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GALATES (épître aux)

La Galatie est une région située au centre de l'Asie Mineure. Elle est délimitée au Nord par la Bithynie et la Paphlagonie, à l'Est par le Pont et la Cappadoce, au Sud par la Lycaonie, à l'Ouest par la Phrygie. Ses villes principales étaient Ancyre (aujourd'hui Angora), Pessinonte et Tavium. Elle avait été occupée, vers la fin du III e siècle av. notre ère, par des peuplades d'origine celte venues des côtes de la mer du Nord. Après avoir été longtemps divisée en quatre, puis en trois tétrarchies, la Galatie eut, au I er siècle av. notre ère, un chef unique, Déjotarus, auquel Jules César donna le titre de roi. En 36 av. J. -C, Marc-Antoine remplaça Kastor, le petit-fils de Déjotarus, par un de ses officiers, Amyntas, en même temps qu'il ajoutait à la Galatie la Lycaonie, la Pisidie et une partie de la Phrygie. A la mort d'Amyntas (25 av. J. -C), son royaume devint une province romaine. Longtemps on conserva le souvenir que cette province était formée d'éléments disparates, et le terme de Galatie fut employé pour désigner tantôt l'ancien royaume de Déjotarus, tantôt la province romaine.

L'épître de Paul aux Galates est-elle adressée aux Églises de l'ancien royaume (Galatie du Nord), ou à celles du sud de la province romaine, à savoir aux Églises de Pamphylie, de Pisidie et de Lycaonie (Galatie du Sud) ? La question peut être encore posée sous cette autre forme : l'épître est-elle adressée aux membres des communautés (Antioche de Pisidie, Lystre, Derbe, Iconie) que Paul avait fondées au cours du premier voyage missionnaire (Ac 13-14), ou à d'autres Églises, de la région d'Ancyre par ex., qu'il aurait fondées en traversant la « région galate » (Ac 16:6 18:23), au début du deuxième et du troisième voyages missionnaires ?

La théorie de la Galatie du N. a été universellement admise jusqu'à la fin du XVIII e siècle. Celle de la Galatie du S., proposée d'abord par Schmidt (1750), n'a guère connu de vogue qu'après avoir été reprise par G. Perrot (1867). Elle a été admise par un grand nombre d'exégètes appartenant à des tendances théologiques très diverses (Renan, Ramsay, Zahn, Jon. Weiss, V Weber, Lake, etc.). La théorie de la Galatie du Nord a toujours conservé des partisans (Reuss, Schürer. Holtzmann, Jülicher, Momm-sen, Lietzmann, Moffatt, Loisy, Lagrange, etc.).

Il est, en tout cas, impossible de supposer l'épître adressée à la fois à toutes les Églises de la Galatie, car celles du N. et celles du S. n'avaient pas été fondées en même temps et présentaient des physionomies sensiblement différentes.

Paul se donne comme le seul fondateur des Églises galates. (Ga 4:19) Pour les fonder, il a pu avoir des auxiliaires, mais non des associés, et il a dû accomplir personnellement un grand effort alors qu'il était entravé par la maladie (Ga 4:13). L'accueil des Galates avait été chaleureux. L'apôtre avait été reçu comme un ange de Dieu, comme s'il avait été le Christ lui-même (Ga 4:14 et suivant). Les Galates étaient, en majorité, d'origine païenne. (Ga 4:8) Il devait cependant y avoir aussi d'anciens Juifs parmi eux (Ga 3:28). Paul avait dû séjourner deux fois, au moins, en Galatie (Ga 4:13). Après son départ, l'état des Églises avait d'abord été florissant (Ga 5:7). Au moment où il écrivait (1Co 16:1 et suivant), en 56, Paul pouvait parler des instructions qu'il avait données aux Galates au sujet de la collecte, d'une manière qui suppose qu'au sein des Églises galates personne ne songeait à contester son autorité.

Ces indications ne nous renseignent pas sur la région dans laquelle il convient de chercher les Églises galates. Paul, il est vrai, a l'habitude de se servir des noms administratifs des provinces romaines, mais cette habitude ne permet aucune conclusion certaine, car on ne voit pas quel autre terme que celui de Galatie aurait pu désigner la seule région d'Ancyre. D'autre part, il serait étrange que le nom de l'ensemble de la province eût été employé pour en désigner les parties méridionales seulement, alors qu'elles ne faisaient partie de la Galatie que depuis peu de temps. Le livre des Actes n'emploie jamais le terme de Galatie là où il est indubitablement question des Églises du Sud et, dans les deux passages où se trouve le terme de « région galate » (Ac 16:6 18:23), il s'agit d'un pays évangélisé après la seconde visite faite aux Églises du S. de la Galatie. Il y a là, au moins, une présomption favorable à la théorie de la Galatie du Nord. D'autres indications vont dans le même sens :

(a) il serait étrange qu'écrivant à des Églises parmi lesquelles se serait trouvée celle d'Antioche de Pisidie, Paul ait dit simplement Antioche pour désigner Antioche de Syrie (Ga 2:11) ;

(b) dans l'allusion qu'il fait à l'évangélisation de la Galatie (Ga 4:13), Paul ne mentionne pas Barnabas qui, dans le premier voyage missionnaire, avait été son associé et non son subordonné ;

(c) la majorité au moins des lecteurs de l'épître sont d'origine païenne alors que, d'après Ac 13-14, il semble y avoir eu une notable proportion d'anciens Juifs dans les Églises de la Galatie du S. ;

(d) Paul avait été bien accueilli par les Galates (Ga 4:14) ; le récit des Actes donne, au contraire, l'impression que, dans l'évangélisation de la Galatie du S., il s'était heurté à de grandes difficultés.

La seule objection qui pourrait être faite à la théorie de la Galatie du N., c'est le silence quasi-total des Actes sur la fondation des Églises de cette région. La difficulté serait grave si les Actes donnaient un récit complet et cohérent de toute l'activité de Paul, mais c'est loin d'être le cas. Dans ces conditions, nous n'hésitons pas à considérer l'épître comme adressée aux Églises de la région d'Ancyre que Paul avait fondées pendant la première partie de son deuxième voyage missionnaire (Ac 16:6), probablement pendant l'été de l'an 49, et qu'il avait visitées à nouveau au début de son troisième voyage (Ac 18:23), entre le printemps 52 et le printemps 53.

Peu après la seconde visite de Paul, une crise très grave fut provoquée au sein des Églises galates par l'activité de contre-missionnaires judaïsants qui étaient, qui se disaient, ou qu'on croyait, envoyés par les apôtres de Jérusalem (Ga 4:29 5:10,12 6:12 et suivant). Ils tentèrent de substituer leur autorité à celle de l'apôtre (Ga 4:17), non pas certainement par simple rivalité personnelle, mais pour remplacer par un autre Évangile l'Évangile que Paul avait prêché.

La personne des contre-missionnaires n'apparaît pas en pleine lumière, soit que Paul se soit borné à des indications un peu vagues parce que ses lecteurs savaient parfaitement de qui il voulait parler, soit qu'il n'ait pas été lui-même très renseigné sur leur compte. Par contre, la prédication de ces nouveaux venus est facile à caractériser par les réfutations que Paul lui oppose. Ils s'efforcent de convaincre les Galates que pour être sauvés, ils doivent, sans abandonner la foi au Christ, pratiquer les rites prescrits par la Loi juive. Il est probable que si Paul ne vise directement que la circoncision, c'est parce qu'elle concrétisait et symbolisait le débat. Pour faire admettre leur thèse par les Galates, les contre-missionnaires avaient cherché à ruiner ou au moins à diminuer l'autorité de Paul, en soutenant qu'il était un interprète moins autorisé de l'Évangile que les apôtres de Jérusalem au nom de qui on prêchait la circoncision. Ils soutenaient que l'apostolat de Paul ne valait que dans la mesure où il enseignait ce qu'on enseignait aussi à Jérusalem.

Au moment où Paul écrit, on est encore au commencement de la crise. Les agitateurs sont à l'oeuvre (Ga 1:7 4:17 5:10 6:12) ; déjà ils ont obtenu quelques succès et sont sur le point d'en obtenir de plus décisifs (Ga 1:6 3:3,4-9,21). Paul exprime sa douloureuse surprise de la rapide évolution qui s'est produite dans l'esprit des Galates (Ga 1:6). Aucune rupture n'est cependant encore consommée. Les Galates ne se sont pas fait encore circoncire, sans quoi Paul ne pourrait que se désintéresser d'eux comme étant déchus de la foi. Seulement on commence à observer les fêtes (Ga 4:10) ; peut-être une petite minorité avait-elle été plus loin encore et avait-elle accepté la circoncision. Ce serait ce « peu de levain » dont Paul craint qu'il ne fasse « lever toute la pâte » (Ga 5:9). L'apôtre est, sinon désespéré, du moins fort inquiet (Ga 4:20).

Nous ne savons pas comment Paul fut informé des événements de Galatie. Il est inutile de discuter les conjectures qui ont été faites à ce sujet.

La crise galate n'a été qu'un épisode de la lutte qu'à travers toute sa carrière, Paul eut à soutenir contre ceux qui voulaient que l'Évangile restât enfermé dans les cadres rigides du judaïsme. C'est pour cela que toute l'histoire des rapports de Paul avec l'Église de Jérusalem est reprise dans l'épître aux Galates, qui se trouve être ainsi la source la plus importante pour la biographie de Paul.

La lettre qu'il écrivit--ou plutôt dicta--sous le coup de l'émotion qu'il éprouva, en apprenant la défection imminente des Galates, n'est pas une dissertation longuement méditée et soigneusement ordonnée. C'est un cri d'indignation et de douleur, une explosion des sentiments de l'apôtre, mélange de reproches, de raisonnements et d'adjurations pathétiques. C'est, a-t-on dit, « un torrent qui roule ses flots tumultueux ». Il n'y a cependant aucun désordre dans cette lettre qui peut passer aussi, tant sont divers ses aspects, pour un chef-d'oeuvre de dialectique. Sa disposition est dictée par la thèse qu'il s'agit de défendre. L'introduction (Ga 1:1,9) et la conclusion (Ga 6:11,18) mises à part, on peut y distinguer trois développements : le premier historique (Ga 1:10-2:14), le deuxième dogmatique (Ga 2:15-5:12), le troisième moral (Ga 5:13-6:10). Paul établit d'abord qu'il est bien apôtre et par là qualifié pour prêcher l'Évangile, puis il prouve la vérité de son Évangile et enfin il montre que cet Évangile aboutit à l'épanouissement de la vie chrétienne.

La salutation initiale (Ga 1:1,5) affirme l'apostolat de Paul et précise qu'il ne vient pas des hommes, mais du Christ et de Dieu. La formule habituelle de salutation est développée dans l'introduction par l'addition, après le nom du Christ, d'un résumé de son oeuvre. Entrant ensuite brusquement en matière, Paul exprime sa surprise du changement qui s'est produit en Galatie. D'Évangile, dit-il, il n'y en a pas d'autre que celui auquel les Galates ont cru. En le prêchant, Paul n'a voulu être que le serviteur de Jésus-Christ (Ga 1:6,10),

Par là est introduit le thème du premier développement. Paul tient son Évangile d'une révélation de Jésus-Christ. Il rappelle son passé juif et la manière dont, après que Dieu lui eut révélé son Fils, il a entièrement cédé à la puissance surnaturelle qui l'avait saisi. Suit le récit de son voyage en Arabie et de son retour à Damas (Ga 1:13,17). Il rappelle ensuite quelles ont été ses relations avec l'Église de Jérusalem. Trois ans après sa conversion, il est venu faire la connaissance de Céphas et a aussi vu Jacques, le frère du Seigneur. Quatorze ans plus tard, il est revenu à Jérusalem avec Barnabas pour exposer aux « colonnes de l'Église » l'Évangile qu'il prêchait aux païens. Sans qu'il ait été contraint de faire ou de laisser circoncire Tite, on lui a tendu la main d'association et on a reconnu ainsi la validité de son apostolat et de son Évangile (Ga 1:18-2:10). Une preuve de plus que l'autorité de Paul n'est en rien inférieure à celle de Pierre, c'est qu'à Antioche il n'a pas hésité à lui reprocher publiquement une attitude qu'il jugeait hypocrite (Ga 2:11 s). Après avoir commencé, dans Ga 2:14, à rapporter l'apostrophe adressée par lui à Pierre, Paul, dans le feu de la composition, se laisse entraîner à traiter directement la question du rapport entre l'observance des lois cérémonielles et la foi au Christ par laquelle est obtenue la justification. La thèse essentielle à la fois de l'apostrophe d'Antioche et de l'épître aux Galates se résume dans la formule « mort à la Loi et vie en Christ » (Ga 2:19 et suivant). Ce serait rejeter la grâce du Christ que de chercher à être justifié par la Loi, car ce serait agir comme si le Christ était mort pour rien (Ga 2:21).

Par là est introduite la thèse du deuxième développement qui est que l'Évangile exclut toute participation de la Loi à a réalisation du salut. Il faut, pense Paul, que les Galates aient été ensorcelés pour s'être laissé détourner de l'Évangile que Paul leur avait prêché en leur dépeignant la crucifixion du Christ. L'expérience de l'Esprit aurait-elle donc été vaine pour eux, alors que c'est par la foi qu'à l'exemple d'Abraham ils ont été justifiés ? (Ga 3:1-6) Par une exégèse qui s'inspire des procédés rabbiniques alors en usage, Paul établit que la promesse faite à Abraham pour ses descendants (Ge 18:18) ne peut s'appliquer à ceux qui appartiennent à l'économie de la Loi, puisque l'Écriture dit que c'est par la foi que le juste vivra (Hab 2:4). C'est donc que sur tous ceux qui appartiennent à l'économie de la Loi pèse la malédiction qui, d'après De 27:26, atteint ceux qui n'ont pas accompli ce que commande la Loi (Ga 3:8-12).

Un développement incident (Ga 3:13 et suivant) explique que cette malédiction de la Loi a été levée quand le Christ est devenu malédiction pour nous. (cf. De 21:2 s)

La thèse soutenue par Paul pourrait appeler une objection, c'est que toute l'économie religieuse d'Israël paraît reposer sur la Loi. Paul répond que la Loi n'est intervenue que quatre cent trente ans après la promesse et qu'elle n'a rien pu changer à l'alliance conclue entre Dieu et Abraham. Observant que, dans Ge 12:7, la promesse est faite à Abraham et à « sa descendance », Paul en conclut, le texte employant ainsi le singulier, que la promesse a pour bénéficiaire un individu de la postérité d'Abraham, c'est le Christ (Ga 3:15,18). Quant à la Loi, elle ne vaut que jusqu'à la venue de l'héritier, c'est-à-dire jusqu'à l'avènement du Christ ; elle n'est donc qu'une économie provisoire (Ga 3:19,29). Cette idée est illustrée par l'exemple de l'héritier qui ne devient maître de ses biens que lorsqu'il a atteint sa majorité. Les Galates, de même, ont été asservis aux éléments (on sait qu'au temps de Paul l'interprétation astrologique des religions païennes était courante) jusqu'au moment où Dieu en leur envoyant son Fils leur a donné la qualité de fils de Dieu (Ga 4:1,5), qualité qu'ils possèdent bien puisque l'Esprit leur fait dire : Abba ! c'est-à-dire Père (Ga 4:6).

Ici la démonstration dogmatique est interrompue par un appel direct. Que les Galates ne se laissent pas de nouveau asservir aux forces élémentaires. Paul a peur d'avoir travaillé en vain parmi eux ; et cela l'amène à rappeler son activité en Galatie et l'accueil qu'il y a reçu (Ga 4:8-20).

Vient ensuite un nouveau développement scripturaire. L'histoire des deux femmes d'Abraham, Agar et Sara, est l'allégorie de deux alliances incompatibles entre elles (Ga 4:21-31). Celui qui se fait circoncire est déchu de la grâce ; il n'a plus rien à attendre du Christ. Le développement se termine par des invectives contre ceux qui troublent les Galates (Ga 5:1-12).

La dernière partie de l'épître est une exhortation morale. La liberté chrétienne ne doit pas servir de prétexte à la chair, mais conduire à l'épanouissement des fruits de l'Esprit. Suivent divers conseils qui se terminent par cet avertissement : « On ne se moque pas de Dieu ; ce que l'homme aura semé, il le récoltera » (Ga 5:13-6:10).

Ici s'achève l'épître telle que Paul l'a dictée. Ce qui suit est une addition autographe dont Paul souligne l'importance en l'écrivant en gros caractères. C'est une exhortation pressante dans laquelle est ramassée toute l'argumentation de l'épître et qui est suivie de cette adjuration : « Que personne ne me fasse de la peine, car je porte dans mon corps les stigmates de Jésus », ce qui est, selon, l'interprétation la plus vraisemblable, une allusion aux souffrances qu'il a subies à son service et aux cicatrices qui lui en restent (Ga 6:11,18).

Nous n'avons aucune indication directe sur l'effet que produisit l'épître aux Galates. On peut conjecturer que ce fut celui qu'en attendait l'apôtre puisque, dans l'épître aux Romains composée peu après, il apparaît tout frémissant encore de la lutte, mais non découragé comme s'il venait de subir un douloureux échec. On aurait aussi quelque peine à concevoir que Paul ait entrepris un voyage à Jérusalem au lendemain d'une campagne victorieuse des judéo-chrétiens en Galatie.

La date de composition de l'épître aux Galates ne peut être déterminée que d'une manière indirecte. Dans la crise corinthienne qui nous apparaît comme solidaire de la crise galate, Paul n'a pas eu le sentiment que c'était son Évangile qui était visé, puisqu'il n'en fait pas l'apologie, alors que, dans l'épître aux Romains, écrite pour prévenir les effets d'une action éventuelle des judaïsants à Rome, il fait porter tout son effort sur la défense des principes de son Évangile. L'épître aux Galates doit donc être considérée comme postérieure à la lettre par laquelle s'est terminée la controverse de Paul avec les Corinthiens (2Co 1:1-6,13 7:2-8,14) laquelle est de l'automne 56. Il ne faut pas descendre beaucoup plus bas, car il y a une sensible différence de ton entre l'épître aux Galates et l'épître aux Romains qui est des premiers mois de 57. L'épître aux Galates a donc été écrite à la fin de 56. Paul se trouvait alors en Macédoine.

L'authenticité de l'épître aux Galates est reconnue par la très grande majorité des critiques. Elle n'est contestée que par quelques représentants de l'école ultraradicale (Bruno Bauer, Steck, Voelter, etc.). Deux arguments surtout lui sont opposés. L'un est tiré du fait que l'épître aux Galates présente les relations de Paul avec l'Église de Jérusalem tout autrement que le livre des Actes. Cela est exact. Mais les contradictions, les incohérences, les lacunes évidentes du récit des Actes n'autorisent à user de son témoignage qu'avec une extrême prudence et après une critique sévère. Le second argument est tiré de certains contacts de l'épître avec l'épître aux Romains. Ces contacts sont réels, mais la parenté des deux lettres s'explique entièrement par la relation qu'elles ont l'une et l'autre avec les formules dans lesquelles Paul avait l'habitude d'exprimer sa pensée. Ces formules étaient connues des Galates ; aussi Paul s'exprime-t-il, en leur écrivant, avec une extrême concision, les formules condensées qu'il emploie devant naturellement évoquer les souvenirs que son enseignement avait laissés parmi les Galates.

Quant à la théorie récemment développée avec quelque fracas d'après laquelle il n'y aurait dans l'épître aux Galates comme dans les autres épîtres de l'apôtre qu'un fond paulinien insignifiant, la majeure partie de l'épître étant constituée par des développements marcionites et des retouches catholiques, elle est trop fantaisiste et trop arbitraire pour mériter d'être discutée. BIBLIOGRAPHIE. --On trouvera des indications bibliographiques détaillées dans notre Introd. IV, 2, p. 147-201. Nous nous bornerons ici à renvoyer aux chap, consacrés à l'épître dans les principales Introd, au N.T. et à citer les principaux Commentaires. Français : Loisy, 1916 ; Lagrange, 1918 ; Anglais : Findlay, 1888 ; Lightfoot, 1890 ; Ramsay, 1900 ; de Witt Burton, 1921. --J.H. Ropes, The singular problem of the Ep. to the Ga (Harv. Theol. St., XIV) Cambridge 1929. M. G.

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      3 Alors ayant jeûné et prié, et leur ayant imposé les mains, ils les laissèrent partir.
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      29 Et après qu'ils eurent accompli toutes les choses qui avaient été écrites de lui, on l'ôta du bois, et on le mit dans un sépulcre.
      30 Mais Dieu l'a ressuscité des morts.
      31 Et il a été vu durant plusieurs jours par ceux qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, qui sont ses témoins devant le peuple.
      32 Et nous vous annonçons quant à la promesse qui a été faite à nos pères,
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      34 Et [pour montrer] qu'il l'a ressuscité des morts, pour ne devoir plus retourner au sépulcre, il a dit ainsi : je vous donnerai les saintetés de David assurées.
      35 C'est pourquoi il a dit aussi dans un autre endroit : tu ne permettras point que ton Saint sente la corruption.
      36 Car certes David, après avoir servi en son temps au conseil de Dieu, s'est endormi, et a été mis avec ses pères, et a senti la corruption.
      37 Mais celui que Dieu a ressuscité n'a point senti de corruption.
      38 Sachez donc, hommes Frères ! que c'est par lui que vous est annoncée la rémission des péchés ;
      39 Et que de tout ce dont vous n'avez pu être justifiés par la Loi de Moïse, quiconque croit est justifié par lui.
      40 Prenez donc garde qu'il ne vous arrive ce qui est dit dans les Prophètes :
      41 Voyez, contempteurs, et vous en étonnez, et soyez dissipés : car je m'en vais faire une oeuvre en votre temps, une oeuvre que vous ne croirez point, si quel- qu'un vous la raconte.
      42 Puis étant sortis de la Synagogue des Juifs, les Gentils les prièrent qu'au Sabbat suivant ils leur annonçassent ces paroles.
      43 Et quand l'assemblée fut séparée, plusieurs des Juifs et des prosélytes qui servaient Dieu, suivirent Paul et Barnabas, qui en leur parlant les exhortaient à persévérer en la grâce de Dieu.
      44 Et le Sabbat suivant, presque toute la ville s'assembla pour ouïr la parole de Dieu.
      45 Mais les Juifs voyant toute cette multitude, furent remplis d'envie, et contredisaient à ce que Paul disait, contredisant et blasphémant.
      46 Alors Paul et Barnabas s'étant enhardis, leur dirent : c'était bien à vous premièrement qu'il fallait annoncer la parole de Dieu, mais puisque vous la rejetez, et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les Gentils.
      47 Car le Seigneur nous l'a ainsi commandé, [disant] : je t'ai établi pour être la lumière des Gentils, afin que tu sois en salut jusques aux bouts de la terre.
      48 Et les Gentils entendant cela, s'en réjouissaient, et ils glorifiaient la parole du Seigneur ; et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle, crurent.
      49 Ainsi la parole du Seigneur se répandait par tout le pays.
      50 Mais les Juifs excitèrent quelques femmes dévotes et distinguées, et les principaux de la ville, et ils émurent une persécution contre Paul et Barnabas, et les chassèrent de leurs quartiers.
      51 Mais eux ayant secoué contre eux la poudre de leurs pieds, s'en vinrent à Iconie.
      52 Et les disciples étaient remplis de joie et du Saint-Esprit.

      Actes 14

      1 Or il arriva qu'étant à Iconie, ils entrèrent ensemble dans la Synagogue des Juifs, et ils parlèrent d'une telle manière, qu'une grande multitude de Juifs et de Grecs crut.
      2 Mais ceux d'entre les Juifs qui furent rebelles, émurent et irritèrent les esprits des Gentils contre les frères.
      3 Ils demeurèrent donc là assez longtemps, parlant hardiment pour le Seigneur, qui rendait témoignage à la parole de sa grâce, faisant en sorte que des prodiges et des miracles s'opérassent par leur moyen.
      4 Mais la multitude de la ville fut partagée en deux, et les uns étaient du côté des Juifs, et les autres du côté des Apôtres.
      5 Et comme il se fut fait une émeute tant des Gentils que des Juifs, et de leurs Gouverneurs, pour insulter les Apôtres, et pour les lapider,
      6 Eux l'ayant su, s'enfuirent aux villes de Lycaonie, [savoir] à Lystre, et à Derbe, et aux quartiers d'alentour.
      7 Et ils y annoncèrent l'Evangile.
      8 Or il y avait à Lystre un homme, impotent de ses pieds, perclus dès le ventre de sa mère, qui n'avait jamais marché, et qui se tenait là assis.
      9 Cet homme ouït parler Paul, qui ayant arrêté ses yeux sur lui, et voyant qu'il avait la foi pour être guéri,
      10 Lui dit à haute voix : lève-toi droit sur tes pieds. Et il se leva en sautant, et marcha.
      11 Et les gens qui étaient là assemblés, ayant vu ce que Paul avait fait, élevèrent leur voix, disant en Langue Lycaonienne : les dieux s'étant faits semblables aux hommes, sont descendus vers nous.
      12 Et ils appelaient Barnabas Jupiter, et Paul Mercure, parce que c'était lui qui portait la parole.
      13 Et même le Sacrificateur de Jupiter, qui était devant leur ville, ayant amené des taureaux couronnés jusqu'à l'entrée de la porte, voulait leur sacrifier avec la foule.
      14 Mais les Apôtres Barnabas et Paul ayant appris cela, ils déchirèrent leurs vêtements et se jetèrent au milieu de la foule, en s'écriant,
      15 Et disant : hommes ! pourquoi faites-vous ces choses ? nous sommes aussi des hommes, sujets aux mêmes passions que vous, et nous vous annonçons que de ces choses vaines vous vous convertissiez au Dieu vivant, qui a fait le ciel et la terre, la mer, et toutes les choses qui y sont.
      16 Lequel dans les siècles passés, a laissé toutes les nations marcher dans leurs voies ;
      17 Quoiqu'il ne se soit pas laissé sans témoignage, en faisant du bien, et en nous donnant des pluies du ciel, et des saisons fertiles, et en remplissant nos coeurs de viande et de joie.
      18 Et en disant ces choses, à peine empêchèrent-ils les troupes de leur sacrifier.
      19 Sur quoi quelques Juifs d'Antioche et d'Iconie étant survenus, ils gagnèrent le peuple, de sorte qu'ayant lapidé Paul, ils le traînèrent hors de la ville, croyant qu'il fût mort.
      20 Mais les disciples s'étant assemblés autour de lui, il se leva, et entra dans la ville ; et le lendemain il s'en alla avec Barnabas à Derbe.
      21 Et après qu'ils eurent annoncé l'Evangile en cette ville-là, et instruit plusieurs personnes, ils retournèrent à Lystre, à Iconie, et à Antioche ;
      22 Fortifiant l'esprit des disciples, et les exhortant à persévérer en la foi, et [leur] faisant sentir que c'est par plusieurs afflictions qu'il nous faut entrer dans le Royaume de Dieu.
      23 Et après que par l'avis des assemblées ils eurent établi des Anciens dans chaque Eglise, ayant prié avec jeûnes, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru.
      24 Puis ayant traversé la Pisidie, ils allèrent en Pamphylie.
      25 Et ayant annoncé la parole à Perge, ils descendirent à Attalie.
      26 Et de là ils naviguèrent à Antioche, d'où ils avaient été recommandés à la grâce de Dieu, pour l'oeuvre qu'ils avaient finie.
      27 Et quand ils furent arrivés, et qu'ils eurent assemblé l'Eglise, ils racontèrent toutes les choses que Dieu avait faites par eux, et comment il avait ouvert aux Gentils la porte de la foi.
      28 Et ils demeurèrent là longtemps avec les disciples.

      Actes 16

      6 Puis ayant traversé la Phrygie et le pays de Galatie, il leur fut défendu par le Saint-Esprit d'annoncer la parole en Asie.

      Actes 18

      23 Et y ayant séjourné quelque temps, il s'en alla, et traversa tout de suite la contrée de Galatie et de Phrygie, fortifiant tous les disciples.

      1 Corinthiens 16

      1 Touchant la collecte qui se fait pour les Saints, faites comme j'en ai ordonné aux Eglises de Galatie.

      2 Corinthiens 1

      1 Paul Apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, et le frère Timothée, à l'Église de Dieu qui est à Corinthe, avec tous les Saints qui sont dans toute l'Achaïe ;
      2 Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et [par] le Seigneur Jésus-Christ.
      3 Béni [soit] Dieu, qui est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes, et le Dieu de toute consolation ;
      4 Qui nous console dans toute notre affliction, afin que par la consolation dont nous sommes nous-mêmes consolés de Dieu, nous puissions consoler ceux qui sont en quelque affliction que ce soit.
      5 Car comme les souffrances de Christ abondent en nous, de même notre consolation abonde aussi par Christ.
      6 Et soit que nous soyons affligés, c'est pour votre consolation et pour votre salut, qui se produit en endurant les mêmes souffrances que nous endurons aussi ; soit que nous soyons consolés, c'est pour votre consolation et pour votre salut.

      Galates 1

      1 Paul Apôtre, non de la part des hommes, ni de la part d'aucun homme, mais de la part de Jésus-Christ, et de la part de Dieu le Père, qui l'a ressuscité des morts ;
      5 A lui soit gloire aux siècles des siècles ; Amen !
      6 Je m'étonne qu'abandonnant [Jésus-] Christ, qui vous avait appelés par sa grâce, vous ayez été si promptement transportés à un autre Evangile.
      7 Qui n'est pas un autre [Evangile], mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'Evangile de Christ.
      9 Comme nous l'avons déjà dit, je le dis encore maintenant : si quelqu'un vous évangélise outre ce que vous avez reçu, qu'il soit anathème.
      10 Car maintenant prêché-je les hommes, ou Dieu ? ou cherché-je à complaire aux hommes ? Certes si je complaisais encore aux hommes, je ne serais pas le serviteur de Christ.
      11 Or mes frères, je vous déclare que l'Evangile que j'ai annoncé, n'est point selon l'homme.
      12 Parce que je ne l'ai point reçu ni appris d'aucun homme, mais par la révélation de Jésus-Christ.
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