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ÉVANGILES SYNOPTIQUES (4.)

IV Solution d'ensemble.

Il y faut, en effet, une solution d'ensemble. Comme on vient de le voir, aucune des théories systématiques ne peut seule embrasser tous les aspects opposés du problème. Si la tradition orale ou des documents multiples eussent été trop éparpillés pour produire le plan uniforme des synoptiques, par contre un évangile, primitif eût été trop uniforme pour produire leurs innombrables variantes. Toutefois, chacune de ces explications avait le mérite de préparer des matériaux utiles à la construction générale, dont les grandes lignes réalisent de plus en plus l'accord des théologiens : désormais la critique est presque unanime à reconnaître leur valeur primordiale aux « deux sources », c'est-à-dire aux deux écrits originaux qui constituent les fondations de tout l'édifice synoptique.

1. LES DEUX SOURCES PRINCIPALES

Ces deux écrits correspondent à deux témoignages d'un vieil ouvrage en cinq livres : Explications des paroles du Seigneur, composé par l'évêque d'Hiéra-polis en Phrygie, Papias, sans doute avant l'an 150 ; on n'en connaît plus que quelques maigres fragments conservés par divers auteurs, et c'est Eusèbe de Césarée (Mort en 340) qui cite les deux passages relatifs à l'origine des évangiles de Marc et de Matthieu (H.E., III 39:36). Notons pour le moment que l'ordre dans lequel se présentent ici ces deux oeuvres est celui de leur apparition dans notre étude du problème, et ne préjuge pas de l'ordre historique de leur composition, car il faudra rechercher si et dans quelle mesure les deux « sources » premières coïncident avec la forme actuelle du Mr et du Matthieu canoniques.

L'évangile de Marc. « Marc, étant devenu l'interprète de Pierre, écrivit exactement, quoique sans ordre, tout ce qu'il se rappelait de ce qu'avait dit ou avait fait le Christ... » Tel est le renseignement que Papias déclare tenir du presbytre Jean, c'est-à-dire d'un chrétien âgé de la génération qui l'avait précédé (voir le passage complet de Papias dans l'article Marc, évangile de).

Oui, en un certain sens il est donc vrai qu'un des synoptiques a été l'évangile primitif, connu et reproduit dans de très fortes proportions par les deux suivants, parenté d'origine qui explique leurs ressemblances de détails et la suite de la synopse. Mais cet évang, le plus ancien n'est pas, comme on le crut si longtemps avec Augustin, celui de Matthieu : c'est celui de Marc. Or l'évangile de Marc en retenant, suivant le mot de Papias, « ce que le Christ avait dit ou fait », et en le retenant d'après les souvenirs de Pierre, qui était homme de coeur et d'action plutôt que de pensée, s'était attaché aux actes du Seigneur plus encore qu'à ses paroles. L'évangile de Marc nous met en présence du Christ actif, à la fois serviteur participant à la nature humaine et Maître tout-puissant de la nature et de la créature, donnant volontairement sa vie en rançon pour les pécheurs. On trouvera la démonstration de ce point de vue, ainsi que de son caractère pittoresque, vivant et vibrant, dans l'art, consacré à cet évangile ; devant nous borner ici à ses relations synoptiques, notons seulement que ce sont ces qualités mêmes qui lui ont valu de devenir un document narratif de premier ordre et d'entrer dans la tradition synoptique à titre de source principale.

A. La priorité de Marc, c'est-à-dire l'antériorité de cet évang, par rapport aux deux autres, ressort de plus en plus probable, et finalement incontestable, d'une étude comparée de détail et d'ensemble.

(a) Au point de vue de la rédaction. Le style de Mr est le plus primitif, souvent gauche et rude, presque toujours amélioré dans Luc et dans Matthieu Il renferme plusieurs citations de mots araméens prononcés par Jésus (Mr 5:41 7:34 14:36), lesquels ne se trouvent pas dans les autres (à l'exception du cri du Sauveur en croix, conservé par Mt 27:46, parce que citation d'un Psaume) : on imagine fort bien les deux évang, les plus récents supprimant ces vocables qui perdaient de leur intérêt à mesure qu'on s'éloignait des faits, tandis qu'on ne pourrait se représenter Marc se plaisant à traduire le grec de Luc ou de Matthieu en araméen, pour en redonner aussitôt après la traduction grecque. Sa locution constante à propos de la résurrection de Jésus : « ... trois jours après » (Mr 8:31 9:31 10:34) est sans doute connue de Matthieu, qui la met une fois dans la bouche des prêtres (Mt 27:63) ; mais dans toutes les prédictions mêmes de Jésus, Matthieu ainsi que Luc la modifient en celle-ci : « le troisième jour » : (Mt 16:21 17:23 20:19, Luc 9:22 18:33) c'est donc une rectification ? on ne comprendrait pas, en sens inverse, que Marc eût changé en une formule discutable la formule plus strictement exacte qu'il eût trouvée chez les deux autres. Encore une correction : d'après Mr 2:26, David mangea les pains de proposition au temps du grand-prêtre Abiathar ; c'est un lapsus, explicable par la longue et intime association d'Abiathar avec David à partir justement de l'époque en question, mais le grand-prêtre était encore le père d'Abiathar, Ahimélec (1Sa 21:1-6,22:20 et suivants) ; aussi Matthieu et Luc qui dans le passage parallèle suivent à peu près mot à mot le texte de Marc en ont supprimé cette seule mention, l'ayant reconnue erronée. Ailleurs un terme hardi de Marc est adouci par Matthieu et par Luc ; le verbe de la phrase : « l'Esprit chassa Jésus au désert » (Mr 1:12, Vers. Syn. : poussa) devient : emmener, conduire (Mt 4:1, Luc 4:1) ; ici encore, on s'expliquerait mal la correction dans l'autre sens. La remarque un peu vague de Mr 1:30 à propos de la belle-mère de Pierre : « ils lui parlèrent d'elle », disparaît dans Mt 8:14, mais est définie par Luc 4:38 : « on le pria de la guérir » ; il est facile d'en comprendre la suppression par Matthieu s'il l'a jugée inutile, et la précision par Luc s'il l'a jugée ambiguë, mais comment supposer que Marc eût pris la peine de faire une addition à Matthieu ou une modification à Luc pour surajouter un renseignement aussi peu explicite ?

(b) Au point de vue des traits épisodiques. Bien que Marc soit l'évangile le plus court et le moins complet, chacun de ses épisodes pris séparément est presque toujours le plus long et le plus complet des trois (comp, les 20 versets de Mr 5:1-20 sur le démoniaque, aux 7 versets de Mt 8:28-34 et aux 14 de Luc 8:26,39 ; les 12 versets de Mr 2:1-12 sur le paralytique, aux 8 versets de Mt 9 et aux 10 de Luc 5, etc.). Dans ces parallèles, les éléments propres à Marc sont souvent des traits d'ordre descriptif qui auront paru sans intérêt aux autres évangélistes, comme le nom de Bartimée ou son manteau jeté par terre (Mr 10:50 et parallèle), ou des traits d'ordre psychologique qu'ils auront trouvés trop familiers, comme certaines indignations ou interrogations de Jésus (Mr 3:5 et parallèle ; Mr 10:14 et parallèle ; Mr 6:38 et parallèle ; Mr 9:21 et parallèle), ou comme le reproche qui lui est fait dans la barque : « Maître, cela ne te fait-il rien que nous périssions ? » et dont Matthieu et Luc font une prière : « Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! » (Mr 4:38, Mt 8:25, Luc 8:24). Dans plus de trente cas, une expression double de Marc due soit à son style ample et en parallélisme, soit à quelque nuance entre deux points de vue, n'a plus qu'un terme dans Matthieu et l'autre dans Luc ; p. ex. : « le soir venu, après le coucher du soleil » (Mr 1:32 Matthieu 8:16 a : le soir venu, Luc 4:40 : après le coucher du soleil) ; « mettre la lampe sous le boisseau ou sous le lit » (Mr 4:21 Matthieu 5:15 a : le boisseau, Luc 8:16 : le lit) ; « aujourd'hui, cette nuit même » (Mr 14:30 Matthieu 26:34 a : cette nuit même, Luc 22:34 : aujourd'hui) ; comment s'expliquerait-on, au cas où Marc fût venu le dernier, le souci qu'il se fût imposé d'aller si souvent relever ces pures vétilles dans les deux parallèles pour les additionner dans le sien, alors que par ailleurs, dans la même hypothèse, il eût abandonné à ses devanciers tant de passages de première importance ?

(c) Au point de vue du choix des récits. Les faits conservés par Marc seul n'ont pas en somme une grande portée ; ils auraient pu tomber sans guère appauvrir les traditions évangéliques, et pour chacun d'eux il est facile d'admettre que Matthieu et Luc même si nous ne retrouvons pas toujours leurs motifs déterminants, aient jugé inutile de les conserver : les deux guérisons de Mr 7:31 8:22 ont pu leur paraître un peu laborieuses, vulgaires aussi par l'emploi de la salive ; dans la recherche de Jésus par sa famille, où il est dit qu'il passait pour avoir perdu l'esprit (Mr 3:20 et suivant), il a pu sembler que ce dernier mot, assez choquant, se greffait sur une remarque non indispensable, puisque l'arrivée de sa mère et de ses frères est reprise plus loin (Mr 3:31 et parallèle) ; la parabole de la semence (Mr 4:26-29), d'un grand intérêt pour nous, a pu être considérée comme développant plus brièvement la même idée que celle du levain, ce qui permettait en tout cas à Matthieu (Mt 13) de s'en tenir pour les paraboles du Royaume au chiffre consacré de 7 ; la fuite du jeune homme nu (Mr 14:51) ne joue aucun rôle dans la Passion du Maître et pouvait aussi passer pour un peu trop familière. Le fait que tout le reste de l'évangile de Marc (à la réserve de quelques phrases dans les parallèles) se retrouve dans Matthieu ou dans Luc est un argument solide pour sa priorité ; cette découverte a été appelée « le fil d'Ariane » (Wellhausen) dans le dédale du problème synoptique. Sans doute ce fait fut d'abord interprété en sens inverse par la fameuse thèse du Marc abréviateur de Matthieu ; mais on voit maintenant combien serait inexplicable la suppression par Marc d'un nombre considérable de récits de grande valeur qu'il eût trouvés dans Matthieu et dans Luc.

(d) Au point de vue de la suite des récits L'argument le plus décisif est enfin l'ordre même de la synopse : toute la substance de Marc qui se retrouve donc à une trentaine de versets près dans les deux autres synoptiques, s'y retrouve disposée dans la même succession. Sans doute, il arrive (rarement) que Matthieu transpose certaines péricopes, mais alors l'ordre de Marc devient celui de Luc ; vice versa, lorsque la suite dans Luc s'écarte de celle de Marc alors celle de Matthieu lui est conforme. Ainsi, la synopse est établie soit par une succession de péricopes commune aux trois synoptiques, soit par une succession commune à deux d'entre eux contre le troisième, ce troisième unique pouvant être Matthieu ou Luc mais n'étant jamais Marc lequel est toujours d'accord à cet égard avec au moins l'un des deux autres. Plus encore : dès que Matthieu et Luc ne sont plus réunis par les sujets communs avec Marc ils sont indépendants l'un de l'autre en ce qui concerne les récits de faits (il en va tout autrement de leur accord sur les enseignements : voir plus loin, 2° Les « Logia »). Enfin l'étude comparée des accords de Luc et Matthieu contre Marc où celui-ci pourrait paraître au premier abord le moins primitif, n'ébranle pas, en fait, sa priorité, et ne pourrait faire supposer tout au plus, dans quelques cas sans importance, que de faibles retouches apportées à son texte après son utilisation par les deux autres synoptiques. De toutes ces constatations il résulte qu'il est tout naturel de concevoir comment le contenu de Marc a divergé, par quelques interversions occasionnelles, en deux plans indépendants entre eux : Matthieu et Luc--tandis qu'il serait pratiquement inconcevable que par une prodigieuse solution de « puzzle » les plans occasionnellement divergents de Matthieu et de Luc fussent venus converger en celui de Marc. B. Le Proto-Marc. La priorité de Marc évang, primitif utilisé par les deux autres, répond donc à certaines données fondamentales du problème : la suite de la synopse, les ressemblances générales et particulières entre les parallèles narratifs, et les identités de langue. Il restait encore à expliquer des différences, soit menues divergences entre passages communs, soit omissions par Luc ou Matthieu de tel important passage de Marc comme le récit de la retraite de Jésus à l'étranger (Mr 7:24-8:26, Mt 15:21-16:12) que Luc n'a pas conservé. Aussi certains savants ont-ils eu recours à des hypothèses complétant (mais plutôt compliquant) la priorité de Marc : celui-ci aurait été lui-même précédé d'une première recension, appelée pour cette raison proto-Marc, qui d'après les uns (A. Réville, etc.) aurait été plus riche que lui, et moins riche d'après les autres (Reuss, etc.), qui aurait pu avoir plusieurs formes successives avant de devenir le Marc canonique (Ful-liquet), ou bien ce dernier aurait été utilisé par Matthieu et Luc dans des éditions plus ou moins différentes (Stanton). Ces diverses théories de proto-Marc, dans leurs combinaisons d'ailleurs presque aussi nombreuses que leurs partisans, sont aujourd'hui passablement délaissées ; ce serait souvent reculer les difficultés, et les aggraver, que de décréter des modifications encore moins explicables entre les recensions successives d'un ouvrage donné, comme l'évangile de Marc qu'entre les ouvrages distincts de deux auteurs, comme ceux de Matthieu et de Luc. L'omission par Luc du passage indiqué plus haut, moins étrange chez l'évangéliste des païens si l'on y voit une retraite momentanée du Christ plutôt qu'une réelle mission en pays païen, et en général toutes les disparitions analogues dans Matthieu ou Luc de quelque passage de Marc peuvent fort bien avoir été voulues sans que nous en puissions deviner les motifs ; il importe au plus haut point de ne pas méconnaître la liberté de choix des évangélistes, leurs habitudes de composition, leurs buts appropriés aux lecteurs qu'ils voulaient atteindre, autant d'éléments de la psychologie des écrivains sacrés sur lesquels l'inspiration divine avait toute latitude de s'exercer aussi bien qu'éventuellement sur la rédaction antérieure d'un écrit employé par eux. Dès que l'évangile de Marc n'apparaît plus comme l'unique source de la tradition synoptique, l'utilité du proto-Marc se réduit dans la mesure même où d'autres sources peuvent avoir enrichi cette tradition d'éléments étrangers à Marc. La grande majorité des critiques voient donc dans l'oeuvre de Marc interprète de Pierre mentionnée par Papias, non pas un hypothétique proto-Marc mais l'évangile canonique lui-même, soit sous sa forme actuelle, soit sous une forme extrêmement analogue, et qui s'est maintenu dans la littérature chrétienne même après sa fusion dans Matthieu et dans Luc.

Dès lors s'explique la place considérable que les derniers jours de Jésus à Jérusalem occupent dans les synoptiques, et plus particulièrement dans Marc qui leur conserve 7 chapitres sur 16, plus du tiers de son livre : c'est que la passion du Seigneur, son procès, sa mort et sa résurrection, étaient le centre de la prédication des apôtres, (cf. Ac 2:22-24 3:13-15 10:39 13:27-31 etc.) et nous avons une sorte de procès-verbal abrégé de la prédication de Pierre à ce sujet dans la dernière partie de l'évangile de Marc qui devait être conservée intégralement, et complétée encore, par les deux autres synoptiques.

Les « Logia ».

Si l'on retranchait maintenant soit de Matthieu soit de Luc les matériaux venus de Marc que resterait-il ? Il resterait, en dehors d'une grande variété de fragments dissemblables, un nombre imposant de passages parallèles, dont quelques-uns d'une longueur et d'une valeur considérables, et consistant surtout en instructions, ou en incidents rattachés à des instructions. C'est dans ces enseignements communs à Matthieu et Luc que l'on retrouve la seconde des « deux sources », celle qu'on identifie avec le document auquel fait allusion encore un témoignage de Papias : « Matthieu composa (ou réunit) en langue hébraïque les Logia [du Seigneur], et chacun les traduisit comme il put. » Le mot grec Logia (prononcé loguià) , dérivé de logos (parole), désigne dans la langue classique les prédictions des oracles, et dans la langue biblique des LXX et du N.T. des déclarations plus ou moins solennelles, en général des paroles de Dieu, nos versions disent parfois : oracles de Dieu (Ps 12:7, Ac 7:38, Heb 5:12,1Pi 4:11) ; dans la langue ecclésiastique, comme dans l'ouvrage de Papias lui-même : Explications des « Logia » du Seigneur, ce terme ne s'applique pas exclusivement à des paroles, car les recueils ainsi nommés comportaient aussi de brefs récits des circonstances qui avaient provoqué ou accompagné lesdites paroles. Matthieu avait donc recueilli dans son livre les enseignements de Jésus dont l'autorité divine avait secoué ses auditeurs, soit qu'il les leur eût fait entendre au cours de simples conversations occasionnelles à propos des incidents quotidiens, soit qu'il les eût adressés à un public expressément assemblé pour l'écouter longuement. Marc s'était surtout attaché à ce que le Seigneur « avait fait », sans toutefois passer sous silence l'essentiel de ses instructions ; Matthieu, lui, sans négliger absolument ses actes, aurait conservé surtout ce qu'il « avait dit ».

A. Les « Logia » et Matthieu

Il suit de là que cet ouvrage de l'apôtre Matthieu, dont parle Papias, n'est pas notre évang, canonique de Matthieu

Il se composait surtout de paroles, tandis que notre évang, relate aussi, avec les enseignements un très grand nombre de faits.

Il était rédigé en « langue hébraïque », c-à-d, en araméen, idiome apparenté à l'hébreu et qui l'avait remplacé à l'époque de Jésus, tandis que le grec de notre évang, n'est pas celui d'une traduction.

Matthieu, apôtre, n'avait nul besoin d'emprunter des souvenirs à une oeuvre de seconde main, tandis que nous avons vu l'évangile de Matthieu dépendre étroitement, pour ses passages narratifs, de celui de Marc, lequel n'était pas des Douze. Cette dernière remarque est capitale : il suffit de lire attentivement, en regard l'un de l'autre, les passages communs à Marc et Matthieu, sans perdre de vue la priorité de Marc et le fait que Matthieu utilise ses récits--en les retouchant plus ou moins, --pour que les retouches de Matthieu fassent sauter aux yeux une conception plus majestueuse du Seigneur et de ses disciples, qui assigne à cet évang, un tout autre milieu d'origine peut-être, en tout cas une date plus tardive, qu'à la rédaction de Marc. Il nous paraît impossible d'en pousser tant soit peu la lecture comparée sans avoir à bientôt convenir de cette invraisemblance : comment l'un des Douze, le péager Matthieu, ancien employé de bureau, voulant écrire un évangile, en eût-il atténué principalement et souvent supprimé--lui, un témoin oculaire du ministère--justement la fraîcheur pittoresque, les traits pris sur le vif, retenus et dépeints dans Marc grâce à la mémoire visuelle et la vivacité de langage du témoin oculaire Simon Pierre ? De ce point de vue presque constant chez Matthieu, qui en fait un évang, secondaire par rapport à Marc quelques exemples ont été cités à propos de la priorité de Marc (ci-dessus, parag. 1, 1°, A) ; on en trouvera de plus nombreux, ensemble assez démonstratif, dans l'article Matthieu (évangile de). Pour ne pas apercevoir cette perspective, et pour faire grief aux critiques de répudier soi-disant sans raison valable l'antique tradition attribuant le premier évang, canonique à l'apôtre Matthieu directement, il faut n'avoir guère étudié les évangiles sur la synopse même, sur un tableau des parallèles synoptiques disposés de front, --si bon connaisseur qu'on puisse être par ailleurs des évangiles pris séparément.

Mais si nous devons donc renoncer à voir en l'apôtre lui-même le rédacteur de l'évangile qui fut appelé du nom de Matthieu, en revanche on voit clairement le motif de cette attribution : c'est parce que Matthieu était l'auteur de l'ouvrage qui, enchâssé dans le cadre de l'évangile, lui a donné sa valeur propre et sa personnalité. Ce fut très probablement le plus important des plus anciens écrits chrétiens : l'employé du péage devenu l'un des Douze, professionnellement apte à manier la plume, couche par écrit les principaux enseignements du Maître, dans la langue araméenne où celui-ci les a prononcés, et qui est la langue maternelle de l'apôtre. Plus tard, un autre écrivain, peut-être disciple de Matthieu, voulant conserver aux Eglises un tableau plus complet de la vie et de l'oeuvre du Seigneur, insère ce recueil de discours dans l'ouvrage historique de Marc, en y englobant aussi des informations particulières recueillies par ailleurs : et ce nouvel évangile, rédigé dans la langue grecque universellement connue, deviendra pour la tradition l'évangile selon saint Matthieu.

B. Les « Logia » dans Matthieu et Luc

Vers la même époque, en d'autres régions, un écrivain de race, et grand voyageur, Luc, disciple de saint Paul, après s'être entouré de renseignements oraux et de documents écrits en aussi grand nombre que possible et après les avoir soigneusement contrôlés (Luc 1:1 et suivants), va combiner également ces « deux sources », l'évangile de Marc et les Logia de Matthieu, avec ses sources accessoires. Cet évangile de Luc aurait eu, en principe, autant de droit que celui de Matthieu à être mis au bénéfice de l'apôtre auteur des Logia, mais

il est apparu dans des milieux pagano-chrétiens fort éloignés des Églises judéo-chrétiennes auxquelles appartenait l'évangile de Matthieu

il s'est assimilé les Logia en les dispersant, tandis que c'est par leurs groupements que Matthieu revêt sa physionomie particulière ;

il agrège à la tradition synoptique une plus grande proportion de matériaux nouveaux ;

il se présente comme le premier volume d'un ouvrage dont le deuxième, aussi célèbre, les Actes des apôtres, ne peut aucunement, avec ses récits d'un compagnon de saint Paul écrits à la première personne, être attribué à Matthieu. Sans doute, pour un certain nombre de critiques modernes, le livre des Actes et avec lui le troisième évang, ne proviendraient du médecin Luc qu'au second degré, par une relation comparable à celle du premier évang, avec l'apôtre Matthieu (voir Actes des Apôtres) ; mais dans l'état actuel du problème, ce qui s'impose pour l'un ne s'impose pas absolument pour l'autre, et il est toujours légitime en saine critique de considérer comme plus convaincants les arguments favorables à la tradition sur Luc auteur de l'ouvrage en deux volumes (voir Luc, évangile de).

L'utilisation par Matthieu et par Luc de cette seconde « source », les Logia, est naturellement la raison de leurs contacts étroits, parfois étendus sur d'assez longs passages, tels que : les analogies ou identités verbales et grammaticales déjà constatées en abordant les données du problème, prédication de Jean-Baptiste (Mt 3:7-13 parallèle Luc 3:7-9,16), action de grâces de Jésus pour la révélation aux petits (Mt 11:25-27 parallèle Luc 10:21 et suivant) ; les nombreuses instructions du Seigneur conservées par ces deux seuls évangile : sur les soucis (Mt 6:28-34 parallèle Luc 12:22-31), les deux arbres et les deux maisons (Mt 7:17,27 parallèle Luc 6:43,49), les dispositions pour suivre le Maître (Mt 8:18-22 parallèle Luc 9:57-62), sa réponse à Jean prisonnier (Mt 11:1-19 parallèle Luc 7:18-35), ses appels aux villes rebelles (Mt 11:20-24 parallèle Luc 10:13,16), etc. ; même la tentation de Jésus--qui n'a pu être connue que par un récit du Seigneur lui-même à ses disciples--peut se ranger dans les matières d'enseignement (Mt 4:1-11 parallèle Luc 4:1-13). Du reste, on l'a vu, les Logia devaient comporter aussi quelques narrations connexes : un épisode comme celui du centenier de Capernaüm (Mt 8:5-13 parallèle Luc 7:1-10) constituait en soi une admirable leçon, sans qu'il fût besoin de discours.

L'utilisation des « deux sources » par Matthieu comme par Luc fournit aussi l'explication de ressemblances singulières, voire anormales, dont il n'a pas encore été fait mention ; il s'agit des doublets : paroles reproduites deux fois dans un même évangile, en des situations différentes. Sans doute il faut faire la part des répétitions oratoires, disons même pédagogiques, bien connues dans le genre gnomique des moralistes hébreux, et dont le Christ n'a pas manqué d'user, comme tout bon instructeur, en rappelant à l'occasion une maxime, une formule typique destinée à se fixer dans les esprits et les consciences : « les premiers seront les derniers » (Mt 19:30 20:16), « que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! » (Mt 11:15 5 13:9,43), « celui d'entre vous qui voudra être le premier sera le serviteur de tous » (Mr 9:36 10:43 et suivant). Mais ceci reconnu, il se trouve encore bien des phrases dont la longueur et l'identité postulent un texte original commun. Comment Luc et Matthieu ont-ils été entraînés à ces doubles reproductions textuelles ? Simplement, parce qu'ici ils ont copié Marc et là les Logia, ou une autre source, qui se trouvaient posséder déjà ce même texte grâce à une parenté littéraire antérieure. Par ex., la déclaration de Mt 5:32 sur le divorce, parall. à Luc 16:18, doit provenir des Logia, mais dans Mt 19:9 elle provient du parall. de Mr 10 : et suivant ; l'exhortation plus développée à couper la main et arracher l'oeil, dans Mt 5:29 et suivant, doit de même venir des Logia quoique n'ayant pas été conservée par Luc, mais dans Mt 18:8 et suivant elle vient du parall. de Mr 9:43 et suivant ; la parole relative à la lampe sur un support, dans Luc 8:16, vient du parall. Mr 4:21 et, dans Luc 11:33 parall. à Mt 5:16, vient des Logia. Comme on peut compter plusieurs douzaines de tels exemples, même en défalquant ceux qui pourraient paraître douteux, on se trouve bien en présence d'un phénomène littéraire apportant un argument de poids à la théorie des « deux sources » par laquelle s'éclairent tant d'accords intimes entre Luc et Matthieu.

D'autre part, comme ce n'est pas suivant la même méthode que l'un et l'autre ont inclus les Logia dans le ministère de Jésus, de là découlent entre eux des différences de répartition. Alors que Matthieu réunit par sujets, massivement, les exhortations du Maître à des auditoires définis, de foules ou de disciples, Luc les dispose de préférence épisodiquement, de la façon la plus variable, et rarement sous forme de discours proprement dits. On peut citer une dizaine de cas où des paroles associées dans le sermon sur la montagne de Mt 5-7 sont transportées par Luc en d'autres occasions : le sel sans saveur (Luc 14:34), l'oraison dominicale (Luc 11:1,4), les soucis (Luc 12:22,31), la prière (Luc 11:9-13), etc. ; on trouverait des disparités analogues à propos d'autres discours (Mt 10,13,18). Il semble que Luc cherche à replacer autant que possible chaque parole dans sa situation chronologique (cf. « les faits exposés dans leur ordre », Luc 1:3), alors que Matthieu, visant à un classement de matières, aime rattacher à une occasion solennelle (dont Luc, par ailleurs, confirme la réalité) nombre d'instructions similaires du Seigneur. Cette dernière présentation, plus didactique en ce qu'elle systématise la doctrine, rend plus sensible aussi l'impression d'autorité et de puissance sans égales que Jésus produisit sur les foules et sur les chefs. Suivant la remarque de Godet, « Luc est semblable au botaniste, qui aime à contempler une fleur dans le lieu même de son entourage naturel ; Matthieu ressemble au jardinier qui, en vue d'un certain but particulier, compose de magnifiques bouquets ».

Ce n'est pas seulement par leur mode de distribution que les emprunts aux Logia se différencient entre Luc et Matthieu : c'est encore par leur forme même. Dans bien des cas où l'on ne saurait mettre en doute l'origine commune d'enseignements parallèles sur un même thème, des variantes plus ou moins notables d'expression ou de rédaction font apparaître deux versions dissemblables, parfois irréductibles l'une à l'autre : dans la parabole de la brebis perdue, le cadre et la conclusion (Mt 18:10-34 parallèle Luc 15:3-7) ; dans celles du souper et du festin (Mt 22:1-14 parallèle Luc 14:16-24) comme dans celles des talents ou des mines (Mt 25:14,30 parallèle Luc 19:12-27), les détails descriptifs, et les points de comparaison ; dans l'oraison dominicale (voir art.), l'occasion et le contenu (Mt 6:5-15 parallèle Luc 11:1,13) ; des béatitudes (voir ce mot), le nombre, le point de vue et les formules (Mt 5:3-12 parallèle Luc 6:20,26) ; les circonstances mêmes du sermon sur la montagne (voir art.) se présentent en termes qui paraissent au premier abord inconciliables (Mt 5:1, Luc 6:17).

C. Le contenu des « Logia » Pour expliquer ces diversités le long de la trame didactique commune à nos deux évangile, il a fallu admettre que ceux-ci se seraient servi d'éditions différentes des Logia, auxquelles pourraient être attribués aussi les enseignements du Maître conservés par l'un ou par l'autre et cependant conformes à l'inspiration générale de leur source ; par ex. les exhortations sur l'aumône et le jeûne, les importantes paraboles : ivraie, trésor, perle, filet, dix vierges, jugement dernier, etc., propres à Matthieu (Mt 6:1-4,16-18 13:24,44-50 25:1-13,31-46) ; ou bon Samaritain, juge insensé, drachme perdue, enfant prodigue, etc., paraboles propres à Luc (Luc 10:25 12:16 15:8). C'est ainsi que M. Goguel a été amené à accorder une ampleur et un rôle de première importance au recueil des Logia, en le considérant comme une collection de matériaux qui se serait enrichie peu à peu d'apports nouveaux dus aux souvenirs des premières générations chrétiennes ; dans cette conception, il va jusqu'à supposer l'utilisation par Marc lui-même d'une édition réduite de ces Logia, ceci surtout pour rendre compte de quelques passages où cet évang, paraît être, malgré sa priorité, moins primitif que les deux autres. C'est sans doute faire beaucoup d'honneur à un ouvrage qui, après avoir d'abord connu tant de succès d'éditions et avoir fait la fortune de deux évangiles, n'aurait plus conservé aucune vie propre dans la littérature chrétienne. De plus, en ce qui concerne Marc, l'hypothèse n'est pas nécessaire, car pourquoi n'aurait-il pas tiré d'une source plus accessoire ces textes prétendus secondaires ? et elle est onéreuse, car pourquoi n'eût-il pas emprunté davantage à une source aussi importante ? Il ne serait pas absolument insoutenable, toutefois, que Marc, connaissant une édition des Logia en circulation dans les Eglises, se fût volontairement abstenu d'y puiser, comme à un genre différent de son ouvrage d'histoire, sauf pour tel complément jugé indispensable, comme les paraboles du Royaume (Mr 4).

On voit combien il serait vain de vouloir retrouver l'ouvrage primitif des Logia derrière les synoptiques qui les ont librement employés ou remaniés, reproduits et répartis, probablement combinés çà et là avec d'autres sources moins considérables et, par cela même, encore plus inconnues de nous. Qu'on essaye de se représenter ce que pourrait être notre reconstitution de l'évangile de Marc d'après ces seuls évangiles de Luc et de Matthieu qui l'ont pourtant abondamment utilisé : que pourrait-on lui restituer de ses hautes qualités descriptives en conjecturant par exemple son récit de l'offrande de la veuve (Mr 12:41-44), d'après l'unique parallèle abrégé de Luc 21:1,4 ? Ce sont précisément ses caractères les plus significatifs que nous ne pourrions lui faire récupérer ; notre opération de remodelage fabriquerait un monstre sans vie, « un torse sans tête ni bras », a-t-on dit. De même il faut renoncer à remodeler l'oeuvre de Matthieu l'apôtre. Du moins peut-on chercher, sans rigueur ni parti pris, à reconnaître dans nos évangiles de Luc et de Matthieu les principaux passages qu'ils ont dû lui emprunter. Les essais dans cette voie ont été fort nombreux : l'introduction de J. Moffatt (Intr. Lit. N.T., 1911) reproduisait jusqu'à seize listes différentes (d'autres ont été imaginées depuis), dues aux spécialistes les plus réputés, des versets et fragments de versets de Matthieu et de Luc appartenant à cette source désignée par A (1nitiale grecque de Logia) ou Q (Initiale de l'allemand Quelle =source), ou S (1nitiale de Source ; adoptée par Bbl. Cent.). Retenons de ces méticuleuses juxtapositions leur accord d'ensemble à peu près général, confirmation de tout ce qui précède sur la nature de l'ouvrage : il devait commencer par l'introduction de Jean-Baptiste, mais ne devait pas aller jusqu'à la passion et la mort du Christ (où la plupart des critiques voient la source narrative de Mc) ; ce n'était donc point un évangile, mais bien, comme le suggérait Papias, un « recueil des paroles du Seigneur » pour lequel les paroles du Précurseur étaient le plus naturel des avant-propos.

2. AUTRES ÉLÉMENTS DE LA SOLUTION

Relations entre Matthieu et Luc. Faut-il supposer que Luc, en rédigeant son évangile, ait eu sous les yeux, avec les « deux sources » de Marc et des Logia, l'évangile de Matthieu lui-même antérieurement composé avec ces deux mêmes sources ? Cette hypothèse a été soutenue, comme aussi l'inverse, d'après laquelle Matthieu aurait employé Lu : l'une et l'autre sont du reste également combattues. Il est difficile de se prononcer sur les vraisemblances plus ou moins grandes de tels emprunts. Toutefois, les accords de ces deux évang, contre Marc n'exigent pas obligatoirement cette explication ; et leur indépendance incontestable pour d'importantes sections, comme les évangiles de l'enfance ou divers passages propres à l'un ou à l'autre, nous incite à croire l'hypothèse inutile. Comme la connaissance réciproque de Matthieu par Luc et de Luc par Matthieu est en tout cas impossible, on n'aurait jamais dû parler de « dépendance mutuelle » entre nos évangile ; la seule dépendance démontrée est celle de Matthieu et de Luc séparément, par rapport à Marc et aux Logia séparément.

Sources secondaires. Il a été question plusieurs fois, à propos de l'utilisation des « deux sources » par Matthieu ou par Luc, de leurs sources accessoires. C'est l'élément de vérité que fournit l'ancienne théorie des documents multiples, dès qu'au lieu de montrer en chacun de nos synoptiques une pure et simple anthologie de morceaux isolés, elle suggère derrière les morceaux importants, propres à l'un ou à l'autre, quelques-unes de ces diégèses ou notices narratives connues des premières communautés, et qui ont pu s'ajouter aux sources principales. Bien que Luc soit le seul à prévenir son lecteur qu'il a mis en oeuvre divers récits dûment contrôlés, il n'est pas douteux que Matthieu en ait aussi employé ; Marc lui-même, en rédigeant son évangile d'après la prédication de Pierre, y aura parfois ajouté des éléments écrits, comme nous l'ont prouvé les doublets de Matthieu et de Luc traces d'une rédaction antérieure de textes que Marc possédait en commun avec les Logia.

Quant à distinguer aujourd'hui ces sources secondaires, plus ou moins amalgamées dans nos divers évangiles, il faudrait qu'elles y eussent conservé quelque chose de caractéristique. Peut-être devons-nous tout au moins supposer les suivantes :

A. Les évangiles de l'enfance

Il ne s'en trouve que dans Matthieu (Mt 1 et Mt 2) et Luc (Luc 1 et Luc 2), et ce sont deux longs récits absolument indépendants l'un de l'autre. Ils n'ont guère en commun que : la mention de Marie ou de Joseph, la naissance miraculeuse de Jésus à Bethléhem, l'installation de la famille à Nazareth ; tout le reste est spécial à chacun. Dans Matthieu, presque tout est présenté du point de vue de Joseph : la généalogie de Jésus est aussi la sienne, c'est à lui qu'est faite l'annonce miraculeuse, après la visite des Mages c'est lui qui reçoit l'avertissement d'un ange et qui emmène mère et enfant en Egypte, pour les en ramener sur nouvel ordre d'En-haut après la mort d'Hérode, dont la menace a plané sur tout ce chap. 2. Dans Luc presque tout est présenté du point de vue de Marie : après les annonces divines à ses cousins Zacharie et Elisabeth, c'est elle qui est l'objet de l'annonciation, qui va voir sa parente, chante le Magnificat ; puis, après la naissance de Jean au foyer du vieux prêtre, celle de Jésus est mise dans la relation que l'on sait avec le recensement romain de Quirinius ; lors de la visite des bergers c'est Marie qui garde tous ces événements en son coeur, lors de la présentation au temple c'est à elle que Siméon adresse sa prophétie, et quand Jésus, à 12 ans, s'attarde parmi les docteurs, c'est Marie qui lui parle et reçoit sa réponse mystérieuse, et c'est elle encore une fois qui conserve en son coeur tous ces souvenirs. Qu'à l'origine de cet important récit il faille supposer une source écrite, c'est ce qui ressort de sa tonalité nettement hébraïque, en certains passages presque une traduction littérale de l'araméen, contrastant avec le grec généralement très pur de l'évangéliste (comp., même en français, l'allure classique de sa préface, v. 1 - 4, et les tournures d'A.T. accumulées à partir du verset 5). Cette source de Luc ne peut provenir, directement ou non, que du milieu familial de Jésus et, par certaines informations orales, que de Marie elle-même ; ces tableaux et ces chants du temple et des foyers pieux représentent en tout cas les humbles d'Israël, fidèles dans leur attente messianique. La tradition de Matthieu, d'inspiration moins intime, était plus préoccupée de l'apparition du Christ devant les grands de la terre. Si c'est dans l'évangile universaliste de Luc qu'on se serait attendu à trouver la visite des mages, emblème de l'humanité cherchant son Roi, par contre c'est dans l'évangile judéo-chrétien de Matthieu qu'on serait allé chercher les tableaux du temple : Zacharie, Siméon et Anne, les docteurs ; preuve de l'indépendance complète de nos deux évangiles. Mais ils ont en commun, dans leurs pages sur l'enfant, un genre poétique plus flottant que leurs témoignages relatifs au ministère du Seigneur ; le plan historique n'est pas tout à fait le même, et l'on pense d'abord aux récits merveilleux d'enfances de héros qu'ont produits toutes les littératures. L'attention des premiers chrétiens se portait avant tout sur l'oeuvre publique de Jésus et sur ses prolongements dans leur vie religieuse ; les souvenirs de famille relatifs à son enfance n'offraient guère d'intérêt pour la piété. Toutefois, quand on compare la simplicité, la délicatesse et la spiritualité des deux évangiles de l'enfance avec les grossièretés des légendes antiques ou même d'ouvrages juifs comme le livre d'Hénoch, et avec les bizarreries et les invraisemblances des apocryphes sur l'enfance de Jésus, on reprend complètement confiance en la réalité de ces traditions

évangéliques si pures, si conformes à la révélation biblique, et qui, tout le long des siècles, sont demeurées le charme, le réconfort et l'inspiration de la chrétienté.

B. Le récit de voyage

Le long récit de Luc 9:51-18:14 n'a avec Matthieu que des parallélismes intermittents et aucun avec Mc ; il constitue comme une division supplémentaire de la synopse, entre le ministère de Galilée et la passion à Jérusalem ; il est jalonné par une série de notes rappelant que Jésus est en voyage, en route vers la capitale (Luc 9:51-57 10:38 13:22,33 14:25 17:11) il suppose donc un cadre géographique nouveau, hors de Galilée : on a songé à la Pérée, rive gauche du Jourdain par courue par la route vers Jérico et Jérusalem qui évitait la Samarie ; il contient, parmi les péricopes propres à Luc, des scènes comme Marthe et Marie (Luc 10:38-42), les dix lépreux (Luc 17:11,19), et les grandes paraboles dont les principales illustrent l'universalisme de la grâce divine : bon Samaritain, enfant prodigue, riche et Lazare, pharisien et péager, etc. ; autant de tableaux évoquant plus ou moins l'opposition chère à Luc entre les victimes, les petits, les méprisés, et les mauvais riches, les rigoristes, les satisfaits. Beaucoup d'auteurs y ont vu les fragments d'une source spéciale, à laquelle on pourrait encore rapporter des épisodes de même inspiration appartenant à d'autres sections de Lu : la pécheresse (Luc 7:36-50), Zachée (Luc 19:1-10), le brigand converti (Luc 23:39-43), les disciples d'Emmaüs (Luc 24:13-36) ; ce serait comme « l'évangile de Jésus missionnaire » (A. Sabatier), et l'on en a même cherché l'origine auprès du diacre Philippe, le premier missionnaire de la Samarie (Ac 8), qui devait plus tard recevoir Luc chez lui à Césarée (Ac 21:8 et suivants) et avoir tout loisir, pendant les captivités de Paul en cette ville, pour documenter son compagnon sur les souvenirs du ministère du Seigneur (Westphal). Peut-être serait-ce dépasser le but, malgré les mentions successives de déplacements, que de qualifier « journal de voyage » une série de faits sans rapport avec les déplacements eux-mêmes (sauf au départ : Luc 9:51-62) et manquant d'homogénéité, en dépit de l'inspiration générale que justement l'on retrouve même en dehors de la source. Il semble surtout que l'unité en ait été exagérée ; on paraît oublier le nombre encore considérable dans ce document de sections connues de Matthieu (Luc 10:1-24 Luc 11 Luc 12:1-12,22-59 13:18-30,34 14:15-35 15:3-7 16:10 17:1-10,20-37). Aussi certains auteurs voient-ils dans cette longue section des souvenirs discontinus de plusieurs voyages et non pas d'un seul (voir Chronologie du N.T., I, 3) ; d'autres pensent y trouver ceux des renseignements d'origines diverses recueillis par Luc qu'il ne savait où situer dans le cadre historique de Marc. Quoi qu'il en soit, l'enclave est assez remarquable tant par son étendue que par sa valeur intrinsèque et sa place à la veille de la passion, pour qu'on puisse y voir, mais plus probablement en ordre dispersé, une part importante de la documentation du troisième évangile.

C. Le discours apocalyptique

On tend à voir aussi dans le discours eschatologique qu'on a appelé l'apocalypse synoptique, commune à nos trois évangile (Mr 13, Mt 24, Luc 21), un morceau d'origine indépendante plutôt qu'un des longs discours déjà contenus dans les Logia, ce qui en rendrait Marc tributaire. C'est en tout cas le seul vrai discours dans Marc car la suite des trois paraboles du Royaume au chap. 4 ne s'y présente pas comme un enseignement suivi. Cette page, d'une allure tout à fait unique dans les évangiles, aurait été « la feuille volante d'une prophétie chrétienne », à propos d'un entretien de Jésus avec ses disciples, mais faisant chevaucher les perspectives de la ruine prochaine du Temple et de l'avènement lointain du Fils de l'homme. Les trois versions présentent du reste entre elles quelques différences, explicables par leurs lecteurs et leurs buts respectifs.

D. Les citations de l'A. T Les livres de l'ancienne alliance, recueil sacré d'Écritures saintes pour les croyants juifs, ayant conservé toute leur autorité pour les premières générations chrétiennes, qui de plus y trouvaient la préparation, la préfiguration et la prophétie de l'oeuvre du Sauveur, sont fréquemment cités par les évangiles (voir Citations de l'A.T.). Plusieurs cas de citations composites (ex. : Mr 1:2 et suivant annonce une parole d'Ésaïe et cite Mal 3:1 + Esa 40:3 Matthieu 27:9 annonce une parole de Jérémie et cite Za 11:12 et suivant, avec allusion probable à Jer 32:6-9) ont fait supposer l'existence dans l'Église primitive de « florilèges », ou anthologies, de textes de l'A.T., auxquels ces citations ont pu être empruntées par les évangélistes ; ces listes pouvaient servir à la propagande auprès des Juifs ; des collections de ce genre pouvaient même être en usage dès avant le christianisme, comme manuels juifs portatifs, à côté des rouleaux fort encombrants de la Loi, des Prophètes et des Écrits. Il n'est pas invraisemblable que la formule de Matthieu : « Ainsi fut accompli ce qui avait été dit... » (Mt 2:15,17 23 8:17 etc.) introduise précisément des emprunts à une telle « catène » (chaîne) de textes messianiques. Toutefois l'hypothèse de cette nouvelle source, intermédiaire entre les faits et nos sources principales, antérieure aux évangiles et même aux Logia, ne s'impose pas absolument.

E. Autres sources

Lorsqu'un certain nombre d'éléments propres à un seul évang, paraissent réductibles à un thème ou à un point de vue donné, il peut quelquefois sembler naturel de les ramener à une source particulière. Ainsi le récit de la passion dans Luc comporte beaucoup plus de traits particuliers que les deux autres ; l'on a parfois aussi déduit de son intérêt pour les pauvres sa connaissance d'une source ébionite (très improbable), de divers renseignements relatifs à l'entourage d'Antipas sa connaissance d'une source proche de la cour d'Hérode, etc. De même Matthieu possède ses éléments propres dans l'histoire de la passion et de la résurrection.

Mais à mesure que nous avançons dans la distinction des sources, notre confiance se fait de plus en plus réservée. Déjà les documents divers dont il vient d'être question ne sont que conjecturaux, peut-être seulement problématiques. Combien plus, s'il s'agissait maintenant de partir à la recherche des sources par les procédés de l'analyse littéraire, le souci d'objectivité nous inviterait-il à la prudence ! Sans doute la critique actuelle du problème synoptique se donne pour tâche « d'une part, de préciser la théorie des deux sources et, de l'autre, d'expliquer, dans la mesure où la chose est possible, la formation des documents qui sont à la base de la littérature évangélique actuelle » (Goguel) ; dans la mesure où la chose est possible, assurément ! Mais, dit aussi le même auteur, « il est malaisé, faute d'un recul suffisant, d'apprécier l'évolution de la critique évangélique depuis le début du XXe siècle ». Devant la multiplicité des exégèses et des hypothèses, inévitablement plus subjectives que ne le voudraient leurs propres auteurs, il faut savoir attendre le verdict du temps et faire grâce au lecteur des recherches de laboratoire dont les savants seront peut-être les premiers à revenir, à plus ou moins brève échéance. Il faut davantage : le chercheur doit se mettre en garde soi-même. Il est si tentant, une fois soupçonnée l'existence d'une « source », de se lancer à sa poursuite pour la reconstituer, comme l'école Graf-Wellhausen pouvait le réussir pour les documents du Pentateuque, par les distinctions des textes appuyées sur les déductions de l'histoire ! Mais à ce précédent de l'A.T., le problème des évangiles n'est nullement comparable : les livres historiques de la Bible hébraïque combinent les genres les plus variés, chant, poésie, lois, narrations, annales politiques et ecclésiastiques, citations d'ouvrages encore plus anciens, tous dus à des auteurs fort divers la plupart inconnus, répartis sur des siècles, et représentant des conceptions religieuses qui ont permis de les reconnaître beaucoup moins, comme on le croit trop souvent, sur de simples particularités de langue, que par leurs vues générales sur l'histoire sainte et le culte de Jéhovah ; les évangiles, eux, composés dans un laps de temps de moins de cinquante années, se présentent comme des témoignages rendus par des contemporains, dont certains vivaient encore, au Maître inoubliable qui après avoir laissé en Palestine, « parmi eux », le sillage d'un ministère rédempteur, opérait encore des transformations miraculeuses dans les âmes de leur propre génération. Sous l'effet de ces événements sensationnels--la naissance du christianisme--le temps manquait pour l'évolution de tendances suffisamment accusées et pour leur élaboration dans des documents, d'abord distincts et bientôt mélangés. Sans doute l'école de Tubingue (1845-1875), pour qui nos évangiles, publiés de 80 à 110 ans après la mort de Jésus, représentaient les grands partis de l'Église, pouvait chercher au nom de ces prémisses, derrière Matthieu des sources judéo-chrétiennes, des sources pagano-chrétiennes derrière Luc et des sources plus ou moins neutres derrière Marc. Mais ces systèmes factices, reflet des spéculations de Hegel, ont depuis longtemps disparu, et la recherche des sources secondaires n'ayant aujourd'hui pour guide aucun principe général de psychologie ou d'histoire, comme c'est le cas pour la critique du Pentateuque, en est le plus souvent réduite à des calculs de probabilités qui dépendent surtout, comme on l'a dit, non seulement de l'ingéniosité des savants, mais aussi de leur ingénuité. Tel critère à la mode, comme la règle parfois juste d'après laquelle sont authentiques les paroles du N.T. en contradiction avec l'Église de leur temps, est susceptible aussi d'applications radicalement fausses et suggestif de méfiance envers les textes conformes à l'histoire du christianisme. Bien plus sûr et plus élevé, cet autre principe de la science historique : authentiques, les paroles supérieures au niveau mental et moral de ceux qui les rapportent, --s'applique exactement aux évangiles dans leur ensemble, tout pleins de leur héros, combien plus grand qu'eux tous !

Sous cet angle de vision spirituelle, on nous excusera donc, ou l'on nous approuvera, d'arrêter ici nos études textuelles, sans quitter un ferme terrain ; car il nous suffit d'admettre derrière nos évangiles un certain nombre de sources secondaires, en convenant de notre impuissance à les démêler avec sécurité et, pour toute question d'importance, de faire confiance, d'abord aux évangélistes eux-mêmes, généralement capables de vérifier l'exactitude des documents qu'ils adoptaient, puis au verdict des générations chrétiennes, qui surent laisser tomber dans l'oubli l'incroyable fatras des évangiles, apocryphes, tout en consacrant les synoptiques et l'évangile de Jean livres vrais, livres inspirés.

La tradition orale.

Il nous reste pourtant, avant de conclure, à relever un dernier élément de quelque valeur dans notre solution d'ensemble. Oui, il est exact que la transmission orale de la Parole a joué son rôle ; oui, les évangélistes ont tenu compte de toute information qu'ils ont pu entendre, aussi bien que de tout document qu'ils ont pu lire. Si, comme il est vraisemblable, un évangéliste tel que Luc recevant une information verbale prenait soin de se la faire dicter, ou demandait à ceux qui savaient quelque chose de le dicter ou rédiger, que devenait la démarcation entre source orale et source écrite ? Voilà pourquoi l'on a senti, au cours de cette étude, combien il faut se garder de trancher de telles questions d'un esprit absolu : c'est qu'elles représentent toute la complexité de la vie, le bouillonnement du premier demi-siècle de vie chrétienne, et, --dans le témoignage missionnaire, l'instruction, la consolation, la parole et le chant, les actes et les écrits, --l'hommage individuel et collectif des fidèles à Celui qu'ils aimaient, adoraient et servaient, comme leur Sauveur personnel, Sauveur du monde entier : Jésus-Christ « le Seigneur » !

Mais voici que par un étrange retour, cet hommage même de l'Église à son Chef en rendrait le contenu suspect à l'historien. Un des plus récents systèmes théologiques, l'école historique-formative allemande (Bultmann), désespérant de remonter aux faits par l'analyse des textes évangéliques, voit dans l'histoire de Jésus une création collective de la communauté de ses fidèles, de leurs messages, de leurs cultes et de leurs rites. Ce ne serait plus le Christ qui aurait fait l'Église, c'est l'Église qui aurait fait le Christ : et non pas seulement le Christ de la foi, mais même aussi le Jésus de l'histoire. --Ce n'est pas ici le lieu de développer ni de réfuter cette singulière conception, discutée ailleurs dans le présent ouvrage (Jésus-Christ, avant-propos, et bibliographie, 5°). Notons-le seulement, c'est l'éparpillement de l'histoire évangélique en une multiplicité de menues sources, d'auteurs tenus plus ou moins pour tendancieux, qui a provoqué par réaction logique son éparpille-ment en une multiplicité de menus propos, gestes et rites de disciples devenus plus créateurs que leur Maître. Mais si, tout au contraire, la révélation chrétienne postule la personnalité du Révélateur inspiré, alors il faut l'admettre inspirateur aussi, et le reconnaître comme tel tout entier, quelles que puissent être les imperfections de ses témoins, dans l'hommage qu'ils lui ont tous rendu, aussi humble et désintéressé pour eux-mêmes que communicatif pour sa cause, aussi sobre de paroles que précis dans les faits, aussi personnel à chaque évangéliste que concordant entre eux tous, aussi émouvant et stimulant pour les âmes d'aujourd'hui que pour celles de son temps, hommage à Celui qui domine de haut les plus grands auteurs ou lecteurs du monde, comme la science et l'amour du Dieu de Jésus-Christ dominent de l'infini les balbutiements de la pensée et de la tendresse humaines chez les mieux doués et les meilleurs d'entre nous.

Conclusion.

Dans un traité de Platon, un élève de Socrate explique comment il racontait les entretiens de son maître : aussitôt revenu d'Athènes, il prenait note de quelques-unes de ses paroles et plus tard il révisait en les développant de mémoire ; chaque fois qu'il revoyait Socrate, il s'assurait que rien d'essentiel n'était oublié, puis il corrigeait définitivement son manuscrit (Théétète, prologue).

Aucun des synoptiques ne saurait prétendre à un tel contact direct avec Jésus. Le Maître n'a pas dicté une seule de ses instructions. Lui disparu, vers l'an 30, les siens pieusement cultivent leurs communs souvenirs de lui, en attendant son retour prochain. Les premiers écrits chrétiens sont des lettres de circonstance sur les besoins des Églises, car pour vivre il faut s'organiser. A mesure que vieillissent et disparaissent les contemporains du Seigneur, si vigoureuse que fût la tradition orale, l'utilité s'impose de conserver ne varietur tels et tels témoignages qu'ils ne seront plus là pour répéter désormais ; or les récits des faits risquent moins de s'altérer que les instructions du Maître : c'est donc celles-ci qui font l'objet des premières rédactions pré-évangéliques. Des collections morcelées de discours ont pu déjà surgir entre les années 40 et 50 ; vers cette époque peut-être l'apôtre Matthieu écrit son grand ouvrage des « Logia ». Cependant le temps passe, le retour du Christ tarde, bien des frères meurent (cf. 1Th 4:13, écrit en 50) : pour les jeunes générations, pour les milieux nouveaux de mission où l'araméen ne se parle pas, il faut aussi dépeindre avec vie, dans la langue courante, Jésus-Christ agissant, mort et ressuscité (cf. Ga 3:1, écrit en 55). Ici et là. suivant les ressources en témoins de la grande époque, paraissent quelques notices ; elles se multiplient, s'allongent, s'agglomèrent, se recopient et se communiquent à travers les régions évangélisées. Entre temps, les Églises apprennent à connaître les lettres où saint Paul, traitant des besoins de telle ou telle situation locale, élève tous les sujets à la hauteur des principes, et fonde la théologie chrétienne sur le péché, la grâce et la rédemption de la croix, ce qui implique la nécessité de proclamer les faits de la vie et de la mort du Christ. Vers 64 ou 68, à Rome, les deux grands apôtres, Paul et Pierre, sont mis à mort dans les persécutions de Néron ; sous le coup de ces pertes irréparables, entre 65 et 70, Marc, disciple et interprète de Pierre, et qui fut aussi compagnon de Paul, rédige pour la mission aux païens son évangile d'après les prédications de Pierre, qu'il possédait d'autant mieux qu'il ne les avait pas seulement écoutées, mais traduites aussi : c'est à peu près sous sa forme actuelle, notre évangile selon saint Marc. Plus tard, en Palestine, un judéo-chrétien en possession de cet évangile de Marc et d'une édition des « Logia » de Matthieu, encadre ceux-ci dans celui-là, avec d'autres petits écrits et quelques traditions orales ; et ce nouvel ouvrage, destiné à des judéo-chrétiens, remarquable surtout par l'importance qu'il accorde aux discours du Maître jadis recueillis par Matthieu, sera notre évangile selon saint Matthieu. Vers le même temps, un païen grec instruit, converti par saint Paul, après avoir réuni et contrôlé avec grand soin nombre de témoignages, combine lui aussi, mais pour des lecteurs d'origine païenne, les « Logia » de Matthieu et l'évangile de Marc avec ses riches renseignements personnels, et c'est notre évangile selon saint Luc. Le recul nécessaire après Marc nous contraindra sans doute à suivre les critiques qui placent Matthieu et Luc après la ruine de Jérusalem en 70, sans qu'il soit obligatoire d'aller jusqu'à 80 ou 90 ; pourtant certains savants s'en tiennent encore, non sans bons arguments, à une date de peu antérieure à 70. Avant la fin du siècle, complétés par le quatrième évangile, les trois synoptiques se seront rapidement et largement répandus à travers la chrétienté d'Orient et d'Occident, qui dans le cours du II e siècle les acceptera définitivement comme Écritures saintes faisant autorité (voir Canon du N.T.).

Par leur origine comme par leur inspiration (l'Esprit de Jésus-Christ), par leur but comme par leur contenu (la personne de Jésus-Christ), ils méritaient vraiment de faire autorité (voir Révélation, parag. 5). Certes, quoique ne s'introduisant jamais dans leurs évangiles, par respect pour le Seigneur, les évangélistes ne s'assignaient point la tâche académique de l'historien moderne, scrupuleux à reconstruire la chronologie et à dresser, impassible, la biographie complète de son héros. Ils racontaient pour convaincre ? En effet : parce qu'ils l'aimaient, parce qu'ils voulaient le faire aimer. Leur passion pour leur sujet, du reste toujours contenue, devrait-elle discréditer la valeur historique de leur oeuvre ? sans doute, si leur amour pour lui les avait aveuglés, déroutés, égarés... Mais si les témoins, positivement, ne se sont pas trompés ? si la thèse qu'ils veulent prouver au monde est précisément celle qui comprend le mieux les faits, condensés dans le « fait du Christ », et qui peut aussi le mieux les révéler au monde, alors leur souci de convaincre se confond avec leur souci de vérité, et leur autorité d'évangélistes, autorité historique aussi bien que religieuse, sort triomphante et rehaussée du creuset de la critique, car en eux ou derrière eux nous retrouvons de fidèles adorateurs du Christ et de fidèles compagnons de Jésus : Jésus-Christ, l'autorité suprême de l'histoire et de la foi. BIBLIOGRAPHIE. --Nous la limitons systématiquement à quelques ouvrages en français, représentant les principales positions de la théologie biblique ; la bibliographie complète se trouve dans plusieurs d'entre eux. Voir aussi les bibliogrec des art. Chronologie du N.T., Jésus-Christ, Critique.

--C. Tischendorf, De la date de nos Evang., Toulouse, 1866.

--Ed. Reuss, Hist. Evang., synapse (La Bible, N.T., 1ere p., Paris, 1876) ; pt devoir critique accentué ; a vieilli.

--A. Sabatier, Synoptiques (Encycl. Licht., t. XI, 1881).

--F. Godet, Intr. N.T. (1898-1904), t. II ; Etudes Bibl. N.T., 4e éd., 1889 (critiq. modérée).

--L. Bonnet, Le N.T. expliqué T. 1. (2e éd., revue et augmentée par A. Schroeder, Lausanne 1895).

--H. Monnier, Qu'est-ce que la Bible Saint-Biaise 1909.

--Ern. Martin, La Valeur du N.T., Saint-Biaise, 1911.

--R. Patry, dans Les Etapes de la Foi, 1914.

--A. Arnal, Le N.T. devant la Critique, broch., 1914.

--A. Westphal, Jés. de Naz. d'après les Tém. de sa vie, t. I, 1914 ; Les Apôtres, 1918 ; Expérience chrétienne et probité scientifique, 1925.

--M. Goguel, Intr. N.T., t. I, Paris 1923 ; Jésus de Nazareth, 1925 (pt devoir crit. accentué) ; traduction des évangiles, avec intr. et notes, Bbl. Cent., Paris 1918 ; M. Goguel et H. Monnier, Le N.T., avec introd. et notes, 1929.

--P. Fargues, Intr. N.T., 1902 ; Les Orig. du N.T., 1928 ; Hist, du Christianisme, t. I, 1929.

--A. Loisy, Les Evang, syn., 1907-08 ; Les Liv. du. N.T., 1922 (crit. radicale).

--F. Durrleman, Jésus, 1929.

--L'abbé Jacquier, Hist, des Liv. du N.T., 4 vol., Paris 1903-1912 ; Etudes de Critique et de Philologie du N.T., 1920 (p 1 devoir cathol.).

--A. Puech, Hist, de la Litt, grecq. chrét., t. I, 1920.

Jn L.

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Versets relatifs

    • 1 Samuel 21

      1 David 01732 se rendit 0935 08799 à Nob 05011, vers le sacrificateur 03548 Achimélec 0288, qui 0288 accourut effrayé 02729 08799 au-devant 07125 08800 de lui 01732 et lui dit 0559 08799 : Pourquoi es-tu seul et n’y a-t-il personne 0376 avec toi ?
      2 David 01732 répondit 0559 08799 au sacrificateur 03548 Achimélec 0288 : Le roi 04428 m’a donné un ordre 06680 08765 01697 et m’a dit 0559 08799 : Que personne 0376 ne sache 03045 08799 rien 03972 de l’affaire 01697 pour laquelle je t’envoie 07971 08802 et de l’ordre que je t’ai donné 06680 08765. J’ai fixé 03045 08776 un rendez-vous 06423 0492 04725 à mes gens 05288.
      3 Maintenant qu’as 03426-tu sous la main 03027 ? Donne 05414 08798-moi 03027 cinq 02568 pains 03899, ou ce qui se trouvera 04672 08737.
      4 Le sacrificateur 03548 répondit 06030 08799 0559 08799 à David 01732 : Je n’ai pas de pain 03899 ordinaire 02455 sous la main 03027, mais il y a 03426 du pain 03899 consacré 06944 ; si du moins 0389 tes gens 05288 se sont abstenus 08104 08738 de femmes 0802 !
      5 David 01732 répondit 06030 08799 0559 08799 au sacrificateur 03548 : 0518 Nous nous sommes abstenus 06113 08803 de femmes 0802 depuis trois 08032 jours 08543 que je suis parti 03318 08800, et tous mes gens 03627 05288 sont purs 06944 : d’ailleurs, si c’est là un acte 01870 profane 02455, il sera certainement aujourd’hui 03117 sanctifié 06942 08799 par celui qui en sera l’instrument 03627.
      6 Alors le sacrificateur 03548 lui donna 05414 08799 du pain consacré 06944, car il n’y avait là d’autre pain 03899 que du pain 03899 de proposition 06440, qu’on avait ôté 05493 08716 de devant 06440 l’Eternel 03068 pour le remplacer 07760 08800 par du pain 03899 chaud 02527 au moment 03117 où on l’avait pris 03947 08736.

      Psaumes 12

      7 Toi, Eternel 03068 ! tu les garderas 08104 08799, Tu les préserveras 05341 08799 de cette 02098 race 01755 à jamais 05769.

      Esaïe 40

      1 Consolez 05162 08761, consolez 05162 08761 mon peuple 05971, Dit 0559 08799 votre Dieu 0430.
      2 Parlez 01696 08761 au cœur 03820 de Jérusalem 03389, et criez 07121 08798 lui Que sa servitude 06635 est finie 04390 08804, Que son iniquité 05771 est expiée 07521 08738, Qu’elle a reçu 03947 08804 de la main 03027 de l’Eternel 03068 Au double 03718 de tous ses péchés 02403.
      3 Une voix 06963 crie 07121 08802 : Préparez 06437 08761 au désert 04057 le chemin 01870 de l’Eternel 03068, Aplanissez 03474 08761 dans les lieux arides 06160 Une route 04546 pour notre Dieu 0430.
      4 Que toute vallée 01516 soit exhaussée 05375 08735, Que toute montagne 02022 et toute colline 01389 soient abaissées 08213 08799 ! Que les coteaux 06121 se changent en plaines 04334, Et les défilés étroits 07406 en vallons 01237 !
      5 Alors la gloire 03519 de l’Eternel 03068 sera révélée 01540 08738, Et au même instant toute 03162 chair 01320 la verra 07200 08804 ; Car la bouche 06310 de l’Eternel 03068 a parlé 01696 08765.
      6 Une voix 06963 dit 0559 08802 : Crie 07121 08798 ! — Et il répond 0559 08804 : Que crierai 07121 08799-je ? Toute chair 01320 est comme l’herbe 02682, Et tout son éclat 02617 comme la fleur 06731 des champs 07704.
      7 L’herbe 02682 sèche 03001 08804, la fleur 06731 tombe 05034 08804, Quand le vent 07307 de l’Eternel 03068 souffle 05380 08804 dessus. — Certainement 0403 le peuple 05971 est comme l’herbe 02682:
      8 L’herbe 02682 sèche 03001 08804, la fleur 06731 tombe 05034 08804 ; Mais la parole 01697 de notre Dieu 0430 subsiste 06965 08799 éternellement 05769.
      9 Monte 05927 08798 sur une haute 01364 montagne 02022, Sion 06726, pour publier la bonne nouvelle 01319 08764 ; Elève 07311 08685 avec force 03581 ta voix 06963, Jérusalem 03389, pour publier la bonne nouvelle 01319 08764 ; Elève 07311 08685 ta voix, ne crains 03372 08799 point, Dis 0559 08798 aux villes 05892 de Juda 03063: Voici votre Dieu 0430 !
      10 Voici, le Seigneur 0136, l’Eternel 03069 vient 0935 08799 avec puissance 02389, Et de son bras 02220 il commande 04910 08802 ; Voici, le salaire 07939 est avec lui, Et les rétributions 06468 le précèdent 06440.
      11 Comme un berger 07462 08802, il paîtra 07462 08799 son troupeau 05739, Il prendra 06908 08762 les agneaux 02922 dans ses bras 02220, Et les portera 05375 08799 dans son sein 02436 ; Il conduira 05095 08762 les brebis qui allaitent 05763 08802.
      12 Qui a mesuré 04058 08804 les eaux 04325 dans le creux de sa main 08168, Pris les dimensions 08505 08765 des cieux 08064 avec la paume 02239, Et ramassé 03557 08804 la poussière 06083 de la terre 0776 dans un tiers de mesure 07991 ? Qui a pesé 08254 08804 les montagnes 02022 au crochet 06425, Et les collines 01389 à la balance 03976 ?
      13 Qui a sondé 08505 08765 l’esprit 07307 de l’Eternel 03068, Et qui l’a éclairé 03045 08686 de ses conseils 0376 06098 ?
      14 Avec qui a-t-il délibéré 03289 08738 pour en recevoir de l’instruction 0995 08799 ? Qui lui a appris 03925 08762 le sentier 0734 de la justice 04941 ? Qui lui a enseigné 03925 08762 la sagesse 01847, Et fait connaître 03045 08686 le chemin 01870 de l’intelligence 08394 ?
      15 Voici, les nations 01471 sont comme une goutte 04752 d’un seau 01805, Elles sont comme 02803 08738 de la poussière 07834 sur une balance 03976 ; Voici, les îles 0339 sont comme une fine 01851 poussière qui s’envole 05190 08799.
      16 Le Liban 03844 ne suffit 01767 pas 0369 pour le feu 01197 08763, Et ses animaux 02416 ne suffisent 01767 pas pour l’holocauste 05930.
      17 Toutes les nations 01471 sont devant lui comme un rien 02803 08738, Elles ne sont pour lui que néant 0657 et vanité 08414.
      18 A qui voulez-vous comparer 01819 08762 Dieu 0410 ? Et quelle image 01823 ferez-vous son égale 06186 08799 ?
      19 C’est un ouvrier 02796 qui fond 05258 08804 l’idole 06459, Et c’est un orfèvre 06884 08802 qui la couvre 07554 08762 d’or 02091, Et y soude 06884 08802 des chaînettes 07577 d’argent 03701.
      20 Celui que la pauvreté 05533 08794 08676 05534 08765 oblige à donner 08641 peu Choisit 0977 08799 un bois 06086 qui résiste à la vermoulure 07537 08799 ; Il se procure 01245 08762 un ouvrier 02796 capable 02450, Pour faire 03559 08687 une idole 06459 qui ne branle 04131 08735 pas.
      21 Ne le savez 03045 08799-vous pas ? ne l’avez-vous pas appris 08085 08799 ? Ne vous l’a-t-on pas fait connaître 05046 08717 dès le commencement 07218 ? N’avez-vous jamais réfléchi 0995 08689 à la fondation 04146 de la terre 0776 ?
      22 C’est lui qui est assis 03427 08802 au-dessus du cercle 02329 de la terre 0776, Et ceux qui l’habitent 03427 08802 sont comme des sauterelles 02284 ; Il étend 05186 08802 les cieux 08064 comme une étoffe 01852 légère, Il les déploie 04969 08799 comme une tente 0168, pour en faire sa demeure 03427 08800.
      23 C’est lui qui réduit 05414 08802 les princes 07336 08802 au néant, Et qui fait 06213 08804 des juges 08199 08802 de la terre 0776 une vanité 08414 ;
      24 Ils ne sont pas même plantés 05193 08738, pas même semés 02232 08795, Leur tronc 01503 n’a pas même de racine 08327 08782 en terre 0776 : Il souffle 05398 08804 sur eux, et ils se dessèchent 03001 08799, Et un tourbillon 05591 les emporte 05375 08799 comme le chaume 07179.
      25 A qui me comparerez 01819 08762-vous, pour que je lui ressemble 07737 08799 ? Dit 0559 08799 le Saint 06918.
      26 Levez 05375 08798 vos yeux 05869 en haut 04791, et regardez 07200 08798 ! Qui a créé 01254 08804 ces choses ? Qui fait marcher 03318 08688 en ordre 04557 leur armée 06635 ? Il les appelle 07121 08799 toutes par leur nom 08034 ; Par son grand 07230 pouvoir 0202 et par sa force 03581 puissante 0533, Il n’en est pas une 0376 qui fasse défaut 05737 08738.
      27 Pourquoi dis 0559 08799-tu, Jacob 03290, Pourquoi dis 01696 08762-tu, Israël 03478 : Ma destinée 01870 est cachée 05641 08738 devant l’Eternel 03068, Mon droit 04941 passe inaperçu 05674 08799 devant mon Dieu 0430 ?
      28 Ne le sais 03045 08804-tu pas ? ne l’as-tu pas appris 08085 08804 ? C’est le Dieu 0430 d’éternité 05769, l’Eternel 03068, Qui a créé 01254 08802 les extrémités 07098 de la terre 0776 ; Il ne se fatigue 03286 08799 point, il ne se lasse 03021 08799 point ; On ne peut sonder 02714 son intelligence 08394.
      29 Il donne 05414 08802 de la force 03581 à celui qui est fatigué 03287, Et il augmente 07235 08686 la vigueur 0202 de celui qui tombe en défaillance 06109.
      30 Les adolescents 05288 se fatiguent 03286 08799 et se lassent 03021 08799, Et les jeunes hommes 0970 chancellent 03782 08800 03782 08735 ;
      31 Mais ceux qui se confient 06960 08802 en l’Eternel 03068 renouvellent 02498 08686 leur force 03581. Ils prennent 05927 08799 le vol 083 comme les aigles 05404 ; Ils courent 07323 08799, et ne se lassent 03021 08799 point, Ils marchent 03212 08799, et ne se fatiguent 03286 08799 point.

      Esaïe 50

      1 Ainsi parle 0559 08804 l’Eternel 03068 : Où est la lettre 05612 de divorce 03748 par laquelle j’ai répudié 07971 08765 votre mère 0517 ? Ou bien, auquel de mes créanciers 05383 08802 vous ai-je vendus 04376 08804 ? Voici, c’est à cause de vos iniquités 05771 que vous avez été vendus 04376 08738, Et c’est à cause de vos péchés 06588 que votre mère 0517 a été répudiée 07971 08795.
      2 Je suis venu 0935 08804 : pourquoi n’y avait-il personne 0376 ? J’ai appelé 07121 08804 : pourquoi personne n’a-t-il répondu 06030 08802 ? Ma main 03027 est-elle trop courte 07114 08804 07114 08800 pour racheter 06304 ? N’ai-je pas assez de force 03581 pour délivrer 05337 08687 ? Par ma menace 01606, je dessèche 02717 08686 la mer 03220, Je réduis 07760 08799 les fleuves 05104 en désert 04057 ; Leurs poissons 01710 se corrompent 0887 08799, faute d’eau 04325, Et ils périssent 04191 08799 de soif 06772.
      3 Je revêts 03847 08686 les cieux 08064 d’obscurité 06940, Et je fais 07760 08799 d’un sac 08242 leur couverture 03682.
      4 Le Seigneur 0136, l’Eternel 03069, m’a donné 05414 08804 une langue 03956 exercée 03928, Pour que je sache 03045 08800 soutenir 05790 08800 par la parole 01697 celui qui est abattu 03287 ; Il éveille 05782 08686, chaque matin 01242 01242, il éveille 05782 08686 mon oreille 0241, Pour que j’écoute 08085 08800 comme écoutent des disciples 03928.
      5 Le Seigneur 0136, l’Eternel 03069, m’a ouvert 06605 08804 l’oreille 0241, Et je n’ai point résisté 04784 08804, Je ne me suis point retiré 05472 08738 en arrière 0268.
      6 J’ai livré 05414 08804 mon dos 01460 à ceux qui me frappaient 05221 08688, Et mes joues 03895 à ceux qui m’arrachaient 04803 08802 la barbe ; Je n’ai pas dérobé 05641 08689 mon visage 06440 Aux ignominies 03639 et aux crachats 07536.
      7 Mais le Seigneur 0136, l’Eternel 03069, m’a secouru 05826 08799 ; C’est pourquoi je n’ai point été déshonoré 03637 08738, C’est pourquoi j’ai rendu 07760 08804 mon visage 06440 semblable à un caillou 02496, Sachant 03045 08799 que je ne serais point confondu 0954 08799.
      8 Celui qui me justifie 06663 08688 est proche 07138 : Qui disputera 07378 08799 contre moi ? Comparaissons 05975 08799 ensemble 03162 ! Qui est mon adversaire 01167 04941 ? Qu’il s’avance 05066 08799 vers moi !
      9 Voici, le Seigneur 0136, l’Eternel 03069, me secourra 05826 08799: Qui me condamnera 07561 08686 ? Voici, ils tomberont tous en lambeaux 01086 08799 comme un vêtement 0899, La teigne 06211 les dévorera 0398 08799.
      10 Quiconque parmi vous craint 03373 l’Eternel 03068, Qu’il écoute 08085 08802 la voix 06963 de son serviteur 05650 ! Quiconque marche 01980 08804 dans l’obscurité 02825 et manque de lumière 05051, Qu’il se confie 0982 08799 dans le nom 08034 de l’Eternel 03068, Et qu’il s’appuie 08172 08735 sur son Dieu 0430 !
      11 Voici, vous tous qui allumez 06919 08802 un feu 0784, Et qui êtes armés 0247 08764 de torches 02131, Allez 03212 08798 au milieu 0217 de votre feu 0784 et de vos torches 02131 enflammées 01197 08765 ! C’est par ma main 03027 que ces choses vous arriveront ; Vous vous coucherez 07901 08799 dans la douleur 04620.

      Jérémie 32

      6 Jérémie 03414 dit 0559 08799 : La parole 01697 de l’Eternel 03068 m’a été adressée, en ces mots 0559 08800:
      7 Voici, Hanameel 02601, fils 01121 de ton oncle 01730 Schallum 07967, va venir 0935 08802 auprès de toi pour te dire 0559 08800: Achète 07069 08798 mon champ 07704 qui est à Anathoth 06068, car tu as le droit 04941 de rachat 01353 pour l’acquérir 07069 08800.
      8 Et Hanameel 02601, fils 01121 de mon oncle 01730, vint 0935 08799 auprès de moi, selon la parole 01697 de l’Eternel 03068, dans la cour 02691 de la prison 04307, et il me dit 0559 08799 : Achète 07069 08798 mon champ 07704, qui est à Anathoth 06068, dans le pays 0776 de Benjamin 01144, car tu as le droit 04941 d’héritage 03425 et de rachat 01353, achète 07069 08798-le ! Je reconnus 03045 08799 que c’était la parole 01697 de l’Eternel 03068.
      9 J’achetai 07069 08799 de Hanameel 02601, fils 01121 de mon oncle 01730, le champ 07704 qui est à Anathoth 06068, et je lui pesai 08254 08799 l’argent 03701, dix-sept 07651 06235 sicles 08255 d’argent 03701.

      Zacharie 11

      12 Je leur dis 0559 08799 : Si vous le trouvez 05869 bon 02896, donnez 03051 08798-moi mon salaire 07939 ; sinon, ne le donnez 02308 08798 pas. Et ils pesèrent 08254 08799 pour mon salaire 07939 trente 07970 sicles d’argent 03701.

      Malachie 3

      1 Voici, j’enverrai 07971 08802 mon messager 04397 ; Il préparera 06437 08765 le chemin 01870 devant 06440 moi. Et soudain 06597 entrera 0935 08799 dans son temple 01964 le Seigneur 0113 que vous cherchez 01245 08764 ; Et le messager 04397 de l’alliance 01285 que vous désirez 02655, voici, il vient 0935 08804, Dit 0559 08804 l’Eternel 03068 des armées 06635.

      Matthieu 1

      1 Généalogie 976 1078 de Jésus 2424-Christ 5547, fils 5207 de David 1138, fils 5207 d’Abraham 11.
      2 Abraham 11 engendra 1080 5656 Isaac 2464 ; 1161 Isaac 2464 engendra 1080 5656 Jacob 2384 ; 1161 Jacob 2384 engendra 1080 5656 Juda 2455 et 2532 ses 846 frères 80 ;
      3 1161 Juda 2455 engendra 1080 5656 de 1537 Thamar 2283 Pharès 5329 et 2532 Zara 2196 ; 1161 Pharès 5329 engendra 1080 5656 Esrom 2074 ; 1161 Esrom 2074 engendra 1080 5656 Aram 689 ;
      4 1161 Aram 689 engendra 1080 5656 Aminadab 284 ; 1161 Aminadab 284 engendra 1080 5656 Naasson 3476 ; 1161 Naasson 3476 engendra 1080 5656 Salmon 4533 ;
      5 1161 Salmon 4533 engendra 1080 5656 Boaz 1003 de 1537 Rahab 4477 ; 1161 Boaz 1003 engendra 1080 5656 Obed 5601 de 1537 Ruth 4503 ; 1161 Obed 5601 engendra 1080 5656 Isaï 2421 ;
      6 1161 Isaï 2421 engendra 1080 5656 David 1138. 1161 Le roi 935 David 1138 engendra 1080 5656 Salomon 4672 de 1537 la femme 3588 d’Urie 3774 ;
      7 1161 Salomon 4672 engendra 1080 5656 Roboam 4497 ; 1161 Roboam 4497 engendra 1080 5656 Abia 7 ; 1161 Abia 7 engendra 1080 5656 Asa 760 ;
      8 1161 Asa 760 engendra 1080 5656 Josaphat 2498 ; 1161 Josaphat 2498 engendra 1080 5656 Joram 2496 ; 1161 Joram 2496 engendra 1080 5656 Ozias 3604 ;
      9 1161 Ozias 3604 engendra 1080 5656 Joatham 2488 ; 1161 Joatham 2488 engendra 1080 5656 Achaz 881 ; 1161 Achaz 881 engendra 1080 5656 Ezéchias 1478 ;
      10 1161 Ezéchias 1478 engendra 1080 5656 Manassé 3128 ; 1161 Manassé 3128 engendra 1080 5656 Amon 300 ; 1161 Amon 300 engendra 1080 5656 Josias 2502 ;
      11 1161 Josias 2502 engendra 1080 5656 Jéchonias 2423 et 2532 ses 846 frères 80, au temps 1909 de la déportation 3350 à Babylone 897.
      12 1161 Après 3326 la déportation 3350 à Babylone 897, Jéchonias 2423 engendra 1080 5656 Salathiel 4528 ; 1161 Salathiel 4528 engendra 1080 5656 Zorobabel 2216 ;
      13 1161 Zorobabel 2216 engendra 1080 5656 Abiud 10 ; 1161 Abiud 10 engendra 1080 5656 Eliakim 1662 ; 1161 Eliakim 1662 engendra 1080 5656 Azor 107 ;
      14 1161 Azor 107 engendra 1080 5656 Sadok 4524 ; 1161 Sadok 4524 engendra 1080 5656 Achim 885 ; 1161 Achim 885 engendra 1080 5656 Eliud 1664 ;
      15 1161 Eliud 1664 engendra 1080 5656 Eléazar 1648 ; 1161 Eléazar 1648 engendra 1080 5656 Matthan 3157 ; 1161 Matthan 3157 engendra 1080 5656 Jacob 2384 ;
      16 1161 Jacob 2384 engendra 1080 5656 Joseph 2501, l’époux 435 de Marie 3137, de 1537 laquelle 3739 est né 1080 5681 Jésus 2424, qui 3588 est appelé 3004 5746 Christ 5547.
      17 Il y a donc 3767 en tout 3956 quatorze 1180 générations 1074 1074 depuis 575 Abraham 11 jusqu’à 2193 David 1138, 2532 quatorze 1180 générations 1074 depuis 575 David 1138 jusqu’à 2193 la déportation 3350 à Babylone 897, et 2532 quatorze 1180 générations 1074 depuis 575 la déportation 3350 à Babylone 897 jusqu’au 2193 Christ 5547.
      18 1161 Voici de quelle manière 3779 arriva 2258 5713 la naissance 1083 de Jésus 2424-Christ 5547. 1063 Marie 3137, sa 846 mère 3384, ayant été fiancée 3423 5685 à Joseph 2501, se trouva 2147 5681 enceinte 1064 1722 2192 5723, par la vertu 1537 du Saint 40-Esprit 4151, avant 4250 2228 qu’ils 846 eussent habité ensemble 4905 5629.
      19 1161 Joseph 2501, son 846 époux 435, qui était 5607 5752 un homme de bien 1342 et 2532 qui ne voulait 2309 5723 pas 3361 la 846 diffamer 3856 5658, se proposa 1014 5675 de rompre 630 5658 secrètement 2977 avec elle 846.
      20 1161 Comme il 846 y 5023 pensait 1760 5679, voici 2400 5628, un ange 32 du Seigneur 2962 lui 846 apparut 5316 5648 en 2596 songe 3677, et dit 3004 5723 : Joseph 2501, fils 5207 de David 1138, ne crains 5399 5680 pas 3361 de prendre 3880 5629 avec toi 4675 Marie 3137, ta femme 1135, car 1063 l’enfant qu’elle 1722 846 a conçu 1080 5685 vient 2076 5748 du 1537 Saint 40-Esprit 4151 ;
      21 1161 elle enfantera 5088 5695 un fils 5207, et 2532 tu lui 846 donneras 2564 5692 le nom 3686 de Jésus 2424 ; 1063 c’est lui qui sauvera 4982 5692 son 846 peuple 2992 de 575 ses 846 péchés 266.
      22 1161 Tout 3650 cela 5124 arriva 1096 5754 afin que 2443 s’accomplît 4137 5686 ce que 3588 le Seigneur 5259 2962 avait annoncé 4483 5685 3004 5723 par 1223 le prophète 4396:
      23 Voici 2400 5628, la vierge 3933 sera enceinte 1064 1722 2192 5692, 2532 elle enfantera 5088 5695 un fils 5207, et 2532 on lui 846 donnera 2564 5692 le nom 3686 d’Emmanuel 1694, ce qui 3739 signifie 3177 5746 2076 5748 Dieu 2316 avec 3326 nous 2257.
      24 1161 Joseph 2501 s’étant réveillé 1326 5685 575 5258 fit 4160 5656 ce 5613 que l’ange 32 du Seigneur 2962 lui 846 avait ordonné 4367 5656, et 2532 il prit 3880 5627 sa femme 1135 avec lui 846.
      25 Mais 2532 il ne la 846 connut 1097 5707 point 3756 jusqu’à 2193 3739 ce qu’elle 846 eût enfanté 5088 5627 un fils 5207, 2532 auquel 846 il donna 2564 5656 le nom 3686 de Jésus 2424.

      Matthieu 2

      1 1161 Jésus 2424 étant né 1080 5685 à 1722 Bethléhem 965 en Judée 2449, au 1722 temps 2250 du roi 935 Hérode 2264, voici 2400 5628 des mages 3097 d 575’Orient 395 arrivèrent 3854 5633 à 1519 Jérusalem 2414,
      2 et dirent 3004 5723 : Où 4226 est 2076 5748 le roi 935 des Juifs 2453 qui vient de naître 5088 5685 ? car 1063 nous avons vu 1492 5627 son 846 étoile 792 en 1722 Orient 395, et 2532 nous sommes venus 2064 5627 pour l 846’adorer 4352 5658.
      3 1161 Le roi 935 Hérode 2264, ayant appris 191 5660 cela, fut troublé 5015 5681, et 2532 tout 3956 Jérusalem 2414 avec 3326 lui 846.
      4 2532 Il assembla 4863 5631 tous 3956 les principaux sacrificateurs 749 et 2532 les scribes 1122 du peuple 2992, et il s’informa 4441 5711 auprès 3844 d’eux 8464226 devait naître 1080 5743 le Christ 5547.
      5 1161 Ils lui 846 dirent 2036 5627 : A 1722 Bethléhem 965 en Judée 2449 ; car 1063 voici ce qui 3779 a été écrit 1125 5769 par 1223 le prophète 4396:
      6 Et 2532 toi 4771, Bethléhem 965, terre 1093 de Juda 2455, Tu n’es 1488 5748 certes pas 3760 la moindre 1646 entre 1722 les principales 2232 villes de Juda 2455, Car 1063 de 1537 toi 4675 sortira 1831 5695 un chef 2233 5740 Qui 3748 paîtra 4165 5692 Israël 2474, mon 3450 peuple 2992.
      7 Alors 5119 Hérode 2264 fit appeler 2564 5660 en secret 2977 les mages 3097, et s’enquit soigneusement 198 5656 auprès 3844 d’eux 846 depuis combien de temps 5550 l’étoile 792 brillait 5316 5730.
      8 Puis 2532 il les 846 envoya 3992 5660 à 1519 Bethléhem 965, en disant 2036 5627 : Allez 4198 5679, et prenez des informations 1833 5657 exactes 199 sur 4012 le petit enfant 3813 ; 1161 quand 1875 vous l’aurez trouvé 2147 5632, faites-le-moi 3427 savoir 518 5657, afin que 3704 j’aille 2064 5631 aussi 2504 moi-même 846 l’adorer 4352 5661.
      9 Après avoir 1161 entendu 191 5660 le roi 935, ils partirent 4198 5675. Et 2532 voici 2400 5628, l’étoile 792 qu 3739’ils avaient vue 1492 5627 en 1722 Orient 395 marchait devant 4254 5707 eux 846 jusqu’à 2193 ce qu’étant arrivée 2064 5631 au-dessus 1883 du lieu où 3757 était 2258 5713 le petit enfant 3813, elle s’arrêta 2476 5627.
      10 Quand 1161 ils aperçurent 1492 5631 l’étoile 792, ils furent saisis 5463 5644 d’une très 4970 grande 3173 joie 5479.
      11 2532 Ils entrèrent 2064 5631 dans 1519 la maison 3614, virent 2147 5627 5625 1492 5627 le petit enfant 3813 avec 3326 Marie 3137, sa 846 mère 3384, 2532 se prosternèrent 4098 5631 et l 846’adorèrent 4352 5656 ; ils ouvrirent 455 5660 ensuite 2532 leurs 846 trésors 2344, et lui 846 offrirent 4374 5656 en présent 1435 de l’or 5557, 2532 de l’encens 3030 et 2532 de la myrrhe 4666.
      12 Puis 2532, divinement avertis 5537 5685 en 2596 songe 3677 de ne pas 3361 retourner 344 5658 vers 4314 Hérode 2264, ils regagnèrent 402 5656 1519 leur 846 pays 5561 par 1223 un autre 243 chemin 3598.
      13 1161 Lorsqu’ils 846 furent partis 402 5660, voici 2400 5628, un ange 32 du Seigneur 2962 apparut 5316 5727 en 2596 songe 3677 à Joseph 2501, et dit 3004 5723 : Lève-toi 1453 5685, prends 3880 5628 le petit enfant 3813 et 2532 sa 846 mère 3384, 2532 fuis 5343 5720 en 1519 Egypte 125, et 2532 restes 2468 5749-y 1563 jusqu’à 2193 ce que je 302 te 4671 parle 2036 5632 ; car 1063 Hérode 2264 cherchera 3195 5719 2212 5721 le petit enfant 3813 pour le 846 faire périr 622 5658.
      14 1161 Joseph se leva 1453 5685, prit 3880 5627 de nuit 3571 le petit enfant 3813 et 2532 sa 846 mère 3384, et 2532 se retira 402 5656 en 1519 Egypte 125.
      15 2532 Il y 1563 resta 2258 5713 jusqu’à 2193 la mort 5054 d’Hérode 2264, afin que 2443 s’accomplît 4137 5686 ce 3588 que le Seigneur 5259 2962 avait annoncé 4483 5685 3004 5723 par 1223 le prophète 4396 : J’ai appelé 2564 5656 mon 3450 fils 5207 hors 1537 d’Egypte 125.
      16 Alors 5119 Hérode 2264, voyant 1492 5631 qu 3754’il avait été joué 1702 5681 par 5259 les mages 3097, se mit dans une grande 3029 colère 2373 5681, et 2532 il envoya 649 5660 tuer 337 5627 tous 3956 les enfants 3816 de 575 deux ans 1332 et 2532 au-dessous 2736 qui étaient à 1722 Bethléhem 965 et 2532 dans 1722 tout 3956 son 846 territoire 3725, selon 2596 la date 5550 dont 3739 il s’était soigneusement enquis 198 5656 auprès 3844 des mages 3097.
      17 Alors 5119 s’accomplit 4137 5681 ce qui 3588 avait été annoncé 4483 5685 3004 5723 par 5259 Jérémie 2408, le prophète 4396:
      18 On a entendu 191 5681 des cris 5456 à 1722 Rama 4471, Des pleurs 2805 et 2532 de grandes 4183 lamentations 3602 : Rachel 4478 pleure 2799 5723 ses 846 enfants 5043, Et 2532 n’a pas 3756 voulu 2309 5707 être consolée 3870 5683, Parce qu 3754’ils ne sont 1526 5748 plus 3756.
      19 Quand 1161 Hérode 2264 fut mort 5053 5660, voici 2400 5628, un ange 32 du Seigneur 2962 apparut 5316 5727 en 2596 songe 3677 à Joseph 2501, en 1722 Egypte 125,
      20 et dit 3004 5723 : Lève-toi 1453 5685, prends 3880 5628 le petit enfant 3813 et 2532 sa 846 mère 3384, et 2532 va 4198 5737 dans 1519 le pays 1093 d’Israël 2474, car 1063 ceux qui 3588 en voulaient 2212 5723 à la vie 5590 du petit enfant 3813 sont morts 2348 5758.
    • 1 Samuel 21

      1 David se leva et partit, et Jonathan rentra en ville.
      2 David se rendit à Nob vers le prêtre Achimélec. Celui-ci courut effrayé à sa rencontre et lui demanda : « Pourquoi es-tu seul et n'y a-t-il personne avec toi ? »
      3 David répondit au prêtre Achimélec : « Le roi m'a donné un ordre et m'a dit : ‘Que personne ne sache rien de l'affaire pour laquelle je t'envoie ni de l'ordre que je t'ai donné.’J'ai fixé un rendez-vous à mes hommes.
      4 Maintenant qu'as-tu sous la main ? Donne-moi cinq pains ou ce que tu trouveras. »
      5 Le prêtre répondit à David : « Je n'ai pas de pain ordinaire sous la main, mais je peux te donner du pain consacré, à condition que tes hommes n’aient pas eu de relations avec des femmes récemment ! »
      6 David répondit au prêtre : « Nous n’avons pas eu de relations avec des femmes, comme toujours quand je pars en campagne. Les affaires de mes hommes sont consacrées, même si une expédition a un caractère profane. Elles le seront d’autant plus aujourd'hui. »

      Psaumes 12

      7 Les paroles de l’Eternel sont des paroles pures, un argent affiné dans un creuset en argile et sept fois épuré.

      Esaïe 40

      1 « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu.
      2 Parlez au cœur de Jérusalem, criez-lui que sa période de combat est terminée, que sa faute est expiée, qu'elle a reçu de l'Eternel le salaire de tous ses péchés. »
      3 *Une voix crie dans le désert : « Préparez le chemin de l'Eternel, faites une route bien droite pour notre Dieu dans les endroits arides !
      4 Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline abaissées. Ce qui est tortueux sera redressé et les endroits rocailleux aplanis.
      5 Alors la gloire de l'Eternel sera révélée, et au même instant tout homme la verra. Oui, c’est l’Eternel qui l’affirme. »
      6 Une voix a dit : « Proclame un message ! » Et j’ai répondu : « Que dois-je proclamer ? » « *Toute créature est comme l'herbe, et toute sa beauté comme la fleur des champs.
      7 L'herbe sèche et la fleur tombe quand le vent de l'Eternel souffle dessus. Vraiment, le peuple est pareil à l'herbe :
      8 l'herbe sèche et la fleur tombe, mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement. »
      9 Monte sur une haute montagne, Sion, pour annoncer la bonne nouvelle ! Elève avec force ta voix, Jérusalem, pour proclamer la bonne nouvelle ! Elève ta voix, n’aie pas peur ! Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! »
      10 Le Seigneur, l'Eternel vient avec puissance, et son bras lui assure la souveraineté. Il a son salaire avec lui et sa récompense est devant lui.
      11 Pareil à un berger, il s’occupera de son troupeau, il prendra les agneaux dans ses bras et les portera contre sa poitrine ; il conduira les brebis qui allaitent.
      12 Qui a mesuré les océans dans le creux de sa main ? Qui a fixé les dimensions du ciel dans une mesure et fait tenir toute la poussière de la terre dans un tiers de mesure ? Qui a pesé les montagnes à la balance et les collines à la bascule ?
      13 *Qui a compris l'Esprit de l'Eternel et quel homme a été son conseiller pour l’instruire ?
      14 Avec qui a-t-il délibéré pour se laisser éclairer par lui ? Qui lui a appris le sentier du droit, lui a enseigné son savoir-faire et lui a fait connaître le chemin de l'intelligence ?
      15 Les nations sont pareilles à une goutte d’eau qui tombe d'un seau, elles sont comme de la poussière sur une balance, et les îles comme une fine poussière qui s'envole.
      16 Les forêts du Liban ne suffiraient pas à alimenter le feu de l’autel et ses animaux seraient en nombre insuffisant pour l'holocauste.
      17 Toutes les nations sont réduites à rien devant lui, elles comptent moins à ses yeux que le néant et le vide.
      18 A qui voulez-vous comparer Dieu ? A quelle représentation pourriez-vous le comparer ?
      19 C'est un artisan qui fond la statue, puis un orfèvre la couvre d'or et y soude des chaînettes d'argent.
      20 Celui qui est trop pauvre pour une telle offrande choisit un bois qui ne pourrisse pas ; il sollicite les services d’un artisan assez habile pour fabriquer une sculpture sacrée qui ne soit pas branlante.
      21 Ne le savez-vous pas ? Ne l'avez-vous pas appris ? Ne vous l'a-t-on pas révélé dès le début ? N'avez-vous jamais réfléchi aux fondations de la terre ?
      22 C’est l’Eternel qui siège au-dessus du cercle de la terre ; ses habitants sont, pour lui, pareils à des sauterelles. Il déroule le ciel comme une étoffe légère, il le déploie comme une tente pour en faire son lieu d’habitation.
      23 C'est lui qui réduit les dirigeants à rien, qui rend les juges de la terre pareils à du vide.
      24 Ils ne sont même pas plantés, même pas semés, leur tronc n'a pas encore développé de racine en terre qu’il souffle sur eux ; ils se dessèchent alors, le tourbillon les emporte comme un brin de paille.
      25 A qui me comparerez-vous pour que je lui ressemble ? demande le Saint.
      26 Levez les yeux vers le ciel et regardez ! Qui a créé cela ? C’est celui qui fait sortir les corps célestes en bon ordre. Il les appelle tous par leur nom. Son pouvoir est si grand, sa force si puissante que pas un seul ne manque.
      27 Pourquoi dis-tu, Jacob, et pourquoi affirmes-tu, Israël : « Ma situation échappe à l'Eternel, mon droit passe inaperçu de mon Dieu » ?
      28 Ne le sais-tu pas ? Ne l'as-tu pas appris ? C'est le Dieu d'éternité, l'Eternel, qui a créé les extrémités de la terre. Il ne se fatigue pas, il ne s’épuise pas. Son intelligence est impénétrable.
      29 Il donne de la force à celui qui est fatigué et il multiplie les ressources de celui qui est à bout.
      30 Les adolescents se fatiguent et s’épuisent, les jeunes gens se mettent à trébucher,
      31 mais ceux qui comptent sur l'Eternel renouvellent leur force. Ils prennent leur envol comme les aigles. Ils courent sans s’épuiser, ils marchent sans se fatiguer.

      Esaïe 50

      1 Voici ce que dit l'Eternel : Où est la lettre de divorce par laquelle j'ai renvoyé votre mère ? Ou bien auquel de mes créanciers vous ai-je vendus ? C'est à cause de vos fautes que vous avez été vendus et c'est à cause de vos transgressions que votre mère a été renvoyée.
      2 Je suis venu : pourquoi n'y avait-il personne ? J'ai appelé : pourquoi personne n'a-t-il répondu ? Mon bras serait-il trop court pour vous libérer ? N'ai-je pas assez de force pour vous délivrer ? Par une simple menace je mets la mer à sec, je change les fleuves en désert. Faute d’eau, leurs poissons crèvent de soif et pourrissent.
      3 J’habille le ciel d'obscurité et je lui donne un sac en guise de couverture.
      4 Le Seigneur, l'Eternel, m’a donné le langage des disciples pour que je sache soutenir par la parole celui qui est abattu. Il réveille, oui, matin après matin il réveille mon oreille pour que j'écoute comme le font des disciples.
      5 Le Seigneur, l'Eternel, m'a ouvert l'oreille, et moi, je ne me suis pas rebellé, je n’ai pas reculé.
      6 J'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe, je n'ai pas caché mon visage aux insultes et aux crachats.
      7 Cependant, le Seigneur, l'Eternel, est venu à mon aide. Voilà pourquoi je ne me suis pas laissé atteindre par les insultes, voilà pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme une pierre, et je sais que je ne serai pas couvert de honte.
      8 Celui qui me déclare juste est proche : qui veut m’accuser ? Comparaissons ensemble ! Qui s’oppose à mon droit ? Qu'il s'avance vers moi !
      9 C’est le Seigneur, l'Eternel, qui viendra à mon aide : qui me condamnera ? Ils tomberont tous en lambeaux comme un habit, dévorés par la teigne.
      10 Qui parmi vous craint l'Eternel et écoute son serviteur ? Si quelqu’un marche dans l'obscurité et manque de lumière, qu’il place sa confiance dans le nom de l'Eternel et s'appuie sur son Dieu !
      11 Quant à vous tous qui allumez un feu et qui êtes armés de flèches incendiaires, allez dans la flamme de votre feu et au milieu des flèches que vous avez enflammées ! C'est ma main qui vous réserve ce sort : vous vous coucherez dans la souffrance.

      Jérémie 32

      6 Jérémie dit : « Voici la parole que l'Eternel m'a adressée :
      7 ‘Hanameel, le fils de ton oncle Shallum, va venir te trouver pour te demander d’acheter son champ qui se trouve à Anathoth, car tu as un droit de rachat pour l'acquérir.’
      8 Effectivement, Hanameel, le fils de mon oncle, est venu me trouver dans la cour de la prison, conformément à la parole de l'Eternel, et m’a dit : ‘Je t’en prie, achète mon champ qui se trouve à Anathoth, dans le pays de Benjamin, car tu as un droit d'héritage et de rachat. Achète-le donc !’J’ai alors su que c'était bien une parole de l'Eternel.
      9 J’ai donc acheté le champ de Hanameel, le fils de mon oncle, qui est à Anathoth, et je lui ai pesé l'argent, soit 17 pièces d'argent.

      Zacharie 11

      12 Je leur ai dit : « Si vous le trouvez bon, donnez-moi mon salaire, sinon, ne le donnez pas. » Alors ils ont pesé pour mon salaire 30 pièces d'argent.

      Malachie 3

      1 *Voici que j'enverrai mon messager pour me préparer le chemin. Et soudain, il entrera dans son temple, le Seigneur que vous cherchez ; le messager de l'alliance que vous désirez, le voici qui arrive, dit l'Eternel, le maître de l’univers.

      Matthieu 1

      1 Voici la généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham.
      2 Abraham eut pour fils Isaac ; Isaac eut Jacob ; Jacob eut Juda et ses frères ;
      3 Juda eut Pérets et Zérach de Tamar ; Pérets eut Hetsrom ; Hetsrom eut Aram ;
      4 Aram eut pour fils Aminadab ; Aminadab eut Nachshon ; Nachshon eut Salmon ;
      5 Salmon eut Boaz de Rahab ; Boaz eut Obed de Ruth ;
      6 Obed eut pour fils Isaï ; Isaï eut David. Le roi David eut Salomon de la femme d'Urie ;
      7 Salomon eut pour fils Roboam ; Roboam eut Abija ; Abija eut Asa ;
      8 Asa eut pour fils Josaphat ; Josaphat eut Joram ; Joram eut Ozias ;
      9 Ozias eut pour fils Jotham ; Jotham eut Achaz ; Achaz eut Ezéchias ;
      10 Ezéchias eut pour fils Manassé ; Manassé eut Amon ; Amon eut Josias ;
      11 Josias eut pour descendants Jéconias et ses frères, à l’époque de la déportation à Babylone.
      12 Après la déportation à Babylone, Jéconias eut pour fils Shealthiel ; Shealthiel eut Zorobabel ;
      13 Zorobabel eut pour fils Abiud ; Abiud eut Eliakim ; Eliakim eut Azor ;
      14 Azor eut pour fils Sadok ; Sadok eut Achim ; Achim eut Eliud ;
      15 Eliud eut pour fils Eléazar ; Eléazar eut Matthan ; Matthan eut Jacob ;
      16 Jacob eut pour fils Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qu’on appelle le Christ.
      17 Il y a donc en tout 14 générations depuis Abraham jusqu'à David, 14 générations depuis David jusqu'à la déportation à Babylone et 14 générations depuis la déportation à Babylone jusqu'au Christ.
      18 Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle se trouva enceinte par l'action du Saint-Esprit.
      19 Joseph, son fiancé, qui était un homme juste et qui ne voulait pas l’exposer au déshonneur, se proposa de rompre secrètement avec elle.
      20 Comme il y pensait, un ange du Seigneur lui apparut dans un rêve et dit : « Joseph, descendant de David, n’aie pas peur de prendre Marie pour femme, car l'enfant qu’elle porte vient du Saint-Esprit.
      21 Elle mettra au monde un fils et tu lui donneras le nom de Jésus car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
      22 Tout cela arriva afin que s'accomplisse ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète :
      23 La vierge sera enceinte, elle mettra au monde un fils et on l’appellera Emmanuel, ce qui signifie « Dieu avec nous ».
      24 A son réveil, Joseph fit ce que l'ange du Seigneur lui avait ordonné et il prit sa femme chez lui,
      25 mais il n'eut pas de relations conjugales avec elle jusqu'à ce qu'elle ait mis au monde un fils [premier-né] auquel il donna le nom de Jésus.

      Matthieu 2

      1 Jésus naquit à Bethléhem en Judée, à l’époque du roi Hérode. Or, des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem
      2 et dirent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? En effet, nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus pour l'adorer. »
      3 Quand le roi Hérode apprit cela, il fut troublé et tout Jérusalem avec lui.
      4 Il rassembla tous les chefs des prêtres et spécialistes de la loi que comptait le peuple et leur demanda où le Messie devait naître.
      5 Ils lui dirent : « A Bethléhem en Judée, car voici ce qui a été écrit par le prophète :
      6 Et toi, Bethléhem, terre de Juda, tu n'es certes pas la plus petite parmi les principales villes de Juda, car de toi sortira un chef qui prendra soin d’Israël, mon peuple. »
      7 Alors Hérode fit appeler en secret les mages ; il s'informa soigneusement auprès d'eux du moment où l'étoile était apparue,
      8 puis il les envoya à Bethléhem en disant : « Allez prendre des informations exactes sur le petit enfant. Quand vous l'aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j'aille moi aussi l'adorer. »
      9 Après avoir entendu le roi, ils partirent. L'étoile qu'ils avaient vue en Orient allait devant eux jusqu'au moment où, arrivée au-dessus de l'endroit où était le petit enfant, elle s'arrêta.
      10 Quand ils aperçurent l'étoile, ils furent remplis d'une très grande joie.
      11 Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l'adorèrent. Ensuite, ils ouvrirent leurs trésors et lui offrirent en cadeau de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
      12 Puis, avertis dans un rêve de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
      13 Lorsqu'ils furent partis, un ange du Seigneur apparut dans un rêve à Joseph et dit : « Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Egypte et restes-y jusqu'à ce que je te parle, car Hérode va rechercher le petit enfant pour le faire mourir. »
      14 Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère et se retira en Egypte.
      15 Il y resta jusqu'à la mort d'Hérode, afin que s'accomplisse ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : J'ai appelé mon fils à sortir d'Egypte.
      16 Quand Hérode vit que les mages l'avaient trompé, il se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire, selon la date qu'il s'était fait préciser par les mages.
      17 Alors s'accomplit ce que le prophète Jérémie avait annoncé :
      18 On a entendu des cris à Rama, des pleurs et de grandes lamentations : c'est Rachel qui pleure ses enfants et n'a pas voulu être consolée, parce qu'ils ne sont plus là.
      19 Après la mort d'Hérode, un ange du Seigneur apparut dans un rêve à Joseph, en Egypte,
      20 et dit : « Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère et va dans le pays d'Israël, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts. »
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