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GRÂCE

I

Le mot Grâce,

Dans son sens esthétique : attrait, charme, est employé deux fois seulement, par Luc, à propos de Jésus. La première, il s'agit de la personne de l'enfant qui grandissait à Nazareth : « Jésus croissait... en grâce devant Dieu et devant les hommes » (Lu 2:52), « les hommes que charmaient, comme l'a bien dit Godet, ses aimables qualités ». La deuxième, il s'agit de la prédication du Maître, inaugurant son ministère en Galilée : « tous admiraient ses paroles pleines de grâce » (Lu 4:22).

Au sens moral de « bienveillance, faveur » manifestées par les hommes, l'expression hébraïque très fréquente : « trouver grâce aux yeux de quelqu'un » (Ge 18:3 33:10 47:29 etc.), est beaucoup moins usitée dans le N.T. Les premiers chrétiens « trouvaient grâce devant le peuple » (Ac 2:47) ; Dieu fut avec Joseph, « il lui fit trouver grâce devant Pharaon et lui donna de la sagesse » (Ac 7:10) ; Félix et Festus voulant faire preuve de bonne grâce envers les Juifs n'osent pas libérer Paul (Ac 24:27 25:9) ; les Églises de Macédoine ont demandé la grâce de participer à la collecte pour les chrétiens de Jérusalem (2Co 8:4) ; les croyants doivent parler avec grâce pour procurer quelque bienfait à leur interlocuteur et lui répondre comme il faut (Eph 4:29, Col 4:6).

Une transition entre le sens moral et le sens religieux est fournie par les expressions : « trouver grâce devant Dieu » (Ge 6:8, Ex 33:17, No 11:11,2Sa 15:25), et « rendre grâces, action de grâces », très fréquentes dans les lettres de Paul principalement, et qui traduisent quelquefois la satisfaction, la reconnaissance à l'égard des hommes (Ac 24:23,1Co 1:4,2Co 1:11, Ro 1:8), mais surtout la gratitude, faite de confiance et d'adoration, à l'égard de Dieu (Mt 14:19 26:26 et suivant, Mr 6:41 14:22, Lu 22:17,19, Jn 6:11,23 11:41, Ac 27:36 ; et maints textes de 1Th et 2Th 1Cor et 2 Cor., Rom., Éph., Col., Php, 1Tim.).

Le sens religieux du mot, indiquant une disposition de Dieu à l'égard des hommes, une manière d'être et d'agir qu'inspire essentiellement l'amour, prédomine à tel point qu'il est presque le sens exclusif. Presque unique est le domaine dans lequel se déploie la grâce : le relèvement de l'homme, son retour à Dieu. Sans tenir compte des prescriptions de la loi (2Th 2:16, Ro 3:24 5:16,17 Eph 1:6), des exigences de la justice (Ga 2:21, Eph 2:6,7,1Ti 1:13,14,2Ti 1:9), de l'indignité humaine (1Co 15:10, Ga 1:15, Heb 2:9,1Pi 1:10), Dieu pardonne, libère du péché, fait de l'être déchu un enfant qu'il bénit.

La grâce touche ainsi de très près à la miséricorde (1Ti 1:2,2Ti 1:2 2Jn 1:3), et, pareillement à la paix (1Th 1:1,2Th 1:2, Ga 1:3,1Co 1:3,2Co 1:2, Ro 1:7, Eph 1:2, Col 1:2, Phi 1:2,1Ti 1:2,2Ti 1:2, Tit 1:4,1Pi 1:2 2Jn 1:3,2Pi 1:2).

L'Ancienne Alliance est fondée sur la grâce. Ce n'est pas à cause de sa grandeur qu'Israël a été choisi par Jéhovah, à cause de sa justice qu'il est entré dans le pays de la promesse (De 7:7 9:4) ; c'est la compassion seule qui a motivé la détermination de Dieu et sa réalisation (De 10:14 et suivant). Les prophètes rappellent que, malgré les transgressions du peuple, l'Eternel lui a gardé sa bienveillance, que sa bonté a toujours prévalu sur le juste châtiment encouru (Ex 33:19 34:8, Joe 2:13, Jer 31:34, Esa 57:15 et suivant).

Mais la plénitude de la grâce apparaît avec l'Alliance Nouvelle. Tout entière la rédemption de l'homme est due à la grâce ; le salut par la grâce est le seul salut réel, salut gratuit accordé par Dieu, opposé au vain salut cherché dans les oeuvres, salut à l'acquisition duquel l'homme pourrait collaborer. Tout entière l'oeuvre du Rédempteur peut se définir : l'avènement et l'accomplissement de la grâce et de la vérité, se différenciant ainsi de l'oeuvre de Moïse, promulgateur de la Loi (Jn 1:17). C'est pourquoi la grâce est maintes fois précisée comme étant « la grâce du Seigneur Jésus-Christ » (1Th 5:28,2Th 3:18, Ga 6:18,1Co 16:23,2Co 13:13, Ro 16:20, Phm 1:25, Php 4:23), maintes fois donnée comme venant « de Dieu et de Jésus-Christ » (1Th 1:2, 2Th 1:2, Ga 1:3,1Co 1:3,2Co 1:2, Ro 1:7, Eph 1:2, Phm 1:3, Phil 1:2, Tit 1:4). La grâce est donc pour le croyant le bien qui résume et renferme tous les biens ; c'est la raison pour laquelle, sur les 21 épîtres que compte le N.T., 17 ont inclus dans ce mot les multiples bénédictions souhaitées, et les ép. pauliniennes le répètent dans leur adresse et dans leur conclusion.

Le terme, l'un des plus significatifs de la langue chrétienne, manque dans les deux premiers évangiles, mais, naturellement, la chose signifiée s'y trouve, exprimée par un synonyme ou une périphrase. Jésus la fait connaître, dans Matthieu, en appelant à lui, de la part de Dieu, les fatigués et les chargés qu'il soulage, auxquels il donne le repos de l'âme (Mt 11:28 et suivant) ; le pardon qu'il dispense est l'effet le plus profond de son action (Mt 9:2). Dans Marc il fait de sa mort la garantie du salut, la rançon de ce salut pour beaucoup, pour tous ceux qui croient (Mr 10:45). Il est, lui, la grâce visible ; en communion avec Dieu comme un fils avec son père, il veut placer les disciples dans une relation semblable ; c'est le Père céleste qu'ils prieront en priant Dieu au sujet des nécessités matérielles comme des nécessités spirituelles (Mt 6:9-13). Ce Père est parfait (Mt 5:48) ; il est parfait dans son assistance comme il l'est dans sa nature ; tout est grâce venant de Lui. La félicité dans le Royaume est la promesse faite et la réalité accordée à quiconque devient son enfant (Mt 5:11 19:29), elle est le terme suprême de la grâce.

Luc met en relief le fait que la grâce agit indépendamment de l'infirmité de celui qui la reçoit (Lu 17:7,10). D'ailleurs, alors même que l'homme serait capable de faire tout ce qui lui est commandé, son service, accomplissement d'un devoir, ne lui vaudrait aucun mérite ; la grâce n'a pas pour raison l'oeuvre ou l'effort de l'homme, mais l'amour de Dieu.

Cette leçon de la parabole du troisième évangile est dans les écrits johanniques le leit-motiv des affirmations sur l'action de Dieu et de Jésus-Christ. Ici grâce et amour sont des mots interchangeables ; c'est l'amour cependant qui est le vocable préféré (Jn 1:16 3:16 4:10 13:1 1Jn 3:1 3:16 4:9)

Par contre, la grâce résume chez Paul le contenu de ce que l'apôtre appelle : son évangile. Le Christ qui, pour Jean, personnifie l'amour de Dieu, incarne, pour Paul, la grâce divine. Parce qu'elle est une dispensation gratuite de Dieu, un don de son amour, la grâce implique, de la part de l'homme, la simple et seule foi (Ro 4:16), et, dans sa souveraineté, elle domine, elle dépasse, elle répudie les oeuvres que la loi prescrit (Ro 11:6), comme cette loi elle-même (Ro 6:14 et suivant, Ga 5:3 et suivant). Elle rend possible la justification, laquelle ne saurait être obtenue par une autre voie ou un autre moyen (Ro 3:24) ; elle donne la paix avec Dieu, et ouvre ainsi à la personne humaine un accès direct auprès du Père (Ro 5:2) ; elle met dans la vie terrestre non seulement la sûre promesse, mais la possession présente de la vie éternelle (Ro 5:21) ; elle est la source des joies, des délivrances, des pouvoirs, des victoires que Dieu accorde au croyant et qui sont adéquatement nommés : des « charismes » (1Co 1:4,7 12:4,9-28,30,31,2Co 8:1,1Ti 4:14,2Ti 1:6). En particulier, la grâce est l'explication--s'il y a une explication--du don suprême de Dieu en Jésus-Christ qui, nous affranchissant de la condamnation et de la mort, est notre salut (2Th 2:16, Ga 2:21, Ro 3:24 5:17,21, Eph 1:6 2:5,7 Col 1:6, Phi 1:7,2Ti 1:9). Elle est le nom de l'activité rédemptrice de Dieu, telle que, par le Christ, elle s'est déroulée dans l'histoire (Eph 2:5, Tit 2:11) ; elle est aussi le nom de l'action que Dieu exerce sur chaque croyant individuellement (Ga 1:15,1Co 15:10,2Co 12:9, Ro 12:3, Eph 4:7).

Comme les évangiles, comme les épîtres de Paul, les autres livres du N.T. ne connaissent et n'indiquent d'autre principe de salut que la libre grâce de Dieu (Ac 13:43 15:11 20:24 32,1Pi 1:13 5:12, Heb 12:15 13:9 etc.).

II

La mystique chrétienne se sert du mot de « grâce » pour traduire et unifier la multiplicité, la diversité des éléments : confiance, conviction, assurance, certitude, communion, qui culminent dans l'expérience religieuse. Le croyant qui, assuré d'être sauvé en Jésus-Christ, se sent, par lui aussi, uni à Dieu d'une union par instants perceptible et sensible, pénétré, conduit, illuminé par l'Esprit, est dit « en état de grâce ». Sans doute, il y a de vaines rêveries mystiques, comme il y a d'inutiles paradoxes dogmatiques, également étrangers à l'enseignement du N.T. Mais le fait, pour le chrétien, de percevoir qu'il est dirigé d'En-haut est un fait biblique, et ce sont des expressions bibliques émanant de l'expérience,'telles que celles-ci : « être ce que l'on est par la grâce de Dieu » (1Co 15:10), « se conduire par la grâce de Dieu » (2Co 1:12), « être sous la grâce » (Ro 6:14), « chanter dans la grâce » (Col 3:16), etc. Le mot revêt ici, du point de vue humain, sa portée la plus haute, sa signification la plus profonde. Les dons sans nombre et sans limites de l'amour du Père s'expérimentent dans la. vie, en quelque mesure supraterrestre, où l'homme possède pardon, lumière, force, félicité, où l'Esprit saint rend témoignage à son esprit qu'il est enfant de Dieu (Ro 8:6). Et l'homme éprouve bien que cette plénitude, cette béatitude lui viennent de Dieu seul, que jamais le mot de « grâce » ne comporte de plus évidente manière la gratuité absolue de l'amour divin comme dans l'état de grâce où il comprend et saisit le mieux cet amour.

D'autre part, l'homme ressent que cet état, la plupart du temps, est passager. Et dans les heures moins pleines de la présence de Dieu, parfois même vides de cette présence, il n'estime pas que la grâce divine a des variations d'intensité, de puissance, mais c'est lui, l'homme, qui est moins susceptible de la recevoir, moins ouvert à son influence ; la grâce de Dieu est constante, la réceptivité de l'homme est changeante ; si changeante que le croyant peut « déchoir de la grâce » (Ga 5:4). Ainsi, au centre même des relations avec Dieu, dans la manifestation la plus nette de l'amour de Dieu, au summum de la grâce, l'homme est amené à constater que si « toute grâce excellente et tout don parfait descendent d'En-haut, du Père des lumières en qui il n'y a ni modification, ni ombre de changement » (Jas 1:17), cependant il est lui-même pour quelque chose dans la communication de l'amour divin, dans la proportion de la grâce dispensée. D'un témoignage pareil dans sa diversité, les évangiles et les épîtres font dépendre l'appel au salut, la conversion, la sanctification, la félicité, toutes les grâces et toute la grâce, de la seule volonté souveraine de Dieu ; et d'un témoignage non moins unanime, les évangiles et les épîtres mettent l'homme en demeure de vouloir, pour entendre la voix divine, être sauvé, progresser, vivre la véritable vie, recevoir toutes les grâces et toute la grâce.

Les prophètes déjà avaient esquissé les deux termes du problème. Jésus le pose en pleine clarté : « celui qui écoute ma parole et croit en Celui qui m'a envoyé a la vie éternelle... mais vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (Jn 5:24,40). Paul lui donne une forme plus rigoureuse encore : « Dieu produit en vous la volonté et la réalisation en vertu de son bon vouloir. Travaillez donc à votre salut... » (Php 2:12 et suivant). Les textes sont en nombre considérable qui concernent la grâce de Dieu et la liberté de l'homme.

Tout vient de la grâce de Dieu : (Jn 3:16 6:44 Ac 5:31 11:18 16:14), (Ga 1:15,1Th 1:2 2:13 3:9 4:9 5:23 2Th 2:16 3:3,5,1Co 1:4,30 4:7 15:10) (2Co 5:18 9:8, Rom 3:24 5:6,8 6:17 8:15 11 6 15:13, Eph 1:3,9,19 2:5,8,9) (Phi 1:2,2Ti 1:9 2:25, Tit 3:5, Heb 6:17,1Pi 1:3,5, Jas 1:17), etc.

Mais la grâce de Dieu dépend tout aussi nettement, pour l'homme, de certaines conditions qu'il doit personnellement remplir.

Par exemple :

- croire : Mr 1:15 5:36, Jn 6:29 10:38 12:36 14:1,11 20:27, Ac 16:31 ;

- se repentir : Ac 2:38 8:22 ;

- se convertir : Ac 3:19 14:15 26:20 ;

- veiller : Mt 24:42, Mr 13:36,1Co 16:13,1Pi 5:8 ;

- persévérer : Ac 13:43 14:22,1Co 15:1 16:13, Col 4:2 ;

- lutter : 1Co 9:24-27,2Ti 2:5 4:7, etc.

La possibilité de la vie chrétienne et les vertus qui marquent cette vie sont donc, d'une part, des dons de la grâce divine, d'autre part, des effets de la volonté humaine. Et si l'on considère les magnifiques promesses et les avertissements solennels adressés à l'homme pour ce qui touche à sa foi ou à son incrédulité, à ses progrès ou à ses chutes, il apparaît bien que l'homme est responsable de ne pas posséder et de ne pas faire ce que Dieu seul permet de faire et de posséder. Devant cette double série de textes si clairs, la pensée religieuse, sous prétexte de concilier des déclarations qui n'ont nul besoin de l'être, les a faussées parfois en accentuant à l'excès tantôt l'une des affirmations, tantôt l'autre, de telle sorte qu'il y avait antinomie entre elles, et que, pour sortir de la difficulté, il fallait laisser de côté l'une ou l'autre, alors que le N.T. les maintient sur le même plan. Au V e siècle, Pelage insiste si fort sur l'action de l'homme, réclamée par Dieu pour laisser agir sa grâce, qu'il attribue à l'homme non seulement la volonté, mais le pouvoir de se sauver ; contre lui, Augustin insiste si fort sur le caractère absolu de la grâce, qu'il oublie la part que Dieu a faite à l'homme dans l'acquisition du salut. Au XVI e siècle, Calvin et Luther, opposant justement la seule gloire de Dieu à l'incapacité radicale de l'homme, firent à tel point prédominer la volonté divine, que la volonté humaine n'avait logiquement plus de place, quoiqu'ils en appelassent tous deux à l'humaine liberté. Le Concile de Trente, tout en prétendant maintenir la thèse augustinienne, énonça en plusieurs articles une théorie pélagienne, et accrédita dans l'Église romaine la portée et la valeur des oeuvres qui semblent souvent l'emporter sur la foi. Dans les Églises de la Réforme, les calvinistes, tenants de la prédestination inconditionnelle, trouvèrent des contradicteurs

chez les arminiens, tenants de la responsabilité humaine dont ils outrepassaient les exigences morales. Les grands réveils religieux participèrent de cette longue hésitation : au XVIII e siècle, en Angleterre, Wesley repoussait la prédestination, conséquence de la doctrine absolutiste de la grâce, et mettait en relief la sanctification, conséquence de l'effort de l'homme conduit par le Saint-Esprit. Au XIX e siècle, dans les pays de langue française, Haldane, Malan, Gaussen repoussaient la participation de l'homme au salut, la foi elle-même n'étant pas un acte de l'homme mais un don de Dieu, la destinée du monde et la destinée de l'individu ayant pour unique facteur la grâce seule efficace et seule agissante.

La réalité du salut met deux personnes en présence : Dieu et l'homme. Le salut a donc deux aspects : il convient de l'envisager du point de vue de Dieu et du point de vue de l'homme. Du point de vue de Dieu, les évangiles et les épîtres proclamant la grâce, notent l'action de Dieu qui appelle, pardonne, justifie, sanctifie. Du point de vue de l'homme, soulignant la réceptivité humaine indispensable, les évangiles et les épîtres notent que l'homme répond, se convertit, obéit, progresse. Sous les deux aspects, c'est d'une même réalité qu'il est question, et cette réalité unique n'est véritablement, pleinement saisie que sous ses deux aspects. Les actes divins dans lesquels se manifeste la grâce ont pour corollaire les actes humains qui témoignent de ses résultats ; les premiers seraient sans effet s'ils n'amenaient pas les seconds, les seconds ne se produiraient pas s'ils ne reposaient pas sur les premiers. La relation des uns et des autres est si étroite que l'on ne comprend pas les uns sans les autres ; cette relation est union et non point contradiction. Les deux aspects du salut, la grâce et la liberté, ne s'excluent pas plus l'un l'autre que ne s'excluent la toute-puissance de Dieu et la volonté de l'homme. Opposer les textes qui soulignent ce double aspect, c'est méconnaître à la fois la nature de la grâce et la nature de la liberté. Du point de vue de Dieu, la grâce, au lieu d'être une attestation et une preuve de son amour, serait comparable à l'une des forces naturelles, rectrices de l'univers, si elle agissait sans discernement, sans moralité, si elle ne tenait pas compte de la qualité de la créature douée de volonté ; du point de vue de l'homme, la grâce ne serait pas perçue, acceptée comme un sentiment de miséricorde, comme un acte de miraculeuse faveur, si l'homme en était l'objet, indépendamment de lui-même, si sa personnalité religieuse était, comme sa personnalité physique, quelque chose qu'il n'a point choisi et dont il est bien obligé de s'accommoder, quoi qu'il pense et quoi qu'il veuille. Si, par-dessus les systèmes et les théories des écoles ou des Églises, on regarde au N.T., on aperçoit que là même où seule la grâce est mentionnée, la réceptivité humaine est sous-entendue, que là où est mentionnée la part de l'homme dans l'acquisition de la grâce, l'action initiale de Dieu demeure la cause unique.

Car Dieu a toujours et partout l'initiative. La distinction presque traditionnelle de la grâce en grâce prévenante, grâce suffisante, grâce efficace est une distinction philosophique ayant plus d'ingéniosité que de vérité. La grâce est toujours prévenante, c'est Dieu qui aime le premier ; elle est toujours suffisante, elle vient du Dieu tout-puissant ; elle est toujours efficace, Dieu ne s'arrête que devant l'obstacle du refus de l'homme. Ses manières et ses influences multiples mettent en relief une richesse insondable, non des éléments hétérogènes. Et c'est une preuve nouvelle de la liberté d'où elle procède et de la liberté à laquelle elle s'adresse que cette adaptation, indéfiniment variée, à tous les besoins de tous les temps, à tous les états de tous les hommes.

Même dans la Rédemption, opérée au centre de l'histoire, dans l'oeuvre directe du Sauveur, du Christ auquel comme à Dieu est si souvent rapportée la grâce, Dieu est l'auteur premier. C'est lui qui a voulu le salut, c'est son plan qui se réalise, c'est lui qui, les temps étant accomplis, envoie son Fils (Ga 4:4), c'est lui qui, par le Christ, réconcilie le monde avec lui-même (2Co 5:19). La Rédemption est l'apogée de la grâce, d'un amour où entrent la miséricorde et la compassion, d'un plus grand amour que celui qui a présidé à la création. Il a suffi à Dieu, au premier jour de l'univers, de dire : que la lumière soit, et la lumière fut, de vouloir pour que l'homme se lève, alors que pour sauver il trouve devant lui, contre lui, une volonté rebelle qu'il veut persuader et non contraindre, puisque la réduire malgré elle serait la supprimer et non la délivrer ; alors que pour sauver il faut une création nouvelle et plus difficile : non plus seulement poser par un acte de toute-puissance l'harmonie de l'univers et de ses lois, mais, de l'ordre naturel devenu anormal par le péché de l'homme, élever l'homme, par une suite sans fin d'actes d'amour, dans l'ordre surnaturel où se rétablira l'union entre le Père céleste et les fils de la terre. Aussi la grâce est-elle le centre spirituel des grandes conceptions du royaume, de la justice, de la vie, que nous offrent les livres du N.T.

Elle est davantage encore ; c'est la grâce qui, plus que toute autre notion, donne au christianisme son caractère unique, constitue son émouvante originalité ; l'histoire des religions n'a relevé nulle part, dans l'ensemble des religions des primitifs et des civilisés, un terme et un concept comparables au terme et au concept de grâce. And. A.

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      8 Mais Noé trouva grâce aux yeux de l'Éternel.

      Genèse 18

      3 Et il dit : Mon Seigneur, je te prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe point outre, je te prie, devant ton serviteur.

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      19 Et l'Éternel répondit : Je ferai passer toute ma bonté devant ta face ; et je crierai devant toi le nom de l'Éternel ; je ferai grâce à qui je ferai grâce, et j'aurai compassion de qui j'aurai compassion.

      Exode 34

      8 Et Moïse s'inclina aussitôt vers la terre et se prosterna ;

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      11 Et Moïse dit à l'Éternel : Pourquoi as-tu affligé ton serviteur ; et pourquoi n'ai-je pas trouvé grâce devant tes y eux, que tu aies mis sur moi la charge de tout ce peuple ?

      2 Samuel 15

      25 Mais le roi dit à Tsadok : Reporte l'arche de Dieu dans la ville. Si je trouve grâce devant l'Éternel, il me ramènera, et il me fera voir l'arche et sa demeure.

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      15 Car ainsi a dit le Très-Haut, qui habite une demeure éternelle, et dont le nom est saint : J'habite dans le lieu haut et saint, et avec l'homme abattu et humble d'esprit, pour ranimer l'esprit des humbles, pour ranimer le coeur de ceux qui sont abattus.

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      Matthieu 5

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      48 Soyez donc parfaits, comme votre Père qui est dans les cieux est parfait.

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      11 Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien ;
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      Marc 13

      36 De peur qu'arrivant tout à coup il ne vous trouve endormis.

      Marc 14

      22 Et comme ils mangeaient, Jésus prit du pain, et ayant rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, et dit : Prenez, mangez, ceci est mon corps.

      Luc 2

      52 Et Jésus croissait en sagesse, en stature et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.

      Luc 4

      22 Tous lui rendaient témoignage, et admiraient les paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient : N'est-ce pas le fils de Joseph ?

      Luc 17

      7 Qui de vous, ayant un serviteur qui laboure, ou qui paisse les troupeaux, lui dise aussitôt qu'il revient des champs :
      10 Vous de même, quand vous aurez fait tout ce qui vous est commandé, dites : Nous sommes des serviteurs inutiles, parce que nous n'avons fait que ce que nous étions obligés de faire.

      Luc 22

      17 Et ayant pris la coupe et rendu grâces, il dit : Prenez-la, et la distribuez entre vous.
      19 Puis il prit du pain, et ayant rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi.

      Jean 1

      3 Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait, n'a été fait sans elle.
      16 Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce sur grâce.
      17 Car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.

      Jean 3

      1 Or il y avait un homme, d'entre les pharisiens, nommé Nicodème, l'un des principaux Juifs.
      16 Car Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle.

      Jean 4

      9 La femme samaritaine lui répondit : Comment, toi qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? (Car les Juifs n'ont point de communication avec les Samaritains).
      10 Jésus répondit et lui dit : Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, tu lui demanderais toi-même, et il te donnerait de l'eau vive.

      Jean 5

      24 En vérité, en vérité je vous dis, que celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle, et il ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.
      40 Et vous ne voulez point venir à moi, pour avoir la vie.

      Jean 6

      11 Et Jésus prit les pains, et ayant rendu grâces, il les distribua aux disciples, et les disciples à ceux qui étaient assis ; et de même pour les poissons, autant qu'ils en voulurent.
      23 (Cependant d'autres barques étaient arrivées de Tibériade, près du lieu où ils avaient mangé le pain, après que le Seigneur eut rendu grâces) ;
      29 Jésus leur répondit : C'est ici l'ouvre de Dieu, que vous croyiez en celui qu'il a envoyé.
      44 Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire ; et je le ressusciterai au dernier jour.

      Jean 10

      38 Mais si je les fais, et quand même vous ne me croiriez point, croyez à mes ouvres, afin que vous connaissiez, et que vous croyiez que le Père est en moi, et que je suis en lui.

      Jean 11

      41 Ils ôtèrent donc la pierre du lieu où le mort était couché. Et Jésus, élevant les yeux au ciel, dit : Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé.

      Jean 12

      36 Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez des enfants de lumière. Jésus dit ces choses, puis il s'en alla et se cacha d'eux.

      Jean 13

      1 Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue pour passer de ce monde au Père, comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin.

      Jean 14

      1 Que votre coeur ne se trouble point ; croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
      11 Croyez-moi quand je dis que je suis dans le Père, et que mon Père est en moi ; sinon, croyez-moi à cause de ces ouvres mêmes.

      Jean 20

      27 Puis il dit à Thomas : Mets ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et la mets dans mon côté, et ne sois pas incrédule, mais croyant.

      Actes 2

      38 Et Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour la rémission de ses péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit.
      47 Louant Dieu, et étant agréables à tout le peuple ; et le Seigneur ajoutait tous les jours à l'Église des gens qui étaient sauvés.

      Actes 3

      19 Repentez-vous donc et vous convertissez, afin que vos péchés soient effacés,

      Actes 5

      31 Dieu l'a élevé à sa droite, comme le Prince et Sauveur, afin de donner à Israël la repentance et la rémission des péchés.

      Actes 7

      10 Il le délivra de toutes ses afflictions, et lui donna sagesse et grâce devant Pharaon, roi d'Égypte, qui l'établit gouverneur d'Égypte et de toute sa maison.

      Actes 8

      22 Repens-toi donc de ta méchanceté, et prie Dieu, que, s'il est possible, la pensée de ton cour te soit pardonnée.

      Actes 11

      18 Alors, ayant entendu ces choses, ils s'apaisèrent et glorifièrent Dieu, en disant : Dieu a donc aussi donné aux Gentils la repentance, afin qu'ils aient la vie.

      Actes 13

      43 Et quand l'assemblée se fut dispersée, plusieurs Juifs et prosélytes pieux suivirent Paul et Barnabas, qui, s'entretenant avec eux, les exhortèrent à persévérer dans la grâce de Dieu.

      Actes 14

      15 Et disant : O hommes, pourquoi faites-vous cela ? Nous ne sommes que des hommes, sujets aux mêmes infirmités que vous. Nous vous annonçons une bonne nouvelle pour que vous vous détourniez de ces vanités, et que vous vous convertissiez au Dieu vivant, qui a fait le ciel, la terre et la mer, et toutes les choses qui y sont ;
      22 Fortifiant l'esprit des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et leur représentant que c'est par beaucoup d'afflictions qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu.

      Actes 15

      11 Mais nous croyons que nous serons sauvés par la grâce du Seigneur Jésus-Christ, de même qu'eux.

      Actes 16

      14 Et une certaine femme, nommée Lydie, de la ville de Thyatire, marchande de pourpre, qui craignait Dieu, écoutait ; et le Seigneur lui ouvrit le coeur, pour faire attention aux choses que Paul disait.
      31 Ils lui dirent : Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé, toi et ta famille.

      Actes 20

      24 Mais je ne me mets en peine de rien, et ma vie ne m'est point précieuse, pourvu que j'achève avec joie ma course et le ministère que j'ai reçu du Seigneur Jésus, pour annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu.
      32 Et maintenant, frères, je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce, lui qui peut vous édifier et vous donner l'héritage avec tous les saints.

      Actes 24

      23 Et il commanda à un centenier de garder Paul, mais de lui laisser quelque liberté, et de n'empêcher aucun des siens de le servir ou de l'approcher.
      27 Deux ans s'écoulèrent ainsi, et Félix eut pour successeur Porcius Festus ; et voulant faire plaisir aux Juifs, Félix laissa Paul en prison.

      Actes 25

      9 Toutefois Festus, voulant faire plaisir aux Juifs, prit la parole et dit à Paul : Veux-tu monter à Jérusalem, et y être jugé sur ces choses devant moi ?

      Actes 26

      20 Mais j'ai prêché premièrement à ceux de Damas, et puis à Jérusalem, et dans toute la Judée, et aux Gentils, de se repentir, et de se convertir à Dieu, en faisant des ouvres dignes de la repentance.

      Actes 27

      36 Tous alors, ayant pris courage, mangèrent aussi.

      Romains 1

      7 A tous les bien-aimés de Dieu, appelés et saints, qui sont à Rome ; la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ !
      8 Avant toutes choses, je rends grâces au sujet de vous tous à mon Dieu, par Jésus-Christ, de ce que votre foi est célèbre par tout le monde.

      Romains 3

      24 Et qu'ils sont justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est en Jésus-Christ,

      Romains 4

      16 C'est donc par la foi que nous sommes héritiers, afin que ce soit par grâce, et que la promesse soit assurée à toute la postérité, non seulement à celle qui est de la loi, mais aussi à celle qui est de la foi d'Abraham,

      Romains 5

      2 Qui, par la foi, nous a aussi fait avoir accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire de Dieu ;
      6 Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ est mort en son temps, pour des impies.
      8 Mais Dieu fait éclater son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous.
      16 Et il n'en est pas de ce don, comme de ce qui est arrivé par un seul qui a péché, car le jugement de condamnation vient d'un seul péché ; mais le don gratuit, de plusieurs péchés, a tiré la justification.
      17 Car, si par le péché d'un seul la mort a régné par un seul homme, à plus forte raison ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice, régneront-ils dans la vie par un seul, savoir, par Jésus-Christ !
      21 Afin que, comme le péché a régné dans la mort, ainsi la grâce régnât par la justice pour donner la vie éternelle, par Jésus-Christ notre Seigneur.

      Romains 6

      14 Car le péché ne dominera pas sur vous, parce que vous n'êtes point sous la loi, mais sous la grâce.
      17 Mais grâces soient rendues à Dieu, de ce que, après avoir été esclaves du péché, vous avez obéi de coeur à la règle de doctrine qui vous a été donnée.

      Romains 8

      6 Car l'affection de la chair c'est la mort ; mais l'affection de l'esprit c'est la vie et la paix ;
      15 Car vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions : Abba, Père.

      Romains 11

      6 Or, si c'est par grâce, ce n'est plus par les ouvres ; autrement la grâce ne serait plus une grâce ; au contraire, si c'est par les ouvres, ce n'est plus par la grâce ; autrement les ouvres ne seraient plus des ouvres.

      Romains 12

      3 Or, par la grâce qui m'a été donnée, je dis à chacun d'entre vous, de n'avoir pas de lui-même une plus haute opinion qu'il ne doit, mais d'avoir des sentiments modestes, selon la mesure de la foi que Dieu a départie à chacun.

      Romains 15

      13 Que le Dieu d'espérance vous remplisse donc de toute sorte de joie et de paix, dans la foi, afin que vous abondiez en espérance, par la puissance du Saint-Esprit.

      Romains 16

      20 Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds. La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous ! Amen.

      1 Corinthiens 1

      3 Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu, notre Père, et du Seigneur Jésus-Christ !
      4 Je rends grâces continuellement à mon Dieu pour vous, à cause de la grâce que Dieu vous a donnée en Jésus-Christ, savoir :

      1 Corinthiens 9

      24 Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans la lice, courent tous, mais un seul remporte le prix ? Courez de telle sorte que vous le remportiez.
      25 Tout homme qui combat, s'abstient de tout ; et ces gens-là le font pour avoir une couronne corruptible, mais nous pour une incorruptible.
      26 Je cours donc, non à l'aventure ; je frappe, mais non pas en l'air ;
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