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PLAIES D'EGYPTE

On sait que, dans les trois documents J, E et P, le récit de la sortie d'Egypte est précédé de celui de toute une série de fléaux dont Yahvé se serait servi pour briser la résistance du pharaon qui refusait de laisser partir les clans hébreux. Le but de ce qu'on est convenu d'appeler les plaies d'Egypte était de montrer que le Dieu de ces clans possédait le pouvoir suprême sur la nature et qu'il avait le droit de punir le pharaon qui s'opposait à sa volonté et endurcissait son coeur. En raison de la grande importance qu'eut toujours aux yeux des Israélites le fait de la délivrance du joug égyptien, on comprend que les générations postérieures aient attaché un haut prix aux traditions nationales concernant les faits qui auraient précédé et rendu possible cette libération.

Dans la rédaction unique que renferme l'Ex., on retrouve les signes distinctifs de J, E et P : la façon propre à chacun d'eux de présenter les événements, et, de l'un à l'autre de ces documents, des différences notables quant au nombre des fléaux qu'ils racontent. En somme, le chiffre dix, que l'on emploie toujours pour représenter l'ensemble de ces fléaux, ne résulte que de la combinaison en un seul tout des calamités racontées par les différents documents ; « les dix plaies ne sont pas une expression scripturaire », selon l'observation très juste de Bennett (Comment, sur l'Ex., p. 81). En effet, J en rapporte six (le Nil frappé, les grenouilles, les taons, la peste bovine, la grêle, les sauterelles) ; E en donne quatre (les eaux du Nil changées en sang, la grêle, les sauterelles, l'obscurité) ; et P aussi quatre (les eaux changées en sang, les grenouilles, les moustiques, les pustules). Tous trois racontent ce qu'on appelle la 10 e plaie : la mort des premiers-nés. (Pour la reconstitution de ces récits d'après les trois documents, voir A. Westphal, Sources, I, pp. 279SS et, pour leur signification religieuse, le même auteur, Jéhovah, pp. 184SS ; Marc Neile, Comm, sur l'Ex., pp. 43 et 46.) Il existait donc une tradition populaire relative à des fléaux qui auraient précédé la sortie d'Egypte ; mais il y avait désaccord quant à leur nombre et à la forme de leur production. J n'indiquait pas d'agent humain pour l'envoi ou le retrait des plaies, que Yahvé lui-même provoquait par son action directe sur la nature ; pour ce document, les fléaux étaient des phénomènes naturels qui, en eux-mêmes, ne paraissaient pas avoir un caractère miraculeux ; c'est leur virulence exceptionnelle et le fait qu'ils se produisent à un moment précis, déterminé par Yahvé et annoncé par Moïse, qui leur confèrent un caractère spécial et supranaturel ; et, dans J, il manque le signe préliminaire du bâton changé en serpent.

--Pour E et P, Yahvé est au-dessus de la nature, et les fléaux sont introduits par un intermédiaire matériel, le bâton de Moïse (dans E) ou celui d'Aaron (dans P), et ils constituent des faits nettement miraculeux. Dans P, on a l'impression que les plaies se suivent sans interruption, dans un court espace de temps ; de même pour E, dans lequel manquent les détails des négociations poursuivies entre Moïse et le pharaon.

--On a essayé parfois de répartir, au point de vue de la durée, cette série des dix plaies entre le mois d'août d'une année et celui d'avril de l'année suivante, mais sans arriver à un résultat satisfaisant. Tout ce qu'on peut dire, en se fondant sur les très rares indications de temps fournies par le texte actuel, c'est qu'elles semblent se succéder à de brefs intervalles.

En outre, dans les récits de tel ou tel fléau, on relève des désaccords ou contradictions qui prouvent encore l'action exercée par l'imagination populaire dans le sens d'une exagération des effets produits par ces fléaux : ainsi, après que tout le bétail des Égyptiens aurait péri au cours de la 5 e plaie (peste bovine), il en restait encore lors des 6 e et 7 e plaies (pustules et grêle) ; --toute la végétation apparaît détruite par la grêle, et cependant, lors de la 8 e plaie, les sauterelles trouvent encore à dévorer toute la verdure des arbres et des champs.

--Enfin, on reconnaît facilement que certains fléaux semblent n'avoir été que des variantes ou doublets de certains autres ; ainsi le 3 e (moustiques, P) le serait du 4° (taons, J), et le 5 e (peste bovine, J) le serait du 6 e (pustules, P). Pour les détails de ces divers fléaux, le rédacteur qui combina entre eux J, E et P doit avoir mis à la base de son travail les données de J, qui étaient sans doute plus circonstanciées et qui cadraient mieux avec le but qu'il visait.

On a observé depuis longtemps que la plupart des fléaux racontés correspondent à certaines conditions particulières au pays et qu'ils pouvaient, en somme, être expliqués comme n'ayant été que l'intensification de calamités assez courantes dans l'Egypte ancienne et moderne. Ainsi les eaux du Nil prenant la couleur du sang rappelleraient le phénomène bien constaté, en Egypte et ailleurs, et que l'antiquité appelait eau ou pluie de sang, alors que l'eau prend une teinte rougeâtre qui provient de la décomposition de microorganismes tels que champignons ou infusoires (cf. le fait raconté 2Ro 3:22). On peut indiquer aussi, comme propres aux conditions ordinaires du pays, les invasions de moustiques, dont les larves pullulent dans les rizières, les citernes et les flaques d'eau laissées par le Nil après le retrait de l'inondation annuelle.

--Voir également la plaie des grenouilles, rentrant dans cette catégorie de phénomènes. Voici ce que dit Brehm, dans son Tierleben (notes communiquées par M. L. Reverdin, du Mus. d'hist. nat. de Genève), à propos d'une espèce de grenouille que Seetzen (Reisen durch Syrien, Paloestina... Unter Ae gypten, 1854-1859) appelait rana nilotica (il indiquait aussi une autre espèce sous le nom de rana mosaïca)  : « La rana mascareniensis (Nilfrosch) est de petites dimensions et très commune. Anderson dit qu'une divinité Ka, à tête de grenouille, était une forme du dieu de la vérité, et qu'une déesse Heka, à tête de grenouille, était l'épouse du dieu Khnum et symbolisait également l'eau. Une grenouille était un signe de résurrection... »

--La plaie des pustules, que quelques auteurs rapprochent d'une affection cutanée appelée gale du Nil, dont les causes ne sont pas bien déterminées (eau du Nil dans les derniers mois avant l'inondation ? principes salins de l'air ? excessive chaleur ?).

--Enfin, on peut indiquer aussi la 9 e plaie, celle de l'obscurité, rappelant un phénomène particulier à ces régions, l'obscurcissement de l'atmosphère produit par le vent de khamsin (=cinquante), qui souffle deux ou trois jours de suite, avec des arrêts, pendant une période de cinquante jours (d'où son nom) ; ce vent très fort et chaud soulève des nuages de sable qui pénètrent partout, jusque dans les récipients fermés.

--On a mainte fois tiré de ces diverses constatations la conclusion que plusieurs de ces fléaux si fréquents en Egypte pouvaient être mis en relation de cause à effet avec l'inondation du pays par les eaux du Nil ; ainsi, l'altération des eaux du fleuve aurait pu entraîner à sa suite, comme conséquences naturelles plus ou moins directes, plusieurs des fléaux qui sont énumérés dans nos textes (grenouilles, moustiques, peste bovine, pustules), conséquences dans lesquelles la tradition israélite vit des interventions de la puissance divine agissant en faveur des clans hébreux asservis en Egypte et préparant l'heure de leur libération. Que le dieu national d'Israël ait employé pour cela des moyens, des phénomènes appartenant au domaine de la nature, c'est ce que le texte lui-même donne à entendre, par exemple lorsque, pour la 2 e plaie, Yahvé dit : « Le fleuve fourmillera de grenouilles » (Ex 7:25), ce qui suppose un état de choses connu, mais intensifié fortement dans le cas présent, et lorsque, pour la 6 e, le texte dit expressément que « Yahvé fit souffler sur le pays un vent d'orient » qui y poussa des nuages de sauterelles, et que, pour les en chasser, il fit souffler « un vent d'ouest très fort qui jeta les sauterelles dans la mer » (Ex 10:13,19).

La pensée religieuse et l'imagination des générations postérieures donnèrent à ces phénomènes qui, à l'origine, n'avaient rien de surnaturel, des proportions toujours plus considérables, en multiplièrent le nombre (voir ce qui a été dit plus haut des fléaux-doublets) et finirent par leur imprimer le caractère de faits purement miraculeux qu'ils n'avaient pas primitivement. A cette action exercée par les générations postérieures sur les données fournies par la tradition nationale, il faut ajouter encore l'intervention d'un certain élément d'ordre littéraire et psychologique, l'art avec lequel les auteurs de nos documents montrent le pharaon, d'abord rebelle et intransigeant, puis cédant, par degrés habilement marqués, à la pression qu'exercent sur lui les fléaux qui s'abattent successivement sur la nature, sur ses sujets, et enfin sur lui-même par la mort de son fils aîné ; il y a là, dans les concessions toujours plus grandes que le pharaon consent à Moïse, un sens psychologique très fin et l'intention d'impressionner fortement l'esprit ; et, malgré les formules assez stéréotypées (répondant bien au goût des Orientaux) des entretiens qui ont lieu entre le pharaon et Moïse pour l'annonce des plaies et leur retrait, l'attention et l'intérêt vont toujours grandissant, et le débat engagé revêt les proportions d'une joute de puissance entre le Dieu des Hébreux et le chef du grand empire terrestre, joute qui aboutira au triomphe final de Yahvé.

Pour expliquer la formation de la série de récits actuels, Gressmann (Die Anfoenge Israels, dans « Schriften des A.T. », 2 e vol., pp. 47-54 ; et Mose und seine Zeit, pp. 67-97) a émis l'hypothèse suivante. On trouverait, dans ce texte, la trace de deux chaînes de légendes :

L'une, pour laquelle les phénomènes mentionnés auraient eu nettement le caractère de prodiges et qui se serait présentée sous la forme de groupes composés chacun de deux prodiges ;

au premier de ces groupes auraient appartenu :

(a) le changement de l'eau en sang, et

(b) celui du bâton en serpent ;

-et au second :

(a) le changement de la poussière en moustiques, et

(b) celui de la suie en poussière.

Par ces doubles prodiges, Moïse se serait légitimé aux yeux du pharaon comme l'envoyé de Yahvé. Les prodiges n'ayant pas fait céder le roi, c'est alors que serait intervenue la mort de son fils aîné (probablement dans E), par laquelle Yahvé voulait contraindre le pharaon à l'obéissance ; plus tard, cette mort aurait été étendue à tous les premiers-nés des Égyptiens (J) et même à tous ceux des animaux (P).

A côté de ce cycle ou de cette chaîne de prodiges, on en trouverait un autre, plus récent, et dans lequel les phénomènes auraient eu pour caractère essentiel celui de plaies, de fléaux. Les récits de ce groupe auraient été plus simples et plus courts que ceux de notre texte actuel ; chacun de ces fléaux ne consistait qu'en quelques lignes et comportait trois parties : l'annonce, la description et la mention de l'absence d'effet de chacun d'eux ; le nombre de ces fléaux, à l'origine, était de six, et leur conclusion était représentée par la mort des premiers-nés. Le texte actuel ne laisserait plus apparaître nettement la gradation des uns aux autres, et l'ordre primitif, en particulier, aurait été troublé par le fait que le monde de l'homme aurait été indiqué comme touché, dès le début, par les fléaux successifs. Primitivement, deux plaies auraient formé ensemble une paire : la 1re (mort des poissons du Nil et grenouilles) aurait intéressé le monde des eaux, la 2 e (taons et peste bovine) celui des animaux, la 3 e (grêle et sauterelles) celui des plantes, et, de l'une à l'autre de ces paires de fléaux, on pourrait constater un crescendo, une aggravation dans la virulence de ces phénomènes.

En somme, de l'ensemble du récit actuel des plaies d'Egypte, on pourrait déduire la conclusion suivante : les documents J, E et P dénotent l'existence d'un fond de traditions inspirées par la préoccupation de considérer le fait de la sortie d'Egypte comme ayant été le résultat du triomphe du dieu national d'Israël sur les dieux d'Egypte, et comme ayant été précédé par une série de manifestations de puissance, dans le domaine de la nature. Mais ces documents ne sont pas d'accord entre eux quant au nombre et à la forme de ces manifestations. Les fléaux que le travail des générations postérieures a ajoutés au noyau initial de la tradition nationale trouvent en majeure partie leur explication dans certains phénomènes ou calamités naturelles et propres à l'Egypte, et on doit reconnaître aux textes qui les décrivent un coloris local bien marqué. Il faut toutefois constater qu'actuellement, en présence de ces textes pleins

d'éléments merveilleux, dans ces fléaux dont les uns ne sont que la répétition assez manifeste de certains autres et dans le récit desquels on signale divers désaccords, nous ne pouvons déterminer les éléments de la réalité historique qui a pu exister à l'origine de tout le développement narratif de Ex 7-12. En tout cas, le fait historique initial qui serait à la base de nos récits a pu avoir diverses conséquences matérielles, à propos desquelles la tradition postérieure s'est livrée à tout un travail complémentaire, a introduit des adjonctions secondaires, qui apparaissent d'abord (en une moindre mesure) dans J, s'accentuent dans E, et revêtent l'importance la plus grande dans P. --Le souvenir de ces fléaux s'est conservé dans la poésie israélite ; ils sont rappelés par le Ps 78, qui les cite en partie et dans l'ordre suivant : 1 re, 3 e, 2 e, 8 e, 7 e, 5 e, 10 e ; et par le Ps 105, dans l'ordre : 9 e, 1 re, 2 e, 4 e, 3 e, 8 e, 10 e.

Ant. -J. B.

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      Exode 7

      1 L'Éternel dit à Moïse : Vois, je te fais Dieu pour Pharaon : et Aaron, ton frère, sera ton prophète.
      2 Toi, tu diras tout ce que je t'ordonnerai ; et Aaron, ton frère, parlera à Pharaon, pour qu'il laisse aller les enfants d'Israël hors de son pays.
      3 Et moi, j'endurcirai le coeur de Pharaon, et je multiplierai mes signes et mes miracles dans le pays d'Égypte.
      4 Pharaon ne vous écoutera point. Je mettrai ma main sur l'Égypte, et je ferai sortir du pays d'Égypte mes armées, mon peuple, les enfants d'Israël, par de grands jugements.
      5 Les Égyptiens connaîtront que je suis l'Éternel, lorsque j'étendrai ma main sur l'Égypte, et que je ferai sortir du milieu d'eux les enfants d'Israël.
      6 Moïse et Aaron firent ce que l'Éternel leur avait ordonné ; ils firent ainsi.
      7 Moïse était âgé de quatre-vingts ans, et Aaron de quatre-vingt-trois ans, lorsqu'ils parlèrent à Pharaon.
      8 L'Éternel dit à Moïse et à Aaron :
      9 Si Pharaon vous parle, et vous dit : Faites un miracle ! tu diras à Aaron : Prends ta verge, et jette-la devant Pharaon. Elle deviendra un serpent.
      10 Moïse et Aaron allèrent auprès de Pharaon, et ils firent ce que l'Éternel avait ordonné. Aaron jeta sa verge devant Pharaon et devant ses serviteurs ; et elle devint un serpent.
      11 Mais Pharaon appela des sages et des enchanteurs ; et les magiciens d'Égypte, eux aussi, en firent autant par leurs enchantements.
      12 Ils jetèrent tous leurs verges, et elles devinrent des serpents. Et la verge d'Aaron engloutit leurs verges.
      13 Le coeur de Pharaon s'endurcit, et il n'écouta point Moïse et Aaron selon ce que l'Éternel avait dit.
      14 L'Éternel dit à Moïse : Pharaon a le coeur endurci ; il refuse de laisser aller le peuple.
      15 Va vers Pharaon dès le matin ; il sortira pour aller près de l'eau, et tu te présenteras devant lui au bord du fleuve. Tu prendras à ta main la verge qui a été changée en serpent,
      16 et tu diras à Pharaon : L'Éternel, le Dieu des Hébreux, m'a envoyé auprès de toi, pour te dire : Laisse aller mon peuple, afin qu'il me serve dans le désert. Et voici, jusqu'à présent tu n'as point écouté.
      17 Ainsi parle l'Éternel : A ceci tu connaîtras que je suis l'Éternel. Je vais frapper les eaux du fleuve avec la verge qui est dans ma main ; et elles seront changées en sang.
      18 Les poissons qui sont dans le fleuve périront, le fleuve se corrompra, et les Égyptiens s'efforceront en vain de boire l'eau du fleuve.
      19 L'Éternel dit à Moïse : Dis à Aaron : Prends ta verge, et étends ta main sur les eaux des Égyptiens, sur leurs rivières, sur leurs ruisseaux, sur leurs étangs, et sur tous leurs amas d'eaux. Elles deviendront du sang : et il y aura du sang dans tout le pays d'Égypte, dans les vases de bois et dans les vases de pierre.
      20 Moïse et Aaron firent ce que l'Éternel avait ordonné. Aaron leva la verge, et il frappa les eaux qui étaient dans le fleuve, sous les yeux de Pharaon et sous les yeux de ses serviteurs ; et toutes les eaux du fleuve furent changées en sang.
      21 Les poissons qui étaient dans le fleuve périrent, le fleuve se corrompit, les Égyptiens ne pouvaient plus boire l'eau du fleuve, et il y eut du sang dans tout le pays d'Égypte.
      22 Mais les magiciens d'Égypte en firent autant par leurs enchantements. Le coeur de Pharaon s'endurcit, et il n'écouta point Moïse et Aaron, selon ce que l'Éternel avait dit.
      23 Pharaon s'en retourna, et alla dans sa maison ; et il ne prit pas même à coeur ces choses.
      24 Tous les Égyptiens creusèrent aux environs du fleuve, pour trouver de l'eau à boire ; car ils ne pouvaient boire de l'eau du fleuve.
      25 Il s'écoula sept jours, après que l'Éternel eut frappé le fleuve.

      Exode 8

      1 (7 : 26) L'Éternel dit à Moïse : Va vers Pharaon, et tu lui diras : Ainsi parle l'Éternel : Laisse aller mon peuple, afin qu'il me serve.
      2 (7 : 27) Si tu refuses de le laisser aller, je vais frapper par des grenouilles toute l'étendue de ton pays.
      3 (7 : 28) Le fleuve fourmillera de grenouilles ; elles monteront, et elles entreront dans ta maison, dans ta chambre à coucher et dans ton lit, dans la maison de tes serviteurs et dans celles de ton peuple, dans tes fours et dans tes pétrins.
      4 (7 : 29) Les grenouilles monteront sur toi, sur ton peuple, et sur tous tes serviteurs.
      5 (8 : 1) L'Éternel dit à Moïse : Dis à Aaron : Étends ta main avec ta verge sur les rivières, sur les ruisseaux et sur les étangs, et fais monter les grenouilles sur le pays d'Égypte.
      6 (8 : 2) Aaron étendit sa main sur les eaux de l'Égypte ; et les grenouilles montèrent et couvrirent le pays d'Égypte.
      7 (8 : 3) Mais les magiciens en firent autant par leurs enchantements. Ils firent monter les grenouilles sur le pays d'Égypte.
      8 (8 : 4) Pharaon appela Moïse et Aaron, et dit : Priez l'Éternel, afin qu'il éloigne les grenouilles de moi et de mon peuple ; et je laisserai aller le peuple, pour qu'il offre des sacrifices à l'Éternel.
      9 (8 : 5) Moïse dit à Pharaon : Glorifie-toi sur moi ! Pour quand prierai-je l'Éternel en ta faveur, en faveur de tes serviteurs et de ton peuple, afin qu'il retire les grenouilles loin de toi et de tes maisons ? Il n'en restera que dans le fleuve.
      10 (8 : 6) Il répondit : Pour demain. Et Moïse dit : Il en sera ainsi, afin que tu saches que nul n'est semblable à l'Éternel, notre Dieu.
      11 (8 : 7) Les grenouilles s'éloigneront de toi et de tes maisons, de tes serviteurs et de ton peuple ; il n'en restera que dans le fleuve.
      12 (8 : 8) Moïse et Aaron sortirent de chez Pharaon. Et Moïse cria à l'Éternel au sujet des grenouilles dont il avait frappé Pharaon.
      13 (8 : 9) L'Éternel fit ce que demandait Moïse ; et les grenouilles périrent dans les maisons, dans les cours et dans les champs.
      14 (8 : 10) On les entassa par monceaux, et le pays fut infecté.
      15 (8 : 11) Pharaon, voyant qu'il y avait du relâche, endurcit son coeur, et il n'écouta point Moïse et Aaron, selon ce que l'Éternel avait dit.
      16 (8 : 12) L'Éternel dit à Moïse : Dis à Aaron : Étends ta verge, et frappe la poussière de la terre. Elle se changera en poux, dans tout le pays d'Égypte.
      17 (8 : 13) Ils firent ainsi. Aaron étendit sa main, avec sa verge, et il frappa la poussière de la terre ; et elle fut changée en poux sur les hommes et sur les animaux. Toute la poussière de la terre fut changée en poux, dans tout le pays d'Égypte.
      18 (8 : 14) Les magiciens employèrent leurs enchantements pour produire les poux ; mais ils ne purent pas. Les poux étaient sur les hommes et sur les animaux.
      19 (8 : 15) Et les magiciens dirent à Pharaon : C'est le doigt de Dieu ! Le coeur de Pharaon s'endurcit, et il n'écouta point Moïse et Aaron, selon ce que l'Éternel avait dit.
      20 (8 : 16) L'Éternel dit à Moïse : Lève-toi de bon matin, et présente-toi devant Pharaon ; il sortira pour aller près de l'eau. Tu lui diras : Ainsi parle l'Éternel : Laisse aller mon peuple, afin qu'il me serve.
      21 (8 : 17) Si tu ne laisses pas aller mon peuple, je vais envoyer les mouches venimeuses contre toi, contre tes serviteurs, contre ton peuple et contre tes maisons ; les maisons des Égyptiens seront remplies de mouches, et le sol en sera couvert.
      22 (8 : 18) Mais, en ce jour-là, je distinguerai le pays de Gosen où habite mon peuple, et là il n'y aura point de mouches, afin que tu saches que moi, l'Éternel, je suis au milieu de ce pays.
      23 (8 : 19) J'établirai une distinction entre mon peuple et ton peuple. Ce signe sera pour demain.
      24 (8 : 20) L'Éternel fit ainsi. Il vint une quantité de mouches venimeuses dans la maison de Pharaon et de ses serviteurs, et tout le pays d'Égypte fut dévasté par les mouches.
      25 (8 : 21) Pharaon appela Moïse et Aaron et dit : Allez, offrez des sacrifices à votre Dieu dans le pays.
      26 (8 : 22) Moïse répondit : Il n'est point convenable de faire ainsi ; car nous offririons à l'Éternel, notre Dieu, des sacrifices qui sont en abomination aux Égyptiens. Et si nous offrons, sous leurs yeux, des sacrifices qui sont en abomination aux Égyptiens, ne nous lapideront-ils pas ?
      27 (8 : 23) Nous ferons trois journées de marche dans le désert, et nous offrirons des sacrifices à l'Éternel, notre Dieu, selon ce qu'il nous dira.
      28 (8 : 24) Pharaon dit : Je vous laisserai aller, pour offrir à l'Éternel, votre Dieu, des sacrifices dans le désert : seulement, vous ne vous éloignerez pas, en y allant. Priez pour moi.
      29 (8 : 25) Moïse répondit : Je vais sortir de chez toi, et je prierai l'Éternel. Demain, les mouches s'éloigneront de Pharaon, de ses serviteurs et de son peuple. Mais, que Pharaon ne trompe plus, en refusant de laisser aller le peuple, pour offrir des sacrifices à l'Éternel.
      30 (8 : 26) Moïse sortit de chez Pharaon, et il pria l'Éternel.
      31 (8 : 27) L'Éternel fit ce que demandait Moïse ; et les mouches s'éloignèrent de Pharaon, de ses serviteurs et de son peuple. Il n'en resta pas une.
      32 (8 : 28) Mais Pharaon, cette fois encore, endurcit son coeur, et il ne laissa point aller le peuple.

      Exode 9

      1 L'Éternel dit à Moïse : Va vers Pharaon, et tu lui diras : Ainsi parle l'Éternel, le Dieu des Hébreux : Laisse aller mon peuple, afin qu'il me serve.
      2 Si tu refuses de le laisser aller, et si tu le retiens encore,
      3 voici, la main de l'Éternel sera sur tes troupeaux qui sont dans les champs, sur les chevaux, sur les ânes, sur les chameaux, sur les boeufs et sur les brebis ; il y aura une mortalité très grande.
      4 L'Éternel distinguera entre les troupeaux d'Israël et les troupeaux des Égyptiens, et il ne périra rien de tout ce qui est aux enfants d'Israël.
      5 L'Éternel fixa le temps, et dit : Demain, l'Éternel fera cela dans le pays.
      6 Et l'Éternel fit ainsi, dès le lendemain. Tous les troupeaux des Égyptiens périrent, et il ne périt pas une bête des troupeaux des enfants d'Israël.
      7 Pharaon s'informa de ce qui était arrivé ; et voici, pas une bête des troupeaux d'Israël n'avait péri. Mais le coeur de Pharaon s'endurcit, et il ne laissa point aller le peuple.
      8 L'Éternel dit à Moïse et à Aaron : Remplissez vos mains de cendre de fournaise, et que Moïse la jette vers le ciel, sous les yeux de Pharaon.
      9 Elle deviendra une poussière qui couvrira tout le pays d'Égypte ; et elle produira, dans tout le pays d'Égypte, sur les hommes et sur les animaux, des ulcères formés par une éruption de pustules.
      10 Ils prirent de la cendre de fournaise, et se présentèrent devant Pharaon ; Moïse la jeta vers le ciel, et elle produisit sur les hommes et sur les animaux des ulcères formés par une éruption de pustules.
      11 Les magiciens ne purent paraître devant Moïse, à cause des ulcères ; car les ulcères étaient sur les magiciens, comme sur tous les Égyptiens.
      12 L'Éternel endurcit le coeur de Pharaon, et Pharaon n'écouta point Moïse et Aaron, selon ce que l'Éternel avait dit à Moïse.
      13 L'Éternel dit à Moïse : Lève-toi de bon matin, et présente-toi devant Pharaon. Tu lui diras : Ainsi parle l'Éternel, le Dieu des Hébreux : Laisse aller mon peuple, afin qu'il me serve.
      14 Car, cette fois, je vais envoyer toutes mes plaies contre ton coeur, contre tes serviteurs et contre ton peuple, afin que tu saches que nul n'est semblable à moi sur toute la terre.
      15 Si j'avais étendu ma main, et que je t'eusse frappé par la mortalité, toi et ton peuple, tu aurais disparu de la terre.
      16 Mais, je t'ai laissé subsister, afin que tu voies ma puissance, et que l'on publie mon nom par toute la terre.
      17 Si tu t'élèves encore contre mon peuple, et si tu ne le laisses point aller,
      18 voici, je ferai pleuvoir demain, à cette heure, une grêle tellement forte, qu'il n'y en a point eu de semblable en Égypte depuis le jour où elle a été fondée jusqu'à présent.
      19 Fais donc mettre en sûreté tes troupeaux et tout ce qui est à toi dans les champs. La grêle tombera sur tous les hommes et sur tous les animaux qui se trouveront dans les champs et qui n'auront pas été recueillis dans les maisons, et ils périront.
      20 Ceux des serviteurs de Pharaon qui craignirent la parole de l'Éternel firent retirer dans les maisons leurs serviteurs et leurs troupeaux.
      21 Mais ceux qui ne prirent point à coeur la parole de l'Éternel laissèrent leurs serviteurs et leurs troupeaux dans les champs.
      22 L'Éternel dit à Moïse : Étends ta main vers le ciel ; et qu'il tombe de la grêle dans tout le pays d'Égypte sur les hommes, sur les animaux, et sur toutes les herbes des champs, dans le pays d'Égypte.
      23 Moïse étendit sa verge vers le ciel ; et l'Éternel envoya des tonnerres et de la grêle, et le feu se promenait sur la terre. L'Éternel fit pleuvoir de la grêle sur le pays d'Égypte.
      24 Il tomba de la grêle, et le feu se mêlait avec la grêle ; elle était tellement forte qu'il n'y en avait point eu de semblable dans tout le pays d'Égypte depuis qu'il existe comme nation.
      25 La grêle frappa, dans tout le pays d'Égypte, tout ce qui était dans les champs, depuis les hommes jusqu'aux animaux ; la grêle frappa aussi toutes les herbes des champs, et brisa tous les arbres des champs.
      26 Ce fut seulement dans le pays de Gosen, où étaient les enfants d'Israël, qu'il n'y eut point de grêle.
      27 Pharaon fit appeler Moïse et Aaron, et leur dit : Cette fois, j'ai péché ; c'est l'Éternel qui est le juste, et moi et mon peuple nous sommes les coupables.
      28 Priez l'Éternel, pour qu'il n'y ait plus de tonnerres ni de grêle ; et je vous laisserai aller, et l'on ne vous retiendra plus.
      29 Moïse lui dit : Quand je sortirai de la ville, je lèverai mes mains vers l'Éternel, les tonnerres cesseront et il n'y aura plus de grêle, afin que tu saches que la terre est à l'Éternel.
      30 Mais je sais que toi et tes serviteurs, vous ne craindrez pas encore l'Éternel Dieu.
      31 Le lin et l'orge avaient été frappés, parce que l'orge était en épis et que c'était la floraison du lin ;
      32 le froment et l'épeautre n'avaient point été frappés, parce qu'ils sont tardifs.
      33 Moïse sortit de chez Pharaon, pour aller hors de la ville ; il leva ses mains vers l'Éternel, les tonnerres et la grêle cessèrent, et la pluie ne tomba plus sur la terre.
      34 Pharaon, voyant que la pluie, la grêle et les tonnerres avaient cessé, continua de pécher, et il endurcit son coeur, lui et ses serviteurs.
      35 Le coeur de Pharaon s'endurcit, et il ne laissa point aller les enfants d'Israël, selon ce que l'Éternel avait dit par l'intermédiaire de Moïse.

      Exode 10

      1 L'Éternel dit à Moïse : Va vers Pharaon, car j'ai endurci son coeur et le coeur de ses serviteurs, pour faire éclater mes signes au milieu d'eux.
      2 C'est aussi pour que tu racontes à ton fils et au fils de ton fils comment j'ai traité les Égyptiens, et quels signes j'ai fait éclater au milieu d'eux. Et vous saurez que je suis l'Éternel.
      3 Moïse et Aaron allèrent vers Pharaon, et lui dirent : Ainsi parle l'Éternel, le Dieu des Hébreux : Jusqu'à quand refuseras-tu de t'humilier devant moi ? Laisse aller mon peuple, afin qu'il me serve.
      4 Si tu refuses de laisser aller mon peuple, voici, je ferai venir demain des sauterelles dans toute l'étendue de ton pays.
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