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PAUL (l'apôtre) 3.

II L'homme et son milieu.

Avant de caractériser la personnalité chrétienne que l'action de l'Esprit devait engendrer en Saul de Tarse, il ne sera pas inutile de déterminer les données essentielles qui sont à la base de sa vie intérieure et vont présider par conséquent au développement de son action ou de sa pensée.

L'intervention souveraine qui a créé l'homme nouveau ne saurait, en effet, avoir éliminé toutes les influences antérieures ; si radicale qu'ait été la révolution intime, elle a bien pu changer l'orientation des virtualités multiples de cette riche personnalité, elle ne les a ni détruites ni altérées dans leur nature profonde. Paul restera un passionné comme Saul de Tarse, et défendra « son Évangile » avec la même fougue impérieuse qu'il apportait naguère dans son zèle de persécuteur. Le chrétien issu du drame de Damas ne sera pas une création ex nihilo

A plus forte raison, les conceptions systématiques de l'homme, du monde et de Dieu qui sont comme la traduction idéologique de sa vie intérieure porteront-elles la marque de son passé. Les attitudes morales se modifient plus aisément que les habitudes intellectuelles ; ici l'éducation, le milieu, les modes de réflexion familiers à l'écrivain ou à ses lecteurs eux-mêmes, tout, jusqu'au vocabulaire qu'il doit utiliser, conditionne l'expression de sa pensée. Spirituellement, Paul a rompu avec le judaïsme formaliste, nationaliste et légaliste ; mais intellectuellement il va élever l'édifice de sa pensée sur quelques affirmations fondamentales empruntées à la tradition israélite, et selon les méthodes en usage dans les milieux rabbiniques auxquels il doit sa formation.

Il est à peine besoin de noter ici qu'il emprunte à l'Ancien Testament les éléments principaux de sa conception religieuse : l'unité de Dieu et sa sainteté, la réalité du péché, la condamnation qui pèse de ce chef sur l'humanité, l'espérance du salut par l'intervention d'un Messie, etc. Ainsi les grandes lignes de tout le système apparaissent comme le prolongement naturel des conceptions israélites.

Ce qui est moins remarqué et cependant essentiel, c'est que toute la pensée paulinienne se développe dans le cadre d'une histoire. Paul ne construit pas un système du monde, il retrace l'histoire de l'humanité dans ses relations avec Dieu, et les trois étapes de cette collaboration surnaturelle sont marquées par l'avènement de la loi, l'avènement de la grâce, et--dans l'avenir--l'avènement du Christ glorifié. Sans doute l'idée du salut porte en elle-même un certain dynamisme qui interdit à la pensée de s'immobiliser dans une conception statique de l'univers : qui dit salut dit changement, donc étapes successives soit dans la vie de l'individu, soit dans la vie de la race. Mais cette histoire du salut, Paul la déroule sans hésitation dans le cadre déjà tracé par la tradition biblique, à laquelle il emprunte, sans même le remarquer, toute la structure générale de sa conception.

Ses procédés de raisonnement sont par ailleurs entièrement rabbiniques, soit par l'usage fait des citations de l'A.T., soit par les méthodes appliquées à leur interprétation. Lorsqu'il veut établir le fait universel du péché, Paul ne fait pas appel aux constatations du moraliste ou du psychologue, il se contente d'accumuler (Ro 3:9,18) des passages de l'A.T., lesquels d'ailleurs n'affirment nullement la radicale corruption de la race humaine, mais la culpabilité d'un peuple déterminé à un certain moment de son histoire. Même quand il s'adresse à des païens, peu sensibles à l'argument scripturaire, ses méthodes restent les mêmes. Lorsqu'il démontre (Ga 3:7,18) que les hommes de foi sont bénis en Abraham le croyant, la subtilité des trois raisonnements successifs (verset 7-12,13,15-18) et la complexité des allusions scripturaires révèlent la formation rabbinique.

Le symbolisme--ou plus exactement une typologie réaliste--a son rôle aussi dans cette mise en oeuvre de l'argument scripturaire. C'est ainsi qu'est interprétée (Ga 4:21-31) l'histoire de Sara et d'Agar. « Ces deux femmes, dit-il, sont deux alliances » ; Agar, nom qui désigne le mont Sinaï en Arabie, est l'alliance de servitude ; l'autre, l'alliance de liberté ; la première enfante, selon la nature, des esclaves ; la seconde enfante, selon la promesse, des hommes libres. Or il est écrit : « le fils de l'esclave ne doit pas hériter avec celui de la femme libre » ; donc les Juifs n'ont aucune part au salut. Etrange interprétation d'un sombre épisode de l'hébraïsme primitif.

De même au chap. 4 des Romains (Ro 4), la mission parmi les incirconcis est légitimée par le fait que l'acte de foi qui justifie Abraham est antérieur à sa circoncision. Procédés de raisonnement authentiquement juifs et même rabbiniques.

Il est vrai que ces démonstrations alambiquées sont souvent précédées ou suivies de larges exposés, admirables par la précision de la forme autant que par l'ampleur de la pensée ; mais ces pages magistrales révèlent la puissance du génie plutôt que l'application d'une méthode nouvelle. Il semble que le mouvement de l'esprit soit double : d'abord le jaillissement de la pensée sous sa forme naturelle, puissante et large ; puis le repliement de la réflexion sur elle-même, peut-être le désir de convaincre ses frères de race par les raisonnements qui leur sont habituels.

Un exemple frappant de ces méthodes nous est offert par la réponse à la question posée à Corinthe : peut-on manger des viandes sacrifiées aux idoles ? Les idoles n'existent pas, répond l'apôtre, et les sacrifices qui leur sont offerts sont sans réalité. Mangez donc sans scrupule de tout ce qui se vend au marché. Prenez garde seulement de ne pas scandaliser les faibles qui craignent de participer réellement au culte des idoles en mangeant des viandes sacrifiées. Si l'usage que vous faites d'une liberté légitime en elle-même entraîne un danger pour vos frères, il devient un péché contre Christ. Ce raisonnement (1Co 8) est d'une clarté, d'une délicatesse magistrales. Après avoir montré (1Co 9) comment la conduite qu'il recommande ainsi dérive des mêmes principes que sa propre attitude lorsqu'il refuse de recevoir des subsides pour ne pas scandaliser les Églises, l'apôtre reprend la question (1Co 10), et sous quelle forme confuse ! Il établit un laborieux parallèle entre le chrétien et l'Israélite ; le passage de la mer Rouge est assimilé au baptême, la manne et l'eau jaillie du rocher au pain et au vin de la Cène ; et après un passage fort obscur il conclut : « Ce qu'ils immolent, c'est à des démons qu'ils l'immolent et non à Dieu ; et je n'admets pas que vous entriez en communion avec les démons » (1Co 10:20) ; car le sacrifice païen met en communion avec les démons, comme le sacrifice juif avec l'autel et la Cène avec le Seigneur.

Il valait la peine d'exposer avec quelque détail cet exemple de double argumentation, dans lequel à force de subtilité l'apôtre ne laisse pas de tomber en quelque contradiction avec le premier élan, plus spontané, de sa pensée.

A côté de cette formation judaïque qui a si fortement marqué son esprit, l'apôtre a-t-il possédé une culture grecque susceptible d'infléchir les lignes de sa pensée ou de lui fournir quelques-uns de ses matériaux ? La question a été souvent controversée, et il semble que d'emblée quelques précisions soient nécessaires, quant à la façon dont il faut la poser.

L'apôtre ne paraît pas être familier avec les penseurs grecs, ni s'être pénétré de la doctrine des grandes écoles philosophiques. Non seulement les problèmes propres à la pensée grecque ne sont pas posés, mais les méthodes mêmes sont ignorées. Alors même que les destinataires des épîtres n'auraient point paru en état de suivre les discussions de l'école sur les problèmes religieux, une connaissance un peu poussée de ces courants de pensée n'aurait pas manqué de donner à la parole de l'écrivain une allure déterminée ou de créer autour d'elle une atmosphère hellénique.

Or rien n'est plus éloigné du dilettantisme intellectuel des Grecs que l'âpre passion, presque'fanatique, qui est l'attitude constante de l'apôtre. Celui-ci n'est pas, ne veut pas être un penseur ; il ne cherche pas une vérité, il la possède, il l'a reçue de Dieu, et il la défend passionnément, comme une chose sainte. Non, il ne la défend pas, il l'impose, il veut lui conquérir le monde, mettre toute autre pensée sous ses pieds. Rien de moins hellénique que cette attitude.

Rien de moins hellénique aussi, malgré les apparences, que l'universalisme de Paul. On a voulu voir (Loisy), dans son opposition au nationalisme juif et dans sa lutte persistante en faveur de l'universalisme chrétien, un fruit de l'influence grecque. Mais l'universalisme paulinien ne tient pas au caractère impersonnel, universel de la pensée. La vérité platonicienne est universaliste en soi, parce qu'elle tient à la constitution même de l'esprit humain, parce qu'elle exprime l'idée éternelle, qui ne peut être qu'impersonnelle et intemporelle. L'universalisme paulinien est voulu, il est acquis ; il n'est pas attaché à la nature de l'homme mais à une grâce de Dieu, laquelle s'étend volontairement à toute l'humanité, mais aurait pu être--et a été dans le passé--limitée à une race privilégiée. C'est une sorte d'impérialisme spirituel, un universalisme messianique, beaucoup moins proche de celui des philosophes grecs que de celui qui demeure, voilé sous le nationalisme le plus acerbe, au fond de la pensée israélite.

Mais s'il ne possède qu'une connaissance superficielle de la pensée classique, l'ancien élève des écoles de Tarse est familier avec les religions de mystères ; il a respiré dans l'atmosphère qu'elles créent dans tout l'Orient méditerranéen, et qui est caractéristique de son époque.

A côté des cultes nationaux qui ont pour seule fin la prospérité du groupe ethnique, surgissent en effet, de toutes parts, des religions qui ont en vue la vie morale des individus et leur destinée dans l'autre monde. Elles comportent ordinairement une initiation où le rite et le mythe sont étroitement associés, et qui doit assurer le développement spirituel et surtout l'immortalité personnelle de l'initié.

Si insuffisante que soit la distinction entre la pureté morale et la pureté rituelle, l'idée même de purification évoque le péché, comme la participation au sacrifice symbolique du dieu ébauche nécessairement les concepts d'expiation ou de rédemption. Une immense soif de purification (surtout rituelle) et de rédemption (toute magique le plus souvent) se donne libre cours dans le développement des mystères et crée toute une conception nouvelle de la vie et de la piété.

Ces mystères possèdent, à côté de leurs rites exotériques, une doctrine plus ou moins ésotérique, une « sagesse » qui n'est pas des hommes mais du dieu qui dit comment il veut être adoré. L'immortalité que celui-ci confère n'est due à personne--contrairement à l'idée classique d'une immortalité tenant à la nature de l'âme ; elle est toujours une faveur du dieu, il faudrait presque dire une grâce.

Tout ce vocabulaire, déjà chargé d'idées et de sentiments, est sans effort passé dans les épîtres, alors qu'il est totalement étranger à l'Évangile de Jésus-Christ ; et la pensée de Paul a pris quelques-unes des apparences extérieures des religions de mystères. Il ne leur emprunte sans doute qu'un schématisme dans lequel il versera une réalité spirituelle autrement puissante et vivante ; mais il n'est pas douteux qu'en revendiquant pour son Christ le privilège d'être le « seul Seigneur » et d'apporter la « sagesse de Dieu », par opposition à d'autres sagesses, l'apôtre ait voulu opposer son « mystère » à d'autres mystères, et s'élever contre les fausses rédemptions en même temps qu'il empruntait à ses ennemis le vocabulaire même qu'il utilisait pour dresser contre eux sa pensée.

Ce n'est pas ici le lieu de déterminer plus exactement le rapport entre le christianisme paulinien et les religions de mystères (voir ci-dessous, V, 5 et VU, 2) ; mais celles-ci doivent assurément être comptées au nombre des disciplines spirituelles qui ont constitué le milieu dans lequel s'est formé l'esprit du futur apôtre de Jésus-Christ.

Cependant sa personnalité morale, sa structure intellectuelle, et à plus forte raison les influences subies ou les connaissances acquises, tout l'homme et tout son savoir devaient être comme fondus à la flamme ardente de la conversion.

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      Romains 3

      9 Quoi donc ! sommes-nous plus excellents ? Nullement. Car nous avons ci-devant convaincu que tous, tant Juifs que Grecs, sont assujettis au péché.
      18 La crainte de Dieu n'est point devant leurs yeux.

      Romains 4

      1 Que dirons-nous donc qu'Abraham notre père a trouvé selon la chair ?
      2 Certes, si Abraham a été justifié par les oeuvres, il a de quoi se glorifier, mais non pas envers Dieu.
      3 Car que dit l'Ecriture ? qu'Abraham a cru à Dieu, et que cela lui a été imputé à justice.
      4 Or à celui qui fait les oeuvres, le salaire ne lui est pas imputé comme une grâce, mais comme une chose due.
      5 Mais à celui qui ne fait pas les oeuvres, mais qui croit en celui qui justifie le méchant, sa foi lui est imputée à justice.
      6 Comme aussi David exprime la béatitude de l'homme à qui Dieu impute la justice sans les oeuvres, [en disant] :
      7 Bienheureux sont ceux à qui les iniquités sont pardonnées, et dont les péchés sont couverts.
      8 Bienheureux est l'homme à qui le Seigneur n'aura point imputé [son] péché.
      9 Cette déclaration donc de la béatitude, est-elle [seulement] pour la Circoncision, ou aussi pour le Prépuce ? car nous disons que la foi a été imputée à Abraham à justice.
      10 Comment donc lui a-t-elle été imputée ? a-ce été lorsqu'il était déjà circoncis, ou lorsqu'il était encore dans le prépuce ? ce n'a point été dans la Circoncision, mais dans le prépuce.
      11 Puis il reçut le signe de la Circoncision pour un sceau de la justice de la foi, laquelle [il avait reçue étant] dans le prépuce, afin qu'il fût le père de tous ceux qui croient [étant] dans le prépuce, et que la justice leur fût aussi imputée.
      12 Et [qu'il fût aussi] le père de la Circoncision, [c'est-à-dire], de ceux qui ne sont pas seulement de la Circoncision, mais qui aussi suivent les traces de la foi de notre père Abraham, laquelle [il a eue] dans le prépuce.
      13 Car la promesse d'être héritier du monde, n'a pas été faite à Abraham, ou à sa semence, par la Loi, mais par la justice de la foi.
      14 Or si ceux qui sont de la Loi sont héritiers, la foi est anéantie, et la promesse est abolie :
      15 Vu que la Loi produit la colère ; car où il n'y a point de Loi, il n'y a point aussi de transgression.
      16 C'est donc par la foi, afin que ce soit par la grâce, [et] afin que la promesse soit assurée à toute la semence ; non seulement à celle qui est de la Loi, mais aussi à celle qui est de la foi d'Abraham, qui est le père de nous tous.
      17 Selon qu'il est écrit : je t'ai établi père de plusieurs nations, devant Dieu, en qui il a cru ; lequel fait vivre les morts, et qui appelle les choses qui ne sont point, comme si elles étaient.
      18 Et [Abraham] ayant espéré contre espérance, crut qu'il deviendrait le père de plusieurs nations, selon ce qui lui avait été dit : ainsi sera ta postérité.
      19 Et n'étant pas faible en la foi, il n'eut point égard à son corps [qui était] déjà amorti ; vu qu'il avait environ cent ans, ni à l'âge de Sara qui était hors d'état d'avoir des enfants.
      20 Et il ne forma point de doute sur la promesse de Dieu par défiance ; mais il fut fortifié par la foi, donnant gloire à Dieu ;
      21 Etant pleinement persuadé que celui qui lui avait fait la promesse, était puissant aussi pour l'accomplir.
      22 C'est pourquoi cela lui a été imputé à justice.
      23 Or que cela lui ait été imputé [à justice], il n'a point été écrit seulement pour lui,
      24 Mais aussi pour nous, à qui [aussi] il sera imputé, à nous, [dis-je], qui croyons en celui qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur ;
      25 Lequel a été livré pour nos offenses, et qui est ressuscité pour notre justification.

      1 Corinthiens 8

      1 Pour ce qui regarde les choses qui sont sacrifiées aux idoles : nous savons que nous avons tous de la connaissance. La science enfle, mais la charité édifie.
      2 Et si quelqu'un croit savoir quelque chose, il n'a encore rien connu comme il faut connaître ;
      3 Mais si quelqu'un aime Dieu, il est connu de lui.
      4 Pour ce qui regarde donc de manger des choses sacrifiées aux idoles, nous savons que l'idole n'est rien au monde, et qu'il n'y a aucun autre Dieu qu'un seul ;
      5 Car encore qu'il y en ait qui soient appelés dieux, soit au ciel, soit en la terre (comme il y a plusieurs dieux, et plusieurs Seigneurs,)
      6 Nous n'avons pourtant qu'un seul Dieu, [qui est] le Père ; duquel [sont] toutes choses, et nous en lui ; et un seul Seigneur Jésus-Christ, par lequel [sont] toutes choses, et nous par lui.
      7 Mais il n'y a pas en tous la [même] connaissance ; car quelques-uns qui jusqu'à présent font conscience à cause de l'idole, de manger des choses qui ont été sacrifiées à l'idole, en mangent pourtant ; c'est pourquoi leur conscience étant faible, elle en est souillée.
      8 Or la viande ne nous rend pas agréables à Dieu ; car si nous mangeons, nous n'en avons rien davantage ; et si nous ne mangeons point, nous n'en avons pas moins.
      9 Mais prenez garde que cette liberté que vous avez, ne soit en quelque sorte en scandale aux faibles.
      10 Car si quelqu'un te voit, toi qui as de la connaissance, être à table au temple des idoles, la conscience de celui qui est faible, ne sera-t-elle pas induite à manger des choses sacrifiées à l'idole ?
      11 Et ainsi ton frère, qui est faible, pour lequel Christ est mort, périra par ta connaissance.
      12 Or quand vous péchez ainsi contre vos frères, et que vous blessez leur conscience qui est faible, vous péchez contre Christ.
      13 C'est pourquoi, si la viande scandalise mon frère, je ne mangerai jamais de chair, pour ne point scandaliser mon frère.

      1 Corinthiens 9

      1 Ne suis-je pas Apôtre ? ne suis-je pas libre ? n’ai-je pas vu notre Seigneur Jésus-Christ ? n'êtes-vous pas mon ouvrage au Seigneur ?
      2 Si je ne suis pas Apôtre pour les autres, je le suis au moins pour vous ; car vous êtes le sceau de mon Apostolat au Seigneur.
      3 C'est là mon apologie envers ceux qui me condamnent.
      4 N'avons-nous pas le pouvoir de manger et de boire ?
      5 N'avons-nous pas le pouvoir de mener avec nous une soeur femme, ainsi que les autres Apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas ?
      6 N'y a-t-il que Barnabas et moi qui n'ayons pas le pouvoir de ne point travailler ?
      7 Qui est-ce qui va jamais à la guerre à ses dépens ? qui est-ce qui plante la vigne, et ne mange point de son fruit ? qui est-ce qui paît le troupeau, et ne mange pas du lait du troupeau ?
      8 Dis-je ces choses selon l'homme ? la loi ne dit-elle pas aussi la même chose ?
      9 Car il est écrit dans la Loi de Moise : tu n'emmuselleras point le boeuf qui foule le grain. [Or] Dieu a-t-il soin des boeufs ?
      10 Et n'est-ce pas entièrement pour nous qu'il a dit ces choses ; certes elles sont écrites pour nous ; car celui qui laboure, doit labourer avec espérance ; et celui qui foule le blé, [le foule] avec espérance d'en être participant.
      11 Si nous avons semé des biens spirituels, est-ce une grande chose que nous recueillions de vos biens charnels ?
      12 Et si d'autres usent de ce pouvoir à votre égard, pourquoi n'en userions-nous pas plutôt qu'eux ? cependant nous n'avons point usé de ce pouvoir, mais au contraire nous supportons toutes sortes d'incommodités, afin de ne donner aucun empêchement à l'Evangile de Christ.
      13 Ne savez-vous pas que ceux qui s'emploient aux choses sacrées, mangent de ce qui est sacré ; et que ceux qui servent à l'autel, participent à l'autel ?
      14 Le Seigneur a ordonné tout de même que ceux qui annoncent l'Evangile, vivent de l'Evangile.
      15 Cependant je ne me suis point prévalu d'aucune de ces choses, et je n'écris pas même ceci afin qu'on en use de cette manière envers moi, car j’aimerais mieux mourir, que de voir que quelqu'un anéantît ma gloire.
      16 Car encore que j'évangélise, je n'ai pas de quoi m'en glorifier ; parce que la nécessité m'en est imposée ; et malheur à moi, si je n'évangélise pas !
      17 Mais si je le fais de bon coeur, j’en aurai la récompense ; mais si c'est à regret, je ne fais que m'acquitter de la commission qui m’en a été donnée.
      18 Quelle récompense en ai-je donc ? c'est qu'en prêchant l'Evangile, je prêche l'Evangile de Christ sans apporter aucune dépense, afin que je n'abuse pas de mon pouvoir dans l’Evangile.
      19 Car bien que je sois en liberté à l'égard de tous, je me suis pourtant asservi à tous, afin de gagner plus de personnes.
      20 Et je me suis fait aux Juifs comme Juif, afin de gagner les Juifs ; à ceux qui sont sous la Loi, comme si j'étais sous la Loi, afin de gagner ceux qui sont sous la Loi ;
      21 A ceux qui sont sans Loi, comme si j'étais sans Loi (quoique je ne sois point sans Loi quant à Dieu, mais je suis sous la Loi de Christ,) afin de gagner ceux qui sont sans Loi.
      22 Je me suis fait comme faible aux faibles, afin de gagner les faibles ; je me suis fait toutes choses à tous, afin qu'absolument j'en sauve quelques-uns.
      23 Et je fais cela à cause de l'Evangile, afin que j'en sois fait aussi participant avec les autres.
      24 Ne savez-vous pas que quand on court dans la lice, tous courent bien, mais un seul remporte le prix ? courez [donc] tellement que vous le remportiez.
      25 Or quiconque lutte, vit entièrement de régime ; et quant à ceux-là, ils le font pour avoir une couronne corruptible ; mais nous, pour en avoir une incorruptible.
      26 Je cours donc, [mais] non pas sans savoir comment ; je combats, [mais] non pas comme battant l'air.
      27 Mais je mortifie mon corps, et je me le soumets ; de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois trouvé moi-même en quelque sorte non recevable.

      1 Corinthiens 10

      1 Or mes frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, et qu'ils ont tous passé par la mer ;
      2 Et qu'ils ont tous été baptisés par Moïse en la nuée et en la mer ;
      3 Et qu'ils ont tous mangé d'une même viande spirituelle ;
      4 Et qu'ils ont tous bu d'un même breuvage spirituel : car ils buvaient [de l'eau] de la pierre spirituelle qui [les] suivait ; et la pierre était Christ.
      5 Mais Dieu n'a point pris plaisir en plusieurs d'eux ; car ils ont été accablés au désert.
      6 Or ces choses ont été des exemples pour vous, afin que nous ne convoitions point des choses mauvaises, comme eux-mêmes les ont convoitées ;
      7 Et que vous ne deveniez point idolâtres, comme quelques-uns d'eux ; ainsi qu'il est écrit : le peuple s'est assis pour manger et pour boire ; et puis ils se sont levés pour jouer.
      8 Et afin que nous ne nous laissions point aller à la fornication, comme quelques-uns d'eux s'y sont abandonnés, et il en est tombé en un jour vingt-trois mille.
      9 Et que nous ne tentions point Christ, comme quelques-uns d'eux [l'] ont tenté, et ont été détruits par les serpents.
      10 Et que vous ne murmuriez point, comme quelques-uns d'eux ont murmurés, et sont péris par le destructeur.
      11 Or toutes ces choses leur arrivaient en exemple, et elles sont écrites pour notre instruction, comme [étant] ceux [auxquels] les derniers temps sont parvenus.
      12 Que celui donc qui croit demeurer debout, prenne garde qu'il ne tombe.
      13 [Aucune] tentation ne vous a éprouvés, qui n'ait été une [tentation] humaine ; et Dieu est fidèle, qui ne permettra point que vous soyez tentés au-delà de vos forces, mais avec la tentation il vous en fera trouver l'issue, afin que vous la puissiez soutenir.
      14 C'est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l'idolâtrie.
      15 Je [vous] parle comme à des personnes intelligentes ; jugez vous-mêmes de ce que je dis.
      16 La coupe de bénédiction, laquelle nous bénissons, n'est-elle pas la communion du sang de Christ ? et le pain que nous rompons, n'est-il pas la communion du corps de Christ ?
      17 Parce qu'il n'y a qu'un seul pain, nous qui sommes plusieurs, sommes un seul corps ; car nous sommes tous participants du même pain.
      18 Voyez l'Israël selon la chair, ceux qui mangent les sacrifices, ne sont-ils pas participants de l'autel ?
      19 Que dis-je donc ? que l'idole soit quelque chose ? ou que ce qui est sacrifié à l'idole, soit quelque chose ? [Non].
      20 Mais je dis que les choses que les Gentils sacrifient, ils les sacrifient aux démons, et non pas à Dieu ; or je ne veux pas que vous soyez participants des démons.
      21 Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur, et la coupe des démons ; vous ne pouvez être participants de la table du Seigneur, et de la table des démons.
      22 Voulons-nous inciter le Seigneur à la jalousie ? sommes-nous plus forts que lui ?
      23 Toutes choses me sont permises, mais toutes choses ne sont pas convenables ; toutes choses me sont permises, mais toutes choses n'édifient pas.
      24 Que personne ne cherche ce qui lui est propre, mais que chacun [cherche] ce qui est pour autrui.
      25 Mangez de tout ce qui se vend à la boucherie, sans vous en enquérir pour la conscience :
      26 Car la terre [est] au Seigneur, avec tout ce qu'elle contient.
      27 Que si quelqu'un des infidèles vous convie, et que vous y vouliez aller, mangez de tout ce qui est mis devant vous, sans vous en enquérir pour la conscience.
      28 Mais si quelqu'un vous dit : cela est sacrifié aux idoles, n'en mangez point à cause de celui qui vous en a avertis, et à cause de la conscience ; car la terre [est] au Seigneur, avec tout ce qu'elle contient.
      29 Or je dis la conscience, non pas la tienne, mais celle de l'autre ; car pourquoi ma liberté serait-elle condamnée par la conscience d'un autre ?
      30 Et si par la grâce j'en suis participant, pourquoi suis-je blâmé [pour une chose] dont je rends grâces ?
      31 Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, ou que vous fassiez quelque autre chose, faites tout à la gloire de Dieu.
      32 Soyez tels que vous ne donniez aucun scandale ni aux Juifs, ni aux Grecs, ni à l'Eglise de Dieu.
      33 Comme aussi je complais à tous en toutes choses, ne cherchant point ma commodité propre, mais celle de plusieurs, afin qu'ils soient sauvés.
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