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TRIBU, TRIBUS

Dans l'A. T, ce terme est la traduction des deux mots hébreux chébèt ou mattèh ; et dans le N.T. 1l traduit phulê. Ces termes, sauf deux exceptions (Esa 19:13, tribus ou « nomes » de l'Egypte, et Mt 24:30 dans un sens général) s'appliquent toujours aux douze tribus d'Israël. Jusqu'au moment de sa suppression par la monarchie, cette forme d'organisation sociale de la tribu prévalut en Israël. Même alors le peuple y resta attaché comme à une sorte d'idéal et il apparaît ainsi dans l'Apocalypse du N. T (Ap 7).

1.

ORGANISATION DE LA TRIBU.

Notre connaissance des lois et coutumes de la tribu chez les Hébreux se complète et se confirme par ce que nous savons des institutions similaires de l'ancienne Arabie. Le clan était l'unité fondamentale et la tribu était constituée par l'union de plusieurs clans. Dans l'A. T, il y a deux mots pour désigner le clan : michpâkhâh, que traduit « famille », et èlèph, une communauté ou une association (litt., mille). Le clan se composait de « frères » (=parents, Ge 24:27 29:13,1Sa 20:29) ou plus exactement de parents du côté paternel ; dans l'A. T, de telles associations sont désignées sous le nom de « maison du père » ou simplement « maison ». On désigne les chefs de tribus par le terme même de « chefs » (Ge 36:15 et suivants) ou de « principaux » (Ex 34:31) et de « princes » (No 1:16, litt, têtes), bien que leur titre ordinaire soit celui d' « anciens », qui correspond exactement au cheik arabe (voir Chef). Le conseil des anciens correspondrait au divan des Arabes. La fraternité tribale était fondée sur la parenté du sang, réelle ou supposée, et sur la participation au culte de la tribu. On a prétendu trouver dans l'A. T, quelques traces de la religion de la tribu sous la forme du totémisme ou du culte des ancêtres. « Siméon », d'après l'étymologie de Ge 29:33, viendrait de châma =entendre ; mais de nombreux savants y voient le nom d'un animal synonyme du simou arabe, qui désigne le produit de croisement du loup et de l'hyène. On cite encore Léa (=génisse sauvage ?), Lévi (nom considéré comme apparenté à Léa) et Rachel (=brebis). Cette conception, au point de vue philologique, a des bases peu solides. A l'appui de la théorie d'un culte primitif des ancêtres, on invoque les coutumes funèbres, les tombes des patriarches, en particulier le monument élevé sur la tombe de Rachel (Ge 35:20). Gad (voir ce mot) est le nom d'une ancienne divinité sémitique de la fortune (Esa 65:11 ; comp, certaines inscriptions araméennes) ; mais il n'y a là aucune raison valable d'affirmer que c'était une divinité de la tribu israélite du même nom. Si les clans hébreux avaient des cultes de tribu, ceux-ci furent complètement supprimés par la religion de JHVH. Toutes les formes d'idolâtrie, contre lesquelles fulminèrent les prophètes, avaient été empruntées à leurs voisins.

2.

LE SYSTEME GENEALOGIQUE.

D'après l'A.T., les douze fils de Jacob furent les fondateurs des tribus d'Israël. Ce nombre douze a créé à certains interprètes des difficultés qui ne s'imposaient pas. D'après Cheyne, il provient d'une théorie sacerdotale ; Winckler préfère attribuer ce nombre à des influences mythologiques dérivant des signes du Zodiaque, tandis que Stade le fait dépendre du nombre des préfectures de Salomon. Écartant ces suppositions, nous nous demandons pourquoi Jacob ne pourrait avoir eu douze fils aussi bien que tel autre nombre ? Le vrai problème découle des principes généraux que se fixe l'interprète. Sans preuves suffisantes, on donne pour axiome que « les nations nouvelles n'ont jamais pour origine le fort accroissement d'une tribu, les tribus nouvelles ne dérivant jamais d'une même famille qui se multiplierait rapidement pendant plusieurs générations ». Mais les récits de l'A.T., tout en regardant les douze fils de Jacob comme des ancêtres de tribus, ne supposent pas que les tribus d'Israël sont entièrement issues d'une seule famille. Il y avait la foule mélangée (Ex 12:38, No 11:4), il y avait les apports du dehors sous forme d'esclaves, de concubines, et plus encore l'accroissement naturel par l'annexion de clans étrangers, par exemple les Kéniens (Jug 1:16) et les Calébites (Jug 1:12 et suivants, cf. 1Ch 2:9,18,42). La généalogie des tribus hébraïques se présente ainsi qu'il suit :

Léa

Ruben Siméon Lévi Juda Issacar Zabulon Rachel

Joseph Benjamin

Éphraïm Manassé Zilpa

Gad Asser Bilha

Dan Nephthali

Ainsi les douze tribus remontent à un seul père, Jacob-Israël, et à quatre mères, Léa et Rachel épouses légitimes, Bilha et Zilpa étant des concubines.

Considérons les principes posés par les commentateurs modernes pour l'interprétation tribale des récits patriarcaux :

Le nom du père est en réalité la désignation d'une tribu ;

une épouse ou une mère représente une tribu plus petite qui se laisse absorber par une plus forte, par exemple Léa par Jacob ;

un mariage correspond à l'amalgame de deux tribus, une concubine représentant une tribu de moindre importance ;

la naissance d'un enfant marque l'origine d'une nouvelle tribu.

Une telle théorie des récits des patriarches, quoique scientifique, n'en est pas moins extrêmement problématique. On peut même en relever brièvement plusieurs points faibles. Elle méconnaît les caractères si vivants des personnages présentés dans les récits avec une telle vérité, par exemple la rivalité et la jalousie entre Léa et Rachel ou la vie de famille de Juda ; elle pose ou affirme sans véritable preuve plusieurs principes généraux. Si le groupement généalogique est un reflet des conditions politiques et géographiques, la parenté des tribus que nous révèle l'histoire postérieure devrait y correspondre. C'est ici que la théorie s'écroule, car certaines tribus, étroitement unies dans le système généalogique, sont sans étroites relations politiques et restent géographiquement fort éloignées les unes des autres, par exemple Gad et Asser, Juda, Issacar et Nephthali, et malgré les nombreuses conjectures, qui dans un tel problème ne peuvent être démontrées, il n'en demeure pas moins que l'on n'apporte aucune preuve positive contre l'exactitude des traits essentiels du récit biblique sur l'origine des tribus hébraïques.

L'Écriture groupe les tribus en bien des ordres divers, suivant des principes différents de classement :

leur parenté avec Jacob, ses femmes et ses concubines (Ge 29 à 35, Ge 46, Ge 49, Ex 1, No 1, No 2, No 7, No 10, No 13, No 26,1Ch 2,27) ;

leur position géographique (No 34, De 33, Jos 13 Jug 5,1Ch 12, Ap 7) ;

leur géographie modifiée par la tradition ; (dans De 27, les tribus les plus importantes bénissent et les moins importantes maudissent)

un groupement idéalisé (Eze 48).

3.

LES ANCETRES DE LA TRIBU.

On ne sait rien de la vie personnelle de la plupart des fils de Jacob ; ce ne sont que des noms. Quelques faits sur certains d'entre eux ont été conservés. Siméon et Lévi sont associés dans une attaque déloyale contre les habitants de Sichem pour venger le rapt de leur soeur Dina (Ge 34), au mépris de l'accord qui avait été conclu. Ils sont sévèrement blâmés pour ce crime dans la Bénédiction de Jacob, et leur postérité condamnée à la dispersion en Israël (Ge 49:5 et suivants). Rachel mourut en donnant naissance à Benjamin, près d'Éphrata ; elle lui donna le nom de Benoni (=fils de ma douleur) que Jacob changea en Benjamin (=fils de ma droite, Ge 35:16,18). Il est représenté comme le favori de son père qui,. contre-coeur, le laisse descendre en Egypte avec ses frères (Ge 42 ss). Juda (=loué) était le quatrième fils de Jacob par Léa (Ge 29:35), mais il se comporte en chef parmi ses frères et bientôt semble exercer les droits d'un premier-né. Ruben, l'aîné, et Juda agissent en représentants de leurs frère-dans l'histoire de Joseph ; c'est Juda qui dirige d'après Ge 37:26 43:3 44:16 46:28 (J), c'est Ruben d'après Ge 37:22 42:37 (E). Juda est présenté sous un jour défavorable dans Ge 38. Il épousa une Cananéenne, qui lui donna trois fils : Er, Onan et Séla. Pour Er. son père choisit une femme du nom de Tamar, mais quand Er mourut sans enfants, Onan refusa de remplir les obligations que lui imposait la loi du lévirat sur le mariage. Alors, afin d'assurer la réparation du tort qui lui était fait, Tamar déguisée en prostituée sacrée (qedhêchâh) séduisit Juda, qui par elle devint le père de Pérets et Zérach. II ne faut pas juger ces actes de Juda d'après les principes d'aujourd'hui ; en somme il se conduisit honorablement selon les coutumes de son temps. De nombreux interprètes modernes ont vu dans cette histoire une manière naïve de présenter les relations entre les tribus. Tamar ne serait ainsi qu'un clan cananéen, s'unissant à la tribu israélite de Juda. Si tel avait été réellement le cas, le récit aurait pu difficilement prendre cette forme, car il jette un jour fâcheux sur le caractère du fondateur de la tribu à laquelle appartiendra David (le chap. 38 est attribué à J, le document de Juda). Ruben (=voici un fils) est le premier-né de Jacob et de Léa (Ge 29:32). Enfant de sept ou huit ans, il ramassa des mandragores pour sa mère (Ge 30:14). Son caractère présente à la fois des côtés sombres et lumineux. Il commet un inceste avec Bilha, une concubine de son père (Ge 35:22) ; et. dans la Bénédiction de Jacob (Ge 49:3 et suivant), il est dit qu'il perdit son droit d'aînesse en expiation de cette faute. (cf. 1Ch 5:1) D'autre part, il apparaît dans l'histoire de Joseph comme un noble caractère qui plane au-dessus des petites et mesquines jalousies de ses frères ; il sauve la vie de Joseph (Ge 37:21,29), il est le porte-parole des autres (Ge 42:22 et suivants), et il donne en gage ses deux fils à Jacob pour garantir le retour d'Egypte de Benjamin (Ge 42:37).

4.

HISTOIRE DES TRIBUS.

Voir Atlas 4

Voir Atlas 27

L'histoire des tribus séparées sera limitée ici à l'époque des Juges. Pour la suite de cette histoire, voir Israël, parag. 3ss. Pendant leur marche au désert, les tribus, d'après P, étaient divisées en quatre groupes. Celles de Juda, Issacar et Zabulon campaient à l'Est du sanctuaire et formaient l'avant-garde ; elles étaient suivies de Ruben, Siméon et Gad au Sud du Tabernacle. Après elles venaient, divisées en deux, Éphraïm, Manassé et Benjamin, suivies de Dan, Asser et Nephthali, les premières plantant leurs tentes à l'Ouest et les dernières au Nord de la tente d'assignation (No 2). On trouvera la liste des clans des diverses tribus dans Ge 46 et No 26. Nous avons aussi un recensement détaillé, à la fois au temps de l'exode (No 1 No 2) et, trente-huit ans plus tard, à la fin du voyage au désert (No 26). Les tribus de Juda et d'Éphraïm ont tenu le rôle le plus important dans l'histoire de la nation, et elles furent continuellement en rivalité pour obtenir l'hégémonie sur Israël.

La position de Juda à l'avant-garde, pendant la marche au désert, indiquait la prééminence de cette tribu, qui comptait 76.500 personnes au second dénombrement (No 26:22). Cette tribu s'agrandit avec l'addition d'éléments kéniens (Jug 1:16) et de deux clans kéniziens, Caleb et Othniel (Jug 1:12-16,20 Jos 14:6,15 15:13,19). Juda s'annexa encore Siméon, qui, pendant le vovage au désert, avait baissé de 59.300 (No 1:23) à 22.200 (No 26:12 et suivants).

Siméon n'est mentionné ni dans la Bénédiction de Moïse (De 33) ni dans le chant de Débora (Jug 5) Ces omissions indiquent clairement que, dès la période des Juges, cette tribu avait perdu son identité, et il y a de fortes raisons de croire qu'elle fut absorbée par Juda. C'est à Juda qu'elle était associée pendant la conquête (Jug 1:3). Le territoire attribué à Siméon (Jos 19:1,9) appartenait en réalité à Juda (cf. Jos 15:26-32,42) et après l'exil les Judaïtes sont seuls mentionnés comme habitant ces villes (Ne 11:26 et suivants).

Le territoire de Juda se divise par sa configuration en quatre parties :

la contrée montagneuse (Jos 15:48 et suivants) ;

le désert, qui part de la chaîne centrale jusqu'aux bords de la mer Morte (Jos 15:61 et suivants) ;

la Séphéla, placée entre la plaine maritime et les premières collines (Jos 15:33 et suivants) ;

le Négeb, ou midi, dans l'extrême sud. (Jos 15:21 et suivant)

La frontière méridionale de Juda allait de l'extrémité de la mer Morte au ouâdi el-Arich en passant par Kadès-Barnéa ; la frontière N. s'étendait en ligne irrégulière de Kirjath-Jéarim en Séphéla jusqu'à En-Roguel, dans le voisinage de Jérusalem, puis aboutissait au Jourdain (Jos 18:11-20). Juda n'est pas mentionné dans le chant de Débora (Jug 5) ; évidemment, à l'époque lointaine des juges, cette tribu suivait sa destinée d'une manière tout à fait indépendante des autres.

Immédiatement au Nord, séparant Juda de son rival principal, s'étendait le territoire de la petite mais héroïque tribu de Benjamin. L'histoire a justifié l'oracle : « Benjamin est un loup, qui déchire » (Ge 49:27) ; car c'était une tribu guerrière, célèbre par ses archers et ses frondeurs : (Jug 20:16,1Ch 8:40 12:2) parmi ses guerriers elle comptait Éhud, Saül et Jonathan. Elle prit part avec les tribus du N. à la campagne contre Sisera (Jug 5:14). La ligne la séparant d'Éphraïm partait du Jourdain près de Jérico, par la route de Béthel (assignée à Benjamin dans Jos 18:13, à Éphraïm dans 1Ch 7:28), et arrivait à Beth-Horon la basse.

Ephraïm occupait le milieu de la région au Nord de Benjamin, et, en théorie tout au moins, s'étendait du Jourdain jusqu'au bord de la mer (Jos 16:6 17:7 et suivants). Deux poèmes prophétiques (Ge 49:22-26, De 33:13,17) promettent aux tribus étroitement apparentées d'Éphraïm et de Manassé un sol fertile et un courage militaire indomptable. La première ne put conquérir entièrement son territoire, car Guézer resta en possession des Cananéens jusqu'au règne de Salomon, mais il est dit qu'elle s'empara d'Ajalon et de Saalbim, localités ayant d'abord appartenu à Dan (Jug 1:35). Éphraïm absorba les éléments cananéens, particulièrement à Sichem (Jug 9:1 et suivants). Son attitude hautaine de tribu principale provoqua souvent des tensions entre elle et les autres chefs d'Israël, par exemple Gédéon et Jephté. Parmi les héros de cette tribu, on cite Josué, Samuel et Jéroboam I er. Après le schisme, le royaume du nord prit le nom d'Éphraïm.

Avant d'aller plus loin vers le N., tournons-nous vers les vallées d'Ajalon et de Sorek qui s'étendent au Nord-O, de Jérusalem. Dans le premier partage, celles-ci furent attribuées à Dan (Jos 19:40,48). Le sarcasme de Débora : (Jug 5:17) « Et Dan, pourquoi s'est-il tenu sur les navires ? » indique qu'à une certaine époque son territoire venait jusqu'à la côte. Il a pu même occuper Joppé (Jug 1:34). Une grande partie de cette tribu, incapable de conserver sa position et cernée par les Amoréens et les Philistins, fut forcée d'émigrer vers l'extrême N. et conquit la ville de Laïs (Jug 18:1,7,27). Samson appartenait à la partie de la tribu restée en arrière. Dans la Bénédiction de Jacob, Dan est comparé à « un serpent sur le chemin, une vipère sur le sentier, mordant les talons du cheval » (Ge 49:16) ; dans la Bénédiction de Moïse, à « un jeune lion qui s'élance de Basan » (De 33:22). Les deux images caractérisent la tribu qui se tapit en embuscade et s'élance soudain contre l'ennemi. Cette description poétique s'accorde avec le récit de Jug 18, qui parle de la brusque irruption de 600 guerriers de cette tribu fondant sur les habitants pacifiques et sans défense de Laïs (appelée plus tard Dan).

Juste au Nord d'Éphraïm se trouvait le territoire occidental de la tribu de Manassé. Son lot s'étendait vers l'Ouest jusqu'au torrent de Kana et comprenait les villes frontières au Sud de la plaine d'Esdrelon. Ici encore, la conquête n'était que partielle et des points importants tels que Beth-Séan, Dor, Endor, Thaanac et Méguiddo (Jug 1:27 et suivant, cf. Jos 17:11 et suivants) demeurèrent en la possession des Cananéens. Dans l'histoire de Débora (Jug 5:14), Manassé est désigné sous le nom de Makir, que portait l'un de ses principaux clans. Parmi les anciens héros d'Israël, Gédéon appartenait à cette tribu.

Le sud et l'est de la plaine d'Esdrelon et la chaîne de montagnes de Guilboa échurent à Issacar (Jos 19:17-23). La fameuse Via Maris (=Route de la Mer), qui traversait ce territoire, était la source d'une grande richesse (De 33:19). Le tableau poétique de Ge 49:14 et suivant fait d'Issacar une tribu robuste, qui succombe aux séductions de la prospérité et se laisse subjuguer par les Cananéens. Les hommes d'Issacar épousèrent avec ardeur la cause des tribus qui se mirent en campagne contre Sisera (Jug 5:15).

A l'époque des Juges, Nephthali, tribu courageuse et patriote (Jug 5:18) à laquelle appartenait Barak (Jug 4:6), prit part à la guerre de libération de Gédéon contre les Madianites (Jug 7:23). Son territoire s'étendait à l'Est d'Asser et de Zabulon, et immédiatement à l'Ouest de la mer de Galilée, vers le N. jusqu'aux eaux de Mérom et aux sources du Jourdain. La fertilité de cette région est proverbiale ; Josèphe en parle comme d'un paradis terrestre et les voyageurs modernes ont rivalisé dans le choix d'expressions élogieuses pour décrire la richesse et la fécondité du sol, déjà célébrées par les anciens poètes hébreux (Ge 49:21, De 33:23). Nephthali faisait partie de la contrée qui porta plus tard le nom de Galilée et que devait consacrer plus que toute autre légion de la Palestine (à part Jérusalem) le passage du Seigneur au cours de sa vie et de son ministère terrestres.

Une autre tribu, Zabulon, se lança impétueusement dans la guerre contre Sisera (Jug 5:18), mais par la suite elle ne joua qu'un rôle très peu important dans l'histoire d'Israël. La situation de ce territoire était particulièrement favorable ; d'après les frontières indiquées dans Jos 19:10,16, il se trouvait entièrement à l'intérieur des terres, limité au Sud par Issacar, à l'Ouest par Asser, à l'Est et au Nord par Nephthali. Ces frontières renfermaient la plaine d'Asochis. La Bénédiction de Jacob (Ge 49:13) parle de cette tribu dans des termes qui lui supposent un accès vers la mer : « Zabulon habitera sur la côte des mers, et il sera un port pour les navires, et sa limite s'étendra du côté de Sidon ». Il est possible que ses frontières aient varié au cours de l'histoire et qu'elle ait eu quelque temps accès à la mer, comme Josèphe en témoigne. Zabulon associée avec Issacar s'enrichit dans le commerce maritime : « Ils exploiteront les richesses des mers » (De 33:19). Le territoire de Zabulon était aussi une partie de la région connue plus tard sous le nom de Galilée : paysage « d'une grande variété, avec ses vallées boisées, sa plaine fertile et ses fraîches collines ».

Asser reçut pour sa part une bordure de rivage s'étendant du mont Carmel à la Phénicie (Jos 19:24-31). Cette tribu était très riche en cultures ; celle de l'olivier y réussissait particulièrement bien (De 33:24). C'est elle qui approvisionnait les tables royales (Ge 49:20). La conquête de son territoire ne fut pas complète ; en effet, parmi les villes qui lui furent attribuées se trouvaient Acco, Tyr et Sidon, qui ne devaient jamais être israélites. Asser se mélangea peu à peu avec les Cananéens (Jug 1:31) et ne se joignit pas aux autres tribus pour rejeter le joug de Sisera (Jug 5:17). Dans les inscriptions de Séti I er et de Ramsès II, Asser ('-s-rou) désigne le haut pays phénicien ; certains critiques en infèrent qu'Asser était à l'origine un terme géographique.

Moïse autorisa Ruben, Gad et la demi-tribu de Manassé à s'établir à l'Est du Jourdain, à la condition de prendre part à la conquête du territoire des autres tribus (No 32). La poésie et l'histoire s'accordent à représenter Gad comme une tribu courageuse et guerrière : « Gad sera assailli par des armées, mais il les assaillira et les poursuivra » (Ge 49:19, cf. De 33:20). Son entourage contribuait à lui donner ce caractère : Ammonites, Moabites et autres tribus du désert faisaient de fréquentes incursions sur son territoire (Jug 11). Quelques-uns des « vaillants hommes » de David, « semblables à des lions et aussi prompts que des gazelles sur les montagnes », étaient Gadites (1Ch 12:8). D'après No 32:34-36, le territoire de Gad s'étendait à l'Est et au Nord-E, de la mer Morte ; les villes énumérées dans ce passage étaient situées entre le Jabbok et l'Arnon. Le partage de Josué (Jos 13:24,28) attribua à Gad le territoire compris entre la mer de Galilée et le pays des Ammonites vers le sud. Nul doute que les vicissitudes de la guerre n'en aient fait varier les limites à différentes époques.

L'inscription de Mésa (voir ce mot) corrobore les données bibliques (1.10 : « les hommes de Gad habitaient l'Ataroth depuis des temps anciens ») ; l'inscription mentionne aussi plusieurs autres cités gadites. Ruben était une importante tribu au temps des Juges ; il lui est fait de sévères reproches pour n'avoir pris aucune part à la défense commune lors de la lutte critique au cours de laquelle les tribus du Nord vainquirent Sisera (Jug 5:15,17). Les Rubénites durent avoir beaucoup à souffrir entre les mains de leurs voisins les Moabites, car leur population diminue, et il n'en est plus fait mention par la suite. La liste de leurs villes est donnée dans Jos 13:15-23 ; elles formaient une enclave dans le territoire de Gad (No 32:37 et suivant). Comme Juda s'était annexé Siméon, ainsi Gad absorba Ruben. Les caractères du pays et son influence sur l'histoire de la tribu ont été décrits par G.A. Smith : « Ces hautes landes fraîches, dont les sentiers poussiéreux n'étaient encore marqués que par les sabots des brebis et des troupeaux, avaient retenu deux tribus qui, en demeurant à l'est du Jourdain, ne purent s'élever comme les autres de la vie nomade et pastorale à celle de l'agriculteur. » De Ruben n'est sorti aucun grand héros national.

Après la défaite d'Og, une partie de la tribu de Manassé continua d'occuper l'Est du Jourdain jusqu'au Jabbok vers le sud. Son territoire, qui comprenait une grande partie du Hauran, s'étendait vers le N. -E, et vers le N. jusqu'aux pentes inférieures de l'Hermon. Les bourgs de Jaïr (voir art.) appartenaient à Manassé (De 3:14). Les clans orientaux de cette tribu, conservant leur genre de vie pastorale, se maintinrent avec peine contre les nomades du désert et les Ammonites.

De Lévi, en tant que groupement séculier, on sait peu de chose. Le sens de ce nom est incertain ; l'opinion d'après laquelle « Lévi » ne serait pas un nom de tribu, mais un titre professionnel (cf. lawi'u =prêtre, des inscriptions minéennes) n'est qu'une simple conjecture. Le fait que Moïse était membre de cette tribu et le dévouement qu'elle montra pour la cause de Jéhovah (Ex 32:25 et suivants) lui valurent les privilèges du sacerdoce. Dans l'histoire d'Israël, les Lévites furent de bonne heure les gardiens du sanctuaire et des objets du culte (No 3:5). En tant que tribu sacerdotale, elle ne possédait pas de territoire déterminé, mais il lui fut attribué quarante-huit villes ; voir (No 35:1,8) Refuge (villes de), Prêtres et lévites. BIBLIOGRAPHIE. --Barton, Sketch of Sem. Origins (1902), ch 2 ; Mr Curdy, Hist., Proph., and the Monuments (1894-1901, vol. II, ch. 2, 3) ; W R. Smith, Kin. and Marr. In Early Arabia (1855) ; Paton, Earl. Hist of Sir and Pal. (1901) ; G.A.Smith, Hist. Geog. (1896) ; ouvrages de Binzinger (1907) et de Nowack (1894) sur Hébreu Arch. --Jeri-mia, The O.T. In the Light of the Anc. East, II, p 77 (1911) --Pour la discussion des théories modernes, voir Orr, The Problem of the O T. (1906).

James A. Kelso.

Voir aussi nos articles aux noms respectifs des tribus.

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Versets relatifs

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      Genèse 24

      27 He said, "Blessed be Yahweh, the God of my master Abraham, who has not forsaken his loving kindness and his truth toward my master. As for me, Yahweh has led me in the way to the house of my master's relatives."

      Genèse 29

      1 Then Jacob went on his journey, and came to the land of the children of the east.
      2 He looked, and behold, a well in the field, and, behold, three flocks of sheep lying there by it. For out of that well they watered the flocks. The stone on the well's mouth was large.
      3 There all the flocks were gathered. They rolled the stone from the well's mouth, and watered the sheep, and put the stone again on the well's mouth in its place.
      4 Jacob said to them, "My relatives, where are you from?" They said, "We are from Haran."
      5 He said to them, "Do you know Laban, the son of Nahor?" They said, "We know him."
      6 He said to them, "Is it well with him?" They said, "It is well. See, Rachel, his daughter, is coming with the sheep."
      7 He said, "Behold, it is still the middle of the day, not time to gather the livestock together. Water the sheep, and go and feed them."
      8 They said, "We can't, until all the flocks are gathered together, and they roll the stone from the well's mouth. Then we water the sheep."
      9 While he was yet speaking with them, Rachel came with her father's sheep, for she kept them.
      10 It happened, when Jacob saw Rachel the daughter of Laban, his mother's brother, and the sheep of Laban, his mother's brother, that Jacob went near, and rolled the stone from the well's mouth, and watered the flock of Laban his mother's brother.
      11 Jacob kissed Rachel, and lifted up his voice, and wept.
      12 Jacob told Rachel that he was her father's brother, and that he was Rebekah's son. She ran and told her father.
      13 It happened, when Laban heard the news of Jacob, his sister's son, that he ran to meet Jacob, and embraced him, and kissed him, and brought him to his house. Jacob told Laban all these things.
      14 Laban said to him, "Surely you are my bone and my flesh." He lived with him for a month.
      15 Laban said to Jacob, "Because you are my brother, should you therefore serve me for nothing? Tell me, what will your wages be?"
      16 Laban had two daughters. The name of the elder was Leah, and the name of the younger was Rachel.
      17 Leah's eyes were weak, but Rachel was beautiful in form and attractive.
      18 Jacob loved Rachel. He said, "I will serve you seven years for Rachel, your younger daughter."
      19 Laban said, "It is better that I give her to you, than that I should give her to another man. Stay with me."
      20 Jacob served seven years for Rachel. They seemed to him but a few days, for the love he had for her.
      21 Jacob said to Laban, "Give me my wife, for my days are fulfilled, that I may go in to her."
      22 Laban gathered together all the men of the place, and made a feast.
      23 It happened in the evening, that he took Leah his daughter, and brought her to him. He went in to her.
      24 Laban gave Zilpah his handmaid to his daughter Leah for a handmaid.
      25 It happened in the morning that, behold, it was Leah. He said to Laban, "What is this you have done to me? Didn't I serve with you for Rachel? Why then have you deceived me?"
      26 Laban said, "It is not done so in our place, to give the younger before the firstborn.
      27 Fulfill the week of this one, and we will give you the other also for the service which you will serve with me yet seven other years."
      28 Jacob did so, and fulfilled her week. He gave him Rachel his daughter as wife.
      29 Laban gave to Rachel his daughter Bilhah, his handmaid, to be her handmaid.
      30 He went in also to Rachel, and he loved also Rachel more than Leah, and served with him yet seven other years.
      31 Yahweh saw that Leah was hated, and he opened her womb, but Rachel was barren.
      32 Leah conceived, and bore a son, and she named him Reuben. For she said, "Because Yahweh has looked at my affliction. For now my husband will love me."
      33 She conceived again, and bore a son, and said, "Because Yahweh has heard that I am hated, he has therefore given me this son also." She named him Simeon.
      34 She conceived again, and bore a son. Said, "Now this time will my husband be joined to me, because I have borne him three sons." Therefore his name was called Levi.
      35 She conceived again, and bore a son. She said, "This time will I praise Yahweh." Therefore she named him Judah. Then she stopped bearing.

      Genèse 30

      14 Reuben went in the days of wheat harvest, and found mandrakes in the field, and brought them to his mother, Leah. Then Rachel said to Leah, "Please give me some of your son's mandrakes."

      Genèse 34

      1 Dinah, the daughter of Leah, whom she bore to Jacob, went out to see the daughters of the land.
      2 Shechem the son of Hamor the Hivite, the prince of the land, saw her. He took her, lay with her, and humbled her.
      3 His soul joined to Dinah, the daughter of Jacob, and he loved the young lady, and spoke kindly to the young lady.
      4 Shechem spoke to his father, Hamor, saying, "Get me this young lady as a wife."
      5 Now Jacob heard that he had defiled Dinah, his daughter; and his sons were with his livestock in the field. Jacob held his peace until they came.
      6 Hamor the father of Shechem went out to Jacob to talk with him.
      7 The sons of Jacob came in from the field when they heard it. The men were grieved, and they were very angry, because he had done folly in Israel in lying with Jacob's daughter; a which thing ought not to be done.
      8 Hamor talked with them, saying, "The soul of my son, Shechem, longs for your daughter. Please give her to him as a wife.
      9 Make marriages with us. Give your daughters to us, and take our daughters for yourselves.
      10 You shall dwell with us, and the land will be before you. Live and trade in it, and get possessions in it."
      11 Shechem said to her father and to her brothers, "Let me find favor in your eyes, and whatever you will tell me I will give.
      12 Ask me a great amount for a dowry, and I will give whatever you ask of me, but give me the young lady as a wife."
      13 The sons of Jacob answered Shechem and Hamor his father with deceit, and spoke, because he had defiled Dinah their sister,
      14 and said to them, "We can't do this thing, to give our sister to one who is uncircumcised; for that is a reproach to us.
      15 Only on this condition will we consent to you. If you will be as we are, that every male of you be circumcised;
      16 then will we give our daughters to you, and we will take your daughters to us, and we will dwell with you, and we will become one people.
      17 But if you will not listen to us, to be circumcised, then we will take our sister, and we will be gone."
      18 Their words pleased Hamor and Shechem, Hamor's son.
      19 The young man didn't wait to do this thing, because he had delight in Jacob's daughter, and he was honored above all the house of his father.
      20 Hamor and Shechem, his son, came to the gate of their city, and talked with the men of their city, saying,
      21 "These men are peaceful with us. Therefore let them live in the land and trade in it. For behold, the land is large enough for them. Let us take their daughters to us for wives, and let us give them our daughters.
      22 Only on this condition will the men consent to us to live with us, to become one people, if every male among us is circumcised, as they are circumcised.
      23 Won't their livestock and their possessions and all their animals be ours? Only let us give our consent to them, and they will dwell with us."
      24 All who went out of the gate of his city listened to Hamor, and to Shechem his son; and every male was circumcised, all who went out of the gate of his city.
      25 It happened on the third day, when they were sore, that two of Jacob's sons, Simeon and Levi, Dinah's brothers, each took his sword, came upon the unsuspecting city, and killed all the males.
      26 They killed Hamor and Shechem, his son, with the edge of the sword, and took Dinah out of Shechem's house, and went away.
      27 Jacob's sons came on the dead, and plundered the city, because they had defiled their sister.
      28 They took their flocks, their herds, their donkeys, that which was in the city, that which was in the field,
      29 and all their wealth. They took captive all their little ones and their wives, and took as plunder everything that was in the house.
      30 Jacob said to Simeon and Levi, "You have troubled me, to make me odious to the inhabitants of the land, among the Canaanites and the Perizzites. I am few in number. They will gather themselves together against me and strike me, and I will be destroyed, I and my house."
      31 They said, "Should he deal with our sister as with a prostitute?"

      Genèse 35

      16 They traveled from Bethel. There was still some distance to come to Ephrath, and Rachel travailed. She had hard labor.
      18 It happened, as her soul was departing (for she died), that she named him Benoni, but his father named him Benjamin.
      20 Jacob set up a pillar on her grave. The same is the Pillar of Rachel's grave to this day.
      22 It happened, while Israel lived in that land, that Reuben went and lay with Bilhah, his father's concubine, and Israel heard of it. Now the sons of Jacob were twelve.

      Genèse 36

      15 These are the chiefs of the sons of Esau: the sons of Eliphaz the firstborn of Esau: chief Teman, chief Omar, chief Zepho, chief Kenaz,

      Genèse 37

      21 Reuben heard it, and delivered him out of their hand, and said, "Let's not take his life."
      22 Reuben said to them, "Shed no blood. Throw him into this pit that is in the wilderness, but lay no hand on him"--that he might deliver him out of their hand, to restore him to his father.
      26 Judah said to his brothers, "What profit is it if we kill our brother and conceal his blood?
      29 Reuben returned to the pit; and saw that Joseph wasn't in the pit; and he tore his clothes.

      Genèse 38

      1 It happened at that time, that Judah went down from his brothers, and visited a certain Adullamite, whose name was Hirah.
      2 Judah saw there a daughter of a certain Canaanite whose name was Shua. He took her, and went in to her.
      3 She conceived, and bore a son; and he named him Er.
      4 She conceived again, and bore a son; and she named him Onan.
      5 She yet again bore a son, and named him Shelah: and he was at Chezib, when she bore him.
      6 Judah took a wife for Er, his firstborn, and her name was Tamar.
      7 Er, Judah's firstborn, was wicked in the sight of Yahweh. Yahweh killed him.
      8 Judah said to Onan, "Go in to your brother's wife, and perform the duty of a husband's brother to her, and raise up seed to your brother."
      9 Onan knew that the seed wouldn't be his; and it happened, when he went in to his brother's wife, that he spilled it on the ground, lest he should give seed to his brother.
      10 The thing which he did was evil in the sight of Yahweh, and he killed him also.
      11 Then Judah said to Tamar, his daughter-in-law, "Remain a widow in your father's house, until Shelah, my son, is grown up"; for he said, "Lest he also die, like his brothers." Tamar went and lived in her father's house.
      12 After many days, Shua's daughter, the wife of Judah, died. Judah was comforted, and went up to his sheepshearers to Timnah, he and his friend Hirah, the Adullamite.
      13 It was told Tamar, saying, "Behold, your father-in-law is going up to Timnah to shear his sheep."
      14 She took off of her the garments of her widowhood, and covered herself with her veil, and wrapped herself, and sat in the gate of Enaim, which is by the way to Timnah; for she saw that Shelah was grown up, and she wasn't given to him as a wife.
      15 When Judah saw her, he thought that she was a prostitute, for she had covered her face.
      16 He turned to her by the way, and said, "Please come, let me come in to you," for he didn't know that she was his daughter-in-law. She said, "What will you give me, that you may come in to me?"
      17 He said, "I will send you a young goat from the flock." She said, "Will you give me a pledge, until you send it?"
      18 He said, "What pledge will I give you?" She said, "Your signet and your cord, and your staff that is in your hand." He gave them to her, and came in to her, and she conceived by him.
      19 She arose, and went away, and put off her veil from her, and put on the garments of her widowhood.
      20 Judah sent the young goat by the hand of his friend, the Adullamite, to receive the pledge from the woman's hand, but he didn't find her.
      21 Then he asked the men of her place, saying, "Where is the prostitute, that was at Enaim by the road?" They said, "There has been no prostitute here."
      22 He returned to Judah, and said, "I haven't found her; and also the men of the place said, 'There has been no prostitute here.'"
      23 Judah said, "Let her keep it, lest we be shamed. Behold, I sent this young goat, and you haven't found her."
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