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JACOB

(hébreu Yaaqôb)

1.

Les conteurs hébreux, toujours préoccupés d'étymologies parlantes, rattachent ce nom, soit au substantif âqéb =talon (Ge 25:26), soit au verbe âqab =tromper (Ge 27:36, cf. Os 12:4 ; dans Vers. Syn., supplanter, ce qui paraît fautif). On trouve dans les inscriptions égyptiennes et babyloniennes des noms qui peuvent se ramener à un original hébraïque tel que Jacob-el, mais rien ne prouve qu'il s'agisse là précisément du Jacob de la Genèse. D'après la tradition consignée dans Ge 32:28, (cf. Ge 35:10,22 46:1, etc., J) Jacob portait secondairement le nom d'Israël, qui y est interprété : lutteur avec Dieu, et pouvait signifier : Dieu lutte, ou : que Dieu lutte ! Inversement, dans la littérature postérieure, le peuple d'Israël (voir ce mot) sera souvent appelé Jacob, surtout en poésie (Ps 14:7, Am 6:8, Esa 14:1, Ro 9:13 etc.).

2.

La première partie de la vie de ce patriarche se passe au foyer de son père Isaac et de sa mère Rébecca. Les deux frères jumeaux, Ésaü et Jacob, sont rivaux, et dans leur rivalité se reflète à l'avance la tension qui existera en permanence entre Israël, le peuple paisible et pastoral, issu de Jacob, et Édom, le peuple aventureux et rude, issu d'Ésaù. Les conteurs israélites s'appliquent avec prédilection à élucider cette énigme : pourquoi Jacob, le dernier-né, est-il devenu le plus puissant ? (Ge 25:23) Et deux raisons sont indiquées : d'une part Jacob a acheté à son frère, du plein gré de celui-ci, son droit d'aînesse, moyennant un plat de lentilles (Ge 25:29,34) ; d'autre part Jacob, aidé de sa mère, a trouvé moyen de surprendre la confiance paternelle et de se faire donner la bénédiction de l'aîné (Ge 27:1-40). Nul ne peut juger équitablement un tel récit s'il se place au point de vue de la morale évoluée qui est la nôtre. Pour les conteurs qui nous ont transmis ce récit, Jacob, le héros national, n'a pas commis de faute. Il a très habilement conquis pour lui et ses descendants la première place, en utilisant ces deux moyens étroitement associés chez les peuples orientaux : l'achat et la tromperie. Cette absence de sensibilité morale comme aussi l'impossibilité pour Isaac, si peiné qu'il soit, de retirer sa bénédiction une fois donnée (l'opus operatum) attestent que nous avons ici affaire à un récit dont la forme actuelle elle-même remonte assez haut (cf. Gunkel, Genesis)

3.

Pour des raisons faciles à comprendre, Jacob quitte la demeure de ses parents (Béer-Séba) et se dirige vers le pays d'origine de sa mère (Paddan-Aram, selon P ; Caran, selon JE). En cours de route il a, de nuit, une vision demeurée célèbre (Ge 28:10,22). Dans cette vision paraît se refléter la vieille idée cosmologique d'un axe du monde qui unit le ciel au « nombril de la terre » et qui est figuré tantôt par un pieu sacré, tantôt par une tour élevée, tantôt, comme ici, par une échelle (voir ce mot). Les antiques notions cosmologiques se sont estompées, faisant place au symbole merveilleux des anges qui montent et descendent le long de l'échelle, représentant l'échange continuel des prières et des grâces entre la terre et le ciel. Deux textes très différents d'esprit suivent le récit de la vision proprement dite. Dans l'un (Ge 28:13-16 J) l'Éternel renouvelle à Jacob, d'une manière absolument inconditionnelle, les promesses accordées naguère à la foi d'Abraham. Dans l'autre (Ge 28:20,22 E) Jacob fait un marché avec Dieu : Si l'Éternel me protège, me nourrit, me ramène chez mon père, l'Éternel sera mon Dieu, et je lui donnerai la dîme de ce qu'il me donnera ! A côté de la religion de la grâce et de la foi, celle du « donnant donnant ». Béthel, l'endroit sacré où la tradition place la vision de Jacob et où (d'après E) le patriarche éleva une pierre sainte (matséba), fut jusqu'à la réforme de Josias un sanctuaire très réputé en Israël (Jug 20:18,26 et suivant, 1Sa 10:3, Am 4:4 7:10-13, Os 10:5,1Ro 12:29,2Ro 23:15, etc.).

4.

Arrivé au pays de sa mère et introduit au foyer de sa famille lointaine à la suite d'un épisode de vie pastorale qui ressemble à celui dont Moïse sera le héros (Ge 29:1,14, cf. Ex 2:16-21), Jacob devient l'hôte, puis l'employé de son oncle Laban. Et les conteurs nous font assister avec force détails au duel qui met aux prises le fils et le frère de la peu scrupuleuse Rébecca. La première passe d'armes tourne à l'avantage de l'oncle. Moyennant sept ans de service, celui-ci promet Rachel, sa fille cadette, à Jacob qui a noué avec elle une tendre idylle (Ge 29:20). Mais, le moment de l'échéance arrivé, la fille aînée, Léa, moins aimée et moins belle ( « les yeux délicats » de nos versions françaises sont un euphémisme ; il faut lire ; « les yeux ternes » ou « sans éclat ») est substituée a sa soeur. Pour que Laban lui donne aussi Rachel, Jacob est obligé de promettre sept nouvelles années de service (Ge 29:25,30). Le récit de la Genèse s'étend longuement sur la naissance des enfants de Jacob : des notions ethniques, du reste très anciennes, paraissent intervenir ici. En effet, les fils, moins directement légitimes, des servantes Zilpa et Bilha, portent les noms de celles des douze tribus qui apparaissent dans l'histoire comme les moins authentiquement et anciennement israélites, Gad et Asser, Dan et Nephthali (L. Gautier).

Il faut noter aussi le fait que Joseph, dont les descendants éphraïmites auront longtemps la prépondérance en Israël, apparaît ici comme le fils de Rachel, l'épouse préférée (Ge 29:31 30:24). Mais l'intérêt principal des conteurs est pour la revanche de Jacob sur Laban. Deux traditions, du reste étroitement apparentées, s'entremêlent dans le récit (très compliqué en son état actuel) des opérations au moyen desquelles le neveu réussit à augmenter considérablement son cheptel (Ge 30:25-43). La technique de Jacob, trop habile à nos yeux, ne suscite aucune réserve de la part des conteurs, qui se réjouissent, au contraire, en connaisseurs, du succès éclatant de l'ancêtre, et qui montrent le Dieu de Béthel bénissant en toutes choses son adorateur (Ge 31:1,13). Finalement, grâce à un « décrochage » savant, Jacob réussit à se séparer de Laban, emmenant avec lui non seulement ses femmes, ses servantes et ses troupeaux immenses, mais aussi les théraphim de son beau-père (ces théraphim sont des idoles domestiques dont l'usage se maintiendra longtemps en Israël et dont il est parlé ici avec une irrévérence qui témoigne d'une confiance ébranlée : Ge 31:14-44). Un accord et une alliance finissent par intervenir, mettant un terme à la compétition des deux rivaux (Ge 31:45,55).

5.

Ayant échappé à Laban, Jacob, qui se dirige vers la terre de Canaan, va se trouver nécessairement aux prises avec Ésaù dont il redoute, non sans raisons, le courroux. Il emploie divers moyens pour se tirer de cette situation difficile : messagers de paix (Ge 32:3-5), division de la caravane en deux camps (verset 73), envoi de présents échelonnés (verset 13-21). En fin de compte l'accueil de l'aîné est tout différent de ce qu'on pouvait en attendre et les deux frères se réconcilient. Cependant Jacob, toujours précautionneux et voulant se prémunir contre un changement d'humeur d'Ésaü, obtient que celui-ci le laisse cheminer seul, sans même lui imposer une escorte (Ge 33:1,16).

6.

C'est en plein milieu des récits narrant la rencontre des deux frères qu'apparaît la très mystérieuse histoire de la lutte entre Jacob et l'Éternel (Ge 32:24-32). Au passage du torrent du Jabbok, le patriarche nous est montré se mesurant avec un personnage qui n'est pas nommé, mais dans lequel il faut évidemment voir la divinité ou un de ses messagers. Divers indices (le texte hébr., par exemple, porte au verset 31 Péniel et au verset 32 Penouel) tendent à prouver qu'ici aussi deux textes sont mélangés. Mais cette constatation est loin d'effacer toutes les difficultés. Qui est ce Dieu qui engage le combat contre Jacob, qui ne peut le vaincre et qui, finalement, le bénit ? Avec juste raison, H. Gunkel souligne que nous avons ici affaire à une scène digne du pinceau de Rembrandt. D'une part nous y trouvons des notions tout à fait archaïques, qui nous reportent à une époque très lointaine (le Dieu lutte corporellement avec l'homme et il ne peut affronter la lumière du jour, etc.). Mais d'autre part le « Je ne te laisserai pas que tu ne m'aies béni » a toujours évoqué et il évoque encore invinciblement chez tout lecteur croyant des réflexions prenantes sur la prière qui persévère.

7.

Tandis qu'Ésaü retourne à Séir, Jacob s'établit à Succoth (Ge 33:17), à peu de distance à l'Ouest de Péniel ; puis il se transporte (verset 18) à Sichem, localité qui aura dans l'histoire d'Israël une grande importance (Jos 20:7, Jug 9:1 1Ro 12:1,25). L'histoire de Dina (Ge 34). qui nous est rapportée en deux recensions, mais qui aboutit, dans l'une et dans l'autre, au massacre des Sichémites par les fils de Jacob, paraît reposer sur un fond historique solide, mais se rapporter à des faits survenus au moment de la conquête de Canaan. Anxieux des représailles possibles (Ge 34:30), Jacob se remet en route avec sa smala, et se dirige vers Béthel, dont il renouvelle la consécration à l'Éternel par l'érection d'un autel (Ge 35:7). La pierre sainte dont il est parlé au verset 14 est considérée par quelques-uns comme un monument funéraire consacré au souvenir de Débora, la nourrice de Rébecca, ensevelie sous le chêne sacré de Béthel (Ge 35:8). Une nouvelle étape conduit encore les Jacobites à Éphrata, localité située vraisemblablement entre Béthel et Rama (1Sa 10:2, cf. Jer 31:15), et non aux environs de Bethléhem comme l'indique une glose postérieure. Là vient au jour le douzième fils, Benjamin, dont la naissance coûte la vie à sa mère Rachel. Sur la tombe de celle-ci est érigée également une « pierre du souvenir » (Ge 35:16,19).

8.

A partir de ce moment, la première place dans la tradition n'appartient plus à Jacob mais à Joseph. Le père est installé avec ses fils dans la région où Abraham et Isaac avaient séjourné (Ge 37:1), c'est-à-dire dans la Palestine méridionale (Hébron et Béer-Séba). Il manifeste une préférence marquée pour Joseph, le fils de sa vieillesse et le fils de Rachel (Ge 37:3 et suivant). Il n'intervient que mollement pour combattre la vanité du « faiseur de songes » (Ge 37:10) et lorsqu'il constate sa disparition il est en proie à une douleur inconsolable (Ge 37:31,35). Aux jours sombres de la famine, le patriarche envoie ses fils chercher en Egypte la nourriture nécessaire, ne gardant auprès de lui que Benjamin (Ge 42:1,5,13). Sollicité par la suite de laisser partir ce dernier, il ne s'y résigne que sous la pression inexorable du besoin (Ge 43:1-15). A la nouvelle que Joseph vit et gouverne l'Egypte, le père reste d'abord incrédule, puis il se décide à descendre à son tour vers le pays lointain pour voir encore son fils avant de mourir (Ge 45:25,28). Accueilli avec un grand respect par Joseph (Ge 46:28 et suivant), Jacob s'installe avec les siens au pays de Gossen, région très favorable à l'établissement d'une population pastorale, et que la tradition de J déclare avec insistance avoir été mise à la disposition des arrivants par le Pharaon lui-même (Ge 47:1-6). Dans un récit d'une sobriété majestueuse, P décrit la présentation de Jacob au Pharaon, et il ne craint pas de montrer le patriarche bénissant solennellement le roi (Ge 47:7,10). D'après J, sentant la mort approcher, Jacob fait promettre à Joseph de l'ensevelir au pays de ses pères (Ge 47:29,31) ; E semble indiquer qu'il pensait plutôt à être enseveli aux côtés de Rachel (Ge 48:7). Puis il adopte (Ge 48:5) et bénit spécialement (Ge 48:8-20) les deux fils de Joseph, donnant, contrairement au droit d'aînesse et malgré les avertissements de son fils, la première place à Éphraïm de préférence à Manassé : tentative évidente des conteurs pour expliquer l'hégémonie marquée d'Éphraïm dans les temps ultérieurs. Dans tous les entretiens suprêmes du patriarche comme dans ce qui nous est raconté de l'attitude de Joseph à l'égard de son père, retentit une note émue et émouvante.

9.

Enfin intervient la fameuse « bénédiction de Jacob » (Ge 49). C'est un exemplaire d'une série probablement considérable de morceaux poétiques dans lesquels les Hébreux aimaient à retracer les destinées des divers groupes constituant la nation d'Israël (un morceau semblable se trouve dans De 33). Il ne s'agit pas à proprement parler ici de prophéties, mais de la description d'une situation historique donnée--ou de plusieurs--mise dans la bouche d'un grand ancêtre (cf. le tu Mar-cellus eris de Virgile). Ces poèmes, très hauts en couleur, se caractérisent par des jeux de mots intraduisibles, par des allusions dont beaucoup nous sont devenues incompréhensibles et par l'emploi d'images d'un caractère extrêmement réaliste. Dans la bénédiction de Jacob, chacune des douze tribus (Joseph ne compte encore que pour une) se voit consacrer quelques mots destinés à la caractériser. Mais tandis que la plupart de ces strophes sont très brèves, il en est trois qui tranchent sur l'ensemble : celle sur Siméon et Lévi, les deux tribus soeurs, qui sont positivement maudites, et à la disparition desquelles il est fait une allusion très nette ; celle sur Juda, truculente et enthousiaste, contenant le célèbre passage du chilô (v 10b, qui paraît devoir se traduire : « jusqu'à ce que vienne celui auquel il appartient » ; certains savants trouvent là la première trace d'eschatologie dans l'A.T.) ; celle enfin qui exalte Joseph, « le prince de ses frères », c-à-d, la tribu reine du Nord, rivale du méridional Juda. Ces divers « oracles » sont d'âges très différents ; le plus grand nombre remontent à la période des Juges ; quelques-uns, du moins sous leur forme actuelle, paraissent dater de l'époque royale.

10.

Les conteurs (aussi bien dans J que dans E) racontent avec admiration les funérailles solennelles du patriarche dans la terre de ses ancêtres. L'embaumement qui exige quarante jours, le deuil de soixante-dix jours (d'ordinaire il n'en durait que sept), les grands d'Egypte se joignant aux Israélites pour accompagner la dépouille, l'impression profonde produite sur les Cananéens, tout cela sert à souligner la grandeur de celui que la femme samaritaine, bien des siècles plus tard, appellera encore « notre père Jacob » (Jn 4:12).

11.

De la rapide analyse qui précède, il résulte que les récits concernant Jacob ne sont ni de l'histoire proprement dite, ni de la pure légende, mais qu'ils nous sont parvenus sous la forme de traditions populaires plus ou moins évoluées (voir Abraham). On a prétendu souvent que Jacob, tout comme son père et son aïeul, ne serait qu'une figure ethnique, une personnification du peuple hébreu. Il est incontestable que certains traits qui nous sont rapportés de lui s'expliqueraient fort bien de cette manière (notamment son identification avec Israël). Mais on ne saurait sans tours de force faire rentrer dans un tel cadre toute la tradition qui le concerne. Sous les alluvions multiples déposées par les âges, il semble bien possible de rencontrer en divers endroits le roc de l'histoire. Les traditions sur Jacob sont moins riches spirituellement que celles sur Abraham. Mais elles ont le mérite de nous faire connaître un aspect non négligeable de la mentalité israélite. Si la figure de ce nomade, voyageur courageux, croyant intéressé mais persévérant, travailleur, acharné et peu scrupuleux en affaires, fiancé tendre et veuf inconsolable, père aimant et faible, vieillard digne et respecté, manquait dans l'A.T., celui-ci ne serait pas enraciné comme il l'est dans le sol de la vérité humaine. A. JE

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Versets relatifs

    • Genèse 25

      23 Et l'Éternel lui dit : Deux nations sont dans ton ventre, et deux peuples se sépareront au sortir de tes entrailles ; un de ces peuples sera plus fort que l'autre, et le plus grand sera assujetti au plus petit.
      26 Ensuite sortit son frère, dont la main tenait le talon d'Ésaü ; et on lui donna le nom de Jacob. Isaac était âgé de soixante ans, lorsqu'ils naquirent.
      29 Comme Jacob faisait cuire un potage, Ésaü revint des champs, accablé de fatigue.
      34 Alors Jacob donna à Ésaü du pain et du potage de lentilles. Il mangea et but, puis se leva et s'en alla. C'est ainsi qu'Ésaü méprisa le droit d'aînesse.

      Genèse 27

      1 Isaac devenait vieux, et ses yeux s'étaient affaiblis au point qu'il ne voyait plus. Alors il appela Ésaü, son fils aîné, et lui dit : Mon fils ! Et il lui répondit : Me voici !
      2 Isaac dit : Voici donc, je suis vieux, je ne connais pas le jour de ma mort.
      3 Maintenant donc, je te prie, prends tes armes, ton carquois et ton arc, va dans les champs, et chasse-moi du gibier.
      4 Fais-moi un mets comme j'aime, et apporte-le-moi à manger, afin que mon âme te bénisse avant que je meure.
      5 Rebecca écouta ce qu'Isaac disait à Ésaü, son fils. Et Ésaü s'en alla dans les champs, pour chasser du gibier et pour le rapporter.
      6 Puis Rebecca dit à Jacob, son fils : Voici, j'ai entendu ton père qui parlait ainsi à Ésaü, ton frère :
      7 Apporte-moi du gibier et fais-moi un mets que je mangerai ; et je te bénirai devant l'Éternel avant ma mort.
      8 Maintenant, mon fils, écoute ma voix à l'égard de ce que je te commande.
      9 Va me prendre au troupeau deux bons chevreaux ; j'en ferai pour ton père un mets comme il aime ;
      10 et tu le porteras à manger à ton père, afin qu'il te bénisse avant sa mort.
      11 Jacob répondit à sa mère : Voici, Ésaü, mon frère, est velu, et je n'ai point de poil.
      12 Peut-être mon père me touchera-t-il, et je passerai à ses yeux pour un menteur, et je ferai venir sur moi la malédiction, et non la bénédiction.
      13 Sa mère lui dit : Que cette malédiction, mon fils, retombe sur moi ! Écoute seulement ma voix, et va me les prendre.
      14 Jacob alla les prendre, et les apporta à sa mère, qui fit un mets comme son père aimait.
      15 Ensuite, Rebecca prit les vêtements d'Ésaü, son fils aîné, les plus beaux qui se trouvaient à la maison, et elle les fit mettre à Jacob, son fils cadet.
      16 Elle couvrit ses mains de la peau des chevreaux, et son cou qui était sans poil.
      17 Et elle plaça dans la main de Jacob, son fils, le mets et le pain qu'elle avait préparés.
      18 Il vint vers son père, et dit : Mon père ! Et Isaac dit : Me voici ! qui es-tu, mon fils ?
      19 Jacob répondit à son père : Je suis Ésaü, ton fils aîné ; j'ai fait ce que tu m'as dit. Lève-toi, je te prie, assieds-toi, et mange de mon gibier, afin que ton âme me bénisse.
      20 Isaac dit à son fils : Eh quoi ! tu en as déjà trouvé, mon fils ! Et Jacob répondit : C'est que l'Éternel, ton Dieu, l'a fait venir devant moi.
      21 Isaac dit à Jacob : Approche donc, et que je te touche, mon fils, pour savoir si tu es mon fils Ésaü, ou non.
      22 Jacob s'approcha d'Isaac, son père, qui le toucha, et dit : La voix est la voix de Jacob, mais les mains sont les mains d'Ésaü.
      23 Il ne le reconnut pas, parce que ses mains étaient velues, comme les mains d'Ésaü, son frère ; et il le bénit.
      24 Il dit : C'est toi qui es mon fils Ésaü ? Et Jacob répondit : C'est moi.
      25 Isaac dit : Sers-moi, et que je mange du gibier de mon fils, afin que mon âme te bénisse. Jacob le servit, et il mangea ; il lui apporta aussi du vin, et il but.
      26 Alors Isaac, son père, lui dit : Approche donc, et baise-moi, mon fils.
      27 Jacob s'approcha, et le baisa. Isaac sentit l'odeur de ses vêtements ; puis il le bénit, et dit : Voici, l'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ que l'Éternel a béni.
      28 Que Dieu te donne de la rosée du ciel Et de la graisse de la terre, Du blé et du vin en abondance !
      29 Que des peuples te soient soumis, Et que des nations se prosternent devant toi ! Sois le maître de tes frères, Et que les fils de ta mère se prosternent devant toi ! Maudit soit quiconque te maudira, Et béni soit quiconque te bénira.
      30 Isaac avait fini de bénir Jacob, et Jacob avait à peine quitté son père Isaac, qu'Ésaü, son frère, revint de la chasse.
      31 Il fit aussi un mets, qu'il porta à son père ; et il dit à son père : Que mon père se lève et mange du gibier de son fils, afin que ton âme me bénisse !
      32 Isaac, son père, lui dit : Qui es-tu ? Et il répondit : Je suis ton fils aîné, Ésaü.
      33 Isaac fut saisi d'une grande, d'une violente émotion, et il dit : Qui est donc celui qui a chassé du gibier, et me l'a apporté ? J'ai mangé de tout avant que tu vinsses, et je l'ai béni. Aussi sera-t-il béni.
      34 Lorsque Ésaü entendit les paroles de son père, il poussa de forts cris, pleins d'amertume, et il dit à son père : Bénis-moi aussi, mon père !
      35 Isaac dit : Ton frère est venu avec ruse, et il a enlevé ta bénédiction.
      36 Ésaü dit : Est-ce parce qu'on l'a appelé du nom de Jacob qu'il m'a supplanté deux fois ? Il a enlevé mon droit d'aînesse, et voici maintenant qu'il vient d'enlever ma bénédiction. Et il dit : N'as-tu point réservé de bénédiction pour moi ?
      37 Isaac répondit, et dit à Ésaü : Voici, je l'ai établi ton maître, et je lui ai donné tous ses frères pour serviteurs, je l'ai pourvu de blé et de vin : que puis-je donc faire pour toi, mon fils ?
      38 Ésaü dit à son père : N'as-tu que cette seule bénédiction, mon père ? Bénis-moi aussi, mon père ! Et Ésaü éleva la voix, et pleura.
      39 Isaac, son père, répondit, et lui dit : Voici ! Ta demeure sera privée de la graisse de la terre Et de la rosée du ciel, d'en haut.
      40 Tu vivras de ton épée, Et tu seras asservi à ton frère ; Mais en errant librement çà et là, Tu briseras son joug de dessus ton cou.

      Genèse 28

      10 Jacob partit de Beer-Schéba, et s'en alla à Charan.
      13 Et voici, l'Éternel se tenait au-dessus d'elle ; et il dit : Je suis l'Éternel, le Dieu d'Abraham, ton père, et le Dieu d'Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je la donnerai à toi et à ta postérité.
      14 Ta postérité sera comme la poussière de la terre ; tu t'étendras à l'occident et à l'orient, au septentrion et au midi ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta postérité.
      15 Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai dans ce pays ; car je ne t'abandonnerai point, que je n'aie exécuté ce que je te dis.
      16 Jacob s'éveilla de son sommeil et il dit : Certainement, l'Éternel est en ce lieu, et moi, je ne le savais pas !
      20 Jacob fit un voeu, en disant : Si Dieu est avec moi et me garde pendant ce voyage que je fais, s'il me donne du pain à manger et des habits pour me vêtir,
      22 cette pierre, que j'ai dressée pour monument, sera la maison de Dieu ; et je te donnerai la dîme de tout ce que tu me donneras.

      Genèse 29

      1 Jacob se mit en marche, et s'en alla au pays des fils de l'Orient.
      14 Et Laban lui dit : Certainement, tu es mon os et ma chair. Jacob demeura un mois chez Laban.
      20 Ainsi Jacob servit sept années pour Rachel : et elles furent à ses yeux comme quelques jours, parce qu'il l'aimait.
      25 Le lendemain matin, voilà que c'était Léa. Alors Jacob dit à Laban : Qu'est-ce que tu m'as fait ? N'est-ce pas pour Rachel que j'ai servi chez toi ? Pourquoi m'as-tu trompé ?
      30 Jacob alla aussi vers Rachel, qu'il aimait plus que Léa ; et il servit encore chez Laban pendant sept nouvelles années.
      31 L'Éternel vit que Léa n'était pas aimée ; et il la rendit féconde, tandis que Rachel était stérile.

      Genèse 30

      24 Et elle lui donna le nom de Joseph, en disant : Que l'Éternel m'ajoute un autre fils !
      25 Lorsque Rachel eut enfanté Joseph, Jacob dit à Laban : Laisse-moi partir, pour que je m'en aille chez moi, dans mon pays.
      26 Donne-moi mes femmes et mes enfants, pour lesquels je t'ai servi, et je m'en irai ; car tu sais quel service j'ai fait pour toi.
      27 Laban lui dit : Puissé-je trouver grâce à tes yeux ! Je vois bien que l'Éternel m'a béni à cause de toi ;
      28 fixe-moi ton salaire, et je te le donnerai.
      29 Jacob lui dit : Tu sais comment je t'ai servi, et ce qu'est devenu ton troupeau avec moi ;
      30 car le peu que tu avais avant moi s'est beaucoup accru, et l'Éternel t'a béni sur mes pas. Maintenant, quand travaillerai-je aussi pour ma maison ?
      31 Laban dit : Que te donnerai-je ? Et Jacob répondit : Tu ne me donneras rien. Si tu consens à ce que je vais te dire, je ferai paître encore ton troupeau, et je le garderai.
      32 Je parcourrai aujourd'hui tout ton troupeau ; mets à part parmi les brebis tout agneau tacheté et marqueté et tout agneau noir, et parmi les chèvres tout ce qui est marqueté et tacheté. Ce sera mon salaire.
      33 Ma droiture répondra pour moi demain, quand tu viendras voir mon salaire ; tout ce qui ne sera pas tacheté et marqueté parmi les chèvres, et noir parmi les agneaux, ce sera de ma part un vol.
      34 Laban dit : Eh bien ! qu'il en soit selon ta parole.
      35 Ce même jour, il mit à part les boucs rayés et marquetés, toutes les chèvres tachetées et marquetées, toutes celles où il y avait du blanc, et tout ce qui était noir parmi les brebis. Il les remit entre les mains de ses fils.
      36 Puis il mit l'espace de trois journées de chemin entre lui et Jacob ; et Jacob fit paître le reste du troupeau de Laban.
      37 Jacob prit des branches vertes de peuplier, d'amandier et de platane ; il y pela des bandes blanches, mettant à nu le blanc qui était sur les branches.
      38 Puis il plaça les branches, qu'il avait pelées, dans les auges, dans les abreuvoirs, sous les yeux des brebis qui venaient boire, pour qu'elles entrassent en chaleur en venant boire.
      39 Les brebis entraient en chaleur près des branches, et elles faisaient des petits rayés, tachetés et marquetés.
      40 Jacob séparait les agneaux, et il mettait ensemble ce qui était rayé et tout ce qui était noir dans le troupeau de Laban. Il se fit ainsi des troupeaux à part, qu'il ne réunit point au troupeau de Laban.
      41 Toutes les fois que les brebis vigoureuses entraient en chaleur, Jacob plaçait les branches dans les auges, sous les yeux des brebis, pour qu'elles entrassent en chaleur près des branches.
      42 Quand les brebis étaient chétives, il ne les plaçait point ; de sorte que les chétives étaient pour Laban, et les vigoureuses pour Jacob.
      43 Cet homme devint de plus en plus riche ; il eut du menu bétail en abondance, des servantes et des serviteurs, des chameaux et des ânes.

      Genèse 31

      1 Jacob entendit les propos des fils de Laban, qui disaient : Jacob a pris tout ce qui était à notre père, et c'est avec le bien de notre père qu'il s'est acquis toute cette richesse.
      13 Je suis le Dieu de Béthel, où tu as oint un monument, où tu m'as fait un voeu. Maintenant, lève-toi, sors de ce pays, et retourne au pays de ta naissance.
      14 Rachel et Léa répondirent, et lui dirent : Avons-nous encore une part et un héritage dans la maison de notre père ?
      15 Ne sommes-nous pas regardées par lui comme des étrangères, puisqu'il nous a vendues, et qu'il a mangé notre argent ?
      16 Toute la richesse que Dieu a ôtée à notre père appartient à nous et à nos enfants. Fais maintenant tout ce que Dieu t'a dit.
      17 Jacob se leva, et il fit monter ses enfants et ses femmes sur les chameaux.
      18 Il emmena tout son troupeau et tous les biens qu'il possédait, le troupeau qui lui appartenait, qu'il avait acquis à Paddan Aram ; et il s'en alla vers Isaac, son père, au pays de Canaan.
      19 Tandis que Laban était allé tondre ses brebis, Rachel déroba les théraphim de son père ;
      20 et Jacob trompa Laban, l'Araméen, en ne l'avertissant pas de sa fuite.
      21 Il s'enfuit, avec tout ce qui lui appartenait ; il se leva, traversa le fleuve, et se dirigea vers la montagne de Galaad.
      22 Le troisième jour, on annonça à Laban que Jacob s'était enfui.
      23 Il prit avec lui ses frères, le poursuivit sept journées de marche, et l'atteignit à la montagne de Galaad.
      24 Mais Dieu apparut la nuit en songe à Laban, l'Araméen, et lui dit : Garde-toi de parler à Jacob ni en bien ni en mal !
      25 Laban atteignit donc Jacob. Jacob avait dressé sa tente sur la montagne ; Laban dressa aussi la sienne, avec ses frères, sur la montagne de Galaad.
      26 Alors Laban dit à Jacob : Qu'as-tu fait ? Pourquoi m'as-tu trompé, et emmènes-tu mes filles comme des captives par l'épée ?
      27 Pourquoi as-tu pris la fuite en cachette, m'as-tu trompé, et ne m'as-tu point averti ? Je t'aurais laissé partir au milieu des réjouissances et des chants, au son du tambourin et de la harpe.
      28 Tu ne m'as pas permis d'embrasser mes fils et mes filles ! C'est en insensé que tu as agi.
      29 Ma main est assez forte pour vous faire du mal ; mais le Dieu de votre père m'a dit hier : Garde-toi de parler à Jacob ni en bien ni en mal !
      30 Maintenant que tu es parti, parce que tu languissais après la maison de ton père, pourquoi as-tu dérobé mes dieux ?
      31 Jacob répondit, et dit à Laban : J'avais de la crainte à la pensée que tu m'enlèverais peut-être tes filles.
      32 Mais périsse celui auprès duquel tu trouveras tes dieux ! En présence de nos frères, examine ce qui t'appartient chez moi, et prends-le. Jacob ne savait pas que Rachel les eût dérobés.
      33 Laban entra dans la tente de Jacob, dans la tente de Léa, dans la tente des deux servantes, et il ne trouva rien. Il sortit de la tente de Léa, et entra dans la tente de Rachel.
      34 Rachel avait pris les théraphim, les avait mis sous le bât du chameau, et s'était assise dessus. Laban fouilla toute la tente, et ne trouva rien.
    • Genèse 25

      23 Le Seigneur lui dit : « Il y a deux nations dans ton ventre, deux peuples distincts naîtront de toi. L’un sera plus fort que l’autre, l’aîné servira le plus jeune. »
      26 Après lui sortit son frère. Sa main tenait le talon d’Ésaü et on l’appela Jacob. Isaac avait soixante ans à leur naissance.
      29 Un jour que Jacob préparait un potage, Ésaü revint de la chasse, très fatigué,
      34 et Jacob lui donna du pain et du potage aux lentilles. Ésaü mangea et but, puis s’en alla. Il n’accorda aucune importance à ses droits de fils aîné.

      Genèse 27

      1 Isaac était devenu vieux. Sa vue avait tellement baissé qu’il n’y voyait plus. Il appela son fils aîné : « Ésaü ! » – « Oui, répondit-il, je t’écoute. »
      2 Isaac reprit : « Tu le vois, je suis vieux et je ne sais pas combien de temps j’ai encore à vivre.
      3 Prends ton arc et tes flèches et va à la chasse. Tu me ramèneras du gibier,
      4 tu me prépareras un de ces plats appétissants, comme je les aime, et tu me l’apporteras. J’en mangerai, puis je te donnerai ma bénédiction avant de mourir. »
      5 Or Rébecca écoutait pendant qu’Isaac parlait à Ésaü. Dès que celui-ci fut parti dans la campagne afin d’en rapporter du gibier,
      6 Rébecca dit à son fils Jacob : « J’ai entendu ton père dire à Ésaü :
      7 “Apporte-moi du gibier et prépare-moi un plat appétissant. Quand j’en aurai mangé, je te donnerai ma bénédiction devant le Seigneur avant de mourir.”
      8 Maintenant, mon fils, écoute-moi bien et fais ce que je te recommande.
      9 Va au troupeau et rapporte-moi deux beaux chevreaux. Je préparerai pour ton père un de ces plats appétissants, comme il les aime.
      10 Tu le porteras à ton père pour qu’il en mange et qu’il te donne sa bénédiction avant de mourir. »
      11 Jacob répondit à sa mère : « Ésaü est couvert de poils, mais pas moi.
      12 Si mon père me touche, il découvrira que je le trompe et j’attirerai sur moi non pas sa bénédiction mais sa malédiction. »
      13 Sa mère répliqua : « Je prends sur moi cette malédiction, mon fils. De toute façon, écoute-moi et va me chercher ces chevreaux. »
      14 Jacob alla les chercher et les apporta à sa mère. Elle en fit un de ces plats appétissants qu’Isaac aimait.
      15 Ensuite elle prit des vêtements de son fils aîné, les plus beaux qu’elle avait à la maison, et en habilla Jacob, son fils cadet.
      16 Avec la peau des chevreaux, elle lui recouvrit les bras et la partie lisse du cou
      17 et elle lui mit entre les mains le plat appétissant et le pain qu’elle avait préparés.
      18 Il alla trouver son père et lui dit : « Mon père ! » – « Je t’écoute, mon fils, dit-il ; mais dis-moi qui tu es. »
      19 Jacob reprit : « Je suis Ésaü, ton fils aîné. J’ai fait ce que tu m’as demandé. Viens donc t’asseoir pour manger de mon gibier ; ensuite tu me donneras ta bénédiction. » –
      20 « Comment as-tu trouvé si vite du gibier, mon fils ? » demanda Isaac. Il répondit : « Le Seigneur ton Dieu l’a mis sur mon chemin. »
      21 Isaac dit à Jacob : « Approche-toi. Je veux te toucher, mon fils, pour m’assurer que tu es bien mon fils Ésaü. »
      22 Jacob s’approcha de son père ; Isaac le toucha et dit : « La voix est celle de Jacob, mais les bras sont ceux d’Ésaü. »
      23 Il ne reconnut pas Jacob, parce que ses bras étaient couverts de poils comme les bras d’Ésaü. Mais avant de lui donner sa bénédiction,
      24 il lui demanda encore : « Tu es bien mon fils Ésaü ? » – « Oui », répondit Jacob.
      25 Isaac reprit : « Sers-moi, mon fils, pour que je mange de ton gibier et que je te donne ma bénédiction. » Jacob servit son père, qui mangea, et il lui offrit du vin, qu’il but.
      26 Ensuite Isaac lui dit : « Approche-toi et embrasse-moi, mon fils ! »
      27 Jacob s’approcha donc et l’embrassa. Isaac sentit l’odeur de ses vêtements et lui donna sa bénédiction : « Vraiment, dit-il, l’odeur de mon fils est comme celle d’un champ que le Seigneur a béni.
      28 “Que Dieu te donne la rosée qui tombe du ciel, les riches produits de la terre, du blé et du vin en abondance.
      29 Que des nations soient à ton service, que des peuples se prosternent devant toi. Sois le maître de tes frères, qu’ils s’inclinent devant toi ! Maudit soit celui qui te maudira, béni soit celui qui te bénira !” »
      30 Lorsque Isaac eut achevé la bénédiction qu’il donnait à Jacob, celui-ci sortit. Il avait à peine quitté son père qu’Ésaü revint de la chasse.
      31 Il prépara lui aussi un plat appétissant, l’apporta à son père et lui dit : « Installe-toi, père, pour manger du gibier que je t’ai rapporté ; ensuite tu me donneras ta bénédiction. » –
      32 « Qui es-tu ? » demanda Isaac. « Je suis Ésaü, ton fils aîné », répondit-il.
      33 Dans son émotion, Isaac se mit à trembler de tous ses membres et demanda : « Mais alors, qui est celui qui a chassé du gibier, me l’a apporté et m’a fait manger de tout avant ton arrivée ? C’est à lui que j’ai donné ma bénédiction, et elle lui restera acquise. »
      34 Quand Ésaü entendit les paroles de son père, son cœur déborda d’amertume et il se mit à pousser de grands cris. Il supplia son père : « Donne-moi aussi une bénédiction, père ! »
      35 Isaac répondit : « Ton frère est venu et m’a trompé. Il a emporté la bénédiction qui te revenait. »
      36 Ésaü déclara : « Il porte bien son nom de Jacob – “celui qui dupe” –, puisqu’il m’a dupé deux fois ! Il s’est emparé de mes droits de fils aîné et maintenant voilà qu’il s’empare de la bénédiction qui me revenait ! » Ésaü ajouta : « Ne te reste-t-il pas une bénédiction pour moi ? »
      37 Isaac lui répondit : « J’ai fait de lui ton maître et je lui ai donné tous ses frères pour serviteurs. Je lui ai accordé le blé et le vin. Je ne peux rien faire pour toi, mon fils ! »
      38 Ésaü insista : « N’as-tu qu’une seule bénédiction ? Bénis-moi aussi, mon père ! » Et il ne put retenir ses larmes.
      39 Son père lui dit : « Loin des terres fertiles sera ta demeure, loin de la rosée qui descend du ciel.
      40 Tu vivras grâce à ton épée, et tu serviras ton frère. Mais tu te libéreras, tu arracheras le joug qu’il t’aura imposé et tu le rejetteras de ton cou. »

      Genèse 28

      10 Jacob quitta Berchéba pour se rendre à Haran.
      13 Le Seigneur se tenait devant lui et lui disait : « Je suis le Seigneur, le Dieu de ton grand-père Abraham et le Dieu d’Isaac. La terre où tu es couché, je la donnerai à toi et à tes descendants.
      14 Tes descendants seront aussi nombreux que les grains de poussière du sol. Vous étendrez votre territoire vers l’ouest et vers l’est, vers le nord et vers le sud. A travers toi et tous tes descendants, je bénirai toutes les nations de la terre.
      15 Je suis avec toi, je te protégerai partout où tu iras et je te ramènerai dans ce pays. Je ne t’abandonnerai pas, je ferai tout ce que je t’ai promis. »
      16 Jacob s’éveilla et dit : « Vraiment le Seigneur est ici, mais je ne le savais pas. »
      20 Jacob prononça ce vœu : « Si le Seigneur est avec moi et me protège sur ma route, s’il me donne de quoi manger et m’habiller,
      22 Cette pierre que j’ai dressée et consacrée sera une maison de Dieu ; et c’est à lui que je donnerai le dixième de tout ce qu’il m’accordera. »

      Genèse 29

      1 Jacob se mit en route et prit la direction des pays de l’Orient.
      14 Laban lui dit : « Tu es vraiment de ma famille, du même sang que moi. » Jacob passa un mois entier chez Laban.
      20 Pour obtenir Rachel, Jacob resta sept ans au service de Laban. Mais ces années lui semblèrent passer aussi vite que quelques jours, tant il l’aimait.
      25 Le matin Jacob s’aperçut que c’était Léa. Il alla dire à Laban : « Que m’as-tu fait là ? N’est-ce pas pour épouser Rachel que j’ai travaillé à ton service ? Pourquoi m’as-tu trompé ? »
      30 Jacob passa la nuit avec Rachel et l’aima plus que Léa. Il continua de travailler pour Laban pendant sept ans de plus.
      31 Quand le Seigneur vit que Léa était moins aimée que Rachel, il la rendit féconde, alors que Rachel restait stérile.

      Genèse 30

      24 Elle appela son fils Joseph, en exprimant ce souhait : « Que le Seigneur me donne encore un fils ! »
      25 Après la naissance de Joseph, Jacob dit à Laban : « Laisse-moi retourner chez moi, dans mon pays.
      26 Permets-moi d’emmener mes femmes et mes enfants ; c’est pour elles que j’ai travaillé à ton service, et tu sais bien tout le travail que j’ai fait chez toi. »
      27 Laban lui répondit : « Sois indulgent envers moi, je t’en prie. Mes dieux m’ont révélé que le Seigneur m’a béni à cause de toi.
      28 Dis-moi le salaire que tu désires, et je te le paierai. »
      29 Jacob lui dit : « Tu sais comment je t’ai servi et ce qu’est devenu ton bétail grâce à moi.
      30 Le peu que tu possédais avant mon arrivée s’est considérablement développé. Le Seigneur t’a béni depuis que je suis entré chez toi. Ne serait-il pas temps que je puisse travailler aussi pour ma propre famille ? » –
      31 « Que dois-je te payer ? » reprit Laban. Jacob répondit : « Tu n’auras rien à me payer. Si tu m’accordes ce que je vais te proposer, je suis prêt à soigner et à garder ton bétail comme avant.
      32 Je vais passer en revue aujourd’hui tout ton troupeau et je mettrai à part tout mouton qui a des taches de couleur, petites ou grandes, tout mouton à la toison foncée et toute chèvre qui a des taches, petites ou grandes : ce sera mon salaire.
      33 Plus tard tu pourras t’assurer de mon honnêteté en venant contrôler mon salaire. Toutes les chèvres qui n’auront pas de taches, petites ou grandes, et tous les moutons qui n’auront pas la toison foncée seront des bêtes que j’aurai volées. » –
      34 « D’accord, répondit Laban. J’accepte ta proposition. »
      35 Ce jour même, Laban mit à part les boucs et les chèvres qui avaient des rayures ou des taches, petites ou grandes, de couleur blanche, et les moutons à la toison foncée. Il confia ce troupeau à ses fils
      36 et mit un intervalle de trois jours de marche entre lui et Jacob. Quant à Jacob, il s’occupa du reste du troupeau de Laban.
      37 Jacob se procura des baguettes fraîches de peuplier, d’amandier et de platane. Il y enleva de petites bandes d’écorce pour y faire apparaître des rayures blanches.
      38 Il disposa les baguettes rayées dans les abreuvoirs, sous les yeux des bêtes, car elles s’accouplent volontiers quand elles viennent boire.
      39 Les bêtes s’accouplèrent donc devant les baguettes, si bien que les chèvres donnèrent naissance à des chevreaux qui avaient des rayures et de petites ou de grandes taches.
      40 Quant aux moutons que Jacob avait mis à part, il leur fit regarder les bêtes du troupeau de Laban qui avaient des rayures ou la toison foncée. Il se constitua ainsi des troupeaux personnels et ne mélangea pas ses bêtes avec celles de Laban.
      41 Chaque fois que des bêtes robustes s’accouplaient, Jacob plaçait les baguettes sous leurs yeux dans les abreuvoirs, pour qu’elles s’accouplent devant ces baguettes.
      42 Mais quand les bêtes étaient chétives, il ne mettait pas de baguettes : ainsi les bêtes chétives étaient pour Laban et les robustes pour Jacob.
      43 Jacob s’enrichit énormément et devint propriétaire d’un grand nombre de moutons et de chèvres, de servantes et de serviteurs, de chameaux et d’ânes.

      Genèse 31

      1 Or il apprit que les fils de Laban disaient : « Jacob s’est emparé de tout ce qui appartenait à notre père ; c’est de cette façon qu’il s’est constitué toute sa richesse. »
      13 Je suis le Dieu qui t’est apparu à Béthel, là où tu as dressé et consacré une pierre, là où tu t’es engagé envers moi par un vœu. Maintenant mets-toi en route, quitte ce pays et retourne dans celui de ta famille.” »
      14 Rachel et Léa répondirent à Jacob : « Nous n’avons plus de part d’héritage dans la maison de notre père.
      15 Ne nous a-t-il pas considérées comme des étrangères, puisqu’il nous a vendues et qu’il a ensuite dépensé l’argent qui devait nous revenir ?
      16 Par conséquent, tous les biens que Dieu a enlevés à notre père nous appartiennent, à nous et à nos enfants. Fais donc tout ce que Dieu t’a ordonné. »
      17 Alors Jacob se prépara à partir et installa ses enfants et ses femmes sur des chameaux.
      18 Il emmenait tout le bétail et tous les biens qu’il avait acquis en Haute-Mésopotamie, pour retourner chez son père Isaac, au pays de Canaan.
      19 Quant à Laban, il était parti tondre ses moutons. Rachel en profita pour s’approprier les idoles familiales de son père.
      20 Jacob trompa Laban l’Araméen en partant sans rien lui dire.
      21 Il s’enfuit avec tout ce qui lui appartenait et s’empressa de traverser l’Euphrate ; puis il se dirigea vers les monts de Galaad.
      22 Le surlendemain, quelqu’un informa Laban de la fuite de Jacob.
      23 Laban emmena des gens de sa maison et poursuivit Jacob pendant sept jours. Il le rattrapa dans les monts de Galaad.
      24 Mais, pendant la nuit, Dieu apparut à Laban l’Araméen dans un rêve et lui dit : « Garde-toi de dire quoi que ce soit à Jacob. »
      25 Quand Laban rejoignit Jacob, celui-ci avait planté sa tente dans les monts de Galaad. Laban et ses gens firent de même.
      26 Laban interpella Jacob : « Qu’as-tu fait là ? Tu m’as trompé en emmenant mes filles comme des prisonnières de guerre.
      27 Pourquoi t’es-tu enfui en cachette et m’as-tu ainsi trompé ? Si tu m’avais prévenu, je t’aurais accompagné au milieu de chants joyeux, au son du tambourin et de la lyre.
      28 Mais tu ne m’as même pas laissé embrasser mes filles et mes petits-enfants. Vraiment tu as agi comme un insensé.
      29 J’ai les moyens de vous faire du mal, mais le Dieu de ton père m’a dit la nuit dernière : “Garde-toi de dire quoi que ce soit à Jacob.”
      30 Bien, tu es parti parce que tu étais impatient de rentrer chez ton père. Mais pourquoi m’as-tu volé mes dieux ? »
      31 Jacob répondit à Laban : « J’ai eu peur et je me suis dit : “Il ne faut pas qu’il m’enlève ses filles.”
      32 Maintenant, si tu trouves tes dieux chez l’un des miens, celui-ci ne restera pas en vie. En présence de nos gens, reconnais tout ce qui, chez moi, est à toi, et emporte ce qui t’appartient. » En effet, Jacob ignorait que Rachel s’était approprié les idoles familiales.
      33 Laban fouilla les tentes de Jacob, de Léa et des deux servantes, mais il ne trouva rien. En sortant de la tente de Léa, il entra dans celle de Rachel.
      34 Or c’était Rachel qui avait pris les idoles ; elle les avait placées dans une grande selle de chameau et elle s’était assise dessus. Laban fouillait toute la tente sans rien trouver.
    • Genèse 25

      29 Ce texte nous décrit l'histoire entre Jacob et son frère, au sujet du droit d'aînesse, qui revenait à Ésaü, par sa naissance, mais aussi à Jacob selon la Promesse. Il s'agissait d'un privilège spirituel ; nous voyons ici Jacob en quête d'obtenir ce droit d'aînesse, mais en fait, il a cherché à l'obtenir par la ruse, ce qui n'était pas dans son habitude. Il avait raison de rechercher sincèrement la meilleure part, cependant, il avait tort de vouloir léser son frère. L'héritage de leur père ne revenait pas, en premier lieu à Jacob, à cause de son ordre de naissance, et cela n'a pas été mentionné dans ce texte. Cette histoire préfigure la future possession du pays de Canaan par la descendance du patriarche, et également l'alliance faite avec Abraham quant à Christ, la Semence promise. Jacob gardait toutes ces promesses en son cœur, alors qu'Ésaü les méprisait, par incrédulité.

      Bien que nous devrions être comme Jacob, en recherchant ce droit d'aînesse spirituel, évitons soigneusement tout genre de ruse, devant l'attrait que pourraient nous offrir les plus grands gains.

      Le plat de lentilles de Jacob a excité l'appétit d'Ésaü. « Laisse-moi, je te prie, manger de ce roux » ; C'est pour cela qu'on a donné à Ésaü le nom d'Édom. Assouvir l'appétit sensuel cause la ruine de milliers d'âmes.

      Quand le cœur des hommes succombe à la convoitise de leurs yeux, Job 31:7, et quand ils servent leurs propres ventres, ils sont sûrs d'être punis. Si nous refusons de céder au péché, nous brisons à la base la plupart des tentations. On peut supposer qu'Ésaü ne mourait pas de faim dans la maison d'Isaac. Le texte nous rapporte, « Voici, je m'en vais mourir » ; cela semble vouloir signifier, « je ne vivrai jamais assez pour hériter de Canaan, ou d'aucune de ces futures bénédictions promises par Dieu » ; « et quand bien même elles seraient à moi, je serai mort et loin de ce monde ».

      Ce sont là les propos d'un profane, cités par l'apôtre en, Hébreux 12:16 ; ce mépris du droit d'aînesse est blâmé, verset \\#34\\.

      Il n’y a pas de plus grande folie que de vouloir essayer de gérer nos intérêts sans Dieu, sans Christ, et loin du ciel, en côtoyant les riches, les honneurs, et plaisirs de ce monde ; quelle mauvaise affaire d'avoir ainsi vendu son droit d'aînesse pour un plat de lentilles ! Ésaü a mangé et a bu ; il a satisfait son palais et son appétit, puis, négligemment, il s'est levé et s'en est allé, sans songer sérieusement à la mauvaise transaction qu'il avait faite, sans la regretter. Il a dédaigné son droit d'aînesse. Par sa négligence, suivie de son mépris, pleinement satisfait de son acte, il a clos cette affaire. Les gens sont perdus, non seulement par leur faute, mais aussi par leur manque de repentance.

      Genèse 27

      1

      Isaac envoie Ésaü à la chasse. (Genèse 27:1-5)
      Rébecca incite Jacob à obtenir La bénédiction divine. (Genèse 27:6-17)
      Jacob, feignant d'être Ésaü, Obtient la bénédiction. (Genèse 27:18-29)
      La crainte d'Isaac, l'importunité d'Ésaü. (Genèse 27:30-40)
      Ésaü menace Jacob, Rébecca éloigne ce dernier. (Genèse 27:41-46)

      Les promesses relatives au Messie et au pays de Canaan, commencent à se concrétiser ici, dans la destinée des enfants d'Isaac. Dans ce texte, celui-ci est âgé d'environ cent trente-cinq ans, et ses fils en ont environ soixante-quinze ; Isaac n'avait pas réellement pris conscience de la Parole divine au sujet de ses deux fils, à savoir que l'aîné devrait servir le plus jeune ; il a résolu de mettre tous les honneurs et toute la puissance touchant la promesse, sur Ésaü son fils premier né. Nous sommes toujours prêts à nous diriger selon nos propres initiatives au lieu de suivre la voie que pourrait nous dicter la révélation divine et de ce fait, nous manquons souvent notre but.
      6 Rébecca savait que la bénédiction divine était prévue pour Jacob, et souhaitait qu'il l'obtienne. Par contre, elle a fait du tort à Isaac en cherchant à employer la ruse, à son insu ; elle a également fait du tort à Jacob en le tentant, par malice. Elle a placé une pierre d'achoppement sur la voie d'Ésaü, et lui a suscité un prétexte pour haïr Jacob et la religion. Tout cela ne méritait que le blâme.

      C'est l'exemple même de mesures souvent adoptées à l'encontre des promesses divines ; comme si la fin pouvait justifier ou excuser les moyens ! Bon nombre de personnes ont agi de la sorte, de manière erronée, étant persuadées d'être utiles, en favorisant la cause de Christ. La réponse à de telles pratiques est celle que Dieu a adressée à Abraham : « Je suis le Dieu Tout-Puissant. Marche devant ma face et sois intègre ». Les paroles de Rébecca étaient exaltées : « Que cette malédiction, mon fils, retombe sur moi » !

      Christ a porté sur Lui la malédiction de la loi, au bénéfice de tous ceux qui obéissent à Son offre du salut, par l'évangile. Quelle prétention de demander, « que cette malédiction retombe sur moi » !

      18 Jacob, non sans difficulté, a atteint son objectif, et a obtenu la bénédiction d'Isaac. Il s'agit d'une bénédiction d'ordre général, pour sa vie entière. Aucune mention n'est faite au sujet des grâces particulières promises précédemment à Abraham. Ceci pourrait être dû au fait qu'Isaac était persuadé être en présence d'Ésaü, alors qu'en réalité c'était Jacob. Isaac n'ignorait pas qu'Ésaü avait dédaigné la meilleure part, au sujet de son droit d'aînesse. De plus, la préférence du patriarche en faveur d'Ésaü, malgré l'avis divin, a du considérablement affaiblir sa foi quant à l'avenir de ses enfants. En conséquence, il aurait pu donc prévoir le peu de poids de sa bénédiction, conformément à son état d'esprit.
      30 Quand Ésaü comprit que Jacob a ravi sa bénédiction, il a pleuré amèrement, à grands cris. Le jour approche où ceux qui ont méprisé les bénédictions de la promesse divine, et qui ont préféré aux avantages spirituels, ce qui est vain et sans valeur, tenteront rapidement de rebrousser chemin. Dès qu'Isaac se rendit compte de la duperie dont il a été l'objet, il a violemment tremblé.

      Ceux qui suivent la voie de leurs propres affections, plutôt que celle de la volonté divine, doivent s'attendre à tomber dans l'embarras. Isaac se ressaisit rapidement, et a confirmé qu'il avait donné la bénédiction à Jacob, en disant : « je l'ai béni, aussi il sera béni ». Ceux qui s'éloignent de la sagesse, de la grâce, de la foi et d'une bonne conscience, au profit des honneurs, de la richesse, ou des plaisirs de ce monde, avec les attraits que tout cela procure, seront jugés indignes, et leur triste sort en sera la conséquence.

      Une bénédiction banale a été accordée à Ésaü. C'est ce qu'il désirait. Se laisser aller vers les désirs plus ou moins saints et pratiquer des activités douteuses, sans discernement des conséquences tragiques qui peuvent en découler, ne peut donner que tromperie et conduit à la ruine.

      Des multitudes de pécheurs s'en vont en enfer, tout en ayant des idées et des propos optimistes. Le gros problème d'Ésaü réside dans le fait que rien dans sa bénédiction ne peut conduire à Christ ; à cause de cela, le gras de la terre, et la richesse des champs, seront bien rares devant lui. Ainsi Isaac, par la foi, a béni ses deux fils, selon le sort qui leur était réservé.

      Genèse 28

      10 La conduite de Jacob jusqu'à présent dans ce texte, n'était pas celle d'un homme qui craignait Dieu, mais celle de quelqu'un qui Lui faisait simplement confiance. Maintenant, alors qu'il avait des ennuis et était obligé de fuir, il a tourné son regard vers Dieu, pour implorer Sa protection ; il désirait pouvoir se coucher, sur une pierre, et dormir en plein air. N'importe quel véritable croyant serait disposé à emprunter « l'oreiller » de Jacob, de façon à avoir cette fameuse vision.

      Le moment où Dieu décide de rendre visite à ses enfants pour leur apporter du réconfort, est celui où ceux-ci en ont le plus besoin. Jacob a vu une échelle qui allait de la terre vers le ciel, avec les anges montant et descendant, et à son sommet, Dieu en personne.

      Cela atteste : 1- La présence de la providence divine, grâce à laquelle il y a des rapports constants établis entre le ciel et la terre. Ceci indique à Jacob qu'il a près de lui un bon Guide et qu'il est sous bonne garde. 2- Cette échelle représente Christ, en tant que Médiateur ; le pied de cette échelle, sur terre, est sa nature humaine, quant au sommet dans le ciel, c'est Sa nature divine.

      Christ est le Chemin ; toutes les faveurs de Dieu nous parviennent, et tout le résultat de nos services ici-bas retourne à Lui, par l'intermédiaire de Christ, Jean 1:51. Par ce moyen, les pécheurs peuvent s'approcher du trône de la grâce, ils sont acceptés. Par la foi, nous percevons ce Chemin, et dans la prière, nous pouvons nous approcher de Dieu. En réponse à cette prière nous recevons toutes les bénédictions nécessaires, par la providence et la grâce. Nous n'avons aucun moyen d'aller au ciel sinon, par l'intermédiaire de Christ. Et quand l'âme, par la foi, peut discerner les choses célestes, tout lieu deviendra plaisant, et toute perspective, joyeuse. Dieu ne nous laissera jamais, avant que Sa dernière promesse ne soit accomplie, pour notre bonheur éternel.

      Dieu a parlé calmement à Jacob. Il a parlé du haut de l'échelle. Toutes les merveilleuses nouvelles que nous recevons du ciel nous parviennent par Jésus Christ. Le Messie devait venir de la lignée de Jacob. Christ est la grande bénédiction pour le monde. Tous ceux qui sont bénis, sont bénis en Lui, et dans une famille rien n'est laissé au hasard par Dieu, sauf ceux qui, d'eux-mêmes, s'éloignent de Lui. Jacob craignait d'être en danger, par son frère Ésaü ; mais Dieu a promis de le garder. Le patriarche avait un long voyage devant lui ; il se dirigeait vers un pays inconnu ; mais Dieu l'encourage : « et voici, je suis avec toi » ; Il lui promet de le ramener sur la terre de Canaan. Jacob pensait être abandonné de tous ses amis ; mais Dieu lui donne cette assurance : « Je te garderai partout où tu iras ».

      Dieu ne délaisse jamais celui qu'Il aime.

      16 Dieu s'est manifesté en personne à Jacob, alors qu'il était endormi. L'Esprit, tout comme le vent, souffle où et quand Il veut, et la grâce de Dieu, comme la rosée, est intarissable pour les fils des hommes. Jacob a cherché à améliorer le lieu où Dieu l'avait visité. Partout où nous sommes, à la ville ou dans le désert, à la maison ou à l'extérieur, dans les magasins ou dans la rue, nous pouvons rester, de plein gré, en relation avec le ciel. Et plus nous découvrirons l'aspect de Dieu, plus nous tremblerons devant Sa sainteté !
      20 Jacob, après ce qui vient de se passer dans les versets précédents, a fait un vœu solennel.

      Observons bien les choses suivantes : 1- La foi de Jacob. Il a cette assurance que Dieu sera avec lui, et qu'Il le gardera ; il dépend de Lui ; 2- Il y a de la modération dans les désirs de Jacob. Il ne demande pas des habits luxueux et ni des mets délicats. Si Dieu nous donne beaucoup, nous devons Lui être reconnaissants, et Lui être dévoués ; s'Il nous donne peu, soyons dans le contentement, et apprécions toutes les choses qu'Il nous accorde. 3- La piété de Jacob et son respect envers Dieu manifestent son état d'âme, il sait que Dieu sera avec lui et qu'Il le gardera.

      Ne désirons pas au-delà de ce qui nous convient afin d'être satisfaits et heureux. Le patriarche était résolu à se séparer du monde pour suivre l'Éternel, son Dieu fidèle. Quand la miséricorde divine abonde, nos cœurs doivent déborder de gratitude envers Dieu. La dîme est une proportion convenable de nos revenus, consacrée à Dieu, et utilisée pour l'avancement de Son règne ; quel que soit notre niveau de vie, Dieu nous rend prospères, 1Corinthiens 16:2. Rappelons-nous notre « Bétel », comment nous nous sommes engagés, par des vœux solennels, à suivre le Seigneur, à Le considérer réellement comme notre Dieu, et à nous consacrer, avec tout ce dont nous disposons, à Sa gloire !

      Genèse 29

      1

      Jacob arrive au puits de Charan. (Genèse 29:1-8)
      Son entretien avec Rachel, Laban le reçoit. (Genèse 29:9-14)
      L'attachement de Jacob pour Rachel, La supercherie de Laban. (Genèse 29:15-30)
      Les fils de Léa. (Genèse 29:31-35)

      Jacob a continué de bon gré son voyage, après le merveilleux moment de communion divine qu'il a eu à Béthel. La Providence l'a conduit au champ où le bétail de son oncle avait l'habitude de s'abreuver. Ce que le texte mentionne, au sujet de l'attention des bergers vis-à-vis de leurs moutons, peut nous rappeler le tendre soin que le Seigneur Jésus, le Bon Berger des brebis, prend pour l'église ; car Il est le Bon Berger, Celui qui connaît Ses brebis, et réciproquement. La pierre à l'entrée du puits servait à le protéger ; l'eau était rare, il n'y en avait pas pour tout le monde. Nos intérêts privés ne devraient pas nous empêcher d'aider notre prochain : quand tous les bergers sont venus avec leur bétail, ils furent tout à fait aimables envers Jacob et ce dernier les a aidés à rouler la pierre. « La loi de la bonté était sur sa langue », ce qui faisait dégager une certaine force de ses propos, Proverbes 31:26. Jacob était poli vis-à-vis de ces étrangers, d'où leur courtoisie à son égard.
      31 Les noms que Léa a donnés à ses enfants, expriment son respect envers Dieu, et envers son mari. Ruben, ce qui signifie « voyez, un fils », manifeste cette pensée : « Maintenant mon mari m'aimera » ; Lévi, « attachement ou joint », lui fait espérer ce fait : « maintenant mon mari s'attachera à moi ». L'affection entre époux est à la fois un devoir et un réconfort mutuels ; dans un couple, les deux partenaires doivent chercher à se plaire mutuellement, 1Corinthiens 7:33,34.

      Léa est reconnaissante envers Dieu, de ce qu'Il a écouté sa prière. Dans tous les cas, où nous avons besoin d'être soulagés et délivrés, en particulier lors de nos afflictions, nous devons solliciter Dieu. Le quatrième fils de Léa fut appelé Juda, ou « louange », ce qui explique la louange de sa mère : « maintenant, je louerai l'Éternel ». Quel que soit le sujet qui nous amène à nous réjouir, il doit nous amener à rendre grâce.

      Les récentes bénédictions reçues devraient nous inciter vivement à remercier Dieu pour toutes celles qu'Il nous a déjà accordées ; dorénavant nous louerons davantage le Seigneur, d'une louange encore plus vive. Toutes nos adorations doivent être centrées vers Christ, Celui qui les reçoit, notre Médiateur. Il est descendu en chair Celui qui se nomme Merveilleux, Celui qui doit faire l'objet de nos louanges. Christ a-t-il transformé mon cœur ? Alors, je pourrai L'adorer !

      Genèse 30

      25 Les quatorze années étant écoulées, Jacob était décidé à partir sans disposition spéciale, excepté celle du bénéfice de la promesse de Dieu. Mais il avait beaucoup de sujets en litige avec Laban, et c'était la volonté divine de voir Laban rétribuer convenablement Jacob. À ce sujet, ce dernier a préféré placer sa confiance en Dieu, plutôt qu'en Laban, dont l'égoïsme était flagrant. Et il s'avère que Jacob a agi honnêtement, parce qu'aucune bête aux couleurs autres que celles mentionnées, n'a été trouvée parmi son troupeau. Laban a pensé égoïstement que ses bêtes produiraient peu de petits aux couleurs tachetées et rayées. La conduite de Jacob, après cet accord, a été un exemple de politique et de bonne gestion. Mais cela a été fait selon l'avis de Dieu, ce qui révèle Sa puissance.

      Le Seigneur désire, par quelque moyen que ce soit, favoriser la cause de l'opprimé, et honorer ceux qui font simplement confiance à Sa Providence.

      Laban ne pouvait pas se plaindre de Jacob, parce qu'il ne tirait que des avantages de ce qui avait été librement convenu entre eux ; de plus, il n'était pas frustré, car il tirait un bénéfice considérable des services de Jacob. Que toutes les grâces qui nous sont octroyées soient l'objet de nos remerciements et de nos prières ! Cela provient de la générosité divine, et ne peut nous mener qu'à Son éloge.

      Genèse 31

      1

      Jacob s'enfuit secrètement. (Genèse 31:1-21)
      Laban poursuit Jacob. (Genèse 31:23-35)
      Jacob se plaint de la conduite de Laban. (Genèse 31:36-42)
      Leur alliance à Galed. (Genèse 31:43-55)

      Les affaires de ces familles sont relatées minutieusement, alors que ce que l'on appelle « les grands événements » des états et des royaumes de cette époque, sont passés sous silence ! La Bible enseigne aux hommes les devoirs communs de la vie : comment servir Dieu, comment apprécier les bénédictions qu'Il accorde, et comment pratiquer le bien dans les diverses situations et activités de la vie. Les hommes envieux ont un complexe de frustration vis-à-vis de tout ce qui se déroule autour d'eux, et leur convoitise finira même par détruire leur affection naturelle. Les hommes qui surévaluent les richesses de ce monde commettent une erreur qui est la racine de la convoitise, de l'envie, et de tout mal. Les hommes de ce monde s'ingèrent sans scrupule dans la vie des autres à cause de leur mécontentement, de leur envie, et de leurs discordes. Mais certains se contentent de ce qu'ils possèdent ; heureux sont ceux qui recherchent cette satisfaction en premier lieu !

      Dans tous nos périples nous devrions respecter la volonté et la promesse divines. Si Dieu est avec nous, nous n'avons aucune crainte à avoir. Les périls qui nous entourent sont si nombreux, que rien d'autre ne saurait vraiment rassurer nos cœurs. Se rappeler des moments bénis de communion avec Dieu nous régénère quand nous sommes en difficulté ; nous devrions souvent nous rappeler nos engagements, particulièrement ceux que nous n'avons pas respectés.

      22 Dieu peut mettre une bride dans la bouche des hommes mauvais afin de les retenir dans leur méchanceté, mais cela ne change en rien leurs cœurs. Bien que ces personnes n'éprouvent aucun amour envers le peuple de Dieu, elles feindront de se référer à ce Dernier et tendront par-là, à se faire valoir.

      Quelle folie dans le cœur de Laban ! Prétendre que « ses dieux » pourraient être volés ! Les ennemis peuvent nous dépouiller de nos biens, mais ne peuvent dérober notre Dieu. Dans ce passage, Laban laisse à Jacob, la charge des choses qu'il ne peut maîtriser. Il n'est pas interdit, pour ceux qui s'investissent en Dieu, de parler en faveur d'eux-mêmes, avec crainte et humilité. Quel tableau, que de voir Rachel voler les images de son père ! La famille de Nachor a laissé derrière elle l'idolâtrie des Chaldéens ; est-ce que cette famille est devenue elle-même idolâtre ? Cela paraît vraisemblable. Il semble, en vérité, que ces hommes soient comme certains, dans les temps qui suivirent, amenés à jurer, à la fois par le Seigneur et par le roi, Sophonie 1:5 ; de la même manière, de nos jours, les hommes souhaitent servir Dieu et Mammon.

      Beaucoup professent connaître le vrai Dieu, mais leurs cœurs et leurs maisons sont les demeures de l'idolâtrie. Quand un homme est sujet à la convoitise, comme Laban, le monde est son dieu ; il réside alors parmi des idolâtres et la luxure, afin de devenir comme eux, ou du moins un adepte de leurs abominations.

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