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LUC (évangile de) 1.

Le troisième dans la plupart des anciennes collections d'évangiles comme dans l'ordre actuel des livres du N.T. ; dans l'ordre chronologique, il est en tout cas postérieur à Marc peut-être aussi à Matthieu (voir Évangiles synoptiques, introduction générale aux articles particuliers sur chacun de ces évangiles).

I Témoignages de la tradition.

1.

L'AUTEUR.

Si notre évangile est anonyme comme les trois autres, en ce sens que l'auteur ne s'y nomme pas, pourtant il s'introduit dans sa préface, très nettement mais une fois pour toutes, en parlant de lui-même à la 1 re personne du singulier pour définir le but qu'il s'est assigné dans son ouvrage : « j'ai cru bon, moi aussi... » (Lu 1:3) ; et il introduit le premier lecteur auquel il le destine par la 2 e personne du singulier et par le nom même de ce personnage : « ... t'exposer, excellent Théophile..., afin que tu reconnaisses... » (Lu 1:3 et suivant). Or un autre livre du N.T., celui des Actes des apôtres, commencera de la même manière : « Dans mon premier livre, ô Théophile, j'ai parlé... » (Ac 1:1) ; et cette 1 re personne du singulier, ici encore employée une seule fois, se prolongera au cours du récit dans plusieurs apparitions de la 1re personne du pluriel, qui désigneront explicitement l'auteur comme témoin oculaire des scènes qu'il raconte : « Nous cherchâmes à partir... » (Ac 16:10), etc.

D'où deux constatations, connexes et capitales,

(a) Cet emploi du « je », en nous ouvrant un jour sur les intentions et la méthode de l'auteur, et cet emploi du « nous », en nous renseignant sur certaines périodes de sa vie, constituent un phénomène littéraire remarquable, qui unit plus étroitement que dans les trois autres cas l'évangéliste à son évangile,

(b) Le 3e évangile et le livre des Actes ont le même auteur : ils sont dédiés au même Théophile, et le deuxième lui est explicitement présenté comme la suite d'un ouvrage en deux parties (Lu 1:1,4, Ac 1:1) ; ils ont même style, même vocabulaire, même genre narratif et descriptif, même inspiration générale, même mode de composition. Les témoignages anciens au sujet de l'un des deux portent donc implicitement sur l'autre, soit qu'ils nomment l'auteur de l'évangile, soit qu'ils nomment l'auteur des Actes, soit à plus forte raison qu'ils nomment l'auteur des deux volumes.

Nous ne pouvons remonter pour Luc, comme pour Marc et Matthieu, jusqu'au témoignage de Papias, dont l'ouvrage ne nous a été conservé que par fragments, dans les citations d'Eusèbe. Le contemporain de Papias, Justin Martyr (avant 150 ou même 140), parlant de la sueur de sang, mentionnée par Luc seul (Lu 22:44), donne pour référence « les mémoires soit des apôtres, soit de ceux qui les accompagnèrent » (Dial., III, 8) : attribuant ainsi deux évangiles à des apôtres et les deux autres à des disciples, il envisage comme un disciple l'auteur du passage auquel il fait allusion, puisque celui-ci ne se trouve pas dans les écrits des deux apôtres, Matthieu ou Jean.

--Aucun texte aujourd'hui connu ne donne avant Irénée (vers 180) le nom de l'auteur soit du 3° évangile, soit du livre des Actes. Ce silence n'implique en soi rien de défavorable à la tradition subséquente ; il doit être purement accidentel. Le cas est le même pour des livres aussi peu contestés que les épîtres de saint Paul aux Galates et aux Romains, que les Pères de l'Église avaient pourtant plus d'occasions de citer, et qui furent connues publiquement dès leur apparition dans les grandes Églises destinataires, alors que Luc parut d'abord sous un patronage privé. Le témoignage d'Irénée, représentant de l'Asie mineure, de Rome et de la Gaule, attribue ouvertement à Luc, compagnon de Paul, la rédaction de l'évangile prêché par celui-ci ; il énumère toute une série de traits qui lui sont propres et les assigne explicitement à Luc, observant que ceux qui récuseraient l'autorité de ce dernier rejetteraient bien des éléments essentiels de l'Évangile qu'ils professent, l'histoire de Zacharie et de Jean, la visite de l'ange à Marie, etc. (Adv. Hoer., III, 14:3 10:1, etc.). Par cette remarque, il ne suppose nullement la possibilité d'attribuer l'évangile à un autre que Luc ; il combat seulement les doutes relatifs à l'autorité de cet évangéliste.

--A la même époque, à Rome, le catalogue appelé canon de Muratori, en quelques phrases dont certains détails peuvent prêter à discussion, mais dont le sens général est très clair, nomme deux fois Luc, comme disciple de Paul et comme auteur du 3 e évangile et des Actes, et met en oeuvre assez librement les données de leurs deux préambules et de Col 4:14, passage auquel il se réfère expressément à propos du « médecin ».

--Vers 200, Clément d'Alexandrie, qui avait reçu les traditions apostoliques de maîtres venus de Palestine, d'Assyrie, de Grèce et d'Egypte, fait aussi remonter avec précision l'évangile à Luc (Strom., I, 21).

--Tertullien (190-220), de l'Église d'Afrique, le cite tout au long contre Marcion, en tant qu'évangile de Luc ; il observe : « parmi les apôtres, Jean et Matthieu nous inspirent la foi ; parmi les aides apostoliques, Luc et Marc l'affermissent » ; il signale l'opinion courante de son temps qui rattache Luc à Paul et Marc à Pierre ; il déclare que dans toutes les Églises chrétiennes, fondées ou non par les apôtres, cet évangile a été admis sans opposition dès qu'il a paru (Adv. Marc, IV, 2:5).

--Origène (avant 250), cité par Eusèbe (H.E., VI, 25), dit : « En troisième lieu l'évangile selon Luc, cité par Paul avec approbation », allusion à 2Co 8:18 et suivant, qu'il appliquait à Luc (voir ce mot, parag. 4) et à l'expression de l'apôtre : « mon Évangile ».

--Eusèbe (Ro 2:16 etc.) de Césarée (après 300) le confirme : « On dit que Paul parle de l'évangile selon Luc lorsqu'il écrit : mon évangile » (H.E., III, 4).

--Jérôme (fin du IV e siècle) rapporte à « quelques-uns » la même interprétation (De Vir. M., 7).

Inutile de poursuivre plus loin la série des témoignages : la voix des huit premiers siècles, dans toute la chrétienté, y compris un certain nombre de prologues de vieux manuscrits, dont quelques-uns doivent être fort anciens (voir Lagrange, Luc, pp. XIIIss), désigne unanimement Luc. Il ne s'agit pas de vues particulières à ces divers témoins, mais d'une conviction générale, incontestée, et que personne n'ignore dans l'Église.

2.

LA NOTORIETE DE L'EVANGILE.

Si donc le nom de l'auteur n'est pas, à notre connaissance, prononcé plus tôt que 180 dans les anciens écrits, en revanche nous avons maintes preuves que longtemps avant cette époque l'évangile était connu, répandu, utilisé dans tous les grands centres chrétiens. Déjà la plupart des témoins précités qui l'attribuent à Luc l'invoquent couramment comme une autorité décisive : Clément d'Alexandrie en fait de fréquentes citations, empruntées à toutes les parties du livre ; Irénée plus encore, qui en cite à peu près tous les chapitres, et plus spécialement ceux qui sont presque entièrement particuliers à Luc (Lu 2, Lu 9-19, Lu 24 etc.) ; Tertullien ne se borne pas à le citer : il construit sur l'ensemble de cet évangile, du chap. 4 jusqu'à la fin, son traité contre l'hérétique Marcion.

--Celui-ci fournit en faveur de Luc un témoignage involontaire, et plus ancien, par « l'évangile du Seigneur » qu'il introduisit (vers 145) dans son N.T. personnel à sa communauté. Cet évangile de Marcion n'était en aucune façon un écrit original qui, modifié et augmenté par la suite, serait devenu le 3° évangile canonique, comme l'a soutenu depuis Albert Ritschl toute une école critique au XIX° siècle ; cette thèse est complètement abandonnée aujourd'hui : il ressort de l'examen des autres livres du N.T. marcionite (épîtres de Paul tendancieusement remaniées, etc.), comme de la comparaison entre Lu et les morceaux actuellement connus de l'évangile en question, que celui-ci est au contraire, sans nul doute possible, le résultat des remaniements et des mutilations de tendance opérés par Marcion sur l'évangile même de Luc. L'autorité du 3 e évangile se rehausse ainsi, d'abord de sa priorité sur Marcion, puis de l'emploi qu'en fit ce théologien en l'expurgeant pour les besoins de son gnosticisme.

--D'autres gnostiques : Basilide, Valentin, Héra-cléon (125-180), ont fait aussi quelque usage de Luc ; le dernier des trois en a même écrit un commentaire.

--Le païen Celse (après 160), adversaire militant de l'Évangile, le connaissait également, car il parle (d'après Origène, Cont. Cels., 2:32) de la généalogie de Jésus remontant à Adam (cf. Lu 2:23) --La composition même par Tatien (vers 175) du Diatessaron, harmonie de nos 4 évangiles canoniques (voir Évangiles, harmonie des), établit la valeur alors reconnue à Luc comme aux trois autres.

--Le maître de Tatien, mentionné plus haut, Justin Martyr (vers 150), cite bien des traits propres à Lu : Elisabeth, l'ange Gabriel, le recensement, etc.

--Le Testament des XII Patriarches (voir Apocalypses), ouvrage judéo-chrétien (av. 135), a de nombreuses rencontres d'idées et d'expressions avec le 3 e évangile.

--On croit encore pouvoir en relever de fréquentes citations probables dans la Didachè ou Doctrine des Apôtres (100-120) ; le titre même de cet antique document chrétien pourrait bien être emprunté à Lu : « Ils persévéraient dans la doctrine des apôtres ». --En (Ac 2:42) remontant plus haut, il est permis de supposer aussi des allusions chez les Pères apostoliques : Polycarpe d'Éphèse, Ignace d'Antioche, Clément de Rome (vers l'an 100) ; mais on ne peut plus reconnaître à coup sûr si ces allusions renvoient exclusivement à Luc plutôt qu'à Matthieu, ou qu'à une harmonie synoptique, ou qu'à une autre source, ou même qu'à la tradition orale. Toutefois il semble bien que ces trois derniers auteurs citent les Actes, ce qui suppose par contre-coup l'usage de l'évangile de Luc dès la fin du I er siècle, dans quelques-unes des plus importantes régions, fort éloignées les unes des autres, où le christianisme s'était développé autour des plus puissantes Églises.

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      Lévitique 3

      1 Et si son offrande est un sacrifice de prospérités, si c'est du gros bétail qu'il présente, soit mâle, soit femelle, il le présentera sans défaut devant l'Éternel ;
      2 et il posera sa main sur la tête de son offrande, et il l'égorgera à l'entrée de la tente d'assignation ; et les fils d'Aaron, les sacrificateurs, feront aspersion du sang sur l'autel, tout autour.
      3 Et il présentera, du sacrifice de prospérités, un sacrifice fait par feu à l'Éternel : la graisse qui couvre l'intérieur, et toute la graisse qui est sur l'intérieur,
      4 et les deux rognons, et la graisse qui est dessus, qui est sur les reins, et le réseau qui est sur le foie, qu'on ôtera jusque sur les rognons ;
      5 et les fils d'Aaron feront fumer cela sur l'autel, sur l'holocauste qui est sur le bois qui est sur le feu : c'est un sacrifice par feu, une odeur agréable à l'Éternel.
      6 Et si son offrande pour le sacrifice de prospérités à l'Éternel est de menu bétail, mâle ou femelle, il le présentera sans défaut.
      7 Si c'est un agneau qu'il présente pour son offrande, il le présentera devant l'Éternel ;
      8 et il posera sa main sur la tête de son offrande, et il l'égorgera devant la tente d'assignation ; et les fils d'Aaron feront aspersion du sang sur l'autel, tout autour.
      9 Et il présentera, du sacrifice de prospérités, un sacrifice fait par feu à l'Éternel : sa graisse, la queue qu'on ôtera entière jusque contre l'échine, et la graisse qui couvre l'intérieur, et toute la graisse qui est sur l'intérieur,
      10 et les deux rognons, et la graisse qui est dessus, qui est sur les reins, et le réseau qui est sur le foie, qu'on ôtera jusque sur les rognons ;
      11 et le sacrificateur fera fumer cela sur l'autel : c'est un pain de sacrifice par feu à l'Éternel.
      12 Et si son offrande est une chèvre, il la présentera devant l'Éternel ;
      13 et il posera sa main sur sa tête, et il l'égorgera devant la tente d'assignation ; et les fils d'Aaron feront aspersion du sang sur l'autel, tout autour ;
      14 et il en présentera son offrande, un sacrifice par feu à l'Éternel : la graisse qui couvre l'intérieur, et toute la graisse qui est sur l'intérieur,
      15 et les deux rognons, et la graisse qui est dessus, qui est sur les reins, et le réseau qui est sur le foie, qu'on ôtera jusque sur les rognons ;
      16 et le sacrificateur les fera fumer sur l'autel : c'est un pain de sacrifice par feu, en odeur agréable. Toute graisse appartient à l'Éternel.
      17 C'est un statut perpétuel, en vos générations, dans toutes vos habitations : vous ne mangerez aucune graisse ni aucun sang.

      Lamentations 1

      1 Comment est-elle assise solitaire, la ville si peuplée ! Celle qui était grande entre les nations est devenue comme veuve ; la princesse parmi les provinces est devenue tributaire.
      2 Elle pleure, elle pleure pendant la nuit, et ses larmes sont sur ses joues ; de tous ses amants, il n'en est pas un qui la console ; tous ses amis ont agi perfidement envers elle, ils sont pour elle des ennemis.
      3 Juda est allé en captivité à cause de son affliction et de la grandeur de son esclavage ; il habite parmi les nations, il n'a pas trouvé de repos ; tous ses persécuteurs l'ont atteint dans ses lieux resserrés.
      4 Les chemins de Sion mènent deuil de ce qu'il n'y a personne qui vienne aux fêtes ; toutes ses portes sont désolées ; ses sacrificateurs gémissent, ses vierges sont dans la détresse ; elle-même est dans l'amertume.
      5 Ses adversaires dominent, ses ennemis prospèrent ; car l'Éternel l'a affligée à cause de la multitude de ses transgressions ; ses petits enfants ont marché captifs devant l'adversaire.
      6 Et toute la magnificence de la fille de Sion s'est retirée d'elle. Ses princes sont comme des cerfs qui ne trouvent pas de pâture, et ils s'en sont allés sans force devant celui qui les poursuit.
      7 Jérusalem, dans les jours de son affliction et de son bannissement, lorsque son peuple tombait dans la main de l'ennemi et qu'il n'y avait personne qui lui aidât, s'est souvenue de toutes les choses désirables qu'elle avait dans les jours d'autrefois ; les adversaires l'ont vue, ils se sont moqués de sa ruine.
      8 Jérusalem a grièvement péché, c'est pourquoi elle est rejetée comme une impureté ; tous ceux qui l'honoraient l'ont méprisée, car ils ont vu sa nudité : elle aussi gémit et s'est retournée en arrière.
      9 Son impureté était aux pans de sa robe, elle ne s'est pas souvenue de sa fin ; elle est descendue prodigieusement ; il n'y a personne qui la console ! Regarde, ô Éternel, mon affliction, car l'ennemi s'est élevé avec orgueil.
      10 L'ennemi a étendu sa main sur toutes ses choses désirables ; car elle a vu entrer dans son sanctuaire les nations, au sujet desquelles tu avais commandé qu'elles n'entreraient point dans ta congrégation.
      11 Tout son peuple gémit ; ils cherchent du pain ; ils ont donné leurs choses désirables contre des aliments pour restaurer leur âme. Regarde, Éternel, et contemple, car je suis devenue vile.
      12 N'est-ce rien pour vous tous qui passez par le chemin ? Contemplez, et voyez s'il est une douleur comme ma douleur qui m'est survenue, à moi que l'Éternel a affligée au jour de l'ardeur de sa colère.
      13 D'en haut il a envoyé dans mes os un feu qui les a maîtrisés ; il a tendu un filet pour mes pieds, il m'a fait retourner en arrière ; il m'a mise dans la désolation, dans la langueur, tout le jour.
      14 Le joug de mes transgressions est lié par sa main ; elles sont entrelacées, elles montent sur mon cou ; il a fait défaillir ma force ; le Seigneur m'a livrée en des mains d'où je ne puis me relever.
      15 Le Seigneur a abattu tous mes hommes forts au milieu de moi ; il a convoqué contre moi une assemblée pour écraser mes jeunes gens. Le Seigneur a foulé comme au pressoir la vierge, fille de Juda.
      16 A cause de ces choses je pleure ; mon oeil, mon oeil se fond en eau ; car il est loin de moi, le consolateur qui restaurerait mon âme. Mes fils sont péris, car l'ennemi a été le plus fort.
      17 Sion étend ses mains, il n'y a personne qui la console. L'Éternel a commandé au sujet de Jacob que ses adversaires l'entourent ; Jérusalem est devenue au milieu d'eux une impureté.
      18 L'Éternel est juste ; car je me suis rebellée contre son commandement. Écoutez, je vous prie,, vous tous les peuples, et voyez ma douleur : mes vierges et mes jeunes gens sont allés en captivité.
      19 J'ai appelé mes amants : ils m'ont trompée. Mes sacrificateurs et mes anciens ont expiré dans la ville, alors qu'ils se sont cherché de la nourriture afin de restaurer leur âme.
      20 Regarde, Éternel, car je suis dans la détresse ; mes entrailles sont agitées, mon coeur est bouleversé au dedans de moi, car je me suis grièvement rebellée : au dehors l'épée m'a privée d'enfants ; au dedans, c'est comme la mort.
      21 Ils m'ont entendue gémir : il n'y a personne qui me console ; tous mes ennemis ont appris mon malheur, ils se sont réjouis de ce que toi tu l'as fait. Tu feras venir le jour que tu as appelé, et ils seront comme moi.
      22 Que toute leur iniquité vienne devant toi, et fais-leur comme tu m'as fait à cause de toutes mes transgressions ; car mes gémissements sont nombreux, et mon coeur est languissant.

      Lamentations 2

      1 Comment, dans sa colère, le Seigneur a-t-il couvert d'un nuage la fille de Sion ! Il a jeté des cieux sur la terre la beauté d'Israël, et, au jour de sa colère, il ne s'est pas souvenu du marchepied de ses pieds.
      2 Le Seigneur a englouti, sans épargner, toutes les habitations de Jacob ; il a renversé dans sa fureur les forteresses de la fille de Juda ; il a jeté par terre, il a profané le royaume et ses princes.
      3 Il a retranché, dans l'ardeur de sa colère, toute la corne d'Israël ; il a retiré sa droite devant l'ennemi, et il a brûlé en Jacob comme un feu flamboyant qui dévore à l'entour.
      4 Il a bandé son arc comme un ennemi ; il s'est tenu là avec sa droite comme un adversaire, et il a tué tout ce qui était agréable à l'oeil dans la tente de la fille de Sion ; il a versé, comme un feu, sa fureur.
      5 Le Seigneur a été comme un ennemi ; il a englouti Israël ; il a englouti tous ses palais, il a détruit ses forteresses, et il a multiplié chez la fille de Juda le gémissement et la plainte.
      6 Il a saccagé sa clôture comme un jardin ; il a détruit le lieu de son assemblée. L'Éternel a fait oublier dans Sion jour solennel et sabbat ; et, dans l'indignation de sa colère, il a méprisé roi et sacrificateur.
      7 Le Seigneur a rejeté son autel, il a répudié son sanctuaire ; il a livré en la main de l'ennemi les murs de ses palais ; on a poussé des cris dans la maison de l'Éternel comme au jour d'une fête solennelle.
      8 L'Éternel s'est proposé de détruire la muraille de la fille de Sion ; il a étendu le cordeau, il n'a pas retiré sa main pour cesser de détruire ; et il fait mener deuil au rempart et à la muraille : ils languissent ensemble.
      9 Ses portes sont enfoncées dans la terre ; il a détruit et brisé ses barres ; son roi et ses princes sont parmi les nations ; la loi n'est plus ; ses prophètes aussi ne trouvent pas de vision de la part de l'Éternel.
      10 Les anciens de la fille de Sion sont assis par terre, ils gardent le silence ; ils ont mis de la poussière sur leur tête, ils se sont ceints de sacs ; les vierges de Jérusalem baissent leur tête vers la terre.
      11 Mes yeux se consument dans les larmes, mes entrailles sont agitées, mon foie s'est répandu sur la terre, à cause de la ruine de la fille de mon peuple, parce que les enfants et ceux qui tettent défaillent dans les places de la ville.
      12 Ils disent à leurs mères : Où est le blé et le vin ? -défaillant dans les places de la ville comme des blessés à mort, et rendant l'âme sur le sein de leurs mères.
      13 Quel témoignage t'apporterai-je ? Que comparerai-je à toi, fille de Jérusalem ? Qui est-ce que j'égalerai à toi, afin que je te console, vierge, fille de Sion ? car ta ruine est grande comme la mer : qui te guérira ?
      14 Tes prophètes ont vu pour toi la vanité et la folie, et ils n'ont pas mis à découvert ton iniquité pour détourner ta captivité ; mais ils ont vu pour toi des oracles de vanité et de séduction.
      15 Tous ceux qui passent par le chemin battent des mains sur toi ; ils sifflent et branlent la tête sur la fille de Jérusalem : Est-ce ici la ville dont on disait : La parfaite en beauté, la joie de toute la terre ?
      16 Tous tes ennemis ouvrent la bouche sur toi ; ils sifflent et grincent des dents ; ils disent : Nous les avons engloutis ; oui, c'est ici le jour que nous attendions ! Nous l'avons trouvé, nous l'avons vu !
      17 L'Éternel a fait ce qu'il s'était proposé, il a accompli sa parole qu'il avait commandée dès les jours d'autrefois ; il a renversé et n'a point épargné, et il a fait que l'ennemi s'est réjoui sur toi ; il a élevé la corne de tes adversaires.
      18 Leur coeur a crié au Seigneur. Muraille de la fille de Sion, laisse couler des larmes jour et nuit, comme un torrent ; ne te donne pas de relâche, que la prunelle de tes yeux ne cesse point !
      19 Lève-toi, crie de nuit au commencement des veilles ; répands ton coeur comme de l'eau devant la face du Seigneur. Lève tes mains vers lui pour la vie de tes petits enfants qui défaillent de faim au coin de toutes les rues.
      20 Éternel, et considère à qui tu as fait ainsi ! Les femmes dévoreront-elles leur fruit, les petits enfants dont elles prennent soin ? Tuera-t-on le sacrificateur et le prophète dans le sanctuaire du Seigneur ?
      21 L'enfant et le vieillard sont couchés par terre dans les rues ; mes vierges et mes jeunes hommes sont tombés par l'épée : tu as tué au jour de ta colère, tu as égorgé, tu n'as point épargné !
      22 Tu as convoqué, comme en un jour de fête solennelle, mes terreurs de toutes parts ; et au jour de la colère de l'Éternel, il n'y a eu ni réchappé, ni reste : ceux dont j'avais pris soin et que j'avais élevés, mon ennemi les a consumés.

      Luc 1

      1 Puisque plusieurs ont entrepris de rédiger un récit des choses qui sont reçues parmi nous avec une pleine certitude,
      3 il m'a semblé bon à moi aussi, qui ai suivi exactement toutes choses depuis le commencement, très-excellent Théophile, de te les écrire par ordre,
      4 afin que tu connaisses la certitude des choses dont tu as été instruit.

      Luc 2

      1 Or il arriva, en ces jours-là, qu'un décret fut rendu de la part de César Auguste, portant qu'il fût fait un recensement de toute la terre habitée.
      2 Le recensement lui-même se fit seulement lorsque Cyrénius eut le gouvernement de la Syrie.)
      3 Et tous allaient pour être enregistrés, chacun en sa propre ville.
      4 Et Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, dans la ville de David qui est appelée Bethléhem, parce qu'il était de la maison et de la famille de David,
      5 pour être enregistré avec Marie, la femme qui lui était fiancée, laquelle était enceinte.
      6 Et il arriva, pendant qu'ils étaient là, que les jours où elle devait accoucher s'accomplirent ;
      7 et elle mit au monde son fils premier-né, et l'emmaillota, et le coucha dans la crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie.
      8 Et il y avait dans la même contrée des bergers demeurant aux champs, et gardant leur troupeau durant les veilles de la nuit.
      9 Et voici, un ange du Seigneur se trouva avec eux, et la gloire du Seigneur resplendit autour d'eux ; et ils furent saisis d'une fort grande peur.
      10 Et l'ange leur dit : N'ayez point de peur, car voici, je vous annonce un grand sujet de joie qui sera pour tout le peuple ;
      11 car aujourd'hui, dans la cité de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur.
      12 Et ceci en est le signe pour vous, c'est que vous trouverez un petit enfant emmailloté et couché dans une crèche.
      13 Et soudain il y eut avec l'ange une multitude de l'armée céleste, louant Dieu, et disant :
      14 Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes !
      15 Et il arriva, lorsque les anges s'en furent allés d'avec eux au ciel, que les bergers dirent entre eux : Allons donc jusqu'à Bethléhem, et voyons cette chose qui est arrivée que le Seigneur nous a fait connaître.
      16 Et ils allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche.
      17 Et l'ayant vu, ils divulguèrent la parole qui leur avait été dite touchant ce petit enfant.
      18 Et tous ceux qui l'ouïrent s'étonnèrent des choses qui leur étaient dites par les bergers.
      19 Et Marie gardait toutes ces choses par devers elle, les repassant dans son coeur.
      20 Et les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de toutes les choses qu'ils avaient entendues et vues, selon qu'il leur en avait été parlé.
      21 Et quand huit jours furent accomplis pour le circoncire, son nom fut appelé Jésus, nom duquel il avait été appelé par l'ange avant qu'il fût conçu dans le ventre.
      22 Et quand les jours de leur purification, selon la loi de Moïse, furent accomplis, ils le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur
      23 (selon qu'il est écrit dans la loi du Seigneur, que tout mâle qui ouvre la matrice sera appelé saint au Seigneur),
      24 et pour offrir un sacrifice, selon ce qui est prescrit dans la loi du Seigneur, une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes.
      25 Et voici, il y avait à Jérusalem un homme dont le nom était Siméon ; et cet homme était juste et pieux, et il attendait la consolation d'Israël ; et l'Esprit Saint était sur lui.
      26 Et il avait été averti divinement par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort, que premièrement il n'eût vu le Christ du Seigneur.
      27 Et il vint par l'Esprit dans le temple ; et comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour faire à son égard selon l'usage de la loi,
      28 il le prit entre ses bras et bénit Dieu et dit :
      29 Maintenant, Seigneur, tu laisses aller ton esclave en paix selon ta parole ;
      30 car mes yeux ont vu ton salut,
      31 lequel tu as préparé devant la face de tous les peuples :
      32 une lumière pour la révélation des nations : et la gloire de ton peuple Israël.
      33 Et son père et sa mère s'étonnaient des choses qui étaient dites de lui.
      34 Et Siméon les bénit et dit à Marie sa mère : Voici, celui-ci est mis pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et pour un signe que l'on contredira
      35 (et même une épée transpercera ta propre âme), en sorte que les pensées de plusieurs coeurs soient révélées.
      36 Et il y avait Anne, une prophétesse, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser (elle était fort avancée en âge, ayant vécu avec un mari sept ans depuis sa virginité,
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