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PLAIES D'EGYPTE

On sait que, dans les trois documents J, E et P, le récit de la sortie d'Egypte est précédé de celui de toute une série de fléaux dont Yahvé se serait servi pour briser la résistance du pharaon qui refusait de laisser partir les clans hébreux. Le but de ce qu'on est convenu d'appeler les plaies d'Egypte était de montrer que le Dieu de ces clans possédait le pouvoir suprême sur la nature et qu'il avait le droit de punir le pharaon qui s'opposait à sa volonté et endurcissait son coeur. En raison de la grande importance qu'eut toujours aux yeux des Israélites le fait de la délivrance du joug égyptien, on comprend que les générations postérieures aient attaché un haut prix aux traditions nationales concernant les faits qui auraient précédé et rendu possible cette libération.

Dans la rédaction unique que renferme l'Ex., on retrouve les signes distinctifs de J, E et P : la façon propre à chacun d'eux de présenter les événements, et, de l'un à l'autre de ces documents, des différences notables quant au nombre des fléaux qu'ils racontent. En somme, le chiffre dix, que l'on emploie toujours pour représenter l'ensemble de ces fléaux, ne résulte que de la combinaison en un seul tout des calamités racontées par les différents documents ; « les dix plaies ne sont pas une expression scripturaire », selon l'observation très juste de Bennett (Comment, sur l'Ex., p. 81). En effet, J en rapporte six (le Nil frappé, les grenouilles, les taons, la peste bovine, la grêle, les sauterelles) ; E en donne quatre (les eaux du Nil changées en sang, la grêle, les sauterelles, l'obscurité) ; et P aussi quatre (les eaux changées en sang, les grenouilles, les moustiques, les pustules). Tous trois racontent ce qu'on appelle la 10 e plaie : la mort des premiers-nés. (Pour la reconstitution de ces récits d'après les trois documents, voir A. Westphal, Sources, I, pp. 279SS et, pour leur signification religieuse, le même auteur, Jéhovah, pp. 184SS ; Marc Neile, Comm, sur l'Ex., pp. 43 et 46.) Il existait donc une tradition populaire relative à des fléaux qui auraient précédé la sortie d'Egypte ; mais il y avait désaccord quant à leur nombre et à la forme de leur production. J n'indiquait pas d'agent humain pour l'envoi ou le retrait des plaies, que Yahvé lui-même provoquait par son action directe sur la nature ; pour ce document, les fléaux étaient des phénomènes naturels qui, en eux-mêmes, ne paraissaient pas avoir un caractère miraculeux ; c'est leur virulence exceptionnelle et le fait qu'ils se produisent à un moment précis, déterminé par Yahvé et annoncé par Moïse, qui leur confèrent un caractère spécial et supranaturel ; et, dans J, il manque le signe préliminaire du bâton changé en serpent.

--Pour E et P, Yahvé est au-dessus de la nature, et les fléaux sont introduits par un intermédiaire matériel, le bâton de Moïse (dans E) ou celui d'Aaron (dans P), et ils constituent des faits nettement miraculeux. Dans P, on a l'impression que les plaies se suivent sans interruption, dans un court espace de temps ; de même pour E, dans lequel manquent les détails des négociations poursuivies entre Moïse et le pharaon.

--On a essayé parfois de répartir, au point de vue de la durée, cette série des dix plaies entre le mois d'août d'une année et celui d'avril de l'année suivante, mais sans arriver à un résultat satisfaisant. Tout ce qu'on peut dire, en se fondant sur les très rares indications de temps fournies par le texte actuel, c'est qu'elles semblent se succéder à de brefs intervalles.

En outre, dans les récits de tel ou tel fléau, on relève des désaccords ou contradictions qui prouvent encore l'action exercée par l'imagination populaire dans le sens d'une exagération des effets produits par ces fléaux : ainsi, après que tout le bétail des Égyptiens aurait péri au cours de la 5 e plaie (peste bovine), il en restait encore lors des 6 e et 7 e plaies (pustules et grêle) ; --toute la végétation apparaît détruite par la grêle, et cependant, lors de la 8 e plaie, les sauterelles trouvent encore à dévorer toute la verdure des arbres et des champs.

--Enfin, on reconnaît facilement que certains fléaux semblent n'avoir été que des variantes ou doublets de certains autres ; ainsi le 3 e (moustiques, P) le serait du 4° (taons, J), et le 5 e (peste bovine, J) le serait du 6 e (pustules, P). Pour les détails de ces divers fléaux, le rédacteur qui combina entre eux J, E et P doit avoir mis à la base de son travail les données de J, qui étaient sans doute plus circonstanciées et qui cadraient mieux avec le but qu'il visait.

On a observé depuis longtemps que la plupart des fléaux racontés correspondent à certaines conditions particulières au pays et qu'ils pouvaient, en somme, être expliqués comme n'ayant été que l'intensification de calamités assez courantes dans l'Egypte ancienne et moderne. Ainsi les eaux du Nil prenant la couleur du sang rappelleraient le phénomène bien constaté, en Egypte et ailleurs, et que l'antiquité appelait eau ou pluie de sang, alors que l'eau prend une teinte rougeâtre qui provient de la décomposition de microorganismes tels que champignons ou infusoires (cf. le fait raconté 2Ro 3:22). On peut indiquer aussi, comme propres aux conditions ordinaires du pays, les invasions de moustiques, dont les larves pullulent dans les rizières, les citernes et les flaques d'eau laissées par le Nil après le retrait de l'inondation annuelle.

--Voir également la plaie des grenouilles, rentrant dans cette catégorie de phénomènes. Voici ce que dit Brehm, dans son Tierleben (notes communiquées par M. L. Reverdin, du Mus. d'hist. nat. de Genève), à propos d'une espèce de grenouille que Seetzen (Reisen durch Syrien, Paloestina... Unter Ae gypten, 1854-1859) appelait rana nilotica (il indiquait aussi une autre espèce sous le nom de rana mosaïca)  : « La rana mascareniensis (Nilfrosch) est de petites dimensions et très commune. Anderson dit qu'une divinité Ka, à tête de grenouille, était une forme du dieu de la vérité, et qu'une déesse Heka, à tête de grenouille, était l'épouse du dieu Khnum et symbolisait également l'eau. Une grenouille était un signe de résurrection... »

--La plaie des pustules, que quelques auteurs rapprochent d'une affection cutanée appelée gale du Nil, dont les causes ne sont pas bien déterminées (eau du Nil dans les derniers mois avant l'inondation ? principes salins de l'air ? excessive chaleur ?).

--Enfin, on peut indiquer aussi la 9 e plaie, celle de l'obscurité, rappelant un phénomène particulier à ces régions, l'obscurcissement de l'atmosphère produit par le vent de khamsin (=cinquante), qui souffle deux ou trois jours de suite, avec des arrêts, pendant une période de cinquante jours (d'où son nom) ; ce vent très fort et chaud soulève des nuages de sable qui pénètrent partout, jusque dans les récipients fermés.

--On a mainte fois tiré de ces diverses constatations la conclusion que plusieurs de ces fléaux si fréquents en Egypte pouvaient être mis en relation de cause à effet avec l'inondation du pays par les eaux du Nil ; ainsi, l'altération des eaux du fleuve aurait pu entraîner à sa suite, comme conséquences naturelles plus ou moins directes, plusieurs des fléaux qui sont énumérés dans nos textes (grenouilles, moustiques, peste bovine, pustules), conséquences dans lesquelles la tradition israélite vit des interventions de la puissance divine agissant en faveur des clans hébreux asservis en Egypte et préparant l'heure de leur libération. Que le dieu national d'Israël ait employé pour cela des moyens, des phénomènes appartenant au domaine de la nature, c'est ce que le texte lui-même donne à entendre, par exemple lorsque, pour la 2 e plaie, Yahvé dit : « Le fleuve fourmillera de grenouilles » (Ex 7:25), ce qui suppose un état de choses connu, mais intensifié fortement dans le cas présent, et lorsque, pour la 6 e, le texte dit expressément que « Yahvé fit souffler sur le pays un vent d'orient » qui y poussa des nuages de sauterelles, et que, pour les en chasser, il fit souffler « un vent d'ouest très fort qui jeta les sauterelles dans la mer » (Ex 10:13,19).

La pensée religieuse et l'imagination des générations postérieures donnèrent à ces phénomènes qui, à l'origine, n'avaient rien de surnaturel, des proportions toujours plus considérables, en multiplièrent le nombre (voir ce qui a été dit plus haut des fléaux-doublets) et finirent par leur imprimer le caractère de faits purement miraculeux qu'ils n'avaient pas primitivement. A cette action exercée par les générations postérieures sur les données fournies par la tradition nationale, il faut ajouter encore l'intervention d'un certain élément d'ordre littéraire et psychologique, l'art avec lequel les auteurs de nos documents montrent le pharaon, d'abord rebelle et intransigeant, puis cédant, par degrés habilement marqués, à la pression qu'exercent sur lui les fléaux qui s'abattent successivement sur la nature, sur ses sujets, et enfin sur lui-même par la mort de son fils aîné ; il y a là, dans les concessions toujours plus grandes que le pharaon consent à Moïse, un sens psychologique très fin et l'intention d'impressionner fortement l'esprit ; et, malgré les formules assez stéréotypées (répondant bien au goût des Orientaux) des entretiens qui ont lieu entre le pharaon et Moïse pour l'annonce des plaies et leur retrait, l'attention et l'intérêt vont toujours grandissant, et le débat engagé revêt les proportions d'une joute de puissance entre le Dieu des Hébreux et le chef du grand empire terrestre, joute qui aboutira au triomphe final de Yahvé.

Pour expliquer la formation de la série de récits actuels, Gressmann (Die Anfoenge Israels, dans « Schriften des A.T. », 2 e vol., pp. 47-54 ; et Mose und seine Zeit, pp. 67-97) a émis l'hypothèse suivante. On trouverait, dans ce texte, la trace de deux chaînes de légendes :

L'une, pour laquelle les phénomènes mentionnés auraient eu nettement le caractère de prodiges et qui se serait présentée sous la forme de groupes composés chacun de deux prodiges ;

au premier de ces groupes auraient appartenu :

(a) le changement de l'eau en sang, et

(b) celui du bâton en serpent ;

-et au second :

(a) le changement de la poussière en moustiques, et

(b) celui de la suie en poussière.

Par ces doubles prodiges, Moïse se serait légitimé aux yeux du pharaon comme l'envoyé de Yahvé. Les prodiges n'ayant pas fait céder le roi, c'est alors que serait intervenue la mort de son fils aîné (probablement dans E), par laquelle Yahvé voulait contraindre le pharaon à l'obéissance ; plus tard, cette mort aurait été étendue à tous les premiers-nés des Égyptiens (J) et même à tous ceux des animaux (P).

A côté de ce cycle ou de cette chaîne de prodiges, on en trouverait un autre, plus récent, et dans lequel les phénomènes auraient eu pour caractère essentiel celui de plaies, de fléaux. Les récits de ce groupe auraient été plus simples et plus courts que ceux de notre texte actuel ; chacun de ces fléaux ne consistait qu'en quelques lignes et comportait trois parties : l'annonce, la description et la mention de l'absence d'effet de chacun d'eux ; le nombre de ces fléaux, à l'origine, était de six, et leur conclusion était représentée par la mort des premiers-nés. Le texte actuel ne laisserait plus apparaître nettement la gradation des uns aux autres, et l'ordre primitif, en particulier, aurait été troublé par le fait que le monde de l'homme aurait été indiqué comme touché, dès le début, par les fléaux successifs. Primitivement, deux plaies auraient formé ensemble une paire : la 1re (mort des poissons du Nil et grenouilles) aurait intéressé le monde des eaux, la 2 e (taons et peste bovine) celui des animaux, la 3 e (grêle et sauterelles) celui des plantes, et, de l'une à l'autre de ces paires de fléaux, on pourrait constater un crescendo, une aggravation dans la virulence de ces phénomènes.

En somme, de l'ensemble du récit actuel des plaies d'Egypte, on pourrait déduire la conclusion suivante : les documents J, E et P dénotent l'existence d'un fond de traditions inspirées par la préoccupation de considérer le fait de la sortie d'Egypte comme ayant été le résultat du triomphe du dieu national d'Israël sur les dieux d'Egypte, et comme ayant été précédé par une série de manifestations de puissance, dans le domaine de la nature. Mais ces documents ne sont pas d'accord entre eux quant au nombre et à la forme de ces manifestations. Les fléaux que le travail des générations postérieures a ajoutés au noyau initial de la tradition nationale trouvent en majeure partie leur explication dans certains phénomènes ou calamités naturelles et propres à l'Egypte, et on doit reconnaître aux textes qui les décrivent un coloris local bien marqué. Il faut toutefois constater qu'actuellement, en présence de ces textes pleins

d'éléments merveilleux, dans ces fléaux dont les uns ne sont que la répétition assez manifeste de certains autres et dans le récit desquels on signale divers désaccords, nous ne pouvons déterminer les éléments de la réalité historique qui a pu exister à l'origine de tout le développement narratif de Ex 7-12. En tout cas, le fait historique initial qui serait à la base de nos récits a pu avoir diverses conséquences matérielles, à propos desquelles la tradition postérieure s'est livrée à tout un travail complémentaire, a introduit des adjonctions secondaires, qui apparaissent d'abord (en une moindre mesure) dans J, s'accentuent dans E, et revêtent l'importance la plus grande dans P. --Le souvenir de ces fléaux s'est conservé dans la poésie israélite ; ils sont rappelés par le Ps 78, qui les cite en partie et dans l'ordre suivant : 1 re, 3 e, 2 e, 8 e, 7 e, 5 e, 10 e ; et par le Ps 105, dans l'ordre : 9 e, 1 re, 2 e, 4 e, 3 e, 8 e, 10 e.

Ant. -J. B.

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      Exode 7

      1 L’Éternel dit à Moïse : Vois, je te fais Dieu pour le Pharaon ; et ton frère Aaron sera ton prophète.
      2 Toi, tu diras tout ce que je t’ordonnerai ; et ton frère Aaron le répétera au Pharaon, pour qu’il laisse partir les fils d’Israël hors de son pays.
      3 Et moi, j’endurcirai le cœur du Pharaon et je multiplierai mes signes et mes prodiges dans le pays d’Égypte.
      4 Le Pharaon ne vous écoutera pas. Je mettrai ma main sur l’Égypte et je ferai sortir du pays d’Égypte mes troupes, mon peuple, les Israélites, par de grands jugements.
      5 Les Égyptiens reconnaîtront que je suis l’Éternel, lorsque j’étendrai ma main sur l’Égypte et que je ferai sortir du milieu d’eux les Israélites.
      6 Moïse et Aaron agirent exactement comme l’Éternel le leur avait ordonné.
      7 Moïse était âgé de quatre-vingts ans, et Aaron de quatre-vingt-trois ans, lorsqu’ils s’adressèrent au Pharaon.
      8 L’Éternel dit à Moïse et à Aaron :
      9 Si le Pharaon vous parle et vous dit : Faites un prodige ! tu diras à Aaron : Prends ton bâton et jette-le devant le Pharaon. Cela deviendra un reptile.
      10 Moïse se rendit avec Aaron auprès du Pharaon, et ils agirent comme l’Éternel l’avait ordonné. Aaron jeta son bâton devant le Pharaon et devant ses serviteurs, et cela devint un reptile.
      11 Mais le Pharaon appela des sages et des sorciers ; et les magiciens d’Égypte, eux aussi, en firent autant par leurs pratiques occultes.
      12 Tous, ils jetèrent leurs bâtons qui devinrent des reptiles. Mais le bâton d’Aaron engloutit leurs bâtons.
      13 Le cœur du Pharaon s’endurcit, et il n’écouta pas Moïse et Aaron comme l’avait dit l’Éternel.
      14 L’Éternel dit à Moïse : Le Pharaon a le cœur endurci, il refuse de laisser partir le peuple.
      15 Va vers le Pharaon dès le matin ; il sortira pour aller près de l’eau, et tu te porteras à sa rencontre au bord du Nil. (Tu prendras) à ta main le bâton qui a été changé en serpent,
      16 et tu diras au Pharaon : L’Éternel, le Dieu des Hébreux, m’a envoyé auprès de toi pour te dire : Laisse partir mon peuple, afin qu’il me serve dans le désert. Et toi jusqu’ici tu n’as pas écouté.
      17 Ainsi parle l’Éternel : A ceci tu reconnaîtras que je suis l’Éternel : Me voici ; je vais frapper l’eau du Nil avec le bâton qui est dans ma main ; et elle sera changée en sang.
      18 Les poissons qui sont dans le Nil périront, le Nil sera infecté, et les Égyptiens s’efforceront en vain de boire l’eau du Nil.
      19 L’Éternel dit à Moïse : Dis à Aaron : Prends ton bâton et étends ta main sur les eaux des Égyptiens, sur leurs rivières, sur les bras de leur Nil, sur leurs étangs et sur toutes pièces d’eau. Elles deviendront du sang et il y aura du sang dans tout le pays d’Égypte, dans les (récipients de) bois et de pierre.
      20 Moïse et Aaron agirent ainsi que l’Éternel l’avait ordonné. (Aaron) leva le bâton, et frappa l’eau qui était dans le Nil, sous les yeux du Pharaon et sous les yeux de ses serviteurs ; et toute l’eau du Nil fut changée en sang.
      21 Les poissons qui étaient dans l’eau du Nil périrent, le Nil fut infecté, les Égyptiens ne pouvaient plus boire l’eau du Nil, et il y eut du sang dans tout le pays d’Égypte.
      22 Mais les magiciens d’Égypte en firent autant par leurs pratiques occultes. Le cœur du Pharaon s’endurcit, et il n’écouta pas Moïse et Aaron, ainsi que l’avait dit l’Éternel.
      23 Le Pharaon s’en retourna pour aller dans son palais et il ne prit pas même la chose à cœur.
      24 Tous les Égyptiens creusèrent aux environs du Nil, pour (trouver) de l’eau à boire ; car ils ne pouvaient boire de l’eau du Nil.
      25 Il s’écoula sept jours pleins, après que l’Éternel eut frappé le Nil.
      26 L’Éternel dit à Moïse : Va vers le Pharaon, et tu lui diras : Ainsi parle l’Éternel : Laisse partir mon peuple, afin qu’il me serve.
      27 Si tu refuses de le laisser partir, moi je vais ravager tout ton territoire par les grenouilles.
      28 Le Nil fourmillera de grenouilles ; elles monteront, elles pénétreront dans ton palais, dans ta chambre à coucher et sur ton lit, dans la maison de tes serviteurs et chez ton peuple, dans tes fours et dans tes pétrins.
      29 Les grenouilles monteront sur toi, sur ton peuple et sur tous tes serviteurs.

      Exode 8

      1 L’Éternel dit à Moïse : Dis à Aaron : Étends ta main avec ton bâton sur les rivières, sur les bras du Nil et sur les étangs, et fais monter les grenouilles sur le pays d’Égypte.
      2 Aaron étendit sa main sur les eaux de l’Égypte ; et les grenouilles montèrent et couvrirent le pays d’Égypte.
      3 Mais les magiciens en firent autant par leurs pratiques occultes. Ils firent monter les grenouilles sur le pays d’Égypte.
      4 Le Pharaon appela Moïse et Aaron et dit : Intercédez auprès de l’Éternel, afin qu’il écarte les grenouilles de moi et de mon peuple ; et je laisserai partir le peuple pour qu’il offre des sacrifices à l’Éternel.
      5 Moïse dit au Pharaon : Que sa majesté me donne un ordre ! Pour quand intercéderai-je auprès de l’Éternel en ta faveur, en faveur de tes serviteurs et de ton peuple, afin qu’il fasse disparaître les grenouilles de chez toi et de tes maisons ? Il n’en restera que dans le Nil.
      6 Il répondit : Pour demain. Moïse dit : Il en sera ainsi, afin que tu reconnaisses que nul n’est semblable à l’Éternel, notre Dieu.
      7 Les grenouilles s’écarteront de toi et de tes maisons, de tes serviteurs et de ton peuple, il n’en restera que dans le Nil.
      8 Moïse et Aaron sortirent de chez le Pharaon. Moïse cria à l’Éternel au sujet des grenouilles qu’il avait fait venir contre le Pharaon.
      9 L’Éternel fit ce que demandait Moïse ; et les grenouilles périrent dans les maisons, dans les cours et dans les champs.
      10 On les amoncela, boisseau par boisseau, et la puanteur se répandit dans le pays.
      11 Mais le Pharaon, voyant qu’il y avait du répit, endurcit son cœur et n’écouta pas (Moïse et Aaron), comme l’avait dit l’Éternel.
      12 L’Éternel dit à Moïse : Dis à Aaron : Étends ton bâton, et frappe la poussière de la terre. Elle deviendra des moustiques dans tout le pays d’Égypte.
      13 Ils firent ainsi. Aaron étendit sa main avec son bâton et frappa la poussière de la terre ; et elle devint des moustiques sur les hommes et sur les bêtes. Toute la poussière de la terre devint des moustiques, dans tout le pays d’Égypte.
      14 Les magiciens employèrent leurs pratiques occultes pour produire les moustiques ; mais ils ne le purent pas. Les moustiques étaient sur les hommes et sur les bêtes.
      15 Alors les magiciens dirent au Pharaon : C’est le doigt de Dieu ! Le cœur du Pharaon s’endurcit, et il n’écouta pas Moïse et Aaron, comme l’avait dit l’Éternel.
      16 L’Éternel dit à Moïse : Lève-toi de bon matin et présente-toi devant le Pharaon ; lorsqu’il sortira (pour aller) près de l’eau, tu lui diras : Ainsi parle l’Éternel : Laisse partir mon peuple, afin qu’il me serve.
      17 Si tu ne laisses point partir mon peuple, je vais lâcher contre toi les mouches venimeuses, contre tes serviteurs, contre ton peuple et contre tes maisons ; les maisons des Égyptiens seront remplies de mouches, ainsi que le sol sur lequel ils se trouvent.
      18 Mais, en ce jour-là, je ferai une distinction pour le pays de Gochên où se tient mon peuple, et là il n’y aura pas de mouches, afin que tu reconnaisses que moi, l’Éternel, je suis au milieu de ce pays.
      19 Je mettrai une démarcation libératrice entre mon peuple et ton peuple. Ce signe sera pour demain.
      20 L’Éternel fit ainsi. Il vint une masse de mouches venimeuses dans le palais du Pharaon, dans la maison de ses serviteurs et dans tout le pays d’Égypte ; le pays fut dévasté par les mouches.
      21 Le Pharaon appela Moïse et Aaron, et dit : Allez offrir des sacrifices à votre Dieu dans le pays.
      22 Moïse répondit : Il n’est pas régulier d’agir ainsi ; car nous offririons à l’Éternel, notre Dieu, des sacrifices qui sont en horreur aux Égyptiens, et si nous offrons sous les yeux des Égyptiens des sacrifices dont ils ont horreur, ne nous lapideront-ils pas ?
      23 Nous ferons trois journées de marche dans le désert et nous offrirons des sacrifices à l’Éternel, notre Dieu, selon ce qu’il nous dira.
      24 Le Pharaon dit : Moi, je vais vous laisser partir pour offrir à l’Éternel, votre Dieu, des sacrifices dans le désert ; seulement, vous, ne vous éloignez pas en y allant. Intercédez pour moi.
      25 Moïse répondit : Voilà. Je sors de chez toi et j’intercèderai auprès de l’Éternel. Demain, les mouches s’écarteront du Pharaon, de ses serviteurs et de son peuple. Mais que le Pharaon ne continue pas à (nous) tromper, en refusant de laisser partir le peuple, pour offrir des sacrifices à l’Éternel.
      26 Moïse sortit de chez le Pharaon et il intercéda auprès de l’Éternel.
      27 L’Éternel agit selon la parole de Moïse, et les mouches s’écartèrent du Pharaon, de ses serviteurs et de son peuple. Il n’en resta pas une.
      28 Mais le Pharaon, cette fois encore, endurcit son cœur et ne laissa point partir le peuple.

      Exode 9

      1 L’Éternel dit à Moïse : Va vers le Pharaon, et tu lui diras : Ainsi parle l’Éternel, le Dieu des Hébreux : Laisse partir mon peuple, afin qu’il me serve.
      2 Si tu refuses de le laisser partir, et si tu le retiens encore,
      3 la main de l’Éternel sera sur ton cheptel qui est dans la campagne, sur les chevaux, sur les ânes, sur les chameaux, sur le gros et sur le petit bétail ; il y aura une peste très grave.
      4 L’Éternel distinguera entre le cheptel d’Israël et le cheptel de l’Égypte, et il ne périra rien de tout ce qui appartient aux Israélites.
      5 L’Éternel a fixé l’échéance en disant : Demain, l’Éternel fera cela dans le pays.
      6 L’Éternel fit ainsi, dès le lendemain. Tout le cheptel de l’Égypte mourut, et il ne mourut pas une (bête) du cheptel des Israélites.
      7 Le Pharaon envoya (prendre des informations) ; et voici que pas une (bête) du cheptel d’Israël n’était morte. Mais le cœur du Pharaon s’endurcit, et il ne laissa point partir le peuple.
      8 L’Éternel dit à Moïse et à Aaron : Prenez à pleines poignées de la suie de fourneau, et que Moïse la jette vers le ciel sous les yeux du Pharaon.
      9 Elle deviendra une poussière sur tout le pays d’Égypte ; et elle produira, dans tout le pays d’Égypte, sur les hommes et sur les bêtes, des ulcères avec éruption de pustules.
      10 Ils prirent de la suie de fourneau et se tinrent devant le Pharaon ; Moïse la jeta vers le ciel, et elle produisit sur les hommes et sur les bêtes des ulcères avec une éruption de pustules.
      11 Les magiciens ne purent se présenter devant Moïse à cause des ulcères ; car les ulcères étaient sur les magiciens comme sur tous les Égyptiens.
      12 L’Éternel endurcit le cœur du Pharaon, et le Pharaon n’écouta pas Moïse et Aaron, comme l’Éternel l’avait dit à Moïse.
      13 L’Éternel dit à Moïse : Lève-toi de bon matin et présente-toi devant le Pharaon. Tu lui diras : Ainsi parle l’Éternel, le Dieu des Hébreux : Laisse partir mon peuple, afin qu’il me serve.
      14 Car, cette fois, je vais envoyer toutes mes plaies contre ta personne, contre tes serviteurs et contre ton peuple, afin que tu reconnaisses que nul n’est semblable à moi sur toute la terre.
      15 Si maintenant j’avais étendu ma main, et si je t’avais frappé par la peste, toi et ton peuple, tu aurais disparu de la terre.
      16 Mais je t’ai laissé subsister, au contraire, afin de te faire voir ma force et pour que l’on publie mon nom par toute la terre.
      17 Si tu fais encore obstacle à mon peuple, et si tu ne le laisses point partir,
      18 je ferai pleuvoir demain, à cette heure, une grêle si accablante, qu’il n’y en a pas eu de semblable en Égypte depuis le jour de sa fondation jusqu’à maintenant.
      19 Fais donc mettre en sureté ton cheptel et tout ce qui est à toi dans la campagne. La grêle tombera sur tous les hommes et sur toutes les bêtes qui se trouveront dans la campagne et qui n’auront pas été rassemblés dans les maisons, et ils mourront.
      20 Ceux des serviteurs du Pharaon qui craignirent la parole de l’Éternel firent retirer en hâte dans les maisons leurs serviteurs et leur cheptel.
      21 Mais ceux qui ne prirent pas à cœur la parole de l’Éternel laissèrent leurs serviteurs et leur cheptel dans la campagne.
      22 L’Éternel dit à Moïse : Étends ta main vers le ciel, et qu’il tombe de la grêle dans tout le pays d’Égypte sur les hommes, sur les bêtes et sur toute l’herbe des champs dans le pays d’Égypte.
      23 Moïse étendit son bâton vers le ciel ; et l’Éternel envoya le tonnerre et la grêle, et le feu descendit sur la terre. L’Éternel fit pleuvoir de la grêle sur le pays d’Égypte.
      24 Il y eut de la grêle, et le feu se mêlait avec la grêle ; elle était si violente qu’il n’y en avait pas eu de semblable dans tout le pays d’Égypte depuis qu’il existe comme nation.
      25 La grêle frappa, dans tout le pays d’Égypte, tout ce qui était dans la campagne, depuis les hommes jusqu’aux bêtes ; la grêle frappa aussi toute l’herbe des champs et brisa tous les arbres des champs.
      26 Ce fut seulement dans le pays de Gochên, où étaient les Israélites, qu’il n’y eut pas de grêle.
      27 Le Pharaon fit appeler Moïse et Aaron et leur dit : Cette fois j’ai péché. C’est l’Éternel qui est juste, et moi et mon peuple qui avons tort.
      28 Intercédez auprès de l’Éternel, pour qu’il n’y ait plus de tonnerre ni de grêle ; je vous laisserai partir, et l’on ne vous retiendra plus.
      29 Moïse lui dit : Quand je sortirai de la ville, je tendrai mes mains vers l’Éternel, le tonnerre cessera, et il n’y aura plus de grêle, afin que tu reconnaisses que la terre est à l’Éternel.
      30 Mais je sais que toi et tes serviteurs, vous ne craindrez pas encore l’Éternel Dieu.
      31 – Le lin et l’orge avaient été frappés, parce que l’orge était en épis et le lin en fleur ;
      32 le froment et l’épeautre n’avaient pas été frappés, parce qu’ils sont tardifs –
      33 Moïse sortit de chez le Pharaon et hors de la ville ; il tendit ses mains vers l’Éternel, le tonnerre et la grêle cessèrent, et la pluie ne se déversa plus sur la terre.
      34 Le Pharaon, voyant que la pluie, la grêle et le tonnerre avaient cessé, continua de pécher et il endurcit son cœur, lui et ses serviteurs.
      35 Le cœur du Pharaon s’endurcit, et il ne laissa point partir les Israélites, selon ce que l’Éternel avait dit par l’intermédiaire de Moïse.

      Exode 10

      1 L’Éternel dit à Moïse : Va vers le Pharaon, car c’est moi qui ai endurci son cœur et le cœur de ses serviteurs, pour faire éclater mes signes au milieu d’eux.
      2 C’est aussi pour que tu racontes à ton fils et au fils de ton fils comment j’ai traité les Égyptiens, et quels signes j’ai fait apparaître chez eux. Et vous reconnaîtrez que je suis l’Éternel.
      3 Moïse et Aaron allèrent vers le Pharaon et lui dirent : Ainsi parle l’Éternel, le Dieu des Hébreux : Jusqu’à quand refuseras-tu de t’humilier devant moi ? Laisse partir mon peuple, afin qu’il me serve.
      4 Car si tu refuses de laisser partir mon peuple, demain je ferai venir des sauterelles sur ton territoire.
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