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PAUL (ses voyages) 1.

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Les voyages de Paul, comme tous ses actes, comme ses émotions, ses idées et jusqu'à sa réflexion théologique, sont dominés par son apostolat (voir art. précédent). Quant à l'apostolat, il est réglé par la vie intérieure, dont le principe actif est la foi. Tendue « vers Christ », établie « en Christ », propriété commune et de l'homme et du Christ, dans une mutuelle appartenance et dans une mutuelle possession (génitif mystique : la foi « en Jésus-Christ », « de Jésus-Christ »), la foi est comme l'hypothèse créatrice de la vie chrétienne, que son dynamisme commande ; elle est une préfiguration de l'entière découverte, une communion anticipée : tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais pas déjà trouvé ! Ainsi, la conversion de Paul, démarche initiale de sa foi, sinon du Christ vivant qui depuis longtemps le cherchait, est une première forme de cette communion dans laquelle Paul veut être tout entier, de coeur et de pensée, de volonté, de vie prenante et prise, entièrement possédante, entièrement possédée : « en Christ » !

C'est donc dans cette communion mystique avec le Christ vivant qu'il faut chercher les causes profondes et les ressorts cachés de l'apostolat paulinien sous ses aspects les plus variés. Quand Paul médite, argumente, spécule, ce qu'il demande, ce qu'il cherche, c'est « la pensée de Christ » (1Co 2:16), c'est-à-dire une pensée commune, une pensée de communion ; quand il aime, il sent que c'est du coeur, des entrailles du Christ, comme de lui-même, en communion (Phi 1:8). ; et quand il va, missionnaire intrépide et voyageur infatigable, à travers le monde, il en est un qui marche devant lui, et, dont il suit l'appel impérieux : c'est le vainqueur, qui, sur le chemin de Damas, l'a enchaîné à son char triomphal et qui l'entraîne au Capitole de sa gloire (2Co 2:14).

Pour bien comprendre les voyages de Paul, pour en suivre les phases multiformes avec leurs développements continus, leurs temps d'arrêt, leurs sautes brusques, il est indispensable de tenir compte de cet élément mystique prévalant.

I Le caractère itinérant de l'apostolat paulinien.

1. Les contingences pratiques et le primat de la mystique

Lorsqu'on jette un coup d'oeil d'ensemble sur la mission de Paul, on peut être frappé par son extension méthodique, par sa progression de centre stratégique en centre stratégique, de l'Orient à l'Occident. Aussi quelques auteurs, et notamment Weizsäcker, Zahn, Deissmann, ont-ils admis un plan général et assez rigoureux, que Paul aurait suivi méthodiquement. Si l'on entre dans le détail historique, on est contraint de reconnaître que ce plan n'a rien de rigide, mais qu'il est né, qu'il s'est précisé, modifié, nuancé, au cours des événements et des inspirations, par étapes et progressivement. Parmi les divers facteurs qui sont entrés en ligne de compte, les deux extrêmes sont les nécessités pratiques et les appels mystiques.

Ramsay, non sans raison, a accordé aux conditions externes des voyages pauliniens une très grande importance, et la série de riches études qu'il a publiées sur ce thème est assurément d'un grand prix. Il est intéressant, il est essentiel de savoir comment on voyageait au temps de Paul, dans les régions que Paul a évangélisées. Ramsay apporte la somme de toutes les recherches à ce sujet en y ajoutant considérablement du sien, et nulle étude sur la mission de Paul ne peut se passer de ses remarquables travaux. Par lui nous comprenons que les temps pauliniens étaient privilégiés et comme prédestinés à la mission itinérante. La paix romaine et le génie romain avaient singulièrement rétréci le pourtour du lac méditerranéen. La voie romaine était le bras multiple et sûr par lequel Rome atteignait et attirait à elle les peuples les plus éloignés, sous la sauvegarde et sous la domination de ses aigles. La mer même était asservie à son imperium, comme jamais elle ne l'avait été, comme elle ne devait plus l'être jusqu'aux temps modernes. On voyageait alors avec une surprenante facilité, une étonnante sécurité. Si l'on ajoute à ce privilège, dont Paul pouvait bénéficier d'autant mieux qu'il était citoyen romain, celui d'une langue universelle, le grec populaire ou langue commune, la langue même du Nouveau Testament, on se rend compte, une fois de plus, que les temps étaient accomplis pour les desseins providentiels, et qu'au cadran de l'éternité l'heure, précise avait sonné de l'évangélisation du monde.

Les exigences pratiques, autrefois oppressives et souvent dirimantes, n'avaient pourtant pas entièrement disparu. Dans son étude spéciale des routes et des voyages (Roads and Travels in N.T., HDB, V), Ramsay les énumère et souligne leur importance pour la fixation de la chronologie ou des itinéraires pauliniens. Il y avait une saison pour voyager sur terre ou sur mer. La navigation sûre (secura navigatio) allait seulement du 26 mai au 14 septembre ; du 10 novembre au 15 mars, sauf cas exceptionnels, la mer était fermée. 11 en était à peu près de même pour tout voyage en montagne. Il fallait tenir compte également des circonstances climatériques régionales et, sur mer, de la direction des vents. La navigation à voile n'est pas la même à l'aller et au retour. L'état des routes était aussi à envisager. Ainsi, il pouvait être beaucoup plus facile et plus rapide de faire un détour par les voies romaines que de voyager directement par de mauvais sentiers. Il était parfois préférable de passer par Rome pour aller d'une province à une autre voisine, soit par terre, soit par mer, plutôt que de s'engager sur un parcours direct, mais sans les mêmes facilités de communication. Toutes les grandes voies conduisaient à Rome et en rayonnaient, comme aujourd'hui dans la France, aussi centralisée, les grandes lignes ferroviaires sont orientées vers Paris.

Paul a certainement tenu compte de ces facteurs pratiques, et il est nécessaire d'en avoir une connaissance exacte jusque dans le détail des itinéraires locaux ou régionaux. La chose n'est pas toujours facile ; le tracé de toutes les routes dont Paul a pu faire usage n'est pas reconstitué ; l'emplacement de certaines localités, même importantes, qui se sont trouvées sur son parcours est encore imprécis. Néanmoins, les progrès de l'archéologie et les travaux spécialisés comme ceux de Ramsay permettent d'arriver à quelques certitudes et à beaucoup de probabilités.

Paul a tenu compte également d'autres nécessités. Ses plans sont parfois modifiés par l'attitude des populations auxquelles il a affaire. Si la stratégie lui commande d'évangéliser les grands centres, les événements peuvent l'obliger à séjourner dans de petites localités. Sa tactique habituelle paraît avoir été d'aller d'abord aux Juifs et de commencer sa mission dans les synagogues ; mais les circonstances ont pu l'amener à modifier la tactique aussi bien que la stratégie. Quant à la direction d'est en ouest qui a frappé certains auteurs, c'est une vue de l'esprit qui ne répond nullement à une réalité constante.

Ce qui s'oppose le plus à l'admission d'un système rigoureux dans l'activité de Paul, encore plus que dans sa pensée, ce qui oblige même à limiter plus que ne le fait Ramsay la part des facteurs pratiques, c'est le primat de la mystique. Si les conquérants antiques ont fait parfois mentir la loi commune, poursuivant la victoire en pleine saison close, sur les voies maritimes ou terrestres, combien plus, quand l'Esprit commandait, le conquérant d'une gloire invisible ! Paul n'est pas le pur logicien que d'aucuns imaginent, mais un grand inspiré, sans cesse aux écoutes du Christ intérieur, toujours prêt à obéir à ses exigences. Des visions ou des rêves sont interprétés par lui comme des intentions divines, comme des ordres à exécuter. A plusieurs tournants de sa carrière, Paul a suivi l'impulsion mystique (cf. Ac 16:6-8,9 18:9 19:1 ms. D, 27:23-25). Il marche ou il s'arrête suivant la volonté de Celui qui le mène (Ac 16:6,8 19:1 ms. D et versions syriaques et sahidique). Voyageur missionnaire aussi bien que pasteur ou théologien, Paul ne se comprend bien que si l'on fait leur place aux éléments profonds de son âme religieuse, aux appels intérieurs, par où le Père et le Fils précisent, nuancent et dirigent leurs vocations, dans une action commune de leur Esprit. Paul ne craint pas de réfléchir, de raisonner, de former des projets et de bâtir des plans, quelquefois à longue échéance, comme son voyage en Espagne (Ro 15:24,28) ; il sait être pratique ; il est voyageur et navigateur d'expérience, et d'un avis plus judicieux à l'occasion que celui d'un pilote et d'un capitaine au long cours (Ac 27:9,11-21) ; au milieu des circonstances les plus dramatiques, il reste parfaitement lucide et, dans l'affolement général, aucun détail pratique ne lui échappe (Ac 27:30,34). Mais il laisse aux tactiques humaines une souplesse assez grande pour être révisées à toute inspiration et mises en accord avec cette stratégie divine dont la lointaine intelligence n'est donnée que par touches, par aperçus et par instants, non à la raison seule, bien que nullement exclue, mais à toute la personne un moment dépouillée de ses entraves formelles, de ses catégories statiques, à l'âme ressaisie, déliée, unifiée en synthèse dynamique et vitale, au choc momentané de ce qui la transcende, à l'embrasement soudain de l'étincelle divine.

2. Les origines de la mission itinérante

L'apostolat itinérant de Paul a-t-il coïncidé avec sa conversion ? Son départ de Damas pour l'Arabie syriaque doit-il être considéré comme un premier voyage missionnaire ? On peut se demander, tout d'abord, si Paul n'avait pas un tempérament voyageur, comme beaucoup de ses compatriotes, et si l'apostolat n'a pas été l'application et la mise en valeur dans une direction et vers un but particulier d'une tendance, d'une disposition naturelle. Aucune donnée ici ne permet de répondre. Si l'on veut juger par analogie, il est incontestable que deux cas se rencontrent : il y a des hommes que l'appel dirige dans le sens qui paraît leur être naturel ; il y en a que leur vocation oblige à un retournement, à une conversion de leurs tendances pratiques et de leur caractère, comme de leur vie profonde et de leurs aspirations les plus intimes. Entre ces cas extrêmes, il y en a beaucoup qui s'échelonnent d'un pôle à l'autre. Celui de Paul ne peut être situé, faute d'information.

L'apostolat n'a pas toujours la forme itinérante. Il l'a prise chez Paul. Il n'est pas certain qu'il l'ait prise dès le début ; il n'est pas certain qu'il ait coïncidé avec la conversion. Si l'on procède, ici encore, par analogie, et que l'on interroge l'histoire des conversions missionnaires, on trouvera plusieurs genres : il y a les hommes qui, dès une première crise, se sont sentis, en même temps, transformés et appelés dans une direction déterminée ; il y a ceux qui, saisis brusquement, à un moment donné, ont eu besoin d'une illumination progressive et, quelquefois, d'une seconde crise, pour entendre clairement l'appel apostolique ; il y a les « convertis lents », qui échappent aux crises bien caractérisées et chez qui tout changement intérieur prend une forme évolutive, avec quelques tournants aux angles arrondis et quelques variations légèrement brusquées.

Ce qui paraît au dehors n'est parfois que la traduction imparfaite de ce qui se passe au dedans, et l'analyse seule peut saisir les indices du travail profond qui s'accomplit dans les zones sous-jacentes de l'âme. Ainsi, l'observation comme le bon sens indiquent dans le premier type, où l'apostolat précis accompagne la conversion bien caractérisée, une préparation souterraine, dont les affleurements sont les indices fugitifs du cours intérieur ; les caractères du renouveau et de l'appel se trouvent comme préformés dans une mystérieuse gestation. Dans le second type, au contraire, la préparation, moins poussée, n'aboutit point, du premier coup, à une telle précision ; le travail souterrain se poursuit en vue d'une seconde étape, qui peut être suivie d'autres. Il ne faut pas oublier, en effet, que les frontières intérieures n'ont aucunement la rigidité de nos catégories et de nos classements nécessaires. Quelle vie religieuse, quelle carrière apostolique, si continues soient-elles, n'ont eu leurs étapes marquantes, décisives, critiques, en plus ou moins grand nombre ? Et si, par contre, des crises s'y succèdent, ou si une seule, violente et décisive, en marque le début apparent, qui niera le travail intérieur par lequel Dieu se fait chercher avant de se laisser trouver, par lequel Il fait germer, pousser, fleurir, mûrir ce qu'il a diversement semé, par lequel Il éduque, prépare, développe et accomplit ? En l'absence de tous détails circonstanciés, il est difficile, à priori, de dire à quelle catégorie appartient la carrière apostolique de Paul, dans le cadre général des conversions et des appels à crise où elle rentre incontestablement. Il semble cependant, à lire les récits des Actes, que l'on puisse se décider de préférence pour la seconde catégorie, c'est-à-dire pour un apostolat qui ne s'est déclaré qu'après la conversion ; c'est une conversion à caractère trop vif et foudroyant pour comporter autre chose pendant longtemps qu'un grand embrasement de l'âme, après l'explosion provoquée soudainement par l'étincelle divine, dont le feu se propage presque instantanément par la traînée de l'émotion.

Certains auteurs (Loisy, Goguel) ont admis ; cependant, que Paul s'était lancé aussitôt dans l'action, et que son premier déplacement fut un véritable voyage missionnaire. Ils invoquent en faveur de leur thèse le « tout de suite » de Ac 9:20. « Il [Paul] resta donc quelques jours avec les disciples et puis, « tout de suite », il se mit à prêcher Jésus dans les synagogues, en disant : C'est lui qui est le Fils de Dieu ! » C'est peut-être, pour une fois, tirer beaucoup du livre des Actes, auquel on n'accorde pas habituellement tant de crédit. Si l'on se réfère à Ga 1:17 et suivant, on se rend compte que les Actes omettent un détail important : la retraite de Paul en Arabie syrienne, immédiatement après sa conversion. L'opinion traditionnelle, qui est demeurée celle de la plupart des auteurs, est que Paul a fait là une véritable retraite en vue de la méditation plutôt que de l'action. Certains font état de son tempérament pour rejeter cette interprétation courante et pour transformer la contemplation en action. Mais on ne voit pas pourquoi Paul aurait choisi comme premier champ de mission une région désertique où ne vivent que quelques nomades. D'autre part, l'argument tiré du caractère n'a aucune valeur. Comme tous les mystiques de puissante envergure, Paul est un grand actif ; mais il reste un mystique, c'est-à-dire que les alternances de méditation parfois très prolongées et d'action vive, énergique, suivie, n'ont certainement pas manqué dans sa vie. Après sa conversion brusquée, il est tout naturel que Pau ! ait eu besoin d'une retraite méditative pour fortifier et préciser en lui sa vocation. C'est, vraisemblablement, au retour d'Arabie que se place la prédication à Damas dont il est question dans Ac 9:20. Paul est désormais apôtre. Si, plus tard, il fait remonter au premier appel le caractère même de cet apostolat et sa mission parmi les Gentils, cette vision précise et ramassée des événements n'oblige pas à en méconnaître le développement normal. Il ne faut pas confondre les temps et les étapes d'une vocation apostolique dont la prise de conscience date vraisemblablement de la retraite salutaire en Arabie, après l'explosion émotive et l'embrasement de la conversion.

Plusieurs années s'écoulent depuis la crise décisive jusqu'au départ solennel pour la première mission itinérante, 12 ans peut-être : de 33 à 45. Qu'est-ce à dire, sinon que l'appel déjà entendu ne s'est précisé que peu à peu dans le sens de la mission lointaine, mais aussi que l'apostolat paulinien a pris jusque-là d'autres formes, comme il ressort d'ailleurs de la lecture des Actes ? La cérémonie, certainement fort simple, de l'imposition des mains, à Antioche (Ac 13:1,3), n'est pas comme le supposent Gore et Lightfoot l'ordination sacerdotale et le sceau de l'Église sur un apostolat naissant. S'il en était ainsi, l'opposition avec les épîtres serait formelle, et les épîtres, qui affirment souvent le caractère direct et tout divin de la vocation paulinienne, seraient naturellement à préférer. Mais il n'y a même pas à choisir. L'ordre divin aux « prophètes et instructeurs » de la communauté d'Antioche est celui-ci : < (Mettez-moi donc à part » Barnabas et Saul pour l'oeuvre à laquelle « je les ai appelés déjà ». L'exécution de l'ordre est ainsi relatée : « Alors, après jeûne et prière, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent partir. » Les termes impliquent nettement un appel antérieur au choix fait à Antioche. La « mise à part » attribuée aux hommes, alors qu'elle l'est généralement à Dieu, ne saurait donc faire illusion. L'expression : « ils laissèrent aller, partir (en déliant) » est significative ; elle implique l'initiative de Paul et Barnabas relativement à ceux qui les consacrent et, plus haut, l'initiative de Dieu.

Entre temps, divers événements s'étaient passés, et Paul avait déjà eu l'occasion de se déplacer plusieurs fois, pour obéir à sa vocation. Après avoir fait un séjour à Damas, à son retour d'Arabie, et y avoir annoncé l'Évangile, il doit s'en échapper, et c'est à grand'peine qu'il déjoue les complots des Juifs et des Arabes coalisés contre lui (Ac 9:23 et suivants). Ici se place un événement assez mystérieux de l'histoire romaine, et dont la fixation permettrait de dater exactement cet épisode de la vie de l'apôtre : l'occupation de Damas, ou plutôt, sans doute, des faubourgs de Damas, par les bandes arabes d'Arétas IV Cette affaire, qui ressembla peut-être à l'incursion des Druses sous le mandat français, à la faveur d'embarras analogues de la puissance tutrice obligée de réduire ses troupes d'occupation, n'a pu se produire que pendant l'absence du légat impérial Vitellius, occupé à guerroyer contre les Parthes, soit en 36.

C'est peu après sa fuite de Damas que Paul se tendit à Jérusalem, afin d'y faire la connaissance de Pierre et de s'entendre avec lui (Ga 1:18). Il lui fut présenté, ainsi qu'à Jacques, par Barnabas (cf. Ga 1:18 et Ac 9 27). Les Actes pourraient faire supposer que Paul fut conduit aux apôtres par Barnabas. Paul affirme solennellement (Ga 1:19) qu'il se rendit de lui-même auprès de Pierre et qu'il vit seulement Pierre et Jacques, le frère du Seigneur, Ainsi, Barnabas a été un introducteur plutôt qu'un guide, et ce n'est pas aux apôtres, mais à Pierre et peut-être à Jacques le frère du Seigneur, qu'il eut l'occasion de présenter Paul.

D'après Ac 9:28-30, Paul continue à évangéliser à Jérusalem. Il a particulièrement affaire aux Hellénistes, dont il était lui-même, et qui complotent contre lui. C'est alors qu'accompagné ou conduit par les frères il se rend à Césarée et, de là, à Tarse (Ac 9:30). L'opposition rencontrée par Paul garantit la puissance de son message apostolique. Seul Jésus et Etienne avaient pu soulever de semblables tempêtes.

Le renseignement de Ga 1:21 corrobore plutôt qu'il ne contredit celui de Ac 9:30. Il porte en effet que Paul se rendit en Syrie-Cilicie, où se trouve effectivement la ville de Tarse. La mention des deux parties de la province peut être l'indication qu'il y exerça en plusieurs lieux son activité missionnaire. L'opinion de Maclean, d'après qui Paul aurait fait à Tarse une retraite prolongée, ne repose sur rien de sûr. Il paraît plus probable que Paul, à peine lancé dans la carrière apostolique, ne s'est pas arrêté aussi tôt, et en aussi bonne voie. Il n'y a pas de parallèle à établir entre cette période de sa vie et celle qui suivit immédiatement la conversion.

Dans Galates, Paul ne donne aucun renseignement sur les événements qui se sont produits entre ce départ de Jérusalem et une autre visite qu'il y fit beaucoup plus tard. Mais les Actes permettent de reconstituer partiellement sa carrière apostolique entre temps. Ils rapportent succinctement les circonstances dans lesquelles Barnabas et Paul, nantis d'une sorte de mandat, partirent pour la première mission itinérante concertée et suivie. On a coutume de la nommer le premier voyage missionnaire de Paul, ce qui, pris absolument, est sans doute inexact, mais répond d'autre part à quelque chose de vraiment neuf.

Après la dispersion de la communauté naissante au moment du martyre d'Etienne, un certain nombre de chrétiens s'établirent à Chypre et à Cyrène. Quelques-uns de ceux-là, venus à Antioche, se mirent à évangéliser indifféremment les Juifs et les païens (Ac 11:19 et suivants). Barnabas, envoyé de Jérusalem, donne sa pleine approbation. L'Église d'Antioche est fondée. C'est ainsi que les choses se sont vraisemblablement passées, d'après les brèves indications des Actes, et nous avons là un phénomène de première importance dont on n'a pas toujours fait ressortir toute la valeur. Ce sont des chrétiens de Jérusalem exilés, des Juifs de tradition palestinienne, qui ont entrepris la mission parmi les païens, et il est fort probable qu'ils ont commencé par faire d'eux des chrétiens judaïsés, un peu comme les prosélytes de la porte dans le judaïsme mosaïque, des pagano-judéo-chrétiens. C'est d'ailleurs, vraisemblablement, parmi les prosélytes de la porte qu'ils ont commencé à évangéliser. Quoi qu'il en soit, c'est à eux que s'est posé en premier lieu le grand problème de l'entrée inconditionnée des convertis d'origine païenne dans la communauté chrétienne. Il était réservé à Paul de résoudre ce problème.

Barnabas se rend à Tarse afin d'y quérir Paul (verset 25). On a vu dans ce rapprochement une preuve que Paul avait déjà lui-même évangélisé les païens, ce qui paraît plausible. Il était l'homme de la situation, particulièrement qualifié pour une tâche délicate. Barnabas le décide à venir, et ils collaborent pendant un an à Antioche (Ac 11:26). C'est là que, pour la première fois, le nom de chrétiens fut donné aux disciples. C'est d'Antioche que, d'après le livre des Actes, Paul fit à Jérusalem un second voyage, en compagnie de Barnabas. Leur but était de secourir les chrétiens de Jérusalem souffrant de la famine (Ac 11:29 et suivant). Barnabas et Paul, chargés de dons, voyagèrent sans doute par mer, de Séleucie à Césarée ; ils remirent aux anciens de l'Église le dépôt qui leur avait été confié ; on peut donc supposer que les apôtres étaient absents et que l'on se trouvait au temps de la persécution d'Hérode. Après s'être acquittés de leur tâche, Barnabas et Paul retournèrent à Antioche, emmenant avec eux Jean surnommé Marc (Ac 12:25). C'est peu après, sans doute, qu'ils partirent pour ce que l'on est convenu d'appeler le premier voyage missionnaire (Ac 13:4 et suivants).

Nous donnons ici le premier des croquis des voyages de Paul, qui montreront l'extension progressive de la mission paulinienne.

Carte : Période préparatoire.

Paul (Saul) naît à Tarse où il passe son enfance. Jeune homme, il va à Jérusalem, sans doute par mer jusqu'à Césarée. Il est disciple de Gamaliel. --Saul (Ac 22:3) est peut-être à Tarse pendant le ministère de Jésus (années 26-29 ?). --Saul est à Jérusalem lors du martyre d'Etienne, vers 32. --Saul (Ac 7:58) va à Damas pour y persécuter les chrétiens. --Pharisien (Ac 9:3), il suit sans doute l'itinéraire de la rive gauche du Jourdain, pour éviter la Samarie. --Conversion, sur le chemin de Damas, en 33. --Paul (Ac 9:1,8 22:5,11 26:12-16) à Damas. --Retraite (Ac 9:9-22 22:12-16) en Arabie. --Retour (Ga 1:17) à Damas, complot et fuite, en 36. --Premier (Ac 9:23,25) voyage à Jérusalem après la conversion. --Départ (Ac 9:26-29 22:17-21, Ga 1:18-20) pour Tarse, par Césarée. --Activité (Ac 9:30-32) d'évangéliste ou de missionnaire en Syrie-Cilicie. --Antioche. --Voyage (Ga 1:21,24) (Ac 11:25 s) à Jérusalem, sans doute par mer, pour secourir la communauté en pleine persécution, et retour (Ac 11:27-30 12:25).

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      Actes 7

      58 et l'ayant poussé hors de la ville, ils le lapidaient ; et les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme appelé Saul.

      Actes 9

      1 Or Saul, respirant encore menace et meurtre contre les disciples du Seigneur, alla au souverain sacrificateur
      2 et lui demanda pour Damas des lettres adressées aux synagogues, en sorte que, s'il en trouvait quelques-uns qui fussent de la voie, il les amenât, hommes et femmes, liés à Jérusalem.
      3 Et, comme il était en chemin, il arriva qu'il approcha de Damas ; et tout à coup une lumière brilla du ciel comme un éclair autour de lui.
      4 Et étant tombé par terre, il entendit une voix qui lui disait : Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ?
      5 Et il dit : Qui es-tu, Seigneur ? Et il dit : Je suis Jésus que tu persécutes.
      6 Mais lève-toi, et entre dans la ville ; et il te sera dit ce que tu dois faire.
      7 Et les hommes qui faisaient route avec lui s'arrêtèrent tout interdits, entendant bien la voix, mais ne voyant personne.
      8 Et Saul se leva de terre ; et ses yeux étant ouverts, il ne voyait personne ; et, le conduisant par la main, ils l'emmenèrent à Damas ;
      9 et il fut trois jours sans voir, et il ne mangea ni ne but.
      10 Or il y avait à Damas un disciple nommé Ananias ; et le Seigneur lui dit en vision : Ananias ! Et il dit : Me voici, Seigneur.
      11 Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, et va dans la rue appelée la Droite, et cherche dans la maison de Judas un nommé Saul, de Tarse ; car voici, il prie,
      12 et il a vu en vision un homme nommé Ananias, entrant et lui imposant la main pour qu'il recouvrât la vue.
      13 Et Ananias répondit : Seigneur, j'ai ouï parler à plusieurs de cet homme, combien de maux il a faits à tes saints dans Jérusalem ;
      14 et ici il a pouvoir, de la part des principaux sacrificateurs, de lier tous ceux qui invoquent ton nom.
      15 Mais le Seigneur lui dit : Va ; car cet homme m'est un vase d'élection pour porter mon nom devant les nations et les rois, et les fils d'Israël ;
      16 car je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom.
      17 Et Ananias s'en alla, et entra dans la maison ; et, lui imposant les mains, il dit : Saul, frère, le Seigneur, Jésus qui t'est apparu dans le chemin par où tu venais, m'a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli de l'Esprit Saint.
      18 Et aussitôt il tomba de ses yeux comme des écailles ; et il recouvra la vue ;
      19 et se levant, il fut baptisé ; et ayant mangé, il reprit des forces. Et il fut quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas ;
      20 et aussitôt il prêcha Jésus dans les synagogues, disant que lui est le Fils de Dieu
      21 Et tous ceux qui l'entendaient étaient dans l'étonnement et disaient : N'est-ce pas celui-là qui a détruit à Jérusalem ceux qui invoquent ce nom, et qui est venu ici dans le but de les amener liés aux principaux sacrificateurs ?
      22 Mais Saul se fortifiait de plus en plus, et confondait les Juifs qui demeuraient à Damas, démontrant que celui-ci était le Christ.
      23 Et plusieurs jours s'étant écoulés, les Juifs tinrent conseil ensemble pour le tuer ;
      24 mais leur complot fut connu de Saul. Et ils surveillaient aussi les portes, jour et nuit, pour le tuer.
      25 Mais les disciples, le prenant de nuit, le descendirent par la muraille, en le dévalant dans une corbeille.
      26 Et étant arrivé à Jérusalem, il cherchait à se joindre aux disciples ; et tous le craignaient, ne croyant pas qu'il fût disciple ;
      27 mais Barnabas le prit et le mena aux apôtres, et leur raconta comment, sur le chemin, il avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et comment il avait parlé ouvertement à Damas, au nom de Jésus.
      28 Et il était avec eux à Jérusalem, allant et venant, et parlant ouvertement au nom du Seigneur.
      29 Et il parlait et disputait avec les Hellénistes ; mais ceux-ci tâchaient de le faire mourir.
      30 Et les frères, l'ayant su, le menèrent à Césarée, et l'envoyèrent à Tarse.
      31 Les assemblées donc, par toute la Judée et la Galilée et la Samarie, étaient en paix, étant édifiées, et marchant dans la crainte du Seigneur ; et elles croissaient par la consolation du Saint Esprit.
      32 Or il arriva que, comme Pierre parcourait toute la contrée, il descendit aussi vers les saints qui habitaient Lydde.
      33 Et il trouva là un homme nommé Énée, qui depuis huit ans était couché sur un petit lit ; et il était paralytique.
      34 Et Pierre lui dit : Énée ! Jésus, le Christ, te guérit ; lève-toi, et fais-toi toi-même ton lit.
      35 Et aussitôt il se leva. Et tous ceux qui habitaient Lydde et le Saron le virent ; et ils se tournèrent vers le Seigneur.
      36 Or il y avait à Joppé une femme disciple, nommée Tabitha, qui, interprété, signifie Dorcas ; elle était pleine de bonnes oeuvres et d'aumônes qu'elle faisait.
      37 Et il arriva en ces jours-là, qu'étant tombée malade elle mourut ; et quand ils l'eurent lavée, ils la mirent dans la chambre haute.
      38 Et comme Lydde est près de Joppé, les disciples ayant appris que Pierre était dans cette ville, envoyèrent vers lui deux hommes, le priant : Ne tarde pas de venir jusqu'à nous.
      39 Et Pierre, se levant, s'en alla avec eux. Et quand il fut arrivé, ils le menèrent dans la chambre haute ; et toutes les veuves vinrent auprès de lui en pleurant, et en montrant les robes et les vêtements, toutes les choses que Dorcas avait faites pendant qu'elle était avec elles.
      40 Mais Pierre, les ayant tous mis dehors et s'étant mis à genoux, pria ; et, se tournant vers le corps, il dit : Tabitha, lève-toi. Et elle ouvrit ses yeux, et voyant Pierre, elle se mit sur son séant ;
      41 -et lui ayant donné la main, il la leva ; et ayant appelé les saints et les veuves, il la leur présenta vivante.
      42 Et cela fut connu dans tout Joppé ; et plusieurs crurent au Seigneur.
      43 Et il arriva qu'il demeura plusieurs jours à Joppé, chez un certain Simon, corroyeur.

      Actes 11

      19 Ceux donc qui avaient été dispersés par la tribulation qui arriva à l'occasion d'Étienne, passèrent jusqu'en Phénicie, et à Chypre, et à Antioche, n'annonçant la parole à personne, si ce n'est à des Juifs seulement.
      25 Et il s'en alla à Tarse, pour chercher Saul ;
      26 et l'ayant trouvé, il le mena à Antioche. Et il leur arriva que, pendant un an tout entier, ils se réunirent dans l'assemblée et enseignèrent une grande foule, -et que ce fut à Antioche premièrement que les disciples furent nommés chrétiens.
      27 Or en ces jours-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche.
      28 Et l'un d'entre eux, nommé Agabus, se leva et déclara par l'Esprit, qu'une grande famine aurait lieu dans toute la terre habitée, laquelle aussi eut lieu sous Claude.
      29 Et les disciples, chacun selon ses ressources, déterminèrent d'envoyer quelque chose pour le service des frères qui demeuraient en Judée :
      30 ce qu'ils firent aussi, l'envoyant aux anciens par les mains de Barnabas et de Saul.

      Actes 12

      25 Et Barnabas et Saul, ayant accompli leur service, s'en retournèrent de Jérusalem, emmenant aussi avec eux Jean qui était surnommé Marc.

      Actes 13

      1 Or il y avait à Antioche, dans l'assemblée qui était là, des prophètes et des docteurs : et Barnabas, et Siméon, appelé Niger, et Lucius le Cyrénéen, et Manahen, qui avait été nourri avec Hérode le tétrarque, et Saul.
      3 Alors, ayant jeûné et prié, et leur ayant imposé les mains, ils les laissèrent aller.
      4 Eux donc, ayant été envoyés par l'Esprit Saint, descendirent à Séleucie ; et de là ils firent voile pour Chypre.

      Actes 16

      6 Et ils traversèrent la Phrygie et le pays de Galatie, ayant été empêchés par le Saint Esprit d'annoncer la parole en Asie ;
      7 et étant venus jusqu'en Mysie, ils essayèrent de se rendre en Bithynie, mais l'Esprit de Jésus ne le leur permit pas.
      8 Mais ayant passé par la Mysie, ils descendirent dans la Troade.
      9 Et Paul vit de nuit une vision : un homme macédonien se tenait là, le priant et disant : Passe en Macédoine et aide-nous.

      Actes 18

      9 Or le Seigneur dit de nuit, dans une vision, à Paul : Ne crains point, mais parle et ne te tais point,

      Actes 19

      1 Or il arriva, comme Apollos était à Corinthe, que Paul, après avoir traversé les contrées supérieures, vint à Éphèse ; et ayant trouvé de certains disciples,

      Actes 22

      3 Je suis Juif, né à Tarse de Cilicie, mais élevé dans cette ville-ci, et instruit aux pieds de Gamaliel selon l'exactitude de la loi de nos pères, étant zélé pour Dieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui ;
      5 comme le souverain sacrificateur même m'en est témoin, et tout le corps des anciens, desquels aussi ayant reçu des lettres pour les frères, j'allais à Damas, afin d'amener liés à Jérusalem ceux aussi qui se trouvaient là, pour qu'ils fussent punis.
      11 Et comme je n'y voyais pas, à cause de la gloire de cette lumière, j'arrivai à Damas, ceux qui étaient avec moi me conduisant par la main.
      12 Et un certain Ananias, homme pieux selon la loi, et qui avait un bon témoignage de tous les Juifs qui demeuraient là,
      17 Or, quand je fus de retour à Jérusalem, comme je priais dans le temple, il m'arriva d'être en extase et de le voir

      Actes 26

      12 Et comme j'allais aussi à Damas pour cela, avec pouvoir et commission de la part des principaux sacrificateurs,

      Actes 27

      9 Et comme il s'était écoulé assez de temps, et que la navigation était déjà périlleuse, parce que le jeûne aussi était déjà passé,
      11 Mais le centurion se fiait plus au pilote et au patron du navire qu'à ce que Paul disait.
      30 Et comme les matelots cherchaient à s'enfuir du navire, ayant descendu la chaloupe en mer sous prétexte d'aller jeter au loin les ancres de la proue,
      34 c'est pourquoi je vous exhorte à prendre de la nourriture, car cela est nécessaire pour votre conservation ; car pas un cheveu de la tête d'aucun de vous ne périra.

      Romains 15

      24 pour le cas où je me rendrais en Espagne... ; car j'espère que je vous verrai à mon passage, et que vous me ferez la conduite de ce côté-là, quand j'aurai d'abord un peu joui de vous ;
      28 Après donc que j'aurai achevé cette oeuvre et que je leur aurai scellé ce fruit, j'irai en Espagne en passant par chez vous.

      1 Corinthiens 2

      16 car "qui a connu la pensée du Seigneur pour qu'il l'instruise" ? Mais nous, nous avons la pensée de Christ.

      2 Corinthiens 2

      14 Or grâces à Dieu qui nous mène toujours en triomphe dans le Christ et manifeste par nous l'odeur de sa connaissance en tout lieu.

      Galates 1

      17 ni ne montai à Jérusalem vers ceux qui étaient apôtres avant moi, mais je m'en allai en Arabie, et je retournai de nouveau à Damas.
      18 Puis, trois ans après, je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas, et je demeurai chez lui quinze jours ;
      19 et je ne vis aucun autre des apôtres, sinon Jacques le frère du Seigneur.
      20 Or dans les choses que je vous écris, voici, devant Dieu, je ne mens point.
      21 Ensuite j'allai dans les pays de Syrie et de Cilicie.
      24 et elles glorifiaient Dieu à cause de moi.
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