Paramètres de lecture

Afficher les numéros de versets
Mode dyslexique
Police d'écriture
Taille de texte

Merci à Bibles et Publications Chrétiennes pour la conception du processus d’affichage DYS.

Un outil révolutionnaire de lecture et d'étude de la Bible en ligne. Démarrez dès aujourd'hui le plan de lecture offert dont vous avez besoin.

ÉVANGILES SYNOPTIQUES (4.)

IV Solution d'ensemble.

Il y faut, en effet, une solution d'ensemble. Comme on vient de le voir, aucune des théories systématiques ne peut seule embrasser tous les aspects opposés du problème. Si la tradition orale ou des documents multiples eussent été trop éparpillés pour produire le plan uniforme des synoptiques, par contre un évangile, primitif eût été trop uniforme pour produire leurs innombrables variantes. Toutefois, chacune de ces explications avait le mérite de préparer des matériaux utiles à la construction générale, dont les grandes lignes réalisent de plus en plus l'accord des théologiens : désormais la critique est presque unanime à reconnaître leur valeur primordiale aux « deux sources », c'est-à-dire aux deux écrits originaux qui constituent les fondations de tout l'édifice synoptique.

1. LES DEUX SOURCES PRINCIPALES

Ces deux écrits correspondent à deux témoignages d'un vieil ouvrage en cinq livres : Explications des paroles du Seigneur, composé par l'évêque d'Hiéra-polis en Phrygie, Papias, sans doute avant l'an 150 ; on n'en connaît plus que quelques maigres fragments conservés par divers auteurs, et c'est Eusèbe de Césarée (Mort en 340) qui cite les deux passages relatifs à l'origine des évangiles de Marc et de Matthieu (H.E., III 39:36). Notons pour le moment que l'ordre dans lequel se présentent ici ces deux oeuvres est celui de leur apparition dans notre étude du problème, et ne préjuge pas de l'ordre historique de leur composition, car il faudra rechercher si et dans quelle mesure les deux « sources » premières coïncident avec la forme actuelle du Mr et du Matthieu canoniques.

L'évangile de Marc. « Marc, étant devenu l'interprète de Pierre, écrivit exactement, quoique sans ordre, tout ce qu'il se rappelait de ce qu'avait dit ou avait fait le Christ... » Tel est le renseignement que Papias déclare tenir du presbytre Jean, c'est-à-dire d'un chrétien âgé de la génération qui l'avait précédé (voir le passage complet de Papias dans l'article Marc, évangile de).

Oui, en un certain sens il est donc vrai qu'un des synoptiques a été l'évangile primitif, connu et reproduit dans de très fortes proportions par les deux suivants, parenté d'origine qui explique leurs ressemblances de détails et la suite de la synopse. Mais cet évang, le plus ancien n'est pas, comme on le crut si longtemps avec Augustin, celui de Matthieu : c'est celui de Marc. Or l'évangile de Marc en retenant, suivant le mot de Papias, « ce que le Christ avait dit ou fait », et en le retenant d'après les souvenirs de Pierre, qui était homme de coeur et d'action plutôt que de pensée, s'était attaché aux actes du Seigneur plus encore qu'à ses paroles. L'évangile de Marc nous met en présence du Christ actif, à la fois serviteur participant à la nature humaine et Maître tout-puissant de la nature et de la créature, donnant volontairement sa vie en rançon pour les pécheurs. On trouvera la démonstration de ce point de vue, ainsi que de son caractère pittoresque, vivant et vibrant, dans l'art, consacré à cet évangile ; devant nous borner ici à ses relations synoptiques, notons seulement que ce sont ces qualités mêmes qui lui ont valu de devenir un document narratif de premier ordre et d'entrer dans la tradition synoptique à titre de source principale.

A. La priorité de Marc, c'est-à-dire l'antériorité de cet évang, par rapport aux deux autres, ressort de plus en plus probable, et finalement incontestable, d'une étude comparée de détail et d'ensemble.

(a) Au point de vue de la rédaction. Le style de Mr est le plus primitif, souvent gauche et rude, presque toujours amélioré dans Luc et dans Matthieu Il renferme plusieurs citations de mots araméens prononcés par Jésus (Mr 5:41 7:34 14:36), lesquels ne se trouvent pas dans les autres (à l'exception du cri du Sauveur en croix, conservé par Mt 27:46, parce que citation d'un Psaume) : on imagine fort bien les deux évang, les plus récents supprimant ces vocables qui perdaient de leur intérêt à mesure qu'on s'éloignait des faits, tandis qu'on ne pourrait se représenter Marc se plaisant à traduire le grec de Luc ou de Matthieu en araméen, pour en redonner aussitôt après la traduction grecque. Sa locution constante à propos de la résurrection de Jésus : « ... trois jours après » (Mr 8:31 9:31 10:34) est sans doute connue de Matthieu, qui la met une fois dans la bouche des prêtres (Mt 27:63) ; mais dans toutes les prédictions mêmes de Jésus, Matthieu ainsi que Luc la modifient en celle-ci : « le troisième jour » : (Mt 16:21 17:23 20:19, Luc 9:22 18:33) c'est donc une rectification ? on ne comprendrait pas, en sens inverse, que Marc eût changé en une formule discutable la formule plus strictement exacte qu'il eût trouvée chez les deux autres. Encore une correction : d'après Mr 2:26, David mangea les pains de proposition au temps du grand-prêtre Abiathar ; c'est un lapsus, explicable par la longue et intime association d'Abiathar avec David à partir justement de l'époque en question, mais le grand-prêtre était encore le père d'Abiathar, Ahimélec (1Sa 21:1-6,22:20 et suivants) ; aussi Matthieu et Luc qui dans le passage parallèle suivent à peu près mot à mot le texte de Marc en ont supprimé cette seule mention, l'ayant reconnue erronée. Ailleurs un terme hardi de Marc est adouci par Matthieu et par Luc ; le verbe de la phrase : « l'Esprit chassa Jésus au désert » (Mr 1:12, Vers. Syn. : poussa) devient : emmener, conduire (Mt 4:1, Luc 4:1) ; ici encore, on s'expliquerait mal la correction dans l'autre sens. La remarque un peu vague de Mr 1:30 à propos de la belle-mère de Pierre : « ils lui parlèrent d'elle », disparaît dans Mt 8:14, mais est définie par Luc 4:38 : « on le pria de la guérir » ; il est facile d'en comprendre la suppression par Matthieu s'il l'a jugée inutile, et la précision par Luc s'il l'a jugée ambiguë, mais comment supposer que Marc eût pris la peine de faire une addition à Matthieu ou une modification à Luc pour surajouter un renseignement aussi peu explicite ?

(b) Au point de vue des traits épisodiques. Bien que Marc soit l'évangile le plus court et le moins complet, chacun de ses épisodes pris séparément est presque toujours le plus long et le plus complet des trois (comp, les 20 versets de Mr 5:1-20 sur le démoniaque, aux 7 versets de Mt 8:28-34 et aux 14 de Luc 8:26,39 ; les 12 versets de Mr 2:1-12 sur le paralytique, aux 8 versets de Mt 9 et aux 10 de Luc 5, etc.). Dans ces parallèles, les éléments propres à Marc sont souvent des traits d'ordre descriptif qui auront paru sans intérêt aux autres évangélistes, comme le nom de Bartimée ou son manteau jeté par terre (Mr 10:50 et parallèle), ou des traits d'ordre psychologique qu'ils auront trouvés trop familiers, comme certaines indignations ou interrogations de Jésus (Mr 3:5 et parallèle ; Mr 10:14 et parallèle ; Mr 6:38 et parallèle ; Mr 9:21 et parallèle), ou comme le reproche qui lui est fait dans la barque : « Maître, cela ne te fait-il rien que nous périssions ? » et dont Matthieu et Luc font une prière : « Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! » (Mr 4:38, Mt 8:25, Luc 8:24). Dans plus de trente cas, une expression double de Marc due soit à son style ample et en parallélisme, soit à quelque nuance entre deux points de vue, n'a plus qu'un terme dans Matthieu et l'autre dans Luc ; p. ex. : « le soir venu, après le coucher du soleil » (Mr 1:32 Matthieu 8:16 a : le soir venu, Luc 4:40 : après le coucher du soleil) ; « mettre la lampe sous le boisseau ou sous le lit » (Mr 4:21 Matthieu 5:15 a : le boisseau, Luc 8:16 : le lit) ; « aujourd'hui, cette nuit même » (Mr 14:30 Matthieu 26:34 a : cette nuit même, Luc 22:34 : aujourd'hui) ; comment s'expliquerait-on, au cas où Marc fût venu le dernier, le souci qu'il se fût imposé d'aller si souvent relever ces pures vétilles dans les deux parallèles pour les additionner dans le sien, alors que par ailleurs, dans la même hypothèse, il eût abandonné à ses devanciers tant de passages de première importance ?

(c) Au point de vue du choix des récits. Les faits conservés par Marc seul n'ont pas en somme une grande portée ; ils auraient pu tomber sans guère appauvrir les traditions évangéliques, et pour chacun d'eux il est facile d'admettre que Matthieu et Luc même si nous ne retrouvons pas toujours leurs motifs déterminants, aient jugé inutile de les conserver : les deux guérisons de Mr 7:31 8:22 ont pu leur paraître un peu laborieuses, vulgaires aussi par l'emploi de la salive ; dans la recherche de Jésus par sa famille, où il est dit qu'il passait pour avoir perdu l'esprit (Mr 3:20 et suivant), il a pu sembler que ce dernier mot, assez choquant, se greffait sur une remarque non indispensable, puisque l'arrivée de sa mère et de ses frères est reprise plus loin (Mr 3:31 et parallèle) ; la parabole de la semence (Mr 4:26-29), d'un grand intérêt pour nous, a pu être considérée comme développant plus brièvement la même idée que celle du levain, ce qui permettait en tout cas à Matthieu (Mt 13) de s'en tenir pour les paraboles du Royaume au chiffre consacré de 7 ; la fuite du jeune homme nu (Mr 14:51) ne joue aucun rôle dans la Passion du Maître et pouvait aussi passer pour un peu trop familière. Le fait que tout le reste de l'évangile de Marc (à la réserve de quelques phrases dans les parallèles) se retrouve dans Matthieu ou dans Luc est un argument solide pour sa priorité ; cette découverte a été appelée « le fil d'Ariane » (Wellhausen) dans le dédale du problème synoptique. Sans doute ce fait fut d'abord interprété en sens inverse par la fameuse thèse du Marc abréviateur de Matthieu ; mais on voit maintenant combien serait inexplicable la suppression par Marc d'un nombre considérable de récits de grande valeur qu'il eût trouvés dans Matthieu et dans Luc.

(d) Au point de vue de la suite des récits L'argument le plus décisif est enfin l'ordre même de la synopse : toute la substance de Marc qui se retrouve donc à une trentaine de versets près dans les deux autres synoptiques, s'y retrouve disposée dans la même succession. Sans doute, il arrive (rarement) que Matthieu transpose certaines péricopes, mais alors l'ordre de Marc devient celui de Luc ; vice versa, lorsque la suite dans Luc s'écarte de celle de Marc alors celle de Matthieu lui est conforme. Ainsi, la synopse est établie soit par une succession de péricopes commune aux trois synoptiques, soit par une succession commune à deux d'entre eux contre le troisième, ce troisième unique pouvant être Matthieu ou Luc mais n'étant jamais Marc lequel est toujours d'accord à cet égard avec au moins l'un des deux autres. Plus encore : dès que Matthieu et Luc ne sont plus réunis par les sujets communs avec Marc ils sont indépendants l'un de l'autre en ce qui concerne les récits de faits (il en va tout autrement de leur accord sur les enseignements : voir plus loin, 2° Les « Logia »). Enfin l'étude comparée des accords de Luc et Matthieu contre Marc où celui-ci pourrait paraître au premier abord le moins primitif, n'ébranle pas, en fait, sa priorité, et ne pourrait faire supposer tout au plus, dans quelques cas sans importance, que de faibles retouches apportées à son texte après son utilisation par les deux autres synoptiques. De toutes ces constatations il résulte qu'il est tout naturel de concevoir comment le contenu de Marc a divergé, par quelques interversions occasionnelles, en deux plans indépendants entre eux : Matthieu et Luc--tandis qu'il serait pratiquement inconcevable que par une prodigieuse solution de « puzzle » les plans occasionnellement divergents de Matthieu et de Luc fussent venus converger en celui de Marc. B. Le Proto-Marc. La priorité de Marc évang, primitif utilisé par les deux autres, répond donc à certaines données fondamentales du problème : la suite de la synopse, les ressemblances générales et particulières entre les parallèles narratifs, et les identités de langue. Il restait encore à expliquer des différences, soit menues divergences entre passages communs, soit omissions par Luc ou Matthieu de tel important passage de Marc comme le récit de la retraite de Jésus à l'étranger (Mr 7:24-8:26, Mt 15:21-16:12) que Luc n'a pas conservé. Aussi certains savants ont-ils eu recours à des hypothèses complétant (mais plutôt compliquant) la priorité de Marc : celui-ci aurait été lui-même précédé d'une première recension, appelée pour cette raison proto-Marc, qui d'après les uns (A. Réville, etc.) aurait été plus riche que lui, et moins riche d'après les autres (Reuss, etc.), qui aurait pu avoir plusieurs formes successives avant de devenir le Marc canonique (Ful-liquet), ou bien ce dernier aurait été utilisé par Matthieu et Luc dans des éditions plus ou moins différentes (Stanton). Ces diverses théories de proto-Marc, dans leurs combinaisons d'ailleurs presque aussi nombreuses que leurs partisans, sont aujourd'hui passablement délaissées ; ce serait souvent reculer les difficultés, et les aggraver, que de décréter des modifications encore moins explicables entre les recensions successives d'un ouvrage donné, comme l'évangile de Marc qu'entre les ouvrages distincts de deux auteurs, comme ceux de Matthieu et de Luc. L'omission par Luc du passage indiqué plus haut, moins étrange chez l'évangéliste des païens si l'on y voit une retraite momentanée du Christ plutôt qu'une réelle mission en pays païen, et en général toutes les disparitions analogues dans Matthieu ou Luc de quelque passage de Marc peuvent fort bien avoir été voulues sans que nous en puissions deviner les motifs ; il importe au plus haut point de ne pas méconnaître la liberté de choix des évangélistes, leurs habitudes de composition, leurs buts appropriés aux lecteurs qu'ils voulaient atteindre, autant d'éléments de la psychologie des écrivains sacrés sur lesquels l'inspiration divine avait toute latitude de s'exercer aussi bien qu'éventuellement sur la rédaction antérieure d'un écrit employé par eux. Dès que l'évangile de Marc n'apparaît plus comme l'unique source de la tradition synoptique, l'utilité du proto-Marc se réduit dans la mesure même où d'autres sources peuvent avoir enrichi cette tradition d'éléments étrangers à Marc. La grande majorité des critiques voient donc dans l'oeuvre de Marc interprète de Pierre mentionnée par Papias, non pas un hypothétique proto-Marc mais l'évangile canonique lui-même, soit sous sa forme actuelle, soit sous une forme extrêmement analogue, et qui s'est maintenu dans la littérature chrétienne même après sa fusion dans Matthieu et dans Luc.

Dès lors s'explique la place considérable que les derniers jours de Jésus à Jérusalem occupent dans les synoptiques, et plus particulièrement dans Marc qui leur conserve 7 chapitres sur 16, plus du tiers de son livre : c'est que la passion du Seigneur, son procès, sa mort et sa résurrection, étaient le centre de la prédication des apôtres, (cf. Ac 2:22-24 3:13-15 10:39 13:27-31 etc.) et nous avons une sorte de procès-verbal abrégé de la prédication de Pierre à ce sujet dans la dernière partie de l'évangile de Marc qui devait être conservée intégralement, et complétée encore, par les deux autres synoptiques.

Les « Logia ».

Si l'on retranchait maintenant soit de Matthieu soit de Luc les matériaux venus de Marc que resterait-il ? Il resterait, en dehors d'une grande variété de fragments dissemblables, un nombre imposant de passages parallèles, dont quelques-uns d'une longueur et d'une valeur considérables, et consistant surtout en instructions, ou en incidents rattachés à des instructions. C'est dans ces enseignements communs à Matthieu et Luc que l'on retrouve la seconde des « deux sources », celle qu'on identifie avec le document auquel fait allusion encore un témoignage de Papias : « Matthieu composa (ou réunit) en langue hébraïque les Logia [du Seigneur], et chacun les traduisit comme il put. » Le mot grec Logia (prononcé loguià) , dérivé de logos (parole), désigne dans la langue classique les prédictions des oracles, et dans la langue biblique des LXX et du N.T. des déclarations plus ou moins solennelles, en général des paroles de Dieu, nos versions disent parfois : oracles de Dieu (Ps 12:7, Ac 7:38, Heb 5:12,1Pi 4:11) ; dans la langue ecclésiastique, comme dans l'ouvrage de Papias lui-même : Explications des « Logia » du Seigneur, ce terme ne s'applique pas exclusivement à des paroles, car les recueils ainsi nommés comportaient aussi de brefs récits des circonstances qui avaient provoqué ou accompagné lesdites paroles. Matthieu avait donc recueilli dans son livre les enseignements de Jésus dont l'autorité divine avait secoué ses auditeurs, soit qu'il les leur eût fait entendre au cours de simples conversations occasionnelles à propos des incidents quotidiens, soit qu'il les eût adressés à un public expressément assemblé pour l'écouter longuement. Marc s'était surtout attaché à ce que le Seigneur « avait fait », sans toutefois passer sous silence l'essentiel de ses instructions ; Matthieu, lui, sans négliger absolument ses actes, aurait conservé surtout ce qu'il « avait dit ».

A. Les « Logia » et Matthieu

Il suit de là que cet ouvrage de l'apôtre Matthieu, dont parle Papias, n'est pas notre évang, canonique de Matthieu

Il se composait surtout de paroles, tandis que notre évang, relate aussi, avec les enseignements un très grand nombre de faits.

Il était rédigé en « langue hébraïque », c-à-d, en araméen, idiome apparenté à l'hébreu et qui l'avait remplacé à l'époque de Jésus, tandis que le grec de notre évang, n'est pas celui d'une traduction.

Matthieu, apôtre, n'avait nul besoin d'emprunter des souvenirs à une oeuvre de seconde main, tandis que nous avons vu l'évangile de Matthieu dépendre étroitement, pour ses passages narratifs, de celui de Marc, lequel n'était pas des Douze. Cette dernière remarque est capitale : il suffit de lire attentivement, en regard l'un de l'autre, les passages communs à Marc et Matthieu, sans perdre de vue la priorité de Marc et le fait que Matthieu utilise ses récits--en les retouchant plus ou moins, --pour que les retouches de Matthieu fassent sauter aux yeux une conception plus majestueuse du Seigneur et de ses disciples, qui assigne à cet évang, un tout autre milieu d'origine peut-être, en tout cas une date plus tardive, qu'à la rédaction de Marc. Il nous paraît impossible d'en pousser tant soit peu la lecture comparée sans avoir à bientôt convenir de cette invraisemblance : comment l'un des Douze, le péager Matthieu, ancien employé de bureau, voulant écrire un évangile, en eût-il atténué principalement et souvent supprimé--lui, un témoin oculaire du ministère--justement la fraîcheur pittoresque, les traits pris sur le vif, retenus et dépeints dans Marc grâce à la mémoire visuelle et la vivacité de langage du témoin oculaire Simon Pierre ? De ce point de vue presque constant chez Matthieu, qui en fait un évang, secondaire par rapport à Marc quelques exemples ont été cités à propos de la priorité de Marc (ci-dessus, parag. 1, 1°, A) ; on en trouvera de plus nombreux, ensemble assez démonstratif, dans l'article Matthieu (évangile de). Pour ne pas apercevoir cette perspective, et pour faire grief aux critiques de répudier soi-disant sans raison valable l'antique tradition attribuant le premier évang, canonique à l'apôtre Matthieu directement, il faut n'avoir guère étudié les évangiles sur la synopse même, sur un tableau des parallèles synoptiques disposés de front, --si bon connaisseur qu'on puisse être par ailleurs des évangiles pris séparément.

Mais si nous devons donc renoncer à voir en l'apôtre lui-même le rédacteur de l'évangile qui fut appelé du nom de Matthieu, en revanche on voit clairement le motif de cette attribution : c'est parce que Matthieu était l'auteur de l'ouvrage qui, enchâssé dans le cadre de l'évangile, lui a donné sa valeur propre et sa personnalité. Ce fut très probablement le plus important des plus anciens écrits chrétiens : l'employé du péage devenu l'un des Douze, professionnellement apte à manier la plume, couche par écrit les principaux enseignements du Maître, dans la langue araméenne où celui-ci les a prononcés, et qui est la langue maternelle de l'apôtre. Plus tard, un autre écrivain, peut-être disciple de Matthieu, voulant conserver aux Eglises un tableau plus complet de la vie et de l'oeuvre du Seigneur, insère ce recueil de discours dans l'ouvrage historique de Marc, en y englobant aussi des informations particulières recueillies par ailleurs : et ce nouvel évangile, rédigé dans la langue grecque universellement connue, deviendra pour la tradition l'évangile selon saint Matthieu.

B. Les « Logia » dans Matthieu et Luc

Vers la même époque, en d'autres régions, un écrivain de race, et grand voyageur, Luc, disciple de saint Paul, après s'être entouré de renseignements oraux et de documents écrits en aussi grand nombre que possible et après les avoir soigneusement contrôlés (Luc 1:1 et suivants), va combiner également ces « deux sources », l'évangile de Marc et les Logia de Matthieu, avec ses sources accessoires. Cet évangile de Luc aurait eu, en principe, autant de droit que celui de Matthieu à être mis au bénéfice de l'apôtre auteur des Logia, mais

il est apparu dans des milieux pagano-chrétiens fort éloignés des Églises judéo-chrétiennes auxquelles appartenait l'évangile de Matthieu

il s'est assimilé les Logia en les dispersant, tandis que c'est par leurs groupements que Matthieu revêt sa physionomie particulière ;

il agrège à la tradition synoptique une plus grande proportion de matériaux nouveaux ;

il se présente comme le premier volume d'un ouvrage dont le deuxième, aussi célèbre, les Actes des apôtres, ne peut aucunement, avec ses récits d'un compagnon de saint Paul écrits à la première personne, être attribué à Matthieu. Sans doute, pour un certain nombre de critiques modernes, le livre des Actes et avec lui le troisième évang, ne proviendraient du médecin Luc qu'au second degré, par une relation comparable à celle du premier évang, avec l'apôtre Matthieu (voir Actes des Apôtres) ; mais dans l'état actuel du problème, ce qui s'impose pour l'un ne s'impose pas absolument pour l'autre, et il est toujours légitime en saine critique de considérer comme plus convaincants les arguments favorables à la tradition sur Luc auteur de l'ouvrage en deux volumes (voir Luc, évangile de).

L'utilisation par Matthieu et par Luc de cette seconde « source », les Logia, est naturellement la raison de leurs contacts étroits, parfois étendus sur d'assez longs passages, tels que : les analogies ou identités verbales et grammaticales déjà constatées en abordant les données du problème, prédication de Jean-Baptiste (Mt 3:7-13 parallèle Luc 3:7-9,16), action de grâces de Jésus pour la révélation aux petits (Mt 11:25-27 parallèle Luc 10:21 et suivant) ; les nombreuses instructions du Seigneur conservées par ces deux seuls évangile : sur les soucis (Mt 6:28-34 parallèle Luc 12:22-31), les deux arbres et les deux maisons (Mt 7:17,27 parallèle Luc 6:43,49), les dispositions pour suivre le Maître (Mt 8:18-22 parallèle Luc 9:57-62), sa réponse à Jean prisonnier (Mt 11:1-19 parallèle Luc 7:18-35), ses appels aux villes rebelles (Mt 11:20-24 parallèle Luc 10:13,16), etc. ; même la tentation de Jésus--qui n'a pu être connue que par un récit du Seigneur lui-même à ses disciples--peut se ranger dans les matières d'enseignement (Mt 4:1-11 parallèle Luc 4:1-13). Du reste, on l'a vu, les Logia devaient comporter aussi quelques narrations connexes : un épisode comme celui du centenier de Capernaüm (Mt 8:5-13 parallèle Luc 7:1-10) constituait en soi une admirable leçon, sans qu'il fût besoin de discours.

L'utilisation des « deux sources » par Matthieu comme par Luc fournit aussi l'explication de ressemblances singulières, voire anormales, dont il n'a pas encore été fait mention ; il s'agit des doublets : paroles reproduites deux fois dans un même évangile, en des situations différentes. Sans doute il faut faire la part des répétitions oratoires, disons même pédagogiques, bien connues dans le genre gnomique des moralistes hébreux, et dont le Christ n'a pas manqué d'user, comme tout bon instructeur, en rappelant à l'occasion une maxime, une formule typique destinée à se fixer dans les esprits et les consciences : « les premiers seront les derniers » (Mt 19:30 20:16), « que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! » (Mt 11:15 5 13:9,43), « celui d'entre vous qui voudra être le premier sera le serviteur de tous » (Mr 9:36 10:43 et suivant). Mais ceci reconnu, il se trouve encore bien des phrases dont la longueur et l'identité postulent un texte original commun. Comment Luc et Matthieu ont-ils été entraînés à ces doubles reproductions textuelles ? Simplement, parce qu'ici ils ont copié Marc et là les Logia, ou une autre source, qui se trouvaient posséder déjà ce même texte grâce à une parenté littéraire antérieure. Par ex., la déclaration de Mt 5:32 sur le divorce, parall. à Luc 16:18, doit provenir des Logia, mais dans Mt 19:9 elle provient du parall. de Mr 10 : et suivant ; l'exhortation plus développée à couper la main et arracher l'oeil, dans Mt 5:29 et suivant, doit de même venir des Logia quoique n'ayant pas été conservée par Luc, mais dans Mt 18:8 et suivant elle vient du parall. de Mr 9:43 et suivant ; la parole relative à la lampe sur un support, dans Luc 8:16, vient du parall. Mr 4:21 et, dans Luc 11:33 parall. à Mt 5:16, vient des Logia. Comme on peut compter plusieurs douzaines de tels exemples, même en défalquant ceux qui pourraient paraître douteux, on se trouve bien en présence d'un phénomène littéraire apportant un argument de poids à la théorie des « deux sources » par laquelle s'éclairent tant d'accords intimes entre Luc et Matthieu.

D'autre part, comme ce n'est pas suivant la même méthode que l'un et l'autre ont inclus les Logia dans le ministère de Jésus, de là découlent entre eux des différences de répartition. Alors que Matthieu réunit par sujets, massivement, les exhortations du Maître à des auditoires définis, de foules ou de disciples, Luc les dispose de préférence épisodiquement, de la façon la plus variable, et rarement sous forme de discours proprement dits. On peut citer une dizaine de cas où des paroles associées dans le sermon sur la montagne de Mt 5-7 sont transportées par Luc en d'autres occasions : le sel sans saveur (Luc 14:34), l'oraison dominicale (Luc 11:1,4), les soucis (Luc 12:22,31), la prière (Luc 11:9-13), etc. ; on trouverait des disparités analogues à propos d'autres discours (Mt 10,13,18). Il semble que Luc cherche à replacer autant que possible chaque parole dans sa situation chronologique (cf. « les faits exposés dans leur ordre », Luc 1:3), alors que Matthieu, visant à un classement de matières, aime rattacher à une occasion solennelle (dont Luc, par ailleurs, confirme la réalité) nombre d'instructions similaires du Seigneur. Cette dernière présentation, plus didactique en ce qu'elle systématise la doctrine, rend plus sensible aussi l'impression d'autorité et de puissance sans égales que Jésus produisit sur les foules et sur les chefs. Suivant la remarque de Godet, « Luc est semblable au botaniste, qui aime à contempler une fleur dans le lieu même de son entourage naturel ; Matthieu ressemble au jardinier qui, en vue d'un certain but particulier, compose de magnifiques bouquets ».

Ce n'est pas seulement par leur mode de distribution que les emprunts aux Logia se différencient entre Luc et Matthieu : c'est encore par leur forme même. Dans bien des cas où l'on ne saurait mettre en doute l'origine commune d'enseignements parallèles sur un même thème, des variantes plus ou moins notables d'expression ou de rédaction font apparaître deux versions dissemblables, parfois irréductibles l'une à l'autre : dans la parabole de la brebis perdue, le cadre et la conclusion (Mt 18:10-34 parallèle Luc 15:3-7) ; dans celles du souper et du festin (Mt 22:1-14 parallèle Luc 14:16-24) comme dans celles des talents ou des mines (Mt 25:14,30 parallèle Luc 19:12-27), les détails descriptifs, et les points de comparaison ; dans l'oraison dominicale (voir art.), l'occasion et le contenu (Mt 6:5-15 parallèle Luc 11:1,13) ; des béatitudes (voir ce mot), le nombre, le point de vue et les formules (Mt 5:3-12 parallèle Luc 6:20,26) ; les circonstances mêmes du sermon sur la montagne (voir art.) se présentent en termes qui paraissent au premier abord inconciliables (Mt 5:1, Luc 6:17).

C. Le contenu des « Logia » Pour expliquer ces diversités le long de la trame didactique commune à nos deux évangile, il a fallu admettre que ceux-ci se seraient servi d'éditions différentes des Logia, auxquelles pourraient être attribués aussi les enseignements du Maître conservés par l'un ou par l'autre et cependant conformes à l'inspiration générale de leur source ; par ex. les exhortations sur l'aumône et le jeûne, les importantes paraboles : ivraie, trésor, perle, filet, dix vierges, jugement dernier, etc., propres à Matthieu (Mt 6:1-4,16-18 13:24,44-50 25:1-13,31-46) ; ou bon Samaritain, juge insensé, drachme perdue, enfant prodigue, etc., paraboles propres à Luc (Luc 10:25 12:16 15:8). C'est ainsi que M. Goguel a été amené à accorder une ampleur et un rôle de première importance au recueil des Logia, en le considérant comme une collection de matériaux qui se serait enrichie peu à peu d'apports nouveaux dus aux souvenirs des premières générations chrétiennes ; dans cette conception, il va jusqu'à supposer l'utilisation par Marc lui-même d'une édition réduite de ces Logia, ceci surtout pour rendre compte de quelques passages où cet évang, paraît être, malgré sa priorité, moins primitif que les deux autres. C'est sans doute faire beaucoup d'honneur à un ouvrage qui, après avoir d'abord connu tant de succès d'éditions et avoir fait la fortune de deux évangiles, n'aurait plus conservé aucune vie propre dans la littérature chrétienne. De plus, en ce qui concerne Marc, l'hypothèse n'est pas nécessaire, car pourquoi n'aurait-il pas tiré d'une source plus accessoire ces textes prétendus secondaires ? et elle est onéreuse, car pourquoi n'eût-il pas emprunté davantage à une source aussi importante ? Il ne serait pas absolument insoutenable, toutefois, que Marc, connaissant une édition des Logia en circulation dans les Eglises, se fût volontairement abstenu d'y puiser, comme à un genre différent de son ouvrage d'histoire, sauf pour tel complément jugé indispensable, comme les paraboles du Royaume (Mr 4).

On voit combien il serait vain de vouloir retrouver l'ouvrage primitif des Logia derrière les synoptiques qui les ont librement employés ou remaniés, reproduits et répartis, probablement combinés çà et là avec d'autres sources moins considérables et, par cela même, encore plus inconnues de nous. Qu'on essaye de se représenter ce que pourrait être notre reconstitution de l'évangile de Marc d'après ces seuls évangiles de Luc et de Matthieu qui l'ont pourtant abondamment utilisé : que pourrait-on lui restituer de ses hautes qualités descriptives en conjecturant par exemple son récit de l'offrande de la veuve (Mr 12:41-44), d'après l'unique parallèle abrégé de Luc 21:1,4 ? Ce sont précisément ses caractères les plus significatifs que nous ne pourrions lui faire récupérer ; notre opération de remodelage fabriquerait un monstre sans vie, « un torse sans tête ni bras », a-t-on dit. De même il faut renoncer à remodeler l'oeuvre de Matthieu l'apôtre. Du moins peut-on chercher, sans rigueur ni parti pris, à reconnaître dans nos évangiles de Luc et de Matthieu les principaux passages qu'ils ont dû lui emprunter. Les essais dans cette voie ont été fort nombreux : l'introduction de J. Moffatt (Intr. Lit. N.T., 1911) reproduisait jusqu'à seize listes différentes (d'autres ont été imaginées depuis), dues aux spécialistes les plus réputés, des versets et fragments de versets de Matthieu et de Luc appartenant à cette source désignée par A (1nitiale grecque de Logia) ou Q (Initiale de l'allemand Quelle =source), ou S (1nitiale de Source ; adoptée par Bbl. Cent.). Retenons de ces méticuleuses juxtapositions leur accord d'ensemble à peu près général, confirmation de tout ce qui précède sur la nature de l'ouvrage : il devait commencer par l'introduction de Jean-Baptiste, mais ne devait pas aller jusqu'à la passion et la mort du Christ (où la plupart des critiques voient la source narrative de Mc) ; ce n'était donc point un évangile, mais bien, comme le suggérait Papias, un « recueil des paroles du Seigneur » pour lequel les paroles du Précurseur étaient le plus naturel des avant-propos.

2. AUTRES ÉLÉMENTS DE LA SOLUTION

Relations entre Matthieu et Luc. Faut-il supposer que Luc, en rédigeant son évangile, ait eu sous les yeux, avec les « deux sources » de Marc et des Logia, l'évangile de Matthieu lui-même antérieurement composé avec ces deux mêmes sources ? Cette hypothèse a été soutenue, comme aussi l'inverse, d'après laquelle Matthieu aurait employé Lu : l'une et l'autre sont du reste également combattues. Il est difficile de se prononcer sur les vraisemblances plus ou moins grandes de tels emprunts. Toutefois, les accords de ces deux évang, contre Marc n'exigent pas obligatoirement cette explication ; et leur indépendance incontestable pour d'importantes sections, comme les évangiles de l'enfance ou divers passages propres à l'un ou à l'autre, nous incite à croire l'hypothèse inutile. Comme la connaissance réciproque de Matthieu par Luc et de Luc par Matthieu est en tout cas impossible, on n'aurait jamais dû parler de « dépendance mutuelle » entre nos évangile ; la seule dépendance démontrée est celle de Matthieu et de Luc séparément, par rapport à Marc et aux Logia séparément.

Sources secondaires. Il a été question plusieurs fois, à propos de l'utilisation des « deux sources » par Matthieu ou par Luc, de leurs sources accessoires. C'est l'élément de vérité que fournit l'ancienne théorie des documents multiples, dès qu'au lieu de montrer en chacun de nos synoptiques une pure et simple anthologie de morceaux isolés, elle suggère derrière les morceaux importants, propres à l'un ou à l'autre, quelques-unes de ces diégèses ou notices narratives connues des premières communautés, et qui ont pu s'ajouter aux sources principales. Bien que Luc soit le seul à prévenir son lecteur qu'il a mis en oeuvre divers récits dûment contrôlés, il n'est pas douteux que Matthieu en ait aussi employé ; Marc lui-même, en rédigeant son évangile d'après la prédication de Pierre, y aura parfois ajouté des éléments écrits, comme nous l'ont prouvé les doublets de Matthieu et de Luc traces d'une rédaction antérieure de textes que Marc possédait en commun avec les Logia.

Quant à distinguer aujourd'hui ces sources secondaires, plus ou moins amalgamées dans nos divers évangiles, il faudrait qu'elles y eussent conservé quelque chose de caractéristique. Peut-être devons-nous tout au moins supposer les suivantes :

A. Les évangiles de l'enfance

Il ne s'en trouve que dans Matthieu (Mt 1 et Mt 2) et Luc (Luc 1 et Luc 2), et ce sont deux longs récits absolument indépendants l'un de l'autre. Ils n'ont guère en commun que : la mention de Marie ou de Joseph, la naissance miraculeuse de Jésus à Bethléhem, l'installation de la famille à Nazareth ; tout le reste est spécial à chacun. Dans Matthieu, presque tout est présenté du point de vue de Joseph : la généalogie de Jésus est aussi la sienne, c'est à lui qu'est faite l'annonce miraculeuse, après la visite des Mages c'est lui qui reçoit l'avertissement d'un ange et qui emmène mère et enfant en Egypte, pour les en ramener sur nouvel ordre d'En-haut après la mort d'Hérode, dont la menace a plané sur tout ce chap. 2. Dans Luc presque tout est présenté du point de vue de Marie : après les annonces divines à ses cousins Zacharie et Elisabeth, c'est elle qui est l'objet de l'annonciation, qui va voir sa parente, chante le Magnificat ; puis, après la naissance de Jean au foyer du vieux prêtre, celle de Jésus est mise dans la relation que l'on sait avec le recensement romain de Quirinius ; lors de la visite des bergers c'est Marie qui garde tous ces événements en son coeur, lors de la présentation au temple c'est à elle que Siméon adresse sa prophétie, et quand Jésus, à 12 ans, s'attarde parmi les docteurs, c'est Marie qui lui parle et reçoit sa réponse mystérieuse, et c'est elle encore une fois qui conserve en son coeur tous ces souvenirs. Qu'à l'origine de cet important récit il faille supposer une source écrite, c'est ce qui ressort de sa tonalité nettement hébraïque, en certains passages presque une traduction littérale de l'araméen, contrastant avec le grec généralement très pur de l'évangéliste (comp., même en français, l'allure classique de sa préface, v. 1 - 4, et les tournures d'A.T. accumulées à partir du verset 5). Cette source de Luc ne peut provenir, directement ou non, que du milieu familial de Jésus et, par certaines informations orales, que de Marie elle-même ; ces tableaux et ces chants du temple et des foyers pieux représentent en tout cas les humbles d'Israël, fidèles dans leur attente messianique. La tradition de Matthieu, d'inspiration moins intime, était plus préoccupée de l'apparition du Christ devant les grands de la terre. Si c'est dans l'évangile universaliste de Luc qu'on se serait attendu à trouver la visite des mages, emblème de l'humanité cherchant son Roi, par contre c'est dans l'évangile judéo-chrétien de Matthieu qu'on serait allé chercher les tableaux du temple : Zacharie, Siméon et Anne, les docteurs ; preuve de l'indépendance complète de nos deux évangiles. Mais ils ont en commun, dans leurs pages sur l'enfant, un genre poétique plus flottant que leurs témoignages relatifs au ministère du Seigneur ; le plan historique n'est pas tout à fait le même, et l'on pense d'abord aux récits merveilleux d'enfances de héros qu'ont produits toutes les littératures. L'attention des premiers chrétiens se portait avant tout sur l'oeuvre publique de Jésus et sur ses prolongements dans leur vie religieuse ; les souvenirs de famille relatifs à son enfance n'offraient guère d'intérêt pour la piété. Toutefois, quand on compare la simplicité, la délicatesse et la spiritualité des deux évangiles de l'enfance avec les grossièretés des légendes antiques ou même d'ouvrages juifs comme le livre d'Hénoch, et avec les bizarreries et les invraisemblances des apocryphes sur l'enfance de Jésus, on reprend complètement confiance en la réalité de ces traditions

évangéliques si pures, si conformes à la révélation biblique, et qui, tout le long des siècles, sont demeurées le charme, le réconfort et l'inspiration de la chrétienté.

B. Le récit de voyage

Le long récit de Luc 9:51-18:14 n'a avec Matthieu que des parallélismes intermittents et aucun avec Mc ; il constitue comme une division supplémentaire de la synopse, entre le ministère de Galilée et la passion à Jérusalem ; il est jalonné par une série de notes rappelant que Jésus est en voyage, en route vers la capitale (Luc 9:51-57 10:38 13:22,33 14:25 17:11) il suppose donc un cadre géographique nouveau, hors de Galilée : on a songé à la Pérée, rive gauche du Jourdain par courue par la route vers Jérico et Jérusalem qui évitait la Samarie ; il contient, parmi les péricopes propres à Luc, des scènes comme Marthe et Marie (Luc 10:38-42), les dix lépreux (Luc 17:11,19), et les grandes paraboles dont les principales illustrent l'universalisme de la grâce divine : bon Samaritain, enfant prodigue, riche et Lazare, pharisien et péager, etc. ; autant de tableaux évoquant plus ou moins l'opposition chère à Luc entre les victimes, les petits, les méprisés, et les mauvais riches, les rigoristes, les satisfaits. Beaucoup d'auteurs y ont vu les fragments d'une source spéciale, à laquelle on pourrait encore rapporter des épisodes de même inspiration appartenant à d'autres sections de Lu : la pécheresse (Luc 7:36-50), Zachée (Luc 19:1-10), le brigand converti (Luc 23:39-43), les disciples d'Emmaüs (Luc 24:13-36) ; ce serait comme « l'évangile de Jésus missionnaire » (A. Sabatier), et l'on en a même cherché l'origine auprès du diacre Philippe, le premier missionnaire de la Samarie (Ac 8), qui devait plus tard recevoir Luc chez lui à Césarée (Ac 21:8 et suivants) et avoir tout loisir, pendant les captivités de Paul en cette ville, pour documenter son compagnon sur les souvenirs du ministère du Seigneur (Westphal). Peut-être serait-ce dépasser le but, malgré les mentions successives de déplacements, que de qualifier « journal de voyage » une série de faits sans rapport avec les déplacements eux-mêmes (sauf au départ : Luc 9:51-62) et manquant d'homogénéité, en dépit de l'inspiration générale que justement l'on retrouve même en dehors de la source. Il semble surtout que l'unité en ait été exagérée ; on paraît oublier le nombre encore considérable dans ce document de sections connues de Matthieu (Luc 10:1-24 Luc 11 Luc 12:1-12,22-59 13:18-30,34 14:15-35 15:3-7 16:10 17:1-10,20-37). Aussi certains auteurs voient-ils dans cette longue section des souvenirs discontinus de plusieurs voyages et non pas d'un seul (voir Chronologie du N.T., I, 3) ; d'autres pensent y trouver ceux des renseignements d'origines diverses recueillis par Luc qu'il ne savait où situer dans le cadre historique de Marc. Quoi qu'il en soit, l'enclave est assez remarquable tant par son étendue que par sa valeur intrinsèque et sa place à la veille de la passion, pour qu'on puisse y voir, mais plus probablement en ordre dispersé, une part importante de la documentation du troisième évangile.

C. Le discours apocalyptique

On tend à voir aussi dans le discours eschatologique qu'on a appelé l'apocalypse synoptique, commune à nos trois évangile (Mr 13, Mt 24, Luc 21), un morceau d'origine indépendante plutôt qu'un des longs discours déjà contenus dans les Logia, ce qui en rendrait Marc tributaire. C'est en tout cas le seul vrai discours dans Marc car la suite des trois paraboles du Royaume au chap. 4 ne s'y présente pas comme un enseignement suivi. Cette page, d'une allure tout à fait unique dans les évangiles, aurait été « la feuille volante d'une prophétie chrétienne », à propos d'un entretien de Jésus avec ses disciples, mais faisant chevaucher les perspectives de la ruine prochaine du Temple et de l'avènement lointain du Fils de l'homme. Les trois versions présentent du reste entre elles quelques différences, explicables par leurs lecteurs et leurs buts respectifs.

D. Les citations de l'A. T Les livres de l'ancienne alliance, recueil sacré d'Écritures saintes pour les croyants juifs, ayant conservé toute leur autorité pour les premières générations chrétiennes, qui de plus y trouvaient la préparation, la préfiguration et la prophétie de l'oeuvre du Sauveur, sont fréquemment cités par les évangiles (voir Citations de l'A.T.). Plusieurs cas de citations composites (ex. : Mr 1:2 et suivant annonce une parole d'Ésaïe et cite Mal 3:1 + Esa 40:3 Matthieu 27:9 annonce une parole de Jérémie et cite Za 11:12 et suivant, avec allusion probable à Jer 32:6-9) ont fait supposer l'existence dans l'Église primitive de « florilèges », ou anthologies, de textes de l'A.T., auxquels ces citations ont pu être empruntées par les évangélistes ; ces listes pouvaient servir à la propagande auprès des Juifs ; des collections de ce genre pouvaient même être en usage dès avant le christianisme, comme manuels juifs portatifs, à côté des rouleaux fort encombrants de la Loi, des Prophètes et des Écrits. Il n'est pas invraisemblable que la formule de Matthieu : « Ainsi fut accompli ce qui avait été dit... » (Mt 2:15,17 23 8:17 etc.) introduise précisément des emprunts à une telle « catène » (chaîne) de textes messianiques. Toutefois l'hypothèse de cette nouvelle source, intermédiaire entre les faits et nos sources principales, antérieure aux évangiles et même aux Logia, ne s'impose pas absolument.

E. Autres sources

Lorsqu'un certain nombre d'éléments propres à un seul évang, paraissent réductibles à un thème ou à un point de vue donné, il peut quelquefois sembler naturel de les ramener à une source particulière. Ainsi le récit de la passion dans Luc comporte beaucoup plus de traits particuliers que les deux autres ; l'on a parfois aussi déduit de son intérêt pour les pauvres sa connaissance d'une source ébionite (très improbable), de divers renseignements relatifs à l'entourage d'Antipas sa connaissance d'une source proche de la cour d'Hérode, etc. De même Matthieu possède ses éléments propres dans l'histoire de la passion et de la résurrection.

Mais à mesure que nous avançons dans la distinction des sources, notre confiance se fait de plus en plus réservée. Déjà les documents divers dont il vient d'être question ne sont que conjecturaux, peut-être seulement problématiques. Combien plus, s'il s'agissait maintenant de partir à la recherche des sources par les procédés de l'analyse littéraire, le souci d'objectivité nous inviterait-il à la prudence ! Sans doute la critique actuelle du problème synoptique se donne pour tâche « d'une part, de préciser la théorie des deux sources et, de l'autre, d'expliquer, dans la mesure où la chose est possible, la formation des documents qui sont à la base de la littérature évangélique actuelle » (Goguel) ; dans la mesure où la chose est possible, assurément ! Mais, dit aussi le même auteur, « il est malaisé, faute d'un recul suffisant, d'apprécier l'évolution de la critique évangélique depuis le début du XXe siècle ». Devant la multiplicité des exégèses et des hypothèses, inévitablement plus subjectives que ne le voudraient leurs propres auteurs, il faut savoir attendre le verdict du temps et faire grâce au lecteur des recherches de laboratoire dont les savants seront peut-être les premiers à revenir, à plus ou moins brève échéance. Il faut davantage : le chercheur doit se mettre en garde soi-même. Il est si tentant, une fois soupçonnée l'existence d'une « source », de se lancer à sa poursuite pour la reconstituer, comme l'école Graf-Wellhausen pouvait le réussir pour les documents du Pentateuque, par les distinctions des textes appuyées sur les déductions de l'histoire ! Mais à ce précédent de l'A.T., le problème des évangiles n'est nullement comparable : les livres historiques de la Bible hébraïque combinent les genres les plus variés, chant, poésie, lois, narrations, annales politiques et ecclésiastiques, citations d'ouvrages encore plus anciens, tous dus à des auteurs fort divers la plupart inconnus, répartis sur des siècles, et représentant des conceptions religieuses qui ont permis de les reconnaître beaucoup moins, comme on le croit trop souvent, sur de simples particularités de langue, que par leurs vues générales sur l'histoire sainte et le culte de Jéhovah ; les évangiles, eux, composés dans un laps de temps de moins de cinquante années, se présentent comme des témoignages rendus par des contemporains, dont certains vivaient encore, au Maître inoubliable qui après avoir laissé en Palestine, « parmi eux », le sillage d'un ministère rédempteur, opérait encore des transformations miraculeuses dans les âmes de leur propre génération. Sous l'effet de ces événements sensationnels--la naissance du christianisme--le temps manquait pour l'évolution de tendances suffisamment accusées et pour leur élaboration dans des documents, d'abord distincts et bientôt mélangés. Sans doute l'école de Tubingue (1845-1875), pour qui nos évangiles, publiés de 80 à 110 ans après la mort de Jésus, représentaient les grands partis de l'Église, pouvait chercher au nom de ces prémisses, derrière Matthieu des sources judéo-chrétiennes, des sources pagano-chrétiennes derrière Luc et des sources plus ou moins neutres derrière Marc. Mais ces systèmes factices, reflet des spéculations de Hegel, ont depuis longtemps disparu, et la recherche des sources secondaires n'ayant aujourd'hui pour guide aucun principe général de psychologie ou d'histoire, comme c'est le cas pour la critique du Pentateuque, en est le plus souvent réduite à des calculs de probabilités qui dépendent surtout, comme on l'a dit, non seulement de l'ingéniosité des savants, mais aussi de leur ingénuité. Tel critère à la mode, comme la règle parfois juste d'après laquelle sont authentiques les paroles du N.T. en contradiction avec l'Église de leur temps, est susceptible aussi d'applications radicalement fausses et suggestif de méfiance envers les textes conformes à l'histoire du christianisme. Bien plus sûr et plus élevé, cet autre principe de la science historique : authentiques, les paroles supérieures au niveau mental et moral de ceux qui les rapportent, --s'applique exactement aux évangiles dans leur ensemble, tout pleins de leur héros, combien plus grand qu'eux tous !

Sous cet angle de vision spirituelle, on nous excusera donc, ou l'on nous approuvera, d'arrêter ici nos études textuelles, sans quitter un ferme terrain ; car il nous suffit d'admettre derrière nos évangiles un certain nombre de sources secondaires, en convenant de notre impuissance à les démêler avec sécurité et, pour toute question d'importance, de faire confiance, d'abord aux évangélistes eux-mêmes, généralement capables de vérifier l'exactitude des documents qu'ils adoptaient, puis au verdict des générations chrétiennes, qui surent laisser tomber dans l'oubli l'incroyable fatras des évangiles, apocryphes, tout en consacrant les synoptiques et l'évangile de Jean livres vrais, livres inspirés.

La tradition orale.

Il nous reste pourtant, avant de conclure, à relever un dernier élément de quelque valeur dans notre solution d'ensemble. Oui, il est exact que la transmission orale de la Parole a joué son rôle ; oui, les évangélistes ont tenu compte de toute information qu'ils ont pu entendre, aussi bien que de tout document qu'ils ont pu lire. Si, comme il est vraisemblable, un évangéliste tel que Luc recevant une information verbale prenait soin de se la faire dicter, ou demandait à ceux qui savaient quelque chose de le dicter ou rédiger, que devenait la démarcation entre source orale et source écrite ? Voilà pourquoi l'on a senti, au cours de cette étude, combien il faut se garder de trancher de telles questions d'un esprit absolu : c'est qu'elles représentent toute la complexité de la vie, le bouillonnement du premier demi-siècle de vie chrétienne, et, --dans le témoignage missionnaire, l'instruction, la consolation, la parole et le chant, les actes et les écrits, --l'hommage individuel et collectif des fidèles à Celui qu'ils aimaient, adoraient et servaient, comme leur Sauveur personnel, Sauveur du monde entier : Jésus-Christ « le Seigneur » !

Mais voici que par un étrange retour, cet hommage même de l'Église à son Chef en rendrait le contenu suspect à l'historien. Un des plus récents systèmes théologiques, l'école historique-formative allemande (Bultmann), désespérant de remonter aux faits par l'analyse des textes évangéliques, voit dans l'histoire de Jésus une création collective de la communauté de ses fidèles, de leurs messages, de leurs cultes et de leurs rites. Ce ne serait plus le Christ qui aurait fait l'Église, c'est l'Église qui aurait fait le Christ : et non pas seulement le Christ de la foi, mais même aussi le Jésus de l'histoire. --Ce n'est pas ici le lieu de développer ni de réfuter cette singulière conception, discutée ailleurs dans le présent ouvrage (Jésus-Christ, avant-propos, et bibliographie, 5°). Notons-le seulement, c'est l'éparpillement de l'histoire évangélique en une multiplicité de menues sources, d'auteurs tenus plus ou moins pour tendancieux, qui a provoqué par réaction logique son éparpille-ment en une multiplicité de menus propos, gestes et rites de disciples devenus plus créateurs que leur Maître. Mais si, tout au contraire, la révélation chrétienne postule la personnalité du Révélateur inspiré, alors il faut l'admettre inspirateur aussi, et le reconnaître comme tel tout entier, quelles que puissent être les imperfections de ses témoins, dans l'hommage qu'ils lui ont tous rendu, aussi humble et désintéressé pour eux-mêmes que communicatif pour sa cause, aussi sobre de paroles que précis dans les faits, aussi personnel à chaque évangéliste que concordant entre eux tous, aussi émouvant et stimulant pour les âmes d'aujourd'hui que pour celles de son temps, hommage à Celui qui domine de haut les plus grands auteurs ou lecteurs du monde, comme la science et l'amour du Dieu de Jésus-Christ dominent de l'infini les balbutiements de la pensée et de la tendresse humaines chez les mieux doués et les meilleurs d'entre nous.

Conclusion.

Dans un traité de Platon, un élève de Socrate explique comment il racontait les entretiens de son maître : aussitôt revenu d'Athènes, il prenait note de quelques-unes de ses paroles et plus tard il révisait en les développant de mémoire ; chaque fois qu'il revoyait Socrate, il s'assurait que rien d'essentiel n'était oublié, puis il corrigeait définitivement son manuscrit (Théétète, prologue).

Aucun des synoptiques ne saurait prétendre à un tel contact direct avec Jésus. Le Maître n'a pas dicté une seule de ses instructions. Lui disparu, vers l'an 30, les siens pieusement cultivent leurs communs souvenirs de lui, en attendant son retour prochain. Les premiers écrits chrétiens sont des lettres de circonstance sur les besoins des Églises, car pour vivre il faut s'organiser. A mesure que vieillissent et disparaissent les contemporains du Seigneur, si vigoureuse que fût la tradition orale, l'utilité s'impose de conserver ne varietur tels et tels témoignages qu'ils ne seront plus là pour répéter désormais ; or les récits des faits risquent moins de s'altérer que les instructions du Maître : c'est donc celles-ci qui font l'objet des premières rédactions pré-évangéliques. Des collections morcelées de discours ont pu déjà surgir entre les années 40 et 50 ; vers cette époque peut-être l'apôtre Matthieu écrit son grand ouvrage des « Logia ». Cependant le temps passe, le retour du Christ tarde, bien des frères meurent (cf. 1Th 4:13, écrit en 50) : pour les jeunes générations, pour les milieux nouveaux de mission où l'araméen ne se parle pas, il faut aussi dépeindre avec vie, dans la langue courante, Jésus-Christ agissant, mort et ressuscité (cf. Ga 3:1, écrit en 55). Ici et là. suivant les ressources en témoins de la grande époque, paraissent quelques notices ; elles se multiplient, s'allongent, s'agglomèrent, se recopient et se communiquent à travers les régions évangélisées. Entre temps, les Églises apprennent à connaître les lettres où saint Paul, traitant des besoins de telle ou telle situation locale, élève tous les sujets à la hauteur des principes, et fonde la théologie chrétienne sur le péché, la grâce et la rédemption de la croix, ce qui implique la nécessité de proclamer les faits de la vie et de la mort du Christ. Vers 64 ou 68, à Rome, les deux grands apôtres, Paul et Pierre, sont mis à mort dans les persécutions de Néron ; sous le coup de ces pertes irréparables, entre 65 et 70, Marc, disciple et interprète de Pierre, et qui fut aussi compagnon de Paul, rédige pour la mission aux païens son évangile d'après les prédications de Pierre, qu'il possédait d'autant mieux qu'il ne les avait pas seulement écoutées, mais traduites aussi : c'est à peu près sous sa forme actuelle, notre évangile selon saint Marc. Plus tard, en Palestine, un judéo-chrétien en possession de cet évangile de Marc et d'une édition des « Logia » de Matthieu, encadre ceux-ci dans celui-là, avec d'autres petits écrits et quelques traditions orales ; et ce nouvel ouvrage, destiné à des judéo-chrétiens, remarquable surtout par l'importance qu'il accorde aux discours du Maître jadis recueillis par Matthieu, sera notre évangile selon saint Matthieu. Vers le même temps, un païen grec instruit, converti par saint Paul, après avoir réuni et contrôlé avec grand soin nombre de témoignages, combine lui aussi, mais pour des lecteurs d'origine païenne, les « Logia » de Matthieu et l'évangile de Marc avec ses riches renseignements personnels, et c'est notre évangile selon saint Luc. Le recul nécessaire après Marc nous contraindra sans doute à suivre les critiques qui placent Matthieu et Luc après la ruine de Jérusalem en 70, sans qu'il soit obligatoire d'aller jusqu'à 80 ou 90 ; pourtant certains savants s'en tiennent encore, non sans bons arguments, à une date de peu antérieure à 70. Avant la fin du siècle, complétés par le quatrième évangile, les trois synoptiques se seront rapidement et largement répandus à travers la chrétienté d'Orient et d'Occident, qui dans le cours du II e siècle les acceptera définitivement comme Écritures saintes faisant autorité (voir Canon du N.T.).

Par leur origine comme par leur inspiration (l'Esprit de Jésus-Christ), par leur but comme par leur contenu (la personne de Jésus-Christ), ils méritaient vraiment de faire autorité (voir Révélation, parag. 5). Certes, quoique ne s'introduisant jamais dans leurs évangiles, par respect pour le Seigneur, les évangélistes ne s'assignaient point la tâche académique de l'historien moderne, scrupuleux à reconstruire la chronologie et à dresser, impassible, la biographie complète de son héros. Ils racontaient pour convaincre ? En effet : parce qu'ils l'aimaient, parce qu'ils voulaient le faire aimer. Leur passion pour leur sujet, du reste toujours contenue, devrait-elle discréditer la valeur historique de leur oeuvre ? sans doute, si leur amour pour lui les avait aveuglés, déroutés, égarés... Mais si les témoins, positivement, ne se sont pas trompés ? si la thèse qu'ils veulent prouver au monde est précisément celle qui comprend le mieux les faits, condensés dans le « fait du Christ », et qui peut aussi le mieux les révéler au monde, alors leur souci de convaincre se confond avec leur souci de vérité, et leur autorité d'évangélistes, autorité historique aussi bien que religieuse, sort triomphante et rehaussée du creuset de la critique, car en eux ou derrière eux nous retrouvons de fidèles adorateurs du Christ et de fidèles compagnons de Jésus : Jésus-Christ, l'autorité suprême de l'histoire et de la foi. BIBLIOGRAPHIE. --Nous la limitons systématiquement à quelques ouvrages en français, représentant les principales positions de la théologie biblique ; la bibliographie complète se trouve dans plusieurs d'entre eux. Voir aussi les bibliogrec des art. Chronologie du N.T., Jésus-Christ, Critique.

--C. Tischendorf, De la date de nos Evang., Toulouse, 1866.

--Ed. Reuss, Hist. Evang., synapse (La Bible, N.T., 1ere p., Paris, 1876) ; pt devoir critique accentué ; a vieilli.

--A. Sabatier, Synoptiques (Encycl. Licht., t. XI, 1881).

--F. Godet, Intr. N.T. (1898-1904), t. II ; Etudes Bibl. N.T., 4e éd., 1889 (critiq. modérée).

--L. Bonnet, Le N.T. expliqué T. 1. (2e éd., revue et augmentée par A. Schroeder, Lausanne 1895).

--H. Monnier, Qu'est-ce que la Bible Saint-Biaise 1909.

--Ern. Martin, La Valeur du N.T., Saint-Biaise, 1911.

--R. Patry, dans Les Etapes de la Foi, 1914.

--A. Arnal, Le N.T. devant la Critique, broch., 1914.

--A. Westphal, Jés. de Naz. d'après les Tém. de sa vie, t. I, 1914 ; Les Apôtres, 1918 ; Expérience chrétienne et probité scientifique, 1925.

--M. Goguel, Intr. N.T., t. I, Paris 1923 ; Jésus de Nazareth, 1925 (pt devoir crit. accentué) ; traduction des évangiles, avec intr. et notes, Bbl. Cent., Paris 1918 ; M. Goguel et H. Monnier, Le N.T., avec introd. et notes, 1929.

--P. Fargues, Intr. N.T., 1902 ; Les Orig. du N.T., 1928 ; Hist, du Christianisme, t. I, 1929.

--A. Loisy, Les Evang, syn., 1907-08 ; Les Liv. du. N.T., 1922 (crit. radicale).

--F. Durrleman, Jésus, 1929.

--L'abbé Jacquier, Hist, des Liv. du N.T., 4 vol., Paris 1903-1912 ; Etudes de Critique et de Philologie du N.T., 1920 (p 1 devoir cathol.).

--A. Puech, Hist, de la Litt, grecq. chrét., t. I, 1920.

Jn L.

Vous avez aimé ? Partagez autour de vous !


Ce texte est la propriété du TopChrétien. Autorisation de diffusion autorisée en précisant la source. © 2022 - www.topchretien.com
  • Contenus
  • Versions
  • Commentaires
  • Strong
  • Dictionnaire
  • Versets relatifs
  • Carte
  • Versets favoris

Pour ajouter un favori, merci de vous connecter : Se connecter

Vous avez aimé ? Partagez autour de vous !

Créer un verset illustré

Logo TopChrétien carré

Télécharger l'image

Choisissez une image

Personnalisez le verset

Alignement : | | | Haut | Milieu | Bas

Taille :

Couleur :

Police :

Personnalisez la référence

Couleur :

Police :

Taille :

De légères variations de mise en page peuvent apparaitre sur l'image téléchargée.

Versets relatifs

    • Ces vidéos ne sont pas disponibles en colonnes en dehors de la vue Bible.

      1 Samuel 21

      1 Là-dessus, David se mit en route et s’en alla, tandis que Jonathan retourna en ville.
      2 David se rendit à Nob, auprès du prêtre Ahimélek. Celui-ci accourut tout tremblant au-devant de lui et lui demanda : —Comment se fait-il que tu sois seul ? Pourquoi n’y a-t-il personne avec toi ?
      3 —Le roi m’a chargé d’une mission, lui répondit David, et il m’a dit : « Que personne ne sache rien de l’affaire pour laquelle je t’envoie et de l’ordre que je t’ai donné. » C’est pourquoi j’ai donné rendez-vous à mes hommes à un certain endroit.
      4 Maintenant, qu’as-tu à manger sous la main ? Peux-tu me donner cinq pains ou quelque chose d’autre ?
      5 Le prêtre lui répondit : —Je n’ai pas de pain ordinaire sous la main, mais seulement des pains consacrés. Tu peux les prendre pour tes hommes s’ils n’ont pas eu de relations sexuelles récemment.
      6 David répondit au prêtre : —Ils n’en ont certainement pas eues, tout comme par le passé quand je suis parti en campagne. Si l’équipement de mes hommes est consacré pour une expédition profane, à plus forte raison aujourd’hui sont-ils tous consacrés avec leur équipement.

      Psaumes 12

      7 Les paroles du Seigneur, ce sont des paroles pures, c’est de l’argent affiné, sept fois purifié par le feu dans un creuset.

      Esaïe 40

      1 Réconfortez mon peuple, oui, réconfortez-le ! dit votre Dieu.
      2 Et parlez au cœur de Jérusalem, annoncez-lui que son temps de corvée est accompli, que son péché est *expié, qu’elle a reçu de l’Eternel deux fois le prix de ses péchés !
      3 On entend une voix qui crie dans le désert : « Dégagez un chemin pour l’Eternel, nivelez dans la steppe une route pour notre Dieu !
      4 Toute vallée sera relevée, toute montagne rabaissée ainsi que toutes les collines. Les lieux accidentés se changeront en plaine, les rochers escarpés deviendront des vallées.
      5 Alors la gloire de l’Eternel sera manifestée, et tous les hommes la verront à la fois. L’Eternel l’a promis. »
      6 Une voix interpelle : « Va, proclame un message ! » Une autre lui répond : « Que dois-je proclamer ? » « Que tout homme est pareil à l’herbe et toute gloire humaine comme la fleur des champs ;
      7 car l’herbe se dessèche et la fleur se flétrit quand le souffle de l’Eternel passe dessus. En vérité : les hommes sont pareils à de l’herbe.
      8 Oui, l’herbe se dessèche et la fleur se flétrit, mais la parole de notre Dieu subsistera toujours. »
      9 O *Sion, messagère d’une bonne nouvelle, gravis une haute montagne ! Crie avec force, Jérusalem, messagère d’une bonne nouvelle ! Oui, crie sans crainte, annonce aux villes de Juda : « Voici votre Dieu vient ! »
      10 Voici l’Eternel Dieu ; il vient avec puissance et son bras lui assure la souveraineté. Voici : ses récompenses sont avec lui, et le fruit de son œuvre va devant lui.
      11 Comme un berger, il paîtra son troupeau et il rassemblera les agneaux dans ses bras. Sur son sein, il les porte et conduit doucement les brebis qui allaitent.
      12 Qui a mesuré l’océan dans le creux de sa main ? Qui a toisé le ciel avec la largeur de sa main ? Qui a tassé dans un boisseau la poussière du sol ? Qui a bien pu peser les montagnes sur la bascule et les coteaux sur la balance ?
      13 Qui donc a mesuré l’Esprit de l’Eternel ? Qui a été son conseiller et qui son instructeur ?
      14 De qui Dieu a-t-il pris conseil pour se faire éclairer ? Qui lui a enseigné la bonne voie ? Qui lui a transmis le savoir et lui a fait connaître le chemin de l’intelligence ?
      15 Voici : les nations sont pour lui comme la goutte d’eau tombant d’un seau, ou comme un grain de sable sur le plateau de la balance. Voici : les îles et les régions côtières, il les soulève comme de la poussière.
      16 Les cèdres du Liban ne suffiraient pas à nourrir le feu de son autel, tous les animaux qui y vivent ne seraient pas assez nombreux pour l’*holocauste.
      17 Toutes les nations, à ses yeux, sont comme rien. Elles ont, pour lui, la valeur du néant et du vide.
      18 A qui comparerez-vous Dieu ? Et comment le représenterez-vous ?
      19 Une idole moulée, un artisan la fond, l’orfèvre la recouvre d’un fin placage d’or et, pour l’orner, il coule des chaînettes d’argent.
      20 Celui qui est trop pauvre pour une telle offrande choisit un bois qui ne pourrisse pas, puis il s’en va chercher un artisan habile pour faire une statue qui ne vacille pas.
      21 Ne le savez-vous pas ? Ne l’avez-vous pas entendu ? Cela ne vous a-t-il pas été déclaré dès le commencement ? N’avez-vous pas compris la fondation du monde ?
      22 Or, pour celui qui siège sur son trône au-dessus du cercle de la terre, ses habitants sont pareils à des sauterelles. Il a tendu le ciel comme une toile et il l’a déployé comme une tente pour l’habiter.
      23 Il réduit à néant les princes de la terre et fait évanouir les dirigeants du monde.
      24 A peine ont-ils été plantés, à peine ont-ils été semés, à peine ont-ils poussé quelque racine en terre, que l’Eternel souffle sur eux et les voilà qui sèchent et qui sont emportés comme un fétu de paille par la tempête.
      25 « A qui voudriez-vous me comparer ? Qui serait mon égal ? » demande le Dieu saint.
      26 Levez bien haut les yeux et regardez : qui a créé ces astres ? Celui qui fait marcher leur armée en bon ordre, qui les convoque tous, les nommant par leur nom. Et grâce à sa grande puissance et à sa sûre force, pas un ne fait défaut.
      27 Pourquoi donc, ô Jacob, parlerais-tu ainsi ? Et pourquoi dirais-tu, ô Israël : « Mon sort échappe à l’Eternel, et mon Dieu ne fait rien pour défendre mon droit » ?
      28 Ne le sais-tu donc pas ? Et n’as-tu pas appris que l’Eternel est Dieu de toute éternité ? C’est lui qui a créé les confins de la terre. Il ne se lasse pas, il ne s’épuise pas, et son intelligence ne peut être sondée.
      29 Il donne de la force à qui est las et il augmente la vigueur de celui qui est fatigué.
      30 Les jeunes gens se lassent et ils s’épuisent, et même de robustes gaillards tombent,
      31 mais ceux qui comptent sur l’Eternel renouvellent leur force : ils prennent leur envol comme de jeunes aigles ; sans se lasser, ils courent, ils marchent en avant, et ne s’épuisent pas.

      Esaïe 50

      1 Voici ce que dit l’Eternel : « Où est la lettre de divorce en vertu de laquelle j’aurais répudié votre mère ? Ou auquel de mes créanciers vous ai-je donc vendus ? Non, vous avez été vendus à cause de vos fautes, et ce sont vos révoltes qui ont été la cause de la répudiation de votre mère.
      2 « Lorsque je suis venu, pourquoi n’y avait-il personne ? Lorsque j’ai appelé, pourquoi nul n’a-t-il répondu ? Croyez-vous que ma main soit devenue trop courte pour délivrer ? Que, pour vous libérer, je n’aurais pas la force ? Pourtant, par ma menace, je mets la mer à sec, et je réduis les fleuves en un désert. Leurs poissons pourriront par manque d’eau, ils périront de soif.
      3 J’habillerai le ciel de noir et je le couvrirai d’un habit de toile de sac. »
      4 Le Seigneur, l’Eternel, m’a donné une langue de disciple attentif pour que, par ma parole, je sache fortifier ceux qui sont fatigués. Et il me fait tendre l’oreille matin après matin, afin que je l’écoute comme un disciple.
      5 Le Seigneur, l’Eternel, a ouvert mon oreille, et moi, de mon côté, je n’ai pas résisté, je n’ai pas reculé.
      6 J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient et j’ai tendu mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché mon visage à ceux qui m’insultaient et qui crachaient sur moi.
      7 Le Seigneur, l’Eternel, viendra à mon secours : voilà pourquoi je ne suis pas confus, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme un caillou, car je le sais : je ne serai pas dans la honte.
      8 Il est tout proche, celui qui me rendra justice. Qui veut contester avec moi ? Comparaissons ensemble ! Ou qui m’attaque en jugement ? Qu’il s’approche de moi !
      9 Le Seigneur, l’Eternel, viendra à mon secours, qui me condamnera ? Mes adversaires tomberont tous en loques, comme de vieux habits : les mites les dévoreront.
      10 Qui parmi vous révère l’Eternel, qu’il écoute son serviteur ! Si quelqu’un parmi vous marche dans les ténèbres sans avoir de lumière, qu’il place sa confiance en l’Eternel, qu’il s’appuie sur son Dieu !
      11 Mais vous qui allumez un feu et qui vous entourez de flèches embrasées, allez donc dans les flammes de votre propre feu et au milieu des flèches embrasées par vous-mêmes. C’est de par moi que cela vous arrivera, et c’est dans la douleur que vous vous coucherez.

      Jérémie 32

      6 Jérémie dit : —L’Eternel m’a adressé la parole en ces termes :
      7 Hanaméel, le fils de ton oncle Challoum, va venir te voir pour te proposer d’acheter son champ situé à Anatoth car, en vertu du droit de rachat, c’est à toi de l’acquérir.
      8 Effectivement, mon cousin Hanaméel vint me trouver dans la cour du corps de garde, comme l’Eternel me l’avait annoncé, et il me dit : —Achète, s’il te plaît, le champ que je possède à Anatoth, dans le territoire de Benjamin, car, par la loi d’héritage, tu as, en vertu du droit de rachat, priorité pour l’acquérir. Achète-le donc pour toi. Alors je sus que l’Eternel m’avait bien parlé.
      9 J’achetai donc à mon cousin Hanaméel le champ qui se trouve à Anatoth et je lui en payai le prix de dix-sept pièces d’argent.

      Zacharie 11

      12 Et je leur déclarai : —Si vous le jugez bon, donnez-moi mon salaire, sinon, n’en faites rien. Ils me donnèrent pour salaire trente sicles d’argent.

      Malachie 3

      1 —Or je vais envoyer mon messager pour aplanir la route devant moi. Et, soudain, il viendra pour entrer dans son Temple, le Seigneur que vous attendez ; c’est l’*ange de l’alliance, appelé de vos *vœux. Le voici, il arrive, déclare l’Eternel, le Seigneur des *armées célestes.

      Matthieu 1

      1 Voici la généalogie de Jésus-Christ, de la descendance de *David et d’*Abraham.
      2 Abraham eut pour descendant *Isaac. Isaac eut pour descendant *Jacob. Jacob eut pour descendant *Juda et ses frères.
      3 De Thamar, Juda eut pour descendant Péretz et Zérah. Péretz eut pour descendant Hetsrom. Hetsrom eut pour descendant Aram.
      4 Aram eut pour descendant Aminadab. Aminadab eut pour descendant Nahchôn, Nahchôn eut pour descendant Salma.
      5 De Rahab, Salma eut pour descendant Booz. De Ruth, Booz eut pour descendant Obed.
      6 Obed eut pour descendant Isaï. Isaï eut pour descendant le roi David. De la femme d’Urie, David eut pour descendant *Salomon.
      7 Salomon eut pour descendant Roboam. Roboam eut pour descendant Abiya. Abiya eut pour descendant Asa.
      8 Asa eut pour descendant Josaphat. Josaphat eut pour descendant Yoram. Yoram eut pour descendant Ozias.
      9 Ozias eut pour descendant Yotham. Yotham eut pour descendant Ahaz. Ahaz eut pour descendant Ezéchias.
      10 Ezéchias eut pour descendant Manassé. Manassé eut pour descendant Amôn. Amôn eut pour descendant Josias.
      11 A l’époque de la déportation à Babylone, Josias eut pour descendant Yékonia et ses frères.
      12 Après la déportation à Babylone, Yékonia eut pour descendant Chéaltiel. Chéaltiel eut pour descendant Zorobabel.
      13 Zorobabel eut pour descendant Abioud. Abioud eut pour descendant Eliaqim. Eliaqim eut pour descendant Azor.
      14 Azor eut pour descendant Sadoq. Sadoq eut pour descendant Ahim. Ahim eut pour descendant Elioud.
      15 Elioud eut pour descendant Eléazar. Eléazar eut pour descendant Matthan. Matthan eut pour descendant Jacob.
      16 Jacob eut pour descendant Joseph, l’époux de Marie laquelle donna naissance à Jésus, appelé le Christ.
      17 Il y eut donc en tout quatorze générations d’Abraham à David, quatorze de David jusqu’à la déportation à Babylone, et quatorze de cette déportation jusqu’au Christ.
      18 Voici dans quelles circonstances Jésus-Christ vint au monde : Marie, sa mère, était liée par fiançailles à Joseph ; or elle se trouva enceinte par l’action du Saint-Esprit, avant qu’ils n’aient vécu ensemble.
      19 Joseph, son futur mari, était un homme bon et droit. Il ne voulait pas la livrer au déshonneur. C’est pourquoi il se proposa de rompre ses fiançailles sans en ébruiter la raison.
      20 Il réfléchissait à ce projet quand un *ange du Seigneur lui apparut en rêve et lui dit : —Joseph, descendant de *David, ne crains pas de prendre Marie pour femme, car l’enfant qu’elle porte vient de l’Esprit Saint.
      21 Elle donnera naissance à un fils, tu l’appelleras Jésus. C’est lui, en effet, qui *sauvera son peuple de ses péchés.
      22 Tout cela arriva pour que s’accomplisse cette parole du Seigneur transmise par le *prophète :
      23 Voici, la jeune fille vierge sera enceinte. Et elle enfantera un fils que l’on appellera Emmanuel, ce qui veut dire : Dieu est avec nous.
      24 A son réveil, Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait commandé : il prit sa fiancée pour femme.
      25 Mais il n’eut pas de relations conjugales avec elle avant qu’elle ait mis au monde un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

      Matthieu 2

      1 Jésus était né à Bethléhem en *Judée, sous le règne du roi *Hérode. Or, des mages venant de l’Orient arrivèrent à *Jérusalem.
      2 Ils demandaient : —Où est le roi des *Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile, et nous sommes venus lui rendre hommage.
      3 Quand le roi Hérode apprit la nouvelle, il en fut profondément troublé, et tout Jérusalem avec lui.
      4 Il convoqua tous les chefs des *prêtres et les *spécialistes de la *Loi que comptait son peuple et il leur demanda où devait naître le *Messie.
      5 —A Bethléhem en Judée, lui répondirent-ils, car voici ce que le prophète a écrit :
      6 Et toi, Bethléhem, village de Judée, tu n’es certes pas le plus insignifiant des chefs-lieux de *Juda, car c’est de toi que sortira le chef qui, comme un berger, conduira *Israël mon peuple.
      7 Là-dessus, Hérode fit appeler secrètement les mages et se fit préciser à quel moment l’étoile leur était apparue.
      8 Puis il les envoya à Bethléhem en disant : —Allez là-bas et renseignez-vous avec précision sur cet enfant ; puis, quand vous l’aurez trouvé, venez me le faire savoir, pour que j’aille, moi aussi, lui rendre hommage.
      9 Quand le roi leur eut donné ces instructions, les mages se mirent en route. Et voici : l’étoile qu’ils avaient vu se lever les précédait. Elle parvint au-dessus de l’endroit où se trouvait le petit enfant. Et là, elle s’arrêta.
      10 En revoyant l’étoile, les mages furent remplis de joie.
      11 Ils entrèrent dans la maison, virent l’enfant avec Marie, sa mère et, tombant à genoux, ils lui rendirent hommage. Puis ils ouvrirent leurs coffrets et lui offrirent en cadeau de l’or, de l’*encens et de la *myrrhe.
      12 Cependant, Dieu les avertit par un rêve de ne pas retourner auprès d’Hérode. Ils regagnèrent donc leur pays par un autre chemin.
      13 Après leur départ, un *ange du Seigneur apparut à Joseph dans un rêve et lui dit : —Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, et fuis en Egypte. Tu y resteras jusqu’à ce que je te dise de revenir, car Hérode fera rechercher l’enfant pour le tuer.
      14 Joseph se leva donc et partit dans la nuit, emmenant l’enfant et sa mère pour se réfugier en Egypte.
      15 Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode. Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le *prophète : J’ai appelé mon fils à sortir d’Egypte.
      16 Quand Hérode s’aperçut que les mages s’étaient moqués de lui, il devint furieux : il donna l’ordre de tuer à Bethléhem et dans les environs tous les garçons en-dessous de deux ans, conformément aux précisions que lui avaient données les mages sur l’époque où l’étoile était apparue.
      17 Ainsi s’accomplit la parole transmise par Jérémie, le prophète :
      18 On entend à Rama une voix qui gémit et d’abondants sanglots amers :. Rachel pleure ses fils et elle ne veut pas se laisser consoler car ses fils ne sont plus.
      19 Après la mort d’Hérode, un *ange du Seigneur apparut en rêve à Joseph, en Egypte,
      20 et lui dit : —Lève-toi, prends l’enfant et sa mère et retourne avec eux dans le pays d’*Israël, car ceux qui voulaient tuer l’enfant sont morts.
      21 Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère et retourna dans le pays d’Israël.
      22 Mais il apprit qu’Archélaüs était devenu roi de Judée à la place de son père Hérode. Il eut donc peur de s’y installer, et, averti par Dieu dans un rêve, il se retira dans la province de *Galilée,
      23 où il s’établit dans une ville appelée *Nazareth. Ainsi se réalisa cette parole des prophètes : On l’appellera : le Nazaréen.

      Matthieu 3

      7 Beaucoup de *pharisiens et de *sadducéens venaient se faire baptiser par lui. Il leur dit : —Espèces de vipères ! Qui vous a enseigné à fuir la colère de Dieu qui va se manifester ?
      8 Montrez plutôt par vos actes que vous avez changé de vie.
      9 Ne vous imaginez pas qu’il vous suffit de répéter en vous-mêmes : « Nous sommes les descendants d’*Abraham. » Car, regardez ces pierres : je vous déclare que Dieu peut en faire des enfants d’Abraham.
      10 Attention : la hache est déjà sur le point d’attaquer les arbres à la racine. Tout arbre qui ne produit pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu.
      11 —Moi, je vous baptise dans l’eau, en signe de votre changement de vie. Mais quelqu’un vient après moi : il est bien plus puissant que moi et je ne suis même pas digne de lui enlever les sandales. C’est lui qui vous baptisera dans le Saint-Esprit et le feu.
      12 Il tient en main sa pelle à vanner il va nettoyer son aire de battage et amasser le blé dans son grenier. Quant à la bale, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteindra jamais.
      13 C’est à cette époque que parut Jésus. Il se rendit de la *Galilée au Jourdain, auprès de Jean, pour être baptisé par lui.

      Matthieu 4

      1 Alors l’Esprit Saint conduisit Jésus dans le désert pour qu’il y soit tenté par le diable.
      2 Après avoir jeûné pendant quarante jours et quarante nuits, il eut faim.
      3 Le tentateur s’approcha et lui dit : —Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres se changent en pains.
      4 Mais Jésus répondit : —Il est écrit : L’homme n’a pas seulement besoin de pain pour vivre, mais aussi de toute parole que Dieu prononce.
      5 Alors le diable le transporta dans la cité sainte, le plaça sur le haut du *Temple
      6 et lui dit : —Si tu es le Fils de Dieu, lance-toi dans le vide, car il est écrit : Il donnera des ordres à ses *anges à ton sujet. Ils te porteront sur leurs mains, pour que ton pied ne heurte aucune pierre.
      7 Jésus lui dit : —Il est aussi écrit : Tu ne forceras pas la main du Seigneur, ton Dieu.
      8 Le diable le transporta encore sur une très haute montagne. Là, il lui montra tous les royaumes du monde et leur magnificence.
      9 Puis il lui dit : —Tout cela, je te le donnerai si tu te prosternes devant moi pour m’adorer.
      10 Alors Jésus lui dit : —Va-t’en, *Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et c’est à lui seul que tu rendras un culte.
      11 Là-dessus, le diable le laissa. Et voici que des anges vinrent et se mirent à le servir.

      Matthieu 5

      1 Jésus, voyant ces foules, monta sur une colline. Il s’assit, ses *disciples se rassemblèrent autour de lui
      2 et il se mit à les enseigner. Il leur dit :
      3 —Heureux ceux qui se reconnaissent spirituellement pauvres, car le *royaume des cieux leur appartient.
      4 Heureux ceux qui pleurent, car Dieu les consolera.
      5 Heureux ceux qui sont humbles, car Dieu leur donnera la terre en héritage.
      6 Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés.
      7 Heureux ceux qui témoignent de la bonté, car Dieu sera bon pour eux.
      8 Heureux ceux dont le cœur est *pur, car ils verront Dieu.
      9 Heureux ceux qui répandent autour d’eux la paix, car Dieu les reconnaîtra pour ses fils.
      10 Heureux ceux qui sont opprimés pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient.
      11 Heureux serez-vous quand les hommes vous insulteront et vous persécuteront, lorsqu’ils répandront toutes sortes de calomnies sur votre compte à cause de moi.
      12 Oui, réjouissez-vous alors et soyez heureux, car une magnifique récompense vous attend dans les cieux. Car vous serez ainsi comme les *prophètes d’autrefois : eux aussi ont été persécutés avant vous de la même manière.
      13 —Vous êtes le sel de la terre. Si ce sel perd sa saveur, avec quoi la salera-t-on ? Ce sel ne vaut plus rien : il n’est bon qu’à être jeté dehors et piétiné.
      14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville au sommet d’une colline n’échappe pas aux regards.
      15 Il en est de même d’une lampe : si on l’allume, ce n’est pas pour la mettre sous une mesure à grains : au contraire, on la fixe sur un pied de lampe pour qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.
      16 C’est ainsi que votre lumière doit briller devant tous les hommes, pour qu’ils voient le bien que vous faites et qu’ils en attribuent la gloire à votre Père céleste.
      17 —Ne vous imaginez pas que je sois venu pour abolir ce qui est écrit dans la *Loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir.
      18 Oui, vraiment, je vous l’assure : tant que le ciel et la terre resteront en place, ni la plus petite lettre de la Loi, ni même un point sur un i n’en sera supprimé jusqu’à ce que tout se réalise.
      19 Par conséquent, si quelqu’un n’obéit pas à un seul de ces commandements — même s’il s’agit du moindre d’entre eux — et s’il apprend aux autres à faire de même, il sera lui-même considéré comme « le moindre » dans le *royaume des cieux. Au contraire, celui qui obéira à ces commandements et qui les enseignera aux autres, sera considéré comme grand dans le royaume des cieux.
      20 Je vous le dis : si vous n’obéissez pas à la Loi mieux que les *spécialistes de la Loi et les *pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.
      21 —Vous avez appris qu’il a été dit à nos ancêtres : « Tu ne commettras pas de meurtre. Si quelqu’un a commis un meurtre, il en répondra devant le tribunal. »
      22 Eh bien, moi, je vous dis : Celui qui se met en colère contre son frère sera traduit en justice. Celui qui lui dit « imbécile » passera devant le tribunal, et celui qui le traite de fou est bon pour le feu de l’enfer.
      23 Si donc, au moment de présenter ton offrande devant l’autel, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
      24 laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis tu reviendras présenter ton offrande.
      25 Si quelqu’un porte des accusations contre toi, dépêche-toi de t’entendre avec ton adversaire pendant que tu es encore en chemin avec lui. Sinon, ton adversaire remettra l’affaire entre les mains du juge, qui fera appel aux huissiers de justice, et tu seras mis en prison.
      26 Et là, vraiment, je te l’assure : tu n’en sortiras pas avant d’avoir remboursé jusqu’au dernier centime.
      27 —Vous avez appris qu’il a été dit : « Tu ne commettras pas d’adultère. »
      28 Eh bien, moi je vous dis : Si quelqu’un jette sur une femme un regard chargé de désir, il a déjà commis adultère avec elle dans son cœur.
      29 Par conséquent, si ton œil droit te fait tomber dans le péché, arrache-le et jette-le au loin, car il vaut mieux pour toi perdre un de tes organes que de voir ton corps entier précipité en enfer.
      30 Si ta main droite te fait tomber dans le péché, coupe-la et jette-la au loin. Il vaut mieux pour toi perdre un de tes membres que de voir tout ton corps jeté en enfer.
      31 —Il a aussi été dit : « Si quelqu’un divorce d’avec sa femme, il doit le lui signifier par une déclaration écrite. »
      32 Eh bien, moi, je vous dis : Celui qui divorce d’avec sa femme — sauf en cas d’immoralité sexuelle — l’expose à devenir adultère, et celui qui épouse une femme divorcée commet lui-même un adultère.
      33 —Vous avez encore appris qu’il a été dit à nos ancêtres : « Tu ne rompras pas ton serment ; ce que tu as promis avec serment devant le Seigneur, tu l’accompliras. »
      34 Eh bien, moi je vous dis de ne pas faire de serment du tout. Ne dites pas : « Je le jure par le ciel », car le ciel, c’est le trône de Dieu.
      35 Ou : « J’en prends la terre à témoin », car elle est l’escabeau où Dieu pose ses pieds. Ou : « Je le jure par *Jérusalem », car elle est la ville de Dieu, le grand Roi.
      36 Ne dites pas davantage : « Je le jure sur ma tête », car tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
      37 Dites simplement « oui » si c’est oui, « non » si c’est non. Tous les serments qu’on y ajoute viennent du diable.
      38 —Vous avez appris qu’il a été dit : « œil pour œil, dent pour dent. »
      39 Eh bien, moi je vous dis : Ne résistez pas à celui qui vous veut du mal ; au contraire, si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre.
      40 Si quelqu’un veut te faire un procès pour avoir ta chemise, ne l’empêche pas de prendre aussi ton vêtement.
      41 Et si quelqu’un te réquisitionne pour porter un fardeau sur un kilomètre, porte-le sur deux kilomètres avec lui.
      42 Donne à celui qui te demande, ne tourne pas le dos à celui qui veut t’emprunter.
      43 —Vous avez appris qu’il a été dit : « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. »
      44 Eh bien, moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent.
      45 Ainsi vous vous comporterez vraiment comme des enfants de votre Père céleste, car lui, il fait luire son soleil sur les méchants aussi bien que sur les bons, et il accorde sa pluie à ceux qui sont justes comme aux injustes.
      46 Si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, allez-vous prétendre à une récompense pour cela ? Les *collecteurs d’impôts eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
      47 Si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens n’agissent-ils pas de même ?
      48 Votre Père céleste est parfait. Soyez donc parfaits comme lui.

      Matthieu 6

      1 —Prenez garde de ne pas accomplir devant les hommes, pour vous faire remarquer par eux, ce que vous faites pour obéir à Dieu, sinon vous n’aurez pas de récompense de votre Père céleste.
      2 Si donc tu donnes quelque chose aux pauvres, ne le claironne pas partout. Ce sont les hypocrites qui agissent ainsi dans les *synagogues et dans les rues pour que les autres chantent leurs louanges. Vraiment, je vous l’assure : leur récompense, ils l’ont d’ores et déjà reçue.
      3 Quant à toi, si tu veux donner quelque chose aux pauvres, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite.
      4 Que ton aumône se fasse ainsi en secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
      5 Quand vous priez, n’imitez pas ces hypocrites qui aiment à faire leurs prières debout dans les synagogues et à l’angle des rues : ils tiennent à être remarqués par tout le monde. Vraiment, je vous l’assure : leur récompense, ils l’ont d’ores et déjà reçue.
      6 Mais toi, quand tu veux prier, va dans ta pièce la plus retirée, verrouille ta porte et adresse ta prière à ton Père qui est là dans le lieu secret. Et ton Père, qui voit dans ce lieu secret, te le rendra.
      7 Dans vos prières, ne rabâchez pas des tas de paroles, à la manière des païens ; ils s’imaginent qu’à force de paroles Dieu les entendra.
      8 Ne les imitez pas, car votre Père sait ce qu’il vous faut, avant que vous le lui demandiez.
      9 Priez donc ainsi : Notre Père, toi qui es dans les cieux, que tu sois reconnu pour Dieu,
      10 que ton règne vienne, que ta volonté soit faite, et tout cela, sur la terre comme au ciel.
      11 Donne-nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin,
      12 pardonne-nous nos torts envers toi comme nous pardonnons nous-mêmes les torts des autres envers nous.
      13 Garde-nous de céder à la tentation, et surtout, délivre-nous du diable. [Car à toi appartiennent le règne et la puissance et la gloire à jamais. ]
      14 En effet, si vous pardonnez aux autres leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
      15 Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes.
      16 —Lorsque vous jeûnez, n’ayez pas, comme les hypocrites, une mine triste. Pour bien montrer à tout le monde qu’ils jeûnent, ils prennent des visages défaits. Vraiment, je vous l’assure : leur récompense, ils l’ont d’ores et déjà reçue !
      17 Toi, au contraire, si tu veux jeûner, parfume tes cheveux et lave ton visage
      18 pour que personne ne se rende compte que tu es en train de jeûner. Que ce soit un secret entre toi et ton Père qui est là dans le lieu secret. Alors ton Père, qui voit ce qui se fait en secret, te le rendra.
      19 —Ne vous amassez pas des richesses sur la terre où elles sont à la merci de la rouille, des mites qui rongent, ou des cambrioleurs qui percent les murs pour voler.
      20 Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, où il n’y a ni rouille, ni mites qui rongent, ni cambrioleurs qui percent les murs pour voler.
      21 Car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur.
      22 —Les yeux sont comme une lampe pour le corps ; si donc tes yeux sont en bon état, ton corps entier jouira de la lumière.
      23 Mais si tes yeux sont malades, tout ton corps sera plongé dans l’obscurité. Si donc la lumière qui est en toi est obscurcie, dans quelles ténèbres profondes te trouveras-tu !
      24 —Nul ne peut être en même temps au service de deux maîtres, car ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il sera dévoué au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir en même temps Dieu et l’Argent.
      25 —C’est pourquoi je vous dis : ne vous inquiétez pas en vous demandant : « Qu’allons-nous manger ou boire ? Avec quoi allons-nous nous habiller ? » La vie ne vaut-elle pas bien plus que la nourriture ? Et le corps ne vaut-il pas bien plus que les habits ?
      26 Voyez ces oiseaux qui volent dans les airs, ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent pas de provisions dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. N’avez-vous pas bien plus de valeur qu’eux ?
      27 D’ailleurs, qui de vous peut, à force d’inquiétude, prolonger son existence, ne serait-ce que de quelques instants ?
      28 Quant aux vêtements, pourquoi vous inquiéter à leur sujet ? Observez les lis sauvages ! Ils poussent sans se fatiguer à tisser des vêtements.
      29 Pourtant, je vous l’assure, le roi *Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a jamais été aussi bien vêtu que l’un d’eux !
      30 Si Dieu habille avec tant d’élégance la petite plante des champs qui est là aujourd’hui et qui demain sera jetée au feu, à plus forte raison ne vous vêtira-t-il pas vous-mêmes ? Ah, votre foi est encore bien petite !
      31 Ne vous inquiétez donc pas et ne dites pas : « Que mangerons-nous ? » ou : « Que boirons-nous ? Avec quoi nous habillerons-nous ? »
      32 Toutes ces choses, les païens s’en préoccupent sans cesse. Mais votre Père, qui est aux cieux, sait que vous en avez besoin.
      33 Faites donc du règne de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux votre préoccupation première, et toutes ces choses vous seront données en plus.
      34 Ne vous inquiétez pas pour le lendemain ; le lendemain se souciera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

      Matthieu 7

      1 —Ne condamnez pas les autres, pour ne pas être vous-mêmes condamnés.
      2 Car vous serez condamnés vous-mêmes de la manière dont vous aurez condamné, et on vous appliquera la mesure dont vous vous serez servis pour mesurer les autres.
      3 Pourquoi vois-tu les grains de sciure dans l’œil de ton frère, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien ?
      4 Comment oses-tu dire à ton frère : « Laisse-moi enlever cette sciure de ton œil, alors qu’il y a une poutre dans le tien » ?
      5 Hypocrite ! Commence donc par retirer la poutre de ton œil, alors tu y verras assez clair pour ôter la sciure de l’œil de ton frère.
      6 —Gardez-vous de donner aux chiens ce qui est sacré, et ne jetez pas vos perles devant les porcs, de peur qu’ils ne piétinent vos perles et que les chiens ne se retournent contre vous pour vous déchirer.
      7 —Demandez, et vous recevrez ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira.
      8 Car celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe.
      9 Qui de vous donnera un caillou à son fils quand celui-ci lui demande du pain ?
      10 Ou bien, s’il lui demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ?
      11 Si donc, tout mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père céleste donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent.
      12 —Faites pour les autres tout ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous, car c’est là tout l’enseignement de la *Loi et des *prophètes.
      13 —Entrez par la porte étroite ; en effet, large est la porte et facile la route qui mènent à la perdition. Nombreux sont ceux qui s’y engagent.
      14 Mais étroite est la porte et difficile le sentier qui mènent à la vie ! Qu’ils sont peu nombreux ceux qui les trouvent !
      15 —Gardez-vous des faux *prophètes ! Lorsqu’ils vous abordent, ils se donnent l’apparence d’agneaux mais, en réalité, ce sont des loups féroces.
      16 Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Est-ce que l’on cueille des raisins sur des buissons d’épines ou des figues sur des ronces ?
      17 Ainsi, un bon arbre porte de bons fruits, un mauvais arbre produit de mauvais fruits.
      18 Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre de bons fruits.
      19 Tout arbre qui ne donne pas de bons fruits est arraché et jeté au feu.
      20 Ainsi donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
      21 —Pour entrer dans le *royaume des cieux, il ne suffit pas de me dire : « Seigneur ! Seigneur ! » Il faut accomplir la volonté de mon Père céleste.
      22 Au jour du jugement, nombreux sont ceux qui me diront : « Seigneur ! Seigneur ! Nous avons *prophétisé en ton nom, nous avons chassé des démons en ton nom, nous avons fait beaucoup de miracles en ton nom. »
      23 Je leur déclarerai alors : « Je ne vous ai jamais connus ! Allez-vous-en, vous qui pratiquez le mal ! »
      24 —C’est pourquoi, celui qui écoute ce que je dis et qui l’applique, ressemble à un homme sensé qui a bâti sa maison sur le roc.
      25 Il a plu à verse, les fleuves ont débordé, les vents ont soufflé avec violence, ils se sont déchaînés contre cette maison : elle ne s’est pas effondrée, car ses fondations reposaient sur le roc.
      26 Mais celui qui écoute mes paroles sans faire ce que je dis, ressemble à un homme assez fou pour construire sa maison sur le sable.
      27 Il a plu à verse, les fleuves ont débordé, les vents ont soufflé avec violence, ils se sont déchaînés contre cette maison : elle s’est effondrée et sa ruine a été complète.
      28 Quand Jésus eut fini de parler, les foules étaient impressionnées par son enseignement.
      29 Car il parlait avec une autorité que n’avaient pas leurs *spécialistes de la Loi.

      Matthieu 8

      5 Jésus entrait à *Capernaüm, quand un officier romain l’aborda.
      6 Il le supplia : —Seigneur, mon serviteur est couché chez moi, il est paralysé, il souffre terriblement.
      7 —Je vais chez toi, lui répondit Jésus, et je le guérirai.
      8 —Seigneur, dit alors l’officier, je ne suis pas qualifié pour te recevoir dans ma maison, mais tu n’as qu’un mot à dire et mon serviteur sera guéri.
      9 Car moi-même, je ne suis qu’un officier subalterne, mais j’ai des soldats sous mes ordres et quand je dis à l’un : « Va ! », il va. Quand je dis à un autre : « Viens ! », il vient. Quand je dis à mon esclave : « Fais ceci ! », il le fait.
      10 En entendant cela, Jésus fut rempli d’admiration et, s’adressant à ceux qui le suivaient, il dit : —Vraiment, je vous l’assure : chez personne, en *Israël, je n’ai trouvé une telle foi.
      11 Je vous le déclare : beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident et prendront place à table auprès d’*Abraham, d’*Isaac et de *Jacob, dans le *royaume des cieux.
      12 Mais ceux qui devaient hériter du royaume, ceux-là seront jetés dans les ténèbres du dehors. C’est là qu’il y aura des pleurs et d’amers regrets.
      13 Puis Jésus dit à l’officier : —Rentre chez toi et qu’il te soit fait selon ce que tu as cru. Et, à l’heure même, son serviteur fut guéri.
      14 Jésus se rendit alors à la maison de Pierre. Il trouva la belle-mère de celui-ci alitée, avec une forte fièvre.
      16 Le soir venu, on lui amena beaucoup de gens qui étaient sous l’emprise de démons : par sa parole, il chassa ces mauvais esprits. Il guérit aussi tous les malades.
      17 Ainsi se réalisait cette parole du *prophète *Esaïe : Il s’est lui-même chargé de nos infirmités et il a porté nos maladies.
      18 Lorsque Jésus se vit entouré d’une foule nombreuse, il donna ordre à ses *disciples de passer de l’autre côté du lac.
      19 Un *spécialiste de la Loi s’approcha et lui dit : —Maître, je te suivrai partout où tu iras.
      20 Jésus lui répondit : —Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des nids ; mais le *Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête.
      21 —Seigneur, lui dit un autre qui était de ses disciples, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père.
      22 Mais Jésus lui répondit : —Suis-moi et laisse à ceux qui sont morts le soin d’enterrer leurs morts.
      25 Les disciples s’approchèrent de lui et le réveillèrent en criant : —Seigneur, *sauve-nous, nous sommes perdus !
      28 Quand il fut arrivé de l’autre côté du lac, dans la région de Gadara, deux hommes qui étaient sous l’emprise de démons sortirent des tombeaux et vinrent à sa rencontre. Ils étaient si dangereux que personne n’osait plus passer par ce chemin.
      29 Et voici qu’ils se mirent à crier : —Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu nous tourmenter avant le temps ?
      30 Or, il y avait, à quelque distance de là, un grand troupeau de porcs en train de paître.
      31 Les démons supplièrent Jésus : —Si tu veux nous chasser, envoie-nous dans ce troupeau de porcs.
      32 —Allez ! leur dit-il. Les démons sortirent de ces deux hommes et entrèrent dans les porcs. Aussitôt, tout le troupeau s’élança du haut de la pente et se précipita dans le lac, et toutes les bêtes périrent noyées.
      33 Les gardiens du troupeau s’enfuirent, coururent à la ville et allèrent raconter tout ce qui s’était passé, en particulier comment les deux hommes qui étaient sous l’emprise de démons avaient été guéris.
      34 Là-dessus, tous les habitants de la ville sortirent à la rencontre de Jésus et, quand ils le virent, le supplièrent de quitter leur territoire.

      Matthieu 9

      1 Jésus monta dans une barque, traversa le lac et se rendit dans sa ville.
      2 On lui amena un paralysé couché sur un brancard. Lorsqu’il vit quelle foi ces gens avaient en lui, Jésus dit au paralytique : —Prends courage, mon enfant, tes péchés te sont pardonnés.
      3 Là-dessus, quelques *spécialistes de la Loi pensèrent en eux-mêmes : « Cet homme *blasphème ! »
      4 Mais Jésus connaissait leurs pensées. Il leur dit : —Pourquoi avez-vous ces mauvaises pensées en vous-mêmes ?
      5 Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : « Tes péchés te sont pardonnés » ou dire : « Lève-toi et marche » ?
      6 Eh bien, vous saurez que le *Fils de l’homme a, sur la terre, le pouvoir de pardonner les péchés. Alors il dit au paralysé : —Je te l’ordonne : lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi.
      7 Le paralysé se leva et s’en alla chez lui.
      8 En voyant cela, les foules furent saisies de frayeur et rendirent gloire à Dieu qui avait donné aux hommes un si grand pouvoir.
      9 Jésus s’en alla. En passant, il vit un homme installé au poste de péage. Son nom était Matthieu. Il lui dit : —Suis-moi ! Matthieu se leva et le suivit.
      10 Un jour, Jésus était à table chez Matthieu. Or, beaucoup de *collecteurs d’impôts et de pécheurs notoires étaient venus et avaient pris place à table avec lui et ses *disciples.
      11 En voyant cela, les *pharisiens interpellèrent ses disciples : —Comment votre maître peut-il s’attabler de la sorte avec des collecteurs d’impôts et des pécheurs notoires ?
      12 Mais Jésus, qui les avait entendus, leur dit : —Les bien-portants n’ont pas besoin de médecin ; ce sont les malades qui en ont besoin.
      13 Allez donc apprendre quel est le sens de cette parole : Je désire que vous fassiez preuve d’amour envers les autres plutôt que vous m’offriez des sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.
      14 Alors les disciples de Jean vinrent trouver Jésus et lui demandèrent : —Comment se fait-il que tes disciples ne jeûnent pas, alors que nous, comme les pharisiens, nous le faisons souvent ?
      15 Jésus leur répondit : —Comment les invités d’une noce pourraient-ils être tristes tant que le marié est avec eux ? Le temps viendra où celui-ci leur sera enlevé. Alors ils jeûneront.
      16 Personne ne rapièce un vieux vêtement avec un morceau d’étoffe neuve, car la pièce rapportée arracherait une partie du vieux manteau et la déchirure serait pire qu’avant.
      17 De même, on ne verse pas dans de vieilles *outres du moût qui fermente, sinon le vin nouveau les fait éclater, il se répand et les outres sont perdues. Non, on met le vin nouveau dans des outres neuves. Ainsi le vin et les outres se conservent.
      18 Pendant que Jésus leur disait cela, un responsable juif arriva, se prosterna devant lui et lui dit : —Ma fille vient de mourir : mais viens lui imposer les mains, et elle revivra.
      19 Jésus se leva et le suivit avec ses disciples.
      20 A ce moment, une femme qui souffrait d’hémorragies depuis douze ans, s’approcha de lui par derrière et toucha la frange de son vêtement.
      21 Elle se disait : « Si seulement j’arrive à toucher son vêtement, je serai guérie. »
      22 Jésus se retourna et, quand il l’aperçut, il lui dit : —Prends courage, ma fille : parce que tu as eu foi en moi, tu es guérie. A l’instant même, la femme fut guérie.
      23 Lorsque Jésus arriva à la maison du responsable juif, il vit des joueurs de flûtes et toute une foule agitée.
      24 Alors il leur dit : —Retirez-vous, la fillette n’est pas morte, elle est seulement endormie. Mais les gens se moquaient de lui.
      25 Lorsqu’il eut fait mettre tout le monde dehors, il entra dans la chambre, prit la main de la jeune fille, et elle se leva.
      26 La nouvelle de ce qui s’était passé fit le tour de toute la contrée.
      27 Lorsque Jésus partit de là, deux aveugles le suivirent en criant : —*Fils de David, aie pitié de nous !
      28 Lorsqu’il fut arrivé à la maison, les aveugles s’approchèrent de lui. Il leur dit : —Croyez-vous que j’ai le pouvoir de faire ce que vous me demandez ? —Oui, Seigneur, lui répondirent-ils.
      29 Alors il leur toucha les yeux en disant : —Qu’il vous soit fait selon votre foi !
      30 Et aussitôt, leurs yeux s’ouvrirent. Jésus ajouta d’un ton sévère : —Attention, veillez à ce que personne n’apprenne ce qui vous est arrivé.
      31 Mais, une fois dehors, ils se mirent à raconter dans toute la région ce que Jésus avait fait.
      32 Mais alors que les deux hommes sortaient, on amena à Jésus un homme qui était sous l’emprise d’un démon qui le rendait muet.
      33 Jésus chassa le démon et le muet se mit à parler. La foule était émerveillée et disait : —Jamais on n’a rien vu de pareil en *Israël !
      34 Mais les pharisiens, eux, déclaraient : —C’est par le pouvoir du chef des démons qu’il chasse les démons.
      35 Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages pour y donner son enseignement dans leurs *synagogues. Il proclamait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu et guérissait toute maladie et toute infirmité.
      36 En voyant les foules, il fut pris de pitié pour elles, car ces gens étaient inquiets et abattus, comme des brebis sans berger.
      37 Alors il dit à ses *disciples : —La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux !
      38 Demandez donc au Seigneur, à qui appartient la moisson, d’envoyer des ouvriers pour la rentrer.

      Matthieu 10

      1 Jésus appela ses douze disciples et leur donna l’autorité de chasser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité.
      2 Voici les noms des douze *apôtres : d’abord, *Simon appelé Pierre puis André son frère ; *Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ;
      3 Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu, le *collecteur d’impôts ; *Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ;
      4 Simon, le Zélé, et Judas Iscariot, celui qui a trahi Jésus.
      5 Ce sont ces douze hommes que Jésus envoya, après leur avoir fait les recommandations suivantes : —N’allez pas dans les contrées païennes et n’entrez pas dans les villes de la Samarie.
      6 Rendez-vous plutôt auprès des brebis perdues du peuple d’*Israël.
      7 Partout où vous passerez, annoncez que le règne des cieux est tout proche.
      8 Guérissez les malades, ressuscitez les morts, rendez *purs les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.
      9 Ne mettez dans vos bourses ni or, ni argent, ni pièce de cuivre.
      10 N’emportez pour le voyage ni sac, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton, car « l’ouvrier mérite sa nourriture ».
      11 Chaque fois que vous arriverez dans une ville ou un village, faites-vous indiquer quelqu’un de recommandable et restez chez lui jusqu’à votre départ de la localité.
      12 En franchissant le seuil de la maison, saluez ses occupants et dites : « Que la paix soit avec vous ! »
      13 S’ils en sont dignes, qu’elle repose sur eux. Sinon, qu’elle vous revienne.
      14 Si, dans une maison ou dans une ville, on ne veut pas vous recevoir, ni écouter vos paroles, quittez la maison ou la ville en secouant la poussière de vos pieds.
      15 Vraiment, je vous l’assure : au jour du jugement, les villes de *Sodome et de *Gomorrhe seront traitées avec moins de rigueur que les habitants de ces lieux-là.
      16 —Voici : je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez prudents comme des serpents et innocents comme des colombes.
      17 Soyez sur vos gardes ; car on vous traduira devant les tribunaux des *Juifs et on vous fera fouetter dans leurs *synagogues.
      18 On vous forcera à comparaître devant des gouverneurs et des rois à cause de moi pour leur apporter un témoignage, ainsi qu’aux nations païennes.
      19 Lorsqu’on vous traduira devant les autorités, ne vous inquiétez ni du contenu ni de la forme de ce que vous direz, car cela vous sera donné au moment même.
      20 En effet, ce n’est pas vous qui parlerez, ce sera l’Esprit de votre Père qui parlera par votre bouche.
      21 Le frère livrera son propre frère pour le faire condamner à mort, et le père livrera son enfant. Des enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort.
      22 Tout le monde vous haïra à cause de moi. Mais celui qui tiendra bon jusqu’au bout sera *sauvé.
      23 Si l’on vous persécute dans une ville, fuyez dans une autre ; vraiment, je vous l’assure : vous n’achèverez pas le tour des villes d’Israël avant que le *Fils de l’homme ne vienne.
      24 Le *disciple n’est pas plus grand que celui qui l’enseigne, ni le serviteur supérieur à son maître.
      25 Il suffit au disciple d’être comme celui qui l’enseigne et au serviteur comme son maître. S’ils ont qualifié le maître de la maison de Béelzébul, que diront-ils de ceux qui font partie de cette maison ?
      26 —N’ayez donc pas peur de ces gens-là ! Car tout ce qui se fait en secret sera dévoilé, et tout ce qui est caché finira par être connu.
      27 Ce que je vous dis en secret, répétez-le en plein jour. Ce qu’on vous chuchote dans le creux de l’oreille, criez-le du haut des toits.
      28 —Ne craignez donc pas ceux qui peuvent tuer le corps, mais qui n’ont pas le pouvoir de faire mourir l’âme. Craignez plutôt celui qui peut vous faire périr corps et âme dans l’enfer.
      29 Ne vend-on pas une paire de moineaux pour un sou ? Et pourtant, pas un seul d’entre eux ne tombe à terre sans le consentement de votre Père.
      30 Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
      31 N’ayez donc aucune crainte ; car vous, vous avez plus de valeur que toute une volée de moineaux.
      32 C’est pourquoi, tous ceux qui se déclareront pour moi devant les hommes, je me déclarerai moi aussi pour eux devant mon Père céleste.
      33 Mais celui qui aura prétendu ne pas me connaître devant les hommes, je ne le reconnaîtrai pas non plus devant mon Père céleste.
      34 —Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur terre : ma mission n’est pas d’apporter la paix, mais l’épée.
      35 Oui, je suis venu opposer le fils à son père, la fille à sa mère, la belle-fille à sa belle-mère :
      36 on aura pour ennemis les membres de sa propre famille.
      37 —Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi.
      38 Et celui qui ne se charge pas de sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.
      39 Celui qui cherche à *sauver sa vie la perdra ; et celui qui l’aura perdue à cause de moi la retrouvera.
      40 —Si quelqu’un vous accueille, c’est moi qu’il accueille. Or celui qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé.
      41 Celui qui accueille un *prophète parce qu’il est un prophète recevra la même récompense que le prophète lui-même. Et celui qui accueille un juste parce que c’est un juste aura la même récompense que le juste lui-même.
      42 Si quelqu’un donne à boire, ne serait-ce qu’un verre d’eau fraîche, au plus insignifiant de mes *disciples parce qu’il est mon disciple, vraiment, je vous l’assure, il ne perdra pas sa récompense.

      Matthieu 11

      1 Quand Jésus eut achevé de donner ces instructions à ses douze *disciples, il partit de là pour enseigner et prêcher dans les villes de la région.
      2 Du fond de sa prison, Jean apprit tout ce que faisait le Christ. Il envoya auprès de lui deux de ses disciples. Ils lui demandèrent :
      3 —Es-tu celui qui devait venir ou bien devons-nous en attendre un autre ?
      4 Et Jésus leur répondit : —Retournez auprès de Jean et racontez-lui ce que vous entendez et ce que vous voyez :
      5 les aveugles voient, les paralysés marchent normalement, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.
      6 Heureux celui qui ne perdra pas la foi à cause de moi.
      7 Comme les envoyés s’en allaient, Jésus saisit cette occasion pour parler de Jean-Baptiste à la foule : —Qu’êtes-vous allés voir au désert ? leur demanda-t-il. Un roseau, agité çà et là par le vent ?
      8 Oui, qui donc êtes-vous allés voir ? Un homme habillé avec élégance ? Généralement, ceux qui sont élégamment vêtus vivent dans les palais royaux.
      9 Mais qu’êtes-vous donc allés voir au désert ? Un *prophète ? Oui, assurément, et même bien plus qu’un prophète, c’est moi qui vous le dis.
      10 Car c’est celui dont il est écrit : J’enverrai mon messager devant toi, il te préparera le chemin.
      11 Vraiment, je vous l’assure : parmi tous les hommes qui sont nés d’une femme, il n’en a paru aucun de plus grand que Jean-Baptiste. Et pourtant, le plus petit dans le *royaume des cieux est plus grand que lui.
      12 Depuis l’époque où Jean-Baptiste a paru jusqu’à cette heure, le royaume des cieux se force un passage avec violence, et ce sont les violents qui s’en emparent.
      13 En effet, jusqu’à Jean, tous les prophètes et la *Loi l’ont prophétisé.
      14 Et, si vous voulez le croire, c’est lui, cet Elie qui devait venir.
      15 Celui qui a des oreilles, qu’il entende.
      16 —A qui donc pourrais-je comparer les gens de notre temps ? Ils sont comme ces enfants assis sur la place du marché qui crient à leurs camarades :
      17 Quand nous avons joué de la flûte, vous n’avez pas dansé. Et quand nous avons chanté des airs de deuil, vous ne vous êtes pas lamentés.
      18 En effet, Jean est venu, il ne mangeait pas et ne buvait pas de vin. Et qu’a-t-on dit ? « Il a un démon en lui ! »
      19 Le *Fils de l’homme est venu, il mange et boit, et l’on dit : « Cet homme ne pense qu’à faire bonne chère et à boire du vin, il est l’ami des *collecteurs d’impôts et des pécheurs notoires. » Et cependant, la sagesse de Dieu se fait reconnaître comme telle par les œuvres qu’elle accomplit.
      20 Alors Jésus adressa de sévères reproches aux villes où il avait fait la plupart de ses miracles, parce que leurs habitants n’avaient pas *changé de vie.
      21 —Malheur à toi, Chorazin ! Malheur à toi, Bethsaïda ! car si les miracles qui se sont produits au milieu de vous avaient eu lieu à *Tyr et à Sidon, il y a longtemps que leurs habitants auraient *changé de vie et l’auraient manifesté, en revêtant des habits de toile de sac et en se couvrant de cendre.
      22 C’est pourquoi, je vous le déclare : au jour du jugement, ces villes seront traitées avec moins de rigueur que vous.
      23 Et toi, *Capernaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Non ! Tu seras précipitée au séjour des morts. Car si les miracles qui se sont produits chez toi avaient eu lieu à *Sodome, elle existerait encore aujourd’hui.
      24 C’est pourquoi, je vous le déclare : au jour du jugement, le pays de Sodome sera traité avec moins de rigueur que toi.
      25 Vers cette même époque, Jésus dit : —Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces vérités aux sages et aux intelligents et que tu les as dévoilées à ceux qui sont tout petits.
      26 Oui, Père, car dans ta bonté, tu l’as voulu ainsi.
      27 Mon Père a remis toutes choses entre mes mains. Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ; et personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.

      Matthieu 13

      1 Ce jour-là, Jésus sortit de chez lui et alla s’asseoir au bord du lac.
      2 Autour de lui la foule se rassembla si nombreuse qu’il dut monter dans une barque. Il s’y assit. La foule se tenait sur le rivage.
      3 Il prit la parole et leur exposa bien des choses sous forme de paraboles. Il leur dit : —Un semeur sortit pour semer.
      4 Alors qu’il répandait sa semence, des grains tombèrent au bord du chemin ; les oiseaux vinrent et les mangèrent.
      5 D’autres tombèrent sur un sol rocailleux et, ne trouvant qu’une mince couche de terre, ils levèrent rapidement parce que la terre n’était pas profonde.
      6 Mais quand le soleil fut monté haut dans le ciel, les petits plants furent vite brûlés, et comme ils n’avaient pas vraiment pris racine, ils séchèrent.
      7 D’autres grains tombèrent parmi les ronces. Celles-ci grandirent et étouffèrent les jeunes pousses.
      8 D’autres grains enfin tombèrent sur la bonne terre et donnèrent du fruit avec un rendement de cent, soixante, ou trente pour un.
      9 Celui qui a des oreilles, qu’il entende !
      10 Alors ses disciples s’approchèrent et lui demandèrent : —Pourquoi te sers-tu de paraboles pour leur parler ?
      11 Il leur répondit : —Vous avez reçu le privilège de connaître les secrets du *royaume des cieux, eux ne l’ont pas reçu.
      12 Car à celui qui a, on donnera encore, jusqu’à ce qu’il soit dans l’abondance ; mais à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a.
      13 Voici pourquoi je me sers de paraboles, pour leur parler : c’est que, bien qu’ils regardent, ils ne voient pas, et bien qu’ils écoutent, ils n’entendent pas et ne comprennent pas.
      14 Pour eux s’accomplit cette prophétie d’*Esaïe : Vous aurez beau entendre, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau voir de vos propres yeux, vous ne saisirez pas.
      15 Car le cœur de ce peuple est devenu insensible, ils ont fait la sourde oreille et ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, et que leurs oreilles n’entendent, de peur que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se tournent vers moi et que je les guérisse.
      16 Vous, au contraire, vous êtes heureux, vos yeux voient et vos oreilles entendent !
      17 Vraiment, je vous l’assure : beaucoup de *prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, mais ne l’ont pas vu ; ils ont désiré entendre ce que vous entendez, mais ne l’ont pas entendu.
      18 —Vous donc, écoutez ce que signifie la parabole du semeur :
      19 Chaque fois que quelqu’un entend le message qui concerne le royaume et ne le comprend pas, le diable vient arracher ce qui a été semé dans son cœur. Tel est celui qui a reçu la semence « au bord du chemin ».
      20 Puis il y a celui qui reçoit la semence « sur le sol rocailleux » : quand il entend la Parole, il l’accepte aussitôt avec joie.
      21 Mais il ne la laisse pas prendre racine en lui, car il est inconstant. Que surviennent des difficultés ou la persécution à cause de la Parole, le voilà qui abandonne tout.
      22 Un autre encore a reçu la semence « parmi les ronces ». C’est celui qui écoute la Parole, mais en qui elle ne porte pas de fruit parce qu’elle est étouffée par les soucis de ce monde et par l’attrait trompeur des richesses.
      23 Un autre enfin a reçu la semence « sur la bonne terre ». C’est celui qui écoute la Parole et la comprend. Alors il porte du fruit : chez l’un, un grain en rapporte cent, chez un autre soixante, chez un autre trente.
      24 Il leur proposa une autre *parabole : —Il en est du *royaume des cieux comme d’un homme qui avait semé du bon grain dans son champ.
      25 Pendant que tout le monde dormait, son ennemi sema une mauvaise herbe au milieu du blé, puis s’en alla.
      26 Quand le blé eut poussé et produit des épis, on vit aussi paraître la mauvaise herbe.
      27 Les serviteurs du propriétaire de ce champ vinrent lui demander : —Maître, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc cette mauvaise herbe ?
      28 Il leur répondit : —C’est un ennemi qui a fait cela ! Alors les serviteurs demandèrent : —Veux-tu donc que nous arrachions cette mauvaise herbe ?
      29 —Non, répondit le maître, car en enlevant la mauvaise herbe, vous risqueriez d’arracher le blé en même temps.
      30 Laissez pousser les deux ensemble jusqu’à la moisson. A ce moment-là, je dirai aux moissonneurs : « Enlevez d’abord la mauvaise herbe et liez-la en bottes pour la brûler : ensuite vous couperez le blé et vous le rentrerez dans mon grenier. »
      31 Jésus leur raconta une autre *parabole : —Le *royaume des cieux ressemble à une graine de moutarde qu’un homme a prise pour la semer dans son champ.
      32 C’est la plus petite de toutes les semences ; mais quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes du potager et devient un arbuste, si bien que les oiseaux du ciel viennent nicher dans ses branches.
      33 Il leur raconta une autre parabole : —Le royaume des cieux ressemble à du *levain qu’une femme prend pour le mélanger à une vingtaine de kilogrammes de farine. Et, à la fin, toute la pâte lève.
      34 Jésus enseigna toutes ces choses aux foules en employant des paraboles, et il ne leur parlait pas sans paraboles.
      35 Ainsi se réalisait la parole du *prophète : Je leur parlerai à l’aide de paraboles. Je leur annoncerai des secrets cachés depuis la création du monde.
      36 Alors Jésus laissa la foule et il rentra dans la maison. Ses disciples vinrent auprès de lui et lui demandèrent : —Explique-nous la parabole de la mauvaise herbe dans le champ.
      37 Il leur répondit : —Celui qui sème la bonne semence, c’est le *Fils de l’homme ;
      38 le champ, c’est le monde ; la bonne semence, ce sont ceux qui font partie du *royaume. La mauvaise herbe, ce sont ceux qui suivent le diable.
      39 L’ennemi qui a semé les mauvaises graines, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les *anges.
      40 Comme on arrache la mauvaise herbe et qu’on la ramasse pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde :
      41 le Fils de l’homme enverra ses anges et ils élimineront de son royaume tous ceux qui incitent les autres à pécher et ceux qui font le mal.
      42 Ils les précipiteront dans la fournaise ardente où il y aura des pleurs et d’amers regrets.
      43 Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende.
      44 —Le *royaume des cieux ressemble à un trésor enfoui dans un champ. Un homme le découvre : il le cache de nouveau, s’en va, débordant de joie, vend tout ce qu’il possède et achète ce champ.
      45 Voici à quoi ressemble encore le royaume des cieux : un marchand cherche de belles perles.
      46 Quand il en a trouvé une de grande valeur, il s’en va vendre tout ce qu’il possède et achète cette perle précieuse.
      47 —Voici encore à quoi ressemble le royaume des cieux : des pêcheurs ont jeté en mer un filet qui ramasse toutes sortes de poissons.
      48 Une fois qu’il est rempli, les pêcheurs le tirent sur le rivage, puis ils s’assoient autour et trient leur prise : ce qui est bon, ils le mettent dans des paniers et ce qui ne vaut rien, ils le rejettent.
      49 C’est ainsi que les choses se passeront à la fin du monde : les *anges viendront et sépareront les méchants d’avec les justes
      50 et ils les précipiteront dans la fournaise ardente où il y aura des pleurs et d’amers regrets.
      51 —Avez-vous compris tout cela ? —Oui, répondirent-ils.
      52 Alors Jésus conclut : —Ainsi donc, tout *spécialiste de la Loi qui a été instruit des choses qui concernent le royaume des cieux est semblable à un père de famille qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes.
      53 Quand Jésus eut fini de raconter ces paraboles, il partit de là.
      54 Il retourna dans la ville où il avait vécu. Il enseignait ses concitoyens dans leur *synagogue. Son enseignement les remplissait d’étonnement, si bien qu’ils disaient : —D’où tient-il cette sagesse et le pouvoir d’accomplir ces miracles ?
      55 N’est-il pas le fils du charpentier ? N’est-il pas le fils de Marie, et le frère de *Jacques, de Joseph, de Simon et de Jude !
      56 Ses sœurs ne vivent-elles pas toutes parmi nous ? D’où a-t-il reçu tout cela ?
      57 Et voilà pourquoi ils trouvaient en lui un obstacle à la foi. Alors Jésus leur dit : —C’est seulement dans sa patrie et dans sa propre famille que l’on refuse d’honorer un *prophète.
      58 Aussi ne fit-il là que peu de miracles, à cause de leur incrédulité.

      Matthieu 15

      21 En quittant cet endroit, Jésus se rendit dans la région de *Tyr et de Sidon.
      22 Et voilà qu’une femme cananéenne, qui habitait là, vint vers lui et se mit à crier : —Seigneur, *Fils de David, aie pitié de moi ! Ma fille est sous l’emprise d’un démon qui la tourmente cruellement.
      23 Mais Jésus ne lui répondit pas un mot. Ses disciples s’approchèrent de lui et lui dirent : —Renvoie-la, car elle ne cesse de nous suivre en criant.
      24 Ce à quoi il répondit : —Ma mission se limite aux brebis perdues du peuple d’*Israël.
      25 Mais la femme vint se prosterner devant lui en disant : —Seigneur, viens à mon secours !
      26 Il lui répondit : —Il ne serait pas juste de prendre le pain des enfants de la maison pour le jeter aux petits chiens.
      27 —C’est vrai, Seigneur, reprit-elle, et pourtant les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres.
      28 Alors Jésus dit : —O femme, ta foi est grande ! Qu’il en soit donc comme tu le veux ! Et, sur l’heure, sa fille fut guérie.
      29 Jésus partit de cette région et retourna au bord du lac de *Galilée. Il monta sur une colline où il s’assit.
      30 Des foules nombreuses vinrent auprès de lui et, avec elles, des paralysés, des aveugles, des sourds-muets, des estropiés et beaucoup d’autres malades. On les amena aux pieds de Jésus, et il les guérit.
      31 La foule s’émerveillait de voir les sourds-muets parler, les estropiés reprendre l’usage de leurs membres, les paralysés marcher, les aveugles retrouver la vue, et tous se mirent à chanter la gloire du Dieu d’Israël.
      32 Jésus appela ses *disciples et leur dit : —J’ai pitié de cette foule. Voilà déjà trois jours qu’ils sont restés là, avec moi, et ils n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur que les forces ne leur manquent sur le chemin du retour.
      33 Ses disciples lui dirent : —Où pourrions-nous trouver, dans ce lieu désert, assez de pains pour nourrir une telle foule ?
      34 —Combien de pains avez-vous ? —Sept, répondirent-ils, et quelques petits poissons.
      35 Alors il invita tout le monde à s’asseoir par terre.
      36 Il prit ensuite les sept pains et les poissons et, après avoir remercié Dieu, il les partagea et les donna aux disciples, qui les distribuèrent à la foule.
      37 Tous mangèrent à satiété. On ramassa sept corbeilles pleines des morceaux qui restaient.
      38 Ceux qui furent ainsi nourris étaient au nombre de quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants.
      39 Après avoir congédié la foule, Jésus monta dans une barque et se rendit dans la région de Magadan.

      Matthieu 16

      1 Quelques *pharisiens et *sadducéens abordèrent Jésus pour lui tendre un piège. Ils lui demandèrent de leur montrer un signe miraculeux venant du ciel.
      2 Il leur répondit : [—Au crépuscule, vous dites bien : « Demain, il fera beau, car le ciel est rouge. »
      3 Ou bien, à l’aurore : « Aujourd’hui, on aura de l’orage, car le ciel est rouge sombre. » Ainsi, vous savez reconnaître ce qu’indique l’aspect du ciel ; mais vous êtes incapables de reconnaître les signes de notre temps. ]
      4 Ces gens de notre temps qui sont mauvais et infidèles à Dieu réclament un signe miraculeux ! Un signe... il ne leur en sera pas accordé d’autre que celui de Jonas. Là-dessus, il les quitta et partit de là.
      5 En passant de l’autre côté du lac, les disciples avaient oublié d’emporter du pain.
      6 Jésus leur dit : —Faites bien attention : gardez-vous du *levain des pharisiens et des sadducéens.
      7 Les disciples discutaient entre eux : —Il dit cela parce que nous n’avons pas pris de pain !
      8 Jésus, sachant ce qui se passait, leur dit : —Pourquoi discutez-vous entre vous parce que vous n’avez pas de pain ? Ah, votre foi est encore bien petite !
      9 Vous n’avez donc pas encore compris ? Ne vous souvenez-vous pas des cinq pains distribués aux cinq mille hommes et combien de paniers vous avez remplis avec les restes ?
      10 Et des sept pains distribués aux quatre mille hommes et du nombre de corbeilles que vous avez emportées ?
      11 Comment se fait-il que vous ne compreniez pas que ce n’est pas de pain quand je vous disais : Gardez-vous du *levain des pharisiens et des sadducéens !
      12 Alors ils comprirent qu’il leur avait dit de se garder, non pas du levain que l’on met dans le pain, mais de l’enseignement des pharisiens et des sadducéens.
      21 A partir de ce jour, Jésus commença à exposer à ses disciples qu’il devait se rendre à *Jérusalem, y subir de cruelles souffrances de la part des responsables du peuple, des chefs des *prêtres et des *spécialistes de la Loi, être mis à mort et ressusciter le troisième jour.

      Matthieu 17

      23 Ils le feront mourir, mais, le troisième jour, il ressuscitera. Les disciples furent extrêmement affligés par ces paroles.

      Matthieu 18

      1 A ce moment-là, les *disciples s’approchèrent de Jésus et lui demandèrent : —Qui donc est le plus grand dans le *royaume des cieux ?
      8 Si ta main ou ton pied te font tomber dans le péché, coupe-les, et jette-les au loin. Car il vaut mieux pour toi entrer dans la vie avec une seule main ou un seul pied que de garder tes deux mains ou tes deux pieds et d’être jeté dans le feu éternel.
      10 —Faites attention ! Ne méprisez pas un seul de ces petits ; je vous l’assure : leurs *anges dans le ciel se tiennent constamment en présence de mon Père céleste.
      12 Qu’en pensez-vous ? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne, pour aller à la recherche de celle qui s’est égarée ?
      13 Et s’il réussit à la retrouver, vraiment, je vous l’assure : cette brebis lui causera plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf autres qui ne s’étaient pas égarées.
      14 Il en est de même pour votre Père céleste : il ne veut pas qu’un seul de ces petits se perde.
      15 —Si ton frère s’est rendu coupable [à ton égard ], va le trouver, et convaincs-le de sa faute : mais que cela se passe en tête-à-tête. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère.
      16 S’il ne t’écoute pas, reviens le voir en prenant avec toi une ou deux autres personnes, pour que tout ce qui sera dit soit appuyé sur les déclarations de deux ou de trois témoins.
      17 S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Eglise. S’il refuse aussi d’écouter l’Eglise, mets-le sur le même plan que les païens et les *collecteurs d’impôts.
      18 Vraiment, je vous l’assure : tous ceux que vous exclurez sur la terre auront été exclus aux yeux de Dieu et tous ceux que vous accueillerez sur la terre auront été accueillis aux yeux de Dieu.
      19 J’ajoute que si deux d’entre vous se mettent d’accord ici-bas au sujet d’un problème pour l’exposer à mon Père céleste, il les exaucera.
      20 Car là où deux ou trois sont ensemble en mon nom, je suis présent au milieu d’eux.
      21 Alors Pierre s’approcha de Jésus et lui demanda : —Seigneur, si mon frère se rend coupable à mon égard, combien de fois devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu’à sept fois ?
      22 —Non, lui répondit Jésus, je ne te dis pas d’aller jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.
      23 En effet, il en est du *royaume des cieux comme d’un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
      24 Lorsqu’il commença à compter, on lui en présenta un qui lui devait soixante millions de pièces d’argent.
      25 Comme ce serviteur n’avait pas de quoi rembourser ce qu’il devait, son maître donna ordre de le vendre comme esclave avec sa femme et ses enfants ainsi que tous ses biens pour rembourser sa dette.
      26 Le serviteur se jeta alors aux pieds du roi et, se prosternant devant lui, supplia : « Sois patient envers moi, accorde-moi un délai et je te rembourserai tout. »
      27 Pris de pitié pour lui, son maître le renvoya libre, après lui avoir remis toute sa dette.
      28 A peine sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons de service qui lui devait cent pièces d’argent. Il le saisit à la gorge en criant : « Paie-moi ce que tu me dois ! »
      29 Son compagnon se jeta à ses pieds et le supplia : « Sois patient envers moi, lui dit-il, accorde-moi un délai et je te rembourserai. »
      30 Mais l’autre ne voulut rien entendre. Bien plus : il alla le faire jeter en prison en attendant qu’il ait payé tout ce qu’il lui devait.
      31 D’autres compagnons de service, témoins de ce qui s’était passé, en furent profondément attristés et allèrent rapporter toute l’affaire à leur maître.
      32 Alors celui-ci fit convoquer le serviteur qui avait agi de la sorte : « Tu es vraiment odieux ! lui dit-il. Tout ce que tu me devais, toi mon serviteur, je te l’avais remis parce que tu m’en avais supplié.
      33 Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi ? »
      34 Et, dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il ait remboursé toute sa dette.

      Matthieu 19

      9 Aussi, je vous déclare que celui qui divorce et se remarie, commet un adultère — sauf en cas d’immoralité sexuelle.
      30 Mais beaucoup de ceux qui sont maintenant les premiers seront parmi les derniers, et beaucoup de ceux qui sont maintenant les derniers seront parmi les premiers.

      Matthieu 20

      16 Voilà comment les derniers seront les premiers et comment les premiers seront les derniers.
      19 et le remettront entre les mains des païens pour qu’ils se moquent de lui, le battent à coups de fouet et le clouent sur une croix. Puis, le troisième jour, il ressuscitera.

      Matthieu 22

      1 Jésus leur parla de nouveau au moyen de *paraboles. Il leur dit :
      2 —Il en est du *royaume des cieux comme d’un roi qui célèbre les noces de son fils.
      3 Il envoie ses serviteurs convier les invités aux noces. Mais ceux-ci refusent de venir.
      4 Alors il envoie d’autres serviteurs pour insister de sa part auprès des invités : « Portez-leur ce message : J’ai préparé mon banquet, j’ai fait tuer mes jeunes taureaux et mes plus belles bêtes, et tout est prêt. Venez donc aux noces. »
      5 Mais les invités restent indifférents, et s’en vont, l’un à son champ, l’autre à ses affaires.
      6 Les autres s’emparent des serviteurs, les maltraitent et les tuent.
      7 Alors le roi se met en colère. Il envoie ses troupes exterminer ces assassins et mettre le feu à leur ville.
      8 Ensuite, il dit à ses serviteurs : « Le repas de noces est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes.
      9 Allez donc aux carrefours des chemins et invitez au festin tous ceux que vous trouverez. »
      10 Alors les serviteurs s’en vont par les routes et rassemblent tous ceux qu’ils rencontrent, méchants et bons, de sorte que la salle des noces se remplit de monde.
      11 Le roi entre pour voir l’assistance. Il aperçoit là un homme qui n’a pas d’habit de noces.
      12 « Mon ami, lui demande-t-il, comment as-tu pu entrer ici sans être habillé comme il convient pour un mariage ? » L’autre ne trouve rien à répondre.
      13 Alors le roi dit aux serviteurs : « Prenez-le et jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors où il y a des pleurs et d’amers regrets. »
      14 Car, beaucoup sont invités, mais ceux qui sont élus sont peu nombreux.

      Matthieu 24

      1 Là-dessus, Jésus quitta la cour du *Temple. Tandis qu’il s’éloignait, ses *disciples s’approchèrent pour lui faire remarquer l’architecture du Temple.
      2 Alors il leur dit : —Oui, regardez bien tout cela ! Vraiment, je vous l’assure : tout sera démoli : il ne restera pas une pierre sur une autre.
      3 Comme il était assis sur le mont des Oliviers, ses disciples s’approchèrent, le prirent à part, et lui demandèrent : —Dis-nous quand cela se produira et quel signe annoncera ta venue et la fin du monde.
      4 Jésus leur répondit : —Faites bien attention que personne ne vous induise en erreur.
      5 Car plusieurs viendront sous mon nom en disant : « Je suis le Messie », et ils tromperont beaucoup de gens.
      6 Vous entendrez parler de guerres et de menaces de guerres. Attention ! ne vous laissez pas troubler par ces nouvelles, car cela doit arriver, mais ce ne sera pas encore la fin.
      7 En effet, on verra se dresser une nation contre une nation, un royaume contre un autre ; il y aura des famines et des tremblements de terre en divers lieux.
      8 Mais ce ne seront que les premières douleurs de l’enfantement.
      9 Alors on vous persécutera et l’on vous mettra à mort. Toutes les nations vous haïront à cause de moi.
      10 A cause de cela, beaucoup abandonneront la foi, ils se trahiront et se haïront les uns les autres.
      11 De nombreux faux prophètes surgiront et ils tromperont beaucoup de gens.
      12 Parce que le mal ne cessera de croître, l’amour du plus grand nombre se refroidira.
      13 Mais celui qui tiendra bon jusqu’au bout sera *sauvé.
      14 Cette Bonne Nouvelle du règne de Dieu sera proclamée dans le monde entier pour que tous les peuples en entendent le témoignage. Alors seulement viendra la fin.
      15 —Quand donc vous verrez l’abominable profanation annoncée par le *prophète Daniel s’établir dans le *lieu saint — que celui qui lit comprenne —
      16 alors, que ceux qui sont en *Judée s’enfuient dans les montagnes.
      17 Si quelqu’un est sur son toit en terrasse, qu’il ne rentre pas dans sa maison pour emporter les biens qui s’y trouvent !
      18 Que celui qui sera dans les champs ne retourne pas chez lui pour aller chercher son manteau !
      19 Malheur, en ces jours-là, aux femmes enceintes et à celles qui allaitent.
      20 Priez pour que votre fuite n’ait pas lieu en hiver, ni un jour de *sabbat.
      21 Car à ce moment-là, la détresse sera plus terrible que tout ce qu’on a connu depuis le commencement du monde ; et jamais plus, on ne verra pareille souffrance.
      22 Vraiment, si le Seigneur n’avait pas décidé de réduire le nombre de ces jours, personne n’en réchapperait ; mais, à cause de ceux qu’il a choisis, il abrégera ce temps de calamité.
      23 —Si quelqu’un vous dit alors : « Voyez, le Christ est ici ! » ou : « Il est là ! » — ne le croyez pas.
      24 De faux christs surgiront, ainsi que de faux prophètes. Ils produiront des signes extraordinaires et des prodiges au point de tromper, si c’était possible, ceux que Dieu a choisis.
      25 Voilà, je vous ai prévenus !
      26 Si l’on vous dit : « Regardez, il est dans le désert ! » n’y allez pas ! Si l’on prétend : « Il se cache en quelque endroit secret ! » n’en croyez rien.
      27 En effet, quand le *Fils de l’homme viendra, ce sera comme l’éclair qui jaillit du levant et illumine tout jusqu’au couchant.
      28 Où que soit le cadavre, là s’assembleront les vautours.
      29 Immédiatement après ces jours de détresse, le soleil s’obscurcira, la lune perdra sa clarté, les étoiles tomberont du ciel, les puissances célestes seront ébranlées.
      30 C’est alors que le signe du Fils de l’homme apparaîtra dans le ciel. Alors tous les peuples de la terre se lamenteront, et ils verront le Fils de l’homme venir sur les nuées du ciel avec beaucoup de puissance et de gloire.
      31 Il enverra ses *anges rassembler, au son des trompettes éclatantes, ses élus des quatre coins du monde, d’un bout à l’autre de l’univers.
      32 Que l’exemple du figuier vous serve d’enseignement : quand ses rameaux deviennent tendres et que ses feuilles poussent, vous savez que l’été est proche.
      33 De même, quand vous verrez tous ces événements, sachez que le Fils de l’homme est proche, comme aux portes de la ville.
      34 Vraiment, je vous assure que cette génération-ci ne passera pas avant que tout cela ne commence à se réaliser.
      35 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront jamais.
      36 —Quant au jour et à l’heure où cela se produira, personne ne les connaît, ni les *anges du ciel, ni même le Fils ; personne, sauf le Père, et lui seul.
      37 Lors de la venue du Fils de l’homme, les choses se passeront comme au temps de *Noé ;
      38 en effet, à l’époque qui précéda le déluge, les gens étaient occupés à manger et à boire, à se marier et à marier leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans le bateau.
      39 Ils ne se doutèrent de rien, jusqu’à ce que vienne le déluge qui les emporta tous. Ce sera la même chose lorsque le Fils de l’homme viendra.
      40 Alors deux ouvriers travailleront côte à côte dans un champ : l’un sera emmené, l’autre laissé.
      41 Deux femmes seront en train de tourner la pierre de meule : l’une sera emmenée, l’autre laissée.
      42 Tenez-vous donc en éveil, puisque vous ignorez quel jour votre Seigneur viendra.
      43 Vous le savez bien : si le maître de maison savait à quelle heure de la nuit le voleur doit venir, il resterait éveillé pour ne pas le laisser pénétrer dans sa maison.
      44 Pour cette même raison, vous aussi, tenez-vous prêts, car c’est à un moment que vous n’auriez pas imaginé que le Fils de l’homme viendra.
      45 —Quel est le serviteur fidèle et sensé à qui le maître a confié le soin de veiller sur l’ensemble de son personnel pour qu’il distribue à chacun sa nourriture au moment voulu ?
      46 Heureux ce serviteur que le maître, à son retour, trouvera en train d’agir comme il le lui a demandé !
      47 Vraiment, je vous l’assure, son maître lui confiera l’administration de tout ce qu’il possède.
      48 Mais si c’est un mauvais serviteur, qui se dit : « Mon maître n’est pas près de rentrer »,
      49 et se met à maltraiter ses compagnons de service, à manger et à boire avec les ivrognes,
      50 son maître arrivera un jour où il ne s’y attendra pas et à un moment qu’il ne connaît pas.
      51 Alors le maître le punira très sévèrement, et le traitera comme on traite les hypocrites. C’est là qu’il y aura des pleurs et d’amers regrets.

      Matthieu 25

      1 —Ce jour-là, il en sera du *royaume des cieux comme de dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et s’en allèrent à la rencontre du marié.
      14 —Il en sera comme d’un homme qui partit pour un voyage : il convoqua ses serviteurs et leur confia l’administration de ses biens.
      30 Quant à ce vaurien, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et d’amers regrets.
      31 —Quand le *Fils de l’homme viendra dans sa gloire, avec tous ses *anges, il prendra place sur son trône glorieux.

      Matthieu 26

      34 Jésus reprit : —Vraiment, je te l’assure : cette nuit même, avant que le coq ait chanté, tu m’auras renié trois fois.

      Matthieu 27

      9 Ainsi se réalisa la parole du *prophète Jérémie : Ils ont pris les trente pièces d’argent, le prix auquel les descendants d’*Israël l’ont estimé,
      46 Vers trois heures, Jésus cria d’une voix forte : —Eli, Eli, lama sabachthani ? ce qui veut dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
      63 pour lui dire : —Excellence, nous nous souvenons que cet imposteur a dit, pendant qu’il était encore en vie : « Après trois jours, je ressusciterai. »

      Marc 1

      2 selon ce qui est écrit dans le livre du *prophète *Esaïe : J’enverrai mon messager devant toi. Il te préparera le chemin.
      12 Aussitôt après, l’Esprit poussa Jésus dans le désert.
      30 La belle-mère de Simon était couchée, avec une forte fièvre. Dès l’arrivée de Jésus, ils lui parlèrent d’elle.
      32 Le soir, après le coucher du soleil, on lui amena tous les malades et tous ceux qui étaient sous l’emprise de démons.

      Marc 2

      1 Quelques jours plus tard, Jésus se rendit de nouveau à *Capernaüm. On apprit qu’il était à la maison.
      2 Une foule s’y rassembla si nombreuse qu’il ne restait plus de place, pas même devant la porte ; et Jésus leur annonçait le message de Dieu.
      3 On lui amena un paralysé porté par quatre hommes.
      4 Mais ils ne purent pas le transporter jusqu’à Jésus, à cause de la foule. Alors ils montèrent sur le toit en terrasse, défirent la toiture de la maison au-dessus de l’endroit où se trouvait Jésus et, par cette ouverture, firent glisser le brancard sur lequel le paralysé était couché.
      5 Lorsqu’il vit quelle foi ces hommes avaient en lui, Jésus dit au paralysé : —Mon enfant, tes péchés te sont pardonnés.
      6 Or, il y avait, assis là, quelques *spécialistes de la Loi qui raisonnaient ainsi en eux-mêmes :
      7 —Comment cet homme ose-t-il parler ainsi ? Il *blasphème ! Qui peut pardonner les péchés si ce n’est Dieu seul ?
      8 Jésus sut aussitôt, en son esprit, les raisonnements qu’ils se faisaient en eux-mêmes ; il leur dit : —Pourquoi raisonnez-vous ainsi en vous-mêmes ?
      9 Qu’y a-t-il de plus facile : Dire au paralysé : « Tes péchés te sont pardonnés », ou bien : « Lève-toi, prends ton brancard et marche » ?
      10 Eh bien, vous saurez que le *Fils de l’homme a, sur la terre, le pouvoir de pardonner les péchés.
      11 Alors il déclara au paralysé : —Je te l’ordonne : lève-toi, prends ton brancard, et rentre chez toi.
      12 Aussitôt, cet homme se leva, prit son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous en furent stupéfaits et rendirent gloire à Dieu en disant : —Nous n’avons jamais rien vu de pareil !
      26 Il est entré dans le sanctuaire de Dieu, à l’époque du *grand-prêtre Abiathar, il a mangé les pains exposés devant Dieu que seuls les *prêtres ont le droit de manger, et il en a donné aussi à ses hommes.

      Marc 3

      5 Jésus promena sur eux un regard indigné. Profondément attristé par la dureté de leur cœur, il dit à l’homme : —Etends la main. Il la tendit et elle fut guérie.
      20 Jésus alla à la maison et, de nouveau, la foule s’y pressa au point que lui et ses *disciples n’arrivaient même plus à manger.
      31 La mère et les frères de Jésus arrivèrent. Ils se tinrent dehors et envoyèrent quelqu’un l’appeler.

      Marc 4

      1 Jésus commença de nouveau à enseigner au bord du lac. Autour de lui, la foule s’assembla si nombreuse qu’il dut monter dans une barque. Il s’y assit. La barque était sur le lac et tous les gens, tournés vers le lac, se tenaient sur le rivage.
      2 Il leur enseignait beaucoup de choses sous forme de *paraboles. Voici ce qu’il leur disait :
      3 —Ecoutez : un semeur sortit pour semer.
      4 Or comme il répandait sa semence, des grains tombèrent au bord du chemin ; les oiseaux vinrent et les mangèrent.
      5 D’autres tombèrent sur un sol rocailleux et, ne trouvant qu’une mince couche de terre, ils levèrent rapidement parce que la terre sur laquelle ils étaient tombés n’était pas profonde.
      6 Mais quand le soleil monta dans le ciel, les petits plants furent vite brûlés et, comme ils n’avaient pas pris racine, ils séchèrent.
      7 D’autres grains tombèrent parmi les ronces. Celles-ci grandirent et étouffèrent les jeunes pousses, si bien qu’elles ne produisirent pas de fruit.
      8 D’autres encore tombèrent dans la bonne terre et donnèrent des épis qui poussèrent et se développèrent jusqu’à maturité, produisant l’un trente grains, un autre soixante, un autre cent.
      9 Jésus ajouta : Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !
      10 Quand il fut seul avec eux, ceux qui l’accompagnaient, ainsi que les Douze, lui demandèrent ce que signifiaient les paraboles qu’il venait de raconter.
      11 Il leur dit : —Les secrets du *royaume de Dieu vous ont été confiés ; mais à ceux du dehors, tout est présenté au moyen de paraboles,
      12 afin que : Lorsqu’ils voient de leurs propres yeux, ils ne saisissent pas ; quand ils entendent de leurs propres oreilles, ils ne comprennent pas ; de peur qu’ils ne se tournent vers Dieu et ne reçoivent le pardon de leurs fautes.
      13 Puis il leur dit : —Vous ne comprenez pas cette parabole ? Comment alors comprendrez-vous les autres ?
      14 —Le semeur, c’est celui qui sème la Parole.
      15 Certains hommes se trouvent « au bord du chemin » où la Parole a été semée : à peine l’ont-ils entendue que *Satan vient arracher la Parole qui a été semée en eux.
      16 Puis, il y a ceux qui reçoivent la semence « sur le sol rocailleux » : quand ils entendent la Parole, ils l’acceptent aussitôt avec joie,
      17 mais ils ne la laissent pas prendre racine en eux, car ils sont inconstants. Que surviennent des difficultés, ou la persécution à cause de la Parole, et les voilà qui abandonnent tout.
      18 D’autres reçoivent la semence « parmi les ronces » : ce sont ceux qui écoutent la Parole,
      19 mais en qui elle ne porte pas de fruit parce qu’elle est étouffée par les soucis de ce monde, l’attrait trompeur des richesses et toutes sortes d’autres passions qui pénètrent en eux.
      20 Enfin, il y a ceux qui reçoivent la semence « dans la bonne terre » : ce sont ceux qui écoutent la Parole, qui la reçoivent et qui portent du fruit : un grain en donne trente, un autre soixante, un autre cent.
      21 Il leur dit aussi : —Est-ce qu’on apporte une lampe pour la mettre sous une mesure à grains ou sous un lit ? N’est-ce pas plutôt pour la mettre sur un pied de lampe ?
      22 Tout ce qui est caché doit être mis en lumière, tout ce qui est secret doit paraître au grand jour.
      23 Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende.
      24 Il ajouta : Faites bien attention à ce que vous entendez. On vous appliquera la mesure dont vous vous serez servi pour mesurer, et on y ajoutera.
      25 Car à celui qui a, on donnera encore, mais à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a.
      26 Il dit aussi : —Il en est du *royaume de Dieu comme d’un homme qui a répandu de la semence dans son champ.
      27 A présent, qu’il dorme ou qu’il veille, la nuit comme le jour, le grain germe et la plante grandit sans qu’il s’en préoccupe.
      28 D’elle-même, la terre fait pousser le blé : d’abord la tige, puis l’épi vert, et enfin les grains de blé remplissant cet épi.
      29 Et lorsque le grain est prêt à être cueilli, l’homme y porte aussitôt la faucille, car la moisson est prête.
      30 Il continua en disant : —A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu ? Par quelle *parabole pourrions-nous le présenter ?
      31 Il en est de lui comme d’une graine de moutarde : lorsqu’on la sème dans la terre, c’est la plus petite des semences du monde.
      32 Mais, une fois semée, elle pousse et devient plus grande que toutes les plantes du potager. Il y monte des branches si grandes que les oiseaux du ciel peuvent nicher à son ombre.
      33 Par beaucoup de paraboles de ce genre, il enseignait la Parole de Dieu à ses auditeurs en s’adaptant à ce qu’ils pouvaient comprendre.
      34 Il ne leur parlait pas sans se servir de paraboles et, lorsqu’il était seul avec ses disciples, il leur expliquait tout.
      35 Ce jour-là, quand le soir fut venu, Jésus dit à ses disciples : —Passons de l’autre côté du lac.
      36 Ils laissèrent la foule et emmenèrent Jésus sur le lac, dans la barque où il se trouvait. D’autres bateaux les accompagnaient.
      37 Or, voilà qu’un vent très violent se mit à souffler. Les vagues se jetaient contre la barque, qui se remplissait d’eau.
      38 Lui, à l’arrière, dormait, la tête sur un coussin. Les disciples le réveillèrent et lui crièrent : —Maître, nous sommes perdus, et tu ne t’en soucies pas ?
      39 Il se réveilla, parla sévèrement au vent et ordonna au lac : —Silence ! Tais-toi ! Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
      40 Puis il dit à ses disciples : —Pourquoi avez-vous si peur ? Vous ne croyez pas encore ?
      41 Mais eux furent saisis d’une grande crainte ; ils se disaient les uns aux autres : —Qui est donc cet homme pour que même le vent et le lac lui obéissent ?

      Marc 5

      1 Ils arrivèrent de l’autre côté du lac, dans la région de Gérasa,
      2 où Jésus débarqua. Aussitôt, sortant des tombeaux, un homme qui était sous l’emprise d’un esprit mauvais vint à sa rencontre.
      3 Il habitait dans les tombeaux et, même avec une chaîne, personne ne pouvait plus le tenir attaché.
      4 Car on l’avait souvent enchaîné et on lui avait mis des fers aux pieds, mais il cassait les chaînes et brisait les fers : personne ne pouvait le maîtriser.
      5 Sans cesse, nuit et jour, il errait parmi les tombes et sur les montagnes en hurlant, se blessant contre les rochers.
      6 D’aussi loin qu’il vit Jésus, il accourut, se prosterna devant lui
      7 et lui cria de toutes ses forces : —Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu très-haut ? Je t’en conjure, au nom de Dieu, ne me tourmente pas !
      8 Car Jésus lui disait : —Esprit mauvais, sors de cet homme !
      9 Jésus lui demanda : —Quel est ton nom ? —Je m’appelle Légion, lui répondit-il, car nous sommes une multitude.
      10 Et il pria instamment Jésus de ne pas les renvoyer du pays.
      11 Or, il y avait par là, sur la montagne, un grand troupeau de porcs en train de paître.
      12 Les esprits mauvais supplièrent Jésus : —Envoie-nous dans ces porcs, pour que nous entrions en eux !
      13 Jésus le leur permit. Ils sortirent donc de l’homme et entrèrent dans les porcs. Aussitôt, le troupeau, qui comptait environ deux mille bêtes, s’élança du haut de la pente et se précipita dans le lac où elles se noyèrent.
      14 Les gardiens s’enfuirent et allèrent raconter l’histoire dans la ville et dans les fermes. Les gens vinrent donc voir ce qui s’était passé.
      15 Arrivés auprès de Jésus, ils virent l’homme qui avait été sous l’emprise de cette légion de démons, assis là, habillé et tout à fait sain d’esprit. Alors la crainte s’empara d’eux.
      16 Ceux qui avaient assisté à la scène leur racontèrent ce qui était arrivé à cet homme et aux porcs ;
      17 et les gens se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire.
      18 Au moment où Jésus remontait dans la barque, l’homme qui avait été délivré des démons lui demanda s’il pouvait l’accompagner.
      19 Mais Jésus ne le lui permit pas. Il lui dit : —Va, rentre chez toi, auprès des tiens, et raconte-leur ce que le Seigneur a fait pour toi et comment il a eu pitié de toi.
      20 Alors il s’en alla et se mit à proclamer dans la région des « Dix Villes » ce que Jésus avait fait pour lui — au grand étonnement de ceux qui l’écoutaient.
      41 Il lui prit la main en disant : —Talitha koumi (ce qui signifie : Jeune fille, lève-toi, je te l’ordonne).

      Marc 6

      38 Jésus reprit : —Combien avez-vous de pains ? Allez voir ! Ils allèrent se renseigner et revinrent lui dire : —Il y en a cinq, et deux poissons.

      Marc 7

      24 Jésus partit de là et se rendit dans la région de *Tyr. Il entra dans une maison ; il ne voulait pas qu’on sache qu’il était là, mais il ne put cacher sa présence.
      25 En effet, à peine était-il arrivé, qu’une femme, qui avait entendu parler de lui et dont la fillette était sous l’emprise d’un esprit mauvais, vint se jeter à ses pieds.
      26 C’était une femme païenne, originaire de Syro-Phénicie. Elle le supplia de chasser le démon qui tourmentait sa fille.
      27 Jésus lui dit : —Laisse d’abord se rassasier les enfants de la maison. Car il ne serait pas convenable de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens.
      28 —Sans doute, Seigneur, reprit-elle, mais les petits chiens, qui sont sous la table, mangent les miettes que laissent tomber les enfants.
      29 Et Jésus de répondre : —A cause de cette parole, va, retourne chez toi, le démon vient de sortir de ta fille.
      30 Elle rentra chez elle et trouva son enfant couchée sur le lit : le démon était parti.
      31 Jésus quitta la région de *Tyr, passa par Sidon, et regagna le lac de *Galilée en traversant le territoire des « Dix Villes ».
      32 On lui amena un sourd qui avait du mal à parler et on le pria de lui imposer les mains.
      33 Jésus l’emmena seul avec lui, loin de la foule : après avoir posé ses doigts sur les oreilles du malade, il les humecta de salive et lui toucha la langue ;
      34 alors il leva les yeux au ciel, poussa un soupir et dit : —Ephphatha (ce qui signifie : ouvre-toi).
      35 Aussitôt les oreilles de cet homme s’ouvrirent, sa langue se délia et il se mit à parler correctement.
      36 Jésus recommanda à ceux qui étaient là de n’en rien dire à personne ; mais plus il le leur défendait, plus ils en parlaient.
      37 Remplies d’étonnement, les foules s’écriaient : —Tout ce qu’il fait est magnifique : il fait entendre les sourds et parler les muets !

      Marc 8

      1 En ces jours-là, une grande foule s’était de nouveau rassemblée autour de Jésus et elle n’avait rien à manger. Jésus appela donc ses *disciples et leur dit :
      2 —J’ai pitié de cette foule : cela fait trois jours que ces gens sont avec moi et ils n’ont rien à manger.
      3 Si je les renvoie chez eux à jeun, les forces vont leur manquer en chemin, car certains d’entre eux sont venus de loin.
      4 Ses disciples lui répondirent : —Où pourra-t-on trouver dans cet endroit désert assez de pain pour les nourrir ?
      5 —Combien avez-vous de pains ? leur demanda-t-il. —Sept, répondirent-ils.
      6 Alors il invita tout le monde à s’asseoir par terre. Il prit les sept pains et, après avoir remercié Dieu, il les partagea et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Ce qu’ils firent.
      7 Ils avaient aussi quelques petits poissons. Jésus prononça la prière de bénédiction pour les poissons et dit à ses disciples de les distribuer également.
      8 Tout le monde mangea à satiété. On ramassa sept corbeilles des morceaux qui restaient.
      9 Il y avait là environ quatre mille hommes. Ensuite Jésus les congédia.
      10 Aussitôt après, il monta dans la barque avec ses disciples et se rendit dans la région de Dalmanoutha.
      11 Des *pharisiens arrivèrent et engagèrent une discussion avec lui. Ils lui demandaient de leur faire voir un signe miraculeux qui viendrait du ciel : ils lui tendaient un piège.
      12 Jésus poussa un profond soupir et dit : —Pourquoi les gens de notre temps réclament-ils un signe miraculeux ? Vraiment, je vous l’assure : il ne leur en sera accordé aucun !
      13 Il les quitta, remonta dans la barque et partit pour l’autre rive.
      14 Les disciples avaient oublié d’emporter du pain ; ils n’en avaient qu’un seul avec eux dans la barque.
      15 Or, Jésus leur recommanda : —Faites bien attention : gardez-vous du *levain des pharisiens et de celui d’*Hérode !
      16 Les disciples discutaient entre eux : —Il dit cela parce que nous n’avons pas de pain !
      17 Jésus, sachant ce qui se passait, leur dit : —Vous discutez parce que vous n’avez pas de pain. Pourquoi ? Ne comprenez-vous pas encore et ne saisissez-vous pas ? Votre intelligence est-elle aveuglée ?
      18 Avez-vous des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre ? Ne vous souvenez-vous pas :
      19 quand j’ai partagé les cinq pains entre les cinq mille hommes, combien de paniers pleins de morceaux avez-vous emportés ? —Douze, répondirent-ils.
      20 —Et quand j’ai partagé les sept pains entre les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées ? —Sept, dirent-ils.
      21 Alors il ajouta : —Vous ne comprenez toujours pas ?
      22 Ils arrivèrent à Bethsaïda. On amena un aveugle à Jésus et on le supplia de le toucher.
      23 Jésus prit l’aveugle par la main et le conduisit hors du village, puis il lui mouilla les yeux avec sa salive, lui imposa les mains et lui demanda : —Est-ce que tu vois quelque chose ?
      24 L’aveugle regarda et répondit : —J’aperçois des hommes, mais je les vois comme des arbres qui marchent.
      25 Jésus posa de nouveau ses mains sur les yeux de l’aveugle. Alors celui-ci vit clair ; il était guéri et voyait tout distinctement.
      26 Jésus le renvoya chez lui en lui disant : —Ne rentre pas dans le village !
      31 Et il commença à leur enseigner que le *Fils de l’homme devait beaucoup souffrir, être rejeté par les responsables du peuple, les chefs des *prêtres et les *spécialistes de la Loi ; il devait être mis à mort et ressusciter trois jours après.

      Marc 9

      21 —Depuis combien de temps cela lui arrive-t-il ? demanda Jésus à son père. —Depuis qu’il est tout petit.
      31 Car il se consacrait à l’enseignement de ses disciples. Il leur disait : —Le *Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ; ils le feront mourir mais, trois jours après sa mort, il ressuscitera.
      36 Puis il prit un petit enfant par la main, le plaça au milieu d’eux et, après l’avoir serré dans ses bras, il leur dit :
      43 Si ta main te fait tomber dans le péché, coupe-la ; car il vaut mieux pour toi entrer dans la vie avec une seule main que de garder les deux mains et d’être jeté en enfer dans le feu qui ne s’éteint jamais.

      Marc 10

      1 Jésus partit de là pour se rendre dans la partie de la *Judée située de l’autre côté du *Jourdain. De nouveau, les foules se rassemblèrent autour de lui et, selon son habitude, il se mit à les enseigner.
      2 Des *pharisiens s’approchèrent et lui posèrent une question : —Un homme a-t-il le droit de divorcer d’avec sa femme ? Ils voulaient par là lui tendre un piège.
      3 Il leur répondit : —Quel commandement *Moïse vous a-t-il donné ?
      4 —Moïse, lui dirent-ils, a permis de divorcer d’avec sa femme, à condition de lui donner un certificat de divorce.
      5 Jésus leur répondit : —C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse a écrit ce commandement pour vous.
      6 Mais, au commencement de la création, Dieu a créé l’être humain homme et femme.
      7 C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme
      8 et les deux ne feront plus qu’un. Ainsi, ils ne sont plus deux, ils font un.
      9 Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni.
      10 De retour à la maison, les disciples l’interrogèrent à nouveau sur ce sujet.
      11 Il leur dit : —Celui qui divorce et se remarie commet un adultère à l’égard de sa première femme.
      12 Et si une femme divorce et se remarie, elle commet un adultère.
      13 Des gens amenèrent à Jésus de petits enfants pour qu’il pose les mains sur eux, mais les disciples leur firent des reproches.
      14 Jésus le vit, et s’en indigna. —Laissez donc les petits enfants venir à moi, ne les en empêchez pas, car le *royaume de Dieu appartient à ceux qui leur ressemblent.
      15 Vraiment, je vous l’assure : celui qui ne reçoit pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n’y entrera pas.
      16 Là-dessus, il prit les enfants dans ses bras, posa les mains sur eux et les bénit.
      17 Comme il partait, un homme accourut, se jeta à genoux devant lui et lui demanda : —Bon Maître, que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle ?
      18 —Pourquoi m’appelles-tu bon ? lui répondit Jésus. Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
      19 Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre ; ne commets pas d’adultère, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère.
      20 —Maître, répondit l’homme, tout cela je l’ai appliqué depuis ma jeunesse.
      21 Jésus posa sur cet homme un regard plein d’amour et lui dit : —Il ne te manque qu’une chose : va, vends tout ce que tu possèdes, donne le produit de la vente aux pauvres et tu auras un capital au ciel. Puis viens et suis-moi.
      22 En entendant ces paroles, l’homme s’assombrit et s’en alla tout triste, car il était très riche.
      23 Jésus parcourut du regard le cercle de ses disciples, puis il leur dit : —Qu’il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le *royaume de Dieu !
      24 Cette parole les surprit, mais Jésus insista : —Oui, mes enfants, qu’il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu.
      25 Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.
      26 Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se demandaient entre eux : —Mais alors, qui peut être *sauvé ?
      27 Jésus les regarda et leur dit : —Aux hommes c’est impossible, mais non à Dieu. Car tout est possible à Dieu.
      28 Alors Pierre demanda : —Et nous ? Nous avons tout quitté pour te suivre. Jésus répondit :
      29 —Vraiment, je vous l’assure : si quelqu’un quitte, à cause de moi et de l’Evangile, sa maison, ses frères, ses sœurs, sa mère, son père, ses enfants ou ses terres,
      30 il recevra cent fois plus dès à présent : des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, des terres, avec des persécutions ; et, dans le monde à venir, la vie éternelle.
      31 Mais beaucoup qui sont maintenant les premiers, seront les derniers, et beaucoup qui sont maintenant les derniers, seront les premiers.
      32 Ils étaient en route pour monter à *Jérusalem. Jésus marchait en tête. L’angoisse s’était emparée des disciples et ceux qui les suivaient étaient dans la crainte. Jésus prit de nouveau les Douze à part, et il se mit à leur dire ce qui allait arriver :
      33 —Voici : nous montons à *Jérusalem. Le *Fils de l’homme y sera livré aux chefs des *prêtres et aux *spécialistes de la Loi. Ils le condamneront à mort et le remettront entre les mains des païens.
      34 Ils se moqueront de lui, lui cracheront au visage, le battront à coups de fouet et le mettront à mort. Puis, au bout de trois jours, il ressuscitera.
      35 Alors *Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchèrent de Jésus et lui dirent : —Maître, nous désirons que tu fasses pour nous ce que nous allons te demander.
      36 —Que désirez-vous que je fasse pour vous ? leur demanda-t-il.
      37 Ils répondirent : —Accorde-nous de siéger l’un à ta droite et l’autre à ta gauche lorsque tu seras dans la gloire.
      38 Mais Jésus leur dit : —Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous demandez ! Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, ou passer par le baptême que j’aurai à subir ?
      39 —Oui, lui répondirent-ils, nous le pouvons. Alors Jésus reprit : —Vous boirez en effet la coupe que je vais boire, et vous subirez le baptême par lequel je vais passer,
      40 mais quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de vous l’accorder : ces places reviendront à ceux pour qui elles ont été préparées.
      41 En entendant cela, les dix autres s’indignèrent contre Jacques et Jean.
      42 Alors Jésus les appela tous auprès de lui et leur dit : —Vous savez ce qui se passe dans les nations : ceux que l’on considère comme les chefs politiques dominent sur leurs peuples et les grands personnages font peser leur autorité sur eux.
      43 Il ne doit pas en être ainsi parmi vous ! Au contraire : si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur,
      44 et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous.
      45 Car le *Fils de l’homme n’est pas venu pour se faire servir, mais pour servir lui-même et donner sa vie en rançon pour beaucoup.
      46 Ils arrivèrent à *Jéricho. Jésus et ses disciples sortaient de la ville, accompagnés d’une foule nombreuse. Bartimée, fils de Timée, un mendiant aveugle, était assis au bord du chemin.
      47 Lorsqu’il entendit que c’était Jésus de *Nazareth, il se mit à crier : —Jésus, *Fils de David, aie pitié de moi !
      48 Mais beaucoup le rabrouaient pour le faire taire. Lui, cependant, criait de plus belle : —Fils de David, aie pitié de moi !
      49 Jésus s’arrêta et dit : —Appelez-le ! On appela l’aveugle en lui disant : —Courage, lève-toi, il t’appelle.
      50 A ces mots, il jeta son manteau, se leva d’un bond et vint vers Jésus.
      51 Jésus lui dit : —Que veux-tu que je fasse pour toi ? —Maître, lui répondit l’aveugle, fais que je puisse voir !
      52 —Va, lui dit Jésus. Parce que tu as cru en moi, tu es guéri. Aussitôt, il recouvra la vue et suivit Jésus sur le chemin.

      Marc 12

      41 Puis Jésus s’assit en face du tronc ; il observait ceux qui y déposaient de l’argent. Beaucoup de riches y avaient déjà déposé de fortes sommes quand arriva une pauvre veuve
      42 qui déposa deux petites pièces, une somme minime.
      43 Alors Jésus appela ses disciples et leur dit : —Vraiment, je vous l’assure, cette pauvre veuve a donné bien plus que tous ceux qui ont mis de l’argent dans le tronc.
      44 Car tous les autres ont seulement donné de leur superflu, mais elle, dans sa pauvreté, elle a donné tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre.

      Marc 13

      1 Comme Jésus sortait du *Temple, un de ses *disciples lui dit : —Regarde, Maître, quelles belles pierres ! Quel édifice magnifique !
      2 Jésus lui répondit : —Oui, regarde bien ces grandes constructions : il ne restera pas une pierre sur une autre, tout sera démoli.
      3 Puis il alla s’asseoir sur les pentes du mont des Oliviers, en face du Temple. Pierre, *Jacques, Jean et André le prirent à part et lui demandèrent :
      4 —Dis-nous : quand cela se produira-t-il et à quel signe reconnaîtra-t-on que tous ces événements seront près de s’accomplir ?
      5 Là-dessus, Jésus leur dit : —Faites attention que personne ne vous induise en erreur.
      6 Plusieurs viendront sous mon nom en disant : « Je suis le *Messie », et ils tromperont beaucoup de gens.
      7 Quand vous entendrez parler de guerres et de menaces de guerres, ne vous laissez pas troubler, car cela doit arriver, mais ce ne sera pas encore la fin.
      8 En effet, on verra se dresser une nation contre une nation, un royaume contre un autre, il y aura en divers lieux des tremblements de terre et des famines, mais ce ne seront que les premières douleurs de l’enfantement.
      9 Quant à vous, faites attention à vous-mêmes : on vous traduira devant les tribunaux des *Juifs, on vous fouettera dans les *synagogues, vous comparaîtrez devant des gouverneurs et des rois à cause de moi, pour leur apporter un témoignage.
      10 Il faut, avant tout, que la Bonne Nouvelle soit annoncée à toutes les nations.
      11 Quand on vous emmènera pour vous traduire devant les autorités, ne vous inquiétez pas à l’avance de ce que vous direz, mais dites simplement ce qui vous sera donné au moment même : car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit Saint.
      12 Le frère livrera son propre frère pour le faire condamner à mort, et le père livrera son enfant ; des enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort.
      13 Tout le monde vous haïra à cause de moi. Mais celui qui tiendra bon jusqu’au bout sera *sauvé.
      14 —Quand vous verrez l’abominable profanation établie dans le lieu où elle ne doit pas être — que celui qui lit comprenne ! — alors, que ceux qui sont en *Judée s’enfuient dans les montagnes.
      15 Si quelqu’un est sur son toit en terrasse, qu’il ne rentre pas à l’intérieur de sa maison pour emporter quelque bien qui s’y trouve.
      16 Que celui qui sera dans les champs ne retourne pas chez lui pour aller chercher son manteau.
      17 Malheur, en ces jours-là, aux femmes enceintes et à celles qui allaitent !
      18 Priez pour que cela n’arrive pas en hiver,
      19 car ce seront des jours de détresse comme on n’en a pas connus depuis que Dieu a créé le monde et comme jamais plus on n’en verra de semblables.
      20 Vraiment, si le Seigneur n’avait pas décidé de réduire le nombre de ces jours, personne n’en réchapperait, mais, à cause de ceux qu’il a choisis pour qu’ils soient à lui, il abrégera ce temps de calamité.
      21 Si quelqu’un vous dit alors : « Le Christ est ici ! » ou : « Il est là ! » ne le croyez pas.
      22 De faux christs surgiront, ainsi que de faux prophètes. Ils produiront des signes miraculeux et de grands prodiges au point de tromper même, si c’était possible, ceux que Dieu a choisis.
      23 Vous donc, faites attention, je vous ai prévenus.
      24 Cependant, en ces jours-là, après ce temps de détresse, le soleil s’obscurcira, la lune perdra sa clarté,
      25 les étoiles tomberont du ciel ; les puissances célestes seront ébranlées.
      26 —Alors on verra le *Fils de l’homme venir sur les nuées, avec beaucoup de puissance et de gloire.
      27 Il enverra ses *anges rassembler ses élus des quatre coins de l’horizon, d’un bout à l’autre de l’univers.
      28 Que l’exemple du figuier vous serve d’enseignement : quand ses rameaux deviennent tendres et que ses feuilles poussent, vous savez que l’été est proche.
      29 De même, quand vous verrez se produire ces événements, sachez que le Fils de l’homme est proche, comme aux portes de la ville.
      30 Vraiment, je vous assure que cette génération-ci ne passera pas avant que tout cela ne commence à se réaliser.
      31 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront jamais.
      32 Quant au jour ou à l’heure, personne ne sait quand cela se produira, ni les *anges du ciel, ni même le Fils ; seul, le Père le sait.
      33 —Soyez vigilants, restez sur vos gardes, puisque vous ne savez pas quand viendra le moment.
      34 Les choses se passeront comme lorsqu’un homme quitte sa maison pour un long voyage et en laisse la responsabilité à ses serviteurs, en confiant à chacun sa tâche. Il commande au portier de veiller.
      35 Tenez-vous donc vous aussi en éveil ! Car vous ne savez pas quand le maître de la maison doit revenir : sera-ce tard ? à minuit ? au chant du coq ? ou le matin ?
      36 Qu’il ne vous trouve pas en train de dormir s’il revient à l’improviste !
      37 Ce que je dis là, je vous le dis à tous : Tenez-vous en éveil !

      Marc 14

      30 Jésus lui répondit : —Vraiment, je te l’assure : aujourd’hui, oui, cette nuit même, avant que le coq ait chanté deux fois, tu m’auras renié trois fois.
      36 —Abba, Père, pour toi, tout est possible. Eloigne de moi cette coupe ; cependant, qu’il arrive non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux.
      51 Un jeune homme le suivait, couvert seulement d’un drap. On le saisit,

      Luc 1

      1 Plusieurs personnes ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont passés parmi nous,
      2 d’après les rapports de ceux qui en ont été les témoins oculaires depuis le début et qui sont devenus des serviteurs de la Parole de Dieu.
      3 J’ai donc décidé à mon tour de m’informer soigneusement sur tout ce qui est arrivé depuis le commencement, et de te l’exposer par écrit de manière suivie, très honorable Théophile ;
      4 ainsi, tu pourras reconnaître l’entière véracité des enseignements que tu as reçus.
      5 Il y avait, à l’époque où *Hérode était roi de *Judée, un *prêtre nommé Zacharie, qui appartenait à la classe sacerdotale d’Abia. Sa femme était une descendante d’*Aaron ; elle s’appelait Elisabeth.
      6 Tous deux étaient justes aux yeux de Dieu et observaient tous les commandements et toutes les lois du Seigneur de façon irréprochable.
      7 Ils n’avaient pas d’enfant, car Elisabeth était stérile et tous deux étaient déjà très âgés.
      8 Un jour, Zacharie assurait son service devant Dieu : c’était le tour de sa classe sacerdotale.
      9 Suivant la coutume des prêtres, il avait été désigné par le sort pour entrer dans le sanctuaire du Seigneur et y offrir l’*encens.
      10 A l’heure de l’offrande des parfums, toute la multitude du peuple se tenait en prière à l’extérieur.
      11 Tout à coup, un *ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel des parfums.
      12 Quand Zacharie le vit, il en fut bouleversé et la peur s’empara de lui.
      13 Mais l’ange lui dit : —N’aie pas peur, Zacharie, car Dieu a entendu ta prière : ta femme Elisabeth te donnera un fils. Tu l’appelleras Jean.
      14 Il sera pour toi le sujet d’une très grande joie, et beaucoup de gens se réjouiront de sa naissance.
      15 Il sera grand aux yeux du Seigneur. Il ne boira ni vin, ni boisson alcoolisée. Il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein maternel.
      16 Il ramènera beaucoup d’Israélites au Seigneur, leur Dieu.
      17 Il accomplira sa mission sous le regard de Dieu, avec l’esprit et la puissance d’Elie, pour réconcilier les pères avec leurs enfants, pour amener ceux qui sont désobéissants à penser comme des hommes justes et former ainsi un peuple prêt pour le Seigneur.
      18 Zacharie demanda à l’ange : —A quoi le reconnaîtrai-je ? Car je suis moi-même déjà vieux et ma femme est très âgée.
      19 L’ange lui répondit : —Je suis Gabriel. Je me tiens devant Dieu, qui m’a envoyé pour te parler et t’annoncer cette nouvelle.
      20 Alors, voici : tu vas devenir muet et tu resteras incapable de parler jusqu’au jour où ce que je viens de t’annoncer se réalisera ; il en sera ainsi parce que tu n’as pas cru à mes paroles, qui s’accompliront au temps prévu.
      21 Pendant ce temps, la foule attendait Zacharie ; elle s’étonnait de le voir s’attarder dans le sanctuaire.
      22 Lorsqu’il sortit enfin, il était incapable de parler aux personnes rassemblées. Elles comprirent alors qu’il avait eu une vision dans le sanctuaire. Quant à lui, il leur faisait des signes et restait muet.
      23 Lorsqu’il eut terminé son temps de service, il retourna chez lui.
      24 Quelque temps après, sa femme Elisabeth devint enceinte et, pendant cinq mois, elle se tint cachée. Elle se disait :
      25 —C’est l’œuvre du Seigneur ! Il a jeté maintenant un regard favorable sur moi, et effacé ce qui faisait ma honte aux yeux de tous.
      26 Six mois plus tard, Dieu envoya l’*ange Gabriel dans une ville de *Galilée appelée *Nazareth,
      27 chez une jeune fille liée par fiançailles à un homme nommé Joseph, un descendant du roi *David. Cette jeune fille s’appelait Marie.
      28 L’ange entra chez elle et lui dit : —Réjouis-toi, toi à qui Dieu a accordé sa faveur : le Seigneur est avec toi.
      29 Marie fut profondément troublée par ces paroles ; elle se demandait ce que signifiait cette salutation.
      30 L’ange lui dit alors : —N’aie pas peur, Marie, car Dieu t’a accordé sa faveur.
      31 Voici : bientôt tu seras enceinte et tu mettras au monde un fils ; tu le nommeras Jésus.
      32 Il sera grand. Il sera appelé « Fils du Très-Haut », et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son ancêtre.
      33 Il régnera éternellement sur le peuple issu de *Jacob, et son règne n’aura pas de fin.
      34 Marie dit à l’ange : —Comment cela se fera-t-il, puisque je suis vierge ?
      35 L’ange lui répondit : —L’Esprit Saint descendra sur toi, et la puissance du Dieu très-haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu.
      36 Vois : ta parente Elisabeth attend elle aussi un fils, malgré son grand âge ; on disait qu’elle ne pouvait pas avoir d’enfant, et elle en est à son sixième mois.
      37 Car rien n’est impossible à Dieu.
      38 Alors Marie répondit : —Je suis la servante du Seigneur. Que tout ce que tu m’as dit s’accomplisse pour moi. Et l’ange la quitta.
      39 Peu après, Marie partit pour se rendre en hâte dans une ville de montagne du territoire de *Judée.
      40 Elle entra chez Zacharie et salua Elisabeth.
      41 Au moment où celle-ci entendit la salutation de Marie, elle sentit son enfant remuer en elle. Elle fut remplie du Saint-Esprit
      42 et s’écria d’une voix forte : —Tu es bénie plus que toutes les femmes et l’enfant que tu portes est béni.
      43 Comment ai-je mérité l’honneur que la mère de mon Seigneur vienne me voir ?
      44 Car, vois-tu, au moment même où je t’ai entendu me saluer, mon enfant a bondi de joie au dedans de moi.
      45 Tu es heureuse, toi qui as cru à l’accomplissement de ce que le Seigneur t’a annoncé.
      46 Alors Marie dit : Mon âme chante la grandeur du Seigneur
      47 et mon esprit se réjouit à cause de Dieu, mon *Sauveur.
      48 Car il a bien voulu abaisser son regard sur son humble servante. C’est pourquoi, désormais, à travers tous les temps, on m’appellera bienheureuse.
      49 Car le Dieu tout-puissant a fait pour moi de grandes choses ; saint est son nom.
      50 Et sa bonté s’étendra d’âge en âge sur ceux qui le révèrent.
      51 Il est intervenu de toute sa puissance et il a dispersé les hommes dont le cœur était rempli d’orgueil.
      52 Il a précipité les puissants de leurs trônes, et il a élevé les humbles.
      53 Il a comblé de biens ceux qui sont affamés, et il a renvoyé les riches les mains vides.
      54 Oui, il a pris en main la cause d’*Israël, il a témoigné sa bonté au peuple qui le sert,
      55 comme il l’avait promis à nos ancêtres, à *Abraham et à ses descendants pour tous les temps.
      56 Marie resta environ trois mois avec Elisabeth, puis elle retourna chez elle.
      57 Le moment arriva où Elisabeth devait accoucher. Elle donna naissance à un fils.
      58 Ses voisins et les membres de sa famille apprirent combien le Seigneur avait été bon pour elle, et ils se réjouissaient avec elle.
      59 Le huitième jour après sa naissance, ils vinrent pour la *circoncision du nouveau-né. Tout le monde voulait l’appeler Zacharie comme son père,
      60 mais sa mère intervint et dit : —Non, il s’appellera Jean.
      61 —Mais, lui fit-on remarquer, personne dans ta famille ne porte ce nom-là !
      62 Alors ils interrogèrent le père, par des gestes, pour savoir quel nom il voulait donner à l’enfant.
      63 Zacharie se fit apporter une tablette et, au grand étonnement de tous, il y traça ces mots : —Son nom est Jean.
      64 A cet instant, sa bouche s’ouvrit et sa langue se délia : il parlait et louait Dieu.
      65 Tous les gens du voisinage furent remplis de crainte, et l’on parlait de tous ces événements dans toutes les montagnes de *Judée.
      66 Tous ceux qui les apprenaient en étaient profondément impressionnés et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » Car le Seigneur était avec lui.
      67 Zacharie, son père, fut rempli de l’Esprit Saint et prophétisa en ces termes :
      68 Loué soit le Seigneur, le Dieu du peuple d’*Israël, car il a pris soin de son peuple et il l’a délivré.
      69 Pour nous, il a fait naître parmi les descendants du roi *David, son serviteur, un Libérateur plein de force.
      70 Il vient d’accomplir la promesse qu’il avait faite depuis les premiers temps par la voix de ses saints *prophètes
      71 qu’il nous délivrerait de tous nos ennemis, et du pouvoir de ceux qui nous haïssent.
      72 Il manifeste sa bonté à l’égard de nos pères et il agit conformément à son *alliance sainte.
      73 Il accomplit pour nous le serment qu’il a fait à notre ancêtre, *Abraham,
      74 de nous accorder la faveur, après nous avoir délivrés de tous nos ennemis,
      75 de le servir sans crainte en étant saints et justes en sa présence tous les jours de la vie.
      76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car, devant le Seigneur, tu marcheras en précurseur pour préparer sa route,
      77 en faisant savoir à son peuple que Dieu lui donne le salut et qu’il pardonne ses péchés.
      78 Car notre Dieu est plein de compassion et de bonté, et c’est pourquoi l’astre levant viendra pour nous d’en haut,
      79 pour éclairer tous ceux qui habitent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, et pour guider nos pas sur la voie de la paix.
      80 Le petit enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Plus tard, il vécut dans des lieux déserts jusqu’au jour où il se manifesta publiquement au peuple d’*Israël.

      Luc 2

      1 En ce temps-là, l’empereur Auguste publia un édit qui ordonnait le recensement de tous les habitants de l’Empire.
      2 Ce recensement, le premier du genre, eut lieu à l’époque où Quirinius était gouverneur de la province de *Syrie.
      3 Tout le monde allait se faire recenser, chacun dans la localité dont il était originaire.
      4 C’est ainsi que Joseph, lui aussi, partit de *Nazareth et monta de la *Galilée en *Judée, à Bethléhem, la ville de *David : il appartenait, en effet, à la famille de *David.
      5 Il s’y rendit pour se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui attendait un enfant.
      6 Or, durant leur séjour à Bethléhem, arriva le moment où Marie devait accoucher.
      7 Elle mit au monde un fils : son premier-né. Elle lui mit des langes et le coucha dans une mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la pièce réservée aux hôtes.
      8 Dans les champs environnants, des bergers passaient la nuit pour garder leurs troupeaux.
      9 Un *ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Une grande frayeur les saisit.
      10 Mais l’ange les rassura : —N’ayez pas peur : je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple le sujet d’une très grande joie.
      11 Un *Sauveur vous est né aujourd’hui dans la ville de David ; c’est lui le *Messie, le Seigneur.
      12 Et voici à quoi vous le reconnaîtrez : vous trouverez un nouveau-né dans ses langes et couché dans une mangeoire.
      13 Et tout à coup apparut, aux côtés de l’ange, une multitude d’anges de l’armée céleste qui chantaient les louanges de Dieu :
      14 Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime.
      15 Quand les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent l’un à l’autre : —Allons donc jusqu’à Bethléhem pour voir ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître.
      16 Ils se dépêchèrent donc d’y aller et trouvèrent Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans une mangeoire.
      17 Quand ils le virent, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant.
      18 Tous ceux qui entendirent le récit des bergers en furent très étonnés.
      19 Marie, elle, conservait le souvenir de toutes ces paroles et y repensait souvent.
      20 Les bergers s’en retournèrent, louant et glorifiant Dieu au sujet de tout ce qu’ils avaient vu et entendu : c’était bien ce que l’ange leur avait annoncé.
      21 Lorsque, huit jours plus tard, arriva le moment de *circoncire l’enfant, on lui donna le nom de Jésus : c’était le nom que l’*ange avait indiqué avant qu’il ne fût conçu.
      22 Puis, une fois passé le temps prescrit par la *Loi de *Moïse pour leur *purification, les parents de Jésus l’emmenèrent à *Jérusalem pour le présenter au Seigneur.
      23 En effet, il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur.
      24 Ils venaient aussi offrir le sacrifice requis par la Loi du Seigneur : une paire de tourterelles ou deux jeunes pigeons.
      25 Il y avait alors, à Jérusalem, un homme appelé Siméon. C’était un homme droit et pieux ; il vivait dans l’attente du salut d’*Israël, et le Saint-Esprit reposait sur lui.
      26 L’Esprit Saint lui avait révélé qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le *Messie, l’Envoyé du Seigneur.
      27 Poussé par l’Esprit, il vint au *Temple. Quand les parents de Jésus apportèrent le petit enfant pour accomplir les rites qu’ordonnait la Loi,
      28 Siméon le prit dans ses bras et loua Dieu en disant :
      29 Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix : tu as tenu ta promesse ;
      30 car mes yeux ont vu le *Sauveur qui vient de toi,
      31 et que tu as suscité en faveur de tous les peuples :
      32 il est la lumière pour éclairer les nations, il sera la gloire d’*Israël ton peuple.
      33 Le père et la mère de Jésus étaient émerveillés de ce qu’il disait de lui.
      34 Siméon les bénit et dit à Marie, sa mère : —Sache-le : cet enfant est destiné à être, pour beaucoup en Israël, une occasion de chute ou de relèvement. Il sera un signe qui suscitera la contradiction :
      35 ainsi seront dévoilées les pensées cachées de bien des gens. Quant à toi, tu auras le cœur comme transpercé par une épée.
      36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très âgée. Dans sa jeunesse, elle avait été mariée pendant sept ans,
      37 puis elle était devenue veuve et avait vécu seule jusqu’à quatre-vingt-quatre ans. Elle ne quittait jamais le Temple où elle servait Dieu, nuit et jour, par le jeûne et la prière.
      38 Elle arriva, elle aussi, au même moment ; elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient que Dieu délivre *Jérusalem.
      39 Après avoir accompli tout ce que la Loi du Seigneur ordonnait, Marie et Joseph retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur village.
      40 Le petit enfant grandissait et se développait. Il était plein de sagesse, et la grâce de Dieu reposait sur lui.
      41 Les parents de Jésus se rendaient chaque année à *Jérusalem pour la fête de la *Pâque.
      42 Quand Jésus eut douze ans, ils y montèrent selon la coutume de la fête.
      43 Une fois la fête terminée, ils prirent le chemin du retour, mais Jésus, leur fils, resta à Jérusalem et ses parents ne s’en aperçurent pas.
      44 Ils supposaient, en effet, qu’il se trouvait avec leurs compagnons de voyage et firent ainsi une journée de marche. Ils se mirent alors à le chercher parmi leurs parents et leurs connaissances.
      45 Mais ils ne le trouvèrent pas. Aussi retournèrent-ils à Jérusalem pour le chercher.
      46 Trois jours plus tard, ils le retrouvèrent dans le *Temple, assis au milieu des maîtres ; il les écoutait et leur posait des questions.
      47 Tous ceux qui l’entendaient s’émerveillaient de son intelligence et de ses réponses.
      48 Ses parents furent très étonnés de le voir là, et sa mère lui dit : —Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Tu sais, ton père et moi, nous étions très inquiets et nous t’avons cherché partout.
      49 —Pourquoi m’avez-vous cherché ? leur répondit Jésus. Ne saviez-vous pas que je dois m’occuper des affaires de mon Père ?
      50 Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
      51 Il repartit donc avec eux et retourna à Nazareth. Et il leur était obéissant. Sa mère gardait précieusement dans son cœur le souvenir de tout ce qui s’était passé.
      52 Jésus grandissait et progressait en sagesse, et il se rendait toujours plus agréable à Dieu et aux hommes.

      Luc 3

      7 Jean disait à ceux qui venaient en foule se faire baptiser par lui : —Espèces de vipères ! Qui vous a enseigné à fuir la colère de Dieu qui va se manifester ?
      8 Montrez plutôt par vos actes que vous avez changé. Ne vous contentez pas de répéter en vous-mêmes : « Nous sommes les descendants d’*Abraham ! » Car, regardez ces pierres : je vous déclare que Dieu peut en faire des enfants d’Abraham.
      9 Attention ! La hache est sur le point d’attaquer les arbres à la racine : tout arbre qui ne porte pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu.
      16 Il répondit à tous : —Moi je vous baptise dans l’eau. Mais quelqu’un va venir, qui est plus puissant que moi. Je ne suis même pas digne de dénouer la lanière de ses sandales. Lui, il vous baptisera dans le Saint-Esprit et le feu.

      Luc 4

      1 Jésus, rempli de l’Esprit Saint, revint du *Jourdain et le Saint-Esprit le conduisit dans le désert
      2 où il fut tenté par le diable durant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ils furent passés, il eut faim.
      3 Alors le diable lui dit : —Si tu es le Fils de Dieu, ordonne donc à cette pierre de se changer en pain.
      4 Jésus lui répondit : —Il est dit dans l’Ecriture : L’homme n’a pas seulement besoin de pain pour vivre.
      5 Le diable l’entraîna sur une hauteur,
      6 lui montra en un instant tous les royaumes de la terre et lui dit : —Je te donnerai la domination universelle ainsi que les richesses et la gloire de ces royaumes. Car tout cela a été remis entre mes mains et je le donne à qui je veux.
      7 Si donc tu te prosternes devant moi, tout cela sera à toi.
      8 Jésus lui répondit : —Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et c’est à lui seul que tu rendras un culte.
      9 Le diable le conduisit ensuite à *Jérusalem, le plaça tout en haut du *Temple et lui dit : —Si tu es le Fils de Dieu, saute d’ici, lance-toi dans le vide, car il est écrit :
      10 Il donnera ordre à ses *anges de veiller sur toi,
      11 et encore : Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte aucune pierre.
      12 Jésus répondit : —Il est aussi écrit : Tu ne chercheras pas à forcer la main au Seigneur, ton Dieu.
      13 Lorsque le diable eut achevé de le soumettre à toutes sortes de tentations, il s’éloigna de lui jusqu’au temps fixé.
      38 En sortant de la synagogue, il se rendit à la maison de *Simon. Or, la belle-mère de Simon souffrait d’une forte fièvre, et l’on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle.
      40 Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient chez eux des malades atteints des maux les plus divers les amenèrent à Jésus. Il posa ses mains sur chacun d’eux et les guérit.

      Luc 5

      1 Un jour, alors que Jésus se tenait sur les bords du lac de Génésareth et que la foule se pressait autour de lui pour écouter la Parole de Dieu,
      2 il aperçut deux barques au bord du lac. Les pêcheurs en étaient descendus et nettoyaient leurs filets.
      3 L’une de ces barques appartenait à *Simon. Jésus y monta et lui demanda de s’éloigner un peu du rivage, puis il s’assit dans la barque et se mit à enseigner la foule.
      4 Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : —Avance vers le large, en eau profonde, puis, toi et tes compagnons, vous jetterez vos filets pour pêcher.
      5 —Maître, lui répondit Simon, nous avons travaillé toute la nuit et nous n’avons rien pris, mais, puisque tu me le demandes, je jetterai les filets.
      6 Ils les jetèrent et prirent tant de poissons que leurs filets menaçaient de se déchirer.
      7 Alors ils firent signe à leurs associés, dans l’autre barque, de venir les aider. Ceux-ci arrivèrent, et l’on remplit les deux barques, au point qu’elles enfonçaient.
      8 En voyant cela, Simon Pierre se jeta aux pieds de Jésus et lui dit : —Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur.
      9 En effet, il était saisi d’effroi, ainsi que tous ses compagnons, devant la pêche extraordinaire qu’ils venaient de faire.
      10 Il en était de même de *Jacques et de Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Alors Jésus dit à Simon : —N’aie pas peur ! A partir de maintenant, tu seras pêcheur d’hommes.
      11 Dès qu’ils eurent ramené leurs bateaux au rivage, ils laissèrent tout et suivirent Jésus.
      12 Un autre jour, alors qu’il se trouvait dans une ville, survint un homme couvert de lèpre. En voyant Jésus, il se prosterna devant lui, face contre terre, et lui adressa cette prière : —Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre *pur.
      13 Jésus tendit la main et le toucha en disant : —Oui, je le veux, sois pur. A l’instant même, la lèpre le quitta.
      14 Il lui recommanda de ne dire à personne ce qui lui était arrivé. —Mais, lui dit-il, va te faire examiner par le *prêtre et, pour ta purification, offre ce que *Moïse a prescrit. Cela leur prouvera qui je suis.
      15 La réputation de Jésus se répandait de plus en plus. Aussi, de grandes foules affluaient pour l’entendre et pour se faire guérir de leurs maladies.
      16 Mais lui se retirait dans des lieux déserts pour prier.
      17 Un jour, il était en train d’enseigner. Des *pharisiens et des enseignants de la *Loi étaient assis dans l’auditoire. Ils étaient venus de tous les villages de *Galilée et de *Judée ainsi que de *Jérusalem. La puissance du Seigneur se manifestait par les guérisons que Jésus opérait.
      18 Voilà que survinrent des hommes qui portaient un paralysé sur un brancard. Ils cherchaient à le faire entrer dans la maison pour le déposer devant Jésus
      19 mais ils ne trouvèrent pas moyen de parvenir jusqu’à lui, à cause de la foule. Alors ils montèrent sur le toit en terrasse, ménagèrent une ouverture dans les tuiles et firent descendre le paralysé sur le brancard en plein milieu de l’assistance, juste devant Jésus.
      20 Lorsqu’il vit quelle foi ces hommes avaient en lui, Jésus dit : —Mon ami, tes péchés te sont pardonnés.
      21 Les *spécialistes de la Loi et les pharisiens se mirent à raisonner et à dire : —Qui est donc cet homme qui prononce des paroles *blasphématoires ? Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul ?
      22 Mais Jésus connaissait leurs raisonnements. Il leur dit : —Pourquoi raisonnez-vous ainsi en vous-mêmes ?
      23 Qu’y a-t-il de plus facile ? Dire : « Tes péchés te sont pardonnés », ou dire : « Lève-toi et marche » ?
      24 Eh bien ! vous saurez que le *Fils de l’homme a, sur la terre, le pouvoir de pardonner les péchés. Il déclara au paralysé : —Je te l’ordonne : lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi !
      25 Aussitôt, devant tout le monde, l’homme se leva, prit le brancard sur lequel il était couché et s’en alla chez lui en rendant gloire à Dieu.
      26 Les témoins de la scène furent tous saisis de stupéfaction. Ils rendaient gloire à Dieu et, remplis de crainte, disaient : —Nous avons vu aujourd’hui des choses extraordinaires !
      27 Après cela, Jésus s’en alla et vit, en passant, un *collecteur d’impôts nommé Lévi, installé à son poste de péage. Il l’appela en disant : —Suis-moi !
      28 Cet homme se leva, laissa tout et suivit Jésus.
      29 Lévi organisa, dans sa maison, une grande réception en l’honneur de Jésus. De nombreuses personnes étaient à table avec eux, et, parmi elles, des *collecteurs d’impôts.
      30 Les pharisiens et les spécialistes de la Loi qui appartenaient à leur parti s’indignaient et interpellèrent les *disciples de Jésus : —Comment pouvez-vous manger et boire avec ces collecteurs d’impôts, ces pécheurs notoires ?
      31 Jésus leur répondit : —Ceux qui sont en bonne santé n’ont pas besoin de médecin, ce sont les malades qui en ont besoin.
      32 Ce ne sont pas des justes, mais des pécheurs que je suis venu appeler à *changer de vie.
      33 Certains lui demandèrent : —Les *disciples de Jean, comme ceux des pharisiens, se soumettent à des jeûnes fréquents et font des prières, alors que les tiens mangent et boivent.
      34 —Voyons, leur répondit Jésus, il est impensable que les invités d’une noce jeûnent pendant que le marié est avec eux.
      35 Le temps viendra où celui-ci leur sera enlevé ; alors, en ces jours-là, ils jeûneront.
      36 Et il utilisa la comparaison suivante : —Personne ne songe à couper un morceau d’un habit neuf pour rapiécer un vieux vêtement. Sinon on abîme l’habit neuf, et la pièce d’étoffe qu’on y aura découpée jure avec le vieil habit.
      37 De même, personne ne met dans de vieilles *outres du vin qui fermente encore, sinon le vin nouveau les fait éclater, il se répand, et les outres sont perdues.
      38 Non, il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves.
      39 Bien sûr, quand on a bu du vin vieux, on n’en désire pas du nouveau ; en effet, on se dit : le vieux est meilleur.

      Luc 6

      17 En descendant avec eux de la colline, Jésus s’arrêta sur un plateau où se trouvaient un grand nombre de ses disciples, ainsi qu’une foule immense venue de toute la *Judée, de *Jérusalem et de la région littorale de Tyr et de Sidon.
      20 Alors Jésus, regardant ses disciples, dit : —Heureux vous qui êtes pauvres, car le *royaume de Dieu vous appartient.
      26 Malheur à vous quand tous les hommes diront du bien de vous, car c’est de la même manière que leurs ancêtres ont traité les faux prophètes.
      43 —Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre de bons fruits.
      49 Mais celui qui écoute mes paroles sans faire ce que je dis ressemble à un homme qui a construit sa maison directement sur la terre meuble, sans lui donner de fondations ; dès que les eaux du fleuve se sont jetées contre elle, la maison s’est effondrée, et il n’en est resté qu’un grand tas de ruines.

      Luc 7

      1 Après avoir dit au peuple tout ce qu’il avait à lui dire, Jésus se rendit à *Capernaüm.
      2 Un officier romain avait un esclave malade, qui était sur le point de mourir. Or, son maître tenait beaucoup à lui.
      3 Quand il entendit parler de Jésus, l’officier envoya auprès de lui quelques responsables juifs pour le supplier de venir guérir son esclave.
      4 Ils vinrent trouver Jésus et ils le prièrent instamment : —Cet homme, disaient-ils, mérite vraiment que tu lui accordes cette faveur.
      5 En effet, il aime notre peuple : il a même fait bâtir notre *synagogue à ses frais.
      6 Jésus partit avec eux. Il n’était plus qu’à une faible distance de la maison quand l’officier envoya des amis pour lui dire : —Seigneur, ne te donne pas tant de peine, car je ne suis pas qualifié pour te recevoir dans ma maison.
      7 C’est la raison pour laquelle je n’ai pas osé venir en personne te trouver. Mais, dis un mot et mon serviteur sera guéri.
      8 Car, moi-même, je suis un officier subalterne, mais j’ai des soldats sous mes ordres, et quand je dis à l’un : « Va ! », il va. Quand je dis à un autre : « Viens ! », il vient. Quand je dis à mon esclave : « Fais ceci ! », il le fait.
      9 En entendant ces paroles, Jésus fut rempli d’admiration pour cet officier : il se tourna vers la foule qui le suivait et dit : —Je vous l’assure, nulle part en *Israël, je n’ai trouvé une telle foi !
      10 Les envoyés de l’officier s’en retournèrent alors à la maison où ils trouvèrent l’esclave en bonne santé.
      18 Jean fut informé par ses *disciples de tout ce qui se passait. Il appela alors deux d’entre eux
      19 et les envoya auprès du Seigneur pour demander : —Es-tu celui qui devait venir, ou bien devons-nous en attendre un autre ?
      20 Ces hommes se présentèrent à Jésus et lui dirent : —C’est Jean-Baptiste qui nous envoie. Voici ce qu’il te fait demander : « Es-tu celui qui devait venir, ou bien devons-nous en attendre un autre ? »
      21 Or, au moment où ils arrivaient, Jésus guérit plusieurs personnes de diverses maladies et infirmités. Il délivra des gens qui étaient sous l’emprise d’esprits mauvais et rendit la vue à plusieurs aveugles.
      22 Il répondit alors aux envoyés : —Retournez auprès de Jean et racontez-lui ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les paralysés marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.
      23 Heureux celui qui ne perdra pas la foi à cause de moi !
      24 Après le départ des messagers de Jean, Jésus saisit cette occasion pour parler de Jean à la foule : —Qu’êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité çà et là par le vent ?
      25 Qui donc êtes-vous allés voir ? Un homme habillé avec élégance ? Ceux qui portent des habits somptueux et qui vivent dans le luxe habitent les palais royaux.
      26 Mais qu’êtes-vous donc allés voir ? Un *prophète ? Oui, je vous l’assure, et même bien plus qu’un prophète.
      27 Car c’est celui dont il est écrit : J’enverrai mon messager devant toi, il te préparera le chemin.
      28 Je vous l’assure, parmi tous les hommes qui sont nés d’une femme, il n’y en a pas de plus grand que Jean. Et pourtant, le plus petit dans le *royaume de Dieu est plus grand que lui.
      29 —Tous les gens du peuple et tous les *collecteurs d’impôts qui ont écouté le message de Jean et se sont fait baptiser par lui ont reconnu que Dieu est juste.
      30 Mais les *pharisiens et les enseignants de la *Loi, qui ont refusé de se faire baptiser par lui, ont rejeté la volonté de Dieu à leur égard.
      31 A qui donc pourrais-je comparer les gens de notre temps ? A qui ressemblent-ils ?
      32 Ils sont comme des enfants assis sur la place du marché qui se crient les uns aux autres : Quand nous avons joué de la flûte, vous n’avez pas dansé ! Et quand nous avons chanté des airs de deuil, vous ne vous êtes pas mis à pleurer !
      33 En effet, Jean-Baptiste est venu, il ne mangeait pas de pain, il ne buvait pas de vin. Qu’avez-vous dit alors ? « Il a un démon en lui ».
      34 Le *Fils de l’homme est venu, il mange et boit, et vous vous écriez : « Cet homme ne pense qu’à faire bonne chère et à boire du vin, il est l’ami des collecteurs d’impôts et des pécheurs notoires. »
      35 Cependant, la sagesse de Dieu est reconnue comme telle par ceux qui la reçoivent.
      36 Un *pharisien invita Jésus à manger. Jésus se rendit chez lui et se mit à table.
      37 Survint une femme connue dans la ville pour sa vie dissolue. Comme elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre rempli de parfum.
      38 Elle se tint derrière lui, à ses pieds. Elle pleurait ; elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus ; alors elle les essuya avec ses cheveux et, en les embrassant, elle versait le parfum sur eux.
      39 En voyant cela, le pharisien qui l’avait invité se dit : Si cet homme était vraiment un *prophète, il saurait quelle est cette femme qui le touche, que c’est quelqu’un qui mène une vie de débauche.
      40 Jésus lui répondit à haute voix : —Simon, j’ai quelque chose à te dire. —Oui, Maître, parle, répondit le pharisien.
      41 —Il était une fois un prêteur à qui deux hommes devaient de l’argent. Le premier devait cinq cents pièces d’argent ; le second cinquante.
      42 Comme ni l’un ni l’autre n’avaient de quoi rembourser leur dette, il fit cadeau à tous deux de ce qu’ils lui devaient. A ton avis, lequel des deux l’aimera le plus ?
      43 Simon répondit : —Celui, je suppose, auquel il aura remis la plus grosse dette. —Voilà qui est bien jugé, lui dit Jésus.
      44 Puis, se tournant vers la femme, il reprit : —Tu vois cette femme ? Eh bien, quand je suis entré dans ta maison, tu ne m’as pas apporté d’eau pour me laver les pieds ; mais elle, elle me les a arrosés de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.
      45 Tu ne m’as pas accueilli en m’embrassant, mais elle, depuis que je suis entré, elle n’a cessé de couvrir mes pieds de baisers.
      46 Tu n’as pas versé d’huile parfumée sur ma tête, mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds.
      47 C’est pourquoi je te le dis : ses nombreux péchés lui ont été pardonnés, c’est pour cela qu’elle m’a témoigné tant d’amour. Mais celui qui a eu peu de choses à se faire pardonner ne manifeste que peu d’amour !
      48 Puis il dit à la femme : —Tes péchés te sont pardonnés.
      49 Les autres invités se dirent en eux-mêmes : « Qui est donc cet homme qui ose pardonner les péchés ? »
      50 Mais Jésus dit à la femme : —Parce que tu as cru en moi, tu es *sauvée ; va en paix.

      Luc 8

      16 —Personne n’allume une lampe pour la cacher sous un récipient, ou la mettre sous un lit ; on la place, au contraire, sur un pied de lampe pour que ceux qui entrent dans la pièce voient la lumière.
      24 Les disciples s’approchèrent de Jésus et le réveillèrent en criant : —Maître, Maître, nous sommes perdus ! Il se réveilla et parla sévèrement au vent et aux flots tumultueux : ils s’apaisèrent, et le calme se fit.
      26 Ils abordèrent dans la région de Gérasa, située en face de la *Galilée.
      39 —Rentre chez toi, et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi ! Alors cet homme partit proclamer dans la ville entière tout ce que Jésus avait fait pour lui.

      Luc 9

      22 Et il ajouta : —Il faut que le *Fils de l’homme souffre beaucoup et soit rejeté par les responsables du peuple, les chefs des *prêtres et les *spécialistes de la Loi ; il doit être mis à mort et ressusciter le troisième jour.
      51 Lorsque le temps approcha où Jésus devait être enlevé de ce monde, il décida de manière résolue de se rendre à *Jérusalem.
      52 Il envoya devant lui quelques messagers. En cours de route, ils entrèrent dans un village de la Samarie pour lui préparer un logement.
      53 Mais les *Samaritains lui refusèrent l’hospitalité, parce qu’il se rendait à Jérusalem.
      54 En voyant cela, ses disciples Jacques et Jean s’écrièrent : —Seigneur, veux-tu que nous commandions à la foudre de tomber du ciel sur ces gens-là, pour les réduire en cendres ?
      55 Mais Jésus, se tournant vers eux, les reprit sévèrement : —Vous ne savez pas quel esprit vous inspire de telles pensées ! Le *Fils de l’homme n’est pas venu pour faire mourir les hommes, mais pour les *sauver.
      56 Ils se rendirent alors à un autre village.
      57 Pendant qu’ils étaient en chemin, un homme vint dire à Jésus : —Je te suivrai partout où tu iras.
      58 Jésus lui répondit : —Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas un endroit à lui où prendre du repos.
      59 Jésus dit à un autre : —Suis-moi ! Mais cet homme lui dit : —Seigneur, permets que j’aille d’abord enterrer mon père.
      60 Jésus lui répondit : —Laisse aux morts le soin d’enterrer leurs morts. Quant à toi, va proclamer le règne de Dieu !
      61 Un autre encore lui dit : —Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d’abord de faire mes adieux à ma famille.
      62 Jésus lui répondit : —Celui qui regarde derrière lui au moment où il se met à labourer avec sa charrue n’est pas prêt pour le règne de Dieu.

      Luc 10

      1 Après cela, le Seigneur choisit encore soixante-douze autres *disciples et les envoya deux par deux, pour le précéder dans toutes les villes et les localités où il devait se rendre.
      2 Il leur disait : —La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux. Demandez donc au Seigneur à qui appartient la moisson d’envoyer des ouvriers pour la rentrer.
      3 Allez : je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
      4 N’emportez ni bourse, ni sac de voyage, ni sandales, et ne vous attardez pas en chemin pour saluer les gens.
      5 Lorsque vous entrerez dans une maison, dites d’abord : « Que la paix soit sur cette maison. »
      6 Si un homme de paix y habite, votre paix reposera sur lui. Si ce n’est pas le cas, elle reviendra à vous.
      7 Restez dans cette maison-là, prenez la nourriture et la boisson que l’on vous donnera, car « l’ouvrier mérite son salaire ». Ne passez pas d’une maison à l’autre pour demander l’hospitalité.
      8 Dans toute ville où vous irez et où l’on vous accueillera, mangez ce qu’on vous offrira,
      9 guérissez les malades qui s’y trouveront et dites aux gens : « Le *royaume de Dieu est proche de vous. »
      10 Mais dans toute ville où vous entrerez et où l’on ne voudra pas vous recevoir, allez sur la place publique et dites :
      11 « La poussière de votre ville qui s’est attachée à nos pieds, nous la secouons contre vous. Sachez pourtant ceci : le royaume de Dieu est proche. »
      12 —Je vous assure qu’au grand Jour, *Sodome sera traitée avec moins de rigueur que cette ville-là.
      13 Malheur à toi, Chorazin, malheur à toi, Bethsaïda ! car si les miracles qui se sont produits au milieu de vous avaient eu lieu à *Tyr et à Sidon, il y a longtemps que leurs habitants auraient *changé de vie et l’auraient manifesté en revêtant des habits de toile de sac et en se couvrant de cendre.
      14 C’est pourquoi, au jour du jugement, ces villes seront traitées avec moins de rigueur que vous.
      15 Et toi, *Capernaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Non, tu seras précipitée au séjour des morts.
      16 Il ajouta : —Si quelqu’un vous écoute, c’est moi qu’il écoute, si quelqu’un vous rejette, c’est moi qu’il rejette. Or, celui qui me rejette, rejette celui qui m’a envoyé.
      17 Quand les soixante-douze disciples revinrent, ils étaient pleins de joie et disaient : —Seigneur, même les démons se soumettent à nous quand nous leur donnons des ordres en ton nom !
      18 —Oui, leur répondit-il, je voyais *Satan tomber du ciel comme l’éclair.
      19 Ecoutez bien ceci : il est vrai que je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et d’écraser toutes les forces de l’Ennemi, sans que rien ne puisse vous faire du mal.
      20 Toutefois, ce qui doit vous réjouir, ce n’est pas de voir que les esprits mauvais vous sont soumis ; mais de savoir que vos noms sont inscrits dans le ciel.
      21 Au même moment, Jésus fut transporté de joie par le Saint-Esprit et s’écria : —Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces vérités aux sages et aux intelligents, et que tu les as dévoilées à ceux qui sont tout petits. Oui, Père, car dans ta bonté, tu l’as voulu ainsi.
      22 Mon Père a remis toutes choses entre mes mains. Personne ne sait qui est le Fils, si ce n’est le Père ; et personne ne sait qui est le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.
      23 Puis, se tournant vers ses *disciples, il leur dit en particulier : —Heureux ceux qui voient ce que vous voyez !
      24 Car, je vous l’assure : beaucoup de *prophètes et de rois auraient voulu voir ce que vous voyez, mais ne l’ont pas vu ; ils auraient voulu entendre ce que vous entendez, mais ne l’ont pas entendu.
      25 Un enseignant de la *Loi se leva et posa une question à Jésus pour lui tendre un piège. —Maître, lui dit-il, que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle ?
      26 Jésus lui répondit : —Qu’est-il écrit dans notre Loi ?
      27 Comment la comprends-tu ? Il lui répondit : —Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton énergie et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même.
      28 —Tu as bien répondu, lui dit Jésus : fais cela, et tu auras la vie.
      29 Mais l’enseignant de la Loi, voulant se donner raison, reprit : —Oui, mais qui donc est mon prochain ?
      30 En réponse, Jésus lui dit : —Il y avait un homme qui descendait de *Jérusalem à *Jéricho, quand il fut attaqué par des brigands. Ils lui arrachèrent ses vêtements, le rouèrent de coups et s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
      31 Or il se trouva qu’un *prêtre descendait par le même chemin. Il vit le blessé et, s’en écartant, poursuivit sa route.
      32 De même aussi un lévite arriva au même endroit, le vit, et, s’en écartant, poursuivit sa route.
      33 Mais un *Samaritain qui passait par là arriva près de cet homme. En le voyant, il fut pris de pitié.
      34 Il s’approcha de lui, soigna ses plaies avec de l’huile et du vin, et les recouvrit de pansements. Puis, le chargeant sur sa propre mule, il l’emmena dans une auberge où il le soigna de son mieux.
      35 Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, les remit à l’aubergiste et lui dit : « Prends soin de cet homme, et tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rembourserai moi-même quand je repasserai. »
      36 Et Jésus ajouta : —A ton avis, lequel des trois s’est montré le prochain de l’homme qui avait été victime des brigands ?
      37 —C’est celui qui a eu pitié de lui, lui répondit l’enseignant de la Loi. —Eh bien, va, et agis de même, lui dit Jésus.
      38 Pendant qu’ils étaient en route, Jésus entra dans un village. Là, une femme nommée Marthe l’accueillit dans sa maison.
      39 Elle avait une sœur appelée Marie. Celle-ci vint s’asseoir aux pieds de Jésus, et elle écoutait ce qu’il disait.
      40 Pendant ce temps, Marthe était affairée aux multiples travaux que demandait le service. Elle s’approcha de Jésus et lui dit : —Maître, cela ne te dérange pas de voir que ma sœur me laisse seule à servir ? Dis-lui donc de m’aider.
      41 Mais le Seigneur lui répondit : —Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses ;
      42 il n’y en a qu’une seule qui soit vraiment nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, et personne ne la lui enlèvera.

      Luc 11

      1 Un jour, Jésus priait en un certain lieu. Quand il eut fini, l’un de ses *disciples lui demanda : —Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples !
      2 Il leur répondit : —Quand vous priez, dites : Père, que tu sois reconnu pour Dieu, que ton règne vienne.
      3 Donne-nous, chaque jour, le pain dont nous avons besoin.
      4 Pardonne-nous nos péchés, car nous pardonnons nous-mêmes à ceux qui ont des torts envers nous. Et garde-nous de céder à la tentation.
      5 Puis il ajouta : —Supposez que l’un de vous ait un ami et qu’il aille le réveiller en pleine nuit pour lui dire : « Mon ami, prête-moi trois pains,
      6 car un de mes amis qui est en voyage vient d’arriver chez moi et je n’ai rien à lui offrir. »
      7 Supposons que l’autre, de l’intérieur de la maison, lui réponde : « Laisse-moi tranquille, ne me dérange pas, ma porte est fermée, mes enfants et moi nous sommes couchés, je ne peux pas me lever pour te les donner. »
      8 Je vous assure que, même s’il ne se lève pas pour lui donner ces pains par amitié pour lui, il se lèvera pour ne pas manquer à l’honneur, et il lui donnera tout ce dont il a besoin.
      9 —Ainsi, moi je vous le dis : Demandez, et vous recevrez ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira.
      10 Car celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et l’on ouvre à celui qui frappe.
      11 Il y a des pères parmi vous. Lequel d’entre vous donnera un serpent à son fils quand celui-ci lui demande un poisson ?
      12 Ou encore, s’il demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion ?
      13 Si donc, tout mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent.
      14 Un jour, Jésus chassait un démon qui rendait un homme muet. Quand le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et la foule était émerveillée.
      15 Cependant quelques-uns parmi les témoins disaient : —C’est par le pouvoir de Béelzébul, le chef des démons, qu’il chasse les démons.
      16 D’autres, pour lui tendre un piège, lui réclamaient un signe venant du ciel.
      17 Mais, comme il connaissait leurs pensées, il leur dit : —Un pays déchiré par la guerre civile est dévasté et les maisons s’y écroulent l’une sur l’autre.
      18 Vous prétendez que je chasse les démons par le pouvoir de Béelzébul. Dans ce cas, le royaume de *Satan serait divisé contre lui-même ; comment son royaume pourrait-il alors subsister ?
      19 D’ailleurs, si moi je chasse les démons par Béelzébul, qui donc donne à vos *disciples le pouvoir de les chasser ? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.
      20 Mais si c’est par la puissance de Dieu que je chasse les démons, alors, de toute évidence, le *royaume de Dieu est venu jusqu’à vous.
      21 Tant qu’un homme fort et bien armé garde sa maison, ses biens sont en sécurité ;
      22 mais si un autre, plus fort que lui, l’attaque et parvient à le maîtriser, il lui enlève toutes les armes sur lesquelles le premier comptait, lui prend tous ses biens et les distribue.
      23 Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui ne se joint pas à moi pour rassembler, disperse.
      24 —Lorsqu’un esprit mauvais est sorti de quelqu’un, il erre çà et là dans des lieux déserts, à la recherche d’un lieu de repos, et il n’en trouve pas. Alors il se dit : « Il vaut mieux regagner la demeure que j’ai quittée ! »
      25 Il y retourne donc et la trouve balayée et mise en ordre.
      26 Alors il va chercher sept autres esprits, encore plus méchants que lui, et les ramène avec lui ; ils envahissent la demeure et s’y installent. Finalement, la condition de cet homme est pire qu’avant.
      27 Pendant qu’il parlait ainsi, du milieu de la foule, une femme s’écria : —Heureuse la femme qui t’a mis au monde et qui t’a allaité !
      28 Mais Jésus répondit : —Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui y obéissent !
      29 Comme la foule grossissait autour de lui, il dit : —Les gens de notre temps sont mauvais. Ils réclament un signe miraculeux. Un signe... il ne leur en sera pas accordé d’autre que celui de Jonas.
      30 Car, de même que Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive, de même aussi le *Fils de l’homme sera un signe pour les gens de notre temps.
      31 Au jour du jugement, la reine du Midi se lèvera et condamnera les gens de notre temps, car elle est venue du bout du monde pour écouter l’enseignement plein de sagesse de *Salomon. Or, il y a ici plus que Salomon !
      32 Au jour du jugement, les habitants de Ninive se lèveront et condamneront les gens de notre temps, car ils ont *changé de vie en réponse à la prédication de Jonas. Or, il y a ici plus que Jonas.
      33 —Personne n’allume une lampe pour la mettre dans un recoin ou sous une mesure à grain. Non, on la place sur un pied de lampe pour que ceux qui entrent voient la lumière.
      34 —Tes yeux sont comme une lampe pour ton corps. Si tes yeux sont en bon état, tout ton corps jouit de la lumière ; mais s’ils sont malades, tout ton corps est plongé dans l’obscurité.
      35 Fais donc attention à ce que ta lumière ne soit pas obscurcie.
      36 Si ton corps tout entier est dans la lumière, sans aucune partie dans l’obscurité, il jouira pleinement de la lumière, comme lorsque la lampe t’éclaire de sa clarté.
      37 Pendant qu’il parlait, un *pharisien l’invita à venir manger chez lui. Jésus entra dans la maison et se mit à table.
      38 Le pharisien remarqua qu’il n’avait pas fait les ablutions rituelles avant le repas, et il s’en étonna.
      39 Le Seigneur lui dit alors : —Vous pharisiens, vous nettoyez soigneusement l’extérieur de vos coupes et de vos plats, mais à l’intérieur, vous êtes remplis du désir de voler et pleins de méchanceté.
      40 Fous que vous êtes ! Est-ce que celui qui a créé l’extérieur n’a pas aussi fait l’intérieur ?
      41 Donnez plutôt en offrande à Dieu votre être intérieur, et vous serez du même coup entièrement *purs.
      42 Mais malheur à vous, pharisiens, vous vous acquittez scrupuleusement de la dîme sur toutes les plus petites herbes, comme la menthe et la rue, et sur le moindre légume, mais vous négligez la droiture et l’amour de Dieu ! Voilà ce qu’il fallait faire, sans laisser le reste de côté.
      43 Malheur à vous, pharisiens, parce que vous aimez les sièges d’honneur dans les *synagogues ; vous aimez qu’on vous salue respectueusement sur les places publiques.
      44 Malheur à vous ! vous ressemblez à ces tombes que rien ne signale au regard et sur lesquelles on passe sans s’en douter.
      45 Là-dessus, un enseignant de la *Loi se mit à protester en disant : —Maître, en parlant ainsi, tu nous insultes, nous aussi !
      46 —Oui, malheur à vous aussi, enseignants de la Loi, lui répondit Jésus, vous imposez aux gens des fardeaux accablants ; mais vous-mêmes, vous n’y touchez pas du petit doigt !
      47 Malheur à vous, parce que vous édifiez des monuments funéraires pour les *prophètes, ces prophètes que vos ancêtres ont tués !
      48 Vous montrez clairement par là que vous approuvez ce que vos ancêtres ont fait : eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux !
      49 C’est bien pour cela que Dieu, dans sa sagesse, a déclaré : « Je leur enverrai des prophètes et des messagers ; ils tueront les uns, ils persécuteront les autres. »
      50 C’est pourquoi les gens de notre temps auront à répondre du meurtre de tous les prophètes qui ont été tués depuis le commencement du monde,
      51 depuis le meurtre d’Abel, jusqu’à celui de Zacharie, assassiné entre l’autel du sacrifice et le *Temple. Oui, je vous l’assure, les hommes de notre temps auront à répondre de tous ces crimes.
      52 Malheur à vous, enseignants de la Loi, vous vous êtes emparés de la clé de la connaissance. Non seulement vous n’entrez pas vous-mêmes, mais vous empêchez d’entrer ceux qui voudraient le faire !
      53 Quand Jésus fut sorti de la maison, les *spécialistes de la Loi et les pharisiens s’acharnèrent contre lui et le harcelèrent de questions sur toutes sortes de sujets :
      54 ils lui tendaient ainsi des pièges pour trouver dans ses paroles un motif d’accusation.

      Luc 12

      1 Pendant ce temps, des milliers de gens s’étaient rassemblés, au point qu’ils se marchaient sur les pieds les uns les autres. Jésus commença par s’adresser à ses *disciples : —Gardez-vous, leur dit-il, de ce *levain : l’hypocrisie des *pharisiens.
      2 Car tout ce qui se fait en secret sera dévoilé, et tout ce qui est caché finira par être connu.
      3 Ainsi, tout ce que vous aurez dit en secret sera entendu ouvertement en plein jour, et tout ce que vous aurez chuchoté dans le creux de l’oreille, derrière des portes bien closes, sera crié du haut des toits en terrasses.
      4 Mes chers amis, je vous le dis : ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps, mais qui n’ont pas le pouvoir de faire davantage.
      5 Savez-vous qui vous devez craindre ? Je vais vous le dire : c’est celui qui, après la mort, a le pouvoir de vous jeter en enfer. Oui, je vous l’assure, c’est lui que vous devez craindre.
      6 Ne vend-on pas cinq moineaux pour deux sous ? Et pourtant, Dieu prend soin de chacun d’eux.
      7 Bien plus : même les cheveux de votre tête sont comptés. N’ayez aucune crainte, car vous avez plus de valeur que toute une volée de moineaux.
      8 Je vous l’assure, tous ceux qui se déclareront pour moi devant les hommes, le *Fils de l’homme aussi se déclarera pour eux devant les *anges de Dieu.
      9 Mais celui qui aura prétendu devant les hommes qu’il ne me connaît pas, je ne le reconnaîtrai pas non plus devant les anges de Dieu.
      10 Si quelqu’un dit du mal du Fils de l’homme, il lui sera pardonné ; mais pour celui qui aura *blasphémé contre l’Esprit Saint il n’y aura pas de pardon.
      11 Quand on vous traînera dans les *synagogues devant les dirigeants et les autorités, ne vous inquiétez pas au sujet de ce que vous aurez à dire pour votre défense, ni de la manière dont vous la présenterez.
      12 Car le Saint-Esprit vous enseignera à l’instant même ce que vous devrez dire.
      13 Du milieu de la foule, un homme dit à Jésus : —Maître, dis à mon frère de partager avec moi l’héritage que notre père nous a laissé !
      14 Mais Jésus lui répondit : —Mon ami, qui m’a établi pour être votre juge ou votre arbitre en matière d’héritage ?
      15 Puis il dit à tous : —Gardez-vous avec soin du désir de posséder, sous toutes ses formes, car la vie d’un homme, si riche soit-il, ne dépend pas de ses biens.
      16 Il leur raconta alors cette *parabole : —Le domaine d’un riche propriétaire avait rapporté de façon exceptionnelle.
      17 L’homme se mit à réfléchir : « Que faire ? se demandait-il. Je n’ai pas assez de place pour engranger toute ma récolte !
      18 Ah, se dit-il enfin, je sais ce que je vais faire ! Je vais démolir mes greniers pour en construire de plus grands, et j’y entasserai tout mon blé et tous mes autres biens.
      19 Après quoi, je pourrai me dire : Mon ami, te voilà pourvu de biens en réserve pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois et jouis de la vie ! »
      20 Mais Dieu lui dit : « Pauvre fou que tu es ! Cette nuit-même, tu vas mourir. Et tout ce que tu as préparé pour toi, qui va en profiter ? »
      21 Voilà quel sera le sort de tout homme qui amasse des richesses pour lui-même, au lieu de chercher à être riche auprès de Dieu.
      22 Jésus ajouta, en s’adressant à ses *disciples : —C’est pourquoi je vous dis : ne vous inquiétez pas en vous demandant : Qu’allons-nous manger ? Avec quoi allons-nous nous habiller ?
      23 La vie vaut bien plus que la nourriture. Le corps vaut bien plus que le vêtement.
      24 Considérez les corbeaux, ils ne sèment ni ne moissonnent ; ils n’ont ni cave, ni grenier et Dieu les nourrit. Vous valez bien plus qu’eux !
      25 D’ailleurs, qui de vous peut, à force d’inquiétudes, prolonger son existence, ne serait-ce que de quelques instants ?
      26 Si donc vous n’avez aucun pouvoir sur ces petites choses, pourquoi vous inquiétez-vous au sujet des autres ?
      27 Considérez les lis ! Ils poussent sans se fatiguer à tisser des vêtements. Et pourtant, je vous l’assure, le roi *Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a jamais été aussi bien vêtu que l’un d’eux.
      28 Si Dieu habille ainsi cette plante dans les champs, qui est là aujourd’hui et qui demain déjà sera jetée au feu, à combien plus forte raison vous vêtira-t-il vous-mêmes ! Ah, votre foi est encore bien petite !
      29 Ne vous faites donc pas de soucis au sujet du manger et du boire, et ne vous tourmentez pas pour cela.
      30 Toutes ces choses, les païens de ce monde s’en préoccupent sans cesse. Mais votre Père sait que vous en avez besoin.
      31 Faites donc plutôt du règne de Dieu votre préoccupation première, et ces choses vous seront données en plus.
      32 N’aie pas peur, petit troupeau ! Car il a plu à votre Père de vous donner le *royaume.
      33 —Vendez ce que vous possédez, et distribuez-en le produit aux pauvres. Fabriquez-vous des bourses inusables et constituez-vous un trésor inaltérable dans le ciel où aucun cambrioleur ne peut l’atteindre, ni aucune mite l’entamer.
      34 Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.
      35 —Restez en tenue de travail. Gardez vos lampes allumées.
      36 Soyez comme des serviteurs qui attendent le retour de leur maître parti pour une noce. Dès qu’il arrive et qu’il frappe à la porte, ils lui ouvrent.
      37 Heureux ces serviteurs que le maître, en arrivant, trouvera en train de veiller ! Vraiment, je vous l’assure, c’est lui qui se mettra en tenue de travail, les fera asseoir à table et passera de l’un à l’autre pour les servir.
      38 Peu importe qu’il rentre à minuit ou vers trois heures du matin : Heureux ces serviteurs qu’il trouvera ainsi vigilants !
      39 Vous le savez bien : si le maître de maison savait à quel moment le voleur va venir, il ne le laisserait pas pénétrer dans sa maison.
      40 Vous aussi, tenez-vous prêts, car c’est à un moment que vous n’auriez pas imaginé que le *Fils de l’homme viendra.
      41 Pierre lui demanda : —Seigneur, cette comparaison s’applique-t-elle seulement à nous, ou bien concerne-t-elle tout le monde ?
      42 Le Seigneur répondit : —Quel est le gérant fidèle et sensé à qui le maître confiera le soin de veiller sur son personnel pour qu’il donne à chacun, au moment voulu, la ration de blé qui lui revient ?
      43 Heureux ce serviteur que le maître, à son retour, trouvera en train d’agir comme il le lui a demandé.
      44 En vérité, je vous l’assure, son maître lui confiera l’administration de tout ce qu’il possède.
      45 Mais si ce serviteur se dit : « Mon maître n’est pas près de venir », et s’il se met à maltraiter les autres serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s’enivrer,
      46 son maître arrivera un jour où il ne s’y attendra pas, et à une heure qu’il ne connaît pas. Alors le maître le punira très sévèrement, et le traitera comme on traite les esclaves infidèles.
      47 Le serviteur qui sait ce que son maître veut de lui, mais qui n’aura rien préparé ou qui n’aura pas agi selon la volonté de son maître, sera sévèrement puni.
      48 Mais celui qui n’aura pas su ce que son maître voulait, et qui aura commis des actes méritant une punition, celui-là subira un châtiment peu rigoureux. Si quelqu’un a beaucoup reçu, on exigera beaucoup de lui ; et plus on vous aura confié, plus on demandera de vous.
      49 —Je suis venu jeter un feu sur la terre ; comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
      50 Mais il y a un baptême que je dois recevoir, et quelle angoisse est la mienne, tant que je ne l’ai pas reçu !
      51 —Pensez-vous que je sois venu pour apporter la paix sur la terre ? Non, mais la division.
      52 En effet, à partir de maintenant, s’il y a cinq personnes dans une famille, elles seront divisées trois contre deux, et deux contre trois.
      53 Le père sera contre le fils et le fils contre son père ; la mère contre sa fille, et la fille contre sa mère : la belle-mère contre sa belle-fille, et la belle-fille contre sa belle-mère.
      54 Puis, s’adressant de nouveau à la foule, Jésus reprit : —Quand vous voyez apparaître un nuage du côté de l’ouest, vous dites aussitôt : « Il va pleuvoir », et c’est ce qui arrive.
      55 Quand le vent du sud se met à souffler, vous dites : « Il va faire très chaud », et c’est ce qui arrive.
      56 Hypocrites ! Vous êtes capables d’interpréter correctement les phénomènes de la terre et les aspects du ciel, et vous ne pouvez pas comprendre en quel temps vous vivez ?
      57 —Pourquoi aussi ne discernez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ?
      58 Ainsi, quand tu vas en justice avec ton adversaire, fais tous tes efforts pour t’arranger à l’amiable avec lui pendant que vous êtes encore en chemin. Sinon, il te traînera devant le juge, celui-ci te remettra entre les mains des forces de l’ordre qui te jetteront en prison.
      59 Or, je te l’assure, tu n’en sortiras pas avant d’avoir remboursé jusqu’à la dernière petite pièce.

      Luc 13

      1 A cette époque survinrent quelques personnes qui informèrent Jésus que *Pilate avait fait tuer des Galiléens pendant qu’ils offraient leurs sacrifices.
      2 Jésus leur dit : —Pensez-vous que ces Galiléens ont subi un sort si cruel parce qu’ils étaient de plus grands pécheurs que tous leurs compatriotes ?
      3 Non, je vous le dis ; mais vous, si vous ne changez pas, vous périrez tous, vous aussi.
      4 Rappelez-vous ces dix-huit personnes qui ont été tuées quand la tour de Siloé s’est effondrée sur elles. Croyez-vous qu’elles aient été plus coupables que tous les autres habitants de *Jérusalem ?
      5 Non, je vous le dis ; mais vous aussi, si vous ne changez pas, vous périrez tous.
      6 Là-dessus, il leur raconta cette *parabole : —Un homme avait un figuier dans sa vigne. Un jour, il voulut y cueillir des figues, mais n’en trouva pas.
      7 Il dit alors à celui qui s’occupait de sa vigne : « Voilà trois ans que je viens chercher des figues à cet arbre, sans pouvoir en trouver. Arrache-le ; je ne vois pas pourquoi il occupe la place inutilement. »
      8 « Maître, lui répondit l’homme, laisse-le encore cette année ! Je bêcherai encore la terre tout autour et j’y mettrai du fumier ;
      9 peut-être qu’il portera du fruit à la saison prochaine. Sinon, tu le feras arracher. »
      10 Un jour de *sabbat, Jésus enseignait dans une *synagogue.
      11 Il s’y trouvait une femme qui, depuis dix-huit ans, était sous l’emprise d’un esprit qui la rendait infirme : elle était voûtée et n’arrivait absolument pas à se redresser.
      12 Lorsque Jésus la vit, il l’appela et lui dit : —Femme, tu es délivrée de ton infirmité !
      13 Il posa ses mains sur elle et, immédiatement, elle se redressa et se mit à louer Dieu.
      14 Mais le chef de la synagogue fut fâché que Jésus ait fait cette guérison le jour du sabbat. S’adressant à la foule, il lui dit : —Il y a six jours pour travailler : venez donc vous faire guérir ces jours-là, mais pas le jour du sabbat !
      15 Le Seigneur lui répondit : —Hypocrites que vous êtes ! Chacun de vous détache bien son bœuf ou son âne de la mangeoire pour le mener à l’abreuvoir le jour du sabbat, n’est-ce pas ?
      16 Et cette femme, qui fait partie des descendants d’*Abraham, et que *Satan tenait en son pouvoir depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de sa chaîne aujourd’hui, parce que c’est le jour du sabbat ?
      17 Cette réponse de Jésus remplit de confusion tous ceux qui avaient pris parti contre lui, tandis que le peuple était enthousiasmé de le voir accomplir tant d’œuvres merveilleuses.
      18 Jésus dit alors : —A quoi ressemble le *royaume de Dieu ? A quoi pourrais-je le comparer ?
      19 Il ressemble à une graine de moutarde qu’un homme a prise pour la semer dans son jardin ; la graine pousse jusqu’à devenir un arbuste, et les oiseaux du ciel nichent dans ses branches.
      20 Puis il ajouta : —A quoi comparerai-je encore le *royaume de Dieu ?
      21 Il ressemble à du *levain qu’une femme a pris pour le mélanger à vingt kilogrammes de farine. Et à la fin, toute la pâte a levé.
      22 Jésus passait ainsi à travers villes et villages ; il y enseignait, tout en se dirigeant vers *Jérusalem.
      23 Quelqu’un lui demanda : —Seigneur, n’y a-t-il qu’un petit nombre de gens qui seront *sauvés ? Il répondit en s’adressant à tous ceux qui étaient là :
      24 —Faites tous vos efforts pour entrer par la porte étroite, car nombreux sont ceux qui chercheront à entrer et n’y parviendront pas.
      25 —Dès que le maître de la maison se sera levé et qu’il aura fermé la porte à clé, si vous êtes restés dehors, vous aurez beau frapper à la porte en suppliant : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! » il vous répondra : « Je ne sais pas d’où vous venez. »
      26 —Alors vous direz : « Mais nous étions à table avec toi, nous avons mangé et bu sous tes yeux. Tu as enseigné dans nos rues... »
      27 Il vous répondra : « Je vous le répète, je ne sais pas d’où vous venez. Allez-vous-en, vous qui commettez le mal. »
      28 —C’est là qu’il y aura des pleurs et d’amers regrets, quand vous verrez *Abraham, *Isaac et *Jacob et tous les *prophètes dans le *royaume de Dieu, tandis que vous-mêmes vous en serez exclus.
      29 Des hommes viendront de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Midi, et prendront place à table dans le royaume de Dieu.
      30 Alors, certains de ceux qui sont maintenant les derniers seront les premiers ; et certains de ceux qui sont maintenant les premiers seront les derniers.
      31 A ce moment-là, quelques *pharisiens s’approchèrent de Jésus et l’avertirent : —Tu devrais quitter cette région et aller loin d’ici, car *Hérode veut te faire mourir.
      32 Mais Jésus leur répondit : —Allez dire de ma part à ce renard : « Aujourd’hui, je chasse des démons et je guéris des malades ; demain, je ferai de même et après-demain, j’aurai achevé ma tâche.
      33 Mais il faut que je poursuive ma route aujourd’hui, demain et après-demain, car il est impensable qu’un *prophète soit mis à mort ailleurs qu’à *Jérusalem ! »
      34 —Ah, Jérusalem ! Jérusalem ! Toi qui fais mourir les prophètes et qui tues à coups de pierres ceux que Dieu t’envoie ! Combien de fois j’ai voulu rassembler tes habitants auprès de moi comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! Mais vous ne l’avez pas voulu !
      35 Eh bien, maintenant, votre maison va être livrée à l’abandon. Oui, je vous le déclare : dorénavant vous ne me verrez plus jusqu’à ce que le temps soit arrivé où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !

      Luc 14

      1 Un jour de *sabbat, Jésus était invité pour un repas chez l’un des dirigeants du parti *pharisien. Ceux qui étaient à table avec lui l’observaient attentivement.
      2 Or, il y avait là un homme dont le corps était couvert d’œdèmes.
      3 Jésus prit la parole et s’adressa aux enseignants de la *Loi et aux pharisiens : —Est-il permis, oui ou non, de guérir quelqu’un le jour du sabbat ?
      4 Ils ne répondirent rien. Alors Jésus, saisissant le malade, le guérit et lui dit de rentrer chez lui.
      5 Puis, se tournant vers les assistants, il leur demanda : —Qui de vous, si son fils ou son bœuf tombe dans un puits, ne l’en retire pas le plus tôt possible, même si c’est le jour du sabbat ?
      6 Là encore, ils ne surent que répondre.
      7 Ayant remarqué comment les invités cherchaient tous les places d’honneur, il leur dit cette *parabole :
      8 —Si quelqu’un t’invite à un repas de noces, ne va pas t’installer à la place d’honneur. Peut-être y a-t-il, parmi les invités, un personnage plus important que toi
      9 et celui qui vous a invités l’un et l’autre viendra-t-il te dire : « Cède-lui cette place. » Il te faudra alors honteusement gagner la dernière place !
      10 Non, quand tu es invité, va, au contraire, te mettre tout de suite à la dernière place. Alors, quand ton hôte entrera dans la salle, il te dira : « Mon ami, il y a une place bien meilleure pour toi, viens t’asseoir plus haut ! » Ainsi tu seras honoré devant tous les convives.
      11 En effet, celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.
      12 Jésus dit aussi à son hôte : —Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, tes frères, ta parenté ou de riches voisins, car ils pourraient t’inviter à leur tour et te payer ainsi de ta peine.
      13 Non, si tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des paralysés, des aveugles.
      14 Si tu fais cela, tu en seras très heureux, précisément parce que ces gens-là n’ont pas la possibilité de te rendre la pareille. Et Dieu te le revaudra lorsque les justes ressusciteront.
      15 A ces mots, l’un des convives dit à Jésus : —Qu’il est heureux celui qui prendra part au banquet dans le *royaume de Dieu !
      16 Jésus lui répondit : —Un jour, un homme avait organisé une grande réception. Il avait invité beaucoup de monde.
      17 Lorsque le moment du festin arriva, il envoya son serviteur dire aux invités : « Venez maintenant, tout est prêt. »
      18 Mais ceux-ci s’excusèrent tous l’un après l’autre. Le premier lui fit dire : « J’ai acheté un champ et il faut absolument que j’aille le voir. Excuse-moi, je te prie. »
      19 Un autre dit : « Je viens d’acquérir cinq paires de bœufs, et je m’en vais les essayer. Excuse-moi, je te prie. »
      20 Un autre encore dit : « Je viens de me marier, il m’est donc impossible de venir. »
      21 Quand le serviteur fut de retour auprès de son maître, il lui rapporta toutes les excuses qu’on lui avait données. Alors le maître de la maison se mit en colère et dit à son serviteur : « Dépêche-toi ! Va-t’en sur les places et dans les rues de la ville et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles, les paralysés... ! »
      22 Au bout d’un moment, le serviteur vint dire : « Maître, j’ai fait ce que tu m’as dit, mais il y a encore de la place. »
      23 « Eh bien, lui dit le maître, va sur les chemins, le long des haies, fais en sorte que les gens viennent, pour que ma maison soit pleine.
      24 Une chose est sûre : pas un seul des premiers invités ne goûtera à mon festin. »
      25 Comme de grandes foules accompagnaient Jésus, il se retourna vers ceux qui le suivaient et leur dit :
      26 —Si quelqu’un vient à moi et n’est pas prêt à renoncer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même à son propre moi, il ne peut être mon *disciple.
      27 Celui qui ne porte pas sa croix, et qui ne me suit pas, ne peut être mon disciple.
      28 En effet, si l’un de vous veut bâtir une tour, est-ce qu’il ne prend pas d’abord le temps de s’asseoir pour calculer ce qu’elle lui coûtera et de vérifier s’il a les moyens de mener son entreprise à bonne fin ?
      29 Sans quoi, s’il n’arrive pas à terminer sa construction après avoir posé les fondations, il risque d’être la risée de tous les témoins de son échec.
      30 « Regardez, diront-ils, c’est celui qui a commencé à construire et qui n’a pas pu terminer ! »
      31 Ou bien, supposez qu’un roi soit sur le point de déclarer la guerre à un autre. Ne prendra-t-il pas le temps de s’asseoir pour examiner s’il peut, avec dix mille hommes, affronter celui qui est sur le point de marcher contre lui avec vingt mille ?
      32 S’il se rend compte qu’il en est incapable, il lui enverra une délégation, pendant que l’ennemi est encore loin, pour négocier la paix avec lui.
      33 Il en est de même pour vous ; celui qui n’est pas prêt à abandonner tout ce qu’il possède, ne peut pas être mon disciple.
      34 —Le sel est une bonne chose, mais s’il devient insipide, comment lui rendra-t-on sa saveur ?
      35 On ne peut plus l’utiliser, ni pour la terre, ni pour le fumier. Il n’y a plus qu’à le jeter. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !

      Luc 15

      1 Les *collecteurs d’impôts et autres pécheurs notoires se pressaient tous autour de Jésus, avides d’écouter ses paroles.
      2 Les *pharisiens et les *spécialistes de la Loi s’en indignaient et disaient : —Cet individu fréquente des pécheurs notoires et s’attable avec eux !
      3 Alors Jésus leur répondit par cette *parabole :
      4 —Si l’un de vous possède cent brebis, et que l’une d’elles vienne à se perdre, n’abandonnera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres au pâturage pour aller à la recherche de celle qui est perdue jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée ?
      5 Et quand il l’a retrouvée, avec quelle joie il la charge sur ses épaules pour la ramener !
      6 Aussitôt rentré chez lui, il appelle ses amis et ses voisins et leur dit : « Venez partager ma joie, car j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue. »
      7 Je vous assure qu’il en est de même au ciel : il y aura plus de joie pour un seul pécheur qui *change de vie, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’en ont pas besoin.
      8 —Ou bien, supposez qu’une femme ait dix pièces d’argent et qu’elle en perde une, ne s’empressera-t-elle pas d’allumer une lampe, de balayer sa maison et de chercher soigneusement dans tous les recoins jusqu’à ce qu’elle ait retrouvé sa pièce ?
      9 Et quand elle l’a trouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines et leur dit : « Réjouissez-vous avec moi, j’ai retrouvé la pièce que j’avais perdue. »
      10 De même, je vous le déclare, il y a de la joie parmi les *anges de Dieu pour un seul pécheur qui change de vie.
      11 Puis il poursuivit : —Un homme avait deux fils.
      12 Le plus jeune lui dit : « Mon père, donne-moi ma part d’héritage, celle qui doit me revenir un jour. » Et le père fit le partage de ses biens entre ses fils.
      13 Quelques jours plus tard, le cadet vendit tout ce qu’il avait reçu et s’en alla dans un pays lointain. Là, il gaspilla sa fortune en menant grande vie.
      14 Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays-là et il commença à manquer du nécessaire.
      15 Alors il alla se faire embaucher par l’un des propriétaires de la contrée. Celui-ci l’envoya dans les champs garder les porcs.
      16 Le jeune homme aurait bien voulu apaiser sa faim avec les caroubes que mangeaient les bêtes, mais personne ne lui en donnait.
      17 Alors, il se mit à réfléchir sur lui-même et se dit : « Tous les ouvriers de mon père peuvent manger autant qu’ils veulent, alors que moi, je suis ici à mourir de faim !
      18 Je vais me mettre en route, j’irai trouver mon père et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi.
      19 Je ne mérite plus d’être considéré comme ton fils. Accepte-moi comme l’un de tes ouvriers. »
      20 Il se mit donc en route pour se rendre chez son père. Comme il se trouvait encore à une bonne distance de la maison, son père l’aperçut et fut pris d’une profonde pitié pour lui. Il courut à la rencontre de son fils, se jeta à son cou et l’embrassa longuement.
      21 Le fils lui dit : « Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi, je ne mérite plus d’être considéré comme ton fils... »
      22 Mais le père dit à ses serviteurs : « Allez vite chercher un habit, le meilleur que vous trouverez, et mettez-le lui ; passez-lui une bague au doigt et chaussez-le de sandales.
      23 Amenez le veau que nous avons engraissé et tuez-le. Nous allons faire un grand festin et nous réjouir,
      24 car voici, mon fils était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et je l’ai retrouvé. » Et ils commencèrent à festoyer dans la joie.
      25 Pendant ce temps, le fils aîné travaillait aux champs. Sur le chemin du retour, quand il arriva près de la maison, il entendit de la musique et des danses.
      26 Il appela un des serviteurs et lui demanda ce qui se passait.
      27 Le garçon lui répondit : « C’est ton frère qui est de retour. Ton père a tué le veau gras en son honneur parce qu’il l’a retrouvé sain et sauf. »
      28 Alors le fils aîné se mit en colère et refusa de franchir le seuil de la maison. Son père sortit et l’invita à entrer.
      29 Mais lui répondit : « Cela fait tant et tant d’années que je suis à ton service ; jamais je n’ai désobéi à tes ordres. Et pas une seule fois tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
      30 Mais quand celui-là revient, « ton fils » qui a mangé ta fortune avec des prostituées, pour lui, tu tues le veau gras ! »
      31 « Mon enfant, lui dit le père, tu es constamment avec moi, et tous mes biens sont à toi ;
      32 mais il fallait bien faire une fête et nous réjouir, puisque ton frère que voici était mort et qu’il est revenu à la vie, puisqu’il était perdu et voici qu’il est retrouvé. »

      Luc 16

      1 Jésus dit encore à ses *disciples : —Un grand propriétaire avait un gérant. On vint lui dénoncer sa conduite car il gaspillait ses biens.
      2 Le maître le fit appeler et lui dit : « Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Remets-moi les comptes de ta gestion, car tu ne continueras pas à gérer mes affaires. »
      3 Le gérant se dit : « Que vais-je faire, puisque mon maître m’enlève la gestion de ses biens ? Travailler comme ouvrier agricole ? Je n’en ai pas la force. Me mettre à mendier ? J’en aurais honte.
      4 Ah ! je sais ce que je vais faire pour que des gens me reçoivent chez eux lorsque j’aurai perdu ma place. »
      5 Là-dessus, il fait venir un à un tous les débiteurs de son maître. Il dit au premier : « Combien dois-tu à mon maître ? »
      6 « Quarante hectolitres d’huile d’olive », lui répond celui-ci. « Voici ta reconnaissance de dette, lui dit le gérant, assieds-toi là, dépêche-toi et inscris vingt hectolitres. »
      7 Ensuite il dit à un autre : « Et toi, combien dois-tu ? » « Cinq cents sacs de blé. » « Prends ta reconnaissance de dette, reprend le gérant, et inscris-en quatre cents. »
      8 Le maître admira l’habileté avec laquelle ce gérant malhonnête s’y était pris. En effet, ceux qui vivent pour ce monde sont plus avisés dans leurs affaires avec leurs semblables que les enfants de la lumière.
      9 Et moi je vous déclare : Si vous avez de ces richesses entachées d’injustice, utilisez-les pour vous faire des amis. Ainsi, le jour où elles vous échapperont, ils vous accueilleront dans les demeures éternelles.
      10 Si quelqu’un est fidèle dans les petites choses, on peut aussi lui faire confiance pour ce qui est important. Mais celui qui n’est pas fidèle dans les petites choses ne l’est pas non plus pour ce qui est important.
      11 Si donc vous n’avez pas été fidèles dans la gestion des richesses injustes, qui vous confiera les véritables ?
      12 Si vous n’avez pas été fidèles dans la gestion du bien d’autrui, qui vous donnera celui qui vous est personnellement destiné ?
      13 —Aucun serviteur ne peut être en même temps au service de deux maîtres. En effet, ou bien il détestera l’un et aimera l’autre ; ou bien il sera dévoué au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir en même temps Dieu et l’Argent.
      14 En entendant toutes ces recommandations, les *pharisiens, qui étaient très attachés à l’argent, se moquaient de Jésus.
      15 Mais il leur dit : —Vous, vous êtes des gens qui veulent se faire passer pour justes aux yeux de tout le monde, mais Dieu connaît le fond de votre cœur. Ce qui est en haute estime parmi les hommes, Dieu l’a en horreur.
      16 —L’époque de la *Loi et des *prophètes va jusqu’à Jean-Baptiste ; depuis qu’il est venu, le *royaume de Dieu est annoncé, et chacun use de violence pour y entrer.
      17 —Il serait plus facile au ciel et à la terre de disparaître qu’à un trait de lettre de la Loi.
      18 —Celui qui divorce d’avec sa femme et se remarie commet un adultère, et celui qui épouse une femme divorcée d’avec son mari commet un adultère.
      19 —Il y avait un homme riche, toujours vêtu d’habits coûteux et raffinés. Sa vie n’était chaque jour que festins et plaisirs.
      20 Un pauvre, nommé Lazare, se tenait couché devant le portail de sa villa, le corps couvert de plaies purulentes.
      21 Il aurait bien voulu calmer sa faim avec les miettes qui tombaient de la table du riche. Les chiens mêmes venaient lécher ses plaies.
      22 Le pauvre mourut, et les *anges l’emportèrent auprès d’*Abraham. Le riche mourut à son tour, et on l’enterra.
      23 Du séjour des morts, où il souffrait cruellement, il leva les yeux et aperçut, très loin, Abraham, et Lazare à côté de lui.
      24 Alors il s’écria : « Abraham, mon père, aie pitié de moi ! Envoie donc Lazare, qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue, car je souffre horriblement dans ces flammes. »
      25 Mais Abraham lui répondit : « Mon fils, souviens-toi de combien de bonnes choses tu as joui pendant ta vie, tandis que Lazare n’a connu que des malheurs. A présent, ici, c’est lui qui est consolé, tandis que toi, tu es dans les tourments.
      26 De plus, il y a maintenant un immense abîme entre nous et vous et, même si on le voulait, on ne pourrait ni le franchir pour aller d’ici vers vous, ni le traverser pour venir de chez vous ici. »
      27 « Dans ce cas, dit alors le riche, je t’en conjure, père, envoie au moins Lazare dans la maison de mon père,
      28 car j’ai cinq frères ; qu’il les avertisse pour qu’ils n’aboutissent pas, eux aussi, dans ce lieu de tourments. »
      29 « Tes frères ont les écrits de *Moïse et des *prophètes, lui répondit *Abraham ; qu’ils les écoutent ! »
      30 « Non, père Abraham, reprit l’autre. Mais si quelqu’un revient du séjour des morts et va les trouver, ils *changeront. »
      31 Mais Abraham répliqua : « S’ils n’écoutent ni Moïse ni les prophètes, ils ne se laisseront pas davantage convaincre par un mort revenant à la vie ! »

      Luc 17

      1 Jésus dit à ses *disciples : —Il est inévitable qu’il y ait pour les hommes des occasions de pécher, mais malheur à celui qui provoque la chute de quelqu’un.
      2 Mieux vaudrait pour lui être précipité dans le lac avec une pierre de meule attachée au cou que de provoquer la chute de l’un de ces plus petits.
      3 Prenez donc bien garde à vous-mêmes ! —Si ton frère s’est rendu coupable d’une faute, reprends-le et, s’il change d’attitude, pardonne-lui.
      4 Et même s’il se rend coupable à ton égard sept fois au cours de la même journée, et que sept fois il vienne te trouver en disant qu’il change d’attitude, pardonne-lui.
      5 Les *apôtres dirent au Seigneur : —Augmente notre foi.
      6 —Si vraiment vous aviez la foi, leur répondit le Seigneur, même aussi petite qu’une graine de moutarde, vous pourriez commander à ce mûrier-là : « Arrache tes racines du sol et va te planter dans la mer » et il vous obéirait.
      7 —Supposons que l’un de vous ait un serviteur occupé à labourer ou à garder le troupeau. En le voyant rentrer des champs, lui direz-vous : « Viens vite, assieds-toi à table » ?
      8 Ne lui direz-vous pas plutôt : « Prépare-moi mon dîner, mets-toi en tenue pour me servir, jusqu’à ce que j’aie fini de manger et de boire ; ensuite tu mangeras et tu boiras à ton tour » ?
      9 Le maître doit-il une reconnaissance particulière à cet esclave parce qu’il a fait ce qui lui était commandé ? Bien sûr que non !
      10 Il en est de même pour vous. Quand vous aurez fait tout ce qui vous est commandé, dites : « Nous ne sommes que des serviteurs sans mérite particulier ; nous n’avons fait que notre devoir. »
      11 Alors qu’il se rendait à *Jérusalem, Jésus longea la frontière entre la Samarie et la *Galilée.
      12 A l’entrée d’un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre ; ils s’arrêtèrent à distance
      13 et se mirent à le supplier à haute voix : —Jésus, Maître, aie pitié de nous !
      14 Jésus les vit et leur dit : —Allez vous montrer aux *prêtres ! Pendant qu’ils y allaient, ils furent guéris.
      15 L’un d’eux, quand il se rendit compte qu’il était guéri, revint sur ses pas en louant Dieu à pleine voix.
      16 Il se prosterna aux pieds de Jésus, face contre terre, et le remercia. Or, c’était un *Samaritain.
      17 Alors Jésus dit : —Ils sont bien dix qui ont été guéris, n’est-ce pas ? Où sont donc les neuf autres ?
      18 Il ne s’est donc trouvé personne d’autre que cet étranger pour revenir louer Dieu ?
      19 Puis, s’adressant à ce Samaritain, il lui dit : —Relève-toi, et va : parce que tu as eu foi en moi, tu es sauvé.
      20 Un jour, les *pharisiens lui demandèrent quand arriverait le *royaume de Dieu. Jésus leur répondit : —Le royaume de Dieu ne viendra pas de façon visible.
      21 On ne dira pas : « Venez, il est ici », ou : « Il est là », car, notez-le bien, le royaume de Dieu est parmi vous.
      22 Puis il s’adressa à ses disciples : —Le temps viendra où vous désirerez ardemment être avec le *Fils de l’homme, ne fût-ce qu’un seul jour, mais vous ne le pourrez pas.
      23 —Alors on vous dira : « Le Christ est ici ! » ou « Il est là ! » N’y allez pas ! Ne vous y précipitez pas !
      24 L’éclair jaillit d’un point du ciel et l’illumine d’un bout à l’autre. Ainsi en sera-t-il du Fils de l’homme en son Jour.
      25 Mais il faut d’abord qu’il endure beaucoup de souffrances et qu’il soit rejeté par les gens de notre temps.
      26 —Le jour où le Fils de l’homme reviendra, les choses se passeront comme au temps de *Noé :
      27 les gens mangeaient, buvaient, se mariaient et étaient donnés en mariage, jusqu’au jour où Noé entra dans le bateau. Alors vint le déluge qui les fit tous périr.
      28 C’est encore ce qui est arrivé du temps de Loth : les gens mangeaient, buvaient, achetaient, vendaient, plantaient, bâtissaient.
      29 Mais le jour où Loth sortit de *Sodome, une pluie de feu et de soufre tomba du ciel et les fit tous périr.
      30 Il en sera de même le jour où le Fils de l’homme apparaîtra.
      31 En ce jour-là, si quelqu’un est sur le toit en terrasse de sa maison, qu’il n’en descende pas pour prendre les affaires qu’il aura laissées en bas ; de même, que celui qui se trouvera dans les champs ne retourne pas chez lui.
      32 Rappelez-vous ce qui est arrivé à la femme de Loth.
      33 Celui qui cherchera à préserver sa vie, la perdra ; mais celui qui la perdra, la conservera.
      34 Cette nuit-là, je vous le dis, deux personnes seront couchées dans un même lit : l’une sera emmenée, l’autre sera laissée.
      35 Deux femmes seront en train de tourner ensemble la pierre de meule : l’une sera emmenée, l’autre laissée. [
      36 Deux hommes seront dans un champ : l’un sera emmené, l’autre laissé. ]
      37 Alors les *disciples lui demandèrent : —Où cela se passera-t-il, Seigneur ? Il leur répondit : —Là où sera le cadavre, là se rassembleront les vautours.

      Luc 18

      1 Pour montrer qu’il est nécessaire de prier constamment, sans jamais se décourager, Jésus raconta à ses *disciples la *parabole suivante :
      2 —Il y avait dans une ville un juge qui ne révérait pas Dieu et n’avait d’égards pour personne.
      3 Il y avait aussi, dans cette même ville, une veuve qui venait constamment le trouver pour lui dire : « Défends mon droit contre mon adversaire. »
      4 Pendant longtemps, il refusa. Mais il finit par se dire : « J’ai beau ne pas révérer Dieu et ne pas me préoccuper des hommes,
      5 cette veuve m’ennuie ; je vais donc lui donner gain de cause pour qu’elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête. »
      6 Le Seigneur ajouta : —Notez bien comment ce mauvais juge réagit.
      7 Alors, pouvez-vous supposer que Dieu ne défendra pas le droit de ceux qu’il a choisis et qui crient à lui jour et nuit, et qu’il tardera à leur venir en aide ?
      8 Moi je vous dis qu’il défendra leur droit promptement. Seulement, lorsque le *Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il encore la foi sur la terre ?
      9 Il raconta aussi une parabole pour ceux qui étaient convaincus d’être justes et méprisaient les autres :
      10 —Deux hommes montèrent au *Temple pour prier : un *pharisien et un *collecteur d’impôts.
      11 Le pharisien, debout, faisait intérieurement cette prière : « O Dieu, je te remercie de ne pas être avare, malhonnête et adultère comme les autres hommes, et en particulier comme ce collecteur d’impôts là-bas.
      12 Moi, je jeûne deux jours par semaine, je donne dix pour cent de tous mes revenus. »
      13 Le collecteur d’impôts se tenait dans un coin retiré, et n’osait même pas lever les yeux au ciel. Mais il se frappait la poitrine et murmurait : « O Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! »
      14 Je vous l’assure, c’est ce dernier et non pas l’autre qui est rentré chez lui déclaré juste par Dieu. Car celui qui s’élève sera abaissé ; celui qui s’abaisse sera élevé.
      33 Et après l’avoir battu à coups de fouet, on le mettra à mort. Puis, le troisième jour, il ressuscitera.

      Luc 19

      1 Jésus entra dans la ville de *Jéricho et la traversa.
      2 Or, il y avait là un nommé Zachée. Il était chef des *collecteurs d’impôts, et riche.
      3 Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était petit.
      4 Alors il courut en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là.
      5 Lorsque Jésus fut parvenu à cet endroit, il leva les yeux et l’interpella : —Zachée, dépêche-toi de descendre, car c’est chez toi que je dois aller loger aujourd’hui.
      6 Zachée se dépêcha de descendre et reçut Jésus avec joie.
      7 Quand les gens virent cela, il y eut un murmure d’indignation. Ils disaient : —Voilà qu’il s’en va loger chez ce pécheur !
      8 Mais Zachée se présenta devant le Seigneur et lui dit : —Ecoute, Maître, je donne la moitié de mes biens aux pauvres et, si j’ai pris trop d’argent à quelqu’un, je lui rends quatre fois plus.
      9 Jésus lui dit alors : —Aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison, parce que cet homme est, lui aussi, un fils d’*Abraham.
      10 Car le *Fils de l’homme est venu chercher et amener au salut ce qui était perdu.
      12 Voici donc ce qu’il dit : —Un homme de famille noble était sur le point de partir pour un pays lointain afin d’y être officiellement nommé roi, avant de revenir ensuite dans ses Etats.
      13 Il convoqua dix de ses serviteurs et leur remit, à chacun, une pièce d’or. Puis il leur recommanda : « Faites fructifier cet argent jusqu’à mon retour ! »
      14 Mais cet homme était détesté par les habitants de son pays. Aussi, ils envoyèrent, derrière lui, une délégation chargée de dire : « Nous ne voulons pas que cet homme-là règne sur nous ! »
      15 Après avoir été nommé roi, il revint dans son pays et fit appeler les serviteurs auxquels il avait confié l’argent. Il voulait savoir ce qu’ils en avaient retiré.
      16 Le premier se présenta et dit : « Seigneur, ta pièce d’or en a rapporté dix autres. »
      17 « C’est bien, lui dit le maître, tu es un bon serviteur ! Tu t’es montré fidèle dans une petite affaire. Je te nomme gouverneur de dix villes. »
      18 Le deuxième s’approcha et dit : « Seigneur, ta pièce d’or en a rapporté cinq autres. »
      19 Le maître lui dit : « Eh bien, je te confie le gouvernement de cinq villes. »
      20 Finalement, un autre vint et dit : « Seigneur, voici ta pièce d’or ; je l’ai gardée enveloppée dans un mouchoir.
      21 En effet, j’avais peur de toi, parce que tu es un homme sévère ; tu retires de l’argent que tu n’as pas placé, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé. »
      22 « Vaurien ! dit le maître, tu viens de prononcer ta propre condamnation. Tu savais que je suis un homme sévère, qui retire de l’argent que je n’ai pas placé et qui moissonne ce que je n’ai pas semé.
      23 Pourquoi alors n’as-tu pas déposé mon argent à la banque ? A mon retour, je l’aurais retiré avec les intérêts. »
      24 Puis il ordonna à ceux qui étaient là : « Retirez-lui cette pièce d’or et donnez-la à celui qui en a dix ! »
      25 « Mais, Seigneur, lui firent-ils remarquer, il a déjà dix pièces ! »
      26 « Eh bien, je vous le déclare, à celui qui a, on donnera encore, mais à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a.
      27 D’autre part, amenez-moi ici mes ennemis qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, et qu’on les mette à mort devant moi. »

      Luc 21

      1 En regardant autour de lui, Jésus vit des riches qui mettaient leurs dons dans le tronc.
      2 Il aperçut aussi une pauvre veuve qui y glissait deux petites pièces.
      3 Il dit alors : —En vérité, je vous l’assure, cette pauvre veuve a donné bien plus que tous les autres,
      4 car tous ces gens ont seulement donné de leur superflu. Mais elle, elle a pris sur son nécessaire, et a donné tout ce qu’elle avait pour vivre.
      5 Certains parlaient du *Temple : « Avec ses belles pierres et les beaux objets déposés en offrandes, il est magnifique », disaient-ils. Jésus leur dit :
      6 —Il viendra un temps où tout ce que vous regardez sera détruit ; pas une pierre ne restera sur une autre.
      7 —Maître, lui demandèrent-ils alors, quand cela se produira-t-il et à quel signe reconnaîtra-t-on que tous ces événements devront avoir lieu ?
      8 Jésus leur dit : —Faites attention, ne vous laissez pas induire en erreur. Car plusieurs viendront sous mon nom en disant : « C’est moi le *Messie ! » ou encore : « Le temps est venu ! » Ne les suivez pas !
      9 Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas. Car tout cela doit arriver d’abord ; mais la fin du monde ne viendra pas aussitôt après.
      10 Puis il ajouta : —On verra se dresser une nation contre une nation, un royaume contre un autre.
      11 Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies séviront ; des phénomènes terrifiants se produiront et, dans le ciel, des signes extraordinaires apparaîtront.
      12 —Mais, auparavant, on se saisira de vous, on vous persécutera, on vous traduira devant les autorités religieuses juives et vous serez jetés en prison. A cause de moi, vous serez traînés devant des rois et des gouverneurs.
      13 Ces choses vous arriveront pour vous donner l’occasion d’apporter un témoignage.
      14 Ayez donc cette ferme conviction : vous n’aurez pas à vous préoccuper de votre défense.
      15 C’est moi, en effet, qui vous donnerai des paroles qu’aucun de vos adversaires ne pourra réfuter, et une sagesse à laquelle personne ne pourra résister.
      16 Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, vos proches et vos amis, qui feront mettre à mort plusieurs d’entre vous.
      17 Tout le monde vous haïra à cause de moi.
      18 Mais pas un seul cheveu de votre tête ne se perdra.
      19 En tenant bon, vous parviendrez au salut.
      20 —Quand vous verrez des armées ennemies encercler *Jérusalem, sachez que sa destruction est imminente.
      21 Alors, que les habitants de la *Judée s’enfuient dans les montagnes. Que ceux qui se trouveront dans Jérusalem s’empressent d’en sortir. Que ceux qui seront dans les champs ne rentrent pas dans la ville !
      22 Ces jours-là, en effet, seront des jours de châtiment où tout ce que disent les Ecritures s’accomplira.
      23 Malheur, en ces jours-là, aux femmes enceintes et à celles qui allaitent ! Car ce pays connaîtra une terrible épreuve et le jugement s’abattra sur ce peuple.
      24 Ses habitants seront passés au fil de l’épée ou déportés dans tous les pays étrangers, et Jérusalem sera occupée par les païens jusqu’à ce que le temps de leur domination soit révolu.
      25 —Il y aura des signes extraordinaires dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur la terre, les peuples seront paralysés de frayeur devant le fracas d’une mer démontée.
      26 Plusieurs mourront de peur dans l’appréhension des malheurs qui frapperont le monde entier, car les puissances célestes seront ébranlées.
      27 Alors on verra le *Fils de l’homme venir dans les nuées avec beaucoup de puissance et de gloire.
      28 Quand ces événements commenceront à se produire, levez la tête et prenez courage, car alors votre délivrance sera proche.
      29 Il ajouta cet exemple : —Prenez le figuier, ou n’importe quel autre arbre.
      30 Il vous suffit de voir que les bourgeons commencent à pousser, et vous savez que l’été est proche.
      31 De même, quand vous verrez ces événements se produire, sachez que le *royaume de Dieu est proche.
      32 Vraiment, je vous assure que cette génération-ci ne passera pas avant que tout ne commence à se réaliser.
      33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront jamais.
      34 Prenez garde à vous-mêmes pour que vos esprits ne s’alourdissent pas à force de trop bien manger, de trop boire et de vous tracasser pour les choses de la vie, sinon ce grand jour vous surprendra tout à coup.
      35 Car il s’abattra comme un filet sur tous les habitants de la terre.
      36 Restez sur vos gardes et priez sans relâche que Dieu vous donne la force d’échapper à tout ce qui doit arriver et de vous présenter debout devant le Fils de l’homme.
      37 Jésus passait ses journées à enseigner dans la cour du Temple ; ensuite, il sortait de la ville et passait la nuit sur la colline appelée « mont des Oliviers ».
      38 Dès le point du jour, tout le peuple affluait vers lui, dans la cour du Temple, pour l’écouter.

      Luc 22

      34 —Pierre, reprit Jésus, je te l’assure : aujourd’hui même, avant que le coq ne chante, tu auras, par trois fois, nié de me connaître.

      Luc 23

      39 L’un des deux criminels attaché à une croix l’insultait en disant : —N’es-tu pas le Messie ? Alors sauve-toi toi-même, et nous avec !
      40 Mais l’autre lui fit des reproches en disant : —Tu n’as donc aucun respect de Dieu, toi, et pourtant tu subis la même peine ?
      41 Pour nous, ce n’est que justice : nous payons pour ce que nous avons fait ; mais celui-là n’a rien fait de mal.
      42 Puis il ajouta : —Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras régner.
      43 Et Jésus lui répondit : —Vraiment, je te l’assure : aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis.

      Luc 24

      13 Le même jour, deux disciples se rendaient à un village nommé Emmaüs, à une douzaine de kilomètres de *Jérusalem.
      14 Ils s’entretenaient de tous ces événements.
      15 Pendant qu’ils échangeaient ainsi leurs propos et leurs réflexions, Jésus lui-même s’approcha d’eux et les accompagna.
      16 Mais leurs yeux étaient incapables de le reconnaître.
      17 Il leur dit : —De quoi discutez-vous en marchant ? Ils s’arrêtèrent, l’air attristé.
      18 L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit : —Es-tu le seul parmi ceux qui séjournent à Jérusalem qui ne sache pas ce qui s’y est passé ces jours-ci ?
      19 —Quoi donc ? leur demanda-t-il. —Ce qui est arrivé à Jésus de *Nazareth. C’était un *prophète qui agissait et parlait avec puissance, devant Dieu et devant tout le peuple.
      20 Nos chefs des *prêtres et nos dirigeants l’ont livré aux Romains pour le faire condamner à mort et clouer sur une croix.
      21 Nous avions espéré qu’il était celui qui devait délivrer *Israël. Mais hélas ! Voilà déjà trois jours que tout cela est arrivé.
      22 Il est vrai que quelques femmes de notre groupe nous ont fort étonnés. Elles sont allées au tombeau très tôt ce matin,
      23 mais elles n’ont pas trouvé son corps et sont venues raconter qu’elles ont vu apparaître des *anges qui leur ont assuré qu’il est vivant.
      24 Là-dessus, quelques-uns de ceux qui étaient avec nous se sont aussi rendus au tombeau ; ils ont bien trouvé les choses telles que les femmes les ont décrites ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. Alors Jésus leur dit :
      25 —Ah ! hommes sans intelligence ! Vous êtes bien lents à croire tout ce que les prophètes ont annoncé.
      26 Le Christ ne devait-il pas souffrir toutes ces choses avant d’entrer dans sa gloire ?
      27 Alors, commençant par les livres de *Moïse et parcourant tous ceux des prophètes, Jésus leur expliqua ce qui se rapportait à lui dans toutes les Ecritures.
      28 Entre-temps, ils arrivèrent près du village où ils se rendaient. Jésus sembla vouloir continuer sa route.
      29 Mais ils le retinrent avec une vive insistance en disant : —Reste donc avec nous ; tu vois : le jour baisse et le soir approche. Alors il entra dans la maison pour rester avec eux.
      30 Il se mit à table avec eux, prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, il le partagea et le leur donna.
      31 Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent... mais, déjà, il avait disparu.
      32 Et ils se dirent l’un à l’autre : —N’avons-nous pas senti comme un feu dans notre cœur pendant qu’il nous parlait en chemin et qu’il nous expliquait les Ecritures ?
      33 Ils se levèrent sur l’heure et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent les Onze réunis avec leurs compagnons.
      34 Tous les accueillirent par ces paroles : —Le Seigneur est réellement ressuscité, il s’est montré à *Simon.
      35 Alors les deux disciples racontèrent à leur tour ce qui leur était arrivé en chemin et comment ils avaient reconnu Jésus au moment où il avait partagé le pain.
      36 Pendant qu’ils s’entretenaient ainsi, Jésus lui-même se trouva au milieu d’eux et leur dit : —La paix soit avec vous.

      Actes 2

      22 Ecoutez bien, Israélites, ce que j’ai à vous dire. Vous le savez tous : Jésus de *Nazareth — cet homme dont Dieu vous a montré qu’il l’approuvait en accomplissant, par son moyen, au milieu de vous des miracles, des signes et des actes extraordinaires —
      23 a été livré entre vos mains conformément à la décision que Dieu avait prise et au projet qu’il avait établi d’avance. Et vous, vous l’avez tué en le faisant crucifier par des hommes qui ne connaissent pas Dieu.
      24 Mais Dieu a brisé les liens de la mort : il l’a ressuscité, car il était impossible que la mort le retienne captif.

      Actes 3

      13 Non, c’est le Dieu d’*Abraham, d’*Isaac et de *Jacob, le Dieu de nos ancêtres, qui vient ici de manifester la gloire de son serviteur Jésus — ce Jésus que vous avez livré à *Pilate et renié devant lui alors qu’il était décidé de le remettre en liberté.

      Actes 7

      38 Lorsque le peuple était rassemblé au désert, c’est encore lui qui servit d’intermédiaire entre l’ange qui lui parlait sur le mont Sinaï et nos ancêtres. Il reçut de Dieu des paroles de vie pour nous les transmettre.

      Actes 8

      1 Saul avait donné son approbation à l’exécution d’Etienne. A partir de ce jour-là, une violente persécution se déchaîna contre l’Eglise de *Jérusalem ; tous les croyants se dispersèrent à travers la *Judée et la Samarie, à l’exception des *apôtres.
      2 Quelques hommes pieux enterrèrent Etienne et le pleurèrent beaucoup.
      3 Quant à Saul, il cherchait à détruire l’Eglise, allant de maison en maison pour en arracher les croyants, hommes et femmes, et les jeter en prison.
      4 Les croyants qui s’étaient dispersés parcouraient le pays, en proclamant le message de la Bonne Nouvelle.
      5 Philippe se rendit dans la capitale de la Samarie et prêcha le Christ à la population.
      6 Elle se montra tout entière très attentive à ses paroles en l’entendant et en voyant les signes miraculeux qu’il accomplissait.
      7 En effet, beaucoup de personnes qui avaient des démons en elles en furent délivrées ; ils sortaient d’elles en poussant de grands cris, et de nombreux paralysés et des infirmes furent guéris.
      8 Aussi, toute la ville était-elle dans une grande joie.
      9 Or, depuis quelque temps, un homme nommé *Simon s’était établi dans la ville et y exerçait la magie. Il émerveillait le peuple de Samarie et prétendait être un grand personnage.
      10 Toute la population, du plus petit jusqu’au plus grand, lui accordait donc une grande attention. —Cet homme, disaient-ils, est la puissance même de Dieu, celle qu’on appelle la « Grande Puissance ».
      11 S’ils s’attachaient ainsi à lui, c’était parce que, depuis assez longtemps, il les étonnait par ses actes de magie.
      12 Mais quand ils crurent Philippe qui leur annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu et de Jésus-Christ, ils se firent baptiser, tant les hommes que les femmes.
      13 Simon lui-même crut et fut baptisé. Dès lors, il ne quittait plus Philippe, émerveillé par les signes miraculeux et les prodiges extraordinaires qui s’accomplissaient sous ses yeux.
      14 Quand les *apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que les *Samaritains avaient accepté la Parole de Dieu, ils déléguèrent auprès d’eux Pierre et Jean.
      15 Dès leur arrivée, ceux-ci prièrent pour les nouveaux *disciples afin qu’ils reçoivent le Saint-Esprit.
      16 En effet, il n’était encore descendu sur aucun d’eux : ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus.
      17 Pierre et Jean leur imposèrent donc les mains et ils reçurent l’Esprit Saint.
      18 Simon vit que l’Esprit Saint était donné aux croyants quand les apôtres leur imposaient les mains. Alors il leur proposa de l’argent
      19 et leur dit : —Donnez-moi aussi ce pouvoir pour que ceux à qui j’imposerai les mains reçoivent l’Esprit Saint.
      20 Mais Pierre lui répondit : —Que ton argent périsse, et toi avec lui, puisque tu t’es imaginé qu’on pouvait se procurer le don de Dieu avec de l’argent !
      21 Tu n’as ni part ni droit dans cette affaire, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu.
      22 Détourne-toi donc du mal qui est en toi, et demande au Seigneur de te pardonner, s’il est possible, d’avoir eu de telles intentions dans ton cœur.
      23 Car, à ce que je vois, tu es rempli d’amertume et de méchanceté et tu es captif du mal.
      24 Alors Simon demanda à Pierre et Jean : —Priez vous-mêmes le Seigneur pour moi : qu’il ne m’arrive rien de ce que vous avez dit.
      25 Pierre et Jean continuèrent à rendre témoignage à Jésus-Christ en annonçant la Parole du Seigneur, puis ils retournèrent à Jérusalem, tout en annonçant la Bonne Nouvelle dans un grand nombre de villages samaritains.
      26 Un *ange du Seigneur s’adressa à Philippe et lui dit : —Lève-toi, pars en direction du sud, prends la route qui descend de Jérusalem à Gaza, celle qui est déserte.
      27 Il se leva immédiatement et se mit en route. Et voici qu’il rencontra un haut dignitaire éthiopien, administrateur des biens de Candace, reine d’Ethiopie. Cet homme était venu à Jérusalem pour adorer Dieu.
      28 Il était sur le chemin du retour, et, assis dans son char, il lisait à haute voix un passage du *prophète *Esaïe.
      29 L’Esprit dit à Philippe : —Avance jusqu’à ce char et marche à côté de lui.
      30 Philippe courut et entendit l’Ethiopien lire dans le prophète Esaïe. Alors il lui demanda : —Comprends-tu ce que tu lis ?
      31 —Comment le pourrais-je, répondit-il, si je n’ai personne pour me l’expliquer ? Et il invita Philippe à monter s’asseoir à côté de lui.
      32 Or, il était en train de lire ce passage de l’Ecriture : Comme un mouton que l’on conduit à l’abattoir, comme un agneau muet devant ceux qui le tondent, il n’a pas dit un mot.
      33 Il a été humilié et n’a pas obtenu justice. Qui racontera sa descendance ? Car sa vie sur la terre a été supprimée.
      34 L’Ethiopien demanda à Philippe : —Explique-moi, s’il te plaît : de qui est-il question ? Est-ce de lui-même que le prophète parle, ou de quelqu’un d’autre ?
      35 Alors Philippe prit la parole et, partant de ce texte, lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus.
      36 En continuant leur route, ils arrivèrent près d’un point d’eau. Alors, le dignitaire s’écria : —Voici de l’eau ; qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? [
      37 —Si tu crois de tout ton cœur, tu peux être baptisé. —Oui, répondit le dignitaire, je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. ]
      38 Aussitôt, il donna l’ordre d’arrêter le char ; Philippe et le dignitaire descendirent tous deux dans l’eau et Philippe le baptisa.
      39 Quand ils sortirent de l’eau, l’Esprit du Seigneur enleva Philippe, et le dignitaire ne le vit plus. Celui-ci poursuivit sa route, le cœur rempli de joie.
      40 Philippe se retrouva à Asdod, d’où il se rendit à *Césarée en annonçant la Bonne Nouvelle dans toutes les localités qu’il traversait.

      Actes 10

      39 Nous sommes les témoins de tout ce qu’il a fait, dans le pays des Juifs et à *Jérusalem, où ils l’ont mis à mort en le clouant à la croix.

      Actes 13

      27 En effet, les habitants de Jérusalem et leurs chefs n’ont compris ni qui était Jésus, ni les paroles des *prophètes qui sont lues chaque jour de *sabbat. Et voici qu’en condamnant Jésus, ils ont accompli ces prophéties.

      Actes 21

      8 Dès le lendemain, nous sommes repartis par la route pour *Césarée. Nous nous sommes rendus à la maison de Philippe, l’évangéliste — c’était l’un des sept hommes que l’on avait élus à Jérusalem —, et nous avons logé chez lui.

      Galates 3

      1 O Galates insensés ! Qui vous a envoûtés ainsi ? Pourtant, la mort de Jésus-Christ sur la croix a été clairement dépeinte à vos yeux.

      1 Thessaloniciens 4

      13 Nous ne voulons pas, frères, vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui sont décédés, afin que vous ne soyez pas tristes de la même manière que le reste des hommes, qui n’ont pas d’espérance.

      Hébreux 5

      12 En effet, après tout ce temps, vous devriez être des maîtres dans les choses de Dieu ; or vous avez de nouveau besoin qu’on vous enseigne les rudiments des paroles de Dieu. Vous en êtes venus au point d’avoir besoin, non de nourriture solide, mais de lait.

      1 Pierre 4

      11 Que celui qui parle transmette les paroles de Dieu. Que celui qui sert accomplisse sa tâche avec la force que Dieu donne. Agissez en toutes ces choses de manière à ce que la gloire revienne à Dieu par Jésus-Christ, à qui appartiennent la gloire et la puissance pour l’éternité. *Amen !
    • Ajouter une colonne
Update Required To play the media you will need to either update your browser to a recent version or update your Flash plugin pour Firefox & Safari - Flash plugin pour Opera & Chrome.