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PAUL (ses voyages) 2.

II Le premier voyage missionnaire.

Barnabas et Paul se mirent en route, accompagnés de Jean-Marc. Ils suivirent la fertile vallée de l'Oronte jusqu'à Séleucie, le port d'Antioche. Les deux villes avaient été fondées par Séleucus Nicator. Séleucie était l'un des grands ports de la Méditerranée antique. Il en reste encore aujourd'hui des ruines imposantes. La rade, actuellement ensablée et presque inutilisable, offrait alors aux navires un abri sûr et d'accès particulièrement facile. Juvénal (Sut., III, 62) mentionne ce port d'où la Syrie déversait sur Rome non. seulement sa musique ou sa religion, mais, avec elles, ses infamies. C'est de là que partirent les trois hommes pour rénover le monde, et Rome ne devait point y échapper.

De Séleucie, le navire gagna Chypre. L'île se voit par temps clair de la côte syrienne ; la traversée ne dure que quelques heures, jusqu'à Salamis, l'ancienne capitale (voir Salamine). C'est là que débarquèrent les missionnaires. Salamis, au nom sémite, avait été fondée par 1 s Phéniciens ; puis elle était passée, de même que toute l'île, sous les dominations successives de l'Egypte, de l'Assyrie, de Babylone, de l'Egypte encore, de la Perse, et, seulement à la fin du V° siècle, de la Grèce. Au temps de Paul, Salamis avait décru ; mais c'était encore une grande ville. La colonie juive y était importante, et les missionnaires se contentèrent de prêcher dans les nombreuses synagogues de la ville, sans pouvoir s'occuper des païens. Puis ils traversèrent l'île, voyage qui n'allait pas sans difficultés, car il comporte la traversée d'un massif montagneux qui se déploie en éventail jusqu'à la mer et dont les plus hauts sommets s'élèvent à 2.000 m. Ils arrivèrent ainsi à Paphos (voir ce mot). Il s'agit de la ville nouvelle, qui avait remplacé depuis longtemps la vieille cité phénicienne, détruite avec son temple célèbre d'Astarté par de multiples tremblements de terre. La ville avait changé d'emplacement ; mais, chaque année, une grande procession se dirigeait vers l'antique sanctuaire, que l'on avait relevé de ses ruines. Non seulement les habitants de l'île, mais de nombreux pèlerins, participaient au culte infâme.

Au temps de Paul, Paphos était la résidence du proconsul romain. Ce proconsul était alors Sergius Paulus (Ac 13:6 et suivants). Il avait auprès de lui un magicien hébreu du nom de Bar-Jésus ou Élymas. On a supposé, d'après un renseignement vague et douteux de Pline, que Sergius Paulus gardait cet homme dans son entourage parce qu'il s'intéressait particulièrement aux questions d'histoire naturelle. Peut-être plus simplement le proconsul, comme beaucoup de ses compatriotes cultivés, croyait-il à la magie des Orientaux. Sans doute admit-il pour la même raison Paul et Barnabas, qui devaient lui apparaître comme des espèces de sorciers. Toujours est-il que, d'après les Actes, Paul et le magicien entrèrent en conflit devant le proconsul et que le magicien fut vaincu. L'épisode a été suspecté, à cause de ses ressemblances avec celui de Pierre et de Simon le magicien (Ac 8:18-24). Il est possible que le narrateur ait inconsciemment rapproché les deux scènes et qu'il ait accentué les traits communs. La majorité des auteurs estiment, cependant, qu'il n'y a pas lieu de mettre ce récit en doute. C'est à partir de ce moment que les Actes donnent à l'apôtre le nom de Paul, alors que, jusque-là, il était appelé invariablement Saul. Le rédacteur note ce changement (Ac 13:9), sans d'ailleurs indiquer ni que ce nom fût entièrement nouveau pour l'apôtre, ni surtout qu'il l'eût emprunté au proconsul, ainsi qu'on l'a supposé. Peut-être son premier contact avec l'aristocratie romaine lui donna-t-il cette impression qu'elle était particulièrement accessible à l'influence de l'Évangile, et l'inclina-t-il à faire usage désormais de son cognomen latin. C'était une manière de mettre en relief sa qualité de citoyen romain, et d'obtenir ainsi un accès plus facile. C'est également à partir de ce moment que Paul est nommé le premier, avant son compagnon Barnabas, qui jusqu'ici paraissait être le chef de la mission, et qui semble avoir accepté sans difficulté l'autorité nouvelle de son associé. Il est possible que Jean-Marc, le cousin de Barnabas, n'ait pas pris aussi facilement son parti de cette substitution et que là soit la raison principale de sa brusque retraite, à Perge, où il quitta ses compagnons pour retourner à Jérusalem (Ac 13:13). On a fait bien d'autres suppositions : qu'il était en désaccord de principes et de méthodes avec Paul, trop hardi à son gré ; qu'il répugnait à s'éloigner davantage de sa mère qui habitait Jérusalem ; qu'il était opposé à une extension imprévue de la mission ; qu'il avait eu peur de s'engager dans des régions lointaines et mystérieuses, etc. (voir Marc, parag. 4).

Les missionnaires s'embarquèrent donc pour i Asie Mineure. Ils arrivèrent à Perge, sans doute par la voie fluviale, en remontant le Cestrus pendant une quinzaine de km. Perge était la capitale de la nouvelle province de Lycie-Pamphylie, fondée par Claude. Elle était depuis longtemps célèbre par son temple d'Artémis, qui dominait du haut de l'Acropole ; sa dignité nouvelle contribuait à sa prospérité, qui était grande. Les Actes ne mentionnent pas une évangélisation de Perge au voyage d'aller. Ce silence, qui n'est pas le seul, ne l'exclut point. Il paraît cependant peu probable que l'arrêt des missionnaires ait été long. C'est ici que les Actes placent la défection de Jean-Marc, qui retourne à Jérusalem. Quant à Paul et Barnabas, ils se mirent en route pour se rendre à Antioche de Pisidie.

Le voyage était difficile et dangereux. Il fallait traverser les torrents, souvent débordés et toujours impétueux, du Taurus ; il fallait s'engager dans d'étroits défilés propices au brigandage. Ramsay, Clemen ont pensé que Paul faisait allusion à ces risques sérieux dans 2Co 11:26. Mais il a eu à les courir en bien d'autres occasions, et le passage a sans doute une portée plus générale. Après les défilés du Taurus, c'est la steppe, sur les hauts plateaux et enfin, dans un cirque montagneux, Antioche de Pisidie.

Le titre officiel de la ville était « Antioche près de [ou : devant] la Pisidie » (voir Antioche de Pisidie). En effet, la Pisidie était la région que venaient de traverser les missionnaires. Antioche n'y est déjà plus. Elle se trouve en Phrygie, et elle était alors dans la nouvelle province romaine de Galatie. Fondée par des Magnésiens, la cité avait reçu son nom de Séleucus Nicator en souvenir de son père Antiochus. Auguste, en en faisant une colonie romaine, lui avait adjoint le titre de Coesarea. On y a découvert un grand nombre d'inscriptions latines, et l'on sait qu'Antiochia Cassarea était le centre d'un système de colonies reliées entre elles par une route impériale. Antioche avait été pendant longtemps le sanctuaire célèbre du dieu lunaire des Phrygiens : Men ; bien que le temple eût été désaffecté par l'autorité romaine, le culte du dieu n'avait point disparu. Il y avait là une synagogue (Ac 13:14), où Paul et Barnabas commencèrent à évangéliser. Le rédacteur des Actes donne ici un discours de Paul qui présente certaines ressemblances avec celui d'Etienne ; le fond n'a rien de suspect, sous une forme nécessairement arrangée, nivelée, sans l'accent personnel et la flamme apostolique. La parole vivante de l'apôtre fit grande impression. Plusieurs Juifs et prosélytes pieux restèrent pour un entretien (Ac 13:43). Le sabbat suivant, une foule de Juifs et aussi de païens envahit la synagogue. Mais entre temps s'était formée une cabale de dévots qui se mirent à interrompre et à injurier Paul, dans leur exaspération non seulement de l'entendre, mais aussi, vraisemblablement, de voir cette affluence de païens. Paul et Barnabas leur tinrent tête, et, joignant sans doute le geste à la parole, ils firent cette déclaration de principe : « C'était à vous, les premiers, qu'il fallait annoncer la parole de Dieu ; mais puisque vous la rejetez et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les Gentils » (verset 46). Les païens se réjouirent et beaucoup se convertirent (verset 48). Cet événement eut un retentissement considérable, qui contribua fortement au renom des missionnaires et à la propagation de leur message (verset 49). La cabale ne se tint point pour battue. Elle mit tout en oeuvre pour nuire aux missionnaires et usa de son influence auprès des prosélytes de la synagogue, notamment des femmes (verset 50). Finalement, les évangélistes furent chassés. Ils s'éloignèrent, non sans avoir accompli le geste symbolique : « Secouez la poussière de vos pieds ! » (Mt 10:14, Ac 13:51).

Paul et Barnabas suivirent la voie impériale à travers la steppe désertique, jusqu'à l'oasis d'Iconium, la capitale de la Lycaonie. La situation et l'aspect de la ville ressemblent à ceux de Damas. Ce sont les mêmes jardins, les mêmes vergers autour de la cité qui s'étage au flanc d'une colline. Les missionnaires n'avaient point pris à Antioche de Pisidie une décision absolue et irrévocable. La preuve en est qu'ils allèrent tout droit à la synagogue. Mais le même conflit se reproduisit. Il fallut partir. C'est à Iconium que se place le touchant épisode de Thécla ; il est relaté par les Actes apocryphes, qui sont bien sujets à caution ; mais il pourrait avoir conservé l'impression naïve et authentique de la première prédication de Paul : « Tandis que Paul prêchait, portes ouvertes, dans la maison d'Onésiphore, Thécla, fille de Théoclie, fiancée à Thamyris, écoutait nuit et jour l'étranger. Assise à la plus proche fenêtre du logis de sa mère, elle n'en bougeait point ; elle était figée dans la foi..., liée par les paroles de l'apôtre, ainsi qu'une araignée à la fenêtre... » Le naïf témoignage de ce premier roman chrétien est sans doute plus près de la réalité que la thèse fondée sur un passage mal compris de 1Co 2:1-5, et d'après laquelle Paul n'avait pas le don de la parole.

Une allusion de Ga 3:1, très brève, mais suggestive dans ses termes grecs, permet de se représenter ce que devait être cette prédication vive, imagée, saisissante et puissante, qui rendait si présents les faits rédempteurs « là, devant », et surtout la croix.

Chassés d'Iconium comme d'Antioche, les missionnaires se réfugièrent dans un asile qui pouvait leur paraître sûr : Lystres, petite localité perdue dans un pays presque barbare, où les Juifs devaient être peu nombreux. Ils évangélisèrent la ville et les environs, et purent y demeurer sans doute assez longtemps sans être inquiétés. Un miracle de Paul les mit en vedette. Devant la guérison d'un paralytique, les spectateurs furent transportés d'enthousiasme. Ils connaissaient la légende de Philémon et Baucis visités par Zeus et Hermès. Ils crurent avoir devant eux le grand dieu de l'Olympe et son compagnon. Barnabas fut Jupiter ; Paul, sans doute moins grand, vif, à la parole persuasive, fut Hermès. On prévint aussitôt le prêtre du sanctuaire voisin, et une procession s'organisa en vue de présenter un sacrifice solennel aux dieux favorables. Quand les missionnaires se rendirent compte de ce qui allait se passer, indignés, ils protestèrent et arrêtèrent la cérémonie, non sans peine (Ac 14:18). De la désillusion du prêtre et de la foule naquit peut-être une sourde rancune contre ces étrangers qui refusaient d'être des dieux. Toujours est-il que peu après, lorsque des Juifs vinrent d'Antioche et d'Iconie pour dénoncer les évangélistes, ils réussirent à déchaîner une persécution où ceux que l'on adorait hier faillirent perdre la vie. Paul fut lapidé et laissé pour mort. Recueilli par les disciples, il partit dès le lendemain avec son compagnon. Ils se rendirent à Derbe, gros bourg fortifié, sur les confins de la province de Galatie, au pied des monts d'Isaurie, dans une région infestée de brigands. Ils n'y furent pas inquiétés.

De Derbe, il eût été relativement facile aux deux missionnaires de regagner Tarse et Antioche de Syrie, en traversant le Taurus. Mais, en dépit du risque grave, ils préférèrent revenir sur leurs pas, afin de retrouver et d'affermir les communautés fondées au voyage d'aller. En chaque endroit, ils constituèrent fortement une Église. Peut-être s'abstinrent-ils, cette fois, de toute propagande, car le retour paraît s'être effectué sans incident. Ils évangélisèrent Perge, où ils n'avaient sans doute fait que passer à l'aller. Ils s'embarquèrent à Attalie pour Antioche, où ils racontèrent tout ce que Dieu avait accompli par eux, et comment il avait ouvert aux Gentils la porte de la foi (Ac 14:27). La première grande mission était terminée. Elle avait duré peut-être deux ans : de 45 à 47 ?

Paul et Barnabas restèrent longtemps à Antioche (Ac 14:28). Ils avaient eu à lutter jusqu'ici contre un judaïsme authentique et caractérisé, celui de la synagogue ; ils allaient rencontrer maintenant un nouvel ennemi plus insidieux, plus redoutable, un ennemi dans la place, le judaïsme chrétien. C'est lui qui prend l'offensive. A Antioche, les chrétiens d'origine juive et d'origine païenne avaient vécu jusqu'ici en bonne intelligence. Mais voici qu'arrivent de Judée, sans doute de Jérusalem, des fauteurs de désordre. Leur mot d'ordre est la circoncision : « Si vous n'êtes pas circoncis suivant le rite mosaïque, vous ne pouvez être sauvés » (Ac 15:1). C'était donc la circoncision qui faisait le Juif, « Chez ce peuple (écrit avec mépris Pétrone, l'arbitre des élégances), la seule noblesse, la seule preuve d'une condition libre, c'est d'avoir eu le courage de se circoncire » (fragm. 17). Ce rite humiliant et douloureux constituait le principal obstacle à l'extension du judaïsme. Parmi les hommes que la morale ou le spiritualisme juifs attiraient, bien peu se faisaient circoncire ; ils préféraient rester prosélytes de la porte. La circoncision était le symbole et la clef de voûte de tout l'édifice légaliste. Avec elle, le christianisme eût été un bourgeon adventif, et sans doute bientôt mort, de la religion juive.

Paul et Barnabas comprirent immédiatement le danger et rirent front énergiquement (Ga 2:4 et suivant). Ils résolurent d'aller à la racine du mal et de porter le débat à Jérusalem, devant les apôtres et les anciens (Ac 15:2). La mention des Actes pourrait laisser croire que cette décision fut prise par l'Église. En fait, c'est Paul qui en eut l'initiative, à la suite d'une révélation (Ga 2:2). C'est un exemple de cette obéissance mystique devant laquelle tout devait plier et qui marque si nettement la carrière de l'apôtre. Le génie de cette inspiration apparaît ici avec une entière clarté. C'était un coup de maître !

Paul et Barnabas, accompagnés de Tite, se rendirent donc à Jérusalem par la Phénicie et la Samarie. Ils s'arrêtaient dans les communautés qu'ils rencontraient sur leur passage et les mettaient au courant de leur oeuvre parmi les Gentils. C'est ce qu'ils firent également à Jérusalem, où ils furent reçus par l'Église, les apôtres et les anciens (Ac 15:4). Ils ne purent convaincre quelques judaïsants qui se rattachaient encore à la secte des Pharisiens (verset 5). C'est alors que l'on décida de réunir un synode pour régler les questions pendantes. Paul avait vu en particulier chacun des principaux apôtres. Si libre et indépendant qu'il fût, il se rendait compte que l'avis des chefs de la communauté primitive, de l'Église mère, pouvait avoir une action décisive. Il ne voulait pas avoir couru en vain (Ga 2:2).

Le synode se réunit. La discussion fut engagée. Pierre se leva et, se souvenant de l'appel que lui-même avait reçu à Joppé, il apporta généreusement à la thèse de l'apôtre nouveau une adhésion pleine et entière. Son discours fit impression. La cause était gagnée. Paul et Barnabas, joyeux, rendirent encore témoignage (Ac 15:12).

Alors se produisit l'intervention de Jacques. La légende, qui sans doute ne va pas sans histoire, lui a fait une réputation d'ascète entêté et obtus ; ses genoux, à force de heurter et de frotter les dalles du temple, dans les gestes de la prière rituelle, s'étaient couverts de corne, comme ceux d'un chameau. Il faisait figure de saint populaire ; on l'appelait le Juste, et, frère du Seigneur, il était encore plus écouté que Pierre. On le considérait comme le rempart de l'orthodoxie. Son discours entraîna la décision du synode. Ses partisans durent être étonnés, voire scandalisés de l'effort de largeur qu'il y manifesta, et cependant son point de vue marque un recul très net sur celui de Pierre. Ce qu'il propose et fait adopter n'est en somme qu'un compromis. Le légalisme y perce encore (Ac 15:20,21,29) ; mais, sur le point essentiel et symbolique de la circoncision, nul retour en arrière ; on ne touche pas à la victoire des missionnaires. Paul pouvait sincèrement déclarer : « Les notables ne m'imposèrent rien ! » (Ga 2:6).

Les judaïsants ne désarmèrent point ; leur opposition continua plus insidieuse et plus perfide. Lorsque Pierre vint à Antioche, ils réussirent à le compromettre en leur faveur, et Barnabas lui-même fut entraîné dans cette hypocrisie. L'adversaire était isolé. Paul riposta durement, mais avec une admirable maîtrise de la situation, là où il fallait et à qui il fallait. Il prit directement à partie Pierre lui-même. Sa hardiesse et sa franchise brutale rétablirent une position compromise (Ga 2 : et suivants). Pierre, qui dans sa bonté trop faible n'avait pas su résister à un entraînement, se laisse gagner de nouveau par le génie du tard venu, porteur d'une inspiration plus haute et plus puissante que la sienne.

Carte : 1° Grand Voyage

Paul et Barnabas choisis et consacrés à la mission. --Départ (Ac 13:1,3) d'Antioche ; embarquement à Séleucie. --Salamis (Ac 13:4) (13:5). --Paphos ; le proconsul Sergius Paulus et le magicien Élymas (13:6,1a). --Perge ; défection de Jean-Marc. --Antioche (Ac 13:13) de Pisidie. --Iconium. --Lystre. --Derbe. --Lystre (Ac 13:14,50), (Ac 13-14:7) (Ac 14:8,19) (Ac 14:20) Iconium, Antioche. --Perge (Ac 14:21,24), Attalie. --Antioche (Ac 14:23) de Syrie. --Jérusalem (Ac 14:26,2 et suivant) ; synode. --Antioche (Ac 15:1-29). (Ac 15:30-35)

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      Matthieu 10

      14 Quand on ne vous accueille pas et qu’on n’écoute pas vos paroles dans une maison ou dans une ville, partez de là et secouez la poussière de vos pieds.

      Actes 8

      18 Simon voit que les croyants reçoivent l’Esprit Saint quand les apôtres posent les mains sur leur tête. C’est pourquoi il offre de l’argent à Pierre et à Jean
      19 en leur disant : « Donnez-moi ce pouvoir, à moi aussi. De cette façon, quand je poserai les mains sur la tête de quelqu’un, cette personne recevra l’Esprit Saint. »
      20 Mais Pierre lui répond : « Que ton argent soit détruit, et toi aussi ! Tu as cru que tu pouvais acheter avec de l’argent ce que Dieu donne gratuitement.
      21 Ce qui se passe ici n’est pas pour toi, tu n’as pas le droit d’y participer ! En effet, pour Dieu, ton intention est mauvaise.
      22 Ce que tu as fait est mal, reconnais cela et prie le Seigneur. Il va peut-être pardonner ces mauvaises pensées.
      23 Oui, je le vois, tu es rempli d’envie et prisonnier du péché ! »
      24 Simon répond à Pierre et à Jean : « Priez vous-mêmes le Seigneur pour moi, alors rien de ce que vous avez dit ne pourra m’arriver. »

      Actes 13

      1 Dans l’Église d’Antioche de Syrie, il y a des prophètes et des hommes qui enseignent. Ce sont Barnabas, Siméon appelé le Noir, Lucius de Cyrène, Manaën, qui a été élevé avec Hérode Antipas, et enfin Saul.
      2 Un jour, ils sont réunis pour prier le Seigneur et ils jeûnent. Alors l’Esprit Saint leur dit : « Mettez à part Barnabas et Saul pour faire le travail que je vais leur demander. »
      3 Ils continuent à jeûner et à prier. Ensuite, ils posent les mains sur la tête de Barnabas et de Saul et ils les laissent partir.
      4 Donc, l’Esprit Saint envoie Barnabas et Saul. Ils vont à Séleucie et, de là, ils prennent le bateau pour l’île de Chypre.
      5 Ils arrivent à Salamine et ils annoncent la parole de Dieu dans les maisons de prière des Juifs. Jean-Marc est avec eux pour les aider.
      6 Ils traversent toute l’île et arrivent à Paphos. Là, ils rencontrent un Juif appelé Bar-Jésus. Celui-ci pratique la magie et veut faire croire qu’il est prophète.
      7 Il vit dans le palais du gouverneur Sergius Paulus. Ce gouverneur est un homme intelligent. Il fait venir Barnabas et Saul, parce qu’il veut entendre la parole de Dieu.
      8 Mais Élymas (c’est le nom grec du magicien) est contre Barnabas et Saul, il ne veut pas que le gouverneur devienne croyant.
      9 Saul, appelé aussi Paul, est rempli de l’Esprit Saint. Alors il regarde Élymas
      10 et lui dit : « Espèce de menteur, tu trompes tout le monde ! Fils de Satan, tu es contre tout ce qui est bon ! La volonté du Seigneur est droite et toi, tu la rends toute tordue ! Est-ce que tu vas arrêter ?
      11 Maintenant, écoute, tu vas devenir aveugle. Pendant un certain temps, tu ne verras plus la lumière du soleil. » Aussitôt, tout devient sombre pour Élymas, il est dans la nuit, il tourne en rond, il cherche quelqu’un pour le conduire par la main.
      12 Le gouverneur voit ce qui est arrivé et devient croyant. En effet, l’enseignement au sujet du Seigneur l’a touché profondément.
      13 Paul et ceux qui l’accompagnent prennent le bateau à Paphos et ils vont à Pergé en Pamphylie. Alors Jean-Marc les quitte et retourne à Jérusalem.
      14 Ensuite, Paul et Barnabas quittent Pergé et ils arrivent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrent dans la maison de prière des Juifs et ils s’assoient.
      15 On fait la lecture dans les livres de la loi et des prophètes. Puis les chefs de la maison de prière disent à Paul et Barnabas : « Frères, est-ce que vous voulez dire quelques mots aux gens pour les encourager ? Vous pouvez parler ! »
      16 Paul se lève, il fait signe de la main et dit : « Israélites et vous qui adorez Dieu, écoutez-moi !
      17 Le Dieu de notre peuple Israël a choisi nos ancêtres. Il a fait grandir ce peuple pendant qu’il vivait à l’étranger en Égypte. Ensuite, Dieu l’a fait sortir d’Égypte par sa puissance.
      18 Pendant à peu près 40 ans, il a pris soin de son peuple dans le désert.
      19 Il a détruit sept nations dans le pays de Canaan et il a donné leurs terres comme propriété à notre peuple.
      20 Tout cela a duré à peu près 450 ans. Puis Dieu a donné des chefs à nos ancêtres, jusqu’à l’époque du prophète Samuel.
      21 Ensuite nos ancêtres ont demandé un roi, et Dieu leur a donné Saül, le fils de Quich, de la tribu de Benjamin. Saül a été roi pendant 40 ans.
      22 « Après cela, Dieu l’a rejeté et il a donné David comme roi à nos ancêtres. Dieu parle de David en disant : “J’ai trouvé David, le fils de Jessé. C’est un homme qui me plaît, il fera tout ce que je veux.”
      23 Dans la famille de David, Dieu a fait naître, comme il l’avait promis, un Sauveur pour le peuple d’Israël : c’est Jésus.
      24 Avant que Jésus vienne, Jean-Baptiste a lancé cet appel à tout le peuple d’Israël : “Faites-vous baptiser, pour montrer que vous voulez changer votre vie !”
      25 À la fin de sa mission, Jean-Baptiste disait : “À votre avis, qui suis-je ? Je ne suis pas le Messie ! Mais écoutez, il vient après moi, et je ne suis pas digne de lui enlever ses sandales.” » Paul dit encore :
      26 « Frères, c’est à nous tous que Dieu envoie cette parole pour nous sauver. Il l’envoie à vous, les enfants d’Abraham, et à vous qui adorez Dieu.
      27 Les habitants de Jérusalem et leurs chefs n’ont pas compris qui est Jésus. Ils n’ont pas compris les paroles des prophètes qu’on lit chaque sabbat. Mais ils ont fait ce que ces prophètes annonçaient : ils ont condamné Jésus.
      28 Ils n’ont pas trouvé de raison pour le faire mourir, pourtant, ils ont demandé à Pilate de le tuer.
      29 Ils ont fait tout ce que les Livres Saints annonçaient au sujet de Jésus. Ensuite, ils l’ont descendu de la croix et ils l’ont mis dans une tombe.
      30 Mais Dieu l’a réveillé de la mort,
      31 et pendant plusieurs jours, Jésus s’est montré à ceux qui l’avaient accompagné de la Galilée jusqu’à Jérusalem. Maintenant, ils sont les témoins de Jésus devant le peuple.
      32 Et nous, nous vous annonçons cette Bonne Nouvelle : ce que Dieu a promis à nos ancêtres,
      33 il l’a fait pour nous, leurs enfants, il a relevé Jésus de la mort. On lit dans le Psaume 2 : “Tu es mon Fils. Aujourd’hui, moi, je suis devenu ton Père.”
      34 « Dieu a relevé Jésus de la mort, son corps ne retournera plus pourrir dans la tombe. Dieu l’avait annoncé en disant : “Je vous donnerai ce que j’ai promis à David, ce qui est saint et vrai.”
      35 « On lit aussi dans un autre passage : “Tu ne laisseras pas celui qui t’appartient pourrir dans la tombe.”
      36 « Pendant sa vie, David a été le serviteur de Dieu : il a fait ce que Dieu voulait. Quand il est mort, on l’a enterré auprès de ses ancêtres, et il a pourri dans la tombe.
      37 Mais Jésus n’a pas pourri dans la tombe : Dieu l’a réveillé de la mort.
      38 Frères, vous devez savoir une chose : grâce à Jésus, on vous annonce aujourd’hui que vos péchés sont pardonnés. La loi de Moïse n’a pas pu vous libérer de vos péchés,
      39 mais tous ceux qui croient en Jésus sont complètement libérés.
      40 Donc, faites attention ! Les prophètes ont dit : “Gens orgueilleux, regardez ! Soyez étonnés, puis disparaissez ! En effet, pendant votre vie, je vais faire quelque chose d’extraordinaire, et si on vous le raconte, vous ne le croirez pas !” « Il ne faut pas que cela vous arrive. »
      42 Ensuite, Paul et Barnabas sortent de la maison de prière. On leur demande de revenir le sabbat suivant, et de parler des mêmes choses.
      43 Après la réunion, beaucoup de Juifs et d’autres gens qui obéissent à la loi de Moïse accompagnent Paul et Barnabas. Paul et Barnabas parlent avec eux, ils les encouragent à rester fidèles au Dieu d’amour.
      44 Le sabbat suivant, presque tous les habitants d’Antioche de Pisidie se rassemblent pour entendre la parole du Seigneur.
      45 Quand les Juifs voient cette foule, ils sont remplis de jalousie, ils se mettent à dire tout le contraire de Paul et ils l’insultent.
      46 Alors Paul et Barnabas disent avec assurance : « C’est d’abord à vous, les Juifs, que nous devions annoncer la parole de Dieu. Mais vous la rejetez, et vous trouvez sans doute que vous n’êtes pas dignes de vivre avec Dieu pour toujours ! C’est pourquoi nous irons maintenant vers ceux qui ne sont pas juifs.
      47 Le Seigneur nous l’a commandé en disant : “J’ai fait de toi la lumière des autres peuples. Ainsi tu annonceras jusqu’au bout du monde que Dieu sauve !” »
      48 Ceux qui ne sont pas juifs entendent cela et ils sont tout joyeux. Ils remercient le Seigneur pour sa parole. Tous ceux que Dieu a choisis pour vivre toujours avec lui deviennent croyants.
      49 Dans tout le pays, la parole du Seigneur est de plus en plus connue.
      50 Mais les Juifs entraînent avec eux des femmes de rang élevé qui adorent Dieu ainsi que les notables de la ville. Ils poursuivent Paul et Barnabas pour leur faire du mal et ils les chassent de leur pays.
      51 Les deux hommes partent en secouant la poussière de leurs pieds, et ils vont à Iconium.
      52 À Antioche, les disciples restent remplis de joie et de l’Esprit Saint.

      Actes 14

      1 À Iconium, c’est la même chose qu’à Antioche : Paul et Barnabas entrent dans la maison de prière des Juifs. Ils annoncent la parole de Dieu. Alors une grande foule de Juifs et de non-Juifs deviennent croyants.
      2 Mais certains Juifs refusent de croire. Ils entraînent avec eux ceux qui ne sont pas juifs et ils les poussent à penser du mal des frères.
      3 Malgré tout, Paul et Barnabas restent assez longtemps à Iconium. Ils parlent avec assurance, pleins de confiance dans le Seigneur. Ils parlent de son amour, et le Seigneur montre que leurs paroles sont vraies. En effet, il leur permet de faire des choses étonnantes et extraordinaires.
      4 Les habitants de la ville ne sont pas d’accord entre eux. Les uns sont pour les Juifs, les autres sont pour les apôtres.
      5 Les Juifs et ceux qui ne sont pas juifs, avec leurs chefs, décident d’attaquer Paul et Barnabas et de les tuer en leur jetant des pierres.
      6 Mais les deux hommes apprennent cela, ils partent donc vers les villes de la Lycaonie, à Lystre, à Derbé et dans les environs.
      7 Là aussi, ils annoncent la Bonne Nouvelle.
      8 À Lystre, il y a un homme qui ne peut pas se tenir debout. Depuis sa naissance, il est infirme et n’a jamais pu marcher.
      18 Malgré ces paroles, Paul et Barnabas ont du mal à empêcher la foule de leur offrir un sacrifice.
      19 Des Juifs arrivent d’Antioche de Pisidie et d’Iconium, ils se mettent à persuader la foule. Alors on lance des pierres sur Paul et on le traîne en dehors de la ville. En effet, on pense qu’il est mort.
      20 Mais quand les disciples se rassemblent autour de lui, Paul se relève et rentre dans la ville. Le jour suivant, il part avec Barnabas pour Derbé.
      21 Dans la ville de Derbé, Paul et Barnabas annoncent la Bonne Nouvelle. Beaucoup de gens deviennent disciples. Ensuite, Paul et Barnabas retournent à Lystre, à Iconium et à Antioche de Pisidie.
      23 Paul et Barnabas choisissent des anciens pour chaque Église. Ils prient et ils jeûnent, puis ils confient au Seigneur ces anciens qui croient en lui.
      24 Ensuite, Paul et Barnabas traversent la Pisidie et arrivent en Pamphylie.
      26 et de là, ils prennent le bateau pour retourner à Antioche de Syrie. C’est dans cette ville qu’on les avait confiés au Dieu d’amour pour le travail qu’ils viennent de faire.
      27 En arrivant à Antioche de Syrie, Paul et Barnabas réunissent les membres de l’Église. Ils leur disent tout ce que Dieu a fait avec eux. Ils leur racontent comment Dieu a ouvert la porte de la foi à ceux qui ne sont pas juifs.
      28 Paul et Barnabas restent assez longtemps avec les disciples.

      Actes 15

      1 Quelques hommes de Judée viennent à Antioche de Syrie. Voici ce qu’ils enseignent aux frères : « Vous devez vous faire circoncire, comme la loi de Moïse le commande, sinon vous ne pouvez pas être sauvés. »
      2 Paul et Barnabas ne sont pas d’accord avec ces hommes et ils discutent vivement avec eux. Alors on décide ceci : Paul, Barnabas et quelques autres vont aller à Jérusalem. Ils parleront de cette affaire avec les apôtres et les anciens.
      3 Donc, l’Église d’Antioche leur donne ce qu’il faut pour le voyage. Ils traversent la Phénicie et la Samarie, ils racontent comment ceux qui ne sont pas juifs se sont tournés vers le Seigneur. Et cela donne une grande joie à tous les croyants.
      4 Les envoyés arrivent à Jérusalem. Ils sont reçus par l’Église, les apôtres et les anciens, et ils leur racontent tout ce que Dieu a fait avec eux.
      5 Mais quelques Pharisiens qui sont devenus croyants se mettent à dire : « Il faut circoncire les croyants qui ne sont pas juifs et leur commander d’obéir à la loi de Moïse. »
      6 Les apôtres et les anciens se réunissent pour examiner cette affaire.
      7 Ils discutent beaucoup, alors Pierre prend la parole et dit : « Frères, vous le savez, Dieu m’a choisi parmi vous depuis longtemps, pour que j’annonce la Bonne Nouvelle aux non-Juifs. Ainsi, ils l’entendront et deviendront croyants.
      8 Dieu connaît le cœur des gens. Il a montré qu’il accueillait ceux qui ne sont pas juifs. En effet, il leur a donné l’Esprit Saint comme à nous.
      9 Dieu n’a pas fait de différence entre eux et nous. Il a rendu leur cœur pur parce qu’ils ont cru.
      10 Donc, maintenant, pourquoi est-ce que vous voulez provoquer Dieu ? Vous voulez mettre sur les épaules des disciples un poids que nos ancêtres n’ont pas pu porter, et nous non plus !
      11 Au contraire, nous sommes sauvés par l’amour du Seigneur Jésus, exactement comme eux ! Voilà ce que nous croyons. »
      12 Tous ceux qui sont réunis là se taisent. Ensuite, on écoute Barnabas et Paul, ils racontent toutes les choses étonnantes et extraordinaires que Dieu a faites par eux chez ceux qui ne sont pas juifs.
      13 Quand ils ont fini, Jacques se met à dire : « Frères, écoutez-moi.
      14 Simon vient de nous expliquer une chose : depuis le commencement, Dieu a décidé de choisir parmi ceux qui ne sont pas juifs un peuple qui lui appartienne.
      15 Et les paroles des prophètes sont en accord avec cela. En effet, dans les Livres Saints on lit :
      16 “Le Seigneur dit : Plus tard, je reviendrai. Je reconstruirai la maison de David qui est tombée. Je rebâtirai sa maison détruite et je la remettrai debout.
      17 Alors, les autres habitants du monde chercheront le Seigneur, oui, tous les peuples que j’ai appelés pour être à moi. Voilà ce que le Seigneur dit.
      18 Il a fait connaître ces choses-là depuis très longtemps.” »
      19 Jacques dit encore : « Donc, voici ce que je pense : il ne faut pas faire trop de difficultés à ceux qui ne sont pas juifs et qui se tournent vers le Seigneur.
      20 Mais il faut leur écrire ceci : “Ne mangez pas la viande qu’on a offerte aux faux dieux, elle est impure. Respectez les lois du mariage. Ne mangez pas de viande qui contient encore du sang.”
      21 En effet, depuis longtemps déjà, des gens annoncent la loi de Moïse dans chaque ville, et, à chaque sabbat, on la lit dans les maisons de prière. »
      22 Alors les apôtres et les anciens, avec toute l’Église, décident de choisir parmi eux des délégués. Ils vont les envoyer à Antioche de Syrie avec Paul et Barnabas. Ils choisissent Jude, appelé aussi Barsabbas, et Silas, des hommes qui ont de l’autorité parmi les frères.
      23 Ils leur confient cette lettre : « Les apôtres et les anciens saluent les croyants qui ne sont pas juifs et qui vivent à Antioche et dans les provinces de Syrie et de Cilicie.
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