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PAUL (l'apôtre) 3.

II L'homme et son milieu.

Avant de caractériser la personnalité chrétienne que l'action de l'Esprit devait engendrer en Saul de Tarse, il ne sera pas inutile de déterminer les données essentielles qui sont à la base de sa vie intérieure et vont présider par conséquent au développement de son action ou de sa pensée.

L'intervention souveraine qui a créé l'homme nouveau ne saurait, en effet, avoir éliminé toutes les influences antérieures ; si radicale qu'ait été la révolution intime, elle a bien pu changer l'orientation des virtualités multiples de cette riche personnalité, elle ne les a ni détruites ni altérées dans leur nature profonde. Paul restera un passionné comme Saul de Tarse, et défendra « son Évangile » avec la même fougue impérieuse qu'il apportait naguère dans son zèle de persécuteur. Le chrétien issu du drame de Damas ne sera pas une création ex nihilo

A plus forte raison, les conceptions systématiques de l'homme, du monde et de Dieu qui sont comme la traduction idéologique de sa vie intérieure porteront-elles la marque de son passé. Les attitudes morales se modifient plus aisément que les habitudes intellectuelles ; ici l'éducation, le milieu, les modes de réflexion familiers à l'écrivain ou à ses lecteurs eux-mêmes, tout, jusqu'au vocabulaire qu'il doit utiliser, conditionne l'expression de sa pensée. Spirituellement, Paul a rompu avec le judaïsme formaliste, nationaliste et légaliste ; mais intellectuellement il va élever l'édifice de sa pensée sur quelques affirmations fondamentales empruntées à la tradition israélite, et selon les méthodes en usage dans les milieux rabbiniques auxquels il doit sa formation.

Il est à peine besoin de noter ici qu'il emprunte à l'Ancien Testament les éléments principaux de sa conception religieuse : l'unité de Dieu et sa sainteté, la réalité du péché, la condamnation qui pèse de ce chef sur l'humanité, l'espérance du salut par l'intervention d'un Messie, etc. Ainsi les grandes lignes de tout le système apparaissent comme le prolongement naturel des conceptions israélites.

Ce qui est moins remarqué et cependant essentiel, c'est que toute la pensée paulinienne se développe dans le cadre d'une histoire. Paul ne construit pas un système du monde, il retrace l'histoire de l'humanité dans ses relations avec Dieu, et les trois étapes de cette collaboration surnaturelle sont marquées par l'avènement de la loi, l'avènement de la grâce, et--dans l'avenir--l'avènement du Christ glorifié. Sans doute l'idée du salut porte en elle-même un certain dynamisme qui interdit à la pensée de s'immobiliser dans une conception statique de l'univers : qui dit salut dit changement, donc étapes successives soit dans la vie de l'individu, soit dans la vie de la race. Mais cette histoire du salut, Paul la déroule sans hésitation dans le cadre déjà tracé par la tradition biblique, à laquelle il emprunte, sans même le remarquer, toute la structure générale de sa conception.

Ses procédés de raisonnement sont par ailleurs entièrement rabbiniques, soit par l'usage fait des citations de l'A.T., soit par les méthodes appliquées à leur interprétation. Lorsqu'il veut établir le fait universel du péché, Paul ne fait pas appel aux constatations du moraliste ou du psychologue, il se contente d'accumuler (Ro 3:9,18) des passages de l'A.T., lesquels d'ailleurs n'affirment nullement la radicale corruption de la race humaine, mais la culpabilité d'un peuple déterminé à un certain moment de son histoire. Même quand il s'adresse à des païens, peu sensibles à l'argument scripturaire, ses méthodes restent les mêmes. Lorsqu'il démontre (Ga 3:7,18) que les hommes de foi sont bénis en Abraham le croyant, la subtilité des trois raisonnements successifs (verset 7-12,13,15-18) et la complexité des allusions scripturaires révèlent la formation rabbinique.

Le symbolisme--ou plus exactement une typologie réaliste--a son rôle aussi dans cette mise en oeuvre de l'argument scripturaire. C'est ainsi qu'est interprétée (Ga 4:21-31) l'histoire de Sara et d'Agar. « Ces deux femmes, dit-il, sont deux alliances » ; Agar, nom qui désigne le mont Sinaï en Arabie, est l'alliance de servitude ; l'autre, l'alliance de liberté ; la première enfante, selon la nature, des esclaves ; la seconde enfante, selon la promesse, des hommes libres. Or il est écrit : « le fils de l'esclave ne doit pas hériter avec celui de la femme libre » ; donc les Juifs n'ont aucune part au salut. Etrange interprétation d'un sombre épisode de l'hébraïsme primitif.

De même au chap. 4 des Romains (Ro 4), la mission parmi les incirconcis est légitimée par le fait que l'acte de foi qui justifie Abraham est antérieur à sa circoncision. Procédés de raisonnement authentiquement juifs et même rabbiniques.

Il est vrai que ces démonstrations alambiquées sont souvent précédées ou suivies de larges exposés, admirables par la précision de la forme autant que par l'ampleur de la pensée ; mais ces pages magistrales révèlent la puissance du génie plutôt que l'application d'une méthode nouvelle. Il semble que le mouvement de l'esprit soit double : d'abord le jaillissement de la pensée sous sa forme naturelle, puissante et large ; puis le repliement de la réflexion sur elle-même, peut-être le désir de convaincre ses frères de race par les raisonnements qui leur sont habituels.

Un exemple frappant de ces méthodes nous est offert par la réponse à la question posée à Corinthe : peut-on manger des viandes sacrifiées aux idoles ? Les idoles n'existent pas, répond l'apôtre, et les sacrifices qui leur sont offerts sont sans réalité. Mangez donc sans scrupule de tout ce qui se vend au marché. Prenez garde seulement de ne pas scandaliser les faibles qui craignent de participer réellement au culte des idoles en mangeant des viandes sacrifiées. Si l'usage que vous faites d'une liberté légitime en elle-même entraîne un danger pour vos frères, il devient un péché contre Christ. Ce raisonnement (1Co 8) est d'une clarté, d'une délicatesse magistrales. Après avoir montré (1Co 9) comment la conduite qu'il recommande ainsi dérive des mêmes principes que sa propre attitude lorsqu'il refuse de recevoir des subsides pour ne pas scandaliser les Églises, l'apôtre reprend la question (1Co 10), et sous quelle forme confuse ! Il établit un laborieux parallèle entre le chrétien et l'Israélite ; le passage de la mer Rouge est assimilé au baptême, la manne et l'eau jaillie du rocher au pain et au vin de la Cène ; et après un passage fort obscur il conclut : « Ce qu'ils immolent, c'est à des démons qu'ils l'immolent et non à Dieu ; et je n'admets pas que vous entriez en communion avec les démons » (1Co 10:20) ; car le sacrifice païen met en communion avec les démons, comme le sacrifice juif avec l'autel et la Cène avec le Seigneur.

Il valait la peine d'exposer avec quelque détail cet exemple de double argumentation, dans lequel à force de subtilité l'apôtre ne laisse pas de tomber en quelque contradiction avec le premier élan, plus spontané, de sa pensée.

A côté de cette formation judaïque qui a si fortement marqué son esprit, l'apôtre a-t-il possédé une culture grecque susceptible d'infléchir les lignes de sa pensée ou de lui fournir quelques-uns de ses matériaux ? La question a été souvent controversée, et il semble que d'emblée quelques précisions soient nécessaires, quant à la façon dont il faut la poser.

L'apôtre ne paraît pas être familier avec les penseurs grecs, ni s'être pénétré de la doctrine des grandes écoles philosophiques. Non seulement les problèmes propres à la pensée grecque ne sont pas posés, mais les méthodes mêmes sont ignorées. Alors même que les destinataires des épîtres n'auraient point paru en état de suivre les discussions de l'école sur les problèmes religieux, une connaissance un peu poussée de ces courants de pensée n'aurait pas manqué de donner à la parole de l'écrivain une allure déterminée ou de créer autour d'elle une atmosphère hellénique.

Or rien n'est plus éloigné du dilettantisme intellectuel des Grecs que l'âpre passion, presque'fanatique, qui est l'attitude constante de l'apôtre. Celui-ci n'est pas, ne veut pas être un penseur ; il ne cherche pas une vérité, il la possède, il l'a reçue de Dieu, et il la défend passionnément, comme une chose sainte. Non, il ne la défend pas, il l'impose, il veut lui conquérir le monde, mettre toute autre pensée sous ses pieds. Rien de moins hellénique que cette attitude.

Rien de moins hellénique aussi, malgré les apparences, que l'universalisme de Paul. On a voulu voir (Loisy), dans son opposition au nationalisme juif et dans sa lutte persistante en faveur de l'universalisme chrétien, un fruit de l'influence grecque. Mais l'universalisme paulinien ne tient pas au caractère impersonnel, universel de la pensée. La vérité platonicienne est universaliste en soi, parce qu'elle tient à la constitution même de l'esprit humain, parce qu'elle exprime l'idée éternelle, qui ne peut être qu'impersonnelle et intemporelle. L'universalisme paulinien est voulu, il est acquis ; il n'est pas attaché à la nature de l'homme mais à une grâce de Dieu, laquelle s'étend volontairement à toute l'humanité, mais aurait pu être--et a été dans le passé--limitée à une race privilégiée. C'est une sorte d'impérialisme spirituel, un universalisme messianique, beaucoup moins proche de celui des philosophes grecs que de celui qui demeure, voilé sous le nationalisme le plus acerbe, au fond de la pensée israélite.

Mais s'il ne possède qu'une connaissance superficielle de la pensée classique, l'ancien élève des écoles de Tarse est familier avec les religions de mystères ; il a respiré dans l'atmosphère qu'elles créent dans tout l'Orient méditerranéen, et qui est caractéristique de son époque.

A côté des cultes nationaux qui ont pour seule fin la prospérité du groupe ethnique, surgissent en effet, de toutes parts, des religions qui ont en vue la vie morale des individus et leur destinée dans l'autre monde. Elles comportent ordinairement une initiation où le rite et le mythe sont étroitement associés, et qui doit assurer le développement spirituel et surtout l'immortalité personnelle de l'initié.

Si insuffisante que soit la distinction entre la pureté morale et la pureté rituelle, l'idée même de purification évoque le péché, comme la participation au sacrifice symbolique du dieu ébauche nécessairement les concepts d'expiation ou de rédemption. Une immense soif de purification (surtout rituelle) et de rédemption (toute magique le plus souvent) se donne libre cours dans le développement des mystères et crée toute une conception nouvelle de la vie et de la piété.

Ces mystères possèdent, à côté de leurs rites exotériques, une doctrine plus ou moins ésotérique, une « sagesse » qui n'est pas des hommes mais du dieu qui dit comment il veut être adoré. L'immortalité que celui-ci confère n'est due à personne--contrairement à l'idée classique d'une immortalité tenant à la nature de l'âme ; elle est toujours une faveur du dieu, il faudrait presque dire une grâce.

Tout ce vocabulaire, déjà chargé d'idées et de sentiments, est sans effort passé dans les épîtres, alors qu'il est totalement étranger à l'Évangile de Jésus-Christ ; et la pensée de Paul a pris quelques-unes des apparences extérieures des religions de mystères. Il ne leur emprunte sans doute qu'un schématisme dans lequel il versera une réalité spirituelle autrement puissante et vivante ; mais il n'est pas douteux qu'en revendiquant pour son Christ le privilège d'être le « seul Seigneur » et d'apporter la « sagesse de Dieu », par opposition à d'autres sagesses, l'apôtre ait voulu opposer son « mystère » à d'autres mystères, et s'élever contre les fausses rédemptions en même temps qu'il empruntait à ses ennemis le vocabulaire même qu'il utilisait pour dresser contre eux sa pensée.

Ce n'est pas ici le lieu de déterminer plus exactement le rapport entre le christianisme paulinien et les religions de mystères (voir ci-dessous, V, 5 et VU, 2) ; mais celles-ci doivent assurément être comptées au nombre des disciplines spirituelles qui ont constitué le milieu dans lequel s'est formé l'esprit du futur apôtre de Jésus-Christ.

Cependant sa personnalité morale, sa structure intellectuelle, et à plus forte raison les influences subies ou les connaissances acquises, tout l'homme et tout son savoir devaient être comme fondus à la flamme ardente de la conversion.

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Versets relatifs

    • Romains 3

      9 Que dire donc ? Sommes-nous supérieurs aux autres ? Pas du tout. En effet, nous avons déjà prouvé que Juifs et non-Juifs sont tous sous la domination du péché,
      18 Il n’y a aucune crainte de Dieu devant leurs yeux.

      Romains 4

      1 Que dirons-nous donc d'Abraham, notre ancêtre ? Qu'a-t-il obtenu par ses propres efforts ?
      2 Si Abraham a été considéré comme juste sur la base de ses œuvres, il a de quoi se montrer fier, mais non devant Dieu.
      3 En effet, que dit l'Ecriture ? Abraham a eu confiance en Dieu et cela lui a été compté comme justice.
      4 Or, si quelqu'un accomplit quelque chose, le salaire est porté à son compte non comme une grâce, mais comme un dû.
      5 Par contre, si quelqu'un ne fait rien mais croit en celui qui déclare juste l’impie, sa foi lui est comptée comme justice.
      6 De même, David exprime le bonheur de l'homme à qui Dieu attribue la justice sans les œuvres :
      7 Heureux ceux dont les fautes sont pardonnées et dont les péchés sont couverts, 8 heureux l'homme à qui le Seigneur ne tient pas compte de son péché !
      9 Ce bonheur n'est-il que pour les circoncis, ou bien est-il également pour les incirconcis ? En effet, nous disons que la foi d'Abraham lui a été comptée comme justice.
      10 Quand donc a-t-elle été portée à son compte ? Etait-ce après ou avant sa circoncision ? Ce n'était pas après sa circoncision, mais bien alors qu'il était incirconcis.
      11 Et il a reçu le signe de la circoncision comme le gage de la justice qu'il avait obtenue par la foi alors qu'il était incirconcis. Il est ainsi le père de tous les incirconcis qui croient, afin que la justice soit aussi portée à leur compte.
      12 Il est aussi le père des circoncis qui ne se contentent pas d’être circoncis mais qui marchent aussi sur les traces de la foi de notre ancêtre Abraham quand il était encore incirconcis.
      13 En effet, ce n'est pas par la loi que la promesse de recevoir le monde en héritage a été faite à Abraham ou à sa descendance, mais c'est par la justice de la foi,
      14 car si l'on devient héritier par la loi, la foi est dépourvue de sens et la promesse sans effets.
      15 En fait, la loi produit la colère de Dieu, puisque là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas non plus de transgression.
      16 C'est donc par la foi que l'on devient héritier, pour que ce soit par grâce et que la promesse soit assurée à toute la descendance, non seulement à celle qui dépend de la loi, mais aussi à celle qui a la foi d'Abraham. En effet, Abraham est notre père à tous, comme cela est d’ailleurs écrit :
      17 Je t'ai établi père d'un grand nombre de nations. Il est notre père devant le Dieu en qui il a cru, le Dieu qui donne la vie aux morts et appelle ce qui n'existe pas à l'existence.
      18 Espérant contre toute espérance, Abraham a cru et est ainsi devenu le père d'un grand nombre de nations, conformément à ce qui lui avait été dit : Telle sera ta descendance.
      19 Sans faiblir dans la foi, il n’a pas considéré que son corps était déjà usé, puisqu'il avait près de 100 ans, ni que Sara n'était plus en état d'avoir des enfants.
      20 Il n’a pas douté, par incrédulité, de la promesse de Dieu, mais il a été fortifié par la foi et il a rendu gloire à Dieu,
      21 car il avait la pleine conviction que ce que Dieu promet, il peut aussi l'accomplir.
      22 C'est pourquoi cela lui a été compté comme justice.
      23 Or ce n'est pas pour lui seulement qu'il est écrit que la foi a été portée à son compte,
      24 mais c'est aussi pour nous. Elle sera portée à notre compte, puisque nous croyons en celui qui a ressuscité Jésus notre Seigneur,
      25 lui qui a été donné à cause de nos fautes et qui est ressuscité à cause de notre justification.

      1 Corinthiens 8

      1 En ce qui concerne les viandes sacrifiées aux idoles, nous savons que nous avons tous la connaissance. – La connaissance rend orgueilleux, mais l'amour édifie.
      2 Si quelqu'un croit savoir quelque chose, il ne connaît encore rien comme il faudrait connaître.
      3 Mais si quelqu'un aime Dieu, il est connu de lui. –
      4 Donc, pour ce qui est de manger des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu’une idole n’est rien dans le monde et qu'il n'y a qu’un seul Dieu.
      5 En effet, il est vrai qu’il y a des êtres appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, et de fait il y a beaucoup de dieux et de seigneurs.
      6 Néanmoins, pour nous il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous vivons, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui tout existe et par qui nous vivons.
      7 Mais tous n'ont pas cette connaissance. Quelques-uns, marqués par la manière dont ils perçoivent encore les idoles, mangent de ces viandes comme leur étant sacrifiées, et leur conscience, qui est faible, en est souillée.
      8 Or ce n'est pas un aliment qui nous rapproche de Dieu : si nous en mangeons, nous n'avons rien de plus ; si nous n'en mangeons pas, nous n'avons rien de moins.
      9 Veillez, toutefois, à ce que votre liberté ne devienne pas un obstacle pour les faibles.
      10 En effet, si quelqu'un te voit, toi qui as de la connaissance, assis à table dans un temple d'idoles, lui qui est faible, ne sera-t-il pas encouragé dans sa conscience à manger des viandes sacrifiées aux idoles ?
      11 Ainsi, à cause de ta connaissance le faible ira à sa perte, ce frère pour lequel Christ est mort !
      12 En péchant ainsi contre les frères et sœurs et en blessant leur conscience, qui est faible, c’est contre Christ que vous péchez.
      13 C'est pourquoi, si un aliment représente un piège pour mon frère, je ne mangerai jamais de viande afin de ne pas faire trébucher mon frère.

      1 Corinthiens 9

      1 Ne suis-je pas libre ? Ne suis-je pas apôtre ? N'ai-je pas vu Jésus[-Christ] notre Seigneur ? N'êtes-vous pas mon œuvre dans le Seigneur ?
      2 Si pour d'autres je ne suis pas apôtre, je le suis au moins pour vous, car vous êtes l’empreinte qui authentifie mon service en tant qu’apôtre dans le Seigneur.
      3 C'est là ma défense contre ceux qui m'accusent.
      4 N'avons-nous pas le droit de manger et de boire ?
      5 N'avons-nous pas le droit d'emmener avec nous une sœur qui soit notre femme, comme le font les autres apôtres, les frères du Seigneur et Céphas ?
      6 Ou bien sommes-nous les seuls, Barnabas et moi, à ne pas avoir le droit de ne pas travailler ?
      7 Qui donc sert dans une armée à ses propres frais ? Qui plante une vigne et n'en mange pas le fruit ? Qui prend soin d’un troupeau et ne se nourrit pas du lait du troupeau ?
      8 Est-ce purement d'un point de vue humain que je dis cela ? La loi ne le dit-elle pas aussi ?
      9 En effet, il est écrit dans la loi de Moïse : Tu ne mettras pas de muselière au bœuf quand il foule le grain. Dieu s'inquiète-t-il des bœufs
      10 ou bien est-ce principalement à cause de nous qu’il parle ? Oui, c'est à cause de nous que cela a été écrit, car celui qui laboure doit labourer avec espérance, et celui qui bat le blé doit le faire avec l'espoir de recevoir sa part.
      11 Si nous avons semé pour vous les biens spirituels, est-ce trop si nous récoltons une part de vos biens matériels ?
      12 Si d'autres exercent ce droit sur vous, n'est-ce pas plutôt à nous d'en jouir ? Mais nous n'avons pas recouru à ce droit ; au contraire, nous supportons tout afin de ne pas créer d'obstacle à l'Evangile de Christ.
      13 Ne savez-vous pas que ceux qui assurent le service du culte sont nourris par le temple, que ceux qui servent à l'autel reçoivent une part de ce qui est offert sur l'autel ?
      14 De même aussi, le Seigneur a prescrit à ceux qui annoncent l'Evangile de vivre de l'Evangile.
      15 Quant à moi, je n'ai eu recours à aucun de ces droits, et je n'écris pas cela pour qu'ils me soient accordés, car j'aimerais mieux mourir plutôt que de me laisser enlever ce sujet de fierté.
      16 Si j'annonce l'Evangile, il n’y a pour moi aucun sujet de fierté, car c’est une nécessité qui m'est imposée, et malheur à moi si je n'annonce pas l'Evangile !
      17 Si je le fais de bon cœur, j’en ai la récompense ; mais si je le fais malgré moi, c'est une charge qui m'est confiée.
      18 Quelle est donc ma récompense ? C'est d'offrir gratuitement l'Evangile [de Christ] que j'annonce, sans faire usage de mon droit de prédicateur de l'Evangile.
      19 En effet, bien que libre vis-à-vis de tous, je me suis fait l’esclave de tous afin de gagner le plus grand nombre.
      20 Avec les Juifs, j'ai été comme un Juif afin de gagner les Juifs ; avec ceux qui sont sous la loi de Moïse, comme si j'étais sous la loi [– bien que n’étant pas moi-même sous la loi –] afin de gagner ceux qui sont sous la loi ;
      21 avec ceux qui sont sans la loi, comme si j'étais sans la loi – bien que je ne sois pas sans la loi de Dieu, puisque je me conforme à la loi de Christ – afin de gagner ceux qui sont sans la loi.
      22 J'ai été [comme] faible avec les faibles afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous afin d'en sauver de toute manière quelques-uns,
      23 et je fais cela à cause de l'Evangile afin d'avoir part à ses bénédictions.
      24 Ne savez-vous pas que les concurrents dans le stade courent tous, mais qu'un seul remporte le prix ? Courez de manière à le remporter.
      25 Tous les athlètes s'imposent toutes sortes de privations, et ils le font pour obtenir une couronne qui va se détruire ; mais nous, c’est pour une couronne indestructible.
      26 Moi donc, je cours, mais pas comme à l’aventure ; je boxe, mais non pour battre l'air.
      27 Au contraire, je traite durement mon corps et je le discipline, de peur d'être moi-même disqualifié après avoir prêché aux autres.

      1 Corinthiens 10

      1 Frères et sœurs, je ne veux pas vous laisser ignorer que nos ancêtres ont tous été sous la nuée et qu’ils ont tous passé à travers la mer ;
      2 ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer,
      3 ils ont tous mangé la même nourriture spirituelle
      4 et ils ont tous bu la même boisson spirituelle. En effet, ils buvaient à un rocher spirituel qui les accompagnait, et ce rocher était Christ.
      5 Mais la plupart d'entre eux n’ont pas été approuvés par Dieu, puisqu'ils sont morts dans le désert.
      6 Or ces faits sont arrivés pour nous servir d'exemples, afin que nous n'ayons pas de mauvais désirs comme eux en ont eu.
      7 Ne devenez pas idolâtres comme certains d'entre eux. En effet, il est écrit : Le peuple s'assit pour manger et pour boire ; puis ils se levèrent pour s’amuser.
      8 Ne nous livrons pas non plus à l’immoralité sexuelle comme certains d'entre eux l'ont fait, de sorte que 23'000 sont tombés en un seul jour.
      9 Ne provoquons pas Christ comme certains d'entre eux l'ont fait, si bien qu’ils sont morts, victimes des serpents.
      10 Ne murmurez pas comme certains d'entre eux l’ont fait, de sorte qu’ils sont morts sous les coups du destructeur.
      11 Tous ces faits leur sont arrivés pour servir d'exemples, et ils ont été écrits pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des temps.
      12 Ainsi donc, que celui qui croit être debout fasse attention à ne pas tomber !
      13 Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine. Dieu est fidèle, et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous puissiez la supporter.
      14 C'est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l'idolâtrie.
      15 Je vous parle comme à des personnes intelligentes ; jugez vous-mêmes de ce que je dis.
      16 La coupe de bénédiction que nous bénissons n'est-elle pas la communion au sang de Christ ? Le pain que nous rompons n'est-il pas la communion au corps de Christ ?
      17 Puisqu'il y a un seul pain, nous qui sommes nombreux, nous formons un seul corps, car nous participons tous à un même pain.
      18 Voyez les Israélites : ceux qui mangent les animaux offerts en sacrifice ne sont-ils pas en communion avec l'autel ?
      19 Que veux-je donc dire ? Que la viande sacrifiée aux idoles aurait de l’importance, ou qu'une idole serait quelque chose ? Pas du tout.
      20 Mais ce que les non-Juifs sacrifient, ils le sacrifient à des démons, et non à Dieu ; or, je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons.
      21 Vous ne pouvez pas boire à la coupe du Seigneur et à la coupe des démons ; vous ne pouvez pas participer à la table du Seigneur et à la table des démons.
      22 Ou bien voulons-nous provoquer la jalousie du Seigneur ? Sommes-nous plus forts que lui ?
      23 Tout [m’]est permis, mais tout n'est pas utile ; tout [m’]est permis, mais tout n'édifie pas.
      24 Que personne ne cherche son propre intérêt, mais plutôt celui de l’autre.
      25 Mangez de tout ce qui se vend au marché sans vous poser de question par motif de conscience,
      26 car la terre avec tout ce qu'elle contient appartient au Seigneur.
      27 Si un non-croyant vous invite et que vous acceptiez d’y aller, mangez de tout ce qu'on vous présentera sans vous poser de question par motif de conscience.
      28 Mais si quelqu'un vous dit : « C’est de la viande offerte aux idoles », n'en mangez pas à cause de celui qui vous a informés et par motif de conscience.
      29 Je parle ici non de votre conscience, mais de celle de l'autre personne. Pourquoi, en effet, ma liberté serait-elle jugée par une conscience étrangère ?
      30 Si moi, je mange avec reconnaissance, pourquoi devrais-je être blâmé à propos d’un aliment pour lequel je remercie Dieu ?
      31 Ainsi donc, que vous mangiez, que vous buviez ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu.
      32 Ne soyez une cause de faux pas ni pour les non-Juifs, ni pour les Juifs, ni pour l'Eglise de Dieu.
      33 Faites comme moi : je m'efforce en tout de plaire à tous, recherchant non mon avantage mais celui du plus grand nombre afin qu'ils soient sauvés.
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