      15 Quand ceux-ci arrivèrent en Samarie, ils prièrent pour les croyants afin qu’ils reçoivent le Saint-Esprit.
      16 En effet, le Saint-Esprit n’était encore descendu sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus.
      17 Alors Pierre et Jean posèrent les mains sur eux et ils reçurent le Saint-Esprit.
      18 Quand Simon vit que l’Esprit était donné aux croyants lorsque les apôtres posaient les mains sur eux, il offrit de l’argent à Pierre et Jean
      19 en disant : « Accordez-moi aussi ce pouvoir, afin que ceux sur qui je poserai les mains reçoivent le Saint-Esprit. »
      20 Mais Pierre lui répondit : « Que ton argent soit détruit avec toi, puisque tu as pensé que le don de Dieu peut s’acheter avec de l’argent !
      21 Tu n’as aucune part ni aucun droit en cette affaire, car ton cœur n’est pas honnête aux yeux de Dieu.
      22 Rejette donc ta mauvaise intention et prie le Seigneur pour que, si possible, il te pardonne d’avoir eu une telle pensée.
      23 Je vois, en effet, que tu es plein d’un mal amer et que tu es prisonnier du péché. »
      24 Simon dit alors à Pierre et Jean : « Priez vous-mêmes le Seigneur pour moi, afin qu’il ne m’arrive rien de ce que vous avez dit. »
      25 Après avoir rendu témoignage en prêchant la parole du Seigneur, les deux apôtres retournèrent à Jérusalem. En chemin, ils annoncèrent la Bonne Nouvelle dans de nombreux villages de Samarie.
      26 Un ange du Seigneur dit à Philippe : « Tu vas partir en direction du sud, sur la route qui descend de Jérusalem à Gaza. Cette route est déserte. »
      27 Philippe partit aussitôt. Et, sur son chemin, un homme se présenta : c’était un eunuque éthiopien, haut fonctionnaire chargé d’administrer les trésors de Candace, la reine d’Éthiopie ; il était venu à Jérusalem pour adorer Dieu
      28 et il retournait chez lui. Assis sur son char, il lisait le livre du prophète Ésaïe.
      29 Le Saint-Esprit dit à Philippe : « Va rejoindre ce char. »
      30 Philippe s’en approcha en courant et entendit l’Éthiopien qui lisait le livre du prophète Ésaïe. Il lui demanda : « Comprends-tu ce que tu lis ? »
      31 L’homme répondit : « Comment pourrais-je comprendre, si personne ne m’éclaire ? » Et il invita Philippe à monter sur le char pour s’asseoir à côté de lui.
      32 Le passage de l’Écriture qu’il lisait était celui-ci : « Il a été comme une brebis qu’on mène à l’abattoir, comme un agneau qui reste muet devant celui qui le tond. Il n’a pas dit un mot.
      33 Il a été humilié et n’a pas obtenu justice. Qui pourra parler de ses descendants ? Car on a mis fin à sa vie sur terre. »
      34 Le fonctionnaire demanda à Philippe : « Je t’en prie, dis-moi de qui le prophète parle-t-il ainsi ? Est-ce de lui-même ou de quelqu’un d’autre ? »
      35 Philippe prit alors la parole et, en partant de ce passage de l’Écriture, il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus.
      36 Ils continuèrent leur chemin et arrivèrent à un endroit où il y avait de l’eau. Le fonctionnaire dit alors : « Voici de l’eau ; qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? » [
      37 Philippe lui dit : « Si tu crois de tout ton cœur, tu peux être baptisé. » Et l’homme répondit : « Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. » ]
      38 Puis il fit arrêter le char. Philippe descendit avec lui dans l’eau et il le baptisa.
      39 Quand ils furent sortis de l’eau, l’Esprit du Seigneur enleva Philippe. Le fonctionnaire ne le vit plus, mais il continua son chemin tout joyeux.
      40 Philippe se retrouva à Azot, puis il passa de ville en ville, en annonçant partout la Bonne Nouvelle, jusqu’au moment où il arriva à Césarée.

      Actes 10

      39 Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. On l’a fait mourir en le clouant sur la croix.

      Actes 13

      27 En effet, les habitants de Jérusalem et leurs chefs n’ont pas reconnu qui est Jésus et n’ont pas compris les paroles des prophètes qu’on lit à chaque sabbat. Mais ils ont accompli ces paroles en condamnant Jésus ;

      Actes 21

      8 Le lendemain, nous sommes repartis et nous sommes arrivés à Césarée. Là, nous sommes entrés dans la maison de Philippe l’évangéliste et avons logé chez lui. C’était l’un des sept qu’on avait choisis à Jérusalem.

      Galates 3

      1 O Galates insensés ! Qui vous a ensorcelés ? Pourtant, c’est une claire vision de Jésus-Christ mort sur la croix qui vous a été présentée.

      1 Thessaloniciens 4

      13 Frères, nous désirons que vous connaissiez la vérité au sujet de ceux qui sont morts, afin que vous ne soyez pas tristes comme les autres, ceux qui n’ont pas d’espérance.

      Hébreux 5

      12 Il s’est passé suffisamment de temps pour que vous deveniez des maîtres, et pourtant vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les premiers éléments du message de Dieu. Vous avez encore besoin de lait, au lieu de nourriture solide.

      1 Pierre 4

      11 Que celui qui a le don de la parole transmette les paroles de Dieu ; que celui qui a le don de servir l’utilise avec la force que Dieu lui accorde : il faut qu’en toutes choses gloire soit rendue à Dieu, par Jésus-Christ à qui appartiennent la gloire et la puissance pour toujours ! Amen.
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