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JUSTIFICATION

I

Le substantif « justification » ne se trouve que dans deux versets du N. T (Ro 4:25 5:18). C'est le verbe « justifier » qui exprime ailleurs, et plus de quarante fois, l'une des plus grandes réalités de la vie chrétienne.

La justification est entendue, dans quelques cas, comme la reconnaissance de ce qui est sans faute ou fraude. Ainsi, dans Mt 11:19, Lu 7:35, la Sagesse est justifiée par ses enfants ; dans Lu 10:29, un docteur de la loi veut se justifier aux yeux de Jésus ; dans Ro 3:4, il convient d'être justifié dans ses paroles, etc. Dans la plupart des textes, la justification est un fait religieux : du point de vue de Dieu, le fait de tenir pour justes certains hommes, et, du point de vue de l'homme, le fait d'être tenu pour juste devant Dieu.

Dans l'A.T., le juste, dans un sens général, est ce qui est conforme à la loi : objet (Le 19:36, Job 31:6, Eze 45:10), acte du culte (De 33:19, Ps 4:8 51:19) ou personne. Pour les personnes, le contexte précise de maintes manières le caractère du juste. Sont justes : Noé qui marche avec Dieu (Ge 6:9), Jacob qui observe le pacte conclu (Ge 30:33), le magistrat qui est intègre (Le 19:15), le roi qui défend le malheureux (Pr 31:9), etc. Dans le domaine religieux, le serviteur que Jéhovah suscitera, pleinement fidèle à Celui qui l'envoie, est le Juste par excellence (Esa 53:11, Jer 23:5). Une certaine justice humaine semble, ici et là, admise, due à l'observation des commandements divins (Ex 23:7, De 6:25, Job 12:4 17:9 27:17, Ps 5:12 7:10 34:20 37:29 etc.). Mais la justification véritable est déjà rattachée à la foi. Abraham a mérité d'être appelé « le juste » parce qu'il a été un inébranlable croyant (Ge 12:2 13:16 15:6). L'épître aux Romains et l'épître aux Ga reprendront les déclarations de la Genèse : la foi d'Abraham lui fut comptée comme justice.

Les évangiles n'ignorent pas le sens moral de « juste », synonyme d'équitable : salaire normalement dû (Mt 20:4), rectitude d'un jugement (Jn 5:30), sagesse du discernement (Lu 12:57), etc. Mais dans sa vérité profonde, le juste dérive de l'exécution de la volonté de Dieu. La justice est pratiquée par Joseph se conduisant d'après la révélation reçue (Mt 1:19), par les disciples écoutant les prescriptions de Jésus (Mt 5:20), par Jean-Baptiste dans son ministère de préparation (Mt 21:32), par Pierre et Jean obéissant à Dieu contre le sanhédrin (Ac 4:19).

Souvent les hommes croient être justes, selon l'accord de leurs actes avec l'opinion ou la tradition, et leur erreur est grande (Mt 9:13 23:28, Lu 15:7 18:9). Les vrais justes le sont devant Dieu, comme Zacharie et Elisabeth (Lu 1:6), Siméon (Lu 2:25), les croyants de l'Ancienne Alliance qui espéraient le salut (Mt 13:17) et les croyants de la Nouvelle Alliance qui contemplent sa réalisation (Mt 13:43,49). Ceux-ci obtiennent d'En-haut la justice que leur coeur cherchait (Mt 5:6).

Justifié et pardonné sont deux termes équivalents (Lu 18:14) ; Mr et Jean emploient exclusivement le second. Jésus affirme le pardon en maintes circonstances ; il en fait le moyen et l'origine d'un redressement moral (Jn 5:14 8:11). Justification, pardon sont en rapport immédiat avec la foi, et là même où la foi n'est pas explicitement évoquée, comme dans Lu 18:10-14, la prière du péager étant une preuve de foi, ou dans Mt 25:31,46, la fidélité des justes envers leur Roi et leur amour envers leurs frères étant une foi agissante.

Dans les ép. pauliniennes, la justification est l'une des thèses majeures du salut (voir ce mot). Déjà dans son passé de pharisien, Paul avait la conviction de la valeur sans égale, de la nécessité sans restriction de la justice (voir ce mot) ; cette notion est l'un des points cardinaux de son enseignement d'apôtre. Avec l'A. T, et les évangile, il appelle juste, au sens ordinaire du mot, l'homme de bien (Ro 5:7) ou le commandement de la loi (Ro 7:12). Mais le sens propre, technique, du terme domine chez lui de façon plus constante, plus marquée que dans les autres livres du N.T. Le juste c'est l'accord avec ce que Dieu veut. Le juste, avec le vrai, le pur, le bon, le vertueux, l'aimable, compose l'idéal de la conduite (Php 4:8) auquel les membres mêmes du corps doivent être soumis (Ro 6:13). Par le juste, l'homme monte vers la sanctification (Ro 6:19) ; le juste est donc le devoir du conducteur de l'Église (1Ti 6:11) et le devoir de tous les fidèles (Ro 6:18). Paul n'a usé que des armes de la justice dans ses luttes et ses épreuves (2Co 6:7) ; il a transposé dans sa vie avec le Christ ce qui était, auparavant, la norme de sa vie sans le Christ (Php 3:6). Norme si obligatoire que ses adversaires ne sauraient la répudier ouvertement (2Co 11:15) ; idéal si élevé que Dieu lui-même peut et doit être dit un Dieu juste (Ro 3:5). Si bien que le type, le modèle des chrétiens peut être parfois un antéchrétien : Abraham le juste (Ro 4:3,9,11,13,22, Ga 3:6) et que l'apôtre, comme sceau de son oeuvre et de sa vie, attend la couronne de justice que le juste Juge lui donnera (2Ti 4:8 etc.).

Mais cette norme et cet idéal dépassent en même temps le jugement humain et le pouvoir humain. Le jugement appartient à Dieu ; seul est juste l'homme que Dieu déclare tel. Le pouvoir vient de Dieu ; seul est juste l'homme auquel Dieu donne d'accomplir les dispositions de sa grâce (voir ce mot). Il n'est pas d'autre justice véritable, il n'est pas d'autre possibilité de l'atteindre. Les Juifs qui se confient dans la loi pour y trouver l'affranchissement n'y trouvent que la condamnation ; la loi est un tout, toute la loi doit être accomplie (Ga 3:10), et nul n'a jamais pu satisfaire à cette irréductible exigence (Ro 2:17 3:9 et suivant). Comme le peuple juif que Dieu a instruit par Moïse, les peuples païens qui portent une loi naturelle en leurs coeurs (Ro 2:14 et suivant) sont pareillement coupables. Loi du Sinaï et loi de la conscience, loi religieuse et loi morale échouent de la même manière, totalement, à rendre l'homme juste devant Dieu. Si la justice, quoique précaire, se trouve parfois dans les relations entre les hommes, elle ne se trouve jamais dans les relations que les hommes ont avec Dieu. Intégrité, droiture, équité, fidélité, ces vertus humaines, qui portent un reflet de justice, portent surtout l'empreinte du péché qui les stérilise. Le péché (voir ce mot) domine l'homme, tout l'homme, tous les hommes (Ro 3:9 et suivant, Eph 2:1 et suivant).

Plus fortement accusée, plus logiquement exposée chez Paul, la constatation de cet asservissement de l'homme au péché, cause de son éternelle et irrémédiable impuissance à devenir juste, est commune à l'ensemble des écrivains bibliques, et l'A. T, la souligne, par endroits, aussi explicitement que le N.T. (1Ro 8:46, Job 14:4 25:4, Ps 14:1-3 53:1-4, Esa 64:5, etc.).

II

Ainsi, selon le témoignage biblique, l'homme devrait être juste pour vivre avec le Dieu saint et recevoir de lui lumière, paix et force ; mais l'homme ne peut pas être et ne peut pas devenir juste. Du côté de l'homme, l'impasse est sans issue. C'est du côté de Dieu que s'ouvre la voie de salut : Dieu justifie, Dieu tient pour juste l'homme pécheur. Comme il a formulé avec le plus de rigueur la thèse négative : l'incapacité de l'homme, Paul formule avec le plus de netteté la thèse positive de l'Évangile : la libération de l'homme effectuée par Dieu (Ga 2:16 3:8,24,1Co 6:11, Ro 3:23 5:1,16,18 8:33 10:4, Tit 3:7, Eph 2:8).

Dans la péricope Ro 3:21-30, où se condensent et s'harmonisent la plupart des autres déclarations pauliniennes, et la plupart des autres déclarations du N.T., l'apôtre oppose à l'universelle impuissance humaine la grâce universelle de Dieu. La justification est le premier don de cette grâce. Pas plus que les autres actions divines, celle-ci n'est arbitraire, sans motif et raison. Du point de vue objectif, Dieu justifie l'homme en vertu de l'oeuvre accomplie par Jésus-Christ (voir Expiation) ; du point de vue subjectif, Dieu justifie l'homme en vertu de la foi de l'homme en Jésus-Christ (voir Foi). La justification se traduit immédiatement dans le pardon ; elle est le pardon, le fait que les péchés de l'homme ne lui sont plus imputés, que la culpabilité de l'homme est effacée, que l'homme étant considéré comme juste la barrière dressée par le péché ne le sépare plus de Dieu (2Co 5:17 et suivant, Eph 4:32, Col 2:13). Par cet acte surnaturel, cet acte spécial de Dieu pour un être déterminé, l'accès à une vie nouvelle est ouvert, la communion est rétablie entre Dieu et l'homme, que le péché de l'homme avait rompue (Ga 4:6 et suivant, Ro 8:15, Eph 2:14). Le pardon est l'assise fondamentale que, pour cette vie nouvelle, pour cette communion avec Dieu, pose la justification. Après elle s'accomplissent, se développent les faits du salut individuel, toute la série d'actes de la grâce de Dieu et de la fidélité de l'homme, par lesquels se précise, s'accroît, s'épure, se parfait la vie nouvelle jusqu'à devenir en l'homme la vie même du Christ (Ac 11:21 14:15 26:20,1Pi 1:23,1Co 1:2,2Co 7:1,1Th 4:3,2Th 2:13, Phi 1:21, Eph 4:13, etc.).

Il faut que l'homme parcoure ces étapes qui suivent la justification. Justifié, il doit rechercher et pratiquer la justice ; il ne saurait vivre comme il vivait avant d'être l'objet du pardon divin. L'enseignement de Jésus, la prédication des apôtres énumèrent maintes qualités morales, merveilleux fruits de l'Esprit, qui marquent l'être et l'action du chrétien. Pour vivre avec le Christ, estime Paul, il faut mourir aux choses de la chair ; le véritable croyant est celui qui agit conformément à ce qu'il croit. Nulle tendance antinomienne des temps anciens ou des temps modernes ne saurait valablement invoquer Jean, Pierre, Paul, Jacques, un texte quelconque d'un livre quelconque du N.T., sinon en l'isolant abusivement de son contexte, par suite en le faussant. La justification, la déclaration de grâce qui supprime la responsabilité, la culpabilité de la vie passée, n'amène pas au seuil d'une existence théorique, abstraite, mais d'une existence religieuse et morale dans laquelle la transformation des relations avec Dieu ne va pas sans la transformation des relations avec les hommes, dans laquelle la croyance aux promesses divines ne se sépare pas de la pratique d'actions humaines. La justification a pour but de permettre ces oeuvres bonnes, cette justice qui est, dans la vie personnelle de l'homme, l'acceptation et le triomphe de la volonté de Dieu.

Elle n'a rien de commun avec la propre justice humaine. Celle-ci s'appuie sur certaines oeuvres, ou sur certaines croyances, ou sur tels autres motifs, pour se parer d'un mérite, d'un droit à attendre et à revendiquer la grâce de Dieu. C'est l'attitude du pharisien de la parabole, des formalistes inconséquents des Églises de Corinthe et de Galatie. La justice qui naît de la justification résulte de la lumière, du secours de Dieu ; le justifié reste conscient de sa faiblesse et sait que Dieu produit en lui la volonté et la réalisation (Php 2:13), et plus la puissance qu'il possède est large, féconde, victorieuse, plus il rend toute gloire à Celui qui seul fortifie, après avoir « justifié gratuitement par sa grâce » (Ro 3:24).

Sur le concept de la justification par la grâce de Dieu, toutes les Églises sont pauliniennes ; et le contraste est ici le plus éclatant entre les religions naturelles qui exhortent l'homme à se rendre la divinité favorable, par ses efforts, ses progrès, et la religion de la Bible qui met en Dieu seul la cause de la justification.

Sur le concept de la justification par la foi, des divergences naissent. Dieu, selon la thèse protestante dominante, tient le croyant pour juste avant que celui-ci soit juste réellement, avant qu'il ait pratiqué et atteint la justice ; la justification, assurant à l'homme le pardon, le délivre de ses péchés, l'affranchit du joug sous lequel ils le courbaient, lui donne la possibilité de marcher vers la justice effective ; la justification est « déclarative ». Et sa condition est la foi, la foi sans autre qualité, « la foi seule », ont précisé les Réformateurs. Selon la thèse catholique dominante, la justification est « une transformation de l'âme par la grâce sanctifiante » (A. d'Alès, Diction, apologét. de la Foi cathol, t II, p. 40, 1925). « Pour qu'un homme soit juste devant Dieu et pour que Dieu prononce qu'il est juste, il faut de deux choses l'une : ou que Dieu l'ait rendu juste au préalable, ou qu'il le rende juste par cette déclaration même. Dans cette dernière hypothèse, la justification de l'impie est déclarative dans sa forme mais effective en réalité. La sentence divine de justification produit son effet un peu à la manière des formules sacramentelles, comme les paroles de la consécration, comme les paroles du Christ opèrent des miracles » (E. Prat, La théol. de saint Paul, t. II, p. 352). Et si la foi demeure, sans doute, une condition indispensable, il apparaît bien évident que, pour cette justification « effective », elle ne saurait plus être l'unique condition ; elle est « une disposition nécessaire mais non suffisante » (A. d'Alès, loc. cit.)

L'argumentation contre la justification déclarative est erronée. Le jugement de Dieu « porterait à faux », comme E. Prat l'écrit (loc. cit.), s'il déclarait le pécheur juste d'une justice positive, réalisée. Mais Dieu déclare juste le pécheur parce qu'il lui accorde le pardon, parce que les péchés dont Dieu ne tient plus compte ne sont plus imputés au pécheur ; n'est-ce point là un fait qui mérite le nom de justification ? Un fait qui se suffit à lui-même en ce sens, et qui ne comporte pas nécessairement, comme tel, que Dieu confère du même coup à l'homme la possession de la justice ! Un créancier qui remet ses dettes à son débiteur le tient quitte vis-à-vis de lui, mais le débiteur ainsi acquitté n'est point par là rendu immédiatement riche ; il peut seulement le devenir. Le pécheur pardonné est absous, est justifié sans être par là rendu immédiatement juste ; il peut, et il doit acquérir la justice, mais celle-ci est le résultat d'autre chose que de la justification. Réduite à elle-même, la justification déclarative, loin d'être « fictive », procure à l'homme cette réalité du salut, première et fondamentale, qui s'appelle « le pardon » et que Paul met à la base de la rédemption.

Quant à la justification « effective », créant une justice personnelle chez le pécheur, la créant par un opus operatum, par un acte magique qui transforme l'homme comme sont transformées les espèces eucharistiques, elle écarte, elle supprime, là où il faudrait les faire intervenir, le concours de l'homme, l'oeuvre de l'homme, l'élément moral que Dieu ne méconnaît jamais dans son action sur l'homme. En réalité cette justification effective est une manière de sanctification puisqu'elle est « une transformation de l'âme par la grâce sanctifiante ». Et la sanctification est bien liée à la justification, mais ne saurait lui être comparée, ni, a fortiori, assimilée. Certes la grâce de Dieu est le principe de l'une et de l'autre, mais la grâce de Dieu est productrice d'effets différents qui ne souffrent pas d'être confondus. Pour s'en tenir à la caractéristique principale : la justification est immédiate, elle ne renferme ni degrés, ni développements, elle coïncide avec le pardon, elle est ou elle n'est pas ; la sanctification (voir ce mot) est progressive, elle suit le pardon et, par étapes successives, multiples, elle s'élève sans cesse vers le terme jamais atteint ici-bas : la sainteté parfaite.

Justifié donc, c'est-à-dire absous et libéré de ses péchés, l'homme dont le passé coupable est aboli par le pardon de Dieu dispose à nouveau de son avenir. Mais pour cet avenir, tout est encore à faire. Une vie possible est loin d'être une vie vécue ; c'est pour la vivre que la grâce de Dieu, toujours présente et agissante, exige désormais l'action de l'homme, « les oeuvres » (voir ce mot), témoignages et fruits de la foi, critère qui révèle l'authentique croyant (Mt 5:6, Jn 14:12,1Th 1:3,2Th 2:17, Ro 2:7 7:4,2Co 9:10, Ga 5:22, Eph 2:10, Phil 1:11, Col 1:10,1Ti 6:18, Tit 3:8,1Pi 2:12, Jas 2:18,24). La justification n'a la portée voulue par Dieu qu'avec ses conséquences moralement inéluctables. Justifié, l'homme ne saurait rester dans l'indécision ou l'indifférence ; il faut qu'il prenne position pour ou contre le mal ; la justification reçue lui permet de prendre position contre le mal. S'il ne le faisait pas, s'il s'abandonnait à son milieu, à sa nature, aux souvenirs et aux survivances du passé, il redeviendrait l'esclave du péché ; après avoir reçu le don de la grâce, ce serait, inévitablement et volontairement, le perdre. Il ne peut surmonter le mal qu'en voulant le bien, en pratiquant le bien, en se fortifiant pour ce vouloir et ce faire, en progressant assez pour que ce vouloir et ce faire lui deviennent plus faciles, plus spontanés, qu'ils constituent pour lui une nouvelle nature et que lui-même soit, en son être le plus profond, une création nouvelle.

Justifié, l'homme est appelé à réaliser les prescriptions religieuses et morales que formule le N.T. et qui présupposent sa décision, son effort, sa persévérance, et sa responsabilité, ses risques, son obligation de progresser pour ne pas reculer. La vie chrétienne, la plus haute forme de la vie morale, est plus que toute autre soumise à l'obligation du devoir, du devoir envers Dieu et envers les hommes, et le « tu dois » impératif retentit plus impérieusement dans la conscience de l'homme justifié que dans le coeur de l'homme pécheur. La grâce de Dieu n'abandonne pas celui qu'elle a justifié ; la lumière, l'inspiration, la puissance de l'Esprit de Dieu sont données à l'être, à la vie consacrés à Dieu ; c'est l'influence de Dieu en l'homme qui transforme l'homme ; mais si Dieu fait à la place de l'homme ce que l'homme ne peut pas faire, Dieu ne fait pas à la place de l'homme ce que l'homme doit faire. C'est là ce qui explique les avertissements adressés aux croyants justifiés et qui ont l'apparence d'une limitation, d'une restriction du fait de la justification : « Si quelqu'un n'a pas l'Esprit du Christ, il ne lui appartient pas » (Ro 8:9), « Christ est devenu l'auteur d'un salut éternel pour ceux qui lui obéissent » (Heb 5:9), etc.

La justification peut être située de façon précise dans les divers stades de la rédemption réalisée dans une vie humaine, et quoique les actes successifs semblent souvent simultanés dans le retour du fils prodigue vers le Père. Dieu a l'initiative toujours, il aime le premier. Pour être sauvé, il faut que l'homme accepte le don de la vie éternelle que Dieu lui offre en Jésus-Christ. Or l'homme est séparé de Dieu par le péché ; il ne peut effacer son péché et Dieu ne saurait accepter l'homme avec son péché comme l'un de ses enfants. De là l'absolue nécessité de l'intervention divine, de la justification gratuite accordant le pardon à l'homme qui croit. Justification et conversion (voir ce mot) sont deux actes étroitement liés dans la conscience et dans le temps, mais pourtant différents. Différents en ce que la justification est uniquement le fait de Dieu, et la conversion est en partie le fait de l'homme ; différents aussi en ce que pour se convertir, se donner à Dieu, l'homme doit avoir le sentiment que Dieu ne lui tient plus compte de ses péchés. La justification précède la conversion et la rend possible.

Dans la vie nouvelle qu'ouvre la justification et où la conversion introduit, l'homme a besoin non seulement du pardon, qui abolit le passé, mais de la force qui le rendra capable de vivre cette vie ; à la conversion, au don de lui-même que fait l'homme, Dieu répond par la régénération, par la dotation de l'homme qui reçoit pour son esprit, son coeur, sa volonté, les indispensables qualités, vertus et pouvoirs. Conversion et régénération paraissent aussi se confondre souvent, et, en fait, sont presque simultanées ; mais la conversion implique une résolution, une décision formelles de l'homme ; la régénération procède de Dieu ; même converti, déterminé à appartenir à Dieu, l'homme ne saurait créer en lui l'être nouveau qu'il doit devenir ; la régénération qui met en lui l'inspiration du vouloir et la possibilité du faire, lui permet de « marcher comme un enfant de lumière ». La régénération est le complément divin de la justification, et, pour être non plus un opus operatum mais un acte de Dieu, un acte moral, elle doit bien intervenir après la détermination de l'homme qui se donne et s'offre à l'action de la grâce. Enfin les actions jusqu'ici alternées de Dieu et de l'homme se conjuguent, s'unissent, jouent simultanément dans le développement, l'épanouissement de la vie chrétienne, dans la sanctification. La sanctification est l'ascension sans terme terrestre vers Dieu, elle préfigure la vie étemelle où Dieu sera tout en tous, elle en est le commencement ici-bas.

And. A.

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Versets relatifs

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      Genèse 6

      9 This is the history of the generations of Noah. Noah was a righteous man, blameless among the people of his time. Noah walked with God.

      Genèse 12

      2 I will make of you a great nation. I will bless you and make your name great. You will be a blessing.

      Genèse 13

      16 I will make your offspring as the dust of the earth, so that if a man can number the dust of the earth, then your seed may also be numbered.

      Genèse 15

      6 He believed in Yahweh; and he reckoned it to him for righteousness.

      Genèse 30

      33 So my righteousness will answer for me hereafter, when you come concerning my hire that is before you. Every one that is not speckled and spotted among the goats, and black among the sheep, that might be with me, will be counted stolen."

      Exode 23

      7 "Keep far from a false charge, and don't kill the innocent and righteous: for I will not justify the wicked.

      Lévitique 19

      15 "'You shall do no injustice in judgment: you shall not be partial to the poor, nor show favoritism to the great; but you shall judge your neighbor in righteousness.
      36 You shall have just balances, just weights, a just ephah, and a just hin. I am Yahweh your God, who brought you out of the land of Egypt.

      Job 12

      4 I am like one who is a joke to his neighbor, I, who called on God, and he answered. The just, the blameless man is a joke.

      Job 14

      4 Who can bring a clean thing out of an unclean? Not one.

      Job 17

      9 Yet shall the righteous hold on his way. He who has clean hands shall grow stronger and stronger.

      Job 25

      4 How then can man be just with God? Or how can he who is born of a woman be clean?

      Job 27

      17 he may prepare it, but the just shall put it on, and the innocent shall divide the silver.

      Job 31

      6 (let me be weighed in an even balance, that God may know my integrity);

      Psaumes 4

      8 In peace I will both lay myself down and sleep, for you, Yahweh alone, make me live in safety.

      Psaumes 5

      12 For you will bless the righteous. Yahweh, you will surround him with favor as with a shield.

      Psaumes 7

      10 My shield is with God, who saves the upright in heart.

      Psaumes 14

      1 <> The fool has said in his heart, "There is no God." They are corrupt. They have done abominable works. There is none who does good.
      2 Yahweh looked down from heaven on the children of men, to see if there were any who understood, who sought after God.
      3 They have all gone aside. They have together become corrupt. There is none who does good, no, not one.

      Psaumes 34

      20 He protects all of his bones. Not one of them is broken.

      Psaumes 37

      29 The righteous shall inherit the land, and live in it forever.

      Psaumes 51

      19 Then you will delight in the sacrifices of righteousness, in burnt offerings and in whole burnt offerings. Then they will offer bulls on your altar.

      Psaumes 53

      1 <> The fool has said in his heart, "There is no God." They are corrupt, and have done abominable iniquity. There is no one who does good.

      Proverbes 31

      9 Open your mouth, judge righteously, and serve justice to the poor and needy."

      Esaïe 53

      11 After the suffering of his soul, he will see the light and be satisfied. My righteous servant will justify many by the knowledge of himself; and he will bear their iniquities.

      Esaïe 64

      5 You meet him who rejoices and works righteousness, those who remember you in your ways. Behold, you were angry, and we sinned. We have been in sin for a long time; and shall we be saved?

      Jérémie 23

      5 Behold, the days come, says Yahweh, that I will raise to David a righteous Branch, and he shall reign as king and deal wisely, and shall execute justice and righteousness in the land.

      Ezéchiel 45

      10 You shall have just balances, and a just ephah, and a just bath.

      Matthieu 1

      19 Joseph, her husband, being a righteous man, and not willing to make her a public example, intended to put her away secretly.

      Matthieu 5

      6 Blessed are those who hunger and thirst after righteousness, for they shall be filled.
      20 For I tell you that unless your righteousness exceeds that of the scribes and Pharisees, there is no way you will enter into the Kingdom of Heaven.

      Matthieu 9

      13 But you go and learn what this means: 'I desire mercy, and not sacrifice,' for I came not to call the righteous, but sinners to repentance. "

      Matthieu 11

      19 The Son of Man came eating and drinking, and they say, 'Behold, a gluttonous man and a drunkard, a friend of tax collectors and sinners!' But wisdom is justified by her children. "

      Matthieu 13

      17 For most certainly I tell you that many prophets and righteous men desired to see the things which you see, and didn't see them; and to hear the things which you hear, and didn't hear them.
      43 Then the righteous will shine forth like the sun in the Kingdom of their Father. He who has ears to hear, let him hear.
      49 So will it be in the end of the world. The angels will come forth, and separate the wicked from among the righteous,

      Matthieu 20

      4 To them he said, 'You also go into the vineyard, and whatever is right I will give you.' So they went their way.

      Matthieu 21

      32 For John came to you in the way of righteousness, and you didn't believe him, but the tax collectors and the prostitutes believed him. When you saw it, you didn't even repent afterward, that you might believe him.

      Matthieu 23

      28 Even so you also outwardly appear righteous to men, but inwardly you are full of hypocrisy and iniquity.

      Matthieu 25

      31 "But when the Son of Man comes in his glory, and all the holy angels with him, then he will sit on the throne of his glory.
      46 These will go away into eternal punishment, but the righteous into eternal life."

      Luc 1

      6 They were both righteous before God, walking blamelessly in all the commandments and ordinances of the Lord.

      Luc 2

      25 Behold, there was a man in Jerusalem whose name was Simeon. This man was righteous and devout, looking for the consolation of Israel, and the Holy Spirit was on him.

      Luc 7

      35 Wisdom is justified by all her children."

      Luc 10

      29 But he, desiring to justify himself, asked Jesus, "Who is my neighbor?"

      Luc 12

      57 Why don't you judge for yourselves what is right?

      Luc 15

      7 I tell you that even so there will be more joy in heaven over one sinner who repents, than over ninety-nine righteous people who need no repentance.

      Luc 18

      9 He spoke also this parable to certain people who were convinced of their own righteousness, and who despised all others.
      10 "Two men went up into the temple to pray; one was a Pharisee, and the other was a tax collector.
      11 The Pharisee stood and prayed to himself like this: 'God, I thank you, that I am not like the rest of men, extortioners, unrighteous, adulterers, or even like this tax collector.
      12 I fast twice a week. I give tithes of all that I get.'
      13 But the tax collector, standing far away, wouldn't even lift up his eyes to heaven, but beat his breast, saying, 'God, be merciful to me, a sinner!'
      14 I tell you, this man went down to his house justified rather than the other; for everyone who exalts himself will be humbled, but he who humbles himself will be exalted."

      Jean 5

      14 Afterward Jesus found him in the temple, and said to him, "Behold, you are made well. Sin no more, so that nothing worse happens to you."
      30 I can of myself do nothing. As I hear, I judge, and my judgment is righteous; because I don't seek my own will, but the will of my Father who sent me.

      Jean 8

      11 She said, "No one, Lord." Jesus said, "Neither do I condemn you. Go your way. From now on, sin no more."

      Jean 14

      12 Most certainly I tell you, he who believes in me, the works that I do, he will do also; and he will do greater works than these, because I am going to my Father.

      Actes 4

      19 But Peter and John answered them, "Whether it is right in the sight of God to listen to you rather than to God, judge for yourselves,

      Actes 11

      21 The hand of the Lord was with them, and a great number believed and turned to the Lord.

      Actes 14

      15 "Men, why are you doing these things? We also are men of like passions with you, and bring you good news, that you should turn from these vain things to the living God, who made the sky and the earth and the sea, and all that is in them;

      Actes 26

      20 but declared first to them of Damascus, at Jerusalem, and throughout all the country of Judea, and also to the Gentiles, that they should repent and turn to God, doing works worthy of repentance.

      Romains 2

      7 to those who by patience in well-doing seek for glory, honor, and incorruptibility, eternal life;
      14 (for when Gentiles who don't have the law do by nature the things of the law, these, not having the law, are a law to themselves,
      17 Indeed you bear the name of a Jew, and rest on the law, and glory in God,

      Romains 3

      4 May it never be! Yes, let God be found true, but every man a liar. As it is written, "That you might be justified in your words, and might prevail when you come into judgment."
      5 But if our unrighteousness commends the righteousness of God, what will we say? Is God unrighteous who inflicts wrath? I speak like men do.
      9 What then? Are we better than they? No, in no way. For we previously warned both Jews and Greeks, that they are all under sin.
      21 But now apart from the law, a righteousness of God has been revealed, being testified by the law and the prophets;
      22 even the righteousness of God through faith in Jesus Christ to all and on all those who believe. For there is no distinction,
      23 for all have sinned, and fall short of the glory of God;
      24 being justified freely by his grace through the redemption that is in Christ Jesus;
      25 whom God set forth to be an atoning sacrifice , through faith in his blood, for a demonstration of his righteousness through the passing over of prior sins, in God's forbearance;
      26 to demonstrate his righteousness at this present time; that he might himself be just, and the justifier of him who has faith in Jesus.
      27 Where then is the boasting? It is excluded. By what kind of law? Of works? No, but by a law of faith.
      28 We maintain therefore that a man is justified by faith apart from the works of the law.
      29 Or is God the God of Jews only? Isn't he the God of Gentiles also? Yes, of Gentiles also,
      30 since indeed there is one God who will justify the circumcised by faith, and the uncircumcised through faith.

      Romains 4

      3 For what does the Scripture say? "Abraham believed God, and it was accounted to him for righteousness."
      9 Is this blessing then pronounced on the circumcised, or on the uncircumcised also? For we say that faith was accounted to Abraham for righteousness.
      11 He received the sign of circumcision, a seal of the righteousness of the faith which he had while he was in uncircumcision, that he might be the father of all those who believe, though they might be in uncircumcision, that righteousness might also be accounted to them.
      13 For the promise to Abraham and to his seed that he should be heir of the world wasn't through the law, but through the righteousness of faith.
      22 Therefore it also was "reckoned to him for righteousness."
      25 who was delivered up for our trespasses, and was raised for our justification.

      Romains 5

      1 Being therefore justified by faith, we have peace with God through our Lord Jesus Christ;
      7 For one will hardly die for a righteous man. Yet perhaps for a righteous person someone would even dare to die.
      16 The gift is not as through one who sinned: for the judgment came by one to condemnation, but the free gift came of many trespasses to justification.
      18 So then as through one trespass, all men were condemned; even so through one act of righteousness, all men were justified to life.

      Romains 6

      13 Neither present your members to sin as instruments of unrighteousness, but present yourselves to God, as alive from the dead, and your members as instruments of righteousness to God.
      18 Being made free from sin, you became bondservants of righteousness.
      19 I speak in human terms because of the weakness of your flesh, for as you presented your members as servants to uncleanness and to wickedness upon wickedness, even so now present your members as servants to righteousness for sanctification.

      Romains 7

      4 Therefore, my brothers, you also were made dead to the law through the body of Christ, that you would be joined to another, to him who was raised from the dead, that we might bring forth fruit to God.
      12 Therefore the law indeed is holy, and the commandment holy, and righteous, and good.

      Romains 8

      9 But you are not in the flesh but in the Spirit, if it is so that the Spirit of God dwells in you. But if any man doesn't have the Spirit of Christ, he is not his.
      15 For you didn't receive the spirit of bondage again to fear, but you received the Spirit of adoption, by whom we cry, "Abba ! Father!"
      33 Who could bring a charge against God's chosen ones? It is God who justifies.

      Romains 10

      4 For Christ is the fulfillment of the law for righteousness to everyone who believes.

      1 Corinthiens 1

      2 to the assembly of God which is at Corinth; those who are sanctified in Christ Jesus, called to be saints, with all who call on the name of our Lord Jesus Christ in every place, both theirs and ours:

      1 Corinthiens 6

      11 Such were some of you, but you were washed. But you were sanctified. But you were justified in the name of the Lord Jesus, and in the Spirit of our God.

      2 Corinthiens 5

      17 Therefore if anyone is in Christ, he is a new creation. The old things have passed away. Behold, all things have become new.
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