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MAL

Hébr. ra, du verbe râa =briser, corrompre, détruire ; grec kakia =le mal en soi (Plot.), kakon, et surtout (N.T.) ponêros =mauvais, méchant, subst. : le méchant, appliqué à Satan : le Malin (Mt 6:13 13:19, Eph 6:16,1Jn 2:13 5:18) =l'auteur du mal, originel séducteur (2Co 11:3, cf. Ap 12:9), menteur et meurtrier (Jn 8:44 et suivant), l'Ennemi qui sème l'ivraie dans le champ de Dieu ; voir (Mt 13:25) Satan.

Le problème du mal a été abordé par toutes les philosophies humaines, toutes s'y sont perdues en des solutions qui se détruisent mutuellement. Pour l'une, le mal est le contraire du bien ; pour l'autre il fait partie intégrante du bien et lui est nécessaire. Ici, c'est une désharmonie tragique ; là c'est une note essentielle à l'harmonie universelle. Pour ceux-ci il est fatal, un vice inné de la matière ; pour ceux-là il est le fruit de la liberté, une faute de la volonté ou bien, comme dit Socrate, la conséquence d'une erreur : quand les hommes font le mal, ils se trompent ; Plotin dira plus tard : « sans l'existence du mal, le monde serait moins parfait » ; l'essence du mal, écrit Schopenhauer, c'est le « vouloir vivre », etc. On ne saurait s'étonner de ces contradictions. Pour résoudre un problème, il faut en connaître les données ; or la Bible seule fournit les données du problème du Bien et du Mal, parce que seule elle nous dit ce qu'est le Créateur, ce qu'il a voulu en faisant sa création et ce qu'il attend de la créature faite à son image. L'homme est libre d'ouvrir la Bible ou de la fermer, mais il n'est pas en son pouvoir de trouver en dehors d'elle la réponse aux questions vitales qui font le tourment de sa destinée.

La Bible n'enseigne pas l'origine du mal, mais elle indique cette origine en rattachant l'entrée du mal dans l'humanité à l'initiative d'une personnalité mauvaise, antérieure à notre économie terrestre et qui sous le symbole du serpent, en Éden, se pose contre Dieu et entraîne la créature à la désobéissance (Ge 3). Dès ses premières pages, elle nous avertit que « 'l'expérience du mal » ne peut avoir que des conséquences fatales en ce sens qu'elle sépare la créature de son Créateur, source de toute vie (Ge 2:17). Le mal apparaît donc ici, par définition, comme la puissance de désordre, de destruction, de dissolution, de mort ; et cela au travers de toute l'oeuvre créatrice. Le mal, pour le végétal, c'est d'être transporté dans un climat auquel sa phvsiologie ne peut s'accommoder et qui le mène, de jour en jour, à l'étiolement, à la stérilité, à la pourriture. Le mal, pour l'animal, c'est d'être astreint à un genre de vie qui contredit les besoins de sa constitution, le rend malingre, malade et le fait mourir. Le mal, pour la créature faite à l'image de Dieu, c'est tout ce qui l'oppose à la loi de son être, tout ce qui, moralement, la fait redescendre vers l'animalité, la prive de la communion spirituelle avec le Créateur, son modèle (Ge 1:26), et la réduit à vivre comme un être orphelin, isolé, « incomplet, manqué, qui n'achève rien et qui disparaît dans l'inconnu » (Ch. Babut).

Le mal, quand il a passé par la volonté humaine, devient le péché (voir ce mot). Le péché c'est le mal consenti, recherché, glorifié. Il y a dans le monde des fautes inconscientes : tels les soldats romains, crucifiant le Fils de Dieu, ne se doutaient ni du mal qu'ils faisaient (supplicier le Saint et le Juste, Ac 3:14) ni du bien auquel ils participaient en dressant sur le Calvaire l'étendard de salut pour tous les peuples (Jn 12:32). Quand le mal est fait consciemment, il ne va pas sans trouble dans la conscience de celui qui le commet, et ce trouble est un hommage rendu au bien, un avertissement que la loi de l'être est violée, une prophétie de la dégradation et de la condamnation : « Quiconque fait le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées » (Jn 3:20). Il est pourtant un état plus tragique et qui fait mieux ressortir encore la radicale misère de l'humanité déchue, c'est la condition de l'homme qui, voulant le bien et croyant l'accomplir avec ses seules forces, s'aperçoit que ce qu'il appelait lumière n'était que ténèbres, et que le mal le tenait esclave alors qu'il se croyait libre et approuvé de Dieu. Voe soli ! (voir ci-après l'aveu de Ro 7).

Une fois séparée du Dieu saint par l'état de péché, l'humanité entra dans la voie de ses infortunes en même temps que de sa honte. Elle souffre parce qu'elle est impuissante et elle souffre parce qu'elle est mauvaise. Par le mal, elle va au malheur. Pourquoi le déluge ? Parce que Dieu a vu que « la pensée de l'humanité était chaque jour uniquement dirigée vers le mal » (Ge 6:5). Mais le Créateur qui châtie aime sa créature et ouvre devant elle le chemin du retour. Qu'enseigne la loi du Sinaï ? Que le mal c'est : faire ce que Dieu ne veut pas, car Dieu est la personne parfaite (Ex 20, Le 11:44). En tous domaines, le refrain est : Israël, « ôte le mal du milieu de toi » (Le 22) ; « tu es un peuple saint à Jéhovah ton Dieu » (De 14:2). Ce n'est pas que Dieu espère par la loi faire rentrer l'homme dans sa communion. S'il la lui donne--et ce don est une grâce (Jn 11:6) --c'est pour qu'il connaisse les conditions de la faveur de Jéhovah et qu'il entre dans le combat inégal où il découvrira sa propre impuissance ; ainsi naîtra en l'homme le sentiment de sa déchéance qui mettra sur ses lèvres le cri de repentir, l'appel au secours, et permettra un jour le pardon de Dieu, le retour de l'Esprit que l'expérience du mal a fait perdre à l'homme.. (cf. Os 2:16-3:5) Par la connaissance du mal au désir du remède : voilà le rôle de la Loi. Pour la seconde fois l'homme est remis en présence du Bien et du Mal offerts à son libre choix comme des contraires, dont l'un fait vivre et dont l'autre fait mourir : « Voici, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal... la bénédiction et la malédiction » (De 30:15,19). La lutte morale en Israël commence, la croisade contre le mal. Les prophètes s'emploient à éclairer le peuple, mais la façon dont on les traite leur révèle bien vite qu'en réalité le mal tient l'homme. Sa perversion est telle que même au sein du peuple élu « il appelle le mal, bien, et le bien, mal » (Esa 5:20). « Ils haïssent le bien et aiment le mal » (Mic 3:2). Faire le bien est chez les Hébreux comme chez le reste des hommes une incapacité de nature. Jérémie, celui des « voyants » qui a vu le plus loin dans l'âme israélite, le leur dit explicitement : « Un Éthiopien peut-il changer sa peau, un léopard ses taches ? de même comment pourriez-vous faire le bien, vous qui êtes dressés à mal faire ? » (Jer 13:23).

De cette constatation et des catastrophes qui la sanctionnent naît, chez les plus pieux en Israël, l'appel à la délivrance : « Oh ! si tu déchirais les cieux et si tu descendais ! » (Esa 63:19). Les humbles pleurent et implorent dans les Psaumes de repentance (Ps 6 Ps 51 Ps 130 Ps 38 Ps 35 Ps 25). « Aie pitié de moi, mon Dieu, j'ai été enfanté dans l'iniquité, ma mère m'a conçu dans le péché... Crée en moi un coeur pur... soutiens-moi par un esprit de bonne volonté » (Ps 51:7,12). Ceux-ci attendent le « salut d'Israël » et seront en état d'accueillir le Messie souffrant de Esa 53. D'autres, patriotes orgueilleux, fiers de représenter sur la terre l'élection divine, s'exaltent dans l'illusion que le Juif peut, par sa race et par ses oeuvres, grâce à la Loi divine, mériter la gloire céleste. Ils pensent--ce sont les purs, les séparés, les pharisiens--que par l'observation de la Loi ils resteront à l'abri du mal, se libéreront des esprits démoniaques et s'assureront la vie éternelle. Ceux-là s'acharnent aux pratiques légales : circoncision, sabbat, jeûnes, aumônes, observation des fêtes, etc., convaincus qu'ils s'entretiennent par là dans un état de justice qui leur vaudra au dernier jour l'entrée du royaume messianique. Saul de Tarse résume cette confiance pharisaïque dans les mots : « Quant à la justice de la loi, j'étais irréprochable » (Php 3:6).

Cependant Jésus est venu. Les humbles l'ont accueilli parce qu'il parlait de pardon des péchés, les pharisiens l'ont condamné à mort parce qu'il les humiliait, (cf. Lu 7:30) parce qu'il enseignait à ses apôtres que le monde entier est soumis à la puissance du Malin, (cf. 1Jn 5:19) qu'il appelait Satan le Prince de ce monde et qu'il osait accuser les Juifs d'être sous son empire : « Le père dont vous êtes issus, c'est le diable ! » (Jn 8:44). Jésus réclame de ceux qui veulent entrer dans le Royaume de Dieu non pas des oeuvres seulement, mais le renouvellement de la personnalité morale, une nouvelle naissance (Jn 3), la régénération (voir ce mot). Cette exigence témoignait d'une notion du mal qui, bien que reposant d'aplomb sur la doctrine de la chute, était étrangère aux pharisiens. Mais quand Saul de Tarse eut été terrassé sur le chemin de Damas, quand il eut médité la doctrine du Jésus qu'il avait persécuté et contre lequel il ne pouvait regimber, une transformation radicale se fit en lui sur l'opinion qu'il avait de lui-même et dans sa conception du mal. Il comprit que l'homme qui s'imagine par ses oeuvres échapper à la domination des esprits malins (Eph 6:12,16) et marcher dans la voie de Dieu, se dupe lui-même. Sa confiance vient de ce qu'il ne se connaît pas, de ce qu'il n'a pas mesuré la profondeur de la chute et l'état misérable où elle l'a laissé. En Christ, Paul se découvre lui-même et découvre la véritable nature du mal : une séparation d'avec Dieu, une privation de l'Esprit, une incapacité non seulement de faire, mais même de concevoir la volonté de Dieu : le bien (1Co 2:14,16). C'est là l'aveu tragique du chap. 7 de l'épître aux Romains (cf. A. Westphal, De Epistuloe Pauli ad Romanos..., t888, pp. 39SS ; voir aussi M. Goguel, Paulinisme et Johannisme, Rev. Strasb., 1930, pp. 517s) ; là saint Paul, jugeant avec sa lumière nouvelle, met en scène sa condition passée : En réalité, moi pharisien, ayant du zèle pour Dieu, mais sans intelligence, (cf. Ro 10:2) « ce que je fais, je ne le comprends pas... je ne fais pas ce que je veux, je fais ce que je hais... la volonté de faire le bien est à ma portée, mais la capacité de l'accomplir, non... Je trouve en moi cette loi que voulant faire le bien c'est le mal qui est à ma portée » (Ro 7:15,22). Déconvenue de l'homme qui, croyant dans l'obscurité avoir saisi l'objet de son désir, s'aperçoit quand la clarté est faite qu'il a dans la main le contraire de ce qu'il avait cru prendre ! Acculé au désespoir, l'irréprochable Pharisien traduit sa désillusion totale par ce cri : « Malheureux que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ! » (Ro 7:19-24), mais le cri de détresse est suivi aussitôt du cri de délivrance : « Grâces soient rendues à Dieu, par Jésus-Christ notre Seigneur ! » (Ro 7:25). Ce qui était impossible à la Loi (Ro 8:3), ce que l'homme coupable et déchu ne pouvait faire : renouer de lui-même la communion perdue, Jésus l'a fait en servant de rançon pour le péché (mort), en devenant les prémices d'une humanité nouvelle (résurrection), en faisant de ses rachetés de nouvelles créatures par le don de son Esprit (Pentecôte). Le mal est vaincu parce que la cause du mal a été détruite (désobéissance, séparation d'avec Dieu). « Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair » (Lu 10:18). « La loi de l'Esprit de vie m'a affranchi en Jésus-Christ de la loi du péché et de la mort » (Ro 8:2,39).

Désormais, l'antinomie n'est plus entre oeuvre mauvaise et oeuvre bonne, mais entre homme extérieur (2Co 5:16), personnalité créée par la chute, homme psychique ou homme charnel destiné à mourir, et homme intérieur (1Co 2:15), être spirituel, croyant racheté, personnalité affranchie de l'esclavage du mal, qui s'est unie à Christ dans sa mort et sa résurrection et qui, par son Esprit, possède ici-bas la vie éternelle (Jn 6:40 et suivants).

Le vieil homme (Eph 4:22) c'est celui qui est conditionné dans le mal, qui vit dans le péché et dont la fin est, ou le crucifiement avec Christ (Ro 6:6) ou la perdition avec le monde (Php 3:19).

Le nouvel homme c'est l'homme que l'hérédité du mal ne domine plus ; l'homme en qui l'image de Dieu est recréée (Eph 4:24), dont la vie normale est l'imitation du Christ et dont les afflictions produiront le « poids éternel de gloire qui nous est réservé dans le ciel » (2Co 4:17,1Pi 1:4). Ce n'est pas que la rédemption ait encore porté tous ses fruits. Tant que l'homme vit sur la terre, dans la chair, le mal exerce son influence : « votre adversaire, le diable, rôde autour de vous... » (1Pi 5:8).

Les chutes sont possibles (1Co 10:12) ; les épreuves, certaines (Jn 16:33, cf. 2Co 4:17) ; la mort physique, inéluctable (Ro 6:23).

Aussi Paul dit-il : « C'est en espérance que nous sommes sauvés » (Ro 8:24). Mais il avait déjà affirmé : « L'espérance ne confond point » (Ro 5:7). En effet, la rédemption est accomplie. Jésus a paru pour détruire les oeuvres du diable (1Jn 3:8). Son intervention souveraine dans l'histoire et dans la vie morale du croyant est pour celui-ci le gage de sa victoire. Le jour vient, où les fidèles exaucés dans leur prière : « Délivre-nous du Malin » (Mt 6:13), et couverts par l'intercession de Jésus : ce Père..., préserve-les du Malin » (Jn 17:15), seront associés à l'oeuvre du Christ triomphant dans ses luttes suprêmes, et assisteront à la disparition totale de l'empire du Mal, quand les puissances de rébellion seront anéanties, que la Mort, la dernière ennemie, sera détruite, et que le Fils Rédempteur, à qui toutes choses ont été soumises, sera soumis lui-même à Celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous (1Co 15:24-27).

La double expérience de l'apôtre des Gentils, comme pharisien cherchant son salut dans les oeuvres, et comme chrétien sauvé par grâce par la foi, a permis à sa personnalité puissante de formuler sur le mal, ses origines dans l'histoire, ses ravages au sein de l'humanité, sa défaite et son anéantissement final, une doctrine qui a souvent été défigurée, mais qui n'a jamais été dépassée ! Conforme à l'enseignement du Christ, confirmée par les autres écrits du N.T., elle se présente à nous, surtout au cours de l'épître aux Rom., dans un exposé systématique si admirablement charpenté et si lumineusement concluant que la théologie comme aussi la vie pratique du monde des croyants n'ont cessé, depuis 19 siècles, d'évoluer dans son cadre. Et voici la preuve de sa vérité : quand l'Église s'assoupit, elle s'en écarte ; quand l'Église se réveille, elle y revient.

Voir Chute, Chair, Péché, Esprit, Bien, Malice.

Alex. W.

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Versets relatifs

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      Genèse 1

      26 Dieu dit enfin : « Faisons les êtres humains ; qu’ils soient comme une image de nous, une image vraiment ressemblante ! Qu’ils soient les maîtres des poissons dans la mer, des oiseaux dans le ciel et sur la terre, des gros animaux et des petites bêtes qui se meuvent au ras du sol ! »

      Genèse 2

      17 sauf de l’arbre qui donne la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. Le jour où tu en mangeras, tu mourras. »

      Genèse 3

      1 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux sauvages que le Seigneur avait faits. Il demanda à la femme : « Est-ce vrai que Dieu vous a dit : “Vous ne devez manger aucun fruit du jardin” ? »
      2 La femme répondit au serpent : « Nous pouvons manger les fruits du jardin.
      3 Mais quant aux fruits de l’arbre qui est au centre du jardin, Dieu nous a dit : “Vous ne devez pas en manger, pas même y toucher, de peur d’en mourir.” »
      4 Le serpent répliqua : « Pas du tout, vous ne mourrez pas.
      5 Mais Dieu le sait bien : dès que vous en aurez mangé, vous verrez les choses telles qu’elles sont, vous serez comme lui, capables de savoir ce qui est bon ou mauvais. »
      6 La femme vit que les fruits de l’arbre étaient agréables à regarder, qu’ils devaient être bons et qu’ils donnaient envie d’en manger pour acquérir un savoir plus étendu. Elle en prit un et en mangea. Puis elle en donna à son mari, qui était avec elle, et il en mangea, lui aussi.
      7 Alors ils se virent tous deux tels qu’ils étaient, ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. Ils attachèrent ensemble des feuilles de figuier, et ils s’en firent chacun une sorte de pagne.
      8 Le soir, quand souffle la brise, l’homme et la femme entendirent le Seigneur se promener dans le jardin. Ils se cachèrent de lui parmi les arbres.
      9 Le Seigneur Dieu appela l’homme et lui demanda : « Où es-tu ? »
      10 L’homme répondit : « Je t’ai entendu dans le jardin. J’ai eu peur, car je suis nu, et je me suis caché. » –
      11 « Qui t’a appris que tu étais nu, demanda le Seigneur Dieu ; aurais-tu goûté au fruit que je t’avais défendu de manger ? »
      12 L’homme répliqua : « C’est la femme que tu m’as donnée pour compagne ; c’est elle qui m’a donné ce fruit, et j’en ai mangé. »
      13 Le Seigneur Dieu dit alors à la femme : « Pourquoi as-tu fait cela ? » Elle répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé du fruit. »
      14 Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Puisque tu as fait cela, je te maudis. Seul de tous les animaux tu devras ramper sur ton ventre et manger de la poussière tous les jours de ta vie.
      15 Je mettrai l’hostilité entre la femme et toi, entre sa descendance et la tienne. La sienne t’écrasera la tête, tandis que tu la mordras au talon. »
      16 Le Seigneur dit ensuite à la femme : « Je rendrai tes grossesses pénibles, tu souffriras pour mettre au monde tes enfants. Tu te sentiras attirée par ton mari, mais il dominera sur toi. »
      17 Il dit enfin à l’homme : « Tu as écouté la suggestion de ta femme et tu as mangé le fruit que je t’avais défendu. Eh bien, par ta faute, le sol est maintenant maudit. Tu auras beaucoup de peine à en tirer ta nourriture pendant toute ta vie ;
      18 il produira pour toi épines et chardons. Tu devras manger ce qui pousse dans les champs ;
      19 tu gagneras ton pain à la sueur de ton front, jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu as été tiré. Car tu es fait de poussière, et tu retourneras à la poussière. »
      20 L’homme, Adam, nomma sa femme Ève, c’est-à-dire Vie, car elle est la mère de tous les vivants.
      21 Le Seigneur fit à l’homme et à sa femme des vêtements de peaux de bête et les en habilla.
      22 Puis il se dit : « Voilà que l’homme est devenu comme un dieu, pour ce qui est de savoir ce qui est bon ou mauvais. Il faut l’empêcher maintenant d’atteindre aussi l’arbre de la vie ; s’il en mangeait les fruits, il vivrait indéfiniment. »
      23 Le Seigneur Dieu renvoya donc l’homme du jardin d’Éden, pour qu’il aille cultiver le sol dont il avait été tiré.
      24 Puis, après l’en avoir expulsé, le Seigneur plaça des chérubins en sentinelle devant le jardin d’Éden. Ceux-ci, armés de l’épée flamboyante et tourbillonnante, devaient garder l’accès de l’arbre de la vie.

      Genèse 6

      5 Le Seigneur vit que les hommes étaient de plus en plus malfaisants dans le monde, et que les penchants de leur cœur les portaient de façon constante et radicale vers le mal.

      Exode 20

      1 Voici les paroles que Dieu adressa à Israël :
      2 « Je suis le Seigneur ton Dieu, c’est moi qui t’ai fait sortir d’Égypte où tu étais esclave.
      3 « Tu n’adoreras pas d’autres dieux que moi.
      4 « Tu ne te fabriqueras aucune idole, aucun objet qui représente ce qui est dans le ciel, sur la terre ou dans l’eau sous la terre ;
      5 tu ne t’inclineras pas devant des statues de ce genre, tu ne les adoreras pas. En effet, je suis le Seigneur ton Dieu, un Dieu exigeant. Si quelqu’un est en tort à mon égard, j’interviens contre lui et ses descendants, jusqu’à la troisième ou la quatrième génération ;
      6 mais je traite avec bonté pendant mille générations ceux qui m’aiment et obéissent à mes commandements.
      7 « Tu ne prononceras pas mon nom de manière abusive, car moi, le Seigneur ton Dieu, je tiens pour coupable celui qui agit ainsi.
      8 « N’oublie jamais de me consacrer le jour du sabbat.
      9 Tu as six jours pour travailler et faire tout ton ouvrage.
      10 Le septième jour, c’est le sabbat qui m’est réservé, à moi, le Seigneur ton Dieu ; tu ne feras aucun travail ce jour-là, ni toi, ni tes enfants, ni tes serviteurs ou servantes, ni ton bétail, ni l’étranger qui réside chez toi.
      11 Car en six jours j’ai créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, puis je me suis reposé le septième jour. C’est pourquoi moi, le Seigneur, j’ai béni le jour du sabbat et je veux qu’il me soit consacré.
      12 « Respecte ton père et ta mère, afin de jouir d’une longue vie dans le pays que moi, le Seigneur ton Dieu, je te donne.
      13 « Tu ne commettras pas de meurtre.
      14 « Tu ne commettras pas d’adultère.
      15 « Tu ne commettras pas de vol.
      16 « Tu ne prononceras pas de faux témoignage contre ton prochain.
      17 « Tu ne convoiteras rien de ce qui appartient à ton prochain, ni sa maison, ni sa femme, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne. »
      18 Tous les Israélites entendirent les coups de tonnerre et la sonnerie de trompette, tous virent les éclairs et la montagne fumante ; ils se mirent à trembler de peur et se tinrent à distance.
      19 Ils dirent à Moïse : « Parle-nous toi-même, et nous t’écouterons ; mais que Dieu ne nous parle pas directement, sinon nous mourrons. »
      20 Moïse leur répondit : « Ne craignez rien ! Si Dieu s’est approché de vous, c’est pour vous mettre à l’épreuve ; il veut que vous reconnaissiez son autorité et que vous ne commettiez pas de péché. »
      21 Les Israélites restèrent donc à distance, tandis que Moïse s’approchait de l’épais nuage où se tenait Dieu.
      22 Le Seigneur dit à Moïse : « Voici ce que tu transmettras de ma part aux Israélites : “Vous l’avez vu, c’est du haut du ciel que je me suis adressé à vous.
      23 Vous ne vous fabriquerez pas d’idoles en argent ou en or, pour adorer d’autres dieux à côté de moi.
      24 Vous me construirez un autel de terre, sur lequel vous m’offrirez vos moutons, vos chèvres et vos bœufs en sacrifices complets ou en sacrifices de communion. Et moi, je viendrai vous bénir en tout endroit où je manifesterai ma présence.
      25 Si vous me construisez un autel de pierres, ne le faites pas en pierres de taille, car en taillant les pierres au ciseau, vous les rendriez impropres à un usage sacré.
      26 Vous ne me construirez pas un autel auquel on accède par des marches, afin que l’on n’aperçoive pas d’en bas la nudité de celui qui y monterait.” »

      Lévitique 11

      44 Moi, je suis le Seigneur votre Dieu : comportez-vous comme des êtres saints, car je suis saint. Ne vous rendez donc pas impurs en touchant les bestioles qui se déplacent au ras du sol.

      Lévitique 22

      1 Le Seigneur dit à Moïse :
      2 « Présente à Aaron et à ses fils les cas où, pour ne pas me déshonorer, moi, le vrai Dieu, ils doivent se tenir à l’écart des offrandes que les Israélites me consacrent, à moi, le Seigneur.
      3 Dis-leur ceci : « Dans les générations à venir, si un homme d’une famille sacerdotale s’approche, en état d’impureté, des offrandes que les Israélites me consacrent, à moi, le Seigneur, on lui interdira de rester à mon service. Je suis le Seigneur.
      4 Un prêtre atteint de lèpre ou d’une infection sexuelle ne doit consommer aucune offrande réservée à Dieu avant d’être purifié. Il en va de même pour celui qui touche une personne rendue impure par le contact d’un cadavre, pour celui qui a eu des pertes séminales,
      5 pour celui qui touche une bestiole ou un homme dont le contact rend impur, quelle que soit l’impureté en cause.
      6 Celui qui a eu de tels contacts reste impur jusqu’au soir et ne peut manger des offrandes réservées à Dieu qu’après s’être lavé entièrement.
      7 Dès le coucher du soleil, il est purifié et il peut manger de nouveau de ces offrandes, car c’est une nourriture qui lui est destinée.
      8 Un prêtre ne doit pas non plus se rendre impur en mangeant de la viande d’une bête qui a crevé ou qui a été tuée par un animal sauvage. Je suis le Seigneur.
      9 « Les prêtres doivent accomplir fidèlement ce que je leur ordonne, afin de ne pas se rendre coupables pour des questions de nourriture. S’ils profanaient de la nourriture, ils mourraient. Je suis le Seigneur, et c’est moi qui les consacre à mon service.
      10 « Aucun laïc ne doit manger de nourriture consacrée : même l’invité ou l’ouvrier salarié d’un prêtre n’y est pas autorisé.
      11 Mais si un prêtre a acquis un serviteur à prix d’argent, celui-ci peut manger de la nourriture destinée au prêtre, tout comme un serviteur né dans la maison.
      12 Si la fille d’un prêtre a épousé un laïc, elle n’a pas le droit de consommer ce qui est prélevé sur les offrandes réservées à Dieu.
      13 Mais la fille d’un prêtre, veuve ou divorcée, qui n’a pas d’enfants et qui est revenue habiter chez son père comme avant son mariage, peut manger la même nourriture que lui. En dehors de ces cas, aucun laïc ne doit manger de nourriture consacrée.
      14 « Si quelqu’un en mange par mégarde, il doit rendre au prêtre l’équivalent de ce qu’il a pris, avec un supplément d’un cinquième.
      15 « Les prêtres ne doivent pas profaner ce que les Israélites ont prélevé sur les offrandes qu’ils consacrent au Seigneur :
      16 s’ils en mangent lorsqu’ils ne sont pas en état de le faire, ils chargent les Israélites d’une faute exigeant réparation. Je suis le Seigneur, et c’est moi qui consacre les prêtres à mon service. »
      17 Le Seigneur dit à Moïse
      18 de communiquer les prescriptions suivantes à Aaron, à ses fils et à tous les Israélites : « Supposons que quelqu’un parmi vous, un Israélite ou un étranger vivant en Israël, veuille m’offrir un sacrifice complet, de manière spontanée ou pour accomplir un vœu :
      19 s’il désire obtenir ma faveur, il doit amener un mâle sans défaut, taureau, bélier ou bouc.
      20 Il n’est pas permis d’amener un animal présentant un défaut, je ne l’accepterais pas de votre part.
      21 S’il s’agit d’un sacrifice de communion qui m’est offert de manière spontanée ou pour accomplir un vœu, j’accepterai un bœuf, un mouton ou une chèvre, pourvu que l’animal ne présente aucun défaut.
      22 N’amenez donc aucun animal aveugle, estropié, mutilé, atteint de verrues ou d’une maladie de la peau pour l’offrir en sacrifice consumé sur mon autel.
      23 Si une bête, bœuf, mouton ou chèvre, est difforme ou mal développée, on peut l’offrir comme sacrifice spontané, mais elle ne convient pas pour accomplir un vœu.
      24 Ne m’amenez jamais un animal dont les testicules ont été écrasés, broyés, arrachés ou coupés. Ne procédez pas à de telles mutilations quand vous serez dans votre pays,
      25 et n’achetez pas à un étranger des animaux ainsi mutilés, pour me les offrir en sacrifices, à moi votre Dieu. La mutilation qu’ils ont subie est l’équivalent d’un défaut, de sorte que je ne les accepterai pas de votre part. »
      26 Le Seigneur dit encore à Moïse :
      27 « Après sa naissance, un veau, un agneau ou un chevreau doit être laissé auprès de sa mère pendant une semaine. A partir du huitième jour, j’accepte qu’on me le présente en sacrifice consumé.
      28 Mais n’abattez pas une vache, une brebis ou une chèvre le même jour que son petit.
      29 « Quand vous m’offrez un sacrifice accompagnant un chant de louange, faites-le selon la règle, de manière à obtenir ma faveur :
      30 mangez-en la viande le jour même, sans rien en laisser pour le lendemain. Je suis le Seigneur.
      31 « Prenez bien soin de mettre en pratique mes commandements. Je suis le Seigneur.
      32 Ne me déshonorez pas ; vous devez au contraire, vous les Israélites, manifester que je suis le vrai Dieu. C’est à moi, le Seigneur, que vous appartenez en propre ;
      33 je vous ai fait sortir d’Égypte afin de devenir votre Dieu. Je suis le Seigneur. »

      Psaumes 6

      1 Du répertoire du chef de chorale. Accompagnement à l’octave. Psaume appartenant au recueil de David.
      2 Seigneur, tu es irrité contre moi, mais ne me condamne pas ; tu es indigné contre moi, mais renonce à me punir.
      3 Seigneur, aie pitié de moi, je suis sans force. Seigneur, guéris-moi, je suis profondément troublé.
      4 Je suis en plein désarroi. Et toi, Seigneur, jusqu’à quand m’en voudras-tu ?
      5 Reviens me délivrer, Seigneur, toi qui es si bon, sauve-moi.
      6 Car dans la mort on ne peut plus penser à toi, chez les défunts on ne peut plus te louer.
      7 Je m’épuise à force de soupirer, chaque nuit je trempe mon lit de larmes, j’inonde ma couche de pleurs.
      8 Mes yeux se voilent, tant j’ai de chagrin ; je n’y vois plus tant j’ai d’adversaires.
      9 Allez-vous-en, vous tous qui faites le mal, car le Seigneur a entendu mes pleurs ;
      10 oui, il a entendu ma supplication, il a accueilli ma prière.

      Psaumes 25

      1 Je me tourne vers toi, Seigneur ;
      2 mon Dieu, je me suis fié à toi, ne me laisse pas déçu. Ne laisse pas mes ennemis crier victoire à mon sujet.
      3 Aucun de ceux qui comptent sur toi n’aura à le regretter. Mais honte à ceux qui te trahissent ! Qu’ils restent les mains vides !
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