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NOÉ

(Hébreu Nôakh.) D'après P, fils de Lémec et petit-fils de Métusélah (Ge 5) ; fut le héros du déluge (Ge 5-8). Les détails de ce cataclysme (voir Déluge) sont dans toutes les mémoires : Dieu, affligé de la corruption des hommes, décide de détruire l'humanité. Il avertit Noé, seul juste de sa génération, lui donne l'ordre de construire une arche pour sauver sa famille et conserver à la terre des exemplaires de tous les êtres vivants. Le déluge couvre la terre, tout ce qui respire disparaît sous les eaux ; après l'inondation Noé offre un sacrifice à Dieu, qui le bénit et lui promet de ne plus bouleverser la nature. L'humanité reprend, dans la personne de Noé, qui se remet à cultiver le sol. Mais le cataclysme n'a pas changé le coeur humain et déjà, dans ce petit groupe de rescapés, sur une terre humide encore des sanctions divines, la malédiction reparaît qui met la division et l'opprobre entre les frères.

D'où vient ce récit ? De la mythologie primitive, de l'imagination d'un rapsode hébreu, d'une révélation directe de Dieu à l'écrivain biblique ? Est-ce de l'histoire ou de la légende ?

Ce qui frappe tout d'abord c'est que le déluge, dans le texte de P, est encadré par deux chronologies aux âges fantastiques, contredisant l'enseignement que l'expérience et la Bible nous donnent sur la durée de la vie humaine (Ps 90:10). Or, ce que nous savons aujourd'hui du peuple sumérien qui habitait au quatrième millénaire la Basse-Mésopotamie et auquel remontent les origines de la civilisation dans le Proche-Orient asiatique, nous apprend qu'un déluge détruisit, dans ses inondations, la presque totalité de la population du delta méridional de la Mésopotamie, si bien que les annalistes virent dans ce cataclysme le point de départ d'une ère nouvelle. Ce déluge se trouve encadré, lui aussi, de chronologies qui donnent aux rois antédiluviens et aux premiers rois postdiluviens un nombre d'années fabuleux.

Avant le déluge, dans la chronologie sumérienne : 10 rois, dont plusieurs ont un caractère divino-humain. Dans la chronologie hébraïque, 10 chefs de l'humanité, dont le premier fut fait à l'image de Dieu (cf. « Adam fils de Dieu », Lu 3:38). Les dix chefs antédiluviens vécurent au total 1.656 ans d'après le texte hébreu, 2.242 d'après ! e texte grec. Les dix rois antédiluviens de Sumer ont comme durée d'ensemble de leurs règnes 241.000 ans. La différence de chiffres ici importe peu, tous nous transportent en dehors des conditions d'existence terrestre et ont dû être établis suivant des systèmes de notation et des théories théologiques ou astronomiques qui nous échappent. Dans les deux cas, il s'agit de dix unités : on remarque que, dans ces deux listes de dix noms, le nom du troisième roi de la liste sumérienne et le nom du troisième chef de la liste hébraïque ont le même sens et signifient « homme » ; celui du quatrième roi sumérien et celui du quatrième chef hébraïque ont le sens d' « artisan » ; le septième roi sumérien et le septième chef hébreu sont en rapport spécial avec la divinité ; enfin le dixième sumérien et le dixième de la liste hébraïque sont les héros du déluge : Uta-napichtim chez les Sumériens (Atrakhasis des Babyloniens, Xisouthros des Grecs), Nôakh chez les Hébreux. Dans la chronologie sumérienne des rois postdiluviens, les chiffres, fantastiques d'abord, reviennent aux proportions historiques dès le sixième nom de la première dynastie d'Uruk, le vingt-neuvième donné par la liste royale ; dans la chronologie hébraïque, les chefs de famille postdiluviens ont pareillement des âges fantastiques qui ne reviennent aux proportions historiques qu'après Moïse, c-à-d, au dix-septième nom de la généalogie.

Enfin, chez les Sumériens, ces traditions avec leurs chronologies fabuleuses et leur divinisation des rois sont nées à l'ombre des temples, dans le monde des prêtres. De même, chez les Hébreux, la liste des patriarches, avec leur longévité extra-historique, sort des archives du temple et appartient au code sacerdotal. Cet ensemble de rapprochements ne peut être fortuit ; il s'éclaire de façon décisive quand on constate que les récits bibliques du déluge (J et P) concordent non seulement dans l'ensemble, mais dans toute une série de détails et jusque dans certaines de leurs expressions avec le récit suméro-babylonien (ordre divin de bâtir l'arche, de conserver des êtres vivants, description du déluge, arrêt de l'arche sur une montagne, envoi de la colombe, du corbeau, sacrifice à la sortie de l'arche, bénédiction divine et promesse à l'homme sauvé des eaux, etc.).

Il est évident que le plus ancien des auteurs bibliques de l'histoire de Noé, le Jéhoviste, qui écrivait au IX e siècle av. J. -C, a pris ses données dans les traditions qui remontaient au récit sumérien dont la plus ancienne recension, celle de Nippour, date du troisième millénaire av. J. -C, antérieure de près de mille ans au temps d'Hammourapi et d'Abraham. A son origine, le récit du déluge situé par les Sumériens dans le pays qu'ils habitent, pays qui par sa configuration était destiné à subir de fréquentes inondations, n'avait pas trait à un déluge universel ; qu'aurait signifié le mot universel dans ces temps reculés ? A l'époque de Rome encore, « toute la terre » désignait peu ou prou l'empire romain ! Le but de l'auteur pourrait être bien plutôt de représenter comment une de ces inondations ayant atteint les proportions d'une immense catastrophe, avait facilité aux Sumériens, qui sans doute occupaient déjà quelques points de la province, la conquête de cette terre fertile d'où elle avait chassé les premiers occupants, les Akkadiens-sémites. Woolley (Les Sumériens, 1930) va jusqu'à penser que l'allusion à la perversité des habitants donnée comme cause au déluge reflète l'animosité de races entre Sumériens et Sémites et que l'ordre « d'être féconds et de multiplier » donné aux survivants fut exécuté à souhait par les protégés des dieux, les Sumériens, qui s'installèrent sur la terre dépeuplée et en firent un merveilleux foyer de civilisation.

Nous voici donc amenés, par une série de considérations, à tenir les circonstances auxquelles Noé appartient comme ayant des attaches fort naturelles et fort réelles avec l'histoire. Ceci d'autant plus que les récentes découvertes de monuments appartenant à la première dynastie d'Ur, la troisième après le déluge, autorisent à penser que les représentations fantastiques des premières traditions sumériennes, avec leurs chiffres astronomiques et leurs noms divins, recouvrent, elles aussi, des faits submergés par la légende. Ainsi Noé, par sa vie antédiluvienne, baigne dans la légende avec les ancêtres qui le précèdent, mais cette légende n'est pas sans fondement historique puisqu'on a retrouvé les sédiments du déluge et des restes de civilisation que le déluge avait enfouis. On parle même de villes antédiluviennes qui, grâce à leur situation élevée, avaient échappé à la catastrophe du déluge. D'autre part, Noé appartient à l'histoire par ses fils et les races que la Bible fait remonter jusqu'à eux, aussi bien que la Tour de Babel appartient à l'histoire par son nom, son mode de construction et le milieu où elle fut élevée. Quand on arrive enfin à Abraham, en dépit du caractère ethnique de plusieurs épisodes de son histoire, on est en plein dans la réalité historique, au sein d'une civilisation qui existait déjà depuis plus d'un millénaire, puisque les tombes les plus anciennes qu'on ait retrouvées dans sa patrie d'Ur datent d'environ 3100 av. J. -C.

Comme la plante sort peu à peu de l'obscurité de la terre et se déploie lentement au jour pour s'offrir à la détermination du botaniste, l'histoire se dégage lentement de la légende et s'affirme peu à peu dans les faits offrant leurs matériaux au sens critique des historiens. On n'écrit pas l'histoire avec de la légende, mais refuser à la légende tout fondement historique serait montrer qu'on ignore comment l'humanité primitive observait, s'imaginait et racontait, dans le stade enfantin de son développement.

L'histoire de Noé nous met encore en présence d'un phénomène qu'il ne suffit pas de constater en passant, et dont il faut retrouver la cause. Tandis que la tradition suméro-babylonienne du déluge présente tout un monde de dieux faits à l'image des hommes, avec leurs révoltes, leurs caprices, leurs violences et leur immoralité, bref, portant tous les caractères du polythéisme grossier de l'époque, le récit biblique, dans ses deux sources, introduit sur la scène un dieu unique qui n'a rien de commun avec les faiblesses humaines, qui s'afflige de la corruption des hommes, punit dans sa justice et sauve dans sa miséricorde. Ce fait, que ne peut expliquer aucune raison d'histoire ou d'archéologie, nous met en présence d'un auteur qui, tout en puisant aux sources de la tradition primitive, n'est point dominé par elle, mais la domine au contraire et la transforme pour la faire concourir à des fins conformes à son génie. Romain Rolland écrit à propos de Mozart : « J'appelle génie ce grand souffle indépendant de nous qui emporte une âme parfois médiocre ou qui lutte avec elle ; c'est une puissance étrangère à l'esprit où elle établit sa domination ; c'est le dieu qui est en nous et qui pourtant n'est pas nous. » Voilà une définition en vérité fort suggestive ; il suffit de l'élever du plan artistique au plan moral et religieux, pour y voir une réplique à la déclaration de 2Pi 1:21 : « C'est poussés par l'Esprit saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » L'écrivain d'Israël qui, enchaînant dans les premières pages de la Bible l'histoire de la création (oeuvre bonne), de la chute (désobéissance et condamnation de l'homme), du déluge (le malheur et le châtiment ne suffisent pas pour transformer l'humanité déchue), de la tour de Babel (sans paternité divine pas de fraternité humaine), introduisit par ces récits-figures ou ces récits-postulats l'histoire d'Abraham le patriarche, en qui Dieu mit l'humanité à l'école de la confiance avant de la mettre à l'école de la Loi--n'a pas fait seulement oeuvre d'historien, il s'avère choisi d'en-haut pour dresser au seuil de l'histoire du salut le portique de la révélation.

Et si quelque savant se scandalise de me voir introduire dans un article scientifique à propos de Noé des considérations d'ordre religieux et y trouve motif à me disqualifier au point de vue de la méthode, je lui répondrai que nous n'avons pas, lui et moi, la même notion de ce qu'est la science. Pour savoir scientifiquement ce qu'est un homme, il ne suffit pas de lui ouvrir le ventre ou de déterminer le caractère physiologique de sa nature animale : on ne le connaîtra de science certaine que lorsqu'on aura fait le tour de son être, pénétré sa psychologie, retrouvé la source des inspirations motrices de sa personnalité. Ainsi pour posséder la science de la Bible ce n'est point assez d'y promener le scalpel, d'en déterminer les sources littéraires, de l'examiner à la lumière de la critique ou de l'archéologie : il faut, après avoir fait tout cela avec une entière indépendance, l'étudier aussi dans son originalité vivante, rechercher les causes de la supériorité qui l'élève au-dessus de tous les livres, expliquer son action par son inspiration.

Le personnage de Noé, qui se rattache aux traditions les plus antiques, n'a cessé, à travers les siècles, d'occuper l'imagination. Par ses prédictions (Ge 9:23-27) il est le type du prophète ; par son sacrifice (Ge 8:20) il est le type du grand-prêtre. Ézéchiel (Eze 14:14,20) voit en lui le modèle d'intercesseur à l'égal de Daniel et de Job. L'Ecclésiastique (Sir 54:17et suivant) le donne comme un agent de réconciliation, une sorte de médiateur. Le livre des Jubilés lui attribue une puissance anti-démoniaque. Pour Pierre, l'eau à travers laquelle Noé et les siens sont sauvés correspond à l'eau du baptême (1Pi 3:20). Heb 11:7 présente Noé comme un croyant justifié par sa foi ; 2Pi 2:5 l'appelle « prédicateur de justice ». L'enseignement du judaïsme postérieur fait remonter à Noé (Ge 9:1,6) les commandements noachiques (voir ce mot) imposés aux « prosélytes de la porte » et qui. jouèrent un rôle capital au synode de Jérusalem (Ac 15:28 et suivant ; voir Actes). Les Pères de l'Église se livrent à toutes sortes de rapprochements entre Noé et Jésus-Christ que Noé, à leur sens, préfigure : comme Jésus, Noé prêche la repentance ; Noé bâtit l'arche, Jésus bâtit l'Église ; ceux qui entrent dans l'arche de Noé sont sauvés, ceux qui entrent dans l'Église de Jésus le sont pareillement. Dans les deux cas ne pas entrer c'est périr, etc. Enfin, la malédiction de Cham par Noé a servi de prétexte, jusqu'à nos jours, pour justifier l'esclavage des noirs (voir Cham), ce qui est à la fois une hérésie d'histoire et une hérésie morale. Alex. W.

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      Genèse 5

      1 Voici la liste des descendants d’Adam : Le jour où Dieu créa les êtres humains, il les fit à sa ressemblance.
      2 Il les créa homme et femme, il les bénit et leur donna le nom d’êtres humains au jour même de leur création.
      3 A l’âge de 130 ans, Adam eut un fils qui lui ressemblait tout à fait. Il l’appela Seth.
      4 Après la naissance de Seth, Adam vécut encore 800 ans. Il eut d’autres fils et des filles.
      5 Après avoir vécu en tout 930 ans, il mourut.
      6 A l’âge de 105 ans, Seth eut un fils, Énos.
      7 Après la naissance d’Énos, Seth vécut encore 807 ans. Il eut d’autres fils et des filles.
      8 Après avoir vécu en tout 912 ans, il mourut.
      9 A l’âge de 90 ans, Énos eut un fils, Quénan.
      10 Après la naissance de Quénan, Énos vécut encore 815 ans. Il eut d’autres fils et des filles.
      11 Après avoir vécu en tout 905 ans, il mourut.
      12 A l’âge de 70 ans, Quénan eut un fils, Malaléel.
      13 Après la naissance de Malaléel, Quénan vécut encore 840 ans. Il eut d’autres fils et des filles.
      14 Après avoir vécu en tout 910 ans, il mourut.
      15 A l’âge de 65 ans, Malaléel eut un fils, Yéred.
      16 Après la naissance de Yéred, Malaléel vécut encore 830 ans. Il eut d’autres fils et des filles.
      17 Après avoir vécu en tout 895 ans, il mourut.
      18 A l’âge de 162 ans, Yéred eut un fils, Hénok.
      19 Après la naissance d’Hénok, Yéred vécut encore 800 ans. Il eut d’autres fils et des filles.
      20 Après avoir vécu en tout 962 ans, il mourut.
      21 A l’âge de 65 ans, Hénok eut un fils, Matusalem.
      22 Après la naissance de Matusalem, Hénok vécut 300 ans, en communion avec Dieu. Il eut d’autres fils et des filles.
      23 Sa vie dura 365 ans.
      24 Il vécut en communion avec Dieu, puis il disparut, car Dieu l’enleva auprès de lui.
      25 A l’âge de 187 ans, Matusalem eut un fils, Lémek.
      26 Après la naissance de Lémek, Matusalem vécut encore 782 ans. Il eut d’autres fils et des filles.
      27 Après avoir vécu en tout 969 ans, il mourut.
      28 A l’âge de 182 ans, Lémek eut un fils.
      29 Il l’appela Noé. Il disait en effet : « Celui-ci nous consolera de nos travaux, de la peine que nous devons prendre parce que le Seigneur a maudit le sol. »
      30 Après la naissance de Noé, Lémek vécut encore 595 ans. Il eut d’autres fils et des filles.
      31 Après avoir vécu en tout 777 ans, il mourut.
      32 Noé avait atteint l’âge de 500 ans quand il eut trois fils, Sem, Cham et Japhet.

      Genèse 6

      1 Quand les hommes commencèrent à se multiplier sur la terre et que des filles leur naquirent,
      2 les habitants du ciel constatèrent que ces filles étaient bien jolies, et ils en choisirent pour les épouser.
      3 Alors le Seigneur se dit : « Je ne peux pas laisser les hommes profiter indéfiniment du souffle de vie que je leur ai donné ; ils ne sont après tout que des êtres mortels. Désormais ils ne vivront pas plus de cent vingt ans. »
      4 C’était l’époque où il y avait des géants sur la terre – il en resta même plus tard –. Ceux-ci étaient les héros de l’Antiquité, aux noms célèbres ; ils étaient nés de l’union des habitants du ciel avec les filles des hommes.
      5 Le Seigneur vit que les hommes étaient de plus en plus malfaisants dans le monde, et que les penchants de leur cœur les portaient de façon constante et radicale vers le mal.
      6 Il en fut attristé et regretta d’avoir fait des hommes sur la terre.
      7 Il se dit : « Il faut que je balaye de la terre les hommes que j’ai créés, et même les animaux, grands ou petits, et les oiseaux. Je regrette vraiment de les avoir faits. »
      8 Mais Noé bénéficiait de la bienveillance du Seigneur.
      9 Voici l’histoire de Noé, qui était père de trois fils : Sem, Cham et Japhet. Seul parmi ses contemporains, Noé était un homme droit, fidèle à Dieu ; il vivait en communion avec Dieu.
      11 Mais aux yeux de Dieu, l’humanité était pourrie : partout ce n’était que violence.
      12 Quand il regardait la terre, il constatait que tout le monde s’y était dévoyé.
      13 Il dit alors à Noé : « J’ai décidé d’en finir avec tous les humains. Par leur faute le monde est en effet rempli de violence ; je vais les supprimer de la terre.
      14 Construis-toi une arche, une sorte de grand bateau en bois de cyprès ; tu l’aménageras en nombreux compartiments, et tu l’enduiras de poix à l’intérieur et à l’extérieur.
      15 Voici comment tu la feras : elle devra avoir cent cinquante mètres de long, vingt-cinq de large et quinze de haut.
      16 Tu la muniras d’un toit, et tu laisseras l’espace d’un avant-bras entre le toit et le haut des côtés. Sur un côté tu ménageras une porte. Enfin tu disposeras l’arche en trois étages.
      17 Quant à moi, je vais provoquer une grande inondation, pour anéantir tout ce qui vit. Tout ce qui se trouve sur la terre expirera.
      18 Mais je prends l’engagement de t’épargner. Tu vas entrer dans l’arche, avec ta femme, tes fils et tes belles-filles.
      19 Tu devras y faire entrer aussi un couple de chaque espèce vivante, un mâle et une femelle, pour les conserver en vie avec toi.
      20 Un couple de chaque espèce animale, oiseaux, grands ou petits animaux, arrivera auprès de toi pour avoir la vie sauve.
      21 Procure-toi donc toutes sortes de vivres, fais-en des provisions, pour que vous ayez de quoi manger, eux et toi. »
      22 C’est ce que fit Noé ; il exécuta tout ce que le Seigneur lui avait ordonné.

      Genèse 7

      1 Le Seigneur dit à Noé : « Entre dans l’arche, toi et ta famille, car j’ai constaté que tu es le seul parmi tes contemporains à m’être fidèle.
      2 Prends avec toi sept couples de chaque sorte d’animaux purs, mais un couple seulement de chaque sorte d’animaux impurs.
      3 Pour les oiseaux, prends aussi sept couples de chaque sorte, afin de sauver leur espèce sur la terre.
      4 Encore une semaine, et je ferai tomber la pluie pendant quarante jours et quarante nuits ; je balayerai ainsi de la surface du sol tous les êtres que j’ai faits. »
      5 Noé exécuta tout ce que le Seigneur lui avait ordonné.
      6 Noé avait six cents ans quand la grande inondation survint sur la terre.
      7 Il entra dans l’arche avec sa femme, ses fils et ses belles-filles, pour échapper à l’inondation.
      8 Les animaux purs, les animaux impurs, les oiseaux et les petites bêtes qui se meuvent au ras du sol,
      9 tous arrivèrent jusqu’à l’arche de Noé, deux par deux, un mâle et une femelle, comme Dieu l’avait ordonné.
      10 Au bout de la semaine, la grande inondation submergea la terre.
      11 L’année où Noé eut six cents ans, le dix-septième jour du deuxième mois, les eaux souterraines jaillirent impétueusement de toutes les sources, et les vannes du ciel s’ouvrirent en grand.
      12 Il se mit à pleuvoir sur la terre ; la pluie allait durer quarante jours et quarante nuits.
      13 C’est ce jour-là que Noé entra dans l’arche avec sa femme, ses fils Sem, Cham et Japhet et ses trois belles-filles,
      14 et avec toutes les espèces d’animaux sauvages ou domestiques, de petites bêtes, d’oiseaux et d’insectes.
      15 Des couples de toutes les espèces vivantes arrivèrent ainsi à l’arche auprès de Noé.
      16 Un mâle et une femelle de chaque espèce y entrèrent, comme Dieu l’avait ordonné à Noé. Puis le Seigneur ferma la porte derrière Noé.
      17 La grande inondation dura quarante jours sur la terre. Quand le niveau de l’eau monta, l’arche fut soulevée au-dessus du sol et se mit à flotter.
      18 Puis le niveau monta de plus en plus et l’arche partit à la dérive sur l’eau.
      19 Le niveau monta toujours plus, jusqu’à ce que les plus hautes montagnes qui existent soient entièrement recouvertes.
      20 L’eau monta finalement jusqu’à plus de sept mètres au-dessus des sommets.
      21 Tout ce qui vivait et se mouvait sur la terre expira : les oiseaux, le bétail, les animaux sauvages, les bestioles qui grouillent sur la terre, et aussi les humains.
      22 Sur l’ensemble de la terre ferme, tout ce qui possédait un souffle de vie mourut.
      23 Le Seigneur balaya ainsi de la terre tout ce qui vivait, depuis les êtres humains jusqu’aux grands animaux, aux petites bêtes et aux oiseaux. Ils furent éliminés de la terre. Seul Noé survécut et, avec lui, ceux qui étaient dans l’arche.
      24 Le niveau de l’eau resta haut pendant cent cinquante jours sur la terre.

      Genèse 8

      1 Puis Dieu pensa à Noé et à tous les animaux, sauvages et domestiques, qui se trouvaient avec lui dans l’arche. Il fit souffler un vent sur la terre, et le niveau de l’eau commença de baisser.
      2 Les sources des eaux souterraines et les vannes du ciel se fermèrent. La pluie cessa de tomber.
      3 Les eaux se retirèrent progressivement de la terre. Ainsi, cent cinquante jours après le début de l’inondation, le niveau de l’eau se mit à baisser.
      4 Le dix-septième jour du septième mois, l’arche s’échoua dans le massif de l’Ararat.
      5 Les eaux continuèrent à se retirer jusqu’au dixième mois. Le premier jour de ce mois, on vit apparaître le sommet des montagnes.
      6 Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre qu’il avait ménagée dans l’arche.
      7 Il laissa partir un corbeau. Celui-ci sortit et s’en revint bientôt : il fallait attendre que l’eau se résorbe sur la terre.
      8 Puis Noé laissa partir une colombe, pour voir si le niveau de l’eau avait baissé.
      9 Mais elle ne trouva aucun endroit où se percher, car l’eau couvrait encore toute la terre ; elle revint donc à l’arche, auprès de Noé. Celui-ci tendit la main, prit la colombe et la ramena dans l’arche.
      10 Il attendit une semaine et la laissa de nouveau partir.
      11 La colombe revint auprès de lui vers le soir ; elle tenait dans son bec une jeune feuille d’olivier. Alors Noé sut que le niveau de l’eau avait baissé sur la terre.
      12 Il attendit encore une semaine et laissa partir la colombe, mais celle-ci ne revint pas.
      13 Dès le premier jour de l’année où Noé eut six cent un ans, l’eau était résorbée sur la terre. Noé ôta le toit de l’arche, il regarda dehors et constata que toute la surface du sol était sèche.
      14 Le vingt-septième jour du second mois la terre était tout à fait sèche.
      15 Alors Dieu dit à Noé :
      16 « Sors de l’arche, ainsi que ta femme, tes fils et tes belles-filles.
      17 Fais sortir aussi toutes les bêtes qui sont avec toi, toutes les espèces d’oiseaux, de grands et de petits animaux ; qu’ils se répandent sur la terre et qu’ils s’y multiplient. »
      18 Noé sortit donc de l’arche, avec sa femme, ses fils et ses belles-filles.
      19 Puis sortirent aussi, par familles, tous les animaux, avec les oiseaux et les petites bêtes qui se meuvent au ras du sol.
      20 Noé bâtit un autel qu’il consacra au Seigneur. Parmi les grands animaux et les oiseaux, il prit une bête de chaque espèce considérée comme pure et les offrit au Seigneur sur l’autel en sacrifice entièrement consumé par le feu.
      21 Le Seigneur respira l’odeur apaisante de ce sacrifice et il se dit : « Désormais je renonce à maudire le sol à cause des êtres humains. C’est vrai, dès leur jeunesse ils n’ont au cœur que de mauvais penchants. Mais je renonce désormais à détruire tout ce qui vit comme je viens de le faire.
      22 Tant que la terre durera, semailles et moissons, chaleur et froidure, été et hiver, jour et nuit ne cesseront jamais. »
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