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MOÏSE 5.

VI Point de départ et inspiration première de l'oeuvre de Moïse.

Quel a été le point de départ de tout le développement religieux auquel le nom de Moïse a été attaché par la tradition nationale ? Peut-on l'expliquer par des raisons inhérentes, d'une part à sa préparation antérieure, à ses aspirations personnelles, à ses prédispositions de l'ordre psychologique et religieux et, de l'autre, au milieu d'où il est sorti et au temps où il a vécu ? Sa venue correspondait-elle à un mouvement d'opinion, à des besoins qui, à ce moment-là, se seraient fortement manifestés parmi les gens de sa race ? Les textes de Ex 3 font à ces diverses questions une réponse qui, en elle-même, apparaît assez catégorique, mais qu'il convient de contrôler dans la mesure du possible, en examinant ce que nous pouvons savoir des conditions historiques au sein desquelles il est apparu.

Comme on l'a déjà rappelé plus haut, on a prétendu qu'au moment où Moïse intervint dans les affaires des clans hébreux il se serait manifesté un fort courant qui aurait entraîné ces clans, d'abord vers l'indépendance nationale, puis aussi vers un retour à la religion ancestrale, et que cette double aspiration de l'ordre patriotique et religieux serait venue inspirer et seconder l'oeuvre de libération politique et de restauration religieuse accomplie par Moïse, lequel n'aurait ainsi fait que donner satisfaction aux besoins des tribus asservies.

Mais à ce double point de vue, il faut reconnaître que les textes ne laissent guère supposer de tendances aussi marquées et d'aspirations aussi caractéristiques ; le peuple gémit, certes, sous le poids des corvées (Ex 2:23), mais il ne cherche pas la délivrance auprès de ce dieu des pères dont il semble avoir bien oublié le culte. Lorsque Moïse paraît et entre en lutte avec le pharaon oppresseur pour obtenir la liberté de son peuple, on le voit, au contraire, obligé de compter avec le mauvais vouloir de ses compatriotes et avec leur mécontentement ; après le premier essai, infructueux, tenté par Moïse, les clans l'accusent même de les avoir exposés à la colère du monarque : (Ex 5:21) « L'angoisse et la dure servitude les empêchèrent d'écouter Moïse » (Ex 6:9). Et nulle part on ne les voit amenés, sous le coup de l'épreuve et de l'oppression, à rechercher le secours auprès du dieu des ancêtres ; à tel point que, lorsque Yahvé adresse à Moïse sa vocation de libérateur, celui-ci demande d'abord sous quel nom il devra rappeler son souvenir aux clans opprimés et le leur présenter (Ex 3:13 et suivants) ; il prévoit même que cela ne suffira pas pour réveiller en eux une confiance et des besoins dès longtemps disparus : « Ils ne me croiront pas et n'écouteront pas ma voix » (Ex 4:1).

Bien plus encore : des textes tels qu'Ezekiel Eze 20:7 23:3 laissent entendre qu'une partie des clans aurait adressé un culte à des dieux égyptiens, et Jos 24:14 parle aussi « des dieux qu'ont servis vos pères de l'autre côté du fleuve (Mésopotamie) et en Egypte ».

--Non, l'oeuvre de Moïse ne s'explique pas comme étant la réponse aux aspirations politiques et religieuses des clans hébreux qui, alors, ne constituaient pas encore un peuple conscient de son unité nationale, ni un milieu travaillé par des besoins religieux. Il a fallu à ces clans les expériences réitérées sur le terrain des faits qui précédèrent, accompagnèrent et suivirent le grand acte libérateur de la servitude égyptienne, pour comprendre la réalité et la puissance du Dieu qui était venu à leur secours et dont Moïse leur avait révélé l'intervention providentielle au moment de la sortie d'Egypte.

VII Influence des idées religieuses de l'Egypte.

On a cru pouvoir affirmer que l'oeuvre de Moïse aurait été le résultat de l'influence exercée sur lui par les idées religieuses de l'Egypte et qu'en particulier on y retrouverait les traces de ces doctrines ésotériques, enseignées à des initiés et dans le mystère desquelles il aurait été instruit (voir l'affirmation de Manéthon rappelée ci-dessus et d'après laquelle Moïse aurait d'abord été prêtre d'Osiris à Héliopolis). Mais on a fait observer à bon droit que la position de Moïse vis-à-vis du pharaon et des sages d'Egypte a toujours été celle d'un combattant, d'un adversaire, et « nullement celle d'un homme qui aurait trahi les doctrines ésotériques dans lesquelles il aurait été élevé »... et que « ce n'est pas auprès du temple d'Osiris, mais bien dans la solitude de la montagne du Sinaï que les souvenirs populaires lui font entendre la voix divine » (H. Schultz). L'opinion à laquelle il est fait allusion ici semble d'ailleurs aujourd'hui assez généralement abandonnée, et c'est avec raison qu'Ewald déjà a pu dire que la lutte engagée par Moïse avec le pharaon et les Égyptiens fut « une véritable guerre de religion » ; No 33:4 contient cette déclaration, qui exprime la même pensée : « Yahvé exerçait aussi des jugements contre leurs dieux.  » Si l'on avait pu songer à supposer une influence de la religion égyptienne sur la pensée de Moïse, ce n'eût sans doute été possible que sous le règne de ce monarque qu'on a appelé « le pharaon hérétique », Aménophis IV (1375-1360), qui prit le nom d'Akenaton, lorsqu'il voulut introduire la réforme religieuse consistant à substituer au culte de tous les dieux égyptiens celui du seul Disque solaire, Aton. Mais, comme on l'a remarqué très justement, ce qui fait le caractère propre de la religion yahviste instituée par Moïse est essentiellement différent ; en effet, le côté moral de la divinité, si accentué dans le yahvisme, n'apparaît pas dans le système religieux que ce monarque a voulu imposer à l'Egypte ; sa réforme (qui n'eut, d'ailleurs, qu'une durée très éphémère) relevait, comme l'a fort bien observé Lods, « soit du panthéisme, soit du polythéisme monarchique », et elle était par conséquent « d'une autre nature que le monothéisme moral des Israélites » (voir notre art. Egypte).

On a quelquefois aussi signalé des points de contact réels entre les lois d'Israël et les prescriptions du Livre des Morts égyptien ; mais ici encore l'esprit qui a inspiré les unes et les autres apparaît bien différent, et l'on respire dans les premières un souffle bien plus élevé de piété, de liberté et de respect de la dignité humaine. --Et si même on admet qu'il existe dans les institutions cultuelles d'Israël certains traits de détail qui pourraient faire croire à une influence étrangère et, dans l'espèce, égyptienne, il resterait encore à établir à quelle époque, pas forcément mosaïque, cette influence a pu se faire sentir.

VIII Yahvé dieu des Kéniens.

Enfin, on a émis l'hypothèse, acceptée par un grand nombre de critiques (Tiele, Budde, Stade, Valeton, Lods et d'autres), que Yahvé, avant d'être le dieu des clans hébreux, aurait été l'élohim protecteur de Jéthro et des Madianites-Kéniens, et que la religion d'Israël dérivait de la sagesse sacerdotale de ces peuples. On remarque d'abord que toute la région madianite est voisine de Kadès, dont le nom même indique une localité particulièrement sacrée depuis longtemps, et auprès de laquelle il y avait une source appelée « fontaine du jugement (ou de l'Oracle) » dans Ge 14:7, texte qui la met en relation avec Kadès ; ce nom indiquerait donc une localité où l'on se rendait pour faire trancher des questions de droit devant la divinité du lieu ; ce sanctuaire aurait été le siège d'une sorte de tribunal divin, auprès duquel résidait sans doute une confrérie de prêtres considérés comme les interprètes de la divinité.

De nombreux critiques ont donc émis l'opinion que cette localité, dans le district de laquelle se trouvait le territoire de Madian et peut-être aussi, pour un bon nombre de savants, la montagne d'Élohim (=le Sinaï), avait dû être, depuis long-temps, le centre de culte des tribus habitant cette région ; que Ex 18:10-12 semble permettre d'affirmer que Jéthro, chef des prêtres qui desservaient le sanctuaire de Kadès, reconnaissait Yahvé comme son dieu, puisqu'il lui offre alors un sacrifice, et que la scène racontée dans ces versets représente une véritable cérémonie « d'initiation des principaux chefs israélites » au culte de Yahvé ; pour quelques critiques même, le sacerdoce lévitique aurait eu pour patrie Kadès, d'où il aurait passé en Canaan (voir la réponse faite à cette hypothèse par Kittel, Gesch. des Volkes Israël, p. 549s.) ; enfin, que la fête religieuse pour la célébration de laquelle Moïse demande au pharaon de laisser les clans hébreux faire trois jours de marche au désert (Ex 3:18 5:3 8:27) était une de celles qui se célébraient à Kadès.

--Cette série d'affirmations paraît prêter à des objections sérieuses. On reconnaîtra tout d'abord, d'une façon générale, que la tradition hébraïque, telle que les différents documents la reflètent, n'a conservé aucun souvenir positif de cette origine madianite-kénienne du culte de Yahvé ; qu'elle ne dit nulle part qu'il ait été le dieu des Kéniens et que ce dieu, cet El-Kadès, ait porté le nom de Yahvé ; que si Jéthro, dans Ex 18:11, déclare : « Maintenant je sais que Yahvé est plus grand que tous les dieux », cela ne veut pas signifier que Yahvé son Dieu lui apparaît désormais comme étant supérieur à ceux des nations (de cela Jéthro aurait dû être persuadé depuis longtemps et, d'ailleurs, il ne l'appelle nulle part Yahvé son Dieu) : cela signifie, ou bien que Jéthro en est venu, à la suite des expériences faites récemment par Israël, à reconnaître, lui aussi, Yahvé pour son dieu à lui ; ou bien qu'ayant adressé jusqu'à présent son culte aussi à Yahvé en même temps qu'à d'autres dieux, il finit par reconnaître que Yahvé est plus fort que tous les autres et qu'il mérite seul d'être adoré. « L'hypothèse des Kéniens, dit Bertholet (Hist. Civ. Isr., p. 154, note),... ne me paraît admissible qu'en reconnaissant que Yahvé fut aussi le dieu des Kénites. Mais qu'il ait été à l'origine le dieu des Kéniens seuls soulève, à mon avis, de fortes objections. Je ne me risque pas à ramener la tradition du « dieu père » (Ex 3:6 etc.) à une simple égalisation de la légende mosaïque avec celles de la Genèse. »

--Et, dans No 10:29-32 (le parallèle élohiste de Ex 18, qui est de J) où est raconté l'entretien de Moïse avec son beau-père, on voit Moïse, pour persuader ce dernier d'accom­pagner les tribus dans leur voyage au désert, lui montrer que s'il accepte il deviendra ainsi participant des bienfaits que Yahvé a promis à Israël : or, si Yahvé avait été, déjà auparavant, le dieu ou l'un des dieux des Kéniens, Moïse n'aurait pas eu besoin d'un tel argument pour encourager son beau-père à guider Israël dans le désert ; les grâces de Yahvé, son dieu avant d'être celui des tribus israélites, lui étaient, en effet, dès longtemps acquises.

--Enfin, si Yahvé avait été le dieu d'une peuplade étrangère aux clans hébreux, il semble bien difficile d'admettre que Moïse eût pu entraîner les tribus dans une lutte en vue de leur libération, au nom de ce dieu étranger, et en le présentant comme identique au dieu des ancêtres ; or, c'est sur ce titre-là que Yahvé s'appuie et met l'accent, lorsqu'il adresse son appel à Moïse : « le dieu de vos pères, le dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob... »

--Que, sur une montagne qui était déjà sacrée aux yeux de quelques tribus du désert, Moïse ait reçu la première révélation du dieu qui se présente à lui comme le dieu des pères, ce fait n'implique pas forcément la conclusion que le dieu qui y était adoré eût porté le nom même sous lequel il se présente à Moïse. D'ailleurs, la forme volontairement vague sous laquelle la divinité répond à la question parler la proclamation d'un nom propre déterminé et qui aurait été courant dans la région où se faisait cette déclaration ; elle constitue avant tout une solennelle affirmation de ce qu'est l'essence véritable du dieu qui se révèle ainsi et qui possède la Vie, la Réalité absolue.

M. Westphal résume d'une façon très juste et incisive l'hypothèse qui vient d'être examinée : « Jéhovah serait le dieu de l'orage, résidant au Sinaï ; son adorateur et son prêtre aurait été Jéthro ou Réuel, beau-père de Moïse, et Moïse, influencé par son beau-père et prédispose par sa connaissance de la religion égyptienne à la conception de la monolâtrie, aurait « confisqué à son profit les attributs d'une pauvre petite divinité spéciale et sans valeur ». Avec lui, nous avouons avoir de la peine à trouver là « l'origine historique de la religion qui a donné au monde le Décalogue, le commandement de l'amour, la loi de la sainteté et l'apostolat des prophètes » (Jéhovah, pp. 176, 177). Et avec bon nombre de critiques, nous demanderons encore, si la religion mosaïque n'a été, à l'origine, qu'une religion naturiste ayant pour dieu un Yahvé emprunté aux Madianites-Kéniens, comme tant d'autres qui ont vu le jour sur le sol du vieux paganisme sémitique, pourquoi le développement religieux et moral si extraordinaire qui s'est poursuivi en Israël dès les temps mosaïques jusqu'à la fin de la période prophétique n'aurait pas pu se produire tout aussi bien dans l'une ou l'autre des religions des peuples voisins d'Israël, sous l'action d'un Kémos dieu des Moabites, ou d'un Milcom dieu des Ammonites, ou du Baal cananéen ? A quelles conclusions faut-il donc aboutir, en ce qui concerne la genèse de l'œuvre religieuse et nationale de Moïse ? On est assez généralement d'accord pour admettre, comme étape première et préliminaire de toute cette œuvre, un ensemble de conditions de l'ordre spirituel et psychologique, que l'on peut déduire de l'étude des textes et de l'examen du milieu dans lequel se forma la personnalité de Moïse.

On concevra volontiers, avec Dillmann et la plupart des critiques et historiens, que Moïse était, de sa nature, un puissant esprit, un homme présentant des prédispositions de l'ordre religieux particulièrement marquées, un véritable héros parmi sa génération, enrichi, du fait de son éducation égyptienne, de tout ce que la civilisation de l'époque avait pu ajouter encore à ses dons et qualités naturelles. On admettra aussi que durant son long séjour dans les solitudes de Madian, sa pensée dut se porter constamment sur les questions intéressant l'avenir matériel et religieux de ses compatriotes, qu'il avait laissés en Egypte, gémissant sous le joug de l'oppression ; on pourra ajouter encore qu'en réfléchissant au spectacle que lui avait offert le culte adressé par les Égyptiens à une multitude de dieux et qu'en le comparant à celui, plus simple et plus rudimentaire, qu'il contemplait en Madian, il en était venu à ressentir une aversion toujours plus forte pour les dieux du panthéon égyptien et à éprouver un attrait d'autant plus grand pour le dieu de ses pères.

On a été plus loin encore, et l'on a suggéré que si le nom de sa mère Jokébed (Ex 6:20) doit être considéré comme vraiment authentique et, par conséquent, comme composé avec une abréviation du nom divin Yahvé, on pourrait supposer possible le fait que ce nom de Yahvé aurait été propre à la religion du clan auquel appartenait Moïse lui-même, puisque, d'après Ex 3:6, Dieu lui dit : « Je suis le dieu de ton père » et que, dans le cantique de Ex 15:2, Moïse dit : « Il est le dieu de mon père. » Mais cette hypothèse elle-même se heurte à des difficultés réelles, provenant d'abord du sens peu clair que présente ce nom, et il se pourrait fort bien (Kittel, ouvr. cit., p. 556) qu'il fût le résultat d'une défor­mation du nom primitif inspirée par le désir de l'adapter à la foi yahviste des tribus.

--On a constaté, il est vrai, dans les textes cunéiformes antérieurs à l'époque de Moïse, la présence de noms propres dans la composition desquels entrent certaines syllabes qui rappelleraient d'assez près le nom de Yahvé abrégé. Mais ces éléments représentent-ils réellement le nom divin Yahvé ? La certitude n'en est pas absolument acquise et beaucoup de savants très autorisés sont d'accord pour déclarer que, jusqu'à plus ample information, il y a lieu de se montrer très circonspect dans l'usage que l'on fait de semblables données. Toutes ces considérations ne font qu'établir la base préliminaire générale sur laquelle a pu s'édifier la grande œuvre de Moïse ; et si l'on en restait là, on n'aurait pas pénétré le secret de cette œuvre, de cette initiative religieuse qui a fait faire à l'humanité un si immense pas en avant. Pour expliquer cette transformation profonde de la notion de Dieu, telle qu'elle apparaît en Israël à partir de la période dite mosaïque, nous ne craignons pas d'affirmer qu'il n'a rien fallu de moins qu'un contact personnel et direct avec la personne divine, en un mot : une révélation semblable à celle dont parlent nos documents dans Ex 3 Ex 6.

C'est ce contact, ce sont ces faits de révélation intérieure, cette expérience intime de la présence et de la toute-puissance du Dieu qui se manifestait à lui, qui ont pu lui donner une notion claire de ce qu'était la vraie nature du Dieu qui s'identifiait à celui des pères, qui lui confiait une mission libératrice solennelle et qui, en la lui confiant, lui infusait les forces et le courage nécessaires pour l'accomplir et lui donnait l'impulsion intérieure sans laquelle il n'aurait pas quitté les plaines de Madian pour se jeter, comme il le fit, en pleine mêlée et pour se révéler à Israël comme le guide sûr, le réformateur religieux qui l'a fait parvenir des bas-fonds d'une religion vague et sans force, jusque sur les hauteurs de l'hénothéisme moral qui aboutira plus tard à la religion toute spirituelle et nettement monothéiste des prophètes. Pour aboutir à un tel résultat, il fallait plus que des dispositions religieuses favorables, plus qu'un heureux concours d'antécédents et de situations extérieures : il fallait une intervention venant de plus haut et dans laquelle on pût discerner l'action providentielle de Dieu. C'est bien là ce que nous montre la vision révélatrice qui inaugure le ministère de Moïse, vision nécessaire et sans laquelle, quoi qu'on fasse, ce ministère et l'œuvre qui en est résultée restent une énigme inexplicable.

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      Genèse 14

      7 Puis ils revinrent vers En-Michepath, c’est-à-dire Cadès. Ils ravagèrent toute la campagne amalécite et battirent aussi les Amorites qui habitaient Hassasson-Tamar.

      Exode 2

      23 Longtemps après, le roi d’Égypte mourut. Les Israélites, du fond de leur esclavage, se mirent à gémir et à crier, et leur appel au secours monta jusqu’à Dieu.

      Exode 3

      1 Moïse s’occupait des moutons et des chèvres de Jéthro, son beau-père, le prêtre de Madian. Un jour, après avoir conduit le troupeau au-delà du désert, il arriva à l’Horeb, la montagne de Dieu.
      2 C’est là que l’ange du Seigneur lui apparut dans une flamme, au milieu d’un buisson. Moïse aperçut en effet un buisson d’où sortaient des flammes, mais sans que le buisson lui-même brûle.
      3 Il décida de faire un détour pour aller voir ce phénomène étonnant et découvrir pourquoi le buisson ne brûlait pas.
      4 Lorsque le Seigneur le vit faire ce détour, il l’appela du milieu du buisson : « Moïse, Moïse ! » – « Oui ? » répondit-il.
      5 « Ne t’approche pas de ce buisson, dit le Seigneur. Enlève tes sandales, car tu te trouves dans un endroit consacré.
      6 Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. » Moïse se couvrit le visage, parce qu’il avait peur de regarder Dieu.
      7 Le Seigneur reprit : « J’ai vu comment on maltraite mon peuple en Égypte ; j’ai entendu les Israélites crier sous les coups de leurs oppresseurs. Oui, je connais leurs souffrances.
      8 Je suis donc venu pour les délivrer du pouvoir des Égyptiens, et pour les conduire d’Égypte vers un pays beau et vaste, vers un pays qui regorge de lait et de miel, le pays où habitent les Cananéens, les Hittites, les Amorites, les Perizites, les Hivites et les Jébusites.
      9 Puisque les cris des Israélites sont montés jusqu’à moi et que j’ai même vu de quelle manière les Égyptiens les oppriment,
      10 je t’envoie maintenant vers le Pharaon. Va, et fais sortir d’Égypte Israël, mon peuple. »
      11 Moïse répondit à Dieu : « Moi ? je ne peux pas aller trouver le Pharaon et faire sortir les Israélites d’Égypte ! » –
      12 « Je serai avec toi, reprit Dieu. Et pour te prouver que c’est bien moi qui t’envoie, je te donne ce signe : Quand tu auras fait sortir les Israélites d’Égypte, tous ensemble vous me rendrez un culte sur cette montagne-ci. » –
      13 « Bien ! dit Moïse. Je vais donc aller trouver les Israélites et leur dire : “Le Dieu de vos ancêtres m’envoie vers vous”. Mais ils me demanderont ton nom. Que leur répondrai-je ? »
      14 Dieu déclara à Moïse : «  “JE SUIS QUI JE SUIS”. Voici donc ce que tu diras aux Israélites : “JE SUIS m’a envoyé vers vous”.
      15 Puis tu ajouteras : “C’est LE SEIGNEUR qui m’a envoyé vers vous, le Dieu de vos ancêtres, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.” Tel est mon nom pour toujours, le nom par lequel les hommes de tous les temps pourront m’invoquer.
      16 Maintenant, va rassembler les anciens d’Israël et dis-leur : “Le Seigneur, le Dieu de vos ancêtres, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, m’est apparu. Il m’a dit qu’il s’est penché sur votre situation en Égypte et qu’il sait bien comment on vous y traite.
      17 Il a donc décidé de vous arracher à ce pays où l’on vous maltraite pour vous conduire dans le pays des Cananéens, des Hittites, des Amorites, des Perizites, des Hivites et des Jébusites, pays qui regorge de lait et de miel.”
      18 « Les Israélites t’écouteront. Alors tu iras avec leurs anciens trouver le roi d’Égypte et vous lui direz : “Le Seigneur, le Dieu des Hébreux, notre Dieu, s’est manifesté à nous. Permets-nous d’aller à trois jours de marche dans le désert, pour lui offrir des sacrifices.”
      19 Je sais bien que le roi ne vous laissera pas partir, à moins d’y être contraint.
      20 C’est pourquoi j’interviendrai avec puissance contre son pays par toutes sortes d’actions extraordinaires ; après quoi il vous laissera partir.
      21 J’amènerai même les Égyptiens à considérer votre peuple avec faveur, de telle sorte que, lorsque vous partirez, vous n’aurez pas les mains vides.
      22 Chaque femme israélite demandera à toute Égyptienne habitant chez elle, ou dans le voisinage, des objets d’argent et d’or, ainsi que des vêtements ; vous en chargerez vos fils et vos filles, et vous dépouillerez ainsi les Égyptiens. »

      Exode 4

      1 Moïse répondit au Seigneur : « Mais les Israélites ne voudront pas me croire ni m’obéir. Ils me diront : “Le Seigneur ne t’est pas apparu !” »

      Exode 5

      3 Moïse et Aaron reprirent : « Le Dieu des Hébreux, le Seigneur notre Dieu, s’est manifesté à nous. Permets-nous donc d’aller à trois jours de marche dans le désert pour lui offrir des sacrifices. Sinon il pourrait nous faire mourir par la peste ou par la guerre. » –
      21 en leur disant : « Que le Seigneur constate ce que vous avez fait et qu’il vous condamne ! A cause de vous, le Pharaon et son entourage nous détestent. Vous leur avez fourni une arme pour nous tuer ! »

      Exode 6

      1 Le Seigneur lui répondit : « C’est maintenant que tu vas voir ce que je ferai au Pharaon ! Contraint par ma poigne, il laissera partir les Israélites ; contraint par ma poigne, il va même les chasser de son pays ! »
      2 Dieu dit encore à Moïse : « Je suis “LE SEIGNEUR”.
      3 Je me suis révélé autrefois à Abraham, à Isaac et à Jacob comme “DIEU TOUT-PUISSANT”, mais ils ne savaient pas que je m’appelle aussi “LE SEIGNEUR”.
      4 J’ai conclu une alliance avec eux, j’ai promis de leur donner le pays de Canaan dans lequel ils séjournaient comme étrangers.
      5 Maintenant j’ai entendu les Israélites gémir sous le poids de l’esclavage que les Égyptiens leur imposent, et je me suis souvenu de mon alliance avec eux.
      6 C’est pourquoi je t’ordonne de leur dire ceci de ma part : “Je suis le Seigneur ! Je vais vous soustraire aux travaux forcés et vous délivrer de l’esclavage auquel les Égyptiens vous ont soumis. Grâce à ma puissance irrésistible, je les punirai de manière exemplaire et je vous libérerai.
      7 Je ferai de vous mon peuple, et je serai votre Dieu. Vous saurez que c’est moi, le Seigneur votre Dieu, qui vous soustrais aux travaux forcés d’Égypte.
      8 Je vous conduirai ensuite dans le pays que j’ai solennellement promis à Abraham, à Isaac et à Jacob, et je vous le donnerai en possession. C’est moi, le Seigneur, qui vous l’affirme.” »
      9 Moïse rapporta ces paroles aux Israélites, mais ils ne l’écoutèrent pas, tant ils étaient accablés par leur dur esclavage.
      10 Le Seigneur s’adressa de nouveau à Moïse :
      11 « Va parler au Pharaon, le roi d’Égypte, lui dit-il, pour qu’il laisse partir les Israélites de son pays. »
      12 Moïse lui répondit : « Même les Israélites ne m’ont pas écouté ! Pourquoi donc le Pharaon m’écouterait-il, moi qui sais si mal m’exprimer ? »
      13 Alors le Seigneur ordonna à Moïse et à Aaron d’aller ensemble trouver les Israélites et le Pharaon, pour que les Israélites puissent quitter l’Égypte.
      14 Voici une liste des chefs de familles israélites : Fils de Ruben, le premier des fils de Jacob : Hanok, Pallou, Hesron et Karmi ; ils furent les ancêtres des clans rubénites.
      15 Fils de Siméon : Yemouel, Yamin, Ohad, Yakin, Sohar et Chaoul, ce dernier étant fils d’une épouse cananéenne ; ils furent les ancêtres des clans siméonites.
      16 Et voici les noms des descendants de Lévi, à diverses générations : Lévi eut trois fils, Guerchon, Quéhath et Merari ; il vécut cent trente-sept ans.
      17 Fils de Guerchon : Libni et Chiméi, ancêtres de leurs clans respectifs.
      18 Fils de Quéhath : Amram, Issar, Hébron et Ouziel ; Quéhath vécut cent trente-trois ans.
      19 Fils de Merari : Mali et Mouchi. Tels furent les ancêtres des clans lévitiques, suivant l’époque où ils vécurent.
      20 Amram épousa sa tante Yokébed, qui lui donna deux fils, Aaron et Moïse ; il vécut cent trente-sept ans.
      21 Fils d’Issar : Coré, Néfeg et Zikri.
      22 Fils d’Ouziel : Michaël, Élissafan et Sitri.
      23 Aaron épousa Élichéba, fille d’Amminadab et sœur de Nachon, qui lui donna quatre fils, Nadab, Abihou, Élazar et Itamar.
      24 Fils de Coré : Assir, Elcana et Abiassaf, qui furent les ancêtres des clans coréites.
      25 Élazar, fils d’Aaron, épousa une fille de Poutiel, qui lui donna un fils, Pinhas. Ceux qui viennent d’être nommés furent des chefs de familles dans les clans issus de Lévi.
      26 C’est à Aaron et Moïse que le Seigneur ordonna : “Faites sortir les Israélites d’Égypte, en bon ordre.”
      27 Moïse et Aaron s’adressèrent donc au Pharaon, roi d’Égypte, pour qu’il laisse sortir les Israélites de son pays.
      28 Le jour où le Seigneur adressa la parole à Moïse, en Égypte,
      29 il lui dit : « Je suis le Seigneur ! Va rapporter au Pharaon, roi d’Égypte, tout ce que je te dis moi-même. »
      30 Mais Moïse lui répondit : « Je sais si mal m’exprimer ! Jamais le Pharaon ne m’écoutera ! »

      Exode 8

      27 Le Seigneur fit ce que Moïse lui demandait : il débarrassa le Pharaon, son entourage et son peuple de toutes les mouches ; il n’en resta plus une seule.

      Exode 15

      2 Ma grande force, c’est le Seigneur, il est venu à mon secours. Il est mon Dieu, je le louerai ; il est le Dieu de mon père, je proclamerai sa grandeur.

      Exode 18

      1 Jéthro, prêtre de Madian et beau-père de Moïse, entendit parler de tout ce que le Seigneur Dieu avait fait pour Moïse et pour Israël, son peuple ; il apprit comment le Seigneur les avait fait sortir d’Égypte.
      2 Jéthro avait avec lui sa fille Séfora, femme de Moïse, que celui-ci lui avait renvoyée précédemment,
      3 ainsi que les deux fils de Séfora. Moïse avait appelé l’aîné Guerchom – ce qui signifie “Réfugié-là” – en déclarant : “Je suis devenu un réfugié dans un pays étranger” ;
      4 quant au cadet, il l’avait nommé Éliézer – “Mon Dieu me secourt” – en déclarant : “Le Dieu de mon père m’a secouru en me protégeant des attaques du Pharaon”.
      5 Jéthro partit avec les fils et la femme de Moïse et alla rejoindre celui-ci dans le désert proche de la montagne de Dieu, là où il avait installé son camp.
      6 Jéthro se fit annoncer à Moïse en ces termes : “Je suis ton beau-père ; je viens te trouver, accompagné de ta femme et de ses deux fils.”
      7 Moïse vint à sa rencontre, s’inclina profondément devant lui, puis l’embrassa. Après avoir échangé des nouvelles de leur santé, ils se rendirent dans la tente de Moïse.
      8 Moïse raconta à son beau-père comment le Seigneur avait traité le Pharaon et les Égyptiens, à cause d’Israël, et comment il avait délivré le peuple des difficultés rencontrées en chemin.
      9 Jéthro se réjouit de tout le bien que le Seigneur avait fait aux Israélites en les libérant de la domination des Égyptiens,
      10 et il s’écria : « Il faut remercier le Seigneur, qui vous a délivrés de la domination du Pharaon et des Égyptiens.
      11 Je reconnais maintenant que le Seigneur est plus grand que tous les autres dieux : il l’a montré lorsque les Égyptiens tyrannisaient les Israélites. »
      12 Jéthro offrit à Dieu un sacrifice complet et des sacrifices de communion. Alors Aaron et tous les anciens d’Israël vinrent prendre part au repas sacré, en compagnie du beau-père de Moïse.
      13 Le lendemain, Moïse prit place pour juger les querelles du peuple. Du matin au soir des gens attendirent de pouvoir se présenter devant lui.
      14 Lorsque son beau-père vit tout ce qu’il avait à faire pour le peuple, il lui dit : « Pourquoi procèdes-tu ainsi ? Pourquoi fais-tu ce travail tout seul, en obligeant les gens à attendre debout, du matin au soir, le moment de se présenter devant toi ? » –
      15 « C’est que ces gens viennent à moi pour obtenir un jugement inspiré par Dieu, répondit Moïse.
      16 Lorsqu’ils ont une dispute à régler, ils viennent me trouver : je tranche le cas qui les oppose et je leur fais connaître les lois et les enseignements de Dieu. »
      17 Son beau-père reprit : « Il n’est pas judicieux de procéder de cette manière !
      18 Vous allez tous vous épuiser complètement, toi et ceux qui viennent te consulter. Cette tâche est vraiment trop lourde pour toi, tu ne peux pas l’accomplir seul !
      19 Écoute donc ce que je te conseille, et que Dieu soit avec toi : Ton rôle consiste à représenter le peuple devant Dieu pour lui présenter les affaires litigieuses ;
      20 tu dois aussi informer les gens des lois et des enseignements de Dieu, leur indiquer la conduite à tenir et leur dire ce qu’ils doivent faire.
      21 Pour le reste, choisis parmi le peuple des hommes de valeur, pleins de respect pour Dieu, aimant la vérité et incorruptibles ; tu les désigneras comme responsables, à la tête de groupes de mille, de cent, de cinquante ou de dix hommes.
      22 Ce sont eux qui siégeront chaque jour pour juger les querelles du peuple ; ils te soumettront les affaires importantes, mais régleront eux-mêmes les causes mineures. De cette manière tu pourras alléger ta tâche, puisqu’ils en partageront la responsabilité avec toi.
      23 Si tu fais cela – et si c’est bien ce que Dieu t’ordonne –, tu ne t’épuiseras pas ; et de leur côté tous ces gens pourront rentrer chez eux réconciliés. »
      24 Moïse suivit les conseils de son beau-père :
      25 il choisit parmi les Israélites des hommes de valeur et les désigna comme responsables du peuple, à la tête de groupes de mille, de cent, de cinquante ou de dix hommes.
      26 Ils devaient siéger chaque jour pour juger les querelles du peuple ; ils soumettaient à Moïse les affaires difficiles, mais réglaient eux-mêmes les causes mineures.
      27 Moïse prit congé de son beau-père, qui s’en retourna dans son pays.

      Nombres 10

      29 Moïse dit à Hobab, fils de son beau-père madianite Réouel : « Nous partons pour le pays que le Seigneur a promis de nous donner. Viens avec nous, nous te ferons participer aux bienfaits que le Seigneur veut accorder à Israël. » –
      30 « Non ! répondit Hobab. Je préfère retourner dans mon pays et ma famille. » –
      31 « Je t’en prie, reprit Moïse, ne nous abandonne pas. Tu connais les endroits du désert où nous pourrons installer notre camp ; tu seras notre guide.
      32 Si tu nous accompagnes, nous te ferons participer aux bienfaits que le Seigneur va nous accorder. »

      Nombres 33

      4 Les Égyptiens enterraient alors leurs premiers-nés, qui étaient tous morts frappés par le Seigneur. En effet, le Seigneur avait exécuté ainsi sa sentence contre les dieux de l’Égypte.

      Josué 24

      14 Et Josué ajouta : « A vous maintenant de reconnaître l’autorité du Seigneur pour le servir de tout votre cœur, avec fidélité. Débarrassez-vous des dieux que vos ancêtres adoraient quand ils étaient de l’autre côté de l’Euphrate ou en Égypte, et mettez-vous au service du Seigneur.

      Ezéchiel 20

      7 Je leur ai donné cet ordre : “Que chacun de vous renonce aux dieux abominables qui vous attirent, ne vous rendez plus impurs en adorant les idoles égyptiennes. C’est moi qui suis le Seigneur, votre Dieu.”

      Ezéchiel 23

      3 Lorsqu’elles étaient jeunes, elles devinrent des prostituées en Égypte où elles vivaient. C’est là qu’on mit la main sur leur poitrine, là qu’on tripota leurs seins de jeune fille.
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