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PAUL (l'apôtre) 4.

III Le chrétien.

Quelles que soient, en effet, les influences subies par l'apôtre, son oeuvre est avant tout le fruit naturel de son orientation religieuse, caractérisée par une totale soumission à la volonté que Dieu lui a manifestée dans sa conversion et sa vocation. La vision du chemin de Damas a déterminé l'activité du converti, sa pensée et la forme même dans laquelle celle-ci s'est exprimée ; elle a fixé la destinée du chrétien, mais aussi celle du missionnaire, du penseur et même de l'écrivain.

Essayons d'abord de définir la portée, la nature et, dans toute la mesure du possible, la forme de cet événement essentiel.

La conversion de Saul ne ressemble à aucune des conversions célèbres que l'on a voulu lui comparer, celles de saint Augustin ou de Luther par exemple. Ce n'est pas la conversion d'un insatisfait cherchant l'apaisement de son trouble, ou d'un angoissé appelant la paix qui le fuit ; c'est--chose bien plus extraordinaire--la conversion d'un esprit satisfait, installé dans un dogmatisme radical, dans des certitudes absolues, et qui n'a jamais pensé qu'il eût quelque chose encore à trouver. Saul est sûr de sa foi ; il ne désire rien, il ne cherche rien, il n'attend rien. Il faut éviter de se représenter Saul torturé, à la manière de Luther, par l'impossibilité d'observer toute la loi. Il se déclare au contraire (Php 3:6) « irréprochable observateur de la justice légale » ; c'est seulement après sa conversion et après l'approfondissement dans son esprit de la notion de justice et de la notion de péché, que s'est formée en lui la conviction qu'il est impossible d'observer toute la loi. Pareille idée ne saurait avoir joué un rôle quelconque dans sa conversion.

Les hypothèses que l'on a pu faire sur la préparation subconsciente de ce revirement sont toutes gratuites. L'idée qu'il a été influencé par la constance des martyrs ou par la foi d'Etienne est plausible, mais rien ne l'appuie dans les documents que nous possédons. Seule la parole--encore n'est-elle pas de sa plume--où sont évoqués « les aiguillons » contre lesquels « il ne saurait regimber » semble indiquer qu'il y avait déjà des aiguillons dans sa chair et des tentatives vaines pour « regimber » (Ac 26:14).

Cependant le témoignage de l'apôtre ne confirme pas ce qui nous apparaît comme une vraisemblance psychologique ; il déclare au contraire qu'il a trouvé tout d'un coup son Maître et que sa vie a été changée en un instant.

Le livre des Actes raconte qu'arrêté brusquement sur le chemin de Damas, jeté à terre par une force dans laquelle il reconnaît la force même de Dieu, ébloui jusqu'à l'aveuglement par une lumière d'En-haut où descend jusqu'à lui la voix de Celui qu'il persécute, il devait porter toute sa. vie le stigmate de cette heure brûlante dont les récits du livre des Actes traduisent l'écrasante impression.

Nous n'avons malheureusement de la main de l'apôtre ni récit ni commentaire de cette révolution décisive de sa vie intérieure ou des révélations qui lui furent alors accordées. Lui qui a parlé avec une fière humilité de ses extases et de ses prières, n'a parlé qu'avec une extrême réserve de ces faits qui ont cependant déterminé toute son orientation ultérieure. Il écrit seulement aux Corinthiens, après avoir rapporté les apparitions du Christ qui ont suivi le matin de Pâques : « Enfin, après eux tous, il m'est apparu à moi, le dernier, comme à l'avorton ; car je suis le moindre des apôtres et je ne suis même pas digne d'être appelé apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu » (1Co 15:8,10). Aux Galates il écrit : « Il a plu à Dieu de révéler son Fils en moi » (Ga 1:16). Et c'est tout.

La plus grande prudence est donc de mise dans nos tentatives pour dire ce qui s'est passé autour de lui ou en lui. Que furent cette lumière, cette parole, cette vision, dont les récits ne nous permettent même pas de déterminer avec quelque précision dans quelle mesure l'apôtre seul en eut le privilège, ou ses compagnons en furent participants ? (cf. Ac 9:7 22:9 26:13 et suivant) L'affirmation donnée dans le discours devant Agrippa, que la parole lui fut adressée « en hébreu » et que les phénomènes de vision et d'audition furent nettement collectifs, peut-elle être considérée comme rigoureusement historique ? Il semble que ce soient là des bases bien fragiles pour une étude psychologique du converti et pour la détermination du processus dont nos textes essaient de rendre compte ; surtout si l'on songe qu'une partie essentielle des paroles attribuées au Sauveur lui-même dans Ac 26:16 est donnée dans Ac 22:14 comme prononcée par Ananias. Peut-être arriverons-nous à des résultats plus fermes en suivant, dans la vie et la pensée de Paul, les traces de cet événement, nous appliquant à déduire de la qualité des effets la nature de la cause.

Il convient de noter d'abord que cette vision n'a pas été, dans la vie de l'apôtre, un fait isolé ; dans 2Co 12:1 et suivants il parle des visions et révélations du Seigneur qui lui ont été accordées, et il décrit avec un surprenant mélange de précision et de prudence sa propre assomption au troisième ciel. Comment de pareils états seraient-ils susceptibles d'une classification, d'une notation en quelque sorte clinique ? et comment n'imiterions-nous pas la prudence de l'intéressé lui-même, répondant : « Si c'est sans son corps ou avec son corps, je ne sais, Dieu le sait » ?

Une chose nous paraît certaine, c'est que toute explication d'ordre pathologique ou plus généralement d'ordre médical doit être exclue. Une excitation momentanée des centres nerveux ou des facultés créatrices de l'imagination dans le domaine de la vision ou de l'audition peut assurément produire des phénomènes dont la description ressemblera, à s'y méprendre, à ceux dont nous parlent nos textes. Mais l'analogie restera tout extérieure entre ces excitations sans lien avec la vie morale, bientôt suivies d'une inévitable dépression, et une intervention décisive qui a créé des forces inusables et transformé durablement toute la destinée spirituelle d'une puissante personnalité. L'histoire documentaire ne peut aller plus loin, mais la psychologie religieuse trouve cependant, sinon dans les textes relatifs à cette heure unique, du moins dans la vie qui en fut le fruit, une raison d'affirmer que, par des moyens dont la nature et le mode d'action nous échappent, Dieu s'emparait d'une âme dont Il avait besoin pour la conquête du monde.

Si l'on demande pourtant sous quelle forme nous devons nous représenter la vision du Christ qui fut accordée à son persécuteur, nous prierons qu'on ne se laisse pas induire à penser, malgré des formules comme : « n'ai-je pas vu le Seigneur ? » (1Co 9:1), que l'apôtre ait eu l'impression de se trouver en présence de la forme historique, visible, de Jésus de Nazareth. Le Ressuscité, pour lui, était dépouillé de son corps charnel, visible ; le Christ qu'il a vu, c'est le Christ selon l'Esprit, c'est le Christ que Dieu a révélé « en lui », c'est le glorifié ; cette vision est liée à l'éclat d'une lumière surnaturelle, en sorte que l'écho le plus direct que nous en ayons pourrait être cette parole : (2Co 4:6) « Il a fait briller sa lumière dans nos coeurs, pour faire resplendir la gloire de Dieu sur le visage du Christ. »

Un autre ordre de considérations reste recouvert pour nous du voile qu'a jeté sur lui la discrétion de l'apôtre ; c'est le renouvellement de sa vie religieuse, l'écroulement de sa foi de pharisien et la naissance de sa piété nouvelle. Le fanatisme du persécuteur de l'Église avait sans aucun doute pour base et pour point de départ un orgueil implacable, une absence totale de ce que nous appelons le sentiment du péché, une hypertrophie enfin de la notion de mérite attaché aux oeuvres de la Loi. La piété nouvelle de l'apôtre est caractérisée au contraire par l'épanouissement d'une humilité qui se manifeste dans l'ordre spirituel par un intense besoin de rédemption et de salut, et dans l'ordre intellectuel par les théories de la grâce et de la prédestination dont l'objectif essentiel est de ruiner toute idée de mérite chez l'homme.

On prend ici sur le vif la coupure faite dans la vie religieuse de l'apôtre : cette heure divise sa vie en deux périodes antithétiques. Pharisien irréprochable, il ne pouvait que s'élever contre l'audace des amis de Jésus qui prétendaient donner pour chef prédestiné à la nation et pour Roi au monde le crucifié du Calvaire. Le blasphème pour lequel Jésus avait été justement condamné était multiplié à l'infini par le blasphème nouveau qui donnait au Messie d'Israël le visage d'un condamné de droit commun. C'est sa propre expérience que l'apôtre exprimera plus tard en écrivant : « Jésus, Messie crucifié, scandale pour les Juifs » (1Co 1:23). C'est pour assurer le respect dû à la Loi que Saul s'est fait persécuteur.

Et voici que ce Jésus contre lequel il se dresse lui révèle maintenant sa puissance et sa dignité de Messie ; il est convaincu d'avoir travaillé contre Dieu--lui, l'impeccable ! --et contre celui que le peuple attend depuis tant de siècles. Il se croit sans péché et il est le plus coupable des hommes. Une pareille conversion ne peut être une évolution, mais une révolution : ce n'est pas une foi qui s'effrite peu à peu, c'est le temple intérieur qui s'écroule d'un bloc. Dès lors il rejettera « comme des ordures » (Php 3:8) tout ce qui a été sa foi jusqu'à cette heure, cette Loi qu'il croyait être un guide pour les aveugles et qui l'a égaré sur une voie criminelle, cette Alliance qui l'a conduit à la mort. Toute sa pensée va donc se construire sous la forme de grandes antithèses, d'oppositions radicales entre l'Ancienne et la Nouvelle Alliance, entre la loi et la foi, entre la lettre et l'esprit, la servitude et la liberté. Sa vie a été si radicalement coupée en deux parties antithétiques, que désormais sa propre histoire comme l'histoire du monde ne pourra plus lui apparaître que sous l'aspect d'une série d'oppositions irréductibles. Ce que l'on a appelé « les grandes antithèses pauliniennes » n'est pas autre chose que le reflet, dans la pensée de l'apôtre, du drame intérieur qui a établi entre les deux fractions de sa vie une opposition décisive.

D'autre part, la vocation de Saul à l'apostolat est rapportée à l'heure même où s'est effondrée sa raideur pharisienne, ou tout au moins aux jours qui ont immédiatement suivi. Le vaincu s'est relevé apôtre. Et ce n'est point par un sursaut de sa volonté ; il a abandonné son orgueil et jusqu'à sa foi, et l'idée ne saurait lui venir d'aller demander son salut à Celui dont il s'était constitué l'adversaire. Mais ce qu'il ne peut pas, Dieu le peut ; c'est l'amour miséricordieux, c'est la grâce de Dieu qui va chercher dans son péché et dans son désespoir l'instrument « choisi pour porter son nom devant les païens et devant les rois » (Ac 9:15).

Sa piété d'Israélite l'avait accoutumé à cette idée que la créature n'est rien devant son Créateur ; mais il a maintenant une vue plus profonde de ce grand mystère de l'action divine. Lorsqu'il parle de l'impotence de l'homme, de son absolue dépendance devant les desseins de Dieu, lorsqu'il dit que c'est Dieu qui abaisse et qui élève, qui envoie au salut ou à la perdition, ce n'est pas une conception abstraite qu'il développe ou une réminiscence de sa piété israélite ; c'est le reflet de son expérience, la traduction du drame de sa vie, de sa chute et de son relèvement. Il sait que personne n'a rien ajouté à la révélation que Dieu lui a accordée par sa grâce ; de là son indignation à l'idée que l'on pourrait subordonner sa vocation à l'approbation des Onze, de là son âpre revendication d'indépendance : « Apôtre, non de la part des hommes, mais de la part de Dieu et de notre Seigneur Jésus-Christ » (Ga 1:1 ; cf. également les salutations au début de 1 et 2 Cor., Rom., Éph., Col, 1et 2 Tim.).

Enfin la piété de l'apôtre est caractérisée par une vision spéciale de la personne du Christ, dont la conception est évidemment déterminée par les expériences du chemin de Damas. Le point de départ de sa foi n'est pas une tradition sur la vie, la mort et la résurrection de Jésus ; c'est un contact immédiat avec le Ressuscité. L'existence historique du Maître n'intervient que subsidiairement. Celui-ci ne se dresse pas devant l'âme de l'apôtre comme une figure concrète dont les traits seraient fixés par la tradition ou par des documents, mais comme une réalité intérieure, comme un Esprit. Paul dira volontiers que Christ doit vivre en nous, grandir en nous ; il l'offrira à notre appréhension spirituelle ou à notre intuition mystique plutôt qu'à notre étude ou à notre connaissance historique. Si le Seigneur est proposé à notre imitation, ce ne sera pas dans quelqu'un de ses actes traditionnels mais dans le fait métaphysique de son abaissement (Php 2:5-11).

Sans doute Paul n'ignore pas la tradition évangélique, il connaît des paroles du Maître, il y fait parfois allusion, et dans sa conception de la loi nous retrouverons des traces de l'enseignement de Jésus lui-même ; mais le Christ qu'il annonce n'est pas le prédicateur des paraboles ou du sermon sur la montagne, c'est celui qu'il a vu, qui lui est apparu comme une gloire, comme un Esprit, comme un vainqueur et surtout comme un vivant. Car la résurrection de Jésus n'est pas pour lui un dogme, moins encore un fait historique à vérifier, et bien moins encore un problème : c'est la certitude première, puisque le Christ qu'il a connu, directement connu, c'est le Ressuscité. On ne peut comprendre ni la piété, ni la pensée de l'apôtre, si l'on perd de vue cette attitude prise devant la personne de Jésus.

On a dit qu'en substituant le Christ intérieur au Jésus de l'histoire, Paul avait été conduit à substituer à l'Évangile un système abstrait de doctrines, une sorte de scolastique obscure et dépouillée de la belle simplicité, de la pure évidence spirituelle qui revêt les paroles de Jésus. On l'a accusé d'avoir détourné le cours de la piété et substitué à la religio Christi la religio de Christo. L'école critique, à la fin du siècle dernier, s'est plu à accentuer cette opposition, et a voulu écarter Paul au nom de Jésus.

Assurément l'oeuvre de Paul ne se place pas dans le prolongement de celle de Jésus ; mais aussi bien n'a-t-il voulu ni répéter ni continuer Jésus. Il a voulu expliquer et utiliser le fait du Christ. Amené à la foi par une sorte de violence surnaturelle, il a dû expliquer, et d'abord à lui-même, pourquoi il croyait, quelle place il convenait de faire à la personne du Christ dans l'histoire humaine et dans les plans de Dieu. Arrêté devant la personne du Maître, il a voulu dire pourquoi il reconnaissait en lui le Sauveur du monde, et comment la foi au Fils de Dieu rendait inutiles les ordonnances et les disciplines même de la Loi. Il a transposé dans le langage intellectuel de ses contemporains les grandes intuitions qu'évoque dans l'âme humaine la vie ou la prédication de Jésus.

Ce n'est donc ni un disciple qui veut répéter et continuer son Maître, ni un penseur qui construit abstraitement une philosophie, « une sagesse » ; c'est un homme qui réfléchit sur les heures tragiques et victorieuses que Dieu lui a fait vivre et, prenant son point de départ dans ce qu'il a reçu comme une révélation, s'efforce de remonter jusqu'aux principes de la vie nouvelle dans laquelle il a été jeté malgré lui.

D'ailleurs le problème est mal posé, lorsqu'on suppose tacitement que Paul s'est trouvé seul en face de Jésus. Quand Saul de Tarse fut appelé à la foi, l'Église était née ; une société s'était formée, autour de la personne de Jésus beaucoup plus qu'autour de l'Évangile, et avait pris à charge de maintenir et de répandre l'enseignement du Maître, le souvenir de sa vie et de sa mort, la certitude de sa messianité, l'évidence de sa résurrection, l'attente de son retour. Et dans cette Église on avait réfléchi déjà sur la personne du Christ ; car pour prolonger son action il ne suffisait pas d'exposer ce qu'il avait fait ou dit, il fallait dire aussi ce qu'il était et ce qu'on pouvait attendre de lui. Paul peut bien insister sur le caractère immédiat et intime de sa révélation ; entre Jésus et lui il y a toujours l'Église, car c'est par elle seule que la voix divine qui a subjugué l'apôtre a pris un nom emprunté à l'histoire : celui de Jésus.

Mais le but de Paul n'est pas de prêcher comme Jésus, il est de prêcher Christ crucifié, et c'est chez lui que le christianisme, conçu non comme une piété conforme à celle de Jésus mais comme une religion fondée autour de la personne du Christ, prend pour la première fois conscience de lui-même et revêt une forme systématique. On méconnaît donc les données du problème, lorsque l'on s'étonne que les tonalités de l'une et l'autre prédication soient si différentes.

Ainsi les trois données fondamentales qui dominent la vie et la pensée de Paul dérivent directement des modalités de sa conversion : la démarche même de sa pensée, qui procède toujours par antithèses et oppositions ; --sa conception de la vie religieuse comme un abandon absolu entre les mains d'un Dieu miséricordieux dont la grâce est notre seule force ; --enfin une vision spirituelle, métaphysique, de la personne de Christ, dans laquelle il trouve, par delà les limitations de l'histoire, le principe éternel de la vie divine dans l'humanité. Tout cela était contenu dans la révolution qui opposait au vieil homme l'homme nouveau, dans l'appel que Dieu lui adressait sans attendre de sa part aucune initiative, dans le contact enfin qu'il avait réalisé non avec Jésus de Nazareth, mais avec le Seigneur qui est l'Esprit.

Sur la base de cette triple révélation, l'apôtre a bâti mieux qu'une vie religieuse singulièrement ample et profonde, une personnalité chrétienne à laquelle un sain équilibre de ses dons naturels et des dons de la grâce est venu assurer une exceptionnelle fécondité. Car la crise où avait sombré sa foi de persécuteur avait changé radicalement l'orientation de toutes ses virtualités, mais elle ne les avait pas anéanties ; elle avait créé des forces nouvelles, mais dans le cadre de sa personnalité première. Ainsi s'était forgée l'âme que nous révèlent notamment les lettres aux Corinthiens : une vocation surnaturelle unie à un sens aigu des réalités, une consécration totale au but final et une admirable aptitude à discerner les possibilités immédiates, une fougue passionnée et une tendresse quasi féminine, un oubli de soi sans réserve et une mise en oeuvre prestigieuse de tous ses dons personnels, une logique implacable et une merveilleuse souplesse d'intuition, une invincible obstination au service d'un idéal unique et une richesse de conceptions qui s'étendait à tous les domaines ; tels sont quelques-uns des contrastes qui s'harmonisaient dans cette riche personnalité et qui devaient rendre si féconde sa carrière d'homme d'action et de penseur.

Mais qu'il s'agisse des sources de l'action ou de celles de la pensée, c'est toujours aux expériences initiales du chrétien qu'il faut en revenir. Paul n'a reçu de personne un corps de principes capable d'orienter sa vie intérieure et son action ; il a dû élaborer lui-même sa doctrine sur la base des réalités spirituelles que Dieu lui avait révélées et en fonction des problèmes que l'action posait devant lui.

Comment d'ailleurs en serait-il autrement ? Comment celui à qui Dieu a fait la grâce d'une

illumination personnelle et d'un contact direct chercherait-il ailleurs le principe de son action et de sa pensée ? Il n'entre pas dans la carrière d'apôtre des Gentils en raison de vues abstraites sur l'universalisme chrétien, mais par une nécessité intérieure qu'il éprouve comme un ordre divin ; et sur cette route il rencontrera le problème de l'universalisme et se verra contraint de lui donner une solution qui ne le fasse pas « désobéir à la vision céleste » (Ac 26:19). Ainsi, de problème en problème, il sera conduit à une conception de l'histoire humaine, dans laquelle la personne du Christ sera le point central autour duquel s'ordonnera la double perspective du passé et de l'avenir.

S'il fallait confirmer ces considérations par un argument matériel, la chronologie même des épîtres témoignerait de cet engendrement progressif de la pensée au cours de la vie : les premières sont toutes pratiques et comme brûlées des fièvres de l'action ; mais de Galates à Corinthiens, de Corinthiens à Romains, de Romains à Éphésiens et Colossiens, la doctrine se complète et se précise. Les problèmes de l'action cèdent peu à peu leur primauté à ceux de la pensée, et l'âme du missionnaire et du penseur trouve enfin dans le billet aux Philippiens son expression dernière : quelques lignes d'une admirable plénitude (Phi 1:18 2:11) nous révèlent en même temps une âme apaisée entre les mains de Dieu et un esprit en pleine possession de sa doctrine.

On ne saurait donc pénétrer au coeur de la pensée paulinienne que si on l'envisage dans son élaboration progressive et non dans une formule statique dont l'exposé ne nous est d'ailleurs nulle part offert. A lire les pages, admirables par ailleurs d'érudition et de profondeur, qu'Ed. Reuss consacre à la doctrine paulinienne (Hist, de la Théol. chrét, au siècle apostol, t. II), on ne peut se défendre d'un certain effroi devant un édifice intellectuel dont la majesté grandiose reste abstraite et lointaine. C'est le paulinisme sans saint Paul. Avec Aug. Sabatier (L'apôtre Paul), l'homme reparaît ; la pensée du grand lutteur reprend son caractère vivant et souple ; elle se précise au cours des années, recueillant les leçons de l'expérience et de la prière.

Il faut oser aller jusqu'au bout de cette méthode et montrer Paul en perpétuelle gestation d'une pensée qui marche, à travers les méandres de l'action, vers l'unité de la révélation. Définir les principes et montrer comment ils déterminent l'action, c'est la voie la plus facile et, semble-t-il, la plus logique ; mais c'est une logique apparente, une fausse facilité. En réalité il faut montrer le chrétien lancé dans l'action par l'ordre souverain de Dieu, et appelé à dégager chaque jour, en face des questions nouvelles, les principes nouveaux qui régleront son action et celle de l'Eglise ; il ne faut pas aller des doctrines aux applications, mais des questions posées aux réponses que l'apôtre leur donne non seulement avec la maîtrise d'une pensée singulièrement pénétrante, mais avec les lumières d'un homme spirituel qui « juge de tout » parce qu'il « possède la pensée du Christ » (1Co 2:15).

Telle est l'humble et laborieuse méthode que la nature même de notre sujet nous impose pour les pages qui suivent.

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      23 Mais vous devez rester solides et forts dans la foi. Ne vous éloignez pas de la Bonne Nouvelle : elle est notre espérance. Vous l’avez entendue, on l’a annoncée à tout ce qui existe sous le ciel, et moi, Paul, je suis devenu le serviteur de cette Bonne Nouvelle.
      24 Maintenant, je suis heureux de souffrir pour vous. En effet, dans mon corps, je continue à participer aux souffrances du Christ pour son corps, c’est-à-dire pour l’Église.
      25 Je suis devenu le serviteur de l’Église, pour faire le travail que Dieu m’a demandé : je dois vous annoncer la parole de Dieu tout entière.
      26 Cette Parole, c’est le mystère caché à toutes les générations depuis toujours. Maintenant, Dieu l’a montré clairement à ceux qui lui appartiennent.
      27 Il a voulu leur faire connaître la grandeur de ce mystère et sa richesse, pour tous les peuples. Ce mystère, le voici : le Christ est au milieu de vous, et par lui, vous espérez participer à la gloire de Dieu.
      28 C’est ce Christ que nous annonçons. Nous donnons à chacun des conseils et un enseignement avec toute la sagesse possible, pour que tous deviennent adultes dans le Christ.
      29 C’est pourquoi je travaille et je lutte avec la force du Christ qui agit en moi avec puissance.
    • Actes 9

      7 Ses compagnons de voyage restaient figés sur place, muets de stupeur ; ils entendaient bien la voix, mais ne voyaient personne.
      15 Mais le Seigneur lui dit : — Va ! car c’est précisément cet homme que je me suis choisi comme serviteur, pour faire connaître mon nom aux autres nations et à leurs rois aussi bien qu’aux Israélites.

      Actes 22

      9 Mes compagnons ont bien vu la lumière, mais ils n’ont pas entendu la voix de celui qui me parlait.
      14 Puis il me dit : — Le Dieu de nos ancêtres t’a choisi d’avance pour te faire connaître sa volonté, pour que tu voies le Juste (par excellence) et que tu entendes sa propre voix,

      Actes 26

      13 J’étais en chemin, il était environ midi lorsque j’ai vu, ô roi, une lumière venant du ciel, plus éclatante que celle du soleil. Elle m’enveloppait de sa clarté, moi et mes compagnons de voyage.
      14 Nous sommes tous tombés à terre, et j’entendis une voix qui me disait en araméen : — Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il est dangereux de te rebiffer contre ta propre conscience.
      16 Mais lève-toi, tiens-toi debout. Voici pourquoi je te suis apparu : c’est pour t’engager à mon service. Tu témoigneras de ce que tu as vu aujourd’hui. À l’avenir encore, je me manifesterai à toi et tu annonceras ce que tu verras.
      19 Après cela, ô roi, pouvais-je refuser d’obéir à cette vision venue du ciel ?

      1 Corinthiens 1

      23 nous nous faisons les hérauts d’un Messie mis en croix. Les Juifs crient au scandale ; pour les Grecs, c’est un non-sens ridicule.

      1 Corinthiens 2

      15 Celui qui possède cet Esprit, par contre, est capable de tout comprendre et de tout approfondir ; il sait apprécier les faits et les idées à leur juste valeur et peut se former un jugement équitable sur tout, tandis qu’il reste lui-même indépendant du jugement d’autrui.

      1 Corinthiens 9

      1 Ne suis-je donc pas libre ? Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je pas vu, de mes yeux, notre Seigneur ? (Je le sais, quelques-uns me dénient ce titre, mais) vous-mêmes, n’êtes-vous pas un fruit du travail que le Seigneur m’a confié ?

      1 Corinthiens 15

      8 Après eux tous, il m’est aussi apparu, à moi « l’avorton » (comme certains m’appellent).

      2 Corinthiens 4

      6 En effet, le même Dieu qui, un jour, a ordonné : Que la lumière jaillisse des ténèbres, a illuminé nos cœurs afin que nous puissions à notre tour refléter la lumière de la connaissance de Dieu, et faire resplendir sur les autres la gloire divine qui rayonne sur le visage de Jésus-Christ.

      2 Corinthiens 12

      1 Faut-il continuer à me mettre en avant ? Il n’en sort rien de bon. Je veux cependant relever une seule chose encore : les visions et les révélations que le Seigneur m’a accordées.

      Galates 1

      1 Cette lettre vous est adressée par Paul, apôtre, envoyé non par des hommes ni par une autorité humaine, mais directement par Jésus-Christ et par Dieu, le Père, qui l’a ressuscité d’entre les morts.
      16 Par une faveur imméritée, il m’a adressé son appel et a daigné m’ôter le voile qui me cachait son Fils. Il avait décidé de faire de moi son évangéliste et de m’envoyer vers les peuples non juifs pour proclamer parmi eux la bonne nouvelle du salut. À l’heure même, sans hésiter, au lieu de consulter des conseillers humains

      Colossiens 1

      1 Paul, envoyé de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, et Timothée, son frère,
      2 saluent leurs fidèles frères qui, à Colosses, appartiennent à Dieu par leur union avec le Christ : La grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père.
      3 Nous prions constamment pour vous, et chaque fois que nous le faisons, nous remercions Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ.
      4 En effet, nous avons appris que votre foi est ancrée dans le Christ Jésus et que vous portez un amour réel à tous les chrétiens.
      5 Cette foi et cet amour découlent de l’espérance que vous avez placée dans les trésors que Dieu vous réserve dans les mondes célestes. Cette espérance, c’est la prédication de la vérité, le message de la Bonne Nouvelle, qui vous l’a fait connaître
      6 en parvenant jusqu’à vous. Partout où cet Évangile pénètre, il gagne du terrain et porte des fruits toujours plus abondants. Il en a été de même parmi vous depuis le jour où vous l’avez entendu, et où vous avez saisi la vraie signification de la grâce de Dieu.
      7 Épaphras, notre cher ami et collaborateur, vous a instruits. C’est un fidèle serviteur du Christ qui prend vos intérêts à cœur.
      8 Il nous a dit quel amour l’Esprit vous inspire.
      9 Aussi, depuis le jour où nous l’avons appris, nous ne vous avons jamais oubliés dans notre intercession. Nous demandons à Dieu que vous puissiez connaître et comprendre toujours mieux sa volonté. Que le Saint-Esprit vous accorde la sagesse et le discernement spirituel.
      10 Nous lui demandons aussi que votre conduite fasse honneur au nom du Seigneur et lui plaise à tous égards, que vous réjouissiez son cœur en portant des fruits qui lui soient agréables ; c’est-à-dire toutes sortes d’activités utiles. Que vous fassiez des progrès dans la connaissance de Dieu.
      11 Nous prions Dieu de vous fortifier par sa puissance admirable et illimitée. Ainsi, votre persévérance et votre patience croîtront et vous serez capables d’affronter avec courage, et même avec joie, toutes les difficultés qui pourront se présenter sur votre route.
      12 Pleins de joie, vous remercierez le Père qui vous a accordé le privilège d’avoir part à l’héritage qu’il réserve aux chrétiens vivant dans la lumière.
      13 Il nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a transférés dans (l’éternel) royaume de son Fils bien-aimé.
      14 Étant unis à lui, nous sommes rachetés de notre servitude ; nous recevons ainsi le pardon des péchés.
      15 Ce Fils, il est l’image du Dieu que nul ne voit, donc le premier-né de toute création ; il a la primauté sur toute créature.
      16 En lui, tout fut créé dans les cieux et sur la terre. L’univers tout entier, l’esprit et la matière, trônes et seigneuries, autorités, puissances. Oui, par lui et pour lui tout a été créé.
      17 Il était déjà là ; bien avant toutes choses ; par lui, tout l’univers est maintenu en vie.
      18 L’Église, c’est son corps ; lui seul en est la tête. Origine et principe, il est le premier-né ressuscité des morts. C’est en lui que commence une autre humanité. Partout, en toutes choses, il est au premier rang.
      19 Car Dieu l’a décidé : toute la plénitude doit demeurer en lui.
      20 Lui seul réconcilie l’univers avec Dieu. Dans les cieux, sur la terre, Dieu fait régner la paix par le sang que son Fils a versé sur la croix.
      21 Vous aussi, vous vous étiez écartés de votre destination primitive : vos pensées qui vous amenaient à faire des œuvres mauvaises en témoignaient ; par elles, vous étiez devenus pour Dieu des étrangers, des ennemis même ;
      22 mais voici que le Christ vous a réconciliés avec lui par la mort de son corps humain. Vous pouvez à présent paraître saints, sans tache et sans reproche devant ses yeux, à une condition toutefois :
      23 c’est que vous demeuriez inébranlables sur le fondement de la foi sans vous laisser écarter de l’espérance que l’Évangile a fait naître en vous. Cette Bonne Nouvelle que vous avez entendue a été publiée parmi toutes les créatures sous le ciel, et moi, Paul, j’en suis devenu le messager.
      24 C’est là ce qui fait ma joie, même si je dois souffrir pour vous. Je me réjouis de pouvoir ainsi, dans mes souffrances terrestres, qui sont aussi celles du Christ, accomplir ce qui reste à faire pour le douloureux enfantement de l’Église qui est son corps.
      25 C’est de cette Église que Dieu m’a établi serviteur, pour votre bien. Il m’a donné mission d’annoncer partout sa parole dans toute sa plénitude.
      26 Cette parole est un mystère resté secret depuis l’origine des siècles, caché aux générations passées ; mais, à présent, le voile a été enlevé, et tout est parvenu à la lumière pour ceux qui appartiennent à Dieu.
      27 C’est à eux qu’il a voulu faire connaître quelles richesses, quelles splendeurs renferme son plan secret en faveur des non-Juifs. Ce secret, c’est tout simplement ceci : « le Christ en vous », c’est en lui que se concentre toute la gloire future.
      28 C’est ce Christ que nous annonçons. C’est pour cela que nous avertissons chaque homme sans distinction et que nous enseignons à chacun la sagesse parfaite. Notre but est de placer tout homme en présence de Dieu et d’amener (les chrétiens) à leur pleine maturité spirituelle par une communion vivante avec le Christ.
      29 Voilà pourquoi, tel un lutteur, je tends tout mon être et je travaille avec acharnement en me confiant dans les forces que me donne celui qui agit puissamment en moi.
    • Actes 9

      Actes 22

      Actes 26

      1 Corinthiens 1

      1 Corinthiens 2

      1 Corinthiens 9

      1

      L'apôtre montre son autorité, et affirme son droit à être soutenu matériellement. (1 Corinthiens 9:1-14)
      Il a restreint sa liberté chrétienne, (quant au mariage), pour le bien des autres. (1 Corinthiens 9:15-23)
      Il a opéré tout cela, avec soin et assiduité, en vue d'une future couronne incorruptible. (1 Corinthiens 9:24-27)

      Il n'est pas rare qu’un serviteur de Dieu reçoive des remontrances, malgré sa bonne volonté et les différents services qu’il rend aux autres.

      Face aux remarques désagréables de quelques-uns, l'apôtre répond, de façon à prouver qu’il se désintéresse de lui-même, pour le bien des autres. Il avait le droit de se marier, comme les autre apôtres, et de réclamer aux églises, le nécessaire, pour son épouse et ses enfants, sans avoir à travailler pour cela.

      Ceux qui s’appliquent à chercher le bien de notre âme doivent recevoir une juste rétribution.

      Paul a renoncé au droit de se marier, pour ne pas entraver le succès de son ministère. Nous devons soutenir les serviteurs de Dieu. Ces derniers, s’ils le désirent, peuvent éventuellement ne pas se marier, suivant l’exemple de l’apôtre ; ceux qui refusent de soutenir ces hommes de Dieu, transgressent en fait un précepte de Christ...

      1 Corinthiens 15

      2 Corinthiens 4

      2 Corinthiens 12

      1

      Les révélations de l'apôtre Paul. (2 Corinthiens 12:1-6)
      Ce qui a contribué à son avantage spirituel. (2 Corinthiens 12:7-10)
      Les qualités d'un apôtre existaient vraiment en lui. Son but : faire une visite aux Corinthiens ; il exprime toutefois sa crainte de devoir être sévère avec quelques-uns. (2 Corinthiens 12:11-21)

      Il ne peut pas y avoir de doute : l'apôtre parle bien de lui-même dans ce texte. Soit les éléments célestes lui ont été présentés ici bas, alors qu’il était en extase, comme au temps des prophètes autrefois, soit son âme a été séparée du corps, pour un temps, pour être élevée dans le ciel ; il se peut même qu'il soit monté, corps et âme, dans le paradis : en fait, il ne savait pas lui-même ce qui s’était passé vraiment.

      Nous ne sommes pas capables, (ou il ne nous est peut-être pas permis de le savoir), de connaître les détails de cet endroit, rempli de la gloire divine. Paul n'a pas tenté de nous décrire ce qu'il a entendu, mais il a placé en avant la doctrine de Christ. C'est sur ce Dernier, ce Fondement, que l'Église est construite, et c'est sur Lui que nous devons bâtir notre foi et notre espérance.

      Tandis que ce texte nous invite à affermir notre attente de la gloire céleste qui nous sera révélée, nous devons nous satisfaire des méthodes habituelles d'érudition de la Vérité divine.

      Galates 1

      1

      En général, les églises de Galatie étaient composées de Juifs et de « Gentils » convertis. Paul, par les doctrines qu'il enseignait, affirme ici son caractère apostolique, lorsqu'il confirme aux églises des Galates, le point primordial de la justification, par la foi uniquement.

      Ce sujet est essentiellement le même que celui débattu dans l'épître aux Romains, à savoir, la justification acquise seulement par la foi.

      Cependant, dans cette épître, l'attention est particulièrement attirée sur le fait, que les hommes sont justifiés par la foi, sans les œuvres de la loi de Moïse.

      Au sujet de l'importance des doctrines développées dans l’épître aux Galates, Luther s'exprime ainsi : « nous devons les considérer avec une certaine crainte, car elles ne sont pas en effet dénuées de certains dangers, en particulier, que Satan nous dissuade de la justification par la foi, pour apporter dans l'église la théorie des œuvres et des traditions humaines. Il est donc vraiment nécessaire que ce précepte soit exercé, en tant qu'entraînement continuel et commun, par ceux qui lisent la Parole, comme par ceux qui L’écoutent. Si cette doctrine de la justification par la foi se perd, alors seront perdues celles de la Vérité, de la vie et du salut » !

      * L'apôtre Paul affirme son caractère apostolique devant ceux qui cherchent à le diminuer. (Galates 1:1-5) Il blâme les Galates lorsqu'ils se révoltent contre l'Évangile de Christ, sous l'influence des faux docteurs. (Galates 1:6-9) Il prouve l'autorité divine de sa doctrine et de sa mission ; il décrit quel était son état d’âme, avant sa conversion et sa vocation. (Galates 1:10-14) Il continue, en décrivant comment il a procédé après cela. (Galates 1:15-24)

      Galates 1:1-5 Paul était apôtre de Jésus-Christ ; il a été nommé expressément par ce Dernier, donc, par Dieu le Père, qui est « Un » avec Lui, selon Sa nature Divine ; Christ est ici désigné comme Médiateur.

      La Grâce inclut la bonté divine à notre égard, et toute l’œuvre du Père, envers nous ; il en est de même pour la paix qu’Il nous accorde, ce « confort spirituel » qui nous est vraiment nécessaire. Tout cela provient de Dieu le Père : c’est une sorte de « Fontaine spirituelle », par le biais de Jésus-Christ !

      Remarquez bien le contenu de ce texte : nous trouvons en premier la Grâce, puis, la Paix ; il ne peut y avoir de paix réelle sans cette Grâce. Christ s'est donné lui-même pour nos péchés, Il a été fait « expiation » pour nous : c'est ce qu'a exigé la Justice divine ; Christ s'est soumis librement à la volonté du Père. On remarquera au passage l'infinie grandeur de ce prix acquitté, qui révèle manifestement, que le pouvoir du péché est si grand, qu'il ne pouvait y avoir aucun autre moyen pour l'expier, sinon le don du Fils de Dieu.

      Celui qui prend réellement en considération ce sacrifice, comprend que le péché est l’acte le plus horrible qui puisse être exprimé ; cela devrait en effet nous faire réagir, même, nous effrayer.

      Remarquez particulièrement ces termes : « pour nos péchés ». Par ces propos, notre faible nature commence à réagir, et voudrait, en premier lieu, traiter le problème elle-même. Cela pourrait tendre à nous prouver que cette « maladie » de l’iniquité s'étend à un ensemble d'individus, sans qu'il y ait besoin de médecin, pour non seulement nous éviter la colère de Dieu et la malédiction de la loi, mais aussi pour nous désentraver des mauvaises pratiques et habitudes auxquelles nous sommes asservis par nature.

      En fait, il est vain, pour ceux qui ne sont pas délivrés du présent « mal de ce monde » par la sanctification de l'Esprit, d'espérer être libérés de cette condamnation autrement que par le sang de Jésus...

      Colossiens 1

      1

      Cette épître a été envoyée à cause de difficultés qui se sont élevées parmi les Colossiens, probablement à cause de faux docteurs, ce dont ils ont informé l'apôtre. Le but de l'épître est de montrer que toute l'espérance de la rédemption de l'homme est fondée sur Christ, en lui seul se trouve toute la plénitude, les perfections, et la suffisance. Les Colossiens sont mis en garde contre les manières des professeurs judaïsants, et aussi contre les notions de sagesse charnelle, contre les inventions et traditions humaines, comme non compatibles avec une pleine confiance en Christ. Dans les deux premiers chapitres l'apôtre leur dit ce qu'ils doivent croire, et dans les deux derniers ce qu'ils doivent faire; c'est la doctrine de la foi, et les préceptes de la vie pour le salut. * L'apôtre Paul salue les Colossiens, et bénit Dieu pour leur foi, leur amour, et leur espérance. (Colossiens 1:1-8) Il prie pour leur fertilité dans la connaissance spirituelle. (Colossiens 1:9-14) Il donne une vue glorieuse de Christ. (Colossiens 1:15-23) Et définit ses propres travaux, comme apôtre des Païens. (Colossiens 1:24-29)

      Tous les vrais chrétiens sont des frères l'un pour l'autre. La fidélité court à travers chaque caractère et relation de la vie chrétienne. La foi, l'espérance, et l'amour, sont les trois grâces principales de la vie chrétienne, et les matières les plus appropriées pour la prière et les actions de grâces. Le plus nous fixons nos espoirs sur la récompense dans l'autre monde, le plus libre nous sommes de faire le bien avec notre trésor terrestre. Un héritage a été mis en réserve pour les Colossiens, et nul ennemi ne peut les en priver. L'évangile est la parole de vérité, et nous pouvons faire reposer nos âmes sur lui. Et tous ceux qui entendent la parole de l'évangile, doivent apporter le fruit de l'évangile, y obéir, et avoir leurs principes et leurs vies en accord avec cet évangile. L'amour du monde s'élève, soit dans des vues d'intérêt, soit de ressemblance de manières; c'est un amour charnel, qui vient de l'appétit pour les plaisirs. Á cela, quelque chose de corrompu, égoïste, et vil est toujours attaché. Mais l'amour chrétien provient du Saint-Esprit, et il est plein de sainteté.
      9 L'apôtre demandait constamment dans sa prière que les croyants puissent être remplis de la connaissance de la volonté de Dieu, en toute sagesse. De bonnes paroles doivent toujours être accompagnées de bonnes oeuvres. Celui qui entreprend de donner de la force à son peuple est un Dieu de puissance, et de pouvoir glorieux. L'Esprit béni est l'auteur de ceci. En priant pour une force spirituelle, nous ne sommes pas mis à l'étroit ou emprisonnés dans les promesses, et nous ne devons pas l'être dans nos espoirs et nos désirs. La grâce de Dieu dans les coeurs des croyants est le pouvoir de Dieu; et il y a la gloire dans ce pouvoir. L'usage spécial de cette force était pour la souffrance. Il y a un travail qui doit être fait, même quand nous souffrons. Au milieu de toutes leurs épreuves ils ont rendu grâces au Père de notre Seigneur Jésus, dont la grâce spéciale leur permettait de participer à l'héritage distribué aux saints. Pour provoquer ce changement, ceux qui étaient des esclaves de Satan ont été faits des sujets bien disposés de Christ. Tous ceux qui sont désignés pour aller au ciel plus tard sont préparés dès maintenant pour le ciel. Ceux qui ont l'héritage des fils, ont l'éducation des fils, et la disposition de fils. Par la foi en Christ ils ont apprécié cette rédemption comme l'achat par son sang expiatoire, par lequel le pardon des péchés et toutes autres bénédictions spirituelles ont été donnés. Il est certain que nous jugerons comme une faveur que d'être délivrés du royaume de Satan pour être amenés dans celui de Christ, sachant que toutes les épreuves auront bientôt une fin, et que chaque croyant se trouvera parmi ceux qui sortent de la grande tribulation.
      15 Christ dans sa nature humaine, est la découverte visible du Dieu invisible, et celui qui L'a vu a vu le Père. Adorons ces mystères dans une foi humble, et regardons la gloire du Seigneur en Jésus-Christ. Il est né ou engendré avant toute la création, avant que toute créature n'ait été faite; ce qui est la manière de l'Écriture de représenter l'éternité, et par laquelle l'éternité de Dieu nous est représentée. Toutes choses étant créées par Lui, furent créées pour lui; étant faites par son pouvoir, elles ont été faites selon son plaisir, et pour sa louange et sa gloire. Il les a non seulement créées dès le commencement, mais c'est par la parole de son pouvoir qu'elles sont soutenues. Christ comme Médiateur est la Tête du corps, l'église; toute grâce et toute force viennent de lui; et l'église est son corps. Toute plénitude demeure en lui; une plénitude de mérite et de justice, de force et de grâce pour nous. Dieu a montré sa justice en exigeant une totale satisfaction. Ce mode de rédemption de l'espèce humaine par la mort de Christ était la plus convenable. Ici nous est présenté la méthode pour être réconciliés. Et pourquoi malgré la haine du péché de la part de Dieu, il a plu à Dieu de réconcilier avec lui-même l'homme qui avait chuté. Si nous sommes convaincus que nous étions ennemis dans nos esprits par des oeuvres mauvaises, et que nous sommes réconciliés maintenant avec Dieu par le sacrifice et la mort de Christ dans notre nature, nous ne tenterons pas d'expliquer plus loin, ni nous ne penserons pas comprendre complètement ces mystères; mais nous verrons la gloire de ce plan de rédemption, et nous nous réjouirons de l'espérance placée devant nous. S'il en est ainsi, c'est-à-dire que l'amour de Dieu est si grand pour nous, qu'allons-nous faire maintenant pour Dieu? Nous mettre fréquemment dans la prière, et abonder dans nos saints devoirs; en ne vivant plus à nous-mêmes, mais en Christ. Christ est mort pour nous. Mais pourquoi? Pour que nous vivions encore dans le péché? Non; mais pour que nous puissions mourir au péché, et que nous vivions désormais non pour nous-mêmes, mais pour Lui.
      24 A la fois les souffrances de la Tête et des membres sont appelées les souffrances de Christ, et en font un corps de souffrance. Mais Il a souffert pour la rédemption de l'église; nous souffrons pour d'autres raisons; car nous ne goûtons que légèrement cette coupe de détresses que Christ a d'abord bu jusqu'au fond. Il peut être dit d'un chrétien qu'il ajoute ce qui manque aux souffrances de Christ lorsqu'il relève sa croix, et que, d'après le modèle de Christ, il porte patiemment les détresses que Dieu lui distribue. Soyons reconnaissants que Dieu nous ait fait connaître ces mystères cachés dans tous les âges et générations, et qu'il ait montré la richesse de sa gloire parmi nous. Lorsque Christ est prêché parmi nous, demandons-nous sérieusement s'il demeure et règne en nous; car cela seul peut garantir notre espérance assurée de sa gloire. Nous devons être fidèles jusqu'à la mort, à travers toutes les épreuves, pour que nous puissions recevoir la couronne de vie, et obtenir le but de notre foi, le salut de nos âmes.
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