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SAÜL

1.

Ses origines, son avènement.

Dans 1Sa 7-15, on distingue aisément deux séries de récits, les uns favorables, les autres hostiles au principe monarchique. Les premiers eux-mêmes semblent bien (d'après le prof. Ad. Lods en particulier) appartenir à deux sources, celle du voyant et celle de Jabès. La première doit être la plus ancienne. Saül, vaillant guerrier, a abattu la stèle que les Philistins, jusqu'alors vainqueurs d'Israël, avaient élevée dans sa ville natale, Guibéa de Benjamin. C'est l'insurrection ouverte. Saül appelle à lui les patriotes. Six cents braves répondent seuls à cette convocation. Les Philistins réunissent une puissante armée, avec chars, cavaliers et fantassins. Campés à Guibéa (aujourd'hui Djéba, à environ 10 km. de Jérusalem), Saül et ses hommes occupent le bord méridional d'un ravin abrupt, très profond, tandis que les Philistins s'établissent en face à Micmas. Saül juge sa position périlleuse, il hésite à attaquer. Mais son fils Jonathan brusque les choses. Assisté seulement de son écuyer, il fond avec audace sur le poste philistin. La panique gagne tout le camp ennemi. Les sentinelles de Saül lui signalent ce désordre. Saül consulte le sort sacré, mais comme ces formalités demandent beaucoup de temps, il se voit obligé de les interrompre devant le tumulte croissant. Il atteint le camp philistin, où il trouve les ennemis s'entr'égorgeant. Il les chasse sans peine et fait jurer à ses soldats de ne rien manger jusqu'au soir pour mieux poursuivre les fuyards. Là se place un épisode tragique, visiblement rapporté pour mettre en relief l'héroïsme avec lequel Saül accomplit rigoureusement ses devoirs religieux. Jonathan, qui n'avait pas connaissance du serment, goûte du miel sauvage dans une forêt. Le soir, Saül demande à Yahvé s'il faut poursuivre les Philistins jusqu'au matin suivant. Il n'obtient pas de réponse, et en déduit qu'une faute grave a été commise. L'oracle en désigne l'auteur : c'est Jonathan. Saül jure que son fils mourra. Mais les soldats le rachètent, l'un d'eux est exécuté à sa place. Il semble bien que c'est à la suite de cet éclatant succès que le récit du voyant montrait Saül appelé à la royauté (1Sa 14:46 et suivant) et intronisé peut-être à Guibéa. (cf. Os 10:9)

Ce récit (1Sa 13:3,5-7 13:16-14:20,23,24,25-30,26-46) malgré l'allure très littéraire que lui a donnée un habile conteur, repose sur une tradition historique de haute valeur. Il est précédé d'un morceau empreint également de naturel et fort pittoresque, mais sans doute plus légendaire (1Sa 9:1-10:16) On y voit Saül, parti à la recherche des ânesses égarées de son père, s'adresser en désespoir de cause à un voyant de petite ville, Samuel. Yahvé avait prévenu celui-ci la veille qu'il recevrait la visite de l'homme appelé à devenir roi d'Israël et à délivrer le peuple du joug des Philistins. Samuel révèle à Saül ses hautes destinées et lui donne secrètement l'onction royale. C'est Samuel qui aura suggéré à Saül l'idée de s'attaquer à la stèle triomphale des Philistins : « A Guibéa, l'esprit de Yahvé te saisira, annonce le voyant ; dès lors tu pourras faire ce que ta main trouvera » (1Sa 15:5,7).

Historiquement, Saül paraît bien avoir été gagné par l'exaltation des vieux inspirés (nebiim =prophètes), qui provoquaient les phénomènes extatiques par des exercices violents accomplis en commun, et qui semblent aussi avoir été les zélateurs fervents du patriotisme israélite. On peut admettre également qu'un voyant, un inspiré plus calme, isolé, plus archaïque, du nom de Samuel, ait contribué à préparer l'insurrection nationale, et, par suite, l'établissement de la royauté. Mais dans l'ensemble, le récit trahit l'intervention de la poésie populaire. Il montre en Saül un jeune homme timide et modeste, dont l'absence prolongée va inquiéter son père, et non le guerrier farouche déjà père lui-même d'un vaillant héros, Jonathan. En somme, nous trouvons ici, revêtue d'une forme plastique des plus remarquables, la conviction profonde des Israélites, entre le X e et le VIII° siècle, d'après laquelle la royauté nationale fut une institution voulue et préparée par le Dieu national.

La série de traditions parallèles, source de Jabès, comprend le chap. 11 et la plupart des versets des chap. 13 et 14 qui ne concordent pas avec la suite du récit du voyant. Saül se signale pour la première fois en s'attaquant aux Ammonites qui, profitant sans doute de la détresse causée par les Philistins aux tribus du centre d'Israël, assiégeaient Jabès en Galaad (N. de la Transjordanie). Les assiégés demandent à capituler. Nahas, le chef ammonite, le leur accorderait, moyennant que dans la ville tous les habitants (sans doute les hommes) aient l'oeil droit crevé, ce qui les rendrait impropres à la guerre et marquerait Israël d'ignominie. Les Jabésiens sollicitent un délai de sept jours pour tenter de recueillir des secours un peu partout parmi leurs frères. Nahas acquiesce. Si ce trait est historique, on supposera que les Ammonites, connaissant la désunion des tribus d'Israël, escomptaient l'échec de ces démarches in extremis. Les messagers de Jabès parcourent donc le pays. A Guibéa de Benjamin, tout le monde pleurait en les écoutant. Saül survient, revenant des champs. A la pensée de l'affront dont sont menacés Israël et son Dieu, « l'esprit saute sur lui » ; il abat deux de ses boeufs et en envoie les quartiers dans tout le territoire de son peuple, avec ce message : « Ainsi seront traités les boeufs de tout homme qui ne marchera pas à la suite de Saül. » Sous cette forme assez insolite, on discernera le sacrifice qui marquait l'ouverture de toute campagne (cf. 1Sa 7:9) et unissait les combattants par un lien aussi redoutable que sacré. L'appel est entendu ; les volontaires accourent à Bézek, en face de Jabès. Le lendemain avant l'aube, Saül surprend le camp ammonite ; à midi, les assiégeants sont dispersés. Les guerriers vainqueurs proclament Saül roi, à Guilgal. Il reste à secouer le joug des Philistins. Une suite de campagnes heureuses (Micmas, Béthel, Guibéa), où se distingue Jonathan, fils de Saül, libère le pays jusqu'à Ajalon. --En fait, il est très probable que Saül aura rendu un grand service à la ville de Jabès, puisque celle-ci, plus tard, s'exposera à la vengeance des Philistins redevenus vainqueurs, en rendant les honneurs funèbres à son cadavre. Mais comment concevoir l'expédition qui délivra Jabès en un temps où la suzeraineté philistine s'exerçait encore intacte sur le centre du pays ? La version du voyant est plus naturelle, qui admet pour premier effort de Saül la résistance aux ennemis maîtres de sa propre ville.

Une troisième source exprime des sentiments bien différents de cet enthousiasme royaliste. (1)

(1) Pour l'importance de cette source d'inspiration prophétique, voir art. Prophète, IV ; et A. Westphal, Jéhovah, 4° éd. 1922, pp. 266-2S7, Les Prophètes, 1924, t. I, pp. 341-375.

2.

Son règne.

Du règne de Saül, dont l'importance fut capitale pour la formation d'une véritable nation israélite, la tradition populaire, plus soucieuse d'anecdotes individuelles que d'histoire générale, n'a guère retenu que les démêlés du roi avec son futur successeur, David. En réalité, cette brouille entre Saül et l'un de ses capitaines n'aura été qu'un épisode, à placer probablement à la fin du règne. Ce qui remplit ce règne, c'est essentiellement la guerre entre Israël et les Philistins. (cf. 1Sa 14:52) Les grandes batailles rangées étaient rares, mais la guérilla de frontières reprenait à chaque printemps, marquée par le rapt de troupeaux, l'incendie de maisons isolées, parfois la surprise de villes peu ou pas fortifiées. Plutôt que d'armées on parlera de bandes. Dans une ancienne tradition, Saül ne dispose que de six cents hommes (1Sa 13:15 14:2), et David n'en a pas plus (1Sa 23:13), qui servent Saül sous ses ordres (voir Armée). Il n'existait encore aucune organisation régulière pour assurer la levée des troupes et celle des impôts. Quand le roi n'était pas en guerre, il vivait à Guibéa, sur ses terres, en « paysan noble ». Un repas probablement sacrificiel réunissait autour de lui ses serviteurs (officiers) lors de chaque nouvelle lune. On tenait conseil sous le tamaris sacré de Guibéa (1Sa 22:6).

La royauté de Saül procède donc en premier lieu de l'hégémonie militaire. On doit, d'autre part, y reconnaître une royauté de tribu s'exerçant au profit de tout Israël. Des Benjamites sont les généraux de Saül : Abner et ses successeurs. C'est aux gens de Benjamin que le roi distribue les meilleures terres prises à l'ennemi ; Saül lui-même n'en était pas moins pénétré d'un sentiment national israélite très développé. En accueillant des hommes de bonne volonté de toute tribu, il entra en rapport avec David, de Juda. La Transjordanie deviendra le plus ferme soutien de sa dynastie. C'est apparemment pour la défendre que Saül combattit Moab et les Araméens de Tsoba (1Sa 14:47). A l'Ouest, son autorité s'étendit au moins jusqu'à la plaine de Jizréel, où se place son dernier combat contre les Philistins (1Sa 29:11 31:1). Il défendit Juda et toute la région du S. contre les razzias des bédouins (Amalécites), et de la sorte commença à faire entrer ces tribus dans la confédération d'Israël (1Sa 14:48). Enfin, il chercha à brusquer l'annexion des Cananéens en leur enlevant leurs derniers vestiges d'indépendance.

Cette royauté présentait un caractère religieux très prononcé. La foi en Yahvé constituait le seul lien solide entre les tribus agglomérées. Saül fut très probablement l'inspiré que célèbrent les récits les plus anciens. Il n'entreprenait aucune expédition sans y emmener un prêtre, qui consultait pour lui le sort sacré avant chaque opération. La tradition antiroyaliste rapporte qu'il proscrivit ceux qui interrogent les morts et évoquent les esprits (1Sa 28:3). Ce n'est pas qu'il considérât ces pratiques comme de vaines superstitions ; au contraire, pour lui âmes et esprits évoqués étaient des élohim, des rivaux de Yahvé. S'adresser à eux ne pouvait qu'irriter le dieu national.

La fin du règne fut assombrie par une maladie étrange. Saül manifestait des accès d'humeur sombre ; irritable, soupçonneux, il voyait des ennemis en ses plus fidèles serviteurs, sans en excepter son fils et son gendre David. Cette sorte de délire de la persécution aura été la rançon de l'excitabilité d'où procéda sa grandeur. Les contemporains le croyaient possédé par un esprit mauvais envoyé par Yahvé. L'affection du peuple était si profonde pour le souverain ainsi frappé que l'obéissance et la sympathie ne se rebutèrent pas. La musique seule soulageait le malade. D'après les plus vieilles versions, ce fut elle qui occasionna l'entrée en scène du personnage qui allait reprendre et développer l'oeuvre compromise de Saül, aux dépens de ses descendants. Le jeune Bethléhémite David, habile à jouer de la cithare, éloquent, beau et d'une bravoure éprouvée, devint le poète et le musicien attitré du roi ainsi que l'un de ses écuyers personnels (1Sa 16:14 et suivants). Toutes les anecdotes conservées, tragiques ou plaisantes, archaïques et barbares ou sentimentales, s'inspirent de sympathies très nettes pour David ; nous ignorons ce que Saül et ses amis pensaient des mêmes faits.

Ce qui est le mieux attesté, c'est que David, promu chef de bande, fut constamment heureux dans ses exploits. Sa popularité dès lors croissante porta ombrage à Saül. Il ne lui refusa pas sa fille Mical en mariage, mais exigea en dot de David les dépouilles de cent Philistins, espérant que le jeune chef périrait en allant les conquérir. Espoir déçu. Saül voulut alors tuer David de sa main ; le coup de lance-javelot fut esquivé. David s'enfuit devant tant de haine ; Jonathan, fils aîné du roi et très lié avec son beau-frère, se vit bientôt contraint de lui faire savoir qu'aucun espoir de réconciliation n'était possible.

Autour de David se groupèrent les membres de sa famille, puis tous les mécontents (1Sa 30:22). Ces six cents hommes (1Sa 30:9) devaient devenir le véritable levier de sa fortune immense ; ils constitueront le noyau de la future armée permanente d'Israël. Habile politique, David semble avoir essayé d'éviter la lutte ouverte contre Saül ; il voulut vivre avec sa troupe uniquement aux dépens des Philistins. Cependant Saül le poursuivait. Il se réfugia dès lors dans le « désert de Juda », région inculte et très accidentée. Il y subsista grâce aux rançons plus ou moins volontaires, versées par les propriétaires des troupeaux qui fréquentaient les pâturages du pays, pour qu'il les protégeât contre les autres pillards. Saül vint traquer David jusque dans ces solitudes. Alors le chef de bande n'hésita pas à s'exiler en pays philistin, où le roi de Gath accueillit avec empressement ses offres de service. Cette attitude a beaucoup gêné le patriotisme plus chatouilleux des rédacteurs, et la version la plus récente atténue fortement la démarche pourtant formelle de David s'offrant à combattre Saül. Il ne réussit qu'à force de ruse et grâce à d'heureux hasards à éviter la nécessité de tenir sa promesse (1Sa 27 et 1Sa 28).

Cependant la fortune du souverain sombrait dans un désastre qui faillit porter un coup mortel à Israël. On raconta que Saül avait reçu une révélation funeste la veille du combat (1Sa 28), récit d'une grandeur tragique dans sa sobriété. La déroute fut complète. Trois fils du roi, y compris Jonathan, furent tués. Saül lui-même, gravement blessé, se jeta sur son épée pour ne pas tomber vivant aux mains des Philistins (1Sa 31). Ou, d'après une autre version (2Sa 1), un Amalécite l'aurait achevé sur sa demande. Le cadavre fut dépouillé et mutilé par les vainqueurs ; le tronc, abandonné et pendu, reçut enfin l'hommage funèbre de la ville de Jabès.

L'essai de royauté nationale paraissait avoir abouti à la faillite. Ni l'affranchissement, ni l'unification n'avaient finalement progressé. Mais ce qui survivait, c'était la foi profonde du peuple en une monarchie de droit divin. Il était réservé à un personnage plus grand et plus heureux que Saül de capter cette confiance à son profit et de faire décidément aboutir l'oeuvre tentée par le vaillant mais infortuné premier roi d'Israël. Jo. M.

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      Lévitique 11

      1 Le Seigneur dit à Moïse et à Aaron
      2 de communiquer aux Israélites les instructions suivantes : « Parmi les animaux terrestres, vous pouvez manger
      3 ceux qui ont des sabots fendus et qui ruminent.
      4 Mais vous ne devez pas manger ceux qui ont seulement des sabots fendus ou qui ruminent seulement ; ainsi vous considérerez comme impurs les animaux suivants : – le chameau, car il rumine, mais n’a pas de sabots ;
      5 – le daman, car il rumine, mais n’a pas de sabots ;
      6 – le lièvre, car il rumine, mais n’a pas de sabots ;
      7 – le porc, car il a des sabots fendus, mais il ne rumine pas.
      8 Ne consommez pas la viande de ces animaux-là et ne touchez même pas leurs cadavres ; considérez-les comme impurs.
      9 « Parmi les animaux vivant dans l’eau, dans les lacs, les mers ou les rivières, vous pouvez manger ceux qui ont à la fois des nageoires et des écailles.
      10 Mais vous vous abstiendrez de manger ceux qui n’ont pas de nageoires ou pas d’écailles, que ce soient des bestioles qui grouillent dans l’eau ou d’autres animaux aquatiques ;
      11 ayez-les en horreur : n’en consommez pas la chair et évitez tout contact avec leurs cadavres.
      12 Abstenez-vous donc de manger tout animal aquatique dépourvu de nageoires ou d’écailles.
      13 « Parmi les oiseaux, voici ceux que vous devez avoir en horreur et que vous ne devez pas manger : les aigles, les gypaètes, les aigles marins,
      14 les milans, les diverses espèces de vautours
      15 et de corbeaux,
      16 les autruches, les chouettes, les mouettes, les diverses espèces d’éperviers,
      17 les hiboux, les cormorans, les hulottes,
      18 les effraies, les chouettes chevêches, les charognards,
      19 les cigognes, les diverses espèces de hérons, les huppes et les chauves-souris.
      20 « Ayez en horreur les insectes pourvus d’ailes et de pattes.
      21 Toutefois vous pouvez manger ceux qui ont des pattes leur permettant de sauter sur le sol,
      22 à savoir les diverses espèces de sauterelles et de criquets.
      23 Tous les autres insectes pourvus d’ailes et de pattes, ayez-les en horreur. »
      24 « Le contact avec certaines bêtes rend l’homme impur : quiconque touche leur cadavre est impur jusqu’au soir ;
      25 quiconque transporte leur cadavre doit laver ses vêtements, il reste également impur jusqu’au soir.
      26 Voici les animaux que vous devez considérer comme impurs : – ceux dont les sabots ne sont pas fendus et ceux qui ne ruminent pas : quiconque les touche devient impur ; – tous les quadrupèdes qui marchent sur la plante des pieds : quiconque touche leur cadavre est impur jusqu’au soir ; quiconque transporte leur cadavre doit laver ses vêtements, il reste également impur jusqu’au soir.
      29 « Parmi les bêtes qui pullulent sur le sol, voici celles que vous devez considérer comme impures : les taupes, les souris, les diverses espèces de lézards,
      30 geckos, lézards ocellés, lézards verts, lézards des sables et caméléons.
      31 Tenez ces bêtes pour impures : quiconque les touche quand elles sont mortes est impur jusqu’au soir.
      32 Si l’une d’elles crève et tombe sur un objet quelconque, ustensile en bois, vêtement, peau ou sac, cet objet doit être lavé, quel que soit son usage ; il reste impur jusqu’au soir, après quoi il redevient pur.
      33 Si une de ces bêtes tombe dans un récipient en terre, ce qu’il contient devient impur et le récipient doit être brisé.
      34 Si l’on verse de l’eau provenant de ce récipient sur un aliment qu’il est normalement permis de manger, celui-ci devient impur à son tour ; s’il s’agit d’un liquide qu’il est normalement permis de boire, il devient également impur, quel que soit le récipient où il se trouve.
      35 Un objet quelconque sur lequel tombe le cadavre d’une de ces bêtes devient impur : s’il s’agit d’un four ou d’un foyer, démolissez celui-ci, car vous devez le considérer comme impur.
      36 Toutefois, si le cadavre tombe dans une source ou une citerne, l’eau reste pure, mais celui qui en retire le cadavre devient impur.
      37 Si le cadavre tombe sur des graines destinées à être semées, les graines restent pures.
      38 Mais s’il tombe sur des graines mises à tremper pour être consommées, considérez-les comme impures.
      39 « Si une bête qu’il est normalement permis de manger vient à crever, quiconque touche son cadavre est impur jusqu’au soir :
      40 celui qui mange de cette viande doit laver ses vêtements, mais il reste impur jusqu’au soir ; de même celui qui transporte le cadavre de la bête doit laver ses vêtements, et il reste également impur jusqu’au soir.
      41 « Vous vous abstiendrez de manger les bestioles qui pullulent sur le sol.
      42 Vous ne devez manger ni celles qui rampent, ni celles qui marchent sur quatre pattes ou plus.
      43 Ne vous mettez pas en situation de vous contaminer en touchant ces bestioles ; ne vous laissez pas contaminer par elles, car vous deviendriez impurs.
      44 Moi, je suis le Seigneur votre Dieu : comportez-vous comme des êtres saints, car je suis saint. Ne vous rendez donc pas impurs en touchant les bestioles qui se déplacent au ras du sol.
      45 C’est moi, le Seigneur, qui vous ai fait sortir d’Égypte afin de devenir votre Dieu ; soyez saints, car je suis saint. »
      46 Telles sont les instructions concernant les animaux, les oiseaux, les bêtes vivant dans l’eau et les bestioles pullulant sur le sol.
      47 Elles permettent de distinguer les animaux purs des animaux impurs, ceux que l’on peut manger de ceux que l’on ne doit pas manger.

      1 Samuel 7

      1 Les gens de Quiriath-Yéarim vinrent donc le chercher et le transportèrent dans la maison d’Abinadab, qui se trouve sur une colline. Ensuite ils consacrèrent Élazar, fils d’Abinadab, comme gardien du coffre du Seigneur.
      2 Après que le coffre sacré du Seigneur eut été déposé à Quiriath-Yéarim, beaucoup de temps s’écoula, une vingtaine d’années. Les Israélites aspiraient à se rapprocher du Seigneur.
      3 Alors Samuel leur dit : « Si c’est de tout votre cœur que vous revenez au Seigneur, cessez d’adorer les idoles d’Astarté et de tous les autres dieux étrangers ; attachez-vous au Seigneur et servez-le, lui seul ; alors il vous sauvera du pouvoir des Philistins. »
      4 Les Israélites rejetèrent donc les idoles des dieux Baals et de la déesse Astarté, et ils adorèrent le Seigneur seul.
      5 Samuel ordonna ensuite : « Que tout le peuple se rassemble à Mispa ; là je prierai le Seigneur en votre faveur. »
      6 Les Israélites se rassemblèrent à Mispa. Ils puisèrent de l’eau, la répandirent sur le sol devant le Seigneur et jeûnèrent ce jour-là. Enfin ils confessèrent qu’ils étaient coupables envers le Seigneur. C’est là, à Mispa, que Samuel devint le chef du peuple d’Israël.
      7 Lorsque les Philistins apprirent que les Israélites étaient rassemblés à Mispa, leurs chefs décidèrent d’aller les attaquer. A cette nouvelle, les Israélites furent effrayés
      8 et ils dirent à Samuel : « Ne nous abandonne pas ! Ne cesse pas de supplier le Seigneur notre Dieu en notre faveur, pour qu’il nous sauve du pouvoir des Philistins. »
      9 Samuel prit un tout jeune agneau et l’offrit en sacrifice au Seigneur en le brûlant complètement ; puis il supplia le Seigneur en faveur des Israélites et le Seigneur l’exauça.
      10 En effet, tandis que Samuel offrait le sacrifice, les Philistins s’étaient avancés pour attaquer Israël ; mais alors le Seigneur fit retentir le tonnerre à grand fracas, jetant la confusion dans l’armée des Philistins, qui furent battus par les Israélites.
      11 L’armée d’Israël sortit de Mispa, poursuivit les Philistins jusqu’au-dessous de Beth-Kar et les battit complètement.
      12 Samuel s’écria : « Jusqu’ici le Seigneur nous a secourus. » Il prit alors une pierre, la dressa entre Mispa et La Dent et l’appela “Pierre-du-secours”.
      13 Les Philistins furent humiliés par cette défaite. Le Seigneur leur fit sentir sa puissance tant que vécut Samuel, et ils ne recommencèrent plus à envahir le territoire d’Israël.
      14 Les localités que les Philistins avaient prises aux Israélites, dans la région située entre Écron et Gath, furent rendues aux Israélites ; cette région fut ainsi libérée de la domination des Philistins. La paix régna également entre les Israélites et les Amorites.
      15 Samuel fut le chef du peuple d’Israël jusqu’à sa mort.
      16 Chaque année il se mettait en route et passait par Béthel, le Guilgal et Mispa, pour rendre la justice dans ces trois villes.
      17 Puis il rentrait chez lui, à Rama, où il rendait aussi la justice pour les Israélites. C’est là qu’il construisit un autel pour le Seigneur.

      1 Samuel 8

      1 Quand Samuel fut devenu vieux, il plaça ses fils à la tête du peuple d’Israël.
      2 Son fils aîné s’appelait Joël et le second Abia. Ils s’installèrent à Berchéba pour y rendre la justice.
      3 Mais ils ne suivirent pas l’exemple de leur père. Attirés par l’argent, ils acceptaient des cadeaux et prononçaient des jugements injustes.
      4 C’est pourquoi les anciens d’Israël se réunirent et se rendirent chez Samuel à Rama ;
      5 ils lui déclarèrent : « Vois-tu, Samuel, tu es vieux, et tes fils ne suivent pas ton exemple. Désigne donc un roi pour nous gouverner, comme cela se fait chez tous les autres peuples. »
      6 Samuel fut très mécontent qu’ils aient demandé un roi et il se mit à prier le Seigneur.
      7 Le Seigneur lui répondit : « Écoute les Israélites, accepte leurs revendications. En effet, ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi ! Ils ne veulent plus que je sois leur roi.
      8 Depuis le jour où je les ai fait sortir d’Égypte jusqu’à maintenant, ils n’ont pas cessé de m’abandonner pour adorer d’autres dieux ; ce qu’ils ont ainsi fait avec moi, ils vont maintenant le faire avec toi aussi.
      9 C’est pourquoi, accepte leurs revendications ; seulement, avertis-les solennellement et indique-leur quels seront les droits du roi qui régnera sur eux. »
      10 Samuel rapporta les paroles du Seigneur à ceux qui lui avaient demandé un roi :
      11 « Sachez, leur dit-il, quels seront les droits du roi qui régnera sur vous : Il prendra parmi vos fils des soldats pour conduire ses chars de guerre, pour monter ses chevaux, ou pour courir devant son propre char ;
      12 certains auront à commander un régiment ou une compagnie. Il en prendra d’autres pour labourer ses champs et rentrer ses moissons, ou pour lui fabriquer des armes et des équipements de chars.
      13 Il prendra aussi vos filles comme parfumeuses, cuisinières ou boulangères.
      14 Il s’appropriera les meilleurs de vos champs, de vos vignes ou de vos plantations d’oliviers et les donnera à ses officiers ;
      15 il prélèvera sur les produits de vos champs et de vos vignes une redevance de dix pour cent, qu’il donnera à ses fonctionnaires et à ses officiers.
      16 Il réquisitionnera vos serviteurs et vos servantes, les plus forts de vos jeunes gens, et même vos ânes, pour travailler à son service.
      17 Il prélèvera une bête sur dix dans vos troupeaux de moutons et de chèvres. En un mot, vous serez ses esclaves.
      18 Alors vous vous plaindrez au Seigneur à cause du roi que vous vous serez choisi, mais il ne vous répondra pas. »
      19 Les Israélites refusèrent de tenir compte des paroles de Samuel et déclarèrent : « Tant pis, nous voulons quand même un roi,
      20 pour être comme tous les autres peuples. Nous voulons un roi qui rende la justice parmi nous, qui marche à la tête de notre armée et qui combatte avec nous. »
      21 Samuel écouta tout ce que disaient les Israélites et le rapporta au Seigneur.
      22 Le Seigneur lui répondit : « Accorde-leur ce qu’ils te demandent : donne-leur un roi. » Après cela, Samuel invita les Israélites à retourner chez eux.

      1 Samuel 9

      1 A cette époque-là, dans le pays de Benjamin, vivait un Benjaminite de condition aisée ; il s’appelait Quich et était fils d’Abiel, lui-même fils de Seror, petit-fils de Bekorath et arrière-petit-fils d’Afia.
      2 Quich avait un fils nommé Saül, un beau jeune homme : personne en Israël n’avait plus belle allure que lui, il dépassait tout le monde d’une tête.
      3 Un jour, les ânesses de Quich s’égarèrent. Quich ordonna donc à son fils Saül de prendre avec lui un serviteur et de partir à la recherche de ces bêtes.
      4 Saül et son compagnon traversèrent d’abord la région montagneuse d’Éfraïm, puis le territoire de Chalicha, mais ils ne trouvèrent rien ; ils passèrent par celui de Chaalim, en vain, puis par celui de Benjamin, mais ils ne trouvèrent toujours rien.
      5 Quand ils arrivèrent dans la région de Souf, Saül dit à son serviteur : « Rentrons à la maison, sinon mon père oubliera les ânesses pour ne plus s’inquiéter que de nous. »
      6 Le serviteur répondit : « Je sais que dans cette ville, là, devant nous, il y a un prophète, un homme réputé : tout ce qu’il annonce arrive à coup sûr. Allons donc le voir maintenant ; il nous indiquera peut-être de quel côté nous devons poursuivre nos recherches. » –
      7 « Mais, si nous y allons, dit Saül, qu’apporterons-nous à ce prophète ? Nous n’avons plus de pain dans nos sacs, nous n’avons aucun cadeau à lui offrir, il ne nous reste rien. » –
      8 « J’ai avec moi une petite pièce d’argent, reprit le serviteur ; nous la lui donnerons pour qu’il nous indique le chemin à prendre. »
      9 Saül dit alors : « C’est bien ; allons-y. » Et ils se rendirent à la ville où se trouvait le prophète. En cours de route, ils croisèrent des jeunes filles qui descendaient de la ville pour aller puiser de l’eau. Ils leur demandèrent : « Est-ce que le voyant est ici ? » – Autrefois en Israël, lorsqu’on voulait consulter Dieu, on disait : « Allons donc chez le voyant ». En effet, celui qu’on appelle aujourd’hui “prophète”, on l’appelait alors “voyant”. –
      12 Les jeunes filles leur répondirent : « Oui, il est arrivé juste avant vous ; il est venu dans notre ville aujourd’hui, car c’est le jour où la population offre un sacrifice sur le lieu sacré. Dépêchez-vous
      13 et vous le trouverez dès que vous entrerez en ville, avant qu’il monte au lieu sacré pour le repas. Personne ne mangera avant qu’il arrive, car c’est lui qui doit bénir le sacrifice ; les invités ne mangeront qu’ensuite. Allez-y maintenant, vous le trouverez tout de suite. »
      14 Ils continuèrent leur route. Au moment où ils entraient dans la ville, Samuel, qui en sortait pour se rendre au lieu sacré, arriva près d’eux.
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