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JUSTIFICATION

I

Le substantif « justification » ne se trouve que dans deux versets du N. T (Ro 4:25 5:18). C'est le verbe « justifier » qui exprime ailleurs, et plus de quarante fois, l'une des plus grandes réalités de la vie chrétienne.

La justification est entendue, dans quelques cas, comme la reconnaissance de ce qui est sans faute ou fraude. Ainsi, dans Mt 11:19, Lu 7:35, la Sagesse est justifiée par ses enfants ; dans Lu 10:29, un docteur de la loi veut se justifier aux yeux de Jésus ; dans Ro 3:4, il convient d'être justifié dans ses paroles, etc. Dans la plupart des textes, la justification est un fait religieux : du point de vue de Dieu, le fait de tenir pour justes certains hommes, et, du point de vue de l'homme, le fait d'être tenu pour juste devant Dieu.

Dans l'A.T., le juste, dans un sens général, est ce qui est conforme à la loi : objet (Le 19:36, Job 31:6, Eze 45:10), acte du culte (De 33:19, Ps 4:8 51:19) ou personne. Pour les personnes, le contexte précise de maintes manières le caractère du juste. Sont justes : Noé qui marche avec Dieu (Ge 6:9), Jacob qui observe le pacte conclu (Ge 30:33), le magistrat qui est intègre (Le 19:15), le roi qui défend le malheureux (Pr 31:9), etc. Dans le domaine religieux, le serviteur que Jéhovah suscitera, pleinement fidèle à Celui qui l'envoie, est le Juste par excellence (Esa 53:11, Jer 23:5). Une certaine justice humaine semble, ici et là, admise, due à l'observation des commandements divins (Ex 23:7, De 6:25, Job 12:4 17:9 27:17, Ps 5:12 7:10 34:20 37:29 etc.). Mais la justification véritable est déjà rattachée à la foi. Abraham a mérité d'être appelé « le juste » parce qu'il a été un inébranlable croyant (Ge 12:2 13:16 15:6). L'épître aux Romains et l'épître aux Ga reprendront les déclarations de la Genèse : la foi d'Abraham lui fut comptée comme justice.

Les évangiles n'ignorent pas le sens moral de « juste », synonyme d'équitable : salaire normalement dû (Mt 20:4), rectitude d'un jugement (Jn 5:30), sagesse du discernement (Lu 12:57), etc. Mais dans sa vérité profonde, le juste dérive de l'exécution de la volonté de Dieu. La justice est pratiquée par Joseph se conduisant d'après la révélation reçue (Mt 1:19), par les disciples écoutant les prescriptions de Jésus (Mt 5:20), par Jean-Baptiste dans son ministère de préparation (Mt 21:32), par Pierre et Jean obéissant à Dieu contre le sanhédrin (Ac 4:19).

Souvent les hommes croient être justes, selon l'accord de leurs actes avec l'opinion ou la tradition, et leur erreur est grande (Mt 9:13 23:28, Lu 15:7 18:9). Les vrais justes le sont devant Dieu, comme Zacharie et Elisabeth (Lu 1:6), Siméon (Lu 2:25), les croyants de l'Ancienne Alliance qui espéraient le salut (Mt 13:17) et les croyants de la Nouvelle Alliance qui contemplent sa réalisation (Mt 13:43,49). Ceux-ci obtiennent d'En-haut la justice que leur coeur cherchait (Mt 5:6).

Justifié et pardonné sont deux termes équivalents (Lu 18:14) ; Mr et Jean emploient exclusivement le second. Jésus affirme le pardon en maintes circonstances ; il en fait le moyen et l'origine d'un redressement moral (Jn 5:14 8:11). Justification, pardon sont en rapport immédiat avec la foi, et là même où la foi n'est pas explicitement évoquée, comme dans Lu 18:10-14, la prière du péager étant une preuve de foi, ou dans Mt 25:31,46, la fidélité des justes envers leur Roi et leur amour envers leurs frères étant une foi agissante.

Dans les ép. pauliniennes, la justification est l'une des thèses majeures du salut (voir ce mot). Déjà dans son passé de pharisien, Paul avait la conviction de la valeur sans égale, de la nécessité sans restriction de la justice (voir ce mot) ; cette notion est l'un des points cardinaux de son enseignement d'apôtre. Avec l'A. T, et les évangile, il appelle juste, au sens ordinaire du mot, l'homme de bien (Ro 5:7) ou le commandement de la loi (Ro 7:12). Mais le sens propre, technique, du terme domine chez lui de façon plus constante, plus marquée que dans les autres livres du N.T. Le juste c'est l'accord avec ce que Dieu veut. Le juste, avec le vrai, le pur, le bon, le vertueux, l'aimable, compose l'idéal de la conduite (Php 4:8) auquel les membres mêmes du corps doivent être soumis (Ro 6:13). Par le juste, l'homme monte vers la sanctification (Ro 6:19) ; le juste est donc le devoir du conducteur de l'Église (1Ti 6:11) et le devoir de tous les fidèles (Ro 6:18). Paul n'a usé que des armes de la justice dans ses luttes et ses épreuves (2Co 6:7) ; il a transposé dans sa vie avec le Christ ce qui était, auparavant, la norme de sa vie sans le Christ (Php 3:6). Norme si obligatoire que ses adversaires ne sauraient la répudier ouvertement (2Co 11:15) ; idéal si élevé que Dieu lui-même peut et doit être dit un Dieu juste (Ro 3:5). Si bien que le type, le modèle des chrétiens peut être parfois un antéchrétien : Abraham le juste (Ro 4:3,9,11,13,22, Ga 3:6) et que l'apôtre, comme sceau de son oeuvre et de sa vie, attend la couronne de justice que le juste Juge lui donnera (2Ti 4:8 etc.).

Mais cette norme et cet idéal dépassent en même temps le jugement humain et le pouvoir humain. Le jugement appartient à Dieu ; seul est juste l'homme que Dieu déclare tel. Le pouvoir vient de Dieu ; seul est juste l'homme auquel Dieu donne d'accomplir les dispositions de sa grâce (voir ce mot). Il n'est pas d'autre justice véritable, il n'est pas d'autre possibilité de l'atteindre. Les Juifs qui se confient dans la loi pour y trouver l'affranchissement n'y trouvent que la condamnation ; la loi est un tout, toute la loi doit être accomplie (Ga 3:10), et nul n'a jamais pu satisfaire à cette irréductible exigence (Ro 2:17 3:9 et suivant). Comme le peuple juif que Dieu a instruit par Moïse, les peuples païens qui portent une loi naturelle en leurs coeurs (Ro 2:14 et suivant) sont pareillement coupables. Loi du Sinaï et loi de la conscience, loi religieuse et loi morale échouent de la même manière, totalement, à rendre l'homme juste devant Dieu. Si la justice, quoique précaire, se trouve parfois dans les relations entre les hommes, elle ne se trouve jamais dans les relations que les hommes ont avec Dieu. Intégrité, droiture, équité, fidélité, ces vertus humaines, qui portent un reflet de justice, portent surtout l'empreinte du péché qui les stérilise. Le péché (voir ce mot) domine l'homme, tout l'homme, tous les hommes (Ro 3:9 et suivant, Eph 2:1 et suivant).

Plus fortement accusée, plus logiquement exposée chez Paul, la constatation de cet asservissement de l'homme au péché, cause de son éternelle et irrémédiable impuissance à devenir juste, est commune à l'ensemble des écrivains bibliques, et l'A. T, la souligne, par endroits, aussi explicitement que le N.T. (1Ro 8:46, Job 14:4 25:4, Ps 14:1-3 53:1-4, Esa 64:5, etc.).

II

Ainsi, selon le témoignage biblique, l'homme devrait être juste pour vivre avec le Dieu saint et recevoir de lui lumière, paix et force ; mais l'homme ne peut pas être et ne peut pas devenir juste. Du côté de l'homme, l'impasse est sans issue. C'est du côté de Dieu que s'ouvre la voie de salut : Dieu justifie, Dieu tient pour juste l'homme pécheur. Comme il a formulé avec le plus de rigueur la thèse négative : l'incapacité de l'homme, Paul formule avec le plus de netteté la thèse positive de l'Évangile : la libération de l'homme effectuée par Dieu (Ga 2:16 3:8,24,1Co 6:11, Ro 3:23 5:1,16,18 8:33 10:4, Tit 3:7, Eph 2:8).

Dans la péricope Ro 3:21-30, où se condensent et s'harmonisent la plupart des autres déclarations pauliniennes, et la plupart des autres déclarations du N.T., l'apôtre oppose à l'universelle impuissance humaine la grâce universelle de Dieu. La justification est le premier don de cette grâce. Pas plus que les autres actions divines, celle-ci n'est arbitraire, sans motif et raison. Du point de vue objectif, Dieu justifie l'homme en vertu de l'oeuvre accomplie par Jésus-Christ (voir Expiation) ; du point de vue subjectif, Dieu justifie l'homme en vertu de la foi de l'homme en Jésus-Christ (voir Foi). La justification se traduit immédiatement dans le pardon ; elle est le pardon, le fait que les péchés de l'homme ne lui sont plus imputés, que la culpabilité de l'homme est effacée, que l'homme étant considéré comme juste la barrière dressée par le péché ne le sépare plus de Dieu (2Co 5:17 et suivant, Eph 4:32, Col 2:13). Par cet acte surnaturel, cet acte spécial de Dieu pour un être déterminé, l'accès à une vie nouvelle est ouvert, la communion est rétablie entre Dieu et l'homme, que le péché de l'homme avait rompue (Ga 4:6 et suivant, Ro 8:15, Eph 2:14). Le pardon est l'assise fondamentale que, pour cette vie nouvelle, pour cette communion avec Dieu, pose la justification. Après elle s'accomplissent, se développent les faits du salut individuel, toute la série d'actes de la grâce de Dieu et de la fidélité de l'homme, par lesquels se précise, s'accroît, s'épure, se parfait la vie nouvelle jusqu'à devenir en l'homme la vie même du Christ (Ac 11:21 14:15 26:20,1Pi 1:23,1Co 1:2,2Co 7:1,1Th 4:3,2Th 2:13, Phi 1:21, Eph 4:13, etc.).

Il faut que l'homme parcoure ces étapes qui suivent la justification. Justifié, il doit rechercher et pratiquer la justice ; il ne saurait vivre comme il vivait avant d'être l'objet du pardon divin. L'enseignement de Jésus, la prédication des apôtres énumèrent maintes qualités morales, merveilleux fruits de l'Esprit, qui marquent l'être et l'action du chrétien. Pour vivre avec le Christ, estime Paul, il faut mourir aux choses de la chair ; le véritable croyant est celui qui agit conformément à ce qu'il croit. Nulle tendance antinomienne des temps anciens ou des temps modernes ne saurait valablement invoquer Jean, Pierre, Paul, Jacques, un texte quelconque d'un livre quelconque du N.T., sinon en l'isolant abusivement de son contexte, par suite en le faussant. La justification, la déclaration de grâce qui supprime la responsabilité, la culpabilité de la vie passée, n'amène pas au seuil d'une existence théorique, abstraite, mais d'une existence religieuse et morale dans laquelle la transformation des relations avec Dieu ne va pas sans la transformation des relations avec les hommes, dans laquelle la croyance aux promesses divines ne se sépare pas de la pratique d'actions humaines. La justification a pour but de permettre ces oeuvres bonnes, cette justice qui est, dans la vie personnelle de l'homme, l'acceptation et le triomphe de la volonté de Dieu.

Elle n'a rien de commun avec la propre justice humaine. Celle-ci s'appuie sur certaines oeuvres, ou sur certaines croyances, ou sur tels autres motifs, pour se parer d'un mérite, d'un droit à attendre et à revendiquer la grâce de Dieu. C'est l'attitude du pharisien de la parabole, des formalistes inconséquents des Églises de Corinthe et de Galatie. La justice qui naît de la justification résulte de la lumière, du secours de Dieu ; le justifié reste conscient de sa faiblesse et sait que Dieu produit en lui la volonté et la réalisation (Php 2:13), et plus la puissance qu'il possède est large, féconde, victorieuse, plus il rend toute gloire à Celui qui seul fortifie, après avoir « justifié gratuitement par sa grâce » (Ro 3:24).

Sur le concept de la justification par la grâce de Dieu, toutes les Églises sont pauliniennes ; et le contraste est ici le plus éclatant entre les religions naturelles qui exhortent l'homme à se rendre la divinité favorable, par ses efforts, ses progrès, et la religion de la Bible qui met en Dieu seul la cause de la justification.

Sur le concept de la justification par la foi, des divergences naissent. Dieu, selon la thèse protestante dominante, tient le croyant pour juste avant que celui-ci soit juste réellement, avant qu'il ait pratiqué et atteint la justice ; la justification, assurant à l'homme le pardon, le délivre de ses péchés, l'affranchit du joug sous lequel ils le courbaient, lui donne la possibilité de marcher vers la justice effective ; la justification est « déclarative ». Et sa condition est la foi, la foi sans autre qualité, « la foi seule », ont précisé les Réformateurs. Selon la thèse catholique dominante, la justification est « une transformation de l'âme par la grâce sanctifiante » (A. d'Alès, Diction, apologét. de la Foi cathol, t II, p. 40, 1925). « Pour qu'un homme soit juste devant Dieu et pour que Dieu prononce qu'il est juste, il faut de deux choses l'une : ou que Dieu l'ait rendu juste au préalable, ou qu'il le rende juste par cette déclaration même. Dans cette dernière hypothèse, la justification de l'impie est déclarative dans sa forme mais effective en réalité. La sentence divine de justification produit son effet un peu à la manière des formules sacramentelles, comme les paroles de la consécration, comme les paroles du Christ opèrent des miracles » (E. Prat, La théol. de saint Paul, t. II, p. 352). Et si la foi demeure, sans doute, une condition indispensable, il apparaît bien évident que, pour cette justification « effective », elle ne saurait plus être l'unique condition ; elle est « une disposition nécessaire mais non suffisante » (A. d'Alès, loc. cit.)

L'argumentation contre la justification déclarative est erronée. Le jugement de Dieu « porterait à faux », comme E. Prat l'écrit (loc. cit.), s'il déclarait le pécheur juste d'une justice positive, réalisée. Mais Dieu déclare juste le pécheur parce qu'il lui accorde le pardon, parce que les péchés dont Dieu ne tient plus compte ne sont plus imputés au pécheur ; n'est-ce point là un fait qui mérite le nom de justification ? Un fait qui se suffit à lui-même en ce sens, et qui ne comporte pas nécessairement, comme tel, que Dieu confère du même coup à l'homme la possession de la justice ! Un créancier qui remet ses dettes à son débiteur le tient quitte vis-à-vis de lui, mais le débiteur ainsi acquitté n'est point par là rendu immédiatement riche ; il peut seulement le devenir. Le pécheur pardonné est absous, est justifié sans être par là rendu immédiatement juste ; il peut, et il doit acquérir la justice, mais celle-ci est le résultat d'autre chose que de la justification. Réduite à elle-même, la justification déclarative, loin d'être « fictive », procure à l'homme cette réalité du salut, première et fondamentale, qui s'appelle « le pardon » et que Paul met à la base de la rédemption.

Quant à la justification « effective », créant une justice personnelle chez le pécheur, la créant par un opus operatum, par un acte magique qui transforme l'homme comme sont transformées les espèces eucharistiques, elle écarte, elle supprime, là où il faudrait les faire intervenir, le concours de l'homme, l'oeuvre de l'homme, l'élément moral que Dieu ne méconnaît jamais dans son action sur l'homme. En réalité cette justification effective est une manière de sanctification puisqu'elle est « une transformation de l'âme par la grâce sanctifiante ». Et la sanctification est bien liée à la justification, mais ne saurait lui être comparée, ni, a fortiori, assimilée. Certes la grâce de Dieu est le principe de l'une et de l'autre, mais la grâce de Dieu est productrice d'effets différents qui ne souffrent pas d'être confondus. Pour s'en tenir à la caractéristique principale : la justification est immédiate, elle ne renferme ni degrés, ni développements, elle coïncide avec le pardon, elle est ou elle n'est pas ; la sanctification (voir ce mot) est progressive, elle suit le pardon et, par étapes successives, multiples, elle s'élève sans cesse vers le terme jamais atteint ici-bas : la sainteté parfaite.

Justifié donc, c'est-à-dire absous et libéré de ses péchés, l'homme dont le passé coupable est aboli par le pardon de Dieu dispose à nouveau de son avenir. Mais pour cet avenir, tout est encore à faire. Une vie possible est loin d'être une vie vécue ; c'est pour la vivre que la grâce de Dieu, toujours présente et agissante, exige désormais l'action de l'homme, « les oeuvres » (voir ce mot), témoignages et fruits de la foi, critère qui révèle l'authentique croyant (Mt 5:6, Jn 14:12,1Th 1:3,2Th 2:17, Ro 2:7 7:4,2Co 9:10, Ga 5:22, Eph 2:10, Phil 1:11, Col 1:10,1Ti 6:18, Tit 3:8,1Pi 2:12, Jas 2:18,24). La justification n'a la portée voulue par Dieu qu'avec ses conséquences moralement inéluctables. Justifié, l'homme ne saurait rester dans l'indécision ou l'indifférence ; il faut qu'il prenne position pour ou contre le mal ; la justification reçue lui permet de prendre position contre le mal. S'il ne le faisait pas, s'il s'abandonnait à son milieu, à sa nature, aux souvenirs et aux survivances du passé, il redeviendrait l'esclave du péché ; après avoir reçu le don de la grâce, ce serait, inévitablement et volontairement, le perdre. Il ne peut surmonter le mal qu'en voulant le bien, en pratiquant le bien, en se fortifiant pour ce vouloir et ce faire, en progressant assez pour que ce vouloir et ce faire lui deviennent plus faciles, plus spontanés, qu'ils constituent pour lui une nouvelle nature et que lui-même soit, en son être le plus profond, une création nouvelle.

Justifié, l'homme est appelé à réaliser les prescriptions religieuses et morales que formule le N.T. et qui présupposent sa décision, son effort, sa persévérance, et sa responsabilité, ses risques, son obligation de progresser pour ne pas reculer. La vie chrétienne, la plus haute forme de la vie morale, est plus que toute autre soumise à l'obligation du devoir, du devoir envers Dieu et envers les hommes, et le « tu dois » impératif retentit plus impérieusement dans la conscience de l'homme justifié que dans le coeur de l'homme pécheur. La grâce de Dieu n'abandonne pas celui qu'elle a justifié ; la lumière, l'inspiration, la puissance de l'Esprit de Dieu sont données à l'être, à la vie consacrés à Dieu ; c'est l'influence de Dieu en l'homme qui transforme l'homme ; mais si Dieu fait à la place de l'homme ce que l'homme ne peut pas faire, Dieu ne fait pas à la place de l'homme ce que l'homme doit faire. C'est là ce qui explique les avertissements adressés aux croyants justifiés et qui ont l'apparence d'une limitation, d'une restriction du fait de la justification : « Si quelqu'un n'a pas l'Esprit du Christ, il ne lui appartient pas » (Ro 8:9), « Christ est devenu l'auteur d'un salut éternel pour ceux qui lui obéissent » (Heb 5:9), etc.

La justification peut être située de façon précise dans les divers stades de la rédemption réalisée dans une vie humaine, et quoique les actes successifs semblent souvent simultanés dans le retour du fils prodigue vers le Père. Dieu a l'initiative toujours, il aime le premier. Pour être sauvé, il faut que l'homme accepte le don de la vie éternelle que Dieu lui offre en Jésus-Christ. Or l'homme est séparé de Dieu par le péché ; il ne peut effacer son péché et Dieu ne saurait accepter l'homme avec son péché comme l'un de ses enfants. De là l'absolue nécessité de l'intervention divine, de la justification gratuite accordant le pardon à l'homme qui croit. Justification et conversion (voir ce mot) sont deux actes étroitement liés dans la conscience et dans le temps, mais pourtant différents. Différents en ce que la justification est uniquement le fait de Dieu, et la conversion est en partie le fait de l'homme ; différents aussi en ce que pour se convertir, se donner à Dieu, l'homme doit avoir le sentiment que Dieu ne lui tient plus compte de ses péchés. La justification précède la conversion et la rend possible.

Dans la vie nouvelle qu'ouvre la justification et où la conversion introduit, l'homme a besoin non seulement du pardon, qui abolit le passé, mais de la force qui le rendra capable de vivre cette vie ; à la conversion, au don de lui-même que fait l'homme, Dieu répond par la régénération, par la dotation de l'homme qui reçoit pour son esprit, son coeur, sa volonté, les indispensables qualités, vertus et pouvoirs. Conversion et régénération paraissent aussi se confondre souvent, et, en fait, sont presque simultanées ; mais la conversion implique une résolution, une décision formelles de l'homme ; la régénération procède de Dieu ; même converti, déterminé à appartenir à Dieu, l'homme ne saurait créer en lui l'être nouveau qu'il doit devenir ; la régénération qui met en lui l'inspiration du vouloir et la possibilité du faire, lui permet de « marcher comme un enfant de lumière ». La régénération est le complément divin de la justification, et, pour être non plus un opus operatum mais un acte de Dieu, un acte moral, elle doit bien intervenir après la détermination de l'homme qui se donne et s'offre à l'action de la grâce. Enfin les actions jusqu'ici alternées de Dieu et de l'homme se conjuguent, s'unissent, jouent simultanément dans le développement, l'épanouissement de la vie chrétienne, dans la sanctification. La sanctification est l'ascension sans terme terrestre vers Dieu, elle préfigure la vie étemelle où Dieu sera tout en tous, elle en est le commencement ici-bas.

And. A.

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      29 Mais le docteur de la loi voulant montrer que sa question était justifiée, répliqua : — Oui, mais qui donc est mon prochain ?

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      Luc 18

      9 Il raconta aussi cette autre parabole pour certains qui étaient convaincus d’être en règle avec Dieu et méprisaient tous les autres : —
      10 Deux hommes montèrent au temple pour prier : un pharisien et un collecteur d’impôts.
      11 Le pharisien se tenait la tête haute et faisait intérieurement cette prière : — Ô Dieu, je te remercie de ce que je ne suis pas avare, malhonnête et adultère comme les autres hommes ; en particulier de ce que je ne suis pas comme ce collecteur d’impôts là-bas.
      12 Moi, je jeûne deux jours par semaine, je donne dix pour cent de tous mes revenus.
      13 Le collecteur d’impôts se tenait dans un coin retiré, il n’osait pas même lever les yeux au ciel. Il se frappait la poitrine et murmurait : — Ô Dieu, aie pitié du pécheur que je suis !
      14 Je vous l’assure : lorsque ce dernier rentra chez lui, il était déclaré juste aux yeux de Dieu, mais pas l’autre. Car celui qui se met lui-même au-dessus des autres se verra rabaissé, et celui qui se fait petit, sera élevé.

      Jean 5

      14 Quelque temps après, Jésus le rencontre dans la cour du temple. — Te voilà bien portant, lui dit-il, veille désormais à ne plus pécher, pour qu’il ne t’arrive pas quelque chose de pire.
      30 En tout ceci, bien entendu, je ne peux rien faire de mon propre chef ; je juge seulement comme le Père me le demande et selon les informations que je reçois. Et mon verdict est juste, car il ne s’agit pas pour moi de réaliser mes propres désirs, mais de faire la volonté de celui qui m’a envoyé. —

      Jean 8

      11 Personne, Seigneur, lui répond-elle. Alors, Jésus lui dit : — Je ne te condamne pas non plus. Tu peux partir. À l’avenir, garde-toi de pécher.

      Jean 14

      12 Vraiment, je vous l’assure, celui qui croit fermement en moi accomplira lui-même les œuvres que je fais. Il fera même de plus grandes choses, parce que je retourne auprès du Père.

      Actes 4

      19 Mais Pierre et Jean leur répondirent : — Jugez vous-mêmes s’il est juste de vous obéir, à vous, plutôt qu’à Dieu.

      Actes 11

      21 Le Seigneur bénit leur initiative et leur accorda sa force, de sorte que beaucoup de personnes crurent et se convertirent au Seigneur.

      Actes 14

      15 Amis, que faites-vous là ? Nous sommes des mortels comme vous, sujets aux mêmes faiblesses que vous. Nous sommes venus vous annoncer une bonne nouvelle et vous appeler à abandonner les faux dieux impuissants et toutes ces illusions, pour vous tourner vers le Dieu vivant, celui qui a créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve.

      Actes 26

      20 J’ai donc commencé à prêcher : d’abord aux habitants de Damas, puis à ceux de Jérusalem et de toute la Judée, plus tard, enfin, aux autres peuples. Je leur ai annoncé qu’ils devaient changer et se tourner vers Dieu par une réelle conversion, en prouvant par des actes la réalité de leur changement intérieur.

      Romains 2

      7 Ceux qui, sans se lasser, ont cherché à bien faire, prouvant par là qu’ils tenaient à l’approbation divine et aspiraient à la vie éternelle, ceux-là auront en partage la gloire, l’honneur et une vie impérissable.
      14 Les peuples non juifs, qui n’ont pas la loi, en observent souvent naturellement les préceptes. Ils trouvent en eux-mêmes ce qu’il convient de faire et obéissent aux impératifs de leur sens moral.
      17 J’aimerais à présent m’adresser en particulier aux Juifs parmi vous. Peut-être est-ce avec fierté que vous portez ce nom ; vous vous sentez tranquilles et en sécurité parce que vous possédez la loi ; vous vous faites une gloire de connaître le vrai Dieu et de le servir.

      Romains 3

      4 Jamais de la vie ! Même si tout homme était menteur, Dieu resterait véridique et fidèle, car il est écrit (dans les Psaumes) : Tu seras toujours reconnu juste dans tes paroles : si l’on conteste avec toi, le droit sera de ton côté, si l’on te met en jugement, ta cause triomphe.
      5 Mais alors, argumenteront certains, notre injustice a d’heureuses conséquences, puisque, par elle, la justice de Dieu est mise en relief : mon infidélité est la toile de fond sombre sur laquelle la fidélité divine apparaît en pleine lumière. Dans ce cas, Dieu est-il encore juste lorsqu’il déchaîne sa colère contre nous, alors que nous servons, au fond, ses intérêts ? Bien entendu, je parle là de façon absurde, comme le font souvent les hommes.
      9 Que faut-il donc conclure ? Nous, les Juifs, sommes-nous meilleurs que les autres ? Avons-nous encore quelque supériorité ? Nullement. Nous avons, en effet, démontré que tous les hommes, tant Juifs que non-Juifs, vivent sous l’emprise du péché.
      21 Mais maintenant, il nous a été dévoilé comment être en règle avec Dieu sans avoir accompli ce que la loi commande. Dans le temps présent, nous a été révélée une manière comment être déclaré juste, indépendamment des œuvres légales. Dieu nous attribue cette qualité de juste à titre gracieux. Les écrits de l’Ancienne Alliance (la loi et les prophètes) ont bien parlé de cette manière d’être juste,
      22 mais elle devient réalité par la foi en Jésus-Christ et elle est accessible à tous ceux qui la saisissent par un acte de foi personnel.Car il n’y a aucune différence entre les hommes :
      23 tous, sans distinction, ont péché et ont perdu la beauté glorieuse dont Dieu avait revêtu l’homme. Tous ont manqué le but qu’il leur avait assigné dans son plan. Personne ne saurait prétendre être approuvé de Dieu, ni accéder à sa glorieuse présence.
      24 C’est pourquoi Dieu offre à tous un don. Tous peuvent, à présent, être justifiés, c’est-à-dire déclarés justes aux yeux de Dieu, par pure grâce. Ils reçoivent cette faveur comme un cadeau immérité de la générosité divine. Et cela est possible parce que Jésus-Christ a accompli tout ce qu’il fallait pour nous libérer, parce qu’il s’est donné lui-même en rançon pour nous.
      25 Dieu l’a destiné d’avance à prendre sur lui la punition que méritaient nos péchés. En mourant sur sa croix sanglante, Jésus était la victime offerte pour nous en sacrifice qui nous purifie et nous rend la faveur divine. Tous ceux qui croient que Jésus est mort pour eux, qui placent leur confiance dans le sang qu’il a versé (pour leur salut), ont accès à cette grâce. Dieu a voulu montrer de cette manière quelle était sa justice. En effet, autrefois, il a supporté le péché, il n’a pas puni (de mort) les pécheurs dans les temps anciens,
      26 les temps de sa patience, parce qu’il prévoyait le jour où il ferait éclater sa justice. Dans le temps présent, il a donc apporté la preuve de son équité. D’une part, il a voulu rester lui-même juste (en condamnant publiquement le péché en Jésus), et d’autre part, il a désiré justifier tous ceux qui placent leur confiance en Jésus, tous ceux qui ont foi en lui.
      27 Reste-t-il, dans ces conditions, une raison de se vanter ? Aucune ! Et comment toute possibilité de s’enorgueillir a-t-elle disparu ? Par le régime de la loi qui exige de l’homme des efforts et des œuvres ? Certes non ! Seul le régime de la foi exclut toute velléité de gloriole humaine, parce que nous accédons à la vie nouvelle, non par nos mérites, mais uniquement en nous appuyant sur ce que le Christ a accompli pour nous !
      28 Voilà donc ce que nous affirmons : l’homme retrouve sa vraie position vis-à-vis de Dieu, il est déclaré juste, non pas en accomplissant les œuvres qu’exige la loi, mais en plaçant sa confiance en Dieu et en acceptant ce qu’il lui offre.
      29 Je vous le demande : Dieu ne serait-il que le Dieu des Juifs ? Les sauverait-il eux seuls, à l’exclusion des autres hommes ?
      30 Non, il n’y a qu’un seul Dieu qui est le Dieu de tous les hommes, Juifs et non-Juifs. Il accepte et justifie les Juifs qui croient ; il accepte aussi et justifie par la foi des gens de tous les peuples.

      Romains 4

      3 En effet, que dit l’Écriture ? Abraham eut confiance en Dieu et, à cause de cela, Dieu a porté sa foi à son crédit et l’a déclaré juste.
      9 Une question se pose : ce bonheur n’est-il réservé qu’aux Juifs ou bien est-il aussi accessible à tous les hommes ? Nous disons qu’Abraham a été déclaré juste parce que Dieu a porté son acte de foi à son crédit.
      11 Dieu l’a déclaré juste avant qu’il ne soit circoncis, et lui a donné ensuite le signe de la circoncision. Elle devait être un sceau de la justice qu’il avait déjà reçue avant sa circoncision, par sa confiance placée en Dieu. C’est pourquoi il devint le père des croyants de tous les peuples qui sont appelés justes à cause de leur foi, sans être obligés de se faire circoncire.
      13 Car la promesse de recevoir le monde en héritage ne fut pas donnée à Abraham et à ses descendants à cause de son obéissance à la loi, mais parce qu’il fit confiance à Dieu. Voilà pourquoi il fut agréé par Dieu.
      22 C’est précisément cette attitude qui lui attira la bienveillance divine ; cette foi lui fut créditée comme justice et lui valut d’être déclaré juste.
      25 Ne fut-il pas livré à cause de nos fautes et ressuscité afin que nous soyons déclarés justes aux yeux de Dieu ?

      Romains 5

      1 Si donc nous avons été déclarés justes devant Dieu en raison de notre foi, nous sommes en paix avec lui grâce à notre Seigneur Jésus-Christ : jouissons de cette paix et gardons-la.
      7 Il est déjà extraordinaire que quelqu’un donne sa vie pour un homme de bien. Il peut arriver que, pour un bienfaiteur ou pour une cause juste, un homme accepte de braver la mort.
      16 Ainsi, le don de Dieu a des conséquences bien différentes de celles du péché d’Adam. Là, le jugement venant après une seule faute a entraîné un verdict de condamnation qui englobe l’ensemble de la race humaine. Mais à présent, malgré des transgressions nombreuses, le don de la grâce par le Christ conduit à un complet acquittement.
      18 Ainsi donc, un homme est tombé et toute l’humanité a été entraînée dans la chute et la condamnation. De même, parce qu’un homme a obéi et a parfaitement accompli ce que la justice divine demande, l’acquittement qui donne la vie est devenu accessible à tous les hommes.

      Romains 6

      13 Vous n’avez plus le droit de mettre vos membres à la disposition du péché ni de placer vos facultés à son service : il s’en servirait comme armes contre Dieu. Présentez-vous plutôt vous-mêmes à Dieu et placez-vous, une fois pour toutes, à sa disposition. Offrez-vous entièrement à lui. N’avez-vous pas été arrachés à une mort certaine et ressuscités à une vie nouvelle ? Consacrez donc vos facultés au service de Dieu et faites de vos membres des instruments de sa volonté. Remettez-les entre les mains de Dieu afin qu’il s’en serve comme armes pour accomplir ses desseins.
      18 À présent, affranchis de votre ancien maître, le péché, vous êtes entrés au service de ce qui est juste.
      19 J’emploie cette image de l’esclavage parce que vous avez de la peine à comprendre votre nouvelle position, mais elle n’est pas rigoureusement exacte : autrefois, en fidèles valets du péché, vous aviez placé toutes vos facultés et vos membres au service de l’immoralité et du désordre. Pour arriver à quoi ? Au mépris de toute règle, à l’anarchie morale complète, à la révolte contre Dieu. Eh bien, maintenant, servez Dieu avec le même dévouement. Mettez tout votre être à la disposition de ce qui est juste. C’est là le chemin d’une vie sainte. Vous réjouirez Dieu en le suivant.

      Romains 7

      4 Il en est de même pour vous, mes frères : la mort subie par le Christ est aussi la vôtre, puisque vous êtes devenus un avec lui. Cette mort a creusé un fossé infranchissable entre la loi et vous. Si vous êtes morts, le lien qui vous unissait à la loi est donc rompu. La loi n’a plus de pouvoir sur vous. Vous êtes par conséquent libres d’appartenir à un autre, de contracter une union avec lui, je veux dire : avec le Christ, le Ressuscité, qui vous a arrachés à la mort avec lui. Unis à lui, vous pouvez à présent porter des fruits pour Dieu et accomplir ce qui lui est agréable.
      12 car la loi en elle-même est sainte et chaque commandement est saint, juste et bon.

      Romains 8

      9 Mais vous, vous n’êtes plus au service de vos penchants naturels. Vous vivez sous le contrôle de l’Esprit de Dieu, vous suivez ses injonctions, si du moins il a fait sa demeure en vous. Évidemment, si quelqu’un n’a pas l’Esprit du Christ en lui, il ne fait pas partie des siens, ce n’est pas un vrai chrétien.
      15 En effet, vous n’avez pas reçu un esprit servile ; l’Esprit qui vous a été donné ne vous transforme pas en esclaves, il ne vous ramène pas sous la férule de la crainte, il vous a introduits de plein droit dans la famille de Dieu, il a fait de vous les fils adoptifs de Dieu, ce qui nous permet de l’appeler : « Père, mon cher Père ».
      33 Qui osera encore accuser les élus de Dieu ? Dieu lui-même les déclare justes et les acquitte.

      Romains 10

      4 La loi devait conduire vers celui qui en est l’accomplissement : le Messie. Maintenant que le Christ a paru, le rôle de la loi a pris fin. À présent, la justice est donnée à tous ceux qui placent leur confiance en lui.

      1 Corinthiens 1

      2 saluent l’Église de Dieu établie à Corinthe, ceux qui se sont consacrés à Jésus-Christ et qui, dans la communion vivante avec lui, ont été appelés à mener une vie sainte, en union avec tous ceux qui, en quelque lieu que ce soit, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus-Christ et savent qu’il est leur Seigneur aussi bien que le nôtre.

      1 Corinthiens 6

      11 Voilà bien ce que vous étiez autrefois, du moins, certains d’entre vous. Mais vous avez été lavés et, à présent, vous êtes consacrés à Dieu et vous avez été purifiés, vous avez été acquittés de vos fautes et déclarés justes au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l’Esprit de notre Dieu.

      2 Corinthiens 5

      17 Si quelqu’un entre en communion vivante avec le Christ, il devient un homme nouveau, il est recréé. L’ancien état est dépassé. Ce qu’il était autrefois a disparu. La nouvelle création a déjà commencé ; voici : tout est devenu nouveau.
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