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JÉSUS-CHRIST (4)

III Le ministère.

1.

BAPTEME.

Quand se répandit en Palestine le bruit de l'apparition d'un prophète pareil à ceux des anciens jours, Jésus se joignit au peuple qui descendait vers les rives du Jourdain pour recevoir le baptême. Que signifiait cette démarche ? Le baptême de Jean était un baptême de repentance. Jésus a pu se solidariser avec son peuple dans cet acte collectif. Mais cet acte de repentance était aussi un acte de consécration. On trouve dans les cérémonies lustrales des mystères ces deux éléments, et, avec la consécration, l'initiation qui en résulte.

Jésus venait se consacrer à Dieu en vue du Règne dont Jean-Baptiste (voir ce mot) annonçait la venue. Il s'offrait ainsi « par les humiliations, aux inspirations ». Le résultat fut la vision illuminatrice du Jourdain. En venant demander à Jean le baptême, Jésus a marqué qu'il reconnaissait l'inspiration divine du prédicateur de repentance. Jean-Baptiste a-t-il eu, en voyant Jésus venir à lui, le geste de recul que lui attribue l'évangile de Matthieu ? Il n'y a à cela rien d'invraisemblable. Il nous est dit que ceux qui venaient à Jean confessaient leurs péchés (Mt 3:6, Mr 1:5). L'étonnement du Baptiste en face de celui qui n'avait aucune faiblesse personnelle à lui confesser paraît assez naturel.

Jésus eut une vision analogue à celles qui avaient déclenché l'activité des prophètes (Amos, Ésaïe, Jérémie). Il reçut à ce moment la certitude qu'il était le Messie. Il se savait Fils de Dieu ; il comprit qu'il était son Fils de prédilection, appelé par lui à annoncer à son peuple le salut et à préparer l'avènement de son Règne. La vision du Jourdain n'est pas dans la vie de Jésus un fait isolé. Elle est la réponse divine à un acte de consécration où se ramasse le travail d'âme de trente années. Le rôle du Baptiste a été de fournir l'étincelle qui a fait exploser les matériaux accumulés dans l'âme de Jésus.

On a fait observer qu'entre les vocations de prophètes que décrit l'A.T., et la vocation messianique de Jésus, il y a une différence : l'appel de Dieu est là, mais non la réponse de l'homme. C'est que l'appel de Dieu était déjà une réponse à la prière de l'homme qui se consacrait a lui. Dans cet épisode, il peut sembler qu'il n'y ait qu'une définition de l'être de Jésus. Mais quand cette définition s'applique au Messie, elle est une vocation.

A ce moment, des énergies divines descendirent en lui. Ce fut comme une nouvelle création (d'après une tradition ancienne, appuyée par le texte « occidental » de Lu 3:22, Jésus aurait entendu la parole du Ps 2:7: « Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd'hui »). Dès lors, Jésus avait reçu la puissance divine, qui faisait de lui « Celui qui devait venir ».

On conçoit que l'Esprit l'ait poussé au désert. Dans la solitude, il a dressé le plan de son ministère. Serait-il le Messie qu'attendaient ses contemporains ? Ce qui s'offrait à lui tout d'abord, c'étaient des visions de gloire, qui contrastaient singulièrement avec sa pauvreté. Devait-il accueillir ces visions ? Il s'est rendu compte qu'il y avait là des suggestions de l'esprit des ténèbres. Il a repoussé comme satanique l'idéal de ses contemporains. Successivement, il a renoncé à se servir de son génie pour l'acquisition des biens de la terre ; il s'est refusé à éblouir son peuple par des prodiges qui auraient été une façon de forcer la main à Dieu ; il a rejeté l'idée d'une royauté messianique qui aurait été intronisée par la force et par la ruse, ces armes de Satan (Mt 4:1,11, Lu 4:1,13).

Il est normal qu'il y ait eu au début du ministère de Jésus une telle crise, aboutissant à une victoire, et qu'ensuite, jusqu'à la fin, Jésus ait eu à lutter contre des assauts du messianisme charnel qu'il avait dès l'abord condamné. Il a trouvé dans l'Écriture des secours dont le récit de la tentation renferme le témoignage.

Serait-il donc le Messie transcendant qu'annonçait Jean-Baptiste, l'Être plus fort que Jean qui devait baptiser d'Esprit saint et de feu, le Juge ? Jésus a accepté cet idéal, le plus élevé qui fût. Il croyait à la victoire de Dieu. Il s'est donc identifié avec le Fils de l'Homme, Messie céleste, mais il a accepté résolument l'obscurité de sa condition présente. Et le chemin qu'il a choisi a été un chemin singulièrement paradoxal : celui de l'humilité et de la souffrance.

Que s'est-il passé tout d'abord ? Il semble que Jésus ait commencé par suivre quelque temps la voie tracée par le Baptiste. Il avait conscience d'être sur un plan supérieur. Mais le Baptiste était un prophète : donc un inspiré, et des plus grands qui fussent. Jésus a commencé par baptiser comme lui, et dans son voisinage (Jn 3:22-24). C'est alors, vraisemblablement, qu'il a fait la connaissance de ceux qui devaient être ses premiers disciples (Jn 1:35,42). A ce moment-là, Jésus n'est pas disciple de Jean. Comment pourrait-il l'être, après la révélation du baptême ? Aucun texte ne l'a jamais présenté comme tel. Il y a des raisons de croire que d'emblée, tout en baptisant comme Jean, il se soit distingué de lui. Comme Jean, il prêchait la repentance. Et les foules allaient à lui. Bientôt, il a eu plus d'auditeurs que Jean. De là des difficultés auxquelles le quatrième évang, fait une allusion obscure (Jn 3:25). Une controverse s'était élevée au sujet de la purification (donc des effets du baptême) entre les disciples de Jean et un Juif. On s'est demandé s'il n'y avait pas eu une erreur dans ce texte, et s'il ne fallait pas lire, au lieu d'un Juif, dont on ne voit pas ce qu'il viendrait faire ici, Jésus En tout cas, il semble que les Pharisiens aient exploité les divergences naissantes pour faire naître un conflit. C'est à ce moment que Jésus a quitté la contrée du Jourdain et le voisinage de Jean (d'après les Synopt., il n'a commencé son ministère en Galilée qu'après l'arrestation de Jean). Le ministère de Jésus s'est dès lors détaché de celui de Jean.

A certains égards, il est un continuateur du Baptiste, puisque d'aucuns verront en lui Jean-Baptiste ressuscité : mais il renonce à l'ascétisme qui donnait à Jean une physionomie si particulière. Il ne se borne plus à attendre les âmes au désert : il va les chercher dans leur milieu habituel. Et le message qu'il leur apporte est un message de joie. De Jean, l'ascète, on dira : « Il est fou » ; mais de Jésus on dira : « C'est un mangeur et un buveur, un ami des péagers et des pécheurs » (Mt 11:18, Lu 7:33 et suivant). Sans doute, désormais, il pense que le baptême de repentance ne suffit pas. Que sont les oeuvres les meilleures, au regard de ce que Dieu est en droit d'exiger ? Mais Dieu est un Dieu d'amour, et il faut se confier en son pardon. Aussi Jean, qui est le plus grand des prophètes, appartient-il encore au passé (Mt 11:9,11, Lu 7:26-28) Il clôt l'ère ancienne, « la Loi et les Prophètes jusqu'à Jean-Baptiste » (Lu 16:16). Il est au seuil de l'ère messianique. Mais le plus petit, dans le Règne de Dieu, est plus grand que lui. Le départ de Jésus n'attestait pas forcément une rupture avec Jean, mais il prouve qu'une séparation était devenue nécessaire. Il ne fallait pas qu'on pût établir une confusion entre la méthode de Jésus et celle de Jean. Dès lors, pour marquer le contraste, Jésus a cessé de baptiser. Selon toute vraisemblance (et c'est là seulement qu'il est permis de trouver dans sa pensée une évolution), il a considéré le baptême comme un élément de cette religion rituelle qu'il se sentait appelé à remplacer par la religion de l'Esprit.

Ceci pourrait s'entendre sans désavouer le baptême chrétien, qui a un tout autre caractère que le baptême de Jean. Les circonstances feront un jour aux disciples de Jésus un devoir d'établir dans l'Église une cérémonie d'initiation, et ils auront conscience de le faire sous l'inspiration du Ressuscité (Mt 28:19). Voir Baptême.

Le Baptiste n'a pas compris la disproportion entre les oeuvres de l'homme et l'absolu de la sainteté divine, non plus que l'initiative du Dieu de miséricorde, annonçant son pardon à la créature déchue. Ceci, c'est la révélation propre de Jésus. Le salut, d'après Jésus, est un don gratuit de Dieu, non la récompense de l'effort humain. Il est donc offert à tous et non aux justes seulement. Jésus, en apportant ce message, remplit une mission qui est celle du Messie, puisque le pardon qu'il apporte ouvre aux hommes l'accès du Règne de Dieu. Et ceci confirme la révélation du baptême.

Il ne semble pas que le contraste entre les deux initiateurs ait jamais pris le caractère d'une rivalité. Jésus a tout fait pour l'éviter, et le noble langage que le quatrième évangile prête à Jean (Jn 3:30) est conforme à tout ce que l'on sait du caractère d'un tel homme. On a quelque peine à comprendre, toutefois, que le Baptiste ait expressément désigné Jésus comme le Messie, ainsi qu'il est dit dans cet évangile (Jn 1:29-35). L'idée que Jean se faisait du Messie était trop différente de sa réalisation en Jésus.

Est-il inconcevable, comme le pensent certains, que Jean ait envoyé deux de ses disciples demander à Jésus s'il était celui qui devait venir, ou s'il fallait en attendre un autre ? (Mt 11:2-6, Lu 7:18-23) Cette question, tous ceux qui attendaient la Consolation d'Israël pouvaient la poser. L'attente messianique était devenue fiévreuse, et nous savons qu'il y a eu dans le rabbinisme une doctrine du Messie caché, dont Justin, au II° siècle, nous apporte le témoignage. Sans doute, Jean devait être moins apte que beaucoup d'autres à se poser une telle question, étant donnée l'image grandiose et terrible qu'il se représentait du Messie (Mt 3 : et suivant et parallèle). Mais Jésus lui-même ne s'identifiait-il pas avec le Messie transcendant ? Il y avait des gens qui se demandaient, dans l'entourage de Jean, si leur maître ne serait pas le Messie (Lu 3:15). Jean écartait cette supposition. Quand il a appris dans son cachot que Jésus accomplissait des oeuvres divines, la logique de sa conception messianique n'a-t-elle pu être traversée par les lueurs de son intuition religieuse ? Il n'y a pas eu accord complet entre la pensée de Jésus et celle du Baptiste. La révélation de Jésus n'en est pas moins dans la ligne de celle de Jean. Comme le dit son plus récent historien, Jean a été le précurseur du christianisme, mais non son initiateur.

2.

MINISTERE GALILEEN.

Quel a été le thème de la première prédication galiléenne ? Elle a repris, d'après la tradition synoptique, le motif essentiel de la prédication de Jean : « Le Règne de Dieu s'approche » (Mr 1:15, Mt 4:17). Il n'est pas certain que Jésus ait ajouté dès ce temps-là : « Croyez à l'Évangile » (Mr 1:15). La foi, dans les évangiles, se rapporte toujours à une personne, jamais à une abstraction. Le mot Évangile ne semble pas faire partie du vocabulaire courant de Jésus, selon la tradition la plus ancienne. Il se trouve très rarement dans les évangiles (Mr 8:35 10:29 13:10 parallèle Mt 24:14,14:9 parallèle Mt 26:13). Il s'y rapporte à la prédication future du message chrétien. C'était d'ailleurs un terme d'un usage assez répandu dans le monde contemporain. Dans l'inscription de Priène, il s'applique aux bienfaits de l'empereur Auguste. Il n'a sa pleine signification que dans le christianisme. Il y désigne essentiellement le message qui a Jésus pour objet. Mais dans la prédication de Jésus, il y a eu d'emblée un évangile au sens où l'a entendu l'Église : un message de pardon, le message par excellence. C'était la parole d'un inspiré, et une parole non d'effroi, comme celle de Jean, mais d'amour, réunissant la terre et le ciel. Voir Évangile.

On ne peut évaluer que de façon conjecturale la durée du ministère galiléen. Il se termine au printemps, l'herbe étant verte où Jésus fait asseoir la foule lors du grand repas (Mr 6:39). Quand les disciples, passant par les blés, arrachent des épis pour s'en nourrir (Mr 2:23), c'est le temps de la moisson. On moissonne de bonne heure en Palestine. Et il est probable que la liberté des disciples suppose une connaissance approfondie de l'enseignement de Jésus. Il faut donc admettre que le ministère galiléen ait duré tout près d'un an.

On peut distinguer dans cette période, d'après le récit de Marc, sept sections.

Il y a d'abord les premiers succès de Jésus (Mr 1:14-45) qui ont un caractère foudroyant : au point de départ, la journée de Capernaüm.

Après le succès, l'opposition à laquelle Jésus se heurte, mais qui n'empêche pas son activité de redoubler (Mr 2:1-3 12).

L'institution des Douze (Mr 3:13-20).

Tandis que l'action de Jésus ne cesse de grandir, les résistances se précisent. Sa famille veut l'arracher à son ministère, le croyant malade. Les Pharisiens l'accusent de chasser les démons par Béelzébul (Mr 3:20-35).

Jésus expose son enseignement sous forme de paraboles, auxquelles l'évangile attribue un caractère mystérieux (Mr 4:1,34).

Jésus traverse le lac. Il guérit le démoniaque de Gadara. Il rappelle à la vie la fille de Jaïrus. Il est rejeté par sa ville natale (Mr 4:35-6:6).

Jésus continue néanmoins d'aller de l'avant : il envoie des missionnaires (Mr 6:7-12).

Son activité a pour champ la contrée de Génézareth. Le pays était populeux et prospère. Mais Jésus ne s'y est pas confiné. Son ministère a un caractère essentiellement itinérant : « C'est pour cela que je suis sorti » (Mr 1:38), dit-il, ce qui signifie : « C'est pour cela que je suis parti en mission. » Il a prêché dans les synagogues, mais aussi sur les rives du lac, sur les hauteurs avoisinantes, dans les maisons, partout où il en trouvait l'occasion. C'était l'essentiel de son ministère : prêcher et guérir. Ce ministère ne semble pas avoir eu pour but d'établir la messianité de Jésus, mais de préparer les hommes à la venue du Règne de Dieu. Les gestes de miséricorde que Jésus accomplissait avaient eux-mêmes pour but de manifester les énergies du Règne de Dieu. Ses prédications semblent avoir été brèves. C'était l'explication d'un passage de l'A.T., ou une parabole, ou quelque apophtegme dont il développait les applications en ces paroles incisives que nous trouvons dans le Sermon sur la Montagne ou dans les discours relatifs aux Pharisiens.

Le centre de l'activité de Jésus fut d'abord Capernaüm. C'était la ville de Jésus (Mt 9:1). Ce ne fut pas Nazareth, parce qu' « un prophète n'est méprisé que dans sa patrie » (Mr 6:4). Capernaüm (voir ce mot) était une petite ville commerçante, très affairée, le grand marché de poisson du lac. Il y avait là un bureau de péage très important à cause de la route qui, de Damas, allait vers l'Egypte ou vers Césarée. Il y avait aussi une garnison, et plusieurs synagogues. Capernaüm commandait la plaine de Génézareth. Le charme de ce pays était alors extraordinaire. Josèphe l'a décrit dans une page célèbre, où il y a d'ailleurs quelque soupçon de rhétorique G.J., III, 10:8. Il est certain que la Galilée d'alors était beaucoup plus cultivée et aisée que celle d'aujourd'hui, qui a connu l'administration turque après tant d'autres calamités. C'est une région où la vie était douce. Les « lis des champs » y donnaient une leçon de confiance plus persuasive qu'ailleurs.

Dans ce paradis, l'évangile de Marc évoque l'apparition de Jésus. Il passe le long du rivage. Quatre hommes sont là qui, dans leurs barques, raccommodent leurs filets : Simon et André, Jacques et Jean. « Suivez-moi, leur dit-il, je vous ferai pêcheurs d'hommes » (Mr 1:16 et suivant). Cet appel suppose des entrevues antérieures du genre de celles dont il est parlé dans Jn 1. En une telle parole, il y avait une prophétie, qui n'a pu être comprise d'emblée, mais qui s'est éclairée dans la suite. Elle ne se rapportait pas encore, d'ailleurs, à l'activité universelle des envoyés de Jésus. Ils n'ont pas tout laissé, d'abord, pour le suivre (Il ne semble pas que Simon l'ait accompagné dans son premier voyage : Mr 1:39) ; mais Jésus les a attachés aussitôt à sa personne.

Ainsi commence ce qu'on a appelé l'idylle galiléenne. Le premier sabbat où Jésus prend la parole, dans la synagogue de Capernaüm, va déclencher l'enthousiasme de la foule.

Qu'est-ce que Jésus disait ? Il parlait du Règne de Dieu et de sa venue prochaine. Il annonçait la destruction des puissances mauvaises qui tenaient le monde en esclavage. Interrompu à cet endroit par un démoniaque qui saluait en lui le Messie, il le fit taire, et la crise nerveuse qui tordit cet homme à ses pieds s'acheva en un apaisement qui fit l'admiration du peuple (Mr 1:23-27). Il parlait avec autorité (Mr 1:22), donc, comme quelqu'un qui a reçu mandat pour parler au nom de Dieu. C'était un prophète, non un Scribe. Et les esprits lui étaient soumis. Sa réputation traversa la Galilée. On vint lui apporter des malades de partout. Et la demeure mise à sa disposition par son disciple Simon fut assiégée à tel point, que Jésus et les siens n'avaient même plus le temps de prendre leurs repas (Mr 3:20). Le jour, il enseignait ; il chassait les démons. La nuit, il se retirait sur les hauteurs pour prier (Mr 1:35 6:46).

Bientôt les Pharisiens furent jaloux, et l'enseignement de Jésus parut suspect. La liberté souveraine avec laquelle il procédait vis-à-vis du sabbat suscita contre lui la méfiance et la haine (Mr 2:23 3:6). L'idylle ne dura pas longtemps. C'est la période de la prédication au peuple, sur les hauteurs qui dominent le lac, et des guérisons nombreuses. C'est aussi le temps des controverses. Et les Pharisiens insinuent que, si Jésus chasse les démons, c'est par l'aide de Béelzébul, leur prince (Mr 3:22). Tou-tefois, la popularité de Jésus est immense. On parle de lui à Hérode, dont la conscience hallucinée évoque Jean-Baptiste qu'il a fait mettre à mort (Mr 6:14).

Comme Jean-Baptiste, comme les rabbins, Jésus a groupé autour de lui des disciples. Et, sans doute, en les groupant, a-t-il désiré réagir contre l'opposition pharisienne. La plupart de ses auditeurs conservaient leur domicile et leur genre de vie : certains étaient appelés par lui, et devaient renoncer à tout pour le suivre. Jésus les invitait à ne pas céder aux entraînements de l'enthousiasme, mais à examiner de sang-froid le sacrifice qui leur était demandé (Mt 8:19 et parallèle). C'est une question souvent débattue de savoir dans quelle mesure ces disciples se confondaient avec le cercle des Douze. Ceux-ci constituaient-ils, au centre des disciples de Jésus, un groupement fermé ? On aurait quelque peine à en donner les caractéristiques. Quand Jésus dit qu'il faut tout quitter pour le suivre, on se demande ce que les Douze auraient pu faire de plus pour marquer leur fidélité. N'y avait-il que les Douze qui eussent tout quitté pour lui ? Cela paraît probable ; mais on s'est demandé s'il n'y avait pas une catégorie intermédiaire de disciples attachés en principe à Jésus, et le suivant d'habitude dans ses déplacements. Il y a dans les noms des Douze quelques flottements qui semblent indiquer que les limites du cercle des disciples n'étaient pas aussi arrêtées qu'on est d'abord porté à le croire. Les Douze semblent avoir été le résidu de ce ministère galiléen qui devait aboutir à une rupture avec l'ensemble du peuple. Et il semble bien que Jésus les ait choisis, d'accord avec la volonté divine, pour en faire les compagnons permanents de sa vie. Il avait besoin de leur compréhension et de leur sympathie. Il fallait qu'ils donnassent l'exemple de cette justice nouvelle qu'il prêchait. Enfin, il voulait faire d'eux ses envoyés, investis de pouvoirs spirituels semblables aux siens, capables à la fois de prêcher la repentance et de chasser les démons (Mr 6:12 et suivant).

Il se peut que d'autres disciples aient été associés aux Douze dans cette première mission : c'est ce qui expliquerait l'histoire des Soixante-Dix, ou mieux des Soixante-Douze (Lu 10:1-20), qui fait en réalité double emploi avec celle des Douze. De toute façon, le succès de cette première mission fut grand. Au retour de ses envoyés, Jésus leur dit : « J'ai vu Satan tomber du ciel comme un éclair » (Lu 10:18).

Il y a dans les instructions aux disciples une parole très mystérieuse : « Je vous le dis en vérité, vous n'aurez pas achevé de parcourir les villes d'Israël, que le Fils de l'Homme viendra » (Mt 10:28). Ceci, qui. est certainement authentique, signifie-t-il que Jésus s'attendait, à ce moment-là, à la venue foudroyante du Règne de Dieu ? En tout cas, c'est un temps d'enthousiasme et de ferveur, la période des succès de l'Évangile.

Après l'envoi des disciples, le ministère galiléen touche à son apogée. Mais ces succès ont redoublé l'appréhension et la haine des adversaires de Jésus, Pharisiens et Hérodiens. Si l'on excepte les premiers événements--la journée de Capernaüm, la guérison du paralytique, l'appel des Douze, le Sermon sur la Montagne--il n'est presque aucun épisode des évangiles qui soit purement lumineux. Les âpres controverses déchaînées par les Scribes semblent avoir été presque contemporaines des premiers jours. Qu'il y ait eu, au commencement, un enthousiasme, cela est certain. Que l'Évangile ait pu tout d'abord être prêché sans susciter de contradiction, cela est vraisemblable. Mais, dès qu'on s'est aperçu que Jésus était l'ami des péagers et des gens sans loi (et on a dû s'en apercevoir très vite), que ses disciples ne jeûnaient pas, qu'ils ne pratiquaient pas d'ablutions avant les repas, qu'ils ne se faisaient pas scrupule d'arracher des épis le jour du sabbat, que le Maître lui-même n'hésitait pas à guérir des malades ce jour-là, l'opposition s'est manifestée. Jésus n'ayant pas hésité à faire ressortir le contraste entre l'idéal de moralité qu'il apportait et le formalisme des Scribes, la haine a commencé de gronder dans ces âmes jalouses. Ils lui reprochaient son genre de vie, ses fréquentations (Mr 7:1), sa prétention de pardonner les péchés, qu'ils jugeaient blasphématoire (Mr 2:7). Sa famille elle-même voulait l'arracher à son ministère, parce qu'on disait qu'il avait perdu l'esprit (Mr 3:21). Et cette opposition, malveillante chez les uns, bien intentionnée chez les autres, aboutit à l'épisode de Nazareth, qui est un échec. La petite ville où il a grandi refuse d'écouter son enfant. Épisode qui tourne au tragique dans le récit de Luc. Mais, avec ou sans tentative de meurtre, l'échec est certain : dans sa ville natale, il n'a trouvé qu'incrédulité (Mr 6:1,6, cf. Mt 13:53-58 Lu 4:16-30)

Cependant, jusqu'à la fin, la popularité de Jésus n'a cessé de grandir. Elle a atteint son apogée le jour de la multiplication des pains (Mt 14:13-21, cf. Mr 6:32-44, Lu 9:10,17, Jn 6:1,13, Mt 15:32-39, cf. Mr 8:1,10). Jésus a voulu se retirer avec ses disciples fatigués sur la rive N. du lac. Mais on l'a vu partir : au moment où il atterrit, la foule est là. Jésus en a pitié : ce sont des brebis qui n'ont pas de berger (Mr 6:34). Dans ce peuple, il y a des femmes et des enfants. Jésus, après les avoir exhortés tout le jour, ne veut pas les renvoyer sans nourriture. Or, il n'a que cinq pains et deux poissons. Il les fait asseoir sur l'herbe verdoyante (Mr 6:39) ; puis il prie. Et il se trouve que Jésus aura entre les mains de quoi nourrir ce peuple.

Comment expliquer cette chose prodigieuse ? Un fait certain, c'est que Jésus a toujours refusé de donner à ses auditeurs le signe du ciel qu'ils lui ont demandé. Il n'y aura pas d'autre signe que celui du prophète Jonas, a-t-il dit (Mt 16:4, Lu 11:29, cf. Mr 8:12), ce signe étant vraisemblablement l'apparition soudaine d'un messager de repentance. Jésus n'a donc pas accompli de prodige au sens matériel, ni ce jour-là, ni un autre jour. Il semble que nous n'ayons le choix qu'entre deux hypothèses : l'explication rationaliste des arrivages inattendus de poissons, qui sont bien un exaucement de prières et une confirmation de l'acte de foi de Jésus, ou l'explication mystique qui voit ici un des cas extraordinaires où des hommes nourris de la parole « qui sort de la bouche de Dieu » ont été élevés par là au-dessus des nécessités matérielles. Ce repas, effectué avec un minimum de nourriture, serait la première Cène, et une anticipation du Règne de Dieu. Il faut convenir que nous ne pouvons trouver aucune explication satisfaisante ; mais le fait est là, avec ses conséquences, qui furent décisives.

Jésus, ayant congédié le peuple, s'était retiré sur la montagne pour prier. La foule, dans un élan d'enthousiasme, revint le chercher pour le faire roi (Jn 6:14). Mais lorsqu'il entendit leurs acclamations, il s'enfuit. Et bientôt il se retrouva seul avec les Douze dans la contrée solitaire qui avoisine les sources du Jourdain. Là se place l'épisode de la confession de Pierre (Mr 8:27-30, cf. Mt 16:13-20, Lu 9:18-21). Au moment où Jésus venait de répudier ce faux idéal d'un messianisme charnel, qui était celui de son peuple, il eut la douceur de se sentir compris de ses fidèles. Dès lors, il leur enseigna que, pour lui, le chemin de la gloire devait passer par la mort.

Six jours après, dit le récit évangélique (cette donnée chronologique est exceptionnelle), Jésus conduisit ses trois intimes sur une haute montagne (Mr 9:2-13, Mt 17:1-13, Lu 9:28-36). A l'origine de ce récit, où certains voient un épisode des apparitions du Ressuscité, détaché de son contexte primitif, il est permis de distinguer une vision de Pierre, qui, dans un état de demi-sommeil, aperçoit son Maître transfiguré par la prière, et tel qu'il lui apparaîtra un jour. L'utilité de cette vision sera d'aider les disciples à ne pas se décourager quand viendra l'apparent désastre. Il est impossible d'éliminer de l'histoire des âmes l'élément visionnaire. Et comme l'a dit Ed. Meyer, « il n'y a pas dans l'histoire biblique de vision qui soit décrite de façon plus naturelle ; il n'y a point à douter que Pierre ait vécu cet épisode, l'ait raconté, et ait cru fermement à sa réalité » (Urspr., etc., I, 1921, pp. 152-157).

3.

DERNIERE PERIODE.

Elle a duré environ un an (du repas offert aux foules, à la Pâque de l'année suivante).

Elle ne ressemble pas à la précédente. Il apparaît à Jésus qu'entre le peuple et lui il y a un malentendu. Ils veulent un Messie, ils ne veulent pas se repentir. Et, malgré tant de choses extraordinaires qu'ils ont vues, il ne s'est fait en eux aucun changement profond.

C'est alors que Jésus jette l'anathème aux villes galiléennes, avec une gravité où il n'y a nulle haine, mais un regret infini (Mt 11:20-24, Lu 10:13-15). Désormais il lui arrivera encore de passer par la Galilée, mais en s'efforçant d'y garder l'incognito pour ne pas accroître le malentendu qui le sépare de ce peuple. Peu de guérisons, et accomplies en secret (le sourd-muet, Mr 7:31-35 ; l'aveugle de Bethsaïda, Mr 8:22-26). C'est là que se placent des paroles propres à décourager ceux qui auraient des velléités de le suivre : « Si quelqu'un ne hait pas son père, sa mère, jusqu'à sa propre vie, il ne peut être mon disciple » (Lu 14:26,35). « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive » (Mr 8:34). Cette dernière parole, où il est question du supplice romain, a pu recevoir de la tradition sa couleur particulière ; quant à l'idée, il n'est pas douteux que ce ne soit celle de Jésus.

Cependant, Jésus se consacre à l'éducation des siens. Il forme une élite en vue du martyre. C'est à ce moment qu'il faut placer l'appel au jeune homme riche et la constatation mélancolique qui le suit (Mr 10:17-27).

En formant cette élite de disciples, a-t-il eu la pensée de fonder une Eglise, --l'Église ? On en peut douter. Le terme d'Église (voir ce mot) ne figure que deux fois dans les évangiles, et les deux textes ont été contestés. Il y a d'abord la parole rapportée par Matthieu : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela. Et moi, je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes des enfers ne prévaudront point contre elle » (Mt 16:17 et suivant). Ce passage n'est pas primitif dans le contexte où il se trouve, et avec lequel il est en contradiction, puisque Jésus y traite Pierre de Satan (Mt 16:23, Mr 8:33). Il est ignoré des Pères du II° siècle jusqu'à Tertullien (sauf le verset 17). Toutefois, la forme en est archaïque. Il se peut que Jésus ait dit quelque chose de ce genre en une autre occurrence. Le surnom donné à Pierre impliquait bien une situation à part. Il devait être, dans la pensée de son Maître, la pierre sur laquelle se fonderait la communauté des disciples. Il est question à plusieurs reprises (Hen 38:1 46:8 53:6 62:8), dans les Paraboles d'Hénoch (ch. 37-71 du texte éthiopien), d'une assemblée des élus, désignée par des termes qui répondent au grec synagogè, à l'hébreu qâhâl, et que les modernes ont rendus par Gemeinde, congrégation, ou rassemblement (voir Léon Gry, les Parab. d'Hén. et leur Messianisme, Paris 1910). Il ressort de ces textes que le peuple des saints des temps messianiques est qualifié d'assemblée, voire d'assemblée du Juste et de l'Élu, donc du Messie. Celui qui avait conscience d'être le Messie a donc pu dire : mon assemblée, en parlant du peuple de ses fidèles, employant le terme juif de qâhâl, que ses disciples devaient traduire, dans la suite, par ekklêsia. Il est normal qu'il ait envisagé la constitution de cette communauté future. Toutefois, ce n'était encore qu'une perspective lointaine, à laquelle il n'attachait pas son esprit. La législation de l'Église n'est pas son oeuvre. L'unique précepte où il soit question du qâhâl (Mt 18:17) était sans doute un élément de la discipline des communautés palestiniennes. Sa teneur s'écarte de l'enseignement du Maître.

Ce qui est bien établi, c'est que Jésus, dans la seconde partie de sa carrière, s'est consacré à la formation de ses disciples. Il ne semble pas avoir renoncé définitivement à l'instruction du peuple, mais, désormais, c'est plutôt en Pérée qu'il se tient (Mr 10:1, Jn 10:40 et suivant) ; sans doute aussi en Samarie et à Jérusalem. Son activité dans la capitale nous est mal connue, mais elle a été beaucoup plus considérable que la tradition synoptique ne l'affirme. Cette tradition elle-même, qui essaye de faire rentrer l'activité hiérosolymitaine de Jésus dans le cadre trop étroit de la semaine de la Passion, se donne un démenti par le cri de douleur qu'elle met dans la bouche de Jésus : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes, et qui lapides ceux qui te sont envoyés, que de fois j'ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous son aile, et vous ne l'avez pas voulu ! » (Mt 23:37). Jérusalem est-elle devenue dès lors, comme on pourrait l'inférer de la tradition johannique, le centre du ministère de Jésus ? Ce n'est pas certain. Mais il se peut que les fêtes auxquelles Jean fait allusion aient été réellement pour Jésus autant d'occasions de prendre contact avec la ville où il devait mourir.

A la fête des Tabernacles (sept. -oct.), Jésus serait venu à Jérusalem. Il aurait pris la parole dans les parvis du Temple, et aurait gagné de nombreux adhérents (Jn 7:2 et suivant). Il se serait retiré pour un temps, et serait revenu pour la fête de la Dédicace (nov. -déc.) : Jn 10:22. A ce moment, il aurait risqué la lapidation. Puis, il se serait retiré au delà du Jourdain, et c'est là que se placerait le séjour en Pérée dont il est parlé dans les évangile (Jn 10:40,42, Mr 10:1, Mt 19:1). Il serait retourné à Béthanie en apprenant la maladie de Lazare. Après la résurrection de Lazare, il s'en serait allé à Éphraïm (Jn 11:11,54).

Il faut prendre garde que l'encadrement de la vie de Jésus dans un certain nombre de fêtes peut être une méthode d'exposition ayant pour but de faire alterner les épisodes galiléens et les épisodes jérusalémites. En tout cas, le mouvement de la vie de Jésus semble plus fidèlement rendu dans les Synoptiques.

La mort de Jésus aura le caractère d'un sacrifice volontaire. Ce qui n'ôte rien à la tristesse de ce temps où, les foules l'ayant abandonné puisqu'il n'a pas voulu satisfaire leurs rêves charnels, il mène une existence errante, au milieu des intrigues de ses adversaires. C'est d'alors que doit dater la douloureuse parole : « Les chacals ont des tanières, les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l'Homme n'a pas où reposer sa tête » (Lu 9:58).

Pourtant, il y a encore des dévouements qui s'offrent. Et il y a les Douze. Les disciples ont retenu de ses discours des lambeaux grâce auxquels on peut se faire une idée de la façon dont il envisageait sa mort. D'abord une définition de son ministère, dont le service est l'élément essentiel. Il s'achèvera dans la mort, et cette mort, Jésus l'envisage comme devant être la rançon de l'humanité (Mr 10:45). Ensuite, l'exemple de son modèle prophétique, le Serviteur de l'Eternel, qui porte sur lui les péchés de son peuple (ou, d'après une autre leçon, les péchés des peuples : cf. Esa 53:8). Ses disciples entrevoient, à travers le mystère de ses paroles voilées, que la mort est pour lui le seul chemin qui mène à la victoire. Sans doute, il y a un feu qu'il est venu jeter sur la terre, et combien il lui tarde que ce feu soit allumé ! Mais cette crise, d'où doit sortir, par l'initiative divine, un monde nouveau, elle ne peut et ne doit se produire que par sa mort. « Il y a un baptême dont je dois être baptisé, et combien il me tarde que ce baptême s'accomplisse ! » (Lu 12:49 et suivant).

Une impatience sacrée de mourir s'est emparée de lui. « Voici que je chasse les démons et que je guéris les malades, aujourd'hui et demain, et le troisième jour je finis », fait-il dire à Hérode. « Mais il faut que je marche aujourd'hui, demain et le troisième jour. Car il ne sied pas qu'un prophète meure hors de Jérusalem » (Lu 13:32 et suivant). La façon dont il traite ce misérable tétrarque de Galilée n'indique nulle crainte. Un chacal c'est une bête de proie si l'on veut, mais c'est un animal faible et lâche, qui s'attaque à la basse-cour et aux cadavres. Jésus n'avait pas quitté la Galilée pour fuir Hérode, puisqu'il était d'abord allé en Pérée, c'est-à-dire dans une région qui était le domaine propre du tétrarque, et où il avait fait arrêter Jean.

Jésus passe donc par Jérico, qui est le chemin des caravanes de Galilée et de Pérée. Dans les rues de Jérico, on s'écrase sur son passage : le péager Zachée, pour le voir, se hisse sur un sycomore (Lu 19:3). L'aveugle Bartimée le salue du cri de « Fils de David » (Mt 20:29-34, Mr 10:46,52, Lu 18:35-43). L'espoir renaît dans le coeur de ce peuple avide de prodiges. Du moment où Jésus s'achemine solennellement vers Jérusalem, c'est que le Règne viendra bientôt (Lu 19:11). La foule grossit sans cesse. Elle approche de Bethphagé (Mr 11:1). Jésus ne va pas s'arrêter à Béthanie. Il continue sur Jérusalem, monté sur un ânon qui n'a été profané par aucun contact (Mr 11:2). Ce n'est pas le cheval de guerre des conquérants ; c'est la monture qui doit être, d'après le prophète, celle du Prince de la Paix. (voir Za 9:9) Un enthousiasme s'empare des Galiléens, qui jettent leurs manteaux sur le chemin pour lui faire un tapis triomphal (Mr 11:8,10). Jean ajoute à ce détail les palmes qui jonchent la route (Mr 12:13).

Les évangiles ont marqué la solennité de cette heure. C'est le suprême appel au coeur d'un peuple qui ne veut pas se repentir (Lu 19:40). Il sera vain comme les autres ; et Luc raconte qu'à ce moment, Jésus pleure sur Jérusalem en prédisant la catastrophe (Lu 19:41,44). Si les pèlerins de Galilée acclament Jésus, s'ils chantent même, sur son passage, le grand hallel messianique qui doit saluer le Messie à son entrée dans la capitale (voir Hosanna), les Judéens restent froids (Mt 21:10 et suivant). Il y en a cependant qui sont venus au-devant de Jésus, d'après le témoignage de Jean (Jn 12:12). Vainement les Pharisiens l'avertissent : (Lu 19:39) Jésus, en cette occasion suprême qu'il offre à son peuple, accepte d'être salué comme Messie. Le seul effet de cette entrée triomphale sera d'attirer sur lui les coups de ses adversaires. Mais il a résolu de mourir.

C'est pourquoi, à cette manifestation publique, il va en ajouter une autre où il accomplira plus nettement encore un geste messianique, en chassant les vendeurs du Temple (Mt 21:12 et suivant, Mr 11:15,19, Lu 19:45 et suivant, Jn 2:14-16). Ainsi il consommera sa perte, en faisant entrer en ligne une nouvelle catégorie d'adversaires, les seuls dont la haine soit irrémissible, et qui aient le pouvoir d'assouvir leur haine : les Sadducéens, bénéficiaires de la foire du Temple.

Jean, pour expliquer la haine du sanhédrin, se réfère à la résurrection de Lazare. Ce miracle serait vraiment le signe du ciel, que les Juifs ont demandé à Jésus, et que Jésus s'est toujours refusé à faire. La résurrection d'un homme mort depuis quatre jours est un événement dont nous ne devons pas dire qu'il outrepasse la puissance de Jésus, mais qui concorde bien peu avec ce que nous savons de lui. Et c'est un acte qu'il est malaisé de situer dans la carrière de Jésus. Il y a cependant une ingénieuse hypothèse qui permet de tout concilier. On suppose que Jésus, après la résurrection de Lazare, se retire à Éphraïm, à vingt milles au Nord de Jérusalem, et que là il attend, pour rentrer à Jérusalem, la venue des caravanes de Galilée (Jn 11:54). Il reviendra alors à Béthanie, qui sera son quartier général pendant les événements de la semaine sainte. Tout cela ne cadre guère avec le récit des Synoptiques. Et les Pères de l'Église placent Éphraïm au Nord de Jérusalem, ce qui ne s'accorde pas avec l'itinéraire supposé de Jésus.

Il faut cependant retenir du récit de Jean la parole de Caïphe et la délibération du sanhédrin (Jn 11:47,57). La déclaration que le quatrième évang, met dans la bouche de Caïphe a une certaine vraisemblance. Toute agitation messianique devait inquiéter les Sadducéens, qui ne croyaient pas au Messie, et qui avaient peur que Rome ne prît prétexte de cette effervescence pour retirer aux Juifs les franchises qu'elle leur avait encore laissées. La condamnation de Jésus rentre donc dans la catégorie des crimes qui ont la raison d'État pour excuse. Il est permis d'ajouter que ces craintes ont pris aux yeux des Sadducéens toute leur gravité et les ont déterminés à agir, le jour où leurs intérêts ont été menacés par l'expulsion des vendeurs. Ce haut clergé de Jérusalem passait pour étrangement avide et sans scrupule. Les Sadducéens avaient le pouvoir. Sans eux, on ne pouvait rien entreprendre contre Jésus ; mais, si Jésus avait été soutenu par les Pharisiens, les prêtres, de moins en moins populaires, auraient hésité à sévir contre lui. Par extraordinaire, il s'est trouvé que les Pharisiens étaient d'accord avec les Sadducéens. Il y avait chez eux une jalousie de plus en plus ardente, suscitée par le succès de celui qui leur avait soudainement enlevé l'âme du peuple. Il y avait aussi des motifs plus respectables, tirés de leur amour pour la Loi, dont l'enseignement du nouveau prophète ébranlait l'autorité.

Les manoeuvres préliminaires des adversaires de Jésus ont été rapportées par les évangiles. Il y a eu trois tentatives. D'abord ils ont demandé à Jésus d'où venait son autorité, et qui lui avait donné mandat d'agir comme il faisait. Jésus leur a demandé de lui dire d'où venait à Jean-Baptiste son autorité. Le baptême de Jean était-il d'inspiration divine ou d'initiative humaine ? Ils se sont tus (Mt 21:23-27, Mr 11:27-33, Lu 20:1-8).

Ensuite, l'attaque directe, menée par un groupe de Pharisiens et d'Hérodiens. « Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ? » La réponse de Jésus devait le perdre : rebelle ou mauvais patriote, c'est la condamnation romaine ou l'abandon. Et ce fut la grande parole qui règle pour tous les temps les rapports de la conscience et de l'autorité : « Rendez à César ce qui appartient à César, à Dieu ce qui appartient à Dieu » (Mt 22:17, Mr 12:14, Lu 20:22).

On s'est demandé si l'épisode de la femme adultère (Jn 8:1-11) n'avait pas sa place normale dans ces entretiens de Jérusalem. Il y avait là une occasion de mettre l'enseignement de Jésus en opposition avec celui de Moïse, et de le rendre suspect de favoriser le relâchement par sa doctrine de pardon. La réponse de Jésus est de la même venue que les deux autres.

Il a dû paraître clair à ses ennemis qu'ils n'arriveraient à rien par cette méthode. Pour abattre l'autorité de Jésus, il fallait recourir à un coup de force. C'est alors qu'intervint Judas (Mt 26:14,16, Mr 14:10 et suivant, Lu 22:3,6). La trahison de Judas a été contestée. Cependant, le rôle qu'il a joué était essentiel. Étant donnée la popularité de Jésus, il fallait une arrestation secrète, qui permît de régler l'affaire en mettant le peuple en présence de la chose jugée. On a aujourd'hui tendance à ne pas supposer à la trahison de Judas (voir ce mot) des raisons trop viles. Sans doute, l'avarice est un trait de son caractère, et il s'est vendu. Mais ses ambitions étaient déçues ; sa foi messianique était ébranlée. N'aurait-il pas eu pour but de forcer la main à Jésus, de le mettre en nécessité d'accomplir ce signe du ciel que le peuple attendait, et qu'il s'était refusé à lui donner ?

4.

INSTITUTION DE LA SAINTE CENE.

Elle est attestée par les trois Synoptiques (Mt 26:17-29, Mr 14:12-25, Lu 22:7,23), et leurs relations sont confirmées par le témoignage de l'apôtre Paul (1Co 11:23 et suivant). Étant donnée l'ancienneté de ce témoignage, il semblerait qu'on dût s'incliner. Toutefois, il y a des divergences de détail dans les textes, et il y a une version de l'événement chez Luc (D et Syr. Sin.) qui réduit l'élément sacramentel en faisant de la Cène un repas attristé par la perspective de la mort prochaine de Jésus, et éclairé quand même par l'idée de son retour, mais sans l'affirmation que son corps soit la nourriture des fidèles (voir Goguel, l'Eucharistie, pp. 59-103). Partant de là, on a contesté le récit de Paul. On y a vu une création inspirée des mystères (voir ce mot). L'apôtre vivait dans un milieu hellénique tout imprégné de ces superstitions dont l'idée centrale était la mort d'un dieu qui servait de nourriture à ses fidèles. Il a appris du Seigneur ce qu'il raconte aux Corinthiens quant au dernier repas de Jésus, ce qui signifie que ce visionnaire en a reçu confidence du Seigneur ressuscité, dans un de ces entretiens mystiques qu'il avait coutume d'avoir avec lui. Le récit de Paul se serait répandu aussitôt dans le milieu hellénistique, tout disposé à écouter des inventions de ce genre. De là, il aurait passé dans la tradition évangélique, où il aurait refoulé et à peu près éliminé la tradition authentique qui circulait relativement au dernier repas du Seigneur. Et ainsi, le sacramentarisme païen se serait infiltré dans l'Église naissante.

Il y a à cela des réponses qui paraissent décisives. On ne voit pas comment une invention de Paul se serait imposée à la chrétienté palestinienne, où il ne semble pas avoir eu un prestige excessif. L'analogie avec les cérémonies des mystères, qui étaient en abomination aux Juifs, n'aurait pas été pour cette fable une recommandation. Mais ensuite, il ressort des éléments les plus anciens du livre des Actes que la fraction du pain, commémoration du dernier repas de Jésus, était pratiquée dans l'Église primitive, qu'elle était un élément permanent de son culte. Faut-il croire que de cette commémoration était banni tout élément sacramentel ? Il paraît impossible d'en exclure l'idée d'un lien permanent créé à travers la mort entre les disciples et le Maître. Enfin, c'est se représenter bien mal l'attitude de l'apôtre Paul vis-à-vis de Celui dont il se déclarait l'esclave, que de le supposer capable d'inventer un tel récit. Quand il dit : « Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le Seigneur », il distingue entre son affirmation personnelle et l'enseignement historique du Maître, qui constitue pour lui l'autorité absolue. Nous n'avons aucune raison de croire qu'il ait voulu créer lui-même, tout en la distinguant de sa propre pensée, l'autorité dont il se proclame l'esclave.

Quant à la cérémonie de la Cène, on a contesté la coupe, à cause des variations relatives à ce second élément du repas pascal. Pourtant, le pain et le vin constituent, dans ces temps et ce milieu, le repas-type. Et, s'il était question de la mort, le symbolisme de la coupe était trop parlant pour être négligé.

Dans quelle mesure ce repas avait-il le caractère d'un sacrement, d'une nourriture communiquant au fidèle la vie divine ? Nous ne saurions entrer dans le détail des innombrables explications qui ont été proposées. La grande divergence, comme on sait, pour ceux qui admettent l'authenticité fondamentale du récit, consiste à interpréter les paroles : « Ceci est mon corps », comme une parabole, ou comme l'énoncé d'une vérité concrète. La théologie catholique affirme que le pain de la Cène se change dans le corps de Jésus. Il y aurait transsubstantiation, le pain et le vin gardant leurs propriétés physiques et chimiques, mais la substance elle-même ayant changé. Il est aisé de voir dans quels abîmes de difficultés on s'enfonce en adoptant ces explications artificielles inspirées par une philosophie du passé. Le Christ, dans cette double parabole de la Cène, a affirmé sa volonté de créer entre lui et ses disciples une association permanente. Qu'il ait pensé être leur nourriture, ainsi que le dit l'évangile de Jean, ceci paraît très vraisemblable. Mais il ne faut pas oublier ce que dit le même évangile : « C'est l'Esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous dis sont Esprit et vie » (Jn 6:63). On ne peut pas éliminer de ce récit, ni de l'institution elle-même, le mystère. Mais il est inutile d'en donner une formule qui n'évoque rien de saisissable dans notre esprit. Il est permis de parler de présence réelle, et cela concorde avec les textes de Paul. Il n'y a pas lieu de parler de transsubstantiation. Voir Cène ; Communion, parag. 3.

Le quatrième évang, ne renferme pas le récit de l'institution de la Cène. Par contre, il montre Jésus lavant les pieds de ses disciples. Et ailleurs, il donne (dans le discours du pain de vie : Jn 6:22,58) un commentaire de cette institution qu'il ne relate pas, comme si, pour lui, le repas offert aux foules, sur les rives du lac, représentait la véritable institution de la Cène. Tout ce que l'on peut conclure de son silence à cet endroit, c'est qu'il entend faire de la communion mystique avec le Seigneur une donnée permanente de la vie chrétienne.

5.

ARRESTATION.

Jésus franchit l'enceinte de Jérusalem. Il passe le torrent du Cédron avec ses disciples. Il s'arrête dans un jardin situé sur le versant occidental du mont des Oliviers, Gath-Chamena (=le pressoir d'olives). C'est son habituel lieu de retraite, où il consacre à la prière ses heures de veille. Il fait appel à l'assistance de ses trois fidèles. Mais eux, vaincus par la fatigue, s'endorment. Ils ont entendu, cependant, les premiers mots de sa prière. Elle est une supplication au Père de lui épargner la coupe du sacrifice, s'il est quelque autre moyen d'accomplir son oeuvre de salut. Et elle est un acte de soumission par lequel il unit une fois de plus sa volonté à la volonté du Père (Mt 26:36-46, Mr 14:32-42, Lu 22:40-46). Sous les oliviers, dans le silence de la nuit et de l'abandon, la lutte se poursuit. Jésus pourrait encore fuir, il ne le veut pas. Il se courbe devant la volonté mystérieuse. Dans cette coupe, qu'y a-t-il donc ? Est-ce la crainte de la mort ? Est-ce l'horreur de finir ainsi, rejeté de son peuple et méconnu ? La foi chrétienne y a vu autre chose : l'angoisse d'une mort qui est la sanction du péché, mais qui ne devrait pas frapper un être innocent ; l'appréhension de cette solidarité qu'il accepte avec le crime des hommes, et qui va faire de ces dernières heures, par la sensation d'être abandonné non plus seulement des hommes mais de Dieu, un enfer. L'histoire ne peut constater que le fait sur lequel elle est documentée : la prière de Jésus, qui comporte de multiples explications.

Il réveille ses disciples endormis pour leur annoncer la venue du traître. Judas est accompagné d'une solide escorte. Il salue son maître ; il l'embrasse ; et par là, il le désigne à ceux qui viennent l'arrêter. Les disciples font un simulacre de résistance. Jésus ordonne à Pierre de remettre l'épée au fourreau : « Tous ceux qui auront pris l'épée, périront par l'épée » (Mt 26:52). Et les disciples s'enfuient (Mt 26:47-66, Mr 14:43-50, Lu 22:47-53, cf. Jn 18:3-12).

6.

LES RESPONSABILITES.

C'est un grave problème de savoir si ce sont les Juifs qui ont été les instigateurs et les auteurs responsables de la condamnation de Jésus, ainsi qu'on l'a toujours cru jusqu'à nos jours, ou si ce sont les Romains, comme l'affirment aujourd'hui des historiens autorisés. On allègue en faveur de cette hypothèse :

(a) que Jésus, d'après le témoignage de l'évangile de Jean, a été arrêté par les représentants de l'autorité romaine : tribun et cohorte (Jn 18:12) ;

(b) que, sans doute, il est question dans le même texte d'une participation juive, mais qu'il n'est guère vraisemblable que les Romains aient accepté de jouer un rôle dans l'arrestation comme auxiliaires des Juifs ;

(c) que la sentence portée contre Jésus et exécutée, fut une sentence romaine prononcée par un magistrat romain ;

(d) que Tacite ne parle que de Ponce Pilate lorsqu'il fait mention de la condamnation de Jésus ;

(e) que la tendance à décharger Pilate se conçoit, étant donné que les premiers missionnaires du christianisme ont toujours trouvé devant eux l'opposition fanatique des Juifs, tandis que les autorités romaines ont été leur recours.

Il ne faut pas méconnaître la force de ces raisonnements. Mais il semble difficile que les choses se soient passées autrement, quelle qu'ait été la responsabilité des Juifs. On sait que le pouvoir de prononcer des sentences capitales avait été retiré aux autorités juives, suivant le Talmud, quarante ans avant la ruine de Jérusalem. Le sanhédrin était compétent comme juridiction criminelle pour les affaires de peu d'importance. Mais Rome se défiait trop de ses haines pour ne pas lui interdire de mettre à mort. Le récit de l'arrestation, tel que le rapporte Jean, renferme des invraisemblances. L'une d'elles est justement l'intervention de la cohorte. Toute la garnison de Jérusalem--un régiment avec son chef--pour arrêter Jésus la nuit, dans le secret de sa retraite ! Cet excès de précautions supposerait, chez un magistrat aussi averti et résolu à sévir, une étrange ignorance. Et la tentative de résistance des disciples serait alors inconcevable. Il est certain que Jésus a été condamné par un magistrat romain à subir un supplice romain. Là n'est pas l'intérêt de la question. Il s'agit de savoir qui était moralement responsable. Les sanhédristes n'avaient aucun désir de revendiquer la condamnation de Jésus. Ils devaient manoeuvrer de façon à laisser aux Romains l'odieux d'une telle mesure. Cependant, ils ne pouvaient pas se borner à dénoncer Jésus à Pilate. Il leur fallait une condamnation religieuse pour détacher le peuple de Jésus. Qu'il fût condamné comme blasphémateur par la suprême autorité de son peuple, c'était pour eux une nécessité. Il est certain qu'entre le procès juif et le procès romain, il n'y a aucune liaison logique. D'une part, Jésus est le Fils de Dieu. De l'autre, il est le Roi des Juifs. Devant le sanhédrin, c'est un procès religieux, dont l'utilité est de mettre la conscience des sanhédristes à l'abri. Devant Pilate, c'est un procès politique. Mais ceci atteste simplement l'habileté des adversaires de Jésus.

La tradition est unanime à attribuer aux Juifs la responsabilité de la mort de Jésus. Sans doute, l'apôtre Paul en fait remonter l'initiative dernière aux puissances mauvaises intermédiaires entre le ciel et la terre auxquelles appartient, selon lui, dans le siècle présent, la direction de l'histoire (1Co 2:8). Mais quant aux auteurs humains de la mort de Jésus, il n'a aucun doute. Il en parle très clairement dans la première aux Thessaloniciens (1Th 2:15). Les discours de la première partie du livre des Actes, dont le caractère archaïque a été souvent mis en relief, attribuent aux Juifs, de la façon la plus expresse, la responsabilité de la mort de Jésus (Ac 3:13-15 4:10 5:30 7:52).

Il n'y a pas un très grand intervalle entre les deux thèses. Car il n'est ni contesté, ni contestable que la responsabilité ait été partagée. Il n'y a de controverse que relativement au degré de responsabilité des uns et des autres. S'il était démontré que Pilate eût pris l'initiative des poursuites et que les Juifs se fussent bornés à lui donner leur avis, ce serait un changement important dans la façon de concevoir l'histoire de Jésus ; mais comment prouver ceci, qui serait en contradiction avec toute la tradition évangélique, et qui ne s'appuie que sur quelques détails du récit johannique, peu vraisemblables par eux-mêmes et qu'on isole pour les mettre en contradiction avec l'ensemble ? Il faut noter que la tradition juive n'a pas songé à écarter la responsabilité de la mort de Jésus. En définitive, nous pouvons tenir pour solide la relation qui est faite par les évangiles de l'ensemble du procès.

7.

PROCES.

Jésus fut conduit d'abord devant Hanan. C'est une donnée précieuse du quatrième évangile (Jn 18:13-24). Le vieux Sadducéen, malgré sa disgrâce (Il avait été dépossédé de ses fonctions de grand-prêtre vingt ans auparavant), ou peut-être à cause d'elle, était resté très influent, et Caïphe n'agissait que par son conseil. Sa maison de campagne était située sur le mont des Oliviers. C'est là qu'il avait ses bazars, où il faisait élever des colombes qui alimentaient les sacrifices des petites gens. Il interrogea donc Jésus sur ses disciples et sa doctrine. Ce n'était d'ailleurs qu'un examen préliminaire. Jésus le repoussa en invitant Hanan à produire ses témoins. D'après la loi juive, c'était la condition préalable de toute accusation.

A ce moment, on emmena Jésus devant le sanhédrin, ou du moins devant une commission du sanhédrin qui s'était réunie précipitamment sur la convocation de Caïphe. L'interrogatoire comporta deux phases. La première aboutit à un résultat négatif. Elle portait sur une déclaration relative au Temple, dont il fallait d'abord établir la teneur exacte. Jésus aurait dit : « J'abattrai ce temple et je le reconstruirai en trois jours. » Marc dit que cette parole lui a été attribuée à tort (Mr 14:57). Nous la trouvons cependant, sous une forme un peu différente, chez Jn 2:19, et il y est fait allusion, non seulement dans l'histoire d'Etienne (Ac 6:13), mais dans le récit du crucifiement (Mr 15:39). Il est certain que Jésus a prédit la destruction du Temple. A-t-il dit qu'il l'opérerait ? Cela paraît plus douteux. Jésus a voulu purifier le Temple. Purifier n'est pas détruire. A-t-il parlé du nouveau Temple qui s'élèverait dans la Cité future, à la place de l'ancien ? A-t-il songé à l'économie nouvelle qui allait naître par ses soins, au triomphe de la religion de l'Esprit ? Le propos qu'on lui prêtait était rapporté trop confusément : il garda le silence.

Il fallait en finir. Le grand-prêtre attaqua le chef d'accusation principal : la messianité. Là encore, Jésus garda le silence. Mais le grand-prêtre lui déféra le serment : « Par le Dieu vivant, je t'adjure de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu » (Mt 26:63). Alors Jésus parla : « Tu l'as dit. Au reste, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l'Homme assis à la droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel » (Mt 26:64). Ainsi, Jésus laissait à Caïphe la responsabilité de son dire. Était-il le Messie ? Ne l'était-il pas ? A cette question, il ne pouvait faire de réponse catégorique. En un certain sens, il était bien le Messie ; en un autre sens, il ne l'était pas. Mais puisque le chef de son peuple voulait connaître le mystère de son être, il allait lui révéler son identité avec le personnage glorieux de la vision de Daniel, annonçant par là même à ses juges qu'il leur donnait rendez-vous devant son propre tribunal. Cette prétention étant attentatoire à la majesté divine, ils firent à leurs vêtements la déchirure de deuil que la Mischna prescrit en cas de blasphème, (cf. Ac 14:14) et ils votèrent la mort.

Mais il fallait une seconde séance pour que la décision fût ratifiée. Le sanhédrin se réunit donc en séance plénière à la pointe du jour (Mr 15:1). Ce fut d'ailleurs une pure formalité. Dans ce court récit, les incorrections pullulent, au point qu'on a mis en doute la réalité d'un tel procès, mené à l'encontre de toutes les règles du droit juif. La Mischna multiplie les précautions pour sauvegarder la vie humaine. Sauf le recoupement des témoignages, aucune d'elles, ou peu s'en faut, n'a été observée. Au cours de ces fiévreux débats nocturnes, on retrouve partout l'impatience de la haine et de la peur. L'accusation aurait dû être notifiée au préalable à l'accusé. Elle devait être appuyée par des témoignages concordants. Nul ne devait être condamné à mort sur son propre témoignage. Pour qu'il y eût blasphème, il fallait que le nom de Dieu eût été prononcé. La condamnation ne pouvait être prononcée qu'un jour après les débats. Il y fallait la présence de 23 juges sur les 71 membres du sanhédrin. Enfin, un crime capital ne pouvait être jugé la veille d'un sabbat ou d'un jour de fête. La condamnation peut avoir été conforme à la loi juive (voir Salvador, Histoire des Institutions de Moïse, 3 e éd. 1862) ; le procès lui-même n'a comporté aucune des garanties qui, dans tous les temps, ont été données aux accusés.

Au vrai, d'ailleurs, le verdict du sanhédrin n'avait qu'une signification morale, puisque seuls les Romains avaient le droit de condamner à mort. Ce que les sanhédristes avaient cherché, c'étaient des prétextes qui leur permissent de livrer Jésus en bonne conscience. Ils avaient toutes les raisons de faire endosser à Pilate la responsabilité de la condamnation de Jésus. Ils en laissaient l'odieux au procurateur. Mais Jésus allait être condamné sur une équivoque. Une accusation politique, qui était fausse, allait être substituée à une accusation religieuse. Si Jésus était le Messie de l'espérance prophétique, il n'était pas le Roi des Juifs qu'un procurateur pouvait redouter, et les sanhédristes le savaient bien. Or, d'après le récit des évangiles, ils ont incité le peuple à demander la mort de Jésus et la grâce d'un agitateur, Barabbas (Mt 27:20-26, Mr 15:6-11, Lu 23:18 et suivant, Jn 18:40), le poussant ainsi à arracher à la justice romaine un malfaiteur politique qu'elle pouvait redouter, tout en la pressant de sévir contre celui qui ne pouvait lui donner nul sujet de crainte. Car Pilate ne pouvait pas percevoir dès ce temps-là le conflit qui s'élèverait un jour entre la conscience chrétienne et l'autorité romaine.

Devant Pilate, Jésus observa la même attitude que devant le sanhédrin, car l'admirable dialogue de Jean (Jn 18:33 et suivant) est une interprétation inspirée qui dégage le sens profond de l'événement, et non le compte rendu sténographique d'un entretien qui n'eut pas de témoins. Jésus garda le silence. On s'est étonné parfois des scrupules de Pilate : on y a vu une invention de la tradition chrétienne, désireuse de noircir les Juifs et d'innocenter le représentant de Rome. Il faut se représenter pourtant que Pilate, si mauvais magistrat qu'il fût, était justement un Romain, qui, à son tribunal, devait agir suivant la loi. La justice romaine était une réalité dans le monde d'alors, comme la paix romaine. Or, Pilate n'avait pas l'habitude de voir défiler à son tribunal des accusés de ce genre. On peut admettre qu'il ait hésité avant d'envoyer à la croix un rebelle comme Jésus. Ce qui devait le troubler, c'était la haine des prêtres contre cet homme en apparence inoffensif, comme le zèle étrange et inattendu qui enflammait soudain ces Juifs à l'égard des intérêts de Rome. Il se dit que Jésus devait être populaire, et que ses adversaires étaient jaloux de lui. Il offrit donc au peuple la grâce de Jésus. Il fit ce qu'il put pour le sauver ; et cette hésitation, chez l'homme sceptique et cruel qu'était Pilate, est l'épisode le plus honorable de sa carrière. Mais elle ne dura pas longtemps. Devant les menaces des Juifs, cet homme qui avait tant à se faire pardonner n'insista pas. Ce fut d'abord la flagellation, puis la mise en croix, avec, au-dessus de la tête du condamné, l'écriteau indiquant le motif de la sentence : Le Roi des Juifs (voir Inscription de la croix).

8.

CRUCIFIEMENT.

Le rôle du sanhédrin était terminé. Il n'avait plus à se mettre en peine de rien. Il y avait chose jugée. Jésus, désormais, était un vaincu.

Le supplice de la croix (voir ce mot) était destiné par les Romains aux esclaves et aux rebelles. Il inspirait l'épouvante, non seulement par l'atrocité des souffrances, mais par leur caractère ignominieux. La loi d'Israël ne disait-elle pas : « Maudit est quiconque est pendu au gibet » ? (De 21:23) Cette exposition au pilori, sous un soleil de feu, avec la morsure des clous, les mouches qui venaient irriter les blessures, les courbatures intolérables des membres maintenus dans l'immobilité, la fièvre, la soif ardente, et, dans le cas de Jésus, la torture morale que représentaient l'abandon des uns, les sarcasmes des autres, les regards de haine qui se repaissaient de ses douleurs, le ciel envahi par des nuages de plus en plus lourds : ces ténèbres dont un historien non chrétien, Thallus, a confirmé la réalité, tout concourt à faire de l'agonie de Jésus une souffrance à laquelle on a pu rapporter l'apostrophe des Lamentations : « Vous qui passez, regardez et voyez s'il est une douleur pareille à ma douleur » (La 1:12).

Les évangiles nous ont rapporté sept paroles que Jésus aurait prononcées sur la croix. L'Église chrétienne y attache un prix immense. Elles ont été contestées. Il y avait assez de témoins pour les garder et les transmettre : le centurion qui se tenait tout près de la croix, Simon de Cyrène, qui ne devait pas être loin, d'autres peut-être parmi les passants. Ceci ne fait pas de difficulté. Ce qui est plus malaisé, c'est d'expliquer les divergences entre les récits. Comment se fait-il que, sur ces sept paroles, aucune ne soit rapportée par l'ensemble des témoins, alors que la moindre parole tombée des lèvres de Jésus, à ce moment, a dû être si avidement recueillie par les disciples ? Cependant il ne faut pas trop se presser de tirer argument de cette diversité.

Jésus a-t-il dit : « Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu'ils font » ? (Lu 23:34) Il y a des manuscrits très anciens (B, D) qui ne contiennent pas cette parole, et c'est troublant. Elle manque dans la Syriaque du Sinaï, dans les versions coptes. Mais elle est attestée par Justin Martyr. Et dans l'histoire d'Etienne, on trouve comme un rappel des mots que la tradition place dans la bouche de Jésus : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché », dit Etienne en expirant (Ac 7:59). L'excuse donnée par Jésus en faveur de ses bourreaux (car ils ne savent ce qu'ils font) n'a-t-elle pu faire hésiter certains copistes ?

Il est plus malaisé de comprendre pourquoi l'épisode du brigand crucifié se trouve seulement chez Luc (Lu 23:39-43). Sans doute, c'est cet évang, qui met en relief les épisodes où il est question de la pitié de Jésus envers les méprisés. Mais les disciples de Jésus n'auraient-ils pas dû retenir avidement ce témoignage suprême de l'action de leur Maître ? Disons toutefois que la forme de ce récit est particulièrement archaïque, que le contraste entre la requête du brigand et la réponse de Jésus est bien frappant, et qu'enfin on a pu mettre en circulation des versions différentes auxquelles on tenait trop pour avoir le souci d'uniformiser.

Il est plus difficile d'admettre la présence de la mère de Jésus auprès de la croix, malgré l'émotion qu'inspire un tel épisode (Jn 19:25-27). Car les évangiles synoptiques n'en savent rien. Même, ce qu'ils disent des saintes femmes semble exclure la présence de Marie (Mt 27:55 et suivant, Mr 15:40 et suivant ; Lu 23:49 est moins formel). Cependant, Marie n'était-elle pas venue à Jérusalem pour les fêtes de Pâque ? Le fait est que nous la trouvons dans la société des fidèles de Jésus, dès les premiers jours (Ac 1:14). Il y a là un mystère qu'il n'est pas aisé d'éclaircir.

Par contre, l'accord se fait aisément pour affirmer l'authenticité de la parole qui est l'expression suprême de la douleur : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Mt 27:46, Mr 15:34). Les auteurs qui y ont vu un désaveu suprême donné sur la croix à toute son oeuvre par celui qui constatait alors que tout était vide, n'ont pas songé, d'abord, que l'abandon pouvait être un élément du sacrifice accompli par le Christ ; ensuite, que cette parole, dont il ne faut pas vouloir atténuer l'angoisse, n'en est pas moins le commencement d'un Psaume (Ps 22) qui s'achève en affirmation de foi triomphante et dont il faut évoquer l'ensemble pour interpréter les sentiments de celui qui le récitait dans son agonie. Ce qui est certain, c'est que la dernière parole de Jésus a été un cri de victoire, qui a arraché au centurion ce témoignage : « En vérité, cet homme était Fils de Dieu ! » (Mr 15:39).

9.

MISE AU TOMBEAU.

L'intervention de Joseph d'Arimathée n'aurait pu être inventée par une tradition qui rapportait que la condamnation prononcée par le sanhédrin avait été unanime (Mr 14:64). Les auteurs qui ont contesté sur ce point le récit des évangiles ont poursuivi un but très clair : supprimer la sépulture honorable de Jésus, afin de pouvoir dire que son corps avait été mis à la hâte dans un des innombrables tombeaux qui parsemaient les environs de Jérusalem, ou qu'il avait subi le sort qui était habituellement celui des cadavres des condamnés. Il n'est pas très naturel de croire que ces femmes qui étaient venues de Galilée, et qui devaient tout à Jésus, n'aient fait aucun effort pour ravoir le corps de leur Maître. On n'a jamais refusé à ceux qui pleuraient les corps qu'ils voulaient ensevelir. De toute façon, il est certain que Jésus a reçu une sépulture. L'épisode de Joseph d'Arimathée n'était pas nécessaire. Et c'est une grave raison d'en admettre l'authenticité. Mais il est sûr que ce sépulcre neuf, qui devait être (l'évangile ne le dit pas, mais il ne faut pas un grand effort d'esprit pour le supposer) celui que Joseph se destinait à lui-même, rend difficile de trouver des causes naturelles auxquelles serait due la disparition du corps de Jésus. De toutes les suppositions qu'on a faites à cet égard, il n'en est aucune qui satisfasse l'esprit.

10.

RESURRECTION.

Il n'y a pas de doute, dans les textes, quant à la résurrection le troisième jour. Cette donnée ne concorde pas avec les prophéties mises dans la bouche de Jésus, où il est dit qu'au bout de trois jours il ressuscitera (Mt 12:40). a conservé une tradition où il est question du signe de Jonas, et qui suppose un séjour de trois jours et trois nuits dans l'Hadès Il n'y a aucun texte de l'A. T, qu'on puisse invoquer à l'appui de la résurrection le troisième jour. Il serait vain de recourir à l'analogie du mazdéisme, d'après lequel l'âme d'un mort reste auprès du corps jusqu'au troisième jour Vendidad 19:28 : Darmes-teter, Zend-Avesta, t. II, p. 269, Paris 1892. Les textes mazdéens, comme les textes juifs Moé'd-qaton, 826 dans le Talmud Jér., Sabbah 1516 dans le Talmud Bab., signifient que l'âme reste auprès du corps jusqu'à ce que le corps se soit modifié, et ceci suppose une durée de trois jours : cf. Jn 11:39. Donc, la résurrection le troisième jour n'a aucun point d'appui dans le folklore, ni même dans les textes de Marc. Les seuls textes des évangiles, où il en soit parlé sont Mt 16:21 20:19, Lu 9:22 18:33. C'est un argument solide à l'appui de l'authenticité de la tradition relative aux événements de Pâques.

L'Église chrétienne s'est fondée sur la foi à la résurrection, c'est-à-dire sur la croyance à la réalité des apparitions de Jésus. Il n'y a aucune incertitude dans l'esprit des premiers chrétiens, quant à la survie de leur Maître et à la manifestation de cette survie.

Les apparitions qui sont narrées par l'apôtre Paul (1Co 15) sont au nombre de six :

il est apparu à Pierre ;

aux Douze ;

à plus de cinq cents frères à la fois ;

à Jacques ;

à tous les apôtres ;

à Paul lui-même.

Les évangiles ajoutent : à des femmes, au moment où elles revenaient du tombeau (Mt 28:8-10) ; à Marie-Madeleine (Jn 20:11-18, cf. Mr 16:9-11) ; aux disciples d'Emmaüs (Lu 24:13-35, cf. Mr 16:12 et suivant) ; aux Onze, le même jour, à Jérusalem (Lu 24:36-49, cf. Jn 20:19-23) ; aux Onze, une semaine plus tard, à Jérusalem (Jn 20:26-29) ; à quelques disciples, dont quatre des Onze tout au moins, au lac de Galilée (Jn 21:21-23) ; aux Onze, renforcés probablement d'autres disciples, sur une montagne en Galilée (Mt 28:16-20) ; aux Onze, à Jérusalem, avant l'Ascension (Ac 1:4,9). Enfin Luc fait allusion, dans les Actes, à des apparitions multiples qui peuvent déborder le cadre, en somme restreint, des manifestations précitées (Ac 1:3).

Il est vraisemblable que certaines de ces apparitions coïncident avec celles aux Douze, aux Cinq Cents et à tous les apôtres qui figurent dans l'énu-mération paulinienne. Si Paul laisse de côté certains témoignages, c'est sans doute qu'il les considère comme moins probants. Il faut remarquer que l'apparition du chemin de Damas est mise par l'apôtre sur la même ligne que les autres, et qu'elle doit avoir, dans sa pensée, le même caractère. Elle doit donc être distinguée des visions dont il est parlé dans 2Co 12:1 et suivants.

Il y a des difficultés dans le récit de la Résurrection. Elles résultent d'abord de la présence de deux cycles d'apparitions. Il y a une tradition galiléenne et une tradition jérusalémite. Laquelle est la plus ancienne ? Les critiques varient de sentiment sur ce point.

La plupart des auteurs penchent à admettre que les premières apparitions ont eu lieu en Galilée, dans le cadre habituel des souvenirs des disciples. Ceux-ci se seraient rendus en Galilée pour reprendre leurs tâches familières, se souvenant de l'invitation que leur Maître leur avait faite de le retrouver en Galilée (Mr 14:28). Là, soustraits à l'impression horrible de la défaite et de la mort, ils auraient vu revivre celui qu'ils aimaient.

Cette explication semble artificielle à d'autres. Ceux-ci pensent que la tradition galiléenne pourrait bien être née d'un malentendu sur le sens de la parole de Jésus faisant allusion à un retour en Galilée (Mt 26:32, Mr 14:28,16:7). En tout état de cause, il leur paraît impossible d'exclure les apparitions à Jérusalem. Elles font corps avec l'histoire du tombeau vide. L'apparition à Pierre a été, d'après la tradition (Lu 24:34), presque immédiate. Elle ne s'identifie pas avec celle dont il est parlé dans l'épilogue du quatrième évangile, étant, d'après le témoignage de Paul, une apparition à Pierre seul. D'autre part, l'état d'âme des disciples, après la mort de Jésus, n'est nullement celui de gens hallucinés, ou prêts à l'être. Croire à son triomphe sur la mort ? Ils en sont bien loin. Ce sont des vaincus. « Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël ! » (Lu 24:21). Maintenant tout est fini : il n'y a plus de place dans leur coeur que pour une immense déception. Si Jésus leur a annoncé à la fois sa défaite imminente et sa victoire future (Mt 16:21 17:22 20:17-19 et parall.), la catastrophe a rejeté dans l'ombre ces espérances de triomphe qui faisaient partie de la foi à la messianité de Jésus, et auxquelles la croix est venue donner un démenti. Sans doute, une foi héroïque aurait pu triompher du découragement, mais la foi de ces disciples apeurés et fugitifs n'avait rien d'héroïque. Comment une telle déception a-t-elle pu se transformer en enthousiasme ? Comment sont-ils devenus les conquérants du monde ? Les prophéties n'y ont été pour rien. Il eût fallu d'abord les découvrir dans l'A.T. Ce fut le labeur ingénieux des témoins de la résurrection. Le tombeau vide n'a pas été tout d'abord à leurs yeux une preuve de la survivance de leur Maître. Ils ont cru que, si le corps n'y était plus, c'est parce qu'il avait été enlevé (Lu 24:4 et suivant, Jn 20:13). Leur sincérité est hors de doute. Elle a fait d'eux des martyrs. « J'en crois des témoins qui se font égorger... », a dit Pascal. Aucune des explications qu'on a données de ces choses extraordinaires ne résiste à l'examen.

Pour expliquer la naissance de la foi à la résurrection, il faut admettre qu'il y ait eu des apparitions, et des apparitions à Jérusalem. Ce qui n'exclut nullement la possibilité d'un retour temporaire des disciples au pays natal. Mais ils n'ont pas tardé à se convaincre que ce n'était plus l'heure de reprendre les travaux coutumiers : leur poste était désormais à Jérusalem.

Comment faut-il concevoir l'événement de la résurrection ? Il y a une dualité apparente dans les textes. Tantôt le Ressuscité traverse les portes fermées (Lu 24:36, Jn 20:19), tantôt il se nourrit des mêmes aliments que quand il était sur la terre (Lu 24:41 et suivant, Jn 21:9-13).

Y a-t-il moyen de concilier ces deux états du corps du Ressuscité ? Peut-on concevoir qu'un être désincarné se soit matérialisé sous les yeux de ses fidèles pour leur donner la certitude qu'il était vivant ? Il ne semble pas que ceux qui ont eu des apparitions du Ressuscité l'aient jamais envisagé comme un pur esprit. Le corps dont il était revêtu pouvait s'être transformé ; c'était bien le même qui avait été enseveli. C'est ce qui résulte encore de l'affirmation de l'apôtre Paul--qui croyait pourtant à l'existence d'un corps spirituel et glorieux. Il y a un lien certain entre ses deux affirmations : « Il a été enseveli... Il est ressuscité le troisième jour » (1Co 15:4).

On a supposé parfois que les relations spirituelles du Christ avec ses disciples, subsistant à travers la mort, avaient suffi à créer entre eux la certitude qui s'est objectivée dans les apparitions. C'est méconnaître l'infécondité d'une hallucination. Comme le dit le P. de Grandmai-son, « ou bien elle tend à devenir habituelle et, sous ce stigmate morbide, l'équilibre de la vie mentale et morale fléchit peu à peu, ou, restée à l'état d'incident sans lendemain dans une vie normale, elle n'y exerce pas d'influence durable » (o. c, t. Il, p. 427). La relation spirituelle dont on parle ne se fût jamais établie sans un contact réel. Il paraît difficile de distinguer entre la revi-vification originelle et la glorification qui s'ensuivit.

On s'est demandé s'il n'y aurait pas lieu de s'inspirer de la définition que le Vocabulaire de la Société Française de Philosophie donne de l'hallucination (p. 318s). Il y aurait eu une perception sensible éprouvée à l'état de veille, sans objet réellement présent ; mais ceci n'exclurait pas la présence d'une cause spirituelle. Il s'agirait, en somme, d'une hallucination véridique. Hypothèse séduisante. Mais s'harmonise-t-elle avec les récits de la résurrection ? N'a-t-il pas fallu, à l'origine, des apparitions concrètes d'un corps identique à celui qui avait été déposé dans le tombeau ? Apparitions sans lesquelles ces réalistes qu'étaient les premiers chrétiens n'auraient pu croire. C'est à l'école de ces relations intermittentes, de ces matérialisations temporaires du Christ, que se sont élaborées les relations permanentes qui ont fondé l'Église chrétienne. Les apparitions du Ressuscité se sont prolongées le temps nécessaire pour affermir ces relations spirituelles, qui étaient seules appelées à durer. On a pu dire qu'elles étaient la seule manifestation apparente du monde invisible qui fût vraiment certaine. Normalement, l'Invisible atteste son existence au coeur, non aux sens.

Ce qui complique le problème, c'est la disparition du corps de Jésus. Mais il fallait que le corps du Maître disparût : sans quoi il eût été un obstacle irréductible à la foi des disciples. Comment a-t-il disparu ? S'est-il transformé ? S'est-il évanoui ? A-t-il été enseveli par des amis ? Enlevé par des adversaires ? Aucune hypothèse ne tient. Mais ce qui importe, ce n'est pas la survivance momentanée d'une matière appelée à disparaître : c'est l'identité personnelle du Christ, se maintenant à travers la mort.

Quel est, au point de vue spirituel, le rôle de la résurrection ? Quels en sont les effets ? Que son importance soit unique, personne ne le conteste. « Sans un acte divin intervenant dans la chaîne fatalement solidaire des générations, nous ne comprenons pas l'anneau qu'y forme la grande et sainte vie de Jésus, comme, sans résurrection, nous ne comprenons pas le développement historique du christianisme. » Ainsi s'exprime Auguste Sabatier (Encycl., art. cit.). « Il a été, dit l'apôtre Paul, livré pour nos offenses, il est ressuscité pour notre justification » (Ro 4:25). Est-ce un balancement littéraire, sans plus ? Calvin ne l'a pas pensé. Il montre en un raccourci saisissant que les deux termes sont inséparables : « Pourtant nous par-tissons tellement la substance de notre salut entre la mort du Christ et sa résurrection que nous disons : par la mort, le péché avait été détruit et la mort effacée ; par la résurrection, la justice établie et la vie remise au-dessus ; et ce en telle sorte que c'est par le moyen de la résurrection que la mort a son efficace » (Inst. Chrét., II, 16:13). Pour comprendre ce raisonnement, il faut insérer un moyen-terme qui est la foi. Nous sommes justifiés par la foi. La résurrection déclenche la justification de l'homme parce qu'elle fait naître la foi dans son coeur. Si le Christ n'est pas ressuscité, la foi est vaine ; l'apôtre le dit : vaine, c'est-à-dire illusoire quant à son objet. Mais la résurrection du Christ est son élévation sur le plan mystique. C'est pourquoi Paul a pu dire : « Si nous avons connu le Christ selon la chair, ce n'est plus ainsi que nous le connaissons désormais » (2Co 5:16).

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      Lévitique 1

      17 Il le déchirera par les ailes, sans les détacher ; et le sacrificateur brûlera l’oiseau sur l’autel, sur le bois mis au feu. C’est un holocauste consumé par le feu, d’une agréable odeur à l’Éternel.

      Psaumes 2

      7 Je publierai le décret de l’Éternel ; Il m’a dit : Tu es mon fils ! C’est moi qui t’ai engendré aujourd’hui.

      Psaumes 22

      1 Au chef de chœur. Sur “ “Biche de l’aurore””. Psaume de David.
      2 Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? Mes paroles plaintives sont loin de me procurer le salut.
      3 Mon Dieu ! je crie le jour, et tu ne réponds pas ; La nuit, et je ne garde pas le silence.
      4 Pourtant tu es le Saint, Tu sièges au milieu des louanges d’Israël.
      5 En toi se confiaient nos pères ; Ils se confiaient, et tu les délivrais.
      6 Ils criaient à toi et ils échappaient ; Ils se confiaient en toi et ils n’étaient pas dans la honte.
      7 Et moi, je suis un ver et non un homme, Le déshonneur des humains et le méprisé du peuple.
      8 Tous ceux qui me voient se moquent de moi, Ils ouvrent les lèvres, hochent la tête :
      9 Remets (ton sort) à l’Éternel ! L’Éternel le libérera, Il le délivrera, puisqu’il l’aime !
      10 Oui, tu m’as tiré du ventre maternel, Tu m’as confié aux seins de ma mère ;
      11 Sur toi, j’ai été jeté dès les entrailles maternelles, Dès le ventre de ma mère tu as été mon Dieu.
      12 Ne t’éloigne pas de moi quand la détresse est proche, Quand personne ne vient à mon secours !
      13 De nombreux taureaux m’entourent, Des taureaux de Basan m’environnent.
      14 Ils ouvrent contre moi leur gueule, Comme un lion qui déchire et rugit.
      15 Je suis comme de l’eau qui s’écoule, Et tous mes os se disloquent ; Mon cœur est comme de la cire, Il se fond au milieu de mes entrailles.
      16 Ma force se dessèche comme l’argile, Et ma langue s’attache à mon palais ; Tu me réduis à la poussière de la mort.
      17 Car des chiens m’entourent, Une bande de scélérats rôdent autour de moi, Ils ont percé mes mains et mes pieds.
      18 Je compte tous mes os. Eux, ils observent, ils arrêtent leurs regards sur moi ;
      19 Ils se partagent mes vêtements, Ils tirent au sort ma tunique.
      20 Et toi, Éternel, ne t’éloigne pas ! Toi qui es ma force, viens en hâte à mon secours !
      21 Délivre mon âme de l’épée, Ma vie du pouvoir des chiens !
      22 Sauve-moi de la gueule du lion, Et des cornes du buffle ! Tu m’as répondu !
      23 Je publierai ton nom parmi mes frères, Je te louerai au milieu de l’assemblée.
      24 Vous qui craignez l’Éternel, louez-le ! Vous, toute la descendance de Jacob, glorifiez-le ! Tremblez devant lui, vous, toute la descendance d’Israël !
      25 Car il n’a ni mépris ni dédain pour les peines du malheureux, Et il ne lui cache pas sa face ; Mais il l’écoute quand il crie à lui.
      26 Tu seras dans la grande assemblée la cause de mes louanges ; J’accomplirai mes vœux en présence de ceux qui te craignent.
      27 Les humbles mangeront et se rassasieront, Ils loueront l’Éternel, ceux qui le cherchent. Que votre cœur vive à toujours !
      28 Toutes les extrémités de la terre se souviendront de l’Éternel et se tourneront vers lui ; Toutes les familles des nations se prosterneront devant sa face.
      29 Car le règne est à l’Éternel, Il domine sur les nations.
      30 Tous les puissants de la terre mangeront et se prosterneront aussi ; Devant lui plieront tous ceux qui descendent dans la poussière, Ceux qui ne peuvent conserver leur vie.
      31 La postérité lui rendra un culte ; On parlera du Seigneur à la génération (future).

      Esaïe 53

      8 Il a été emporté par la violence et le jugement ; Dans sa génération qui s’est soucié De ce qu’il était retranché De la terre des vivants, A cause des crimes de mon peuple, De la plaie qui les avait atteints ?

      Lamentations 1

      12 Qu’il n’en soit pas (ainsi) pour vous tous qui passez votre chemin ! Regardez et voyez S’il est une douleur pareille à ma douleur, A celle qu’on m’a fait subir ! L’Éternel m’a affligée Au jour de son ardente colère.

      Zacharie 9

      9 Sois transportée d’allégresse, Fille de Sion ! Lance des clameurs, Fille de Jérusalem ! Voici ton roi, il vient à toi ; Il est juste et victorieux, Il est humble et monté sur un âne, Sur un ânon, le petit d’une ânesse.

      Matthieu 3

      1 En ce temps-là parut Jean-Baptiste, il prêchait dans le désert de Judée.
      2 Il disait : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche.
      3 C’est lui dont le prophète Ésaïe a dit : C’est la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur Rendez droits ses sentiers.
      4 Jean avait un vêtement de poils de chameau et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
      5 Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de toute la région du Jourdain, venaient à lui,
      6 et ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain en confessant leurs péchés.
      7 Comme il voyait venir au baptême beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens, il leur dit : Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ?
      8 Produisez donc du fruit digne de la repentance ;
      9 et n’imaginez pas pouvoir dire : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham.
      10 Déjà la cognée est mise à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits est coupé et jeté au feu.
      11 Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la repentance, mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne mérite pas de porter ses sandales. Lui vous baptisera d’Esprit Saint et de feu.
      12 Il a son van à la main, il nettoiera son aire, il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint pas.
      13 Alors Jésus vint de la Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui.
      14 Mais Jean s’y opposait en disant : C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi et c’est toi qui viens à moi !
      15 Jésus lui répondit : Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi toute justice. Alors Jean le laissa faire.
      16 Aussitôt baptisé, Jésus sortit de l’eau. Et voici : les cieux s’ouvrirent, il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.
      17 Et voici qu’une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.

      Matthieu 4

      1 Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable.
      11 Alors le diable le laissa. Et voici que des anges s’approchèrent de Jésus pour le servir.
      17 Dès lors Jésus commença à prêcher et à dire : Repentez-vous car le royaume des cieux est proche.

      Matthieu 8

      19 Un scribe s’approcha et lui dit : Maître, je te suivrai partout où tu iras.

      Matthieu 9

      1 Jésus monta dans une barque, traversa la mer et se rendit dans sa ville.

      Matthieu 10

      28 Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme, craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne.

      Matthieu 11

      2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Et il envoya dire par ses disciples :
      3 Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?
      4 Jésus leur répondit : Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez :
      5 Les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.
      6 Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ! A leur départ, Jésus se mit à dire aux foules,
      9 Qu’êtes-vous donc allés (faire) ? Voir un prophète ? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète.
      11 En vérité je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il ne s’en est pas levé de plus grand que Jean-Baptiste. Cependant le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui.
      18 Car Jean est venu : il ne mangeait ni ne buvait, et l’on dit : Il a un démon.
      20 Alors il se mit à faire des reproches sévères aux villes dans lesquelles avaient eu lieu la plupart des miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas repenties.
      21 Malheur à toi, Chorazin ! Malheur à toi, Bethsaïda ! Car, si les miracles faits au milieu de vous avaient été faits à Tyr et à Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties avec le sac et la cendre.
      22 C’est pourquoi je vous le dis : au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous.
      23 Et toi, Capernaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel ? (Non), tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts, car, si les miracles faits au milieu de toi avaient été faits dans Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui.
      24 C’est pourquoi je vous le dis : Au jour du jugement, le pays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi.

      Matthieu 12

      40 Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre du grand poisson de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.

      Matthieu 13

      53 Lorsque Jésus eut achevé ces paraboles il partit de là.
      54 Il se rendit dans sa patrie et se mit à enseigner dans leur synagogue, de telle sorte qu’ils étaient étonnés et disaient : D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ?
      55 N’est-ce pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie ? Et ses frères, Jacques, Joseph, Simon et Jude ?
      56 Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? D’où lui vient donc tout cela ?
      57 Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit : Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison.
      58 Et il ne fit pas, là, beaucoup de miracles, à cause de leur incrédulité.

      Matthieu 14

      9 Le roi fut attristé, mais à cause de ses serments et des convives, il commanda de la lui donner
      13 A cette nouvelle, Jésus se retira de là dans une barque, à l’écart dans un lieu désert ; la foule l’apprit, quitta les villes et le suivit à pied.
      14 Quand il sortit de la barque, il vit une grande foule, en eut compassion et guérit les infirmes qui s’y trouvaient.
      15 Le soir venu, les disciples s’approchèrent de lui et dirent : Ce lieu est désert, et l’heure est déjà passée ; renvoie les foules afin qu’elles aillent dans les villages s’acheter des vivres.
      16 Jésus leur répondit : Elles n’ont pas besoin de s’en aller : donnez-leur vous-mêmes à manger.
      17 Mais ils lui dirent : Nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons.
      18 Et il dit : Apportez-les-moi ici.
      19 Il ordonna à la foule de s’asseoir sur l’herbe, prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et dit la bénédiction. Puis il rompit les pains et les donna aux disciples, et les disciples (les distribuèrent) à la foule.
      20 Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient.
      21 Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille hommes, sans les femmes et les enfants.

      Matthieu 15

      32 Jésus appela ses disciples et dit : J’ai compassion de cette foule ; car voilà trois jours qu’ils restent avec moi et n’ont pas de quoi manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeûn, de peur qu’ils ne défaillent en chemin.
      33 Les disciples lui dirent : Comment nous procurer dans ce lieu désert assez de pains pour rassasier une si grande foule.
      34 Jésus leur dit : Combien avez-vous de pains ? Sept, répondirent-ils, et quelques petits poissons.
      35 Alors il invita la foule à s’asseoir par terre,
      36 prit les sept pains et les poissons et après avoir rendu grâces il les rompit et les donna à ses disciples, et les disciples les distribuèrent à la foule.
      37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta sept corbeilles pleines des morceaux qui restaient.
      38 Ceux qui avaient mangé étaient quatre mille hommes, sans les femmes et les enfants.
      39 Ensuite, il renvoya les foules, monta dans la barque, et se rendit dans la contrée de Magadan.

      Matthieu 16

      4 Une génération mauvaise et adultère recherche un signe ; il ne lui sera donné d’autre signe que celui de Jonas. Puis il les laissa et s’en alla.
      13 Jésus, arrivé sur le territoire de Césarée de Philippe, posa cette question à ses disciples : Au dire des gens, qui suis-je, moi, le Fils de l’homme ?
      14 Ils répondirent : Les uns disent Jean-Baptiste ; d’autres, Élie ; d’autres, Jérémie, ou l’un des prophètes.
      15 Mais vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ?
      16 Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.
      17 Jésus reprit la parole et lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux.
      18 Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle.
      19 Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : Ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.
      20 Alors il recommanda sévèrement aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.
      21 Jésus commença dès lors à montrer à ses disciples qu’il lui fallait aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, être mis à mort et ressusciter le troisième jour.
      23 Mais Jésus se retourna et dit à Pierre : Arrière de moi, Satan ! Tu es pour moi un scandale, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes.

      Matthieu 17

      1 Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère et il les conduisit à l’écart sur une haute montagne.
      2 Il fut transfiguré devant eux : Son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière.
      3 Moïse et Élie leur apparurent, ils s’entretenaient avec lui.
      4 Pierre prit la parole et dit à Jésus : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie.
      5 Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les enveloppa. Et voici qu’une voix sortit de la nuée qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. Écoutez-le !
      6 Lorsqu’ils entendirent (cela), les disciples tombèrent la face contre terre, saisis d’une crainte violente.
      7 Mais Jésus s’approcha, les toucha et dit : Levez-vous, soyez sans crainte !
      8 Ils levèrent les yeux et ne virent que Jésus seul.
      9 Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : Ne parlez à personne de cette vision, jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité des morts.
      10 Les disciples lui posèrent cette question : Pourquoi donc les scribes disent-ils qu’Élie doit venir d’abord ?
      11 Il répondit : Il est vrai qu’Élie vient rétablir toutes choses.
      12 Mais je vous dis qu’Élie est déjà venu, et qu’ils ne l’ont pas reconnu et qu’ils l’ont traité comme ils l’ont voulu. De même le Fils de l’homme va souffrir de leur part.
      13 Les disciples comprirent alors qu’il leur parlait de Jean-Baptiste.
      22 Pendant qu’ils parcouraient la Galilée, Jésus leur dit : Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes ;

      Matthieu 18

      17 S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église ; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un péager.

      Matthieu 19

      1 Lorsque Jésus eut achevé ces discours il partit de la Galilée, et se rendit aux confins de la Judée, au-delà du Jourdain.

      Matthieu 20

      17 Sur le point de monter à Jérusalem, Jésus prit à part les douze et leur dit en chemin :
      19 et le livreront aux païens, pour qu’ils se moquent de lui, le flagellent et le crucifient, et le troisième jour il ressuscitera.
      29 Lorsqu’ils sortirent de Jéricho, une grande foule suivit Jésus.
      30 Or, deux aveugles assis au bord du chemin entendirent que Jésus passait et crièrent : Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David.
      31 La foule leur faisait des reproches, pour les faire taire, mais ils crièrent plus fort : Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David.
      32 Jésus s’arrêta, les appela et dit : Que voulez-vous que je vous fasse ?
      33 Ils lui dirent : Seigneur, que nos yeux s’ouvrent.
      34 Saisi de compassion, Jésus toucha leurs yeux ; et aussitôt ils recouvrèrent la vue et le suivirent.

      Matthieu 21

      10 Lorsqu’il entra dans Jérusalem, toute la ville fut en émoi et l’on disait : Qui est celui-ci ?
      12 Jésus entra dans le temple, il chassa tous ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple, il renversa les tables des changeurs et les sièges des vendeurs de pigeons.
      23 Jésus se rendit dans le temple, et pendant qu’il enseignait, les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple vinrent lui dire : Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? Jésus leur répondit :
      24 Je vous poserai moi aussi une seule question, et si vous m’y répondez je vous dirai par quelle autorité je fais cela.
      25 Le baptême de Jean, d’où venait-il ? Du ciel, ou des hommes ? Mais ils raisonnèrent entre eux : Si nous répondons : Du ciel, il nous dira : Pourquoi donc n’avez-vous pas cru en lui ?
      26 Et si nous répondons : Des hommes, nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète.
      27 Alors ils répondirent à Jésus : Nous ne savons pas. Et il leur dit à son tour : Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela.

      Matthieu 22

      17 Dis-nous donc ce que tu en penses : Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ?

      Matthieu 23

      37 Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu !

      Matthieu 24

      14 Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin.

      Matthieu 26

      13 En vérité, je vous le dis, partout où cette bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait.
      14 Alors l’un des douze, appelé Judas Iscariot, alla vers les principaux sacrificateurs,
      16 Depuis ce moment, il cherchait une occasion favorable pour livrer Jésus.
      17 Le premier jour des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : Où veux-tu que nous te préparions le repas de la Pâque ?
      18 Il répondit : Allez à la ville chez un tel, et dites-lui : Le Maître dit : Mon temps est proche, c’est chez toi que je célébrerai la Pâque avec mes disciples.
      19 Les disciples firent ce que Jésus leur avait ordonné et ils préparèrent la Pâque.
      20 Le soir venu, il se mit à table avec les douze.
      21 Pendant qu’ils mangeaient, il dit : En vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera.
      22 Ils furent profondément attristés, et chacun se mit à lui dire : Est-ce moi, Seigneur ?
      23 Il répondit : Celui qui a mis avec moi la main dans le plat, c’est celui qui me livrera.
      24 Le Fils de l’homme s’en va, selon ce qui est écrit de lui. Mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l’homme est livré ! Mieux vaudrait pour cet homme n’être jamais né.
      25 Judas qui le livrait prit la parole et dit : Est-ce moi, Rabbi ? Jésus lui répondit : Tu l’as dit.
      26 Pendant qu’ils mangeaient, Jésus prit du pain, et après avoir dit la bénédiction, il le rompit et le donna aux disciples en disant : Prenez, mangez, ceci est mon corps.
      27 Il prit ensuite une coupe ; et après avoir rendu grâces, il la leur donna en disant : Buvez-en tous,
      28 car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour beaucoup, pour le pardon des péchés.
      29 Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où j’en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père.
      32 Mais, après ma résurrection, je vous précéderai en Galilée.
      36 Là-dessus, Jésus alla avec eux au lieu dit Gethsémané et il dit aux disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je m’éloignerai pour prier.
      37 Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à être saisi de tristesse et d’angoisse.
      38 Il leur dit alors : Mon âme est triste jusqu’à la mort, restez ici et veillez avec moi.
      39 Puis il s’avança un peu, se jeta la face (contre terre) et pria ainsi : Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas comme je veux, mais comme tu veux.
      40 Il revint vers les disciples, qu’il trouva endormis ; il dit à Pierre : Vous n’avez donc pas été capables de veiller une heure avec moi !
      41 Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible.
      42 Il s’éloigna une deuxième fois et pria ainsi : Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite !
      43 Il revint et les trouva encore endormis ; car leurs yeux étaient appesantis.
      44 Il les quitta, s’éloigna de nouveau et pria pour la troisième fois en répétant les mêmes paroles.
      45 Puis il revint vers ses disciples et leur dit : Vous dormez maintenant, et vous vous reposez ! Voici que l’heure est proche, où le Fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs.
      46 Levez-vous, allons ; celui qui me livre s’approche.
      47 Comme il parlait encore, Judas l’un des douze arriva, et avec lui une foule nombreuse armée d’épées et de bâtons, (envoyée) par les principaux sacrificateurs et par les anciens du peuple.
      48 Celui qui le livrait leur avait donné ce signe : Celui à qui je donnerai un baiser c’est lui ; saisissez-le.
      49 Aussitôt, il s’approcha de Jésus, en disant : Salut, Rabbi ! Et il l’embrassa.
      50 Jésus lui dit : Ami, ce que tu es venu faire, fais-le. Alors ces gens s’avancèrent, portèrent les mains sur Jésus et le saisirent.
      51 Un de ceux qui étaient avec Jésus étendit la main, tira son épée, frappa le serviteur du souverain sacrificateur et lui emporta l’oreille.
      52 Alors Jésus lui dit : Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée.
      53 Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père qui me donnerait à l’instant plus de douze légions d’anges ?
      54 Comment donc s’accompliraient les Écritures, d’après lesquelles il doit en être ainsi ?
      55 A ce moment, Jésus dit à la foule : Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer de moi. J’étais tous les jours assis dans le temple, j’enseignais et vous ne vous êtes pas saisis de moi.
      56 Mais tout cela est arrivé afin que les écrits des prophètes soient accomplis. Alors tous les disciples l’abandonnèrent et prirent la fuite.
      57 Ceux qui avaient saisi Jésus l’emmenèrent chez le souverain sacrificateur Caïphe où les scribes et les anciens s’assemblèrent.
      58 Pierre le suivit de loin jusqu’à la cour du souverain sacrificateur, y entra et s’assit avec les gardes pour voir comment cela finirait.
      59 Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, pour le faire mourir.
      60 Mais ils n’en trouvèrent pas, quoique plusieurs faux témoins se soient présentés. Enfin il en vint deux qui dirent :
      61 Celui-là a dit : Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours.
      62 Le souverain sacrificateur se leva et lui dit : Ne réponds-tu rien ? De quoi témoignent-ils contre toi ?
      63 Jésus garda le silence. Et le souverain sacrificateur lui dit : Je t’adjure par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu.
      64 Jésus lui répondit : Tu l’as dit. De plus je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite du Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel.
      65 Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements et dit : Il a blasphémé. Qu’avons-nous encore besoin de témoins ? Vous venez d’entendre son blasphème. Qu’en pensez-vous ?
      66 Ils répondirent : Il est passible de mort.

      Matthieu 27

      20 Les principaux sacrificateurs et les anciens persuadèrent la foule de demander Barabbas et de faire périr Jésus.
      21 Le gouverneur prit la parole et leur dit : Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? Ils répondirent : Barabbas.
      22 Pilate leur dit : Que ferai-je donc de Jésus, appelé le Christ ? Tous répondirent : Qu’il soit crucifié !
      23 Le gouverneur dit : Mais quel mal a-t-il fait ? Et ils crièrent encore plus fort : Qu’il soit crucifié !
      24 Pilate, voyant qu’il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l’eau, se lava les mains en présence de la foule et dit : Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde.
      25 Et tout le peuple répondit : Que son sang (retombe) sur nous et sur nos enfants !
      26 Alors Pilate leur relâcha Barabbas ; et après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour être crucifié.
      46 Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : Éli, Éli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
      55 Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient de loin : celles-là même qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée, pour le servir.

      Matthieu 28

      8 Elles s’éloignèrent promptement du tombeau, avec crainte et avec une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples.
      9 Et voici que Jésus vint à leur rencontre et dit : Je vous salue. Elles s’approchèrent pour saisir ses pieds et elles l’adorèrent.
      10 Alors Jésus leur dit : Soyez sans crainte ; allez dire à mes frères de se rendre en Galilée : C’est là qu’ils me verront.
      16 Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus avait désignée.
      17 Quand ils le virent, ils l’adorèrent. Mais quelques-uns eurent des doutes ;
      18 Jésus s’approcha et leur parla ainsi : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre.
      19 Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
      20 et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

      Marc 1

      5 Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui ; et ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain en confessant leurs péchés.
      14 Après que Jean eut été livré, Jésus alla dans la Galilée ; il prêchait la bonne nouvelle de Dieu
      15 et disait : Le temps est accompli et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle.
      16 En passant le long de la mer de Galilée, il vit Simon et André, frère de Simon, qui jetaient leurs filets dans la mer ; en effet ils étaient pêcheurs.
      17 Jésus leur dit : Suivez-moi et je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes.
      18 Aussitôt ils laissèrent leurs filets et le suivirent.
      19 En allant un peu plus loin, il vit Jacques, (fils) de Zébédée, et Jean, son frère, qui étaient aussi dans une barque et réparaient les filets.
      20 Aussitôt, il les appela ; ils laissèrent leur père Zébédée dans la barque avec ceux qui étaient employés, et ils le suivirent.
      21 Ils se rendirent à Capernaüm. Et, le jour du sabbat, Jésus entra dans la synagogue et se mit à enseigner.
      22 Ils étaient étonnés de son enseignement ; car il enseignait comme ayant autorité et non pas comme les scribes.
      23 Il se trouvait justement dans leur synagogue un homme (possédé) d’un esprit impur, et qui s’écria :
      24 Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Tu es venu pour nous perdre. Je sais qui tu es : le Saint de Dieu.
      25 Jésus le menaça : Tais-toi et sors de cet homme.
      26 L’esprit impur sortit de cet homme dans une convulsion et en poussant un grand cri.
      27 Tous furent saisis de stupeur, de sorte qu’ils se demandaient les uns aux autres : Qu’est-ce que ceci ? Une nouvelle doctrine (donnée) avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent.
      28 Et sa renommée se répandit aussitôt dans toute la région de la Galilée.
      29 En sortant de la synagogue, ils se rendirent avec Jacques et Jean à la maison de Simon et André.
      30 La belle-mère de Simon était couchée, elle avait de la fièvre ; aussitôt on parla d’elle à Jésus.
      31 Il s’approcha, la fit lever en lui saisissant la main ; la fièvre la quitta, et elle se mit à les servir.
      32 Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amena tous les malades et les démoniaques.
      33 Et toute la ville était rassemblée devant la porte.
      34 Il guérit beaucoup de malades qui souffraient de divers maux. Il chassa aussi beaucoup de démons, mais il ne laissait pas les démons parler, parce qu’ils le connaissaient.
      35 Vers le matin, pendant qu’il faisait encore très sombre, il se leva et sortit pour aller dans un lieu désert où il se mit à prier.
      36 Simon et ceux qui étaient avec lui s’empressèrent de le rechercher,
      37 et quand ils l’eurent trouvé, ils lui dirent : Tous te cherchent.
      38 Il leur répondit : Allons ailleurs, dans les bourgades voisines, afin que j’y prêche aussi ; car c’est pour cela que je suis sorti.
      39 Et il s’en alla par toute la Galilée, prêchant dans les synagogues et chassant les démons.
      40 Un lépreux vint à lui et, se jetant à genoux, il lui dit d’un ton suppliant : Si tu le veux, tu peux me rendre pur.
      41 Jésus, ému de compassion, étendit la main, le toucha et dit : Je le veux, sois pur.
      42 Aussitôt la lèpre le quitta, et il fut purifié.
      43 Jésus le renvoya aussitôt avec de sévères recommandations,
      44 et lui dit : Garde-toi de rien dire à personne, mais va te montrer au sacrificateur, et présente pour ta purification ce que Moïse a prescrit,
      45 afin que cela leur serve de témoignage.

      Marc 2

      1 Quelques jours après, Jésus revint à Capernaüm. On apprit qu’il était à la maison,
      2 et il s’assembla un si grand nombre de personnes qu’il n’y avait plus de place, même devant la porte. Il leur annonçait la parole.
      3 On vint lui amener un paralytique porté par quatre hommes.
      7 Comment celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul ?
      12 Et à l’instant, il se leva, prit son lit et sortit en présence de tous, de sorte qu’ils étaient hors d’eux-mêmes et glorifiaient Dieu en disant : Nous n’avons jamais rien vu de pareil.
      23 Il arriva un jour de sabbat que Jésus traversa des champs de blé. Ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis.

      Marc 3

      6 Les Pharisiens sortirent et se consultèrent aussitôt avec les Hérodiens sur les moyens de le faire périr.
      13 Il monta ensuite sur la montagne ; il appela ceux qu’il voulut et ils vinrent à lui.
      14 Il en établit douze pour les avoir avec lui et
      15 pour les envoyer prêcher avec le pouvoir de chasser les démons.
      16 Il établit les douze : Simon, qu’il surnomma Pierre,
      17 Jacques, fils de Zébédée, et Jean, frère de Jacques, auxquels il donna le surnom de Boanergès, qui signifie fils du tonnerre ;
      18 André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, (fils) d’Alphée, Thaddée, Simon le Cananite
      19 et Judas Iscariot, celui qui livra Jésus.
      20 Puis ils revinrent à la maison, et la foule s’assembla de nouveau, en sorte qu’ils ne pouvaient pas même prendre leur repas.
      21 A cette nouvelle, les gens de sa parenté vinrent pour se saisir de lui car ils disaient : Il a perdu le sens.
      22 Et les scribes qui étaient descendus de Jérusalem, dirent : Béelzébul est en lui ; c’est par le prince des démons qu’il chasse les démons.
      23 Jésus les appela et leur dit sous forme de paraboles : Comment Satan peut-il chasser Satan ?
      24 Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister ;
      25 et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister.
      26 Si donc Satan se soulève contre lui-même, il est divisé et ne peut subsister, c’en est fini de lui.
      27 Personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort ; alors il pillera sa maison.
      28 En vérité, je vous le dis, tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, ainsi que les blasphèmes qu’ils auront proférés ;
      29 mais quiconque blasphème contre le Saint-Esprit n’obtiendra jamais de pardon : il est coupable d’un péché éternel.
      30 C’était parce qu’ils disaient : Un esprit impur est en lui.
      31 Survinrent sa mère et ses frères, qui, se tenant dehors, l’envoyèrent appeler.
      32 La foule était assise autour de lui et on lui dit : Voici, que ta mère, tes frères et tes sœurs sont dehors et te cherchent.
      33 Et il répondit : Qui est ma mère et qui sont mes frères ?
      34 Puis promenant les regards sur ceux qui étaient assis tout autour de lui, il dit : Voici ma mère et mes frères.
      35 Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère.

      Marc 4

      1 Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer. Il s’assembla auprès de lui une si grande foule qu’il monta s’asseoir dans une barque, sur la mer. Toute la foule était à terre près de la mer.
      34 Il ne leur parlait pas sans parabole ; mais en privé, il expliquait tout à ses disciples.
      35 Ce même jour sur le soir, Jésus leur dit : Passons sur l’autre rive.
      36 Après avoir renvoyé la foule, ils l’emmenèrent dans la barque où il se trouvait, et il y avait aussi d’autres barques avec lui.
      37 Il s’éleva une forte bourrasque, et les vagues se jetaient dans la barque au point qu’elle se remplissait déjà.
      38 Et lui, il dormait à la poupe sur le coussin. Ils le réveillèrent et lui dirent : Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ?
      39 Il se réveilla, menaça le vent et dit à la mer : Silence, tais-toi. Le vent cessa et un grand calme se fit.
      40 Puis il leur dit : Pourquoi avez-vous tellement peur ? Comment n’avez-vous pas de foi ?
      41 Ils furent saisis d’une grande crainte et se dirent les uns aux autres : Quel est donc celui-ci, car même le vent et la mer lui obéissent ?

      Marc 5

      1 Ils arrivèrent sur l’autre rive de la mer dans le pays des Géraséniens.
      2 Aussitôt que Jésus eut débarqué, un homme sortant des tombeaux et possédé d’un esprit impur vint au-devant de lui.
      3 Il avait sa demeure dans les tombeaux, et personne ne pouvait plus le lier même avec une chaîne ;
      4 car souvent il avait eu les fers aux pieds et avait été lié de chaînes, mais il avait rompu les chaînes et brisé les fers, et personne n’avait la force de le dompter.
      5 Il était sans cesse nuit et jour dans les tombes et sur les montagnes, criant et se meurtrissant avec des pierres.
      6 Il vit Jésus de loin, accourut, se prosterna devant lui
      7 et s’écria d’une voix forte : Que me veux-tu, Jésus, Fils du Très-Haut ? Je t’en conjure (au nom) de Dieu, ne me tourmente pas.
      8 Car Jésus lui disait : Sors de cet homme, esprit impur.
      9 Et il lui demanda : Quel est ton nom ? Légion est mon nom, lui répondit-il, car nous sommes plusieurs.
      10 Et ils le suppliaient instamment de ne pas les envoyer hors du pays.
      11 Or il y avait là près de la montagne un grand troupeau de pourceaux en train de paître.
      12 Et les démons supplièrent Jésus en disant : Envoie-nous dans ces pourceaux afin que nous entrions en eux.
      13 Il le leur permit. Et les esprits impurs sortirent, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se précipita du haut de l’escarpement dans la mer. Il y en avait environ deux mille, et ils se noyèrent.
      14 Ceux qui les faisaient paître s’enfuirent et répandirent la nouvelle dans la ville et dans les campagnes. Les gens allèrent voir ce qui était arrivé.
      15 Ils vinrent auprès de Jésus et virent le démoniaque, celui qui avait eu la légion, assis, vêtu, et dans son bon sens ; et ils furent saisis de crainte.
      16 Ceux qui avaient vu ce qui s’était passé leur racontèrent ce qui était arrivé au démoniaque ainsi qu’aux pourceaux.
      17 Alors ils se mirent à supplier Jésus pour qu’il s’en aille de leur territoire.
      18 Comme il montait dans la barque, celui qui avait été démoniaque le suppliait, afin de rester avec lui.
      19 Jésus ne le lui permit pas, mais il lui dit : Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait et comment il a eu pitié de toi.
      20 Il s’en alla et se mit à publier dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui. Et tous étaient dans l’admiration.
      21 Jésus regagna en barque l’autre rive et, une fois de plus, une grande foule s’assembla près de lui. Il était au bord de la mer.
      22 Alors vint un des chefs de la synagogue, nommé Jaïrus, qui le vit, se jeta à ses pieds
      23 et le supplia instamment en disant : Ma fillette est à toute extrémité ; viens, impose-lui les mains, afin qu’elle soit sauvée et qu’elle vive.
      24 Jésus s’en alla avec lui. Et une grande foule le suivait et le pressait.
      25 Or, il y avait une femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans.
      26 Elle avait beaucoup souffert entre les mains de plusieurs médecins ; elle avait dépensé tout ce qu’elle possédait sans en tirer aucun avantage ; au contraire son état avait plutôt empiré.
      27 Ayant entendu parler de Jésus, elle vint dans la foule par derrière et toucha son vêtement.
      28 Car elle disait : Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie.
      29 Au même instant, la perte de sang s’arrêta, et elle sentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.
      30 Jésus ressentit aussitôt en lui-même qu’une force était sortie de lui. Il se retourna au milieu de la foule et dit : Qui a touché mes vêtements ?
      31 Ses disciples lui dirent : Tu vois la foule qui te presse, et tu dis : Qui m’a touché ?
      32 Et il regardait autour de lui pour voir celle qui avait fait cela.
      33 La femme effrayée et tremblante, sachant ce qui s’était passé en elle, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
      34 Mais Jésus lui dit : Ma fille, ta foi t’a sauvée ; va en paix et sois guérie de ton mal.
      35 Il parlait encore, lorsque survinrent de chez le chef de la synagogue des gens qui dirent : Ta fille est morte ; pourquoi importuner encore le maître ?
      36 Mais Jésus, sans tenir compte de ces paroles, dit au chef de la synagogue : Sois sans crainte, crois seulement.
      37 Et il ne permit à personne de l’accompagner, si ce n’est à Pierre, à Jacques et à Jean, frère de Jacques.
      38 Ils arrivèrent à la maison du chef de la synagogue, où Jésus vit qu’il y avait du tumulte et des gens qui pleuraient et poussaient des cris retentissants.
      39 Il entra et leur dit : Pourquoi ce tumulte, et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte, mais elle dort.
      40 Et ils se moquaient de lui. Alors, il les fit tous sortir, prit avec lui le père et la mère de l’enfant, de même que ceux qui l’avaient accompagné, et entra là où se trouvait l’enfant.
      41 Il saisit l’enfant par la main et lui dit : Talitha koumi, ce qui se traduit : Jeune fille, lève-toi, je te le dis.
      42 Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher ; car elle avait douze ans. Ils en furent hors d’eux-mêmes, (frappés) d’un grand étonnement.
      43 Jésus leur fit de vives recommandations, afin que personne ne le sache, et il leur dit de donner à manger à la jeune fille.

      Marc 6

      1 Jésus partit de là et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent.
      2 Quand le sabbat fut venu, il se mit à enseigner dans la synagogue. Ses nombreux auditeurs étaient étonnés et disaient : D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée ? Et comment de tels miracles se font-ils par ses mains ?
      3 N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute.
      4 Mais Jésus leur dit : Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents et dans sa maison.
      5 Et il ne put faire là aucun miracle, sinon guérir quelques malades en leur imposant les mains.
      6 Et il s’étonna de leur incrédulité. Il parcourait les villages d’alentour en enseignant.
      7 Alors il appela les douze et se mit à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs.
      8 Il leur recommanda de ne rien prendre pour la route, sinon un bâton seulement : ni pain, ni sac, ni monnaie dans la ceinture,
      9 mais (disait-il) chaussez-vous de sandales et ne revêtez pas deux tuniques.
      10 Il leur disait : Dans quelque maison que vous entriez, demeurez-y jusqu’à ce que vous quittiez l’endroit.
      11 Et si quelque part les gens ne vous reçoivent ni ne vous écoutent, en partant de là, secouez la poussière de vos pieds en témoignage contre eux.
      12 Ils partirent et prêchèrent la repentance.
      14 Le roi Hérode l’apprit ; en effet le nom de Jésus devenait célèbre et l’on disait : Jean-Baptiste est ressuscité d’entre les morts et c’est pour cela qu’il a le pouvoir de faire des miracles.
      32 Ils partirent donc dans la barque, pour aller à l’écart dans un lieu désert.
      33 Plusieurs les virent s’en aller et les reconnurent, et de toutes les villes on accourut à pied et on les devança là (où ils se rendaient).
      34 Quand il sortit de la barque, Jésus vit une grande foule et en eut compassion, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger ; et il se mit à les enseigner longuement.
      35 Comme l’heure était déjà avancée, ses disciples s’approchèrent de lui et dirent : Ce lieu est désert et l’heure est déjà avancée ;
      36 renvoie-les, afin qu’ils aillent dans les campagnes et dans les villages des environs pour s’acheter de quoi manger.
      37 Jésus leur répondit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils lui dirent : Irons-nous acheter des pains pour deux cents deniers et leur donnerons-nous à manger ?
      38 Et il leur répondit : Combien avez-vous de pains ? Allez voir. Ils s’en informèrent et répondirent : Cinq, et deux poissons.
      39 Alors il leur commanda de les faire tous asseoir en groupes sur l’herbe verte,
      40 et ils s’assirent par rangées de cent et de cinquante.
      41 Il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et dit la bénédiction. Puis il rompit les pains et les donna aux disciples, pour les distribuer à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre tous.
      42 Tous mangèrent et furent rassasiés,
      43 et l’on emporta douze paniers pleins de morceaux de pain et de poissons.
      44 Ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes.
      46 Quand il eut pris congé d’elle, il s’en alla sur la montagne pour prier.

      Marc 7

      1 Les Pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem s’assemblèrent autour de Jésus.
      31 Jésus quitta la contrée de Tyr et revint par Sidon vers la mer de Galilée, en traversant la contrée de la Décapole.
      32 On lui amena un sourd qui avait de la difficulté à parler, et on le supplia de lui imposer les mains.
      33 Il le prit à l’écart loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles et lui toucha la langue avec de la salive ;
      34 puis il leva les yeux au ciel, soupira et dit : Ephphatha, c’est-à-dire : ouvre-toi.
      35 Aussitôt ses oreilles s’ouvrirent, sa langue se délia, et il se mit à parler correctement.

      Marc 8

      1 En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une foule nombreuse, et qu’elle n’avait pas de quoi manger, Jésus appela ses disciples et leur dit :
      10 Aussitôt il monta dans la barque avec ses disciples et se rendit dans le territoire de Dalmanoutha.
      12 Jésus soupira profondément en son esprit et dit : Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? En vérité, je vous le dis, il ne sera pas donné de signe à cette génération.
      22 Ils se rendirent à Bethsaïda ; on lui amena un aveugle, et on le supplia de le toucher.
      23 Il prit l’aveugle par la main et le conduisit hors du village ; puis il lui mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains et lui demanda : Vois-tu quelque chose ?
      24 Il ouvrit les yeux et dit : Je vois des hommes, mais comme des arbres, et ils marchent.
      25 Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux ; et, quand l’aveugle regarda fixement, il était rétabli et voyait tout distinctement.
      26 Alors Jésus le renvoya dans sa maison, en disant : Ne rentre pas au village.
      27 Jésus s’en alla, avec ses disciples dans les villages de Césarée de Philippe, et en chemin, il leur posa cette question : Les gens, qui disent-ils que je suis ?
      28 Ils dirent : Jean-Baptiste ; d’autres, Élie ; d’autres, l’un des prophètes.
      29 Mais vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis ? Pierre lui répondit : Tu es le Christ.
      30 Jésus leur recommanda sévèrement de ne dire à personne ce qui le concernait.
      33 Mais Jésus se retourna, regarda ses disciples, fit des reproches à Pierre et lui dit : Arrière de moi, Satan, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes.
      34 Puis il appela la foule avec ses disciples et leur dit : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive.
      35 Quiconque en effet voudra sauver sa vie la perdra, mais quiconque perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera.

      Marc 9

      2 Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il les conduisit seuls à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux :
      3 Ses vêtements devinrent resplendissants et d’une telle blancheur qu’il n’est pas de blanchisseur sur terre qui puisse blanchir ainsi.
      4 Élie et Moïse leur apparurent ; ils s’entretenaient avec Jésus.
      5 Pierre prit la parole et dit à Jésus : Rabbi il est bon que nous soyons ici ; dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie.
      6 Il ne savait que dire, car l’effroi les avait saisis.
      7 Une nuée vint les envelopper, et de la nuée sortit une voix : Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le.
      8 Aussitôt les disciples regardèrent à l’entour, mais ils ne virent plus personne que Jésus seul avec eux.
      9 Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur recommanda de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.
      10 Ils retinrent cette parole, tout en discutant entre eux : Qu’est-ce que ressusciter d’entre les morts ?
      11 Les disciples lui posèrent cette question : Pourquoi les scribes disent-ils : Il faut qu’Élie vienne d’abord ?
      12 Il leur répondit : « Élie vient d’abord et rétablit toutes choses ». Comment est-il écrit du Fils de l’homme qu’il doit souffrir beaucoup et être méprisé ?
      13 Mais je vous dis qu’Élie est venu et qu’ils l’ont traité comme ils l’ont voulu, selon ce qui est écrit de lui.

      Marc 10

      1 Jésus se mit en route pour se rendre aux confins de la Judée et de l’autre côté du Jourdain. Les foules s’assemblèrent de nouveau près de lui, et selon sa coutume, une fois de plus il les enseignait.
      17 Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut et, se jetant à genoux devant lui, il lui demanda : Bon Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ?
      18 Jésus lui dit : Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul.
      19 Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre ; ne commets pas d’adultère ; ne commets pas de vol ; ne dis pas de faux témoignage ; ne fais de tort à personne ; honore ton père et ta mère.
      20 Il lui répondit : Maître, j’ai gardé tout cela dès ma jeunesse.
      21 Jésus l’ayant regardé l’aima ; puis il lui dit : Il te manque une chose ; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi.
      22 Mais lui s’assombrit à ces paroles et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
      23 Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples : Qu’il est difficile à ceux qui ont des biens d’entrer dans le royaume de Dieu !
      24 Les disciples étaient stupéfaits par ses paroles. Et Jésus reprit et leur dit : Mes enfants, qu’il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu.
      25 Il est plus facile à un chameau de passer par le trou de l’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.
      26 Les disciples s’étonnaient encore davantage et se disaient les uns aux autres : Alors, qui peut être sauvé ?
      27 Jésus les regarda et dit : Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu, car tout est possible à Dieu.
      29 Jésus répondit : En vérité, je vous le dis, il n’est personne qui ait quitté, à cause de moi et de l’Évangile, maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou terres,
      45 Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup.
      46 Ils arrivèrent à Jéricho. Et lorsque Jésus en sortit avec ses disciples et une assez grande foule, un mendiant aveugle, Bartimée, fils de Timée, était assis au bord du chemin.
      52 Et Jésus lui dit : Va, ta foi t’a sauvé. Aussitôt il recouvra la vue et se mit à suivre Jésus sur le chemin.

      Marc 11

      1 Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem, de Bethphagé et de Béthanie vers le mont des Oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples en leur disant :
      2 Allez au village qui est devant vous ; dès que vous y serez entrés vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s’est encore assis ; détachez-le et amenez-le.
      8 Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d’autres des rameaux qu’ils coupèrent dans les champs.
      10 Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre Père ! Hosanna dans les lieux très hauts !
      15 Ils arrivèrent à Jérusalem, et Jésus entra dans le temple. Il se mit à chasser ceux qui vendaient et ceux qui achetaient dans le temple ; il renversa les tables des changeurs et les sièges des vendeurs de pigeons.
      19 Quand le soir fut venu, Jésus et ses disciples sortirent de la ville.
      27 Ils se rendirent de nouveau à Jérusalem, et pendant que Jésus se promenait dans le temple, les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens vinrent à lui
      28 et lui dirent : Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné l’autorité pour le faire ?
      29 Jésus leur répondit : Je vous poserai une seule question ; répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais cela.
      30 Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? Répondez-moi.
      31 Mais ils raisonnèrent ainsi entre eux : Si nous répondons : Du ciel, il dira : Pourquoi n’avez-vous donc pas cru en lui ?
      32 Et si nous répondons : Des hommes... Ils craignaient le peuple, car tous tenaient Jean pour un véritable prophète.
      33 Alors ils répondirent à Jésus : Nous ne savons pas. Et Jésus leur dit : Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela.

      Marc 12

      13 Ils envoyèrent auprès de Jésus quelques-uns des Pharisiens et des Hérodiens afin de le prendre au piège de ses propres paroles.
      14 Ils vinrent lui dire : Maître, nous savons que tu es vrai et que tu ne redoutes personne ; car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes, et tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Est-il permis de payer le tribut à César ? Devons-nous payer ou ne pas payer ?

      Marc 13

      10 Il faut premièrement que la bonne nouvelle soit prêchée à toutes les nations.

      Marc 14

      10 Judas Iscariot, l’un des douze, alla trouver les principaux sacrificateurs afin de leur livrer Jésus.
      12 Le premier jour des pains sans levain où l’on immolait la Pâque, les disciples de Jésus lui dirent : Où veux-tu que nous allions te préparer le repas de la Pâque ?
      13 Il envoya deux de ses disciples et leur dit : Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau vous rencontrera ; suivez-le,
      14 et là où il entrera, dites au maître de la maison : Le Maître dit : Où est la salle où je mangerai la Pâque avec mes disciples ?
      15 Et il vous montrera une grande chambre haute, aménagée et toute prête : c’est là que vous nous préparerez (la Pâque).
      16 Les disciples partirent, arrivèrent à la ville, trouvèrent les choses comme il le leur avait dit, et préparèrent la Pâque.
      17 Le soir venu, il arriva avec les douze.
      18 Pendant qu’ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit : En vérité, je vous le dis, l’un de vous qui mange avec moi me livrera.
      19 Ils commencèrent à s’attrister et à lui dire l’un après l’autre : Est-ce moi ?
      20 Il leur répondit : L’un des douze, celui qui met avec moi la main dans le même plat.
      21 Le Fils de l’homme s’en va, selon ce qui est écrit de lui. Mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l’homme est livré ! Mieux vaudrait pour cet homme ne pas être né.
      22 Pendant qu’ils mangeaient, Jésus prit du pain, et après avoir dit la bénédiction, il le rompit et le leur donna en disant : Prenez, ceci est mon corps.
      23 Il prit ensuite une coupe, et après avoir rendu grâces, il la leur donna, et ils en burent tous.
      24 Et il leur dit : Ceci est mon sang (le sang) de l’alliance, qui est répandu pour beaucoup.
      25 En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où j’en boirai du nouveau, dans le royaume de Dieu.
      28 Mais, après ma résurrection, je vous précéderai en Galilée.
      32 Ils allèrent ensuite dans un lieu nommé Gethsémané, et Jésus dit à ses disciples : Asseyez-vous ici pendant que je prierai.
      33 Il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à être saisi d’effroi et d’angoisse.
      34 Il leur dit : Mon âme est triste jusqu’à la mort ; restez ici et veillez.
      35 Puis il s’avança un peu, se jeta contre terre et pria que, s’il était possible, cette heure s’éloigne de lui.
      36 Il disait : Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe. Toutefois non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.
      37 Il revint vers les disciples qu’il trouva endormis, et il dit à Pierre : Simon, tu dors ! Tu n’as pas été capable de veiller une heure !
      38 Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible.
      39 Il s’éloigna de nouveau et pria en répétant les mêmes paroles.
      40 Il revint encore et les trouva endormis ; car leurs yeux étaient appesantis. Ils ne savaient que lui répondre.
      41 Il revint pour la troisième fois et leur dit : Vous dormez maintenant et vous vous reposez. C’en est fait. L’heure est venue ; voici que le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.
      42 Levez-vous, allons ; celui qui me livre s’approche.
      43 Aussitôt, comme il parlait encore, survint Judas, l’un des douze, et avec lui une foule armée d’épées et de bâtons, (envoyée) par les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens.
      44 Celui qui le livrait leur avait donné un signal : Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui ; saisissez-le et emmenez-le sous bonne garde.
      45 Aussitôt arrivé, il s’approcha de Jésus en disant : Rabbi ! Et il l’embrassa.
      46 Alors ces gens portèrent les mains sur Jésus et le saisirent.
      47 Un de ceux qui étaient là tira l’épée, frappa le serviteur du souverain sacrificateur et lui emporta l’oreille.
      48 Jésus prit la parole et leur dit : Vous êtes venus comme après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer de moi.
      49 J’étais tous les jours parmi vous, j’enseignais dans le temple, et vous ne vous êtes pas saisis de moi. Mais c’est afin que les Écritures soient accomplies.
      50 Alors tous l’abandonnèrent et prirent la fuite.
      57 Quelques-uns se levèrent et portèrent un faux témoignage contre lui en disant :
      64 Vous avez entendu le blasphème. Que vous en semble ? Tous le condamnèrent comme passible de mort.

      Marc 15

      1 Dès le matin, les principaux sacrificateurs tinrent conseil avec les anciens, les scribes et tout le sanhédrin. Après avoir lié Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
      6 A chaque fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.
      7 Un nommé Barabbas était en prison avec des émeutiers pour avoir, lors d’une émeute, commis un meurtre.
      8 La foule monta et se mit à demander ce qu’il avait coutume de faire pour eux.
      9 Pilate leur répondit : Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ?
      10 Car il savait que c’était par jalousie que les principaux sacrificateurs l’avaient livré.
      11 Mais les principaux sacrificateurs soulevèrent la foule, pour que Pilate leur relâche plutôt Barabbas.
      34 Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : Éloï, Éloï, lama sabachthani ? ce qui se traduit : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
      39 Le centurion, qui se tenait en face de Jésus, voyant qu’il avait expiré de la sorte, dit : Cet homme était vraiment le Fils de Dieu.
      40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient de loin. Parmi elles étaient Marie-Madeleine, Marie mère de Jacques le Mineur et de Joses, et Salomé,

      Marc 16

      7 Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée : C’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit.
      9 [Jésus, ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut d’abord à Marie-Madeleine de laquelle il avait chassé sept démons.
      10 Elle alla en porter la nouvelle à ceux qui avaient été avec lui, et qui menaient deuil et pleuraient.
      11 Quand ils entendirent qu’il vivait et qu’elle l’avait vu, ils ne (la) crurent pas.
      12 Après cela, il se montra sous une autre forme à deux d’entre eux qui étaient en chemin et se rendaient à la campagne.

      Luc 3

      15 Comme le peuple était dans l’attente, et que tous se demandaient intérieurement si Jean n’était pas le Christ,
      22 et l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et il vint une voix du ciel : Tu es mon Fils bien-aimé, objet de mon affection.

      Luc 4

      1 Jésus, rempli d’Esprit Saint, revint du Jourdain et fut conduit par l’Esprit dans le désert,
      13 Après avoir achevé de le tenter, le diable s’éloigna de lui jusqu’à une autre occasion.
      16 Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et entra, selon sa coutume, dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture,
      17 et on lui remit le livre du prophète Ésaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il était écrit :
      18 L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint [Pour guérir ceux qui ont le cœur brisé ; ] Pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres ; Il m’a envoyé pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés,
      19 Pour proclamer une année de grâce du Seigneur.
      20 Puis il roula le livre, le rendit au serviteur et s’assit. Les yeux de tous, dans la synagogue, étaient fixés sur lui.
      21 Alors il se mit à leur dire : Aujourd’hui cette (parole de l’) Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie.
      22 Et tous lui rendaient témoignage, admiraient les paroles de grâce qui sortaient de sa bouche et disaient : N’est-ce pas le fils de Joseph ?
      23 Jésus leur dit : Certainement, vous me citerez ce proverbe : Médecin, guéris-toi toi-même ; tout ce qui s’est produit à Capernaüm et que nous avons appris, fais-le ici dans ta patrie.
      24 Il leur dit encore : En vérité, je vous le dis, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie.
      25 C’est la vérité que je vous dis : Il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois et qu’il y eut une grande famine sur tout le pays ;
      26 et cependant Élie ne fut envoyé vers aucune d’elles, si ce n’est vers une femme veuve, à Sarepta, dans le pays de Sidon.
      27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et cependant aucun d’eux ne fut purifié, si ce n’est Naaman le Syrien.
      28 Ils furent tous remplis de fureur dans la synagogue, lorsqu’ils entendirent cela.
      29 Ils se levèrent, le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu’à un escarpement de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie afin de le précipiter en bas.
      30 Mais lui, passant au milieu d’eux, s’en alla.

      Luc 7

      18 Les disciples de Jean lui annoncèrent tout cela.
      19 Jean appela deux de ses disciples et les envoya vers le Seigneur, pour lui dire : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?
      20 Arrivés auprès de lui, ces hommes dirent : Jean-Baptiste nous a envoyés vers toi, pour dire : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?
      21 A l’heure même, Jésus guérit plusieurs personnes de maladies, d’infirmités et d’esprits mauvais, et il rendit la vue à de nombreux aveugles.
      22 Et il leur répondit : Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.
      23 Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute !
      26 Qu’êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète.
      27 C’est lui dont il est écrit : Voici, j’envoie devant toi mon messager Pour préparer ton chemin devant toi.
      28 Je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’y en a pas de plus grand que Jean. Cependant, le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui.
      33 Car Jean-Baptiste est venu, il ne mangeait pas de pain et ne buvait pas de vin, et vous dites : Il a un démon.

      Luc 9

      10 Les apôtres, à leur retour, racontèrent à Jésus tout ce qu’ils avaient fait. Il les prit avec lui et se retira à l’écart, du côté d’une ville appelée Bethsaïda.
      17 Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient.
      18 Un jour que Jésus priait à l’écart et que ses disciples étaient avec lui, il leur posa cette question : Les foules, qui disent-elles que je suis ?
      19 Ils répondirent : Jean-Baptiste ; d’autres, Élie ; d’autres un des anciens prophètes ressuscité.
      20 Mais vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? Pierre répondit : Le Christ de Dieu.
      21 Jésus leur recommanda sévèrement de ne le dire à personne.
      22 Il ajouta qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu’il soit mis à mort et qu’il ressuscite le troisième jour.
      28 Huit jours environ s’écoulèrent après qu’il eut dit ces paroles, puis Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier.
      29 Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea, et son vêtement devint d’une éclatante blancheur.
      30 Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie,
      31 qui, apparaissant dans la gloire, parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
      32 Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais ils se tinrent éveillés et virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui.
      33 Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus, Pierre lui dit : Maître, il est bon que nous soyons ici ; dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. Il ne savait ce qu’il disait.
      34 Comme il parlait ainsi, une nuée vint les envelopper, et les disciples furent saisis de crainte, tandis qu’ils entraient dans la nuée.
      35 Et de la nuée sortit une voix, qui dit : Celui-ci est mon Fils élu : écoutez-le.
      36 Quand la voix se fit entendre, Jésus se trouva seul. Les disciples gardèrent le silence et ne racontèrent à personne, en ces jours-là, rien de ce qu’ils avaient vu.
      58 Jésus lui répondit : Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête.

      Luc 10

      1 Après cela, le Seigneur en désigna encore soixante-dix autres et les envoya devant lui, deux à deux, dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller.
      2 Il leur disait : La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le Seigneur de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson.
      3 Allez ; voici : je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
      4 Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
      5 Dans quelque maison que vous entriez, dites d’abord : Que la paix soit sur cette maison !
      6 Et s’il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui ; sinon elle reviendra à vous.
      7 Demeurez dans cette maison-là, mangez et buvez ce qui s’y trouve ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
      8 Dans quelque ville que vous entriez, et où l’on vous recevra, mangez ce qu’on vous présentera,
      9 guérissez les malades qui s’y trouveront, et dites-leur : Le royaume de Dieu s’est approché de vous.
      10 Mais dans quelque ville que vous entriez, et où l’on ne vous recevra pas, allez sur ses places et dites :
      11 Nous secouons contre vous la poussière même de votre ville qui s’est attachée à nos pieds ; sachez pourtant que le royaume de Dieu s’est approché.
      12 Je vous dis qu’en ce jour Sodome sera traitée moins rigoureusement que cette ville-là.
      13 Malheur à toi, Chorazin ! malheur à toi Bethsaïda ! car, si les miracles faits au milieu de vous l’avaient été à Tyr et à Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, avec le sac et la cendre.
      14 C’est pourquoi, lors du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous.
      15 Et toi, Capernaüm ; seras-tu élevée jusqu’au ciel ? (Non) tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts.
      16 Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette, et celui qui me rejette, rejette celui qui m’a envoyé.
      17 Les soixante-dix revinrent avec joie et dirent : Seigneur, les démons même nous sont soumis en ton nom.
      18 Il leur dit : Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair.
      19 Voici : je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions et sur toute la puissance de l’ennemi, et rien ne pourra vous nuire.
      20 Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux.

      Luc 11

      29 Comme le peuple s’amassait en foule, il se mit à dire : Cette génération est une génération mauvaise ; elle cherche un signe ; il ne lui sera donné d’autre signe que celui de Jonas.

      Luc 12

      49 Je suis venu jeter un feu sur la terre, et qu’ai-je à désirer, s’il est déjà allumé ?

      Luc 13

      32 Il leur dit : Allez dire à ce renard : Voici : je chasse les démons et j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain ; et le troisième jour, ce sera pour moi l’achèvement.

      Luc 14

      26 Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple.
      35 Il n’est utile ni pour la terre, ni pour le fumier ; on le jette dehors. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende !

      Luc 16

      16 Jusqu’à Jean, c’étaient la loi et les prophètes ; depuis lors, le royaume de Dieu est annoncé comme une bonne nouvelle, et chacun use de violence pour y entrer.

      Luc 18

      33 et, après l’avoir flagellé on le fera mourir ; et le troisième jour il ressuscitera.
      35 Comme Jésus approchait de Jéricho, un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait.
      36 Il entendit la foule passer et demanda ce que c’était.
      37 On lui annonça que Jésus de Nazareth passait.
      38 Et il s’écria : Jésus, Fils de David, aie pitié de moi !
      39 Ceux qui marchaient en avant lui faisaient des reproches pour le faire taire, mais il criait d’autant plus : Fils de David, aie pitié de moi !
      40 Jésus s’arrêta et ordonna de le lui amener, et, quand il se fut approché, il lui demanda :
      41 Que veux-tu que je te fasse ? Il répondit : Seigneur, que je recouvre la vue !
      42 Et Jésus lui dit : Recouvre la vue ; ta foi t’a sauvé.
      43 A l’instant il recouvra la vue et suivit Jésus, en glorifiant Dieu. Tout le peuple, en voyant cela, rendit louange à Dieu.

      Luc 19

      3 cherchait à voir qui était Jésus ; mais il ne le pouvait pas, à cause de la foule, car il était de petite taille.
      11 Alors qu’ils écoutaient, il ajouta une parabole, parce qu’il était près de Jérusalem, et qu’on pensait que le royaume de Dieu devait apparaître à l’instant.
      39 Quelques Pharisiens, du milieu de la foule, dirent à Jésus : Maître, reprends tes disciples.
      40 Il répondit : Je vous le dis, s’ils se taisent, les pierres crieront !
      41 Comme il approchait de la ville, Jésus en la voyant, pleura sur elle et dit :
      44 ils t’écraseront, toi et tes enfants au milieu de toi, et ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas connu le temps où tu as été visitée.
      45 Il entra dans le temple et se mit à chasser les marchands,

      Luc 20

      1 Un de ces jours-là, comme Jésus enseignait le peuple dans le temple et qu’il annonçait la bonne nouvelle, les principaux sacrificateurs et les scribes, avec les anciens, survinrent
      2 et lui dirent : Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou qui est celui qui t’a donné cette autorité.
      3 Il leur répondit : Je vous poserai, moi aussi, une question.
      4 Dites-moi, le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ?
      5 Mais ils firent en eux-mêmes cette réflexion : Si nous répondons : Du ciel, il dira : Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ?
      6 Et si nous répondons : Des hommes, tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean était un prophète.
      7 Alors ils répondirent qu’ils ne savaient pas d’où (venait ce baptême).
      8 Et Jésus leur dit : Moi non plus, je ne vous dis pas en vertu de quelle autorité je fais cela.
      22 Nous est-il permis ou non, de payer l’impôt à César ?

      Luc 22

      3 Or, Satan entra dans Judas, appelé Iscariot, qui était du nombre des douze.
      6 Il accepta et se mit à chercher une occasion favorable pour leur livrer Jésus à l’insu de la foule.
      7 Le jour des pains sans levain, où l’on devait immoler la Pâque, arriva,
      23 Et ils commencèrent à se demander les uns aux autres qui était celui d’entre eux qui allait faire cela.
      40 Arrivé à cet endroit, il leur dit : Priez, afin de ne pas entrer en tentation.
      41 Puis il s’écarta d’eux d’environ un jet de pierre, se mit à genoux et pria,
      42 en disant : Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe. Toutefois que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne, qui soit faite.
      43 Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier.
      44 En proie à l’angoisse, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre.
      45 Il se releva de sa prière et vint vers les disciples, qu’il trouva endormis de tristesse
      46 et il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous, priez, afin de ne pas entrer en tentation.
      47 Comme il parlait encore, voici qu’une foule arriva, et celui qui s’appelait Judas, l’un des douze, marchait devant elle. Il s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser.
      48 Jésus lui dit : Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme !
      49 Ceux qui étaient avec Jésus, voyant ce qui allait arriver, dirent : Seigneur, frapperons-nous de l’épée ?
      50 Et l’un d’eux frappa le serviteur du souverain sacrificateur et lui emporta l’oreille droite.
      51 Mais Jésus prit la parole et dit : Tenez-vous en là ! Puis il toucha l’oreille de cet homme et le guérit.
      52 Jésus dit ensuite aux principaux sacrificateurs, aux chefs des gardes du temple et aux anciens, qui étaient venus contre lui : Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons.
      53 J’étais tous les jours avec vous dans le temple et vous n’avez pas mis la main sur moi. Mais c’est ici votre heure et le pouvoir des ténèbres.

      Luc 23

      18 Ils s’écrièrent tous ensemble : Fais mourir celui-ci, et relâche-nous Barabbas.
      34 Jésus dit : Père pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. Ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort.
      39 L’un des malfaiteurs suspendus en croix blasphémait contre lui : N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et sauve-nous !
      40 Mais l’autre lui fit des reproches et dit : Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation ?
      41 Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos actes ; mais celui-ci n’a rien fait de mal.
      42 Et il dit : Jésus, souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne.
      43 Jésus lui répondit : En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.
      49 Tous ceux qui connaissaient Jésus, et les femmes qui l’avaient accompagné depuis la Galilée, se tenaient à distance, et regardaient ce qui se passait.

      Luc 24

      4 Comme elles étaient perplexes à ce sujet, voici que deux hommes se présentèrent à elles en habits resplendissants.
      13 Et voici que ce même jour, deux d’entre eux allaient à un village nommé Émmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades,
      14 ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé.
      15 Pendant qu’ils s’entretenaient et discutaient, Jésus s’approcha et fit route avec eux.
      16 Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
      17 Il leur dit : Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? Et ils s’arrêtèrent, l’air attristé.
      18 L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit : Es-tu le seul qui séjourne à Jérusalem et ne sache pas ce qui s’y est produit ces jours-ci ?
      19 – Quoi ? leur dit-il. Ils lui répondirent : Ce qui s’est produit au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple,
      20 et comment nos principaux sacrificateurs et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié.
      21 Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël, mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces événements se sont produits.
      22 Il est vrai que quelques femmes d’entre nous, nous ont fort étonnés ; elles se sont rendues de bon matin au tombeau et,
      23 n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leur sont apparus et ont déclaré qu’il est vivant.
      24 Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses tout comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu.
      25 Alors Jésus leur dit : Hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes !
      26 Le Christ ne devait-il pas souffrir de la sorte et entrer dans sa gloire ?
      27 Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait.
      28 Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin.
      29 Mais ils le pressèrent, en disant : Reste avec nous, car le soir approche, le jour est déjà sur son déclin. Il entra, pour rester avec eux.
      30 Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction ; puis il le rompit et le leur donna.
      31 Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux.
      32 Et ils se dirent l’un à l’autre : Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ?
      33 Ils se levèrent à l’heure même, retournèrent à Jérusalem et trouvèrent assemblés les onze et leurs compagnons,
      34 qui leur dirent : Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon.
      35 Ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain.
      36 Tandis qu’ils parlaient de la sorte, lui-même se présenta au milieu d’eux et leur dit : Que la paix soit avec vous.
      37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit.
      38 Mais il leur dit : Pourquoi êtes-vous troublés et pourquoi ces raisonnements s’élèvent-ils dans vos cœurs ?
      39 Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi ; touchez-moi et voyez ; un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’en ai.
      40 Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds.
      41 Comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore, et qu’ils étaient dans l’étonnement, il leur dit : Avez-vous ici quelque chose à manger ?
      42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé.
      43 Il le prit et le mangea devant eux.
      44 Puis il leur dit : C’est là ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous ; il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes.
      45 Alors il leur ouvrit l’intelligence pour comprendre les Écritures.
      46 Et il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour
      47 et que la repentance en vue du pardon des péchés serait prêchée en son nom à toutes les nations à commencer par Jérusalem.
      48 Vous en êtes témoins.
      49 Et [voici] : j’enverrai sur vous ce que mon Père a promis, mais vous, restez dans la ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut.

      Jean 1

      1 Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.
      2 Elle était au commencement avec Dieu.
      3 Tout a été fait par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.
      4 En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
      5 La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas accueillie.
      6 Il y eut un homme envoyé par Dieu, du nom de Jean.
      7 Il vint comme témoin pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui.
      8 Il n’était pas la lumière, mais (il vint) pour rendre témoignage à la lumière.
      9 C’était la véritable lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme.
      10 Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a pas connue.
      11 Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçue ;
      12 mais à tous ceux qui l’ont reçue, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom
      13 et qui sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.
      14 La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père.
      15 Jean lui a rendu témoignage et s’est écrié : C’est celui dont j’ai dit : Celui qui vient après moi m’a précédé car il était avant moi.
      16 Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce,
      17 car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.
      18 Personne n’a jamais vu Dieu ; Dieu (le Fils) unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître.
      19 Voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites pour lui demander :
      20 Toi, qui es-tu ? Il confessa sans le nier, il confessa : Moi, je ne suis pas le Christ.
      21 Et ils lui demandèrent : Quoi donc ? Es-tu Élie ? Et il dit : Je ne le suis pas. Es-tu le prophète ? Et il répondit : Non.
      22 Ils lui dirent alors : Qui es-tu ? afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés ; que dis-tu de toi-même ?
      23 Il dit : Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Rendez droit le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Ésaie.
      24 Ceux qui avaient été envoyés étaient des Pharisiens.
      25 Ils l’interrogèrent et lui dirent : Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es pas le Christ, ni Élie, ni le prophète ? Jean leur répondit :
      26 Moi, je baptise dans l’eau ; au milieu de vous, il en est un que vous ne connaissez pas et qui vient après moi ;
      27 je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale.
      28 Cela se passait à Béthanie, au-delà du Jourdain, où Jean baptisait.
      29 Le lendemain, il vit Jésus venir à lui et dit : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.
      30 C’est celui dont j’ai dit : Après moi vient un homme qui m’a précédé, car il était avant moi ;
      31 et moi, je ne le connaissais pas, mais, afin qu’il soit manifesté à Israël, je suis venu baptiser d’eau.
      32 Jean rendit ce témoignage : J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui ;
      33 et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser d’eau m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est lui qui baptise d’Esprit Saint.
      34 Et moi, j’ai vu et j’ai rendu témoignage que c’est lui le Fils de Dieu.
      35 Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples ;
      36 il regarda Jésus qui passait et dit : Voici l’Agneau de Dieu.
      37 Les deux disciples entendirent ces paroles et suivirent Jésus.
      38 Jésus se retourna, vit qu’ils le suivaient et leur dit : Que cherchez-vous ? Ils lui dirent : Rabbi – ce qui se traduit : Maître – où demeures-tu ?
      39 Il leur dit : Venez et vous verrez. Il allèrent et virent où il demeurait ; ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là. C’était environ la dixième heure.
      40 André, frère de Simon Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et qui avaient suivi Jésus.
      41 Il trouva d’abord son propre frère Simon et lui dit : Nous avons trouvé le Messie – ce qui se traduit : Christ.
      42 Il le conduisit vers Jésus. Jésus le regarda et dit : Tu es Simon, fils de Jonas : tu seras appelé Céphas – ce qui se traduit : Pierre.
      43 Le lendemain, il voulut se rendre en Galilée, et il trouva Philippe. Jésus lui dit : Suis-moi.
      44 Philippe était de Bethsaïda, la ville d’André et de Pierre.
      45 Philippe trouva Nathanaël et lui dit : Nous avons trouvé celui dont il est parlé dans la loi de Moïse et dans les prophètes, Jésus de Nazareth, fils de Joseph.
      46 Nathanaël lui dit : Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ?
      47 Philippe lui dit : Viens et vois. Jésus vit venir à lui Nathanaël et dit de lui : Voici vraiment un Israélite dans lequel il n’y a pas de fraude.
      48 Nathanaël lui dit : D’où me connais-tu ? Jésus lui répondit : Avant que Philippe t’ait appelé, quand tu étais sous le figuier, je t’avais vu.
      49 Nathanaël reprit : Rabbi, toi tu es le Fils de Dieu, toi tu es le roi d’Israël.
      50 Jésus lui répondit : Parce que je t’ai dit que je t’avais vu sous le figuier, tu crois ; tu verras de plus grandes choses que celles-ci !
      51 En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme.

      Jean 2

      14 Il trouva établis dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de pigeons, et les changeurs.
      15 Il fit un fouet de cordes et les chassa tous hors du temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il dispersa la monnaie des changeurs, renversa les tables
      16 et dit aux vendeurs de pigeons : Ôtez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.
      19 Jésus leur répondit : Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai.

      Jean 3

      22 Après cela, Jésus se rendit avec ses disciples dans la terre de Judée ; et là, il séjournait avec eux et baptisait.
      23 Jean aussi baptisait à Énon, près de Salim, parce qu’il y avait beaucoup de points d’eau ; on s’y rendait pour être baptisé.
      24 Car Jean n’avait pas encore été jeté en prison.
      25 Or, il s’éleva de la part des disciples de Jean une discussion avec un Juif à propos de la purification.
      30 Il faut qu’il croisse et que je diminue.

      Jean 6

      1 Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée (ou) de Tibériade.
      13 Ils les ramassèrent donc, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, qui restaient à ceux qui avaient mangé.
      14 Ces gens, à la vue du miracle que Jésus avait fait, disaient : Vraiment c’est lui le prophète qui vient dans le monde.
      22 Le lendemain, la foule qui était restée de l’autre côté de la mer, vit qu’il ne s’était trouvé là qu’une seule barque et que Jésus n’était pas monté dans cette barque avec ses disciples, mais que les disciples étaient partis seuls.
      58 C’est ici le pain descendu du ciel. Il n’est pas comme celui qu’ont mangé vos pères : ils sont morts. Celui qui mange ce pain vivra éternellement.
      63 C’est l’Esprit qui vivifie. La chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie.

      Jean 7

      2 Or, la fête des Juifs, celle des Huttes, était proche.

      Jean 8

      1 Jésus se rendit au mont des Oliviers.
      2 Mais dès le matin, il se rendit de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. Il s’assit et les enseignait.
      3 Alors les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère,
      4 la placent au milieu et disent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
      5 Moïse, dans la loi, nous a prescrit de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ?
      6 Ils disaient cela pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur la terre.
      7 Comme ils persistaient à le questionner, il se redressa et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier la pierre.
      8 De nouveau il se baissa et se mit à écrire sur la terre.
      9 Quand ils entendirent cela, [accusés par leur conscience], ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés [et jusqu’aux derniers], et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.
      10 Alors Jésus se redressa et lui dit : Femme, où sont [tes accusateurs] ? Personne ne t’a condamnée ?
      11 Elle répondit : Personne, Seigneur. Et Jésus lui dit : Moi non plus je ne te condamne pas ; va, et désormais ne pèche plus. ]

      Jean 10

      22 On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. C’était l’hiver.
      40 Jésus s’en alla de nouveau au-delà du Jourdain, à l’endroit où Jean avait d’abord baptisé, et il y demeura.

      Jean 11

      11 Après ces paroles, il leur dit : Lazare, notre ami, s’est endormi, mais je pars pour le réveiller.
      39 Jésus dit : Ôtez la pierre. Marthe, la sœur du mort, lui dit : Seigneur, il sent déjà, car c’est le quatrième jour.
      47 Alors les principaux sacrificateurs et les Pharisiens assemblèrent le sanhédrin et dirent : Qu’allons-nous faire ? Car cet homme fait beaucoup de miracles.
      54 Jésus donc ne circula plus ouvertement parmi les Juifs ; mais il partit de là pour la contrée voisine du désert, dans une ville appelée Éphraïm ; il y séjournait avec ses disciples.
      57 Or, les principaux sacrificateurs et les Pharisiens avaient donné des ordres pour que, si quelqu’un savait où il était, il le dénonce, afin qu’on l’arrête.

      Jean 12

      12 Le lendemain, la foule nombreuse de gens venue pour la fête, apprit que Jésus se rendait à Jérusalem ;

      Jean 18

      3 Judas prit donc la cohorte et des gardes envoyés par les principaux sacrificateurs et par les Pharisiens, et s’y rendit avec des torches, des lanternes et des armes.
      4 Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s’avança et leur dit : Qui cherchez-vous ?
      5 Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Il leur dit : C’est moi. Judas, qui le livrait, se tenait avec eux.
      6 Lorsque Jésus leur eut dit : C’est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre.
      7 Il leur demanda de nouveau : Qui cherchez-vous ? Et ils dirent : Jésus de Nazareth.
      8 Jésus répondit : Je vous ai dit que c’est moi. Si donc c’est moi que vous cherchez, laissez partir ceux-ci.
      9 C’était afin que s’accomplisse la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés. »
      10 Simon Pierre qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du souverain sacrificateur et lui trancha l’oreille droite. Le nom du serviteur était Malchus.
      11 Jésus dit à Pierre : Remets ton épée au fourreau. Ne boirai-je pas la coupe que le Père m’a donnée ?
      12 La cohorte, le tribun et les gardes des Juifs saisirent alors Jésus et le lièrent.
      13 Ils l’emmenèrent d’abord chez Anne ; car c’était le beau-père de Caïphe qui était souverain sacrificateur cette année-là.
      14 Et Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : « Il est préférable qu’un seul homme meure pour le peuple. »
      15 Or, Simon Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus. Ce disciple était connu du souverain sacrificateur, et il entra avec Jésus dans la cour du souverain sacrificateur ;
      16 mais Pierre se tenait dehors, près de la porte. L’autre disciple, connu du souverain sacrificateur, sortit, parla à la gardienne de la porte et fit entrer Pierre.
      17 Alors la servante, gardienne de la porte, dit à Pierre : Toi aussi, n’es-tu pas des disciples de cet homme ? Il dit : Je n’en suis pas.
      18 Les serviteurs et les gardes se tenaient là, après avoir allumé un brasier, car il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre aussi se tenait avec eux et se chauffait.
      19 Le souverain sacrificateur interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement.
      20 Jésus lui répondit : J’ai parlé ouvertement au monde ; j’ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s’assemblent, et je n’ai parlé de rien en secret.
      21 Pourquoi m’interroges-tu ? Demande à ceux qui m’ont entendu de quoi je leur ai parlé ; voici qu’ils savent, eux, ce que moi j’ai dit.
      22 A ces mots, un des gardes qui se trouvaient là donna une gifle à Jésus, en disant : Est-ce ainsi que tu réponds au souverain sacrificateur ?
      23 Jésus lui répondit : Si j’ai mal parlé, prouve ce qu’il y a de mal ; et si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?
      24 Alors Anne l’envoya lié à Caïphe, le souverain sacrificateur.
      33 Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus et lui dit : Es-tu le roi des Juifs ?
      40 Alors de nouveau, ils crièrent : Non, pas lui, mais Barabbas. Or, Barabbas était un brigand.

      Jean 19

      25 Près de la croix de Jésus, se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie femme de Clopas et Marie-Madeleine.
      26 Jésus, voyant sa mère, et debout auprès d’elle le disciple qu’il aimait dit à sa mère : Femme, voici ton fils.
      27 Puis il dit au disciple : Voici ta mère. Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

      Jean 20

      11 Cependant, Marie se tenait dehors, près du tombeau, et pleurait. Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans le tombeau
      12 et vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l’un à la tête, l’autre aux pieds.
      13 Ils lui dirent : Femme, pourquoi pleures-tu ? Elle leur répondit : Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l’a mis.
      14 En disant cela, elle se retourna et vit Jésus debout ; mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
      15 Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Pensant que c’était le jardinier, elle lui dit : Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je le prendrai.
      16 Jésus lui dit : Marie ! Elle se retourna et lui dit en hébreu : Rabbouni, c’est-à-dire : Maître !
      17 Jésus lui dit : Ne me touche pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va vers mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.
      18 Marie-Madeleine vint annoncer aux disciples qu’elle avait vu le Seigneur, et qu’il lui avait dit ces choses.
      19 Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient fermées, par la crainte qu’ils avaient des Juifs ; Jésus vint, et debout au milieu d’eux, il leur dit : Que la paix soit avec vous !
      20 Quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples se réjouirent en voyant le Seigneur.
      21 Jésus leur dit de nouveau : Que la paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.
      22 Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint.
      23 Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés, et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.
      26 Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, et debout au milieu d’eux, il leur dit : Que la paix soit avec vous !
      27 Puis il dit à Thomas : Avance ici ton doigt, regarde mes mains, avance aussi ta main et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois !
      28 Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu !
      29 Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru !

      Jean 21

      9 Lorsqu’ils furent descendus à terre, ils virent là un brasier, du poisson posé dessus, et du pain.
      10 Jésus leur dit : Apportez des poissons que vous venez de prendre.
      11 Simon Pierre monta (dans la barque) et tira à terre le filet plein de cent cinquante-trois gros poissons ; et quoiqu’il y en eût tant, le filet ne se déchira pas.
      12 Jésus leur dit : Venez manger. Et aucun des disciples n’osait lui demander : Qui es-tu ? car ils savaient que c’était le Seigneur.
      13 Jésus s’approcha, prit le pain et le leur donna, ainsi que le poisson.
      21 En le voyant, Pierre dit à Jésus : Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il ?
      22 Jésus lui dit : Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ?
      23 Toi, suis-moi. Là-dessus, le bruit se répandit parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Pourtant, Jésus ne lui avait pas dit qu’il ne mourrait pas, mais : Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ?

      Actes 1

      3 C’est à eux aussi qu’avec plusieurs preuves, il se présenta vivant, après avoir souffert, et leur apparut pendant quarante jours en parlant de ce qui concerne le royaume de Dieu.
      4 Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre la promesse du Père dont, leur dit-il, vous m’avez entendu parler ;
      9 Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux.
      14 Tous d’un commun accord persévéraient dans la prière, avec les femmes, avec Marie, mère de Jésus, et avec ses frères.

      Actes 3

      13 Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, que vous avez livré et renié devant Pilate qui avait jugé bon de le relâcher.
      14 Mais vous, vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé comme une faveur qu’on vous remette un meurtrier.
      15 Vous avez fait mourir le prince de la vie, que Dieu a ressuscité d’entre les morts ; nous en sommes témoins.

      Actes 4

      10 sachez-le bien, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël ! C’est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié et que Dieu a ressuscité des morts, c’est par lui que cet homme se présente en bonne santé devant vous.

      Actes 5

      30 Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez tué en le pendant au bois

      Actes 6

      13 Ils produisirent de faux témoins qui disaient : Cet homme ne cesse de proférer des paroles contre ce lieu saint et contre la loi ;

      Actes 7

      52 Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté ? Ils ont mis à mort ceux qui annonçaient à l’avance la venue du Juste, dont vous êtes devenus maintenant les meurtriers après l’avoir livré,
      59 Ils lapidèrent Étienne, qui priait et disait : Seigneur Jésus reçois mon esprit !

      Actes 14

      14 Les apôtres Barnabas et Paul l’apprirent, déchirèrent leurs vêtements et se précipitèrent au milieu de la foule, en criant aux hommes :

      Romains 4

      25 livré pour nos offenses, et ressuscité pour notre justification.

      1 Corinthiens 2

      8 aucun des princes de ce siècle ne l’a connue, car s’ils l’avaient connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire.

      1 Corinthiens 11

      23 Car moi, j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai transmis. Le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain

      1 Corinthiens 15

      1 Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous demeurez fermes,
      2 et par lequel aussi vous êtes sauvés, si vous le retenez dans les termes où je vous l’ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain.
      3 Je vous ai transmis, avant tout, ce que j’avais aussi reçu : Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ;
      4 il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures,
      5 et il a été vu par Céphas, puis par les douze.
      6 Ensuite, il a été vu par plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants, et dont quelques-uns sont décédés.
      7 Ensuite, il a été vu par Jacques, puis par tous les apôtres.
      8 Après eux tous, il s’est fait voir à moi comme à l’avorton ;
      9 car je suis, moi, le moindre des apôtres, je ne mérite pas d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Église de Dieu.
      10 Par la grâce de Dieu je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n’a pas été vaine ; loin de là, j’ai travaillé plus qu’eux tous ; non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.
      11 Ainsi donc, que ce soit moi, que ce soient eux, voilà ce que nous prêchons, et c’est ce que vous avez cru.
      12 Or, si l’on prêche que Christ est ressuscité d’entre les morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu’il n’y a pas de résurrection des morts ?
      13 S’il n’y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité.
      14 Et si Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vaine, et votre foi aussi est vaine.
      15 Il se trouve même que nous sommes de faux témoins à l’égard de Dieu, puisque nous avons témoigné contre Dieu qu’il a ressuscité le Christ, tandis qu’il ne l’aurait pas ressuscité, si les morts ne ressuscitent pas.
      16 Car si les morts ne ressuscitent pas, Christ non plus n’est pas ressuscité.
      17 Et si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés
      18 et ceux qui sont morts en Christ sont perdus.
      19 Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes.
      20 Mais maintenant, Christ est ressuscité d’entre les morts, il est les prémices de ceux qui sont décédés.
      21 Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts.
      22 Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ,
      23 mais chacun en son rang : Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent au Christ, lors de son avènement.
      24 Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir aboli toute principauté, tout pouvoir et toute puissance.
      25 Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds.
      26 Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort.
      27 (Dieu), en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu’il dit que tout lui a été soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté.
      28 Et lorsque toutes choses lui seront soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.
      29 Autrement, que feraient ceux qui se font baptiser pour les morts ? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi se font-ils baptiser pour eux ?
      30 Et nous, pourquoi sommes-nous à toute heure en péril ?
      31 Chaque jour je suis exposé à la mort, je l’atteste, frères, par la gloire dont vous êtes pour moi le sujet en Christ-Jésus notre Seigneur.
      32 Si c’est dans des vues humaines que j’ai combattu contre les bêtes à Éphèse, quel avantage m’en revient-il ? Si les morts ne ressuscitent pas, Mangeons et buvons, car demain nous mourrons.
      33 Ne vous y trompez pas : les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs.
      34 Ressaisissez-vous, comme de juste, et ne péchez pas, car quelques-uns n’ont pas la connaissance de Dieu, je le dis à votre honte.
      35 Mais quelqu’un dira : Comment les morts ressuscitent-ils, et avec quel corps reviennent-ils ?
      36 Insensé ! ce que tu sèmes ne reprend pas vie, s’il ne meurt.
      37 Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps à venir, c’est un simple grain, de blé peut-être ou de quelque autre semence ;
      38 puis Dieu lui donne un corps comme il le veut, et à chaque semence il donne un corps qui lui est propre.
      39 Toute chair n’est pas la même chair ; mais autre est celle des hommes, autre la chair des animaux, autre la chair des oiseaux, autre celle des poissons.
      40 Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres ; mais autre est l’éclat des (corps) célestes, autre celui des (corps) terrestres.
      41 Autre est l’éclat du soleil, autre l’éclat de la lune, et autre l’éclat des étoiles ; même une étoile diffère en éclat d’une autre étoile.
      42 Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Semé corruptible, on ressuscite incorruptible.
      43 Semé méprisable, on ressuscite glorieux. Semé plein de faiblesse, on ressuscite plein de force.
      44 Semé corps naturel, on ressuscite corps spirituel. S’il y a un corps naturel, il y a aussi un corps spirituel.
      45 C’est pourquoi il est écrit : Le premier homme, Adam, devint un être vivant. Le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant.
      46 Le spirituel n’est pas le premier, c’est ce qui est naturel ; ce qui est spirituel vient ensuite.
      47 Le premier homme tiré de la terre est terrestre. Le deuxième homme vient du ciel.
      48 Tel est le terrestre, tels sont aussi les terrestres ; et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes.
      49 Et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste.
      50 Ce que je dis, frères, c’est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que la corruption n’hérite pas l’incorruptibilité.
      51 Voici, je vous dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés,
      52 en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. Car elle sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés.
      53 Il faut en effet que ce (corps) corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce (corps) mortel revête l’immortalité.
      54 Lorsque ce (corps) corruptible aura revêtu l’incorruptibilité, et que ce (corps) mortel aura revêtu l’immortalité, alors s’accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire.
      55 O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ?
      56 L’aiguillon de la mort, c’est le péché ; et la puissance du péché, c’est la loi.
      57 Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ !
      58 Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, progressez toujours dans l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail n’est pas vain dans le Seigneur.

      2 Corinthiens 5

      16 Ainsi, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair ; même si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière.

      2 Corinthiens 12

      1 Il faut se glorifier... Cela n’est pas bon. J’en viendrai néanmoins à des visions et à des révélations du Seigneur.

      1 Thessaloniciens 2

      15 Ce sont eux qui ont fait mourir le Seigneur Jésus et les prophètes, qui nous ont persécutés, qui ne plaisent pas à Dieu, qui sont hostiles à tous les hommes.
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