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GÉDÉON

(=qui taille, qui fend). Juge en Israël, dont l'histoire suit l'épopée de Débora et de Barak (Jug 6:1-8:35). Il est aussi nommé Jérubbaal (Jug 7:1 8:35) et Jérubbéseth (2Sa 11:21). Son vrai nom devait être Jérubbaal (=que Baal combatte, prenne parti), Baal (=seigneur) pouvant parfaitement s'appliquer à Jéhovah, ce qui arrivait fréquemment aux premiers temps du séjour d'Israël en Canaan : c'était placer son fils sous la protection divine, que de le nommer d'après son dieu (Esbaal fils de Saül, Mérib-Baal fils de Jonathan : 1Ch 8:33 et suivant). Un narrateur donne à Jérubbaal une étymologie différente, trouvée sans doute après les événements (Jug 6:32). Plus tard, après le redressement religieux opéré par les grands prophètes, (cf. Os 2:16) les rédacteurs remplacèrent, dans plusieurs de ces noms, baal par béseth (=honte) : Jérubbaal devient Jérubbéseth. Quant au nom de Gédéon, on peut y voir un surnom donné au guerrier israélite pour sa force et sa bravoure.

Israël, déjà sédentaire, se trouvait alors menacé, non plus par des troupes organisées comme du temps de Débora (voir ce mot), mais par des bandes de bédouins pillards, les Madianites (voir ce mot). La situation était devenue intolérable, les cultivateurs risquant de ne travailler le sol que pour se voir enlever leurs récoltes par de terribles razzias. Alors Dieu suscita un héros, qui par sa foi et son courage sut grouper et conduire à la victoire les paysans israélites terrorisés, qui ne pensaient plus qu'à se cacher dans les montagnes et dans les grottes pour se soustraire à leurs agresseurs.

L'intrépidité de Gédéon, son énergie (Jug 6:14), un réel patriotisme, rare à cette époque en Israël (verset 13 montre comment il se solidarise avec sa tribu), des circonstances tragiques : l'assassinat de ses frères par les bédouins (Jug 8:18 et suivant), firent de ce fils de propriétaire terrien l'irréductible ennemi des Madianites ; tout le préparait à devenir le libérateur de son peuple. L'appel de son Dieu fut décisif. Jéhovah lui apparut à Ophra, près de la maison de son père, sans doute aux environs de Sichem, dans la région occupée par la tribu de Manassé, à l'Ouest du Jourdain. Un vieux récit nous montre le héros recevant un étranger, comme Abraham jadis avait accueilli chez lui les trois messagers divins (Ge 18). Alors qu'il se prépare à lui offrir un repas, l'hôte mystérieux se révèle comme « l'ange de l'Éternel » (voir art.), en transformant le repas en sacrifice, et lui ordonne d'aller délivrer Israël, ou tout au moins sa tribu. Le jeune homme demande un signe de la réalité de sa vocation, non qu'il manquât de bravoure ou doutât de l'apparition divine, mais par modestie : afin d'être sûr de ne pas se faire d'illusions flatteuses sur lui-même. Ayant reçu l'assurance que Jéhovah l'a bien choisi entre tous, il lui rend un culte, avec sacrifices, sur l'autel paternel, auquel sans doute il donnera le nom de Jéhovah-paix (Jug 6:24). Possédé par l'Esprit d'En-haut, il appelle aux armes son clan d'Abiézer, ne prenant avec lui que des hommes animés d'une ardente foi jéhoviste. Puis il marche contre les Madianites, en rencontre un groupe nombreux dans la vallée de Jizréel, les attaque malgré une grande infériorité d'effectifs et les met en pièces (le « pain d'orge » renversant la « tente » (Jug 7:13) représente la revanche des cultivateurs sur les nomades pillards). Encouragés par cette première victoire, des éléments d'autres tribus hébraïques viennent à la rescousse ; et les Madianites, retardés dans leur retraite aux gués du Jourdain, subissent une grave défaite. Gédéon atteint les débris de leurs caravanes en TransJordanie et met à mort leurs cheiks, Zébach et Tsalmuna (Jug 8:21).

Ces rapides succès rendirent Gédéon populaire ; on vint lui offrir le pouvoir : c'est la première fois dans la Bible qu'il est question de royauté (Jug 8:22), et il semble que Gédéon accepta et régna, non sur tout Israël, encore trop divisé à cette époque, (cf. Jug 8:1-3) mais sur la tribu de Manassé et la région de Sichem ; car après lui ses fils se disputeront l'autorité royale (Jug 9:2). Le refus de régner, que lui prête Jug 8:23, proviendrait alors d'une époque plus tardive, qui considérera la royauté en Israël comme une infidélité à Jéhovah. En effet, la fin de son histoire décrit Gédéon, vivant comme un prince, avec un nombreux harem (Jug 8:30), et les Sichémites admettant la transmission héréditaire de son pouvoir (Jug 9:1 et suivants). Sous son règne Israël a vécu en paix, mais ne semble pas avoir échappé complètement à l'influence païenne des peuplades voisines, malgré le sursaut de foi qui marqua la lutte contre Madian. L'épisode de 1' « éphod » est très caractéristique à cet égard (Jug 8:24-27). Gédéon dresse à Ophra, pour commémorer sa victoire, une sorte de statue faite avec l'or provenant du butin pris à l'ennemi. Cet objet avait dû être fabriqué en l'honneur de Jéhovah, le véritable vainqueur des Madianites ; car, à part le verset 27 qui semble rédactionnel, aucun passage ne reproche à Gédéon une infidélité envers son Dieu ; les récits soulignent au contraire le bien qu'il fait en Israël. (cf. Jug 8:35 9:16 et suivant) Seulement cet « éphod » --de même que l'achéra qui se trouvait au-dessus de l'autel de Baal dans la maison paternelle (cf. Jug 6:25) --ressemble fort aux idoles cananéennes dressées pour représenter les baals. Tous ces détails montrent une fois de plus avec quelle peine le spiritualisme de la religion de Jéhovah se débarrassait de l'idolâtrie sémitique, qui ne cessa de sévir en Palestine pendant des siècles.

Il n'en reste pas moins que Gédéon fut un des plus grands jéhovistes du temps des Juges. Sa confiance absolue en Dieu, qui le guida dans toutes ses entreprises, (voir Jug 7:10,15) l'a rendu digne d'occuper une place parmi les héros de la foi, glorifiés dans Heb 11.

D'importants problèmes critiques se posent au sujet de ces récits. Nous avons déjà signalé, malgré la grande valeur historique de l'ensemble, quelques éléments surajoutés : contrairement à Jug 6:18, Gédéon n'aperçoit aucun châtiment divin dans les malheurs de son peuple ; (cf. Jug 6:3) c'est le rédacteur de D qui, selon sa coutume, juge ici rétrospectivement et considère cette situation lamentable d'Israël comme la conséquence de son infidélité ; il nous faut d'ailleurs le suivre dans son jugement (tout en faisant la part de la forme quelque peu stéréotypée qu'il donne toujours à ses introductions des histoires des Juges), car le souvenir a été conservé d'une tradition digne de foi, perdue d'ailleurs en partie, où l'on voit un prophète venir proclamer l'idolâtrie du peuple et la punition divine (Jug 6:7-10, sans doute E). Le rédacteur de D a également commenté certains faits dont il avait sous les yeux la relation : ex. Jug 6:31b et Jug 8:27 où il reproche à Gédéon d'avoir dressé cet éphod. Dans le corps du récit, on peut retrouver deux séries de traditions distinctes, qui doivent vraisemblablement appartenir à J et à E : deux mentions de l'érection d'un autel à Ophra ; deux signes de Jéhovah, et Jug 6:36 semble ignorer le premier miracle dont Gédéon aurait été le spectateur (Jug 6:17,21). Le récit de l'attaque du camp madianite est très embrouillé et ne se comprend que par la fusion de deux traditions (Jug 7:16-22). la mort des chefs madianites semble avoir été racontée deux fois (Jug 7:25).

La méthode employée par Gédéon d'après Jug 7:2,8, pour mettre à part les guerriers les plus vigilants, rappelle des coutumes de nombreuses tribus africaines et de la Nouvelle-Calédonie : en présence de l'ennemi, les hommes prudents se tiennent sur leurs gardes même en allant boire. Le chiffre très élevé de 32.000 hommes donné par Jug 7:3 ne s'expliquerait à la rigueur que par la présence d'éléments appartenant à plusieurs tribus israélites, à côté du petit groupe provenant d'Abiézer ; or, Jug 6:35, qui mentionne en effet Asser, Zabulon et Nephthali, est contredit par Jug 7:23, qui fait bien mieux comprendre les événements qui suivirent. A. Ch.

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      Genèse 18

      1 Le Seigneur apparut à Abraham près des chênes de Mamré. Abraham était assis à l’entrée de sa tente à l’heure la plus chaude de la journée.
      2 Soudain il vit trois hommes qui se tenaient non loin de lui. De l’entrée de la tente, il se précipita à leur rencontre et s’inclina jusqu’à terre.
      3 Il dit à l’un d’eux : « Je t’en prie, fais-moi la faveur de t’arrêter chez moi.
      4 On va apporter un peu d’eau pour vous laver les pieds et vous vous reposerez sous cet arbre.
      5 Je vous servirai quelque chose à manger pour que vous repreniez des forces, puis vous continuerez votre chemin. Ainsi vous ne serez pas passés pour rien près de chez moi. » Les visiteurs répondirent : « Bien ! Fais ce que tu viens de dire. »
      6 Alors Abraham retourna en toute hâte dans la tente pour dire à Sara : « Vite ! Prends trois grandes mesures de fine farine et fais des galettes. »
      7 Ensuite il courut vers le troupeau, choisit un veau tendre et gras. Il le remit à son serviteur, qui se dépêcha de le préparer.
      8 Quand la viande fut prête, Abraham la plaça devant ses visiteurs avec du lait caillé et du lait frais. Ils mangèrent tandis qu’Abraham se tenait debout près d’eux sous l’arbre.
      9 Ils lui demandèrent : « Où est ta femme Sara ? » – « Dans la tente », répondit-il.
      10 L’un des visiteurs déclara : « Je reviendrai chez toi l’an prochain à la même époque, et ta femme Sara aura un fils. » Sara se trouvait à l’entrée de la tente, derrière Abraham et elle écoutait.
      11 Elle se mit à rire en elle-même, car Abraham et elle étaient déjà vieux et elle avait passé l’âge d’avoir des enfants. Elle se disait donc : « Maintenant je suis usée et mon mari est un vieillard ; le temps du plaisir est passé. »
      13 Le Seigneur demanda alors à Abraham : « Pourquoi Sara a-t-elle ri ? Pourquoi se dit-elle : “C’est impossible, je suis trop vieille pour avoir un enfant” ?
      14 Y a-t-il donc quelque chose que le Seigneur soit incapable de réaliser ? Quand je reviendrai chez toi l’an prochain à la même époque, Sara aura un fils. »
      15 Effrayée, Sara nia : « Je n’ai pas ri », dit-elle. « Si, tu as ri ! » répliqua le Seigneur.
      16 Les hommes se mirent en route et regardèrent en direction de Sodome. Abraham marchait avec eux pour les reconduire.
      17 Le Seigneur se dit : « Je ne veux pas cacher à Abraham ce que je vais faire.
      18 Il doit devenir l’ancêtre d’un peuple grand et puissant. A travers lui, je bénirai toutes les nations de la terre.
      19 Je l’ai choisi pour qu’il ordonne à ses fils et à ses descendants d’observer mes commandements, en ayant une conduite juste et droite, afin que j’accomplisse en sa faveur ce que je lui ai promis. »
      20 Le Seigneur dit alors à Abraham : « Les accusations contre les populations de Sodome et Gomorrhe sont graves, leurs péchés sont énormes.
      21 Je vais descendre pour vérifier s’ils ont fait tout ce dont on les accuse auprès de moi. Si ce n’est pas le cas, je le saurai. »
      22 Deux des visiteurs quittèrent cet endroit et se dirigèrent vers Sodome, tandis que le Seigneur restait avec Abraham.
      23 Abraham se rapprocha et dit : « Seigneur, vas-tu vraiment faire périr ensemble l’innocent et le coupable ?
      24 Il y a peut-être cinquante justes à Sodome. Vas-tu quand même détruire cette ville ? Ne veux-tu pas lui pardonner à cause des cinquante justes qui s’y trouvent ?
      25 Non, tu ne peux pas agir ainsi ! Tu ne feras pas mourir l’innocent avec le coupable, de sorte que l’innocent ait le même sort que le coupable. Il n’est pas possible que le juge de toute la terre ne respecte pas la justice. »
      26 Le Seigneur répondit : « Si je trouve à Sodome cinquante justes, je pardonnerai à toute la ville à cause d’eux. »
      27 Abraham reprit : « Excuse-moi d’oser te parler, Seigneur, moi qui ne suis qu’un peu de poussière et de cendre.
      28 Au lieu des cinquante justes, il n’y en aura peut-être que quarante-cinq. Pour les cinq qui manquent détruiras-tu toute la ville ? » Dieu dit : « Je ne la détruirai pas si j’y trouve quarante-cinq justes. »
      29 Abraham insista : « On n’en trouvera peut-être que quarante. » – « Je n’interviendrai pas à cause des quarante », déclara Dieu.
      30 Abraham dit alors : « Je t’en prie, Seigneur, ne te fâche pas si je parle encore. On n’en trouvera peut-être que trente. » – « Je n’interviendrai pas si je trouve trente justes dans la ville », répondit Dieu.
      31 Abraham dit : « Seigneur, excuse mon audace. On n’en trouvera peut-être que vingt. » – « Je ne détruirai pas la ville à cause de ces vingt », répondit Dieu.
      32 Alors Abraham dit : « Je t’en prie, Seigneur, ne te fâche pas. C’est la dernière fois que je parle. On n’en trouvera peut-être que dix. » – « Je ne détruirai pas la ville à cause de ces dix », dit Dieu.
      33 Lorsqu’il eut achevé de parler avec Abraham, le Seigneur s’en alla et Abraham retourna chez lui.

      Juges 6

      1 Les Israélites firent de nouveau ce qui déplaît au Seigneur. C’est pourquoi le Seigneur les livra aux Madianites pendant sept ans.
      2 Les Madianites opprimaient durement Israël. Pour leur échapper, les Israélites utilisèrent les couloirs, les cavernes et les endroits escarpés des montagnes.
      3 Chaque fois que les Israélites avaient ensemencé leurs champs, les Madianites venaient les attaquer, avec les Amalécites et des nomades de l’Orient.
      4 Ils campaient sur leurs terres et détruisaient les produits du sol jusqu’à proximité de Gaza. Ils ne laissaient rien à manger aux Israélites, ils ne leur laissaient ni moutons, ni bœufs, ni ânes.
      5 En effet, ils se déplaçaient avec leurs troupeaux et leurs tentes, ils arrivaient en masse comme les sauterelles ; ils étaient si nombreux, eux et leurs chameaux, qu’on ne pouvait pas les compter. Ils envahissaient le pays et le dévastaient.
      6 Ainsi, les Israélites furent plongés dans une telle misère par les Madianites qu’ils appelèrent le Seigneur à leur secours.
      7 Lorsque les Israélites demandèrent au Seigneur de les libérer des Madianites,
      8 celui-ci leur envoya un prophète qui leur dit : « Voici ce que déclare le Seigneur, Dieu d’Israël : “C’est moi qui vous ai fait sortir d’Égypte, le pays où vous étiez esclaves.
      9 Je vous ai délivrés des Égyptiens et de tous ceux qui vous opprimaient. J’ai chassé vos ennemis au fur et à mesure que vous avanciez et je vous ai donné leur pays.
      10 Je vous ai rappelé que j’étais le Seigneur votre Dieu et que vous ne deviez pas adorer les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. Mais vous ne m’avez pas écouté !” »
      11 L’ange du Seigneur vint au village d’Ofra. Il s’assit sous le chêne situé dans la propriété de Yoach, un homme du clan d’Abiézer. Gédéon, fils de Yoach, était en train de battre le blé dans le pressoir à raisin, pour ne pas être vu des Madianites.
      12 L’ange du Seigneur lui apparut et lui dit : « Le Seigneur est avec toi, valeureux combattant ! »
      13 Gédéon répondit : « Pardon, mon seigneur ! Si le Seigneur est avec nous, pourquoi tous ces malheurs nous sont-ils arrivés ? Où sont donc tous ces prodiges dont nous parlaient nos pères quand ils nous racontaient que le Seigneur les avait fait sortir d’Égypte ? En réalité, le Seigneur nous a abandonnés, il nous a livrés aux Madianites. »
      14 Le Seigneur se tourna vers lui et lui dit : « Avec la force que tu as, va délivrer Israël des Madianites. C’est moi qui t’envoie. » –
      15 « Je t’en prie, Seigneur, répondit Gédéon, comment pourrais-je sauver Israël ? Mon clan est le plus faible de la tribu de Manassé et moi, je suis le plus jeune de ma famille. »
      16 Alors le Seigneur déclara : « Je serai avec toi, c’est pourquoi tu battras les Madianites comme s’ils n’étaient qu’un seul homme. »
      17 Gédéon reprit : « Si tu m’accordes ta faveur, donne-moi un signe que c’est bien toi, le Seigneur, qui me parles.
      18 Ne t’en va pas avant que je sois revenu avec l’offrande que je désire te présenter. » Le Seigneur répondit : « Je resterai ici jusqu’à ton retour. »
      19 Gédéon alla donc préparer un chevreau ainsi que des pains sans levain confectionnés avec trente kilos de farine. Il mit la viande dans une corbeille et le jus dans un pot, il les apporta sous le chêne et les présenta à l’ange de Dieu.
      20 L’ange lui dit : « Va poser la viande et les pains sur ce rocher, puis verse le jus par-dessus. » Gédéon obéit.
      21 Alors l’ange du Seigneur étendit la main et, avec l’extrémité du bâton qu’il tenait, il toucha la viande et les pains. Le feu jaillit du rocher et brûla la viande et les pains. Puis l’ange disparut.
      22 Gédéon comprit alors que c’était l’ange du Seigneur et il s’écria : « Malheur à moi, Seigneur Dieu ! J’ai vraiment vu ton ange face à face ! »
      23 Mais le Seigneur lui dit : « Sois en paix, n’aie pas peur, tu ne mourras pas. »
      24 A cet endroit Gédéon construisit un autel pour le Seigneur, et il l’appela “Le Seigneur donne la paix”. Cet autel se trouve maintenant encore à Ofra, village du clan d’Abiézer.
      25 Cette nuit-là, le Seigneur ordonna à Gédéon : « Prends le taureau de ton père, le second, celui qui a sept ans. Démolis l’autel de Baal que possède ton père et coupe le poteau sacré dressé à côté.
      26 Au sommet de cette colline, construis ensuite pour le Seigneur ton Dieu un autel bien aménagé. Tu prendras le taureau et tu l’offriras en sacrifice complet, en utilisant pour le feu le bois du poteau sacré que tu auras coupé. »
      27 Gédéon choisit dix de ses serviteurs pour faire ce que le Seigneur lui avait ordonné. Mais il le fit de nuit, car il avait peur d’agir en plein jour à cause de sa famille et des habitants du village.
      28 Le matin, à leur réveil, les gens du village constatèrent que l’autel de Baal avait été démoli, que le poteau sacré dressé à côté avait été coupé, et que le taureau de la seconde portée avait été offert en sacrifice complet sur l’autel nouvellement construit.
      29 « Qui a fait cela ? », se demandèrent-ils les uns aux autres. Ils se renseignèrent, firent des recherches et découvrirent que c’était Gédéon, fils de Yoach.
      30 Ils dirent alors à Yoach : « Amène-nous ton fils pour que nous le mettions à mort, car il a détruit l’autel de Baal et coupé le poteau sacré dressé à côté. »
      31 Yoach répondit à tous ceux qui faisaient front contre lui : « Est-ce à vous de défendre la cause de Baal et de venir à son secours ? Quiconque défendra sa cause sera mis à mort avant demain matin. Si Baal est Dieu, qu’il se défende lui-même, car c’est son autel qui a été détruit ! »
      32 A partir de ce moment-là, on appela Gédéon Yeroubaal, c’est-à-dire “que Baal se défende”, à cause de la parole de Yoach : « Que Baal se défende lui-même, car c’est son autel qui a été détruit ! »
      33 Les Madianites, les Amalécites et les nomades de l’Orient se rassemblèrent, traversèrent le Jourdain et installèrent leur camp dans la plaine de Jizréel.
      34 Mais l’Esprit du Seigneur s’empara de Gédéon. Celui-ci sonna de la trompette pour appeler les hommes du clan d’Abiézer à le suivre.
      35 Il envoya des messagers dans tout le territoire de Manassé pour appeler les hommes de la tribu à le suivre également. Il envoya encore des messagers dans les tribus d’Asser, de Zabulon et de Neftali, dont les hommes vinrent se joindre à lui.
      36 Gédéon dit à Dieu : « Tu as déclaré que tu te servirais de moi pour délivrer Israël.
      37 Eh bien, je vais étendre une toison de laine à l’endroit où l’on bat le blé. Si, durant la nuit, la rosée se dépose seulement sur la toison et que le sol tout autour reste sec, je serai convaincu que tu te serviras de moi pour délivrer Israël comme tu l’as affirmé. »
      38 Et c’est ce qui arriva. Le lendemain matin, Gédéon alla presser la toison et il en fit sortir assez de rosée pour remplir d’eau un bol.
      39 Il dit alors à Dieu : « Ne te mets pas en colère contre moi, si je te demande encore quelque chose. Je voudrais faire un dernier essai avec la toison : il faudrait, cette fois, que la toison seule soit sèche et qu’il y ait de la rosée sur le sol tout autour ! »
      40 Cette nuit-là, Dieu réalisa la demande de Gédéon : seule la toison resta sèche et le sol tout autour se couvrit de rosée.

      Juges 7

      1 Tôt le matin, Gédéon, dit Yeroubaal, se mit en route avec ses troupes et ils allèrent camper près de la source de Harod. Le camp madianite se trouvait plus au nord, dans la plaine, du côté de la colline de Moré.
      2 Le Seigneur dit à Gédéon : « Tes troupes sont trop nombreuses pour que je leur accorde la victoire sur les Madianites. Les Israélites se vanteraient d’avoir vaincu par leur propre force et s’attribueraient ainsi une gloire qui me revient.
      3 Tu vas donc annoncer ceci devant tes troupes : “Que tous ceux qui tremblent de peur s’éloignent du mont Galaad et retournent chez eux.” » Vingt-deux mille d’entre eux s’en retournèrent et il en resta dix mille.
      4 Mais le Seigneur dit à Gédéon : « Les troupes sont encore trop nombreuses. Fais-les descendre au bord du torrent et là je ferai un tri pour toi. Je te dirai qui doit aller avec toi et qui ne le doit pas. »
      5 Gédéon fit descendre ses troupes au bord du torrent. Puis le Seigneur lui dit : « Ceux qui laperont l’eau avec la langue comme le font les chiens, tu les sépareras de ceux qui s’agenouilleront pour boire. »
      6 Il y eut trois cents hommes qui prirent de l’eau dans leur main pour la porter à la bouche et la laper ; tous les autres s’agenouillèrent pour boire.
      7 Le Seigneur dit à Gédéon : « Avec les trois cents hommes qui ont lapé l’eau, je sauverai Israël en te livrant les Madianites. Quant aux autres, qu’ils retournent tous chez eux. »
      8 Gédéon retint avec lui les trois cents hommes et renvoya les autres Israélites chez eux, mais l’on garda les provisions et les trompettes des partants. Le camp des Madianites se trouvait plus bas dans la plaine.
      9 Cette nuit-là, le Seigneur dit à Gédéon : « Debout ! Descends attaquer le camp madianite, car je te le livre.
      10 Si tu as peur de l’attaquer, descends-y d’abord avec Poura, ton serviteur.
      11 Tu entendras ce que l’on dit là-bas, et ensuite, tu auras le courage de partir à l’attaque. » Gédéon descendit avec son serviteur jusqu’aux avant-postes du camp.
      12 Les Madianites, les Amalécites et les nomades de l’Orient étaient répandus dans la plaine, en aussi grand nombre que des sauterelles ; leurs chameaux étaient innombrables, comme les grains de sable au bord de la mer.
      13 Au moment où Gédéon arriva, un homme était en train de raconter un rêve à un camarade : « J’ai fait un rêve, lui disait-il. Je voyais un pain d’orge rouler à travers notre camp : il vint heurter une tente, la renversa et la mit sens dessus dessous. »
      14 Son camarade répondit : « Cela ne peut que représenter l’épée de Gédéon l’Israélite, le fils de Yoach. Dieu a décidé de nous livrer à lui avec tout le camp. »
      15 Quand Gédéon eut entendu le récit du rêve et son interprétation, il s’inclina jusqu’à terre pour remercier Dieu. Puis il retourna au camp israélite et cria : « Debout ! le Seigneur vous a livré le camp madianite ! »
      16 Gédéon divisa les trois cents hommes en trois groupes. Il remit à chaque homme une trompette, une cruche vide et une torche à placer dans la cruche.
      17 Ensuite, il leur donna cet ordre : « Vous regarderez de mon côté et vous agirez exactement comme moi dès que je serai arrivé à la limite du camp.
      18 Quand je sonnerai de la trompette, ainsi que les hommes qui m’accompagnent, vous sonnerez également de la trompette tout autour du camp et vous crierez : “Pour le Seigneur et pour Gédéon !” »
      19 Peu avant minuit, Gédéon et son groupe de cent hommes arrivèrent à la limite du camp. On venait de remplacer les sentinelles. Ils sonnèrent de la trompette et brisèrent les cruches qu’ils portaient.
      20 Les deux autres groupes en firent autant. Ils saisirent tous les torches de la main gauche et les trompettes de la main droite, et ils crièrent : « A l’assaut, pour le Seigneur et pour Gédéon ! »
      21 Ils se tenaient autour du camp, chacun à sa place. Mais, dans le camp, tout le monde se mit à courir, à crier, à prendre la fuite.
      22 Pendant que les trois cents hommes sonnaient de la trompette, le Seigneur fit s’entre-tuer les Madianites dans tout le camp. Finalement, ceux qui restaient s’enfuirent jusqu’à Beth-Chitta en direction de Seréda et jusqu’à la ville d’Abel-Mehola, près de Tabbath.
      23 On fit appeler les Israélites des tribus de Neftali, d’Asser et de tout Manassé, et ils vinrent poursuivre les Madianites.
      24 Gédéon envoya des messagers proclamer dans la région montagneuse d’Éfraïm : « Descendez tous bloquer le passage aux Madianites en occupant les gués le long du Jourdain jusqu’à Beth-Bara. » On appela donc les hommes d’Éfraïm qui descendirent occuper les gués le long du Jourdain jusqu’à Beth-Bara.
      25 Ils capturèrent les deux chefs madianites, Oreb et Zeb ; ils tuèrent Oreb au rocher d’Oreb et Zeb au pressoir de Zeb. Ils continuèrent ensuite à poursuivre les Madianites. Ils apportèrent à Gédéon, de l’autre côté du Jourdain, les têtes d’Oreb et de Zeb.

      Juges 8

      1 Les hommes d’Éfraïm dirent à Gédéon : « Pourquoi nous as-tu traités de la sorte ? Pourquoi ne nous as-tu pas appelés en renfort lorsque tu es allé combattre les Madianites ? » Et ils s’en prirent violemment à lui.
      2 Mais Gédéon leur répondit : « Que représentent mes exploits en comparaison du vôtre ? Votre intervention, gens d’Éfraïm, même limitée, n’a-t-elle pas plus de valeur que les succès obtenus par mon propre clan, le clan d’Abiézer ?
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