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GRÂCE

I

Le mot Grâce,

Dans son sens esthétique : attrait, charme, est employé deux fois seulement, par Luc, à propos de Jésus. La première, il s'agit de la personne de l'enfant qui grandissait à Nazareth : « Jésus croissait... en grâce devant Dieu et devant les hommes » (Lu 2:52), « les hommes que charmaient, comme l'a bien dit Godet, ses aimables qualités ». La deuxième, il s'agit de la prédication du Maître, inaugurant son ministère en Galilée : « tous admiraient ses paroles pleines de grâce » (Lu 4:22).

Au sens moral de « bienveillance, faveur » manifestées par les hommes, l'expression hébraïque très fréquente : « trouver grâce aux yeux de quelqu'un » (Ge 18:3 33:10 47:29 etc.), est beaucoup moins usitée dans le N.T. Les premiers chrétiens « trouvaient grâce devant le peuple » (Ac 2:47) ; Dieu fut avec Joseph, « il lui fit trouver grâce devant Pharaon et lui donna de la sagesse » (Ac 7:10) ; Félix et Festus voulant faire preuve de bonne grâce envers les Juifs n'osent pas libérer Paul (Ac 24:27 25:9) ; les Églises de Macédoine ont demandé la grâce de participer à la collecte pour les chrétiens de Jérusalem (2Co 8:4) ; les croyants doivent parler avec grâce pour procurer quelque bienfait à leur interlocuteur et lui répondre comme il faut (Eph 4:29, Col 4:6).

Une transition entre le sens moral et le sens religieux est fournie par les expressions : « trouver grâce devant Dieu » (Ge 6:8, Ex 33:17, No 11:11,2Sa 15:25), et « rendre grâces, action de grâces », très fréquentes dans les lettres de Paul principalement, et qui traduisent quelquefois la satisfaction, la reconnaissance à l'égard des hommes (Ac 24:23,1Co 1:4,2Co 1:11, Ro 1:8), mais surtout la gratitude, faite de confiance et d'adoration, à l'égard de Dieu (Mt 14:19 26:26 et suivant, Mr 6:41 14:22, Lu 22:17,19, Jn 6:11,23 11:41, Ac 27:36 ; et maints textes de 1Th et 2Th 1Cor et 2 Cor., Rom., Éph., Col., Php, 1Tim.).

Le sens religieux du mot, indiquant une disposition de Dieu à l'égard des hommes, une manière d'être et d'agir qu'inspire essentiellement l'amour, prédomine à tel point qu'il est presque le sens exclusif. Presque unique est le domaine dans lequel se déploie la grâce : le relèvement de l'homme, son retour à Dieu. Sans tenir compte des prescriptions de la loi (2Th 2:16, Ro 3:24 5:16,17 Eph 1:6), des exigences de la justice (Ga 2:21, Eph 2:6,7,1Ti 1:13,14,2Ti 1:9), de l'indignité humaine (1Co 15:10, Ga 1:15, Heb 2:9,1Pi 1:10), Dieu pardonne, libère du péché, fait de l'être déchu un enfant qu'il bénit.

La grâce touche ainsi de très près à la miséricorde (1Ti 1:2,2Ti 1:2 2Jn 1:3), et, pareillement à la paix (1Th 1:1,2Th 1:2, Ga 1:3,1Co 1:3,2Co 1:2, Ro 1:7, Eph 1:2, Col 1:2, Phi 1:2,1Ti 1:2,2Ti 1:2, Tit 1:4,1Pi 1:2 2Jn 1:3,2Pi 1:2).

L'Ancienne Alliance est fondée sur la grâce. Ce n'est pas à cause de sa grandeur qu'Israël a été choisi par Jéhovah, à cause de sa justice qu'il est entré dans le pays de la promesse (De 7:7 9:4) ; c'est la compassion seule qui a motivé la détermination de Dieu et sa réalisation (De 10:14 et suivant). Les prophètes rappellent que, malgré les transgressions du peuple, l'Eternel lui a gardé sa bienveillance, que sa bonté a toujours prévalu sur le juste châtiment encouru (Ex 33:19 34:8, Joe 2:13, Jer 31:34, Esa 57:15 et suivant).

Mais la plénitude de la grâce apparaît avec l'Alliance Nouvelle. Tout entière la rédemption de l'homme est due à la grâce ; le salut par la grâce est le seul salut réel, salut gratuit accordé par Dieu, opposé au vain salut cherché dans les oeuvres, salut à l'acquisition duquel l'homme pourrait collaborer. Tout entière l'oeuvre du Rédempteur peut se définir : l'avènement et l'accomplissement de la grâce et de la vérité, se différenciant ainsi de l'oeuvre de Moïse, promulgateur de la Loi (Jn 1:17). C'est pourquoi la grâce est maintes fois précisée comme étant « la grâce du Seigneur Jésus-Christ » (1Th 5:28,2Th 3:18, Ga 6:18,1Co 16:23,2Co 13:13, Ro 16:20, Phm 1:25, Php 4:23), maintes fois donnée comme venant « de Dieu et de Jésus-Christ » (1Th 1:2, 2Th 1:2, Ga 1:3,1Co 1:3,2Co 1:2, Ro 1:7, Eph 1:2, Phm 1:3, Phil 1:2, Tit 1:4). La grâce est donc pour le croyant le bien qui résume et renferme tous les biens ; c'est la raison pour laquelle, sur les 21 épîtres que compte le N.T., 17 ont inclus dans ce mot les multiples bénédictions souhaitées, et les ép. pauliniennes le répètent dans leur adresse et dans leur conclusion.

Le terme, l'un des plus significatifs de la langue chrétienne, manque dans les deux premiers évangiles, mais, naturellement, la chose signifiée s'y trouve, exprimée par un synonyme ou une périphrase. Jésus la fait connaître, dans Matthieu, en appelant à lui, de la part de Dieu, les fatigués et les chargés qu'il soulage, auxquels il donne le repos de l'âme (Mt 11:28 et suivant) ; le pardon qu'il dispense est l'effet le plus profond de son action (Mt 9:2). Dans Marc il fait de sa mort la garantie du salut, la rançon de ce salut pour beaucoup, pour tous ceux qui croient (Mr 10:45). Il est, lui, la grâce visible ; en communion avec Dieu comme un fils avec son père, il veut placer les disciples dans une relation semblable ; c'est le Père céleste qu'ils prieront en priant Dieu au sujet des nécessités matérielles comme des nécessités spirituelles (Mt 6:9-13). Ce Père est parfait (Mt 5:48) ; il est parfait dans son assistance comme il l'est dans sa nature ; tout est grâce venant de Lui. La félicité dans le Royaume est la promesse faite et la réalité accordée à quiconque devient son enfant (Mt 5:11 19:29), elle est le terme suprême de la grâce.

Luc met en relief le fait que la grâce agit indépendamment de l'infirmité de celui qui la reçoit (Lu 17:7,10). D'ailleurs, alors même que l'homme serait capable de faire tout ce qui lui est commandé, son service, accomplissement d'un devoir, ne lui vaudrait aucun mérite ; la grâce n'a pas pour raison l'oeuvre ou l'effort de l'homme, mais l'amour de Dieu.

Cette leçon de la parabole du troisième évangile est dans les écrits johanniques le leit-motiv des affirmations sur l'action de Dieu et de Jésus-Christ. Ici grâce et amour sont des mots interchangeables ; c'est l'amour cependant qui est le vocable préféré (Jn 1:16 3:16 4:10 13:1 1Jn 3:1 3:16 4:9)

Par contre, la grâce résume chez Paul le contenu de ce que l'apôtre appelle : son évangile. Le Christ qui, pour Jean, personnifie l'amour de Dieu, incarne, pour Paul, la grâce divine. Parce qu'elle est une dispensation gratuite de Dieu, un don de son amour, la grâce implique, de la part de l'homme, la simple et seule foi (Ro 4:16), et, dans sa souveraineté, elle domine, elle dépasse, elle répudie les oeuvres que la loi prescrit (Ro 11:6), comme cette loi elle-même (Ro 6:14 et suivant, Ga 5:3 et suivant). Elle rend possible la justification, laquelle ne saurait être obtenue par une autre voie ou un autre moyen (Ro 3:24) ; elle donne la paix avec Dieu, et ouvre ainsi à la personne humaine un accès direct auprès du Père (Ro 5:2) ; elle met dans la vie terrestre non seulement la sûre promesse, mais la possession présente de la vie éternelle (Ro 5:21) ; elle est la source des joies, des délivrances, des pouvoirs, des victoires que Dieu accorde au croyant et qui sont adéquatement nommés : des « charismes » (1Co 1:4,7 12:4,9-28,30,31,2Co 8:1,1Ti 4:14,2Ti 1:6). En particulier, la grâce est l'explication--s'il y a une explication--du don suprême de Dieu en Jésus-Christ qui, nous affranchissant de la condamnation et de la mort, est notre salut (2Th 2:16, Ga 2:21, Ro 3:24 5:17,21, Eph 1:6 2:5,7 Col 1:6, Phi 1:7,2Ti 1:9). Elle est le nom de l'activité rédemptrice de Dieu, telle que, par le Christ, elle s'est déroulée dans l'histoire (Eph 2:5, Tit 2:11) ; elle est aussi le nom de l'action que Dieu exerce sur chaque croyant individuellement (Ga 1:15,1Co 15:10,2Co 12:9, Ro 12:3, Eph 4:7).

Comme les évangiles, comme les épîtres de Paul, les autres livres du N.T. ne connaissent et n'indiquent d'autre principe de salut que la libre grâce de Dieu (Ac 13:43 15:11 20:24 32,1Pi 1:13 5:12, Heb 12:15 13:9 etc.).

II

La mystique chrétienne se sert du mot de « grâce » pour traduire et unifier la multiplicité, la diversité des éléments : confiance, conviction, assurance, certitude, communion, qui culminent dans l'expérience religieuse. Le croyant qui, assuré d'être sauvé en Jésus-Christ, se sent, par lui aussi, uni à Dieu d'une union par instants perceptible et sensible, pénétré, conduit, illuminé par l'Esprit, est dit « en état de grâce ». Sans doute, il y a de vaines rêveries mystiques, comme il y a d'inutiles paradoxes dogmatiques, également étrangers à l'enseignement du N.T. Mais le fait, pour le chrétien, de percevoir qu'il est dirigé d'En-haut est un fait biblique, et ce sont des expressions bibliques émanant de l'expérience,'telles que celles-ci : « être ce que l'on est par la grâce de Dieu » (1Co 15:10), « se conduire par la grâce de Dieu » (2Co 1:12), « être sous la grâce » (Ro 6:14), « chanter dans la grâce » (Col 3:16), etc. Le mot revêt ici, du point de vue humain, sa portée la plus haute, sa signification la plus profonde. Les dons sans nombre et sans limites de l'amour du Père s'expérimentent dans la. vie, en quelque mesure supraterrestre, où l'homme possède pardon, lumière, force, félicité, où l'Esprit saint rend témoignage à son esprit qu'il est enfant de Dieu (Ro 8:6). Et l'homme éprouve bien que cette plénitude, cette béatitude lui viennent de Dieu seul, que jamais le mot de « grâce » ne comporte de plus évidente manière la gratuité absolue de l'amour divin comme dans l'état de grâce où il comprend et saisit le mieux cet amour.

D'autre part, l'homme ressent que cet état, la plupart du temps, est passager. Et dans les heures moins pleines de la présence de Dieu, parfois même vides de cette présence, il n'estime pas que la grâce divine a des variations d'intensité, de puissance, mais c'est lui, l'homme, qui est moins susceptible de la recevoir, moins ouvert à son influence ; la grâce de Dieu est constante, la réceptivité de l'homme est changeante ; si changeante que le croyant peut « déchoir de la grâce » (Ga 5:4). Ainsi, au centre même des relations avec Dieu, dans la manifestation la plus nette de l'amour de Dieu, au summum de la grâce, l'homme est amené à constater que si « toute grâce excellente et tout don parfait descendent d'En-haut, du Père des lumières en qui il n'y a ni modification, ni ombre de changement » (Jas 1:17), cependant il est lui-même pour quelque chose dans la communication de l'amour divin, dans la proportion de la grâce dispensée. D'un témoignage pareil dans sa diversité, les évangiles et les épîtres font dépendre l'appel au salut, la conversion, la sanctification, la félicité, toutes les grâces et toute la grâce, de la seule volonté souveraine de Dieu ; et d'un témoignage non moins unanime, les évangiles et les épîtres mettent l'homme en demeure de vouloir, pour entendre la voix divine, être sauvé, progresser, vivre la véritable vie, recevoir toutes les grâces et toute la grâce.

Les prophètes déjà avaient esquissé les deux termes du problème. Jésus le pose en pleine clarté : « celui qui écoute ma parole et croit en Celui qui m'a envoyé a la vie éternelle... mais vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (Jn 5:24,40). Paul lui donne une forme plus rigoureuse encore : « Dieu produit en vous la volonté et la réalisation en vertu de son bon vouloir. Travaillez donc à votre salut... » (Php 2:12 et suivant). Les textes sont en nombre considérable qui concernent la grâce de Dieu et la liberté de l'homme.

Tout vient de la grâce de Dieu : (Jn 3:16 6:44 Ac 5:31 11:18 16:14), (Ga 1:15,1Th 1:2 2:13 3:9 4:9 5:23 2Th 2:16 3:3,5,1Co 1:4,30 4:7 15:10) (2Co 5:18 9:8, Rom 3:24 5:6,8 6:17 8:15 11 6 15:13, Eph 1:3,9,19 2:5,8,9) (Phi 1:2,2Ti 1:9 2:25, Tit 3:5, Heb 6:17,1Pi 1:3,5, Jas 1:17), etc.

Mais la grâce de Dieu dépend tout aussi nettement, pour l'homme, de certaines conditions qu'il doit personnellement remplir.

Par exemple :

- croire : Mr 1:15 5:36, Jn 6:29 10:38 12:36 14:1,11 20:27, Ac 16:31 ;

- se repentir : Ac 2:38 8:22 ;

- se convertir : Ac 3:19 14:15 26:20 ;

- veiller : Mt 24:42, Mr 13:36,1Co 16:13,1Pi 5:8 ;

- persévérer : Ac 13:43 14:22,1Co 15:1 16:13, Col 4:2 ;

- lutter : 1Co 9:24-27,2Ti 2:5 4:7, etc.

La possibilité de la vie chrétienne et les vertus qui marquent cette vie sont donc, d'une part, des dons de la grâce divine, d'autre part, des effets de la volonté humaine. Et si l'on considère les magnifiques promesses et les avertissements solennels adressés à l'homme pour ce qui touche à sa foi ou à son incrédulité, à ses progrès ou à ses chutes, il apparaît bien que l'homme est responsable de ne pas posséder et de ne pas faire ce que Dieu seul permet de faire et de posséder. Devant cette double série de textes si clairs, la pensée religieuse, sous prétexte de concilier des déclarations qui n'ont nul besoin de l'être, les a faussées parfois en accentuant à l'excès tantôt l'une des affirmations, tantôt l'autre, de telle sorte qu'il y avait antinomie entre elles, et que, pour sortir de la difficulté, il fallait laisser de côté l'une ou l'autre, alors que le N.T. les maintient sur le même plan. Au V e siècle, Pelage insiste si fort sur l'action de l'homme, réclamée par Dieu pour laisser agir sa grâce, qu'il attribue à l'homme non seulement la volonté, mais le pouvoir de se sauver ; contre lui, Augustin insiste si fort sur le caractère absolu de la grâce, qu'il oublie la part que Dieu a faite à l'homme dans l'acquisition du salut. Au XVI e siècle, Calvin et Luther, opposant justement la seule gloire de Dieu à l'incapacité radicale de l'homme, firent à tel point prédominer la volonté divine, que la volonté humaine n'avait logiquement plus de place, quoiqu'ils en appelassent tous deux à l'humaine liberté. Le Concile de Trente, tout en prétendant maintenir la thèse augustinienne, énonça en plusieurs articles une théorie pélagienne, et accrédita dans l'Église romaine la portée et la valeur des oeuvres qui semblent souvent l'emporter sur la foi. Dans les Églises de la Réforme, les calvinistes, tenants de la prédestination inconditionnelle, trouvèrent des contradicteurs

chez les arminiens, tenants de la responsabilité humaine dont ils outrepassaient les exigences morales. Les grands réveils religieux participèrent de cette longue hésitation : au XVIII e siècle, en Angleterre, Wesley repoussait la prédestination, conséquence de la doctrine absolutiste de la grâce, et mettait en relief la sanctification, conséquence de l'effort de l'homme conduit par le Saint-Esprit. Au XIX e siècle, dans les pays de langue française, Haldane, Malan, Gaussen repoussaient la participation de l'homme au salut, la foi elle-même n'étant pas un acte de l'homme mais un don de Dieu, la destinée du monde et la destinée de l'individu ayant pour unique facteur la grâce seule efficace et seule agissante.

La réalité du salut met deux personnes en présence : Dieu et l'homme. Le salut a donc deux aspects : il convient de l'envisager du point de vue de Dieu et du point de vue de l'homme. Du point de vue de Dieu, les évangiles et les épîtres proclamant la grâce, notent l'action de Dieu qui appelle, pardonne, justifie, sanctifie. Du point de vue de l'homme, soulignant la réceptivité humaine indispensable, les évangiles et les épîtres notent que l'homme répond, se convertit, obéit, progresse. Sous les deux aspects, c'est d'une même réalité qu'il est question, et cette réalité unique n'est véritablement, pleinement saisie que sous ses deux aspects. Les actes divins dans lesquels se manifeste la grâce ont pour corollaire les actes humains qui témoignent de ses résultats ; les premiers seraient sans effet s'ils n'amenaient pas les seconds, les seconds ne se produiraient pas s'ils ne reposaient pas sur les premiers. La relation des uns et des autres est si étroite que l'on ne comprend pas les uns sans les autres ; cette relation est union et non point contradiction. Les deux aspects du salut, la grâce et la liberté, ne s'excluent pas plus l'un l'autre que ne s'excluent la toute-puissance de Dieu et la volonté de l'homme. Opposer les textes qui soulignent ce double aspect, c'est méconnaître à la fois la nature de la grâce et la nature de la liberté. Du point de vue de Dieu, la grâce, au lieu d'être une attestation et une preuve de son amour, serait comparable à l'une des forces naturelles, rectrices de l'univers, si elle agissait sans discernement, sans moralité, si elle ne tenait pas compte de la qualité de la créature douée de volonté ; du point de vue de l'homme, la grâce ne serait pas perçue, acceptée comme un sentiment de miséricorde, comme un acte de miraculeuse faveur, si l'homme en était l'objet, indépendamment de lui-même, si sa personnalité religieuse était, comme sa personnalité physique, quelque chose qu'il n'a point choisi et dont il est bien obligé de s'accommoder, quoi qu'il pense et quoi qu'il veuille. Si, par-dessus les systèmes et les théories des écoles ou des Églises, on regarde au N.T., on aperçoit que là même où seule la grâce est mentionnée, la réceptivité humaine est sous-entendue, que là où est mentionnée la part de l'homme dans l'acquisition de la grâce, l'action initiale de Dieu demeure la cause unique.

Car Dieu a toujours et partout l'initiative. La distinction presque traditionnelle de la grâce en grâce prévenante, grâce suffisante, grâce efficace est une distinction philosophique ayant plus d'ingéniosité que de vérité. La grâce est toujours prévenante, c'est Dieu qui aime le premier ; elle est toujours suffisante, elle vient du Dieu tout-puissant ; elle est toujours efficace, Dieu ne s'arrête que devant l'obstacle du refus de l'homme. Ses manières et ses influences multiples mettent en relief une richesse insondable, non des éléments hétérogènes. Et c'est une preuve nouvelle de la liberté d'où elle procède et de la liberté à laquelle elle s'adresse que cette adaptation, indéfiniment variée, à tous les besoins de tous les temps, à tous les états de tous les hommes.

Même dans la Rédemption, opérée au centre de l'histoire, dans l'oeuvre directe du Sauveur, du Christ auquel comme à Dieu est si souvent rapportée la grâce, Dieu est l'auteur premier. C'est lui qui a voulu le salut, c'est son plan qui se réalise, c'est lui qui, les temps étant accomplis, envoie son Fils (Ga 4:4), c'est lui qui, par le Christ, réconcilie le monde avec lui-même (2Co 5:19). La Rédemption est l'apogée de la grâce, d'un amour où entrent la miséricorde et la compassion, d'un plus grand amour que celui qui a présidé à la création. Il a suffi à Dieu, au premier jour de l'univers, de dire : que la lumière soit, et la lumière fut, de vouloir pour que l'homme se lève, alors que pour sauver il trouve devant lui, contre lui, une volonté rebelle qu'il veut persuader et non contraindre, puisque la réduire malgré elle serait la supprimer et non la délivrer ; alors que pour sauver il faut une création nouvelle et plus difficile : non plus seulement poser par un acte de toute-puissance l'harmonie de l'univers et de ses lois, mais, de l'ordre naturel devenu anormal par le péché de l'homme, élever l'homme, par une suite sans fin d'actes d'amour, dans l'ordre surnaturel où se rétablira l'union entre le Père céleste et les fils de la terre. Aussi la grâce est-elle le centre spirituel des grandes conceptions du royaume, de la justice, de la vie, que nous offrent les livres du N.T.

Elle est davantage encore ; c'est la grâce qui, plus que toute autre notion, donne au christianisme son caractère unique, constitue son émouvante originalité ; l'histoire des religions n'a relevé nulle part, dans l'ensemble des religions des primitifs et des civilisés, un terme et un concept comparables au terme et au concept de grâce. And. A.

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      11 "Blessed are you when people reproach you, persecute you, and say all kinds of evil against you falsely, for my sake.
      48 Therefore you shall be perfect, just as your Father in heaven is perfect.

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      10 Let your Kingdom come. Let your will be done, as in heaven, so on earth.
      11 Give us today our daily bread.
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      13 Bring us not into temptation, but deliver us from the evil one. For yours is the Kingdom, the power, and the glory forever. Amen. '

      Matthieu 9

      2 Behold, they brought to him a man who was paralyzed, lying on a bed. Jesus, seeing their faith, said to the paralytic, "Son, cheer up! Your sins are forgiven you."

      Matthieu 11

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      Matthieu 19

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      Marc 6

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      Luc 22

      17 He received a cup, and when he had given thanks, he said, "Take this, and share it among yourselves,
      19 He took bread, and when he had given thanks, he broke it, and gave to them, saying, "This is my body which is given for you. Do this in memory of me."

      Jean 1

      3 All things were made through him. Without him was not anything made that has been made.
      16 From his fullness we all received grace upon grace.
      17 For the law was given through Moses. Grace and truth were realized through Jesus Christ.

      Jean 3

      1 Now there was a man of the Pharisees named Nicodemus, a ruler of the Jews.
      16 For God so loved the world, that he gave his one and only Son, that whoever believes in him should not perish, but have eternal life.

      Jean 4

      9 The Samaritan woman therefore said to him, "How is it that you, being a Jew, ask for a drink from me, a Samaritan woman?" (For Jews have no dealings with Samaritans.)
      10 Jesus answered her, "If you knew the gift of God, and who it is who says to you, 'Give me a drink,' you would have asked him, and he would have given you living water."

      Jean 5

      24 "Most certainly I tell you, he who hears my word, and believes him who sent me, has eternal life, and doesn't come into judgment, but has passed out of death into life.
      40 Yet you will not come to me, that you may have life.

      Jean 6

      11 Jesus took the loaves; and having given thanks, he distributed to the disciples, and the disciples to those who were sitting down; likewise also of the fish as much as they desired.
      23 However boats from Tiberias came near to the place where they ate the bread after the Lord had given thanks.
      29 Jesus answered them, "This is the work of God, that you believe in him whom he has sent."
      44 No one can come to me unless the Father who sent me draws him, and I will raise him up in the last day.

      Jean 10

      38 But if I do them, though you don't believe me, believe the works; that you may know and believe that the Father is in me, and I in the Father."

      Jean 11

      41 So they took away the stone from the place where the dead man was lying. Jesus lifted up his eyes, and said, "Father, I thank you that you listened to me.

      Jean 12

      36 While you have the light, believe in the light, that you may become children of light." Jesus said these things, and he departed and hid himself from them.

      Jean 13

      1 Now before the feast of the Passover, Jesus, knowing that his time had come that he would depart from this world to the Father, having loved his own who were in the world, he loved them to the end.

      Jean 14

      1 "Don't let your heart be troubled. Believe in God. Believe also in me.
      11 Believe me that I am in the Father, and the Father in me; or else believe me for the very works' sake.

      Jean 20

      27 Then he said to Thomas, "Reach here your finger, and see my hands. Reach here your hand, and put it into my side. Don't be unbelieving, but believing."

      Actes 2

      38 Peter said to them, "Repent, and be baptized, every one of you, in the name of Jesus Christ for the forgiveness of sins, and you will receive the gift of the Holy Spirit.
      47 praising God, and having favor with all the people. The Lord added to the assembly day by day those who were being saved.

      Actes 3

      19 "Repent therefore, and turn again, that your sins may be blotted out, so that there may come times of refreshing from the presence of the Lord,

      Actes 5

      31 God exalted him with his right hand to be a Prince and a Savior, to give repentance to Israel, and remission of sins.

      Actes 7

      10 and delivered him out of all his afflictions, and gave him favor and wisdom before Pharaoh, king of Egypt. He made him governor over Egypt and all his house.

      Actes 8

      22 Repent therefore of this, your wickedness, and ask God if perhaps the thought of your heart may be forgiven you.

      Actes 11

      18 When they heard these things, they held their peace, and glorified God, saying, "Then God has also granted to the Gentiles repentance to life!"

      Actes 13

      43 Now when the synagogue broke up, many of the Jews and of the devout proselytes followed Paul and Barnabas; who, speaking to them, urged them to continue in the grace of God.

      Actes 14

      15 "Men, why are you doing these things? We also are men of like passions with you, and bring you good news, that you should turn from these vain things to the living God, who made the sky and the earth and the sea, and all that is in them;
      22 confirming the souls of the disciples, exhorting them to continue in the faith, and that through many afflictions we must enter into the Kingdom of God.

      Actes 15

      11 But we believe that we are saved through the grace of the Lord Jesus, just as they are."

      Actes 16

      14 A certain woman named Lydia, a seller of purple, of the city of Thyatira, one who worshiped God, heard us; whose heart the Lord opened to listen to the things which were spoken by Paul.
      31 They said, "Believe in the Lord Jesus Christ, and you will be saved, you and your household."

      Actes 20

      24 But these things don't count; nor do I hold my life dear to myself, so that I may finish my race with joy, and the ministry which I received from the Lord Jesus, to fully testify to the Good News of the grace of God.
      32 Now, brothers, I entrust you to God, and to the word of his grace, which is able to build up, and to give you the inheritance among all those who are sanctified.

      Actes 24

      23 He ordered the centurion that Paul should be kept in custody, and should have some privileges, and not to forbid any of his friends to serve him or to visit him.
      27 But when two years were fulfilled, Felix was succeeded by Porcius Festus, and desiring to gain favor with the Jews, Felix left Paul in bonds.

      Actes 25

      9 But Festus, desiring to gain favor with the Jews, answered Paul and said, "Are you willing to go up to Jerusalem, and be judged by me there concerning these things?"

      Actes 26

      20 but declared first to them of Damascus, at Jerusalem, and throughout all the country of Judea, and also to the Gentiles, that they should repent and turn to God, doing works worthy of repentance.

      Actes 27

      36 Then they all cheered up, and they also took food.

      Romains 1

      7 to all who are in Rome, beloved of God, called to be saints: Grace to you and peace from God our Father and the Lord Jesus Christ.
      8 First, I thank my God through Jesus Christ for all of you, that your faith is proclaimed throughout the whole world.

      Romains 3

      24 being justified freely by his grace through the redemption that is in Christ Jesus;

      Romains 4

      16 For this cause it is of faith, that it may be according to grace, to the end that the promise may be sure to all the seed, not to that only which is of the law, but to that also which is of the faith of Abraham, who is the father of us all.

      Romains 5

      2 through whom we also have our access by faith into this grace in which we stand. We rejoice in hope of the glory of God.
      6 For while we were yet weak, at the right time Christ died for the ungodly.
      8 But God commends his own love toward us, in that while we were yet sinners, Christ died for us.
      16 The gift is not as through one who sinned: for the judgment came by one to condemnation, but the free gift came of many trespasses to justification.
      17 For if by the trespass of the one, death reigned through the one; so much more will those who receive the abundance of grace and of the gift of righteousness reign in life through the one, Jesus Christ.
      21 that as sin reigned in death, even so grace might reign through righteousness to eternal life through Jesus Christ our Lord.

      Romains 6

      14 For sin will not have dominion over you. For you are not under law, but under grace.
      17 But thanks be to God, that, whereas you were bondservants of sin, you became obedient from the heart to that form of teaching whereunto you were delivered.

      Romains 8

      6 For the mind of the flesh is death, but the mind of the Spirit is life and peace;
      15 For you didn't receive the spirit of bondage again to fear, but you received the Spirit of adoption, by whom we cry, "Abba ! Father!"

      Romains 11

      6 And if by grace, then it is no longer of works; otherwise grace is no longer grace. But if it is of works, it is no longer grace; otherwise work is no longer work.

      Romains 12

      3 For I say, through the grace that was given me, to every man who is among you, not to think of himself more highly than he ought to think; but to think reasonably, as God has apportioned to each person a measure of faith.

      Romains 15

      13 Now may the God of hope fill you with all joy and peace in believing, that you may abound in hope, in the power of the Holy Spirit.

      Romains 16

      20 And the God of peace will quickly crush Satan under your feet. The grace of our Lord Jesus Christ be with you.

      1 Corinthiens 1

      3 Grace to you and peace from God our Father and the Lord Jesus Christ.
      4 I always thank my God concerning you, for the grace of God which was given you in Christ Jesus;

      1 Corinthiens 9

      24 Don't you know that those who run in a race all run, but one receives the prize? Run like that, that you may win.
      25 Every man who strives in the games exercises self-control in all things. Now they do it to receive a corruptible crown, but we an incorruptible.
      26 I therefore run like that, as not uncertainly. I fight like that, as not beating the air,
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