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PROPHÈTE 4.

IV Le prophétisme jéhoviste à ses débuts.

L'homme ainsi mis à part pour entreprendre au sein du peuple d'Israël la croisade divine ne peut être mis à la commune mesure. Il est pour les prophètes professionnels un étonnement et un scandale. Son désintéressement dans l'accomplissement de la charge qu'il a reçue d'en haut est poussé jusqu'au mépris de sa propre vie. Sa religion n'est pas un culte, une doctrine, une observance. Elle est une possession sacrée. C'est Dieu qui l'inspire, lui montre ses desseins et le mène. Lui, va droit comme une épée. Si l'oeuvre de vie ne peut être obtenue que par la mort, il ne faiblira pas devant cette tragique perspective, puisque le peuple qu'il manoeuvre au nom de Jéhovah a cette originalité de vouloir passionnément sa vie comme nation et de n'être nullement impressionné par la mort individuelle. Le prophète des premiers âges tient l'existence humaine pour rien ; exposé lui-même tout le jour aux plus mortels dangers, il fait concourir avec une étonnante facilité la mort et le massacre à l'exécution du plan divin. Le livre des adieux de Moïse--et ceci n'est pas la moindre preuve de l'antiquité des doctrines du Deutéronome--est un livre qui fait, au sens propre, de la fidélité à Jéhovah, dans le présent même, une question de vie ou de mort (De 30:13). Les appels les plus tendres s'y unissent aux menaces de l'intransigeance la plus tragique (De 13). Livre d'amour et de sang où se trouve justifiée la politique religieuse des prophètes, de Moïse à Elisée. Le désert de l'exode est jonché de cadavres. L'interdit (voir ce mot) par lequel Jéhovah défendait à son peuple vainqueur d'entrer en composition avec les indigènes de Canaan est interprété comme un ordre de destruction systématique. Josué, dans ses adieux, annonce aux enfants d'Israël que, s'ils sont infidèles, Jéhovah lui-même les « consumera » (Jos 24:20). Dans la page la plus ancienne de la littérature biblique, page aux sauvages accents et pourtant sublime, la prophétesse Débora exalte Jaël qui vient d'assassiner son hôte, Sisera, pendant son sommeil :

Périssent ainsi tous tes ennemis, ô Jéhovah ! (Jug 5:31)

Un des récits narrant l'institution de la royauté nous présente Samuel égorgeant de sa propre main le prisonnier Agag, roi des Amalécites. Il ne s'agit pas ici d'une simple exécution, c'est « devant Jéhovah », en sacrifice pour Lui, que Samuel immole l'irréductible ennemi du peuple élu. Ce meurtre est un acte religieux, un rite sacrificiel (1Sa 15:33 ; on peut rapprocher de ce fait les deux terribles épisodes de 2Sa 21 2Sa 24, où les moyens employés pour « fléchir » Jéhovah jettent une lumière bien troublante sur le niveau du jéhovisme au temps où ils furent écrits). Dans 1 Rois, nous lisons un récit où deux prophètes n'ayant au coeur que d'accomplir la volonté de Jéhovah sont mis en cause et où le second, pour éprouver la fidélité du premier, lui tend un piège et provoque sa mort (1Ro 13). Puis, c'est Élie qui, en conclusion de son duel au Carmel, massacre au bord du Kison les 450 prophètes de Baal (1Ro 18:40). Quelques pages plus loin, c'est un « fils de prophète » qui voue à la mort son compagnon parce que celui-ci a refusé de le frapper (1Ro 20:35 et suivant), et qui annonce au roi Achab qu'il paiera de sa tête sa générosité envers le Syrien Ben-Hadad (1Ro 20:32-42). Enfin, c'est la tuerie effroyable organisée par le prophète Elisée, qui arme pour cela le bras de l'aventurier Jéhu (2Ro 9). Tantoe molis erat... Fallait-il vraiment tout ce sang pour lier les fondements de la cité de Dieu ?

Il est aisé et très conforme à notre impressionnabilité moderne de se détourner avec horreur de ces scènes de carnage et de condamner les premiers prophètes jéhovistes. Peut-être les jugerait-on plus équitablement si l'on essayait de les comprendre et si l'on voulait reconnaître à la lumière de l'histoire que le progrès, dans l'humanité de la Chute, ne s'accomplit pas sans que la force, avec tous les malheurs qu'elle entraîne, intervienne pour barrer la route au mal. Cependant, Dieu avait éclairé Élie d'une révélation nouvelle lorsqu'en Horeb il lui avait montré que la présence divine ne se révèle pas dans la violence déchaînée, mais dans la douceur pénétrante d'une voix qui touche le coeur (1Ro 19:9,13). Elisée, méconnaissant l'enseignement donné à son maître, viola par sa conduite la révélation de l'Horeb et attira ainsi par la suite au sein de son peuple des sanctions meurtrières.

Encore un peu de temps (dit Jéhovah par Osée), et je châtierai la maison de Jéhu pour tout le sang versé à Jizréel (Os 14).

Il n'en demeure pas moins que les prophètes jéhovistes qui vinrent après lui entrèrent dès le VIII e siècle dans de nouvelles voies : abandonnant les éléments barbares qui avaient jusque-là fait partie intégrante de l'action des hommes de Dieu, ils ne tuent plus, ils se font tuer. (cf. Mt 23:39-33, Heb 11:37-39) Pourtant, le principe dont leurs devanciers avaient fait une application farouche demeure. C'est au nom de ce principe que Jéhovah tour à tour se sert des Égyptiens, des Assyriens, des Babyloniens, des Syriens, pour châtier son peuple et tracer le sillon sanglant où la semence de l'Évangile sera jetée. Sans les armées de Cyrus, Israël aurait-il survécu à l'exil ? Sans les aigles romaines, les routes de l'apostolat chrétien auraient-elles été frayées ? Et quand le Messie annoncé par les prophètes, Jésus, qui était venu pour « accomplir les prophètes » et qui appelait Jérusalem la « tueuse de prophètes » (Mt 23:37), dit aux Juifs ses contemporains : Sur vous retombera « tout le sang innocent qui a été répandu sur la terre, depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie, que vous avez assassiné » (Mt 23:35), n'abandonne-t-il pas ceux qui vont dresser la croix aux tortures effroyables du siège de Jérusalem par Titus ? (Lu 19:41,44) Si l'on veut prendre dans tout leur sérieux les conséquences de la Chute et l'effort à accomplir pour lutter victorieusement contre ses effets, on se rend compte que l'application des lois du Royaume de Dieu à l'humanité d'aujourd'hui est une confusion dangereuse qui laisse la voie libre à tous les débordements du « Malin ». Dans la mesure où se précisent en nous la vision de l'honneur de Dieu et la réalisation du Royaume éternel, dans cette mesure même la conservation de la vie terrestre perd de sa valeur et la frayeur nous envahit de sacrifier à cet enjeu passager. Jésus nous a avertis dans son sermon sur la montagne (Mt 5:29,30,16:26, Lu 9:25 etc.). Calvin a sur ce sujet une doctrine très haute. Elle ne justifie aucun des crimes commis par ceux qui ont abusé de la force et qui se sont imaginé servir Dieu à l'heure où, dans leur aberration, ils se mettaient à sa place. Mais comment ne pas être saisi d'une épouvante admirative en face d'hommes à ce point passionnés pour la divine vérité qu'ils estimaient le poison de l'erreur plus dommageable à l'homme que le tranchant du glaive et qu'ils pouvaient dire devant un tribunal sans merci : « Si c'est moi qui prêche l'erreur, je suis prêt à mourir ; mais si c'est lui, qu'on lui ôte la vie. »

Quand on retourne le problème posé par l'attitude des prophètes et qui semble insoluble à notre entendement prisonnier de contradictions pour nous irréductibles, on est toujours ramené à la question de l'amour, et c'est par là que nous pouvons atteindre à sa solution pratique, la seule qui nous importe. L'amour auquel nous sommes trop enclins aujourd'hui et qui nous éloigne des hommes de la Bible est un amour pénétré des intérêts de ce monde, mélangé de faiblesse, qui cherche moins le bien que le bonheur de son objet et qui, par là, glisse par l'indulgence vers la complicité. L'amour que Dieu nous commande parce que c'est l'amour dont il nous aime, veut la perfection de l'objet aimé. Cet amour-là ne compose pas avec le mal et inspire tous les sacrifices. Tel fut l'amour pour Jéhovah dont les prophètes, depuis Moïse, furent émus, amour jaloux, qu'ils comprirent dans la faiblesse de leur chair, dans l'emportement de leur zèle, avec les préjugés de leur temps et les limites de leur savoir. C'est cet amour qui resplendit dans l'âme sainte de Jésus ; à cet amour que Jésus s'immola ; de cet amour qu'il voulut que nous animions la vie sociale lorsqu'il donna à ses disciples le commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 13:34,15:13).

Ce côté sombre de l'action des premiers prophètes ne doit pas nous faire méconnaître le côté lumineux de leur ministère. Celui-ci transparaît dans une déclaration de Samuel, que nous recueillons dans le récit même où ce prophète accomplit son geste le plus farouche :

Jéhovah trouve-t-il du plaisir dans les holocaustes et les sacrifices comme dans l'obéissance à la voix de Jéhovah ? Voici, l'obéissance vaut mieux que les sacrifices, et l'observation de sa parole vaut mieux que la graisse des béliers (1Sa 15:22),.

Cette déclaration est, à la bien prendre, le thème de toute la doctrine jéhoviste. Ce n'est pas assez d'en admirer la grandeur dans la formule d'Osée : (Os 6:6)

J'aime la piété et non les sacrifices,

La connaissance de Dieu plus que les holocaustes...

il faut reconnaître que, trois siècles plus tôt, nous en retrouvons déjà le principe fécond dans la parole de Samuel à Saül. Il est vrai qu'une école de critique moderne donne peu de crédit à la source élohiste qui nous présente l'institution de la monarchie comme une infidélité à Jéhovah, et l'on doit reconnaître que la rédaction que nous avons actuellement sous les yeux appartient à une période littéraire un peu plus récente que les sources jéhovistes du même épisode, sources qui d'ailleurs se contredisent et dont la seconde renferme des invraisemblances historiques où l'auteur s'avère mal informé. Mais rien, dans la source élohiste, ne nous oblige à révoquer en doute la matérialité des faits qui constituent l'ossature du récit, et nous croyons, en bonne méthode historique, être plus près des événements de l'époque lorsque nous maintenons l'histoire élohiste de Samuel dans les renseignements qu'elle donne, que si nous la présentions (cf. Ad. Lods, Israël, I, p. 411s) comme l'oeuvre de pamphlétaires antiroyalistes qui auraient démarqué le récit jéhoviste en substituant le nom de Samuel au nom de Saül dans le touchant récit de l'enfance (1Sa 1-3) et qui auraient inventé la victoire d'Ében-Ezer à seule fin de prouver aux siècles à venir qu'Israël n'avait pas besoin de rois pour triompher de ses ennemis. Cette façon de falsifier sciemment l'histoire afin de l'accommoder à une doctrine politique suppose des moeurs littéraires beaucoup plus rapprochées de nous que de l'époque primitive où les annalistes d'Israël recueillaient pieusement les récits de leurs traditions orales. Qu'il leur soit arrivé de se tromper, d'amplifier, de se représenter et de présenter les événements du passé conformément aux idées et aux habitudes de leur propre temps, cela est certain, et l'écrit sacerdotal nous en fournit les preuves manifestes. Pour mettre au point l'histoire, il nous suffit dans ce cas de comparer la version récente aux récits parallèles plus anciens. Mais admettre sans y être contraint par l'évidence que, dans un cas comme celui de Samuel, l'historien a simplement truqué dans l'intérêt de la thèse des prophètes opposés à la royauté, voilà qui est tout ensemble prendre une responsabilité hardie et s'éloigner de la conception jéhoviste, telle que nous la trouvons bien avant Samuel dans l'épisode de Gédéon refusant la royauté, et telle que la reproduit, sans éprouver le besoin de l'expliquer ou de la justifier comme si c'était une révélation nouvelle, la claire affirmation du prophète Osée : (Os 10:9)

Depuis les jours de Guibéa, tu as péché, ô Israël ! c'est-à-dire depuis les jours où tu fis oindre un roi.

Ce qui cause ta ruine, ô Israël, C'est que tu as été contre moi, Contre celui qui pouvait te secourir.

Où est donc ton roi ?

Qu'il te délivre dans toutes tes villes ! Où sont tes juges, au sujet desquels tu disais : Donne-moi un roi et des princes ?

Je t'ai donné un roi dans ma colère, Je te l'ôterai dans ma fureur (Os 13:9,11).

Ce passage d'Osée permet de penser que le prophète connaissait fort bien les faits que racontent les sources élohistes de l'histoire de Samuel et donnait sa pleine adhésion à la doctrine antiroyaliste qu'elle proclame. Ce faisant, Osée, loin d'innover, remonte aux origines de la constitution donnée par Moïse au peuple de l'exode. Moïse vivait en des temps où l'on savait quels étaient les dangers de la monarchie, l'arbitraire des rois, leur ambition, leur tyrannie. S'il a constitué démocratiquement son peuple, s'il l'a groupé autour de la Tente d'assignation, tente des rendez-vous avec Jéhovah (Ex 33:7-11), c'est qu'il voulait établir entre le peuple élu et les autres nations précisément cette différence que les autres ont des chefs terrestres, tandis qu'Israël a, pour conducteur, Dieu, par ses mandataires. Ce qui, pour les prophètes fidèles au mosaïsme, fait la valeur d'Israël, assure l'avenir de sa race et promet la victoire à la mission religieuse qu'il doit accomplir parmi les nations, c'est qu'à la différence des autres nations, il a pour bergers, non des chefs divinisés par les hommes, hiérarchies de prêtres ou dynasties de rois, mais des chefs suscités par Dieu, guidés par son Esprit et dont le seul mérite est de se tenir dans l'attitude morale que Jéhovah demande et qui fait à ses yeux toute la valeur de la religion. La religion, une attitude morale, voilà ce que déclare Samuel à Saül. D'où lui est venue cette doctrine étrangère aux autres cultes et qui proprement révolutionne toute la religion ? Il ne l'a pas trouvée dans les temps anarchiques des Juges ses prédécesseurs, ni à l'époque des guerres et des infidélités qui faisaient dire à Josué en fin de carrière : « Si vous ne trouvez pas bon de servir Jéhovah, choisissez... ou les dieux que servaient vos pères au delà du fleuve, ou les dieux des Amoréens, parmi lesquels vous habitez » (Jos 24:14-15). Pour s'expliquer la foi de Samuel, il faut remonter jusqu'à l'ancêtre et l'inspirateur de tous les prophètes jéhovistes, l'homme du Sinaï qui, en proclamant le Dieu vivant (Jéhovah) et en identifiant dans le Décalogue ce Dieu vivant avec le Bien, idéal moral de la conscience humaine, établissait que ce Dieu-là, ce n'est pas avec des cadeaux, des litanies, des rites, une cour opulente et servile qu'on l'honore, mais en pratiquant le bien, en se tenant attaché à Jéhovah comme au bien suprême. L'alliance proclamée par le premier des prophètes postulait une attitude morale vis-à-vis de la divinité. Elle renfermait par là un principe qui devait peu à peu dégager la foi humaine de toutes les erreurs de pensée et de pratique qui égarent les religions naturelles. C'était ce principe, l'attitude morale, qui constituait la valeur originale de l'alliance mosaïque et proprement sa révélation. C'est ce principe, proclamé dès les jours du Sinaï et développé dans les paroles de Dieu à Moïse, qui donne sa portée à la démarche de Samuel auprès de Saül ; c'est lui qui explique que, sans rien définir au point de vue doctrine, sans rien expliquer pour accréditer la hardiesse de leur action, les prophètes postérieurs se soient tous campés sur le terrain moral et aient fait de la transgression de l'alliance la cause de tous les malheurs d'Israël. Ce n'est pas pour rien qu'Osée, après avoir rappelé la doctrine de Samuel dans sa formule de Os 6:6, continue en accusant Israël d'avoir « transgressé l'alliance » (Os 6:7). Les expériences qu'il avait faites avec sa femme infidèle lui avaient appris la vraie nature de l'alliance entre Israël et Jéhovah et la vraie nature de sa transgression. Aussi, par ses exhortations, sinon par la formule, réclame-t-il de la nation élue et adultère la « circoncision du coeur » (De 10:16 30:6), image introduite par D, attribuée par lui à Moïse et qui, dans sa crudité, résume, en les réunissant, la loi et les prophètes. On ne peut s'étonner dès lors que l'auteur de notre Deutéronome actuel, postérieur de peu à Osée, ait fait de cette image le thème de ses exhortations, et que Jérémie, inspiré par le Deutéronome et annonciateur de « la nouvelle alliance inscrite dans les coeurs » (Jer 31:33), l'ait reprise à son tour. En l'entendant, ne croit-on pas entendre tout ensemble Osée et le Deutéronome :

Comme une épouse est infidèle à son compagnon, Ainsi vous m'avez été infidèle, maison d'Israël... Circoncisez-vous pour Jéhovah, Hommes de Juda et habitants de Jérusalem, De peur que ma colère n'éclate comme un feu (Jer 3:20 4:3,4 9:26).

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      Exode 33

      7 Quand les Israélites installent leur camp, Moïse prend la tente sacrée et il la dresse en dehors du camp, assez loin. On l’appelle « la tente de la rencontre ». Tous ceux qui veulent consulter le SEIGNEUR sortent du camp et ils vont vers cette tente.
      8 Chaque fois que Moïse se rend à cet endroit, tout le monde se lève. Chacun reste à l’entrée de sa tente et il regarde Moïse jusqu’à ce qu’il entre dans la tente sacrée.
      9 Quand Moïse entre dans la tente, la colonne de fumée descend. Elle reste à l’entrée de la tente, et le SEIGNEUR parle avec Moïse.
      10 Tout le peuple voit la colonne de fumée qui s’arrête à l’entrée de la tente de la rencontre. Alors tous se lèvent, et chacun se met à genoux à l’entrée de sa tente.
      11 Le SEIGNEUR parle avec Moïse face à face, comme un homme parle avec un autre homme. Puis Moïse revient au camp. Mais son serviteur, le jeune Josué, fils de Noun, reste dans la tente sacrée.

      Josué 24

      14 Josué dit encore : « Respectez le SEIGNEUR et servez-le fidèlement de tout votre cœur. Quand vos ancêtres étaient de l’autre côté de l’Euphrate ou en Égypte, ils adoraient d’autres dieux. Abandonnez ces dieux et servez le SEIGNEUR.
      15 Si le service du SEIGNEUR ne vous plaît pas, alors choisissez aujourd’hui les dieux que vous voulez adorer. Choisissez ceux que vos ancêtres adoraient de l’autre côté de l’Euphrate, ou bien les dieux des Amorites, car vous habitez dans leur pays. Mais ma famille et moi, nous servirons le SEIGNEUR. »
      20 Si vous abandonnez le SEIGNEUR pour servir des dieux étrangers, il se tournera contre vous. Il vous fera du mal et il vous détruira après vous avoir fait du bien. »

      Juges 5

      31 SEIGNEUR, que tous tes ennemis meurent comme Sisra ! Mais que tes amis soient comme le soleil, quand il se lève dans toute sa clarté ! Et le pays connaît la paix pendant 40 ans.

      1 Samuel 1

      1 À Rama-de-Souf, dans la région montagneuse d’Éfraïm, il y a un homme qui s’appelle Elcana. C’est un Éfraïmite. Il est fils de Yeroam et petit-fils d’Élihou, lui-même fils de Tohou et petit-fils de Souf.
      2 Elcana a deux femmes : Anne et Peninna. Peninna a des enfants, mais Anne n’en a pas.
      3 Chaque année, Elcana quitte Rama pour aller à Silo. Là, il adore le SEIGNEUR de l’univers et lui offre des sacrifices. Hofni et Pinhas, les deux fils d’Héli, sont prêtres du SEIGNEUR à Silo.
      4 Le jour où Elcana offre le sacrifice, il donne des morceaux de l’animal offert à sa femme Peninna. Il en donne aussi à tous ses fils et à toutes ses filles.
      5 Mais Elcana donne un morceau bien meilleur à Anne, parce qu’il l’aime beaucoup. Pourtant le SEIGNEUR ne lui a pas donné d’enfant.
      6 Peninna, l’autre femme, n’arrête pas de blesser Anne par ses paroles. Elle se moque d’elle, parce que le SEIGNEUR ne lui a pas donné d’enfant.
      7 Chaque année, c’est la même chose. Quand Anne va à la maison du SEIGNEUR, Peninna lui dit des paroles blessantes. Un jour, Anne se met à pleurer et elle refuse de manger.
      8 Elcana, son mari, lui dit : « Anne, tu pleures, pourquoi donc ? Pourquoi est-ce que tu ne veux rien manger ? Est-ce que je ne vaux pas mieux pour toi que dix fils ? »
      9 Après le repas à Silo, Anne se lève. Le prêtre Héli est assis sur son siège, à l’entrée du lieu saint.
      10 Anne est très triste. Elle prie le SEIGNEUR en pleurant beaucoup. Voici la promesse qu’elle fait :
      11 « SEIGNEUR de l’univers, je t’en prie, vois mon malheur ! Souviens-toi de moi, ne m’oublie pas ! Donne-moi un garçon. Je promets de le mettre à ton service pour toujours, et on ne lui coupera jamais les cheveux. »
      12 Anne prie le SEIGNEUR longtemps. Héli la regarde.
      13 Anne parle dans son cœur. Ses lèvres remuent, mais on n’entend pas sa voix. Héli croit qu’elle a trop bu.
      14 Il lui dit : « Est-ce que tu vas rester longtemps ainsi ? Tu as trop bu, sors d’ici ! »
      15 Anne répond : « Non, je ne suis pas ivre. Je suis une femme malheureuse, mais je n’ai pas bu. Je suis ici pour dire au SEIGNEUR ce qui me fait mal.
      16 Ne me prends pas pour une femme qui ne vaut rien. Je suis trop malheureuse et trop triste. Voilà pourquoi j’ai prié si longtemps. »
      17 Alors Héli répond : « Va en paix. Et que le Dieu d’Israël te donne ce que tu lui as demandé ! »
      18 Anne lui dit : « Reste toujours bon avec moi ! » Anne s’en va et elle accepte de manger. Son visage n’est plus triste.
      19 Le jour suivant, tôt le matin, Elcana et sa famille vont adorer le SEIGNEUR. Puis ils retournent chez eux à Rama. Elcana s’unit à sa femme Anne, et le SEIGNEUR écoute la prière de celle-ci.
      20 Anne devient enceinte, puis elle accouche d’un garçon. Alors elle dit : « Je l’ai demandé au SEIGNEUR. C’est pourquoi je lui donne le nom de Samuel. »
      21 Plus tard, Elcana se rend de nouveau à Silo avec toute sa famille. Il va offrir au SEIGNEUR le sacrifice de l’année et un autre sacrifice qu’il a promis.
      22 Mais Anne ne part pas avec son mari. Elle lui a dit : « J’attends que l’enfant soit sevré. Ensuite, je l’amènerai à Silo. Je le présenterai devant le SEIGNEUR, et il restera là-bas pour toujours. »
      23 Elcana lui a répondu : « Fais ce qui te semble bon. Reste ici jusqu’au sevrage de l’enfant. Que le SEIGNEUR réalise ce qu’il a promis ! » Anne reste donc à Rama pour allaiter son fils.
      24 Quand Samuel a l’âge d’être sevré, Anne le conduit à la maison du SEIGNEUR, à Silo. L’enfant est encore tout jeune. Elle prend avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin.
      25 Elcana et Anne offrent le taureau en sacrifice. Puis ils conduisent l’enfant près du prêtre Héli.
      26 Anne dit à Héli : « Écoute-moi, je t’en prie ! Aussi vrai que tu es vivant, c’est moi, la femme qui se tenait ici, près de toi pour prier le SEIGNEUR.
      27 Eh bien, regarde cet enfant ! C’est pour l’avoir que je priais. Et le SEIGNEUR m’a donné ce que je lui ai demandé.
      28 À mon tour, je le donne au SEIGNEUR. Pendant toute sa vie, il appartiendra au SEIGNEUR. » Puis Elcana et sa famille se mettent à genoux devant le SEIGNEUR.

      1 Samuel 2

      1 Anne prie en disant : « Grâce au SEIGNEUR, mon cœur est plein de joie. Grâce au SEIGNEUR, je relève la tête, je peux rire de mes ennemis. Le SEIGNEUR m’a sauvée ! Je suis dans la joie.
      2 Le SEIGNEUR seul est saint. Personne ne nous protège comme notre Dieu, notre solide rocher. À part toi, SEIGNEUR, il n’y a pas de Dieu.
      3 Vous qui parlez avec orgueil, arrêtez ! Ne lancez plus de paroles méprisantes ! Car le SEIGNEUR est un Dieu qui sait tout, qui juge les actions humaines.
      4 L’arc des courageux combattants se brise, mais les gens faibles retrouvent des forces.
      5 Ceux qui ne manquaient de rien cherchent du travail pour manger. Mais ceux qui avaient faim n’ont plus besoin de travailler. La femme sans enfant met au monde sept fois. Mais la mère d’enfants nombreux ne peut plus en avoir.
      6 Le SEIGNEUR fait mourir et fait vivre. Il fait descendre dans le monde des morts et en fait remonter.
      7 Le SEIGNEUR donne pauvreté et richesse. Il met au dernier rang, mais aussi au premier.
      8 Il redresse le faible qui traînait dans la poussière, il relève le pauvre de son tas d’ordures. Il les fait asseoir parmi les notables et leur accorde une place d’honneur. Car le SEIGNEUR est le maître de toute la terre, c’est lui qui l’a fixée solidement.
      9 Il protège ses amis fidèles, mais les gens mauvais meurent dans la nuit. Car ce n’est pas par sa force qu’un homme est victorieux.
      10 Du haut du ciel, le SEIGNEUR fait éclater le tonnerre pour écraser ses ennemis. Le SEIGNEUR juge le monde entier. Il donne la puissance au roi de son peuple, il augmente le pouvoir du roi qu’il a choisi. »
      11 Ensuite, Elcana retourne chez lui à Rama. Mais le petit Samuel reste à Silo pour servir le SEIGNEUR, sous la conduite du prêtre Héli.
      12 Les fils d’Héli ne valent rien et ils ne reconnaissent pas l’autorité du SEIGNEUR.
      13 Ils sont prêtres, et pourtant, voici comment ils agissent : quand quelqu’un offre un sacrifice, le serviteur du prêtre arrive au moment où on fait cuire la viande. Il tient dans sa main la fourchette à trois dents.
      14 Il pique la viande dans le récipient : marmite, bassine ou plat en terre. Il prend pour le prêtre tout ce que la fourchette ramène. Les fils d’Héli agissent ainsi avec tous les Israélites qui viennent au lieu saint de Silo.
      15 De plus, avant qu’on brûle la graisse de l’animal, le serviteur du prêtre vient quelquefois trouver l’homme qui offre le sacrifice. Il lui dit : « Donne-moi de la viande à rôtir pour le prêtre. Il n’acceptera pas de toi de la viande cuite, mais seulement de la viande crue. »
      16 Si l’homme lui répond : « Il faut d’abord brûler la graisse, ensuite, tu prendras ce que tu veux », le serviteur du prêtre lui dit : « Non, donne-moi cette viande maintenant, sinon je vais la prendre de force. »
      17 Ainsi, le péché des fils d’Héli envers le SEIGNEUR est très grave. En effet, ils traitent sans respect ce qu’on offre au SEIGNEUR.
      18 Le petit Samuel est vêtu d’un pagne de lin. Il accomplit son service devant le SEIGNEUR.
      19 Chaque année, la mère de Samuel lui coud un petit vêtement. Elle l’apporte à son fils, quand elle va à Silo avec son mari, pour offrir le sacrifice de l’année.
      20 Héli bénit Elcana et sa femme. Il dit à Elcana : « Que le SEIGNEUR te donne d’autres enfants de cette femme ! Ils remplaceront celui qu’elle a donné au SEIGNEUR. » Ensuite, Elcana et Anne retournent chez eux.
      21 Le SEIGNEUR montre sa bonté pour Anne. Elle est enceinte plusieurs fois et met au monde trois fils et deux filles. Le petit Samuel grandit devant le SEIGNEUR.
      22 Héli est devenu très vieux. Il entend raconter comment ses fils agissent envers les Israélites. On lui dit aussi qu’ils couchent avec les femmes qui sont de service à l’entrée de la tente de la rencontre.
      23 Alors il leur dit : « Quoi ? Tout le monde parle de votre mauvaise conduite. Pourquoi est-ce que vous faites des choses pareilles ?
      24 Arrêtez, mes fils ! Ils ne sont pas beaux, les bruits que j’entends sur vous dans le peuple du SEIGNEUR.
      25 Si quelqu’un commet un péché contre un homme, Dieu peut servir d’arbitre. Mais si un homme fait une faute contre le SEIGNEUR, qui servira d’arbitre ? » Les fils d’Héli n’écoutent pas leur père. En effet, le SEIGNEUR a décidé de les faire mourir.
      26 Le petit Samuel grandit. Il se rend agréable au SEIGNEUR et aux hommes.
      27 Un homme de Dieu vient trouver Héli et lui dit : « Voici ce que dit le SEIGNEUR : Quand tes ancêtres étaient en Égypte, esclaves du roi d’Égypte, je me suis fait connaître à eux,
      28 j’ai choisi ton ancêtre Aaron parmi toutes les tribus d’Israël pour qu’il devienne mon prêtre. Il devait présenter les sacrifices sur mon autel, offrir l’encens et me consulter. Je lui ai même donné, à lui et à ceux qui allaient naître de lui, une part des sacrifices offerts par les Israélites.
      29 Or, vous traitez sans respect les sacrifices et les offrandes que j’ai commandé de me présenter en tout temps. Pourquoi donc ? Vous remplissez vos ventres des meilleurs morceaux pris sur toutes les offrandes d’Israël, mon peuple. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu honores tes fils plus que moi ?
      30 Voici donc ce que je déclare, moi le SEIGNEUR, Dieu d’Israël : J’avais dit que ta famille et la famille de ton père seraient mes prêtres pour toujours. Mais maintenant, j’affirme avec force que c’est fini. En effet, j’honore ceux qui m’honorent, mais ceux qui me méprisent seront couverts de honte à leur tour.
      31 Bientôt, je vais enlever de ta famille et de la famille de ton père tous ceux qui sont en pleine force. Et il n’y aura plus de gens âgés chez toi.
      32 En tout temps, tu vivras dans la peur. Tout se passera bien pour le peuple d’Israël, mais dans ta famille, les gens ne vivront pas longtemps.
      33 Pourtant, je garderai quelqu’un de ta famille près de mon autel. Mais ce sera pour brûler tes yeux de larmes et pour te remplir de désespoir. Et tous les autres hommes de ta famille mourront.
      34 « Ce qui va arriver à tes fils, Hofni et Pinhas, te prouvera ce que je dis : ils mourront tous les deux le même jour.
      35 Ensuite, je me choisirai un prêtre sûr. Il agira comme je le veux et comme je le désire. Je lui donnerai des successeurs sûrs. Ils seront prêtres à côté du roi que je choisirai.
      36 Celui qui restera en vie dans ta famille ira se mettre à genoux devant le prêtre. Il lui demandera une pièce d’argent ou de la nourriture en disant : “Je t’en prie, donne-moi n’importe quel travail à faire auprès des prêtres, pour que j’aie quelque chose à manger.” »

      1 Samuel 3

      1 Le petit Samuel est au service du SEIGNEUR sous la garde du prêtre Héli. À cette époque-là, le SEIGNEUR parle rarement à quelqu’un et il envoie rarement des visions.
      2 Une nuit, Héli dort à sa place habituelle. Il est presque aveugle.
      3 Samuel aussi dort dans la maison du SEIGNEUR, près du coffre sacré. La lampe de Dieu brûle encore.
      4 Le SEIGNEUR appelle : « Samuel ! » Samuel répond : « Je suis là. »
      5 Puis il court auprès d’Héli et lui dit : « Tu m’as appelé. Je suis là. » Mais Héli répond : « Je ne t’ai pas appelé. Retourne te coucher. » Samuel va se recoucher.
      6 Le SEIGNEUR appelle Samuel une deuxième fois : « Samuel ! » Samuel va près d’Héli et lui dit : « Tu m’as appelé. Je suis là. » Héli répond : « Je ne t’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. »
      7 Samuel ne connaît pas encore le SEIGNEUR, car celui-ci ne lui a jamais parlé.
      8 Le SEIGNEUR appelle Samuel une troisième fois. Samuel se lève. Il va près d’Héli et lui dit : « Tu m’as appelé. Je suis là. » Alors Héli comprend que c’est le SEIGNEUR qui appelle l’enfant.
      9 Il dit à Samuel : « Retourne te coucher. Et si on t’appelle, tu diras : “Parle, SEIGNEUR, ton serviteur écoute !” » Samuel va se coucher à sa place habituelle.
      10 Le SEIGNEUR vient et se tient là. Comme les autres fois, il appelle : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répond : « Parle, ton serviteur écoute. »
      11 Le SEIGNEUR dit à Samuel : « Je vais frapper Israël d’un grand malheur. Tous ceux qui apprendront la nouvelle seront effrayés.
      12 Je vais envoyer à Héli et à sa famille tous les malheurs que j’ai annoncés, vraiment tous.
      13 Héli est prévenu, je condamne sa famille pour toujours à cause de sa faute. Il sait que ses fils m’insultent. Pourtant, il les laisse faire.
      14 C’est pourquoi je fais ce serment à la famille d’Héli : rien n’effacera jamais sa faute, aucun sacrifice, aucune offrande ! »
      15 Samuel reste couché jusqu’au matin. Puis il va ouvrir les portes de la maison du SEIGNEUR. Samuel a peur de raconter à Héli ce qu’il a vu.
      16 Mais Héli l’appelle et lui dit : « Samuel, mon fils ! » Samuel répond : « Je suis là ! »
      17 Héli demande : « Qu’est-ce que le SEIGNEUR t’a dit ? Ne me cache rien ! Si tu me caches un seul mot, que Dieu te punisse très sévèrement ! »
      18 Alors Samuel raconte tout à Héli, il ne lui cache rien. Héli dit : « Il est le SEIGNEUR, il peut faire ce qui lui semble bon ! »
      19 Samuel devient grand. Le SEIGNEUR est avec lui. Et tout ce que Samuel dit de la part du SEIGNEUR, le SEIGNEUR le fait.
      20 Alors dans tout le pays d’Israël, depuis Dan, au nord, jusqu’à Berchéba, au sud, les gens apprennent que Samuel est vraiment un prophète du SEIGNEUR.
      21 Le SEIGNEUR continue à se montrer à Silo. En effet, c’est à Silo que le SEIGNEUR se fait connaître à Samuel et qu’il lui communique sa parole.

      1 Samuel 15

      22 Alors Samuel dit : « Qu’est-ce que le SEIGNEUR aime mieux ? L’obéissance à sa parole ou bien les sacrifices d’animaux ? L’obéissance vaut mieux que les sacrifices des animaux les plus gros.
      33 Mais Samuel lui dit : « Avec ton épée, tu as enlevé des enfants à leurs mères. Eh bien, toi aussi, on va t’enlever à ta mère ! » Et Samuel fait mourir Agag devant le SEIGNEUR, au Guilgal.

      2 Samuel 21

      1 Au temps de David, il y a une famine qui dure trois ans. David consulte le SEIGNEUR. Le SEIGNEUR lui répond : « C’est à cause de Saül et de sa famille. Ils ont commis un crime en tuant les gens de Gabaon. »
      2 Le roi réunit les Gabaonites pour leur parler. Ces gens-là ne sont pas des Israélites, mais ils font partie des derniers Amorites. Les Israélites leur ont juré de les laisser en vie. Pourtant Saül, à cause de son trop grand intérêt pour les gens d’Israël et de Juda, a voulu les supprimer.
      3 David leur demande : « Qu’est-ce que je dois faire pour vous ? Comment est-ce que je peux réparer le mal que Saül vous a fait pour que vous bénissiez le peuple du SEIGNEUR ? »
      4 Les Gabaonites répondent : « Nos difficultés avec Saül et sa famille ne peuvent pas se régler avec de l’argent ou de l’or, ni par la mort d’un Israélite. » David continue : « Dites-moi ce que vous voulez, je le ferai pour vous. »
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