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POÉSIE HÉBRAÏQUE

La poésie est fille de l'émotion. Sur les ailes de l'imagination, elle se laisse emporter dans les régions de l'idéal. Sans émotion, sans imagination, pas de vraie poésie. Pas de poésie non plus sans une forme spéciale d'expression. Ce que le poète a éprouvé, il sent le besoin de le faire entendre dans une langue qui n'est pas celle de tous les jours, dans une langue abondant en images pittoresques, en hyperboles hardies, en mots bien frappés.

Poésie est un terme qui nous vient du grec et qui signifie création. En l'appelant de ce nom, les Grecs voulaient dire que le poète transporte ses auditeurs, ou ses lecteurs, dans un monde qui échappe aux conditions ordinaires de la réalité. C'est un fait dont on doit se souvenir quand on interprète la poésie : les canons de la science ne lui sont pas toujours applicables, et trop d'analyse en anéantit la vie. Il ne faut donc pas nécessairement prendre à la lettre un texte poétique, et on ne doit pas lui reprocher certaines invraisemblances (voir par ex. Jos 10:12,14).

Certains individus ont l'âme poétique et d'autres ne sont à leur aise que dans la prose. Et il en est des peuples comme des individus : tels d'entre eux sont plus particulièrement aptes à la création poétique. Les Sémites, et parmi eux les Hébreux, étaient admirablement doués pour la poésie.

Notons tout d'abord qu'ils avaient l'âme passionnée ; c'est intensément qu'ils aimaient, et ils ne se cachaient pas de haïr intensément. L'Hébreu avait pour son foyer, pour sa patrie, pour son peuple, un amour ardent : « Jérusalem, si je t'oublie, que ma droite s'oublie elle-même ! » (Ps 137:5). Il saluait d'une joie sauvage la ruine des oppresseurs de sa nation ; et celui qui écrasait sur le roc leurs petits enfants, il n'hésitait pas à l'appeler bienheureux ! Il savourait avec délices les joies de l'affection conjugale. Un ami lui était aussi cher qu'un frère. Et ces sentiments si vifs, inspirés par la famille et l'amitié, il les éprouvait au plus haut degré dans le domaine religieux. C'est alors qu'il touchait au sublime.

Remarquons ensuite qu'il avait l'imagination toujours en éveil : la métaphore lui était plus familière que le raisonnement logique. Il avait des choses une vision colorée.

Enfin, constatons que son instinct littéraire était secondé par une langue merveilleusement faite pour l'expression poétique. Le verbe hébreu est loin d'avoir la rigidité à laquelle nous tenons dans nos langues modernes, surtout en français. Il est imprécis, fluide, et opère par suggestion, laissant ainsi le champ libre à l'imagination. La langue hébraïque abhorre ce qui est abstrait. C'est en termes concrets qu'elle s'exprime. La philosophie de l'école eût été mal servie par elle, mais la poésie la trouva à sa mesure. Elle est riche en synonymes permettant de noter les nuances délicates du sentiment et les aspects les plus variés de la nature. Les sons mêmes de cette langue devaient lui assurer une carrière poétique. L'harmonie imitative lui est familière et il semble que la voix peint à l'oreille les scènes qu'elle décrit. Les sifflantes abondent : elles retentissent, aiguës, dans les accents du triomphe ou du chagrin. Les gutturales, profondes, sonores, correspondent à ce qu'il y a de plus intime dans l'âme. Et la gamme des sons de voyelles est sans lacune.

Aussi le lecteur du texte hébraïque ne devra pas se contenter de découvrir seulement le sens des mots qu'il rencontre. Il fera attention à leur forme, à leur son. Il constatera que le poète hébreu, parmi plusieurs synonymes à sa disposition, a su choisir ceux qui lui permettaient de faire entendre ce qu'il avait à dire, qu'il s'agisse, comme dans le cantique de Débora (Jug 5), du galop furieux des rois près des eaux de Méguiddo ou du coup qui fendit la tête de Sisera. Le poète israélite dispose donc d'une langue musicale et il en tire des effets inattendus.

1.

Le rythme de la poésie hébraïque.

Le rythme de la poésie hébraïque se distingue par deux caractères principaux : le parallélisme et les syllabes accentuées.

1° PARALLELISME.

Les formes poétiques varient infiniment d'un peuple et d'un pays à l'autre. Dans notre langue, ce qui différencie la poésie de la prose au point de vue formel, c'est la rime, et trop facilement on pense qu'un morceau littéraire dépourvu de rimes ne peut appartenir à la poésie. C'est une erreur. Les Japonais, par exemple, ont un art poétique entièrement différent du nôtre : un hokku est un petit poème qui contient 17 syllabes, ni plus, ni moins. Que réussit-on à exprimer en 17 syllabes ? Le poète ne peut faire beaucoup plus que suggérer une scène, une pensée. C'est à l'auditeur à compléter l'idée suggérée : ainsi le veut l'art délicat du Japon.

Dans la poésie hébraïque également, la rime ne joue aucun rôle, aucun rôle essentiel tout au moins. On ne peut pas dire qu'elle soit totalement absente. Ainsi, dans le chant de Lémec (Ge 4:23), le poète se plaît à faire entendre plusieurs fois les sons i et im, et cette répétition constitue une espèce de rime ; mais il ne s'agit que d'un phénomène accidentel. Cependant, si la rime est absente, si l'oreille n'est pas agréablement flattée, à la fin des vers, par une série de sons redoublés, l'hébreu a recours à un autre redoublement, non du son toutefois, mais de l'idée. Tous ceux qui ont lu, même dans une traduction, les Psaumes ou le poème de Job, ont été frappés de ce constant balancement de la pensée : aussitôt qu'elle s'est exprimée une première fois, elle se complète ou se corrige par une seconde ligne, soeur de la première. C'est comme un perpétuel duo : une voix retentit ; à peine s'est-elle tue qu'une autre reprend le même thème sous une autre forme, procédant par adjonction, ou par contraste, ou par gradation.

Herder, le génial auteur allemand du XVIII° saint, qui avait si bien retrouvé l'âme de la poésie des Hébreux (Geist der hébreu Poésie), a montré que ce parallélisme est une conséquence naturelle de la forme dialoguée du chant populaire. En entendant ces vers qui se complètent l'un l'autre, ou s'opposent l'un à l'autre, n'a-t-on pas la vision de deux choeurs qui s'avancent, puis se retirent, s'entre-répondant à chaque rencontre, ou encore de deux amoureux échangeant leurs pensées et leurs sentiments, ce qui apparaît d'ailleurs d'une façon bien caractéristique dans le Cantique des Cantiques :

Comme un lis au milieu des épines,

Telle est mon amie parmi les jeunes filles ;

Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt,

Tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes (Ca 2:2).

Ce caractère de la poésie hébraïque qui, à l'inverse de la rime, a le grand avantage de subsister à travers les traductions, n'a pu échapper aux lecteurs attentifs de la Bible, et pourtant on s'abstint longtemps d'en établir la théorie. Le premier hébraïsant qui en fit une étude systématique et lui donna un nom, qui a subsisté parce qu'il était parfaitement adéquat, c'est Robert Lowth qui, en 1753, publia un ouvrage intitulé De Sacra Poesi Hebrceorum. Il appelait Parallelismus membrorum cette succession de lignes ou vers se complétant l'un l'autre. Le procédé reconnu par Lowth n'a rien de monotone ni de stéréotypé. On trouve une certaine variété de formes. Lowth distingue :

(a) Parallélisme synonyme : le plus simple et le plus fréquent. La pensée originale est répétée en termes différents, mais équivalents. L'un des plus anciens poèmes hébreux, le chant de guerre de Débora, déjà mentionné, en donne à son début un bon exemple :

Rois, écoutez,

Princes, prêtez l'oreille :

Je chanterai, oui, je chanterai à l'Éternel,

Je psalmodierai à l'Eternel, au Dieu d'Israël (Jug 5:3).

Quelquefois le parallélisme est plus étendu. Voir le début du Ps 1 :

Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, Qui ne s'arrête pas dans la voie des pécheurs, Qui ne s'assied pas en compagnie des moqueurs.

(b) Parallélisme antithétique : le poète fait éclater un contraste entre deux états d'âme, entre deux situations :

Car l'Éternel connaît la voie des justes, Mais la voie des méchants périra (Ps 1:6).

Ces antithèses sont plus que fréquentes dans les Proverbes, qui revêtent tous une forme poétique sans être de la poésie proprement dite :

La malédiction de l'Éternel est dans la maison du méchant, Mais il bénit la demeure des justes (Pr 3:33).

(c) Dans le troisième cas, c'est à peine si l'on peut conserver le terme général de parallélisme. Lowth parlait pourtant de parallélisme synthétique ou constructif ; ici l'idée est amplifiée par le vers qui suit :

C'est moi qui ai oint mon Roi,

En Sion, ma montagne sainte (Ps 2:6).

Souvent la construction se prolonge, et c'est tout un tableau qui se dessine. Voir Ps 1:3:

Il (le juste) est comme un arbre

Planté près des ruisseaux d'eau,

Qui donne son fruit en sa saison,

Et dont le feuillage ne se flétrit point :

Tout ce qu'il fait lui réussit.

On pourrait énumérer encore d'autres formes de parallélisme ; mais, en réalité, elles ne sont que des variantes de la forme synthétique. Parfois un mot est répété dans deux ou trois lignes successives, quelque chose de nouveau venant s'ajouter chaque fois au thème primitif. Ainsi Ps 29:1 et suivant :

Rendez à l'Éternel, fils du Tout-Puissant, Rendez à l'Eternel gloire et honneur, Rendez à l'Éternel gloire pour son nom.

Cette redondance poétique est frappante dans les cantiques de Mahaloth ou des Pèlerinages (Ps 120 à Ps134).

Voir, par exemple, au Ps 121 :

Vers les collines je lève les yeux :

D'où me viendra le secours ?

Le secours me vient de l'Éternel,

Qui a fait les cieux et ! a terre.

Il ne permettra point que ton pied chancelle ;

Celui qui te garde ne sommeillera point.

Non, il ne sommeille ni ne dort,

Celui qui garde Israël.

L'Éternel te gardera de tout mal,

Il gardera ton âme ;

L'Éternel gardera ton départ et ton arrivée,

Dès maintenant et à jamais.

2° SYLLABES ACCENTUEES.

Ce parallélisme, qui est un caractère si frappant, si constant, de la poésie hébraïque, constitue-t-il à lui seul la forme poétique de cette littérature ? C'est ce que nous avons maintenant à examiner. L'éducation classique des philologues européens les poussa longtemps à chercher dans les stiches ou lignes hébraïques l'équivalent, ou à peu près, du vers grec ou latin. Ils essayaient de trouver des « pieds », composés de syllabes longues et brèves régulièrement disposées.

Il faut le reconnaître, toute tentative dans cette direction a été un insuccès : il y a bien en hébreu des syllabes longues et brèves, mais on n'arrive pas à établir que leur quantité ait jamais joué un rôle essentiel dans la poésie. L'échec des recherches faites sur la base de la prosodie classique a été si complet que le grand hébraïsant hollandais Kuenen (Historisch-Critisch Onderzoek, III, 14) crut pouvoir clore le débat par cette déclaration catégorique : « La poésie d'Israël n'est pas métrique. » Selon lui, il n'y avait rien à trouver en dehors du parallélisme. Cependant, toute poésie populaire primitive étant destinée à être chantée, il est impossible d'être satisfait de ce verdict. Le vers hébreu ne pouvait être construit sans avoir en vue les exigences du chant, et par conséquent sans qu'il y eût dans chaque ligne des temps faibles et des temps forts. La voix a besoin de points d'appui régulièrement espacés. Et si l'on se rend compte que ces hymnes des vieux Hébreux étaient accompagnés d'instruments faisant plus de bruit qu'ils ne donnaient de son : tambourins, cymbales, castagnettes, instruments qui marquaient nettement la mesure et sollicitaient le pied à la danse, on se dit que le verset sémite devait faire apparaître ces nervures de la phrase musicale.

En 1813, J.J. Bellermann, publiant à Berlin un Essai sur le mètre hébraïque, émettait plusieurs principes qui, après lui, ont été vérifiés et développés par d'autres chercheurs, comme Ernest Meier de Tubingue (Die Form der hébreu Poésie) et plus récemment Julius Ley (Grundziige des Rythmus). L'un des derniers livres sur ce sujet (The Poets of the O.T.), écrit par A.R. Gordon, professeur à St-Andrews (Ecosse), présente la question d'une façon particulièrement claire.

Des travaux de ces hébraïsants il résulte que le mètre de la poésie d'Israël est constitué par un certain nombre d 'accents, nous voulons dire par ce mot de syllabes fortement marquées dans chaque vers, les intervalles entre ces syllabes accentuées étant remplis par des syllabes atones, dont le nombre peut varier d'un vers à l'autre sans faire tort au mètre. Ces syllabes atones étaient prononcées très rapidement. Généralement deux syllabes atones sont suivies d'une syllabe accentuée, ce qui donne un pied qui n'est pas sans analogie avec l'anapeste de la métrique classique, mais parfois il y a une seule syllabe atone précédant l'accent, ou bien, au contraire, il y en a trois. Quant au nombre de syllabes accentuées dans un vers, il n'y a pas de règle uniforme.

Dans les Psaumes, le Cantique des Cantiques et Job, on trouve généralement trois accents par vers. Nous pouvons nous faire une idée assez exacte de ce rythme, même en français, par le début des Ps 127 Ps 121 :

Si l'Eternel ne bâtit la maison,

Ceux qui la bâtissent travaillent en vain..

Je lève mes yeux vers les montagnes : D'où me viendra le secours ? Le secours me vient de l'Éternel, Qui a fait les cieux et la terre

Dans les chants de guerre et dans certains psaumes particulièrement majestueux, le 46 e et le 68 e par exemple, nous trouvons une ligne plus longue et quatre accents au lieu de trois. En français, Ps 46:2 fait assez bien apparaître ce rythme : Dieu est pour nous un refuge et un appui.

Un secours qui ne manque jamais dans la détresse.

Remarquons qu'à bien examiner notre hexamètre classique français, nous y trouvons toujours quatre accents. On s'en convaincra en ouvrant l'Art poétique de Boileau. Ce régulateur de la prosodie française eût peut-être éprouvé quelque surprise si on lui eût parlé de ces quatre accents ; mais ils y sont néanmoins, et il a observé cette règle sans la connaître.

Ailleurs, en hébreu, la ligne est au contraire raccourcie, le rythme est plus rapide, ce qui est un signe d'émotion, et surtout de gaieté.

Par ex., Ca 2:8 et suivants :

C'est la voix de mon bien-aimé

Le voici, il vient, Sautant sur les montagnes,

Bondissant sur les collines.

Le mètre le plus remarquable est le mètre élégiaque, ou pentamètre élégiaque, composé d'un vers à trois accents, suivi d'un vers à deux. On peut aussi le considérer comme un vers de cinq temps dont le premier hémistiche a trois accents et le second seulement deux. Le livre des Lamentations est composé de vers ainsi construits. La 3:28 nous en donne l'idée en français :

L'Éternel a de la bonté pour qui espère en lui

Pour l' âme qui le cherche ;

Il est bon d'attendre en silence

Le secours de l'Eternel. Il est bon pour l'homme de porter

Le joug dans sa jeunesse.

Du reste, ce n'est pas seulement dans le second livre attribué à Jérémie qu'on trouve ce rythme poétique. Il est fréquent dans le second Ésaïe, dans les psaumes des pèlerinages, et même dans certains psaumes exprimant la joie : l'émotion joyeuse, comme l'émotion douloureuse, ne vient-elle pas nous serrer la gorge et couper nos paroles ? Le Ps 23, le plus connu de tout le psautier, a ce rythme, et quelques versets de la traduction française le laissent transparaître ; ainsi Ps 23:5 :

Tu dresses devant moi une fable

En face de mes adversaires.

Tu oins d'huile ma tête,

Et ma coupe déborde.

Le verset, dans les livres poétiques, est généralement composé de deux lignes, plus rarement de trois (Ps 4:2) ou même de quatre (Ps 1:3). Il contient les divers membres d'un parallélisme. Plusieurs versets réunis peuvent former une strophe, laquelle souvent est terminée par un refrain. Voir par exemple, aux Ps 42 Ps 43 --qui à l'origine n'en formaient qu'un--la répétition de l'exhortation que le psalmiste adresse à son âme (42:6,12 43:5). Remarquer aussi le beau refrain, modifié d'une strophe à l'autre, de Ps 107:8,15,21,31.

Pour le sens de l'expression sélah, qui marque certaines fins de strophes, voir Sélah. Pour les poèmes dits alphabétiques, voir ce dernier mot.

2.

L'inspiration de la poésie hébraïque.

L'A. T, est un livre religieux, le trésor des expériences intimes des hommes de Dieu de l'ancienne alliance. Mais la religion ne fait pas la guerre aux diverses manifestations de la vie. « Rien de ce qui est humain ne lui est étranger. » On ne peut donc s'étonner de rencontrer dans l'Écriture sainte des fragments de poésie populaire, parfois sans caractère spécifiquement religieux.

A propos du creusement d'un puits au désert, nous trouvons un petit chant, tel qu'on en a fréquemment composé en pareille occasion (No 21:17 et suivant). Dans Esa 5, nous avons un chant de vendangeurs, comme ceux dont la cadence accompagnait, pleine d'allégresse, le piétinement des grappes dans la cuve. (cf. Jer 48:33) Un tout petit fragment d'un chant analogue apparaît Esa 65:8 :

Ne détruis pas (cette grappe), Car elle renferme une bénédiction.

Il est intéressant de noter que l'air des Ps 57, Ps 58, Ps 59, Ps 75 est justement nommé « Ne détruis pas ! », preuve que les auteurs de chants religieux empruntaient leurs mélodies aux chansons populaires, comme on le faisait au XVI e siècle, comme on le fait encore aujourd'hui. Les suscriptions de plusieurs psaumes ont conservé les titres, tout au moins, de poèmes lyriques hébreux : « Biche de l'aurore » (Ps 22:1) ; « Les lis » (Ps 45:1,60:1) ; « Colombe des térébinthes lointains » (Ps 56:1). Ps 126:6 et Esa 9:3 renferment des allusions aux chants des moissonneurs, et Jug 5:11,16 à ceux des bergers, jouant de la flûte en rassemblant leurs troupeaux.

Israël était un peuple guerrier. Qu'on ne s'étonne donc pas de trouver en abondance dans la Bible des chants de combat, des hymnes de victoire, rudes, sanguinaires parfois. (cf. Ge 4:23 et suivant) L'un des plus anciens est celui de Marie, soeur de Moïse, après la sortie d'Egypte :

Chantez à l'Eternel, car il a fait éclater sa gloire.

Le cheval et son cavalier, il les a précipités dans la mer (Ex 15:21).

Jug 11:34 parle de la fille de Jephté sortant avec ses compagnes pour chanter la victoire de son père, et 1Sa 18:7 nous a conservé le refrain populaire gui saluait les exploits de David, à l'indignation de Saül. Un petit chant révolutionnaire est consigné dans 1Ro 12:16 :

Point de part pour nous avec David, Point d'héritage avec le fils d'Isaï ! Chacun à sa tente, hommes d'Israël !

Le plus dramatique des chants de guerre d'Israël est, sans conteste, le cantique de Débora (Jug 5), qui donne une si vivante image de ce qui se passait à l'époque des Juges.

On trouve dans l'A. T, quelques exemples de satire No 21:27 et suivants se moque de Moab vaincu. Dans Jug 15:16, Samson se glorifie des exploits remportés avec sa mâchoire d'âne.

Nous trouvons l' histoire de la race exprimée dans de petits poèmes, qui sont donnés comme des présages d'un avenir heureux ou malheureux. Voir Ge 9:23-27 25:23, et surtout No 23 et No 24 où Balaam décrit le sort de la nation que Balak aurait voulu faire maudire, ou encore Ge 49 qui, sous le nom de « Bénédiction de Jacob », décrit le caractère des diverses tribus de la façon la plus pittoresque et la plus exacte. Un autre exemple est fourni par la « Bénédiction de Moïse » (De 33), qui reflète les circonstances de l'époque postérieure au schisme.

Dans la Bible nous ne trouvons guère de traces de rondes d'enfants (voir cependant Mt 11:16 et suivant). On trouve des épithalames dans le Cantique. Selon l'explication la plus généralement admise aujourd'hui, il renferme une collection de chants de mariage, que l'on entonnait successivement pendant les sept journées de la période des noces (voir Cantique des cantiques). La mort d'un bien-aimé faisait aussi retentir la lyre du poète. David composa deux chants funèbres, l'un qui exprime sa désolation lors de la mort de Jonathan et du père de celui-ci, Saül (2Sa 1:19 et suivants), l'autre en l'honneur d'Abner (2Sa 3:33 et suivant). La nature, ou sévère, ou riante, et toujours fidèlement observée, a été chantée d'une façon fraîche et pittoresque par les poètes de l'A. T, (voir entre autres Job 36:22-37:13 40:10-41:25, Ps 104, Ca 2:10,13).

Mais la poésie hébraïque est avant tout religieuse. Ce caractère n'est pas absent de plusieurs des hymnes que nous avons cités : le cantique de Débora est un hymne à l'Éternel, le Dieu des combats. Il se trouve aussi dans certaines salutations poétiques (Ru 2:4, Ps 129:8). C'est avec les psaumes qu'il apparaît dans toute sa netteté, et si riche est le trésor contenu dans cette collection des cantiques d'Israël, qu'il a édifié l'Église primitive aussi bien que les Israélites pieux, plus tard les Églises de la Réforme, et qu'aujourd'hui encore nos âmes y trouvent joie et réconfort (voir Psaumes).

Une bonne partie de la poésie hébraïque est contenue dans les livres des prophètes (voir ce mot). Soumis aux règles du rythme, leurs oracles pouvaient être chantés. Du reste nous trouvons, ici et là, des cantiques proprement dits : Esa 12, Esa 26.

On peut dire que le domaine de la poésie hébraïque s'étend jusqu'au N.T. L'évangile de Luc (voir art.) renferme quelques cantiques des premiers jours de la nouvelle alliance. Ils n'inaugurent aucune forme inusitée, et leur original araméen suivait sans doute les règles de la poésie hébraïque énoncées plus haut (Lu 1:16-55,68-79) Nôtre Seigneur a dû souvent donner une forme poétique rythmée à ses discours, comme le faisaient les prophètes. (cf. Mt 11:28,30) Dans les épîtres également, et dans l'Apocalypse, se trouvent des cantiques chrétiens, qui continuaient la grande tradition hébraïque (Ro 8:31,39,1Ti 3:16, Ap 4:11 5:9 et suivant) et qui l'amenèrent à son couronnement. Voir Chant. Ch. B.

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      2 Heureux, bienheureux celui Qui met sa joie, son bonheur dans le livre du Seigneur Et s’imprègne de ce livre nuit et jour, et jour et nuit.
      3 Il est ferme comme un arbre planté près d’un courant d’eau, Qui donne toujours son fruit quand vient le moment voulu, Et, sans cesse, sa ramure, sans se faner, refleurit. Tout ce qu’il a entrepris, il le réussit.
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      5 Aussi, lors du jugement, ils ne subsisteront pas. Nul pécheur ne paraîtra au Rassemblement des justes
      6 Car le Seigneur prend en charge la voie suivie par les justes, Mais le sentier des méchants est un chemin sans issue.

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      Psaumes 23

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      2 Il me laisse reposer sur des gazons verdoyants. Il me conduit avec soin tout au long des eaux tranquilles.
      3 Il restaure la santé et les forces de mon âme, Et, pour l’honneur de son nom, Il me mène pas à pas dans le bon chemin.
      4 Quand je devrai traverser La vallée obscure où plane l’ombre de la mort, Je ne craindrai aucun malCar tu seras près de moi, ton bâton me guidera, Ta houlette de berger me rassurera !
      5 Pour moi, tu dresses une table au vu de mes ennemis, Tu oins de parfums ma tête et ma coupe est débordante.
      6 Oui, le bonheur et la grâce me suivront ma vie durant Et je pourrai demeurer dans la maison du Seigneur Jusqu’à la fin de mes jours.

      Psaumes 29

      1 Psaume de David. Célébrez l’Éternel, vous, fils de Dieu. Rendez à l’Éternel gloire et honneur.

      Psaumes 42

      1 Au chef de chœur. Poème didactique des fils de Koré.
      2 Comme un cerf qui languit après les courants d’eau, Ainsi languit mon âme après toi, ô (mon) Dieu.
      3 Mon âme a soif de Dieu, du Dieu fort et vivant. Quand donc pourrai-je entrer, paraître devant Dieu ?
      4 Mes larmes sont le pain de mes jours et mes nuits. Sans cesse, on me répète : « Où donc est-il, ton Dieu ? »
      5 Je suis ému aux larmes, lorsque je me souviens Du temps où je marchais, entouré de la foule, Vers la maison de Dieu, avec des cris de joie Et des actions de grâces de tout un peuple en fête.
      6 Pourquoi donc, ô mon âme, es-tu si abattue ? Pourquoi te replier sur toi-même et gémir ? Mets ton espoir en Dieu : Je le louerai encore, car il est mon Sauveur.
      7 Mon âme est abattue. Ô mon Dieu, c’est pourquoi Du pays du Jourdain, des cimes de l’Hermon, Et du mont de Misar, je me souviens de toi.
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      9 (Pourtant,) pendant le jour, Dieu m’accordait sa grâce, Et je passais la nuit à chanter ses louanges. J’adressais ma prière au Dieu qui est ma vie.
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      11 Mes membres sont meurtris, mes ennemis m’insultent, Sans cesse, ils me demandent : « Où donc est-il, ton Dieu ? »
      12 Pourquoi donc, ô mon âme, es-tu si abattue, ? Pourquoi te replier sur toi-même et gémir ? Mets ton espoir en Dieu ! Je le louerai encore, car il est mon Sauveur, (Mon secours) et mon Dieu.

      Psaumes 43

      1 Fais moi justice, ô Dieu, Et prends en main ma cause Contre un peuple sans foi. Délivre-moi de ceux qui sont méchants et faux !
      2 Toi qui es mon refuge, Pourquoi m’as-tu banni ? Pourquoi dois-je marcher Sombre et dans la tristesse, Pressé par l’ennemi ?
      3 Envoie donc ta lumière, Fais voir ta vérité, Pour qu’elles soient mes guides Et qu’elles me conduisent Vers ta sainte montagne, Jusqu’à tes tabernacles.
      4 Je voudrais revenir jusqu’à l’autel de Dieu, Vers le Dieu de ma joie et de mon allégresse. Je voudrais te louer aux accents des cithares, Ô Dieu : tu es mon Dieu !
      5 Pourquoi donc, ô mon âme, es-tu si abattue ? Pourquoi te replier sur toi-même et gémir ? Mets ton espoir en Dieu : je le louerai encore, Car il est mon Sauveur, (mon secours) et mon Dieu.

      Psaumes 45

      1 Au chef de chœur, sur l’air « Les lis ». Un poème didactique et un chant d’amour des fils de Koré.

      Psaumes 46

      2 Dieu est pour nous un rempart, un refuge et un appui, Un secours toujours offert lorsque survient le danger.

      Psaumes 56

      1 Au maître du chant. Sur la mélodie de « Colombe muette des pays lointains ». Composé par David lorsqu’il fut retenu par les Philistins à Gath.

      Psaumes 57

      1 Au maître du chant. De David. Lorsqu’il s’enfuit, poursuivi par Saül, et se réfugia dans la caverne.
      2 Fais-moi grâce, ô Dieu ! Fais-moi grâce ! C’est auprès de toi que mon âme cherche son refuge, son abri. Je me réfugie sous tes ailes tant que durera le malheur.
      3 J’en appelle à Dieu, le Très-Haut, au Dieu qui fera tout pour moi.
      4 Qu’il m’envoie du ciel son salut en dépit de ceux qui m’écrasent. Oui, Dieu enverra son amour, sa fidélité et sa grâce !
      5 Je suis entouré de lions, Couché au milieu d’ennemis Qui crachent des flammes dévorantes. Leurs dents acérées sont des lames, Semblables à des flèches, Comme un glaive aigu est leur langue.
      6 Ô Dieu, lève-toi sur les cieux ! Que le monde entier voie ta gloire !
      7 Ils ont préparé un filet Et ils l’ont tendu sous mes pas. Ils m’ont fait plier pour me perdre. Ils avaient creusé une trappe ; Dans la fosse, eux-mêmes sont tombés.
      8 Mon cœur est tranquille, ô mon Dieu ! Mon cœur est tranquille. Oui, je chante et je psalmodie sur la harpe,
      9 C’est là mon bonheur et ma gloire. Vite, éveillez-vous, harpe et luth ! Je veux m’éveiller dès l’aurore,
      10 Je veux te louer, ô Seigneur, parmi tous les peuples Psalmodier parmi les nations à ta gloire.
      11 Car ta grâce atteint jusqu’aux cieux, Ta fidélité jusqu’aux nues.
      12 Ô Dieu, lève-toi sur les cieux, Que le monde entier voie ta gloire !

      Psaumes 58

      1 Au maître du chant. Sur (la mélodie) : « Ne détruis pas ». Psaume composé par David.
      2 Rendez-vous vraiment justice en fermant la bouche ? Jugez-vous avec droiture, vous, les fils des hommes ?
      3 Sciemment, vous commettez des iniquités ! Vous jetez dans la balance la violence de vos mains Pour dominer le pays.
      4 Les pécheurs sont fourvoyés depuis leur naissance, Les menteurs sont égarés depuis tout petits.
      5 Les impies sont venimeux comme des serpents, Ils se bouchent les oreilles comme l’aspic sourd
      6 Qui refuse d’écouter la voix des charmeurs Et celle de l’enchanteur habile dans l’art.
      7 Ô Dieu, brise-leur les dents au fond de la bouche : Seigneur, arrache les crocs de ces lionceaux !
      8 Comme les eaux qui s’en vont, qu’ils s’évanouissent : Comme l’herbe qu’on piétine, qu’ils soient desséchés,
      9 Qu’ils périssent et se fondent comme un limaçon, Qu’ils soient comme un avorton, sans voir le soleil !
      10 Avant qu’ils s’en aperçoivent, aussi vite qu’un feu d’épines Lèche vos marmites, viande crue ou viande cuite, Qu’ils soient emportés !
      11 Le juste se réjouira voyant la vengeance. Dans le sang des réprouvés, il baigne ses pas.
      12 Et les hommes pourront dire : « Oui, ceux qui sont justes trouvent une récompense. Il y a un Dieu qui exerce la justice ici-bas sur terre ».

      Psaumes 59

      1 Au chef de chœur. Psaume composé par David, lorsque Saül envoya cerner sa maison pour le faire mourir.
      2 Ô mon Dieu ! délivre-moi de mes ennemis ! Contre tous mes agresseurs, mets-moi à l’abri !
      3 Sauve-moi des malfaisants et des meurtriers,
      4 Car les voici qui me guettent, pour m’ôter la vie ! Des gens violents me poursuivent, ils vont m’attaquer, Sans que j’aie commis ni faute ni péché, Seigneur.
      5 Sans que j’aie fait aucun mal, ils courent, s’apprêtent ! Réveille-toi et regarde, viens à ma rencontre !
      6 Toi, Seigneur, Dieu d’Israël, Dieu de l’univers, Sors du sommeil, viens et vois ! Seigneur, lève-toi pour punir tous ces païens ! N’use pas de grâce pour ces traîtres malfaisants.
      7 Le soir, ils sont là ; en grondant comme des chiens, Ils rôdent partout, ils font le tour de la ville.
      8 Les voici déjà ! Ils ont l’injure à la bouche, Leurs paroles sont des glaives : qui peut les entendre ?
      9 Toi, Seigneur, tu t’en amuses, Tu te moqueras, Seigneur, de tous ces païens.
      10 C’est vers toi que je regarde, toi qui es ma force. Mon Dieu est ma forteresse, il est mon rempart.
      11 Mon Dieu viendra, plein de grâce, au-devant de moi. Il me permet de défier tous mes ennemis.
      12 Ne les extermine pas, De peur que mon peuple ne vienne à les oublier, Mais par ta puissance, disperse et renverse-les, Puisque toi tu es notre bouclier, Seigneur.
      13 Toutes leurs paroles ne sont jamais que péché. Qu’ils soient pris au piège dressé par leur propre orgueil, Par tous les outrages et mensonges qu’ils profèrent !
      14 Pour qu’ils disparaissent, détruis-les dans ta colère Afin que l’on sache que Dieu règne sur Jacob, Qu’il est souverain jusqu’aux confins de la terre !
      15 Le soir, ils sont là ; en hurlant comme des chiens, Ils rôdent partout, ils font le tour de la ville.
      16 Errant ça et là, pour découvrir une proie, S’ils n’en trouvent pas, ils restent la nuit entière.
      17 Mais, pendant ce temps, je veux chanter ta puissance Et, dès le matin, je veux célébrer ta grâce, Car tu es pour moi une forte citadelle, Tu es mon refuge quand je suis dans la détresse !

      Psaumes 60

      1 Au chef de chœur, sur (la mélodie) : « La loi est comme les lis ». Poème didactique composé par David

      Psaumes 75

      1 Au chef de chœur. Psaume d’Asaph. (À chanter sur la mélodie : « Ne détruis pas ».)
      2 Ô Dieu, nous te célébrons, nous louons ton nom, Tu es près de nous. Qu’on raconte tes merveilles !
      3 « Quand viendra le temps que j’ai décidé, (a dit le Seigneur,) Je rendrai justice avec équité.
      4 Que la terre tremble avec tous ses habitants ! Moi seul, j’affermis ses bases.
      5 J’avertis ceux qui se vantent : “Plus de vantardises !” Je dis aux impies : “Ne levez pas votre front” ».
      6 Ne le levez pas contre le Très-Haut ! Cessez de parler en raidissant votre nuque !
      7 Ce n’est pas de l’est, non plus de l’ouest, Et ce n’est pas du désert que viendra votre salut !
      8 C’est Dieu seul qui juge : il abaisse l’un et relève l’autre.
      9 Le Seigneur tient dans sa main une coupe Emplie de vin âpre et fermenté. Il en verse, et les méchants Devront vider cette coupe en buvant jusqu’à la lie.
      10 Moi, je chanterai sans cesse En l’honneur de Dieu, du Dieu de Jacob, Et j’abattrai l’arrogance de tous les impies Tandis que le juste pourra marcher le front haut.

      Psaumes 104

      1 Bénis l’Éternel, ô mon âme ! Seigneur, mon Dieu, que tu es grand ! Tu es revêtu de splendeur, d’éclat et de magnificence,
      2 Tu as pour manteau la lumière, Tu étends les cieux comme un voile,
      3 Tu construis au-dessus des eaux tes hauts palais inaccessibles. Des nuées, tu te fais un char glissant sur les ailes du vent,
      4 Tu fais des vents tes messagers, les éclairs sont tes serviteurs.
      5 Tu as établi notre terre sur de solides fondements Pour qu’elle reste inébranlable à tout jamais au cours des temps.
      6 Tu l’avais vêtue d’océans, les eaux recouvraient les montagnes.
      7 À ta menace, elles ont fui, au bruit de ta voix de tonnerre, Elles se sont précipitées,
      8 Laissant émerger des montagnes et des vallées qui se creusaient, Chacune d’elles à l’endroit que tu lui avais assigné.
      9 Tu as fixé une frontière que les eaux ne franchiront plus, Elles ne viendront plus jamais submerger à nouveau la terre.
      10 C’est toi qui fais jaillir des sources dans les ravins. Et les torrents s’écoulent entre les montagnes
      11 Abreuvant les bêtes sauvages. Les onagres s’y désaltèrent.
      12 Les oiseaux nichent sur leurs rives, Chantant parmi les frondaisons.
      13 De ses palais inaccessibles, il verse la pluie sur les monts, Ses bienfaits fécondent la terre.
      14 Il fait germer et croître l’herbe pour le bétail et les cultures, Pour servir les besoins de l’homme, pour tirer le pain de la terre.
      15 Le vin réjouit le cœur de l’homme Et fait resplendir son visage, le rendant plus brillant que l’huile. Le pain soutient le cœur de l’homme.
      16 Les arbres, (œuvres) du Seigneur, sont pleins de sève et pleins de vie Comme les cèdres du Liban que la main de Dieu a plantés.
      17 C’est là que nichent les oiseaux Et la cigogne a sa demeure là, sur les branches des cyprès.
      18 Les sommets des hautes montagnes servent d’asile aux bouquetins Et les rochers sont le refuge où les petits rongeurs se cachent.
      19 C’est lui qui a formé la lune pour marquer les cycles des temps. Le soleil sait où il se couche.
      20 Tu fais descendre les ténèbres et la nuit vient, et c’est alors Que se mettent en mouvement tous les animaux des forêts :
      21 Les lions chassent, rugissants, demandant à Dieu leur pâture.
      22 Mais dès que paraît le soleil, ils se replient dans leurs tanières.
      23 L’homme se rend à son ouvrage, il travaillera jusqu’au soir.
      24 Que tes œuvres sont en grand nombre ! Tu as tout fait avec sagesse, Ô Éternel, la terre est pleine des biens que ta main a créés :
      25 Voici la mer aux bras immenses Peuplée d’animaux innombrables, Du plus petit jusqu’au plus grand,
      26 Avec ses bateaux en voyage Et avec ce monstre marin que tu créas pour s’y ébattre.
      27 Ces êtres espèrent en toi pour recevoir la nourriture, Chacun au moment opportun.
      28 Tu la leur donnes : ils la recueillent, Ils sont comblés quand ta main s’ouvre.
      29 Mais si tu détournes ta face, ils sont éperdus et tremblants. Sitôt que tu reprends leur souffle, Ils expirent et s’en retournent à la poussière d’où ils viennent.
      30 Rends-leur ton souffle et ils renaissent. L’aspect du sol se renouvelle.
      31 Gloire au Seigneur à tout jamais ! Qu’il trouve la joie dans ses œuvres !
      32 Son regard fait trembler la terre, à son contact, les volcans fument.
      33 Je veux chanter à l’Éternel ma vie durant et, en l’honneur De mon Dieu, je veux psalmodier tout le temps que j’existerai.
      34 Que mon chant lui soit agréable ! Je mets ma joie dans le Seigneur.
      35 Que les pécheurs soient retranchés ! Que les méchants n’existent plus ! Bénis l’Éternel, ô mon âme, Louange à Dieu : Alléluia !

      Psaumes 107

      8 Qu’ils louent donc l’Éternel pour son amour. Pour ses merveilles en faveur des hommes !
      15 Qu’ils louent donc l’Éternel pour son amour, Pour ses merveilles en faveur des hommes !
      21 Qu’ils louent donc l’Éternel pour son amour, Pour ses merveilles en faveur des hommes !
      31 Qu’ils louent donc l’Éternel pour son amour, Pour ses merveilles en faveur des hommes,

      Psaumes 120

      1 Cantique des pèlerinages. Vers le Seigneur, dans ma détresse, J’ai appelé, et il m’a répondu.
      2 Ô Éternel, délivre-moi des lèvres fausses, Des langues mensongères !
      3 De quel profit, et de quel avantage Sont-elles donc, ces langues mensongères ?
      4 Ce sont des flèches bien aiguisées d’un homme armé, Mêlées de braises et de genêts tout embrasés.
      5 Malheur à moi, car mon exil s’est prolongé dans le pays lointain ! Je vis parmi les tentes de Kédar.
      6 Bien trop longtemps j’ai habité Parmi des gens qui détestent la paix.
      7 Je veux la paix, mais quand j’en parle, Eux, ils sont pour la guerre.

      Psaumes 121

      1 Cantique des pèlerinages. Je lève les yeux vers les monts. D’où viendra le secours ?
      2 Mon secours vient de l’Éternel qui a fait le ciel et la terre.
      3 Il ne permettra pas que ton pied vienne à trébucher, Car celui qui te garde ne sommeille jamais.
      4 Non, jamais il ne dort, jamais il ne sommeille, le gardien d’Israël.
      5 Le Seigneur est ton protecteur, le Seigneur est ton ombre, Il est à ta main droite,
      6 Et le soleil, durant le jour, ne te frappera pas, Ni la lune pendant la nuit.
      7 L’Éternel te préservera de tout malheur : il veille sur ton âme.
      8 Le Seigneur veillera sur ton départ et ton retour, Dès maintenant et à jamais.

      Psaumes 126

      6 Qui s’en va tout en pleurs En portant sa semence qu’il lance à la volée, Revient rempli de joie et chantant d’allégresse Quand il porte ses gerbes.

      Psaumes 127

      1 Cantique des pèlerinages. De Salomon. Si la maison n’est pas bâtie par le Seigneur, Les bâtisseurs peinent en vain. Si le Seigneur ne garde pas la ville, la garde veille en vain.
      2 Oui, il est vain de vous lever matin et de vous coucher tard Pour gagner dans la peine un bout de pain. Car (Dieu) en donne autant à celui qu’il chérit pendant qu’il dort.
      3 Voyez, des fils sont bien un héritage donné par l’Éternel, Et leur naissance est une récompense.
      4 Ils sont comme les flèches dans la main d’un héros, Les fils de la jeunesse.
      5 Bienheureux l’homme bien armé dont le carquois en est rempli ! Il ne sera jamais confus en plaidant contre l’ennemi Aux portes de la ville.

      Psaumes 129

      8 Pour que nul passant ne puisse leur dire : « Que Dieu vous bénisse ! Nous vous bénissons au nom du Seigneur ».

      Psaumes 134

      1 Cantique des pèlerinages. Bénissez le Seigneur, Vous tous, ses serviteurs, Vous qui restez debout Tout au long de la nuit Au temple du Seigneur !
      2 Que, dans la sainteté, Vos mains soient élevées Pour bénir le Seigneur !
      3 Oui, que depuis Sion, Le Seigneur te bénisse, Lui qui a fait les cieux Et qui a fait la terre.

      Psaumes 137

      5 Si jamais je t’oublie, ô toi, Jérusalem, que ma droite m’oublie !

      Proverbes 3

      Cantique 2

      Esaïe 5

      Esaïe 9

      Esaïe 12

      Esaïe 26

      Esaïe 65

      Jérémie 48

      Lamentations 3

      Matthieu 11

      16 À qui donc pourrais-je comparer les hommes de notre temps ? À qui ressemblent-ils ? Ils sont comme ces gamins assis sur la place du marché qui crient à leurs camarades :
      28 Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et accablés, vous qui êtes déprimés, parce que vous ployez sous un fardeau trop lourd, et je vous donnerai du repos.
      30 Oui, mon joug est utile et la charge que je vous impose est légère.

      Luc 1

      16 Par son action, beaucoup d’Israélites se convertiront et reviendront au Seigneur, leur Dieu.
      17 Il marchera en précurseur sous le regard de Dieu, dans le même esprit et avec la même puissance que le prophète Élie, pour réconcilier les parents avec leurs enfants, pour amener ceux qui sont désobéissants à penser comme des hommes justes et pour former ainsi un peuple bien disposé, prêt à accueillir le Seigneur.
      18 Zacharie demanda à l’ange : — Comment reconnaîtrai-je que tu dis vrai ? Car je suis moi-même déjà vieux et ma femme est très âgée.
      19 L’ange lui répondit : — Je suis Gabriel. Je me tiens devant Dieu pour le servir, il m’a envoyé pour te parler et t’annoncer cette heureuse nouvelle.
      20 Mais, puisque tu n’as pas cru à mes paroles, tu vas devenir muet et tu ne pourras prononcer un seul mot jusqu’au jour où tout ce que je t’ai dit se réalisera, car, sois-en certain, mes paroles s’accompliront au temps prévu.
      21 Pendant ce temps, la foule attendait Zacharie et s’étonnait de le voir rester si longtemps dans le sanctuaire.
      22 Lorsqu’il sortit enfin, il fut incapable de leur parler, il pouvait seulement s’expliquer par gestes. Ils comprirent alors qu’il avait eu une vision dans le sanctuaire. Et il resta muet.
      23 Lorsqu’il eut terminé son temps de service au temple, il rentra chez lui.
      24 Quelque temps après, sa femme Élisabeth remarqua qu’elle était enceinte et, pendant cinq mois, elle vécut retirée dans sa maison. Elle se disait : —
      25 C’est l’œuvre du Seigneur ! Il a jeté un regard favorable sur moi, il a voulu effacer le déshonneur qui pesait sur moi aux yeux de tous.
      26 Six mois plus tard, Dieu envoya l’ange Gabriel dans une ville de Galilée appelée Nazareth
      27 chez une jeune fille fiancée à un homme appelé Joseph, un descendant du roi David. Cette jeune fille s’appelait Marie.
      28 En entrant dans sa chambre, l’ange lui dit : — Réjouis-toi ! Le Seigneur est avec toi et t’accorde sa faveur.
      29 Marie fut profondément troublée par ces paroles, elle se demanda ce que pouvait bien signifier cette salutation.
      30 L’ange lui dit alors : — N’aie pas peur, Marie, car Dieu t’a accordé sa faveur.
      31 Bientôt, tu seras enceinte et tu mettras au monde un fils ; tu le nommeras Jésus.
      32 Il sera grand. Il portera le titre de « Fils du Très-Haut », et le Seigneur Dieu lui donnera un pouvoir royal semblable à celui de David, son ancêtre.
      33 Il régnera éternellement sur la maison de Jacob et son règne ne cessera jamais.
      34 Marie dit à l’ange : — Comment est-ce possible, puisque je n’ai de relations avec aucun homme ?
      35 Mais l’ange lui répondit : — L’Esprit saint descendra en toi, et la puissance du Dieu très-haut t’enveloppera comme d’une ombre. C’est pourquoi l’enfant auquel tu donneras naissance sera saint, et on l’appellera Fils de Dieu.
      36 D’ailleurs, ta cousine Élisabeth, malgré son grand âge, attend, elle aussi, un fils. On disait qu’elle ne pouvait pas avoir d’enfant, et voici qu’elle en est maintenant à son sixième mois,
      37 car pour Dieu, rien n’est impossible et aucune de ses promesses ne demeure sans accomplissement.
      38 Alors, Marie répondit : — J’appartiens au Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu viens de le dire. Et l’ange la quitta.
      39 Peu après, Marie s’empressa de partir pour la région montagneuse du territoire de Juda (où vivait sa cousine).
      40 Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth.
      41 Au moment où celle-ci entendit la salutation de Marie, elle sentit son enfant remuer en elle. Elle fut elle-même remplie du Saint-Esprit
      42 et s’écria à haute voix : — Bénie sois-tu entre toutes les femmes, et béni soit l’enfant que tu portes en toi !
      43 Comment ai-je mérité l’honneur d’une visite de la mère de mon Seigneur ?
      44 Car, vois-tu, au moment même où je t’ai entendue me saluer, mon enfant s’est mis à bondir de joie en moi.
      45 Tu es heureuse, toi qui as cru que la promesse du Seigneur s’accomplira.
      46 Alors, Marie se mit à chanter : Mon âme déborde de louanges et chante la grandeur du Seigneur.
      47 Mon esprit exulte de joie et triomphe en Dieu, mon Sauveur.
      48 Car il a bien voulu jeter les yeux sur son humble servante. C’est pourquoi, dans tous les âges à venir, on dira que je suis la plus heureuse des femmes.
      49 Car le Tout-Puissant a fait pour moi un grand miracle. Saint est son nom.
      50 Il témoigne sa bonté de génération en génération à tous ceux qui le révèrent.
      51 Il est intervenu avec toute sa puissance pour disperser ceux qui portent dans leur cœur des desseins orgueilleux.
      52 Il a précipité les puissants de leur trône, mais il a élevé les humbles au premier rang.
      53 Il a comblé de biens ceux qui étaient affamés et renvoyé les mains vides ceux qui étaient riches et satisfaits.
      54 Il a pris en main la cause d’Israël, du peuple qui le sert, et il est venu à son secours.
      55 Il s’est souvenu de sa bonté envers Abraham et il n’a pas oublié de la manifester à ses descendants. Il a tenu la promesse qu’il avait faite à nos ancêtres. Sa parole demeure à jamais.
      68 Loué et béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, car il est venu visiter et libérer son peuple !

      Romains 8

      31 Que dire de plus ? Si Dieu se place ainsi de notre côté, qui peut tenir contre nous ?
      39 qu’elle vienne d’en-haut ou de l’abîme, aucune autre créature, non, rien au monde ne peut ériger une séparation entre nous et l’amour que Dieu nous a témoigné en Jésus-Christ notre Seigneur et dont nous jouissons en communion avec lui.

      1 Timothée 3

      16 Oui, vraiment, c’est une grande et profonde vérité que notre foi chrétienne dévoile et que nous reconnaissons ensemble au sujet du Christ : Il s’est révélé dans un corps humain, et, déclaré juste, par le Saint-Esprit, il a été vu par les anges. Il fut proclamé parmi les non-Juifs. On a cru en lui dans le monde entier. Il fut élevé au séjour de gloire.

      Apocalypse 4

      11 en disant : Seigneur notre Dieu, tu es digne de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, tu as créé l’univers, et c’est par ta volonté que toutes choses existent.

      Apocalypse 5

      9 Et ils se mirent tous à chanter un cantique nouveau, disant : Toi seul, tu es digne de prendre le livre et capable d’en briser les sceaux, car tu as racheté, pour Dieu, par ton sang, des hommes de toute race, de toute langue, de tout peuple et de toute nation.
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