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PLAIES D'EGYPTE

On sait que, dans les trois documents J, E et P, le récit de la sortie d'Egypte est précédé de celui de toute une série de fléaux dont Yahvé se serait servi pour briser la résistance du pharaon qui refusait de laisser partir les clans hébreux. Le but de ce qu'on est convenu d'appeler les plaies d'Egypte était de montrer que le Dieu de ces clans possédait le pouvoir suprême sur la nature et qu'il avait le droit de punir le pharaon qui s'opposait à sa volonté et endurcissait son coeur. En raison de la grande importance qu'eut toujours aux yeux des Israélites le fait de la délivrance du joug égyptien, on comprend que les générations postérieures aient attaché un haut prix aux traditions nationales concernant les faits qui auraient précédé et rendu possible cette libération.

Dans la rédaction unique que renferme l'Ex., on retrouve les signes distinctifs de J, E et P : la façon propre à chacun d'eux de présenter les événements, et, de l'un à l'autre de ces documents, des différences notables quant au nombre des fléaux qu'ils racontent. En somme, le chiffre dix, que l'on emploie toujours pour représenter l'ensemble de ces fléaux, ne résulte que de la combinaison en un seul tout des calamités racontées par les différents documents ; « les dix plaies ne sont pas une expression scripturaire », selon l'observation très juste de Bennett (Comment, sur l'Ex., p. 81). En effet, J en rapporte six (le Nil frappé, les grenouilles, les taons, la peste bovine, la grêle, les sauterelles) ; E en donne quatre (les eaux du Nil changées en sang, la grêle, les sauterelles, l'obscurité) ; et P aussi quatre (les eaux changées en sang, les grenouilles, les moustiques, les pustules). Tous trois racontent ce qu'on appelle la 10 e plaie : la mort des premiers-nés. (Pour la reconstitution de ces récits d'après les trois documents, voir A. Westphal, Sources, I, pp. 279SS et, pour leur signification religieuse, le même auteur, Jéhovah, pp. 184SS ; Marc Neile, Comm, sur l'Ex., pp. 43 et 46.) Il existait donc une tradition populaire relative à des fléaux qui auraient précédé la sortie d'Egypte ; mais il y avait désaccord quant à leur nombre et à la forme de leur production. J n'indiquait pas d'agent humain pour l'envoi ou le retrait des plaies, que Yahvé lui-même provoquait par son action directe sur la nature ; pour ce document, les fléaux étaient des phénomènes naturels qui, en eux-mêmes, ne paraissaient pas avoir un caractère miraculeux ; c'est leur virulence exceptionnelle et le fait qu'ils se produisent à un moment précis, déterminé par Yahvé et annoncé par Moïse, qui leur confèrent un caractère spécial et supranaturel ; et, dans J, il manque le signe préliminaire du bâton changé en serpent.

--Pour E et P, Yahvé est au-dessus de la nature, et les fléaux sont introduits par un intermédiaire matériel, le bâton de Moïse (dans E) ou celui d'Aaron (dans P), et ils constituent des faits nettement miraculeux. Dans P, on a l'impression que les plaies se suivent sans interruption, dans un court espace de temps ; de même pour E, dans lequel manquent les détails des négociations poursuivies entre Moïse et le pharaon.

--On a essayé parfois de répartir, au point de vue de la durée, cette série des dix plaies entre le mois d'août d'une année et celui d'avril de l'année suivante, mais sans arriver à un résultat satisfaisant. Tout ce qu'on peut dire, en se fondant sur les très rares indications de temps fournies par le texte actuel, c'est qu'elles semblent se succéder à de brefs intervalles.

En outre, dans les récits de tel ou tel fléau, on relève des désaccords ou contradictions qui prouvent encore l'action exercée par l'imagination populaire dans le sens d'une exagération des effets produits par ces fléaux : ainsi, après que tout le bétail des Égyptiens aurait péri au cours de la 5 e plaie (peste bovine), il en restait encore lors des 6 e et 7 e plaies (pustules et grêle) ; --toute la végétation apparaît détruite par la grêle, et cependant, lors de la 8 e plaie, les sauterelles trouvent encore à dévorer toute la verdure des arbres et des champs.

--Enfin, on reconnaît facilement que certains fléaux semblent n'avoir été que des variantes ou doublets de certains autres ; ainsi le 3 e (moustiques, P) le serait du 4° (taons, J), et le 5 e (peste bovine, J) le serait du 6 e (pustules, P). Pour les détails de ces divers fléaux, le rédacteur qui combina entre eux J, E et P doit avoir mis à la base de son travail les données de J, qui étaient sans doute plus circonstanciées et qui cadraient mieux avec le but qu'il visait.

On a observé depuis longtemps que la plupart des fléaux racontés correspondent à certaines conditions particulières au pays et qu'ils pouvaient, en somme, être expliqués comme n'ayant été que l'intensification de calamités assez courantes dans l'Egypte ancienne et moderne. Ainsi les eaux du Nil prenant la couleur du sang rappelleraient le phénomène bien constaté, en Egypte et ailleurs, et que l'antiquité appelait eau ou pluie de sang, alors que l'eau prend une teinte rougeâtre qui provient de la décomposition de microorganismes tels que champignons ou infusoires (cf. le fait raconté 2Ro 3:22). On peut indiquer aussi, comme propres aux conditions ordinaires du pays, les invasions de moustiques, dont les larves pullulent dans les rizières, les citernes et les flaques d'eau laissées par le Nil après le retrait de l'inondation annuelle.

--Voir également la plaie des grenouilles, rentrant dans cette catégorie de phénomènes. Voici ce que dit Brehm, dans son Tierleben (notes communiquées par M. L. Reverdin, du Mus. d'hist. nat. de Genève), à propos d'une espèce de grenouille que Seetzen (Reisen durch Syrien, Paloestina... Unter Ae gypten, 1854-1859) appelait rana nilotica (il indiquait aussi une autre espèce sous le nom de rana mosaïca)  : « La rana mascareniensis (Nilfrosch) est de petites dimensions et très commune. Anderson dit qu'une divinité Ka, à tête de grenouille, était une forme du dieu de la vérité, et qu'une déesse Heka, à tête de grenouille, était l'épouse du dieu Khnum et symbolisait également l'eau. Une grenouille était un signe de résurrection... »

--La plaie des pustules, que quelques auteurs rapprochent d'une affection cutanée appelée gale du Nil, dont les causes ne sont pas bien déterminées (eau du Nil dans les derniers mois avant l'inondation ? principes salins de l'air ? excessive chaleur ?).

--Enfin, on peut indiquer aussi la 9 e plaie, celle de l'obscurité, rappelant un phénomène particulier à ces régions, l'obscurcissement de l'atmosphère produit par le vent de khamsin (=cinquante), qui souffle deux ou trois jours de suite, avec des arrêts, pendant une période de cinquante jours (d'où son nom) ; ce vent très fort et chaud soulève des nuages de sable qui pénètrent partout, jusque dans les récipients fermés.

--On a mainte fois tiré de ces diverses constatations la conclusion que plusieurs de ces fléaux si fréquents en Egypte pouvaient être mis en relation de cause à effet avec l'inondation du pays par les eaux du Nil ; ainsi, l'altération des eaux du fleuve aurait pu entraîner à sa suite, comme conséquences naturelles plus ou moins directes, plusieurs des fléaux qui sont énumérés dans nos textes (grenouilles, moustiques, peste bovine, pustules), conséquences dans lesquelles la tradition israélite vit des interventions de la puissance divine agissant en faveur des clans hébreux asservis en Egypte et préparant l'heure de leur libération. Que le dieu national d'Israël ait employé pour cela des moyens, des phénomènes appartenant au domaine de la nature, c'est ce que le texte lui-même donne à entendre, par exemple lorsque, pour la 2 e plaie, Yahvé dit : « Le fleuve fourmillera de grenouilles » (Ex 7:25), ce qui suppose un état de choses connu, mais intensifié fortement dans le cas présent, et lorsque, pour la 6 e, le texte dit expressément que « Yahvé fit souffler sur le pays un vent d'orient » qui y poussa des nuages de sauterelles, et que, pour les en chasser, il fit souffler « un vent d'ouest très fort qui jeta les sauterelles dans la mer » (Ex 10:13,19).

La pensée religieuse et l'imagination des générations postérieures donnèrent à ces phénomènes qui, à l'origine, n'avaient rien de surnaturel, des proportions toujours plus considérables, en multiplièrent le nombre (voir ce qui a été dit plus haut des fléaux-doublets) et finirent par leur imprimer le caractère de faits purement miraculeux qu'ils n'avaient pas primitivement. A cette action exercée par les générations postérieures sur les données fournies par la tradition nationale, il faut ajouter encore l'intervention d'un certain élément d'ordre littéraire et psychologique, l'art avec lequel les auteurs de nos documents montrent le pharaon, d'abord rebelle et intransigeant, puis cédant, par degrés habilement marqués, à la pression qu'exercent sur lui les fléaux qui s'abattent successivement sur la nature, sur ses sujets, et enfin sur lui-même par la mort de son fils aîné ; il y a là, dans les concessions toujours plus grandes que le pharaon consent à Moïse, un sens psychologique très fin et l'intention d'impressionner fortement l'esprit ; et, malgré les formules assez stéréotypées (répondant bien au goût des Orientaux) des entretiens qui ont lieu entre le pharaon et Moïse pour l'annonce des plaies et leur retrait, l'attention et l'intérêt vont toujours grandissant, et le débat engagé revêt les proportions d'une joute de puissance entre le Dieu des Hébreux et le chef du grand empire terrestre, joute qui aboutira au triomphe final de Yahvé.

Pour expliquer la formation de la série de récits actuels, Gressmann (Die Anfoenge Israels, dans « Schriften des A.T. », 2 e vol., pp. 47-54 ; et Mose und seine Zeit, pp. 67-97) a émis l'hypothèse suivante. On trouverait, dans ce texte, la trace de deux chaînes de légendes :

L'une, pour laquelle les phénomènes mentionnés auraient eu nettement le caractère de prodiges et qui se serait présentée sous la forme de groupes composés chacun de deux prodiges ;

au premier de ces groupes auraient appartenu :

(a) le changement de l'eau en sang, et

(b) celui du bâton en serpent ;

-et au second :

(a) le changement de la poussière en moustiques, et

(b) celui de la suie en poussière.

Par ces doubles prodiges, Moïse se serait légitimé aux yeux du pharaon comme l'envoyé de Yahvé. Les prodiges n'ayant pas fait céder le roi, c'est alors que serait intervenue la mort de son fils aîné (probablement dans E), par laquelle Yahvé voulait contraindre le pharaon à l'obéissance ; plus tard, cette mort aurait été étendue à tous les premiers-nés des Égyptiens (J) et même à tous ceux des animaux (P).

A côté de ce cycle ou de cette chaîne de prodiges, on en trouverait un autre, plus récent, et dans lequel les phénomènes auraient eu pour caractère essentiel celui de plaies, de fléaux. Les récits de ce groupe auraient été plus simples et plus courts que ceux de notre texte actuel ; chacun de ces fléaux ne consistait qu'en quelques lignes et comportait trois parties : l'annonce, la description et la mention de l'absence d'effet de chacun d'eux ; le nombre de ces fléaux, à l'origine, était de six, et leur conclusion était représentée par la mort des premiers-nés. Le texte actuel ne laisserait plus apparaître nettement la gradation des uns aux autres, et l'ordre primitif, en particulier, aurait été troublé par le fait que le monde de l'homme aurait été indiqué comme touché, dès le début, par les fléaux successifs. Primitivement, deux plaies auraient formé ensemble une paire : la 1re (mort des poissons du Nil et grenouilles) aurait intéressé le monde des eaux, la 2 e (taons et peste bovine) celui des animaux, la 3 e (grêle et sauterelles) celui des plantes, et, de l'une à l'autre de ces paires de fléaux, on pourrait constater un crescendo, une aggravation dans la virulence de ces phénomènes.

En somme, de l'ensemble du récit actuel des plaies d'Egypte, on pourrait déduire la conclusion suivante : les documents J, E et P dénotent l'existence d'un fond de traditions inspirées par la préoccupation de considérer le fait de la sortie d'Egypte comme ayant été le résultat du triomphe du dieu national d'Israël sur les dieux d'Egypte, et comme ayant été précédé par une série de manifestations de puissance, dans le domaine de la nature. Mais ces documents ne sont pas d'accord entre eux quant au nombre et à la forme de ces manifestations. Les fléaux que le travail des générations postérieures a ajoutés au noyau initial de la tradition nationale trouvent en majeure partie leur explication dans certains phénomènes ou calamités naturelles et propres à l'Egypte, et on doit reconnaître aux textes qui les décrivent un coloris local bien marqué. Il faut toutefois constater qu'actuellement, en présence de ces textes pleins

d'éléments merveilleux, dans ces fléaux dont les uns ne sont que la répétition assez manifeste de certains autres et dans le récit desquels on signale divers désaccords, nous ne pouvons déterminer les éléments de la réalité historique qui a pu exister à l'origine de tout le développement narratif de Ex 7-12. En tout cas, le fait historique initial qui serait à la base de nos récits a pu avoir diverses conséquences matérielles, à propos desquelles la tradition postérieure s'est livrée à tout un travail complémentaire, a introduit des adjonctions secondaires, qui apparaissent d'abord (en une moindre mesure) dans J, s'accentuent dans E, et revêtent l'importance la plus grande dans P. --Le souvenir de ces fléaux s'est conservé dans la poésie israélite ; ils sont rappelés par le Ps 78, qui les cite en partie et dans l'ordre suivant : 1 re, 3 e, 2 e, 8 e, 7 e, 5 e, 10 e ; et par le Ps 105, dans l'ordre : 9 e, 1 re, 2 e, 4 e, 3 e, 8 e, 10 e.

Ant. -J. B.

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      Exode 7

      1 Alors le SEIGNEUR lui dit : « Je t’établis auprès de lui comme un dieu, et ton frère Aaron sera ton porte-parole.
      2 Tu diras à ton frère tout ce que je te commanderai. Ensuite, c’est lui qui parlera au roi d’Égypte. Il lui demandera de laisser partir d’Égypte les Israélites.
      3 Mais je fermerai le cœur du roi. Je ferai beaucoup de choses extraordinaires et étonnantes dans son pays.
      4 Pourtant, le roi ne vous écoutera pas. Alors je ferai peser ma puissance sur l’Égypte. Et grâce à mon autorité, je ferai sortir de ce pays, et en bon ordre, mon peuple, les Israélites.
      5 Je montrerai ma force à l’Égypte pour faire sortir les Israélites de ce pays. Les Égyptiens sauront ainsi que le SEIGNEUR, c’est moi. »
      6 Moïse et Aaron font exactement ce que le SEIGNEUR leur a commandé.
      7 Moïse a 80 ans et Aaron a 83 ans quand ils vont parler au roi d’Égypte.
      8 Le SEIGNEUR dit à Moïse et à Aaron :
      9 « Si le roi d’Égypte vous demande de faire une action extraordinaire, toi, Moïse, tu diras à Aaron de prendre son bâton. Qu’il le jette par terre devant le roi ! Le bâton deviendra alors un serpent. »
      10 Moïse et Aaron vont chez le roi d’Égypte et ils font ce que le SEIGNEUR a commandé. Aaron jette son bâton par terre devant le roi et devant ceux qui l’entourent, et le bâton devient un serpent.
      11 De son côté, le roi fait venir les sages et les sorciers d’Égypte, et ils font la même chose grâce à leur magie.
      12 Chacun d’eux jette son bâton par terre, et les bâtons deviennent des serpents. Mais celui d’Aaron avale leurs bâtons.
      13 Pourtant, le cœur du roi d’Égypte reste fermé, comme le SEIGNEUR l’a annoncé. Il n’écoute pas Moïse et Aaron.
      14 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Le roi d’Égypte ne veut rien entendre, il refuse de laisser partir les Israélites.
      15 Va donc le trouver le matin, au moment où il descend près de l’eau. Attends-le au bord du Nil. Prends à la main le bâton qui est devenu un serpent.
      16 Et dis au roi : “Le SEIGNEUR, le Dieu des Hébreux, m’a envoyé te dire : Laisse partir mon peuple pour qu’il me serve au désert. Mais jusqu’ici, tu n’as pas écouté.
      17 C’est pourquoi le SEIGNEUR le dit : cette fois-ci tu reconnaîtras qui il est. Je vais frapper l’eau du Nil avec le bâton que j’ai dans la main, et elle va devenir du sang.
      18 Les poissons vont mourir, le fleuve sera empoisonné et les Égyptiens ne pourront plus boire son eau.” »
      19 Le SEIGNEUR dit encore à Moïse : « Commande à Aaron de prendre son bâton. Qu’il tende le bras en direction de tous les cours d’eau d’Égypte, vers les rivières, les canaux, et même vers les lacs. Alors cette eau deviendra du sang. Ainsi, il y aura du sang dans tout le pays, jusque dans les récipients en bois ou en pierre. »
      20 Moïse et Aaron font ce que le SEIGNEUR a commandé. Aaron lève son bâton et il frappe l’eau du Nil sous les yeux du roi d’Égypte et des gens qui l’entourent. Toute l’eau du fleuve devient du sang.
      21 Les poissons meurent, le fleuve sent très mauvais, et les Égyptiens ne peuvent plus boire son eau. Il y a du sang dans tout le pays.
      22 Or, les magiciens égyptiens font la même chose grâce à leur magie, et le cœur du roi reste fermé. Il n’écoute pas la demande de Moïse et d’Aaron, comme le SEIGNEUR l’a annoncé.
      23 Le roi d’Égypte leur tourne le dos et il rentre chez lui sans prendre cette affaire au sérieux.
      24 Tous les Égyptiens se mettent à creuser des trous au bord du Nil, pour avoir de l’eau bonne à boire. En effet, ils ne peuvent pas boire l’eau du fleuve.
      25 Sept jours passent après que le SEIGNEUR a frappé le Nil de ce malheur.
      26 Ensuite, le SEIGNEUR dit à Moïse : « Va trouver le roi d’Égypte et dis-lui : “Voici l’ordre du SEIGNEUR : Laisse partir mon peuple pour qu’il me serve.
      27 Si tu refuses de le laisser partir, je couvrirai toute l’Égypte de grenouilles.
      28 Elles rempliront le Nil, puis elles sortiront pour entrer dans ton palais, dans ta chambre à coucher et jusque dans ton lit. Les grenouilles entreront chez les gens qui t’entourent et dans les maisons des Égyptiens, dans les fours et dans les coffres à pain.
      29 Elles monteront sur toi, sur les Égyptiens et sur ceux qui t’entourent.” »

      Exode 8

      1 Le SEIGNEUR dit encore à Moïse : « Commande à Aaron d’étendre son bras et de diriger son bâton vers les rivières, les canaux et les lacs. Alors les grenouilles couvriront toute l’Égypte. »
      2 Aaron étend son bras vers les cours d’eau d’Égypte. Des grenouilles en sortent et couvrent tout le pays.
      3 Or, les magiciens égyptiens font la même chose grâce à leur magie. Eux aussi font sortir les grenouilles dans tout le pays.
      4 Le roi d’Égypte appelle Moïse et Aaron et il leur dit : « Priez le SEIGNEUR pour qu’il éloigne les grenouilles de moi et de mon peuple. Ensuite, je laisserai les Israélites partir pour aller lui offrir des sacrifices. »
      5 Moïse répond : « Accepte de me dire le moment où je dois prier Dieu pour toi, pour les gens qui t’entourent et pour ton peuple. Je vais lui demander de faire mourir les grenouilles qui sont chez toi et dans tes palais. Alors il y en aura seulement dans le Nil. »
      6 Le roi répond : « Fais cela demain. » Moïse dit : « Je ferai comme tu veux. Alors tu le sauras : personne n’est comme le SEIGNEUR notre Dieu.
      7 Les grenouilles s’éloigneront de chez toi et de tes palais. Les gens qui t’entourent et ton peuple en seront débarrassés. Il y en aura seulement dans le Nil. »
      8 Moïse et Aaron sortent de chez le roi d’Égypte. Moïse prie le SEIGNEUR de délivrer le roi du malheur qu’il a causé en envoyant les grenouilles.
      9 Le SEIGNEUR fait ce que Moïse lui demande. Les grenouilles meurent dans les maisons, dans les cours et dans les champs.
      10 On en fait des tas et des tas, et le pays est rempli de leur mauvaise odeur.
      11 Le roi d’Égypte voit qu’il a encore du temps. Alors il ne veut rien entendre. Il n’écoute pas Moïse et Aaron, comme le SEIGNEUR l’a annoncé.
      12 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Commande à Aaron d’étendre son bâton et de frapper la poussière du sol. Elle se changera en puces dans toute l’Égypte. »
      13 Moïse et Aaron obéissent. Aaron étend le bras et, avec son bâton, il frappe la poussière du sol. Dans toute l’Égypte, toute la poussière du sol se change en puces. Et les puces couvrent les gens et les animaux.
      14 Les magiciens égyptiens essaient à leur tour de chasser les puces grâce à leur magie, mais ils n’y arrivent pas. Les puces restent sur les gens et sur les animaux.
      15 Alors les magiciens disent au roi d’Égypte : « C’est la puissance de Dieu ! » Pourtant, le cœur du roi reste fermé. Il n’écoute pas Moïse et Aaron, comme le SEIGNEUR l’a annoncé.
      16 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Demain, lève-toi tôt le matin et présente-toi au roi d’Égypte quand il descendra au bord du Nil. Tu lui diras de ma part : “Voici ce que moi, le SEIGNEUR, je commande : Laisse partir mon peuple pour qu’il me serve.
      17 Si tu refuses de le laisser partir, je vais envoyer des mouches piquantes sur les gens qui t’entourent, sur ton peuple et dans tes palais. Elles rempliront les maisons des Égyptiens et elles couvriront le sol de l’Égypte.
      18 Pourtant, ce jour-là, je ferai une différence pour la région de Gochen, où mon peuple habite. Là-bas, il n’y aura pas de mouches piquantes. De cette façon, tu sauras que moi, le SEIGNEUR, je suis présent dans ton pays.
      19 Ainsi, grâce à moi, mon peuple ne connaîtra pas le malheur de ton peuple. Tu verras cette action étonnante demain.” »
      20 Le SEIGNEUR fait ce qu’il a dit : un nuage de mouches piquantes entre dans la maison du roi d’Égypte, dans la maison des gens qui l’entourent et dans tout le pays. Les mouches font beaucoup de dégâts dans le pays.
      21 Le roi appelle Moïse et Aaron. Il leur dit : « Allez offrir des sacrifices à votre Dieu, mais faites-le dans le pays ! »
      22 Moïse répond : « Non, nous ne pouvons pas agir de cette façon. En effet, les Égyptiens détestent les sacrifices que nous offrons au SEIGNEUR notre Dieu. S’ils nous voient offrir ces sacrifices, ils nous tueront en nous jetant des pierres.
      23 Nous devons aller dans le désert, à trois jours de marche. Là, nous offrirons au SEIGNEUR notre Dieu les sacrifices qu’il nous montrera. »
      24 Le roi leur dit : « Je vais vous laisser partir, et vous offrirez vos sacrifices au SEIGNEUR votre Dieu dans le désert. Mais n’allez pas trop loin ! Priez pour moi. »
      25 Moïse répond : « Dès que je serai sorti de chez toi, je prierai le SEIGNEUR. Demain, il chassera les mouches loin de toi, loin des gens qui t’entourent et de ton peuple. Mais il ne faut pas que tu te moques de nous en refusant aux Israélites de partir pour aller offrir des sacrifices au SEIGNEUR. »
      26 Moïse quitte le roi d’Égypte et il prie le SEIGNEUR.
      27 Le SEIGNEUR fait ce que Moïse lui demande. Il chasse les mouches loin du roi, loin des gens qui l’entourent et de son peuple. Il n’en reste plus une seule.
      28 Pourtant, même cette fois-là, le roi d’Égypte ne veut rien entendre et il ne laisse pas partir les Israélites.

      Exode 9

      1 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Va trouver le roi d’Égypte et dis-lui : “Voici l’ordre du SEIGNEUR, le Dieu des Hébreux : Laisse partir mon peuple pour qu’il me serve.
      2 Si tu refuses toujours de le laisser partir, si tu continues à le retenir,
      3 moi, le SEIGNEUR, je vais agir contre tes troupeaux qui sont dans les champs. J’enverrai une peste très grave qui rendra malades tes chevaux, tes ânes, tes chameaux, tes bœufs, tes moutons et tes chèvres.
      4 Mais moi, le SEIGNEUR, je ferai une différence entre les troupeaux des Israélites et les troupeaux des Égyptiens. Aucun animal appartenant aux Israélites ne mourra.” »
      5 De plus, le SEIGNEUR précise le moment où cela doit arriver : « C’est demain que j’agirai ainsi en Égypte. »
      6 Le jour suivant, le SEIGNEUR envoie la peste : tous les troupeaux des Égyptiens meurent, mais aucun animal n’est touché par cette maladie dans les troupeaux des Israélites.
      7 Le roi se renseigne. Il apprend alors qu’il n’y a pas un seul animal mort dans les troupeaux des Israélites. Pourtant, le cœur du roi d’Égypte reste fermé, et il ne laisse pas partir les Israélites.
      8 Le SEIGNEUR dit à Moïse et à Aaron : « Prenez dans vos mains de la cendre d’un feu. Moïse la lancera en l’air devant le roi d’Égypte.
      9 Cette cendre se répandra dans toute l’Égypte. Ensuite, dans tout le pays, les personnes et les animaux auront sur la peau des boutons qui formeront des plaies. »
      10 Moïse et Aaron prennent de la cendre et ils vont voir le roi. Moïse la lance en l’air. Alors les personnes et les animaux ont sur la peau des boutons qui forment des plaies.
      11 Les magiciens égyptiens ne peuvent pas se présenter devant Moïse à cause de ces boutons. En effet, ils en sont couverts, comme les autres Égyptiens.
      12 Pourtant, le SEIGNEUR ferme le cœur du roi d’Égypte. Et le roi n’écoute pas Moïse et Aaron, comme le SEIGNEUR l’a annoncé à Moïse.
      13 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Demain, lève-toi tôt le matin et présente-toi devant le roi d’Égypte. Tu lui diras de ma part : “Voici ce que moi, le SEIGNEUR, le Dieu des Hébreux, je commande : Laisse partir mon peuple pour qu’il me serve.
      14 En effet, cette fois-ci, je vous enverrai toutes sortes de malheurs, à toi, aux gens qui t’entourent et à ton peuple. Alors tu le sauras : sur la terre, personne n’est comme moi.
      15 Si j’avais tendu le bras pour vous frapper d’une épidémie de peste, toi et ton peuple, vous ne seriez plus sur la terre.
      16 Mais je t’ai laissé vivre pour te montrer ma puissance et pour faire connaître mon nom sur toute la terre.
      17 Pourtant, tu continues à refuser de laisser partir mon peuple.
      18 C’est pourquoi demain, à cette heure-ci, je vais faire pleuvoir de la grêle. Cette pluie sera si violente qu’il n’y a jamais eu une pluie pareille depuis que l’Égypte existe.
      19 Maintenant, fais mettre à l’abri tes troupeaux et tout ce qui t’appartient dans les champs. Si des gens ou des animaux ne se mettent pas à l’abri, s’ils restent dans les champs, ils mourront sous la pluie de grêle.” »
      20 Certains parmi les gens qui entourent le roi d’Égypte prennent au sérieux ces paroles du SEIGNEUR. Ils commandent à leurs serviteurs de se mettre à l’abri avec leurs troupeaux.
      21 Mais d’autres n’y font pas attention. Ils laissent leurs serviteurs et leurs troupeaux dans les champs.
      22 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Lève ton bras vers le ciel. Que la grêle tombe sur toute l’Égypte, sur les gens et les animaux, et sur toutes les cultures du pays ! »
      23 Moïse lève son bâton vers le ciel. Le SEIGNEUR envoie le tonnerre et la grêle. La foudre tombe sur la terre, et le SEIGNEUR fait pleuvoir la grêle sur le pays.
      24 Depuis que l’Égypte existe comme nation, les Égyptiens n’ont jamais vu un orage aussi violent : grêle, foudre et glace en même temps.
      25 Dans toute l’Égypte, la grêle frappe tous ceux qui sont dans les champs : gens et bêtes. Elle écrase toutes les cultures et elle casse tous les arbres.
      26 La région de Gochen, là où les Israélites habitent, est le seul endroit où la grêle ne tombe pas.
      27 Le roi d’Égypte fait appeler Moïse et Aaron. Il leur dit : « Cette fois-ci, j’ai eu tort. Moi et mon peuple, nous sommes coupables. C’est le SEIGNEUR qui a agi avec justice.
      28 Priez le SEIGNEUR d’arrêter le tonnerre et la grêle. Je vais vous laisser partir, vous ne resterez pas plus longtemps ici. »
      29 Moïse répond : « Dès que je serai sorti de la ville, je lèverai les mains vers le SEIGNEUR pour le prier. Le tonnerre et la grêle s’arrêteront. Alors tu sauras que la terre appartient au SEIGNEUR.
      30 Mais je sais une chose : toi et les gens qui t’entourent, vous ne respecterez pas encore le SEIGNEUR Dieu. »
      31 Le lin et l’orge ont été détruits. En effet, l’orge était en épis et le lin était en fleurs.
      32 Mais les céréales comme le blé et l’épeautre n’ont pas été détruites parce qu’elles poussent plus tard.
      33 Moïse quitte le roi d’Égypte et il sort de la ville. Il lève les mains vers le SEIGNEUR pour le prier. Alors le tonnerre et la grêle s’arrêtent et la pluie ne tombe plus.
      34 Le roi voit que la pluie, la grêle et le tonnerre se sont arrêtés. Pourtant, il commet la même faute qu’avant : lui et les gens qui l’entourent ne veulent rien entendre.
      35 Le cœur du roi d’Égypte reste fermé. Il ne laisse pas partir les Israélites, comme le SEIGNEUR l’a annoncé par l’intermédiaire de Moïse.

      Exode 10

      1 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Va chez le roi d’Égypte. C’est moi qui ai fermé le cœur du roi et des gens qui l’entourent. Alors j’ai pu faire des choses extraordinaires au milieu d’eux.
      2 Ainsi, tu pourras raconter à tes enfants et aux enfants de leurs enfants ce que j’ai fait aux Égyptiens, les actions extraordinaires que j’ai accomplies dans leur pays. De cette façon, vous saurez que le SEIGNEUR, c’est moi. »
      3 Moïse et Aaron vont trouver le roi d’Égypte et ils lui disent : « Voici ce que le SEIGNEUR, le Dieu des Hébreux, te demande : “Est-ce que tu vas refuser encore longtemps de m’obéir ? Laisse partir mon peuple pour qu’il me serve.
      4 Si tu refuses toujours de le laisser partir, demain, je ferai venir les sauterelles dans ton pays.
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