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JUSTIFICATION

I

Le substantif « justification » ne se trouve que dans deux versets du N. T (Ro 4:25 5:18). C'est le verbe « justifier » qui exprime ailleurs, et plus de quarante fois, l'une des plus grandes réalités de la vie chrétienne.

La justification est entendue, dans quelques cas, comme la reconnaissance de ce qui est sans faute ou fraude. Ainsi, dans Mt 11:19, Lu 7:35, la Sagesse est justifiée par ses enfants ; dans Lu 10:29, un docteur de la loi veut se justifier aux yeux de Jésus ; dans Ro 3:4, il convient d'être justifié dans ses paroles, etc. Dans la plupart des textes, la justification est un fait religieux : du point de vue de Dieu, le fait de tenir pour justes certains hommes, et, du point de vue de l'homme, le fait d'être tenu pour juste devant Dieu.

Dans l'A.T., le juste, dans un sens général, est ce qui est conforme à la loi : objet (Le 19:36, Job 31:6, Eze 45:10), acte du culte (De 33:19, Ps 4:8 51:19) ou personne. Pour les personnes, le contexte précise de maintes manières le caractère du juste. Sont justes : Noé qui marche avec Dieu (Ge 6:9), Jacob qui observe le pacte conclu (Ge 30:33), le magistrat qui est intègre (Le 19:15), le roi qui défend le malheureux (Pr 31:9), etc. Dans le domaine religieux, le serviteur que Jéhovah suscitera, pleinement fidèle à Celui qui l'envoie, est le Juste par excellence (Esa 53:11, Jer 23:5). Une certaine justice humaine semble, ici et là, admise, due à l'observation des commandements divins (Ex 23:7, De 6:25, Job 12:4 17:9 27:17, Ps 5:12 7:10 34:20 37:29 etc.). Mais la justification véritable est déjà rattachée à la foi. Abraham a mérité d'être appelé « le juste » parce qu'il a été un inébranlable croyant (Ge 12:2 13:16 15:6). L'épître aux Romains et l'épître aux Ga reprendront les déclarations de la Genèse : la foi d'Abraham lui fut comptée comme justice.

Les évangiles n'ignorent pas le sens moral de « juste », synonyme d'équitable : salaire normalement dû (Mt 20:4), rectitude d'un jugement (Jn 5:30), sagesse du discernement (Lu 12:57), etc. Mais dans sa vérité profonde, le juste dérive de l'exécution de la volonté de Dieu. La justice est pratiquée par Joseph se conduisant d'après la révélation reçue (Mt 1:19), par les disciples écoutant les prescriptions de Jésus (Mt 5:20), par Jean-Baptiste dans son ministère de préparation (Mt 21:32), par Pierre et Jean obéissant à Dieu contre le sanhédrin (Ac 4:19).

Souvent les hommes croient être justes, selon l'accord de leurs actes avec l'opinion ou la tradition, et leur erreur est grande (Mt 9:13 23:28, Lu 15:7 18:9). Les vrais justes le sont devant Dieu, comme Zacharie et Elisabeth (Lu 1:6), Siméon (Lu 2:25), les croyants de l'Ancienne Alliance qui espéraient le salut (Mt 13:17) et les croyants de la Nouvelle Alliance qui contemplent sa réalisation (Mt 13:43,49). Ceux-ci obtiennent d'En-haut la justice que leur coeur cherchait (Mt 5:6).

Justifié et pardonné sont deux termes équivalents (Lu 18:14) ; Mr et Jean emploient exclusivement le second. Jésus affirme le pardon en maintes circonstances ; il en fait le moyen et l'origine d'un redressement moral (Jn 5:14 8:11). Justification, pardon sont en rapport immédiat avec la foi, et là même où la foi n'est pas explicitement évoquée, comme dans Lu 18:10-14, la prière du péager étant une preuve de foi, ou dans Mt 25:31,46, la fidélité des justes envers leur Roi et leur amour envers leurs frères étant une foi agissante.

Dans les ép. pauliniennes, la justification est l'une des thèses majeures du salut (voir ce mot). Déjà dans son passé de pharisien, Paul avait la conviction de la valeur sans égale, de la nécessité sans restriction de la justice (voir ce mot) ; cette notion est l'un des points cardinaux de son enseignement d'apôtre. Avec l'A. T, et les évangile, il appelle juste, au sens ordinaire du mot, l'homme de bien (Ro 5:7) ou le commandement de la loi (Ro 7:12). Mais le sens propre, technique, du terme domine chez lui de façon plus constante, plus marquée que dans les autres livres du N.T. Le juste c'est l'accord avec ce que Dieu veut. Le juste, avec le vrai, le pur, le bon, le vertueux, l'aimable, compose l'idéal de la conduite (Php 4:8) auquel les membres mêmes du corps doivent être soumis (Ro 6:13). Par le juste, l'homme monte vers la sanctification (Ro 6:19) ; le juste est donc le devoir du conducteur de l'Église (1Ti 6:11) et le devoir de tous les fidèles (Ro 6:18). Paul n'a usé que des armes de la justice dans ses luttes et ses épreuves (2Co 6:7) ; il a transposé dans sa vie avec le Christ ce qui était, auparavant, la norme de sa vie sans le Christ (Php 3:6). Norme si obligatoire que ses adversaires ne sauraient la répudier ouvertement (2Co 11:15) ; idéal si élevé que Dieu lui-même peut et doit être dit un Dieu juste (Ro 3:5). Si bien que le type, le modèle des chrétiens peut être parfois un antéchrétien : Abraham le juste (Ro 4:3,9,11,13,22, Ga 3:6) et que l'apôtre, comme sceau de son oeuvre et de sa vie, attend la couronne de justice que le juste Juge lui donnera (2Ti 4:8 etc.).

Mais cette norme et cet idéal dépassent en même temps le jugement humain et le pouvoir humain. Le jugement appartient à Dieu ; seul est juste l'homme que Dieu déclare tel. Le pouvoir vient de Dieu ; seul est juste l'homme auquel Dieu donne d'accomplir les dispositions de sa grâce (voir ce mot). Il n'est pas d'autre justice véritable, il n'est pas d'autre possibilité de l'atteindre. Les Juifs qui se confient dans la loi pour y trouver l'affranchissement n'y trouvent que la condamnation ; la loi est un tout, toute la loi doit être accomplie (Ga 3:10), et nul n'a jamais pu satisfaire à cette irréductible exigence (Ro 2:17 3:9 et suivant). Comme le peuple juif que Dieu a instruit par Moïse, les peuples païens qui portent une loi naturelle en leurs coeurs (Ro 2:14 et suivant) sont pareillement coupables. Loi du Sinaï et loi de la conscience, loi religieuse et loi morale échouent de la même manière, totalement, à rendre l'homme juste devant Dieu. Si la justice, quoique précaire, se trouve parfois dans les relations entre les hommes, elle ne se trouve jamais dans les relations que les hommes ont avec Dieu. Intégrité, droiture, équité, fidélité, ces vertus humaines, qui portent un reflet de justice, portent surtout l'empreinte du péché qui les stérilise. Le péché (voir ce mot) domine l'homme, tout l'homme, tous les hommes (Ro 3:9 et suivant, Eph 2:1 et suivant).

Plus fortement accusée, plus logiquement exposée chez Paul, la constatation de cet asservissement de l'homme au péché, cause de son éternelle et irrémédiable impuissance à devenir juste, est commune à l'ensemble des écrivains bibliques, et l'A. T, la souligne, par endroits, aussi explicitement que le N.T. (1Ro 8:46, Job 14:4 25:4, Ps 14:1-3 53:1-4, Esa 64:5, etc.).

II

Ainsi, selon le témoignage biblique, l'homme devrait être juste pour vivre avec le Dieu saint et recevoir de lui lumière, paix et force ; mais l'homme ne peut pas être et ne peut pas devenir juste. Du côté de l'homme, l'impasse est sans issue. C'est du côté de Dieu que s'ouvre la voie de salut : Dieu justifie, Dieu tient pour juste l'homme pécheur. Comme il a formulé avec le plus de rigueur la thèse négative : l'incapacité de l'homme, Paul formule avec le plus de netteté la thèse positive de l'Évangile : la libération de l'homme effectuée par Dieu (Ga 2:16 3:8,24,1Co 6:11, Ro 3:23 5:1,16,18 8:33 10:4, Tit 3:7, Eph 2:8).

Dans la péricope Ro 3:21-30, où se condensent et s'harmonisent la plupart des autres déclarations pauliniennes, et la plupart des autres déclarations du N.T., l'apôtre oppose à l'universelle impuissance humaine la grâce universelle de Dieu. La justification est le premier don de cette grâce. Pas plus que les autres actions divines, celle-ci n'est arbitraire, sans motif et raison. Du point de vue objectif, Dieu justifie l'homme en vertu de l'oeuvre accomplie par Jésus-Christ (voir Expiation) ; du point de vue subjectif, Dieu justifie l'homme en vertu de la foi de l'homme en Jésus-Christ (voir Foi). La justification se traduit immédiatement dans le pardon ; elle est le pardon, le fait que les péchés de l'homme ne lui sont plus imputés, que la culpabilité de l'homme est effacée, que l'homme étant considéré comme juste la barrière dressée par le péché ne le sépare plus de Dieu (2Co 5:17 et suivant, Eph 4:32, Col 2:13). Par cet acte surnaturel, cet acte spécial de Dieu pour un être déterminé, l'accès à une vie nouvelle est ouvert, la communion est rétablie entre Dieu et l'homme, que le péché de l'homme avait rompue (Ga 4:6 et suivant, Ro 8:15, Eph 2:14). Le pardon est l'assise fondamentale que, pour cette vie nouvelle, pour cette communion avec Dieu, pose la justification. Après elle s'accomplissent, se développent les faits du salut individuel, toute la série d'actes de la grâce de Dieu et de la fidélité de l'homme, par lesquels se précise, s'accroît, s'épure, se parfait la vie nouvelle jusqu'à devenir en l'homme la vie même du Christ (Ac 11:21 14:15 26:20,1Pi 1:23,1Co 1:2,2Co 7:1,1Th 4:3,2Th 2:13, Phi 1:21, Eph 4:13, etc.).

Il faut que l'homme parcoure ces étapes qui suivent la justification. Justifié, il doit rechercher et pratiquer la justice ; il ne saurait vivre comme il vivait avant d'être l'objet du pardon divin. L'enseignement de Jésus, la prédication des apôtres énumèrent maintes qualités morales, merveilleux fruits de l'Esprit, qui marquent l'être et l'action du chrétien. Pour vivre avec le Christ, estime Paul, il faut mourir aux choses de la chair ; le véritable croyant est celui qui agit conformément à ce qu'il croit. Nulle tendance antinomienne des temps anciens ou des temps modernes ne saurait valablement invoquer Jean, Pierre, Paul, Jacques, un texte quelconque d'un livre quelconque du N.T., sinon en l'isolant abusivement de son contexte, par suite en le faussant. La justification, la déclaration de grâce qui supprime la responsabilité, la culpabilité de la vie passée, n'amène pas au seuil d'une existence théorique, abstraite, mais d'une existence religieuse et morale dans laquelle la transformation des relations avec Dieu ne va pas sans la transformation des relations avec les hommes, dans laquelle la croyance aux promesses divines ne se sépare pas de la pratique d'actions humaines. La justification a pour but de permettre ces oeuvres bonnes, cette justice qui est, dans la vie personnelle de l'homme, l'acceptation et le triomphe de la volonté de Dieu.

Elle n'a rien de commun avec la propre justice humaine. Celle-ci s'appuie sur certaines oeuvres, ou sur certaines croyances, ou sur tels autres motifs, pour se parer d'un mérite, d'un droit à attendre et à revendiquer la grâce de Dieu. C'est l'attitude du pharisien de la parabole, des formalistes inconséquents des Églises de Corinthe et de Galatie. La justice qui naît de la justification résulte de la lumière, du secours de Dieu ; le justifié reste conscient de sa faiblesse et sait que Dieu produit en lui la volonté et la réalisation (Php 2:13), et plus la puissance qu'il possède est large, féconde, victorieuse, plus il rend toute gloire à Celui qui seul fortifie, après avoir « justifié gratuitement par sa grâce » (Ro 3:24).

Sur le concept de la justification par la grâce de Dieu, toutes les Églises sont pauliniennes ; et le contraste est ici le plus éclatant entre les religions naturelles qui exhortent l'homme à se rendre la divinité favorable, par ses efforts, ses progrès, et la religion de la Bible qui met en Dieu seul la cause de la justification.

Sur le concept de la justification par la foi, des divergences naissent. Dieu, selon la thèse protestante dominante, tient le croyant pour juste avant que celui-ci soit juste réellement, avant qu'il ait pratiqué et atteint la justice ; la justification, assurant à l'homme le pardon, le délivre de ses péchés, l'affranchit du joug sous lequel ils le courbaient, lui donne la possibilité de marcher vers la justice effective ; la justification est « déclarative ». Et sa condition est la foi, la foi sans autre qualité, « la foi seule », ont précisé les Réformateurs. Selon la thèse catholique dominante, la justification est « une transformation de l'âme par la grâce sanctifiante » (A. d'Alès, Diction, apologét. de la Foi cathol, t II, p. 40, 1925). « Pour qu'un homme soit juste devant Dieu et pour que Dieu prononce qu'il est juste, il faut de deux choses l'une : ou que Dieu l'ait rendu juste au préalable, ou qu'il le rende juste par cette déclaration même. Dans cette dernière hypothèse, la justification de l'impie est déclarative dans sa forme mais effective en réalité. La sentence divine de justification produit son effet un peu à la manière des formules sacramentelles, comme les paroles de la consécration, comme les paroles du Christ opèrent des miracles » (E. Prat, La théol. de saint Paul, t. II, p. 352). Et si la foi demeure, sans doute, une condition indispensable, il apparaît bien évident que, pour cette justification « effective », elle ne saurait plus être l'unique condition ; elle est « une disposition nécessaire mais non suffisante » (A. d'Alès, loc. cit.)

L'argumentation contre la justification déclarative est erronée. Le jugement de Dieu « porterait à faux », comme E. Prat l'écrit (loc. cit.), s'il déclarait le pécheur juste d'une justice positive, réalisée. Mais Dieu déclare juste le pécheur parce qu'il lui accorde le pardon, parce que les péchés dont Dieu ne tient plus compte ne sont plus imputés au pécheur ; n'est-ce point là un fait qui mérite le nom de justification ? Un fait qui se suffit à lui-même en ce sens, et qui ne comporte pas nécessairement, comme tel, que Dieu confère du même coup à l'homme la possession de la justice ! Un créancier qui remet ses dettes à son débiteur le tient quitte vis-à-vis de lui, mais le débiteur ainsi acquitté n'est point par là rendu immédiatement riche ; il peut seulement le devenir. Le pécheur pardonné est absous, est justifié sans être par là rendu immédiatement juste ; il peut, et il doit acquérir la justice, mais celle-ci est le résultat d'autre chose que de la justification. Réduite à elle-même, la justification déclarative, loin d'être « fictive », procure à l'homme cette réalité du salut, première et fondamentale, qui s'appelle « le pardon » et que Paul met à la base de la rédemption.

Quant à la justification « effective », créant une justice personnelle chez le pécheur, la créant par un opus operatum, par un acte magique qui transforme l'homme comme sont transformées les espèces eucharistiques, elle écarte, elle supprime, là où il faudrait les faire intervenir, le concours de l'homme, l'oeuvre de l'homme, l'élément moral que Dieu ne méconnaît jamais dans son action sur l'homme. En réalité cette justification effective est une manière de sanctification puisqu'elle est « une transformation de l'âme par la grâce sanctifiante ». Et la sanctification est bien liée à la justification, mais ne saurait lui être comparée, ni, a fortiori, assimilée. Certes la grâce de Dieu est le principe de l'une et de l'autre, mais la grâce de Dieu est productrice d'effets différents qui ne souffrent pas d'être confondus. Pour s'en tenir à la caractéristique principale : la justification est immédiate, elle ne renferme ni degrés, ni développements, elle coïncide avec le pardon, elle est ou elle n'est pas ; la sanctification (voir ce mot) est progressive, elle suit le pardon et, par étapes successives, multiples, elle s'élève sans cesse vers le terme jamais atteint ici-bas : la sainteté parfaite.

Justifié donc, c'est-à-dire absous et libéré de ses péchés, l'homme dont le passé coupable est aboli par le pardon de Dieu dispose à nouveau de son avenir. Mais pour cet avenir, tout est encore à faire. Une vie possible est loin d'être une vie vécue ; c'est pour la vivre que la grâce de Dieu, toujours présente et agissante, exige désormais l'action de l'homme, « les oeuvres » (voir ce mot), témoignages et fruits de la foi, critère qui révèle l'authentique croyant (Mt 5:6, Jn 14:12,1Th 1:3,2Th 2:17, Ro 2:7 7:4,2Co 9:10, Ga 5:22, Eph 2:10, Phil 1:11, Col 1:10,1Ti 6:18, Tit 3:8,1Pi 2:12, Jas 2:18,24). La justification n'a la portée voulue par Dieu qu'avec ses conséquences moralement inéluctables. Justifié, l'homme ne saurait rester dans l'indécision ou l'indifférence ; il faut qu'il prenne position pour ou contre le mal ; la justification reçue lui permet de prendre position contre le mal. S'il ne le faisait pas, s'il s'abandonnait à son milieu, à sa nature, aux souvenirs et aux survivances du passé, il redeviendrait l'esclave du péché ; après avoir reçu le don de la grâce, ce serait, inévitablement et volontairement, le perdre. Il ne peut surmonter le mal qu'en voulant le bien, en pratiquant le bien, en se fortifiant pour ce vouloir et ce faire, en progressant assez pour que ce vouloir et ce faire lui deviennent plus faciles, plus spontanés, qu'ils constituent pour lui une nouvelle nature et que lui-même soit, en son être le plus profond, une création nouvelle.

Justifié, l'homme est appelé à réaliser les prescriptions religieuses et morales que formule le N.T. et qui présupposent sa décision, son effort, sa persévérance, et sa responsabilité, ses risques, son obligation de progresser pour ne pas reculer. La vie chrétienne, la plus haute forme de la vie morale, est plus que toute autre soumise à l'obligation du devoir, du devoir envers Dieu et envers les hommes, et le « tu dois » impératif retentit plus impérieusement dans la conscience de l'homme justifié que dans le coeur de l'homme pécheur. La grâce de Dieu n'abandonne pas celui qu'elle a justifié ; la lumière, l'inspiration, la puissance de l'Esprit de Dieu sont données à l'être, à la vie consacrés à Dieu ; c'est l'influence de Dieu en l'homme qui transforme l'homme ; mais si Dieu fait à la place de l'homme ce que l'homme ne peut pas faire, Dieu ne fait pas à la place de l'homme ce que l'homme doit faire. C'est là ce qui explique les avertissements adressés aux croyants justifiés et qui ont l'apparence d'une limitation, d'une restriction du fait de la justification : « Si quelqu'un n'a pas l'Esprit du Christ, il ne lui appartient pas » (Ro 8:9), « Christ est devenu l'auteur d'un salut éternel pour ceux qui lui obéissent » (Heb 5:9), etc.

La justification peut être située de façon précise dans les divers stades de la rédemption réalisée dans une vie humaine, et quoique les actes successifs semblent souvent simultanés dans le retour du fils prodigue vers le Père. Dieu a l'initiative toujours, il aime le premier. Pour être sauvé, il faut que l'homme accepte le don de la vie éternelle que Dieu lui offre en Jésus-Christ. Or l'homme est séparé de Dieu par le péché ; il ne peut effacer son péché et Dieu ne saurait accepter l'homme avec son péché comme l'un de ses enfants. De là l'absolue nécessité de l'intervention divine, de la justification gratuite accordant le pardon à l'homme qui croit. Justification et conversion (voir ce mot) sont deux actes étroitement liés dans la conscience et dans le temps, mais pourtant différents. Différents en ce que la justification est uniquement le fait de Dieu, et la conversion est en partie le fait de l'homme ; différents aussi en ce que pour se convertir, se donner à Dieu, l'homme doit avoir le sentiment que Dieu ne lui tient plus compte de ses péchés. La justification précède la conversion et la rend possible.

Dans la vie nouvelle qu'ouvre la justification et où la conversion introduit, l'homme a besoin non seulement du pardon, qui abolit le passé, mais de la force qui le rendra capable de vivre cette vie ; à la conversion, au don de lui-même que fait l'homme, Dieu répond par la régénération, par la dotation de l'homme qui reçoit pour son esprit, son coeur, sa volonté, les indispensables qualités, vertus et pouvoirs. Conversion et régénération paraissent aussi se confondre souvent, et, en fait, sont presque simultanées ; mais la conversion implique une résolution, une décision formelles de l'homme ; la régénération procède de Dieu ; même converti, déterminé à appartenir à Dieu, l'homme ne saurait créer en lui l'être nouveau qu'il doit devenir ; la régénération qui met en lui l'inspiration du vouloir et la possibilité du faire, lui permet de « marcher comme un enfant de lumière ». La régénération est le complément divin de la justification, et, pour être non plus un opus operatum mais un acte de Dieu, un acte moral, elle doit bien intervenir après la détermination de l'homme qui se donne et s'offre à l'action de la grâce. Enfin les actions jusqu'ici alternées de Dieu et de l'homme se conjuguent, s'unissent, jouent simultanément dans le développement, l'épanouissement de la vie chrétienne, dans la sanctification. La sanctification est l'ascension sans terme terrestre vers Dieu, elle préfigure la vie étemelle où Dieu sera tout en tous, elle en est le commencement ici-bas.

And. A.

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      9 Ce sont ici les générations de Noé : Noé était un homme juste ; il était parfait parmi ceux de son temps ; Noé marchait avec Dieu.

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      Genèse 13

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      Genèse 15

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      Genèse 30

      33 Et ma justice répondra pour moi désormais, quand elle viendra devant toi pour mon salaire ; tout ce qui ne sera pas marqueté et tacheté parmi les chèvres, et foncé parmi les agneaux, auprès de moi, sera tenu pour volé.

      Exode 23

      7 Tu t'éloigneras de la parole de mensonge, et tu ne tueras pas l'innocent et le juste ; car je ne justifierai pas le méchant.

      Lévitique 19

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      Job 12

      4 Je suis un homme qui est la risée de ses amis, criant à +Dieu, et à qui il répondra ; -le juste parfait est un objet de risée !

      Job 14

      4 Qui est-ce qui tirera de l'impur un homme pur ? Pas un !

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      9 Mais le juste tiendra ferme dans sa voie, et celui qui a les mains pures croîtra en force.

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      4 Et comment l'homme sera-t-il juste devant Dieu, et comment serait pur celui qui est né de femme ?

      Job 27

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      Job 31

      6 Qu'il me pèse dans la balance de justice, et +Dieu reconnaîtra ma perfection.

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      Psaumes 14

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      3 Ils se sont tous détournés, ils se sont tous ensemble corrompus ; il n'y a personne qui fasse le bien, non pas même un seul.

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      1 L'insensé a dit dans son coeur : Il n'y a point de Dieu. Ils se sont corrompus, et ils ont rendu abominable la perversité ; il n'y a personne qui fasse le bien.

      Proverbes 31

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      Matthieu 9

      13 Mais allez et apprenez ce que c'est que : "Je veux miséricorde et non pas sacrifice" ; car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.

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      19 Le fils de l'homme est venu mangeant et buvant, et ils disent : Voici un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des pécheurs. Et la sagesse a été justifiée par ses enfants.

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      49 Il en sera de même à la consommation du siècle : les anges sortiront, et sépareront les méchants du milieu des justes,

      Matthieu 20

      4 et il dit à ceux-ci : Allez, vous aussi, dans la vigne, et je vous donnerai ce qui sera juste ;

      Matthieu 21

      32 Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous ne l'avez pas cru ; mais les publicains et les prostituées l'ont cru ; et vous, l'ayant vu, vous n'en avez pas eu de remords ensuite pour le croire.

      Matthieu 23

      28 Ainsi, vous aussi, au dehors vous paraissez justes aux hommes, mais au dedans vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité.

      Matthieu 25

      31 Or, quand le fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il s'assiéra sur le trône de sa gloire,
      46 Et ceux-ci s'en iront dans les tourments éternels, et les justes, dans la vie éternelle.

      Luc 1

      6 Et ils étaient tous deux justes devant Dieu, marchant dans tous les commandements et dans toutes les ordonnances du Seigneur, sans reproche.

      Luc 2

      25 Et voici, il y avait à Jérusalem un homme dont le nom était Siméon ; et cet homme était juste et pieux, et il attendait la consolation d'Israël ; et l'Esprit Saint était sur lui.

      Luc 7

      35 Et la sagesse a été justifiée par tous ses enfants.

      Luc 10

      29 Mais lui, voulant se justifier lui-même, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ?

      Luc 12

      57 Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes de ce qui est juste ?

      Luc 15

      7 Je vous dis, qu'ainsi il y aura de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance.

      Luc 18

      9 Et il dit aussi cette parabole à quelques-uns qui se confiaient en eux-mêmes comme s'ils étaient justes, et qui tenaient le reste des hommes pour rien :
      10 deux hommes montèrent au temple pour prier, l'un pharisien, et l'autre publicain.
      11 Le pharisien, se tenant à l'écart, priait en lui-même en ces termes : O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes qui sont ravisseurs, injustes, adultères ; où même comme ce publicain.
      12 Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède.
      13 Et le publicain, se tenant loin, ne voulait même pas lever les yeux vers le ciel, mais se frappait la poitrine, disant : O Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur !
      14 Je vous dis que celui-ci descendit en sa maison justifié plutôt que l'autre ; car quiconque s'élève, sera abaissé ; et celui qui s'abaisse sera élevé.

      Jean 5

      14 Après ces choses, Jésus le trouva dans le temple, et lui dit : Voici, tu es guéri ; ne pèche plus, de peur que pis ne t'arrive.
      30 Je ne puis rien faire, moi, de moi-même ; je juge selon ce que j'entends, et mon jugement est juste ; car je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.

      Jean 8

      11 Et elle dit : Nul, Seigneur. Et Jésus lui dit : Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, -dorénavant ne pèche plus.

      Jean 14

      12 En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les oeuvres que moi je fais, et il en fera de plus grandes que celles-ci ; parce que moi, je m'en vais au Père.

      Actes 4

      19 Mais Pierre et Jean, répondant, leur dirent : Jugez s'il est juste devant Dieu de vous écouter plutôt que Dieu.

      Actes 11

      21 et la main du Seigneur était avec eux ; et un grand nombre, ayant cru, se tournèrent vers le Seigneur.

      Actes 14

      15 Hommes, pourquoi faites-vous ces choses ? Nous sommes, nous aussi, des hommes ayant les mêmes passions que vous ; et nous vous annonçons que de ces choses vaines vous vous tourniez vers le Dieu vivant, qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et toutes les choses qui y sont ;

      Actes 26

      20 mais j'ai annoncé premièrement à ceux de Damas, et à Jérusalem, et à tout le pays de la Judée, et aux nations, de se repentir et de se tourner vers Dieu, en faisant des oeuvres convenables à la repentance.

      Romains 2

      7 à ceux qui, en persévérant dans les bonnes oeuvres, cherchent la gloire et l'honneur et l'incorruptibilité, -la vie éternelle ;
      14 car quand les nations qui n'ont point de loi, font naturellement les choses de la loi, n'ayant pas de loi, elles sont loi à elles-mêmes,
      17 Or si toi, tu portes le nom de Juif, et que tu te reposes entièrement sur la loi, et que tu te glorifies en Dieu,

      Romains 3

      4 Qu'ainsi n'advienne ! mais que Dieu soit vrai et tout homme menteur, selon ce qui est écrit : "En sorte que tu sois justifié dans tes paroles, et que tu aies gain de cause quand tu es jugé".
      5 Mais si notre injustice constate la justice de Dieu, que dirons-nous ? Dieu est-il injuste quand il donne cours à la colère ? -Je parle selon l'homme.
      9 Quoi donc ? Sommes-nous plus excellents ? Nullement. Car nous avons ci-devant accusé et Juifs et Grecs d'être tous sous le péché, selon qu'il est écrit :
      21 Mais maintenant, sans loi, la justice de Dieu est manifestée, témoignage lui étant rendu par la loi et par les prophètes,
      22 la justice, dis-je, de Dieu par la foi de Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient ; car il n'y a pas de différence,
      23 car tous ont péché et n'atteignent pas à la gloire de Dieu,
      24 -étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus,
      25 lequel Dieu a présenté pour propitiatoire, par la foi en son sang, afin de montrer sa justice à cause du support des péchés précédents dans la patience de Dieu,
      26 afin de montrer, dis-je, sa justice dans le temps présent, en sorte qu'il soit juste et justifiant celui qui est de la foi de Jésus.
      27 Où donc est la vanterie ? -Elle a été exclue. -Par quelle loi ? -celle des oeuvres ? -Non, mais par la loi de la foi ;
      28 car nous concluons que l'homme est justifié par la foi, sans oeuvres de loi.
      29 Dieu est-il seulement le Dieu des Juifs ? ne l'est-il pas aussi des nations ? -Certes, aussi des nations ;
      30 puisque c'est un seul Dieu qui justifiera la circoncision sur le principe de la foi et l'incirconcision par la foi.

      Romains 4

      3 car que dit l'Écriture ?" Et Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice ".
      9 Cette béatitude donc vient-elle sur la circoncision ou aussi sur l'incirconcision ? Car nous disons que la foi fut comptée à Abraham à justice.
      11 Et il reçut le signe de la circoncision, comme sceau de la justice de la foi qu'il avait dans l'incirconcision, pour qu'il fût le père de tous ceux qui croient étant dans l'incirconcision, pour que la justice leur fût aussi comptée,
      13 Car ce n'est pas par la loi que la promesse d'être héritier du monde a été faite à Abraham ou à sa semence, mais par la justice de la foi.
      22 C'est pourquoi aussi cela lui a été compté à justice.
      25 lequel a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification.

      Romains 5

      1 Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ,
      7 Car à peine, pour un juste, quelqu'un mourra-t-il, (car pour l'homme de bien, peut-être, quelqu'un se résoudrait même à mourir) ;
      16 Et n'en est-il pas du don comme de ce qui est arrivé par un seul qui a péché ? car le jugement vient d'un seul en condamnation, -mais le don de grâce, de plusieurs fautes, en justification.
      18 ainsi donc, comme par une seule faute les conséquences de cette faute furent envers tous les hommes en condamnation, ainsi aussi par une seule justice les conséquences de cette justice furent envers tous les hommes en justification de vie.

      Romains 6

      13 et ne livrez pas vos membres au péché comme instruments d'iniquité, mais livrez-vous vous-mêmes à Dieu, comme d'entre les morts étant faits vivants, -et vos membres à Dieu, comme instruments de justice.
      18 Mais ayant été affranchis du péché, vous avez été asservis à la justice
      19 (je parle à la façon des hommes, à cause de l'infirmité de votre chair). Car ainsi que vous avez livré vos membres comme esclaves à l'impureté et à l'iniquité pour l'iniquité, ainsi livrez maintenant vos membres comme esclaves à la justice pour la sainteté.

      Romains 7

      4 C'est pourquoi, mes frères, vous aussi, vous avez été mis à mort à la loi par le corps du Christ, pour être à un autre, à celui qui est ressuscité d'entre les morts, afin que nous portions du fruit pour Dieu.
      12 La loi donc est sainte, et le commandement est saint, et juste, et bon.

      Romains 8

      9 Or vous n'êtes pas dans la chair, mais dans l'Esprit, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous ; mais si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, celui-là n'est pas de lui.
      15 Car vous n'avez pas reçu un esprit de servitude pour être derechef dans la crainte, mais vous avez reçu l'Esprit d'adoption, par lequel nous crions : Abba, Père !
      33 Qui intentera accusation contre des élus de Dieu ?

      Romains 10

      4 Car Christ est la fin de la loi pour justice à tout croyant.

      1 Corinthiens 1

      2 et Sosthène, le frère, à l'assemblée de Dieu qui est à Corinthe, aux sanctifiés dans le christ Jésus, saints appelés, avec tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, et leur Seigneur et le nôtre :

      1 Corinthiens 6

      11 Et quelques-uns de vous, vous étiez tels ; mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus, et par l'Esprit de notre Dieu.

      2 Corinthiens 5

      17 En sorte que si quelqu'un est en Christ, c'est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles ;
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