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SAÜL

1.

Ses origines, son avènement.

Dans 1Sa 7-15, on distingue aisément deux séries de récits, les uns favorables, les autres hostiles au principe monarchique. Les premiers eux-mêmes semblent bien (d'après le prof. Ad. Lods en particulier) appartenir à deux sources, celle du voyant et celle de Jabès. La première doit être la plus ancienne. Saül, vaillant guerrier, a abattu la stèle que les Philistins, jusqu'alors vainqueurs d'Israël, avaient élevée dans sa ville natale, Guibéa de Benjamin. C'est l'insurrection ouverte. Saül appelle à lui les patriotes. Six cents braves répondent seuls à cette convocation. Les Philistins réunissent une puissante armée, avec chars, cavaliers et fantassins. Campés à Guibéa (aujourd'hui Djéba, à environ 10 km. de Jérusalem), Saül et ses hommes occupent le bord méridional d'un ravin abrupt, très profond, tandis que les Philistins s'établissent en face à Micmas. Saül juge sa position périlleuse, il hésite à attaquer. Mais son fils Jonathan brusque les choses. Assisté seulement de son écuyer, il fond avec audace sur le poste philistin. La panique gagne tout le camp ennemi. Les sentinelles de Saül lui signalent ce désordre. Saül consulte le sort sacré, mais comme ces formalités demandent beaucoup de temps, il se voit obligé de les interrompre devant le tumulte croissant. Il atteint le camp philistin, où il trouve les ennemis s'entr'égorgeant. Il les chasse sans peine et fait jurer à ses soldats de ne rien manger jusqu'au soir pour mieux poursuivre les fuyards. Là se place un épisode tragique, visiblement rapporté pour mettre en relief l'héroïsme avec lequel Saül accomplit rigoureusement ses devoirs religieux. Jonathan, qui n'avait pas connaissance du serment, goûte du miel sauvage dans une forêt. Le soir, Saül demande à Yahvé s'il faut poursuivre les Philistins jusqu'au matin suivant. Il n'obtient pas de réponse, et en déduit qu'une faute grave a été commise. L'oracle en désigne l'auteur : c'est Jonathan. Saül jure que son fils mourra. Mais les soldats le rachètent, l'un d'eux est exécuté à sa place. Il semble bien que c'est à la suite de cet éclatant succès que le récit du voyant montrait Saül appelé à la royauté (1Sa 14:46 et suivant) et intronisé peut-être à Guibéa. (cf. Os 10:9)

Ce récit (1Sa 13:3,5-7 13:16-14:20,23,24,25-30,26-46) malgré l'allure très littéraire que lui a donnée un habile conteur, repose sur une tradition historique de haute valeur. Il est précédé d'un morceau empreint également de naturel et fort pittoresque, mais sans doute plus légendaire (1Sa 9:1-10:16) On y voit Saül, parti à la recherche des ânesses égarées de son père, s'adresser en désespoir de cause à un voyant de petite ville, Samuel. Yahvé avait prévenu celui-ci la veille qu'il recevrait la visite de l'homme appelé à devenir roi d'Israël et à délivrer le peuple du joug des Philistins. Samuel révèle à Saül ses hautes destinées et lui donne secrètement l'onction royale. C'est Samuel qui aura suggéré à Saül l'idée de s'attaquer à la stèle triomphale des Philistins : « A Guibéa, l'esprit de Yahvé te saisira, annonce le voyant ; dès lors tu pourras faire ce que ta main trouvera » (1Sa 15:5,7).

Historiquement, Saül paraît bien avoir été gagné par l'exaltation des vieux inspirés (nebiim =prophètes), qui provoquaient les phénomènes extatiques par des exercices violents accomplis en commun, et qui semblent aussi avoir été les zélateurs fervents du patriotisme israélite. On peut admettre également qu'un voyant, un inspiré plus calme, isolé, plus archaïque, du nom de Samuel, ait contribué à préparer l'insurrection nationale, et, par suite, l'établissement de la royauté. Mais dans l'ensemble, le récit trahit l'intervention de la poésie populaire. Il montre en Saül un jeune homme timide et modeste, dont l'absence prolongée va inquiéter son père, et non le guerrier farouche déjà père lui-même d'un vaillant héros, Jonathan. En somme, nous trouvons ici, revêtue d'une forme plastique des plus remarquables, la conviction profonde des Israélites, entre le X e et le VIII° siècle, d'après laquelle la royauté nationale fut une institution voulue et préparée par le Dieu national.

La série de traditions parallèles, source de Jabès, comprend le chap. 11 et la plupart des versets des chap. 13 et 14 qui ne concordent pas avec la suite du récit du voyant. Saül se signale pour la première fois en s'attaquant aux Ammonites qui, profitant sans doute de la détresse causée par les Philistins aux tribus du centre d'Israël, assiégeaient Jabès en Galaad (N. de la Transjordanie). Les assiégés demandent à capituler. Nahas, le chef ammonite, le leur accorderait, moyennant que dans la ville tous les habitants (sans doute les hommes) aient l'oeil droit crevé, ce qui les rendrait impropres à la guerre et marquerait Israël d'ignominie. Les Jabésiens sollicitent un délai de sept jours pour tenter de recueillir des secours un peu partout parmi leurs frères. Nahas acquiesce. Si ce trait est historique, on supposera que les Ammonites, connaissant la désunion des tribus d'Israël, escomptaient l'échec de ces démarches in extremis. Les messagers de Jabès parcourent donc le pays. A Guibéa de Benjamin, tout le monde pleurait en les écoutant. Saül survient, revenant des champs. A la pensée de l'affront dont sont menacés Israël et son Dieu, « l'esprit saute sur lui » ; il abat deux de ses boeufs et en envoie les quartiers dans tout le territoire de son peuple, avec ce message : « Ainsi seront traités les boeufs de tout homme qui ne marchera pas à la suite de Saül. » Sous cette forme assez insolite, on discernera le sacrifice qui marquait l'ouverture de toute campagne (cf. 1Sa 7:9) et unissait les combattants par un lien aussi redoutable que sacré. L'appel est entendu ; les volontaires accourent à Bézek, en face de Jabès. Le lendemain avant l'aube, Saül surprend le camp ammonite ; à midi, les assiégeants sont dispersés. Les guerriers vainqueurs proclament Saül roi, à Guilgal. Il reste à secouer le joug des Philistins. Une suite de campagnes heureuses (Micmas, Béthel, Guibéa), où se distingue Jonathan, fils de Saül, libère le pays jusqu'à Ajalon. --En fait, il est très probable que Saül aura rendu un grand service à la ville de Jabès, puisque celle-ci, plus tard, s'exposera à la vengeance des Philistins redevenus vainqueurs, en rendant les honneurs funèbres à son cadavre. Mais comment concevoir l'expédition qui délivra Jabès en un temps où la suzeraineté philistine s'exerçait encore intacte sur le centre du pays ? La version du voyant est plus naturelle, qui admet pour premier effort de Saül la résistance aux ennemis maîtres de sa propre ville.

Une troisième source exprime des sentiments bien différents de cet enthousiasme royaliste. (1)

(1) Pour l'importance de cette source d'inspiration prophétique, voir art. Prophète, IV ; et A. Westphal, Jéhovah, 4° éd. 1922, pp. 266-2S7, Les Prophètes, 1924, t. I, pp. 341-375.

2.

Son règne.

Du règne de Saül, dont l'importance fut capitale pour la formation d'une véritable nation israélite, la tradition populaire, plus soucieuse d'anecdotes individuelles que d'histoire générale, n'a guère retenu que les démêlés du roi avec son futur successeur, David. En réalité, cette brouille entre Saül et l'un de ses capitaines n'aura été qu'un épisode, à placer probablement à la fin du règne. Ce qui remplit ce règne, c'est essentiellement la guerre entre Israël et les Philistins. (cf. 1Sa 14:52) Les grandes batailles rangées étaient rares, mais la guérilla de frontières reprenait à chaque printemps, marquée par le rapt de troupeaux, l'incendie de maisons isolées, parfois la surprise de villes peu ou pas fortifiées. Plutôt que d'armées on parlera de bandes. Dans une ancienne tradition, Saül ne dispose que de six cents hommes (1Sa 13:15 14:2), et David n'en a pas plus (1Sa 23:13), qui servent Saül sous ses ordres (voir Armée). Il n'existait encore aucune organisation régulière pour assurer la levée des troupes et celle des impôts. Quand le roi n'était pas en guerre, il vivait à Guibéa, sur ses terres, en « paysan noble ». Un repas probablement sacrificiel réunissait autour de lui ses serviteurs (officiers) lors de chaque nouvelle lune. On tenait conseil sous le tamaris sacré de Guibéa (1Sa 22:6).

La royauté de Saül procède donc en premier lieu de l'hégémonie militaire. On doit, d'autre part, y reconnaître une royauté de tribu s'exerçant au profit de tout Israël. Des Benjamites sont les généraux de Saül : Abner et ses successeurs. C'est aux gens de Benjamin que le roi distribue les meilleures terres prises à l'ennemi ; Saül lui-même n'en était pas moins pénétré d'un sentiment national israélite très développé. En accueillant des hommes de bonne volonté de toute tribu, il entra en rapport avec David, de Juda. La Transjordanie deviendra le plus ferme soutien de sa dynastie. C'est apparemment pour la défendre que Saül combattit Moab et les Araméens de Tsoba (1Sa 14:47). A l'Ouest, son autorité s'étendit au moins jusqu'à la plaine de Jizréel, où se place son dernier combat contre les Philistins (1Sa 29:11 31:1). Il défendit Juda et toute la région du S. contre les razzias des bédouins (Amalécites), et de la sorte commença à faire entrer ces tribus dans la confédération d'Israël (1Sa 14:48). Enfin, il chercha à brusquer l'annexion des Cananéens en leur enlevant leurs derniers vestiges d'indépendance.

Cette royauté présentait un caractère religieux très prononcé. La foi en Yahvé constituait le seul lien solide entre les tribus agglomérées. Saül fut très probablement l'inspiré que célèbrent les récits les plus anciens. Il n'entreprenait aucune expédition sans y emmener un prêtre, qui consultait pour lui le sort sacré avant chaque opération. La tradition antiroyaliste rapporte qu'il proscrivit ceux qui interrogent les morts et évoquent les esprits (1Sa 28:3). Ce n'est pas qu'il considérât ces pratiques comme de vaines superstitions ; au contraire, pour lui âmes et esprits évoqués étaient des élohim, des rivaux de Yahvé. S'adresser à eux ne pouvait qu'irriter le dieu national.

La fin du règne fut assombrie par une maladie étrange. Saül manifestait des accès d'humeur sombre ; irritable, soupçonneux, il voyait des ennemis en ses plus fidèles serviteurs, sans en excepter son fils et son gendre David. Cette sorte de délire de la persécution aura été la rançon de l'excitabilité d'où procéda sa grandeur. Les contemporains le croyaient possédé par un esprit mauvais envoyé par Yahvé. L'affection du peuple était si profonde pour le souverain ainsi frappé que l'obéissance et la sympathie ne se rebutèrent pas. La musique seule soulageait le malade. D'après les plus vieilles versions, ce fut elle qui occasionna l'entrée en scène du personnage qui allait reprendre et développer l'oeuvre compromise de Saül, aux dépens de ses descendants. Le jeune Bethléhémite David, habile à jouer de la cithare, éloquent, beau et d'une bravoure éprouvée, devint le poète et le musicien attitré du roi ainsi que l'un de ses écuyers personnels (1Sa 16:14 et suivants). Toutes les anecdotes conservées, tragiques ou plaisantes, archaïques et barbares ou sentimentales, s'inspirent de sympathies très nettes pour David ; nous ignorons ce que Saül et ses amis pensaient des mêmes faits.

Ce qui est le mieux attesté, c'est que David, promu chef de bande, fut constamment heureux dans ses exploits. Sa popularité dès lors croissante porta ombrage à Saül. Il ne lui refusa pas sa fille Mical en mariage, mais exigea en dot de David les dépouilles de cent Philistins, espérant que le jeune chef périrait en allant les conquérir. Espoir déçu. Saül voulut alors tuer David de sa main ; le coup de lance-javelot fut esquivé. David s'enfuit devant tant de haine ; Jonathan, fils aîné du roi et très lié avec son beau-frère, se vit bientôt contraint de lui faire savoir qu'aucun espoir de réconciliation n'était possible.

Autour de David se groupèrent les membres de sa famille, puis tous les mécontents (1Sa 30:22). Ces six cents hommes (1Sa 30:9) devaient devenir le véritable levier de sa fortune immense ; ils constitueront le noyau de la future armée permanente d'Israël. Habile politique, David semble avoir essayé d'éviter la lutte ouverte contre Saül ; il voulut vivre avec sa troupe uniquement aux dépens des Philistins. Cependant Saül le poursuivait. Il se réfugia dès lors dans le « désert de Juda », région inculte et très accidentée. Il y subsista grâce aux rançons plus ou moins volontaires, versées par les propriétaires des troupeaux qui fréquentaient les pâturages du pays, pour qu'il les protégeât contre les autres pillards. Saül vint traquer David jusque dans ces solitudes. Alors le chef de bande n'hésita pas à s'exiler en pays philistin, où le roi de Gath accueillit avec empressement ses offres de service. Cette attitude a beaucoup gêné le patriotisme plus chatouilleux des rédacteurs, et la version la plus récente atténue fortement la démarche pourtant formelle de David s'offrant à combattre Saül. Il ne réussit qu'à force de ruse et grâce à d'heureux hasards à éviter la nécessité de tenir sa promesse (1Sa 27 et 1Sa 28).

Cependant la fortune du souverain sombrait dans un désastre qui faillit porter un coup mortel à Israël. On raconta que Saül avait reçu une révélation funeste la veille du combat (1Sa 28), récit d'une grandeur tragique dans sa sobriété. La déroute fut complète. Trois fils du roi, y compris Jonathan, furent tués. Saül lui-même, gravement blessé, se jeta sur son épée pour ne pas tomber vivant aux mains des Philistins (1Sa 31). Ou, d'après une autre version (2Sa 1), un Amalécite l'aurait achevé sur sa demande. Le cadavre fut dépouillé et mutilé par les vainqueurs ; le tronc, abandonné et pendu, reçut enfin l'hommage funèbre de la ville de Jabès.

L'essai de royauté nationale paraissait avoir abouti à la faillite. Ni l'affranchissement, ni l'unification n'avaient finalement progressé. Mais ce qui survivait, c'était la foi profonde du peuple en une monarchie de droit divin. Il était réservé à un personnage plus grand et plus heureux que Saül de capter cette confiance à son profit et de faire décidément aboutir l'oeuvre tentée par le vaillant mais infortuné premier roi d'Israël. Jo. M.

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      Lévitique 11

      1 Le Seigneur dit à Moïse et à Aaron
      2 de communiquer aux Israélites les instructions suivantes : « Parmi les animaux terrestres, vous pouvez manger
      3 ceux qui ont des sabots fendus et qui ruminent.
      4 Mais vous ne devez pas manger ceux qui ont seulement des sabots fendus ou qui ruminent seulement ; ainsi vous considérerez comme impurs les animaux suivants : – le chameau, car il rumine, mais n’a pas de sabots ;
      5 – le daman, car il rumine, mais n’a pas de sabots ;
      6 – le lièvre, car il rumine, mais n’a pas de sabots ;
      7 – le porc, car il a des sabots fendus, mais il ne rumine pas.
      8 Ne consommez pas la viande de ces animaux-là et ne touchez même pas leurs cadavres ; considérez-les comme impurs.
      9 « Parmi les animaux vivant dans l’eau, dans les lacs, les mers ou les rivières, vous pouvez manger ceux qui ont à la fois des nageoires et des écailles.
      10 Mais vous vous abstiendrez de manger ceux qui n’ont pas de nageoires ou pas d’écailles, que ce soient des bestioles qui grouillent dans l’eau ou d’autres animaux aquatiques ;
      11 ayez-les en horreur : n’en consommez pas la chair et évitez tout contact avec leurs cadavres.
      12 Abstenez-vous donc de manger tout animal aquatique dépourvu de nageoires ou d’écailles.
      13 « Parmi les oiseaux, voici ceux que vous devez avoir en horreur et que vous ne devez pas manger : les aigles, les gypaètes, les aigles marins,
      14 les milans, les diverses espèces de vautours
      15 et de corbeaux,
      16 les autruches, les chouettes, les mouettes, les diverses espèces d’éperviers,
      17 les hiboux, les cormorans, les hulottes,
      18 les effraies, les chouettes chevêches, les charognards,
      19 les cigognes, les diverses espèces de hérons, les huppes et les chauves-souris.
      20 « Ayez en horreur les insectes pourvus d’ailes et de pattes.
      21 Toutefois vous pouvez manger ceux qui ont des pattes leur permettant de sauter sur le sol,
      22 à savoir les diverses espèces de sauterelles et de criquets.
      23 Tous les autres insectes pourvus d’ailes et de pattes, ayez-les en horreur. »
      24 « Le contact avec certaines bêtes rend l’homme impur : quiconque touche leur cadavre est impur jusqu’au soir ;
      25 quiconque transporte leur cadavre doit laver ses vêtements, il reste également impur jusqu’au soir.
      26 Voici les animaux que vous devez considérer comme impurs : – ceux dont les sabots ne sont pas fendus et ceux qui ne ruminent pas : quiconque les touche devient impur ; – tous les quadrupèdes qui marchent sur la plante des pieds : quiconque touche leur cadavre est impur jusqu’au soir ; quiconque transporte leur cadavre doit laver ses vêtements, il reste également impur jusqu’au soir.
      29 « Parmi les bêtes qui pullulent sur le sol, voici celles que vous devez considérer comme impures : les taupes, les souris, les diverses espèces de lézards,
      30 geckos, lézards ocellés, lézards verts, lézards des sables et caméléons.
      31 Tenez ces bêtes pour impures : quiconque les touche quand elles sont mortes est impur jusqu’au soir.
      32 Si l’une d’elles crève et tombe sur un objet quelconque, ustensile en bois, vêtement, peau ou sac, cet objet doit être lavé, quel que soit son usage ; il reste impur jusqu’au soir, après quoi il redevient pur.
      33 Si une de ces bêtes tombe dans un récipient en terre, ce qu’il contient devient impur et le récipient doit être brisé.
      34 Si l’on verse de l’eau provenant de ce récipient sur un aliment qu’il est normalement permis de manger, celui-ci devient impur à son tour ; s’il s’agit d’un liquide qu’il est normalement permis de boire, il devient également impur, quel que soit le récipient où il se trouve.
      35 Un objet quelconque sur lequel tombe le cadavre d’une de ces bêtes devient impur : s’il s’agit d’un four ou d’un foyer, démolissez celui-ci, car vous devez le considérer comme impur.
      36 Toutefois, si le cadavre tombe dans une source ou une citerne, l’eau reste pure, mais celui qui en retire le cadavre devient impur.
      37 Si le cadavre tombe sur des graines destinées à être semées, les graines restent pures.
      38 Mais s’il tombe sur des graines mises à tremper pour être consommées, considérez-les comme impures.
      39 « Si une bête qu’il est normalement permis de manger vient à crever, quiconque touche son cadavre est impur jusqu’au soir :
      40 celui qui mange de cette viande doit laver ses vêtements, mais il reste impur jusqu’au soir ; de même celui qui transporte le cadavre de la bête doit laver ses vêtements, et il reste également impur jusqu’au soir.
      41 « Vous vous abstiendrez de manger les bestioles qui pullulent sur le sol.
      42 Vous ne devez manger ni celles qui rampent, ni celles qui marchent sur quatre pattes ou plus.
      43 Ne vous mettez pas en situation de vous contaminer en touchant ces bestioles ; ne vous laissez pas contaminer par elles, car vous deviendriez impurs.
      44 Moi, je suis le Seigneur votre Dieu : comportez-vous comme des êtres saints, car je suis saint. Ne vous rendez donc pas impurs en touchant les bestioles qui se déplacent au ras du sol.
      45 C’est moi, le Seigneur, qui vous ai fait sortir d’Égypte afin de devenir votre Dieu ; soyez saints, car je suis saint. »
      46 Telles sont les instructions concernant les animaux, les oiseaux, les bêtes vivant dans l’eau et les bestioles pullulant sur le sol.
      47 Elles permettent de distinguer les animaux purs des animaux impurs, ceux que l’on peut manger de ceux que l’on ne doit pas manger.

      1 Samuel 7

      1 Les gens de Quiriath-Yéarim vinrent donc le chercher et le transportèrent dans la maison d’Abinadab, qui se trouve sur une colline. Ensuite ils consacrèrent Élazar, fils d’Abinadab, comme gardien du coffre du Seigneur.
      2 Après que le coffre sacré du Seigneur eut été déposé à Quiriath-Yéarim, beaucoup de temps s’écoula, une vingtaine d’années. Les Israélites aspiraient à se rapprocher du Seigneur.
      3 Alors Samuel leur dit : « Si c’est de tout votre cœur que vous revenez au Seigneur, cessez d’adorer les idoles d’Astarté et de tous les autres dieux étrangers ; attachez-vous au Seigneur et servez-le, lui seul ; alors il vous sauvera du pouvoir des Philistins. »
      4 Les Israélites rejetèrent donc les idoles des dieux Baals et de la déesse Astarté, et ils adorèrent le Seigneur seul.
      5 Samuel ordonna ensuite : « Que tout le peuple se rassemble à Mispa ; là je prierai le Seigneur en votre faveur. »
      6 Les Israélites se rassemblèrent à Mispa. Ils puisèrent de l’eau, la répandirent sur le sol devant le Seigneur et jeûnèrent ce jour-là. Enfin ils confessèrent qu’ils étaient coupables envers le Seigneur. C’est là, à Mispa, que Samuel devint le chef du peuple d’Israël.
      7 Lorsque les Philistins apprirent que les Israélites étaient rassemblés à Mispa, leurs chefs décidèrent d’aller les attaquer. A cette nouvelle, les Israélites furent effrayés
      8 et ils dirent à Samuel : « Ne nous abandonne pas ! Ne cesse pas de supplier le Seigneur notre Dieu en notre faveur, pour qu’il nous sauve du pouvoir des Philistins. »
      9 Samuel prit un tout jeune agneau et l’offrit en sacrifice au Seigneur en le brûlant complètement ; puis il supplia le Seigneur en faveur des Israélites et le Seigneur l’exauça.
      10 En effet, tandis que Samuel offrait le sacrifice, les Philistins s’étaient avancés pour attaquer Israël ; mais alors le Seigneur fit retentir le tonnerre à grand fracas, jetant la confusion dans l’armée des Philistins, qui furent battus par les Israélites.
      11 L’armée d’Israël sortit de Mispa, poursuivit les Philistins jusqu’au-dessous de Beth-Kar et les battit complètement.
      12 Samuel s’écria : « Jusqu’ici le Seigneur nous a secourus. » Il prit alors une pierre, la dressa entre Mispa et La Dent et l’appela “Pierre-du-secours”.
      13 Les Philistins furent humiliés par cette défaite. Le Seigneur leur fit sentir sa puissance tant que vécut Samuel, et ils ne recommencèrent plus à envahir le territoire d’Israël.
      14 Les localités que les Philistins avaient prises aux Israélites, dans la région située entre Écron et Gath, furent rendues aux Israélites ; cette région fut ainsi libérée de la domination des Philistins. La paix régna également entre les Israélites et les Amorites.
      15 Samuel fut le chef du peuple d’Israël jusqu’à sa mort.
      16 Chaque année il se mettait en route et passait par Béthel, le Guilgal et Mispa, pour rendre la justice dans ces trois villes.
      17 Puis il rentrait chez lui, à Rama, où il rendait aussi la justice pour les Israélites. C’est là qu’il construisit un autel pour le Seigneur.

      1 Samuel 8

      1 Quand Samuel fut devenu vieux, il plaça ses fils à la tête du peuple d’Israël.
      2 Son fils aîné s’appelait Joël et le second Abia. Ils s’installèrent à Berchéba pour y rendre la justice.
      3 Mais ils ne suivirent pas l’exemple de leur père. Attirés par l’argent, ils acceptaient des cadeaux et prononçaient des jugements injustes.
      4 C’est pourquoi les anciens d’Israël se réunirent et se rendirent chez Samuel à Rama ;
      5 ils lui déclarèrent : « Vois-tu, Samuel, tu es vieux, et tes fils ne suivent pas ton exemple. Désigne donc un roi pour nous gouverner, comme cela se fait chez tous les autres peuples. »
      6 Samuel fut très mécontent qu’ils aient demandé un roi et il se mit à prier le Seigneur.
      7 Le Seigneur lui répondit : « Écoute les Israélites, accepte leurs revendications. En effet, ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi ! Ils ne veulent plus que je sois leur roi.
      8 Depuis le jour où je les ai fait sortir d’Égypte jusqu’à maintenant, ils n’ont pas cessé de m’abandonner pour adorer d’autres dieux ; ce qu’ils ont ainsi fait avec moi, ils vont maintenant le faire avec toi aussi.
      9 C’est pourquoi, accepte leurs revendications ; seulement, avertis-les solennellement et indique-leur quels seront les droits du roi qui régnera sur eux. »
      10 Samuel rapporta les paroles du Seigneur à ceux qui lui avaient demandé un roi :
      11 « Sachez, leur dit-il, quels seront les droits du roi qui régnera sur vous : Il prendra parmi vos fils des soldats pour conduire ses chars de guerre, pour monter ses chevaux, ou pour courir devant son propre char ;
      12 certains auront à commander un régiment ou une compagnie. Il en prendra d’autres pour labourer ses champs et rentrer ses moissons, ou pour lui fabriquer des armes et des équipements de chars.
      13 Il prendra aussi vos filles comme parfumeuses, cuisinières ou boulangères.
      14 Il s’appropriera les meilleurs de vos champs, de vos vignes ou de vos plantations d’oliviers et les donnera à ses officiers ;
      15 il prélèvera sur les produits de vos champs et de vos vignes une redevance de dix pour cent, qu’il donnera à ses fonctionnaires et à ses officiers.
      16 Il réquisitionnera vos serviteurs et vos servantes, les plus forts de vos jeunes gens, et même vos ânes, pour travailler à son service.
      17 Il prélèvera une bête sur dix dans vos troupeaux de moutons et de chèvres. En un mot, vous serez ses esclaves.
      18 Alors vous vous plaindrez au Seigneur à cause du roi que vous vous serez choisi, mais il ne vous répondra pas. »
      19 Les Israélites refusèrent de tenir compte des paroles de Samuel et déclarèrent : « Tant pis, nous voulons quand même un roi,
      20 pour être comme tous les autres peuples. Nous voulons un roi qui rende la justice parmi nous, qui marche à la tête de notre armée et qui combatte avec nous. »
      21 Samuel écouta tout ce que disaient les Israélites et le rapporta au Seigneur.
      22 Le Seigneur lui répondit : « Accorde-leur ce qu’ils te demandent : donne-leur un roi. » Après cela, Samuel invita les Israélites à retourner chez eux.

      1 Samuel 9

      1 A cette époque-là, dans le pays de Benjamin, vivait un Benjaminite de condition aisée ; il s’appelait Quich et était fils d’Abiel, lui-même fils de Seror, petit-fils de Bekorath et arrière-petit-fils d’Afia.
      2 Quich avait un fils nommé Saül, un beau jeune homme : personne en Israël n’avait plus belle allure que lui, il dépassait tout le monde d’une tête.
      3 Un jour, les ânesses de Quich s’égarèrent. Quich ordonna donc à son fils Saül de prendre avec lui un serviteur et de partir à la recherche de ces bêtes.
      4 Saül et son compagnon traversèrent d’abord la région montagneuse d’Éfraïm, puis le territoire de Chalicha, mais ils ne trouvèrent rien ; ils passèrent par celui de Chaalim, en vain, puis par celui de Benjamin, mais ils ne trouvèrent toujours rien.
      5 Quand ils arrivèrent dans la région de Souf, Saül dit à son serviteur : « Rentrons à la maison, sinon mon père oubliera les ânesses pour ne plus s’inquiéter que de nous. »
      6 Le serviteur répondit : « Je sais que dans cette ville, là, devant nous, il y a un prophète, un homme réputé : tout ce qu’il annonce arrive à coup sûr. Allons donc le voir maintenant ; il nous indiquera peut-être de quel côté nous devons poursuivre nos recherches. » –
      7 « Mais, si nous y allons, dit Saül, qu’apporterons-nous à ce prophète ? Nous n’avons plus de pain dans nos sacs, nous n’avons aucun cadeau à lui offrir, il ne nous reste rien. » –
      8 « J’ai avec moi une petite pièce d’argent, reprit le serviteur ; nous la lui donnerons pour qu’il nous indique le chemin à prendre. »
      9 Saül dit alors : « C’est bien ; allons-y. » Et ils se rendirent à la ville où se trouvait le prophète. En cours de route, ils croisèrent des jeunes filles qui descendaient de la ville pour aller puiser de l’eau. Ils leur demandèrent : « Est-ce que le voyant est ici ? » – Autrefois en Israël, lorsqu’on voulait consulter Dieu, on disait : « Allons donc chez le voyant ». En effet, celui qu’on appelle aujourd’hui “prophète”, on l’appelait alors “voyant”. –
      12 Les jeunes filles leur répondirent : « Oui, il est arrivé juste avant vous ; il est venu dans notre ville aujourd’hui, car c’est le jour où la population offre un sacrifice sur le lieu sacré. Dépêchez-vous
      13 et vous le trouverez dès que vous entrerez en ville, avant qu’il monte au lieu sacré pour le repas. Personne ne mangera avant qu’il arrive, car c’est lui qui doit bénir le sacrifice ; les invités ne mangeront qu’ensuite. Allez-y maintenant, vous le trouverez tout de suite. »
      14 Ils continuèrent leur route. Au moment où ils entraient dans la ville, Samuel, qui en sortait pour se rendre au lieu sacré, arriva près d’eux.
      15 Or le jour précédent, le Seigneur avait averti Samuel de cette rencontre en disant :
      16 « Demain à la même heure, je te ferai rencontrer un homme de la tribu de Benjamin ; tu le consacreras comme chef de mon peuple Israël, pour qu’il le délivre du pouvoir des Philistins. En effet, mon peuple m’a appelé au secours, et j’ai vu dans quelle situation il se trouve. »
      17 Ainsi, dès que Samuel aperçut Saül, le Seigneur lui dit : « Voici l’homme dont je t’ai parlé ; c’est lui qui gouvernera mon peuple. »
      18 Saül s’approcha de Samuel et, à la porte de la ville, lui demanda : « Indique-moi, s’il te plaît, où loge le voyant. » –
      19 « C’est moi, le voyant, répondit Samuel. Veuille passer devant moi et montons au lieu sacré. Pour aujourd’hui, vous mangerez avec moi ; demain matin, quand j’aurai répondu à toutes les questions que tu te poses, je te laisserai aller.
      20 Quant aux ânesses disparues depuis trois jours, ne t’en inquiète plus : on les a retrouvées. Mais il faut maintenant que tu saches vers qui se porte l’attente du peuple d’Israël : c’est vers toi, vers la famille de ton père ! »
      21 Saül répondit : « Comment ? Je ne suis qu’un Benjaminite, un membre de la plus petite des tribus d’Israël, et mon clan est le moins nombreux de la tribu de Benjamin ! Comment peux-tu me dire une telle chose ? »
      22 Cependant Samuel emmena Saül et son serviteur et les conduisit dans la salle du repas ; il les installa à la place d’honneur, en compagnie d’une trentaine d’invités.
      23 Il ordonna ensuite au cuisinier d’apporter le morceau de viande qu’il lui avait remis et fait mettre de côté.
      24 Celui-ci alla chercher le gigot avec le morceau attenant et les déposa devant Saül. Samuel dit alors à Saül : « Voici devant toi les morceaux qu’on t’a réservés pour cette occasion. Mange, en compagnie de ceux que j’ai invités. » Ainsi Saül mangea, ce jour-là, avec Samuel.
      25 Puis ils redescendirent du lieu sacré à la ville, et Samuel s’entretint avec Saül, sur le toit en terrasse de la maison.
      26 Le lendemain, Saül et son serviteur se réveillèrent de bon matin. Lorsque le jour parut, Samuel appela Saül sur la terrasse : « En route, lui dit-il, je vais te raccompagner un bout de chemin. » Et Saül partit en compagnie de Samuel.
      27 Quand ils arrivèrent à la limite de la ville, Samuel dit à Saül : « Ordonne à ton serviteur de passer en avant. » Le serviteur s’éloigna. Samuel reprit : « Et toi, maintenant, reste ici, je vais te faire connaître ce que déclare le Seigneur. »

      1 Samuel 10

      1 Samuel prit alors le flacon d’huile qu’il avait emporté et le versa sur la tête de Saül. Puis il embrassa Saül et lui dit : « Le Seigneur lui-même t’a consacré comme chef de son peuple.
      2 Tout à l’heure tu vas me quitter. A Selsa, dans le territoire de Benjamin, tu rencontreras deux hommes près de la tombe de Rachel et ils te diront : “Les ânesses que tu cherches sont retrouvées ; ton père ne s’en soucie donc plus, mais il s’inquiète de vous et se demande ce qu’il doit faire pour retrouver son fils.”
      3 Tu continueras ton chemin et tu arriveras près du chêne de Tabor. Là, tu rencontreras trois hommes qui se rendent au sanctuaire de Béthel, l’un portant trois chevreaux, le deuxième trois galettes de pain, et le troisième une outre de vin.
      4 Ils te demanderont si tout va bien et t’offriront deux pains consacrés que tu accepteras.
      5 Ensuite, tu te rendras à Guibéa-Élohim, où se trouvent les gouverneurs philistins. Lorsque tu arriveras près de la ville, tu rencontreras un groupe de prophètes qui descendent du lieu sacré, précédés de joueurs de harpes, de tambourins, de flûtes et de lyres ; eux-mêmes seront en pleine excitation prophétique.
      6 Alors l’Esprit du Seigneur s’emparera de toi ; tu seras saisi de la même excitation qu’eux et tu deviendras un autre homme.
      7 Quand tous ces événements se seront produits, tu sauras que Dieu est vraiment avec toi. Dès lors, agis selon les circonstances.
      8 Tu devras encore descendre au Guilgal avant moi ; je t’y rejoindrai plus tard, pour offrir des sacrifices complets et des sacrifices de communion. Tu m’y attendras sept jours ; quand je serai là, je te communiquerai ce que tu devras faire. »
      9 Dès que Saül eut quitté Samuel, Dieu le transforma profondément. Et tous les événements annoncés par Samuel s’accomplirent ce même jour.
      10 Ainsi, lorsque Saül et son serviteur arrivèrent à Guibéa, ils rencontrèrent un groupe de prophètes ; l’Esprit de Dieu s’empara de Saül, qui se joignit à eux et fut saisi de la même excitation prophétique.
      11 Tous ceux qui le connaissaient de longue date et qui le virent tout excité au milieu des prophètes se demandèrent les uns aux autres : « Qu’est-il arrivé au fils de Quich ? Est-ce que Saül, lui aussi, est devenu prophète ? »
      12 L’un d’eux ajouta : « Et les autres, qui est leur maître ? » De là est né le proverbe qui dit : « Est-ce que Saül, lui aussi, est devenu prophète ? »
      13 Lorsque Saül eut retrouvé son calme, il se rendit au lieu sacré.
      14 Son oncle lui demanda : « Où êtes-vous allés, toi et ton serviteur ? » – « A la recherche des ânesses, répondit Saül. Mais nous ne les avons pas retrouvées, et nous sommes allés consulter Samuel. »
      15 L’oncle reprit : « Raconte-moi donc ce que Samuel vous a dit ». –
      16 « Il nous a simplement annoncé que les ânesses étaient retrouvées », affirma Saül. Mais il ne lui raconta rien de ce que Samuel lui avait dit au sujet de la royauté.
      17 Samuel convoqua les Israélites au sanctuaire de Mispa.
      18 Il leur dit : « Voici ce que déclare le Seigneur, le Dieu d’Israël : “C’est moi qui vous ai fait sortir d’Égypte, vous, le peuple d’Israël ; c’est moi qui vous ai délivrés de la domination des Égyptiens et de celle des autres royaumes qui vous ont opprimés.”
      19 Or vous, maintenant, continua Samuel, vous avez rejeté votre Dieu, qui pourtant vous a sauvés aux jours de malheur et d’angoisse, et vous lui avez dit : “Donne-nous un roi !” Eh bien, venez donc vous présenter devant le Seigneur, par tribus, puis par clans. »
      20 Samuel fit avancer chaque tribu d’Israël et tira au sort : le Seigneur désigna la tribu de Benjamin.
      21 Il fit alors avancer chaque clan de la tribu de Benjamin, et le clan de Matri fut désigné. Enfin, dans ce clan, Saül, fils de Quich, fut désigné. On le chercha, mais sans réussir à le trouver.
      22 On interrogea de nouveau le Seigneur : « Cet homme est-il venu ici ? » – « Allez voir parmi les bagages, répondit le Seigneur ; il y est caché. »
      23 On y courut, on l’en ramena, et il se présenta au milieu du peuple : il dépassait tout le monde d’une tête !
      24 Samuel dit au peuple : « Regardez ! Voici celui que le Seigneur a choisi. Il n’a pas son pareil dans tout le peuple. » Alors tous lui firent une ovation en criant : « Vive le roi ! »
      25 Ensuite, Samuel énuméra devant eux les droits et devoirs du roi, puis il les écrivit dans un livre qu’il déposa dans le sanctuaire. Enfin il renvoya les Israélites chez eux.
      26 De son côté, Saül rentra chez lui à Guibéa, accompagné d’une troupe de partisans que Dieu lui avait suscités.
      27 Mais il y eut aussi des vauriens pour dire : « Comment cet individu pourrait-il nous sauver ? » En effet, ils le méprisaient et ne lui apportèrent pas de cadeaux. Mais Saül n’y attacha pas d’importance.

      1 Samuel 11

      1 Nahach, le roi des Ammonites, vint assiéger la ville de Yabech, en Galaad. Les habitants de Yabech lui dirent : « Passe un accord avec nous. Nous sommes prêts à nous soumettre. » –
      2 « Bien, répondit le roi, j’accepte de conclure un accord avec vous, mais à cette condition : je crèverai l’œil droit à chacun de vous, pour humilier tout le peuple d’Israël. »
      3 Les anciens de la ville reprirent : « Accorde-nous un délai de sept jours. Nous allons envoyer des messagers dans tout le territoire d’Israël. Si personne ne vient à notre secours, nous nous rendrons à toi. »
      4 Les messagers se rendirent à Guibéa, la ville de Saül, et racontèrent aux gens ce qui se passait. Tous les habitants pleurèrent abondamment.
      5 Saül, qui revenait justement des champs avec ses bœufs, demanda pourquoi tout le monde pleurait. On lui rapporta les paroles des gens de Yabech.
      6 Quand Saül entendit cela, l’Esprit de Dieu s’empara de lui et il fut saisi d’une vive indignation.
      7 Il prit deux bœufs, les découpa en morceaux, puis envoya des messagers porter ces morceaux dans tout le territoire d’Israël, avec l’avertissement suivant : « Ainsi seront traités les bœufs de quiconque ne suivra pas Saül et Samuel au combat. » Les Israélites furent terrifiés et se rassemblèrent comme un seul homme.
      8 Saül les passa en revue à Bézec : ils étaient trois cent mille des tribus du nord et trente mille de la tribu de Juda.
      9 Quant aux messagers venus de Yabech, on les chargea d’aller dire à leurs concitoyens : « Demain vers midi, vous serez délivrés. » Les messagers allèrent transmettre cette nouvelle aux habitants de Yabech. Ceux-ci en furent remplis de joie
      10 et dirent aux Ammonites : « Demain, nous nous rendrons à vous, et vous nous traiterez comme il vous plaira. »
      11 Le lendemain, Saül répartit son armée en trois groupes, qui pénétrèrent en plein camp ennemi avant la fin de la nuit. Ils tuèrent des Ammonites jusque vers midi. Les survivants se dispersèrent au point qu’il n’en resta pas deux ensemble.
      12 Alors les Israélites dirent à Samuel : « Où sont donc ceux qui ne voulaient pas que Saül règne sur nous ? Qu’on nous les livre, afin que nous les fassions mourir ! »
      13 Mais Saül déclara : « Personne ne doit être mis à mort en un tel jour, car aujourd’hui, le Seigneur a donné la victoire à Israël. »
      14 Ensuite, Samuel dit aux Israélites : « Venez, allons au Guilgal pour y confirmer la royauté de Saül. »
      15 Tout le peuple se rendit au Guilgal. Et là, dans le sanctuaire, Saül fut à nouveau proclamé roi, puis on offrit des sacrifices de communion au Seigneur. Saül et tous les habitants d’Israël se livrèrent à de grandes réjouissances.

      1 Samuel 12

      1 Samuel dit aux Israélites : « Eh bien, je vous ai accordé tout ce que vous m’avez demandé : j’ai établi un roi sur vous.
      2 Désormais c’est lui qui vous dirigera, car moi, je suis maintenant vieux et usé – mes fils sont des adultes, comme vous –. Je vous ai dirigés depuis ma jeunesse jusqu’à ce jour.
      3 C’est pourquoi je me tiens devant vous : en présence du Seigneur et du roi qu’il a choisi, portez vos accusations contre moi, si vous en avez. Ai-je volé le bœuf de quelqu’un ? ou l’âne de quelqu’un ? Ai-je exploité quelqu’un ? ou causé du tort à quelqu’un ? Ai-je accepté un cadeau de quelqu’un, pour fermer les yeux sur ses agissements ? Si c’est le cas, je vous rendrai ce que je vous ai pris. »
      4 Les Israélites répondirent : « Tu ne nous as ni exploités, ni causé du tort, et tu ne t’es jamais laissé acheter par un cadeau. »
      5 Samuel reprit : « Le Seigneur et le roi sont donc témoins aujourd’hui que vous n’avez rien à me reprocher. » – « C’est exact », répondirent-ils.
      6 Samuel leur dit encore : « Le Seigneur en est témoin, lui qui s’est servi de Moïse et d’Aaron pour faire sortir d’Égypte vos ancêtres.
      7 Maintenant donc, comparaissez en justice avec moi devant le Seigneur. Je vous rappellerai d’abord tous les bienfaits qu’il vous a accordés, à vous et à vos ancêtres.
      8 Après que Jacob et les siens se furent rendus en Égypte, vos ancêtres, persécutés, ont appelé le Seigneur à l’aide ; le Seigneur a envoyé Moïse et Aaron pour les faire sortir d’Égypte et les installer dans ce pays-ci.
      9 Mais vos ancêtres ont ensuite oublié le Seigneur leur Dieu. C’est pourquoi il a permis à Sisra, général de l’armée de Hassor, aux Philistins et au roi de Moab, de les combattre et de les vaincre.
      10 Vos ancêtres ont de nouveau appelé le Seigneur à l’aide ; ils ont déclaré : “Seigneur, nous sommes coupables, car nous t’avons abandonné pour adorer les idoles des dieux Baals et de la déesse Astarté. Mais maintenant, délivre-nous de nos ennemis et nous te servirons !”
      11 Alors le Seigneur a envoyé Gédéon, Bédan, Jefté, et finalement moi, Samuel, pour vous délivrer des ennemis qui vous entouraient. Ainsi vous avez pu habiter en sécurité dans le pays.
      12 Mais quand vous avez vu Nahach, roi des Ammonites, venir vous attaquer, vous m’avez dit : “Nous voulons un roi !” comme si le Seigneur n’était pas votre roi.
      13 Eh bien, vous l’avez, le roi que vous avez choisi, vous l’avez demandé et le Seigneur vous l’a accordé.
      14 Si désormais vous respectez et servez le Seigneur votre Dieu, si vous lui obéissez sans vous révolter contre ses commandements, si vous le suivez, vous et votre roi, tout ira bien.
      15 Mais si vous ne lui obéissez pas, si vous vous révoltez contre ses commandements, le Seigneur vous fera sentir sa puissance, à vous et à vos ancêtres.
      16 Et maintenant, tenez-vous prêts à regarder le grand prodige que le Seigneur va accomplir sous vos yeux :
      17 C’est l’époque de la moisson du blé, n’est-ce pas ? Je vais prier le Seigneur, et il fera gronder le tonnerre et tomber la pluie. Ainsi vous découvrirez la grandeur de la faute que vous avez commise envers le Seigneur en demandant un roi. »
      18 Samuel pria le Seigneur, qui, le jour même, fit gronder le tonnerre et tomber la pluie. Alors tout le peuple fut rempli d’une grande crainte à l’égard du Seigneur et de Samuel,
      19 et ils dirent à Samuel : « Supplie le Seigneur ton Dieu en notre faveur, afin que nous ne mourions pas, car à tous nos péchés, nous avons ajouté celui de demander un roi. » –
      20 « N’ayez pas peur, répondit Samuel. Certes, vous avez commis cette faute grave. Mais ne vous détournez plus du Seigneur, servez-le de tout votre cœur.
      21 Si vous vous détourniez de lui, ce serait pour servir des faux dieux, incapables de secourir ou de sauver quelqu’un, puisqu’ils sont des faux dieux.
      22 Le Seigneur ne vous abandonnera pas, car c’est lui-même qui a voulu faire de vous son peuple, et il tient à préserver son renom.
      23 Quant à moi, je me garderai bien de pécher contre le Seigneur en cessant de prier pour vous ; je continuerai de vous indiquer le bon et droit chemin.
      24 De votre côté, reconnaissez l’autorité du Seigneur, servez-le sincèrement, de tout votre cœur, et considérez tous les grands prodiges qu’il a accomplis en votre faveur.
      25 Mais si vous faites le mal, vous serez détruits, vous et votre roi. »

      1 Samuel 13

      2 Saül choisit parmi les Israélites trois mille soldats, dont deux mille restèrent avec lui à Mikmas et dans la région montagneuse de Béthel, tandis que les mille autres s’installèrent avec son fils Jonatan à Guibéa de Benjamin. Saül renvoya les autres Israélites chez eux.
      3 Un jour, Jonatan tua le gouverneur philistin établi à Guéba. Les Philistins l’apprirent. Saül fit sonner de la trompette dans tout le pays, car il se disait : « Il faut que les Hébreux le sachent ».
      4 Les Israélites apprirent que Saül avait tué un gouverneur philistin et provoqué ainsi la colère des Philistins à l’égard d’Israël. Alors toute l’armée se rassembla auprès de Saül au Guilgal.
      5 Les Philistins de leur côté s’étaient rassemblés pour combattre Israël : ils avaient trente mille chars, six mille cavaliers, et des soldats aussi nombreux que des grains de sable au bord de la mer. Ils vinrent camper à Mikmas, à l’est de Beth-Aven.
      6 Lorsque la population israélite se vit menacée de si près, les gens allèrent se cacher dans des cavernes, des trous, des failles de rocher, des souterrains et des citernes.
      7 Certains d’entre eux franchirent le Jourdain pour se réfugier dans les territoires de Gad et de Galaad. Pendant ce temps, Saül était encore au Guilgal et toute son armée tremblait de peur.
      8 Durant sept jours, on attendit le moment du rendez-vous que Samuel avait fixé, mais Samuel n’arriva pas au Guilgal. Les soldats commencèrent à abandonner Saül et à se disperser.
      9 Alors Saül ordonna de préparer les animaux pour le sacrifice complet et les sacrifices de communion, puis offrit lui-même le sacrifice complet.
      10 Il achevait cette cérémonie lorsque Samuel arriva. Saül alla au-devant de lui pour le saluer.
      11 « Qu’as-tu fait là ? » lui demanda Samuel. Saül répondit : « J’ai vu que les soldats m’abandonnaient et que tu n’étais pas venu au rendez-vous ; de plus, je savais que les Philistins étaient rassemblés à Mikmas.
      12 J’ai alors pensé qu’ils allaient venir nous attaquer au Guilgal avant que nous ayons pu nous rendre le Seigneur favorable. C’est pourquoi j’ai pris la responsabilité d’offrir moi-même le sacrifice complet. » –
      13 « Tu as agi comme un insensé ! lui dit Samuel. Tu n’as pas tenu compte de l’ordre que tu as reçu du Seigneur ton Dieu. Si tu l’avais fait, le Seigneur aurait permis que ta famille règne pour toujours sur Israël.
      14 Mais maintenant, ton règne ne durera pas. Le Seigneur s’est choisi un homme qui correspond à son désir, et il l’a désigné comme chef de son peuple, puisque tu n’as pas obéi à ses ordres. »
      15 Samuel quitta le Guilgal et s’en alla de son côté. Le reste de la troupe accompagna Saül lorsqu’il partit du Guilgal pour rejoindre ses autres soldats à Guibéa de Benjamin. Saül passa en revue les soldats qui se trouvaient encore auprès de lui : ils étaient environ six cents.
      16 Saül s’installa à Guéba de Benjamin avec son fils Jonatan et la troupe qui lui restait, tandis que les Philistins campaient à Mikmas.
      17 Un jour, une troupe de choc sortit du camp philistin et se divisa en trois sections. La première section prit la direction d’Ofra, dans le territoire de Choual,
      18 la seconde, celle de Beth-Horon, et la troisième, celle de la frontière, par le chemin qui domine la vallée des Hyènes, côté désert.
      19 A cette époque, on ne trouvait aucun forgeron dans tout le territoire d’Israël, car les Philistins ne voulaient pas que les Hébreux puissent se fabriquer des épées ou des lances.
      20 Chaque Israélite devait se rendre chez un forgeron philistin pour faire aiguiser son soc de charrue, sa pioche, sa hache ou son pic.
      21 L’aiguisage d’un soc de charrue, d’une pioche, d’une fourche, d’une hache, ou le redressement d’un aiguillon à bétail coûtait les deux tiers d’une pièce d’argent.
      22 Au jour du combat, la troupe de Saül et Jonatan se trouvait donc dépourvue d’épées et de lances. Seuls le roi et son fils en possédaient.
      23 Un groupe de soldats philistins alla prendre position au col de Mikmas.

      1 Samuel 14

      1 Un jour Jonatan, fils de Saül, dit au jeune serviteur qui portait ses armes : « Viens, allons jusqu’au groupe de soldats philistins postés là-bas, en face. » Mais Jonatan n’en informa pas son père.
      2 Celui-ci se trouvait alors à la limite de Guibéa, assis sous le grenadier de Migron, avec environ six cents soldats.
      3 Le prêtre qui se tenait là, avec les objets sacrés servant à consulter Dieu, était Ahia, fils d’Ahitoub et neveu d’Ikabod. – Ikabod était fils de Pinhas et petit-fils d’Héli, lequel avait été prêtre du Seigneur à Silo. – Personne parmi les soldats ne savait que Jonatan était parti.
      4 Pour essayer d’atteindre le groupe de soldats philistins, Jonatan s’engagea dans un passage, entre deux pointes rocheuses appelées respectivement Bossès et Senné ;
      5 la première se dresse du côté nord, en face de Mikmas, la seconde du côté sud, en face de Guéba.
      6 Jonatan dit à son serviteur : « Viens, allons jusqu’à ce groupe de Philistins païens. Peut-être que le Seigneur agira en notre faveur. En effet rien ne l’empêche de nous donner la victoire, que nous soyons nombreux ou non. » –
      7 « Fais tout ce qui te plaît, répondit le serviteur. Allons-y, je te suis comme ton ombre ! » –
      8 « Eh bien, reprit Jonatan, nous allons nous diriger vers ces gens et nous montrer à eux.
      9 S’ils nous disent : “Arrêtez-vous jusqu’à ce que nous soyons venus vers vous”, nous resterons sur place, nous ne monterons pas vers eux.
      10 Si au contraire ils nous disent : “Montez vers nous”, nous monterons, car ce sera pour nous le signe que le Seigneur les livre en notre pouvoir. »
      11 Tous deux allèrent donc se montrer aux Philistins. Ceux-ci se dirent entre eux : « Tiens ! Voilà des Hébreux qui sortent des trous où ils s’étaient cachés. »
      12 Ils interpellèrent Jonatan et son serviteur : « Montez vers nous ! leur crièrent-ils. Nous voulons vous raconter quelque chose. » Alors Jonatan dit au serviteur : « Monte derrière moi, le Seigneur les a livrés à Israël. »
      13 Jonatan monta en s’aidant des mains et des pieds, suivi de son serviteur. Les Philistins tombaient sous les coups de Jonatan, et le serviteur, derrière lui, les achevait.
      14 Cette première défaite infligée par Jonatan et son serviteur causa la mort d’une vingtaine de Philistins, tués sur un espace des plus restreints.
      15 Les Philistins restés dans le camp ainsi que toute la population des environs en furent terrifiés ; la terreur s’empara même des postes de gardes et des troupes de choc des Philistins. En plus, la terre se mit à trembler ; ce fut alors une immense panique.
      16 De Guibéa de Benjamin, les sentinelles de Saül virent cette foule de Philistins qui couraient dans toutes les directions.
      17 Saül ordonna à ses soldats : « Qu’on fasse l’appel ! Voyez qui est parti d’ici. » On fit l’appel et l’on constata que Jonatan et son serviteur manquaient.
      18 Saül dit au prêtre Ahia : « Apporte ici le coffre sacré du Seigneur. » – Ce jour-là en effet, le coffre sacré se trouvait au camp des Israélites. –
      19 Pendant que Saül parlait au prêtre, le tumulte allait en augmentant dans le camp philistin. Saül dit alors à Ahia : « Inutile de consulter Dieu ! »
      20 Saül rassembla sa troupe et ils partirent au combat. Ils trouvèrent leurs ennemis qui se battaient entre eux, dans un tumulte indescriptible.
      21 Des Hébreux, qui précédemment s’étaient soumis aux Philistins et qui participaient à leur expédition militaire, se rallièrent à Israël, aux côtés de Saül et Jonatan.
      22 Tous les autres Israélites qui s’étaient cachés dans la région montagneuse d’Éfraïm apprirent que les Philistins avaient pris la fuite. Ils se mirent eux aussi à les poursuivre et à les combattre.
      23 C’est ainsi que, ce jour-là, le Seigneur accorda la victoire à Israël. La bataille se déroula jusqu’au-delà de Beth-Aven.
      24 Ce jour-là, les Israélites avaient souffert, car Saül les avait placés sous la menace de cette malédiction : « Si quelqu’un prend de la nourriture avant le soir, avant que je me sois vengé de mes ennemis, qu’il soit maudit ! » Personne n’avait donc mangé quoi que ce soit.
      25 Ils arrivèrent tous dans une forêt, où il y avait du miel jusque par terre.
      26 En pénétrant dans la forêt, les soldats virent ce miel qui s’écoulait ; toutefois aucun d’eux n’en prit pour en manger, car tous avaient peur de la malédiction.
      27 Mais Jonatan ignorait que son père avait imposé un serment à tout le monde. Il étendit le bâton qu’il tenait, en trempa l’extrémité dans un rayon de miel, et le ramena à sa bouche. Alors son visage s’éclaira.
      28 Un des soldats lui dit : « Ton père nous a imposé un serment, avec cette menace : “Si quelqu’un prend de la nourriture aujourd’hui, qu’il soit maudit !” C’est pourquoi tout le monde est épuisé. »
      29 Jonatan déclara : « Mon père a fait le malheur du pays ! Regarde donc comme j’ai repris des forces depuis que j’ai mangé un peu de ce miel.
      30 Si tous les soldats avaient pu, aujourd’hui, se nourrir grâce au butin pris à leurs ennemis, la défaite des Philistins en serait maintenant beaucoup plus grande. »
      31 Ce jour-là, les Israélites battirent et poursuivirent les Philistins de Mikmas jusqu’à Ayalon. Ils en furent si épuisés
      32 qu’ils se précipitèrent sur le butin, prirent des moutons, des bœufs et des veaux, les égorgèrent sur place et les mangèrent à l’endroit même où le sang avait coulé.
      33 On avertit Saül que le peuple commettait une faute à l’égard du Seigneur en mangeant les bêtes là où on les avait saignées. Saül s’écria : « Quelle infidélité ! Roulez immédiatement une grosse pierre jusqu’ici.
      34 Ensuite, passez parmi les gens et dites-leur de venir à moi, chacun avec son bœuf ou son mouton. C’est ici qu’ils égorgeront leurs bêtes, puis ils pourront les manger ; de cette façon, ils ne commettront pas de faute à l’égard du Seigneur en les mangeant là où elles ont été saignées. » Ce soir-là, chacun amena donc sa bête et l’égorgea à cet endroit.
      35 C’est ainsi que Saül construisit un autel pour le Seigneur. Ce fut le premier autel qu’il lui construisit.
      36 Puis Saül donna l’ordre suivant : « Descendons pendant la nuit à la poursuite des Philistins, pillons-les jusqu’à ce que le jour se lève, et ne leur laissons aucun survivant. » – « Fais tout ce que tu juges bon », répondirent ses soldats. Mais le prêtre proposa : « Consultons d’abord Dieu. »
      37 Saül demanda donc à Dieu : « Dois-je descendre à la poursuite des Philistins ? Les livreras-tu en notre pouvoir ? » Mais Dieu ne lui donna pas de réponse ce jour-là.
      38 Alors Saül convoqua tous les chefs du peuple auprès de lui et leur dit : « Examinez attentivement quel péché a été commis aujourd’hui.
      39 Par le Seigneur vivant, le Sauveur d’Israël, je jure que le fautif mourra, même s’il s’agit de mon fils Jonatan. » Dans toute la troupe, personne ne répondit.
      40 Saül reprit : « Vous, tous les Israélites, mettez-vous d’un côté, tandis que mon fils Jonatan et moi-même nous tiendrons de l’autre côté. » – « Fais comme tu l’entends », lui répondirent les soldats.
      41 Saül pria le Seigneur : « Dieu d’Israël, pourquoi ne m’as-tu pas donné de réponse aujourd’hui ? Seigneur, réponds-moi par les sorts sacrés : si la faute vient de Jonatan ou de moi-même, réponds par l’Ourim ; si la faute vient de l’armée, réponds par le Toummim. » Jonatan et Saül furent désignés et l’armée mise hors de cause.
      42 Saül ordonna : « Qu’on tire au sort entre Jonatan et moi ! » Jonatan fut désigné.
      43 Alors Saül lui dit : « Révèle-moi ce que tu as fait. » Jonatan répondit : « Avec l’extrémité de mon bâton, j’ai pris un peu de miel et je l’ai mangé. Voilà, je suis prêt à mourir. » –
      44 « Que Dieu m’inflige la plus terrible des punitions si tu ne meurs pas, Jonatan ! » s’écria Saül.
      45 Mais les soldats dirent à Saül : « Jonatan devrait-il mourir, lui qui a procuré cette grande victoire à Israël ? C’est inconcevable ! Par le Seigneur vivant, nous ne permettrons pas qu’un seul cheveu tombe de sa tête, car c’est avec l’aide de Dieu qu’il a agi en ce jour ! » Ainsi l’armée obtint que Jonatan échappe à la peine de mort.
      46 Saül cessa de poursuivre les Philistins, et ceux-ci retournèrent chez eux.
      47 Dès que Saül fut devenu roi d’Israël, il combattit tous ses ennemis d’alentour : les Moabites, les Ammonites, les Édomites, les royaumes de Soba et les Philistins. Dans chaque cas, il remporta la victoire.
      48 Un jour, il montra toute sa vaillance en battant les Amalécites et en délivrant ainsi Israël de ceux qui pillaient le pays.
      49 Saül eut des fils, Jonatan, Ichevi et Malkichoua, ainsi que des filles, Mérab, l’aînée, et Mikal, la cadette.
      50 Sa femme s’appelait Ahinoam et elle était fille d’Ahimaas. Son général en chef s’appelait Abner et il était fils de Ner, l’oncle de Saül.
      51 En effet Quich, le père de Saül, et Ner, le père d’Abner, étaient fils d’Abiel.
      52 Durant tout son règne, Saül fit une guerre acharnée contre les Philistins. C’est pourquoi, dès qu’il remarquait un homme courageux ou vigoureux, il l’enrôlait dans son armée.

      1 Samuel 15

      1 Samuel dit à Saül : « C’est moi que le Seigneur a envoyé autrefois pour te consacrer roi d’Israël, son peuple ; écoute donc ce que j’ai à te dire de sa part.
      2 Voici ce que déclare le Seigneur, le Dieu de l’univers : “Je me souviens de ce que les Amalécites ont fait au peuple d’Israël, lorsqu’il est sorti d’Égypte : ils lui ont barré le passage.
      3 Eh bien, va les attaquer maintenant, détruis complètement tout ce qui leur appartient, sans pitié. Mets à mort tous les êtres vivants, hommes et femmes, enfants et bébés, bœufs et moutons, chameaux et ânes.” »
      4 Saül mobilisa l’armée et la passa en revue à Télem. Il y avait deux cent mille soldats à pied, et, en plus, dix mille hommes de Juda.
      5 Saül les conduisit près de la ville des Amalécites et prépara une attaque surprise dans le ravin.
      6 Puis il fit dire aux Quénites : « Ne restez pas parmi les Amalécites, éloignez-vous-en. Je ne veux pas vous faire subir le même sort qu’à eux, car vous avez été bons envers les Israélites, quand ils sont sortis d’Égypte. » Les Quénites se séparèrent donc des Amalécites.
      7 Alors Saül battit les Amalécites de Havila jusqu’à Chour, à l’est de l’Égypte.
      8 Il massacra toute la population, sauf Agag, leur roi, qu’il fit prisonnier.
      9 Saül et ses soldats épargnèrent Agag, ainsi que tout ce qu’il y avait de meilleur dans le bétail, bœufs et moutons, bêtes vigoureuses et agneaux, en somme toutes les bêtes de valeur. Ils ne détruisirent que ce qui était sans valeur et sans intérêt.
      10 Alors le Seigneur adressa la parole à Samuel :
      11 « Je regrette d’avoir choisi Saül comme roi, lui dit-il, car il s’est détourné de moi et n’a pas exécuté mes ordres. » Samuel fut bouleversé, et pendant toute la nuit il implora le Seigneur.
      12 Tôt le lendemain matin, il partit trouver Saül. On l’informa que Saül s’était rendu à Karmel pour s’y dresser un monument, puis avait repris la route et était descendu au Guilgal.
      13 Lorsque Samuel arriva auprès de lui, Saül lui dit : « Que le Seigneur te bénisse ! J’ai exécuté l’ordre du Seigneur. » –
      14 « D’où viennent donc ces bêlements de moutons et ces mugissements de bœufs que j’entends ? » demanda Samuel.
      15 Saül répondit : « Les soldats ont épargné les meilleures bêtes des Amalécites, et ils les ont amenées ici pour les offrir en sacrifice au Seigneur ton Dieu. Tout le reste nous l’avons détruit. » –
      16 « Cela suffit, interrompit Samuel. Je vais t’annoncer ce que le Seigneur m’a dit cette nuit. » – « Parle », dit Saül.
      17 Samuel déclara : « Autrefois tu ne te considérais pas comme un homme important, et tu es maintenant le chef des tribus d’Israël : c’est le Seigneur qui t’a consacré roi d’Israël.
      18 Or le Seigneur t’a indiqué la voie à suivre : il t’a envoyé détruire ces Amalécites pécheurs en les combattant jusqu’à l’extermination totale.
      19 Pourquoi donc n’as-tu pas obéi à son ordre ? Pourquoi t’es-tu jeté sur le butin, faisant ainsi ce qui déplaît au Seigneur ? » –
      20 « J’ai pourtant obéi à l’ordre du Seigneur, répliqua Saül, et j’ai suivi la voie qu’il m’avait indiquée. J’ai fait mourir tous les Amalécites, sauf Agag, leur roi, que j’ai ramené ici.
      21 Quant à mes soldats, s’ils ont prélevé les plus belles têtes du bétail qui devait être détruit, c’était pour les offrir en sacrifices au Seigneur ton Dieu, ici au Guilgal. »
      22 Samuel reprit : « Le Seigneur aime-t-il autant des sacrifices d’animaux que l’obéissance à ses ordres ? Non ! Pour lui, l’obéissance docile est préférable aux sacrifices des bêtes les plus grasses.
      23 En effet, la désobéissance est aussi grave que la divination, et l’insoumission aussi grave que l’idolâtrie. Ainsi, puisque tu as rejeté les ordres du Seigneur, le Seigneur te rejette aussi : tu ne seras plus roi de son peuple. » –
      24 « Je suis coupable ! s’écria Saül. J’ai désobéi à l’ordre du Seigneur, et à tes instructions. En effet, j’ai eu peur des soldats et j’ai fait ce qu’ils demandaient.
      25 Maintenant, je t’en prie, pardonne-moi ce péché et reviens avec moi, pour que je puisse aller adorer le Seigneur. » –
      26 « Non, lui répondit Samuel, je n’irai pas avec toi, car tu as rejeté les ordres du Seigneur, et le Seigneur t’a rejeté aussi : tu ne seras plus roi d’Israël. »
      27 Samuel se tourna pour s’en aller, mais Saül le saisit par le pan de son manteau, qui fut arraché.
      28 Alors Samuel lui dit : « C’est ainsi que le Seigneur t’arrache aujourd’hui la royauté d’Israël pour la donner à un autre, meilleur que toi.
      29 Le Seigneur, qui est la Gloire d’Israël, ne ment pas et ne change pas d’avis comme un homme. » –
      30 « Je suis coupable ! répéta Saül. Mais je t’en supplie, traite-moi avec respect devant les anciens et le peuple d’Israël ; reviens avec moi, pour que je puisse aller adorer le Seigneur ton Dieu. »
      31 Samuel l’accompagna, et Saül alla adorer le Seigneur.
      32 Ensuite Samuel ordonna qu’on lui amène Agag, le roi des Amalécites. Celui-ci arriva, plein d’assurance, car il pensait : « Je n’ai certainement plus à craindre la mort ! »
      33 Mais Samuel lui dit : « Par ton épée, des femmes ont été privées de leurs enfants. Eh bien, ta mère aussi sera privée de son enfant. » Et Samuel l’exécuta devant le sanctuaire du Guilgal.
      34 Samuel retourna à Rama, tandis que Saül rentrait chez lui à Guibéa.
      35 Samuel ne revit plus Saül avant de mourir. Il était très affligé à son sujet, alors que le Seigneur lui-même regrettait d’avoir choisi Saül comme roi d’Israël.

      1 Samuel 16

      14 L’Esprit du Seigneur avait quitté Saül, et un esprit mauvais, envoyé par le Seigneur, le tourmentait.

      1 Samuel 22

      6 Saül apprit qu’on avait repéré David et ses compagnons. Le roi était alors à Guibéa, installé sur la colline, à l’ombre d’un tamaris, sa lance à la main. Tous ses serviteurs se tenaient près de lui

      1 Samuel 23

      13 Aussitôt, David et ses compagnons, au nombre de six cents environ, quittèrent Quéila et s’en allèrent à l’aventure. Saül, apprenant que David s’était échappé de la ville, abandonna l’expédition.

      1 Samuel 27

      1 David réfléchit et se dit : « Un jour ou l’autre, Saül parviendra à m’éliminer. Je n’ai pas de meilleure solution que de m’enfuir dans le pays des Philistins. Saül cessera de me pourchasser dans tout le territoire d’Israël, et ainsi je lui aurai échappé. »
      2 Alors David partit avec ses six cents compagnons et se rendit chez Akich, fils de Maok et roi de Gath.
      3 Ils s’installèrent tous à Gath, auprès d’Akich, chacun avec sa famille ; David avait avec lui ses deux femmes, Ahinoam, de Jizréel, et Abigaïl, veuve de Nabal, de Karmel.
      4 Lorsque Saül apprit que David s’était réfugié à Gath, il cessa de le pourchasser.
      5 Un jour, David dit à Akich : « Si le roi considère que je suis digne de sa confiance, qu’il m’autorise à m’installer dans l’une des localités de la campagne. Pourquoi devrais-je résider avec lui dans la ville royale ? »
      6 Le jour même, Akich lui donna la ville de Siclag. Voilà pourquoi cette ville a fait partie, jusqu’à maintenant, du territoire des rois de Juda.
      7 Le séjour de David dans le pays des Philistins dura un an et quatre mois.
      8 De Siclag, David et ses compagnons lançaient des attaques contre les Guéchourites, les Guirzites ou les Amalécites, c’est-à-dire les populations qui habitaient entre Télem et Chour et jusqu’à la frontière de l’Égypte.
      9 Ils dévastaient leur pays et ne laissaient en vie ni homme ni femme ; ils emmenaient les moutons et les bœufs, les ânes et les chameaux, ainsi que les vêtements, et revenaient auprès d’Akich.
      10 Quand Akich demandait à David : « Contre qui avez-vous lancé une attaque aujourd’hui ? », David lui répondait : « Contre la partie sud du territoire de Juda », ou « Contre la partie sud du territoire des Yeramélites », ou encore « Contre la partie sud du territoire des Quénites ».
      11 David ne laissait ramener vivant à Gath ni homme ni femme, qui auraient pu, craignait-il, donner à son sujet des informations défavorables, en disant : « Voilà ce que David a fait. » David agit de cette manière pendant tout le temps qu’il résida dans le pays des Philistins.
      12 C’est pourquoi Akich avait pleine confiance en lui, car il pensait : « David s’est rendu absolument odieux à ses compatriotes israélites. Il sera donc pour toujours à mon service. »

      1 Samuel 28

      1 A cette époque-là, les Philistins rassemblèrent leurs troupes en une seule armée pour aller combattre Israël. Akich dit à David : « Il est entendu que, toi et tes compagnons, vous participerez avec moi à cette expédition. » –
      2 « Très bien, répondit David. Tu verras toi-même ce que je vais faire. » – « Dans ces conditions, reprit Akich, je te prends comme garde du corps pour toujours. »
      3 A la mort de Samuel, tous les Israélites avaient pris part aux cérémonies de deuil, puis on l’avait enterré dans sa ville de Rama. Par ailleurs, Saül avait interdit dans son royaume les pratiques consistant à évoquer et interroger les morts.
      4 Un jour, les Philistins rassemblèrent leurs troupes et vinrent camper près de Chounem. Saül mobilisa l’armée d’Israël, qui campa près du mont Guilboa.
      5 Lorsque Saül vit le camp des Philistins, il eut très peur et se mit à trembler comme une feuille.
      6 Il voulut consulter le Seigneur, mais celui-ci ne lui répondit ni par un rêve, ni par les dés sacrés du prêtre, ni par un prophète.
      7 Alors Saül donna cet ordre à ses officiers : « Cherchez-moi une femme capable d’interroger les morts, pour que je puisse aller la consulter. » – « Il y en a une à En-Dor », lui répondit-on.
      8 Saül se déguisa et partit pour En-Dor avec deux compagnons ; il arriva de nuit chez la femme et lui dit : « Je désire que tu interroges un mort pour moi. Fais apparaître celui que je vais t’indiquer. » –
      9 « Mais, répondit la femme, tu sais bien que Saül a éliminé du pays les pratiques consistant à évoquer et interroger les morts. Est-ce que tu cherches à me tendre un piège pour me faire mourir ? » –
      10 « Par le Seigneur vivant, déclara Saül, je te jure que tu ne risques rien dans cette affaire. » –
      11 « Qui donc dois-je faire apparaître pour toi ? » demanda la femme. Il répondit : « Samuel. »
      12 Lorsque la femme vit Samuel, elle poussa un grand cri, puis elle interpella Saül en ces mots : « Mais tu es Saül ! Pourquoi m’as-tu trompée ? » –
      13 « Ne crains rien, répondit le roi. Dis-moi plutôt ce que tu as vu. » – « J’ai vu une sorte de fantôme qui montait des profondeurs de la terre », dit-elle.
      14 Le roi reprit : « Comment est-il ? » – « C’est un homme âgé, enveloppé d’un manteau », dit-elle. Saül comprit qu’il s’agissait bien de Samuel, et il s’inclina respectueusement jusqu’à terre.
      15 Samuel lui demanda : « Pourquoi as-tu troublé mon repos ? Pourquoi m’as-tu fait appeler ? » – « Je suis tellement angoissé, répondit Saül. Les Philistins m’ont déclaré la guerre et Dieu s’est détourné de moi. Il ne me répond plus, ni par un prophète, ni par un rêve. Alors je t’ai fait appeler : viens me dire ce que je dois faire. » –
      16 « Pourquoi m’interroger, moi ? dit Samuel. Tu vois bien que le Seigneur lui-même s’est détourné de toi et qu’il est devenu ton ennemi.
      17 Il a accompli ce que j’avais annoncé de sa part : il t’a repris la royauté pour la donner à un autre, à David.
      18 Tu as refusé d’obéir aux ordres du Seigneur, en n’exterminant pas complètement les Amalécites. C’est pourquoi le Seigneur te traite aujourd’hui de cette manière.
      19 Il va te livrer, ainsi que ton peuple, au pouvoir des Philistins. Demain, toi et tes fils, vous serez avec moi dans le monde des morts, et ton armée sera au pouvoir des Philistins. »
      20 Dès qu’il eut entendu ces paroles de Samuel, Saül s’écroula de tout son long, saisi d’une peur épouvantable. De plus il était sans force, n’ayant rien mangé depuis le jour précédent.
      21 La femme s’approcha de lui et vit combien il était épouvanté. Alors elle lui dit : « J’ai obéi à tes ordres. Au risque de ma vie, j’ai fait ce que tu m’ordonnais.
      22 Maintenant, écoute-moi à ton tour : je vais t’apporter un peu de nourriture ; tu mangeras pour reprendre des forces avant de te remettre en route. »
      23 Saül refusa de manger quoi que ce soit, mais ses compagnons et la femme insistèrent, si bien qu’il finit par accepter ; il se releva de terre et s’assit sur le lit.
      24 Sans tarder, la femme tua un veau qu’elle engraissait, puis elle prit de la farine, fit de la pâte et cuisit des galettes de pain.
      25 Elle servit ce repas à Saül et à ses compagnons. Après avoir mangé, ils se mirent en route alors qu’il faisait encore nuit.

      1 Samuel 29

      11 Le lendemain matin, David et ses compagnons se levèrent tôt pour retourner au pays des Philistins. Quant aux Philistins, ils se rendirent à Jizréel.

      1 Samuel 30

      9 David et ses six cents compagnons se mirent en route. Lorsqu’ils arrivèrent au torrent du Bessor,
      22 A ce moment-là, un groupe de mauvais sujets et de vauriens, parmi les soldats qui avaient accompagné David, déclarèrent : « Puisqu’ils ne sont pas venus avec nous, on ne leur donnera rien du butin récupéré ; on rendra seulement à chacun sa femme et ses enfants. Qu’ils les emmènent et s’en aillent. »

      1 Samuel 31

      1 Sur le mont Guilboa, les Philistins attaquèrent les Israélites. Ceux-ci s’enfuirent et beaucoup furent tués.
      2 Les Philistins s’acharnèrent alors contre Saül et ses fils. Ils réussirent à tuer Jonatan, Abinadab et Malkichoua, les fils du roi.
      3 Dès lors, tout le poids du combat se porta contre Saül. Des tireurs à l’arc le découvrirent, et Saül en fut terrifié.
      4 Il dit à celui qui portait ses armes : « Prends ton épée et tue-moi, car je ne veux pas que ces Philistins païens me tuent eux-mêmes et se moquent de moi. » Mais son porteur d’armes refusa, tant il avait peur. Alors Saül prit son épée et se jeta dessus.
      5 Lorsque le porteur d’armes vit que son maître était mort, il se jeta aussi sur son épée et mourut.
      6 C’est ainsi que Saül, ses trois fils, son porteur d’armes et ses soldats moururent tous le même jour.
      7 Les Israélites qui habitaient l’autre côté de la vallée et l’autre rive du Jourdain apprirent que l’armée d’Israël avait fui, et que Saül et ses fils étaient morts ; ils abandonnèrent alors leurs villes pour s’enfuir, et les Philistins vinrent s’y installer.
      8 Le lendemain, les Philistins, venus pour dépouiller les morts, trouvèrent les cadavres de Saül et de ses trois fils sur le mont Guilboa.
      9 Ils coupèrent la tête de Saül, lui enlevèrent ses armes, et firent circuler ces trophées dans leur pays, afin de répandre cette bonne nouvelle dans les temples de leurs idoles et parmi le peuple.
      10 Ensuite ils déposèrent ses armes dans le temple d’Astarté, et attachèrent son cadavre à la muraille de Beth-Chéan.
      11 Les habitants de Yabech, en Galaad, apprirent ce que les Philistins avaient fait à Saül.
      12 Les hommes les plus courageux de la ville se mirent en route et marchèrent durant toute la nuit jusqu’à Beth-Chéan ; ils détachèrent le cadavre de Saül et ceux de ses fils de la muraille de la ville, puis rentrèrent à Yabech. Là ils les brûlèrent.
      13 Ils rassemblèrent ensuite leurs ossements, les enterrèrent sous un arbre, le tamaris de Yabech, et jeûnèrent pendant sept jours.

      2 Samuel 1

      1 Saül était déjà mort quand David revint s’installer à Siclag après avoir battu les Amalécites. Il y passa deux jours.
      2 Le troisième jour, un jeune messager venant du camp de Saül arriva. Il avait les vêtements déchirés et de la poussière sur la tête, en signe de deuil. Dès qu’il fut près de David, il s’inclina jusqu’à terre.
      3 « D’où viens-tu ? » lui demanda David. « Je me suis enfui du camp d’Israël », répondit-il.
      4 « Raconte-moi donc ce qui s’est passé », dit David. « L’armée d’Israël a pris la fuite au cours du combat, dit l’homme ; un grand nombre de soldats ont été tués. Même Saül et son fils Jonatan sont morts. » –
      5 « Comment sais-tu que Saül et Jonatan sont morts ? » lui demanda encore David.
      6 « Je me trouvais par hasard sur le mont Guilboa, raconta le jeune homme. J’ai vu Saül qui s’appuyait sur sa lance ; il était serré de près par les chars et les cavaliers ennemis.
      7 Il s’est retourné, m’a aperçu et m’a appelé. “Oui, Majesté”, ai-je répondu.
      8 Il m’a demandé qui j’étais. Je lui ai répondu que j’étais un Amalécite.
      9 Alors il m’a dit de venir lui donner la mort, car il se sentait mal, bien qu’il eût encore tous ses esprits.
      10 Je me suis donc approché et je lui ai donné la mort, car je savais qu’il ne survivrait pas à sa défaite. Ensuite, Excellence, j’ai pris la couronne et le bracelet qu’il portait et je te les ai apportés ici. »
      11 David déchira ses vêtements et tous ceux qui étaient près de lui firent de même.
      12 Jusqu’au soir ils pleurèrent et jeûnèrent, célébrant ainsi le deuil de Saül, de Jonatan et de tous les Israélites, membres du peuple du Seigneur, qui étaient morts au combat.
      13 Ensuite David dit au jeune messager : « Qui es-tu ? » – « Je suis le fils d’un Amalécite installé dans ce pays », répondit-il.
      14 « Et tu n’as pas craint de faire mourir le roi que le Seigneur avait choisi ! » s’écria David.
      15 Il appela un de ses jeunes soldats et lui ordonna : « Vas-y, tue-le ! » Le soldat frappa à mort l’Amalécite,
      16 tandis que David lui déclarait : « C’est par ta faute que tu meurs ; tu t’es condamné toi-même en disant : “C’est moi qui ai donné la mort au roi choisi par le Seigneur.” »
      17 Alors David composa une complainte à l’occasion de la mort de Saül et de Jonatan.
      18 Il ordonna de l’enseigner aux habitants de Juda. C’est la « Complainte de l’Arc ». La voici, telle qu’on la trouve dans le Livre du Juste :
      19 Israël, pourquoi sont-ils morts, tes vaillants guerriers, tes glorieux combattants gisant sur les hauteurs ?
      20 Ne publiez pas cette nouvelle dans la ville de Gath, ne la propagez pas dans les rues d’Ascalon. Que les femmes des Philistins n’aient pas cette joie, que les filles de ces païens ne triomphent pas.
      21 Montagnes de Guilboa, soyez privées de rosée et de pluie, qu’on ne voie plus de champs fertiles sur vos pentes. C’est là qu’ont été déshonorés les boucliers des guerriers, le bouclier de Saül, qui ne sera plus jamais frotté d’huile.
      22 Devant les ennemis à tuer, devant la vigueur des adversaires, l’arc de Jonatan ne reculait pas et l’épée de Saül accomplissait toujours sa tâche.
      23 Toute leur vie, Saül et Jonatan se sont aimés tendrement, dans leur mort même ils n’ont pas été séparés, eux qui étaient plus rapides que des aigles, plus courageux que des lions.
      24 Femmes du pays d’Israël, pleurez sur Saül ! Il vous revêtait de beaux habits précieux, il ornait vos robes de bijoux d’or.
      25 Pourquoi sont-ils morts en plein combat, les vaillants guerriers, pourquoi Jonatan a-t-il succombé sur les hauteurs ?
      26 Mon cœur souffre à cause de toi, Jonatan, mon frère, mon meilleur ami. Ton amitié pour moi était merveilleuse, bien plus encore que l’amour des femmes.
      27 Pourquoi sont-ils morts, ces vaillants guerriers, pourquoi ont-ils péri, ces illustres soldats ?

      2 Samuel 7

      1 Le roi David s’installa dans son palais. Le Seigneur le protégeait de tous les ennemis qui entouraient son royaume.
      2 Un jour, le roi dit au prophète Natan : « J’habite une maison en bois de cèdre et le coffre sacré de Dieu n’a pour abri qu’une tente de toile. Qu’en penses-tu ? » –
      3 « Tu as certainement une idée à ce sujet, répondit Natan. Vas-y, réalise-la, car le Seigneur est avec toi. »
      4 Mais la nuit suivante, le Seigneur adressa la parole à Natan pour lui dire :
      5 « Va trouver David, mon serviteur. Tu lui diras : Voici ce que te déclare le Seigneur : “Ce n’est pas toi qui me construiras un temple où je puisse habiter.
      6 Je n’ai d’ailleurs jamais habité dans un temple, depuis le jour où j’ai fait sortir d’Égypte le peuple d’Israël et jusqu’à présent. Au contraire, j’ai accompagné les Israélites en n’ayant qu’une tente comme demeure. Bien plus, durant tout ce temps, j’ai confié à plusieurs chefs le soin de gouverner Israël, mon peuple, mais je n’ai reproché à aucun d’entre eux de ne pas m’avoir construit un temple en bois de cèdre.”
      8 C’est pourquoi tu diras encore à David : Voici ce que te déclare le Seigneur, le Dieu de l’univers : “Lorsque tu n’étais qu’un gardien de moutons, je t’ai pris au pâturage pour faire de toi le chef d’Israël, mon peuple.
      9 Je t’ai soutenu dans toutes tes entreprises, j’ai exterminé tes ennemis devant toi. Grâce à moi, tu vas acquérir un renom semblable à celui des plus grands rois de la terre.
      10 Je vais donner à Israël, mon peuple, un lieu où je l’installerai pour qu’il y demeure sans rien avoir à craindre. Aucune nation malveillante ne recommencera à l’opprimer comme autrefois,
      11 à l’époque où j’ai confié à des juges le soin de gouverner Israël, mon peuple. Je te protégerai toi-même de tous tes ennemis. Enfin, je t’annonce que moi, le Seigneur, je vais t’accorder des descendants.
      12 Lorsque sera venu pour toi le moment de mourir, je désignerai l’un de tes propres enfants pour te succéder comme roi, et j’établirai fermement son autorité.
      13 C’est lui qui me construira un temple, et moi je l’installerai sur un trône inébranlable.
      14 Je serai un père pour lui et il sera un fils pour moi. S’il agit mal, je le punirai comme un père punit son fils.
      15 Cependant je ne lui retirerai pas mon appui, comme je l’ai fait pour Saül lorsque je l’ai rejeté et que je l’ai remplacé par toi.
      16 Un de tes descendants régnera toujours après toi, car le pouvoir royal de ta famille sera inébranlable.” »
      17 Natan rapporta à David tout ce que Dieu lui avait dit dans cette vision.
      18 Alors le roi David alla se présenter devant le Seigneur, dans la tente sacrée, et dit : « Seigneur mon Dieu, je sais que ni moi ni ma famille n’avons mérité tout ce que tu nous as déjà accordé.
      19 Mais pour toi, Seigneur, ce n’est pas encore suffisant. Voilà que tu fais des promesses pour l’avenir de ma famille ; de plus tu m’en informes, moi qui ne suis qu’un homme.
      20 Seigneur, que pourrais-je ajouter, puisque tu me connais, moi, ton serviteur ?
      21 Parce que tu l’as promis et que tu m’aimes, tu as accompli toutes ces choses merveilleuses et tu me les as révélées.
      22 Seigneur mon Dieu, comme tu es grand ! Personne n’est semblable à toi. Il n’existe vraiment pas d’autre Dieu que toi, comme nous l’avons toujours entendu dire.
      23 De même, aucun peuple sur terre n’est semblable à Israël. Tu es venu le libérer, lui seul, de l’oppression des Égyptiens et de leurs dieux, pour en faire ton peuple. Tu l’as rendu célèbre, en accomplissant pour lui des choses merveilleuses ou effrayantes dans ton pays.
      24 Tu en as fait ton peuple pour toujours, Seigneur, et tu es devenu son Dieu.
      25 Maintenant, Seigneur mon Dieu, accomplis ce que tu as dit, réalise en tout temps ce que tu as promis à mon sujet et au sujet de mes descendants.
      26 Ainsi ta renommée sera établie pour toujours ; on dira : “Le Dieu d’Israël, c’est le Seigneur de l’univers !” Assure la durée de ma dynastie.
      27 En effet, Seigneur de l’univers et Dieu d’Israël, tu m’as révélé ton intention de m’accorder des descendants qui régneront après moi. C’est pourquoi j’ai trouvé le courage de t’adresser cette prière.
      28 Seigneur Dieu, c’est toi qui es Dieu, ce que tu dis se réalise ! Et tu me promets maintenant ce bonheur !
      29 Veuille donc bénir ma famille afin que mes descendants règnent toujours devant toi. Comme tu l’as promis, Seigneur mon Dieu, que ta bénédiction repose toujours sur ma famille ! »

      Osée 10

      9 « Depuis l’affaire de Guibéa Israël manque à son devoir ; il n’a pas changé. N’est-il pas normal que la guerre atteigne ces criminels à Guibéa précisément ?
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