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PROPHÈTE 6.

VI Les trois grands siècles de la prophétie.

Nous avons vu ce qu'était le milieu d'où le prophétisme est sorti et les deux mobiles de l'action des prophètes jéhovistes : la vocation et le patriotisme. Il nous faut maintenant examiner cette action elle-même dans le développement synthétique que nous présentent leurs écrits.

Avec les VIII e, VII e et VI e siècle av. J. -C, nous entrons dans une nouvelle période de l'activité des prophètes. Plus de massacres, plus de miracles. L'homme de Dieu se mêle sans doute encore à la vie politique de son peuple, mais c'est en exerçant sur lui une action purement morale et religieuse. Il parle et il écrit. Le rôle des prophètes comme écrivains a certainement été plus considérable qu'on ne le pense généralement. Déjà l'histoire sainte jéhoviste rédigée au IX e siècle appartenait au milieu des prophètes. La littérature deutéronomistique porte aussi le cachet de l'esprit prophétique. Le fait que les Chroniques nomment toute une série de prophètes comme ayant contribué aux annales d'Israël doit être pris aussi en considération. On ne prête qu'aux riches. L'important, pour ce qui nous concerne ici, c'est que le ministère des principaux hommes de l'Esprit a été consigné dans des ouvrages qu'ils écrivirent eux-mêmes, ou qu'ils firent rédiger par leurs disciples. Ce point est de grande conséquence pour nous, parce qu'il nous permet de prendre directement contact avec la pensée et l'action des chefs spirituels d'Israël. L'équivoque n'est plus possible, parce que nous ne sommes plus réduits à nous en remettre, pour eux, à la représentation d'historiens dont nous ignorerions les sources et la mentalité. Ces prophètes écrivains sont à eux-mêmes leurs témoins. Ce qui fait la valeur capitale de ces résumés de discours que l'on peut comparer pour leur composition aux sourates du Coran, c'est qu'ils sont l'héritage d'individualités comme le monde antique n'en connut ni dans l'Orient, ni en Grèce, ni à Rome, et qui se sont pressées dans l'espace de deux siècles, animées d'une même passion, éclairées d'un même esprit, se succédant les unes aux autres, apprenant les unes des autres et portant, par une évolution d'une rapidité foudroyante, la religion de l'élite d'Israël à une hauteur où elle atteignit à la clarté définitive de l'Évangile.

Par leurs ouvrages, écrits par eux ou par leurs disciples immédiats, nous pouvons savoir avec la plus grande précision ce qu'ils demandaient à leurs auditeurs, ce qu'ils supposaient connu des adorateurs de Jéhovah, quel fut le développement de leur théologie et comment ils se représentaient l'avenir religieux d'Israël.

On tient volontiers aujourd'hui pour démontré dans les milieux de la critique avancée que les prophètes des VIII e, VII° et VI e siècles--siècles classiques du prophétisme--furent les initiateurs du jéhovisme dans ses principes fondamentaux : moralisme, monothéisme, spiritualisme, universalisme. Cette conclusion répond admirablement aux prémisses de critiques qui conçoivent Jéhovah comme une divinité naturiste et qui pensent pouvoir expliquer l'histoire la moins naturelle du monde, celle d'Israël, avec les seules ressources ordinaires de l'évolution humaine. Mais la question est de savoir si cette conclusion correspond à l'attitude des prophètes qui nous ont laissé des écrits et dont nous avons, d'après ces écrits, à caractériser l'initiative.

1.

L'ACCUSATION.

Les quatre grands prophètes du VIII° siècle, Amos, Osée, Ésaïe et Michée, entrent en scène de la même façon. Ils se présentent, non en révélateurs, mais en accusateurs. Leurs discours sont des réquisitoires. Que reprochaient-ils à Israël ? D'avoir violé la justice. La justice ! On en parlait quelquefois dans les sociétés primitives, mais on ne l'apercevait que partiellement ; elle y était facultative et dépendait, dans le principe, du bon plaisir des rois. Plus tard, en Grèce et à Rome, on disserta sur la justice, on dit à son sujet des choses admirables. Mais tout cela était théorique et présenté parfois comme un idéal irréalisable ; le philosophe qui l'exaltait n'exigeait pas qu'elle fût accomplie au prix de n'importe quel sacrifice. Il y avait toujours des accommodements. Quand l'intérêt de la patrie était en jeu, son salut ou sa grandeur, c'était l'injustice que l'on glorifiait. Les Stoïciens eux-mêmes, qui proclamaient la fraternité de tous les hommes et voulaient que le Sage fût citoyen du monde, n'ont jamais, pas même lorsqu'ils tenaient le sceptre avec Marc-Aurèle, essayé d'établir une justice unique pour l'esclave et pour l'homme libre, pour le barbare et pour le civis romanus. Et voici que, soudain, dans les milieux gréco-romains, une société nouvelle parut, qui étonna le monde parce qu'elle avait pour loi la justice impérieuse, la même justice pour tous (Mt 23:8,12, Lu 22:25, Col 3:11), la justice du sermon sur la montagne (Mt 5-7). « Que s'est-il donc passé ? », écrit à ce sujet H. Bergson (Les deux sources de la Morale et de la Religion, p. 75). « Comment la justice a-t-elle émergé de la vie sociale à laquelle elle était vaguement intérieure, pour planer au-dessus d'elle et plus haut que tout, catégorique et transcendante ? Rappelons-nous le ton et l'accent des prophètes d'Israël. C'est leur voix même que nous entendons quand une grande injustice a été commise ou admise. Du fond des siècles, ils élèvent leur protestation. »

Amos : De Sion, Jéhovah rugit... Ainsi parle Jéhovah :

A cause de trois crimes de Juda, même de quatre, Je ne révoque pas mon arrêt... J'enverrai le feu dans Juda... A cause de trois crimes d'Israël, même de quatre, Je ne révoque pas mon arrêt... Voici, je vous écraserai, Comme écrase un chariot rempli de gerbes. (Am 1:2 2:4,5,6,13)

Osée : Écoutez Jéhovah, enfants d'Israël, Car Jéhovah a un procès Avec les habitants du pays... Puisque tu as oublié la loi de ton Dieu, Je te rejetterai (Os 4:1-6).

Esaïe : Cieux, écoutez ; terre, prête l'oreille, Car Jéhovah parle : J'ai nourri, j'ai élevé des enfants. Mais ils se sont révoltés contre moi... Cessez de faire le mal... Puis, venez et plaidons, dit Jéhovah (Esa 1:2,16,18).

Michée :

Ecoutez ce que dit Jéhovah,

Lève-toi, plaidons devant les montagnes !

Écoutez, montagnes, le procès de Jéhovah,

Car Jéhovah a un procès avec son peuple...

Ses habitants profèrent le mensonge...

C'est pourquoi je te frapperai par la souffrance,

Je te ravagerai à cause de tes péchés (Mic 6:1,2,12,13).

Toute cause au tribunal, même dans la chétive justice humaine, suppose que l'inculpé connaît le plaignant et sait quelle est la violation de contrat individuel ou social qui lui vaut sa peine. Quand il s'agit du procès de Dieu mené par les personnalités morales dont les siècles rediront la grandeur unique dans l'ordre de la justice, on peut considérer que cette condition d'équité a été respectée.

2.

LE CONTRAT VIOLÉ.

Quel est donc le contrat qu'Israël a connu et transgressé ? l'alliance qu'il a violée ? (Os 6:7 8:1,12) Cette loi, Amos en parle explicitement (Am 2:4) dans une strophe que la critique avancée tient pour une interpolation parce qu'elle ne cadre pas avec sa conception religieuse du jéhovisme, mais que rien n'oblige à supprimer, que tout, au contraire, invite à maintenir, pour la bonne raison qu'il serait fort étrange qu'Amos le Judéen, qui vient de déclarer que Jéhovah rugit de Sion, passe sous silence les fautes de sa patrie, dépositaire de la Loi, et les menaces contre Jérusalem. Osée s'y réfère aussi (Os 4:1 6:6 8:1) dans son premier discours, où il met en avant une formule qu'il affectionne : la « connaissance de Jéhovah » ou, ailleurs, « connaître Jéhovah », formules qui, dans sa bouche, n'ont pas trait seulement à la science intellectuelle, mais en premier lieu à l'expérience religieuse, à la morale pratique (Os 4:1-6 5:4 6:3-6 8:2 13:4). Cette loi, qu'Israël connaît, serait-ce le décalogue de Ex 34 rapporté par l'écrivain jéhoviste--le seul dont la critique avancée admette l'existence avant le VIII e siècle ? Mais s'imagine-t-on que la révolution opérée par Moïse se serait contentée d'un tel fondement, d'une brève liste de prescriptions cultuelles, qui sont précisément ce que le mosaïsme a de plus commun avec les religions des autres peuples ? Y avait-il là de quoi surprendre, émouvoir, retourner le peuple d'Israël, et engager le combat moral où il va se débattre pendant des siècles, porteur de la religion du vrai Dieu ? Était-ce là ce qui pouvait lui donner la « connaissance de Jéhovah » et justifier les diatribes enflammées d'Amos et d'Osée ? Aussi bien, il suffit de relire attentivement ces deux prophètes pour se rendre compte qu'ils ne font aucune allusion à ce décalogue-là ; il ne les intéresse pas, étant précisément l'élément du culte jéhovique par lequel celui-ci voisine le plus dangereusement avec les cultes idolâtres : fêtes de moissons, sacrifices de bétail, offrande des prémices des récoltes, autant de formes d'adoration qui pouvaient indifféremment servir pour honorer Jéhovah ou les Baals primitifs de la terre cananéenne. Les pratiques extérieures et les formes rituelles ont déjà fait tant de mal à Israël, l'ont déjà si souvent induit à éluder les exigences véritables de la religion de Jéhovah, qu'Amos et Osée vont jusqu'à s'emporter contre elles :

Amos :

Je hais, je méprise vos fêtes,

Je ne puis sentir vos assemblées.

Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes,

Je n'y prends aucun plaisir. (Am 5:21,22, cf. Esa 1).

Osée : Ephraïm a multiplié ses autels pour pécher, Et ses autels l'ont fait tomber dans le péché. Que j'écrive pour lui toutes les ordonnances de ma loi, Elles sont regardées comme une chose étrangère. Ils immolent des victimes qu'ils m'offrent... Jéhovah n'y prend point de plaisir (Os 8:11,13).

Amos va jusqu'à dire que tout ce cérémonial ne faisait pas partie du mosaïsme authentique :

M'avez-vous fait des sacrifices et des offrandes Pendant les quarante ans du désert, Maison d'Israël ?

(Am 5:25, cf. Esa 1:11-15, Mic 6:8, Ps 50:7-15, Jer 7:22).

Quel est donc, pour Amos et Osée, le contrat dont la violation dans la suite des générations passées va entraîner maintenant le châtiment et la ruine d'Israël ? L'alliance morale. En même temps qu'il déclare vain et d'institution humaine le culte rituel, Amos s'écrie :

Que la droiture soit comme un courant d'eau

Et la justice comme un torrent intarissable ! (Am 5:24)

Et cette déclaration est le leit-motiv de toute sa prédication.

Il n'y a que parjure et mensonge,

Assassinat, vol, adultère ;

On use de violence... (Os 4:2)

Dans ce passage qui introduit le ministère d'Osée, chaque terme vise un des commandements moraux du Décalogue de Ex 20 et de De 5. S'il y a une thora (=loi) dont l'existence et la valeur fondamentale pour la religion de Jéhovah soient démontrées par les allusions des deux premiers prophètes écrivains, c'est à coup sûr cette thora du Sinaï dont on nous dit aujourd'hui qu'elle ne fut que l'écho affaibli de la voix des prophètes des VIII° et VII e siècles.

Osée, qui suit Amos, va plus profond que lui. Après avoir dénoncé comme lui l'immoralité d'Israël, sa transgression du Décalogue, comme motif de sa condamnation et source de sa ruine, il fouille dans l'âme de l'Israélite et découvre la raison profonde de cette infidélité : une transgression intime, le mépris d'un commandement sur lequel tous les autres commandements s'appuient et sans lequel tous perdent leur force et s'écroulent : le commandement de l'amour. Trahi par sa femme (Os 1-3), dont les débordements sont venus de ce qu'elle n'aimait plus son mari, Osée dénonce à la nation élue son infidélité initiale :

Mon peuple consulte son idole de bois,

Et son bâton lui donne des avis !

Car l'esprit de prostitution les égare,

Et ils se prostituent loin de leur Dieu...

Insensé, le peuple court à sa perte !

Que te ferai-je, Ephraïm ?

Que te ferai-je, Juda ?

Votre amour est comme le brouillard du matin,

Comme la rosée qui bientôt se dissipe !

Malheur à eux,

Parce qu'ils m'ont fui !

Ruine sur eux,

Parce qu'ils m'ont trahi ! (Os 4:12-14 6:4 7:13)

Comparant la nation infidèle à une épouse adultère, à une mère dénaturée, Jéhovah dit par la bouche d'Osée :

Je la châtierai pour les jours où elle encensait les Baals, où elle allait après ses amants et m'oubliait ! Je veux l'attirer et la conduire au désert et je parlerai à son coeur... Et elle chantera comme au temps de sa jeunesse (Os 2:13,15).

Quand donc, et par le moyen de qui, le contrat d'amour entre Jéhovah et la nation élue avait-il été conclu ? Osée le rappelle avec précision à ses contemporains : ce fut le jour où Jéhovah fit sortir Israël du pays d'Egypte, maison de servitude (Os 11:1 2:17 13:4, cf. De 5:6), et le confia à Moïse. Par un prophète, Jéhovah

Fit monter Israël hors d'Egypte ;

Et par un prophète, Israël fut gardé (Os 12:14).

Osée vient de rappeler que Jacob était berger (Os 12:13). Il transporte l'image sur Moïse, qu'il présente ici comme le berger envoyé par Jéhovah à Israël pour le protéger et le conduire au pâturage.

Une étude objective des discours d'Amos et d'Osée--nous n'appelons ici en cause que ces deux premiers porte-parole de Jéhovah au VIII° siècle, parce que, de leur temps, notre livre actuel du Deutéronome n'existait pas--amène irrésistiblement à la conclusion que non seulement le Décalogue d'Ex 20 et de De 5 existait déjà sous sa forme primitive, mais aussi que le commandement « Tu aimeras l'Éternel ton Dieu... » (De 6:5), donné plus tard par Jésus comme le principe de toute la législation jéhovique, faisait partie de la révélation mosaïque.

Un siècle avant Osée, Israël, en rupture de contrat, courait après ses amants les Baals, divinités cananéennes auxquelles il attribuait le pouvoir de féconder le sol et de donner des récoltes abondantes. Élie se dresse au nom de l'alliance violée et obtient de Jéhovah le pouvoir de faire un exemple : à la parole de l'homme de Dieu, la sécheresse s'étend sur le pays et le désole par la famine. A sa parole, la pluie tombe de nouveau et la terre est fécondée (1Ro 17 et 18). Terrible leçon et révélation inattendue pour les contemporains du prophète qui avaient bien cru jusque-là que Jéhovah était leur dieu national, le dieu de leurs guerres et de leurs victoires, mais qui n'avaient pas cessé d'attribuer aux Baals de Canaan, politiquement dépossédés par Jéhovah, le pouvoir de féconder le sol qui leur appartenait dès les temps antiques. Le triomphe d'Elie et le massacre des prophètes du Baal phénicien introduits en Israël par Jézabel ne suffisent pas à ramener la nation élue à la fidélité à Jéhovah. Elle continue, par son adultère, de marcher à sa perte. C'est là ce que le prophète Osée rappelle dans son discours inaugural. Parlant des générations qui l'entourent, il dit :

Leur mère s'est prostituée, déshonorée, car elle a dit : J'irai après mes amants, qui me donneront mon pain et mon eau, ma laine et mon lin, mon huile et mon breuvage. Elle n'a pas reconnu que c'était moi qui lui donnais le blé, le moût et l'huile ; et l'on a consacré au service de Baal l'argent et l'or que je lui prodiguais (Os 2:5,8).

Osée, en nous expliquant l'acte d'Elie, témoigne que déjà, pour le prophète du IX e siècle, la faute de la nation élue était d'avoir trahi l'amour conjugal qui la liait à Jéhovah, le Dieu du Sinaï, le Dieu jaloux de la jalousie qu'éprouve un époux à l'égard de celle qui lui a engagé sa foi. C'est aussi le contrat moral du Sinaï qui explique l'attitude intransigeante d'Élie vis-à-vis d'Achab à l'occasion de la vigne de Naboth. Les confiscations, les meurtres, les compromissions judiciaires étaient d'usage courant chez les potentats dans le milieu où vivait Israël. En tout autre pays, la menace d'un censeur comme Elie à l'égard d'un monarque heureux, puissant et énergique comme Achab, eût paru simplement un crime de lèse-majesté ; on l'eût puni de mort. Mais ici, nous n'avons ni un monarque, ni un censeur ordinaires. Le monarque est l'oint de Jéhovah, le censeur est le prophète de Jéhovah ; l'un et l'autre connaissent les exigences du contrat sinaïtique ; ils savent'que tout effort moral aidant la justice est à l'honneur du Dieu qui a choisi Israël pour peuple.

Comme Élie fait pressentir Michée de Jimla (1Ro 22:1,28) et Amos de Thékoa, dans sa notion de la justice, il continue la tradition de son prédécesseur Ahija de Silo, qui provoque le schisme pour venger l'honneur de Jéhovah trahi par Salomon (1Ro 11:29,33), et Ahija continue Nathan reprochant à David d'avoir fait mourir son serviteur Urie pour pouvoir posséder sa femme (2Sa 12). Partout ailleurs qu'en Israël, un enlèvement comme celui-là n'aurait soulevé aucune surprise. Quidquid délirant reges..., mais ici il y a le contrat du Sinaï, la foi jurée ; c'est tout le passé contractuel qui se lève en témoignage dans cette parole par laquelle Jéhovah caractérise l'acte de David : « Tu m'as méprisé » (2Sa 12:10). Le vieux récit nous fait assister à une scène qui en dit long au sujet de l'emprise morale que Jéhovah avait sur son peuple à cette époque : l'illustre monarque chargé de gloire et parvenu au faîte de la puissance s'humilie devant le prophète et s'abîme dans le plus profond des repentirs. Nous rejoignons ici le XI e siècle où nous avons rencontré Samuel le prophète qui disait : « L'obéissance vaut mieux que les sacrifices... Jéhovah regarde au coeur » (1Sa 15:22 16:7). Avant lui, un homme de Dieu s'était levé pour déclarer au prêtre Héli de Silo : « J'honore qui m'honore, et celui qui me méprise sera méprisé » (1Sa 2:30). Le prophète, homme de réaction contre la religion relâchée où le culte n'exprime plus le contrat moral avec Jéhovah, apparaît ici pour la première fois (1Sa 2:22,25), aux derniers jours du temps des Juges.

Du temps des Juges, qui dura de 100 à 130 ans, nous ne savons que peu de chose, sinon que « la parole de Jéhovah était rare » (1Sa 3:1). Les événements qui se déroulent à cette époque montrent assez que ce fut un temps d'anarchie qui ne justifia que trop les appréhensions du vieillard Josué (Jos 24). La critique avancée ne fait pas une bonne presse à Josué et à ses conquêtes. Il est certain que la comparaison du livre de Josué (voir Josué) avec les premiers chapitres du livre suivant commande les plus grandes réserves sur la façon dont certains des documents qui le composent présentent l'établissement des Israélites dans la Terre Promise. Mais ce livre renferme des pages qui proviennent des plus vieilles annales hébraïques. Celles-là, du moins, devraient épargner à Josué le soupçon qu'il n'a peut-être jamais existé. De ces traditions anciennes rapportées par l'Écrit prophétique JE, et qui ne sont antérieures aux auteurs de JE que de deux siècles et demi à trois siècles, nous ne retiendrons ici que le renouvellement de l'alliance à Sichem. Josué, que JE nous présente comme le lieutenant de Moïse, le jeune homme qui, attaché au service de la Tente des rendez-vous de Jéhovah, vécut avec son maître les grandes heures du jéhovisme pendant le séjour au désert, a eu la lourde charge de succéder à Moïse. Il a entrepris l'installation des premières tribus sur la terre de Canaan, terre de vieille civilisation, toute pervertie par le culte sensuel de ses Baals. Au désert, il s'était rendu compte des exigences morales de Jéhovah et du terrible jugement que celui-ci exerçait contre les Israélites infidèles. En Canaan, il mesure les tentations que son peuple encore tout débandé va rencontrer sur une terre riche et peuplée de divinités naturistes. Il sait que les Israélites qui n'ont connu Jéhovah qu'au désert--et que Jéhovah ramènera au désert s'ils le trahissent et s'ils ont besoin de se retrouver face à face avec lui loin de toute séduction de prospérité pour rétablir avec lui l'alliance primitive (cf. Os 2:16 12:10 13:4) --vont avoir comme instructeurs, dans la culture du sol et dans le commerce, des populations qui leur transmettront les usages séculaires de leur agriculture, tous rattachés à l'adoration des Baals régionaux ou locaux, dont la protection immémoriale assure la fécondité du sol. Il prévoit que les Hébreux seront amenés immanquablement à faire deux parts dans leur culte, à unir deux religions : celle du Jéhovah national, le Dieu des armées victorieuses, et celle des Baals cananéens, pourvoyeurs des biens de la campagne. Cette dualité serait leur perte, car Jéhovah est un « Dieu jaloux » qui a dit : « Tu n'auras point d'autres dieux devant ma face. » Avant de déposer le pouvoir qu'il tient de Jéhovah, Josué veut placer Israël en présence de la situation tragique où les circonstances le mettent, et il convoque une grande assemblée à Sichem. Là, sous l'arbre rendu sacré par les autels d'Abraham et de Jacob (Ge 12:6 35:4, cf. De 11:26-32 27:1-14), il demande aux tribus d'Israël si elles se sentent la force et si elles ont le vouloir de confirmer le contrat du Sinaï et de maintenir pour leur seul Dieu : Jéhovah. L'importance de cette scène et de l'alternative qu'elle comporte n'a pas été assez aperçue. Quels que soient les remaniements deutéronomiques que l'on veut voir dans ce récit, on n'en saurait supprimer la question : Quel Dieu voulez-vous servir ? Cette question fait du jéhovisme un drame de liberté. Instruit par les premières épreuves de son commerce avec Jéhovah, Israël, à Sichem, renouvelle volontairement son alliance avec lui. Il s'offre librement à son Dieu qui fera sur lui l'expérience humaine de la régénération. Il n'a pas été pris en traître ; conscient de ce que coûte la désobéissance aux ordres de Jéhovah, il s'avance avec une confiance tenace vers les grands coups que le « divin sculpteur de l'âme » devra donner pour ciseler dans l'humanité de la chute une image à la ressemblance de Dieu. Il bronchera, il tombera, mais l'oeuvre s'accomplira. Par une série d'éliminations successives se dégagera peu à peu de la masse charnelle l'homme spirituel, l'Homme-Dieu. Cette nouvelle création a pour point de départ le contrat du Sinaï ratifié à Sichem, et pour ouvriers les prophètes. Sans ce contrat, Israël n'eût eu aucune raison de connaître un autre destin que celui des peuples de sa race, Édom ou Moab. Sans ce contrat, la réaction des voyants jéhovistes, de Samuel à Amos, ne se comprendrait pas. Si les premiers prophètes du VIII° siècle n'avaient pu s'en référer à lui, justifier par lui la sévérité de leur verdict, ce verdict, au lieu d'être drastique pour l'élite du peuple, n'eût pas manifesté plus d'équité que tant de verdicts où la justice humaine demande du coupable plus qu'elle ne serait en droit d'exiger de lui. Et les fervents jéhovistes groupés autour des prophètes, au lieu de considérer les malheurs de leur race comme le salutaire châtiment du Père céleste, n'auraient vu dans leur nation ruinée et déportée qu'une victime de l'arbitraire divin, semblable à celles dont Homère dans l'Iliade nous fournit d'abondants exemples. Le jéhovisme rédempteur inauguré par Amos et Osée eût été écrasé dans l'oeuf.

3.

LE DIEU OFFENSÉ.

(a) LES ORIGINES DE SON CULTE. Les prophètes ne se contentent pas de nommer Jéhovah comme la divinité offensée par la violation du contrat. Ils tiennent dans leurs discours pour un fait établi, une réalité hors de discussion, que Jéhovah avait le droit moral de punir Israël à cause de la violation du contrat. D'où lui venait ce droit ? Les plus vieux documents de la Bible nous l'expliquent en mettant en avant deux noms : Abraham et Moïse. Dans le premier cas, il s'agit d'un homme qui a dû quitter sa patrie et ses divinités patronales. Nous pouvons nous le représenter démoralisé, désorienté, mais de personnalité assez puissante et assez haute pour ne pas prendre son parti de sa destinée, et capable, si une voie s'ouvre devant lui, d'y entrer résolument et de refaire sa vie. Dieu l'appelle, se propose à sa foi sous la forme de l'élohim protecteur qui l'accompagnera et le bénira s'il se fie à lui avec intégrité. Abraham entreprend la marche par la foi ; les bénédictions de son élohim l'affermissent dans la certitude que son Dieu est puissant et bon. Il forme sa famille dans l'adoration du dieu puissant, El-Chaddaï. Par la grâce d'El-Chaddaï, la tribu des Abrahamides est sauvée de la famine et séjourne en Egypte dans une terre favorable.

Au bout de quelques siècles, Israël est de nouveau menacé de disparaître, non par la famine, mais par le massacre systématique ordonné par un pharaon. Et voici Moïse sauvé des eaux, élevé à la cour, compromis par son patriotisme, forcé de chercher son salut dans l'exil. Le voilà, comme Abraham, jeté hors de sa voie et méditant dans le désert madianite sur l'énigme de sa destinée. Il a du génie--la suite le prouvera--, il a des connaissances et un courage qui désignent en lui un chef. El-Chaddaï l'appelle et se révèle à lui comme le Dieu vivant--Jéhovah--capable de libérer ses tribus esclaves et d'en faire une grande nation si elles acceptent de marcher par la foi dans le désert et de constituer à sa voix un peuple de franche volonté. Moïse recule d'abord devant la tâche, puis accepte. Il eût pu dire alors comme plus tard Jérémie : « Jéhovah, tu m'as saisi, tu m'as vaincu ! » Le peuple est subjugué par l'ascendant du chef qui lui parle au nom du dieu des pères ; il tressaille à l'espoir que les promesses faites à Abraham vont enfin s'accomplir ; la délivrance au passage de la mer Rouge achève de le mettre dans les dispositions voulues pour accepter le contrat du Sinaï. Quand Jéhovah donne à Moïse les ordres qui devaient moraliser son peuple, et par ce peuple l'humanité, il a acquis par des grâces accordées de génération en génération le droit moral de commander à des hommes libres. Au Sinaï, la religion du vrai Dieu s'impose à la conscience humaine et entre dans l'histoire.

La façon dont le plus vieux document biblique raconte les origines du culte de Jéhovah présente des caractères qui le recommandent à toute notre attention, (1) Le témoignage primitif qu'il apporte est confirmé par tous les récits, par ailleurs fort divers, de l'histoire hébraïque. Les écrivains deuté-ronomistes, qui développent les anciens textes et leur donnent un caractère parénétique, les écrivains sacerdotaux, dont les conceptions sur d'autres points diffèrent absolument de la conception de JE, sont unanimes pour déclarer que la religion d'Israël a eu comme initiateurs deux hommes appelés de Dieu : Abraham l'ancêtre, Moïse le législateur. (2) Le mouvement religieux qui, dans ces deux étapes, a inauguré la reprise des rapports de Dieu avec l'homme, s'est produit, d'après le récit de JE, dans des conditions psychologiques auxquelles, certes, nos écrivains antiques étaient loin de songer, mais qui se trouvent être précisément les conditions par lesquelles, d'après la pensée chrétienne de notre temps, s'est constamment développé à travers les siècles le progrès spirituel de la société des croyants. A l'origine de tous les réveils de la pensée ou de l'action : un homme, une personnalité donnant l'impulsion, non de son initiative, mais parce que, de son propre aveu, Dieu l'a arrêtée sur le chemin, illuminée, convertie et contrainte de tout quitter pour entrer par la foi dans une voie nouvelle et délivrer à son entourage un message nouveau. « Dieu ne se révèle pas par des choses, par des objets sacrés, mais par des hommes, par des âmes consacrées » (Wilf. Monod). Tous ceux qui firent, en quelque temps que ce soit et à un degré quelconque, l'expérience divine, font partie de cette chaîne vivante des porte-flambeaux de Dieu. Ils sont légion et conduisent l'évolution spirituelle du monde. Parmi eux, Vinet, Wesley, Calvin, Luther, François d'Assise, Augustin, Paul, Jérémie, Moïse et, tout au fond, tel un sommet trop éloigné pour que les regards puissent en discerner les contours, mais dont une lueur montre la cime : Abraham, le père des croyants. Que les auteurs de nos premiers récits bibliques, au lieu de placer la théophanie originelle dans des circonstances extérieures, prodiges physiques frappant les foules et les courbant dans l'adoration, l'aient énoncée comme un drame intérieur dans une conscience d'homme, un acte d'obéissance, voilà qui montre qu'ils avaient bien vu et qui leur donne du crédit. Cent ans au moins avant la grande époque du prophétisme, dans le milieu cananéen où le paganisme étalait ce qu'il a de plus grossier et de plus sensuel, n'ayant à l'horizon que les cultes des grands empires qui imposaient par leurs temples, leurs statues, leur sacerdoce et leurs devins, les écrivains de JE savaient que la religion jéhoviste n'avait pas pris sa source dans les superstitions naturistes ni dans les opérations magiques, mais qu'elle avait été une initiative de Dieu et qu'elle avait pris conscience d'elle-même dans les rapports moraux de la personne divine avec la personne humaine ; rapports où se forma dans l'humanité de la Chute un premier germe de vie spirituelle. Quel qu'ait été le caractère rudimentaire des connaissances de ces Hébreux qui fixèrent la tradition primitive de leur peuple, et quelque naïves que puissent nous paraître leurs conceptions, les constatations que nous venons de faire suffisent pour interdire qu'on les confonde avec la foule des chroniqueurs antiques. Par leur orientation, ils appartiennent à une autre humanité : l'humanité qui a intégré la révélation dans l'histoire.

La science moderne, avec son merveilleux apport de connaissances nouvelles d'ordre archéologique, ethnique et géographique, ne pouvait pas ne pas exercer une influence profonde sur l'étude de l'Ancien Testament. Elle a pensé pouvoir expliquer par ses découvertes, non seulement l'histoire politique d'Israël, mais aussi son histoire religieuse. Toute une école de critiques s'est constituée, dont le propos est de situer « la Bible elle-même » sur le plan de l'histoire universelle (S.A. Cook).

A bien des égards, nous n'avons qu'à nous louer de son effort. La résurrection des anciens peuples du moyen Orient nous a appris à mieux connaître le milieu de la Bible, à mieux apprécier la valeur documentaire de l'Ancien Testament. L'étude des cultes primitifs, magiques ou naturistes, des religions sumérienne, babylonienne, assyrienne, égyptienne, égéenne, hittite et autres nous a donné une compréhension plus grande de ce que durent être les croyances pré-mosaïques des Hébreux, ainsi que de ce que la religion d'Israël avait en commun avec celles des nations voisines. Nous avons pu ainsi nous rendre mieux compte de ce qui appartenait en propre à son génie ou à la révélation. Les connaissances que l'on a acquises sur Canaan et sur le conflit qui s'y est rencontré entre la vie nomade et la vie sédentaire ont jeté beaucoup de lumière sur les moeurs d'Israël et les contrastes de son histoire qui s'expriment, d'une part dans le formalisme du temple et le luxe des rois, d'autre part dans les revendications des prophètes, les coutumes des naziréens et des récabites. Où la question se complique, c'est quand la nouvelle école critique veut nous expliquer l'origine du jéhovisme. Très impressionnée par le caractère ethnique de certains récits de l'époque patriarcale, elle estime que l'ensemble de ces récits est avant tout d'ordre explicatif (récits composés pour expliquer le nom des lieux, l'état présent du peuple, ses rapports avec ses voisins), en sorte que les personnages qu'ils mettent en scène n'ont qu'une attache très vague avec l'histoire. Il n'est pas impossible, nous dit-on, qu'Abraham ait existé... Dans ces conditions nul n'est autorisé à faire fond sur des récits racontant la vocation d'Abraham, le sacrifice d'Isaac, les promesses aux patriarches ; et quand Jéhovah se proposera à l'adoration des Israélites, il n'aura aucune qualité pour s'intituler le dieu de leurs pères.

Pour la période de Moïse, la théorie des récits explicatifs joue également un grand rôle. C'est ainsi que des épisodes comme la circoncision (Ex 4:24,26), la Pâque (Ex 12), la constitution des anciens (Ex 18) et peut-être le buisson ardent (Ex 3:1,6), les plaies d'Egypte (Ex 7-11 12:29,34), les promesses relatives à Canaan, l'intention de Moïse d'introduire son peuple dans une terre promise, passent de l'ordre des faits historiques dans celui des explications populaires ou sacerdotales destinées à légitimer des institutions postérieures ou des phénomènes observés dans la nature. D'autres épisodes, comme celui de Moïse sauvé des eaux, relèvent du folklore. 11 ne s'ensuit pas nécessairement que Moïse soit un être fictif, mais nous n'avons guère que sa légende. En tout cas, si les tribus israélites arrivèrent à se fixer en Canaan, ce n'est pas parce que Canaan était la terre que Jéhovah lui avait promise, mais simplement en vertu de la loi qui pousse les nomades à s'emparer des terres fécondes et cultivées. Israël arrive en Canaan comme avaient fait avant lui les Édomites et comme feront après lui les Araméens (cf. Ad. Lods, Israël, t. I, p. 205).

Une fois que le cadre historique donné par la Bible aux origines du jéhovisme a été ainsi supprimé, il reste un problème capital à résoudre : comment le Jéhovah des prophètes est-il entré dans la vie des Hébreux ? Car on ne saurait nier que, du temps de Débora, dont le cantique marque une date (Jug 5), Jéhovah est le Dieu d'Israël, l'élohim puissant qui conduit les guerres de son peuple et qui brise quiconque s'oppose aux destinées glorieuses de ses adorateurs. « Jéhovah et Israël sont indissolublement unis comme âme et corps » (Wellhausen). D'où vient Jéhovah ? Après Tiele et Stade, Budde en 1900, Valeton dans le Manuel de Chantepie de la Saussaye (traduction franc. 1904), plusieurs champions de la critique moderne ont proposé de voir dans Jéhovah le dieu des Kéniens nomades qui habitaient la presqu'île du Sinaï et avec qui Moïse s'allia par mariage.

Au dire de la tradition, Moïse séjourne parmi les tribus madianites avant d'entreprendre son oeuvre libératrice. Il devient le gendre d'un « prêtre de Madian », Hobab le Kénien, d'après J (Jug 4:11) ; ce beau-père, qui d'après une autre tradition (E) s'appelle Jéthro (Ex 3:1), vient visiter Moïse après la sortie d'Egypte et offrir à Jéhovah un sacrifice suivi d'un repas auquel prennent part Moïse, Aaron et les notables du peuple (Ex 18). Puis il conseille à Moïse de se faire aider dans sa tâche en mettant des anciens à la tête du peuple (Ex 18:14,26). Après quoi, Hobab (J), sur les instances de son gendre, accepte de prendre la tête de la colonne et de diriger la marche des tribus fugitives à travers le désert qu'il connaît bien (No 10:29,33). De ce fait, la tribu kénienne de Hobab accompagne Israël et partage son destin lors de la prise de Canaan (Jug 1:16,4:11-17 5:24,27) Les Hébreux gardèrent aux Kéniens une reconnaissance qui se manifesta lorsque Saül détruisit les Amalécites (1Sa 15:5 et suivant). S'il faut en croire le texte, très postérieur et du reste altéré : 1Ch 2:55, la famille de Récab, à laquelle appartenait le fameux Jonadab qui s'associa à l'équipée sanglante de Jéhu (2Ro 10:15, cf. Jer 35), était de la tribu des Kéniens. Voilà tout ce que nous savons sur une peuplade à qui tout à coup se trouve attribué un rôle de premier plan dans l'histoire de la religion biblique.

On peut s'étonner d'abord de voir les textes de JE relatifs aux Kéniens investis d'une valeur documentaire refusée à l'ensemble des témoignages qui, dans les mêmes sources, nous rapportent les traditions sur Moïse ; traditions que le reste de la Bible confirme, tandis qu'il n'est nulle part question, dans les prophètes ni ailleurs, d'une origine kénienne du jéhovisme. Ce jéhovisme kénien n'est du reste pas non plus dans les textes qui nous parlent des Kéniens. On l'infère du fait que Jéhovah aurait été le dieu du Sinaï, le dieu de la montagne près de laquelle, comme d'autres tribus, les Kéniens faisaient paître leurs troupeaux. Que Jéhovah se soit manifesté sur le mont Sinaï, c'est certain ; mais il ne faut pas oublier que les traditions, unanimes pour situer cette théophanie au Sinaï, sont unanimes aussi pour déclarer que Jéhovah n'était autre que l'Elohim des pères, le Dieu d'Abraham. Or, Dieu était apparu à Abraham dans la plaine de la Mésopotamie. Quant au sacrifice que Jéthro est censé avoir offert à Jéhovah, le texte hébreu dit simplement « il prit » et non « il offrit » ; peut-être devons-nous considérer que Jéthro se contenta de s'associer à un sacrifice. Que prouverait, d'ailleurs, relativement à sa religion personnelle, le fait qu'étant venu au bruit des merveilles accomplies par le dieu d'Israël, Jéthro ait offert en reconnaissance un sacrifice à ce dieu bienfaiteur, le dieu de la famille de son gendre ? Des actes de déférence de cet ordre ne sont-ils pas dans l'usage courant des religions de l'époque ? L'exclusivisme du dieu jaloux, tel que l'ont compris Moïse et les prophètes, n'avait aucune prise sur les adorateurs des Baals et autres dieux naturistes. Constatons encore que, dans le récit où il est question du sacrifice, il est dit explicitement que Jéthro était venu pour voir ce que Jéhovah avait fait en faveur de Moïse et d'Israël son peuple. Pour Jéthro, dans le texte, Jéhovah est le dieu d'Israël, et nullement celui des Kéniens. Et cette vérité nous paraît ressortir avec évidence du fait que, lorsque Moïse presse son beau-père de lui servir de guide à travers le désert, il emploie comme argument le fait que Hobab deviendra ainsi le bénéficiaire des faveurs que Jéhovah accordera à son peuple, conformément à ses promesses. Si Jéhovah avait été le dieu de Hobab avant d'être celui de Moïse, si c'étaient les Kéniens qui avaient procuré Jéhovah à Israël, Moïse parlerait-il ainsi à son beau-père ? Dans la pensée de Hobab comme dans celle des gens de son époque, la vérité n'eût-elle pas été, au contraire, que plus il s'éloignerait du Sinaï, séjour de son dieu ancestral, et plus s'affaiblirait la protection de ce dieu ?

Enfin, si le trait de génie de Moïse a consisté à choisir pour Israël le dieu de son beau-père, reste à expliquer comment Israël s'est laissé faire. La loi du point d'appui joue en histoire comme en mécanique. Pour manier le levier qui devait lui permettre d'élever Israël à une religion plus haute, il fallait à Moïse le point d'appui d'une tradition ; avec les Kéniens, il n'y en avait aucune. L'histoire ne fournit pas d'exemple de peuple ayant de plein gré abandonné sa religion pour adopter une religion étrangère. Les partisans de l'origine kénienne de Jéhovah ont bien senti la force de cet argument ; aussi suggèrent-ils l'idée que Jéhovah pouvait être déjà, outre le dieu des Kéniens, celui de quelques tribus hébraïques. Mais ici, tout indice manque. Et ce n'est pas le fait qu'on peut retrouver dans des documents cunéiformes prémosaïques des noms renfermant au commencement ou à la fin la syllabe ya qui nous apportera la lumière ; car le verbe d'où le nom Jéhovah dérive peut être entré dans la composition d'une foule de vocables qui n'ont rien à faire avec la divinité des Hébreux. Ne nous assure-t-on pas aujourd'hui dans certains milieux d'assyriologues que ya, à la fin des noms, est une désinence d'origine mitannite ? Aussi ne sommes-nous pas surpris de lire, dans l'Histoire de la Civilisation d'Israël d'Alf. Bertholet : « L'hypothèse des Kénites, très souvent invoquée, ne me paraît admissible qu'en reconnaissant que Yahvé fut aussi le dieu des Kénites ; mais qu'il ait été à l'origine le dieu des Kénites seuls, soulève à mon avis de fortes objections » (p. 154, n. 3).

A la question : Quelle est l'origine de Jéhovah, le Dieu d'Israël ? la seule réponse appuyée par des textes demeure celle des historiens et des prophètes de l'Ancien Testament : Jéhovah est l'élohim d'Abraham, le Dieu des ancêtres d'Israël, qui s'est révélé à Moïse sous son nom : « Je suis » (Ex 3:14 et suivant), nom par lequel l'élohim d'Abraham donne à entendre que ce qui le distingue des autres élohim, c'est le fait qu'il existe. De là l'expression d'un vieux texte de Josué : « Jéhovah, le Dieu vivant, est au milieu de vous » (3:10), et l'exclamation de Gédéon : « Jéhovah est vivant ! » (Jug 8:19) formule qui se trouve vingt fois dans l'A.T. De là aussi l'expression : « Je suis vivant ! » (No 14:28), expression par laquelle Jéhovah en appelle au trait le plus distinctif et le plus décisif de sa nature ; de là enfin la déclaration explicite de Jérémie : « C'est Jéhovah qui est le vrai Elohim, le Dieu vivant, le Roi éternel » (Jer 10:10). Voir Yahvé.

Les circonstances de cette révélation du Sinaï ne peuvent être expliquées par le cours naturel de l'histoire, mais elles se justifient au point de vue historique et psychologique par le fait qu'en donnant à Jéhovah le double caractère de Dieu des pères et de Dieu vivant, elles fournissent la seule explication qui sauve la légalité du contrat sinaïtique et la moralité de la condamnation d'Israël prononcée au nom du Dieu offensé par les prophètes du VIII e siècle. Voir Exclusivisme.

(b) LES TYPES RELIGIEUX EN ISRAËL. Faut-il conclure de tout cela qu'à partir du premier des prophètes, Moïse, les Hébreux ont été une nation monothéiste ? Evidemment non. Aussi bien est-ce une façon simpliste de traiter l'histoire que de parler d'Israël en bloc et de dire : Israël était ceci ou était cela. Israël, comme toute société humaine, comme les Juifs du temps de Jésus, comme les chrétiens de notre temps, était constitué de groupes religieux aux types divers, types qu'il faut connaître si l'on veut se faire une idée exacte des circonstances dans lesquelles les prophètes du VIII e siècle ont été appelés à entreprendre leur croisade jéhoviste.

La masse d'Israël n'a su voir dans le Jéhovah du Sinaï que le protecteur de son exode et de la confédération de ses tribus. Elle a continué à le servir par les pratiques communes à tous les peuples qui l'entouraient. Jéhovah est pour elle un élohim de montagnes (c'était sur les montagnes que, d'après la cosmogonie antique, reposait la voûte du ciel) et, pour elle comme chez la plupart des Sémites occidentaux, (cf. De 12:2,3) les hauts-lieux sont les points de rencontre entre les adorateurs et le dieu qui dispose des phénomènes naturels pour détruire ou pour bénir : le tremblement de terre, les flammes dévorantes, les tonnerres, les ténèbres, la tempête (Ex 20, Jug 5 etc.). Par une alliance indissoluble et qui remonte à une antiquité immémoriale (Ge 15:18), Jéhovah est devenu le protecteur du peuple, celui qui mène ses batailles et qui disperse ses ennemis (Ex 15). Son arche est le palladium de la victoire (No 10:33). Pour collaborer à sa force, il faut affamer les autres élohim en les privant de sacrifices et, pour cela, détruire sans pitié leurs adorateurs : d'où le khérem, ou extermination par l'interdit. Son culte, comme celui des élohim voisins, sera champêtre et naturiste : autels, sacrifices, offrandes, libations, pierres plantées, éphod divinatoire, taureau d'or, achéras et bamoth (voir Colonne) ; il comportera même des sacrifices humains, qui étaient d'un usage courant chez les Cananéens, sacrifices de fondations ou sacrifices d'enfants, constatés par le Deutéronome et condamnés par lui (12:31, cf. Jug 11:31,1Ro 16:34, lire Ge 22). Les Israélites, d'une façon générale, croyaient fermement à l'existence des autres élohim, des Baals qui fécondent la terre et, plus souvent qu'on ne le croit, ils ont associé au culte de Jéhovah celui des autres nations. Salomon a élevé des sanctuaires à Moloch et à Kamos (1Ro 11:4-8). Astarté avait en Israël ses prêtres et ses courtisanes (1Ro 15:12, Am 2:7, Os 4:13,14). Sans cesser de tenir Jéhovah pour le Dieu officiel de leur peuple, la plupart des rois d'Israël ont adopté, à côté de lui, les divinités orientales dont ils recherchaient les faveurs. Puis il y avait le culte domestique, où l'ancien animisme se maintenait avec ses rites et ses théraphim. Les institutions de Moïse et les châtiments de Jéhovah ne parvinrent pas à purger l'ensemble d'Israël de toute cette idolâtrie. Il suffit pour s'en rendre compte de voir ce que comportèrent la réforme d'Ézéchias et celle de Josias, tout à la fin de l'histoire du royaume de Juda (2Ro 23). Même parmi les Israélites qui pratiquaient fidèlement la monolâtrie et ne servaient que Jéhovah seul, la notion du Dieu national était au point de vue moral bien rudimentaire et dénuée de toute spiritualité. Ils croyaient, certes, que Jéhovah était le plus puissant des dieux, mais sa sainteté ne leur apparaissait guère que sous l'angle de la terreur, car le pouvoir de Jéhovah était tout environné de mystère. La présence de l'arche, qu'ils considéraient comme la demeure de Jéhovah, les remplissait d'effroi (1Sa 6:20). Envisagé sous l'angle national, Jéhovah est un Dieu qui protège per fas et nefas, sans trop se soucier de la morale. Leurs historiens trouvent naturel que la faveur de Jéhovah soit accordée aux patriarches, même menteurs (Ge 12:10-20 20:1,18), et qu'il ait incité les Israélites à voler leurs voisins en Egypte au moment de l'exode (Ex 3:21-22). Pour eux, tout est dû et tout est permis au peuple élu. Tout est dû et tout est permis aussi à Jéhovah, qui n'a de compte à rendre à personne. Il punit les enfants pour les fautes des pères (No 16:32,2Sa 12:13 et suivant), frappe le peuple pour la transgression de son roi (2Sa 24). Comme les autres élohim, que les sacrifices restaurent, Jéhovah est favorablement impressionné et subitement apaisé par l'odeur des holocaustes (Ge 8:20 et suivant). Il a des sympathies et il met en disgrâce, sans que l'homme puisse reconnaître à ses manières d'être un motif moral. Il agit selon son bon plaisir (Ex 33:19) et les hommes n'ont pas d'autre jugement à porter sur ses actes que les compagnons de Jonas lorsqu'ils jetèrent celui-ci à la mer : « Ne nous charge pas du sang innocent, car toi, Jéhovah, tu fais ce que tu veux ! » (Jon 1:14). Ceux-ci avaient l'impression de commettre une mauvaise action pour gagner la faveur de Jéhovah. Tel annaliste hébreu n'hésite pas à aller plus loin et à attribuer à Jéhovah des actes moralement répréhensibles : une initiative où, plus tard, on reconnaîtra l'esprit de Satan, est attribuée à Jéhovah. (cf. 2Sa 24:1,1Ch 21:1) Quand Jéhovah veut perdre quelqu'un, il l'incite au péché (Jug 9:23, Ex 10:20 11:9,1Sa 2:25,1Ro 12:15,2Ro 24:19-20). Il dispose de l'esprit du mensonge comme de l'esprit de vérité (1Ro 22:19-23). « Avec les purs, dit David dans 2Sa 22:27, tu te montres pur, mais avec les fourbes, tu te montres fourbe » (trad. litt.). Cette notion du divin pédagogue auquel est attribué tout le mal et tout le bien qui se produisent dans le cours de l'éducation d'Israël ne manque pas de grandeur, mais elle est ruineuse pour la moralité. Associée au patriotisme du monolâtre farouche, elle lui représente que tout ce qui vit existe pour Jéhovah, et que la gloire de Jéhovah et la destinée d'Israël sont liées pour toujours ; en sorte qu'aucune catastrophe, ni politique ni morale, ne pourra entraîner la ruine d'Israël. Telle était la doctrine de l'ensemble du sacerdoce. L'arbitraire divin n'était pas rassurant pour l'Israélite ; il lui rappelait trop l'humeur ombrageuse des monarques ; aussi ne devait-il rien négliger pour connaître par des oracles les célestes décrets, pour s'assurer par des présents la faveur divine et pour effacer par des actes expiatoires l'impression fâcheuse que tel ou tel manquement, même involontaire, pouvait avoir faite sur Jéhovah. De là l'influence grandissante du clergé, intermédiaire entre Dieu et l'homme, de là le développement incessant des rites du temple et du cérémonial des sacrifices. D'autre part, cette notion du dieu national qui n'a pas de comptes à rendre à la morale et qui a lié sa grandeur à la prospérité de son peuple, faisait aussi la fortune des faux prophètes, toujours prêts à affirmer à la cour des rois que Jéhovah donnerait son appui aux desseins du monarque, assurerait la victoire de ses armes et tirerait bientôt vengeance des ennemis d'Israël en les vouant aux pires catastrophes. Entretenus dans leur orgueil et leurs illusions par leurs prêtres et leurs prophètes courtisans, ces monolâtres jéhovistes avaient, eux, des prétentions religieuses, des ambitions politiques ; ils se savaient, se voulaient le peuple de Jéhovah ; grisés par leur histoire, ils se considéraient comme les clients du plus puissant patron divin. Impatientés par la lenteur que mettait Jéhovah à confondre les nations hostiles, ils donnaient au jour qui devait exaucer leurs rancunes nationales et consommer leur félicité le nom caractéristique de « jour de Jéhovah » (voir Jour de l'Éternel).

A côté de ces monolâtres, jéhovistes de seconde zone, et en opposition avec eux, nous trouvons dès l'origine les hommes de Dieu, ceux qui sont en Israël comme le levain dans la pâte et qui peu à peu l'acheminent vers la théologie morale et spirituelle des grands siècles du prophétisme. Ceux-ci représentent, dès Moïse, le monothéisme. Jéhovah est le Dieu qui existe (Ex 3:14). Les autres, de ce chef, ne sauraient lui être associés (De 5:7) ; point de place non plus dans le culte pour les images taillées (De 5:8 ; cf. les passages relatifs au « péché de Jéroboam », 1Ro 12:25,33 15:34 16:2,2Ro 3:3, etc.), car Jéhovah est invisible (Ex 33:18,23) et ne se manifeste que dans sa personnalité morale. Il s'affirme en proclamant le bien (De 5:16,21). Si Israël veut entrer dans l'alliance de Jéhovah, il faut qu'il engage sa conscience par un contrat, une berîth. S'il observe la thora (De 5:6,21 6:1,9), il vivra et prospérera sans avoir à craindre personne, car Jéhovah est le Dieu vivant. Mais, s'il transgresse la thora, s'il fait le mal, il souffrira et il mourra. A aucun moment et sous aucun prétexte, la désobéissance et la prospérité ne peuvent marcher ensemble. Cette doctrine que l'on trouve explicitement enseignée dans la partie du Deutéronome où sont commentés les derniers discours de Moïse (cf. surtout De 30:15-20) se retrouve en général dans les plus vieilles traditions du temps mosaïque, lorsque Moïse se débat contre Jéhovah qui veut détruire son peuple infidèle. L'homme qui incarne avec le plus de relief l'austérité du jéhovisme intégral pour qui tout est secondaire et périssable sauf l'honneur de Jéhovah, c'est le prophète Élie. Son apparence, son verbe, son action sont autant de protestations contre les accommodements auxquels conduit la prospérité matérielle, autant de revendications passionnées des exigences morales de Jéhovah. Le patriote, chez lui, s'efface devant le jéhoviste. Qu'importe qu'Achab ait sauvé Israël des mains des Moabites et des Araméens ? Il a violé la morale jéhoviste, il doit périr (1Ro 21) ; et, s'il le faut, Israël tout entier périra par la famine s'il reste attaché aux Baals (1Ro 17:1-7). Les considérations politiques, les traditions cultuelles, le salut national ne comptent pour rien. Le tout est de savoir si l'on est pour Baal ou pour Jéhovah. Dans sa lutte contre l'idolâtrie et contre le jéhovisme corrompu dont la monolâtrie se défend mal de l'immoralisme baaliste, Élie se dresse comme le champion du Dieu unique dont la justice ne fléchit nulle part ni devant personne. « Le monothéisme universaliste a commencé là » (A. Causse, Les Prophètes..., p. 62). Quand Amos traitera de malédiction le luxe et l'incrédulité des grands, quand il défendra le droit des petits, il bâtira sur les fondements posés par Élie. Quand Osée présentera le désert comme le lieu le plus favorable à la communion entre Jéhovah et son peuple (Os 2:14), il parlera dans l'esprit d'Élie et dans l'esprit du groupe des fervents qui, depuis le temps de Moïse, n'ont cessé de considérer que la vie pastorale, avec ses moeurs simples, ses habitudes frugales et son appel constant aux directions et à la protection de Jéhovah, est la vie qui répond le mieux à ce que Jéhovah demandait à son peuple par la thora du Sinaï. Dans cette horreur de la civilisation et de ses entraînements, il y a déjà des éléments du culte spirituel, dont le rustique autel de pierres brutes, sur lequel on ne devait pas porter le ciseau de peur de le profaner (Ex 20:4), fait remonter l'origine aux temps mosaïques, et que les prophètes des VIII e, VIII° et VI° siècle ne feront, après Samuel et Élie, que développer et caractériser. Il faut mentionner ici, au point de, vue de la spiritualité, la page admirable où nous est contée la rencontre d'Elisée avec le général syrien Naaman. Son historicité nous est garantie par la notion de l'élohim géographique que l'on y retrouve (2Ro 5:17). Naaman, gagné à Jéhovah, pose devant Elisée un cas de conscience. Lorsque le roi son maître s'appuiera sur sa main au moment de se prosterner dans le temple devant la statue de son dieu Rimmon, lui, Naaman, se verra obligé par ses fonctions de s'incliner aussi. Sera-ce un péché aux yeux de Jéhovah ? Elisée lui répond : « Va en paix ! » (2Ro 5:18 et suivant). Impossible de caractériser plus nettement la spiritualité de la religion de Jéhovah, « L'homme, disait Samuel, regarde à ce qui frappe les yeux, mais Jéhovah regarde au coeur » (1Sa 16:7). Est-il besoin, après ces exemples, de dire que, dans le milieu des prophètes jéhovistes, le nom de Jéhovah est synonyme de justice ? Toute la thora de Moïse était destinée à instaurer cette justice parmi les hommes et à fixer les rapports de Jéhovah avec son peuple en prenant pour base le respect ou la violation de cette justice par ses adorateurs. Une page recueillie par le narrateur J prouve qu'au IX e siècle cette notion de justice est bien celle qui réglait la piété de l'élite en Israël : la page qui présente Abraham priant en faveur de Sodome. C'est un rappel aux principes de justice qu'Abraham ose risquer en s'adressant à Jéhovah : « Faire mourir le juste avec le méchant, en sorte qu'il en soit du juste comme du méchant ? Loin de toi cette manière d'agir, loin de toi ! Celui qui juge toute la terre n'exercerait-il pas la justice ? » (Ge 18:25). Il n'y a pas jusqu'à cette expression : « celui qui juge toute la terre » qui ne doive nous retenir. Elle prouve qu'au IX e siècle c'était bien dans le sens du monothéisme que les jéhovistes authentiques tranchaient la question de l'autorité de leur Dieu. Ils trouvaient naturel que le Dieu qui avait créé l'homme (Ge 2) exerçât ses jugements sur toute la terre, qu'il eût accompagne le patriarche Abraham sur le territoire d'autres dieux sans faire de ceux-ci aucun cas (Ge 12), accompagné Moïse en Egypte et triomphé des magiciens du pharaon (Ex 7 à 9), renversé chez les Philistins la statue du dieu Dagon de son piédestal (1Sa 5:3,5). C'est en vertu de ce même monothéisme que nous voyons, dans 1Ro 17:10,16, Jéhovah nourrir Élie dans la région de Sarepta, sur terre sidonienne, et, dans 2Ro 8:7 et suivants, le Dieu d'Israël mener les affaires dans le palais de Damas.

Nous croyons en avoir assez dit pour montrer que les notions de monothéisme, de moralité, de spiritualité et même d'universalisme existaient, tout au moins dans leurs éléments, avant le VIII e siècle, et que les prophètes Amos, Osée, Ésaïe, Michée, tout en faisant progresser la théologie jéhoviste que leurs successeurs devaient développer encore, ont pu faire allusion à ces notions fondamentales comme à des vérités déjà connues au sein de leur peuple. S'ils ont fait oeuvre de réformateurs religieux au sein de la nation élue, c'est précisément parce que leur accusation a trouvé dans les traditions d'Israël un point d'appui incontesté.

Il faut reconnaître cependant que, dans le milieu de fervents auquel ils appartenaient, la théologie présentait des lacunes graves. --1) Dans le jéhovisme primitif, la religion était toute tournée vers la collectivité. L'individu ne comptait que comme moyen d'assurer la faveur de Jéhovah à sa race. La loi du Sinaï ne disait pas : « Écoute, Israélite », mais : « Écoute, Israël ». Elle s'adressait au peuple en tant que peuple ; ainsi le service de Dieu se confondait avec un patriotisme bien entendu. Élie a vu le danger, mais son successeur Elisée n'a pas su maintenir l'action prophétique au-dessus de la confusion qui mêle à la religion la politique. Cette conception nationale du jéhovisme pouvait être au début de grande utilité pédagogique (cf. Westphal, Jéhovah, 4 e éd., pp. 198-203) ; mais, à durer, elle n'aurait pu qu'entraver le développement de la spiritualité naissante. --2) Le jéhovisme primitif n'avait aucune idée qu'une puissance mauvaise, une volonté infernale était agissante dans le monde et y contrecarrait les desseins de Dieu. Comme, d'autre part, les jéhovistes authentiques se refusaient à admettre qu'il y eût la moindre injustice en Dieu, ils en étaient réduits, devant le déploiement du mal, à une solution intermédiaire qui les troublait : le mal a pour cause, soit un être créé par Dieu et placé par lui dans l'entourage de l'homme, mais dont Dieu a réprouvé l'acte (le serpent, dans le récit de la Chute rapporté par J au IX e siècle), soit un fils de Dieu vivant dans l'entourage de Dieu, fils sceptique, accusateur, qui tend un piège au croyant intègre dans l'intention de le faire pécher. Dieu récompense finalement le croyant fidèle, mais il a permis ses injustes malheurs... (cadre en prose du livre de Job : Job 1 et Job 2, et Job 42:7,17 ; récit antérieur au poème philosophique en vers, Job 3-42:6, lequel est placé par les critiques, soit au VIII° siècle, soit après les temps de Jérémie et d'Ézéchiel). Cette notion ne pouvait qu'énerver le sentiment de la responsabilité individuelle. --3) Le jéhovisme primitif ignorait enfin la vie future et les rétributions de l'au-delà. Force lui était donc d'attribuer à la vie terrestre les récompenses des bons et les punitions des méchants (Ps 1). Mais cette notion simpliste ne le satisfaisait pas non plus, démentie qu'elle est chaque jour par les événements. Le croyant jéhoviste se débattait ainsi à cause de la souffrance des innocents dans des contradictions dont le poème de Job nous fait une description pathétique (cf. 3, 9:21 - 24) et dont Jérémie nous apporte encore un écho poignant lorsque, exaspéré par les persécutions dont il est victime, il accuse Jéhovah de l'avoir « séduit » (Jer 20:7 ; même verbe que dans Ge 3:13)...

Serais-tu pour moi comme une source trompeuse, Comme une eau dont on n'est pas sûr ? (Jer 15:18)

Les difficultés que rencontrait leur pensée religieuse, quelquefois même leur conscience de croyants, comme aussi les constatations qu'ils faisaient autour d'eux relativement au relâchement moral et aux illusions politiques de la masse de leur peuple, étaient bien propres à nourrir en eux le trouble à l'égard de l'avenir d'Israël et la jalousie

pour Jéhovah dont leur âme était pleine. Avec leur austérité de moeurs, leurs indignations sociales et leur sainte inquiétude, ceux-là constituaient le milieu étroit où se recrutaient les prophètes. Il faut voir en eux les ancêtres des anavîm, des ébionîm, des tsaddikîm, ces piétistes d'Israël par qui les oracles s'accompliront et qui exhaleront les aspirations de leur foi dans les Psaumes (cf. Westphal, Jéhovah, 4 e éd., pp. 440-446). C'est au sein de tout ce mouvement d'idées qui tantôt s'opposaient et tantôt s'enchevêtraient, que s'exerça le ministère des prophètes écrivains. Les divers types religieux que nous avons caractérisés nous permettent de mieux comprendre les difficultés que ces prophètes devaient rencontrer et les oppositions qu'ils allaient soulever. Nous serons mieux à même aussi de nous expliquer l'influence qu'ils eurent sur le groupe des jéhovistes fervents et d'apprécier comment, instruits par les circonstances, par leur génie et par l'inspiration divine, ils surent élever progressivement, non point le peuple d'Israël, (cf. Mt 5:12 13:57 23:37 etc.) mais son élite : les 7.000 qui n'avaient pas fléchi le genou devant Baal (1Ro 19:18), les fragments arrachés « à la gueule du lion » (Am 3:12), le « reste » destiné au salut (Esa 10:22 11:11, etc., cf. Jer 6:9 50:20, etc.), à une religion morale et spirituelle, capable d'accueillir le Messie et d'offrir un berceau au christianisme naissant.

4.

LA MARÉE DE L'ESPRIT.

A partir du VIII° siècle, l' ich harouakh, l'homme de l'Esprit, occupe dans l'histoire d'Israël le devant de la scène. C'est par lui que nous connaissons le mieux l'histoire du temps ou, pour mieux dire, le double drame qui mit fin aux destinées politiques du peuple élu. Pendant ce drame, qui dura un peu moins de deux siècles, neuf prophètes dont les écrits ont été conservés nous racontent comment, sous la contrainte divine, ils ont, dans la hardiesse de leur verbe, annoncé au peuple de Dieu la ruine des espérances temporelles et les principes au nom desquels il allait être châtié. Si nous parlons ici de marée, c'est que les révélations des principaux parmi ces hommes de l'Esprit se sont succédé dans une progression constante, faisant monter, monter toujours le niveau spirituel du groupe de croyants jusqu'au moment où il atteint, avec le 2 e Ésaïe, la hauteur des vérités morales et religieuses où devait baigner l'Évangile. On trouvera ailleurs, dans des articles à leurs noms, la biographie de ces prophètes et l'étude critique de leurs livres. Nous ne voulons caractériser ici que l'originalité de leur prédication et montrer l'enchaînement progressif qui les relie les uns aux autres.

Amos. Le premier de la pléiade, Amos, homme de la campagne, pris par Jéhovah « derrière le troupeau », déblaie le terrain. Il fait oeuvre de justicier. Par son attitude, il rappelle Élie et annonce Jean-Baptiste. C'est un réformateur qui tient du révolutionnaire.

Malheur à ceux qui souhaitent

Le « jour de Jéhovah » !

Qu'attendez-vous du jour de Jéhovah ?

Il sera ténèbres et non lumière.

Vous serez comme un homme

Qui fuit devant le lion

Et qui rencontre un ours,

Qui gagne sa demeure,

Appuie la main sur la muraille

Et que mord un serpent ! (Am 5:18)

Pourquoi ? Parce qu'Israël, en tant que peuple, a trompé l'attente de Jéhovah et que les jugements de Jéhovah vont l'atteindre. Israël, que les victoires de Jéroboam II avaient élevé au plus haut point de la puissance mondaine, a renversé les fondements de la justice. Or Dieu est justice. Il avait librement élu Israël et ne doit pas plus à Israël qu'aux autres peuples dont il dirige aussi les destinées :

N'êtes-vous pas pour moi Comme les enfants des Ethiopiens ? N'ai-je pas tiré Israël d'Egypte, Comme les Philistins de Caphtor, Et les Syriens de Kir ? (Am 9:7)

S'il est résolu à châtier les crimes des voisins d'Israël, les Syriens (Am 1:3,5), les Philistins (Am 1:6,8), Tyr (Am 1:9-10), et de ses parents : Édom (Am 1:11-12), Ammon (Am 1:13,15), Moab (Am 2:1-3), et cela pour des crimes de lèse-humanité, à plus forte raison tirera-t-il vengeance du peuple auquel il avait accordé sa faveur et ses lumières. Le peuple de Dieu, par sa vie immorale, a commis un crime de lèse-divinité :

Vous seuls je vous ai choisis

Parmi toutes les races de la terre ;

C'est pour cela que je vous châtierai ! (Am 3:2)

Quels sont donc les péchés d'Israël ? D'abord un matérialisme jouisseur, une mondanité effrénée :

Étendus sur des lits d'ivoire,

Vautrés sur leurs divans,

Ils mangent les agneaux du troupeau,

Les veaux gras de l'étable !

Chantonnant au son du nebel..

Ils boivent le vin aux lèvres des amphores,

Se parfument d'huiles de choix,

Insouciants de la plaie de Joseph !

C'est pourquoi ils iront en tête des captifs,

Alors la clameur de leurs orgies cessera ! (Am 6:4-7)

Ensuite une iniquité criante à l'égard du juste, du pauvre, des humbles qui vivent dans la piété jéhoviste :

Ils vendent le tsaddîk pour de l'argent,

L'ébion pour une paire de sandales,

Volent le droit des anavîm

Le fils et le père courent

Vers la même prostituée...

Ils dorment à côté des autels

Sur des vêtements pris à gage (Am 2:6-8).

Ecoutez-moi, mangeurs de pauvres,

Grugeurs des faibles du pays !

Quand [dites-vous] aura fini la nouvelle lune

Pour que nous reprenions les affaires sur le blé ?

Quand sera passé le sabbat

Pour que nous ouvrions nos magasins

Où nous ferons l'épha aussi petit

Et le sicle aussi grand que possible ?

Grâce à nos fausses balances,

Nous achèterons les pauvres...

Et nous arriverons à vendre

Jusqu'à la criblure de notre blé (Am 8:4).

Enfin, l'impudence de croire qu'on peut avec des cultes, des sacrifices, des offrandes et des litanies s'assurer l'indulgence plénière du Dieu juste :

Allez à Béthel, ce sera un péché de plus,

A Guilgal, un péché de plus encore !

Offrez chaque matin un sacrifice,

Tous les trois jours, venez payer vos dîmes...

Faites sonner bien haut vos dons volontaires ;

C'est là ce que vous aimez, enfants d'Israël !

Et moi..., je hais, j'ai en dégoût vos fêtes,

Je ne puis souffrir vos panégyres.

Quand vous m'immolez des holocaustes,

Je ne prends pas plaisir à vos offrandes ;

Je ne regarde pas vos boeufs gras.

Epargnez-moi le bruit de vos cantiques ! (Am 4:4 5:21,23)

Ainsi parlait le berger de Thékoa. Et cette parole était si neuve qu'elle résonnait aux oreilles des classes dirigeantes de son époque comme autant de blasphèmes : blasphème, que de prêter à un Dieu national la volonté d'anéantir son peuple ; blasphème, pour un homme de Dieu, que de se dresser contre la maison de Dieu et de déclarer aux dévots tout occupés d'exactitude rituelle : Vos cultes, voilà votre péché ! Et pourtant, ces blasphèmes étaient en réalité les vérités les plus hautes. Ils formulaient des doctrines qui ne devaient plus désormais quitter l'horizon des réformes religieuses, morales et sociales de tous les temps : devant la justice de Jéhovah, il n'y a ni race ni frontière ; les vrais adorateurs sont ceux qui fondent la religion, non sur les pratiques d'un culte, mais sur une morale vécue. Pour avoir écrit la première page humaine en faveur des opprimés, pour avoir flagellé dans des discours enflammés l'orgueil, la vénalité, l'hypocrisie, Amos s'est placé en tête de tous les prophètes de la conscience et, parce que son livre a été écrit sept cents ans av. J. -C, il se trouve qu'Amos est dans la littérature des hommes le premier prédicateur de la justice sociale en même temps que le premier héraut des droits de Dieu.

L'unité du livre d'Amos, qui prophétise contre le royaume du Nord, est toute dans le thème divin : « Je ne révoquerai pas mon arrêt. » On ne saurait donc être surpris que la plupart des savants attribuent à une main postérieure les cinq derniers versets du chap. 9 où il est parlé d'un rétablissement de « la maison de David », rétablissement que rien, dans le livre, n'annonce ni ne justifie. Cet oracle inattendu, dont la langue n'est pas tout à fait dans la manière du prophète, n'aurait pu que briser la pointe de l'argumentation d'Amos ; et ceci d'autant plus que c'est au royaume de Jéroboam II qu'il s'en prend. Aussi bien, l'histoire montre que le décret proclamé en Israël n'a pas été révoqué, puisque les deux royaumes ont disparu sans retour et que les revenants de l'exil, « le reste » qui devait être sauvé, n'ont pu que se constituer en communauté judéenne.

OSEE.

Dans le sol déchiré par le soc dur d'Amos, Osée jette une semence qui portera sa fleur dans l'Évangile. Les prophètes d'ordinaire sont sobres sur ce qui les concerne. C'est sur Dieu, non sur eux, qu'ils attirent les regards. Quand ils parlent de leurs expériences, c'est pour qu'on tire enseignement de leur état d'âme. L'état d'âme d'Osée sera générateur de révélation.

Au moment où il entreprend son ministère, la pression de l'Assyrie est aux frontières d'Israël. Mais Israël, qui a rejeté Amos, ne comprend pas. Son éphémère prospérité l'aveugle. Éphraïmite, Osée connaît mieux que personne le crime de la maison de Jéhu. Il annonce sa ruine comme son prédécesseur. Il tonne contre la luxure, contre toutes les formes de la corruption et de l'anarchie religieuse (Os 4:11,14 6:8 7:1,7 etc.), contre la transgression de l'alliance (Os 4:6-10 6:7) ; avec la même violence qu'Amos, il annonce à tous ceux qui, sans renier Jéhovah, servent les Baals, et qui cherchent leur appui en Egypte ou en Assyrie (Os 7:8 8:10, etc.), les terribles rétributions de Jéhovah :

Je serai pour eux comme un lion ;

Comme une panthère,

Je les épierai sur la route ;

Je les attaquerai comme une ourse

A laquelle on a dérobé ses petits (Os 13:7).

Comme Amos, il s'en prend aux prêtres qui égarent le peuple :

Ils se repaissent des péchés de mon peuple,

Ils sont avides de ses iniquités ;

Il en sera du prêtre comme du peuple :

Je le châtierai selon ses voies,

Je lui rendrai selon ses oeuvres...

Ecoutez ceci, prêtres :

Par leurs sacrifices

Les infidèles s'enfoncent dans le crime,

Mais je les châtierai tous.

Avec leurs brebis et leurs boeufs,

Ils iront chercher Jéhovah,

Mais ils ne le trouveront pas.

Il s'est retiré du milieu d'eux. (Os 4:8 5:1,6, etc.).

Cependant, non content de maudire ceux qui trafiquent des autels, Osée s'en prend maintenant aux autels eux-mêmes. Amos admettait encore les autels révérés par Élie (1Ro 19:14), les bamoth jéhovistes élevés pour contrebalancer les hauts-lieux cananéens et pour introniser Jéhovah comme le vrai baal du pays, le seul dispensateur des dons de la terre. (cf. Os 2:18) Osée--c'est un progrès très grand dans le sens de la spiritualité du culte--ne veut plus rien savoir des sanctuaires locaux. Béthel, avec son veau d'or représentant Jéhovah (Os 4:5-15 6:10), Sichem (Os 6:9) et par-dessus tout Guilgal (Os 9:15 12:12) lui font horreur. Le prophète voit dans ces autels un piège pour la religion véritable, une occasion de formalisme et d'idolâtrie :

Jéhovah a rejeté ton veau, Samarie !

Un ouvrier l'a fabriqué.

Ce n'est pas un dieu ;

Il sera mis en pièces...

Puisqu'ils ont semé le vent,

Ils moissonneront la tempête (Os 8:5,7).

Comme Salman détruisit Beth-Arbel,

Aux jours de la guerre

Où la mère fut écrasée sur les enfants,

Voilà ce que vous attirera Beth-El (Os 10:14).

N'allez pas à Guilgal !

Ne montez pas à Beth-Aven (Béthel)...

Les hauts-lieux de Beth-Aven,

Où Israël a péché,

Seront détruits.

Ils diront aux montagnes : Couvrez-nous !

Et aux collines : Tombez sur nous ! (Os 4:15 10:8)

Quand Jésus voudra parler des malheurs attirés sur les Juifs par le fait que leur culte avait transformé la maison de son Père en une « caverne de voleurs », il empruntera l'image d'Osée (Lu 19:46, cf. Ap 6:16).

Après avoir prophétisé contre les deux premiers types religieux que nous avons caractérisés au sein du peuple élu, Osée a aussi une révélation pour les jéhovistes intègres qui ont tremblé aux accents d'Amos. Malheureux par un de ces amours profonds qui, s'étant donnés tout entiers, ne peuvent se donner qu'une fois, monogame ne prenant pas son parti de l'abandon de l'infidèle, Osée n'hésite pas à déclarer que Dieu l'a fait passer par cette expérience pour lui montrer, du même coup, et la nature intime du péché de la nation élue, et la raison de la fidélité que Jéhovah lui garde et lui gardera toujours malgré tout (Os 1 à 3). Jéhovah a aimé la nation élue, il est son époux. Le péché d'Israël est le plus grand qui se puisse commettre : un adultère. Ce terme, employé pour la première fois par Osée, reviendra dans les prophètes qui suivront. Jésus le reprendra aussi (Mt 12:39). Constant dans sa foi à celle qu'il aime, l'époux trahi, le père outragé des enfants d'Israël ne songe en châtiant qu'à ramener à lui l'objet de son inaltérable amour. Ainsi c'est un drame de salut qui s'agite dans l'âme hautement humaine du prophète. A peine a-t-il fait dire à Jéhovah indigné : (Os 11:5 et suivant)

Parce qu'ils ont refusé de revenir à moi

L'épée fondra sur leurs villes,

Anéantira, dévorera leurs soutiens !

qu'il met dans sa bouche : (Os 11:8 et suivant)

Que te ferai-je, Ephraïm ?

Dois-je te livrer, Israël ?

Te traiterai-je comme Adma ?

Te rendrai-je semblable à Tseboïm ?

Mon coeur s'agite au dedans de moi ;

Toutes mes compassions sont émues.

Je n'agirai pas selon mon ardente fureur ;

Je renonce à détruire Ephraïm,

Car je suis Dieu et non pas homme.

Il y a toute une révolution théologique et téléologique dans le dénouement du débat pathétique auquel Osée nous fait assister au fond du coeur même de Dieu. On a remarqué qu'Osée s'en réfère constamment à l'histoire du passé. Les ouvrages J, E et le noyau primitif de D avaient éveillé en lui le sentiment que Jéhovah est l'animateur de l'histoire d'Israël et que tout le long de cette histoire

Jéhovah a fait éclater sa bonté, déployé son amour, amour incompris, bafoué. Ses successeurs s'empareront de cette doctrine, la développeront, y trouveront le principe moral de l'histoire universelle. Sa gloire à lui, c'est, à une époque où le jéhovisme fervent s'entendait mieux à craindre Jéhovah et à haïr ses adversaires qu'à l'aimer, d'avoir proclamé que ce qui différencie la personne divine de la manière d'être de l'homme, c'est la qualité du coeur. On ne triomphe point par des ruines ; l'amour seul est constructif : « Je renonce à détruire ! » C'est dans ce passage--on le verra plus loin--que le prophétisme messianique a pris sa source.

Comme Amos faisait penser à Jean-Baptiste, Osée fait penser à saint Jean. Le premier, il a entrevu la valeur rédemptrice de la miséricorde, qui sera le thème de l'Évangile johannique et dont Jésus manifestera la vertu souveraine en se laissant clouer sur une croix.

ÉSAÏE.

Tandis que l'on bâtissait Rome, qui devait devenir dans le monde le symbole de la force fondée sur la politique humaine, un prophète naissait, qui allait dénoncer le néant de la puissance humaine et donner pour fondement à l'histoire la politique de Dieu. Prince des prophètes par l'éclat de son style et l'envergure de son inspiration, Ésaïe remplit un demi-siècle de son activité. Il assiste à la ruine de Samarie annoncée par Amos et, par son influence sur Ézéchias, retarde la ruine de Jérusalem. Par les multiples ressources de son génie, il s'apparente aux plus illustres de ses prédécesseurs : à Élie, par l'attrait qu'exerçaient sur lui les phénomènes de la nature et par son courage devant les rois (cf. Esa 2:12) ; à Amos, par ses revendications sociales (Esa 1:21,23 3:14 5:8 10:1 28:1). à Osée, par la tendresse de ses accents (Esa 5:1,4 26:1) ; et il les domine tous. « Il fut le plus grand d'une série de géants » (Renan).

Sans doute, Ésaïe reprend après d'autres la lutte contre les élohistes idolâtres (Esa 1:24,28,31)

Oui, j'aurai ma revanche sur mes adversaires ;

Je me vengerai de mes ennemis !

Ceux qui ont abandonné Jéhovah périront...

Les riches seront comme l'étoupe,

Les idoles comme l'étincelle ;

Hommes et dieux périront ensemble,

Et personne ne sera là pour éteindre...

contre le formalisme et le ritualisme des prêtres et toutes les observances cultuelles par lesquelles on s'imagine éluder la religion de la conscience : (Esa 1:11-14)

Qu'ai-je à faire

De la multitude de vos sacrifices ?

Dit Jéhovah.

Je suis rassasié des holocaustes des béliers

Et de la graisse des veaux.

Je ne prends point de plaisir

Au sang des taureaux, des brebis et des boucs...

Qui vous demande de souiller mes parvis ?

Cessez d'apporter de vaines offrandes !

Vos lunaisons et vos solennités,

Mon âme les hait,

Elles me sont à charge ;

Je suis las de les supporter.

Mais sa vocation (Esa 6) lui a révélé que le jéhoviste même le plus sincère est un pécheur, un « homme aux lèvres impures », qui ne sait pas par lui-même faire le bien et réaliser une oeuvre de justice acceptable par Jéhovah. Ce qu'il faut à tous, c'est le contact purificateur de la « pierre ardente », c'est l'absolution du séraphin : « Ton iniquité est enlevée et ton péché expié » (Esa 6:1,7).

Jéhovah, qui avait dit par Osée : « Je renonce à détruire », dit maintenant par Ésaïe : (Esa 1:18)

Quand tes péchés seraient comme le cramoisi, Ils deviendront blancs comme la neige ; Quand ils seraient rouges comme la pourpre, Ils deviendront comme la laine.

La portée des événements politiques qui mettent

Juda à deux doigts de sa perte doit faire comprendre à la nation élue qu'elle est appelée tout entière, depuis le roi jusqu'au plus humble Israélite, à s'humilier et à se repentir devant Dieu : (Esa 22:12)

Ce à quoi le Seigneur

Vous appelle en ce jour,

C'est à pleurer,

A vous frapper la poitrine,

A vous raser la tête

Et à ceindre le sac.

Car Jéhovah n'est pas seulement le juge et le père de son peuple, il est le Dieu saint, saint, saint dont la gloire remplit toute la terre. « Le Saint d'Israël », voilà le terme de prédilection qu'Ésaïe emploie pour désigner Jéhovah ; on le compte douze fois dans ses discours (Esa 1:4 5:19-24 10:20 12:6 17:7 29:19 30:11,12-15 31:1 37:23) ; voir aussi les expressions : le Saint (Esa 5:16), son Saint (Esa 10:17), le Saint de Jacob (Esa 29:23). Le mot « Saint » n'indique pas seulement ici les notions de pureté et de vie (tout ce qui a trait à la mort et aux cadavres est impur), ou ce qui touche au culte (à ses objets, à son personnel, aux actes rituels) ; il ne vise pas seulement Jéhovah en tant qu'Être suprême (sa majesté, son immatérialité, son invisibilité, son inaccessibilité) ; il va droit au domaine éthique et désigne la perfection morale comme le caractère propre du Dieu d'Israël. Ceci, du coup, met un abîme entre Dieu et l'homme, un abîme entre Jéhovah et toutes les prétendues divinités. Jéhovah est saint, c'est pour cela qu'il n'y a de place pour aucun dieu à côté de lui, pour cela que sa gloire remplit toute la terre (Esa 6:3).

Qu'il se lève pour effrayer la terre, et :

Toutes les idoles disparaîtront.

On entrera dans les fentes des rochers

Et dans les creux des pierres,

Pour éviter la terreur de Jéhovah

Et l'éclat de sa majesté (Esa 2:18,21).

Toutes ces pensées, qui font monter toujours plus haut le niveau spirituel de la prophétie, aboutissent logiquement à cette doctrine prêchée avec force par Esaïe, que Jéhovah est maître souverain de l'histoire et qu'il mène la destinée des hommes comme il lui plaît :

Ceux qui cachent leurs desseins

Et disent : « Qui nous voit ? Qui nous connaît ? »

Quelle folie !

Le potier serait-il donc tenu

Pour de l'argile ?

L'oeuvre dira-t-elle de l'ouvrier :

Il ne m'a pas faite ?

Et le vase dira-t-il du potier :

Il n'y entend rien ? (Esa 29:15)

Déjà, les annales de JE et les premiers prophètes avaient préparé le terrain en présentant Jéhovah comme le Dieu créateur qui protège ses élus sans être incommodé par les élohim qu'on lui oppose. Mais Ésaïe s'élève à un degré supérieur, il voit plus avant. Jéhovah règne sur toutes les nations et règle leurs rapports avec son peuple, comme leurs rapports entre elles, suivant les lois de sa justice souveraine. Il décide des événements, les accomplit au moment choisi par sa sagesse. Et les hommes vont, viennent, luttent sur le chemin qu'il leur a d'avance fixé. Il amène l'Assyrien, « verge de ma colère » (Esa 10:5), et le châtie ensuite de son orgueil par le Caldéen (Hab 1:6), « mon serviteur » (Jer 25:9), qui tombera à son tour sous les coups de Cyrus, « mon pasteur » (Esa 44:28), et si Juda se met en travers des vues du Tout-Puissant, lui aussi, il sera balayé comme Israël.

Ils ont méprisé la parole

Du Saint d'Israël.

C'est pourquoi la colère de Jéhovah

S'enflamme contre son peuple.

Il étend la main sur lui,

Il le frappe...

Les cadavres sont comme des balayures

Au milieu des rues (Esa 5:24).

Une seule chose importe : le triomphe du « Saint » dont la gloire « remplit toute la terre ».

Mes yeux ont vu le Roi !

dit Ésaïe en parlant de lui (Esa 6:5) ; et, comme un roi, il a un empire, le monde qu'il a seul créé, où il règne souverainement. Ce n'est pas un dieu myope ou soumis au destin comme les Olympiens, il connaît tout et il peut tout ; il est le maître de l'histoire, à laquelle il assigne marche et but ; sa vue et sa puissance sont à la mesure de l'univers et de l'éternité, car, ainsi que l'a magnifiquement exprimé Ésaïe, il prépare les choses « de loin » et dirige l'histoire « de toute éternité » (Esa 22:11 37:26). « Échappant aux voluptueux embrassements du mysticisme, aux incertitudes des audacieuses spéculations métaphysiques, aux risques même de l'expérience morale, la foi d'Israël a situé Dieu en pleine histoire, donnant à celle-ci un caractère nettement téléologique. » (P. Humbert.)

Ainsi, par Ésaïe, s'affirme dans la prédication des prophètes la doctrine que l'histoire universelle est un vaste poème de vie, de moralité et de salut, dont Dieu est le poète, et l'homme le héros. Héros tantôt voyant et tantôt aveugle, tantôt bénévole et tantôt récalcitrant, mais toujours ramené aux fins du drame par le divin metteur en scène.

On a dit que la religion d'Ésaïe était insuffisamment dégagée du sentiment patriotique et que, pour lui, Jérusalem demeurerait toujours l'intangible centre du monde. Ceci ne serait pas pour diminuer la valeur de ses oracles puisque effectivement c'est à Jérusalem que Jésus devait mourir sur la croix, vers laquelle convergent depuis les regards de toute la terre ; (cf. Jn 12:32) mais rien n'autorise à inférer des écrits d'Ésaïe qu'à la suite de la délivrance miraculeuse qu'il avait obtenue pour Jérusalem au temps d'Ézéchias, il avait enseigné que Sion ne devait jamais être prise ni ruinée. Le préjugé né de son exploit et contre lequel se heurteront Jérémie et Ézéchiel n'engage en rien sa responsabilité.

Une des faiblesses de la reconstruction de l'histoire d'Israël par la critique moderne, c'est qu'elle ne tient pas un compte suffisant de l'impression produite dans les deux royaumes par la prédication et par l'action des prophètes du VIII e siècle. Le réquisitoire d'Amos, la prédication de l'amour par Osée, la doctrine de sainteté développée par Ésaïe, et surtout son grand oracle messianique ne pouvaient pas ne pas donner à la politique religieuse et sociale des Hébreux plus qu'une secousse : une orientation nouvelle.

LES DISCIPLES D'ÉSAÏE ET LE DEUTERONOME.

Il est certain que le rôle d'Ésaïe, lors du siège de Jérusalem par Sanchérib, suppose qu'il obtint à ce moment critique une de ces unités de direction qui s'opèrent aux heures les plus fécondes de l'histoire et que nous appelons l'union sacrée. C'est non seulement la cour et ses conseillers, mais aussi le temple et son clergé qui durent lui prêter appui, se surpassant ainsi au point de vue spirituel. Que les dirigeants du sacerdoce acceptèrent alors de prendre une attitude qui faisait d'eux les collaborateurs du milieu des prophètes jéhovistes, c'est ce qui ressort de la réforme religieuse opérée par Ézéchias, réforme dont l'acte principal fut la suppression du nehustan, le serpent d'airain (voir art.) que les Israélites pieux révéraient comme l'antique symbole de la guérison par la foi et qui était la principale attraction du temple où l'on avait pris l'habitude de l'encenser comme une idole (2Ro 18:4).

En ce temps-là, le Dies iroe d'Amos et d'Osée, confirmé par les ruines fumantes de Samarie, avait impressionné profondément tous les coeurs qui avaient quelque, souci de l'avenir de Juda. Une page insérée dans le livre d'Ésaïe peut nous donner une idée de la consternation générale :

La malédiction dévore le pays,

Ses habitants expient leur crime...

La joie des tambourins a cessé,

La gaieté bruyante a pris fin...

On ne boit plus de vin en chantant...

L'allégresse est bannie du pays ! (Esa 24:6,9,11)

Que faire pour arrêter le glissement fatal qui mène toute la nation élue à sa ruine ? Par quelles mesures arrêter le jugement en marche ? La levée du siège de Jérusalem apparaît comme un délai de grâce au cours duquel s'agitent et se consultent tous ceux qui veulent relever la religion de Jéhovah.

Un morceau de caractère intime et de style obscur qui coupe en deux la sourate d'Emmanuel nous révèle que l'effervescence était grande dans l'entourage d'Ésaïe et qu'un travail de redressement se préparait autour de lui, plus ou moins en secret, loin de la masse du peuple qui manquait de vision religieuse et redoutait tout acte de foi jéhovique comme un danger pour la patrie.

Ainsi m'a parlé Jéhovah,

Quand sa main me saisit,

Et qu'il m'avertît de ne pas marcher

Dans la voie de ce peuple :

N'appelez pas conjuration

Tout ce qu'il appelle conjuration !

Ne craignez pas ce qu'il craint.

Car c'est Jéhovah Tsebaoth

Que vous devez sanctifier,

Lui que vous devez craindre et redouter.

Alors, il sera un sanctuaire...

Lie le témoignage,

Scelle la thora

Dans mes disciples !

A la loi et au témoignage !

Si l'on ne parle pas ainsi,

Il n'y aura point d'aurore pour le peuple !

(Esa 8:11-14,16,20)

L'interprétation courante qui rattache « lie le témoignage » et « scelle la thora » au tableau dont il est question dans Esa 8:1 réduit singulièrement la portée de tout ce passage d'Ésaïe et lui ôte son mordant spirituel. Qu'on entende par « lier et sceller » le devoir d'imprimer fortement le témoignage (c-à-d, le Décalogue ; voir Esa 8:20, cf. Ex 25:21) et la thora (c-à-d, l'enseignement jéhoviste ; cf. Esa 1:10) dans le coeur des disciples d'Ésaïe que Jéhovah appelle ses propres disciples, --ou qu'on traduise « lie » par : mets ensemble tout ce qui concerne le témoignage, et « scelle » par : mets le sceau à la thora (c-à-d. : donne-lui son couronnement ; cf. Eze 28:12) avec le concours de mes disciples, --dans un cas comme dans l'autre, le texte ramène à l'entourage d'Ésaïe, par lequel le prophète voulait provoquer un redressement religieux en Israël. « Comme le Deutéronome, les écrits d'Ésaïe semblent être le résultat d'un désir irrésistible de faire pénétrer dans Israël un nouvel idéal » (Siebens). L'idéal d'un culte spirituel d'où les images, les figures plaquées de métal et toutes les pratiques apparentées aux rites idolâtres auront disparu (Esa 30:22) ne pouvait que travailler l'ambition du milieu prophétique qui venait de se montrer assez fort pour obtenir la destruction du serpent d'airain, et que ses succès poussaient à de nouvelles réformes.

Amos a ébranlé l'autorité des hauts-lieux ; Osée les a condamnés ; Ésaïe proclame en Jéhovah le Dieu saint et en Jérusalem le sanctuaire de sa gloire, le lieu de sa résidence : (Esa 4:3 8:18 28:16 31:4,5,9) nous avons ici tout le processus des idées qui, à la faveur des événements, devaient aboutir à la composition du Deutéronome, c'est-à-dire d'une thora qui, en ramenant Juda au témoignage mosaïque, lui ferait entendre à nouveau la voix encore amplifiée du fondateur de la nation. En même temps qu'elle se rattachera au passé le plus sacré pour les coeurs israélites, cette thora devra tenir compte des habitudes prises durant les siècles écoulés et des expériences faites, et s'adapter aux circonstances, formulant en un code les obligations auxquelles le peuple judéen devra se conformer s'il veut conjurer les effets du jugement qui a déjà causé la ruine de Samarie.

Tandis que Manassé, vassal digne des férocités de son suzerain d'Assyrie, remplissait Jérusalem de sang innocent (2Ro 24:4, cf. Jer 15:4), le parti des prophètes préparait dans l'ombre la revanche de Jéhovah. Il connaissait le Décalogue et le code de l'Alliance (Ex 20 à 23), les lois de Sainteté (Le 18 à 20 et 24) et les dernières recommandations de Moïse que la tradition rattachait aux plaines de Moab. Il en reprit les principes : monothéisme intransigeant, alliance jéhovique fondée sur la morale, promesses et menaces conditionnées par l'attitude du peuple, unité du sanctuaire, fêtes religieuses, humanité, charité. Sur plus d'un point, il étendit ; pour répondre aux besoins nouveaux, il fit passer dans la loi les enseignements des récents prophètes : d'abord le commandement de l'amour développé par Osée et dans lequel s'accomplit, bien mieux que dans l'observance extérieure, le service agréable à Dieu : Parce que Dieu t'aime tu dois l'aimer (De 6:5,11:13 4:37 10:15 7:8, 13 23:5 30:6,16 7:9 10:12, etc.) ; puis, d'après Ésaïe, l'humilité (De 8:11,14 17:18-20 9:4), la foi mystique en la victoire donnée non par la supériorité de l'armée, mais par la protection agissante de Jéhovah (De 20:1 et suivants, cf. Esa 8:6 31:1 et suivants) ; enfin, de façon générale, les lois d'humanité. (cf. Am 5:11 6:4 7:10 et suivants, etc.) Le souci que le Deutéronome (ch. 10, 14, 16) prend de l'orphelin et de la veuve vient directement de Esa 1:17. La charte nouvelle ramenait les institutions de l'avenir autant que possible à la théocratie. Tout, jusqu'aux statuts de la propriété, qui donnaient le sol à Dieu, y était dominé par la notion de la majesté de Jéhovah qu'Ésaïe avait mise au premier plan et suivant laquelle ses disciples voulaient modeler Israël.

Les critiques qui veulent que le Deutéronome soit une fraude pieuse et qu'il ait pour origine une intrigue de sacristie du temps de Josias (Renan, Stade, Loisy, etc.) méconnaissent l'importance des traits que nous venons de signaler et le sérieux de l'A.T. Ils commettent en outre une grave faute de psychologie. S'imagine-t-on que si les éléments jéhovistes de Juda n'avaient pas retrouvé dans le statut qui leur était proposé les exhortations et le développement des doctrines que leurs traditions faisaient remonter au père de leur peuple, la découverte du Deutéronome et sa lecture auraient secoué le roi, les grands, le peuple au point de provoquer une nouvelle réforme et d'inspirer la prédication de Jérémie ? La fiction n'a jamais fait oeuvre de vie dans l'histoire, et c'est sous-estimer la dignité de l'homme que de supposer que le mensonge peut entrer parmi ses moyens de progrès.

La situation se présente tout différemment si l'on voit dans le Deutéronome, comme nous y invite Esa 8:16,20, l'oeuvre des disciples du fils d'Amots, exaltés dans leur zèle par la persécution et décidés à préparer, pour le moment où elle prendrait fin, une charte conçue dans l'esprit des prophètes, une constitution organisant le peuple suivant ce que leur maître avait appelé de la part de Dieu : le témoignage et la thora. Le danger de laisser trop de liberté aux pratiques cultuelles s'était manifesté par le baalisme populaire et le formalisme. Prêtres et prophètes venaient, au temps d'Ézéchias, d'accomplir ensemble une oeuvre courageuse de redressement, et d'obtenir par une commune foi le salut de Jérusalem. Le moment était bien choisi pour rétablir par des concessions mutuelles le statut religieux de Juda. Partant ensemble des institutions de Moïse, les prophètes s'accommodèrent aux pratiques d'un culte centralisé et surveillé ; les prêtres, de leur côté, renoncèrent aux autels jéhovistes de la province et concentrèrent les actes cultuels autour du temple de Jérusalem. Le droit au sacrifice retiré aux laïques n'est même plus accordé à l'ensemble de la tribu de Lévi : les prêtres de Jérusalem auront désormais tout le sacerdoce, ils veilleront aux exigences légales. Et ce sera le commencement du légalisme, dans l'atmosphère prophétique. Pour le moment, l'entreprise de concentration et de spiritualisation que résume le Deutéronome montre que la prédication d'Amos, d'Osée et d'Ésaïe a porté. Bien que cette entreprise réformatrice ait été dans sa forme une occasion d'éloigner Dieu de la terre et de séparer l'office sacerdotal des institutions patriarcales--ce qui aura pour résultat d'établir deux parts dans la vie : le sacré et le profane--, on peut voir dans le Deutéronome le dénouement du grand effort accompli par les prophètes au VIII e siècle avant notre ère. Sans Manassé, dont le long règne fit crouler toutes les espérances, on aurait peut-être assisté à un vrai renouveau de la vie spirituelle dans le sens antiritualiste. Et pourtant, les conditions mêmes dans lesquelles le Deutéronome était conçu annonçaient déjà la défaite du spiritualisme. Le parti des prêtres, entrés dans la coalition pour le redressement de la foi, avait marqué de légalisme la réforme à venir, en mettant tout ce qui concernait le réveil et la piété israélites sous le signe des statuts, des lois et des ordonnances. Le pont était ainsi jeté entre la thora de Jéhovah et la législation des scribes. En vain le parti des prophètes faisait-il inscrire dans la loi réformatrice des paroles de haute portée morale (De 20 : et suivants 30:15 et suivants), la voie était ouverte au prêtre qui voudrait matérialiser la parole vivante de Jéhovah et réduire le jéhovisme en formules et en actes ritualistes.

Les prophètes qui vont venir sauront signaler le danger, mais ils n'auront pas la force de le conjurer.

MICHEE.

C'est à proclamer les droits de l'Esprit que s'emploie Michée dans une page (ch. 6) que la critique moderne lui conteste, mais qu'il peut fort bien avoir écrite s'il a prolongé son ministère durant les premières années de Manassé. Michée, provincial comme Amos et Judéen comme lui, avait repris l'âpre combat de son compatriote. Après avoir fulminé contre le royaume du Nord dont l'exemple pernicieux avait contaminé Juda (19), il s'en prend aux iniquités sociales de Jérusalem avec une violence qui va jusqu'à prédire la ruine de la ville sainte :

Sion sera labourée comme un champ ; Jérusalem deviendra un monceau de pierres, Et la montagne du temple Une sommité boisée. (Mic 3:12, cf. Jer 26:11-19).

Cette prophétie, portée courageusement par Michée devant le peuple au temps du roi Ézéchias, provoqua un tel émoi qu'on en parlait encore au temps de Jérémie. Certains critiques modernes ont conclu de la prédication de Michée que celui-ci avait combattu l'optimisme de son contemporain Ésaïe relativement à l'inviolabilité de Sion. C'est aller un peu loin. Mais il est assez probable que le prophète campagnard ne partagea pas les espérances que fondait le prophète citadin sur la trêve obtenue entre les prophètes et le clergé de la capitale. L'intransigeance spiritualiste qui se dégageait de ses violentes paroles sur la ruine de Jérusalem ameuta contre Michée le parti des prophètes nationalistes qui n'avaient point trouvé leur compte aux catastrophes du royaume de Samarie et auxquels l'union sacrée de leurs alliés habituels les prêtres avec leurs constants adversaires, les prophètes jéhovistes, ne disait rien de bon. Déjà, au temps de Josaphat, un autre Michée, le fils de Jimla, avait eu affaire à eux (1Ro 22). Ils s'opposent de toutes leurs forces à Michée de Moréseth qui, dans sa lutte avec eux, nous révèle le néant de leurs entreprises et le secret de sa propre vigueur :

Ne prophétise pas ! disent-ils.

Mais qu'un homme de rien,

Qu'un prédicateur de mensonge

[Dise] : « Je vais prophétiser

Exalté par le vin

Ou par les boissons enivrantes »,

Celui-là sera pour ce peuple un prophète !

Ainsi parle Jéhovah

Sur ces prophètes d'égarement :

Vous aurez la nuit,

Plus de visions ;

Vous aurez les ténèbres,

Plus d'oracles !

Le soleil se couchera sur ces prophètes...

Les voyants seront confus,

Les devins rougiront...

Car Dieu ne répondra pas.

Tandis que moi, je suis rempli de force,

De l'Esprit de Jéhovah (Mic 2:6,11 3:5-8).

Voilà le grand mot lancé : le prophète authentique, c'est l'homme de l'Esprit. Devons-nous conclure que, lorsque les disciples d'Ésaïe se mirent à l'oeuvre avec les chefs du sacerdoce pour établir le statut du Deutéronome, Michée entrevit le danger que cette union pourrait faire courir au jéhovisme des temps futurs ? Sa lutte contre la fausse prophétie, les devins et les voyants établit une solidarité incontestable entre sa pensée et les préoccupations d'où le Deutéronome est sorti. (cf. De 18:10,22) Mais que, pour lui, dans la religion dont il appelle la restauration, le culte ne soit rien et que la morale soit tout, c'est ce que nous voyons non moins clairement par la sourate relative au temps de Manassé. Ce tyran, dont le règne fut aussi long que néfaste (698-643), avait ouvert le temple de Jérusalem à toutes les influences assyro-babyloniennes ; la déchéance morale avait suivi la déchéance religieuse :

On observe les coutumes d'Omri,

Toutes les moeurs de la maison d'Achab,

L'homme de bien a disparu du pays (Mic 6:16 7:2).

Tandis que le milieu réformateur, dont la persécution avait serré les rangs, prépare dans l'ombre la charte des temps nouveaux, les formalistes, qui cherchent la sécurité dans la stricte observance, se demandent tout éperdus :
Avec quoi me présenterai-je

Devant Jéhovah,

Pour m'humilier devant le Très-Haut ?

Me présenterai-je avec des holocaustes,

Avec des veaux âgés d'un an ?

Jéhovah agréera-t-il des milliers de béliers,

Des myriades de torrents d'huile ?

Donnerai-je pour mes transgressions

Mon premier-né ?

Pour mon péché

Le fruit de mes entrailles ?

Michée répond :

-On t'a fait connaître, -ô homme,

Ce qui est bien,

Et ce que Jéhovah demande de toi,

C'est que tu pratiques la justice,

Que tu aimes la miséricorde,

Et que tu marches humblement

Avec ton Dieu (Mic 6:6-8).

Le prophète auquel nous devons ce bref dialogue a surpassé tous ceux qui étaient venus avant lui : il a fixé la formule de la religion jéhovique dont Jésus dira un jour à la Samaritaine : « L'heure est venue où vous n'adorerez plus le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem... Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité » (Jn 4:21,24).

SOPHONIE.

Mais pour le moment, il faut en rabattre. Le long règne du monarque impie et persécuteur a ramené partout l'idolâtrie. Pendant un demi-siècle, la prophétie se tait. Sous Manassé vieillissant ou durant l'éphémère royauté de son fils Ammon, vers 640, elle rentre en scène avec Sophonie, prince du sang, prophète de la grande lignée des Amos, des Osée, des Ésaïe et des Michée. Dans ses brefs discours, la reprise de contact des nabis avec Juda démoralisé est terrible :

Je détruirai tout ! dit Jéhovah,

Les objets de scandale et les impies avec ;

J'exterminerai de ce lieu les restes de Baal...

Et ceux qui se prosternent sur les toits

Devant l'armée des cieux...

Je châtierai les princes

Et les fils du roi (Sop 1:2,8).

Josias venait de monter sur le trône à huit ans, et l'autorité était entre les mains des princes de la famille royale.

Cent ans après Amos qui parlait à Israël, Sophonie parle à Juda de ce que sera « le jour de Jéhovah » :

Il approche, il se hâte,

On l'entend venir, le jour de Jéhovah !

Jour de fureur, celui-là,

Jour de détresse et d'angoisse,

Jour de désolation et de ruines,

Jour de ténèbres et d'obscurité...

Au jour de la fureur de Jéhovah,

Par le feu de sa jalousie,

Toute la terre sera dévorée (Sop 1:14,18).

Solvet soeclutn in favilla... Tout le Moyen âge a frémi aux accents de Sophonie. L'effet sur Juda dut être foudroyant. Nul doute que le jeune roi, Josias, et le futur prophète, Jérémie, n'aient reçu de ces imprécations une secousse qui les mit sur la voie de la réforme.

HABACUC ET NAHUM.

Mais pour les jéhovistes, il y a encore un autre compte à régler. L'Assyrien, dont le joug détesté pesait sur Jérusalem depuis la campagne de Sanchérib, vers l'an 700, a reçu des Mèdes et des Scythes des coups qui menacent sa vie. Juda frémit d'impatience, et c'est Habacuc qui exprime en un style étincelant ses farouches espoirs. Habacuc est un révolté à la façon de Job :

Jusques à quand, ô Jéhovah ?

J'ai crié vers toi à la violence,

Et tu ne secours pas...

O Jéhovah, tu as établi ce peuple

Pour exercer tes jugements.

(Il s'agit de l'Assyrien, que Jéhovah avait appelé « verge de ma colère ») (Esa 10:5).

Tu l'as suscité pour infliger tes châtiments...

Tes yeux sont trop purs pour voir le mal :

Pourquoi regarderais-tu les perfides,

Et te tairais-tu,

Quand le méchant dévore

Un plus juste que lui ? (Hab 1:1,2,12,13)

A cette sommation, Jéhovah répond qu'il enverra les Caldéens pour châtier les Assyriens (Hab 1:5,11, qui doit nécessairement être transposé après 2:3, à cause de 1:5 et de 2:3), mais en même temps il exhorte Habacuc à la patience :

Ecris la prophétie,

Grave-la sur des tables ;

Son temps est déjà fixé...

Si elle tarde, attends-la,

Car elle s'accomplira (Hab 2:2).

Et il lui inspire une parole qui, pas plus que cette autre : « Tu as les yeux trop purs pour voir le mal », ne devait s'effacer de la mémoire des hommes : « Le juste vivra par sa foi » (Hab 2:4 ; cf. Ro 1:17, Ga 3:11, Heb 10:38).

Quand « la prophétie » sera réalisée, en 612, Nahum, dans un ardent écrit--où l'on doit sans doute retrouver une composition liturgique célébrant à Jérusalem l'exaucement accordé (P. Humbert, « Le problème du Livre de Nahum », Rev. Strasb., janv. -fév. 1932) plutôt qu'un oracle antérieur à la chute de Ninive--, exalte en Jéhovah celui qui a annoncé, préparé et accompli la destruction du colosse assyrien :

Jéhovah est bon ;

II a détruit la ville,

Il a poursuivi ses ennemis.

L'oppression ne s'appesantira pas deux fois ;

Ils ont été consumés comme la paille,

Entièrement (Na 1:7-10).

Voici sur les montagnes

Les pieds du messager qui annonce la paix.

Célèbre tes fêtes, ô Juda !

Accomplis tes voeux !

Le méchant ne te foulera plus ;

Il a été entièrement exterminé. (Na 1:15).

Tous ceux qui ouïssent la nouvelle

Applaudissent,

Car sur qui ne s'est pas acharnée

Ta méchanceté ? (Na 3:19)

La valeur religieuse du livre de Nahum, que ceux qui le considèrent comme une prophétie ont tendance à diminuer, à réduire presque à rien, est toute remise en lumière si on la considère comme une composition à intention cultuelle, une sorte de péan liturgique, où toutes les voix jéhovistes, celle de l'inspiration prophétique, celle du patriotisme sacerdotal et celle des « humbles du pays » s'unissent (comme on voit parfois dans les psaumes) pour célébrer à l'occasion de la catastrophe ninivite, qui libéra d'un joug odieux tout le moyen Orient, la toute-puissance de Jéhovah, sa fidélité dans les promesses et sa maîtrise sur l'histoire.

JEREMIE.

Dans les temps troublés qui s'écoulèrent entre Habacuc et Nahum, un grand événement religieux s'était accompli, celui que les disciples d'Ésaïe avaient souhaité, préparé, et auquel Jérémie, dans les premières années de son ministère, prêta l'appui de sa parole et de son action : la réforme deutéronomique

Nous avons vu qu'après le temps d'Ézéchias et d'Ésaïe, on avait, d'un commun effort, en gardant l'essentiel des traditions prophétiques et des traditions sacerdotales, rétabli et développé le testament de Moïse dans les exhortations du « Livre du Pacte », le Sepher habberith (2Ro 23,2Ch 34 ; allusion au pacte, berith, de De 5:2 29:1), appelé aussi le « Livre de la Loi » ou « de la doctrine », le Sepher hatthora (De 31:26,2Ro 22:8, cf. De 31:9,24). Ce livre devait être déposé dans le temple à côté de l'Arche d'alliance de Jéhovah (De 31:26). Mais qu'était devenue l'Arche de l'alliance au cours du règne de Manassé, le roi impie et sanguinaire qui, après avoir rebâti les hauts-lieux, avait livré le temple de Jéhovah aux cultes idolâtres ? (2Ro 21) On peut penser que les jéhovistes l'avaient mise à l'abri de la profanation dans quelque coin ignoré du sanctuaire et qu'on avait aussi caché le Livre de la Loi. Quand les temps d'obscurité et de persécution eurent disparu, la remise en état du temple fut sans doute commencée, d'abord timide, dans les premières années de Josias... Ainsi vint le jour (621) où Hilkija, le grand-prêtre, put donner au secrétaire Saphan la grande nouvelle : « J'ai trouvé le Livre de la Loi dans la maison de Jéhovah ! » (2Ro 22:8).

C'est à tort que certains critiques ont attribué à Jérémie une part dans la composition du Deutéronome et dans l'initiative de la réforme qui suivit sa découverte. Jérémie n'habitait pas Jérusalem. Il appartenait à une famille sacerdotale depuis longtemps éloignée de la cour. Or, tout semble prouver que la réforme de Josias, différente en ceci de celle d'Ézéchias, fut avant tout une entreprise des fonctionnaires qui entouraient le roi, tandis que Jérémie, par les termes mêmes de sa vocation (Jer 1:18), paraît avoir été envoyé par Dieu à Jérusalem pour représenter dans la réforme et au besoin pour défendre devant le roi l'intention première du Deutéronome : l'inspiration prophétique de la charte retrouvée. Aussi le verrons-nous fort sévère, non certes à l'égard du « Pacte », qu'il recommande de toutes ses forces, mais à l'égard des prêtres et des scribes qui, sans se soucier du côté moral et spirituel de la réforme, ne voient en elle qu'une occasion d'imposer une législation sacerdotale au nom de Jéhovah et d'acquérir par elle un accroissement d'autorité (Jer 8:7,5:1 6:6 7:25 9), Jérémie avait été appelé par Jéhovah en 626 (Jer 1:4,19). Dès ce moment, laissant tout pour obéir (Jer 17:16), il entreprit dans les bourgs et les villes des tournées de prédication. Il le fit dans l'esprit des prophètes du VIII° siècle, surtout dans celui d'Osée :

Par sa criante impudicité, Israël a souillé le pays ; elle a commis adultère avec la pierre et le bois. Malgré tout cela, la perfide Juda, sa soeur, n'est pas revenue à moi de tout son coeur, et c'est avec fausseté qu'elle l'a fait, dit Jéhovah.

L'infidèle Israël paraît innocente

Auprès de la perfide Juda... (Jer 3:9 et suivant)

Quand, en 621, la réforme éclata, Jérémie se donna à elle avec toute la flamme qui dévorait son âme sensible. Nous en avons la preuve, non seulement dans ses discours (ch. 4-6), mais dans l'influence que la langue même du Deutéronome exerça sur lui. Comme génie réformateur, il fut donc le continuateur d'Ésaïe. Cependant, tout est contraste entre ces deux hommes. L'un se donne joyeusement à l'apostolat, l'autre est contraint d'y entrer malgré sa résistance ; l'un commande aux événements, l'autre est victime des circonstances ; celui-là s'impose aux foules et à la cour, celui-ci reste incompris des masses et subit la disgrâce des rois ; Esaïe est entouré de disciples, Jérémie a Baruc, que l'isolement décourage. Le premier contemple la majesté divine et affermit l'ancienne alliance ; le second « découvre le coeur humain » et annonce la nouvelle alliance. En un sens, il la préfigure. Déjà, sa vocation lui apprend qu'il sera « une occasion de chute et de relèvement, un signe de contradiction » (rapprocher Jer 1:10 et Lu 2:34).

Autre trait qui marque non pas un déclin, comme on l'a dit, mais au contraire un progrès vers la compréhension de la pensée divine : Jérémie, chez qui l'inspiration, l'illumination intérieure ne sont pas moindres que chez son devancier Ésaïe (Jer 4:13 5:13 6:11 8:16 10:22 23:9), ne se présente pas comme lui avec l'impétuosité du prophète qui, subjugué par la possession divine, parle sans se soucier d'autre chose que d'annoncer les décrets du Dieu qui a fait irruption dans sa vie. L'origine du mandat ne lui suffit plus, il faut que le mandat soit légitimé par l'accomplissement de la prophétie (Jer 28:9, cf. De 18:21 et suivant). La réflexion rejoint l'inspiration et parfois la contrôle. En outre, le sentiment se fait jour, et la sympathie pour l'homme pénètre les paroles de Dieu et celles de son mandataire (Jer 8:18 9:1 13:17 21:10 13:9,14:17). Enfin les actes symboliques jouent un rôle plus accentué (Jer 27:2 28:10 32:6 43:9). D'un mot, la prophétie s'humanise, la religion s'individualise : Jérémie fraie la voie à l'Évangile (Jer 31:31) au point que les compatriotes de Jésus prendront celui-ci pour Jérémie ressuscité (Mt 16:14). Hölscher (Propheten, pp. 294-297) a bien entrevu les caractères distinctifs de Jérémie, mais le radicalisme de sa critique qui refuse au prophète d'Anathoth plusieurs chapitres essentiels Jer 7:15 11:1-14 31:31-37 le met dans l'impossibilité de pousser le portrait de Jérémie jusqu'à l'entière ressemblance.

Jéhovah avait, par Ésaïe, offert le pardon à Israël. (Esa 1:18) Le Deutéronome, continuant dans la même ligne, mettait comme condition à tout culte jéhovique : la circoncision du coeur. (De 10:16 30:6) Mais on sait que cela doit être entendu dans un sens collectif. Comme la loi avait dit : « Écoute, Israël », le repentir attendu, le pardon promis concernent Israël, la nation à qui, seule, est destiné un avenir glorieux, « Comme le dit Wellhausen : Il suffit que le peuple vive éternellement. Sur l'individu passe la roue de l'histoire ; pour lui, il ne reste que le sacrifice, mais point d'espérance. Sa seule récompense est dans la prospérité de la nation. » (A. Causse). Jérémie a commencé son ministère dans cette attitude héroïque ; c'est Israël, Juda, en tant que peuple élu, qu'il a traités d'adultères ; c'est à Juda maintenant qu'il demande la circoncision du coeur, condition du pacte deutéronomique :

Écoutez les paroles de ce Pacte...

Maudit soit qui n'écoute point

Les paroles de ce Pacte

Que j'ai prescrit à vos pères,

Le jour où je les fis sortir

Du pays d'Egypte,

De la fournaise de fer... (Jer 11:1-4, cf. De 29:1).

Jéhovah me dit :

Publie toutes ces paroles

Dans les villes de Juda

Et dans les rues de Jérusalem,

Et dis :

Ecoutez les paroles de ce Pacte

Et mettez-les en pratique ! (Jer 11:6)

Défrichez-vous un champ nouveau,

Et ne semez plus parmi les épines ;

Circoncisez vos coeurs,

De peur que ma colère

N'éclate comme un feu,

Et ne s'enflamme

Sans qu'on puisse l'éteindre ! (Jer 4:3 et suivant)

Mais il s'aperçut bientôt que le milieu qui avait lancé la réforme voyait les choses autrement. Le lien entre les prêtres et les prophètes nationalistes s'était renoué. (cf. Jer 26:7 et suivant) La masse du peuple, les castes sacerdotale et militaire, les faux prophètes, préoccupés par les événements politiques, supportaient malaisément l'intransigeance et les principes austères du prédicateur d'Anathoth. Ils le regardaient comme un patriote suspect... Tout à coup, la catastrophe de Méguiddo (609) achève de lui retirer tout crédit. Le roi réformateur est tué au cours d'une action de fidélité, puisqu'il tente d'arrêter le pharaon Néco qui vole au secours de l'Assyrien exécré (cf. Josèphe, Ant., X, 6). Que valent donc les promesses du Deutéronome ? Les parties prophétiques du Pacte furent rejetées dans l'ombre et l'on ne s'occupa plus que d'en renforcer la partie cultuelle, qui n'empêchait point la politique des alliances étrangères et des conjurations de suivre son cours.

Alors Jérémie rompt avec prêtres et prophètes et prononce devant les portes du temple son grand discours (Jer 7 à Jer 9, et Jer 10:17-25).

Ne vous livrez pas à des espérances trompeuses

En disant : C'est ici le temple de Jéhovah,

Le temple de Jéhovah, le temple de Jéhovah ! (Jer 7:4)

Mon peuple ne connaît pas

La thora de Jéhovah.

Comment pouvez-vous dire :

Nous sommes sages,

La thora de Jéhovah est avec nous ?

En vain s'est mise à l'oeuvre

La plume mensongère des scribes...

Ils ont méprisé la parole de Jéhovah.

Depuis le prophète jusqu'au prêtre,

Tous usent de tromperie...

Les prophètes prophétisent le mensonge...

Je ne les ai pas envoyés...

Je ne leur ai point parlé !

Fausses visions, vaines divinations,

Tromperies de leur propre esprit :

Voilà ce qu'ils vous prophétisent ! (Jer 8:7-10 14:14).

Jérémie reprend l'argument d'Amos : Jéhovah ne vous a jamais demandé de l'adorer par les cérémonies d'un culte.

Ajoutez holocaustes à sacrifices, Et mangez-en la chair !

Car je n'ai point parlé à vos pères Et je ne leur ai point donné d'ordres, Lorsque je les ai tirés d'Egypte, Au sujet d'holocaustes et de sacrifices. Voici l'ordre que je leur ai donné : Écoutez ma voix et je serai votre Dieu, Et vous serez mon peuple (Jer 7:21-23).

Ces dernières paroles sont le pendant de la déclaration de Mic 6. Le cadre historique de ce discours capital se trouve dans Jer 26. On y voit en toute clarté la collusion entre les prêtres et les prophètes nationalistes et la preuve qu'ils étaient ensemble les pires ennemis des prophètes jéhovistes (Jer 26:11). Sans le peuple et les chefs politiques, Jérémie aurait payé de sa tête la hardiesse de ses propos. (cf. Jer 7:14) Il fut heureux que ce jour-là le roi se trouvât absent, car Jéhojakim, sur l'insistance des prêtres et des prophètes, eût sans doute traité Jérémie comme le prophète Urie qu'il avait fait extrader d'Egypte et mis à mort, parce qu'il avait prédit, lui aussi, la ruine de Jérusalem (Jer 26:20-23). Espérant encore sauver son peuple, Jérémie, seul, entreprend une lutte de titan contre toutes les forces conjurées. Quand il tonne contre le formalisme religieux, prêtres et prophètes se liguent pour le perdre. Quand il recommande l'observation de la foi jurée au suzerain, les chefs politiques l'accusent d'être traître à la patrie. Quand il annonce à Sédécias que la justice de Jéhovah s'accomplira, non par des victoires sur le champ de bataille, mais par la ruine de Jérusalem punie pour ses péchés, on le jette dans un cachot. Sa conscience prophétique est mise en passion. Avec son roi sans force, sa politique sans parole et sa religion sans morale, le peuple de Dieu se précipite dans une impasse au fond de laquelle il va briser son destin. Mais Jéhovah ne peut être acculé à une impasse. Ne plus parler de lui serait avouer sa défaite. Jérémie ne le peut. Et c'est ainsi que par ses combats, par ses déceptions, par les obstacles accumulés devant lui, il est amené par Dieu au grand virage qui le détournera de la route suivie par l'Israël selon la chair et lui découvrira les horizons de l'Israël selon l'Esprit.

Un Éthiopien peut-il changer sa peau

Et un léopard ses taches ?

Alors, comment pourriez-vous faire le bien,

Vous qui n'avez appris qu'à mal faire ? (Jer 13:23)

On ne peut changer sa nature... Peut-être le récit de la Chute a-t-il éclairé à ce moment-là la conscience de Jérémie. Et, si le Ps 51 existait de son temps, du moins sous sa forme première en trois strophes (Ps 51:3,19), il a pu voir dans les versets 7et8 la vérité qu'il vient d'exprimer et la nécessité qui lui inspirera la prophétie par laquelle il couronne sa théologie. Puisque l'Israélite, comme tous les autres hommes, a été conçu dans le péché et puisque Jéhovah, qui l'aime « d'un amour éternel » (Jer 31:3), veut l'amener au salut, il faut que, par une initiative nouvelle, Dieu intervienne dans l'histoire et qu'il obtienne de l'individu ce qu'il n'a pu obtenir de la collectivité.

Voici, le jour vient,

Dit Jéhovah,

Où je ferai avec la maison d'Israël

Et avec la maison de Juda

Une alliance nouvelle,

Non comme l'alliance

Que je traitai avec leurs pères...

Alliance qu'ils ont violée,

Quoique je fusse leur maître, dit Jéhovah ;

Mais voici l'alliance que je ferai :

Je mettrai ma loi au dedans d'eux,

Je l'écrirai dans leur coeur.

Alors je serai leur Dieu,

Et ils seront mon peuple.

Celui-ci n'enseignera plus son prochain,

Ni celui-là son frère,

En disant : Connaissez Jéhovah !

Tous me connaîtront,

Depuis le plus petit jusqu'au plus grand,

Car je pardonnerai leur iniquité (Jer 31:31-34).

Jérémie s'est-il représenté ce que serait cette alliance ? En a-t-il entrevu le drame historique ? Mystère. Et pourtant la révélation est là. Avant d'être entraîné de force en Egypte où, dit la tradition, ses compatriotes le lapidèrent pour se venger de ses prédictions, le vieux prophète a donné au inonde le principe même de l'Évangile : par l'initiative de la miséricorde divine, une nouvelle alliance, non plus une alliance extérieure, collective, envisagée sous l'angle de la solidarité nationale et conditionnée par un statut social, mais une alliance intérieure, individuelle, réalisant par la libre adhésion du coeur la communion spirituelle avec Dieu.

EZECHIEL.

Jeune prêtre appartenant sans doute à la famille aristocratique des Tsadokides, vouée depuis des siècles au service du temple, Ézéchiel a connu Jérémie, il l'a entendu. Son âme droite et croyante a dû en être troublée. Quand vinrent la prise de Jérusalem et l'exil qui sanctionnaient les prédictions du terrible censeur d'Anathoth, Ézéchiel, certainement, emporta en Caldée le sentiment que la cause du prophète était juste. Mais il ne devint lui-même prophète que sur terre étrangère, au milieu des dispersés de Juda. Plus de temple, plus de sacrifices ; une élite éplorée qui « suspend ses harpes aux saules de Babylone » et qui supplée à l'absence de culte par la ferveur de la pensée. Le milieu était propice au développement de l'individualisme inauguré par Jérémie. Ézéchiel ne sera plus un prophète qui s'oppose à un peuple, mais un apôtre qui fait de la cure d'âme :

Fils de l'homme, fils de l'homme, je t'établis comme sentinelle... Quand je dirai au méchant : « Tu mourras ! » si tu ne l'avertis pas, si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa mauvaise voie et pour lui sauver la vie, ce méchant mourra dans son iniquité, et je te redemanderai son sang. Mais si tu avertis le méchant et qu'il ne se détourne pas..., il mourra dans son iniquité, et toi, tu sauveras ton âme. (Eze 3:17,19 33:15).

Développant une parole de Jérémie (Jer 31:29), il polémise contre la vieille notion de solidarité nationale qui faisait porter aux innocents la peine des coupables. Ézéchiel est le prophète de la responsabilité individuelle et des conséquences qui en découlent :

Pourquoi dites-vous ce proverbe : « Les pères ont mangé des raisins verts et les dents des enfants en ont été agacées » ? Je suis vivant ! dit le Seigneur Jéhovah, vous n'aurez plus lieu de le dire. Voici, toutes les âmes sont à moi, l'âme du fils comme l'âme du père ; l'une et l'autre m'appartiennent ; l'âme qui pèche, c'est celle qui mourra... Si un homme a un fils qui voie tous les péchés que commet son père, qui les voie et n'agisse pas de la même façon..., celui-ci ne mourra pas pour l'iniquité de son père, il vivra. L'âme qui pèche, c'est celle qui mourra. (Eze 18:1,4,14,17,20, cf. chap. 5).

Il ne s'agit plus, avec Ézéchiel, du salut d'Israël en tant que nation, mais du salut de l'Israélite en tant que pécheur repentant :

Si le méchant revient de tous les péchés qu'il a commis,... toutes les transgressions qu'il a commises seront oubliées, il vivra... Ce que je désire, est-ce que le méchant meure ? dit le Seigneur Jéhovah. N'est-ce pas qu'il change de conduite et qu'il vive ? Revenez, détournez-vous de vos transgressions, afin que l'iniquité ne cause pas votre ruine... Faites-vous un coeur nouveau et un esprit nouveau... Je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur Jéhovah. Convertissez-vous et vous vivrez. (Eze 18:21,23,30-32 voir verset 10-20).

Israël ne vivra que par la fidélité d'individualités attachées de coeur à Jéhovah ; en ce sens, Ézéchiel continue le Deutéronome sans le nommer. (cf. De 30:15-20) Mais, où il le dépasse, c'est quand, reprenant l'idée de la nouvelle alliance lancée par Jérémie, il en précise la condition dans sa vision des ossements desséchés. L'Israël selon la chair est mort. Mais les desseins d'amour de Jéhovah ne sont pas anéantis pour cela. La puissance créatrice de l'Esprit qui vivifia jadis le chaos et qui, depuis, anima les hommes de Dieu, peut, sur l'initiative de Jéhovah, rendre la vie aux ossements desséchés :

La main de l'Éternel fut sur moi, il me transporta en esprit et me déposa dans le milieu d'une vallée remplie d'ossements... Ils étaient fort nombreux à la surface de la vallée et ils étaient complètement secs. Il me dit ; « Fils de l'homme, ces os pourront-ils revivre ? » Je répondis : « Seigneur Jéhovah, tu le sais. »

Il me dit : « Prophétise et parle à l'Esprit. Prophétise, fils de l'homme, et dis à l'Esprit : Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts et qu'ils revivent ! » Je prophétisai selon l'ordre donné. L'Esprit entra en eus, ils reprirent vie et se tinrent sur leurs pieds. C'était une armée, une grande armée.

Il me dit : « Fils de l'homme, ces os sont toute la maison d'Israël... Je mettrai mon Esprit en vous, et vous vivrez. » (Eze 37:1-14).

Mais ici s'avère entre Ézéchiel et ses prédécesseurs une différence qu'il faut noter et caractériser. Quand les prophètes parlaient de renaissance dans les jours mauvais d'Israël, ils faisaient dépendre cette résurrection d'un changement dans les dispositions du peuple : « Repentez-vous, et alors... » Tandis que le pasteur des exilés annonce cette résurrection comme une initiative commandée à Dieu par son honneur. La gloire de Jéhovah est liée à la vie de son peuple. Il faut donc qu'il sauve celle-ci pour exalter celle-là. La grâce de Jéhovah aura pour effet et non pour cause le repentir d'Israël (Eze 36:22-38). Israël sera restauré ; Jérusalem, qui vient d'être détruite, sera relevée, et la nouvelle capitale, autour de laquelle les douze tribus seront groupées, s'appellera « Jéhovah est ici » (Eze 48:35). Cette prédication ramena à Ézéchiel la faveur des exilés. Le « faiseur de paraboles » (Eze 21:5) est devenu « le chanteur agréable » (Eze 33:32), et la critique moderne a raison de voir en Ézéchiel le précurseur du judaïsme. Mais il en est du Juif Ézéchiel comme du chrétien Augustin que protestants et catholiques revendiquent à bon droit, mais pour des raisons différentes, comme leur docteur. En taisant l'universalisme jéhovique, en développant le culte et la thora, en donnant une valeur aux sacrifices, Ézéchiel a ouvert la voie au particularisme, au légalisme, au ritualisme juifs ; mais en proclamant la miséricorde de Jéhovah, en réclamant de l'Israël nouveau des coeurs humiliés, convertis, pleins d'amour pour Jéhovah, en mettant comme condition à la vie future d'Israël la résurrection par l'Esprit, Ézéchiel ne s'est-il pas tenu dans la ligne des prophètes, ne l'a-t-il pas prolongée dans le sens de l'Évangile ? Car enfin, si les grâces du royaume de Christ sont conditionnées par le repentir et la conversion, la venue de Christ n'a pas dépendu d'un changement dans le coeur des hommes, Christ est venu à l'heure marquée par Dieu, et le changement des coeurs a été la conséquence, non la condition préalable de son incarnation sur la terre. Or, c'est bien cette réalité-là qui a été entrevue par Ézéchiel. C'est vers cette réalité où s'unissent la souveraine liberté de Dieu et sa miséricorde rédemptrice que nous orientent ensemble les paraboles, les prédications et les visions apocalyptiques du prophète de Tel-Abib. Certes, il avait été prêtre à Jérusalem, et son amour pour le temple, que remplissait à ses yeux la présence divine, a dominé toute sa vie... N'oublions pas, pour être justes, que la religion jéhovique, jusqu'à la Pentecôte, ne pouvait être conçue par le peuple de Dieu ni vécue par la masse des adorateurs en dehors des pratiques du culte ; tant que l'Esprit a été extérieur à l'homme, l'adoration ne pouvait, sauf en quelques individualités privilégiées, s'exprimer qu'avec le secours des pratiques extérieures--et c'est là ce qui fait encore aujourd'hui, en plein christianisme, la force du catholicisme. Ce qu'il y a d'admirable, ce qui fait que, tout bien considéré, on ne peut regarder Ézéchiel comme un prophète en qui la prophétie a rétrogradé ou s'est égarée, c'est que, malgré sa formation sacerdotale, il a compris que la restauration d'Israël n'aurait de valeur, que temple et culte n'auraient à l'avenir d'efficace, que si Jéhovah remplissait la cité nouvelle de sa grâce et si, du sanctuaire renouvelé par l'Esprit, découlait une source fertilisante, purifiante, vivifiante, destinée à muer la patrie juive en paradis (Eze 47:1-12). Que cette source n'ait été pour Ézéchiel qu'un symbole, ou qu'il ait vu en elle la transfiguration du filet d'eau qui s'échappait effectivement des murs de l'ancien sanctuaire : fons perennis aquoe (Tacite), nous ne pouvons autrement que d'y voir une lointaine mais claire prédiction de la « source d'eau vive » (cf. Jn 4:14 7:37, cf. Esa 58:11, Za 14:8).

ÉSAÏE II L'homme à qui il devait être donné de couronner l'oeuvre des grands prophètes et de faire monter la marée de l'Esprit jusqu'au niveau de l'Évangile, vivait au temps de l'exil. Mais rien, dans ses écrits, ne parle des événements de Babylonie ni ne fait allusion aux circonstances des dispersés qui vivaient dans l'entourage d'Ézéchiel. C'est un vrai contresens que de placer dans les plaines de la lointaine Caldée le prophète qui écrit : « Qu'ils sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles ! » (Esa 52:7 cf. Na 2:1), qui se sert couramment du verbe « ramener » (Esa 49:22 43:5 et suivant, etc). pour désigner le retour des Juifs dans leur patrie « à travers le désert » (Esa 40:3 43:9), fait des allusions constantes à la mer et aux îles (Esa 41, Esa 42, Esa 49, Esa 51) et nomme l'Egypte, Couch (Cus) et les Sabéens contre lesquels il fulmine (Esa 43:3 45:14 et suivants). A ne considérer que ses écrits, dans lesquels nous voyons qu'il avait des horizons beaucoup plus étendus que ses prédécesseurs, et sa théologie, qui culmine dans l'Homme de douleur, il nous paraît qu'Ésaïe II dut faire partie tout enfant de la fuite en Egypte (Jer 43), avoir connu là le vieillard Jérémie et assisté à son martyre. Après quoi, il sera revenu sur les ruines de Sion pour soutenir le peuple désemparé par ses infortunes et par la misère où l'avait laissé l'élite des Juifs transplantée au pays euphratique :

Consolez, consolez mon peuple, Dit votre Dieu... (Esa 40:1)

Une preuve encore qu'Ézéchiel et Ésaïe II n'exerçaient pas sur le même terrain, c'est le contraste de leurs attitudes. Tandis qu'Ézéchiel, dans son milieu d'exil que l'éloignement rend inoffensif, va à visage découvert, prêche, se raconte et se mêle à la vie des déportés qui l'entourent, Ésaïe II ne paraît pas ; ses écrits ne livrent rien de ce qui le concerne. On dirait qu'il se tient volontairement en dehors des circonstances qui pourraient trahir sa présence. C'est qu'il se trouve au foyer des anciennes révoltes. La main du tyran caldéen pesait lourdement sur Juda. Les complots successifs l'avaient rendu ombrageux. Il ne s'agissait plus, en Palestine, de propagande ouverte, mais seulement d'appels et d'encouragements plus ou moins clandestins, rédigés sous forme de sourates (voir ce mot) que les fidèles se passaient l'un à l'autre et envoyaient avec précaution dans les colonies de Juifs déportés. Ces sourates d'Ésaïe II ont été réunies après coup ; l'ordre en a souffert et, de-ci, de-là, des adjonctions post-exiliques ont pu y introduire quelque flottement dans le détail. Mais la pensée générale qui inspirait le ministère d'Ésaïe II ne s'en dégage pas moins de l'ensemble avec une netteté souveraine.

La connaissance qu'il a de la politique contemporaine révèle en Ésaïe II l'homme instruit, informé et génialement doué pour la philosophie de l'histoire. Jéhoviste fervent, il constate que les dieux des grandes nations, de celles qui passent et repassent sur les petits peuples du moyen Orient comme la, meule écrase les gerbes sur l'aire, les divinités égyptiennes et hittites, surtout les dieux de Ninive et de Babylone, Ashour, Bel, Nébo, dieux de sang et d'orgie, ont échoué dans leur oeuvre de force ; et voici maintenant que le plus grand de tous, la divinité des vieux Akkadiens qui, depuis 2.000 ans, réussissait toujours à ramener sa souveraineté sur les peuples conquis et les divinités rivales, Mardouk, est menacé. Il tombe, renversé par qui ? par un prince achéménide Cyrus, qui ne croit qu'à un Dieu unique et vivant, adoré sans image, un dieu qui interdit le meurtre, le vol, le mensonge. Ne nous laissons pas tromper par le cylindre de Cyrus, aux expressions hyperboliques, quand il nous présente Mardouk comme introduisant lui-même le conquérant perse à Babylone. Le but de cette inscription est de nous apprendre que Cyrus, à l'encontre des vainqueurs sémites, massacreurs de peuples et briseurs de dieux, entendait se présenter en bienfaiteur, en libérateur, respectueux des biens, des moeurs et des croyances des peuples qu'il annexait à son empire. Qu'est-ce à dire, sinon que l'on retrouve en lui les qualités d'un adorateur du Dieu juste et bon, soucieux de mettre partout la vie : le « dieu des cieux » ou dieu suprême des Achéménides (Esd 1:2 7:12), Ahura-Mazda, prêché par le prophète aryen Zoroastre. « ... Alors vint le second Ésaïe, qui marque l'apogée de la religion d'Israël ; il appartient à cette époque merveilleuse qu'ont rendue célèbre Zoroastre, Mahavira, le fondateur du djaïnisme, Bouddha, Lao-Tse, Confucius et les cultes orphiques » (S.A. Cook ; cf. Moore, Hist, of Relig., I, p. IX). Si, ainsi qu'il ressort des perspectives de son livre, le second Ésaïe n'a pas été confiné comme les prophètes du VIII e siècle dans les montagnes de la Palestine (Duhm pense même qu'il habitait les côtes de la Phénicie), rien ne s'oppose à ce qu'il ait connu au moins les plus proches éléments des grands courants religieux que l'Orient vit naître à son époque, et dont la propagande s'étendait jusqu'aux îles de la Méditerranée (par ex. le renouvellement de toutes choses, (Esa 65:17) et suivants, rappelle de façon frappante la frashôkéréti mazdéenne). On comprend dès lors qu'il ait salué de loin les premiers triomphes de l'Achéménide et proclamé en Cyrus l'exécuteur des volontés, le « pasteur », le « messie » de Jéhovah. Ce n'est plus ici l' imperator farouche qui sert à son insu la colère de Jéhovah irrité contre son peuple, c'est le prince bienfaiteur qui apporte la délivrance aux fidèles jéhovistes et qui a conscience, en brisant les chaînes d'Israël, d'exécuter la volonté divine (Esa 45:1,6 41:25).

Apportée aux populations juives qui végétaient abandonnées parmi les ruines de Sion, cette nouvelle était propre à ranimer leur espérance, mais aussi à l'alarmer : Cyrus aurait-il supplanté David ? Les tribus de Jacob ne seraient-elles plus le peuple élu ? Jéhovah aurait-il oublié le destin d'Israël et le droit qu'il tenait du contrat d'Abraham ?

Par son prophète, Jéhovah, d'abord, les rassure :

Pourquoi dis-tu, Jacob,

Pourquoi dis-tu, Israël :

Mon destin est caché devant Jéhovah,

Mon droit passe inaperçu devant Dieu ?

Israël mon serviteur,

Jacob, que j'ai choisi,

A qui j'ai dit : « Tu es mon serviteur ;

Je t'ai choisi et ne te rejette point, »

Ne crains rien, car je suis avec toi (Esa 40:27 41:25).

S'il a appelé Cyrus, s'il l'a provoqué à l'action, c'est pour démontrer à tous le néant des idoles et pour consommer la ruine des faux dieux auxquels Israël a tant sacrifié.

Je l'ai suscité du septentrion,

Et il est venu.

De l'orient, il invoque mon nom,

Il foule les puissants comme de la boue,

Comme l'argile que foule un potier (Esa 41:25).

Ils sont tous honteux et confus,

Ils s'en vont tous avec ignominie,

Les fabricants d'idoles...

Leurs oeuvres ne sont que néant,

Leurs idoles ne sont qu'un vain souffle (Esa 45:16 41:29).

Bel s'écroule, Nébo tombe ; Leurs idoles que vous portiez en procession Sont chargées sur des bêtes de somme, Deviennent un fardeau pour l'animal fatigué. Ils tombent, ils s'écroulent ensemble,

[Bel, Nébo] n'ont pu sauver le fardeau,

[Les idoles qui les représentent, ] Et ils s'en vont eux-mêmes en captivité (Esa 46 : 1).

Dans son enthousiasme, Ésaïe II compare les victoires de Jéhovah sur les divinités qui avaient usurpé sa gloire à la victoire qu'il remporta jadis sur les monstres du chaos (Esa 51:9 et suivant ; voir Cosmogonie) :

Réveille-toi, réveille-toi,

Revêts-toi de force, bras de Jéhovah !

Réveille-toi, comme aux jours d'autrefois,

Dans les anciens âges !

N'est-ce pas toi qui taillas en pièces Rahab,

Qui perças le monstre marin ?

N'est-ce pas toi qui desséchas la mer,

Les eaux de la grande Tehom ?

Comme il avait, ensuite de son triomphe sur les puissances de désordre, organisé par l'Esprit qui planait sur l'abîme l'harmonie lumineuse de la création matérielle, Dieu va maintenant, par Israël, grâce à l'anéantissement des fausses divinités, entreprendre au sein de l'humanité la création spirituelle :

Je suis Jéhovah, ton Dieu,

Qui soulève la mer et fais mugir les flots...

Je mets mes paroles dans ta bouche,

Je te couvre de l'ombre de ma main,

Pour étendre de nouveaux cieux

Et fonder une nouvelle terre,

Et pour dire à Sion : « Tu es mon peuple ! » (Esa 51:15).

Mais revenons au « serviteur » de Jéhovah (Esa 41:8). Dans la première sourate qui y fait allusion, apparaît l'idée, déjà émise par Ésaïe I, que le secours de Jéhovah ne pourra atteindre qu'une partie du peuple élu :

Ne crains rien, vermisseau de Jacob,

Faible reste d'Israël !

Je viens à ton secours, dit Jéhovah,

Le Saint d'Israël est ton Sauveur (Esa 41:14),.

Pourquoi ? A cause de l'aveuglement de la masse, qui a trahi l'alliance :

Sourds, écoutez ! Aveugles, regardez et voyez !

Qui est aveugle, sinon mon serviteur,

Et sourd, comme mon messager que j'envoie ?

Qui est aveugle comme l'ami de Dieu,

Aveugle comme le serviteur de Jéhovah ?

Tu as vu beaucoup de choses,

Mais tu n'y as point pris garde...

Jéhovah a voulu pour le bonheur d'Israël

Publier une loi grande et magnifique.

Ils n'ont point écouté sa loi ;

Aussi a-t-il versé sur Israël

L'ardeur de sa colère (Esa 42:18-21,24,25).

Quant à la partie restée fidèle à l'élection, les anavîm, les ébionîm, les tsaddiqîm, disciples des prophètes, elle n'a rien à craindre de ses ennemis malgré sa faiblesse :

Ne crains rien, car je te rachète,

Je t'appelle par ton nom : tu es à moi.

Si tu traverses les eaux, je serai avec toi,

Et les fleuves ne te submergeront pas ;

Si tu marches dans le feu...,

La flamme ne t'embrasera pas.

Car je suis Jéhovah, ton Dieu,

Le Saint d'Israël, ton Sauveur (Esa 43:1,3).

Je répandrai des eaux sur le sol altéré,

Des ruisseaux sur la terre desséchée,

Je répandrai mon Esprit sur ta race (Esa 44:3).

Sa première tâche--tâche splendide et périlleuse--

sera d'agir comme un levain dans la pâte ; il devra évangéliser la masse-- « maison de rebelles » (Eze 17:12) --, il devra prêcher de la part de Jéhovah :

Souviens-toi de ces choses, ô Jacob :

Je t'ai formé, tu es mon serviteur...

Reviens à moi, car je t'ai racheté ! (Esa 44:21 et suivant)

Je confirme la parole de mon serviteur,

J'accomplis ce que prédisent mes envoyés (Esa 44:26).

Ce serviteur, envoyé à la masse avec la force de l'Esprit pour réduire à néant les faux miracles des prophètes de mensonge (Esa 44:25) et pour prêcher la conversion avec la force de l'Esprit (Esa 48:13,16) sera appelé à souffrir de la part de ses compatriotes.

Jéhovah m'a parlé dès ma naissance,

Il m'a nommé dès la sortie

Des entrailles maternelles.

Il a rendu ma bouche

Semblable à un glaive tranchant...

Il m'a dit : « Tu es mon serviteur,

Israël en qui je me glorifierai. »

Et moi, j'ai dit :

« C'est en vain que j'ai travaillé,

C'est pour le vide et le néant

Que j'ai consumé ma force. »

Mais mon droit est auprès de Jéhovah (Esa 49:1,4).

Ne dirait-on pas qu'en écrivant ces lignes, Ésaïe II pense à Jérémie, évoque ses désillusions et ses débats avec son Dieu ? (cf. Jer 1:4,6 20:7,13) Et pourtant, c'est bien encore le noyau des fidèles jéhovistes groupés autour des prophètes que Fauteur envisage ici, et c'est à lui qu'il assigne maintenant une tâche magnifique : non seulement il est appelé à évangéliser son peuple, mais, par son rôle de médiateur dans la souffrance, il sera élevé à la dignité de missionnaire au sein de tous les peuples :

Maintenant, Jéhovah parle,

Lui qui m'a forme dès ma naissance

Pour être son serviteur,

Pour ramener à lui Jacob...

Car je suis honoré aux yeux de Jéhovah

Et mon Dieu est ma force.

Il dit : « C'est peu que tu sois mon serviteur

Pour relever les tribus de Jacob...

Je t'établis pour être la lumière des nations,

Pour porter mon salut jusqu'aux extrémités de la terre. »

Ainsi parle Jéhovah...

A celui qu'on méprise

Et qui est en horreur au peuple (Esa 49:5,7).

Ces dernières lignes, qui rappellent le sort de Jérémie, introduisent les discours missionnaires de Jésus : « Allez et évangélisez toutes les nations... Vous serez mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre. » Elles fixent à jamais le rôle glorieux d'Israël dans l'histoire de l'humanité ; elles marquent le couronnement de son élection. Mais la tâche de « porter le salut » pourra-t-elle vraiment être accomplie par une collectivité ? Ne renferme-t-elle pas un élément expiatoire qui demeurera un mystère incompréhensible aux hommes, même les meilleurs, jusqu'à ce qu'une personnalité divino-humaine ait pris sur elle de l'incarner dans le monde, de souffrir et de mourir pour le salut de tous ? Ésaïe II a compris cette nécessité. Il en a entrevu la révélation ; mais sa révélation de 1' « Homme de douleur » appartient à la prophétie messianique, qui sera étudiée plus loin dans son ensemble.

Arrivons donc immédiatement aux conséquences de cet acte rédempteur dont le héros incarnera les privilèges, les vertus et la mission de sa race. Israël par lui aura appelé tous les peuples au salut :

Vous tous qui avez soif,

Venez, voici de l'eau.

Venez, achetez et mangez...

Sans argent, sans rien payer.

Écoutez, et votre âme vivra (Esa 55:1,3).

L'alliance avec David sera étendue à tous les hommes de bonne volonté :

Je traiterai avec vous une alliance éternelle

Pour rendre durables mes faveurs envers David.

Voici, je t'ai établi

Comme témoin auprès des peuples...

Tu appelleras des nations que tu ne connais pas,

Et les nations qui ne te connaissent pas

Accourront vers toi,

A cause de l'Éternel, ton Dieu...

Qui ne se lasse pas de pardonner... (Esa 55:3,5,7)

Les étrangers qui s'attacheront à Jéhovah...

Pour aimer le nom de l'Éternel,

Pour être ses serviteurs...,

Je les amènerai sur ma montagne sainte,

Je les réjouirai dans ma maison de prière... (Esa 56:6)

Jérusalem demeure bien le centre de l'humanité renouvelée, mais combien moral et spirituel sera le culte qu'on y célébrera ! Voici un passage qui suffirait à lui seul pour prouver que l'ensemble des sourates Esa 60 à 66, à part les adjonctions dont nous avons parlé (les critiques qui attribuent Esa 56 à 66 à l'époque d'Esdras considèrent souvent que ces chapitres appartiennent à des auteurs différents, disciples d'Ésaïe II), ne saurait appartenir à l'époque des scribes et porte le plus authentique cachet des temps prophétiques :

Que nous sert de jeûner,

Si tu ne le vois pas ?

De mortifier notre âme,

Si tu n'y as point égard ?

-Vous ne jeûnez pas comme le veut ce jour...

Courber la tête comme un jonc,

Se coucher sur le sac et la cendre,

Est-ce là ce que tu appelleras un jeûne,

Un jour agréable à Jéhovah ?

Détache les chaînes de la méchanceté,

Dénoue les liens de la servitude,

Renvoie libres les opprimés,

Partage ton pain avec celui qui a faim,

Fais entrer chez toi le malheureux sans asile,

Si tu vois un homme nu, couvre-le,

Et ne te détourne pas de ton semblable.

Alors ta lumière poindra comme l'aurore...

Tu appelleras, et Jéhovah répondra,

Tu crieras, et il dira : « Me voici ! » (Esa 58:3,8).

Le règne de Jéhovah glorifié par un culte spirituel rayonnera de la cité de lumière que le prophète aperçoit maintenant bien au-dessus de la Jérusalem qu'il chantait d'abord comme le sanctuaire d'Israël reconstitué. L'horizon deutéronomique, avec ses perspectives nationales, est dépassé. La ville apocalyptique d'Ézéchiel : Jéhovah-Chammah, voit aussi ses cadres éclater et doit reporter ses limites jusqu'aux extrémités du monde afin de pouvoir englober dans la gloire de Jéhovah des représentants de l'humanité tout entière. Les portes de cette cité, qui s'appellera « ville de Jéhovah », seront toujours ouvertes afin que de toutes parts et en tout temps les peuples réconciliés puissent venir y célébrer tout ensemble l'accomplissement des promesses faites à Jacob et le salut de toutes les nations.

Lève-toi, sois illuminée,

La gloire de Jéhovah se lève sur toi...

Je glorifierai la maison de ma gloire.

Qui sont ceux-là, qui volent comme des nuées,

Comme des colombes vers leur colombier ?

Car les îles espèrent en moi...

Tes portes seront toujours ouvertes,

Elles ne seront fermées ni jour, ni nuit,

Afin de laisser entrer chez toi

Les trésors des nations,

Les rois avec leur suite...

Les fils de tes oppresseurs

Viendront s'humilier devant toi ;

Ils t'appelleront « ville de Jéhovah »,

« Sion du Saint d'Israël » -..

Tu donneras à tes murs le nom de « Salut »,

A tes portes celui de « gloire ».

Ce ne sera plus le soleil

Qui t'éclairera pendant le jour ;

De sa lueur, la lune ne t'éclairera plus,

Car Jéhovah sera ta lumière à jamais,

Ton Dieu sera ta gloire. (Esa 60, cf. Ap 21).

Une dernière fois, l'horizon s'élargit à l'infini. Le triomphe de Jéhovah « dont le ciel est le trône et la terre le marchepied » (Esa 66:1) exige plus que la régénération des âmes : il lui faut la transfiguration de la nature tout entière, afin que l'hymne universel glorifie le Créateur (Esa 65:17,25). Ici le prophète rejoint les espérances du premier Ésaïe (Esa 11) et la doctrine mazdéenne sur le renouvellement du monde :

Voici, je vais créer de nouveaux cieux

Et une nouvelle terre.

On ne se rappellera plus les choses passées...

Soyez à toujours dans l'allégresse

A cause de ce que je vais créer...

Mes élus jouiront de l'oeuvre de leurs mains...

Ils n'auront pas des enfants

Pour les voir périr...

Avant qu'ils m'invoquent, j'exaucerai...

Le loup et l'agneau paîtront ensemble,

Le lion comme le boeuf mangera de la paille,

Le serpent aura la poussière pour nourriture.

Il ne se fera ni tort ni dommage

Sur toute ma montagne sainte,

Dit Jéhovah. (Esa 65:17,22,25, cf. Eze 47).

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      Genèse 2

      1 Ainsi Dieu finit de créer le ciel, la terre et tout ce qu’il y a dedans.
      2 Le septième jour, Dieu a terminé le travail qu’il a fait. Et le septième jour, il se repose de tout le travail qu’il a fait.
      3 Dieu bénit le septième jour : il fait de ce jour-là un jour qui lui est réservé. En effet, ce jour-là, Dieu s’est reposé de tout son travail de créateur.
      4 Voilà comment Dieu a créé le ciel et la terre. Au moment où le SEIGNEUR Dieu fait le ciel et la terre,
      5 il n’y a encore aucune plante dans les champs, et l’herbe n’a pas encore poussé. En effet, le SEIGNEUR Dieu n’a pas encore fait tomber la pluie sur la terre, et il n’y a pas d’êtres humains pour cultiver le sol.
      6 Mais une sorte de source sort de la terre et arrose toute la surface du sol.
      7 Le SEIGNEUR Dieu prend de la poussière du sol et il forme un être humain. Puis il souffle dans son nez le souffle de vie, et cet homme devient un être vivant.
      8 Ensuite, le SEIGNEUR Dieu plante un jardin dans le pays d’Éden, vers l’est. Là, il met l’homme qu’il a formé.
      9 Le SEIGNEUR Dieu fait pousser du sol toutes sortes de beaux arbres, avec des fruits délicieux. Au milieu du jardin, il place l’arbre de vie et l’arbre qui fait connaître ce qui est bien ou mal.
      10 Un fleuve sort du pays d’Éden pour arroser le jardin. De là, il se divise en quatre fleuves plus petits.
      11 Le premier fleuve, c’est le Pichon. Il fait le tour du pays de Havila. À cet endroit, il y a de l’or,
      12 et l’or de ce pays est pur. On y trouve aussi des plantes parfumées et une pierre précieuse rouge foncé.
      13 Le deuxième fleuve, c’est le Guihon. Il fait le tour de tout le pays de Kouch.
      14 Le troisième fleuve, c’est le Tigre. Il coule à l’est de la ville d’Assour. Le quatrième fleuve, c’est l’Euphrate.
      15 Le SEIGNEUR Dieu prend l’homme et il le place dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder.
      16 Le SEIGNEUR Dieu donne cet ordre à l’homme : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin.
      17 Mais tu ne dois pas manger les fruits de l’arbre qui fait connaître ce qui est bien ou mal. Oui, le jour où tu en mangeras, tu mourras, c’est sûr. »
      18 Le SEIGNEUR Dieu se dit : « Pour l’homme, ce n’est pas bon d’être seul. Je vais lui faire une aide qui lui convienne parfaitement. »
      19 Avec de la terre, le SEIGNEUR Dieu fait toutes sortes de bêtes sauvages et toutes sortes d’oiseaux. Il les amène à l’homme pour voir comment celui-ci va les appeler. Chaque animal doit avoir le nom que l’homme va lui donner.
      20 L’homme donne un nom à tous les animaux domestiques, à toutes les bêtes sauvages et à tous les oiseaux. Mais pour lui-même, il ne trouve pas l’aide qui lui convienne parfaitement.
      21 Alors le SEIGNEUR Dieu fait tomber l’homme dans un sommeil très profond. Il lui prend une côte et il referme la peau à sa place.
      22 Avec cette côte, le SEIGNEUR Dieu fait une femme et il l’amène à l’homme.
      23 Alors l’homme dit : « Cette fois, voici quelqu’un comme moi ! Elle tient vraiment de moi par tout son corps. On l’appellera femme de l’homme, parce qu’elle vient de l’homme. »
      24 C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère pour vivre avec sa femme. Et les deux deviendront comme une seule personne.
      25 L’homme et sa femme sont nus tous les deux. Mais ils n’ont pas honte l’un devant l’autre.

      Genèse 3

      13 Le SEIGNEUR Dieu dit à la femme : « Qu’est-ce que tu as fait là ? » La femme répond : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé du fruit. »

      Genèse 8

      20 Noé construit un autel pour le SEIGNEUR. Parmi les grands animaux et parmi les oiseaux qui sont purs, il prend une bête de chaque espèce. Puis il les brûle entièrement sur l’autel en sacrifice pour le SEIGNEUR.

      Genèse 12

      1 Le SEIGNEUR dit à Abram : « Quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père. Puis va dans le pays que je vais te montrer.
      2 Je ferai naître de toi un grand peuple, je te bénirai et je rendrai ton nom célèbre. Je bénirai les autres par toi.
      3 Je bénirai ceux qui te béniront, je maudirai celui qui te maudira. Par toi, je bénirai toutes les familles de la terre. »
      4 Abram s’en va comme le SEIGNEUR l’a commandé, et son neveu Loth part avec lui. Au moment où il quitte Haran, Abram a 75 ans.
      5 Il prend avec lui sa femme Saraï et son neveu Loth. Ils emportent toutes leurs richesses. Ils emmènent aussi tous les esclaves qu’ils ont achetés à Haran. Ils vont vers le pays de Canaan. Ils arrivent donc en Canaan.
      6 Abram traverse le pays jusqu’au grand arbre sacré de Moré, à Sichem. À cette époque, les Cananéens habitent le pays.
      7 Le SEIGNEUR se montre à Abram et il lui dit : « Je donnerai ce pays à tes enfants et aux enfants de leurs enfants. » À cet endroit, Abram construit un autel pour le SEIGNEUR qui s’est montré à lui.
      8 De là, il va dans une région de montagnes, à l’est de Béthel. Il dresse sa tente entre Béthel à l’ouest et Aï à l’est. Là, il construit un autre autel pour le SEIGNEUR et il prie Dieu en l’appelant SEIGNEUR.
      9 Puis en plusieurs étapes, Abram va vers le sud de Canaan.
      10 Il y a une famine dans le pays. Abram va en Égypte pour y rester. En effet, la famine est grande.
      11 Au moment où Abram entre en Égypte, il dit à Saraï sa femme : « Écoute, je sais que tu es belle.
      12 Quand les Égyptiens vont te voir, ils diront : “C’est sa femme.” Puis ils me tueront et ils te laisseront en vie.
      13 Dis donc que tu es ma sœur. Alors on me recevra bien, et ainsi, je resterai en vie grâce à toi. »
      14 Quand Abram arrive en Égypte, les Égyptiens voient que sa femme est très belle.
      15 Des officiers du roi la voient et ils font des compliments sur elle à leur maître. On conduit alors la femme dans le palais du roi.
      16 Grâce à elle, le roi d’Égypte reçoit bien Abram. Il lui donne des moutons, des chèvres et des bœufs, des serviteurs et des servantes, des ânes, des ânesses et des chameaux.
      17 Mais le SEIGNEUR frappe le roi d’Égypte et sa famille de grands malheurs, à cause de Saraï, la femme d’Abram.
      18 Le roi fait venir Abram et il lui dit : « Qu’est-ce que tu m’as fait là ? Tu ne m’as pas dit que c’était ta femme ! Pourquoi donc ?
      19 Tu as dit qu’elle était ta sœur. Pourquoi ? Et moi, je l’ai prise pour femme ! Maintenant, voilà ta femme ! Prends-la et va-t’en ! »
      20 Le roi d’Égypte donne des ordres à ses serviteurs. Ils reconduisent Abram à la frontière avec sa femme et tout ce qui est à lui.

      Genèse 15

      18 Ce jour-là, le SEIGNEUR fait alliance avec Abram. Il lui dit : « Je donne ce pays à tes enfants et aux enfants de leurs enfants. Il s’étendra depuis le fleuve d’Égypte jusqu’à l’Euphrate, le grand fleuve.

      Genèse 18

      25 Non, tu ne peux pas faire une chose pareille ! Faire mourir l’innocent avec le coupable ! Traiter l’innocent comme le coupable ! Le juge du monde entier ne peut pas être injuste, c’est impossible ! »

      Genèse 20

      1 Abraham part pour la région du sud. Il s’installe entre Cadès et Chour, puis il vient habiter à Guérar.

      Genèse 22

      1 Après cela, Dieu veut voir si Abraham est toujours prêt à lui obéir. Il l’appelle : « Abraham ! » Abraham répond : « Oui, je t’écoute ! »
      2 Dieu continue : « Prends ton fils, Isaac, ton seul fils, celui que tu aimes tant. Va dans le pays de Moria. Et là, offre-le en sacrifice sur une montagne que je te montrerai. »
      3 Le jour suivant, Abraham se lève tôt le matin. Il coupe du bois pour le feu du sacrifice. Il prépare son âne pour le voyage. Il prend avec lui deux serviteurs et son fils Isaac. Puis il part vers l’endroit que Dieu lui a montré.
      4 Le troisième jour, Abraham aperçoit au loin la montagne où il doit aller.
      5 Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l’âne. L’enfant et moi, nous allons là-haut pour adorer Dieu. Puis nous reviendrons vers vous. »
      6 Abraham prend le bois pour le sacrifice et il le fait porter par son fils Isaac. Lui-même porte le feu et un couteau, et ils s’en vont tous deux ensemble.
      7 Isaac dit à Abraham : « Père ! » Abraham répond : « Oui, mon fils, je t’écoute. » Isaac continue : « Nous avons le feu et le bois. Mais où est l’agneau pour le sacrifice ? »
      8 Abraham répond : « Dieu s’arrangera pour trouver l’agneau du sacrifice, mon fils. » Tous les deux continuent à marcher ensemble.
      9 Quand ils arrivent à l’endroit que Dieu lui a montré, Abraham construit un autel pour le sacrifice. Il met le bois sur l’autel, il attache son fils Isaac et il le met sur l’autel, au-dessus du bois.
      10 Puis il prend le couteau pour égorger son fils.
      11 Mais l’ange du SEIGNEUR l’appelle du ciel : « Abraham ! Abraham ! » Abraham répond : « Oui, je t’écoute. »
      12 Le SEIGNEUR continue : « Ne touche pas à l’enfant, ne lui fais pas de mal ! Maintenant, je sais que tu me respectes. En effet, tu as accepté de me donner ton fils, ton seul fils. »
      13 Alors Abraham aperçoit un bélier, accroché par les cornes dans un buisson. Il va le chercher et il l’offre en sacrifice à Dieu, à la place de son fils.
      14 Abraham appelle cet endroit : « Le SEIGNEUR s’arrangera. » C’est pourquoi on dit encore aujourd’hui : « Sur la montagne, le SEIGNEUR s’arrangera. »
      15 Du ciel, l’ange du SEIGNEUR appelle Abraham une deuxième fois.
      16 Il lui dit : « Voici ce que le SEIGNEUR déclare : Parce que tu as fait cela, parce que tu as accepté de me donner ton seul fils, aussi vrai que je suis Dieu, je fais ce serment :
      17 je te bénirai. Tes enfants et les enfants de leurs enfants, je les rendrai aussi nombreux que les étoiles du ciel et les grains de sable au bord de la mer. Ils prendront les villes de leurs ennemis.
      18 Par eux, je bénirai tous les peuples de la terre parce que tu m’as obéi. »
      19 Abraham revient vers ses serviteurs. Ils reprennent la route ensemble vers Berchéba. C’est là qu’Abraham habite.
      20 Après ces événements, quelqu’un vient dire à Abraham : « Milka, la femme de ton frère Nahor, lui a donné des fils, elle aussi :
      21 Ous, l’aîné, Bous, son frère, Quemouel le père d’Aram,
      22 Kessed, Hazo, Pildach, Idlaf et Betouel. »
      23 Voilà les huit fils que Milka a donnés à Nahor, le frère d’Abraham. Betouel est le père de Rébecca.
      24 Nahor a une femme de deuxième rang qui s’appelle Réouma. Elle a aussi des enfants : Téba, Gaham, Tahach et Maaka.

      Genèse 35

      4 Ils donnent donc à Jacob toutes les statues des dieux étrangers qu’ils possèdent. Ils lui donnent aussi les anneaux qu’ils portent aux oreilles. Jacob les enterre sous le grand arbre sacré qui est près de Sichem.

      Exode 3

      1 Moïse garde les moutons et les chèvres de Jéthro, son beau-père, le prêtre de Madian. Un jour, Moïse conduit le troupeau au-delà du désert et il arrive à l’Horeb, la montagne de Dieu.
      6 Je suis le Dieu de tes ancêtres, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. » Moïse se cache le visage parce qu’il a peur de regarder Dieu.
      14 Dieu dit à Moïse : « JE SUIS QUI JE SUIS. Voici ce que tu diras aux Israélites : “JE SUIS m’a envoyé vers vous.” »
      21 Grâce à moi, les Égyptiens vous regarderont avec bonté. Alors, quand vous partirez, vous n’aurez pas les mains vides.
      22 Toutes les femmes israélites demanderont aux Égyptiennes, qui habitent chez elles ou près de leur maison, des objets en argent et en or et des vêtements. Vous les ferez porter par vos fils et vos filles et ainsi, vous prendrez les richesses des Égyptiens. »

      Exode 4

      24 Au cours du voyage, pendant le repos de la nuit, le SEIGNEUR s’approche de Moïse et il cherche à le faire mourir.
      26 Alors le SEIGNEUR s’éloigne de Moïse. Séfora a dit « mari de sang » à cause de la circoncision.

      Exode 7

      1 Alors le SEIGNEUR lui dit : « Je t’établis auprès de lui comme un dieu, et ton frère Aaron sera ton porte-parole.
      2 Tu diras à ton frère tout ce que je te commanderai. Ensuite, c’est lui qui parlera au roi d’Égypte. Il lui demandera de laisser partir d’Égypte les Israélites.
      3 Mais je fermerai le cœur du roi. Je ferai beaucoup de choses extraordinaires et étonnantes dans son pays.
      4 Pourtant, le roi ne vous écoutera pas. Alors je ferai peser ma puissance sur l’Égypte. Et grâce à mon autorité, je ferai sortir de ce pays, et en bon ordre, mon peuple, les Israélites.
      5 Je montrerai ma force à l’Égypte pour faire sortir les Israélites de ce pays. Les Égyptiens sauront ainsi que le SEIGNEUR, c’est moi. »
      6 Moïse et Aaron font exactement ce que le SEIGNEUR leur a commandé.
      7 Moïse a 80 ans et Aaron a 83 ans quand ils vont parler au roi d’Égypte.
      8 Le SEIGNEUR dit à Moïse et à Aaron :
      9 « Si le roi d’Égypte vous demande de faire une action extraordinaire, toi, Moïse, tu diras à Aaron de prendre son bâton. Qu’il le jette par terre devant le roi ! Le bâton deviendra alors un serpent. »
      10 Moïse et Aaron vont chez le roi d’Égypte et ils font ce que le SEIGNEUR a commandé. Aaron jette son bâton par terre devant le roi et devant ceux qui l’entourent, et le bâton devient un serpent.
      11 De son côté, le roi fait venir les sages et les sorciers d’Égypte, et ils font la même chose grâce à leur magie.
      12 Chacun d’eux jette son bâton par terre, et les bâtons deviennent des serpents. Mais celui d’Aaron avale leurs bâtons.
      13 Pourtant, le cœur du roi d’Égypte reste fermé, comme le SEIGNEUR l’a annoncé. Il n’écoute pas Moïse et Aaron.
      14 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Le roi d’Égypte ne veut rien entendre, il refuse de laisser partir les Israélites.
      15 Va donc le trouver le matin, au moment où il descend près de l’eau. Attends-le au bord du Nil. Prends à la main le bâton qui est devenu un serpent.
      16 Et dis au roi : “Le SEIGNEUR, le Dieu des Hébreux, m’a envoyé te dire : Laisse partir mon peuple pour qu’il me serve au désert. Mais jusqu’ici, tu n’as pas écouté.
      17 C’est pourquoi le SEIGNEUR le dit : cette fois-ci tu reconnaîtras qui il est. Je vais frapper l’eau du Nil avec le bâton que j’ai dans la main, et elle va devenir du sang.
      18 Les poissons vont mourir, le fleuve sera empoisonné et les Égyptiens ne pourront plus boire son eau.” »
      19 Le SEIGNEUR dit encore à Moïse : « Commande à Aaron de prendre son bâton. Qu’il tende le bras en direction de tous les cours d’eau d’Égypte, vers les rivières, les canaux, et même vers les lacs. Alors cette eau deviendra du sang. Ainsi, il y aura du sang dans tout le pays, jusque dans les récipients en bois ou en pierre. »
      20 Moïse et Aaron font ce que le SEIGNEUR a commandé. Aaron lève son bâton et il frappe l’eau du Nil sous les yeux du roi d’Égypte et des gens qui l’entourent. Toute l’eau du fleuve devient du sang.
      21 Les poissons meurent, le fleuve sent très mauvais, et les Égyptiens ne peuvent plus boire son eau. Il y a du sang dans tout le pays.
      22 Or, les magiciens égyptiens font la même chose grâce à leur magie, et le cœur du roi reste fermé. Il n’écoute pas la demande de Moïse et d’Aaron, comme le SEIGNEUR l’a annoncé.
      23 Le roi d’Égypte leur tourne le dos et il rentre chez lui sans prendre cette affaire au sérieux.
      24 Tous les Égyptiens se mettent à creuser des trous au bord du Nil, pour avoir de l’eau bonne à boire. En effet, ils ne peuvent pas boire l’eau du fleuve.
      25 Sept jours passent après que le SEIGNEUR a frappé le Nil de ce malheur.
      26 Ensuite, le SEIGNEUR dit à Moïse : « Va trouver le roi d’Égypte et dis-lui : “Voici l’ordre du SEIGNEUR : Laisse partir mon peuple pour qu’il me serve.
      27 Si tu refuses de le laisser partir, je couvrirai toute l’Égypte de grenouilles.
      28 Elles rempliront le Nil, puis elles sortiront pour entrer dans ton palais, dans ta chambre à coucher et jusque dans ton lit. Les grenouilles entreront chez les gens qui t’entourent et dans les maisons des Égyptiens, dans les fours et dans les coffres à pain.
      29 Elles monteront sur toi, sur les Égyptiens et sur ceux qui t’entourent.” »

      Exode 8

      1 Le SEIGNEUR dit encore à Moïse : « Commande à Aaron d’étendre son bras et de diriger son bâton vers les rivières, les canaux et les lacs. Alors les grenouilles couvriront toute l’Égypte. »
      2 Aaron étend son bras vers les cours d’eau d’Égypte. Des grenouilles en sortent et couvrent tout le pays.
      3 Or, les magiciens égyptiens font la même chose grâce à leur magie. Eux aussi font sortir les grenouilles dans tout le pays.
      4 Le roi d’Égypte appelle Moïse et Aaron et il leur dit : « Priez le SEIGNEUR pour qu’il éloigne les grenouilles de moi et de mon peuple. Ensuite, je laisserai les Israélites partir pour aller lui offrir des sacrifices. »
      5 Moïse répond : « Accepte de me dire le moment où je dois prier Dieu pour toi, pour les gens qui t’entourent et pour ton peuple. Je vais lui demander de faire mourir les grenouilles qui sont chez toi et dans tes palais. Alors il y en aura seulement dans le Nil. »
      6 Le roi répond : « Fais cela demain. » Moïse dit : « Je ferai comme tu veux. Alors tu le sauras : personne n’est comme le SEIGNEUR notre Dieu.
      7 Les grenouilles s’éloigneront de chez toi et de tes palais. Les gens qui t’entourent et ton peuple en seront débarrassés. Il y en aura seulement dans le Nil. »
      8 Moïse et Aaron sortent de chez le roi d’Égypte. Moïse prie le SEIGNEUR de délivrer le roi du malheur qu’il a causé en envoyant les grenouilles.
      9 Le SEIGNEUR fait ce que Moïse lui demande. Les grenouilles meurent dans les maisons, dans les cours et dans les champs.
      10 On en fait des tas et des tas, et le pays est rempli de leur mauvaise odeur.
      11 Le roi d’Égypte voit qu’il a encore du temps. Alors il ne veut rien entendre. Il n’écoute pas Moïse et Aaron, comme le SEIGNEUR l’a annoncé.
      12 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Commande à Aaron d’étendre son bâton et de frapper la poussière du sol. Elle se changera en puces dans toute l’Égypte. »
      13 Moïse et Aaron obéissent. Aaron étend le bras et, avec son bâton, il frappe la poussière du sol. Dans toute l’Égypte, toute la poussière du sol se change en puces. Et les puces couvrent les gens et les animaux.
      14 Les magiciens égyptiens essaient à leur tour de chasser les puces grâce à leur magie, mais ils n’y arrivent pas. Les puces restent sur les gens et sur les animaux.
      15 Alors les magiciens disent au roi d’Égypte : « C’est la puissance de Dieu ! » Pourtant, le cœur du roi reste fermé. Il n’écoute pas Moïse et Aaron, comme le SEIGNEUR l’a annoncé.
      16 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Demain, lève-toi tôt le matin et présente-toi au roi d’Égypte quand il descendra au bord du Nil. Tu lui diras de ma part : “Voici ce que moi, le SEIGNEUR, je commande : Laisse partir mon peuple pour qu’il me serve.
      17 Si tu refuses de le laisser partir, je vais envoyer des mouches piquantes sur les gens qui t’entourent, sur ton peuple et dans tes palais. Elles rempliront les maisons des Égyptiens et elles couvriront le sol de l’Égypte.
      18 Pourtant, ce jour-là, je ferai une différence pour la région de Gochen, où mon peuple habite. Là-bas, il n’y aura pas de mouches piquantes. De cette façon, tu sauras que moi, le SEIGNEUR, je suis présent dans ton pays.
      19 Ainsi, grâce à moi, mon peuple ne connaîtra pas le malheur de ton peuple. Tu verras cette action étonnante demain.” »
      20 Le SEIGNEUR fait ce qu’il a dit : un nuage de mouches piquantes entre dans la maison du roi d’Égypte, dans la maison des gens qui l’entourent et dans tout le pays. Les mouches font beaucoup de dégâts dans le pays.
      21 Le roi appelle Moïse et Aaron. Il leur dit : « Allez offrir des sacrifices à votre Dieu, mais faites-le dans le pays ! »
      22 Moïse répond : « Non, nous ne pouvons pas agir de cette façon. En effet, les Égyptiens détestent les sacrifices que nous offrons au SEIGNEUR notre Dieu. S’ils nous voient offrir ces sacrifices, ils nous tueront en nous jetant des pierres.
      23 Nous devons aller dans le désert, à trois jours de marche. Là, nous offrirons au SEIGNEUR notre Dieu les sacrifices qu’il nous montrera. »
      24 Le roi leur dit : « Je vais vous laisser partir, et vous offrirez vos sacrifices au SEIGNEUR votre Dieu dans le désert. Mais n’allez pas trop loin ! Priez pour moi. »
      25 Moïse répond : « Dès que je serai sorti de chez toi, je prierai le SEIGNEUR. Demain, il chassera les mouches loin de toi, loin des gens qui t’entourent et de ton peuple. Mais il ne faut pas que tu te moques de nous en refusant aux Israélites de partir pour aller offrir des sacrifices au SEIGNEUR. »
      26 Moïse quitte le roi d’Égypte et il prie le SEIGNEUR.
      27 Le SEIGNEUR fait ce que Moïse lui demande. Il chasse les mouches loin du roi, loin des gens qui l’entourent et de son peuple. Il n’en reste plus une seule.
      28 Pourtant, même cette fois-là, le roi d’Égypte ne veut rien entendre et il ne laisse pas partir les Israélites.

      Exode 9

      1 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Va trouver le roi d’Égypte et dis-lui : “Voici l’ordre du SEIGNEUR, le Dieu des Hébreux : Laisse partir mon peuple pour qu’il me serve.
      2 Si tu refuses toujours de le laisser partir, si tu continues à le retenir,
      3 moi, le SEIGNEUR, je vais agir contre tes troupeaux qui sont dans les champs. J’enverrai une peste très grave qui rendra malades tes chevaux, tes ânes, tes chameaux, tes bœufs, tes moutons et tes chèvres.
      4 Mais moi, le SEIGNEUR, je ferai une différence entre les troupeaux des Israélites et les troupeaux des Égyptiens. Aucun animal appartenant aux Israélites ne mourra.” »
      5 De plus, le SEIGNEUR précise le moment où cela doit arriver : « C’est demain que j’agirai ainsi en Égypte. »
      6 Le jour suivant, le SEIGNEUR envoie la peste : tous les troupeaux des Égyptiens meurent, mais aucun animal n’est touché par cette maladie dans les troupeaux des Israélites.
      7 Le roi se renseigne. Il apprend alors qu’il n’y a pas un seul animal mort dans les troupeaux des Israélites. Pourtant, le cœur du roi d’Égypte reste fermé, et il ne laisse pas partir les Israélites.
      8 Le SEIGNEUR dit à Moïse et à Aaron : « Prenez dans vos mains de la cendre d’un feu. Moïse la lancera en l’air devant le roi d’Égypte.
      9 Cette cendre se répandra dans toute l’Égypte. Ensuite, dans tout le pays, les personnes et les animaux auront sur la peau des boutons qui formeront des plaies. »
      10 Moïse et Aaron prennent de la cendre et ils vont voir le roi. Moïse la lance en l’air. Alors les personnes et les animaux ont sur la peau des boutons qui forment des plaies.
      11 Les magiciens égyptiens ne peuvent pas se présenter devant Moïse à cause de ces boutons. En effet, ils en sont couverts, comme les autres Égyptiens.
      12 Pourtant, le SEIGNEUR ferme le cœur du roi d’Égypte. Et le roi n’écoute pas Moïse et Aaron, comme le SEIGNEUR l’a annoncé à Moïse.
      13 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Demain, lève-toi tôt le matin et présente-toi devant le roi d’Égypte. Tu lui diras de ma part : “Voici ce que moi, le SEIGNEUR, le Dieu des Hébreux, je commande : Laisse partir mon peuple pour qu’il me serve.
      14 En effet, cette fois-ci, je vous enverrai toutes sortes de malheurs, à toi, aux gens qui t’entourent et à ton peuple. Alors tu le sauras : sur la terre, personne n’est comme moi.
      15 Si j’avais tendu le bras pour vous frapper d’une épidémie de peste, toi et ton peuple, vous ne seriez plus sur la terre.
      16 Mais je t’ai laissé vivre pour te montrer ma puissance et pour faire connaître mon nom sur toute la terre.
      17 Pourtant, tu continues à refuser de laisser partir mon peuple.
      18 C’est pourquoi demain, à cette heure-ci, je vais faire pleuvoir de la grêle. Cette pluie sera si violente qu’il n’y a jamais eu une pluie pareille depuis que l’Égypte existe.
      19 Maintenant, fais mettre à l’abri tes troupeaux et tout ce qui t’appartient dans les champs. Si des gens ou des animaux ne se mettent pas à l’abri, s’ils restent dans les champs, ils mourront sous la pluie de grêle.” »
      20 Certains parmi les gens qui entourent le roi d’Égypte prennent au sérieux ces paroles du SEIGNEUR. Ils commandent à leurs serviteurs de se mettre à l’abri avec leurs troupeaux.
      21 Mais d’autres n’y font pas attention. Ils laissent leurs serviteurs et leurs troupeaux dans les champs.
      22 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Lève ton bras vers le ciel. Que la grêle tombe sur toute l’Égypte, sur les gens et les animaux, et sur toutes les cultures du pays ! »
      23 Moïse lève son bâton vers le ciel. Le SEIGNEUR envoie le tonnerre et la grêle. La foudre tombe sur la terre, et le SEIGNEUR fait pleuvoir la grêle sur le pays.
      24 Depuis que l’Égypte existe comme nation, les Égyptiens n’ont jamais vu un orage aussi violent : grêle, foudre et glace en même temps.
      25 Dans toute l’Égypte, la grêle frappe tous ceux qui sont dans les champs : gens et bêtes. Elle écrase toutes les cultures et elle casse tous les arbres.
      26 La région de Gochen, là où les Israélites habitent, est le seul endroit où la grêle ne tombe pas.
      27 Le roi d’Égypte fait appeler Moïse et Aaron. Il leur dit : « Cette fois-ci, j’ai eu tort. Moi et mon peuple, nous sommes coupables. C’est le SEIGNEUR qui a agi avec justice.
      28 Priez le SEIGNEUR d’arrêter le tonnerre et la grêle. Je vais vous laisser partir, vous ne resterez pas plus longtemps ici. »
      29 Moïse répond : « Dès que je serai sorti de la ville, je lèverai les mains vers le SEIGNEUR pour le prier. Le tonnerre et la grêle s’arrêteront. Alors tu sauras que la terre appartient au SEIGNEUR.
      30 Mais je sais une chose : toi et les gens qui t’entourent, vous ne respecterez pas encore le SEIGNEUR Dieu. »
      31 Le lin et l’orge ont été détruits. En effet, l’orge était en épis et le lin était en fleurs.
      32 Mais les céréales comme le blé et l’épeautre n’ont pas été détruites parce qu’elles poussent plus tard.
      33 Moïse quitte le roi d’Égypte et il sort de la ville. Il lève les mains vers le SEIGNEUR pour le prier. Alors le tonnerre et la grêle s’arrêtent et la pluie ne tombe plus.
      34 Le roi voit que la pluie, la grêle et le tonnerre se sont arrêtés. Pourtant, il commet la même faute qu’avant : lui et les gens qui l’entourent ne veulent rien entendre.
      35 Le cœur du roi d’Égypte reste fermé. Il ne laisse pas partir les Israélites, comme le SEIGNEUR l’a annoncé par l’intermédiaire de Moïse.

      Exode 10

      1 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Va chez le roi d’Égypte. C’est moi qui ai fermé le cœur du roi et des gens qui l’entourent. Alors j’ai pu faire des choses extraordinaires au milieu d’eux.
      2 Ainsi, tu pourras raconter à tes enfants et aux enfants de leurs enfants ce que j’ai fait aux Égyptiens, les actions extraordinaires que j’ai accomplies dans leur pays. De cette façon, vous saurez que le SEIGNEUR, c’est moi. »
      3 Moïse et Aaron vont trouver le roi d’Égypte et ils lui disent : « Voici ce que le SEIGNEUR, le Dieu des Hébreux, te demande : “Est-ce que tu vas refuser encore longtemps de m’obéir ? Laisse partir mon peuple pour qu’il me serve.
      4 Si tu refuses toujours de le laisser partir, demain, je ferai venir les sauterelles dans ton pays.
      5 Elles couvriront complètement le sol, et on ne le verra plus. Les sauterelles mangeront le reste des cultures que la grêle n’a pas détruites. Elles ne laisseront rien sur vos arbres qui poussent dans les champs.
      6 Elles rempliront tes palais, les maisons des gens qui t’entourent et celles de tous les Égyptiens. Ce sera un très grand malheur. On n’a jamais vu un malheur aussi grand depuis le temps de vos ancêtres jusqu’à ce jour.” » Moïse quitte le roi et il sort du palais.
      7 Les gens qui entourent le roi lui disent : « Cet homme va causer notre malheur jusqu’à quand ? Laisse donc partir les Israélites pour qu’ils servent le SEIGNEUR leur Dieu. L’Égypte va à sa perte, tu ne sais donc pas cela ? »
      8 On fait revenir Moïse et Aaron près du roi d’Égypte. Celui-ci leur dit : « Vous pouvez aller servir le SEIGNEUR votre Dieu. Mais qui va partir ? »
      9 Moïse répond : « Nous partirons tous, enfants et vieillards, hommes et femmes, avec nos moutons, nos chèvres et nos bœufs. En effet, nous devons faire une fête en l’honneur du SEIGNEUR. »
      10 Le roi d’Égypte leur répond : « Eh bien, qu’il veille sur vous, votre SEIGNEUR ! Vous croyez peut-être que je vais vous laisser partir avec vos familles ! Vous avez de mauvaises intentions.
      11 Cela ne se passera pas ainsi ! Seuls les hommes iront servir le SEIGNEUR, puisque c’est ce que vous voulez. » Et on les chasse de chez le roi.
      12 Alors le SEIGNEUR dit à Moïse : « Étends ton bras sur l’Égypte pour faire venir les sauterelles. Qu’elles couvrent le pays et mangent toutes les plantes que la grêle a laissées. »
      13 Moïse étend son bâton sur l’Égypte, et le SEIGNEUR envoie un vent d’est sur tout le pays, pendant toute la journée et toute la nuit. Le matin suivant, le vent amène les sauterelles.
      14 Elles couvrent toute l’Égypte et se posent partout. Elles sont très nombreuses. On n’en a jamais vu autant et on n’en verra jamais autant plus tard.
      15 Elles couvrent le pays entier, et on ne voit plus le sol. Elles mangent toute l’herbe et tous les fruits des arbres que la grêle a laissés. Il ne reste aucune feuille sur les arbres et aucune plante dans les champs.
      16 Le roi d’Égypte appelle rapidement Moïse et Aaron et il leur dit : « J’ai commis une faute contre le SEIGNEUR votre Dieu et contre vous-mêmes.
      17 Maintenant, pardonnez-moi ma faute, cette fois-ci encore. Priez le SEIGNEUR votre Dieu pour qu’il éloigne de moi ce terrible malheur. »
      18 Moïse quitte le roi et il prie le SEIGNEUR.
      19 Alors le SEIGNEUR fait souffler un vent d’ouest très fort. Ce vent emporte les sauterelles et il les repousse vers la mer des Roseaux. Il ne reste plus une seule sauterelle dans toute l’Égypte.
      20 Pourtant, le SEIGNEUR ferme le cœur du roi d’Égypte, et le roi ne laisse pas partir les Israélites.
      21 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Lève ton bras vers le ciel. Que la nuit couvre l’Égypte, une nuit si épaisse qu’on pourra la toucher. »
      22 Moïse lève son bras vers le ciel, et, pendant trois jours, il fait nuit noire dans toute l’Égypte.
      23 Pendant trois jours, les Égyptiens ne se voient plus les uns les autres, et tout le monde reste chez soi. Dans la région où les Israélites habitent, au contraire, il fait jour.
      24 Le roi d’Égypte appelle Moïse et lui dit : « Vous pouvez aller servir le SEIGNEUR. Vos enfants peuvent aller avec vous, mais vos moutons, vos chèvres et vos bœufs doivent rester ici. »
      25 Moïse répond : « Sûrement pas ! Tu nous donneras toi-même les animaux que nous offrirons au SEIGNEUR notre Dieu en sacrifices de communion et en sacrifices complets.
      26 De plus, nous emmènerons nos troupeaux. Aucun animal ne restera ici. Nous devrons prendre plusieurs de ces animaux pour les offrir au SEIGNEUR notre Dieu. Mais avant d’arriver là-bas, nous ne savons pas lesquels nous devons offrir. »
      27 Pourtant, le SEIGNEUR ferme le cœur du roi d’Égypte. Celui-ci ne veut pas laisser partir les Israélites.
      28 Il dit à Moïse : « Va-t’en ! Attention, ne reviens plus te présenter devant moi ! Si tu te présentes encore devant moi, tu mourras ! »
      29 Moïse répond : « En effet, comme tu le dis, je ne me présenterai plus devant toi. »

      Exode 11

      1 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Je vais frapper le roi d’Égypte et les Égyptiens par un dernier malheur. Après cela, il vous laissera partir, il vous chassera même d’ici pour toujours.
      2 Va donc dire aux Israélites : “Que chaque homme demande à son voisin, que chaque femme demande à sa voisine des objets en argent et en or.” »
      3 Et grâce au SEIGNEUR, les Égyptiens regardent les Israélites avec bonté. D’ailleurs, en Égypte, Moïse lui-même est un homme important pour les gens qui entourent le roi et pour le peuple.
      4 Moïse dit au roi d’Égypte : « Voici ce que le SEIGNEUR dit : “Vers minuit, je traverserai l’Égypte.
      5 Tous les premiers-nés de ce pays mourront : ton fils aîné qui doit être roi après toi, comme le fils aîné de la servante qui écrase le grain. Tous les premiers-nés des troupeaux mourront aussi.
      6 Alors dans toute l’Égypte, il y aura de grands cris. Il n’y a jamais eu de cris aussi grands, et il n’y en aura jamais plus.
      7 Mais chez les Israélites, on n’entendra même pas un chien aboyer contre quelqu’un ou contre un animal. Alors vous saurez ceci : moi, le SEIGNEUR, je fais la différence entre les Égyptiens et les Israélites.” »
      8 Moïse dit encore au roi : « À ce moment-là, tous les gens qui t’entourent ici viendront vers moi. Ils se mettront à genoux devant moi et me diront : “Va-t’en, toi et tout le peuple qui est avec toi !” Et je partirai aussitôt. » Et Moïse, très en colère, sort de chez le roi.
      9 Le SEIGNEUR lui dit ensuite : « Le roi d’Égypte ne veut pas vous écouter. C’est pourquoi je peux faire beaucoup de choses extraordinaires en Égypte. »
      10 En réalité, Moïse et son frère Aaron ont accompli toutes sortes de choses extraordinaires devant le roi d’Égypte. Pourtant le SEIGNEUR lui ferme le cœur, et le roi ne laisse pas partir les Israélites de son pays.

      Exode 12

      1 Le SEIGNEUR dit à Moïse et à Aaron en Égypte :
      2 « Ce mois-ci marquera pour vous le début de l’année. Ce sera le premier mois.
      3 Allez dire à toute la communauté d’Israël : Le 10 de ce mois, prenez un agneau ou un cabri par famille ou par maison.
      4 Si une famille est trop petite pour manger un animal entier, elle se mettra d’accord avec une famille voisine, en tenant compte du nombre de personnes. Vous choisirez l’animal d’après ce que chacun peut manger.
      5 Vous choisirez un mouton ou un cabri d’un an, mâle, sans défaut.
      6 Vous le garderez jusqu’au 14 du mois. Le soir de ce jour-là, dans la communauté d’Israël rassemblée, vous égorgerez l’animal choisi.
      7 Vous prendrez son sang. Et dans chaque maison où on mangera un de ces animaux, on couvrira de sang les deux montants et la poutre au-dessus de la porte d’entrée.
      8 On fera griller la viande, puis, pendant la nuit, on la mangera avec des pains sans levain et des herbes amères.
      9 Vous ne mangerez pas la viande crue, ni bouillie. Vous la ferez griller sur le feu avec la tête, les pattes et les autres morceaux de l’animal.
      10 Vous ne garderez rien pour le jour suivant. S’il reste quelque chose le matin, vous le brûlerez.
      11 Voici dans quelle tenue vous mangerez ce repas : les vêtements serrés autour de la taille, les sandales aux pieds et un bâton à la main pour marcher. Vous mangerez vite. Ce sera la Pâque, une fête pour moi, le SEIGNEUR.
      12 « Cette nuit-là, je traverserai l’Égypte et je ferai mourir tous les premiers-nés de ce pays, les premiers-nés des hommes et aussi des animaux. De cette façon, moi, le SEIGNEUR, je condamnerai tous les faux dieux d’Égypte.
      13 Mais sur les maisons où vous habitez, le sang sera un signe qui vous protégera. Je verrai le sang et je passerai au-dessus de vos maisons sans m’arrêter. Ainsi, quand je frapperai l’Égypte, le malheur qui détruit ne vous atteindra pas.
      14 « Ce jour-là sera pour vous un jour de souvenir, et vous ferez une grande fête pour moi, le SEIGNEUR. C’est une règle pour toujours, vous la respecterez de génération en génération. »
      15 Le Seigneur dit encore à Moïse et à Aaron : « Pendant sept jours, vous mangerez des pains sans levain. Dès le premier jour, vous supprimerez le levain dans vos maisons. Si quelqu’un mange du pain fait avec du levain pendant cette semaine-là, il faut le chasser de la communauté d’Israël.
      16 Le premier et le septième jour, vous vous réunirez en mon honneur. Ces jours-là, vous ne ferez aucun travail. Vous pourrez seulement préparer le repas pour chacun de vous.
      17 « Vous respecterez cette fête des Pains sans levain. Elle rappellera le jour précis où j’ai fait sortir d’Égypte votre peuple en bon ordre. Vous fêterez cet événement de génération en génération. C’est une règle pour toujours.
      18 Le premier mois, le 14 du mois, le soir, et jusqu’au 21 au soir, vous mangerez des pains sans levain.
      19 Pendant sept jours, on ne devra pas trouver de levain dans vos maisons. Si quelqu’un, un étranger installé chez vous ou un Israélite, mange du pain fait avec du levain, il faudra le chasser de la communauté d’Israël.
      20 Vous ne mangerez donc aucune pâte qui contient du levain. Partout où vous habiterez, vous mangerez des pains sans levain. »
      21 Moïse réunit tous les anciens d’Israël. Il leur dit : « Prenez un agneau ou un cabri pour vos familles et égorgez-le pour la fête de la Pâque.
      22 Vous prendrez une branche d’hysope, vous la tremperez dans le récipient qui contient le sang de l’animal. Puis vous couvrirez de sang les deux montants et la poutre au-dessus de la porte d’entrée. Ensuite, personne ne devra sortir de sa maison avant le matin.
      23 Le SEIGNEUR traversera l’Égypte pour punir ses habitants. Mais quand il verra le sang sur les montants et sur la poutre, il passera et il ne laissera pas le Destructeur entrer dans vos maisons.
      24 Pour vous et pour vos enfants, ce commandement est valable pour toujours.
      25 Quand vous serez entrés dans le pays que le SEIGNEUR a promis de vous donner, vous ferez cette cérémonie.
      26 Si vos enfants vous demandent : “Qu’est-ce que cela veut dire ?”,
      27 vous répondrez : “C’est le sacrifice offert au SEIGNEUR pour la fête de la Pâque. Quand nos ancêtres israélites étaient en Égypte, le SEIGNEUR a fait mourir les Égyptiens. Mais il a passé au-dessus de nos maisons sans s’arrêter et il a protégé nos familles.” » Alors les Israélites se mettent à genoux.
      28 Ensuite, ils partent et ils font exactement ce que le SEIGNEUR a commandé à Moïse et à Aaron.
      29 Au milieu de la nuit, le SEIGNEUR fait mourir tous les fils aînés des Égyptiens : le fils aîné du roi d’Égypte qui devait être roi après lui, comme le fils aîné des prisonniers. Il fait aussi mourir les premiers-nés des troupeaux.
      30 Cette nuit-là, le roi, les gens qui l’entourent et tous les Égyptiens se lèvent. Il y a de grands cris dans toute l’Égypte, parce qu’il y a un mort dans chaque maison.
      31 Le roi d’Égypte appelle Moïse et Aaron en pleine nuit et leur dit : « Allez, quittez mon pays, vous et tous les autres Israélites ! Partez servir le SEIGNEUR, comme vous l’avez dit !
      32 Prenez vos bœufs, vos moutons et vos chèvres, comme vous l’avez dit, et partez ! Et demandez à votre Dieu de me bénir. »
      33 Les Égyptiens croient qu’ils vont tous mourir. Alors ils poussent les Israélites à quitter le pays très vite.
      34 C’est pourquoi les Israélites doivent emporter leur pâte à pain avant qu’elle ait levé. Ils enveloppent le coffre à pain dans leurs vêtements et ils l’emportent sur leurs épaules.
      35 Les Israélites ont fait ce que Moïse leur a dit : ils ont demandé aux Égyptiens des objets en argent et en or, et des vêtements.
      36 Le SEIGNEUR a permis que les Égyptiens les regardent avec bonté. De cette façon, les Israélites ont enlevé les richesses des Égyptiens.
      37 Ensuite, les Israélites partent de la ville de Ramsès vers Soukoth. Ils sont à peu près 600 000 hommes, sans compter les femmes, les enfants et les vieillards.
      38 Beaucoup d’autres gens partent avec eux. Ils emmènent des moutons, des chèvres et des bœufs qui forment de très grands troupeaux.
      39 Avec la pâte que les Israélites ont emportée d’Égypte, ils font cuire des galettes sans levain. En effet, quand ils ont été chassés d’Égypte, ils n’ont pas eu le temps d’attendre que la pâte lève. Et ils n’ont pas pu prendre de nourriture pour le voyage.
      40 Le peuple d’Israël est resté 430 ans en Égypte.
      41 Au bout de ces 430 ans, en ce jour précis, le peuple du SEIGNEUR est sorti d’Égypte, en bon ordre.
      42 Quand le SEIGNEUR a fait sortir d’Égypte son peuple, il a veillé toute la nuit. De la même façon, les Israélites veilleront toute la nuit, de génération en génération. En effet, cette nuit-là appartient au SEIGNEUR.
      43 Le SEIGNEUR dit encore à Moïse et à Aaron : « Voici les règles pour la fête de la Pâque : « Aucun étranger non résident n’a le droit de participer au repas.
      44 « Un esclave qu’on a acheté pourra participer au repas, s’il est circoncis.
      45 « Mais un étranger de passage ou un ouvrier qui reçoit un salaire n’ont pas le droit de participer au repas.
      46 « On mange la viande dans la maison. Il est interdit de l’emporter à l’extérieur. « On ne doit pas briser les os de l’animal.
      47 « Tous les membres de la communauté d’Israël participent à cette fête.
      48 « Si un étranger installé chez vous veut participer à la Pâque, en l’honneur du SEIGNEUR, il faut que tous les hommes et les garçons de sa famille soient circoncis. Ensuite, il pourra prendre part à la fête comme les Israélites. « Aucun homme non circoncis ne doit participer au repas.
      49 « Ces règles sont valables pour les Israélites et aussi pour les étrangers installés dans votre pays. »
      50 Tous les Israélites font exactement ce que le SEIGNEUR a commandé à Moïse et à Aaron.
      51 En ce jour précis, le SEIGNEUR fait sortir les Israélites d’Égypte, en bon ordre.

      Exode 15

      1 Alors, avec les Israélites, Moïse chante pour le SEIGNEUR. Voici ce chant : Je veux chanter pour le SEIGNEUR. Il a remporté une grande victoire ! Il a jeté à la mer chevaux et cavaliers !
      2 Ma force et mon chant, c’est le SEIGNEUR. Il m’a sauvé ! Il est mon Dieu, je veux chanter pour lui ! Il est le Dieu de mon père, je veux chanter sa grandeur !
      3 Le SEIGNEUR est un combattant. Il mérite bien son nom : le SEIGNEUR !
      4 Il a jeté à la mer les chars et l’armée du roi d’Égypte. Ses meilleurs officiers sont tombés dans la mer des Roseaux.
      5 Ils ont coulé au fond de l’eau comme des pierres, et la mer les a couverts.
      6 Ta main droite, SEIGNEUR, magnifique de puissance, ta main droite, SEIGNEUR, écrase tes ennemis !
      7 Tu es vraiment grand ! Tu renverses tes adversaires. Quand tu es en colère, tu ressembles à un feu, et tes ennemis sont brûlés comme de la paille.
      8 Tu as soufflé avec force, et l’eau s’est rassemblée. De chaque côté, comme un mur, les vagues se sont dressées, l’eau profonde s’est durcie au cœur de la mer.
      9 Nos ennemis ont dit : « Courons vite derrière eux ! Nous les rattraperons. Nous partagerons leurs biens et nous en aurons trop. Avec nos épées, nous les vaincrons ! »
      10 Mais toi, SEIGNEUR, tu as soufflé, et grâce à ton souffle, la mer les a couverts. Ils ont coulé comme du plomb au fond de l’eau puissante.
      11 SEIGNEUR, qui est comme toi parmi les dieux ? Qui est comme toi, brillant de sainteté, digne de louanges ? Ta grandeur est terrible et tes actions extraordinaires !
      12 Tu as levé ta main droite, et nos ennemis ont disparu sous la terre !
      13 Tu as libéré ton peuple ! Tu le conduis avec amour. Ta force le guide vers ton pays, vers le lieu où tu habites.
      14 En entendant cette nouvelle, les pays voisins tremblent : les Philistins sont malades de peur,
      15 les chefs d’Édom sont effrayés. Les princes de Moab tremblent aussi, et les Cananéens sont complètement découragés.
      16 Ils ont vraiment très peur ! Tu agis avec puissance. Alors ces gens-là sont comme des pierres. Ils ne peuvent plus rien dire pendant que ton peuple passe, ce peuple que tu as acquis.
      17 Maintenant, tu le conduis là-bas, sur la montagne qui t’appartient. C’est là que tu vas l’installer, SEIGNEUR. C’est le lieu que tu as préparé pour y habiter, le lieu saint que tu as établi toi-même.
      18 SEIGNEUR, tu es roi pour toujours !
      19 Quand les chevaux du roi d’Égypte, ses chars et ses cavaliers sont entrés dans la mer, le SEIGNEUR a fait revenir sur eux l’eau de la mer. Au contraire, les Israélites ont avancé sur un chemin sec au milieu de la mer.
      20 Alors la prophétesse Miriam, sœur d’Aaron, prend son tambourin. Toutes les femmes d’Israël la suivent en dansant au son des tambourins.
      21 Miriam chante devant elles ce refrain : Chantez pour le SEIGNEUR ! Il a remporté une grande victoire. Il a jeté à la mer chevaux et cavaliers !
      22 Moïse fait partir les Israélites de la mer des Roseaux, et ils vont vers le désert de Chour. Ils marchent trois jours dans le désert et ils ne trouvent pas d’eau.
      23 Ils arrivent à Mara, où il y a de l’eau. Mais ils ne peuvent pas la boire, parce qu’elle est amère. Le nom de Mara, qui veut dire « amère », vient de là.
      24 Le peuple parle contre Moïse en disant : « Qu’est-ce que nous allons boire ? »
      25 Moïse prie le SEIGNEUR avec force, et le SEIGNEUR lui montre un morceau de bois. Moïse le jette dans l’eau, et l’eau devient potable. C’est à cet endroit que le SEIGNEUR a donné des lois et des règles aux Israélites. C’est aussi à Mara qu’il a voulu voir ce qu’ils valaient.
      26 Le SEIGNEUR leur dit : « J’ai frappé les Égyptiens de plusieurs maladies. Mais vous, obéissez-moi vraiment, à moi, le SEIGNEUR votre Dieu. Faites ce qui est juste à mes yeux. Écoutez mes commandements, respectez toutes mes lois. Alors, si vous faites tout cela, je ne vous enverrai aucune de ces maladies. Oui, celui qui vous guérit, le SEIGNEUR, c’est moi. »
      27 Les Israélites arrivent à Élim : là, il y a 12 sources et 70 palmiers. Ils campent là, près de l’eau.

      Exode 18

      1 Jéthro est prêtre de Madian et beau-père de Moïse. Il entend parler de tout ce que Dieu a fait pour Moïse et pour Israël, son peuple. Il apprend comment le SEIGNEUR les a fait sortir d’Égypte.
      2 Jéthro a chez lui sa fille Séfora, la femme de Moïse. Moïse l’a renvoyée chez son père
      3 avec ses deux fils. Moïse a appelé l’aîné Guerchom, c’est-à-dire « Étranger-là ». En effet, il disait : « Je me suis installé dans un pays étranger. »
      4 Moïse a appelé le plus jeune Éliézer, c’est-à-dire « Mon Dieu vient à mon aide ». Il disait : « Le Dieu de mon père est venu à mon aide. Il m’a délivré des attaques du roi d’Égypte. »
      5 Jéthro, son beau-père, part avec les fils et la femme de Moïse dans le désert, près de la montagne de Dieu. Ils vont rejoindre Moïse là où il campe.
      6 Jéthro envoie quelqu’un dire à Moïse : « C’est moi, Jéthro, ton beau-père. Je viens te voir avec ta femme et ses deux fils. »
      7 Moïse sort à sa rencontre, il s’incline devant lui, puis il l’embrasse. Ils échangent des nouvelles de leur santé et ils vont sous la tente de Moïse.
      8 Moïse raconte à son beau-père tout ce que le SEIGNEUR a fait au roi d’Égypte et aux Égyptiens, à cause d’Israël. Il lui dit toutes les difficultés survenues en cours de route, et comment le SEIGNEUR les a délivrés.
      9 Jéthro se réjouit de tout le bien que le SEIGNEUR a fait à Israël en le délivrant du pouvoir des Égyptiens.
      10 Jéthro dit : « Remercions le SEIGNEUR, qui vous a délivrés du pouvoir du roi d’Égypte et des Égyptiens.
      11 Maintenant, je reconnais que le SEIGNEUR est plus grand que tous les autres dieux. Il a montré cela quand les Égyptiens écrasaient les Israélites. »
      12 Ensuite, Jéthro, le beau-père de Moïse, offre à Dieu un sacrifice complet et des sacrifices de communion. Aaron et tous les anciens d’Israël viennent manger le repas devant Dieu, avec le beau-père de Moïse.
      13 Le jour suivant, Moïse s’assoit pour rendre la justice. Les gens attendent depuis le matin jusqu’au soir de pouvoir se présenter devant lui.
      14 Le beau-père de Moïse voit tout ce que celui-ci fait pour le peuple. Il lui dit : « Pourquoi est-ce que tu travailles ainsi ? Tu es tout seul, et les gens attendent debout, du matin au soir, le moment de se présenter devant toi. Pourquoi donc ? »
      15 Moïse répond à Jéthro : « Voilà : les gens viennent me voir pour consulter Dieu.
      16 Quand ils ont un problème, ils viennent me trouver. Je juge l’affaire qui les oppose et je leur fais connaître les lois et les enseignements de Dieu. »
      17 Jéthro lui dit : « Ta façon de faire n’est pas bonne.
      18 Tu vas perdre tes forces, toi, et aussi ceux qui viennent te consulter. Ce travail est vraiment trop lourd pour toi. Tu ne peux pas le faire seul.
      19 Maintenant, écoute-moi. Je te donne un conseil, et que Dieu soit avec toi ! Tu dois représenter le peuple devant Dieu, pour lui présenter les affaires.
      20 Tu dois aussi faire connaître aux gens les lois et les enseignements de Dieu. Tu dois leur montrer le chemin à suivre et la vie qu’ils doivent mener.
      21 Pour le reste, tu vas choisir dans tout le peuple des hommes valables : ils doivent respecter Dieu, aimer la vérité et ne pas se laisser corrompre. Tu vas les nommer comme chefs : chefs de 1 000 hommes, chefs de 100, chefs de 50 et chefs de 10.
      22 Ce sont eux qui jugeront le peuple tous les jours. Ils te présenteront les affaires importantes, mais ils jugeront eux-mêmes celles qui sont moins importantes. De cette façon, ta charge sera moins lourde, parce qu’ils la partageront avec toi.
      23 Si tu fais cela, et si c’est bien ce que Dieu te commande, tu résisteras à la fatigue. De plus, tout ce peuple rentrera chez lui en paix. »
      24 Moïse écoute les conseils de son beau-père et il fait tout ce qu’il a dit.
      25 Il choisit parmi tous les Israélites des hommes valables. Il les nomme à la tête du peuple : chefs de 1 000 hommes, chefs de 100, chefs de 50 et chefs de 10.
      26 Ils rendent la justice tous les jours. Toutes les affaires difficiles, ils les présentent à Moïse. Mais les affaires moins importantes, ils les jugent eux-mêmes.
      27 Puis Moïse dit au revoir à son beau-père, qui s’en va dans son pays.

      Exode 20

      1 Alors Dieu dit au peuple d’Israël :
      2 « Je suis le SEIGNEUR ton Dieu. C’est moi qui t’ai fait sortir d’Égypte, où tu étais esclave.
      3 « Tu ne dois pas avoir d’autres dieux que moi.
      4 « Ne fabrique pas de statues de dieux. Ne représente pas ce qu’il y a là-haut dans le ciel, en bas sur la terre, ou dans l’eau sous la terre.
      5 Ne te mets pas à genoux devant ces dieux, ne les adore pas. En effet, le SEIGNEUR ton Dieu, c’est moi, et je suis un Dieu exigeant. Je punis la faute de ceux qui me détestent. Je punis aussi leurs enfants, jusqu’à la troisième ou la quatrième génération.
      6 Mais je montre ma bonté pendant des milliers de générations à ceux qui m’aiment et qui obéissent à mes commandements.
      7 « Ne te sers pas de mon nom n’importe comment. Moi, le SEIGNEUR, ton Dieu, je déclare coupable celui qui se sert de mon nom n’importe comment.
      8 « N’oublie pas de me réserver le jour du sabbat.
      9 Pendant six jours, travaille pour faire tout ce que tu as à faire.
      10 Mais le septième jour, c’est le sabbat qui m’est réservé, à moi, le SEIGNEUR ton Dieu. Personne ne doit travailler ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes animaux, ni l’étranger installé dans ton pays.
      11 En six jours, j’ai créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent. Mais le septième jour, je me suis reposé. C’est pourquoi, moi, le SEIGNEUR, j’ai béni le jour du sabbat : ce jour est réservé pour moi.
      12 « Respecte ton père et ta mère. Ainsi tu vivras longtemps dans le pays que moi, le SEIGNEUR, je te donne.
      13 « Ne tue personne.
      14 « Ne commets pas d’adultère.
      15 « Ne vole pas.
      16 « Ne témoigne pas faussement contre ton prochain.
      17 « Ne désire pas pour toi la maison de ton prochain. N’aie pas envie de prendre sa femme, ni son esclave, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne. Ne désire rien de ce qui est à lui. »
      18 Tous les Israélites entendent les coups de tonnerre et le son de la corne de bélier. Tous voient les éclairs et la montagne pleine de fumée. Ils tremblent de peur et ils restent loin.
      19 Ils disent à Moïse : « Parle-nous, toi, et nous t’écouterons. Mais nous ne voulons pas que Dieu nous parle directement. Sinon, nous allons mourir. »
      20 Moïse dit au peuple : « N’ayez pas peur ! Dieu est venu voir si vous alliez lui obéir. Il veut que vous le respectiez et que vous ne commettiez pas de péché. »
      21 Le peuple reste donc loin. Mais Moïse s’approche du nuage sombre où Dieu est présent.
      22 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Voici ce que tu diras aux Israélites : “Vous l’avez vu, je vous ai parlé du haut du ciel.
      23 Vous ne fabriquerez pas des statues de dieux en argent ou en or pour les honorer à côté de moi.
      24 Vous fabriquerez pour moi un autel en terre. Là, vous m’offrirez vos moutons, vos chèvres et vos bœufs comme sacrifices complets et comme sacrifices de communion. Et moi, je viendrai vous bénir, partout où je montrerai ma présence.
      25 Mais si vous me fabriquez un autel en pierres, ne le faites pas en pierres taillées. En effet, si vous taillez les pierres avec un outil, vous ne pouvez plus les utiliser pour moi.
      26 Vous ne fabriquerez pas un autel sur lequel on monte par des marches. Ainsi, personne ne verra que le prêtre est nu sous son pagne.” »

      Exode 25

      21 Dans le coffre, tu mettras les tablettes de l’alliance que je te donnerai. Puis tu mettras le couvercle sur le coffre.

      Exode 33

      18 Alors Moïse dit au SEIGNEUR : « Je t’en prie, fais-moi voir ta gloire ! »
      19 Le SEIGNEUR lui répond : « Je vais passer devant toi. Je te montrerai toute ma bonté et je te dirai mon vrai nom, “LE SEIGNEUR”. Je serai bon avec qui je veux être bon et j’aurai pitié de qui je veux avoir pitié.
      23 Puis j’enlèverai ma main, et tu me verras de dos. Mais mon visage, on ne peut pas le voir. »

      Exode 34

      1 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Taille deux tablettes de pierre, comme celles que tu as cassées. J’écrirai sur elles les paroles qui étaient sur les premières.
      2 Prépare-toi pour demain matin. Tu monteras très tôt sur le mont Sinaï et tu m’attendras là-bas, au sommet de la montagne.
      3 Personne ne doit monter avec toi, personne d’autre ne doit se montrer sur toute la montagne. Et aucun animal, mouton, chèvre ou vache, ne doit rester près de cet endroit. »
      4 Moïse taille deux nouvelles tablettes de pierre, comme les premières. Il se lève tôt le matin et il monte sur le Sinaï avec les deux tablettes, comme le SEIGNEUR l’a commandé.
      5 Le SEIGNEUR descend dans le nuage de fumée et il se tient là, auprès de Moïse. Moïse prononce son nom, « LE SEIGNEUR ».
      6 Ensuite, le SEIGNEUR passe devant Moïse et il dit d’une voix forte : « Je suis le SEIGNEUR. Oui, je suis un Dieu de pitié et de tendresse. Je suis patient, plein d’amour et de fidélité.
      7 Je montre ma bonté pendant des milliers de générations. Je supporte les fautes, les révoltes et les péchés. Mais le coupable, je ne le déclare pas innocent. J’agis contre celui qui a péché, contre ses enfants jusqu’à la troisième ou la quatrième génération. »
      8 Aussitôt Moïse s’incline et adore le SEIGNEUR.
      9 Puis il dit : « Seigneur, puisque tu te montres bon pour moi, je t’en prie, viens avec nous ! Je le sais, ces gens ont la tête dure. Mais pardonne nos fautes et nos péchés, et considère-nous comme ton peuple ! »
      10 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Je vais faire alliance avec vous. Devant tout ton peuple, je vais accomplir des choses merveilleuses. Il n’y a jamais eu d’aussi belles choses sur la terre, nulle part et dans aucun pays. Tous les Israélites qui t’entourent verront combien les actions que je vais accomplir avec toi sont extraordinaires.
      11 « Obéissez bien à ce que je vous commande aujourd’hui. Je vais chasser devant vous les Amorites, les Cananéens, les Hittites, les Perizites, les Hivites et les Jébusites.
      12 Attention ! Ne passez aucun accord avec les habitants du pays où vous allez. Vous seriez ainsi pris dans un piège.
      13 Au contraire, vous détruirez leurs autels, vous casserez leurs pierres dressées, vous couperez leurs poteaux sacrés.
      14 Vous n’adorerez aucun dieu étranger. En effet, moi, le SEIGNEUR, je m’appelle “Exigeant”. Oui, je suis exigeant.
      15 Ne passez donc aucun accord avec les habitants de ce pays. Sinon, quand ils se prostituent avec leurs dieux et leur offrent des sacrifices, ils pourraient vous inviter, et vous risqueriez de manger de leurs offrandes.
      16 Et si vous preniez parmi eux des femmes pour vos fils, celles-ci se prostitueraient avec leurs dieux et elles amèneraient vos fils à en faire autant.
      17 « Vous ne fabriquerez pas de statues de dieux en métal fondu.
      18 « Vous célébrerez la fête des Pains sans levain. Au cours du mois des Épis, pendant sept jours, vous mangerez des pains sans levain, comme je l’ai commandé. En effet, c’est au mois des Épis que vous êtes sortis d’Égypte.
      19 « Tous les premiers-nés sont à moi, même tous ceux de vos troupeaux : vous devez m’offrir le premier veau, le premier agneau, le premier cabri.
      20 Mais le premier petit de l’ânesse, vous le remplacerez par un mouton ou un cabri. Ou bien vous le tuerez en lui brisant le cou. Les fils aînés de votre peuple, vous les rachèterez. « Vous ne viendrez pas dans le lieu saint les mains vides.
      21 « Vous travaillerez pendant six jours, mais le septième jour, vous arrêterez de travailler, même au moment des labours ou des récoltes.
      22 « Vous célébrerez la fête des Moissons, au moment où vous récolterez les premiers épis de blé. À la fin de l’année, vous célébrerez la fête de la Récolte.
      23 « Trois fois par an, tous les hommes de votre peuple viendront se présenter devant moi, le Maître, le SEIGNEUR, Dieu d’Israël.
      24 Je chasserai devant vous les peuples du pays et j’agrandirai votre terre. Personne n’essaiera de prendre votre pays pendant les trois périodes de l’année où vous viendrez dans mon lieu saint.
      25 « Quand vous m’offrirez des animaux en sacrifice, vous n’apporterez pas de pain fait avec du levain. Vous ne garderez pas la viande de l’animal offert pour la fête de la Pâque du soir jusqu’au matin du jour suivant.
      26 Vous apporterez les premiers produits de vos champs à la maison du SEIGNEUR, votre Dieu. Vous ne ferez pas cuire un cabri dans le lait de sa mère. »
      27 Le SEIGNEUR dit encore à Moïse : « Écris ces commandements. Oui, c’est en accord avec ces paroles que j’ai fait alliance avec toi et avec le peuple d’Israël. »
      28 Moïse reste sur le mont Sinaï avec le SEIGNEUR 40 jours et 40 nuits, sans manger ni boire. Sur les tablettes de pierre, il écrit les paroles de l’alliance, les dix commandements.
      29 Moïse redescend de la montagne du Sinaï. Il tient en main les tablettes de l’alliance. La peau de son visage brille, parce que le SEIGNEUR a parlé avec lui. Mais Moïse ne le sait pas.
      30 Quand Aaron et tous les Israélites voient briller son visage, ils ont peur de l’approcher.
      31 Moïse les appelle. Alors Aaron et tous les chefs du peuple viennent à lui, et Moïse leur parle.
      32 Ensuite, tous les autres Israélites s’approchent. Et Moïse leur présente tous les commandements que le SEIGNEUR lui a donnés sur le mont Sinaï.
      33 Quand Moïse a fini de leur parler, il met un voile sur son visage.
      34 À partir de ce moment-là, quand il entre devant le SEIGNEUR pour parler avec lui, il enlève son voile. Et quand il sort pour donner aux Israélites les ordres reçus,
      35 les Israélites voient briller le visage de Moïse. Ensuite, Moïse remet le voile sur son visage et il le garde jusqu’à ce qu’il retourne parler avec Dieu.

      Lévitique 2

      1 « Si quelqu’un veut offrir au SEIGNEUR un produit de la terre, il doit prendre de la farine. Il met de l’huile dessus avec de l’encens.
      2 Puis il l’apporte aux prêtres, fils d’Aaron. L’un des prêtres prend une poignée de farine mélangée à l’huile, et tout l’encens. Un prêtre fait brûler sur l’autel cette partie de l’offrande qu’on appelle “souvenir”. C’est une offrande brûlée, et sa fumée de bonne odeur plaît au SEIGNEUR.
      3 Ce qui en reste est pour Aaron et ses fils. C’est une part uniquement réservée au SEIGNEUR. En effet, elle vient d’une offrande brûlée pour le SEIGNEUR.
      4 « Si c’est une offrande cuite au four, la pâte doit être sans levain. Vous apportez alors des gâteaux à l’huile ou des galettes arrosées d’huile.
      5 Si c’est une offrande cuite sur une plaque, elle doit être faite de farine mélangée avec de l’huile, mais sans levain.
      6 Celui qui apporte l’offrande la partage et verse encore de l’huile sur les morceaux. C’est une offrande tirée de la terre.
      7 Si c’est une offrande cuite dans une poêle, la farine doit être préparée dans l’huile.
      8 L’homme apporte l’offrande préparée de cette façon pour le SEIGNEUR. Il la présente à un prêtre qui approche de l’autel.
      9 Le prêtre prend la part qu’on appelle “souvenir” et il la brûle sur l’autel. C’est une offrande brûlée, et sa fumée de bonne odeur plaît au SEIGNEUR.
      10 Ce qui reste de l’offrande est pour Aaron et ses fils. C’est une part uniquement réservée au SEIGNEUR. En effet, elle vient d’une offrande brûlée pour le SEIGNEUR.
      11 « Vous n’offrirez jamais au SEIGNEUR une offrande préparée avec du levain. En effet, vous ne ferez jamais brûler pour le SEIGNEUR une offrande préparée avec du levain ou du miel.
      12 Vous pourrez en apporter au SEIGNEUR quand vous lui offrirez les premiers produits de la terre. Mais vous ne devez pas les brûler sur l’autel dans un sacrifice à la fumée de bonne odeur.
      13 « Vous mettrez du sel sur chaque offrande tirée de la terre. Vous n’oublierez jamais le sel sur votre offrande. En effet, il représente l’alliance que Dieu a établie avec vous. C’est pourquoi vous offrirez toujours du sel avec vos offrandes.
      14 « Quand vous apporterez au SEIGNEUR une offrande des premiers produits de la terre, vous commencerez par griller les épis au feu. Puis vous écraserez les grains. Au moment de les apporter,
      15 vous verserez de l’huile et vous mettrez de l’encens dessus. C’est une offrande tirée de la terre.
      16 Ensuite le prêtre brûlera la part qu’on appelle “souvenir” : une partie des grains et de l’huile avec tout l’encens. Ce qui est brûlé de cette façon appartient au SEIGNEUR. »

      Lévitique 18

      1 Le SEIGNEUR dit à Moïse
      2 de donner aux Israélites les enseignements suivants : « Le SEIGNEUR votre Dieu, c’est moi.
      3 Ne faites pas ce qu’on fait en Égypte, là où vous avez habité. N’agissez pas comme on agit en Canaan, là où je vais vous conduire. Ne suivez pas les lois de ces peuples.
      4 Respectez mes règles, obéissez à mes lois attentivement. En effet, le SEIGNEUR votre Dieu, c’est moi.
      5 « Gardez mes lois et mes règles. Celui qui les respecte, aura la vie par elles. Le SEIGNEUR, c’est moi.
      6 « Aucun Israélite ne doit coucher avec une femme qui est de sa famille proche. Le SEIGNEUR, c’est moi.
      7 « Tu ne dois pas coucher avec ta mère. Ce serait couvrir ton père de honte. Tu couvrirais aussi ta mère de honte, parce qu’elle est ta mère.
      8 « Tu ne dois pas coucher avec une autre femme de ton père. Ce serait couvrir ton père de honte.
      9 « Tu ne dois pas coucher avec ta demi-sœur, fille de ton père ou de ta mère, même si elle a été élevée dans une autre famille.
      10 « Tu ne dois pas coucher avec ta petite-fille, la fille de ton fils ou de ta fille. Ce serait te couvrir de honte toi-même.
      11 « Tu ne dois pas coucher avec la fille d’une femme de ton père. Elle est née de ton père, donc elle est ta sœur.
      12 « Tu ne dois pas coucher avec une sœur de ton père. En effet, elle est du même sang que ton père.
      13 « Tu ne dois pas coucher avec une sœur de ta mère. En effet, elle est du même sang que ta mère.
      14 « Tu ne dois pas couvrir de honte le frère de ton père en couchant avec sa femme. En effet, elle est ta tante.
      15 « Tu ne dois pas coucher avec ta belle-fille, la femme de ton fils.
      16 « Tu ne dois pas coucher avec la femme de ton frère. Ce serait le couvrir de honte.
      17 « Tu ne dois pas coucher avec une femme, et avec sa fille ou sa petite-fille, fille de son fils ou de sa fille. En effet, elles sont du même sang que cette femme, ce serait une conduite honteuse.
      18 « Tu ne dois pas te marier avec la sœur de ta femme, quand ta femme est encore vivante. Cela pourrait provoquer de la jalousie.
      19 « Tu ne dois pas coucher avec une femme pendant ses règles. Elle est impure.
      20 « Tu ne dois pas coucher avec la femme d’un autre Israélite. Si un homme fait cela, il est impur.
      21 « Tu ne dois pas donner un de tes enfants pour le brûler en l’honneur du dieu Molek. Ce serait mépriser mon nom. Le SEIGNEUR ton Dieu, c’est moi.
      22 « Un homme ne doit pas coucher avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une conduite horrible.
      23 « Tu ne dois pas t’unir à un animal. Si un homme fait cela, il est impur. Une femme ne doit pas s’unir à un animal. Si elle fait cela, c’est un désordre horrible.
      24 « Ne vous rendez pas impurs en faisant une chose de ce genre. Les autres peuples que je chasse devant vous sont devenus impurs en faisant ces choses-là.
      25 Le pays de Canaan lui-même est devenu impur à cause de ces fautes. J’ai dû agir contre lui, et il a craché ses habitants.
      26 « Vous, Israélites, ou étrangers installés dans le pays, respectez mes lois et mes règles. Ne faites aucune de ces choses horribles.
      27 Les gens qui habitaient le pays de Canaan avant vous faisaient toutes ces choses-là, et le pays est devenu impur.
      28 Ne le rendez pas impur de nouveau. Ainsi, le pays ne vous crachera pas, comme il a craché les autres peuples qui étaient là avant vous.
      29 En effet, tous ceux qui font ces choses horribles seront chassés du peuple d’Israël.
      30 « Respectez mes commandements, ne faites pas ces choses horribles qu’on faisait avant votre arrivée. Ne vous rendez pas impurs par ces actions. Le SEIGNEUR votre Dieu, c’est moi. »

      Nombres 10

      29 Moïse dit à Hobab, fils de son beau-père madianite Réouel : « Nous partons pour le pays que le SEIGNEUR a promis de nous donner. Viens avec nous, nous te ferons participer aux bienfaits que le SEIGNEUR a promis de donner à Israël. »
      33 Les Israélites quittent la montagne du SEIGNEUR et ils marchent pendant trois jours. Les lévites, qui portent le coffre de l’alliance, partent devant eux. Ils doivent leur trouver un endroit où ils pourront installer leur camp.

      Nombres 14

      28 Allez leur dire ceci : “Voici ce que moi, le SEIGNEUR, je déclare : Je suis vivant, c’est la vérité. Eh bien, je le jure, je vais agir avec vous en tenant compte des paroles que j’ai entendues de vous.

      Nombres 16

      32 La terre s’ouvre et elle les avale avec leurs familles. Elle avale aussi toute la bande de Coré et toutes leurs richesses.

      Josué 24

      1 À Sichem, Josué réunit toutes les tribus d’Israël. Il appelle les anciens, les chefs, les juges et les officiers d’Israël. Ils viennent se présenter devant Dieu.
      2 Alors Josué dit à tout le peuple de la part du SEIGNEUR, Dieu d’Israël : « Autrefois, vos ancêtres habitaient de l’autre côté de l’Euphrate, le grand fleuve, et ils adoraient d’autres dieux. C’était la famille de Téra, le père d’Abraham et de Nahor.
      3 Moi, le SEIGNEUR, j’ai fait sortir votre ancêtre Abraham du pays situé de l’autre côté de l’Euphrate et je l’ai conduit à travers tout le pays de Canaan. J’ai agrandi sa famille. Je lui ai donné Isaac
      4 et à Isaac, j’ai donné Jacob et Ésaü. J’ai donné à Ésaü la région de la montagne de Séir pour qu’il habite là. Jacob et ses fils sont allés en Égypte.
      5 Plus tard, j’ai envoyé Moïse et Aaron et j’ai frappé l’Égypte de plusieurs malheurs. Ensuite, j’ai fait sortir vos ancêtres de ce pays.
      6 Ils ont quitté l’Égypte, puis ils sont arrivés à la mer des Roseaux. Mais les Égyptiens les ont poursuivis jusqu’à cet endroit, avec des chars et des cavaliers.
      7 Alors vos ancêtres m’ont appelé à l’aide, et j’ai placé un nuage sombre entre votre peuple et les Égyptiens. J’ai fait revenir l’eau de la mer sur les Égyptiens, et la mer les a recouverts. Vous savez bien ce que j’ai fait aux Égyptiens. Après cela, votre peuple est resté longtemps dans le désert.
      8 Ensuite, je vous ai conduits à l’est du fleuve Jourdain, dans le pays des Amorites. Ils vous ont attaqués, et je les ai livrés en votre pouvoir. Vous avez conquis leur pays parce que je les ai détruits devant vous.
      9 Puis le roi de Moab, Balac, le fils de Sippor, a combattu également contre vous. Pour vous jeter des malédictions, il a même appelé Balaam, le fils de Béor.
      10 Mais je n’ai pas voulu écouter Balaam. Il a dû vous bénir et ainsi, je vous ai délivrés du pouvoir de Balac.
      11 Ensuite, vous avez traversé le Jourdain et vous êtes arrivés à Jéricho. Les habitants de Jéricho ont combattu contre vous, ainsi que les Amorites, les Perizites, les Cananéens, les Hittites, les Guirgachites, les Hivites et les Jébusites. Je les ai tous livrés en votre pouvoir.
      12 J’ai envoyé devant vous de grosses guêpes, qui ont fait fuir les deux rois amorites. Vos lances et vos arcs n’y étaient pour rien.
      13 Ainsi, je vous ai donné un pays que vous n’avez pas cultivé. Je vous ai donné des villes que vous n’avez pas bâties, mais vous y habitez. Je vous ai donné des vignes et des oliviers que vous n’avez pas plantés, mais vous mangez leurs fruits. »
      14 Josué dit encore : « Respectez le SEIGNEUR et servez-le fidèlement de tout votre cœur. Quand vos ancêtres étaient de l’autre côté de l’Euphrate ou en Égypte, ils adoraient d’autres dieux. Abandonnez ces dieux et servez le SEIGNEUR.
      15 Si le service du SEIGNEUR ne vous plaît pas, alors choisissez aujourd’hui les dieux que vous voulez adorer. Choisissez ceux que vos ancêtres adoraient de l’autre côté de l’Euphrate, ou bien les dieux des Amorites, car vous habitez dans leur pays. Mais ma famille et moi, nous servirons le SEIGNEUR. »
      16 Le peuple répond : « Pas du tout ! Nous n’avons pas l’intention d’abandonner le SEIGNEUR pour servir d’autres dieux !
      17 En effet, le SEIGNEUR notre Dieu nous a arrachés, nous et nos ancêtres, à l’Égypte, où nous étions esclaves. Il a fait alors des actions étonnantes, nous le savons bien. Il nous a protégés tout au long du chemin où nous avons marché, et au milieu de tous les peuples où nous sommes passés.
      18 Le SEIGNEUR a chassé devant nous tous les peuples, en particulier les Amorites qui habitaient ce pays. C’est pourquoi nous aussi, nous servirons le SEIGNEUR, parce qu’il est notre Dieu. »
      19 Alors Josué dit au peuple : « Vous ne serez pas capables de servir le SEIGNEUR. C’est un Dieu saint, et il veut être votre seul Dieu. Il n’acceptera ni vos révoltes ni vos péchés.
      20 Si vous abandonnez le SEIGNEUR pour servir des dieux étrangers, il se tournera contre vous. Il vous fera du mal et il vous détruira après vous avoir fait du bien. »
      21 Le peuple répond : « Mais non ! C’est le SEIGNEUR que nous servirons ! »
      22 Josué dit au peuple : « Vous êtes témoins à l’égard de vous-mêmes : c’est vous qui choisissez de servir le SEIGNEUR. » Ils répondent : « Oui, nous en sommes témoins. »
      23 Josué dit : « Alors, maintenant, abandonnez les dieux étrangers qui sont chez vous ! Et attachez-vous de tout votre cœur au SEIGNEUR, Dieu d’Israël ! »
      24 Le peuple répond : « Nous servirons le SEIGNEUR notre Dieu et nous lui obéirons ! »
      25 Ce jour-là, à Sichem, Josué établit une alliance au nom du peuple. Il lui donne des lois et des commandements.
      26 Josué écrit ces paroles dans le livre de la loi de Dieu. Puis il prend une grande pierre. Il la dresse sous un grand arbre, dans le lieu saint du SEIGNEUR.
      27 Ensuite, il dit à tout le peuple : « Regardez cette pierre, elle servira de témoin à notre égard. En effet, elle a entendu toutes les paroles que le SEIGNEUR nous a dites. Elle servira donc de témoin à votre égard pour vous empêcher de dire non à Dieu. »
      28 Alors Josué renvoie le peuple, et chacun retourne sur la part de terre qui est à lui.
      29 Après cela, Josué, fils de Noun et serviteur du SEIGNEUR, meurt. Il a 110 ans.
      30 On l’enterre dans la propriété qu’il a reçue à Timnath-Séra, dans la région montagneuse d’Éfraïm, au nord du mont Gaach.
      31 Les Israélites ont servi le SEIGNEUR pendant toute la vie de Josué. Ils continuent aussi après sa mort, pendant toute la vie des anciens, qui ont vu les actions du SEIGNEUR en faveur du peuple d’Israël.
      32 Les Israélites enterrent à Sichem les os de Joseph, qu’ils ont apportés d’Égypte. Jacob avait acheté une partie d’un champ pour cent pièces d’argent, aux enfants de Hamor, le fondateur de Sichem. Ce champ appartient maintenant aux gens de la famille de Joseph. C’est dans ce champ qu’ils enterrent les os de Joseph.
      33 Élazar, fils d’Aaron, meurt aussi. On l’enterre sur la colline qu’on a donnée à son fils Pinhas, dans la région montagneuse d’Éfraïm.

      Juges 1

      16 Le beau-père de Moïse était quénite. Ceux qui sont de sa famille partent de la ville des Palmiers, avec les hommes de Juda. Ils vont s’installer dans le désert de Juda, au sud d’Arad. Ils vont habiter parmi les Amalécites.

      Juges 4

      11 Héber, le Quénite, se trouve près de Quédech. Il s’est séparé des autres Quénites de la famille de Hobab, le beau-frère de Moïse. Il a dressé sa tente à côté du grand arbre sacré de Saananim.

      Juges 5

      1 Ce jour-là, Débora et Barac, fils d’Abinoam, chantent en disant :
      2 En Israël, les soldats sont prêts pour la guerre, le peuple s’offre volontairement pour combattre : remerciez le SEIGNEUR !
      3 Vous, les rois, écoutez ! Chefs des peuples, soyez attentifs ! Je vais chanter, oui, moi, je vais chanter pour le SEIGNEUR, Dieu d’Israël.
      4 SEIGNEUR, quand tu es venu du pays d’Édom, quand tu es descendu des montagnes de Séir, la terre a tremblé. Les nuages ont versé leur eau, une pluie abondante est tombée du ciel.
      5 Les montagnes ont tremblé devant toi, le SEIGNEUR du Sinaï, Dieu d’Israël.
      6 À l’époque de Chamgar, fils d’Anath, à l’époque de Yaël, les routes étaient abandonnées, les voyageurs prenaient d’autres chemins.
      7 Il n’y avait plus de chefs, plus de chefs en Israël, avant que moi, Débora, j’arrive, avant que j’arrive pour être la mère d’Israël.
      8 Les gens choisissaient des dieux nouveaux, et aussitôt, c’était la guerre. Mais en Israël, pour 40 000 soldats il n’y avait pas un bouclier, pas une lance.
      9 Mon cœur est avec les commandants d’Israël, avec ceux du peuple qui s’offrent volontairement pour combattre. Remerciez le SEIGNEUR !
      10 Vous qui vous déplacez sur des ânesses blanches, vous qui êtes assis sur des tapis, vous qui marchez sur les routes, parlez !
      11 Près des points d’eau, les bergers racontent les bienfaits du SEIGNEUR, ses bienfaits envers les chefs d’Israël. Alors le peuple du SEIGNEUR est descendu aux portes de la ville.
      12 Réveille-toi, Débora ! Réveille-toi ! Réveille-toi ! Réveille-toi ! Lance un chant de guerre ! Debout, Barac, fils d’Abinoam, ramène tes prisonniers !
      13 Ceux qui sont restés en vie ont rejoint les chefs. Le SEIGNEUR m’a permis, à moi Débora, de vaincre des combattants courageux.
      14 Les vainqueurs des Amalécites sont venus d’Éfraïm. La tribu de Benjamin les a suivis et a fait partie de leurs troupes. Le clan de Makir a donné des chefs, et la tribu de Zabulon a donné des officiers.
      15 Les chefs d’Issakar ont rejoint Débora. Les gens d’Issakar, fidèles à Barac, l’ont rejoint rapidement dans la plaine. Mais dans les clans de Ruben, on a discuté pendant longtemps.
      16 Vous êtes restés assis entre deux parcs à écouter les bergers jouant de la flûte près des troupeaux. Pourquoi donc ? Oui, dans les clans de Ruben, on a discuté pendant longtemps.
      17 En Galaad, à l’est du Jourdain, les tribus n’ont pas bougé. La tribu de Dan est restée près de ses bateaux, celle d’Asser est restée aussi au bord de la mer, près de ses ports.
      18 Les gens de Zabulon, eux, comme ceux de Neftali, ont risqué leur vie jusqu’à mourir sur le champ de bataille.
      19 Les rois ennemis, les rois de Canaan sont arrivés. Ils ont combattu à Taanak, près des sources de Méguiddo. Mais ils n’ont rien emporté : ni biens, ni argent.
      20 Du haut du ciel, les étoiles ont participé au combat, en suivant leur chemin, elles ont combattu contre Sisra.
      21 Le torrent du Quichon a balayé les ennemis, ce torrent qui coule depuis toujours, le torrent du Quichon. Courage ! En avant pour le combat !
      22 Alors les sabots des chevaux ont frappé le sol. Ils galopent, ils galopent comme des chevaux de course.
      23 L’ange du SEIGNEUR dit : « Maudissez la ville de Méroz, maudissez-la, maudissez ses habitants ! Ils ne sont pas venus aider le SEIGNEUR, ils ne sont pas venus l’aider avec leurs combattants courageux. »
      24 Que le SEIGNEUR te bénisse plus que toutes les femmes, Yaël, femme de Héber le Quénite ! Oui, que le SEIGNEUR te bénisse plus que toutes les femmes qui habitent sous la tente !
      25 Sisra a demandé de l’eau. Yaël lui a donné du lait, elle lui a offert de la crème de lait dans une très belle coupe.
      26 Puis elle a pris un piquet dans une main, le marteau des ouvriers dans l’autre. Elle a frappé Sisra, elle lui a écrasé la tête. Elle l’a frappé et lui a percé le crâne.
      27 Il a glissé entre ses pieds, il est tombé, il s’est couché. Il a glissé, il est tombé. Là où il a glissé, il est tombé, mort !
      28 La mère de Sisra regarde à la fenêtre. Elle crie à travers le grillage : « Le char de mon fils ne revient pas. Pourquoi donc ? Pourquoi ce retard ? »
      29 Les plus sages de ses amies lui répondent, et la mère de Sisra répète leurs paroles :
      30 « Les soldats partagent sans doute les biens qu’ils ont trouvés : une jeune fille, deux jeunes filles par combattant. Du tissu de couleur pour Sisra, du tissu brodé, du tissu richement brodé pour son cou ! »
      31 SEIGNEUR, que tous tes ennemis meurent comme Sisra ! Mais que tes amis soient comme le soleil, quand il se lève dans toute sa clarté ! Et le pays connaît la paix pendant 40 ans.

      Juges 8

      19 Gédéon leur dit : « C’étaient mes frères, les fils de ma mère ! Par le SEIGNEUR vivant, si vous les aviez laissés en vie, je ne vous tuerais pas. »

      Juges 9

      23 Après cela, Dieu envoie un esprit qui met la division entre le roi et les notables de Sichem. Ceux-ci se révoltent contre Abimélek.

      Juges 11

      1 Jefté de Galaad est un combattant courageux. C’est le fils d’une prostituée et d’un homme appelé Galaad.
      31 la première personne qui sortira de ma maison à ma rencontre sera à toi. Quand je reviendrai de chez les Ammonites, après la victoire, je t’offrirai cette personne en sacrifice complet. »

      1 Samuel 2

      22 Héli est devenu très vieux. Il entend raconter comment ses fils agissent envers les Israélites. On lui dit aussi qu’ils couchent avec les femmes qui sont de service à l’entrée de la tente de la rencontre.
      25 Si quelqu’un commet un péché contre un homme, Dieu peut servir d’arbitre. Mais si un homme fait une faute contre le SEIGNEUR, qui servira d’arbitre ? » Les fils d’Héli n’écoutent pas leur père. En effet, le SEIGNEUR a décidé de les faire mourir.
      30 Voici donc ce que je déclare, moi le SEIGNEUR, Dieu d’Israël : J’avais dit que ta famille et la famille de ton père seraient mes prêtres pour toujours. Mais maintenant, j’affirme avec force que c’est fini. En effet, j’honore ceux qui m’honorent, mais ceux qui me méprisent seront couverts de honte à leur tour.

      1 Samuel 3

      1 Le petit Samuel est au service du SEIGNEUR sous la garde du prêtre Héli. À cette époque-là, le SEIGNEUR parle rarement à quelqu’un et il envoie rarement des visions.

      1 Samuel 5

      3 Le lendemain, quand les habitants de la ville se lèvent, ils trouvent la statue de Dagon par terre. Elle est étendue devant le coffre du SEIGNEUR. Ils la prennent et la remettent en place.

      1 Samuel 6

      20 Ils disent : « Qui peut tenir devant le SEIGNEUR, ce Dieu saint ? Où pouvons-nous faire transporter son coffre loin de chez nous ? »

      1 Samuel 15

      5 Ensuite, Saül les conduit près de la ville des Amalécites et il se cache dans un ravin pour les attaquer.
      22 Alors Samuel dit : « Qu’est-ce que le SEIGNEUR aime mieux ? L’obéissance à sa parole ou bien les sacrifices d’animaux ? L’obéissance vaut mieux que les sacrifices des animaux les plus gros.

      1 Samuel 16

      7 Mais le SEIGNEUR lui dit : « Cet homme est beau et il est grand. Mais ne fais pas attention à cela ! Ce n’est pas lui que j’ai choisi. Je ne juge pas comme les êtres humains. Les gens font attention à ce qui se voit, mais moi, je regarde le fond du cœur. »

      2 Samuel 12

      1 Alors le SEIGNEUR envoie le prophète Natan à David. Natan entre chez le roi et lui dit : « Dans une ville, il y avait deux hommes. L’un était riche, l’autre était pauvre.
      2 Le riche avait beaucoup de moutons et beaucoup de bœufs.
      3 Le pauvre n’avait rien du tout, sauf une petite brebis qu’il avait achetée. Il lui donnait à manger, et la brebis grandissait avec ses enfants. Elle mangeait la même nourriture que lui et elle buvait le même lait. La brebis dormait à côté de lui. Elle était comme sa fille.
      4 Un jour, un visiteur arrive chez l’homme riche. Celui-ci ne veut pas prendre un mouton ni un bœuf de son troupeau pour préparer le repas. Alors il prend la petite brebis du pauvre et la fait cuire pour son visiteur. »
      5 David se met dans une violente colère contre ce riche et il dit à Natan : « Aussi vrai que le SEIGNEUR est vivant, l’homme qui a fait cela mérite la mort !
      6 Il a agi sans aucune pitié ! Il doit remplacer la brebis volée par quatre autres brebis ! »
      7 Natan dit à David : « L’homme qui a fait cela, c’est toi ! Et voici ce que le SEIGNEUR, Dieu d’Israël, te dit : “Je t’ai consacré comme roi d’Israël. Je t’ai délivré de la main de Saül.
      8 Je t’ai donné autorité sur la famille de ton maître Saül. J’ai mis dans tes bras les femmes de ton maître. Je t’ai donné les peuples d’Israël et de Juda. Si ce n’est pas assez, je peux encore te donner deux fois plus.
      9 Pourtant, tu n’as pas respecté mes commandements. Pourquoi donc ? Tu as fait ce qui est mal à mes yeux. Pourquoi ? Tu as assassiné Urie le Hittite. Oui, tu l’as fait tuer par les Ammonites et tu as pris sa femme pour en faire ta femme !
      10 Eh bien, à partir de maintenant, il y aura toujours des morts violentes dans ta famille. En effet, tu t’es moqué de moi en prenant pour femme la femme d’Urie le Hittite.
      11 Écoute bien ce que je t’annonce : je vais faire venir le malheur sur toi, et ce malheur viendra de ta propre famille. Je vais prendre tes femmes sous tes yeux, pour les donner à l’un de tes parents. Et celui-ci couchera avec tes femmes en plein jour.
      12 Oui, ce que tu as fait dans le secret, moi, je le ferai arriver en plein jour, devant tout ton peuple.” »
      13 Alors David répond à Natan : « Je reconnais mon péché devant le SEIGNEUR. » Natan dit à David : « Dans ce cas, le SEIGNEUR te pardonne. Tu ne vas pas mourir.
      14 Mais dans cette affaire, tu as gravement méprisé le SEIGNEUR. C’est pourquoi ton enfant, qui vient de naître, doit mourir. »
      15 Ensuite Natan rentre chez lui. Le SEIGNEUR envoie une maladie à l’enfant que la femme d’Urie a donné à David.
      16 David supplie Dieu pour l’enfant. Il se met à jeûner, et quand il rentre chez lui pour la nuit, il couche par terre.
      17 Ses serviteurs les plus respectés viennent auprès de lui et ils l’invitent à se relever. Mais le roi refuse et ne veut rien manger avec eux.
      18 Au bout d’une semaine, l’enfant meurt. Les serviteurs ont peur de le dire à David. Ils pensent : « Quand l’enfant vivait encore, nous avons parlé au roi. Il ne voulait pas nous écouter. Comment lui annoncer maintenant que l’enfant est mort ? Il risque de réagir très mal. »
      19 David les voit parler tout bas entre eux. Il comprend que l’enfant est mort. Il demande à ses serviteurs : « Est-ce que mon fils est mort ? » Ils répondent : « Oui, il est mort. »
      20 Alors David se relève de terre. Il se lave, se parfume et change de vêtements. Puis il va dans la maison du SEIGNEUR pour l’adorer. Ensuite il rentre chez lui, il demande qu’on lui serve un repas et se met à manger.
      21 Ses serviteurs lui demandent : « Qu’est-ce que tu fais là ? Quand ton fils vivait encore, tu jeûnais et tu pleurais. Maintenant qu’il est mort, tu te relèves de terre et tu manges ! »
      22 Le roi répond : « Oui, quand l’enfant vivait encore, je jeûnais et je pleurais. Je me disais : “Qui sait ? Le SEIGNEUR aura peut-être pitié de moi, et l’enfant vivra.”
      23 Maintenant qu’il est mort, à quoi sert de jeûner ? Je ne pourrai pas le faire revenir à la vie ! Moi, j’irai vers lui, mais lui ne reviendra pas vers moi. »
      24 David va consoler sa femme Batchéba et il passe la nuit avec elle. Elle met au monde un fils, et David l’appelle Salomon. Le SEIGNEUR l’aime.
      25 Il le dit à David par l’intermédiaire du prophète Natan. À cause de cet amour, David donne à son fils le nom de Yedidia, ce qui veut dire « aimé du SEIGNEUR ».
      26 Pendant ce temps, le général Joab attaque Rabba, la capitale des Ammonites. Il prend le quartier où le roi habite.
      27 Il envoie des messagers à David pour lui dire : « J’ai attaqué Rabba et j’ai pris le quartier où l’eau se trouve en réserve.
      28 Maintenant, rassemble le reste de l’armée, viens attaquer la ville pour la prendre toi-même. Moi, je ne peux pas la prendre, sinon, l’honneur serait pour moi. »
      29 David rassemble le reste de l’armée, il vient attaquer la ville de Rabba et la prend.
      30 Il enlève la couronne qui est sur la tête de la statue de Molek, le dieu des Ammonites. Cette couronne pèse plus de 30 kilos et porte une pierre précieuse. On met cette pierre sur la couronne de David. De plus, David emporte de nombreuses richesses de guerre prises dans la ville.
      31 David déporte les habitants et il leur fait faire certains travaux : scier et tailler les pierres, abattre des arbres, fabriquer des briques. David traite de la même façon toutes les autres villes des Ammonites. Ensuite, il rentre à Jérusalem avec toute son armée.

      2 Samuel 22

      27 Avec celui qui est sincère, tu te montres sincère, mais tu te montres habile avec celui qui est faux.

      2 Samuel 24

      1 Un jour, le SEIGNEUR se met de nouveau en colère contre les Israélites. Il pousse David à agir contre leur intérêt en disant : « Va, compte les gens d’Israël et les gens de Juda. »
      2 Le roi dit à Joab, le chef de l’armée, qui est avec lui : « Va dans tout le pays d’Israël, depuis Dan, au nord, jusqu’à Berchéba, au sud. Fais compter tous les habitants, car je veux savoir combien ils sont. »
      3 Joab répond au roi : « Je souhaite que le SEIGNEUR ton Dieu rende le peuple cent fois plus nombreux. Je voudrais que tu voies cela de tes yeux. Mais pourquoi est-ce que tu désires le compter ? »
      4 Pourtant, l’ordre du roi est plus fort que l’avis de Joab et des commandants de l’armée. Et ceux-ci se mettent en route pour aller compter le peuple d’Israël.
      5 Ils traversent le fleuve Jourdain et ils commencent à compter les habitants de la ville d’Aroër et de celle qui est au fond de la vallée. Ils traversent la région de Gad en direction de Yazer.
      6 Ils entrent dans le pays de Galaad, ils vont dans le pays des Hittites, à Cadès. Ils arrivent à Dan-Yaan et vont dans les environs. Puis ils comptent les habitants de Sidon.
      7 Ils continuent par la ville bien protégée de Tyr et par toutes les villes qui ont appartenu aux Hivites et aux Cananéens. Enfin, ils comptent les habitants de Berchéba, dans le sud du pays de Juda.
      8 Ils traversent ainsi tout le pays, et au bout de 9 mois et 20 jours, ils reviennent à Jérusalem.
      9 Alors Joab annonce au roi le nombre des habitants du pays. Israël possède 800 000 soldats capables de se battre, et Juda en a 500 000.
      10 Mais après que David a fait compter le peuple, le cœur de David se met à battre très fort, et le roi dit au SEIGNEUR : « J’ai commis un péché grave. Maintenant, SEIGNEUR, accorde-moi ton pardon. Oui, j’ai vraiment agi comme un fou. »
      11 Alors le SEIGNEUR adresse ces paroles au prophète Gad, le conseiller de David : « Va trouver David et dis-lui de ma part : “Moi, le SEIGNEUR, je te demande de choisir entre trois malheurs. Je t’enverrai celui que tu choisiras.” » Le matin suivant, quand David se lève,
      13 Gad va chez le roi pour lui faire connaître les paroles du SEIGNEUR. Il lui dit : « Qu’est-ce que tu aimes mieux ? Que ton pays connaisse sept années de famine ? Que tu fuies pendant trois mois devant des ennemis qui te poursuivront ? Ou encore qu’une épidémie de peste attaque ton pays pendant trois jours ? Réfléchis et dis-moi ce que je dois répondre à celui qui m’envoie. »
      14 David dit à Gad : « J’ai une peur terrible. Mais je préfère tomber entre les mains du SEIGNEUR plutôt que de tomber entre les mains des hommes. En effet, le SEIGNEUR, lui, est capable de pitié. »
      15 Alors le SEIGNEUR envoie la peste en Israël depuis ce matin-là jusqu’au jour fixé. De Dan, au nord, jusqu’à Berchéba, au sud, 70 000 personnes meurent dans le pays.
      16 L’ange du SEIGNEUR étend la main vers Jérusalem pour la détruire. Mais le SEIGNEUR est bouleversé par ce malheur. Il dit à l’ange destructeur : « C’est trop ! Arrête ! » À ce moment-là, l’ange du SEIGNEUR se trouve près de l’endroit où Aravna, le Jébusite, bat son blé.
      17 Quand David voit l’ange qui détruit le peuple, il dit au SEIGNEUR : « C’est moi le coupable, c’est moi qui ai péché ! Mais les gens de mon peuple, qu’est-ce qu’ils ont fait ? C’est moi qu’il faut frapper, moi et ma famille ! »
      18 Le même jour, Gad va voir David et lui dit : « Monte à l’endroit où Aravna bat son blé. Là, tu construiras un autel pour le SEIGNEUR. »
      19 David monte là-haut, comme le SEIGNEUR l’a commandé par l’intermédiaire de Gad.
      20 De là, Aravna voit le roi et ses serviteurs qui viennent vers lui. Alors il s’avance et s’incline jusqu’à terre devant le roi.
      21 Il lui demande : « Pourquoi viens-tu chez moi, toi le roi ? » David répond : « Je voudrais t’acheter cet endroit pour y bâtir un autel pour le SEIGNEUR. Ainsi, le grand malheur qui est tombé sur le peuple s’arrêtera. »
      22 Aravna dit au roi : « Prends cet endroit, je t’en prie, et offre au SEIGNEUR ce qui te semble bon. Voici mes bœufs pour le sacrifice complet. Les chariots et les attelages serviront pour faire le feu.
      23 Je te donne tout, mon roi. J’espère que le SEIGNEUR ton Dieu acceptera ton offrande. »
      24 Mais le roi lui dit : « Non ! Je vais te payer tout cela à son juste prix. Je ne veux pas offrir au SEIGNEUR mon Dieu des sacrifices qui ne me coûtent rien ! » David achète l’endroit et les bœufs pour 50 pièces d’argent.
      25 Là, il construit un autel. Il offre au SEIGNEUR des sacrifices complets et des sacrifices de communion. Alors le SEIGNEUR montre sa bonté envers le pays, et le grand malheur qui était tombé sur le pays d’Israël s’arrête.

      1 Chroniques 2

      55 et les clans des lettrés habitant Yabès, c’est-à-dire les Tiratites, les Chimatites et les Soukatites. Ce sont des Quénites, de la famille de Hammath, l’ancêtre des Rékabites.

      1 Chroniques 21

      1 Un jour, Satan cherche à faire du mal au peuple d’Israël. Alors il pousse David à compter les Israélites.

      2 Chroniques 34

      1 Josias devient roi à l’âge de 8 ans et il est roi à Jérusalem pendant 31 ans.
      2 Il fait ce qui est bien aux yeux du SEIGNEUR. Il se conduit exactement comme son ancêtre David, en suivant toujours son exemple.
      3 La huitième année où Josias est roi – il n’est qu’un jeune homme –, il cherche à connaître la volonté du Dieu de son ancêtre David. Quatre ans plus tard, il se met à purifier Jérusalem et le royaume de Juda : il supprime les lieux sacrés, les poteaux sacrés, et toutes les statues de faux dieux.
      4 Josias fait démolir en sa présence les autels des Baals et abattre en même temps les brûle-parfums qui sont dessus. Il fait couper les poteaux sacrés et casser toutes les statues. Tout cela est réduit en cendres. Celles-ci sont répandues sur les tombes de ceux qui ont offert des sacrifices aux faux dieux.
      5 Enfin, on brûle les os des prêtres sur les autels qu’ils ont utilisés. Voilà comment Josias a rendu purs Jérusalem et le royaume de Juda.
      6 Il va ensuite dans les villes de Manassé, d’Éfraïm, de Siméon et même de Neftali, ainsi que dans les régions voisines.
      7 Là, il renverse les autels, il casse les poteaux sacrés et les statues des faux dieux et il les écrase. Il abat les brûle-parfums dans toutes les tribus du Nord, puis il rentre à Jérusalem.
      8 La dix-huitième année où Josias est roi, il continue de rendre purs le pays et le temple. Un jour, il donne l’ordre à Chafan, fils d’Assalia, à Maasséya, gouverneur de Jérusalem, ainsi qu’à Yoa, fils de Yoakaz et porte-parole du roi, d’aller réparer le temple du SEIGNEUR son Dieu.
      9 Ces hommes vont trouver le grand-prêtre Hilquia. Ils lui donnent l’argent apporté au temple. Les lévites, gardiens de l’entrée, l’ont reçu comme dons des gens de Manassé et d’Éfraïm, des autres tribus du Nord et des habitants de Juda, de Benjamin et de Jérusalem.
      10 L’argent est remis aux chefs des travaux chargés de rendre le temple plus solide et de le réparer. Ainsi, ils peuvent payer les charpentiers, les maçons et les autres ouvriers. Ils achètent aussi des pierres taillées et des poutres de bois pour réparer et soutenir les bâtiments. En effet, les rois de Juda les ont laissés s’abîmer.
      12 Les ouvriers travaillent consciencieusement. Les lévites Yahath et Obadia, du clan de Merari, ainsi que Zakarie et Mechoullam, du clan de Quéhath, les dirigent. D’autres lévites, qui savent tous jouer d’un instrument de musique,
      13 dirigent les porteurs et tous les ouvriers, chacun selon son métier. D’autres lévites encore sont secrétaires, administrateurs et gardiens des portes.
      14 Au moment où ils vont chercher l’argent apporté au temple, le prêtre Hilquia trouve le livre de la loi que le SEIGNEUR a donnée par l’intermédiaire de Moïse.
      15 Alors Hilquia dit au secrétaire Chafan : « J’ai trouvé le livre de la loi dans le temple du SEIGNEUR. » Et Hilquia lui remet le livre.
      16 Chafan remet le livre au roi et lui fait son rapport en disant : « Tes serviteurs sont en train de réaliser tous les travaux que tu leur as confiés.
      17 Les prêtres ont vidé la caisse du temple et ils ont remis l’argent aux chefs des travaux et aux ouvriers. »
      18 Puis il ajoute : « Le grand-prêtre Hilquia m’a donné ce livre. » Et Chafan lit le livre en présence du roi.
      19 Quand le roi entend les paroles du livre de la loi, il déchire ses vêtements car il est bouleversé.
      20 Ensuite, il fait venir Hilquia, Ahicam, fils de Chafan, Abdon, fils de Mika, le secrétaire Chafan et Assaya, l’un de ses ministres. Il leur donne cet ordre :
      21 « Allez consulter le SEIGNEUR pour moi et pour la population qui reste en Israël et en Juda. Interrogez-le sur les paroles du livre qu’on vient de trouver. En effet, nos ancêtres n’ont pas obéi à ces paroles. Ils n’ont pas fait ce qui est écrit dans ce livre. C’est pourquoi le SEIGNEUR doit être très en colère contre nous. »
      22 Hilquia et les autres hommes choisis par le roi vont donc trouver la prophétesse Houlda, qui habite le Quartier Neuf de Jérusalem. C’est la femme du gardien des vêtements sacrés du temple, Challoum, fils de Toquehath et petit-fils de Hasra. Les envoyés du roi informent la prophétesse.
      23 Alors Houlda leur demande d’aller dire au roi :
      24 « Voici ce que déclare le SEIGNEUR, Dieu d’Israël : “Je vais faire venir un malheur sur Jérusalem et sur ses habitants. Je vais réaliser toutes les malédictions écrites dans le livre qui a été lu en présence du roi de Juda.
      25 Les gens de Jérusalem m’ont abandonné, ils ont offert de l’encens à d’autres dieux. Tout ce qu’ils ont fait a provoqué ma colère. C’est pourquoi cette violente colère se répandra sur Jérusalem, et elle ne se calmera pas.
      26 Au roi de Juda, qui vous a envoyés me consulter, vous communiquerez ce que je déclare, moi, le SEIGNEUR, Dieu d’Israël : Tu as entendu les paroles de ce livre.
      27 Ton cœur a été touché, tu t’es abaissé devant moi en entendant ce que j’ai dit contre Jérusalem et ses habitants. Tu as déchiré tes vêtements et tu as pleuré devant moi. Eh bien, moi aussi je t’ai entendu, je le déclare, moi, le SEIGNEUR.
      28 C’est pourquoi je te laisserai rejoindre tes ancêtres et aller en paix dans la tombe. Ainsi, tu ne verras pas tous les malheurs que je ferai venir sur Jérusalem et sur ses habitants.” » Le grand-prêtre Hilquia et ceux qui sont avec lui rapportent cette réponse au roi Josias.
      29 Aussitôt le roi réunit auprès de lui tous les anciens de Jérusalem et de Juda.
      30 Ils se rendent ensemble au temple du SEIGNEUR. Tous les habitants de Jérusalem, les prêtres et les lévites, tout le peuple, du plus petit au plus grand, vont avec eux. Ensuite, le roi lit devant eux toutes les paroles du livre de l’alliance découvert dans le temple du SEIGNEUR.
      31 Le roi est debout, à sa place, et il fait de nouveau alliance avec le SEIGNEUR. Chacun doit promettre de suivre le SEIGNEUR, d’obéir à ses commandements, à ses enseignements et à ses ordres, de tout son cœur et de tout son être. Il le fera en obéissant aux paroles de l’alliance écrites dans ce livre.
      32 Le roi demande à tous ceux qui se trouvent à Jérusalem et aux gens de Benjamin de faire cette promesse. Alors les habitants de Jérusalem agissent en respectant l’alliance avec le Dieu de leurs ancêtres.
      33 Josias met fin aux actions horribles commises dans tous les territoires israélites. Il oblige tous leurs habitants à servir le SEIGNEUR leur Dieu. Ainsi, pendant toute sa vie, les Israélites ne se détournent pas du SEIGNEUR, le Dieu de leurs ancêtres.

      Esdras 1

      2 « Voici ce que déclare Cyrus, le roi de Perse : Le SEIGNEUR, le Dieu qui est au ciel, a mis sous mon pouvoir tous les royaumes de la terre. Il m’a chargé de lui reconstruire un temple, à Jérusalem, dans la province de Juda.

      Esdras 7

      12 « Moi, Artaxerxès, le plus grand de tous les rois, j’écris au prêtre Esdras, spécialiste de la loi du Dieu qui est au ciel...

      Job 1

      1 Il y avait une fois, au pays d’Ous, un homme appelé Job. C’était un homme droit, on n’avait rien à lui reprocher. Il respectait Dieu et il évitait le mal.
      2 Il était père de sept fils et de trois filles.
      3 Il possédait 7 000 moutons, 3 000 chameaux, 1 000 bœufs pour labourer, 500 ânesses, beaucoup de serviteurs et de servantes. C’était l’homme le plus important de tous les habitants de l’Orient.
      4 Les fils de Job avaient l’habitude de faire un grand repas tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre, et ils invitaient leurs trois sœurs à manger et à boire avec eux.
      5 Quand les fêtes étaient finies, Job faisait venir ses enfants pour les rendre purs. Le jour suivant, il se levait tôt le matin, et il offrait pour chacun un sacrifice complet. En effet, il se disait : « Mes enfants ont peut-être commis une faute, ils ont peut-être insulté Dieu dans leur cœur. » Voilà ce que Job avait l’habitude de faire.
      6 Un jour, les habitants du ciel sont venus en présence du SEIGNEUR. Satan, l’Accusateur, est venu avec eux, lui aussi.
      7 Le SEIGNEUR lui a demandé : « D’où viens-tu ? » L’Accusateur a répondu : « Je viens de me promener partout sur la terre. »
      8 Le SEIGNEUR lui a dit : « Tu as sûrement remarqué mon serviteur Job. Personne ne lui ressemble sur la terre. C’est un homme droit, on n’a rien à lui reprocher. Il me respecte et il évite le mal. »
      9 L’Accusateur a répondu : « Si Job te respecte, à ton avis, est-ce que c’est sans raison ?
      10 Tu le protèges de tous côtés comme avec une clôture, lui, sa famille et tout ce qu’il possède. Tu as béni tout ce qu’il a fait, et ses troupeaux couvrent tout le pays.
      11 Mais touche un peu à tout ce qu’il possède. Et il te maudira en face, j’en suis sûr ! »
      12 Le SEIGNEUR dit à l’Accusateur : « D’accord ! Tout ce qu’il possède est en ton pouvoir, mais ne touche pas à sa personne. » Alors l’Accusateur s’est éloigné de la présence du SEIGNEUR.
      13 Un jour, les fils et les filles de Job étaient en train de manger et de boire du vin chez leur grand frère.
      14 Un messager est arrivé chez Job et lui a dit : « Les bœufs étaient en train de labourer, les ânesses se trouvaient dans un champ, tout près.
      15 Une bande de nomades d’Arabie les ont attaqués, puis ils les ont volés. Et ils ont tué tes serviteurs. Moi seul, j’ai pu me sauver pour te prévenir. »
      16 L’homme parlait encore, un autre messager est arrivé. Il a dit : « La foudre est tombée du ciel sur les moutons et sur tes serviteurs. Elle les a tous brûlés. Moi seul, j’ai pu me sauver pour te prévenir. »
      17 L’homme parlait encore, un autre messager est arrivé. Il a dit : « Trois bandes de Chaldéens ont attaqué les chameaux, puis ils les ont volés. Et ils ont tué tes serviteurs. Moi seul, j’ai pu me sauver pour te prévenir. »
      18 L’homme parlait encore, un autre messager est arrivé. Il a dit : « Tes fils et tes filles étaient en train de manger et de boire du vin chez leur grand frère.
      19 Un vent violent venu du désert a renversé toute la maison. Elle est tombée sur eux tous, et ils ont été tués. Moi seul, j’ai pu me sauver pour te prévenir. »
      20 Alors Job s’est levé. En signe de deuil, il a déchiré son vêtement et s’est rasé la tête. Puis il s’est mis à genoux, le front contre le sol.
      21 Il a dit : « Je suis sorti tout nu du ventre de ma mère. Je retournerai tout nu dans le ventre de la terre. Le SEIGNEUR a donné, le SEIGNEUR a repris. Il faut remercier le SEIGNEUR ! »
      22 Dans tous ces malheurs, Job n’a commis aucune faute. Il n’a fait aucun reproche à Dieu.

      Job 2

      1 Un autre jour, les habitants du ciel sont venus en présence du SEIGNEUR. L’Accusateur est venu avec eux, lui aussi.
      2 Le SEIGNEUR lui a demandé : « D’où viens-tu ? » L’Accusateur a répondu : « Je viens de me promener partout sur la terre. »
      3 Le SEIGNEUR lui a dit : « Tu as sûrement remarqué mon serviteur Job. Personne ne lui ressemble sur la terre. C’est un homme droit, on n’a rien à lui reprocher. Il me respecte et il évite le mal. Il continue à se conduire parfaitement, et c’est sans raison que tu m’as poussé à le détruire. »
      4 Mais l’Accusateur a répondu au SEIGNEUR : « C’est normal : chacun donne pour recevoir. Tout ce qu’un homme possède, il le donne pour sauver sa vie.
      5 Mais touche un peu à sa personne, et il te maudira en face, j’en suis sûr ! »
      6 Le SEIGNEUR a dit à l’Accusateur : « D’accord ! Il est en ton pouvoir, mais ne le fais pas mourir. »
      7 Alors l’Accusateur s’est éloigné de la présence du SEIGNEUR. Il a frappé Job d’une grave maladie de peau, depuis les pieds jusqu’à la tête.
      8 Job s’est installé au milieu des ordures et il a pris un morceau de poterie cassée pour se gratter.
      9 Sa femme lui a dit : « Tu continues à te conduire parfaitement ? Tu ferais mieux de maudire Dieu et de mourir ensuite ! »
      10 Mais Job lui a répondu : « Tu parles comme une folle ! Nous acceptons le bonheur comme un don de Dieu. Alors pourquoi refuser le malheur ? » Dans ce nouveau malheur, Job n’a dit aucune parole qui offense Dieu.
      11 Trois amis de Job ont appris tous les malheurs qui sont tombés sur lui. Ce sont Élifaz de Téman, Bildad de Chouha et Sofar de Naama. Chacun est arrivé de son pays. Ils se sont mis d’accord pour partager sa peine et le consoler.
      12 Ils l’ont vu de loin, mais ils ne l’ont pas reconnu. Alors ils se sont mis à pleurer à grands cris. En signe de tristesse, chacun a déchiré son vêtement et ils ont jeté en l’air de la poussière qui est retombée sur leur tête.
      13 Puis ils se sont assis par terre avec lui pendant sept jours et sept nuits. Aucun ne lui a parlé. En effet, ils voyaient que sa souffrance était très grande.

      Job 3

      1 Après tout cela, Job s’est mis à parler. Il a maudit le jour de sa naissance.
      2 Voici ce qu’il a dit :
      3 « Ah ! Je voudrais qu’il disparaisse, le jour où je suis né ! Et qu’elle disparaisse, la nuit qui a dit : “Un garçon vient d’être formé !”
      4 Ce jour-là, qu’il soit pour nous comme un jour sombre ! Que Dieu, là-haut, ne s’occupe pas de lui ! Que la lumière ne l’éclaire pas !
      5 Que l’ombre profonde le recouvre, qu’un nuage repose sur lui, qu’il fasse nuit en plein jour !
      6 « Cette nuit-là, qu’elle soit totalement noire, qu’elle ne compte pas parmi les jours de l’année, qu’elle n’entre pas dans le calcul des mois !
      7 Oui, que pendant cette nuit-là, personne ne donne la vie, et que toute joie s’enfuie !
      8 Ceux qui annoncent les jours de malheur et qui sont capables de réveiller le dragon Léviatan, qu’ils appellent le malheur sur cette nuit !
      9 Que les étoiles du matin s’éteignent ! Que cette nuit de ma naissance attende sans cesse la lumière du jour. Qu’elle ne voie jamais le réveil du soleil !
      10 En effet, elle m’a laissé venir au monde, elle m’a laissé aujourd’hui connaître le malheur.
      11 « Pourquoi est-ce que je ne suis pas mort dans le ventre de ma mère ? Pourquoi est-ce que je n’ai pas rendu le souffle en voyant le jour !
      12 Pourquoi deux genoux m’ont-ils accueilli ? Pourquoi ma mère m’a-t-elle nourri de son lait ?
      13 Dans le cas contraire, aujourd’hui, je serais au calme dans ma tombe. Je dormirais et me reposerais
      14 avec les rois et les dirigeants de la terre, ceux qui reconstruisaient les monuments en ruine.
      15 Ou bien je serais avec les grands qui possédaient de l’or et remplissaient leurs maisons d’objets en argent.
      16 Ou encore je n’existerais pas, comme les enfants mort-nés qui n’ont pas vu la lumière.
      17 « Dans la tombe, les gens mauvais ne bougent plus. Ceux qui n’ont plus de force se reposent.
      18 Là, les prisonniers aussi sont tranquilles, ils n’entendent plus les cris du surveillant.
      19 Entre petits et grands, aucune différence : ici, l’esclave est délivré de son maître.
      20 « Pourquoi donner la lumière du jour au malheureux ? Pourquoi donner la vie à ceux qui sont découragés et déçus ?
      21 Ils attendent la mort, mais elle ne vient pas. Ils la cherchent plus qu’un trésor.
      22 Ils seraient fous de joie, et ils danseraient s’ils trouvaient leurs tombes !
      23 Je suis un homme qui ne sait où il va, et Dieu m’a enfermé comme derrière une clôture.
      24 Comme nourriture, je n’ai que mes soupirs, mes cris de douleur jaillissent sans cesse.
      25 Si j’ai peur d’une chose, elle m’arrive. Ce qui m’effraie tombe sur moi.
      26 Je ne suis plus ni calme, ni tranquille. Je ne peux me reposer : je suis rempli d’inquiétude. »

      Job 4

      1 Alors Élifaz de Téman a pris la parole. Il a dit à Job :
      2 « Je n’ose pas te parler, tellement tu es découragé. Pourtant, je ne peux pas me taire.
      3 Toi, tu as conseillé beaucoup de monde. Tu savais rendre courage aux gens fatigués,
      4 tes paroles remettaient debout ceux qui glissaient, tu relevais ceux qui étaient courbés.
      5 Et maintenant que c’est ton tour, te voici découragé. Quand le malheur te frappe, tu es effrayé.
      6 « Toi, l’ami de Dieu, est-ce que tu ne dois pas avoir confiance ? Est-ce que ta conduite parfaite ne te donne pas bon espoir ?
      7 Réfléchis : est-ce que tu as vu des innocents ou des gens honnêtes tués par le malheur ?
      8 Pour moi, j’ai remarqué ceci : ceux qui cultivent le mal et qui sèment la misère récoltent le mal et la misère.
      9 Quand Dieu souffle sur eux, ils meurent, quand il brûle de colère, ils disparaissent.
      10 Dieu fait taire leurs rugissements de lions et leurs cris de léopards. Il casse les dents de ces jeunes lions.
      11 Alors, le lion meurt parce qu’il n’a rien à manger, les petits de la lionne partent de tous côtés.
      12 « J’ai entendu une voix secrète, mon oreille en a perçu un léger murmure.
      13 Ceci s’est passé la nuit, en rêve, quand les gens dorment profondément.
      14 J’étais effrayé, j’avais froid, tout mon corps tremblait.
      15 Une sorte de souffle est passé sur mon visage, j’étais glacé de peur.
      16 Quelqu’un se tenait là debout, je ne le reconnaissais pas. Une forme était devant mes yeux. Un silence, puis j’ai entendu sa voix. Elle disait :
      17 “Est-ce qu’un être humain peut être juste devant Dieu ? Est-ce qu’il peut être pur devant celui qui l’a créé ?
      18 Regarde : Dieu ne fait pas confiance à ses anges, il critique les fautes de ses serviteurs.
      19 Alors comment peut-il faire confiance aux humains ? En effet, ils ont été créés à partir de l’argile, et leur corps n’est que poussière. On peut les écraser comme une mouche.
      20 On peut les détruire en moins d’une journée. Ils disparaissent pour toujours, personne n’y fait attention.
      21 Le fil qui les retenait à la vie est cassé. Ils meurent sans avoir obtenu la sagesse.”

      Job 5

      1 « Lance un appel ! Mais qui va te répondre ? Parmi les anges, vers lequel peux-tu te tourner ?
      2 « Oui, la mauvaise humeur tue l’homme stupide, et la colère fait mourir l’ignorant.
      3 C’est vrai, j’ai déjà vu quelqu’un de stupide avec une bonne situation. Mais j’ai aussitôt appelé le malheur sur sa maison. J’ai dit :
      4 “Que ses enfants ne reçoivent aucune aide ! Au tribunal, que personne ne les défende et que le juge les condamne !
      5 Ses récoltes, que ceux qui ont faim les mangent ! Qu’ils les emportent malgré les buissons d’épines ! Ses richesses, que ceux qui n’ont rien les prennent !”
      6 « En effet, le malheur ne sort pas de la terre, la misère ne pousse pas sur le sol.
      7 Mais l’être humain cause sa propre misère, aussi sûrement que les étincelles jaillissent en l’air.
      8 « À ta place, je me tournerais vers Dieu, c’est à lui que je présenterais ma situation.
      9 Lui, il fait des choses extraordinaires, personne ne peut les comprendre. Ses actions magnifiques, personne ne peut les compter.
      10 Il fait tomber la pluie sur la terre entière, il envoie l’eau du ciel pour arroser les champs.
      11 Ceux qui sont tout en bas, il les relève, ceux qui sont dans le deuil retrouvent la joie.
      12 Dieu détruit les projets des gens faux, ils ne réussissent pas à faire ce qu’ils veulent.
      13 Dieu attrape les sages au piège de leurs mensonges, et leurs conseils tordus ne servent plus à rien.
      14 Ces gens-là sont aveugles en plein jour, à midi, ils vont à tâtons comme dans la nuit.
      15 Mais Dieu sauve de leurs mains l’homme découragé, il arrache le pauvre à leurs griffes puissantes.
      16 Ainsi, il y a de nouveau de l’espoir pour les malheureux, et ceux qui font le mal ferment leur bouche.
      17 « Oui, il est heureux, l’homme que Dieu corrige ! Ne repousse donc pas les leçons du Tout-Puissant !
      18 « En effet, Dieu blesse et il guérit, il frappe et il soigne la blessure.
      19 Tu peux connaître de nombreux malheurs, il te protégera toujours, et le mal ne te touchera jamais.
      20 Pendant la famine, il te sauvera de la mort. Au cours du combat, tu ne seras pas blessé.
      21 Tu seras à l’abri des mensonges. Si un malheur destructeur arrive, n’aie peur de rien !
      22 Tu te moqueras du malheur destructeur et de la faim. N’aie pas peur des bêtes sauvages !
      23 Il n’y aura pas de pierres dans tes champs, même les bêtes sauvages ne te feront pas de mal.
      24 Tu connaîtras le bonheur dans ta maison. Quand tu visiteras tes troupeaux, rien ne manquera.
      25 Tu verras grandir le nombre de tes enfants, et les enfants de leurs enfants pousseront comme l’herbe des champs.
      26 Tu seras plein de force jusqu’à ta mort, comme une gerbe de blé au temps de la récolte.
      27 « Voilà ce que nous avons trouvé en réfléchissant longtemps : c’est la vérité. Accepte cela et prends-le pour toi. »

      Job 6

      1 Alors Job a répondu :
      2 « Ah ! Je voudrais qu’on pèse ma tristesse, qu’on place mon malheur sur une balance !
      3 Oui, il est plus lourd que le sable des mers, c’est pourquoi je dis n’importe quoi.
      4 Le Tout-Puissant m’a percé de ses flèches, et leur poison s’est répandu dans mon corps. Les forces terribles de Dieu sont en position de combat contre moi.
      5 « Est-ce que l’âne sauvage se met à braire près de l’herbe fraîche ? Est-ce que le bœuf mugit devant son repas de foin ?
      6 Un plat qui n’a pas de goût, peut-on le manger sans sel ? Est-ce qu’on peut trouver du goût dans le blanc d’un œuf cru ?
      7 Je ne veux pas manger de ces aliments-là. Ma souffrance est un plat qui me dégoûte.
      8 « Je voudrais que quelqu’un réponde à ma demande, que Dieu me donne ce que j’attends.
      9 Qu’il accepte enfin de m’écraser, qu’il lève sa main menaçante et me détruise !
      10 Je danserais de joie au milieu de terribles souffrances, car j’aurais au moins une consolation : je n’aurais pas oublié les paroles du Dieu saint.
      11 « Mais je n’ai plus la force d’attendre : à quoi me sert de vivre ? Je n’ai plus d’avenir.
      12 Est-ce que je suis une pierre pour tout supporter ? Est-ce que mon corps est en bronze ?
      13 En moi, je n’ai plus rien pour m’aider, je manque du plus petit secours.
      14 « Celui qui est découragé a droit à l’amitié de son prochain, même s’il ne respecte plus le Tout-Puissant.
      15 Mes amis m’ont déçu comme un torrent sec, comme des rivières sans eau.
      16 À la fin de la saison froide, quand la glace et la neige se mettent à fondre, les torrents débordent.
      17 Mais dès la saison sèche, ils sont vides. Quand il fait chaud, ils n’ont plus d’eau.
      18 Les caravanes ne passent plus près d’eux, elles s’enfoncent dans le désert et meurent.
      19 Les caravanes de Téma, les voyageurs de Saba recherchent ces torrents, ils mettent leur espoir en eux.
      20 Ils ont cru qu’il y avait de l’eau, mais ensuite, ils le regrettent : quand ils arrivent, ils sont déçus.
      21 « Voilà ce que vous êtes pour votre ami. En voyant mon malheur, vous avez eu peur.
      22 Est-ce que je vous ai demandé quelque chose ? Est-ce que je vous ai dit : “Prenez une partie de vos richesses et donnez-la-moi
      23 pour me délivrer d’un ennemi ? Arrachez-moi au pouvoir d’un dictateur ?”
      24 Éclairez-moi et je me tairai, expliquez-moi mes erreurs.
      25 Des paroles vraies ne blessent personne. Mais vos reproches à vous me reprochent quoi ?
      26 Vous voulez me reprocher mes paroles ? Mais ce sont les paroles en l’air d’un homme désespéré.
      27 Vous oseriez tirer au sort un orphelin ! Vous iriez jusqu’à vendre votre ami !
      28 « Eh bien, regardez-moi en face : est-ce que je mens ?
      29 Est-ce que mes paroles sont celles d’un homme faux ? Est-ce que je ne sais pas reconnaître ce qui est mal ? Regardez-moi : pas de mensonge entre nous ! Encore une fois, regardez-moi, et vous verrez clairement que je suis innocent. »

      Job 7

      1 Job a dit encore : « Vraiment, la vie des gens sur la terre est très dure. Leur situation est celle des manœuvres.
      2 Ils sont comme l’esclave au soleil, qui cherche un peu d’ombre, ou comme un ouvrier qui attend son salaire.
      3 Pour moi, c’est la même chose ! Depuis des mois, ma vie est inutile. Je connais seulement des nuits de souffrance.
      4 Dès que je suis couché, je me dis : “Si seulement c’était le jour !” La nuit est longue, et je me retourne sans cesse dans mon lit jusqu’au matin.
      5 J’ai le corps couvert de vers et de croûtes pareilles à la terre. Ma peau se fend, et mes plaies coulent.
      6 Ma vie a passé plus vite que la navette du tisserand. Elle va bientôt s’arrêter quand le fil de l’espoir sera fini.
      7 « Souviens-toi, ô Dieu : ma vie n’est qu’un souffle. Mes yeux ne verront plus jamais le bonheur.
      8 Toi qui me regardais, tu ne m’apercevras plus. Quand tes yeux me chercheront, je ne serai plus là.
      9 Celui qui descend dans le monde des morts ressemble au nuage qui disparaît et s’en va.
      10 Il ne remonte pas. Il ne revient plus dans sa maison, et ceux qui le connaissaient l’oublient.
      11 « C’est pourquoi je ne peux pas me taire, j’ai la gorge serrée, alors je dois parler. Je suis découragé et déçu, alors je vais me plaindre.
      12 Pourquoi est-ce que tu me surveilles ainsi ? Est-ce que je suis la Mer ou le méchant Animal de l’eau ?
      13 Quand je me couche, je me dis : “Le sommeil va me soulager, la nuit va calmer ma douleur.”
      14 Mais tu me fais peur avec de mauvais rêves, tu m’effraies par les choses que tu me fais voir.
      15 Je préfère que tu m’étrangles ! Plutôt mourir que de continuer à souffrir !
      16 J’en ai assez ! Je ne vivrai pas toujours. Ma vie n’est qu’un souffle. Alors laisse-moi tranquille !
      17 « Est-ce que l’être humain est si important pour que tu penses à lui ? Pourquoi fais-tu tellement attention à lui ?
      18 Tu lui demandes des comptes tous les matins, tu vérifies à chaque instant sa valeur.
      19 Quand vas-tu arrêter de me regarder ? Laisse-moi au moins avaler ma salive !
      20 Est-ce que j’ai péché ? Et qu’est-ce que cela peut te faire, à toi qui surveilles si sévèrement les humains ? C’est moi que tu vises quand tu frappes. Pourquoi donc ? Est-ce que je suis un poids pour toi ?
      21 Est-ce que tu ne peux pas supporter mes péchés, pardonner mes fautes ? Je serai bientôt mort, couché dans la poussière. Quand tu me chercheras, je n’existerai plus. »

      Job 8

      1 Alors Bildad de Chouha a pris la parole. Il a dit à Job :
      2 « Tu vas répéter ces choses combien de temps encore ? Tes paroles sont violentes comme un vent de tempête. Mais jusqu’à quand ?
      3 Est-ce que Dieu change les lois ? Est-ce que le Tout-Puissant rend faux ce qui est juste ?
      4 Si tes fils ont commis des fautes contre lui, il leur a fait payer les conséquences de leurs actions mauvaises.
      5 « Mais toi, si tu cherches Dieu, si tu pries avec force le Tout-Puissant,
      6 si tu es honnête et droit, il veillera sur toi et te rendra la place que tu mérites.
      7 Ta situation passée te paraîtra peu de chose, car ton avenir la dépassera de beaucoup.
      8 « Interroge ceux qui ont vécu avant nous, et sois attentif à l’expérience de leurs ancêtres.
      9 Nous, nous sommes nés voici peu de temps, et nous ne savons rien. Notre vie sur terre passe aussi vite que l’ombre.
      10 Mais ceux qui ont vécu avant nous, ils te parleront, et de leur expérience, ils tireront ces paroles de sagesse :
      11 “Le papyrus ne pousse pas en dehors des marais, le roseau ne grandit pas en dehors de l’eau.
      12 Sans eau, il sèche avant les autres herbes, quand il est encore en fleurs et qu’on ne l’a pas coupé !”
      13 « Voilà ce qui arrive à ceux qui oublient Dieu. L’espoir des gens mauvais disparaît de cette façon.
      14 Leur assurance est détruite, leur sécurité n’est qu’une toile d’araignée.
      15 Quand ils s’appuient sur leur maison, elle ne tient pas debout, ils s’y accrochent, elle ne résiste pas.
      16 « Ils sont comme un arbre plein de sève qui grandit au soleil. Il étend ses jeunes branches au-dessus du jardin.
      17 Ses racines emmêlées poussent dans les pierres, il s’enfonce au creux du rocher.
      18 Mais si quelqu’un l’arrache de l’endroit où il est, la terre affirme qu’elle ne l’a jamais vu.
      19 Voilà comment finit le bonheur de ceux qui oublient Dieu ! Et à leur place, une autre plante germera.
      20 « Non, Dieu ne méprise pas l’homme droit. Il ne soutient pas ceux qui font le mal.
      21 Il remplira de nouveau ta bouche de rires, il te fera pousser des cris de joie.
      22 Tes ennemis seront couverts de honte, et les gens mauvais disparaîtront. »

      Job 9

      1 Job a répondu :
      2 « Oui, ce que tu dis est vrai, je le sais. Est-ce qu’un être humain peut avoir raison contre Dieu ?
      3 Si on veut discuter avec lui, Dieu ne répondra pas une fois sur mille !
      4 Sa sagesse est profonde et sa force est grande. Qui peut lui résister sans en subir les conséquences ?
      5 « Il déplace les montagnes tout à coup et les renverse dans sa colère.
      6 Il fait trembler la terre, il secoue les piliers qui la portent.
      7 Il peut interdire au soleil de se lever, il peut empêcher les étoiles de briller.
      8 « Lui seul étend les cieux, et il marche sur les vagues de la mer.
      9 Il crée les groupes d’étoiles : la Grande Ourse, Orion, les Pléiades et les étoiles du Sud.
      10 Il fait des choses extraordinaires, personne ne peut les comprendre. Ses actions magnifiques, personne ne peut les compter.
      11 Il passe près de moi, je ne le vois pas. Il s’en va, je ne l’aperçois pas.
      12 Qui lui fera rendre ce qu’il a pris de force ? Qui osera lui dire : “Qu’est-ce que tu fais ?”
      13 Dieu n’arrête pas sa colère. Les méchants animaux de la mer, Rahab et ses alliés, restent couchés à ses pieds.
      14 « C’est pourquoi je ne peux pas répondre à Dieu, je n’ai rien à dire contre lui.
      15 Même si j’ai raison, à quoi bon me défendre ? Je peux seulement demander à mon juge d’avoir pitié.
      16 Même s’il répond à mon appel, je ne suis pas sûr qu’il écoute ma prière.
      17 Il m’écrase pour rien du tout, il n’arrête pas de me blesser sans raison.
      18 Il ne me laisse même pas reprendre mon souffle, mais il remplit mon cœur d’une souffrance amère.
      19 « Est-ce qu’il faut que je lutte avec Dieu ? Il est bien plus fort que moi ! Est-ce qu’il faut aller au tribunal ? Mais qui va m’appeler pour que je défende ma cause ?
      20 Même si j’ai raison, mes paroles me donneront tort. Si je suis innocent, il va dire que je suis coupable.
      21 Mais est-ce que je suis innocent ? Je l’ignore. J’en ai assez de la vie !
      22 Pour moi, innocent ou coupable, c’est la même chose. C’est pourquoi j’ose dire : Dieu fait mourir l’innocent comme le coupable.
      23 Quand un grand malheur tombe tout à coup et tue des gens, Dieu se moque du désespoir des innocents.
      24 Quand un pays est livré au pouvoir d’un assassin, Dieu ferme les yeux des juges ! En effet, si ce n’est pas lui qui le fait, qui est-ce donc ?
      25 « Mes jours passent plus vite qu’un coureur, ils fuient sans voir le bonheur.
      26 Ils glissent comme des barques de jonc, aussi vite qu’un aigle tombe sur un mouton.
      27 « Je me dis : “Oublie tes soucis, sois gai et souris.”
      28 Mais toutes mes souffrances me font peur. En effet, toi, Dieu, tu ne crois pas que je suis innocent, je le sais.
      29 Pour toi, il faut que je sois coupable ! Alors pourquoi me fatiguer inutilement ?
      30 Même si je me lave avec du savon, si je nettoie mes mains avec de la potasse,
      31 tu me plongeras dans les ordures, même mes vêtements ne voudront pas de moi.
      32 « En effet, Dieu n’est pas un homme comme moi. Je ne peux pas lui répondre, et nous ne pouvons pas aller ensemble au tribunal.
      33 Entre nous, il n’y a pas d’arbitre pour poser la main sur nous deux.
      34 Un arbitre empêcherait Dieu de me frapper, et je ne serais plus mort de peur.
      35 Je pourrais lui parler sans être effrayé. Mais ce n’est pas le cas, je suis seul avec moi-même. »

      Job 10

      1 « La vie me dégoûte. Alors je vais me plaindre sans me retenir, je vais sortir tout ce que j’ai d’amer dans le cœur.
      2 Je dirai à Dieu : ne me condamne pas. Qu’est-ce que tu as à me reprocher ? Dis-le-moi.
      3 Est-ce que cela te plaît de m’écraser, de mépriser ce que tes mains ont fait, de faire réussir les projets des gens mauvais ?
      4 Est-ce que tu as des yeux comme les humains ? Est-ce que ta façon de voir ressemble à celle des hommes ?
      5 Est-ce que ta vie est aussi courte que la nôtre ? Est-ce que tes années passent aussi vite que nos années ?
      6 Tu cherches à connaître ma faute, tu fais une enquête sur mes péchés. Pourquoi donc ?
      7 Je ne suis pas coupable, tu le sais, et personne ne peut m’arracher à ton pouvoir.
      8 « Ce sont tes mains qui m’ont créé et formé. Et maintenant, elles se resserrent sur moi, et tu veux me détruire !
      9 Souviens-toi : tu m’as modelé comme un objet d’argile, et tu veux me changer en poussière !
      10 Comme on garde du lait au fond d’un pot pour le rendre épais, un jour, tu m’as formé dans le ventre de ma mère.
      11 Tu m’as couvert de muscles et de peau, tu m’as tissé d’os et de nerfs.
      12 Puis tu m’as donné la vie gratuitement, et tu as veillé sur moi avec soin.
      13 « Mais tu caches un secret dans ton cœur, je connais tes intentions :
      14 tu veux me surprendre en train de faire le mal, et tu ne me pardonneras rien.
      15 Si je suis coupable, quel malheur pour moi ! Si je suis innocent, je n’ose pas lever la tête. Je suis comme un homme ivre à cause de ma honte et de ma grande tristesse.
      16 Si je relève la tête, tu me poursuis comme un lion, et sans cesse, tu fais peser sur moi ta puissance.
      17 Tu lances contre moi de nouvelles attaques, ta colère augmente, et tes soldats arrivent par vagues pour me combattre.
      18 « Pourquoi m’as-tu fait sortir du ventre de ma mère ? Si j’étais mort avant, personne ne m’aurait vu.
      19 Je serais allé directement dans la tombe, comme si je n’avais jamais existé.
      20 Maintenant, il me reste peu de temps à vivre. Laisse-moi respirer pour me donner un peu de joie.
      21 Je vais bientôt partir, pour ne plus revenir, dans le pays de l’ombre et de la nuit profonde.
      22 Là, l’obscurité et le désordre dominent, et la lumière elle-même ressemble à la nuit noire. »

      Job 11

      1 Alors Sofar de Naama a pris la parole. Il a dit à Job :
      2 « Est-ce que toutes ces paroles vont rester sans réponse ? Savoir bien parler, est-ce que cela suffit pour avoir raison ?
      3 Est-ce que tes beaux discours vont faire taire les gens ? Quand tu te moques d’eux, est-ce qu’ils vont t’approuver ?
      4 Tu as même dit : “Mon enseignement est vrai, Dieu ne peut rien me reprocher.”
      5 « J’aimerais que Dieu ouvre la bouche, qu’il parle pour te répondre.
      6 Il te ferait connaître les secrets de la sagesse. – Oui, ils surprennent l’intelligence. – Tu comprendrais alors que Dieu oublie une partie de tes fautes.
      7 « Est-ce que tu peux découvrir la profondeur de Dieu ? Est-ce que tu peux connaître la grandeur du Tout-Puissant ?
      8 Sa sagesse est plus haute que le ciel. Qu’est-ce que tu peux faire ? Elle est plus profonde que le monde des morts. Qu’est-ce que tu peux savoir ?
      9 Elle est plus longue que la terre, plus large que la mer.
      10 « Si Dieu agit pour mettre un coupable en prison, s’il l’appelle au tribunal, qui va s’opposer à lui ?
      11 En effet, il connaît bien ceux qui ne valent rien. Il n’a pas besoin d’être très attentif, il voit où le mal se trouve.
      12 Mais une personne stupide ne deviendra jamais sage, sauf le jour où un âne sauvage deviendra un âne bien éduqué.
      13 « Toi, tu dois diriger ton cœur vers Dieu, et prier en levant les mains vers lui.
      14 Si tu as fait du mal, ne recommence plus, ne laisse pas l’injustice habiter chez toi.
      15 Alors tu seras sans tache, tu pourras redresser la tête, tu tiendras bien debout et tu n’auras peur de rien.
      16 Tu ne penseras plus à ton malheur, tu l’oublieras comme de l’eau qui s’écoule.
      17 Ta vie sera plus claire que le jour à midi, la nuit brillera comme la lumière du matin.
      18 Tu seras plein de confiance, car il y a de l’espoir. En voyant que tout va bien, tu dormiras en paix.
      19 Quand tu te reposeras, personne ne te dérangera. Au contraire, beaucoup te féliciteront.
      20 Mais les gens mauvais se fatiguent à chercher de l’aide. Ils ne trouvent aucun abri. Leur espoir, c’est la mort. »

      Job 12

      1 Alors Job a répondu :
      2 « Vraiment, vous savez tout ! Et la sagesse mourra en même temps que vous !
      3 Mais moi, j’ai une intelligence comme vous, je ne suis pas plus bête que vous ! Ce que vous avez dit, tout le monde le sait.
      4 « Je crie vers Dieu pour recevoir une réponse, et qu’est-ce qui se passe ? Je deviens pour mes amis un sujet de moquerie. Celui qui obéit à Dieu, qui se conduit parfaitement, on se moque de lui !
      5 Les gens heureux pensent : “Méprisons le malheureux !” Ils appliquent cette phrase à ceux qui perdent l’équilibre.
      6 Et les bandits sont tranquilles dans leurs maisons. Ceux qui provoquent Dieu sont en sécurité. Ils ne connaissent pas d’autre dieu que leur force.
      7 « Mais interroge les bêtes de tes troupeaux, elles t’enseigneront, pose des questions aux oiseaux du ciel, ils t’informeront.
      8 Parle à la terre, elle te donnera des leçons, les poissons de la mer te raconteront beaucoup de choses.
      9 C’est le SEIGNEUR qui a fait tout cela. Parmi tous ces animaux, qui l’ignore ?
      10 C’est lui qui tient en son pouvoir la vie de tous les êtres vivants, le souffle de tous les humains.
      11 « On dit bien : “L’oreille aime les paroles, comme la bouche apprécie la nourriture.
      12 La sagesse est l’affaire des gens âgés, l’intelligence appartient aux vieillards.”
      13 En fait, la sagesse et la puissance appartiennent à Dieu. Lui seul possède l’expérience et l’intelligence.
      14 « Quand Dieu détruit, personne ne reconstruit, quand il met quelqu’un en prison, personne ne le libère.
      15 Quand il retient l’eau, tout est sec. Quand il la laisse couler, elle détruit la terre.
      16 Dieu est fort et habile. Tout lui appartient : celui qui se trompe comme celui qui trompe les autres.
      17 Il fait marcher pieds nus les chefs d’État, et il rend fous les dirigeants.
      18 Il enlève aux rois leur pouvoir et il les couvre d’un habit de prisonnier.
      19 Il fait marcher pieds nus les prêtres et il renverse ceux qui ont le pouvoir.
      20 Il enlève la parole aux gens qui parlent bien, il prive les vieillards de leur bon sens.
      21 Il répand le mépris sur les grands de ce monde, il laisse les dictateurs sans protection.
      22 Il fait sortir les choses cachées des profondeurs de la nuit, il met en pleine lumière ce qui était dans l’ombre.
      23 Il fait grandir les peuples, puis il les détruit. Il les fait grandir, puis il les déporte.
      24 Il prive de raison les chefs d’un pays, il les laisse aller d’un endroit à un autre dans un désert sans pistes.
      25 Ils marchent à tâtons dans la nuit, sans lumière, et ils perdent l’équilibre comme s’ils avaient bu. »

      Job 13

      1 « Tout cela, je l’ai vu de mes yeux, mes oreilles l’ont entendu, et j’ai compris.
      2 Tout ce que vous savez, je le sais aussi, je ne suis pas plus bête que vous.
      3 Mais moi, je veux parler au Dieu tout-puissant, je veux me défendre contre lui.
      4 Vous, vous n’êtes que des charlatans, vous êtes de faux guérisseurs.
      5 Si seulement vous pouviez vous taire ! Ce serait une preuve de sagesse !
      6 « Écoutez donc mes reproches, faites attention à ce que je dis pour me défendre !
      7 Est-ce que vous pouvez prendre la défense de Dieu en disant des choses fausses ? Est-ce que vous le servez vraiment par vos mensonges ?
      8 Est-ce que vous prenez vraiment son parti ? Est-ce que vous êtes les avocats de Dieu ?
      9 Et s’il regardait votre conscience, est-ce que ce serait bon pour vous ? On ne trompe pas Dieu comme on trompe un homme !
      10 Si vous êtes injustes, même en secret, il vous le reprochera sévèrement.
      11 Est-ce que sa grandeur ne vous effraie pas ? Est-ce que la peur qu’il inspire ne va pas tomber sur vous ?
      12 Les leçons que vous répétez ont aussi peu de valeur que la cendre, et vos raisonnements sont aussi fragiles que l’argile.
      13 « Taisez-vous ! Laissez-moi ! C’est à mon tour de parler. Nous verrons bien ce qui arrivera.
      14 Je suis prêt à tout, même à risquer ma vie.
      15 Dieu peut me tuer, je n’ai plus rien à perdre. Mais je veux défendre ma conduite devant lui.
      16 D’ailleurs, cette façon de faire peut me sauver. En effet, Dieu n’accepte aucun homme faux devant lui.
      17 Écoutez bien ce que je vais dire, ouvrez vos oreilles à mes explications.
      18 Vous voyez, j’ai préparé ma défense, je sais que je suis innocent.
      19 Qui donc veut m’accuser ? Si j’ai tort, j’accepte de me taire et de mourir.
      20 « Mon Dieu, donne-moi seulement deux choses, et je ne me cacherai pas loin de toi :
      21 D’abord, retire ta main qui pèse sur moi, arrête de me faire peur !
      22 Ensuite, prends la parole et je répondrai, ou bien je parlerai et tu répondras.
      23 Combien de fautes, combien de péchés est-ce que j’ai commis ? Fais-moi connaître mes révoltes et mes péchés.
      24 Tu me caches ton visage et tu me prends pour ton ennemi. Pourquoi donc ?
      25 Tu cours derrière qui ? Derrière une feuille chassée par le vent ! Qui poursuis-tu ? Un brin de paille tout sec !
      26 Tu écris contre moi un jugement sévère, tu me rends responsable des fautes de ma jeunesse.
      27 Tu attaches mes pieds avec des chaînes, tu surveilles tous mes gestes, tu examines la trace de mes pas !
      28 Et pourtant, l’être humain s’use comme une plante pourrie, ou comme un vêtement mangé par les vers. »

      Job 14

      1 « L’être humain, né d’une femme, vit peu de temps et connaît beaucoup de soucis.
      2 Comme la fleur, il grandit puis se fane. Il fuit comme l’ombre et ne dure pas.
      3 Et c’est lui, mon Dieu, que tu surveilles ! C’est moi que tu traînes devant ton tribunal !
      4 « Qui peut faire sortir quelque chose de pur de ce qui est impur ? Personne !
      5 Tu as fixé une limite à l’être humain, tu as compté le nombre de ses mois, et il ne peut les dépasser.
      6 Alors regarde ailleurs ! Laisse-le tranquille, pour qu’il finisse sa vie en paix, comme un ouvrier finit sa journée.
      7 « Il y a toujours de l’espoir pour un arbre : quand on le coupe, il peut encore repousser et donner des bourgeons.
      8 Même s’il a de vieilles racines dans la terre, et si sa souche semble morte dans le sol,
      9 il peut renaître avec un peu d’eau. Il produit alors des branches comme un arbre tout jeune.
      10 « Mais quand un être humain meurt, il reste sans vie. Qu’est-ce qu’il devient quand il a rendu son souffle ?
      11 L’eau des mers pourra disparaître, les fleuves pourront être secs et sans eau :
      12 ceux qui sont couchés dans la tombe ne se relèveront pas. Ils ne se réveilleront pas de leur sommeil tant que le ciel existera.
      13 « Je voudrais que tu me caches dans le monde des morts, que tu me mettes à l’abri jusqu’à la fin de ta colère. Tu me dirais alors à quel moment tu voudras bien te souvenir de moi !
      14 Mais l’homme qui est mort, est-ce qu’il peut revivre ? Si c’était le cas, je garderais l’espoir pendant le temps de mon dur service, jusqu’à ce que d’autres me remplacent.
      15 Tu m’appellerais et je répondrais, tu demanderais à me voir, moi que tu as créé !
      16 « Tu ne ferais plus attention à mes fautes. Or, actuellement, tu comptes tous mes pas.
      17 Tu cacherais ma révolte dans un sac bien fermé, et tu pardonnerais mes péchés.
      18 « Pourtant, une montagne finit par tomber, un rocher finit par changer de place.
      19 L’eau arrive à user les pierres, la pluie emporte la terre. De la même façon, tu détruis l’espoir de l’être humain.
      20 Tu le jettes par terre et il s’en va. Tu abîmes son visage et tu le renvoies.
      21 Si ses fils sont couverts d’honneur, il n’en sait rien. S’ils sont abaissés, il l’ignore.
      22 L’être humain peut seulement souffrir pour lui seul, il peut seulement se plaindre de son malheur. »

      Job 15

      1 Alors Élifaz de Téman a pris la parole. Il a dit à Job :
      2 « Un sage comme toi ne donne pas de réponse qui n’a pas de sens, il ne fait pas de discours aussi vides !
      3 Tu te défends avec des mots qui ne servent à rien, tu parles pour ne rien dire.
      4 De plus, tu détruis le respect envers Dieu, tu supprimes la prière.
      5 « Tu parles ainsi parce que tu es coupable, et tes paroles sont des mensonges.
      6 C’est ta bouche qui te condamne, ce n’est pas moi. Tout ce que tu dis t’accuse.
      7 « Est-ce que tu es le premier homme né sur la terre ? Est-ce que tu es venu au monde avant les collines ?
      8 Est-ce que tu connais les secrets de Dieu ? Est-ce que tu es le seul à posséder la sagesse ?
      9 « Tout ce que tu sais, nous le savons, ce que tu as compris, nous le comprenons.
      10 Il y a même parmi nous un ancien, un homme plus âgé que ton père !
      11 Tu crois donc que tu n’as pas besoin des consolations de Dieu, de nos paroles pleines de douceur ?
      12 « Pourquoi cette colère ? Pourquoi ces étincelles dans tes yeux ?
      13 Pourquoi cette mauvaise humeur contre Dieu ? Pourquoi laisser de telles paroles sortir de ta bouche ?
      14 L’être humain, qu’est-ce qu’il est pour se croire pur ? L’enfant d’une femme, qu’est-ce qu’il est pour se dire sans défaut ?
      15 Dieu ne fait même pas confiance à ses anges, et pour lui, le ciel même est impur.
      16 Alors, que dire de l’homme, cet être détestable et corrompu ? Il fait le mal aussi facilement qu’il boit de l’eau !
      17 « Écoute-moi, je veux t’apprendre quelque chose, je veux te dire ce que j’ai vu.
      18 Je veux partager avec toi l’enseignement des sages. Ils racontent sans rien cacher ce qu’ils ont reçu de leurs ancêtres.
      19 Dieu avait donné le pays uniquement à ceux-ci, et aucun étranger n’était passé chez eux. Voici cet enseignement :
      20 « Les gens mauvais souffrent toute leur vie, et les années des dictateurs sont limitées.
      21 Des voix terribles crient dans leurs oreilles. Les bandits tombent sur eux en pleine paix.
      22 Ils ne croient plus qu’ils pourront sortir de la nuit. Les dictateurs le savent bien : ils vont mourir d’une mort violente,
      23 et les charognards les dévoreront. Les dictateurs sont sûrs d’une chose :
      24 des jours sombres se préparent pour eux. Le malheur et l’angoisse les font trembler de peur et tombent sur eux comme les soldats du roi passent à l’attaque. »
      25 « Voilà ce qui arrive à celui qui lève le poing contre Dieu, qui se dresse contre le Tout-Puissant.
      26 « Cet homme-là court, tête baissée, pour attaquer Dieu, protégé par son gros bouclier.
      27 Son visage est bien rond, son corps est gros et gras.
      28 Il avait occupé des villes détruites, des maisons vides, prêtes à tomber en ruines.
      29 « Mais il ne pourra jamais devenir riche, ou bien sa fortune ne durera pas, il n’aura pas d’influence dans le pays.
      30 Il ne pourra pas sortir de la nuit. Il sera comme un arbre aux branches séchées par le feu, et le souffle de Dieu l’emportera au loin.
      31 « Il ne doit pas compter sur la malhonnêteté. En effet, c’est un mauvais chemin, et il serait payé selon sa conduite.
      32 Cela se passera avant sa mort, et il ne portera plus de branches nouvelles.
      33 Comme une vigne, il laissera tomber son raisin encore vert, comme l’olivier, il perdra ses fleurs.
      34 « Oui, la bande des gens mauvais est privée d’enfants et de petits-enfants. Le feu dévorera leurs maisons remplies de cadeaux qui corrompent.
      35 Celui qui porte le mal en lui accouche du malheur. Ce qu’il prépare dans son cœur le trompera lui-même. »

      Job 16

      1 Alors Job a répondu :
      2 « J’ai entendu beaucoup de choses du même genre. Comme consolateurs, vous ne valez rien,
      3 vous qui me dites : “Tes paroles ne veulent rien dire, est-ce qu’elles vont bientôt s’arrêter ?” Ou encore : “Qu’est-ce qui te fait souffrir pour que tu répondes de cette façon ?”
      4 « Si vous étiez à ma place, moi aussi, je pourrais parler comme vous. Je ferais contre vous de beaux discours, je secouerais la tête en me moquant de vous.
      5 Je vous encouragerais par mes paroles et je parlerais sans arrêt pour calmer votre douleur.
      6 « Mais quand je parle, ma souffrance ne s’arrête pas, si je me tais, elle ne disparaît pas.
      7 Et maintenant, Dieu m’a épuisé, il a détruit tous ceux qui m’entouraient.
      8 Il m’a couvert de rides et m’a rendu très maigre. Cela m’accuse et me rend responsable de ce qui arrive.
      9 Dans sa colère, Dieu me déchire, il me poursuit en montrant ses dents menaçantes. Il est mon ennemi, ses yeux me percent comme des flèches.
      10 « Les gens ouvrent la bouche pour me blesser, ils me frappent au visage pour m’insulter, ils se mettent ensemble contre moi.
      11 Oui, Dieu m’a livré à des jeunes qui ne valent rien, il m’a jeté dans les mains des gens mauvais.
      12 « Je menais une vie tranquille, mais Dieu m’a brisé. Il m’a pris par le cou pour me détruire. Il a lancé ses flèches contre moi,
      13 elles volent de tous côtés. Il perce mes reins sans pitié, il fait couler par terre le contenu de mon foie.
      14 Il tombe sur moi comme un combattant, il me frappe et me couvre de blessures.
      15 « Je porte sans cesse un habit de deuil, j’enfonce mon front dans la poussière.
      16 À force de pleurer, j’ai les yeux rouges, et mon regard s’éteint.
      17 Pourtant, je n’ai jamais été violent, j’ai toujours prié avec un cœur pur.
      18 « Terre, mon sang est répandu, ne le recouvre pas, et qu’on entende toujours mon cri !
      19 Dès maintenant, j’ai un témoin dans le ciel, oui, là-haut, j’ai quelqu’un qui témoigne pour moi.
      20 « Mes amis se moquent de moi, mais mon regard plein de larmes monte vers Dieu.
      21 Que mon témoin soit un arbitre entre Dieu et moi, comme un homme prend la défense d’un autre homme !
      22 Oui, il me reste peu de temps à vivre, et je pars sur un chemin d’où je ne reviendrai plus. »

      Job 17

      1 « J’ai du mal à respirer, et ma vie va s’éteindre. La tombe m’attend.
      2 Je suis entouré de moqueurs, leurs attaques m’empêchent de dormir.
      3 « Ô Dieu, engage-toi ! Paie le prix pour me libérer. En effet, qui d’autre acceptera de s’engager pour moi ?
      4 Vraiment, tu as fermé l’intelligence de mes amis, c’est pourquoi tu ne les laisseras pas avoir raison.
      5 Ils ressemblent à celui qui invite ses amis à partager son repas pendant que ses enfants attendent en vain leur part.
      6 « Les gens se moquent de moi, ils me crachent au visage.
      7 La tristesse me rend presque aveugle, et mon corps n’est qu’une ombre.
      8 « En me voyant, les gens honnêtes sont très surpris. Ceux qui sont innocents sont en colère contre les gens mauvais.
      9 Ils disent : “Ceux qui obéissent à Dieu, qu’ils continuent ! Ceux qui ont les mains propres, qu’ils augmentent leurs efforts !”
      10 Vous, mes amis, venez, revenez tous ! Mais parmi vous, je ne trouve aucun sage !
      11 « Ma vie est finie, mes projets et mes espoirs sont brisés.
      12 Mes amis font croire que la nuit, c’est le jour, et que la lumière du matin est proche. Pourtant, il fait encore sombre.
      13 « Qu’est-ce que je peux attendre ? Une place dans le monde des morts, une natte pour m’étendre dans son obscurité.
      14 Je crie à la tombe : “Tu es mon père !” À la pourriture, je dis : “Tu es ma mère et ma sœur !”
      15 Où donc est mon espoir ? Et mon bonheur, qui l’aperçoit ?
      16 Il descend avec moi dans le monde des morts, nous tombons tous les deux dans la poussière. »

      Job 18

      1 Bildad de Chouha a pris la parole en disant :
      2 « Quand arrêterez-vous ces discours ? Soyez raisonnables, et nous pourrons parler.
      3 Pourquoi est-ce que vous nous prenez pour des bêtes ? Nous avons l’air de gens stupides, pourquoi donc ?
      4 « Et toi, Job, tu te déchires toi-même dans ta colère. À ton avis, est-ce qu’un pays peut être abandonné à cause de toi, est-ce qu’un rocher peut changer de place ?
      5 « Oui, la lumière de l’homme mauvais va disparaître, la flamme de son feu ne brillera plus.
      6 La lumière baisse dans sa maison, la lampe au-dessus de lui va s’éteindre.
      7 « Autrefois, il marchait avec assurance, maintenant, il avance à petits pas. Et les projets qu’il fait lui font perdre l’équilibre.
      8 Il tombe dans un filet, il emmêle ses pieds dans ses mailles.
      9 Un piège le saisit au talon et se referme sur lui.
      10 « Le nœud pour le prendre est caché dans la terre, le piège pour l’attraper l’attend sur le chemin.
      11 De tous côtés, la peur tombe sur lui, et elle le suit pas à pas.
      12 « Il était en pleine force, maintenant il connaît la faim, le malheur se tient près de lui.
      13 Une maladie dévore sa peau, la mort va bientôt attraper ses membres.
      14 « On l’arrache de chez lui où il vit en sécurité, et on l’emmène vers le roi du monde des morts.
      15 Quelqu’un peut habiter dans sa maison, elle n’est plus à lui, on répand du soufre sur ce qu’il possède.
      16 Alors, comme un arbre qui meurt, en bas, ses racines sèchent, en haut, ses branches se fanent.
      17 « Dans le pays, les gens ne se souviennent plus de lui, ils ne disent plus son nom nulle part.
      18 Ils le poussent de la lumière vers la nuit, ils le chassent de la terre.
      19 « Dans son peuple, il n’a pas d’enfant pour prendre sa place, personne ne restera en vie après lui, dans toute sa famille.
      20 Tout le monde s’étonne de ce qui lui arrive. D’est en ouest, tous tremblent de peur.
      21 Ils disent : “Voilà tout ce qui reste de cet homme mauvais et de sa famille. Ici, c’était un endroit où on ne connaissait pas Dieu.” »

      Job 19

      1 Alors Job a répondu à ses amis :
      2 « Vous allez me faire souffrir jusqu’à quand ? Jusqu’à quand allez-vous me détruire par vos paroles ?
      3 Vous m’avez insulté trop souvent. Vous n’avez pas honte de me torturer ?
      4 « Vous dites que je me suis trompé. Eh bien, même si c’est vrai, cette erreur est mon affaire.
      5 En fait, vous me reprochez ce malheur qui m’arrive, et ainsi, vous voulez avoir raison contre moi.
      6 Pourtant, vous devez le savoir, c’est Dieu qui a été injuste avec moi et qui m’a fait tomber dans son piège.
      7 « Je peux crier contre cette violence, personne ne répond. J’appelle au secours, personne ne me fait justice.
      8 Dieu me barre la route pour m’empêcher de passer, il me laisse dans la nuit.
      9 Il m’a enlevé mon honneur, il m’a retiré ce qui me rendait fier.
      10 « Il me démolit complètement, j’ai déjà un pied dans la tombe. Il a arraché tout mon espoir comme on arrache les racines d’un arbre.
      11 Il brûle de colère contre moi, il me considère comme son ennemi.
      12 Ses bandes de tueurs viennent toutes ensemble, elles arrivent jusqu’à moi et s’installent autour de ma tente pour m’attaquer.
      13 « Mes parents, Dieu les a éloignés de moi. Ceux qui me connaissent font tout pour m’éviter.
      14 Ceux qui sont proches de moi ont disparu, et mes amis m’ont oublié.
      15 Mes invités et mes servantes me traitent comme un étranger. Pour eux, je suis quelqu’un de gênant.
      16 J’appelle mon serviteur, il ne répond pas, même quand je le supplie.
      17 « Ma femme ne supporte plus mon odeur, et je dégoûte mes propres frères.
      18 Même les petits enfants me méprisent. Quand je me mets à parler, ils se moquent de moi.
      19 Tous mes meilleurs amis me détestent, tous ceux que j’aimais se tournent contre moi.
      20 Je n’ai plus que la peau et les os et je suis presque mort.
      21 « Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous, mes amis. Oui, la main de Dieu m’a frappé !
      22 Vous me faites souffrir comme Dieu. Pourquoi donc ? Est-ce que vous n’êtes pas fatigués de me démolir ?
      23 « Je voudrais qu’on mette mes paroles par écrit, qu’on les inscrive dans un livre.
      24 Si seulement on pouvait les graver dans la pierre pour toujours, avec un ciseau en fer et une pointe de plomb !
      25 « Moi, je le sais : mon défenseur est vivant, et à la fin, il se dressera sur la terre.
      26 Après que ma peau sera détruite, moi-même en personne, je verrai Dieu.
      27 Oui, je le verrai moi-même de mes yeux, c’est moi qui le verrai et non un autre. Que ce moment arrive vite ! Je brûle d’impatience.
      28 « Vous vous demandez peut-être : “Comment poursuivre Job ? Qu’est-ce que nous allons bien trouver pour lui faire un procès ?”
      29 Eh bien, tremblez de peur, vous mourrez par l’épée. En effet, vous méritez la mort en me poursuivant de cette manière. Vous devez le savoir : c’est Dieu qui vous jugera. »

      Job 20

      1 Sofar de Naama a pris la parole. Il a dit à Job :
      2 « Plus je réfléchis, plus j’ai envie de répondre. Et je perds patience
      3 en entendant des reproches qui sont des insultes. Mais mon intelligence me souffle une réponse.
      4 « Depuis toujours, depuis que l’être humain a été mis sur la terre,
      5 la victoire de ceux qui font du mal dure peu de temps, la joie des gens mauvais est courte. Job, tu ne sais donc pas cela ?
      6 « Même si l’homme mauvais est aussi haut que le ciel, si sa tête touche les nuages,
      7 il disparaîtra pour toujours, comme ce qui sort de son ventre. Ceux qui le voyaient diront : “Où est-il ?”
      8 « Il s’envole comme un rêve, et on ne le trouve plus, il disparaît comme une image de la nuit.
      9 On avait l’habitude de voir cet homme, on ne le verra plus. Même là où il habitait, on ne l’apercevra plus.
      10 « Il doit rendre ses richesses, et ses enfants sont obligés de rembourser les pauvres.
      11 Il était fort comme un jeune homme, mais sa force se couche avec lui dans la tombe.
      12 « Dans la bouche de l’homme mauvais, le mal est comme une chose sucrée : il la cache sous sa langue,
      13 il la suce longtemps, il la retient dans sa bouche.
      14 Mais cette nourriture pourrit dans son ventre et elle devient du venin de serpent.
      15 Il doit vomir les richesses qu’il a prises aux gens. Dieu les fait sortir de son ventre.
      16 Il suçait du venin de serpent. Il mourra comme un homme mordu par une vipère.
      17 « L’homme mauvais ne goûtera plus les ruisseaux de miel, les fleuves, les torrents de crème de lait.
      18 Il rendra tout ce qu’il a gagné avant de l’utiliser. Il ne pourra pas profiter des bénéfices obtenus grâce à son commerce.
      19 « Pourquoi ? Parce qu’il a écrasé les pauvres par l’injustice, il les a abandonnés, il a pris leur maison au lieu de s’en bâtir une.
      20 Il en voulait toujours plus, c’est pourquoi il ne pourra sauver aucun de ses trésors.
      21 Son appétit était immense : personne n’y échappait. c’est pourquoi son bonheur ne durera pas.
      22 « Quand l’homme mauvais déborde de richesses, il devient inquiet, et le malheur tombe sur lui.
      23 Quand il est en train de se remplir le ventre, Dieu va lâcher contre lui sa violente colère. Elle va pleuvoir sur lui, ce sera sa nourriture.
      24 « S’il fuit l’épée de l’ennemi, une pointe de bronze le transperce.
      25 Il arrache cette flèche qui sort de son dos, il retire de son foie l’arme pointue qui brille. La peur de mourir le saisit aussitôt.
      26 « Ce qui attend l’homme mauvais, c’est la nuit. Un feu que personne n’a allumé le dévore, il brûle ce qui reste dans sa tente.
      27 Le ciel découvre tout le mal que cet homme a fait, la terre se dresse contre lui.
      28 Une inondation emporte ses biens le jour où Dieu laisse éclater sa colère.
      29 « Voilà le sort que Dieu réserve aux gens mauvais, la part qu’il prépare pour eux. »

      Job 21

      1 Alors Job a répondu à ses amis :
      2 « Écoutez bien ce que j’ai à dire, c’est de cette façon que vous me consolerez.
      3 Acceptez que je parle à mon tour. Quand j’aurai fini, tu pourras te moquer de moi, Sofar.
      4 « Moi, est-ce que je me plains d’un être humain ? Est-ce que je perds patience sans raison ?
      5 Regardez-moi bien : vous serez très surpris, et la main sur la bouche, vous vous tairez.
      6 Moi-même, quand je réfléchis à ce qui m’arrive, je suis effrayé et je tremble de peur.
      7 « Pourquoi est-ce que les gens mauvais restent en vie ? Pourquoi ont-ils toujours plus de pouvoir en vieillissant ?
      8 Auprès d’eux et en même temps qu’eux, leurs enfants prennent de l’assurance, leurs petits-enfants grandissent sous leurs yeux.
      9 Chez eux, tout va bien, personne n’a peur, et le bâton de Dieu ne les frappe jamais.
      10 « Leurs taureaux ne sont jamais stériles, leurs vaches font leurs petits et n’en perdent aucun.
      11 Ils laissent courir leurs jeunes garçons comme des moutons, et leurs petits-enfants dansent librement.
      12 Ils chantent avec le tambourin et la cithare, ils se réjouissent au son de la flûte.
      13 Ils finissent leur vie dans le bonheur, ils descendent en paix dans le monde des morts.
      14 « Pourtant, ils disaient à Dieu : “Laisse-nous tranquilles, nous n’avons pas envie de savoir ce que tu veux !
      15 Toi, qu’on appelle le Tout-Puissant, qui es-tu, pour que nous soyons tes esclaves ? Qu’est-ce que nous gagnons à te prier ?”
      16 C’est vrai, ces gens-là ne sont pas maîtres de leur bonheur. Que je n’imite jamais leur façon de vivre !
      17 Mais est-ce que nous voyons souvent la lampe de leur vie s’éteindre tout à coup ? Nous voyons rarement le malheur tomber sur eux, et la colère de Dieu détruire leurs biens.
      18 Sont-ils souvent comme la paille emportée par le vent, comme l’herbe sèche balayée par la tornade ?
      19 « Or vous, vous dites : “Ces gens-là, Dieu les punit en punissant leurs enfants.” Il devrait plutôt les punir eux-mêmes, ainsi ils comprendraient !
      20 Il faut que les gens mauvais voient eux-mêmes leur malheur, qu’ils ressentent la colère du Tout-Puissant !
      21 En effet, quand ils sont morts, quand leurs années sont finies, la vie de leurs enfants ne les intéresse plus.
      22 « Mais est-ce que quelqu’un va apprendre à Dieu ce qu’il faut faire ? Est-ce que Dieu ne juge pas les anges eux-mêmes ?
      23 « Certains meurent en pleine force. Jusque-là ils sont heureux et sans souci.
      24 Ils sont gros et gras, encore pleins de vie.
      25 D’autres meurent avec un cœur amer, sans avoir goûté au bonheur.
      26 Les uns et les autres sont couchés dans la terre, couverts de vers.
      27 « Oh ! je sais bien ce que vous pensez et les idées que vous vous faites sur moi.
      28 Vous dites : “Où est la maison du dictateur ? Et celle des gens mauvais ? – Elle n’existe plus !”
      29 « Mais est-ce que vous n’avez pas interrogé les voyageurs ? Est-ce que vous refusez de croire ce qu’ils affirment ?
      30 Quand le malheur arrive, l’homme mauvais y échappe, la colère de Dieu ne le touche pas.
      31 Qui peut alors lui faire des reproches en face ? Qui peut lui rendre ce qu’il a fait ?
      32 « Quand cet homme-là meurt, on le conduit au cimetière. On veille sur sa tombe,
      33 et la terre de la vallée lui est légère. Tout le monde défile derrière lui, devant lui, il y a une grande foule.
      34 « Que valent vos consolations ? Rien du tout ! Vos réponses ne sont que des mensonges ! »

      Job 22

      1 Alors Élifaz de Téman a pris la parole. Il a dit à Job :
      2 « Est-ce qu’un être humain peut être utile à Dieu ? Il est plutôt utile à lui-même, s’il se conduit avec sagesse.
      3 Mais que gagne le Tout-Puissant si tu lui obéis ? Quel profit pour lui si tu mènes une vie sans reproche ?
      4 « À ton avis, s’il te corrige, s’il te fait un procès, est-ce parce que tu lui es fidèle ?
      5 C’est plutôt parce que tu as fait beaucoup de mal et qu’on ne peut pas compter tes fautes.
      6 « Par exemple, tu as demandé sans raison des biens à tes frères comme garantie pour leurs dettes, tu leur as pris le seul vêtement qu’ils avaient.
      7 Tu n’as pas donné d’eau à celui qui avait soif, tu n’as pas nourri celui qui avait faim.
      8 Mais tu as laissé les gens puissants prendre les terres des autres, et les orgueilleux se sont installés là.
      9 Tu as renvoyé les veuves les mains vides et tu as écrasé les orphelins.
      10 « C’est pourquoi des pièges t’entourent, et tu as peur tout à coup.
      11 C’est la nuit, tu ne vois plus rien, tu es noyé dans le malheur.
      12 « Dieu est là-haut dans le ciel. Regarde les étoiles les plus hautes. Elles sont vraiment loin !
      13 Alors tu as dit : “Qu’est-ce que Dieu peut savoir ? Est-ce qu’il peut nous juger à travers les nuages ?
      14 Ils sont pour lui un voile épais. Dieu ne voit rien quand il se promène autour du ciel.”
      15 « Est-ce que tu veux continuer à marcher sur les chemins d’autrefois, ceux que les gens mauvais ont toujours suivis ?
      16 Ils ont disparu plus tôt que prévu, comme un mur emporté par un fleuve.
      17 « Ces gens-là disaient de Dieu : “Qu’il nous laisse tranquilles ! Il est le Tout-Puissant, mais il ne peut rien contre nous !”
      18 Pourtant, c’est lui qui avait rempli leurs maisons de richesses. Mais je n’imite pas la façon de vivre de ces gens-là.
      19 « En voyant ce qui arrive aux gens mauvais, ceux qui obéissent à Dieu se réjouissent, et les innocents se moquent d’eux.
      20 Ils disent : “Voilà nos ennemis détruits, le feu a dévoré leurs biens !”
      21 « Fais donc la paix avec Dieu, et tout ira bien. Tu connaîtras de nouveau le bonheur.
      22 Accepte l’enseignement que Dieu te donne, et mets ses paroles dans ton cœur.
      23 « Si tu reviens vers le Tout-Puissant, il te rendra le bonheur. Éloigne-toi de tout ce qui est mauvais.
      24 Jette ton or par terre ou abandonne ton or pur parmi les pierres du torrent.
      25 Le Tout-Puissant sera pour toi une montagne d’or et d’argent.
      26 « Alors tu trouveras ta joie dans le Dieu tout-puissant et tu le regarderas avec confiance.
      27 Quand tu le prieras, il t’écoutera, et tu pourras faire pour lui ce que tu as promis.
      28 Tout ce que tu décideras de faire réussira, et ta route sera bien éclairée.
      29 « Oui, Dieu détruit les projets des orgueilleux, mais il fait réussir ceux qui sont petits à leurs propres yeux.
      30 Il libère du mal ceux qui sont innocents. Alors conduis-toi bien, et tu seras libre. »

      Job 23

      1 Alors Job a répondu :
      2 « Je suis toujours révolté contre Dieu et je continue à me plaindre. Pourtant le malheur que Dieu m’envoie est plus grand que ma plainte.
      3 Je voudrais bien savoir où Dieu se trouve ! J’irais jusqu’à sa maison !
      4 Je lui présenterais ma défense, j’aurais beaucoup de reproches à lui faire.
      5 Je connaîtrais ses réponses, je comprendrais ce qu’il me dirait.
      6 « Est-ce qu’il m’attaquerait brutalement ? Non, il m’écouterait avec attention.
      7 Dieu reconnaîtrait une chose : celui qui discute avec lui est un homme droit. Et lui, qui est mon juge, me rendrait justice une fois pour toutes.
      8 « Mais si je vais à l’est, Dieu n’y est pas. Si je vais à l’ouest, je ne le trouve pas.
      9 Est-ce qu’il est occupé au nord ? Je ne le vois pas. Quand je reviens au sud, je ne l’aperçois pas.
      10 « Pourtant, il connaît bien le chemin que je prends. S’il me fait passer par le feu de la souffrance, j’en sortirai pur comme l’or.
      11 J’ai suivi fidèlement ses traces, j’ai gardé sa route sans m’éloigner.
      12 Je ne me suis pas écarté de ses commandements, j’ai gardé dans mon cœur tout ce qu’il m’ordonnait.
      13 « Mais c’est lui qui décide. Qui peut le faire changer d’avis ? Ce qui lui plaît, il le fait.
      14 Il réalisera donc jusqu’au bout ce qu’il a décidé contre moi, et il a beaucoup d’autres idées comme celles-là.
      15 C’est pourquoi je suis effrayé devant lui. Plus je réfléchis, plus j’ai peur de lui.
      16 Dieu me décourage, le Tout-Puissant me fait trembler de peur.
      17 Pourtant, malgré la nuit, malgré l’obscurité qui me couvre, je n’ai pas gardé le silence.

      Job 24

      1 « Pourquoi est-ce que le Tout-Puissant n’a pas prévu des jours pour juger les gens ? Alors ceux qui sont fidèles à Dieu le verraient agir.
      2 Mais non ! Les gens mauvais déplacent les bornes des champs, ils volent les troupeaux, puis ils en deviennent les bergers.
      3 Ils emmènent l’âne des orphelins, ils prennent le bœuf de la veuve comme garantie pour sa dette.
      4 « Ils chassent du chemin les malheureux. Tous les pauvres du pays n’ont plus qu’à se cacher.
      5 Comme les ânes sauvages dans le désert, les pauvres partent travailler tôt le matin. Ils cherchent dans la campagne quelque chose pour nourrir leurs enfants.
      6 « Ils doivent couper de l’herbe dans les champs, et récolter le raisin dans la vigne de l’homme mauvais.
      7 La nuit, ils sont nus, sans vêtements, ils n’ont pas de couverture quand il fait froid.
      8 Ils sont trempés par la pluie des montagnes. Ils sont sans abri et se collent aux rochers.
      9 « Des gens mauvais arrachent l’orphelin au sein de sa mère. Ils prennent les biens des pauvres comme garantie de leurs dettes.
      10 Ils les obligent à marcher nus, sans vêtements. Ils leur font porter des gerbes de blé, et pourtant les pauvres ont faim.
      11 Ceux-ci écrasent des olives entre deux pierres. Ils préparent le vin, mais ils ne peuvent pas en boire.
      12 « Dans la ville, les gens se plaignent, les blessés gémissent et appellent à l’aide. Et Dieu n’entend pas ces choses horribles !
      13 « Les bandits détestent la lumière, ils n’en connaissent pas le chemin, ils ne le fréquentent pas.
      14 Il fait encore sombre quand l’assassin se lève. Il tue le pauvre, le malheureux, et pendant la nuit, il vole les gens.
      15 « Le mari qui trompe sa femme attend le soir, lui aussi. Il se dit : “Personne ne me verra.” Et il met un tissu sur son visage pour se cacher.
      16 Pendant la nuit, le voleur entre dans les maisons. Pendant le jour, il reste enfermé chez lui et ne connaît pas la lumière.
      17 « Tous ces gens-là ont l’habitude des choses horribles de la nuit. Alors pour eux, le matin est un moment sombre.
      18 « Mais vous, vous dites : Les gens mauvais sont vite emportés à la surface de l’eau. Les habitants du pays jettent des malédictions sur leurs biens, et ils ne vont plus travailler dans les champs.
      19 Comme la neige fond au soleil, de même tous ceux qui ont fait le mal disparaissent dans le monde des morts.
      20 Les femmes qui les ont mis au monde les oublient, et les vers les dévorent avec plaisir. Personne ne parle plus jamais de ces gens-là, mais leur méchanceté est brisée comme un arbre tombé.
      21 « Ils ont fait souffrir les femmes qui ne pouvaient pas avoir d’enfants, ou bien ils ont été durs avec les veuves.
      22 Mais Dieu est assez fort pour chasser les dictateurs. Quand Dieu se lève, ces gens-là ne sont plus sûrs de rester en vie.
      23 Pourtant, il leur permet de se croire en sécurité, mais il surveille leur conduite.
      24 Les gens mauvais se redressent un petit moment, puis ils disparaissent. Ils tombent comme une plante coupée, ils sèchent comme des épis récoltés.
      25 « Est-ce que c’est faux ? Qui me traitera de menteur ? Qui peut effacer ce que j’ai dit ? »

      Job 25

      1 Bildad de Chouha a pris la parole. Il a dit à Job :
      2 « Dieu possède un pouvoir immense et terrible. Il fait la paix jusqu’au sommet du ciel.
      3 Est-ce qu’on peut compter ses armées ? Est-ce que son soleil ne brille pas sur tous ?
      4 « Comment un être humain peut-il se croire sans défaut devant lui ? Comment l’enfant d’une femme peut-il se croire pur ?
      5 Pour Dieu, la lumière de la lune est faible, et celle des étoiles n’est pas claire.
      6 Alors que dire des humains ? À ses yeux, ils ne sont que des vers de terre, de pauvres insectes ! »

      Job 26

      1 Alors Job a répondu à Bildad :
      2 « Tu sais vraiment bien aider le faible, celui qui n’a plus de force !
      3 Tu sais vraiment bien conseiller ceux qui manquent de sagesse, et répandre ta science un peu partout !
      4 Mais ces discours sont pour qui ? Qui te les souffle ? »
      5 « Sous la mer et tous ses habitants, les morts tremblent de peur.
      6 En effet, le monde des morts n’a pas de secret pour Dieu, et aucun voile ne le cache à ses yeux.
      7 « C’est Dieu qui étend le nord du ciel sur le vide, qui suspend la terre sur rien du tout.
      8 Il enferme la pluie dans les nuages, et les nuages ne se déchirent pas sous son poids.
      9 Il cache le visage de la pleine lune en le couvrant de brume.
      10 « Il a tracé un cercle sur les mers, là où la lumière laisse place à la nuit.
      11 Quand Dieu menace, les piliers du ciel sont secoués, et le ciel tremble de peur.
      12 « Grâce à sa force, Dieu a vaincu la mer, grâce à son intelligence, il a écrasé Rahab, le méchant Animal de l’eau.
      13 Son souffle a balayé le ciel, sa main a percé Léviatan, le serpent fuyard.
      14 Tout cela, ce n’est que l’extérieur de ses actions, et d’elles, nous n’entendons qu’un bruit léger. Mais le tonnerre de ses exploits, qui peut le comprendre ? »

      Job 27

      1 Job a continué son discours en disant :
      2 « Par le Dieu vivant qui ne veut pas me faire justice, par le Tout-Puissant qui a rendu mon cœur amer, je le jure :
      3 tant que je pourrai respirer, tant que le souffle de Dieu sera dans mes narines,
      4 je ne dirai rien de faux, ma bouche n’exprimera aucun mensonge.
      5 « Je n’accepterai jamais de vous donner raison ! Jusqu’à ma mort, je dirai toujours que je suis innocent.
      6 J’affirme avec force que ma conduite est juste, et je ne dirai jamais le contraire. Ma vie ne me fait pas honte, ma conscience ne me reproche rien.
      7 « C’est mon ennemi qui doit être traité comme l’homme mauvais ! C’est mon adversaire qui doit finir comme celui qui fait le mal !
      8 En effet, quel espoir reste à l’homme mauvais quand Dieu coupe ou arrache le fil de sa vie ?
      9 Est-ce que Dieu entend ses cris quand le malheur tombe sur lui ?
      10 Est-ce qu’il trouvait sa joie dans le Tout-Puissant ? Est-ce qu’il passait son temps à faire appel à lui ? Sûrement pas !
      11 « Moi, je vous apprends comment Dieu agit, je ne vous cache pas ce qu’il pense au fond de lui-même.
      12 Vous avez tous vu cela vous-mêmes. Alors pourquoi ces discours qui ne veulent rien dire ? »
      13 « Voici le sort que Dieu réserve aux gens mauvais, la part que les dictateurs recevront du Tout-Puissant.
      14 S’ils ont beaucoup de fils, ils mourront à la guerre, et leurs enfants n’auront rien à manger.
      15 Ceux qui resteront en vie, une épidémie de peste les emportera, et leurs veuves ne pourront pas les pleurer.
      16 « S’ils entassent de l’argent comme de la poussière, et des vêtements comme de la boue,
      17 qu’ils continuent ! C’est un homme fidèle à Dieu qui mettra leurs vêtements, c’est une personne honnête qui héritera de leur argent.
      18 « La maison que les gens mauvais ont bâtie n’est pas solide, elle est fragile comme l’abri d’un gardien.
      19 Quand ils se couchent, ils sont encore riches, mais c’est la dernière fois. Quand ils se réveillent, il n’y a plus rien.
      20 La peur les surprend comme l’eau qui déborde. Pendant la nuit, la tornade les emporte.
      21 Un vent violent les soulève et les entraîne au loin, il les arrache de leur maison.
      22 « Dieu tire ses flèches sur les gens mauvais sans aucune pitié. Ils doivent fuir devant ses mains menaçantes.
      23 On applaudit en voyant que ces gens-là sont détruits. Partout où ils étaient, on siffle de plaisir. »

      Job 28

      1 C’est vrai, il y a des mines pour l’argent et des endroits où l’or est purifié.
      2 On tire le fer du sol et, pour avoir du cuivre, on fait fondre des pierres.
      3 Sous terre, les mineurs apportent la lumière. Ils vont chercher le minerai sombre et noir le plus loin possible.
      4 Ils percent des passages loin des lieux habités. Loin des humains, là où personne ne se promène, les mineurs se balancent, pendus à des cordes.
      5 La nourriture sort du sol, mais le ventre de la terre est bouleversé comme par un feu.
      6 Ses pierres contiennent le saphir, dans sa poussière, on découvre l’or.
      7 L’aigle ne connaît pas ces chemins sous la terre, les grands oiseaux ne les ont jamais vus.
      8 Les bêtes sauvages n’y sont jamais venues, le lion ne s’y est jamais promené.
      9 Mais les humains attaquent la pierre dure, et ils creusent les montagnes jusqu’à la racine.
      10 Dans les rochers, ils percent plusieurs couloirs, et ils voient de leurs yeux tout ce qui est précieux.
      11 Ils sèchent les sources d’eau et ils amènent à la lumière les richesses cachées.
      12 Mais la Sagesse, où peut-on la trouver ? Et l’intelligence, où est sa source ?
      13 Les humains n’en connaissent pas le prix, et on ne la trouve pas au pays des vivants.
      14 L’océan dit : « Elle n’habite pas ici », et la mer affirme : « Elle n’est pas chez moi. »
      15 On ne peut pas l’échanger contre un morceau d’or pur, on ne peut pas l’acheter avec beaucoup d’argent.
      16 L’or le plus pur, la cornaline précieuse ou le saphir n’ont pas sa valeur.
      17 Ni l’or ni le verre ne peuvent être comparés à la Sagesse. On ne peut l’obtenir contre une coupe d’or pur.
      18 Ne parlons même pas du corail et du cristal. La valeur de la Sagesse dépasse celle des perles.
      19 La topaze éthiopienne ne peut lui être comparée, même l’or pur n’a pas sa valeur.
      20 Mais d’où vient la Sagesse ? Et l’intelligence, où est sa source ?
      21 Elle se cache aux yeux de tous les vivants, les oiseaux du ciel ne la voient pas.
      22 La mort et le monde des morts disent : « Oui, nous avons entendu parler d’elle. »
      23 Mais c’est Dieu qui en connaît le chemin, il sait où elle habite.
      24 C’est lui qui regarde jusqu’au bout du monde et il voit tout ce qui est sous le ciel.
      25 En effet, c’est lui qui a donné sa force au vent, il a mesuré la quantité de l’eau,
      26 il a fixé une limite à la pluie, et un chemin au tonnerre qui gronde.
      27 À ce moment-là, Dieu a vu la Sagesse et il l’a appréciée. Il l’a remarquée et il a voulu voir ce qu’elle valait.
      28 Ensuite, il a dit aux êtres humains : « Respecter le Seigneur, voilà la Sagesse ! Fuir le mal, voilà l’intelligence ! »

      Job 29

      1 Job a continué son discours en disant :
      2 « Qui me fera revivre les mois passés, ces jours où Dieu veillait sur moi ?
      3 Sa lampe brillait alors au-dessus de ma tête, et sa lumière me guidait dans la nuit.
      4 « Qui me rendra les jours de mon âge mûr, quand Dieu veillait en ami sur ma maison ?
      5 À cette époque, le Tout-Puissant était encore avec moi, et mes fils m’entouraient.
      6 Mes richesses débordaient comme un fleuve, des ruisseaux d’huile coulaient de mon pressoir.
      7 « Quand j’allais vers la porte de la ville, pour m’asseoir sur la place publique,
      8 les jeunes gens, en me voyant, se retiraient. Les vieillards se levaient et restaient debout.
      9 Les gens importants arrêtaient de parler et posaient la main sur leur bouche.
      10 Les chefs parlaient plus bas et devenaient silencieux.
      11 « Ceux qui m’entendaient me félicitaient, et ceux qui me voyaient disaient du bien de moi :
      12 je sauvais les pauvres qui appelaient au secours, et les orphelins que personne n’aidait.
      13 Ceux qui mouraient me donnaient leur bénédiction, et je rendais la joie au cœur des veuves.
      14 Pour moi, le sens de la justice était comme un vêtement, le respect des lois me servait de turban.
      15 J’étais devenu les yeux de l’aveugle, les pieds du paralysé.
      16 J’étais un père pour les malheureux, j’étudiais à fond l’affaire d’un étranger.
      17 Mais je cassais la mâchoire aux gens mauvais, j’arrachais de leurs dents ce qu’ils avaient pris.
      18 « Je me disais : “Je mourrai dans mon nid. Comme l’oiseau Phénix, je revivrai longtemps.
      19 Je suis comme un arbre qui plonge ses racines dans l’eau. Et les gouttes d’eau de la nuit se posent sur mes branches.
      20 Je resterai sans cesse couvert d’honneur, ma force restera toujours neuve comme un arc bien tendu.”
      21 « À cette époque-là, les gens m’écoutaient, ils attendaient, ils se taisaient pour entendre mon avis.
      22 Quand j’avais fini de parler, ils ne discutaient pas, mes paroles tombaient sur eux, l’une après l’autre.
      23 « Ils m’attendaient comme on attend la pluie. Ils ouvraient la bouche, comme pour recevoir les premières gouttes d’eau.
      24 Ils cherchaient à lire sur mon visage un signe de bonté. Quand je leur souriais, ils n’osaient pas y croire.
      25 J’étais leur chef, je leur montrais le chemin à suivre. Je vivais au milieu d’eux, comme un roi parmi ses soldats, comme celui qui console les malheureux. »

      Job 30

      1 « Mais maintenant, des jeunes qui n’ont pas mon âge se moquent de moi. Pourtant, autrefois, je trouvais que leurs pères n’étaient pas dignes d’aller avec les chiens de mon troupeau.
      2 D’ailleurs ils manquaient de force, ils ne m’auraient servi à rien.
      3 « La faim et la misère les avaient rendus faibles et ils cherchaient quelque chose à manger dans une vaste région triste et vide.
      4 Ils cueillaient de l’herbe salée près des buissons, ils mangeaient les racines des plantes.
      5 « Tout le monde les chassait, les gens criaient sur eux comme sur des voleurs.
      6 Alors ils habitaient sur les pentes de chaque côté des torrents, dans les fossés et les abris des rochers.
      7 Ils étaient entassés sous les buissons, on les entendait crier comme des ânes au milieu des épines.
      8 C’étaient des espèces de fous, qui ne valaient rien. On les chassait du pays à coups de bâton.
      9 « Et maintenant, ils font des chansons sur moi, ils racontent une foule de choses à mon sujet.
      10 Je les dégoûte, et ils s’éloignent de moi. Ou bien ils me crachent au visage sans se gêner.
      11 Puisque Dieu m’a enlevé mes forces et m’a jeté à terre, ils se conduisent très mal envers moi.
      12 « Pour m’accuser, une bande de gens qui ne valent rien se lèvent. Ils cherchent à me faire tomber, ils lancent leur attaque contre moi pour me perdre.
      13 Ils ont fermé toutes les portes, ils veulent me détruire, aucun d’eux n’a besoin d’aide.
      14 Ils ont fait un large trou dans le mur qui me protégeait, et ils arrivent jusqu’à moi à travers les tas de pierres.
      15 « La peur tombe sur moi, elle chasse mon honneur comme un coup de vent. Mon bonheur disparaît comme un nuage.
      16 Et maintenant, ma vie s’en va, je passe mes jours dans le malheur.
      17 « La nuit, la souffrance m’atteint jusqu’aux os, elle m’empêche de dormir.
      18 Dieu m’a saisi brutalement par mon vêtement, il me serre le cou comme un col trop étroit.
      19 Il m’a jeté dans la boue, je suis comme la poussière et la cendre.
      20 « Mon Dieu, je crie vers toi, et tu ne réponds pas. Je me tiens devant toi, mais tu ne fais pas attention à moi.
      21 Tu es devenu cruel avec moi, tu m’attaques de toutes tes forces.
      22 « Tu m’emportes, tu me fais galoper avec le vent, et l’orage me secoue violemment.
      23 Oui, je le sais, tu m’emmènes vers la mort, au rendez-vous de tous les vivants.
      24 Mais si quelqu’un est brisé, est-ce qu’il ne tend pas la main ? Dans le malheur, est-ce qu’on n’appelle pas au secours ?
      25 « Est-ce que je n’ai pas pleuré sur ceux qui ont une vie difficile ? Mon cœur s’est toujours serré en voyant les malheureux.
      26 Je comptais sur le bonheur, c’est le malheur qui est arrivé. J’attendais la lumière, c’est la nuit qui est venue.
      27 « Je suis sans cesse bouleversé par cette vie de souffrance qui est la mienne.
      28 Je marche, l’air sombre : pas de lumière pour moi ! Même devant les autres, je crie au secours.
      29 Par mes cris, je suis devenu le frère des chacals et le compagnon des autruches.
      30 « Ma peau est complètement sèche et se détache, la fièvre me brûle jusqu’aux os.
      31 Ma harpe joue seulement des airs de deuil, ma flûte accompagne le chant des pleureuses. »

      Job 31

      1 « J’avais interdit à mes yeux de regarder une jeune fille en la désirant.
      2 Heureusement ! Sinon, de là-haut, qu’est-ce que Dieu m’aurait fait ? Comment le Tout-Puissant m’aurait-il traité depuis le ciel ?
      3 En effet, le malheur tombe sur l’homme mauvais, et ceux qui agissent mal ont beaucoup d’ennuis.
      4 Or, Dieu voit bien ma conduite et il compte tous mes pas.
      5 « Est-ce que j’ai l’habitude de mentir ? Est-ce que je trompe facilement les autres ?
      6 Que Dieu me juge avec justice ! Alors il verra que je suis innocent.
      7 Est-ce que mes pas ont jamais quitté le bon chemin ? Est-ce que mon cœur a suivi le désir de mes yeux ? Est-ce que mes mains sont salies par une action mauvaise ?
      8 Si c’est le cas, alors qu’un autre mange ce que j’ai semé, qu’on arrache mes jeunes plantes du sol !
      9 « Est-ce que mon cœur s’est laissé entraîner par une femme ? Est-ce que je l’ai attendue en cachette à la porte de mon voisin ?
      10 Si c’est le cas, alors que ma femme écrase le grain pour quelqu’un d’autre, et que des étrangers s’unissent à elle !
      11 « En effet, mon infidélité serait une chose horrible, un crime qu’un juge devrait punir.
      12 Ma faute serait alors comme un feu qui me brûlerait jusqu’à me détruire et ferait disparaître tous mes biens.
      13 « Quand mon serviteur ou ma servante ont eu des difficultés avec moi, j’ai toujours respecté leurs droits.
      14 Sinon, qu’est-ce que je ferai quand Dieu me jugera ? Qu’est-ce que je répondrai quand il fera son enquête ?
      15 En effet, c’est le même Dieu qui nous a tous formés dans le ventre de notre mère, eux et moi.
      16 « Est-ce que j’ai refusé de donner aux pauvres ? Est-ce que j’ai laissé la veuve dans la misère ?
      17 Est-ce que j’ai mangé tout seul ma nourriture, sans partager avec l’orphelin ?
      18 Au contraire, depuis ma jeunesse, j’ai élevé l’orphelin comme mon fils. Depuis toujours, j’ai conseillé la veuve.
      19 « Est-ce que j’ai laissé un malheureux sans vêtements, un pauvre sans habits ?
      20 Au contraire, je leur donnais un vêtement chaud fait avec la laine de mes moutons, et ils me disaient merci.
      21 « Est-ce que j’ai menacé un orphelin au tribunal, en sachant que tous les juges me donneraient raison ?
      22 Si j’ai fait cela, que mon épaule s’arrache de mon dos et que mon bras se casse au coude !
      23 Oui, j’avais trop peur que Dieu m’envoie un malheur, et de ne jamais pouvoir paraître devant lui.
      24 « Est-ce que j’ai mis ma confiance dans l’or ? Est-ce que j’ai pensé : “Voilà ma sécurité.” Jamais !
      25 Est-ce que je me suis réjoui de ma grande fortune, de toutes les richesses que j’avais gagnées ? Jamais !
      26 « Quand j’ai vu le soleil éclatant de lumière, et la lune avançant dans toute sa beauté,
      27 mon cœur ne s’est pas laissé entraîner en secret. Je ne les ai jamais pris pour des dieux, je ne les ai jamais adorés.
      28 Ce serait encore un crime qu’un juge devrait punir. En effet, j’aurais été infidèle au Dieu très-haut.
      29 « Est-ce que je me suis réjoui quand mon ennemi avait des difficultés ? Est-ce que j’ai dansé de joie quand le malheur l’a frappé ?
      30 Je n’ai même pas osé pécher en souhaitant sa mort par une malédiction.
      31 Ceux que je recevais chez moi disaient : “Chez Job, tous mangent de la viande autant qu’ils veulent.”
      32 L’étranger ne passait jamais la nuit dehors, ma maison était toujours ouverte au voyageur.
      33 « Beaucoup de gens cachent leurs fautes et les gardent dans le secret de leur conscience. Est-ce que j’ai fait comme eux ?
      34 Je n’ai jamais eu peur du jugement des autres. Ils pouvaient se moquer de moi, cela ne m’a jamais effrayé, cela ne m’a jamais fermé la bouche, ni empêché de sortir.
      35 « Ah ! si quelqu’un pouvait m’écouter ! Voilà mon dernier mot ! Maintenant, c’est au Tout-Puissant de répondre ! Et l’acte d’accusation que mon adversaire a écrit,
      36 je le porte fièrement sur mon épaule, je le mets sur ma tête comme une couronne.
      37 Je rendrai compte à Dieu de tous mes pas, je m’avancerai vers lui comme un chef.
      38 « Est-ce que les champs se plaignent de moi ? Est-ce que leurs propriétaires ont quelque chose à me reprocher ?
      39 Est-ce que j’ai mangé leurs récoltes sans payer ? Est-ce que j’ai été injuste avec eux ?
      40 Si c’est le cas, alors que la terre produise des buissons d’épines à la place du blé, qu’elle fasse pousser des chardons à la place de l’orge ! » C’est ici que Job s’est arrêté de parler.

      Job 32

      1 Élifaz, Bildad et Sofar ont cessé de répondre à Job, car celui-ci pensait qu’il était innocent.
      2 Cela a mis en colère un homme appelé Élihou, fils de Barakel, de la tribu de Bouz, du clan de Ram. Il était en colère contre Job parce que celui-ci se trouvait plus juste que Dieu.
      3 Il était aussi en colère contre ses trois amis. En effet, ceux-ci n’avaient pas su répondre à Job, et ainsi, ils avaient donné tort à Dieu.
      4 Élihou a attendu avant de parler, parce que les autres étaient plus âgés que lui.
      5 Mais quand il a vu que ces trois hommes n’avaient plus de réponse à donner, sa colère a éclaté.
      6 Élihou, fils de Barakel, de la tribu de Bouz, a pris la parole. Il a dit : « Je suis encore jeune, et vous, vous êtes des gens âgés. C’est pourquoi j’avais peur de vous présenter ce que je sais.
      7 Je me disais : “C’est aux anciens de parler, c’est aux gens âgés d’enseigner la sagesse.”
      8 « En fait, ce qui rend un homme intelligent, c’est l’esprit, le souffle du Tout-Puissant.
      9 Le nombre d’années ne donne pas la sagesse, la vieillesse ne fait pas reconnaître ce qui est juste.
      10 C’est pourquoi je vous demande de m’écouter : je vais vous présenter ce que je sais, moi aussi.
      11 « Jusqu’ici, j’ai attendu la fin de vos discours, j’ouvrais l’oreille à vos idées, pendant que vous cherchiez vos mots.
      12 Je vous ai écoutés très attentivement. Et aucun de vous n’a vraiment répondu à Job, aucun n’a su critiquer ce qu’il disait.
      13 « Ne dites donc pas : “Voilà la solution : c’est Dieu qui peut avoir raison contre lui, ce n’est pas nous.”
      14 Ce n’est pas à moi que Job a parlé, et je ne veux pas lui répondre comme vous l’avez fait.
      15 « Vous êtes abattus, vous n’avez plus rien à dire, les mots vous manquent.
      16 J’ai attendu. Mais puisque vous ne parlez plus, puisque vous avez arrêté de répondre,
      17 je vais prendre la parole à mon tour. Je vais présenter ce que je sais, moi aussi.
      18 J’ai beaucoup à dire, quelque chose au-dedans de moi m’inspire de parler.
      19 Cela bouillonne en moi comme du vin nouveau qui cherche à sortir et fait éclater les outres neuves.
      20 Laissez-moi parler, je respirerai mieux. J’ouvrirai la bouche et je répondrai.
      21 Je ne prendrai le parti de personne et je ne ferai de compliments à aucun de vous.
      22 D’ailleurs, je ne sais pas flatter les gens, et si je le faisais, mon Créateur me ferait rapidement disparaître. »

      Job 33

      1 « Toi, Job, écoute ce que j’ai à te dire, ouvre l’oreille à toutes mes paroles.
      2 Vois, j’ouvre la bouche, et les mots sont prêts à sortir.
      3 Je vais te parler avec sincérité et je te dirai clairement ce que je sais.
      4 C’est l’esprit de Dieu qui m’a fait, c’est le souffle du Tout-Puissant qui me donne la vie.
      5 « Si tu peux, réponds-moi, résiste-moi, combats mes idées !
      6 Je suis un homme comme toi devant Dieu, j’ai été fait avec de l’argile, moi aussi.
      7 Tu n’as donc aucune raison de trembler devant moi. Ne pense pas non plus que je désire t’écraser de mon pouvoir.
      8 « J’ai encore à l’oreille le son de ta voix quand tu disais et répétais :
      9 “Moi, je suis pur et sans péché. Je suis vraiment innocent.
      10 Mais Dieu invente contre moi des reproches, il me considère comme un ennemi.
      11 Il me met des chaînes aux pieds et il surveille tous mes pas.”
      12 « Je dois te dire ceci, Job : là, tu n’as pas raison. En effet, Dieu est plus grand que les humains.
      13 Alors pourquoi lui faire des reproches parce qu’il ne répond pas aux questions que tu lui poses ?
      14 « Pourtant Dieu parle de différentes manières, mais personne n’y fait attention.
      15 Il parle la nuit par des rêves, par des visions, quand un profond sommeil saisit les humains, et qu’ils dorment sur leur lit.
      16 « Il ouvre leurs oreilles, il les avertit une bonne fois pour toutes :
      17 il veut détourner les humains de leurs manières d’agir et les empêcher d’être orgueilleux.
      18 Ainsi, il préserve leur vie de la tombe, il les empêche de suivre le couloir qui conduit au monde des morts.
      19 « Mais Dieu corrige aussi l’être humain par la maladie qui le garde couché : alors il tremble de fièvre sans arrêt,
      20 il est dégoûté de la nourriture, il n’a plus d’appétit pour les bons plats.
      21 Il est très maigre. On ne voit plus que ses os.
      22 Il a déjà un pied dans la tombe, sa vie est au pouvoir de ceux qui font mourir.
      23 « Mais un ange se trouve peut-être près de ce malade, un intermédiaire de Dieu pris entre mille, qui lui rappelle son devoir.
      24 L’ange a pitié de lui et dit à Dieu : “Évite-lui de descendre dans la tombe : j’ai trouvé le moyen de le délivrer.”
      25 « Alors le malade retrouve des forces neuves, il revient à la période de sa jeunesse.
      26 Il prie Dieu qui l’écoute avec bonté. Il se présente devant lui avec joie, parce que Dieu l’a sauvé.
      27 « Il se met à chanter devant tout le monde en disant : “J’étais coupable, je n’avais pas respecté les lois. Mais Dieu ne m’a pas puni comme je le méritais.
      28 Il m’a évité de descendre dans la tombe, je suis bien vivant et je vois la lumière.”
      29 « Dieu accomplit tout cela pour les humains, et il le fait souvent.
      30 Il veut ainsi arracher leur vie à la tombe et faire briller sur eux la lumière des vivants.
      31 « Sois attentif, Job, écoute-moi bien. Tais-toi, j’ai encore à te parler.
      32 Si tu as quelque chose à dire, réponds-moi. Parle, car je voudrais te donner raison.
      33 Si tu n’as rien à dire, écoute-moi. Garde le silence, et je t’apprendrai la sagesse. »

      Job 34

      1 Élihou a continué à parler. Il a dit :
      2 « Vous qui êtes des sages, écoutez ce que je dis. Vous qui avez de l’expérience, ouvrez vos oreilles.
      3 Oui, l’oreille goûte les paroles comme la bouche goûte la nourriture.
      4 Cherchons ensemble ce qui est juste, examinons ensemble ce qui est bien.
      5 « Job a dit : “Je suis innocent, mais Dieu ne me fait pas justice.
      6 Quand il me juge, il ment. Je n’ai pas péché, et pourtant, il m’a blessé à mort.”
      7 « Ce Job, c’est qui ? Il insulte Dieu aussi facilement qu’il boit de l’eau.
      8 Il va avec ceux qui font du mal, il se met du côté des gens mauvais.
      9 En effet, il a dit : “Les gens n’ont aucun avantage à essayer de plaire à Dieu.”
      10 « Vous qui avez du bon sens, écoutez-moi ! Dieu est absolument incapable de faire le mal, le Tout-Puissant ne peut pas être injuste !
      11 Mais il donne aux humains ce qu’ils méritent, il traite chacun d’après sa conduite.
      12 « Oui, c’est vrai, Dieu n’agit jamais mal, le Tout-Puissant ne fausse pas la justice.
      13 Si c’était le cas, qui lui aurait confié la terre ? Or, il est le seul à être responsable du monde entier.
      14 Si Dieu ne pensait qu’à lui-même, s’il reprenait pour lui le souffle de la vie,
      15 les êtres vivants mourraient tous en même temps, et les humains redeviendraient de la poussière.
      16 « Si tu es intelligent, Job, écoute ceci, fais très attention à mes paroles.
      17 Est-ce que Dieu peut vraiment diriger le monde s’il déteste ce qui est juste ? Est-ce que tu oses condamner la seule personne vraiment juste et puissante ?
      18 Il est le seul qui peut traiter un roi de “bon à rien”, le seul qui peut dire aux grands de ce monde : “Vous êtes des bandits.”
      19 Lui ne prend pas le parti des chefs, il ne traite pas mieux un riche qu’un pauvre. En effet, il les a créés tous les deux.
      20 Les grands meurent tout à coup au milieu de la nuit : le peuple se révolte, et les dirigeants sont tués. Les dictateurs sont supprimés sans effort.
      21 Oui, Dieu surveille la conduite des humains, il voit tout ce qu’ils font.
      22 Il n’y a pas de nuit ou d’ombre assez obscure pour cacher ceux qui font le mal.
      23 « Dieu n’a pas besoin d’appeler quelqu’un pour l’amener devant son tribunal.
      24 Il brise les puissants sans faire d’enquête et il en met d’autres à leur place,
      25 car il sait ce qu’ils font. Il les renverse pendant la nuit, et les voilà par terre.
      26 Il les gifle devant tout le monde, comme des criminels.
      27 « Ces gens-là n’ont pas voulu suivre Dieu, ils n’ont pas compris ses enseignements.
      28 Ainsi, ils ont poussé les pauvres à crier vers lui. Et Dieu entend les cris des malheureux !
      29 « Au contraire, si Dieu reste silencieux, qui le condamnera ? S’il cache son visage, qui le verra malgré tout ? Pourtant, il prend soin des pays et de leurs habitants.
      30 Il n’accepte pas comme dirigeant un homme mauvais, quelqu’un qui trompe le peuple.
      31 « Supposons ceci : Quelqu’un dit à Dieu : “Je suis coupable, je ne ferai plus de mal.
      32 Fais-moi connaître les fautes que je n’ai pas découvertes. Si j’ai mal agi, je ne recommencerai plus.”
      33 À ton avis, est-ce que Dieu doit le punir ? Tu t’en moques, je le sais. Puisque c’est toi qui décides et non pas moi, dis donc ce que tu sais.
      34 « Les gens intelligents et les sages qui m’ont écouté me diront :
      35 “Job parle sans rien connaître. Ses paroles ne sont pas raisonnables.
      36 Il parle comme un homme mauvais, donc il faut examiner son cas encore plus attentivement.
      37 En effet, non seulement il a péché, mais de plus, c’est un révolté. En multipliant ses attaques contre Dieu, il répand le doute parmi nous.” »

      Job 35

      1 Élihou a continué à parler. Il a dit :
      2 « À ton avis, Job, est-ce que tu as raison quand tu dis à Dieu : “Si je suis innocent, tu t’en moques ! En tout cas, moi, je n’en retire aucun avantage !” Est-ce que tu penses vraiment que tu dis la vérité devant Dieu ?
      4 Moi, je vais te répondre en quelques mots, et je vais répondre en même temps à tes amis.
      5 « Examine le ciel, regarde les nuages : ils sont bien au-dessus de toi !
      6 Quand tu agis mal, est-ce que tu blesses Dieu ? Quand tu continues à te révolter, qu’est-ce que cela lui fait ? Rien du tout !
      7 Et si tu lui obéis, qu’est-ce qu’il gagne, qu’est-ce qu’il reçoit de toi ?
      8 Le mal que tu commets ne blesse qu’un homme comme toi, le bien que tu fais ne profite qu’à des humains.
      9 « Quand les gens sont écrasés par l’injustice, ils se plaignent, ils crient au secours contre la dictature des puissants.
      10 Mais aucun ne demande : “Où est Dieu, qui m’a fait ? Où est-il, lui qui inspire des chants dans la nuit,
      11 qui nous enseigne par les bêtes sauvages, qui nous apprend la sagesse par les oiseaux ?”
      12 « Partout les gens crient au secours contre les gens mauvais pleins d’orgueil, mais Dieu ne répond pas.
      13 Non, le Dieu tout-puissant n’écoute pas leurs paroles qui ne veulent rien dire, il n’y fait pas attention.
      14 « Il t’écoute encore moins, Job, quand tu dis : “Je ne vois pas Dieu, il connaît mon cas, et j’attends toujours.”
      15 En effet, Dieu ne montre pas sa colère, il semble ignorer la révolte humaine.
      16 Voici pourquoi : Job ouvre la bouche pour parler dans le vide, il parle sans arrêt car il est ignorant. »

      Job 36

      1 Élihou a continué à parler et il a dit :
      2 « Attends encore un peu, Job, et je vais t’apprendre d’autres choses : je n’ai pas tout dit en faveur de Dieu.
      3 Je veux faire connaître ce que je sais aux gens du bout du monde, pour donner raison à Dieu, mon créateur.
      4 C’est la vérité, je ne sais pas mentir, et c’est quelqu’un de vraiment sage qui est près de toi.
      5 « Dieu est puissant, et il ne méprise personne. Dieu est puissant, et ses décisions sont solides.
      6 Il ne laisse pas vivre les gens mauvais, mais il fait justice aux pauvres.
      7 Il ne détourne pas les yeux de ceux qui lui obéissent. « Dieu a aussi donné le pouvoir aux rois pour qu’ils le gardent. Mais ils deviennent orgueilleux.
      8 Et les voici prisonniers, attachés avec des chaînes, ils deviennent esclaves du malheur.
      9 Dieu leur montre par là le mal qu’ils ont fait, les fautes qu’ils ont commises à cause de leur orgueil.
      10 Il ouvre leurs oreilles pour qu’ils comprennent ce qu’il leur reproche, il leur demande de se détourner du mal.
      11 « S’ils écoutent et obéissent à Dieu, ils finiront leur vie dans le bonheur, et leurs années dans la joie.
      12 S’ils n’écoutent pas, ils devront passer par le couloir qui conduit au monde des morts, et ils mourront parce qu’ils n’ont rien compris.
      13 Oui, les gens mauvais restent enfermés dans leur colère. Quand Dieu les attache avec des chaînes, ils ne crient pas au secours.
      14 Ils meurent en pleine jeunesse, ils finissent comme les jeunes prostitués.
      15 « Mais Dieu sauve le pauvre par la pauvreté, il lui ouvre l’oreille par la souffrance.
      16 Autrefois, il t’avait arraché au malheur. Tu avais tout en abondance, et des plats délicieux couvraient ta table.
      17 Pourtant, tu as été condamné comme les gens mauvais, et le jugement qui te frappe ne pourra pas être changé.
      18 Que la colère ne te pousse pas à faire de mauvais coups ! Attention ! Ne va pas penser que tu peux acheter Dieu par des cadeaux magnifiques. Tu ferais une erreur.
      19 Tes richesses et ton or ne sont pas suffisants, et toute ta force ne peut t’aider non plus.
      20 Ne compte pas sur la nuit qui verra les peuples chassés de leur pays.
      21 Évite plutôt de te tourner vers le mal. En effet, c’est pour cela que tu es dans le malheur. »
      22 « Oui, Dieu est grand par sa puissance. Qui est capable d’enseigner comme lui ?
      23 Est-ce que quelqu’un lui a déjà montré le chemin à prendre ? Est-ce que quelqu’un a osé lui dire : “Tu as mal agi” ?
      24 Pense plutôt à reconnaître la grandeur de ses actions. À cause d’elles, les humains l’honorent par leurs chants.
      25 Tous peuvent voir ce que Dieu a fait et l’admirer de loin.
      26 « Oui, Dieu est grand, et nous ne comprenons pas cela. Nous ne pouvons pas compter le nombre de ses années.
      27 Il attire à lui les gouttes d’eau, il les change en brouillard qui retombe en pluie.
      28 Alors les nuages la répandent et la font tomber sur les habitants de la terre.
      29 « Qui peut comprendre l’action des nuages ? Comment le tonnerre éclate-t-il dans le ciel ?
      30 Dieu envoie ses éclairs à travers le ciel, mais les profondeurs des mers restent dans la nuit.
      31 Par les nuages, il juge les peuples, il donne la nourriture en abondance.
      32 Dans ses mains, il cache les éclairs et il leur commande de frapper au but.
      33 Son tonnerre annonce sa venue, même les troupeaux savent qu’il arrive.

      Job 37

      1 « C’est pourquoi j’ai le cœur battant, il saute dans ma poitrine.
      2 Écoutez, écoutez donc la voix de Dieu qui tonne, le roulement qui sort de sa bouche.
      3 Il lance ses éclairs à travers le ciel, d’un bout de la terre à l’autre.
      4 « Après cela, la voix de Dieu rugit, dans sa grandeur, il tonne à pleine voix. Aussitôt il lance tous ses éclairs.
      5 Dieu fait entendre la voix de son tonnerre, quelle merveille ! Oui, Dieu nous fait voir des choses extraordinaires, il accomplit de grandes choses qui nous dépassent.
      6 « Il dit à la neige : “Tombe sur la terre !” Il envoie des torrents de pluie.
      7 À ce moment-là, les humains ne peuvent plus rien faire. Ils peuvent seulement reconnaître ce que Dieu fait.
      8 Les animaux rentrent chez eux et se couchent dans leurs abris.
      9 « La tempête arrive du sud, et les vents du nord apportent le froid.
      10 Par son souffle, Dieu forme la glace, et l’eau devient dure comme pierre.
      11 « Il charge les nuages d’humidité, il les remplit d’éclairs et les envoie de tous côtés.
      12 Il les fait tourner en tous sens selon ses projets. Ainsi, ils accomplissent tous ses ordres dans le monde entier.
      13 Dieu envoie les nuages pour punir les peuples de la terre, ou encore pour leur montrer sa bonté.
      14 « Job, fais attention à tout cela, et réfléchis aux actions étonnantes de Dieu !
      15 Est-ce que tu sais comment Dieu les conduit, comment ses nuages font briller les éclairs ?
      16 Est-ce que tu comprends comment ils se balancent entre ciel et terre ? Pour réaliser cette chose étonnante, il faut vraiment s’y connaître !
      17 « Quand le vent du sud écrase la terre de chaleur, tu étouffes dans tes vêtements.
      18 Eh bien, est-ce que tu pouvais aider Dieu à étendre le ciel, à le rendre aussi dur qu’un miroir en métal ?
      19 « Apprends-moi ce que nous devons dire à Dieu. Nous manquons d’idées, nous sommes dans le noir.
      20 Quand je parle, est-ce qu’il faut le prévenir ? Est-ce qu’on va lui dire que quelqu’un a parlé ?
      21 « Tout à coup, nous ne voyons plus très clair. Les nuages cachent le soleil, puis le vent se lève et il les balaie.
      22 Une lumière dorée arrive du nord, Dieu est entouré d’une clarté impressionnante.
      23 Il est le Tout-Puissant, nous ne pouvons l’atteindre. Il est grand par sa puissance et grand par sa justice. Il n’écrase pas celui qui est parfaitement juste.
      24 C’est pourquoi les humains le respectent, mais lui, il ne regarde pas ceux qui se croient sages. »

      Job 38

      1 Alors du milieu de la tempête, le SEIGNEUR a répondu à Job. Il lui a dit :
      2 « Toi qui rends mes projets obscurs en parlant comme un ignorant, qui es tu ?
      3 Prépare-toi ! Sois un homme ! Je vais te poser des questions, et tu me donneras des explications. »
      4 « Où étais-tu quand je plaçais la terre sur ses fondations ? Si tu sais la vérité, renseigne-moi.
      5 Qui a décidé ses dimensions, est-ce que tu le sais ? Qui a tendu la corde pour la mesurer ?
      6 Les piliers qui portent la terre s’enfoncent sur quoi ? Qui a posé sa dernière pierre
      7 quand les étoiles du matin chantaient toutes ensemble, quand les habitants du ciel lançaient leurs cris de joie ?
      8 « Quand la mer est sortie en jaillissant du ventre de la terre, qui a fermé les portes pour la retenir ?
      9 C’est moi ! Et je l’ai couverte de nuages, je l’ai enveloppée dans un pagne de brume.
      10 J’ai arrêté sa course, j’ai mis une limite, en fermant les portes avec des verrous.
      11 J’ai dit à la mer : “Tu viendras jusqu’ici ! Tu n’iras pas plus loin ! Oui, tes vagues orgueilleuses s’arrêteront là !”
      12 « Une seule fois dans ta vie, est-ce que tu as donné au jour l’ordre de se lever ? Est-ce que tu as dit à l’aurore :
      13 “Prends la terre par ses bords et secoue-la comme un tapis, pour faire tomber les gens mauvais.”
      14 À l’aurore, la terre devient rose comme une poterie d’argile, brodée comme un vêtement de fête.
      15 Les gens mauvais sont privés d’obscurité, ils ne peuvent plus lever le bras pour frapper.
      16 « Est-ce que tu es déjà allé jusqu’aux sources de la mer ? Est-ce que tu t’es promené au fond de l’océan ?
      17 Est-ce que tu as vu l’entrée du monde des morts ? As-tu aperçu ses portes ?
      18 Est-ce que tu as une idée de la grandeur du monde ? Si tu sais tout cela, renseigne-moi.
      19 « Où habite la lumière ? Et la nuit, où loge-t-elle ?
      20 Est-ce que tu peux les reconduire chez elles et reconnaître le chemin de leur maison ?
      21 Tu le sais parfaitement, toi qui es né depuis si longtemps !
      22 « Est-ce que tu es allé jusqu’aux réserves de neige ? Est-ce que tu as vu les greniers de grêle ?
      23 Je les ai gardés pour les temps de malheur, pour les jours de combat, pour les temps de guerre.
      24 D’où vient la lumière ? Par où passe le vent d’est pour souffler sur la terre ? Est-ce que tu le sais ?
      25 « Qui a ouvert un passage à la pluie ? Qui a tracé la route de l’éclair et du tonnerre ?
      26 Qui fait tomber l’eau sur une terre sans habitants, sur un pays désert où il n’y a personne ?
      27 Qui fait pleuvoir pour inonder un sol très sec, pour faire germer l’herbe et la faire pousser ?
      28 Est-ce que la pluie a un père ? Qui a mis au monde les gouttes de rosée ?
      29 Est-ce que la glace a une mère ? Qui a mis au monde la fine couche de glace ?
      30 À ce moment-là, l’eau devient dure comme pierre, et sa surface ne forme qu’un seul bloc.
      31 « Regarde les groupes d’étoiles : Est-ce que tu peux attacher ensemble les Pléiades, desserrer les cordes d’Orion ?
      32 Est-ce que tu peux faire apparaître les étoiles au bon moment, conduire la grande Ourse et la petite Ourse ?
      33 Est-ce que tu connais les lois qui gouvernent le ciel ? Est-ce toi qui diriges leur action sur la terre ?
      34 « Est-ce que tu cries tes ordres aux nuages pour être trempé de pluie ?
      35 Quand les éclairs jaillissent, est-ce toi qui les envoies ? Est-ce qu’ils t’obéissent ?
      36 Qui a mis la sagesse dans l’oiseau sacré du Nil ? Qui a donné au coq l’intelligence ?
      37 Qui est capable de compter les nuages et de vider les réserves d’eau du ciel ?
      38 À ce moment-là, la poussière devient un fleuve de boue, et des mottes de terre se forment dans les champs. »
      39 « Est-ce toi qui attrapes un animal pour la lionne ? Est-ce toi, qui rassasies les jeunes lions
      40 assis au fond de leurs abris, prêts à attaquer dans les buissons ?
      41 Est-ce toi qui prépares la nourriture pour le corbeau, quand ses petits crient vers Dieu, et vont dans tous les sens, mourant de faim ? »

      Job 39

      1 « Est-ce que tu connais la saison où naissent les petits des antilopes ? Est-ce que tu as vu comment les biches mettent au monde ?
      2 Elles portent leurs petits pendant combien de mois ? À quel moment a lieu la naissance ?
      3 Les mères s’installent pour mettre bas et elles sont délivrées de leurs douleurs.
      4 Les jeunes biches prennent des forces, elles grandissent en liberté. Un jour, elles partent et ne reviennent plus.
      5 « Qui a mis l’âne sauvage en liberté ? Qui a détaché sa corde ?
      6 Je l’ai fait habiter dans les régions sèches. Les plaines salées : voilà son domaine.
      7 Cet animal se moque du bruit des villes et il n’entend jamais les cris d’un maître.
      8 Il se promène sur les montagnes qui lui servent de pâturage, il cherche à manger tout ce qui est vert.
      9 « Est-ce que le buffle voudra se mettre à ton service ? Est-ce qu’il passera la nuit dans ton abri ?
      10 Est-ce que tu pourras l’attacher pour labourer ? Est-ce qu’il traînera la herse derrière toi au fond des vallées ?
      11 Est-ce que tu auras confiance en lui à cause de sa force énorme, pour le laisser faire ton travail ?
      12 Est-ce que tu peux compter sur lui pour ramasser ton blé et mettre en tas ce que tu as récolté ?
      13 « Les ailes de l’autruche battent joyeusement, mais cet oiseau ne peut voler comme la cigogne.
      14 Elle abandonne ses œufs par terre, et elle les laisse couver sur le sable.
      15 Elle oublie qu’on peut marcher dessus, qu’une bête sauvage peut les écraser.
      16 « C’est une mère très dure pour ses petits, comme s’ils n’étaient pas à elle. Elle s’est donné du mal pour rien, et elle s’en moque.
      17 Pourquoi ? Parce que je l’ai privée de sagesse, je ne lui ai pas donné l’intelligence en partage.
      18 Mais quand elle se dresse et s’élance, elle se moque du cheval et de son cavalier.
      19 « Est-ce toi qui donnes au cheval sa force, est-ce toi qui as habillé son cou d’une crinière ?
      20 Est-ce toi qui le fais bondir comme une sauterelle ? Le souffle fier de ses narines est effrayant.
      21 Il frappe de ses sabots le sol de la vallée. Plein d’une force joyeuse, il s’élance au-devant de l’armée ennemie.
      22 Il se moque de la peur, il ne s’effraie de rien, il ne recule pas devant l’épée.
      23 Sur lui, les armes résonnent : le sac de flèches, la lance brillante et le sabre.
      24 Brûlant d’impatience, il galope à toute vitesse. Dès que la trompette sonne, il ne se retient plus.
      25 À chaque coup de trompette, il répond en soufflant dans ses narines. Il entend le combat de loin, la voix puissante des chefs et les cris des soldats.
      26 « L’épervier étend ses ailes vers le sud au moment où poussent ses nouvelles plumes. Est-ce qu’il fait cela grâce à ton intelligence ?
      27 Est-ce toi qui commandes à l’aigle de s’élever et de bâtir son nid sur les montagnes ?
      28 Il habite dans les rochers, il passe la nuit sur un pic de pierre qui le protège avec puissance.
      29 De là-haut, il attend l’animal qu’il va saisir, et ses yeux le voient de loin.
      30 Ses petits boivent le sang. Là où il y a des morts, l’épervier se trouve aussi. »

      Job 40

      1 Le SEIGNEUR s’est adressé à Job. Il lui a demandé :
      2 « Toi qui t’opposes au Tout-Puissant, est-ce que tu oses le critiquer ? Toi qui discutes avec Dieu, est-ce que tu peux répondre ? »
      3 Alors Job a répondu au SEIGNEUR :
      4 « Je ne suis rien du tout. Qu’est-ce que je peux te répondre ? Je mets la main sur ma bouche.
      5 J’ai assez parlé, je vais m’arrêter. J’en ai déjà trop dit, maintenant je me tais. »
      6 Du milieu de la tempête, le SEIGNEUR a interrogé Job. Il a dit :
      7 « Prépare-toi ! Sois un homme ! Je vais te poser des questions, et tu me donneras des explications.
      8 Est-ce que je suis injuste ? C’est cela que tu veux dire ? Est-ce que tu veux me donner tort pour avoir raison ?
      9 Est-ce que tu es aussi fort que moi ? Et ta voix, est-ce qu’elle résonne comme mon tonnerre ?
      10 « Si c’est le cas, habille-toi de fierté et de grandeur, orne-toi de beauté et d’honneur !
      11 Laisse déborder ta colère. D’un seul regard, abaisse tous les orgueilleux.
      12 Oui, regarde-les, et qu’ils s’inclinent ! Écrase sur place les gens mauvais !
      13 Fais-les entrer tous ensemble sous la terre, enferme-les dans la prison de la mort.
      14 Alors, je te féliciterai : oui, ta seule force te donnera la victoire. »
      15 « Regarde bien le gros Animal de l’eau. C’est moi qui l’ai créé comme je t’ai créé. Il mange de l’herbe comme le bœuf.
      16 Mais regarde la force de ses reins, admire les muscles de son ventre !
      17 « Sa queue est solide comme un cèdre, ses cuisses sont tressées de nerfs puissants.
      18 Ses os sont comme des tubes de bronze, ses côtes ressemblent aux grilles de fer.
      19 Il est la plus importante de toutes mes créatures. Moi, son créateur, je suis le seul à pouvoir le vaincre.
      20 Les montagnes lui fournissent de l’herbe, là où jouent les bêtes sauvages.
      21 Mais il se couche à l’abri des arbres, il se cache dans les marécages au milieu des roseaux.
      22 Les arbres le couvrent de leur ombre, tout autour de la rivière.
      23 « Si le fleuve déborde, il ne se fait pas de souci. Même si l’eau monte jusqu’à sa gueule, il reste calme.
      24 Quand il a les yeux ouverts, qui peut l’attraper ? Qui lui percera le nez avec un bout de bois ? »
      25 « Est-ce que tu vas pêcher le dragon Léviatan comme une carpe ? Est-ce que tu vas accrocher sa langue avec un hameçon ?
      26 Est-ce que tu peux passer un bout de bois à travers ses narines, lui percer la mâchoire avec un crochet ?
      27 « À ton avis, est-ce qu’il va te supplier longtemps de le libérer ? Pour cela, est-ce qu’il te parlera gentiment ?
      28 Est-ce qu’il signera un contrat avec toi pour rester à ton service jusqu’à sa mort ?
      29 Est-ce que tu joueras avec lui comme avec un oiseau ? Ou bien est-ce que tu l’attacheras comme un petit chien pour amuser tes filles ?
      30 « Est-ce que les pêcheurs se mettront ensemble pour vendre le Dragon ? Est-ce qu’on le partagera entre plusieurs acheteurs ?
      31 Est-ce que tu peux planter des flèches dans sa peau et percer sa tête avec un harpon ?
      32 Provoque-le, et tu verras ! Tu te souviendras de sa réaction, tu ne vas plus jamais recommencer !

      Job 41

      1 Attention ! Si quelqu’un espère vaincre le dragon Léviatan, il se trompe. En effet, dès qu’il apparaît, tout le monde tombe par terre.
      2 Personne n’est assez fou pour l’agacer. Alors, qui donc oserait me résister en face ?
      3 Qui m’a prêté de l’argent que je dois rembourser ? Tout ce qui est sous le ciel est à moi !
      4 « Je parlerai aussi des membres du Dragon, de sa force extraordinaire, de son allure magnifique.
      5 Qui peut déchirer le devant de son vêtement ? Qui peut traverser l’épaisseur de sa cuirasse ?
      6 Qui l’a obligé à ouvrir ses mâchoires ? Devant l’armée de ses dents, tout le monde tremble de peur.
      7 « Plusieurs rangées d’écailles couvrent son dos. On dirait un toit de boucliers serrés les uns contre les autres.
      8 Ils sont tellement rapprochés qu’un souffle d’air ne peut y pénétrer.
      9 Chaque écaille colle à l’écaille voisine, toutes se tiennent, et on ne peut les séparer.
      10 « Quand le Dragon éternue, la lumière jaillit, ses yeux brillent comme l’aurore qui s’éveille.
      11 Sa gueule crache des éclairs, elle étincelle de tous côtés.
      12 « La fumée sort de ses narines comme d’une marmite bouillante, comme d’un buisson d’épines en feu.
      13 Son souffle peut rallumer des braises, et des flammes s’échappent de sa gueule.
      14 Sa force est dans son cou. Devant lui, tout le monde fuit.
      15 « Les plis de sa peau sont cousus ensemble. Les parties les plus souples de son corps sont comme du fer.
      16 Son cœur est solide comme le roc, il est dur comme la pierre qui écrase les grains.
      17 « Quand le Dragon se lève, même les plus courageux tremblent de peur et ils fuient.
      18 L’épée le frappe, mais elle ne s’enfonce pas. C’est la même chose pour la lance, le sabre ou les flèches.
      19 Pour lui, le fer, c’est de l’herbe sèche, le bronze, c’est du bois pourri.
      20 Les flèches ne le font pas fuir, et pour lui, les pierres de la fronde sont de la paille.
      21 Un gros bâton n’est pour lui qu’un brin de paille, il se moque du bruit des lances.
      22 « Des pierres pointues couvrent le ventre du Dragon. On dirait une herse qu’il traîne sur la boue.
      23 Dès qu’il entre dans l’eau, il la fait bouillonner comme l’eau sur le feu, il couvre la mer d’écume.
      24 Il laisse derrière lui un chemin de lumière. L’eau profonde semble coiffée d’une chevelure blanche.
      25 « Sur la terre, personne ne ressemble au Dragon. Je l’ai formé pour qu’il n’ait jamais peur.
      26 Il regarde en face ses plus grands ennemis, il est le roi de toutes les bêtes sauvages. »

      Job 42

      1 Alors Job a répondu au SEIGNEUR :
      2 « Tout est possible pour toi, je le sais, tu peux faire tout ce que tu veux.
      3 Tu l’as dit : j’ai rendu tes projets obscurs en parlant comme un ignorant. Oui, je le reconnais : j’ai parlé de choses merveilleuses qui me dépassent, et je ne le savais pas.
      4 Tu m’as dit : “Écoute, et laisse-moi parler. Je vais t’interroger et tu me donneras des explications.”
      5 Jusqu’ici, je te connaissais seulement à travers ce que mes oreilles entendaient. Mais maintenant, je t’ai vu de mes yeux.
      6 C’est pourquoi je regrette ce que j’ai dit. Sur la poussière et sur la cendre je reconnais mon tort. »
      7 Le SEIGNEUR a adressé toutes ces paroles à Job. Ensuite, il a dit à Élifaz de Téman : « Je brûle de colère contre toi et contre tes deux amis. En effet, vous n’avez pas dit la vérité sur moi, comme mon serviteur Job l’a fait.
      17 Puis il est mort très vieux, satisfait d’une si longue vie.

      Psaumes 1

      1 Voici l’homme heureux ! Il n’écoute pas les conseils des gens mauvais, il ne suit pas l’exemple de ceux qui font le mal, il ne s’assoit pas avec les moqueurs.
      2 Au contraire, il aime l’enseignement du SEIGNEUR et le redit jour et nuit dans son cœur !
      3 Comme un arbre planté au bord de l’eau, il donne ses fruits au bon moment, et ses feuilles restent toujours vertes. Cet homme réussit tout ce qu’il fait.
      4 Pour les gens mauvais, c’est différent, ils sont comme la paille emportée par le vent.
      5 C’est pourquoi, au moment du jugement, ces gens-là ne sont pas acceptés. Quand ceux qui obéissent à Dieu se rassemblent, il n’y a pas de place pour les gens mauvais.
      6 Oui, le SEIGNEUR veille sur la vie de ceux qui lui obéissent, mais le chemin des gens mauvais les conduit à leur perte.

      Psaumes 50

      7 – Écoute, mon peuple, j’ai quelque chose à te dire, Israël, je vais parler contre toi : ton Dieu, c’est moi.
      8 Je ne t’accuse pas pour tes sacrifices, tu m’en offres sans arrêt.
      9 Je ne prendrai pas de taureaux chez toi, ni de boucs dans tes enclos.
      10 Car tous les animaux de la forêt sont à moi, et à moi, les milliers de bêtes des montagnes.
      11 Je connais tous les oiseaux du ciel, et toutes les bêtes des champs sont à moi.
      12 Si j’avais faim, je ne te dirais rien. Oui, la terre est à moi avec tout ce qu’elle contient.
      13 Est-ce que je vais manger la viande des taureaux ? Est-ce que je vais boire le sang des boucs ?
      14 Offre-moi plutôt ta reconnaissance, à moi, ton Dieu. Et tiens les promesses que tu m’as faites, à moi, le Très-Haut.
      15 Alors, quand tu seras dans le malheur, fais appel à moi, je te sauverai, et tu chanteras ma gloire.

      Psaumes 51

      1 Psaume de David, pris dans le livre du chef de chorale.
      2 Le roi David a pris Batchéba, la femme d’Urie, et le prophète Natan va le trouver. David dit alors :
      3 Ô Dieu, aie pitié de moi à cause de ton amour ! Ta tendresse est immense : efface mes torts.
      4 Lave-moi complètement de mes fautes, et de mon péché, purifie-moi.
      5 Oui, je reconnais mes torts, mon péché est toujours devant moi.
      6 Contre toi et toi seul, j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait. Ainsi, tu as raison quand tu décides, tu es sans défaut quand tu juges.
      7 Oui, depuis ma naissance, je suis marqué par le péché, depuis le ventre de ma mère, je suis plongé dans le mal.
      8 Mais tu veux la vérité au fond de mon cœur. À ma conscience, tu enseignes la sagesse.
      9 Enlève mon péché, et je serai pur, lave-moi, et je serai parfaitement purifié.
      10 Fais-moi entendre les chants et la fête. Alors je danserai de bonheur, moi que tu as brisé.
      11 Détourne ton visage de mes péchés, efface toutes mes fautes.
      12 Ô Dieu, crée en moi un cœur pur, mets en moi un esprit nouveau, vraiment attaché à toi.
      13 Ne me chasse pas loin de toi, ne m’enlève pas ton esprit saint.
      14 Rends-moi la joie d’être sauvé, soutiens-moi par un esprit généreux.
      15 Ceux qui ne t’obéissent pas, je leur apprendrai à faire ce que tu veux, et les coupables reviendront vers toi.
      16 Dieu, mon libérateur, délivre-moi de la mort ! Alors je crierai de joie parce que tu m’as sauvé.
      17 Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche chantera ta louange.
      18 Non, tu ne veux pas de sacrifice. Même si je t’offre un animal entier, il ne te fera pas plaisir.
      19 Mon sacrifice, ô Dieu, c’est moi-même avec mon orgueil brisé. Ô Dieu, tu ne refuses pas de regarder un cœur complètement brisé.

      Esaïe 1

      1 Voici la vision qu’Ésaïe, fils d’Amots, a reçue au sujet du royaume de Juda et de la ville de Jérusalem. Il a vu ces choses à l’époque où Ozias, Yotam, Akaz, puis Ézékias étaient rois de Juda.
      2 Ciel, écoute ! Et toi, la terre, tends l’oreille ! C’est le SEIGNEUR qui parle : « J’ai fait grandir des enfants, je les ai élevés, mais ils se sont révoltés contre moi.
      3 Un bœuf connaît son propriétaire. Un âne connaît la mangeoire où son maître lui apporte à manger. Mais Israël ne connaît rien, mon peuple ne comprend rien. »
      4 Quel malheur, peuple coupable, peuple chargé de crimes ! Vous êtes une race de bandits, des fils pourris ! Vous avez abandonné le SEIGNEUR, vous avez méprisé le Dieu saint d’Israël, vous lui avez tourné le dos.
      5 Vous qui continuez à vous révolter contre moi, à quel endroit faut-il encore vous frapper ? La tête est couverte de blessures, le cœur tout entier est malade.
      6 Des pieds à la tête, plus rien n’est en bon état. Partout il n’y a que blessures, traces de coups, plaies ouvertes. Personne ne les a nettoyées, personne ne les a couvertes de bandages, personne ne les a soignées avec de l’huile.
      7 Votre pays ressemble à un désert de tristesse. Vos villes sont détruites par le feu, des étrangers dévorent vos récoltes sous vos yeux. Vos champs sont détruits, bouleversés comme après le passage des ennemis.
      8 Seule la ville de Sion est restée comme un abri dans une vigne, comme une hutte dans un champ de légumes, comme une ville entourée de soldats ennemis.
      9 Si le SEIGNEUR de l’univers n’avait pas laissé quelques personnes en vie chez nous, nous serions comme la ville de Sodome, nous ressemblerions à Gomorrhe.
      10 Vous, les chefs et le peuple, vous ne valez pas mieux que les chefs corrompus et la population de Sodome et Gomorrhe. Écoutez donc la parole du SEIGNEUR, ouvrez vos oreilles à l’enseignement de notre Dieu !
      11 Le SEIGNEUR dit : « À quoi me servent vos nombreux sacrifices ? Vous brûlez entièrement des moutons pour moi, vous m’offrez la graisse des veaux. J’en ai assez de tout cela. Le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je n’en veux plus.
      12 Quand vous venez vous présenter devant moi, vous occupez inutilement les cours de mon temple. Est-ce que je vous ai demandé cela ?
      13 Arrêtez de m’apporter des offrandes qui ne servent à rien ! La fumée, je l’ai en horreur. Vous fêtez la nouvelle lune et le sabbat, vous organisez de grands rassemblements, et en même temps, vous commettez le mal. Je ne peux plus supporter cela.
      14 Je déteste vos fêtes de nouvelle lune et vos cérémonies. Elles sont un poids pour moi, et je suis fatigué de les supporter.
      15 Quand vous étendez les mains pour prier, je détourne mon regard. Même si vous faites beaucoup de prières, je n’écoute pas. Vos mains sont couvertes de sang.
      16 Lavez-vous, rendez-vous purs. Éloignez de mes yeux vos actions mauvaises, arrêtez de faire le mal.
      17 Apprenez à faire le bien. Cherchez à respecter le droit. Ramenez dans le bon chemin celui qui écrase les autres par l’injustice. Défendez les droits des orphelins, prenez en main la cause des veuves. »
      18 Le SEIGNEUR dit : « Venez, nous allons discuter. Même si vos péchés ont la couleur du sang, ils prendront la couleur du lait. S’ils sont rouges comme le feu, ils deviendront aussi blancs que la neige.
      19 Si vous acceptez d’obéir, vous pourrez manger les bonnes choses du pays.
      20 Mais si vous refusez, si vous continuez à vous révolter contre moi, l’épée vous dévorera. » Voilà ce que le SEIGNEUR affirme.
      21 Comment la ville fidèle est-elle devenue une prostituée ? Autrefois, le droit était respecté à Jérusalem, les gens vivaient en étant justes. Mais maintenant, la ville est remplie d’assassins.
      22 Jérusalem, ton argent s’est changé en déchets, ton bon vin est mélangé avec de l’eau.
      23 Tes chefs sont des révoltés et ils s’associent avec des voleurs. Ils aiment les cadeaux et sont prêts à tout pour en recevoir. Ils ne défendent pas les droits des orphelins et ils refusent de prendre en main la cause des veuves.
      24 C’est pourquoi, voici ce que déclare le SEIGNEUR de l’univers, le Maître, le Dieu puissant d’Israël : « Quel malheur ! Je me vengerai de mes adversaires, je prendrai ma revanche sur mes ennemis !
      25 Jérusalem, je me tournerai contre toi. Je te rendrai pure comme avec du sel, je ferai fondre tes déchets, j’enlèverai toutes tes impuretés.
      26 Grâce à moi, tes juges ressembleront à ceux d’autrefois, tes conseillers seront comme ceux de jadis. Ensuite, on pourra t’appeler “Ville de la justice”, “Ville fidèle”. »
      27 Sion sera sauvée en respectant le droit. Ses habitants qui reviendront vers Dieu seront sauvés en pratiquant la justice.
      28 Mais ce sera une catastrophe pour les révoltés et les pécheurs. Ce sera la fin pour ceux qui abandonnent le SEIGNEUR.
      29 Alors vous aurez honte des arbres sacrés que vous aimiez tant. Vous serez déçus des jardins que vous avez choisis pour y servir les faux dieux.
      30 Vous ressemblerez à des arbres qui perdent leurs feuilles, ou à des jardins qui manquent d’eau.
      31 L’homme fort deviendra comme de la paille, et ses actions comme une étincelle. Les deux brûleront ensemble, et personne n’éteindra ce feu.

      Esaïe 2

      12 Le SEIGNEUR de l’univers garde un jour où il agira contre tout ce qui est fier et orgueilleux, contre tout ce qui se croit grand pour l’abaisser.
      18 Tous les faux dieux disparaîtront.
      21 Ils iront dans les abris des rochers et dans les trous de la terre pour fuir le SEIGNEUR, qui fait trembler de peur, pour fuir la lumière éblouissante de sa grandeur, quand il se lèvera pour secouer la terre.

      Esaïe 3

      14 Il fait passer en jugement les anciens et les chefs de son peuple : « C’est vous qui avez détruit ma vigne. Vous avez rempli vos maisons des biens volés aux pauvres.

      Esaïe 4

      3 Alors ceux qui seront restés à Jérusalem, qui seront encore en vie à Sion, on les appellera « consacrés au SEIGNEUR ». Il s’agit, à Jérusalem, de tous ceux que le SEIGNEUR a inscrits dans son livre pour qu’ils aient la vie.

      Esaïe 5

      1 Laissez-moi chanter une chanson au nom de mon ami. Elle parle de mon ami et de sa vigne : Mon ami avait une vigne sur une petite colline au sol fertile.
      4 J’ai tout fait pour ma vigne, je ne pouvais rien faire de plus. J’attendais du bon raisin, mais elle n’a donné que du raisin acide. Pourquoi donc ?
      8 Quel malheur pour ceux qui ajoutent une maison à l’autre, qui prennent un champ après l’autre. Ils finissent par occuper toute la place, et il n’y a plus qu’eux dans le pays !
      16 Le SEIGNEUR de l’univers montrera sa grandeur en établissant le droit. Le Dieu saint montrera sa sainteté en faisant respecter la justice.
      19 Et ils disent : « Que le SEIGNEUR se dépêche d’agir : nous voulons voir cela ! Vite, que le projet du Dieu saint d’Israël se réalise : nous voulons le connaître ! »
      24 C’est pourquoi ils seront comme la paille dévorée par le feu, ou comme l’herbe sèche qui disparaît dans les flammes. Ils pourriront par les racines, leurs fleurs s’envoleront comme la poussière. En effet, ils ont méprisé l’enseignement du SEIGNEUR de l’univers, ils ont rejeté les paroles du Dieu saint d’Israël.

      Esaïe 6

      1 C’était l’année où le roi Ozias est mort. Un jour, j’ai eu une vision. Le Seigneur était assis sur un siège royal très élevé. Son vêtement remplissait le temple.
      2 Des anges de feu se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux ailes pour se cacher le visage, deux ailes pour se couvrir le bas du corps, deux ailes pour voler.
      3 Ils criaient l’un à l’autre : « Saint, saint, saint le SEIGNEUR de l’univers ! Sa gloire remplit toute la terre ! »
      4 Leur voix faisait trembler les portes sur leurs gonds, le temple se remplissait de fumée.
      5 Alors j’ai dit : « Malheur à moi ! Je suis perdu ! Je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, le SEIGNEUR de l’univers ! »
      6 Mais l’un des anges brillants a volé vers moi. Il tenait dans sa main un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel.
      7 Il m’a touché la bouche avec ce charbon brûlant et m’a dit : « Maintenant que ce charbon a touché tes lèvres, ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. »
      8 Alors j’ai entendu le Seigneur demander : « Qui vais-je envoyer ? Qui sera notre porte-parole ? » J’ai répondu : « Me voici, envoie-moi. »
      9 Le Seigneur m’a dit : « Va dire à ce peuple : “Vous écouterez bien, mais vous ne comprendrez pas. Vous regarderez bien, mais vous ne verrez rien.”
      10 Ferme leur cœur, rends-les sourds et aveugles. Empêche leurs yeux de voir, leurs oreilles d’entendre, leur cœur de comprendre. Ainsi, ils ne se tourneront pas vers moi et ils ne seront pas guéris. »
      11 J’ai demandé : « Jusqu’à quand, Seigneur ? » Il a répondu : « Jusqu’au moment où les villes seront détruites, sans habitants, où les maisons seront complètement vides, où les champs deviendront un désert de tristesse. »
      12 Oui, le SEIGNEUR enverra au loin les gens de ce pays. Beaucoup de champs seront abandonnés.
      13 Et s’il reste un dixième de la population dans le pays, le feu le brûlera comme on brûle un arbre abattu. Il ne restera plus que le bas du tronc avec les racines. Mais ce tronc donnera naissance à une semence voulue par Dieu.

      Esaïe 8

      1 Le SEIGNEUR m’a dit : « Prends une grande tablette et écris dessus de façon lisible “Vite-les-richesses-Cours-au-pillage”. »
      6 « Le peuple de Juda méprise l’eau du canal de Siloé qui coule doucement. Et il se décourage devant Ressin et devant le fils de Remalia.
      11 Le SEIGNEUR m’a saisi et il m’a commandé de ne pas imiter la conduite du peuple de Juda. Il m’a dit :
      12 « Ne parlez pas de complot chaque fois que ces gens parlent de complot. N’ayez pas peur de ce qui leur fait peur. N’ayez pas peur d’eux.
      13 Reconnaissez que c’est le SEIGNEUR de l’univers qui est saint. C’est lui que vous devez respecter, c’est de lui que vous devez avoir peur.
      14 Pour les deux royaumes d’Israël, il sera un lieu saint, une pierre qui fait perdre l’équilibre, un rocher qui fait tomber. Il sera un piège pour les habitants de Jérusalem.
      16 Je garde ce message à l’abri, je mets cet enseignement en sécurité : je le fais connaître seulement à mes disciples.
      18 Moi-même et les enfants que le SEIGNEUR m’a donnés, nous servons de signes en Israël. Nous servons d’avertissements de la part du SEIGNEUR de l’univers qui habite sur la montagne de Sion.
      20 vous répondrez : « C’est à l’enseignement et à la parole du SEIGNEUR qu’il faut revenir. » Celui qui ne dit pas cela ne verra pas la lumière du matin.

      Esaïe 10

      1 Quel malheur pour ceux qui établissent des règles injustes, qui mettent par écrit des lois qui causent la misère des autres !
      5 Le SEIGNEUR dit : « Quel malheur pour l’Assyrie, qui est le fouet de ma colère ! Je montrerai cette colère avec le bâton qu’elle tient à la main.
      17 Le SEIGNEUR, lumière d’Israël, deviendra un feu. Les flammes du Dieu saint allumeront les buissons d’épines et les brûleront en un seul jour.
      20 À ce moment-là, ceux qui seront restés en vie en Israël, ceux qui seront restés du peuple de Jacob, ne continueront plus à s’appuyer sur celui qui les frappe. Ils s’appuieront vraiment sur le SEIGNEUR, le Dieu saint d’Israël. Oui, un reste d’Israël se tournera vers le Dieu fort.
      22 Pourtant, Israël, même si ton peuple était aussi nombreux que les grains de sable au bord de la mer, c’est un reste seulement qui reviendra au SEIGNEUR. La destruction est décidée, la justice débordera comme un fleuve.

      Esaïe 11

      1 Un fils sortira de la famille de Jessé, comme une jeune branche sort d’un vieux tronc. Une nouvelle branche poussera à partir de ses racines.
      2 L’esprit du SEIGNEUR reposera sur lui. Il lui donnera la sagesse et le pouvoir de bien juger. Il l’aidera à prendre des décisions et le rendra courageux. Il lui fera connaître le SEIGNEUR et lui apprendra à le respecter.
      3 Alors cet homme prendra plaisir à respecter le SEIGNEUR. Il ne jugera pas selon ce qu’il voit, il ne décidera pas d’après ce qu’il entend dire.
      4 Il jugera les pauvres avec justice, il sera juste pour ceux qui, dans le pays, sont sans défense. Ses paroles frapperont ses habitants comme un bâton. Les mots qu’il prononcera feront mourir les gens mauvais.
      5 La justice et la fidélité seront pour lui comme la ceinture qu’on porte sans cesse autour de la taille.
      6 Alors le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du cabri. Le veau et le jeune lion mangeront ensemble. Un petit garçon les conduira.
      7 La vache et l’ourse mangeront dans le même champ, leurs petits auront le même abri. Le lion mangera de l’herbe sèche comme le bœuf.
      8 Le bébé jouera sur le nid du serpent, et le petit garçon pourra mettre la main dans la cachette de la vipère.
      9 Il n’y aura plus ni mal ni violence sur toute la montagne sainte du SEIGNEUR. En effet, la connaissance du SEIGNEUR remplira le pays, comme l’eau remplit les mers.
      10 Ce jour-là, le fils de Jessé sera comme un signal dressé pour les peuples de la terre. Ils viendront lui demander conseil, et la gloire de Dieu brillera là où il habitera.
      11 Ce jour-là, le Seigneur étendra de nouveau son bras puissant pour libérer le reste de son peuple : ceux qui seront restés en vie en Assyrie, en Basse-Égypte, en Haute-Égypte, en Éthiopie, en Élam, en Babylonie, à Hamath-en-Syrie, dans les îles de la mer et sur les côtes.
      12 Il dressera un signal pour avertir ces peuples de ce qu’il fera. Il réunira les exilés d’Israël et il rassemblera les gens de Juda partis aux quatre coins du monde.
      13 Alors Éfraïm ne sera plus jaloux de Juda. Les adversaires de Juda seront détruits, et Juda ne sera plus l’ennemi d’Israël.
      14 Vers l’ouest, ils se jetteront ensemble sur les collines des Philistins. Vers l’est, ils pilleront les tribus du désert. Édom et Moab tomberont en leur pouvoir, et les Ammonites leur obéiront.
      15 Le SEIGNEUR videra le golfe d’Égypte de son eau. Il menacera l’Euphrate en agitant la main. Par son souffle puissant, il divisera ce fleuve en sept rivières qu’on pourra traverser avec des sandales.
      16 Il y aura une route pour les gens de son peuple qui seront restés en vie en Assyrie. Ce sera comme autrefois pour leurs ancêtres, quand ils sont sortis d’Égypte.

      Esaïe 12

      6 Toi qui habites Sion, pousse des cris de joie, crie avec passion ! Oui, il est grand, le Dieu saint d’Israël qui est au milieu de toi !

      Esaïe 17

      7 Ce jour-là, les êtres humains tourneront leurs regards vers leur Créateur, ils lèveront les yeux vers le Dieu saint d’Israël.

      Esaïe 22

      11 Vous avez fait un bassin entre les deux murs pour l’eau de l’ancien réservoir. Mais vous n’avez pas tourné les yeux vers celui qui est la cause de tous ces événements. Il les préparait depuis longtemps, mais vous ne l’avez pas vu.
      12 Ce jour-là, le Seigneur, DIEU de l’univers, vous demandait de pleurer, de pousser des cris, de vous raser la tête et de porter des habits de deuil.

      Esaïe 24

      6 C’est pourquoi la terre est dévorée par la malédiction de Dieu, et ses habitants sont punis. Ils meurent, et il en reste très peu.
      9 Les gens ne boivent plus de vin en chantant, les boissons alcoolisées semblent amères pour les buveurs.
      11 Dans les rues, les gens crient pour avoir du vin, il n’y a plus de joie, la gaîté a été chassée du pays.

      Esaïe 26

      1 Ce jour-là, dans le pays de Juda, les habitants chanteront : « Nous avons une ville bien défendue. Pour nous protéger, le SEIGNEUR l’a entourée de deux murs.

      Esaïe 28

      1 Quel malheur pour Samarie ! Les buveurs du pays d’Éfraïm sont fiers de cette ville en forme de couronne. Sur la colline qui domine la vallée fertile, elle est magnifiquement décorée. Mais elle ressemble à des fleurs sèches sur la tête de buveurs endormis par le vin.
      16 C’est pourquoi, voici la parole du Seigneur DIEU : « Je pose à Sion une pierre de fondation très dure, une pierre principale, solidement fixée. Celui qui s’appuie sur elle ne tombera pas.

      Esaïe 29

      15 Quel malheur pour ces gens qui agissent en secret pour cacher leurs projets au SEIGNEUR ! Ils préparent leurs affaires dans l’ombre. Ils disent : « Qui peut nous voir ? Qui sait ce que nous faisons ? »
      19 Les gens sans importance trouveront une joie de plus en plus grande dans le SEIGNEUR, les plus pauvres danseront de joie à cause du Dieu saint d’Israël.
      23 En effet, eux et leurs enfants verront ce que je ferai parmi eux. Alors ils reconnaîtront qui je suis, moi, le Dieu saint de Jacob, ils auront peur de me déplaire, à moi, le Dieu d’Israël.

      Esaïe 30

      11 Éloignez-vous du bon chemin, quittez la bonne route. Ne nous parlez plus du Dieu saint d’Israël ! »
      22 Tu considéreras comme impures les statues de tes faux dieux en bois ou en métal, recouvertes d’argent et d’or. Tu les jetteras comme des choses sales et tu leur diras : « Ordure ! »

      Esaïe 31

      1 Quel malheur pour ceux qui vont chercher de l’aide en Égypte ! Ils comptent sur les chevaux, ils font confiance aux chars parce qu’il y en a beaucoup, et aux cavaliers parce qu’ils sont très forts. Mais ils ne regardent pas vers le Dieu saint d’Israël. Ils ne cherchent pas le SEIGNEUR.
      4 Voici ce que le SEIGNEUR m’a dit : « Quand le lion ou le lionceau rugit pour garder l’animal qu’il a pris, on fait appel contre lui à de nombreux bergers. Mais il n’a pas peur de leurs cris. Le bruit qu’ils font ne le trouble pas. Ce sera pareil quand moi, le SEIGNEUR de l’univers, je descendrai sur la montagne de Sion pour faire la guerre. »
      9 Ils trembleront de peur. Les plus solides s’enfuiront, et les chefs, découragés, abandonneront leur drapeau. C’est le SEIGNEUR qui le déclare, lui qui a sa flamme à Sion, un feu allumé à Jérusalem.

      Esaïe 37

      23 Qui est celui que tu as insulté ? À qui as-tu lancé des injures ? Contre qui est-ce que tu as osé parler ? Qui est celui que tu as regardé avec mépris ? C’est moi, le Dieu saint d’Israël.
      26 Eh bien, Sennakérib, tu ne sais donc pas ceci ? Depuis longtemps, c’est moi qui ai préparé ces événements. J’ai formé ce projet autrefois, et maintenant je le réalise. J’ai décidé que tu transformerais les villes bien protégées en tas de pierres.

      Esaïe 40

      1 Redonnez de l’espoir à mon peuple. Oui, redonnez-lui de l’espoir, dit votre Dieu.
      3 Quelqu’un crie : « Dans le désert, ouvrez un chemin pour le SEIGNEUR. Dans ce lieu sec, faites une bonne route pour notre Dieu.
      27 Israël, peuple de Jacob, pourquoi est-ce que tu te plains en disant : « Le SEIGNEUR ne voit pas ce qui m’arrive. Il ne défend pas mon droit. »

      Esaïe 41

      1 Le SEIGNEUR dit : « Vous, les peuples éloignés, gardez le silence pour m’écouter. Reprenez courage, vous, toutes les populations. Avancez et parlez ! Oui, allons ensemble au tribunal.
      2 À l’est, quelqu’un se met en route. Il remporte la victoire partout où il passe. Qui l’a mis en route ? Qui lui livre les peuples ? Qui met les rois sous son pouvoir ? Son épée les change en poussière, son arc les chasse comme le vent emporte la paille.
      3 Cet homme les poursuit, il avance rapidement, en toute sécurité, sans mettre les pieds à terre.
      4 Qui a fait tout cela ? C’est celui qui crée les événements depuis le commencement. C’est moi, le SEIGNEUR. Je suis le premier, et jusqu’à la fin, je reste le SEIGNEUR.
      5 Les peuples éloignés ont vu ce qui s’est passé et ils ont eu peur. Les gens du bout du monde se sont approchés en tremblant.
      6 Chacun aide son camarade, l’un dit à l’autre : “Courage !”
      7 Le sculpteur encourage celui qui travaille l’or et l’argent. L’artisan qui aplatit le métal au marteau encourage le forgeron. Il dit de son travail : “Ça va bien.” Puis on termine la statue d’un faux dieu en la fixant avec des clous. »
      8 « Mais toi, Israël, tu es mon serviteur, Jacob, tu es le peuple que j’ai choisi, tu es né de mon ami Abraham.
      9 Je suis allé te chercher jusqu’au bout du monde, je t’ai appelé depuis les régions les plus éloignées. Je t’ai dit : “Mon serviteur, c’est toi, je t’ai choisi, je ne t’ai pas repoussé.”
      10 N’aie pas peur, je suis avec toi. Ne regarde pas autour de toi avec inquiétude. Oui, ton Dieu, c’est moi. Je te rends fort, je viens à ton secours et je te protège avec ma main puissante et victorieuse.
      11 Tous ceux qui sont en colère contre toi seront couverts de honte et d’insultes. Ceux qui se disputent avec toi seront détruits et mourront.
      12 Ceux qui luttent contre toi, tu les chercheras et tu ne les trouveras plus. Ces gens qui te font la guerre seront détruits et ils disparaîtront.
      13 Moi, le SEIGNEUR, je suis ton Dieu. Je te tiens par la main. Je te dis : “N’aie pas peur, je viens à ton secours.”
      14 « N’aie pas peur, peuple de Jacob, petit ver de terre, toi, faible reste d’Israël. Le SEIGNEUR déclare : Je viens à ton secours. Celui qui te libère, c’est moi, le Dieu saint d’Israël.
      15 Je vais faire de toi un outil tout neuf, une herse aux dents pointues. Tu écraseras les montagnes, tu les changeras en poussière, et les collines, tu en feras de la paille.
      16 Tu les jetteras en l’air, et le vent les emportera comme il emporte la paille. La tempête les chassera de tous côtés. Mais toi, tu crieras de joie à cause du SEIGNEUR, tu seras fier du Dieu saint d’Israël. »
      17 Les malheureux et les pauvres cherchent de l’eau, et ils n’en trouvent pas. La soif sèche leur langue. Eh bien, moi, le SEIGNEUR, je vais leur répondre, moi, le Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas.
      18 Je ferai couler des fleuves sur les hauteurs sans arbres, et des sources au fond des vallées. Je changerai le désert en lac, et la terre sèche en oasis.
      19 Dans le désert, je planterai toutes sortes d’arbres, des grands et des petits. Dans les régions sans eau, je mettrai ensemble différentes espèces d’arbres.
      20 Alors tout le monde verra ceci : c’est le SEIGNEUR qui a réalisé ces choses, c’est le Dieu saint d’Israël qui les a créées. Tout le monde le saura. Tous feront attention et le comprendront.
      21 Le SEIGNEUR, le roi du peuple de Jacob, dit : « Vous, les dieux des autres peuples, venez présenter votre cas, donnez vos preuves.
      22 Approchez et annoncez-nous ce qui va se passer ! Qu’est-ce qui est déjà arrivé ? Montrez-le, et nous y réfléchirons. Ou bien annoncez-nous l’avenir, et nous saurons ce qui arrivera.
      23 Oui, annoncez-nous ce qui se passera. Alors nous reconnaîtrons que vous êtes des dieux. Faites du bien ou du mal, mais faites quelque chose. Ainsi, nous verrons et nous vous respecterons !
      24 Mais vous n’êtes rien du tout, ce que vous faites est en dessous de tout ! Celui qui vous choisit comme dieux nous dégoûte comme vous nous dégoûtez.
      25 « J’ai mis en route un homme depuis le nord, et il arrive. Là où le soleil se lève, je l’appelle par son nom. Il écrase les dirigeants comme on écrase la boue, comme le potier écrase l’argile avec ses pieds.
      26 Qui donc a annoncé cela dès le début pour nous le faire connaître ? Qui nous a avertis autrefois pour que nous disions : « C’est la vérité » ? Personne n’a rien annoncé, personne n’a ouvert la bouche, personne n’a même entendu une parole de vous !
      27 C’est moi, le SEIGNEUR, qui l’ai annoncé le premier à Jérusalem. En effet, j’ai envoyé à Sion un messager pour apporter une bonne nouvelle.
      28 « J’ai bien regardé : je n’ai vu personne. Parmi les dieux des autres peuples, aucun ne donne un avis ! Il n’y a personne à consulter, personne qui peut me répondre !
      29 Ils ne sont rien, ils ne font rien. Leurs statues sont du vent, du vide ! »

      Esaïe 42

      1 Le SEIGNEUR dit : « Voici mon serviteur. Je le tiens par la main, c’est lui que j’ai choisi avec joie. J’ai mis mon esprit sur lui, pour qu’il fasse connaître le droit aux peuples.
      2 Il ne crie pas, il ne parle pas fort, on n’entend pas sa voix dans la rue.
      3 Il ne casse pas le roseau courbé. Il n’éteint pas la flamme qui devient faible. Mais il fait réellement connaître le droit.
      4 Il ne se découragera pas, il n’abandonnera pas avant d’établir le droit sur la terre. Les peuples éloignés désirent recevoir son enseignement. »
      5 Dieu, le SEIGNEUR, a créé le ciel et il l’a déroulé. Il a étendu la terre avec toutes les plantes. Il donne la vie aux peuples qui l’habitent, le souffle à ceux qui y vivent. Voici ce qu’il dit à son serviteur :
      6 « Moi, le SEIGNEUR, je t’ai appelé par une décision juste. Je te prends par la main, c’est moi qui t’ai formé. En toi, je réalise mon alliance avec le peuple, tu es la lumière des habitants de la terre.
      7 Tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les prisonniers de leur prison, tu retireras de leur cellule ceux qui attendent dans le noir.
      8 « Je suis “le SEIGNEUR”, voilà mon nom. Je ne donnerai pas ma gloire à un autre. Je ne laisserai pas aux statues des faux dieux la louange qui me revient.
      9 Les premiers événements sont déjà arrivés. Maintenant, j’en annonce de nouveaux. Je vous les fais connaître avant qu’ils se réalisent. »
      10 Chantez au SEIGNEUR un chant nouveau. Du bout du monde, chantez sa louange, vous qui voyagez sur la mer, vous qui la remplissez, et vous, les peuples éloignés.
      11 Qu’on entende des chants dans les lieux habités du désert, dans les campements des nomades de Quédar ! Que les habitants de la Roche montrent leur joie qu’ils poussent des cris de joie du sommet des montagnes !
      12 Que les peuples éloignés rendent gloire au SEIGNEUR, qu’ils chantent à haute voix sa louange !
      13 Le SEIGNEUR s’avance comme un soldat courageux, comme un combattant il rassemble son courage. Il pousse un puissant cri de guerre, il agit comme un soldat courageux contre ses ennemis.
      14 Le SEIGNEUR dit : « Depuis longtemps, j’ai gardé le silence, je suis resté sans rien dire. Mais maintenant, je vais crier. Comme une femme au moment d’accoucher, je gémis, je manque de souffle, je respire mal.
      15 « Je vais détruire montagnes et collines, et y faire sécher tout ce qui pousse. Je vais changer les fleuves en terre solide et vider l’eau des lacs.
      16 Je vais conduire les aveugles sur une route inconnue, je vais les faire marcher sur des chemins qu’ils ne connaissent pas. Devant eux, je vais changer la nuit en lumière, je vais enlever les obstacles sous leurs pieds. Voilà ce que je veux faire, je n’abandonnerai pas ce projet.
      17 « Ceux qui font confiance aux faux dieux, qui disent à leurs statues : “Nos dieux, c’est vous”, ces gens-là vont reculer, couverts de honte. »
      18 Vous qui êtes sourds, écoutez ! Vous qui êtes aveugles, regardez et voyez !
      19 Si quelqu’un est aveugle et sourd, c’est bien mon serviteur, le messager que j’envoie. – Oui, qui est aveugle comme le peuple du SEIGNEUR ? Qui est sourd comme le serviteur du SEIGNEUR ?
      20 Toi, peuple d’Israël, tu as vu beaucoup de choses, mais tu n’as rien retenu. Tu as de bonnes oreilles, mais tu n’as rien entendu.
      21 Le SEIGNEUR, dans une décision juste, a voulu montrer combien sa loi est grande et belle.
      22 Mais voici que vous êtes un peuple pillé. On vous a tout pris. Vous êtes tous enfermés dans de grands trous, assis dans des prisons. Les ennemis vous ont pris comme des richesses de guerre, et personne n’est venu à votre secours. Ils vous ont emmenés, et personne n’a dit : « Rendez-les ! »
      23 Qui parmi vous fait attention à cela ? Qui va écouter ? Qui va comprendre maintenant ?
      24 Qui donc a livré Israël, le peuple de Jacob, à ceux qui lui ont tout pris, à ceux qui l’ont pillé ? – C’est le SEIGNEUR, n’est-ce pas ? En effet, nous avions péché contre lui, son peuple n’a pas voulu suivre son chemin ni écouter sa loi.
      25 C’est pourquoi le SEIGNEUR a répandu sur lui sa violente colère et les horreurs de la guerre. Celle-ci a mis le feu de tous côtés, mais le peuple n’a rien compris. Le feu a brûlé le peuple, mais celui-ci n’a pas pris la chose au sérieux.

      Esaïe 43

      1 Maintenant, Israël, le SEIGNEUR te dit ceci, lui qui t’a créé et formé : « N’aie pas peur, je te libère. Je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi.
      3 En effet, moi, le SEIGNEUR, je suis ton Dieu. Moi, le Dieu saint d’Israël, je suis ton sauveur. Pour payer ta libération, je donne l’Égypte, je donne l’Éthiopie et Séba en échange de toi.
      5 « N’aie pas peur, je suis avec toi. De l’est, je vais faire revenir tes enfants, de l’ouest, je les rassemblerai.
      9 Que les populations se réunissent, que tous les peuples se rassemblent ! Parmi eux, qui peut annoncer ce qui se passe ? Qui peut nous dire ce qui est déjà arrivé ? Qu’ils présentent leurs témoins pour montrer qu’ils ont raison ! Que les témoins les écoutent et disent : « C’est la vérité ! »

      Esaïe 44

      3 En effet, je ferai couler de l’eau sur le sol qui a soif, des rivières sur la terre sèche. Je répandrai mon esprit sur tes enfants, et ma bénédiction sur les enfants de tes enfants.
      21 « Israël, peuple de Jacob, souviens-toi de ceci : Tu es mon serviteur. Je t’ai formé pour que tu sois à mon service. Israël, je ne t’oublie pas.
      25 Maintenant, j’enlève leur pouvoir aux paroles des devins. Je fais dire n’importe quoi à ceux qui annoncent l’avenir. Je ferme la bouche des sages, et je prouve que leur science est stupide.
      26 Mais je réalise les paroles de mes serviteurs, et je fais réussir ce que mes envoyés ont annoncé. Je dis de Jérusalem : “Elle sera de nouveau habitée, on relèvera ses murs détruits.” Je dis des villes de Juda : “On les rebâtira.”
      28 Je dis de Cyrus : “Il est le berger de mon peuple. Il fera réussir tout ce que je veux. Il commandera de rebâtir Jérusalem, de reconstruire le temple.” »

      Esaïe 45

      1 Le SEIGNEUR dit à Cyrus, le roi qu’il a consacré : « Je t’ai pris par la main pour mettre les peuples sous ton pouvoir. Je veux enlever leur pouvoir aux rois, et ouvrir devant toi les portes fermées des villes.
      6 Ainsi, de l’est à l’ouest, tout le monde le saura : il n’y a rien en dehors de moi. Le SEIGNEUR, c’est moi, il n’y en a pas d’autre.
      14 Voici ce que le SEIGNEUR dit : « Israël, le résultat du travail des Égyptiens, l’argent des commerçants éthiopiens, les gens de Séba, ces géants, tout cela passera chez toi et sera pour toi. Ces peuples te suivront, attachés avec des chaînes. Ils se mettront à genoux devant toi, et devant toi, ils affirmeront avec force : “Dieu est seulement chez toi, il n’y en a pas d’autre.” »
      16 Ceux qui fabriquent des statues de faux dieux sont couverts de honte et d’insultes. Ils s’en vont tous ensemble sous les insultes.

      Esaïe 46

      1 Le dieu Bel est courbé, le dieu Nébo est tombé. Leurs statues sont placées sur des bœufs. Autrefois, on les portait bien haut dans les cérémonies. Maintenant, c’est une lourde charge pour les animaux épuisés.

      Esaïe 48

      13 Oui, c’est moi qui ai posé la terre sur ses fondations, c’est moi qui ai étendu le ciel. Dès que je les appelle, ils se présentent aussitôt.
      16 Approchez-vous de moi et écoutez : Depuis le commencement, je n’ai jamais parlé en secret. Quand ces événements sont arrivés, j’étais là. Et maintenant, le Seigneur DIEU m’envoie et il me donne son esprit.

      Esaïe 49

      1 Écoutez-moi, peuples éloignés ! Soyez attentifs, vous qui habitez au loin ! Le SEIGNEUR m’a appelé dès avant ma naissance. J’étais encore dans le ventre de ma mère quand il a dit mon nom.
      2 Il a fait de ma parole une épée coupante. Il m’a caché à l’ombre de sa main. Il a fait de moi une flèche bien aiguisée, il m’a abrité dans son sac de flèches.
      3 Il m’a dit : « Israël, tu es mon serviteur. Par toi, je montrerai ma gloire. »
      4 Moi, je me suis dit : « Je me suis donné du mal pour rien, je me suis fatigué inutilement, sans résultat. » Pourtant, le SEIGNEUR me fera justice, il garde en réserve ma récompense.
      5 Et maintenant, le SEIGNEUR a parlé. Il m’a formé dès avant ma naissance pour que je sois son serviteur. Il veut que je ramène vers lui les enfants de Jacob, que je rassemble le peuple d’Israël. Le SEIGNEUR tient à moi, et ma force, c’est mon Dieu.
      6 Il m’a dit : « Tu es à mon service pour relever les tribus d’Israël et pour ramener ceux qui sont restés en vie dans le peuple de Jacob. Mais ce n’est pas tout. Je vais faire de toi la lumière des autres peuples pour que mon salut arrive jusqu’au bout du monde. »
      7 Le SEIGNEUR, le libérateur d’Israël, son Dieu saint, parle. Voici ce qu’il te dit, à toi qui es méprisé par les gens, détesté de tous, à toi qui es l’esclave des dictateurs : « Quand les rois te verront, ils se lèveront de leur siège. Quand les chefs t’apercevront, ils se mettront à genoux devant toi. » Cela arrivera à cause du SEIGNEUR, qui est fidèle, à cause du Dieu saint d’Israël qui t’a choisi.
      8 Le SEIGNEUR dit : « Au bon moment, je t’ai répondu. Quand le jour du salut est arrivé, je suis venu à ton secours. C’est moi qui t’ai formé. En toi je réalise mon alliance avec le peuple. Je vais relever le pays d’Israël, je vais de nouveau distribuer les parts de cette terre maintenant détruite.
      9 Je dis aux prisonniers, à ceux qui vivent dans le noir : “Sortez, venez à la lumière !” Ils trouveront de la nourriture le long de la route, ils pourront manger sur toutes les collines.
      10 Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif. Ils ne souffriront plus du vent brûlant du désert ni du soleil. En effet, avec tendresse, je les conduirai, je les mènerai au bord de sources fraîches.
      11 Je changerai tous les chemins de montagne en chemins faciles, je referai les routes.
      12 Les voici ! Ils reviennent de loin : les uns du nord, les autres de l’ouest, d’autres du sud, de l’Égypte. »
      13 Ciel, applaudis ! Et toi, terre, réjouis-toi ! Montagnes, criez de joie ! Le SEIGNEUR redonne de l’espoir à son peuple, il a pitié des malheureux.
      14 Sion disait : « Le SEIGNEUR m’a abandonnée, mon maître m’a oubliée. »
      15 Mais le SEIGNEUR répond : « Est-ce qu’une femme oublie le bébé qu’elle allaite ? Est-ce qu’elle cesse de montrer sa tendresse à l’enfant qu’elle a porté ? Même si elle l’oubliait, moi je ne t’oublierai jamais.
      16 Vois, j’ai écrit ton nom sur la paume de mes mains. Je pense sans arrêt à tes murs de défense.
      17 « Jérusalem, ceux qui vont te reconstruire se dépêchent d’arriver, ceux qui t’ont détruite et écrasée vont s’en aller.
      18 Lève les yeux et regarde autour de toi : tous tes enfants se rassemblent, ils viennent à toi. Je le déclare, moi le SEIGNEUR : Aussi vrai que je suis vivant, ils seront pour toi comme un collier de perles, comme la ceinture qu’une fiancée se met autour de la taille.
      19 Tu vis parmi les ruines, tes quartiers sont détruits, ton pays est un désert. Mais il sera bientôt trop petit pour ses habitants, et ceux qui détruisaient ta vie partiront loin de toi.
      20 Tu étais comme une femme sans enfants. Mais un jour, tes enfants te diront : “Je suis à l’étroit. Fais-moi de la place pour que je vive ici.”
      21 Et tu te poseras cette question : “Qui m’a donné tous ces enfants ? Je n’avais pas d’enfants, et je ne pouvais pas en avoir. J’étais exilée et abandonnée. Ceux-là, qui donc les a élevés ? Pendant que j’étais seule, où étaient ces enfants ?” »
      22 Voici ce que dit le Seigneur DIEU : « Je vais faire signe aux autres peuples. Je vais dresser un signal pour eux. Jérusalem, ils ramèneront tes fils et tes filles en les portant dans les bras.
      23 Des rois élèveront tes enfants, des filles de rois les nourriront. Ils se mettront à genoux devant toi, le front contre le sol. Ils lècheront la poussière de tes pieds. Alors tu le sauras : je suis le SEIGNEUR, et ceux qui mettent leur espoir en moi ne seront pas déçus. »
      24 Est-ce qu’on peut enlever à un combattant les richesses prises à l’ennemi ? Est-ce qu’on peut arracher un prisonnier aux mains d’un dictateur ?
      25 Le SEIGNEUR répond : « Eh bien, oui, je vais enlever au combattant son prisonnier, je vais arracher au dictateur ses richesses de guerre. Jérusalem, je vais lutter moi-même contre ceux qui t’attaquent, et je sauverai moi-même tes enfants.
      26 J’obligerai ceux qui t’écrasent à manger leur propre chair. Ils boiront leur propre sang et deviendront ivres, comme on devient ivre en buvant du vin nouveau. Alors tout être vivant reconnaîtra ceci : Moi, le SEIGNEUR, je suis ton sauveur, je suis ton libérateur, moi, le Dieu puissant de Jacob. »

      Esaïe 51

      1 Le SEIGNEUR dit : « Écoutez-moi, vous qui avez besoin d’être sauvés, vous qui cherchez à me connaître. Regardez dans quel rocher vous avez été taillés, dans quelle réserve de pierres vous avez été pris.
      2 Regardez Abraham, votre père, et Sara, qui vous a mis au monde. Abraham était sans enfant quand je l’ai appelé. Mais je l’ai béni et j’ai fait de lui le père d’un peuple nombreux. »
      3 Le SEIGNEUR a pitié de Sion, il a pitié de ses ruines. Il va changer cette ville sans habitants en un lieu merveilleux. De cette terre sèche, il va faire un jardin d’Éden. Il y aura là une joie débordante, des chants de louange et de la musique.
      4 Le SEIGNEUR dit : « Vous, mon peuple, écoutez-moi, vous, ma nation, soyez attentifs ! C’est moi qui vais donner la loi, et le droit que j’établis éclairera les peuples.
      5 Le salut que j’apporte est tout proche, la libération arrive. Je vais juger les peuples avec puissance. Les peuples éloignés mettront leur espoir en moi. Ils compteront sur mon pouvoir.
      6 Levez les yeux vers le ciel, regardez en bas sur la terre. Le ciel disparaîtra comme de la fumée, la terre s’usera comme un vêtement, et ses habitants mourront comme des mouches. Mais la libération sera définitive, le salut que j’apporte n’aura pas de fin.
      7 Écoutez-moi, vous qui savez ce qui est juste, vous qui portez ma loi dans votre cœur. N’ayez pas peur des insultes des humains, ne vous laissez pas troubler par leurs moqueries.
      8 Les vers les mangeront comme un vêtement, et les insectes les dévoreront comme de la laine. Mais le salut que j’apporte n’aura pas de fin, et la libération sera pour toutes les générations à venir. »
      9 Réveille-toi, SEIGNEUR, réveille-toi ! Montre ta puissance ! Réveille-toi comme autrefois, comme dans les temps très anciens. C’est bien toi qui as détruit Rahab, qui as transpercé ce dragon de la mer.
      10 C’est toi aussi qui as séché la mer, l’océan immense. Enfin, c’est toi qui as tracé une route au fond de la mer. Et là, tu as fait passer ceux que tu avais libérés.
      11 Ceux que le SEIGNEUR aura délivrés reviendront. Ils arriveront à Sion en criant de joie. Un bonheur sans fin éclairera leur visage, une joie débordante les accompagnera, souffrance et plaintes disparaîtront.
      12 Le SEIGNEUR dit : « C’est moi qui vous redonne de l’espoir. Oui, c’est moi. Mon peuple, pourquoi as-tu peur des êtres humains ? Ils meurent tous, ils finissent comme l’herbe.
      13 Tu oublies le SEIGNEUR. Pourtant, c’est lui qui t’a créé. C’est lui qui a étendu le ciel et qui a fondé la terre. Sans cesse, tu trembles de peur devant la colère du dictateur, comme s’il était prêt à te détruire. Mais où est-elle maintenant, cette colère du dictateur ?
      14 Le prisonnier désespéré va bientôt être libéré. Il ne mourra pas dans sa prison et ne manquera plus de nourriture.
      15 Ton Dieu, c’est moi, le SEIGNEUR. C’est moi qui agite la mer et qui fais gronder les vagues. Mon nom est “le SEIGNEUR de l’univers”.
      16 Je mets en place le ciel, je fonde la terre et je dis à Sion : “Tu es mon peuple. Je mets mes paroles dans ta bouche, je t’abrite à l’ombre de ma main.” »
      17 Réveille-toi, Jérusalem, réveille-toi ! Debout ! Le SEIGNEUR t’a fait boire la coupe de sa colère. Tu l’as bue entièrement, et elle t’a fait tourner la tête.
      18 Parmi tous les enfants que tu as mis au monde, parmi tous ceux que tu as élevés, aucun ne t’a prise par la main pour te guider.
      19 Les malheurs te sont arrivés deux par deux : violence et destruction, famine et guerre. Mais qui va te plaindre ? Qui te redonnera de l’espoir ?
      20 Tes enfants sont étendus par terre à tous les coins de rue. Comme des antilopes prises au piège, ils restent là, sans force, frappés par la colère du SEIGNEUR, par la menace de ton Dieu.
      21 C’est pourquoi, écoute ceci, ville malheureuse : tu es ivre, mais non à cause du vin.
      22 Le SEIGNEUR, ton Maître, ton Dieu, va défendre son peuple. Voici ce qu’il dit : « Je vais reprendre de tes mains la coupe qui fait tourner la tête, la coupe de ma colère. Tu n’en boiras plus jamais.
      23 Je la mettrai dans la main de ceux qui te font souffrir. Ils te disaient : “Mets-toi par terre ! Nous allons marcher sur toi.” Et tu faisais de ton dos un passage, un chemin sur lequel ils marchaient. »

      Esaïe 52

      7 Quelle joie de voir arriver sur les montagnes un messager qui apporte une bonne nouvelle ! Il annonce la paix, le bonheur et le salut. Il te dit, Jérusalem : « Ton Dieu est roi. »

      Esaïe 55

      1 « Vous tous qui avez soif, voici de l’eau, venez ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez ! Achetez à manger, c’est gratuit. Venez, achetez du vin et du lait sans argent.
      3 Tendez l’oreille et venez vers moi. Écoutez, et vous vivrez. » Le SEIGNEUR dit : « Je ferai avec vous une alliance qui durera toujours. Je vous assure pour toujours les bienfaits que j’ai promis à David.
      5 Toi aussi, Israël, tu feras appel à des peuples inconnus, et ces étrangers qui ne te connaissent pas se dépêcheront de venir vers toi. Ils viendront à cause de moi, le SEIGNEUR ton Dieu, le Dieu saint d’Israël, qui veux t’honorer. »
      7 Les gens mauvais doivent abandonner leur conduite. Celui qui fait le mal doit abandonner ses pensées méchantes. Tous doivent revenir vers le SEIGNEUR, car il aura pitié d’eux. Tous doivent revenir vers notre Dieu, car il pardonne généreusement.

      Esaïe 56

      1 Voici ce que le SEIGNEUR dit : « Respectez le droit, faites ce qui est juste. La libération que j’apporte est sur le point d’arriver, vous allez découvrir que je veux vous sauver.
      2 Il est heureux, celui qui fait ce que je dis, qui s’y tient solidement. Il est heureux, celui qui respecte fidèlement le sabbat, qui évite toute action mauvaise. »
      3 L’étranger qui s’est attaché au SEIGNEUR ne doit pas penser : « Le SEIGNEUR va sûrement m’exclure de son peuple. » L’eunuque ne doit pas se dire : « Je ne suis qu’un arbre sec. »
      4 En effet, voici ce que le SEIGNEUR affirme : « Certains eunuques respectent mes sabbats. Ils choisissent de faire ce qui me plaît et s’attachent à mon alliance.
      5 Eh bien, à l’intérieur des murs de mon temple je leur dresserai une pierre pour y graver leur nom. Cela aura plus de valeur pour eux que des fils et des filles. Le nom que je leur donnerai restera pour toujours, il ne sera jamais effacé. »
      6 Certains étrangers sont attachés au SEIGNEUR. Ils l’honorent, ils l’aiment et ils sont ses serviteurs. De ceux-là, le SEIGNEUR dit : « Tous ceux qui respectent fidèlement le sabbat, qui s’attachent à mon alliance,
      7 je les ferai venir sur ma montagne sainte, je les remplirai de joie dans ma maison de prière. J’accepterai les sacrifices et les dons qu’ils m’offrent sur l’autel. Oui, on appellera ma maison “Maison de prière pour tous les peuples”. »
      8 Le Seigneur DIEU, lui qui a rassemblé les exilés d’Israël, déclare : « J’ai déjà rassemblé des gens autour d’eux, et j’en rassemblerai encore d’autres avec eux. »
      9 Vous tous, animaux des champs, et vous, bêtes des forêts, venez manger !
      10 Les gardiens d’Israël sont tous des aveugles, ils ne se rendent compte de rien. Ce sont tous des chiens muets qui ne peuvent même pas aboyer. Ils restent couchés et ils rêvent, ils aiment dormir.
      11 Ce sont aussi des chiens qui dévorent tout, qui n’ont jamais assez mangé. Pourtant, ils sont les bergers de mon peuple ! Ils ne comprennent rien. Ils font seulement ce qui leur plaît, chacun, sans exception, ne cherche que son intérêt.
      12 Ils disent : « Venez, nous allons chercher du vin. Nous boirons des boissons fortes. Demain, ce sera comme aujourd’hui : il reste beaucoup de vin. »

      Esaïe 58

      3 Pourtant, ils me disent : “Pourquoi jeûner si tu ne le vois pas ? Pourquoi nous faire petits si tu ne le remarques pas ?” Alors je réponds : Le jour où vous jeûnez, vous vous occupez aussi de vos affaires, et vous agissez durement avec vos ouvriers.
      8 Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et ta plaie se fermera vite. Tes bonnes actions marcheront devant toi, et la gloire du SEIGNEUR fermera la marche derrière toi.
      11 Le SEIGNEUR sera toujours ton guide. Même en plein désert, il te donnera à manger et te rendra des forces. Tu seras comme un jardin bien arrosé, comme une source qui coule toujours.

      Esaïe 60

      1 Debout, Jérusalem ! Brille avec éclat : en effet, ta lumière arrive, la gloire du SEIGNEUR se lève sur toi !
      2 Regarde : la nuit couvre la terre, un brouillard enveloppe les peuples. Mais sur toi, le SEIGNEUR se lève et sa gloire brille sur toi.
      3 Les autres peuples marchent vers ta lumière, et les rois se dirigent vers la clarté qui s’est levée sur toi.
      4 Lève les yeux et regarde autour de toi ! Tous se rassemblent et viennent vers toi. Tes fils arrivent de loin, tes filles sont portées dans les bras.
      5 En voyant cela, tu brilleras de joie, ton cœur battra de bonheur. En effet, les richesses de la mer arriveront chez toi, les trésors des autres peuples parviendront jusqu’à toi, Jérusalem.
      6 Des troupeaux de chameaux te couvriront, de jeunes chameaux de Madian et d’Éfa. Ils viendront tous de Saba. Ils apporteront de l’or et de l’encens et ils chanteront devant tous la louange du SEIGNEUR.
      7 Le SEIGNEUR dit : « Les troupeaux de Quédar se rassembleront chez toi. Tu pourras utiliser les béliers de Nebayoth pour tes cérémonies. On les présentera sur mon autel, et ce sacrifice me plaira. J’honorerai ainsi la beauté de mon temple.
      8 « Qui sont-ils, tous ces gens qui volent comme un nuage, qui ressemblent à des colombes rentrant dans leurs nids ?
      9 Les pays éloignés m’attendent avec espoir. Les grands bateaux avancent en tête pour ramener tes enfants de très loin, avec leur argent et leur or. Ils viennent me rendre gloire, à moi, ton Dieu, le Dieu saint d’Israël qui te fais cet honneur. »
      10 Le SEIGNEUR dit à Jérusalem : « Des étrangers reconstruiront tes murs, leurs rois seront à ton service. Dans ma colère, je t’avais frappée, mais dans ma bonté, je te montre mon amour.
      11 Tes portes seront toujours ouvertes. On ne les fermera ni le jour ni la nuit. Alors on fera entrer chez toi les richesses des autres peuples, ainsi que leurs rois, l’un après l’autre.
      12 « Le peuple ou le royaume qui refusera de te servir disparaîtra. Ces peuples-là seront complètement détruits.
      13 « Les beaux arbres qui font la fierté du Liban, les différents bois de construction arriveront chez toi, Jérusalem. Ils feront la beauté de mon lieu saint. Ainsi, je rendrai glorieux l’endroit où je suis présent.
      14 Ceux qui t’ont fait souffrir durement s’approcheront de toi en baissant la tête, tous ceux qui t’ont méprisée se mettront à genoux à tes pieds. Ils t’appelleront “la Ville du SEIGNEUR”, “la Sion du Dieu saint d’Israël”.
      15 « Tu étais abandonnée, on te détestait, et personne ne passait chez toi. Maintenant, je te rendrai magnifique pour qu’on se réjouisse à cause de toi de génération en génération.
      16 Tu te nourriras du lait des autres peuples, tu mangeras les richesses de leurs rois. Alors tu reconnaîtras ceci : ton Sauveur, c’est moi, le SEIGNEUR. Ton libérateur, c’est le Dieu puissant de Jacob.
      17 À la place du bronze, je ferai venir de l’or, à la place du fer, je ferai venir de l’argent. À la place du bois, je ferai venir du bronze, à la place des pierres, je ferai venir du fer. Grâce à moi, c’est la paix qui vous dirigera, c’est la justice qui vous gouvernera.
      18 On n’entendra plus parler de violence dans ton pays, ni de destruction et de ruines à l’intérieur de tes frontières. Le nom de tes murs de défense sera “Salut”. Le nom de tes portes sera “Louange”.
      19 « Pour être éclairée, tu n’auras plus besoin du soleil pendant le jour, ni de la lune pendant la nuit. Moi, le SEIGNEUR ton Dieu, je serai pour toi une lumière sans fin et je t’éclairerai de toute ma clarté.
      20 Ton soleil ne se couchera plus, ta lune ne disparaîtra plus. Oui, moi, le SEIGNEUR, je serai pour toi une lumière sans fin. La période de ton deuil sera terminée.
      21 « Tous tes habitants m’obéiront, ils posséderont ce pays pour toujours. Je les ai créés avec mes mains pour qu’ils montrent ma gloire. Ils sont comme des plantes que j’ai mises en terre moi-même.
      22 Parmi eux, le plus petit donnera naissance à mille personnes, le plus faible deviendra un peuple puissant. Moi, le SEIGNEUR, je ferai cela très vite, quand ce sera le moment. »

      Esaïe 65

      17 En effet, je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle. Personne ne se souviendra plus du passé, on n’y pensera plus du tout.
      22 Ils ne bâtiront plus de maisons pour que d’autres y habitent à leur place, ils ne planteront plus de vignes pour que d’autres en mangent le raisin. En effet, les gens de mon peuple vivront aussi vieux que les arbres. Ceux que j’ai choisis pourront profiter du travail qu’ils ont fait.
      25 Le loup et l’agneau mangeront ensemble, le lion mangera de l’herbe sèche comme le bœuf. Le serpent se nourrira de poussière. Il n’y aura plus ni mal ni violence sur toute ma montagne sainte. C’est moi, le SEIGNEUR, qui le dis. »

      Esaïe 66

      1 Voici ce que le SEIGNEUR dit : « Le ciel est mon siège royal, et la terre est le lieu où je pose les pieds. Quelle maison est-ce que vous pouvez me bâtir ? Quel est le lieu où je peux habiter ?

      Jérémie 1

      4 Voici les paroles que le SEIGNEUR m’a adressées :
      6 J’ai répondu : « Hélas ! Seigneur DIEU, je ne sais pas parler, je suis trop jeune. »
      10 Tu vois, aujourd’hui, je te confie une mission auprès des peuples et des royaumes. Tu vas arracher et abattre, détruire et démolir, construire et planter. »
      18 À partir d’aujourd’hui, je te rends fort comme une ville bien protégée. Tu seras comme un pilier de fer, comme un mur de bronze devant tout le pays, devant les rois de Juda, les ministres, les prêtres et les habitants du pays.
      19 Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi. En effet, je suis avec toi pour te délivrer. Voilà ce que je déclare, moi, le SEIGNEUR. »

      Jérémie 3

      9 Elle a commis l’adultère avec les dieux de pierre et de bois et, en se prostituant honteusement, elle a rendu le pays impur.

      Jérémie 4

      3 Voici ce que le SEIGNEUR dit aux gens de Juda et de Jérusalem : « Défrichez pour vous un champ nouveau, ne semez plus parmi les épines !
      13 « Voici les ennemis : ils avancent comme des nuages d’orage. Leurs chars sont rapides comme la tempête, leurs chevaux vont plus vite que les aigles. Quel malheur ! Nous sommes perdus ! »

      Jérémie 5

      1 « Allez partout dans les rues de Jérusalem. Regardez bien, renseignez-vous, cherchez sur les places. Si vous trouvez une personne qui respecte le droit, qui cherche à dire la vérité, alors je pardonnerai à Jérusalem. »
      13 Les prophètes ne sont que du vent ! Dieu ne leur a pas adressé sa parole. Les malheurs qu’ils annoncent, qu’ils retombent sur eux ! »

      Jérémie 6

      6 Voici ce que dit le SEIGNEUR de l’univers : « Abattez des arbres pour bâtir un mur d’attaque contre Jérusalem. » Chez elle, il n’y a que du mal, c’est prouvé.
      9 Voici ce que dit le SEIGNEUR de l’univers : « Ramassez tous ceux qui sont restés en vie en Israël, comme on ramasse toutes les grappes de raisin dans une vigne. Repassez plusieurs fois votre main le long des branches de la vigne, comme le propriétaire à la récolte. »
      11 Je suis rempli de la colère du SEIGNEUR, je ne peux plus la retenir. c. Le Seigneur « Répands donc cette colère sur les enfants dans les rues et sur l’ensemble des jeunes gens. Tous seront faits prisonniers, hommes et femmes, vieux et très vieux.

      Jérémie 7

      1 Voici les paroles que le SEIGNEUR a adressées à Jérémie :
      2 Mets-toi à l’entrée du temple de Jérusalem. Là, tu annonceras le message suivant : « Écoutez la parole du SEIGNEUR, gens de Juda, vous qui passez par cette porte pour venir m’adorer.
      3 Voici ce que le SEIGNEUR de l’univers, Dieu d’Israël, vous fait dire : Améliorez votre façon de vivre et d’agir. Alors je vous laisserai habiter dans ce pays.
      4 Vous dites : “C’est ici le temple du SEIGNEUR, le temple du SEIGNEUR, le temple du SEIGNEUR.” Ne mettez pas votre confiance dans ces paroles trompeuses.
      5 Améliorez plutôt votre façon de vivre et d’agir. Dans vos rapports les uns avec les autres, respectez le droit.
      6 N’écrasez pas par l’injustice les étrangers, les orphelins ou les veuves. Arrêtez de tuer ici même des innocents. Ne suivez plus d’autres dieux, qui font votre malheur.
      7 Alors je vous laisserai habiter ici, dans le pays que j’ai donné à vos ancêtres depuis toujours et pour toujours.
      8 « Mais vous mettez votre confiance dans des paroles trompeuses qui ne valent rien.
      9 Quoi ! Vous volez, vous tuez, vous commettez des adultères, vous faites des serments faux, vous offrez des sacrifices à Baal, vous suivez des dieux étrangers que vous ne connaissez pas.
      10 Ensuite, vous venez vous présenter devant moi, dans ce temple qui m’est consacré, et vous dites : “Nous sommes sauvés !” Et cela, pour continuer à faire des choses horribles !
      11 Ce temple qui m’est consacré, est-ce que vous le prenez pour un abri de voleurs ? En tout cas, c’est ce que je vois. Moi, le SEIGNEUR, je le déclare.
      12 « Allez donc au lieu saint que j’avais à Silo. Autrefois, j’habitais là. Voyez ce que j’en ai fait, à cause de la méchanceté d’Israël, mon peuple.
      13 Eh bien, moi, le SEIGNEUR, je le déclare : vous avez agi aussi mal que lui. J’ai passé mon temps à vous avertir, et vous n’avez pas écouté. Je vous ai appelés, et vous n’avez pas répondu.
      14 Vous mettez votre confiance dans ce temple. Il m’est consacré, et je vous l’ai donné, à vous et à vos ancêtres. Eh bien, je vais le traiter comme j’ai traité le lieu saint de Silo.
      15 Et vous, je vous rejetterai loin de moi comme j’ai rejeté vos frères, les gens d’Éfraïm. »
      16 « Toi, Jérémie, ne me demande rien pour ce peuple. Ne fais monter vers moi aucune prière, aucun cri en leur faveur. N’insiste pas auprès de moi, je ne t’écouterai pas.
      17 Tu ne vois donc pas ce qu’ils font dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem ?
      18 Les enfants ramassent du bois, les pères allument le feu, les femmes préparent la pâte et font des gâteaux pour la Reine du ciel. Puis ils me mettent en colère en offrant du vin à des dieux étrangers. »
      19 Le SEIGNEUR déclare : « Est-ce à moi qu’ils font du mal ? Non, c’est à eux-mêmes, et ils devraient avoir honte. »
      20 C’est pourquoi, voici ce que dit le Seigneur DIEU : « Je vais répandre ma violente colère sur cette ville, sur les êtres humains et sur les animaux, sur les arbres des champs et sur les produits du sol. Elle sera comme un feu qui ne s’éteint pas. »
      21 Le SEIGNEUR de l’univers, Dieu d’Israël, dit : « Ajoutez vos animaux offerts en sacrifices complets à ceux de vos sacrifices ordinaires, et mangez toute la viande vous-mêmes !
      22 Quand j’ai fait sortir d’Égypte vos ancêtres, je ne leur ai rien dit. Je ne leur ai pas demandé des sacrifices complets ni d’autres sacrifices.
      23 Je leur ai seulement donné cet ordre : “Écoutez-moi, alors je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple. Suivez exactement le chemin que je vous montre, et tout ira bien pour vous.”
      24 Mais ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas tendu l’oreille. Ils ont décidé de suivre leurs intentions mauvaises. Au lieu de regarder vers moi, ils m’ont tourné le dos.
      25 Depuis le jour où vos ancêtres sont sortis d’Égypte jusqu’à aujourd’hui, j’ai passé mon temps à vous envoyer mes serviteurs les prophètes, jour après jour.
      26 Mais vous ne m’avez pas écouté. Vous n’avez pas tendu l’oreille. Vous avez la tête dure, vous avez été plus mauvais que vos ancêtres ! »
      27 « Toi, Jérémie, tu vas leur dire tout cela, mais ils ne t’écouteront pas. Tu les appelleras, mais ils ne répondront pas.
      28 Alors tu leur diras : “Vous êtes le peuple qui n’écoute pas les paroles du SEIGNEUR, son Dieu, qui refuse ses avertissements. Chez vous, la fidélité est morte, personne n’en parle plus !” »
      29 Le SEIGNEUR dit : « Peuple de Juda, coupe tes longs cheveux qui montrent que tu m’es consacré. Jette-les. Sur les collines nues, chante des chants de deuil. Tu es une génération qui m’a mis en colère. Je ne veux donc plus de toi, je te rejette. »
      30 Le SEIGNEUR déclare : « Oui, les gens de Juda ont fait ce qui est mal à mes yeux. Ils ont placé leurs statues horribles dans le temple qui m’est consacré et ils l’ont rendu impur.
      31 Dans la vallée de Hinnom, ils ont installé un lieu sacré, le Tofeth. Et là, ils brûlent en sacrifice leurs fils et leurs filles. Je n’ai pourtant pas commandé cela et je n’y ai jamais pensé. »
      32 Le SEIGNEUR déclare : « Le jour vient où on n’appellera plus cet endroit “le Tofeth”, ou “la vallée de Hinnom”, mais “la vallée du massacre”. C’est là qu’on enterrera les morts, parce qu’il n’y aura pas de place ailleurs.
      33 Les charognards et les chacals dévoreront les corps de ces gens-là, et personne ne les chassera.
      34 Dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem, je ferai taire les bruits de fête, les cris de joie et les chants des jeunes mariés. En effet, ce pays deviendra un tas de ruines. »

      Jérémie 8

      7 Même une cigogne dans le ciel connaît le moment où elle doit partir. La tourterelle, l’hirondelle et la grive, tous ces oiseaux savent quand ils doivent revenir. Mais mon peuple ne connaît pas les règles que j’ai établies.” »
      8 Vous dites : « Nous sommes des sages, c’est nous qui possédons la loi du SEIGNEUR. » Mais comment pouvez-vous dire cela ? En effet, les spécialistes de la loi sont des menteurs qui tordent son sens.
      9 Ces sages rejettent la parole du SEIGNEUR. Alors, à quoi sert leur sagesse ? Ils sont couverts de honte. Ils ont peur, ils sont pris au piège.
      10 Le SEIGNEUR dit : « Eh bien, je vais donner leurs femmes à d’autres, et leurs champs à ceux qui les prendront. Voici pourquoi : Du plus petit au plus grand, tous ne cherchent qu’à gagner quelque chose. Depuis le prophète jusqu’au prêtre, tous sont malhonnêtes.
      16 Déjà, l’ennemi est à Dan, au nord. On entend le souffle puissant de ses chevaux depuis cette ville. Toute la terre tremble au bruit qu’ils font. Ils viennent pour dévorer le pays et ce qu’il contient, la ville et ses habitants. »
      18 Rien ne peut guérir mon chagrin, mon cœur souffre en moi.

      Jérémie 9

      1 Ah ! je voudrais être au désert, là où les voyageurs s’arrêtent. Je laisserais mon peuple et je m’en irais loin de lui. C’est une bande de traîtres, ils sont tous adultères.
      2 Le SEIGNEUR déclare : « Leur langue est aussi dangereuse qu’un arc. Ils sont devenus maîtres du pays non pas grâce à la vérité, mais grâce au mensonge. Oui, ils vont de crime en crime, mais ils ne me connaissent pas.
      3 Chacun doit se méfier de son ami. Personne ne doit faire confiance à son frère. Tout frère est un trompeur. Comme Jacob, il vous trompera sûrement. Même un ami ne fait que dire des choses fausses sur vous.
      4 Chacun trompe son prochain. Personne ne dit la vérité, tous ont pris l’habitude de mentir. Ils agissent si mal qu’ils ne peuvent pas revenir vers moi.
      5 Ils passent d’un acte violent à un autre acte violent, d’un mensonge à un autre mensonge. Ils refusent de me connaître. Moi, le SEIGNEUR, je le déclare. »
      6 C’est pourquoi, voici ce que dit le SEIGNEUR de l’univers : « Je vais les purifier par le feu et je verrai ce qu’ils valent. Qu’est-ce que je peux faire d’autre devant les fautes de mon peuple ?
      7 La langue de ces gens-là est comme une flèche qui tue. Leur bouche dit des mensonges. Ils parlent gentiment à leur prochain, mais dans leur cœur, ils lui tendent un piège. »
      8 Le SEIGNEUR déclare : « Est-ce que je ne dois pas agir contre eux ? Est-ce que je ne dois pas me venger d’un peuple comme celui-là ? »
      9 Sur les montagnes, je pleure et je me plains. Je chante un chant de deuil sur les pâturages du pays. En effet, tout est brûlé, plus personne ne passe. On n’entend plus le bruit des troupeaux. Tous ont fui, les oiseaux et tous les autres animaux. Il ne reste plus rien.
      10 Le SEIGNEUR dit : « Je vais faire de Jérusalem un tas de pierres, un abri pour les chacals. Je vais transformer les villes de Juda en un désert de tristesse, où personne n’habite. »
      11 Est-ce qu’il existe un homme assez sage pour comprendre ces choses ? Si le SEIGNEUR lui a parlé, qu’il explique pourquoi le pays est détruit, pourquoi il est brûlé comme le désert où personne ne passe.
      12 Le SEIGNEUR dit encore : « C’est parce qu’ils ont abandonné l’enseignement que je leur ai donné. Ils ne m’ont pas écouté, ils ne m’ont pas suivi.
      13 Ils ont suivi seulement leurs propres intentions. Leurs parents leur avaient fait connaître les Baals, et ils ont suivi ces dieux.
      14 Eh bien, voici ce que je dis, moi, le SEIGNEUR de l’univers, Dieu d’Israël : je vais donner à ce peuple une plante amère à manger et de l’eau empoisonnée à boire.
      15 Je vais les faire partir de tous côtés parmi des peuples qu’ils ne connaissent pas, ni eux ni leurs parents. Et j’enverrai la guerre derrière eux pour les supprimer totalement. »
      16 Voici le message du SEIGNEUR de l’univers : « Pensez à appeler les pleureuses, faites-les venir. Envoyez chercher les meilleures. »
      17 « Vite, qu’elles chantent sur nous une plainte ! Que nos yeux débordent de larmes, que l’eau inonde nos paupières ! »
      18 Oui, on entend chanter une plainte du côté de Jérusalem : « Hélas, nous sommes détruits, couverts de honte ! Nous devons quitter notre pays, car nos maisons sont démolies. »
      19 Vous, les femmes, écoutez donc ces paroles du SEIGNEUR. Ouvrez vos oreilles à ce qu’il dit. Apprenez à vos filles ce chant de deuil, que chacune enseigne à sa voisine cette plainte chantée :
      20 « La mort monte par nos fenêtres, elle entre dans nos belles maisons. Elle emporte les enfants dans les rues et les jeunes sur les places. »
      21 « Toi, Jérémie, dis encore ce que je déclare, moi, le SEIGNEUR : “Les morts sont étendus par terre comme du fumier sur les champs. Ils ressemblent aux épis coupés, abandonnés derrière ceux qui récoltent. Personne ne les ramasse.” »
      22 Voici ce que le SEIGNEUR dit : « Le sage ne doit pas se vanter de sa sagesse, l’homme courageux ne doit pas se vanter de son courage, le riche ne doit pas se vanter de sa richesse.
      23 Si quelqu’un veut se vanter, qu’il se vante d’être assez intelligent pour me connaître. En effet, moi, le SEIGNEUR, je travaille pour établir la bonté, le droit et la justice sur la terre. Oui, c’est cela qui me plaît. » Voilà ce que le SEIGNEUR déclare.
      24 Le SEIGNEUR déclare : « Le jour vient où j’agirai contre tous ceux qui sont uniquement circoncis dans leur corps :
      25 les Égyptiens, Judéens, Édomites, Ammonites, Moabites, et les habitants du désert, qui se rasent le visage sur les côtés. En effet, tous ces peuples ne sont pas vraiment circoncis, et les Israélites eux-mêmes ne sont pas circoncis pour moi, le SEIGNEUR. »

      Jérémie 10

      10 Mais le SEIGNEUR est un Dieu véritable, il est le Dieu vivant, roi pour toujours. Quand il se met en colère, la terre tremble, et les peuples ne peuvent rien faire.
      17 Jérusalem, toi qui es attaquée, ramasse tes bagages par terre.
      18 En effet, voici ce que le SEIGNEUR dit : « Cette fois, je jetterai au loin les habitants du pays, comme la pierre d’une fronde. Et je veillerai de très près à les faire arriver au but. »
      19 « Hélas, quelle catastrophe pour moi ! Ma blessure ne peut pas guérir. Je me disais : ma souffrance est légère, je peux la supporter.
      20 Mais ma tente est détruite, toutes ses cordes sont arrachées. Mes enfants m’ont quittée, ils sont partis. Il n’y a plus personne pour remonter ma tente, pour tendre ma toile. »
      21 Cela est arrivé à cause des chefs. Ils ont été stupides, ils n’ont pas cherché le SEIGNEUR. C’est pourquoi ils n’ont pas réussi, et tous ceux qu’ils dirigeaient sont partis de tous côtés.
      22 Écoutez le bruit qui approche. C’est un grand bouleversement qui vient du nord. Il va faire des villes de Juda un désert de tristesse, un abri pour les chacals.
      23 SEIGNEUR, je le sais, les humains ne sont pas maîtres de leur vie. Celui qui marche n’est pas capable d’assurer ses pas.
      24 Corrige-moi, SEIGNEUR, mais avec mesure. Ne te fâche pas, sinon tu me briseras.
      25 Mets-toi plutôt en colère contre les peuples qui ne te connaissent pas, contre les gens qui ne font pas appel à toi. En effet, ils ont dévoré ton peuple, ils l’ont dévoré complètement, ils ont détruit son pays.

      Jérémie 11

      1 Voici les paroles que le SEIGNEUR a adressées à Jérémie :
      2 « Respectez les paroles de mon alliance avec vous. Tu parleras aux gens de Juda et aux habitants de Jérusalem.
      3 Tu leur diras : “Voici ce que dit le SEIGNEUR, Dieu d’Israël : celui qui ne respecte pas les paroles de cette alliance, qu’il soit maudit !
      4 Autrefois, j’ai fait sortir vos ancêtres d’Égypte, de ce feu à fondre le fer. À ce moment-là, je leur ai déjà proposé cette alliance. Je leur ai dit : Écoutez mes paroles, obéissez-leur comme je vous le commande. Alors vous serez mon peuple, et moi, je serai votre Dieu.
      6 Le SEIGNEUR m’a encore dit : « Annonce ce message dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem : “Respectez les paroles de cette alliance et obéissez-leur.

      Jérémie 13

      9 « Voici ce que je dis, moi, le SEIGNEUR : C’est ainsi que je ferai pourrir l’orgueil de Juda, le grand orgueil de Jérusalem.
      17 Si vous n’écoutez pas cet avertissement, je pleurerai en secret à cause de votre orgueil. Mes yeux déborderont de larmes, parce que le troupeau du SEIGNEUR part en déportation.
      23 « Est-ce qu’un Éthiopien peut changer la couleur de sa peau ? Est-ce qu’un léopard peut enlever ses taches ? Non ! Et vous qui avez l’habitude d’agir mal, vous ne pouvez pas agir bien.

      Jérémie 14

      14 Le SEIGNEUR m’a répondu : « Ces prophètes disent qu’ils parlent de ma part. C’est un mensonge. Je ne les ai pas envoyés, je ne leur ai rien commandé, je ne leur ai pas parlé. Leurs visions sont des mensonges, ce qu’ils annoncent ne vaut rien, ils l’inventent eux-mêmes.
      17 « Voici ce que tu leur diras : Si seulement mes yeux débordaient de larmes, sans arrêt, de jour et de nuit ! Oui, une véritable catastrophe a frappé mon pauvre peuple. Sa blessure ne peut vraiment pas guérir.

      Jérémie 15

      4 Ainsi, tous les royaumes de la terre trembleront de peur en les voyant. C’est le résultat du mal que Manassé, fils d’Ézékias et roi de Juda, a commis à Jérusalem. »
      18 Ma souffrance est sans fin. Pourquoi ? Ma blessure ne peut pas être guérie, elle ne veut pas se fermer. Pourquoi donc ? Vraiment, tu es devenu pour moi comme un ruisseau tantôt plein d’eau, tantôt sec, et sur lequel on ne peut pas compter.

      Jérémie 17

      16 Moi, je ne t’ai pas obligé à provoquer le malheur, SEIGNEUR. Je n’ai pas souhaité le jour de la catastrophe, toi, tu le sais bien. Ce que j’ai dit, je l’ai dit en ta présence.

      Jérémie 20

      7 SEIGNEUR, tu m’as trompé, et je me suis laissé tromper. Tu m’as pris de force et tu as été le plus fort. Chaque jour, les gens rient de moi, tout le monde se moque de moi.
      13 Chantez la louange du SEIGNEUR ! Oui, il a arraché le malheureux aux mains des gens méchants.

      Jérémie 21

      10 Le SEIGNEUR déclare : Oui, je vais me tourner contre Jérusalem pour lui faire du mal et non du bien. Cette ville sera livrée au roi de Babylone, et celui-ci y mettra le feu. »

      Jérémie 23

      9 Voici des paroles sur les prophètes : Mon cœur est brisé, je tremble de tout mon corps. Je suis comme quelqu’un qui a trop bu, comme un homme possédé par le vin. C’est à cause du SEIGNEUR, le Dieu saint, et à cause de ce qu’il m’a dit :

      Jérémie 25

      9 j’envoie chercher tous les peuples du nord, je vais appeler mon serviteur, Nabucodonosor, le roi de Babylone. Je vais les faire venir contre ce pays, contre ses habitants et contre les pays voisins. Je vous détruirai tous, eux et vous. Je ferai de ce pays un lieu horrible, un tas de ruines pour toujours. Les gens pousseront des cris d’horreur, je le déclare, moi, le SEIGNEUR.

      Jérémie 26

      1 Yoaquim, fils de Josias, était roi de Juda depuis peu de temps. Le SEIGNEUR a adressé sa parole à Jérémie en disant :
      2 « Voici ce que je dis, moi, le SEIGNEUR : Va te placer dans la cour du temple. Tu parleras à tous ceux qui viennent des villes de Juda pour m’adorer dans mon temple. Tu leur diras toutes les paroles que je te commanderai. N’en supprime pas un mot !
      3 Ils t’écouteront peut-être, et chacun abandonnera peut-être sa mauvaise façon de vivre. J’ai l’intention de leur envoyer le malheur à cause du mal qu’ils commettent. Mais s’ils écoutent, je changerai d’avis.
      4 Tu leur diras donc : Voici les paroles du SEIGNEUR : “Écoutez-moi. Suivez les enseignements que je vous ai donnés.
      5 Écoutez les paroles de mes serviteurs les prophètes. J’ai passé mon temps à vous en envoyer, mais vous ne les avez pas écoutés.
      6 Si vous n’écoutez pas, je détruirai ce temple comme j’ai détruit celui de Silo. Et parmi tous les peuples de la terre, je ferai de Jérusalem l’exemple qu’on prendra pour lancer une malédiction.” »
      7 Les prêtres, les prophètes et tout le peuple entendaient Jérémie dire ces paroles dans la cour du temple.
      8 Jérémie finissait d’annoncer à tous ce que le SEIGNEUR lui avait commandé. Alors les prêtres, les prophètes et tout le peuple l’ont saisi en disant : « Tu mérites la mort !
      9 Tu oses annoncer de la part du SEIGNEUR : “Ce temple sera détruit comme celui de Silo ! Jérusalem va être détruite et vidée de ses habitants !” » Tous ceux qui étaient au temple se sont rassemblés contre Jérémie.
      10 Quand les ministres de Juda ont appris ce qui se passait, ils sont montés du palais au temple. Puis ils se sont réunis à l’entrée de la porte Neuve du temple.
      11 Les prêtres et les prophètes ont dit aux ministres et à tout le peuple : « Cet homme mérite la mort ! En effet, il a parlé contre Jérusalem. Vous l’avez entendu de vos propres oreilles ! »
      12 Mais Jérémie a dit aux ministres et à tout le peuple : « C’est le SEIGNEUR qui m’a envoyé annoncer contre ce temple et contre Jérusalem tout ce que vous venez d’entendre.
      13 Maintenant, améliorez vos façons d’agir. Écoutez l’appel du SEIGNEUR votre Dieu. Alors il changera d’avis. Il ne vous enverra pas le malheur qu’il a annoncé.
      14 Moi, je suis entre vos mains. Faites de moi ce qui vous semblera bon et juste.
      15 Mais vous devez savoir une chose : si vous me faites mourir, vous, Jérusalem et tous ses habitants, vous serez responsables de la mort d’un innocent. En effet, le SEIGNEUR m’a vraiment envoyé pour vous faire entendre toutes ces paroles. »
      16 Alors les ministres et tout le peuple ont dit aux prêtres et aux prophètes : « Cet homme ne mérite pas la mort. Oui, c’est vraiment de la part du SEIGNEUR notre Dieu qu’il nous a parlé. »
      17 Ensuite, quelques hommes du conseil des Anciens se sont levés. Ils ont dit à toute l’assemblée du peuple :
      18 « Quand Ézékias était roi de Juda, il y avait un prophète, Michée de Morécheth. Il a dit à tout le peuple de Juda : Voici un message du SEIGNEUR de l’univers : “Sion deviendra un champ labouré, oui, Jérusalem sera en ruine. Et la montagne du temple sera couverte de buissons d’épines.”
      19 Est-ce que le roi Ézékias et les gens de Juda ont fait mourir le prophète Michée pour cela ? – Non, mais ils ont montré un grand respect envers le SEIGNEUR, et ils ont cherché à lui plaire. Alors le SEIGNEUR a changé d’avis, et il n’a pas fait venir sur eux le malheur qu’il avait annoncé. Mais nous, si nous condamnons cet homme, nous nous ferons beaucoup de mal à nous-mêmes. »
      20 À cette époque, il y avait un autre prophète qui parlait de la part du SEIGNEUR. C’était Ouria, fils de Chemaya, de la ville de Quiriath-Yéarim. Il parlait de la part du SEIGNEUR contre Jérusalem et contre le peuple de Juda, exactement comme Jérémie.
      21 Le roi Yoaquim, tous ses officiers et ses ministres ont appris ce qu’Ouria avait dit. Alors le roi a cherché à le faire mourir. Quand Ouria a appris cela, il a eu peur et il a fui en Égypte.
      22 Le roi Yoaquim a envoyé en Égypte Elnatan, fils d’Akbor, avec quelques hommes.
      23 Ils ont ramené Ouria d’Égypte et l’ont conduit au roi. Yoaquim l’a fait tuer, et son corps a été jeté dans la fosse commune.
      24 Mais Jérémie était protégé par Ahicam, fils de Chafan. Grâce à lui, Jérémie n’est pas tombé entre les mains du peuple qui voulait le faire mourir.

      Jérémie 27

      2 Prépare des bandes de cuir et des barres de bois pour fabriquer des jougs. Puis mets-les sur ton cou.

      Jérémie 28

      9 Mais quand un prophète annonce la paix, comment savoir si c’est vraiment le SEIGNEUR qui l’envoie ? Eh bien, on le saura quand ses paroles se réaliseront. »
      10 Alors le prophète Hanania a pris le joug que le prophète Jérémie portait sur son cou, et il l’a cassé.

      Jérémie 31

      3 Le peuple disait : “De loin, le SEIGNEUR s’est montré à moi.” Et je lui ai répondu : “Je t’aime depuis toujours et pour toujours. C’est pourquoi je reste profondément attaché à toi.
      29 Alors personne ne répétera plus ce proverbe : “Les parents ont mangé des fruits verts, mais ce sont les enfants qui ont mal aux dents.”
      31 Le SEIGNEUR déclare : « Dans peu de temps, je vais établir une nouvelle alliance avec le peuple d’Israël et le peuple de Juda.
      32 Elle sera différente de l’alliance que j’ai établie avec leurs ancêtres, quand je les ai pris par la main pour les faire sortir d’Égypte. Cette alliance, ils l’ont brisée, et pourtant, j’étais leur maître. C’est moi, le SEIGNEUR, qui le déclare. »
      33 Le SEIGNEUR déclare encore : « Voici l’alliance que je vais établir avec le peuple d’Israël à ce moment-là. Je mettrai mes enseignements au fond d’eux-mêmes, je les écrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. »
      34 Le SEIGNEUR déclare : « Personne n’aura plus besoin d’instruire son prochain ou son frère en disant : “Connaissez le SEIGNEUR !” En effet, tous me connaîtront, du plus petit jusqu’au plus grand. Je pardonnerai leurs fautes et je ne me souviendrai plus de leurs péchés. »

      Jérémie 32

      6 Voici le récit de Jérémie : « Le SEIGNEUR m’a adressé sa parole en disant :

      Jérémie 35

      1 À l’époque de Yoaquim, fils de Josias et roi de Juda, le SEIGNEUR a adressé sa parole à Jérémie en lui disant :
      2 « Va trouver le clan des Rékabites, parle avec eux et fais-les venir dans l’une des salles du temple. Là, tu leur offriras du vin à boire. »
      3 Jérémie est donc allé chercher Yazania, fils d’Irméya et petit-fils de Habassinia. Il est allé chercher aussi les frères et les fils de Yazania, c’est-à-dire tout le clan des Rékabites.
      4 Il les a fait venir au temple, dans la salle des disciples de Hanan, un homme de Dieu, fils d’Igdalia. Cette salle se trouvait à côté de la salle des chefs, au-dessus de celle de Maasséya, fils de Challoum, le prêtre chargé de surveiller l’entrée du temple.
      5 Jérémie a posé des récipients remplis de vin et des verres devant les membres du clan des Rékabites. Puis il leur a dit : « Buvez un peu de vin ! »
      6 Mais ils ont répondu : « Nous ne buvons pas de vin. En effet, notre ancêtre Yonadab, fils de Rékab, nous a donné cet ordre : “Vous ne boirez jamais de vin, ni vous, ni vos enfants.
      7 Vous ne construirez pas de maisons, vous ne cultiverez pas la terre, vous ne planterez pas de vigne et vous n’en posséderez pas. Mais vous habiterez sous des tentes toute votre vie. Ainsi vous pourrez vivre longtemps dans ce pays où vous habitez comme des étrangers.”
      8 Nous avons donc obéi à tout ce que notre ancêtre Yonadab nous a commandé. Nous ne buvons jamais de vin, ni nos femmes, ni nos fils, ni nos filles.
      9 Nous ne construisons pas de maisons pour y habiter, nous ne possédons pas de vigne ni de champ cultivé,
      10 mais nous habitons sous des tentes. Ainsi, nous obéissons, et nous respectons tout ce que notre ancêtre Yonadab nous a commandé.
      11 Mais quand Nabucodonosor, roi de Babylone, a attaqué le pays, nous avons pensé : il vaut mieux aller à Jérusalem pour échapper à l’armée babylonienne et à l’armée syrienne. En ce moment, nous habitons donc dans la ville. »
      12 Alors le SEIGNEUR a adressé ces paroles à Jérémie :
      13 « Parle maintenant aux gens de Juda et aux habitants de Jérusalem. Va leur dire : Voici un message du SEIGNEUR de l’univers, Dieu d’Israël, qui déclare : Est-ce que vous allez enfin accepter la leçon et écouter ce que je dis ?
      14 Yonadab, fils de Rékab, avait commandé à ses enfants de ne pas boire de vin. Les Rékabites ont respecté ces paroles. Ils n’ont pas bu de vin jusqu’à aujourd’hui, parce qu’ils ont obéi à l’ordre de leur ancêtre. Et moi, le SEIGNEUR, j’ai passé mon temps à vous avertir, mais vous ne m’avez pas écouté.
      15 J’ai passé mon temps à vous envoyer tous mes serviteurs les prophètes. L’un après l’autre, ils vous ont dit : “Chacun de vous doit abandonner sa conduite mauvaise. Agissez comme il faut. Ne suivez pas d’autres dieux pour les adorer. Alors vous pourrez habiter le pays que je vous ai donné, à vous et à vos ancêtres.” Mais vous n’avez pas tendu l’oreille, vous ne m’avez pas écouté.
      16 Les Rékabites, eux, ont respecté l’ordre que leur ancêtre Yonadab leur avait donné. Mais vous, les gens de Juda, vous ne m’avez pas écouté ! »
      17 Jérémie a ajouté : « C’est pourquoi, voici ce que dit le SEIGNEUR, Dieu de l’univers et Dieu d’Israël : “Je vais faire tomber sur vous, peuple de Juda et habitants de Jérusalem, tous les malheurs que je vous ai annoncés. En effet, je vous ai parlé, mais vous ne m’avez pas écouté. Je vous ai appelés, mais vous n’avez pas répondu.” »
      18 Ensuite, Jérémie a dit au clan des Rékabites : « Voici pour vous le message du SEIGNEUR de l’univers, Dieu d’Israël : “Vous avez obéi à l’ordre de votre ancêtre Yonadab. Vous avez respecté fidèlement tout ce qu’il vous avait commandé.
      19 Eh bien, dans la famille de Yonadab, fils de Rékab, il y aura toujours quelqu’un qui se tiendra tous les jours devant moi.” « Voilà les paroles du SEIGNEUR de l’univers, Dieu d’Israël. »

      Jérémie 43

      1 Jérémie a fini de communiquer aux gens présents toutes les paroles rapportées ici. C’est le message que le SEIGNEUR leur Dieu leur a envoyé par son intermédiaire.
      2 Alors Azaria, fils de Hochaya, Yohanan, fils de Caréa, et tous ces hommes orgueilleux disent à Jérémie : « Tu mens ! Le SEIGNEUR notre Dieu ne t’a pas chargé de nous dire : “N’allez pas en Égypte pour y habiter !”
      3 Mais c’est Baruc, fils de Néria, qui te dresse contre nous. En effet, il veut nous livrer aux Babyloniens pour que ceux-ci nous tuent ou nous déportent à Babylone. »
      4 Ainsi Yohanan, fils de Caréa, les autres officiers des groupes armés et les gens qui les accompagnaient ont refusé d’écouter le SEIGNEUR et de rester dans le pays de Juda.
      5 Alors Yohanan et les autres chefs de groupes ont emmené tous les habitants de Juda restés en vie. C’étaient les gens qui avaient d’abord été chassés un peu partout dans les pays voisins et qui étaient ensuite revenus vivre en Juda.
      6 Il y avait là des hommes, des femmes, des enfants, les filles du roi et toutes les autres personnes que Nebouzaradan, le chef des gardes, avait laissées avec Guedalia, fils d’Ahicam et petit-fils de Chafan. Ils ont aussi emmené le prophète Jérémie et Baruc, fils de Néria.
      7 Ils ont donc refusé d’obéir au SEIGNEUR. Ils sont partis en Égypte et ils sont arrivés à Tapanès.
      8 À Tapanès, le SEIGNEUR a adressé sa parole à Jérémie en disant :
      9 « Prends de grandes pierres. Mets-les dans le sol de la terrasse située à l’entrée du palais du roi d’Égypte, à Tapanès. Fais cela sous les yeux des hommes de Juda.
      10 Puis tu leur diras : “Voici ce que m’a dit le SEIGNEUR de l’univers, Dieu d’Israël : Je vais envoyer chercher mon serviteur, Nabucodonosor, roi de Babylone. J’installerai son siège royal au-dessus des pierres que tu as mises dans le sol. C’est là qu’il dressera sa tente royale.
      11 Quand il arrivera, il battra l’Égypte. Il fera mourir ceux qui doivent mourir, il déportera ceux qui doivent être déportés, il tuera par l’épée ceux qui doivent être tués par l’épée.
      12 Nabucodonosor mettra le feu aux temples des dieux de l’Égypte. Il brûlera les dieux ou bien il les emportera en Babylonie. Il s’appliquera à enlever à l’Égypte ses richesses, comme un berger s’applique à enlever les poux de son vêtement. Puis il quittera ce pays sans difficulté.
      13 À Héliopolis, il brisera les monuments de pierre et il brûlera les temples des dieux égyptiens.” »

      Jérémie 50

      20 C’est moi, le SEIGNEUR, qui le déclare. À ce moment-là, on cherchera les fautes d’Israël, mais il n’y en aura pas. On cherchera les péchés de Juda, mais on n’en trouvera pas. En effet, je pardonnerai à ceux que je laisserai en vie. »

      Ezéchiel 3

      17 « Tu n’es qu’un homme, mais je fais de toi un guetteur pour le peuple d’Israël. Tu écouteras mes paroles et tu avertiras les Israélites de ma part.
      19 Voici ce qui peut arriver : tu avertis l’homme mauvais. Pourtant, il ne se détourne pas de sa méchanceté ni de sa mauvaise conduite. Alors cet homme-là mourra à cause de ses fautes, mais toi, tu sauveras ta vie.

      Ezéchiel 17

      12 « Demande à cette bande de révoltés s’ils ne comprennent pas ce que cette histoire veut dire. Rappelle-leur ceci : Le roi de Babylone est entré à Jérusalem, il a pris le roi et les chefs, il les a emmenés avec lui à Babylone.

      Ezéchiel 18

      1 Le SEIGNEUR m’a adressé sa parole. Il m’a dit :
      4 En effet, la vie de chacun est à moi, celle des parents comme celle des enfants. Celui qui a péché, c’est lui qui mourra.
      14 « Supposons encore ceci : Cet homme a lui-même un fils. Ce fils voit toutes les fautes que son père commet, mais il n’agit pas comme lui.
      17 Il se détourne de l’injustice. Il prête son argent sans intérêts, il n’en retire aucun avantage. Il suit mes règles, il obéit à mes lois. Eh bien, est-ce que cet homme va mourir à cause des fautes de son père ? Sûrement pas ! Il vivra.
      20 C’est la personne coupable qui doit mourir. Les enfants ne seront pas punis pour les péchés de leurs parents, les parents ne seront pas punis pour les fautes de leurs enfants. Celui qui agit bien sera récompensé pour ses actions justes, celui qui est mauvais sera puni pour ses actions mauvaises. »
      21 « Voici ce qui peut arriver : une personne mauvaise se détourne de toutes les fautes qu’elle a commises. Elle obéit à tous mes commandements, elle respecte les lois, elle fait ce qui est juste. Eh bien, c’est sûr, cette personne vivra, elle ne mourra pas.
      23 Est-ce que vraiment cela me fait plaisir de voir mourir les gens mauvais ? Je vous le déclare, moi, le Seigneur DIEU : ce que je veux, c’est qu’ils changent leurs façons de faire et qu’ils vivent.
      30 C’est pourquoi, moi, le Seigneur DIEU, je vous le déclare, à vous les Israélites : je jugerai chacun de vous selon sa conduite. Changez donc votre vie, détournez-vous de vos fautes, et vous ne risquerez plus de tomber dans le mal.

      Ezéchiel 21

      5 J’ai répondu : « Ah ! Seigneur DIEU ! Les gens disent déjà de moi : “Celui-là ne sait parler qu’en devinettes.” »

      Ezéchiel 28

      12 « Toi, l’homme, chante un chant de deuil sur le roi de Tyr. Tu lui diras : Voici les paroles du Seigneur DIEU : Tu as été un modèle de perfection, tu étais rempli de sagesse et d’une beauté parfaite.

      Ezéchiel 33

      15 Voici ce qu’il peut faire : il rend l’objet qu’on lui a remis pour garantir une dette, ou il rend ce qu’il a volé. Ou encore il obéit aux lois qui donnent la vie et ne commet plus de mauvaises actions. Eh bien, cet homme vivra sûrement, il ne mourra pas.
      32 Toi, tu es pour eux comme un chanteur agréable, qui a une belle voix et qu’une bonne musique accompagne. Ils écoutent tes paroles, mais ils ne leur obéissent pas.

      Ezéchiel 36

      22 C’est pourquoi, dis-leur : Voici les paroles du Seigneur DIEU : Ce que je vais faire, gens d’Israël, je ne le ferai pas à cause de vous. Je le ferai pour faire respecter mon saint nom. Oui, des gens l’ont méprisé à cause de vous, dans les pays où vous êtes allés.
      23 À cause de vous, les autres peuples ont méprisé mon nom. Eh bien, je leur montrerai que je suis le Dieu grand et saint. Et je ferai cela en me servant de vous. Alors ces peuples sauront que le SEIGNEUR, c’est moi, je le déclare, moi, le Seigneur DIEU.
      24 « Je vous retirerai du milieu des autres peuples et, des pays où vous habitez, je vous rassemblerai et je vous ramènerai sur votre terre.
      25 Je verserai sur vous de l’eau pure, et vous serez purs. Je vous purifierai de toutes vos actions impures que vous faites pour les faux dieux.
      26 Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’enlèverai votre cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair.
      27 Je mettrai en vous mon esprit. Ainsi je vous rendrai capables d’obéir à mes lois, de respecter et de faire ce que je vous ai commandé.
      28 Alors vous habiterez le pays que j’ai donné à vos ancêtres. Vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu.
      29 Je vous délivrerai de toutes vos actions impures. Je ne vous enverrai plus de famine, mais je ferai pousser le blé, et vous en récolterez en grande quantité.
      30 Grâce à moi, vos arbres donneront beaucoup de fruits, et vos champs produiront des récoltes abondantes. Alors vous ne connaîtrez plus la honte d’avoir faim devant les autres peuples.
      31 À ce moment-là, vous vous souviendrez de votre conduite mauvaise et de vos actes qui n’étaient pas bons.
      32 Vous devez le savoir, ce n’est pas à cause de vous que j’agirai, je le déclare, moi, le Seigneur DIEU. Vous devriez plutôt avoir honte et regretter votre conduite, gens d’Israël !
      33 « Voici ce que je dis, moi, le Seigneur DIEU : Quand je vous purifierai de toutes vos fautes, grâce à moi, les villes seront de nouveau habitées, et ce qui a été détruit sera reconstruit.
      34 Les champs abandonnés seront de nouveau labourés, et les passants ne verront plus de terres non cultivées.
      35 Et on dira : “Ce pays détruit est devenu comme le jardin d’Éden. Les villes qui étaient devenues des tas de pierres, qui avaient été détruites et abandonnées, ont été reconstruites et des gens y habitent de nouveau.”
      36 Alors les pays qui existeront encore autour de vous le sauront : moi, le SEIGNEUR, je reconstruis les villes détruites et je replante ce qui était arraché. C’est moi, le SEIGNEUR, qui ai parlé, et je fais ce que je dis.
      37 « Voici ce que j’affirme, moi, le Seigneur DIEU : Je laisserai de nouveau les Israélites me prier et je leur répondrai en les rendant aussi nombreux que les moutons d’un troupeau.
      38 Autrefois, pendant les grandes fêtes, Jérusalem était remplie d’animaux qui devaient être offerts en sacrifices. Ils venaient par troupeaux entiers. Eh bien, les gens qui reviendront habiter vos villes détruites seront aussi nombreux. Alors tout le monde saura que le SEIGNEUR, c’est moi. »

      Ezéchiel 37

      1 Le SEIGNEUR m’a saisi avec puissance. Son esprit m’a emmené, et je me suis trouvé dans une vallée remplie d’os.
      2 Le SEIGNEUR me fait faire le tour de l’endroit. Les os sont très nombreux et complètement secs.
      3 Alors le Seigneur me demande : « Dis-moi, l’homme, est-ce que ces os peuvent revivre ? » Je lui réponds : « Seigneur DIEU, c’est toi qui le sais ! »
      4 Il me dit alors : « Parle à ces os comme un prophète. Dis-leur : Vous qui êtes secs, écoutez la parole du SEIGNEUR !
      5 Voici ce que le Seigneur DIEU vous dit : Je vais faire venir en vous un souffle de vie, et vous vivrez.
      6 Je mettrai sur vous des nerfs, je ferai pousser sur vous de la chair, je vais vous couvrir de peau. Je mettrai en vous un souffle de vie, et vous vivrez. Alors vous saurez que le SEIGNEUR, c’est moi. »
      7 Je dis ces paroles de la part du SEIGNEUR, comme il me l’a commandé. Pendant que je parle, j’entends un grand bruit, celui d’objets qui remuent : les os se rapprochent les uns des autres.
      8 Je regarde : il y a sur eux des nerfs. De la chair pousse, la peau les couvre. Mais il n’y a pas de souffle de vie en eux.
      9 Alors le Seigneur me dit : « Toi qui n’es qu’un homme, parle au souffle de vie de ma part, parle-lui ainsi : Souffle de vie, voici ce que le Seigneur DIEU te dit : Viens du nord, du sud, de l’est et de l’ouest, souffle sur ces morts, et ils vivront. »
      10 Je dis ces paroles de la part du SEIGNEUR, comme il me l’a commandé. Alors le souffle de vie entre dans les morts, et ils reçoivent la vie. Ils se tiennent debout, c’est une armée immense.
      11 Ensuite le SEIGNEUR me dit : « Toi, l’homme, écoute ! Ces os représentent tout le peuple d’Israël. Les Israélites disent : “Nous sommes comme des os secs, notre espoir est mort, nous sommes perdus !”
      12 Eh bien, annonce-leur ces paroles de ma part : Moi, le Seigneur DIEU, je vous le dis, je vais ouvrir vos tombes et je vous en ferai sortir, vous, mon peuple. Je vous ramènerai sur la terre d’Israël.
      13 Quand j’ouvrirai vos tombes, quand je vous en ferai sortir, vous mon peuple, vous saurez que le SEIGNEUR, c’est moi !
      14 Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez. Je vous installerai sur votre terre. Alors vous le saurez : c’est moi, le SEIGNEUR, qui ai parlé, et je fais ce que je dis. » Voilà ce que le SEIGNEUR déclare.

      Ezéchiel 47

      1 L’homme qui me conduit me fait revenir à l’entrée du temple. Je regarde : de l’eau sort du sol, sous l’entrée, vers l’est. En effet, le devant du temple est à l’est. L’eau coule du côté sud du temple et passe au sud de l’autel.
      2 L’homme me fait sortir par la porte du nord. Puis il me fait faire le tour par l’extérieur, jusqu’à la porte de l’est. Là, l’eau coule encore au sud de la porte.
      3 L’homme s’éloigne vers l’est. Il tient une corde à la main avec laquelle il compte 1 000 mesures. Il me fait traverser l’eau. J’en ai jusqu’aux chevilles.
      4 Il compte encore 1 000 mesures et il me fait traverser l’eau. J’en ai jusqu’aux genoux. Il compte encore 1 000 mesures et il me fait traverser. J’en ai jusqu’aux reins.
      5 Il compte encore 1 000 mesures : l’eau a monté. Elle forme maintenant un torrent, je ne peux pas passer. Il faudrait nager pour pouvoir le traverser.
      6 Alors il me dit : « Toi, l’homme, est-ce que tu as vu ? » Il m’emmène un peu plus loin, puis il me ramène près du torrent.
      7 Alors je vois beaucoup d’arbres sur chaque bord.
      8 L’homme me dit : « Ce torrent coule vers l’est du pays, il descend dans la vallée du Jourdain et il se jette dans la mer Morte. Quand il arrive à la mer, il transforme son eau, qui devient bonne.
      9 Partout où l’eau du torrent arrivera, tous les êtres vivants pourront vivre et se reproduire. Il y aura beaucoup de poissons. En effet, cette eau transforme l’eau de la mer, et la vie apparaît partout où le torrent arrive.
      10 À partir de maintenant, depuis En-Guédi jusqu’à En-Églaïm, il y aura des pêcheurs. Ils mettront leurs filets à sécher au bord de la mer. Là, on trouvera autant d’espèces de poissons que dans la mer Méditerranée.
      11 Mais les autres étendues d’eau qui sont près de la mer resteront salées. Elles serviront de réserves de sel.
      12 Sur chaque bord du torrent, toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront. Leurs feuilles ne sècheront pas, et ces arbres donneront toujours des fruits. Chaque mois, ils produiront une nouvelle récolte, car l’eau qui les arrose vient du lieu saint. On mangera leurs fruits et on utilisera leurs feuilles comme médicaments. »
      13 Voici les paroles du Seigneur DIEU : « Je vais vous indiquer les frontières du pays que vous partagerez entre les 12 tribus d’Israël. La tribu de Joseph recevra deux parts.
      14 Vous distribuerez le pays entre vous en parts égales. En effet, j’ai juré de le donner à vos ancêtres, il vous revient donc en héritage.
      15 Au nord, la frontière partira de la mer Méditerranée. Elle suivra la route qui passe par Hetlon, Lebo-Hamath, Sedad.
      16 Ensuite, elle traversera les villes de Berota et Sibraïm situées entre le royaume de Damas et le royaume de Hamath. Enfin, la frontière suivra la route de Hasser-Tikon, qui est près de la frontière de Hauran.
      17 Cette frontière ira donc de la mer Méditerranée jusqu’à Hassar-Énan. Au nord, elle touchera les royaumes de Damas et de Hamath. Voilà pour le côté nord.
      18 À l’est, la frontière partira d’un endroit situé entre Damas et Hauran. Elle suivra la vallée du Jourdain, entre la région de Galaad et le pays d’Israël, et elle ira jusqu’à Tamar, sur la mer Morte. Voilà pour le côté est.
      19 Au sud, la frontière ira de Tamar à l’oasis de Meriba de Cadès. Elle descendra le long du torrent d’Égypte jusqu’à la mer Méditerranée. Voilà pour le côté sud.
      20 À l’ouest, la mer Méditerranée servira de frontière depuis le sud jusqu’à Lebo-Hamath au nord. Voilà pour le côté ouest.
      21 Vous partagerez le pays entre les tribus d’Israël.
      22 Vous le distribuerez entre vous en tirant au sort. Vous le partagerez aussi avec les étrangers qui habiteront au milieu de vous et qui auront des enfants dans le pays. Vous devez les traiter comme des Israélites, comme des membres du peuple. Ils recevront une part de terre parmi les tribus d’Israël.
      23 Chacun d’eux recevra sa part dans la tribu où il habitera. » Voilà ce que le Seigneur DIEU déclare.

      Ezéchiel 48

      35 Le mur qui entoure Jérusalem aura en tout 18 000 mesures. « À partir de ce jour, le nom de la ville sera “le SEIGNEUR-est-là”. »

      Osée 1

      1 Voici les paroles que le SEIGNEUR a dites à Osée, fils de Beéri, à l’époque où Jéroboam, fils de Yoas, était roi d’Israël. C’était aussi l’époque des rois de Juda : Ozias, Yotam, Akaz et Ézékias.
      2 Voici le début des paroles que le SEIGNEUR a adressées à son peuple par l’intermédiaire d’Osée. Il a dit à Osée : « Va prendre pour femme une prostituée sacrée. Les enfants qu’elle te donnera seront des enfants de prostituée. En effet, les gens de ce pays se prostituent en adorant d’autres dieux que moi, le SEIGNEUR. »
      3 Alors Osée est allé prendre pour femme Gomer, fille de Diblaïm. Elle lui a donné un fils.
      4 Le SEIGNEUR a dit à Osée : « Appelle-le “Izréel”. En effet, je vais bientôt agir contre la famille royale de Jéhu à cause du sang répandu à Izréel. Je vais supprimer le pouvoir royal en Israël.
      5 Ce jour-là, je briserai la force de l’armée d’Israël dans la vallée d’Izréel. »
      6 Gomer, de nouveau enceinte, a mis au monde une fille. Le SEIGNEUR a dit à Osée : « Tu l’appelleras “Mal-Aimée”. En effet, je ne montrerai plus d’amour aux gens d’Israël, je ne les aimerai plus du tout.
      7 Mais j’aimerai toujours les gens de Juda. Moi, le SEIGNEUR leur Dieu, je les sauverai, et cela sans utiliser l’arc, l’épée ou les autres armes de guerre, les chevaux ou les cavaliers. »
      8 Gomer a sevré Mal-Aimée. Ensuite, enceinte une nouvelle fois, elle a mis au monde un autre fils.
      9 Le SEIGNEUR a dit à Osée : « Appelle-le “Pas mon peuple”. En effet, vous, les gens d’Israël, vous n’êtes plus mon peuple, et moi, je ne suis plus rien pour vous. »

      Osée 2

      1 Un jour, les gens d’Israël seront aussi nombreux que les grains de sable au bord de la mer. On ne pourra pas du tout les compter. Dieu ne leur dira plus : « Vous n’êtes pas mon peuple. » Au contraire, il les appellera « Fils du Dieu vivant ».
      2 Alors les gens de Juda et ceux d’Israël seront de nouveau unis. Ils se donneront un seul chef et ils seront les maîtres du pays. Ce sera le grand jour d’Izréel.
      3 Dites à vos frères « Mon Peuple », et à vos sœurs « Bien Aimée ».
      4 Le SEIGNEUR dit : « Faites un procès à Israël, votre mère, oui, faites-lui un procès. En effet, elle n’est plus ma femme, et je ne suis plus son mari. « Sur le visage, elle porte les marques d’une prostituée. Qu’elle les efface ! Entre les seins, elle porte les signes de son adultère. Qu’elle les enlève !
      5 Sinon, je vais la mettre toute nue, comme elle était le jour de sa naissance. Je rendrai le territoire d’Israël semblable au désert, je le changerai en terre sèche. Je la ferai mourir de soif.
      6 « Je n’aimerai pas ses enfants : ce sont les enfants d’une prostituée.
      7 En effet, leur mère est une prostituée, celle qui les a mis au monde s’est couverte de honte. Oui, elle a dit : “Je suivrai mes amants qui me donnent ma nourriture et mon eau, ma laine et mon lin, mon huile et mon vin.”
      8 « C’est pourquoi moi, le SEIGNEUR, je vais lui barrer la route avec des buissons d’épines. Je l’entourerai d’une clôture, et elle ne trouvera plus son chemin.
      9 Elle va courir derrière ses amants, mais elle ne les rejoindra pas. Elle les cherchera, mais ne les trouvera pas. Alors elle dira : “Je vais retourner chez mon premier mari. Oui, autrefois, j’étais plus heureuse que maintenant.”
      10 « Elle n’a pas reconnu ceci : c’est moi qui lui ai donné le blé, le vin nouveau et l’huile fraîche. Je lui ai donné de l’argent et de l’or, mais elle s’en est servie pour Baal.
      11 C’est pourquoi je viendrai reprendre mon blé au moment de la récolte, et mon vin nouveau au moment où il sera prêt. J’arracherai ma laine et mon lin qui devaient la couvrir.
      12 Maintenant, je la montrerai toute nue sous les yeux de ses amants, et personne ne la délivrera de mon pouvoir.
      13 J’arrêterai ce qui la réjouit, ses pèlerinages, ses fêtes de nouvelle lune, ses sabbats et toutes ses cérémonies.
      14 Je détruirai ses vignes et ses figuiers. Elle disait : “C’est le salaire que mes amants m’ont donné.” Moi, le SEIGNEUR, je les changerai en buissons, et les bêtes sauvages les mangeront.
      15 J’agirai contre elle à cause du temps passé à honorer les Baals. Elle leur offrait de l’encens. Pour eux, elle portait des anneaux et des colliers. Elle suivait ses amants, et moi, elle m’oubliait. » Voilà ce que le SEIGNEUR déclare.
      16 « C’est pourquoi je vais l’attirer à moi, je vais la conduire au désert et je retrouverai sa confiance.
      17 Et là, je lui rendrai ses vignes, et je ferai de la Vallée d’Akor – cette vallée du malheur – la porte de l’espérance. Là, elle me suivra comme pendant sa jeunesse, comme au moment de la sortie d’Égypte. »
      18 Le SEIGNEUR déclare : « Ce jour-là, elle m’appellera “mon mari”, elle ne m’appellera plus “mon Baal”, c’est-à-dire mon Maître.
      19 J’enlèverai de sa bouche le nom des Baals, et personne ne se souviendra plus d’eux.
      20 Alors je ferai pour mon peuple une alliance avec les animaux des champs, avec les oiseaux du ciel et les petites bêtes de la terre. Je supprimerai dans le pays les arcs, les épées et les armes de guerre. Et je permettrai aux habitants de dormir tranquillement.
      21 Israël, tu seras ma fiancée, et ce sera pour toujours. Tu seras ma fiancée, et la dot que je donnerai, ce sera la fidélité et la justice, l’amour et la tendresse.
      22 Oui, la dot que je donnerai sera la confiance. Alors tu sauras que je suis le SEIGNEUR. »
      23 Le SEIGNEUR déclare : « Ce jour-là, je répondrai à ce que le ciel attend de moi, et le ciel répondra à ce que la terre attend de lui.
      24 La terre répondra à ce que le blé, le vin nouveau et l’huile fraîche attendent d’elle. Et eux tous répondront à l’attente de la vallée d’Izréel, la vallée où je sème.
      25 Oui, dans le pays, j’en ferai pour moi une vallée où je sème. J’aimerai Mal-aimée. Je dirai à “Pas mon peuple” : “Mon peuple, c’est toi”, et lui me dira : “Mon Dieu !” »

      Osée 3

      1 Le SEIGNEUR m’a dit : « Continue à aimer cette femme infidèle qui aime un autre homme. Aime-la comme moi, le SEIGNEUR, j’aime les gens d’Israël. Pourtant, ils se tournent vers d’autres dieux et ils aiment les gâteaux de raisin. »
      2 J’ai donc repris ma femme. Pour cela, j’ai payé 15 pièces d’argent et j’ai donné 600 litres d’orge.
      3 Je lui ai dit : « Tu resteras à la maison pendant longtemps, tu ne te prostitueras plus, tu ne coucheras plus avec aucun homme, et moi-même, je ne coucherai plus avec toi. »
      4 En effet, pendant longtemps les gens d’Israël resteront sans roi, sans chefs, sans pierres sacrées. Ils n’offriront plus de sacrifices, ils n’auront plus d’objets sacrés pour consulter Dieu.
      5 Ensuite, ils reviendront vers le SEIGNEUR, leur Dieu, ils se tourneront vers lui, et vers leur roi, né de la famille de David. Dans l’avenir, ils viendront en tremblant de peur chercher le SEIGNEUR pour obtenir ses bienfaits.

      Osée 4

      1 Le SEIGNEUR est en procès avec les habitants du pays. Gens d’Israël, écoutez ses paroles : « Ici, il n’y a plus de fidélité ni de bonté. Dans ce pays, les habitants ne me connaissent plus comme Dieu.
      2 Partout ils lancent des malédictions, ils mentent, ils tuent, ils enlèvent des gens par la force. Ils commettent l’adultère, ils agissent avec violence, ils passent leur temps à tuer.
      3 C’est pourquoi le pays sera complètement sec. Tous les habitants vont perdre leurs forces, en même temps que les bêtes des champs, et les oiseaux du ciel. Même les poissons de la mer vont disparaître. »
      4 Le SEIGNEUR dit : « Attention ! On ne doit pas accuser n’importe qui, ni faire des reproches à tout le monde. C’est avec vous, les prêtres, que je suis en procès.
      5 Vous allez faire fausse route en plein jour. La nuit, comme vous, les prophètes aussi feront fausse route, et je ferai taire Israël, votre mère.
      6 Mon peuple meurt, parce qu’il ne me connaît pas. Vous, vous n’avez pas voulu me connaître. C’est pourquoi je ne veux plus de vous, vous ne serez plus mes prêtres. Vous avez oublié l’enseignement de votre Dieu, alors, à mon tour, j’oublierai vos enfants.
      7 « Tous les prêtres sans exception ont péché contre moi. Eh bien, je changerai ce qui fait leur fierté en quelque chose de honteux.
      8 Ils mangent la viande des sacrifices offerts par mon peuple quand il a péché. Ils n’ont qu’une envie : que mon peuple commette des fautes.
      9 Mais je traiterai les prêtres comme le peuple : j’agirai contre eux à cause de leur conduite et je leur rendrai ce qu’ils ont fait.
      10 Ils mangeront, mais ils auront toujours faim. Ils se prostitueront, mais il n’auront pas d’enfants. Oui, ils m’ont abandonné, moi, le SEIGNEUR, pour se prostituer.
      11 « La prostitution et le vin les rendent fous.
      12 Ils consultent une statue en bois, et c’est un morceau de bois qui leur donne la réponse. Un vent de prostitution souffle sur eux et les fait sortir du bon chemin. Alors ils se prostituent en s’éloignant de moi, leur Dieu.
      13 Ils font des repas sacrés sur le sommet des montagnes. Ils brûlent de l’encens sur les collines, sous les arbres verts à l’ombre agréable. C’est pourquoi vos filles se prostituent et vos belles-filles trompent leur mari.
      14 Je n’agirai pas contre vos filles parce qu’elles se prostituent, ni contre vos belles-filles parce qu’elles trompent leur mari. C’est contre vous, les prêtres, que j’agirai parce que vous allez à l’écart avec des prostituées, vous partagez les repas sacrés avec les prostituées de vos temples. “Un peuple qui ne comprend rien est un peuple perdu”, comme dit le proverbe.
      15 « Toi, Israël, tu te prostitues. Mais il ne faut pas que Juda commette la même faute. N’allez pas au lieu sacré du Guilgal, ne montez pas à Beth-Aven. Ne faites pas de serment en disant : “Par le SEIGNEUR vivant...” »

      Osée 5

      1 Le SEIGNEUR dit : « Vous, les prêtres, écoutez bien, vous les chefs d’Israël, soyez attentifs, et vous, gens de la maison du roi, ouvrez l’oreille ! Vous deviez rendre la justice. Pourtant, à Mispa, vous avez pris les gens au piège. Sur le mont Tabor, vous leur avez tendu un filet.
      4 Ce que les gens d’Israël ont fait ne leur permet pas de revenir vers leur Dieu. Oui, un vent de prostitution souffle parmi eux, et ils ne connaissent pas le SEIGNEUR.
      6 Avec leurs moutons et leurs bœufs, qu’ils vont offrir en sacrifice, ils cherchent le SEIGNEUR. Mais ils ne le trouveront pas, parce qu’il est parti loin d’eux.

      Osée 6

      3 Alors reconnaissons le SEIGNEUR comme Dieu. Cherchons vraiment à le connaître. Sa venue est sûre comme la venue du matin. Il viendra à nous comme la pluie, comme la dernière pluie de la saison qui arrose la terre. »
      4 Le SEIGNEUR vous répond : « Que faire pour toi, Éfraïm ? et pour toi, Juda ? Votre amour pour moi est comme le nuage du matin, comme les gouttes d’eau de la nuit qui disparaissent aussitôt.
      6 Oui, je désire l’amour et non les sacrifices d’animaux. Je veux qu’on me reconnaisse comme Dieu plutôt que de brûler des animaux sur l’autel. »
      7 « Mais vous, dans la ville d’Adam, vous n’avez pas respecté mon alliance, vous n’avez pas été fidèles envers moi.
      8 Galaad est une ville de gens mauvais, remplie de traces de sang.
      9 Comme des bandits prêts à attaquer, une bande de prêtres tue les gens sur la route de Sichem. Oui, ils font des actions honteuses !
      10 Dans le pays d’Israël, j’ai vu des choses horribles : là, Éfraïm se prostitue, oui, Israël est rendu impur à cause de cela.

      Osée 7

      1 Au moment où je veux guérir Israël, je vois les fautes des gens d’Éfraïm, les crimes des gens de Samarie. Oui, ils sont malhonnêtes, les voleurs entrent de force dans les maisons, les bandits agissent dans les rues.
      7 Ils sont tous chauffés comme un four, et ils suppriment leurs chefs. Tous leurs rois sont tombés, personne n’a fait appel à moi.
      8 « Éfraïm se mélange aux autres peuples. Il est comme une galette qu’on n’a pas retournée.
      13 « Quel malheur pour les gens d’Éfraïm ! Ils ont fui loin de moi ! Ils seront détruits parce qu’ils se sont révoltés contre moi. Ils disent des mensonges contre moi. Alors, comment pourrai-je les délivrer ?

      Osée 8

      1 Soufflez dans vos cornes de bélier pour prévenir les gens. Le malheur tombe comme un aigle sur le pays du SEIGNEUR. Le SEIGNEUR dit : « Ils n’ont pas respecté mon alliance et ils n’ont pas été fidèles à mon enseignement.
      2 Ils crient vers moi : “Mon Dieu, nous sommes Israël, nous te connaissons, nous !”
      5 Gens de Samarie, rejetez donc votre veau d’or ! Vous m’avez mis en colère. Vous n’êtes pas capables de mener une vie sans fautes. Jusqu’à quand cela durera-t-il ?
      7 Puisque vous semez le vent, vous récolterez la tempête. “Blé sans épi ne donne pas de farine.” Et s’il en donne, des étrangers la mangeront.
      10 Il fait des cadeaux aux autres peuples. Mais maintenant, je vais les mettre ensemble, et ils vont bientôt souffrir sous la charge du plus puissant des rois.
      11 Éfraïm a dressé de nombreux autels pour enlever le péché, mais ces autels lui ont servi à pécher.
      12 Je pourrais écrire mille commandements pour lui, ils seraient pour lui comme une chose étrangère.
      13 Ils m’offrent des sacrifices, parce qu’ils veulent manger de la viande. Mais moi, le SEIGNEUR, je n’accepte pas leurs sacrifices. Maintenant, je vais me souvenir de leurs fautes, j’agirai contre eux à cause de leurs péchés. Ils devront retourner en Égypte.

      Osée 9

      15 Le SEIGNEUR dit encore : « Toute leur méchanceté est apparue au lieu sacré du Guilgal. C’est là que j’ai commencé à les détester. À cause de leurs actions mauvaises, je les chasserai de ma maison, je ne les aimerai plus. Tous leurs chefs sont contre moi.

      Osée 10

      8 On détruira les lieux sacrés, eux qui étaient le grand péché d’Israël. Les buissons d’épines et les chardons monteront sur leurs autels. Les gens de Samarie diront aux montagnes : « Cachez-nous ! » Ils diront aux collines : « Tombez sur nous ! »
      14 C’est pourquoi la bataille rugira dans ton peuple, et toutes tes villes bien protégées seront détruites. Elles seront comme Beth-Arbel. Quand le roi Chalman a attaqué cette ville, il a écrasé les mères et leurs enfants.

      Osée 11

      1 Le SEIGNEUR dit : « Quand Israël était jeune, je l’ai aimé, et je l’ai appelé, lui, mon fils, à sortir d’Égypte.
      5 « Le peuple d’Israël ne retournera pas en Égypte, Mais ce sera l’Assyrie qui sera son maître. En effet, il a refusé de revenir vers moi.
      8 « Est-il possible que je t’abandonne, Éfraïm, que je te trahisse, Israël ? Est-ce que je peux te traiter comme la ville d’Adma, te rendre semblable à Séboïm ? Je suis bouleversé, et je tremble de la tête aux pieds.

      Osée 12

      10 Moi, le SEIGNEUR, je suis ton Dieu depuis que tu es sorti d’Égypte. Je te ferai de nouveau habiter sous des tentes comme autrefois, quand je vous rencontrais.
      12 Les gens de Galaad ont fait du mal, et il ne reste rien d’eux. Au lieu sacré du Guilgal, ils ont offert des taureaux en sacrifice. Et maintenant leurs autels ne sont plus que des tas de pierres dans les champs labourés. »
      13 Jacob a fui en Haute- Mésopotamie. Il s’est mis au service d’un autre homme pour obtenir une femme. Oui, pour une femme, il a gardé les troupeaux.
      14 Mais c’est par un prophète que le SEIGNEUR a fait sortir d’Égypte le peuple d’Israël, c’est un prophète qui l’a gardé.

      Osée 13

      4 « Pourtant, Israël, moi, je suis le SEIGNEUR ton Dieu, depuis que tu es sorti d’Égypte. En dehors de moi, tu ne connais pas d’autre Dieu. En dehors de moi, il n’y a pas de sauveur.
      7 Alors je suis devenu comme un lion pour vous, comme un léopard sur le chemin, prêt à attaquer.

      Amos 1

      2 Amos disait : « Le SEIGNEUR rugit comme un lion depuis la montagne de Sion. Oui, il fait entendre sa voix depuis Jérusalem. Les pâturages sont en très mauvais état, le sommet du mont Carmel est tout sec. »
      3 Voici ce que le SEIGNEUR dit : « J’ai beaucoup de crimes à reprocher aux Syriens de Damas. Le plus grave est celui-ci : ils ont écrasé les habitants de Galaad sous des herses de fer. C’est pourquoi je ne changerai pas la décision que j’ai prise :
      5 Je ferai sauter les verrous des portes de la ville de Damas. Je supprimerai le roi de cette vallée où l’on fait le mal, le roi qui gouverne cette ville de plaisirs. Et le peuple syrien sera renvoyé à Quir, en exil. » C’est le SEIGNEUR qui le dit.
      6 Voici ce que le SEIGNEUR dit : « J’ai beaucoup de crimes à reprocher aux Philistins de Gaza. Le plus grave est celui-ci : ils ont déporté les habitants de villages entiers pour les livrer aux Édomites. C’est pourquoi je ne changerai pas la décision que j’ai prise :
      8 Je supprimerai le roi d’Asdod, et le roi qui gouverne Ascalon. J’attaquerai la ville d’Écron et les Philistins restés en vie mourront. » C’est le Seigneur DIEU qui le dit.
      9 Voici ce que le SEIGNEUR dit : « J’ai beaucoup de crimes à reprocher aux Phéniciens de Tyr. Le plus grave est celui-ci : ils n’ont pas respecté les accords qui les unissaient à Israël comme à des frères. En effet, ils ont déporté les habitants de villages entiers pour les livrer aux Édomites. C’est pourquoi je ne changerai pas la décision que j’ai prise :
      10 Je mettrai le feu aux murs de la ville de Tyr, et il dévorera ses belles maisons. »
      11 Voici ce que le SEIGNEUR dit : « J’ai beaucoup de crimes à reprocher aux gens d’Édom. Le plus grave est celui-ci : ils ont poursuivi leurs frères d’Israël, l’épée à la main. Ils n’ont eu aucune pitié pour eux. Dans leur colère, ils ne s’arrêtent pas de tuer, ils gardent une haine qui ne finit jamais. C’est pourquoi je ne changerai pas la décision que j’ai prise :
      12 Je mettrai le feu à leur ville de Téman, et il dévorera les belles maisons de la ville de Bosra. »
      13 Voici ce que le SEIGNEUR dit : « J’ai beaucoup de crimes à reprocher aux Ammonites. Le plus grave est celui-ci : en voulant agrandir leur pays, ils ont ouvert le ventre des femmes enceintes du pays de Galaad. C’est pourquoi je ne changerai pas la décision que j’ai prise :
      15 Leur roi partira en déportation et ses chefs avec lui. » C’est le SEIGNEUR qui le dit.

      Amos 2

      1 Voici ce que le SEIGNEUR dit : « J’ai beaucoup de crimes à reprocher aux gens de Moab. Le plus grave est celui-ci : ils ont brûlé les os du roi d’Édom et ils en ont fait de la cendre. C’est pourquoi je ne changerai pas la décision que j’ai prise :
      2 Je mettrai le feu au pays de Moab, il dévorera les belles maisons de la ville de Quérioth. Moab mourra au milieu d’un grand bruit, au milieu des cris de guerre et au son de la corne de bélier.
      3 J’enlèverai le roi qui le gouverne et je ferai mourir tous ses chefs avec lui. » C’est le SEIGNEUR qui le dit.
      4 Voici ce que le SEIGNEUR dit : « J’ai beaucoup de crimes à reprocher aux gens de Juda. Le plus grave est celui-ci : ils ont rejeté mes enseignements, ils n’ont pas obéi à mes commandements et ils se sont trompés comme leurs ancêtres qui suivaient les faux dieux, et ces dieux les ont trompés eux aussi. C’est pourquoi je ne changerai pas la décision que j’ai prise :
      6 Voici ce que le SEIGNEUR dit : « J’ai beaucoup de crimes à reprocher aux gens d’Israël. C’est pourquoi je ne changerai pas la décision que j’ai prise. Ils vendent l’innocent comme esclave, pour avoir de l’argent. Ils vendent le malheureux pour avoir une paire de sandales.
      7 Ils mettent la tête des pauvres dans la poussière. Ils ne respectent pas le droit des petits. Le père et le fils couchent avec la même femme et ainsi, ils insultent mon honneur.
      8 Dans tous les lieux de culte, ils dorment sur les vêtements qu’ils ont pris aux pauvres. Dans la maison de leur dieu, ils boivent le vin qu’ils ont pris aux gens.
      13 « Eh bien, moi, maintenant, je vous écraserai, comme une charrette pleine de marchandises écrase tout sur son passage.

      Amos 3

      2 « Parmi toutes les familles de la terre, je me suis occupé tout particulièrement de vous. C’est pourquoi j’agirai contre vous à cause de tous vos crimes. »
      12 Voici ce que le SEIGNEUR dit : « Quand le lion a pris un mouton, le berger arrache de sa gueule deux pattes et un bout d’oreille. Il arrivera la même chose aux Israélites qui vivent à Samarie, allongés sur un divan ou sur les coussins d’un lit : on n’en sauvera que des petits morceaux. »

      Amos 4

      4 « Gens d’Israël, continuez à vous révolter contre moi en allant au temple de Béthel, révoltez-vous encore davantage en allant au Guilgal, vous pécherez encore plus ! Le jour suivant votre arrivée, offrez vos sacrifices, et le troisième jour présentez vos dons.

      Amos 5

      11 Vous écrasez le pauvre par l’injustice, vous lui prenez de force une part de sa récolte. Eh bien, à cause de cela, vous n’habiterez pas dans les maisons en pierres taillées que vous avez bâties, vous ne boirez pas le vin des belles vignes que vous avez plantées.
      18 Quel malheur pour ceux qui attendent le jour du SEIGNEUR avec impatience ! Ce jour du SEIGNEUR, qu’est-ce qu’il sera pour vous ? Un jour plein de lumière ? – Non : un jour sombre !
      21 Je déteste vos pèlerinages, ils ne sont rien pour moi. Je ne peux plus supporter vos rassemblements.
      22 Les animaux complètement brûlés et les produits de la terre que vous m’offrez, ils ne me plaisent pas. Vos sacrifices de bêtes grasses, je ne les regarde même pas.
      23 Arrêtez de crier vos cantiques à mes oreilles. Je ne veux plus entendre la musique de vos harpes.
      24 Mais faites jaillir le droit comme une source, laissez la justice s’écouler comme une rivière débordante !
      25 Gens d’Israël, pendant les 40 ans que vous êtes restés au désert, vous ne m’avez offert ni sacrifices ni produits de la terre.

      Amos 6

      4 Vous êtes couchés sur des lits décorés d’ivoire, vous êtes étendus sur vos divans pour manger les meilleurs agneaux du troupeau et les veaux les plus gros de l’étable.
      5 Vous chantez au son de la harpe. Comme David, vous inventez de nouveaux instruments de musique.
      6 Vous buvez du vin dans de grandes coupes, vous vous parfumez avec de l’huile fine, mais la famille de Joseph va être détruite, et cela ne vous fait rien !
      7 C’est pourquoi maintenant, vous serez les premiers à être déportés. Et vous disparaîtrez, bande de paresseux !

      Amos 7

      10 Amassia, le prêtre de la ville de Béthel, a envoyé un message à Jéroboam, le roi d’Israël : « Amos cherche à renverser ton pouvoir dans le royaume d’Israël. Les gens du pays ne peuvent plus supporter ses discours.

      Amos 8

      4 Écoutez bien, vous qui marchez sur la tête des pauvres, et qui voulez supprimer les gens simples du pays !

      Amos 9

      7 Le SEIGNEUR déclare : « Gens d’Israël, est-ce que vous êtes plus précieux pour moi que les Éthiopiens ? Je vous ai fait sortir d’Égypte, mais j’ai aussi fait sortir les Philistins de Kaftor et les Syriens de Quir. Vous ne savez donc pas cela ? »

      Jonas 1

      14 Ils prient le SEIGNEUR et disent : « Ah ! SEIGNEUR, ne nous fais pas mourir à cause de cet homme ! Ne nous rends pas non plus responsables de la mort d’un innocent. En effet, c’est toi, SEIGNEUR, qui as fait ce que tu as voulu. »

      Michée 2

      6 Certains bavardent en me disant : « Arrête tes bavardages. On ne doit pas bavarder pour dire que nous serons sûrement couverts de honte.
      11 Et il y a des gens qui bavardent et inventent des mensonges. Ils disent : « Vous allez boire du vin et de l’alcool. » Et ces bavards annoncent encore :

      Michée 3

      5 Voici ce que le SEIGNEUR dit sur les prophètes qui trompent mon peuple : « Si on les nourrit bien ils annoncent la paix. Mais ils font la guerre à ceux qui ne leur mettent rien dans la bouche.
      12 Et pourtant, à cause de vous, Sion deviendra un champ labouré, oui, Jérusalem sera en ruine. Et la montagne du temple sera couverte de buissons d’épines.

      Michée 6

      1 Écoutez ce que le SEIGNEUR me dit : « Va faire un procès pour me défendre ! Présente mon point de vue devant les montagnes et devant les collines. »
      2 Montagnes, et vous, les fondations solides de la terre, écoutez le SEIGNEUR qui est en procès avec son peuple. Oui, le SEIGNEUR est en procès avec son peuple, il demande des comptes à Israël.
      3 Il lui dit : « Mon peuple, qu’est-ce que je t’ai fait ? En quoi est-ce que je t’ai fatigué ? Réponds-moi !
      4 Je t’ai fait sortir d’Égypte. Je t’ai délivré de l’esclavage. Je t’ai donné comme chefs Moïse, Aaron et Miriam, leur sœur. Est-ce que tu me reproches cela ?
      5 Mon peuple, souviens-toi ! Balac, le roi de Moab, voulait te faire du mal. Souviens-toi de ce que Balaam, le fils de Béor, lui a répondu. Ensuite, tu es passé de Chittim jusqu’au Guilgal. Tu as pu voir les actions extraordinaires que moi, le SEIGNEUR, j’ai faites pour toi. »
      6 « Qu’est-ce que je dois offrir quand je me mets à genoux devant le SEIGNEUR, le Dieu très-haut ? Est-ce que je dois lui offrir des jeunes taureaux et les brûler entièrement en sacrifice ?
      7 Est-ce que le SEIGNEUR veut des milliers de béliers, des milliers et des milliers de torrents d’huile ? Est-ce que je dois offrir mon fils aîné pour qu’il pardonne mes fautes et mes infidélités ? »
      8 – Le SEIGNEUR te fait savoir ce qui est bien. Voici ce qu’il demande à tout être humain : faire ce qui est juste, aimer agir avec bonté et vivre avec son Dieu dans la simplicité.
      9 Le SEIGNEUR parle aux habitants de la ville. Il sauvera ceux qui le respectent. « Écoutez, gens de la tribu de Juda, vous tous qui êtes réunis dans la ville !
      10 Dans la maison des gens mauvais, on trouve toujours des biens obtenus de façon malhonnête, et ils se servent de mesures fausses. C’est une chose horrible. Est-ce que je peux supporter cela ?
      11 Certains se servent de balances fausses et ils mettent dans leur sac des poids faussés. Est-ce que je vais juger qu’ils sont innocents ?
      12 Les riches de cette ville profitent des pauvres. Ses habitants sont des menteurs, ils ouvrent la bouche pour tromper.
      13 C’est pourquoi, j’ai commencé à vous donner des coups, à vous détruire à cause de vos péchés.
      14 Vous mangerez, mais vous aurez encore faim. Vous connaîtrez la famine. Vous mettrez de la nourriture en réserve, mais elle ne se conservera pas. Et si vous conservez quelque chose, je le détruirai par la guerre.
      15 Vous sèmerez, mais vous ne pourrez pas récolter. Vous écraserez des olives, mais vous n’utiliserez pas l’huile. Vous écraserez du raisin, mais vous ne boirez pas de vin.
      16 Vous imitez la mauvaise conduite du roi Omri, de son fils Akab et de sa famille. Vous suivez leurs façons de faire. Alors je vais détruire votre ville, et ainsi, les autres se moqueront de vous qui l’habitez. Vous serez couverts de la honte qui couvre mon peuple. »

      Michée 7

      2 Les amis de Dieu ont disparu du pays, il n’y a plus personne d’honnête. Tous cherchent une occasion pour tuer. Chacun tend un piège à son prochain.

      Nahum 1

      7 Le SEIGNEUR est bon. Il est un abri quand tout va mal. Il prend soin de ceux qui comptent sur lui,
      8 quand le malheur passe comme un torrent. Mais il détruit ses ennemis et il les chasse dans la nuit de la mort.
      9 Qu’est-ce que vous pensez du SEIGNEUR ? Lui, il détruit ses ennemis, ils ne vous écraseront pas une deuxième fois.
      10 Ils sont pareils à un buisson d’épines emmêlées, eux qui boivent comme des ivrognes. Ils seront complètement brûlés comme de la paille sèche.

      Nahum 2

      1 Habitants de Juda, un messager qui apporte une bonne nouvelle arrive sur les montagnes : il annonce la paix ! Organisez vos fêtes, tenez vos promesses envers Dieu. L’homme aux projets destructeurs ne passera plus jamais chez vous. Il n’a plus de forces.

      Nahum 3

      19 Ta défaite est définitive, tes blessures ne peuvent être guéries. Tous ceux qui reçoivent des nouvelles de toi applaudissent à ton malheur. En effet, qui n’a pas souffert de tes actions cruelles ? Elles étaient sans fin !

      Habacuc 1

      1 Voici le message que Dieu a fait connaître au prophète Habacuc dans une vision.
      2 SEIGNEUR, je vais t’appeler au secours pendant combien de temps ? Tu n’écoutes pas ! Je crie contre la violence, mais tu ne sauves pas !
      5 Le Seigneur dit : « Observez bien ce qui se passe parmi les autres peuples, soyez étonnés et très surpris ! Oui, quelque chose d’extraordinaire va arriver pendant votre vie. Si on vous raconte cela, vous ne le croirez pas !
      6 Je fais venir les Babyloniens, ce peuple violent et sans pitié. Ils vont partout sur la terre pour conquérir les régions qui ne sont pas à eux.
      11 Ils passent comme une tornade et continuent leur chemin. Pour eux, ce qui compte c’est leur force : elle est leur dieu. »
      12 Depuis toujours, c’est toi qui es le SEIGNEUR, tu es mon Dieu, tu es saint et tu ne meurs pas. SEIGNEUR, tu as choisi les Babyloniens pour nous juger. Toi, mon solide Rocher, tu les as chargés de nous punir.

      Habacuc 2

      2 Alors le SEIGNEUR m’a répondu : « Écris ce que je te fais connaître. Écris-le clairement sur des tablettes, pour qu’on le lise facilement.
      4 Écris : Celui qui a de mauvaises intentions perd ses forces. Mais celui qui est fidèle à Dieu est juste et ainsi, il a la vie.

      Zacharie 14

      8 Ce jour-là, une source jaillira de Jérusalem. La moitié de son eau coulera vers la mer Morte, l’autre moitié ira vers la Méditerranée. Elle coulera toute l’année, à la saison sèche et à la saison des pluies.

      Matthieu 5

      1 Jésus voit les foules qui sont venues. Il monte sur la montagne, il s’assoit et ses disciples viennent auprès de lui.
      2 Jésus prend la parole et il les enseigne en disant :
      3 « Ils sont heureux, ceux qui ont un cœur de pauvre, parce que le Royaume des cieux est à eux !
      4 Ils sont heureux, ceux qui pleurent, parce que Dieu les consolera !
      5 Ils sont heureux, ceux qui sont doux, parce qu’ils recevront la terre comme un don de Dieu !
      6 Ils sont heureux, ceux qui ont faim et soif d’obéir à Dieu, parce qu’ils seront satisfaits !
      7 Ils sont heureux, ceux qui sont bons pour les autres, parce que Dieu sera bon pour eux !
      8 Ils sont heureux, ceux qui ont le cœur pur, parce qu’ils verront Dieu !
      9 Ils sont heureux, ceux qui font la paix autour d’eux, parce que Dieu les appellera ses fils.
      10 Ils sont heureux, ceux qu’on fait souffrir parce qu’ils obéissent à Dieu. Oui, le Royaume des cieux est à eux !
      11 Vous êtes heureux quand on vous insulte, quand on vous fait souffrir, quand on dit contre vous toutes sortes de mauvaises paroles et de mensonges à cause de moi.
      12 Soyez dans la joie, soyez heureux, parce que Dieu vous prépare une grande récompense ! En effet, c’est ainsi qu’on a fait souffrir les prophètes qui ont vécu avant vous. »
      13 « Vous êtes le sel de toute la terre. Mais quand le sel perd son goût, comment lui rendre son bon goût ? Il ne sert plus à rien. On le jette dehors et les gens marchent dessus.
      14 « Vous êtes la lumière du monde. Quand une ville est construite sur une montagne, elle ne peut pas être cachée.
      15 Et quand on allume une lampe, ce n’est pas pour la mettre sous un seau ! Au contraire, on la met bien en haut, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
      16 De la même façon, votre lumière doit briller devant tout le monde. Alors les autres verront le bien que vous faites. Ils pourront chanter la gloire de votre Père qui est dans les cieux. »
      17 « Ne pensez pas que je suis venu pour supprimer la loi de Moïse ou l’enseignement des prophètes. Je ne suis pas venu pour les supprimer, mais pour leur donner tout leur sens.
      18 Je vous le dis, c’est la vérité : tant que le ciel et la terre dureront, on ne supprimera rien de la loi. On ne supprimera ni la plus petite lettre, ni le plus petit détail, et cela jusqu’à la fin du monde.
      19 « Supposons ceci : quelqu’un désobéit à un seul commandement, le plus petit de la loi, et il apprend aux autres à désobéir aussi. Eh bien, cette personne-là sera la plus petite dans le Royaume des cieux. Mais si quelqu’un obéit à la loi et apprend aux autres à obéir aussi, cette personne-là sera importante dans le Royaume des cieux.
      20 Oui, je vous le dis, obéissez à la loi mieux que les maîtres de la loi et que les Pharisiens. Sinon, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. »
      21 « Vous avez appris qu’on a dit à vos ancêtres : “Tu ne dois tuer personne. Celui qui tue quelqu’un, on l’amènera devant le juge.”
      22 Mais moi, je vous dis : Si quelqu’un se met en colère contre son frère ou sa sœur, on l’amènera devant le juge. Si quelqu’un dit à son frère ou à sa sœur : “Imbécile !”, on l’amènera devant le tribunal. Si quelqu’un insulte son frère ou sa sœur, cette personne mérite la terrible punition de Dieu.
      23 « Donc supposons ceci : tu viens présenter ton offrande à Dieu sur l’autel. À ce moment-là, tu te souviens que ton frère ou ta sœur a quelque chose contre toi.
      24 Alors, laisse ton offrande à cet endroit, devant l’autel. Et va d’abord faire la paix avec ton frère ou ta sœur. Ensuite, reviens et présente ton offrande à Dieu.
      25 « Quand tu es encore sur la route du tribunal avec ton adversaire, mets-toi vite d’accord avec lui. Sinon, il va te livrer au juge, le juge va te livrer à la police, et on va te jeter en prison.
      26 Je te le dis, c’est la vérité : tu ne sortiras pas de là si tu ne paies pas tout l’argent que tu dois ! »
      27 « Vous avez appris qu’on a dit à nos ancêtres : “Ne commets pas d’adultère.”
      28 Mais moi, je vous dis : celui qui regarde la femme d’un autre avec envie, celui-là, dans son cœur, a déjà couché avec cette femme.
      29 Si ton œil droit te fait tomber dans le péché, arrache-le, et jette-le loin de toi. Pour toi, il vaut mieux perdre une seule partie de ton corps. C’est mieux que de garder ton corps tout entier et d’être jeté dans le lieu de souffrance.
      30 Si ta main droite te fait tomber dans le péché, coupe-la, et jette-la loin de toi. Pour toi, il vaut mieux perdre une seule partie de ton corps. C’est mieux que de garder ton corps tout entier et d’aller dans le lieu de souffrance. »
      31 « On a dit aussi : “Celui qui renvoie sa femme doit lui remettre une lettre de divorce.”
      32 Mais moi, je vous dis : un homme ne doit pas renvoyer sa femme, sauf quand le mariage est contraire à la loi. En effet, quand un homme renvoie sa femme, il la pousse à commettre un adultère, parce qu’elle va se remarier. Et quand un homme se marie avec une femme renvoyée, il commet un adultère. »
      33 « Vous avez appris aussi qu’on a dit à vos ancêtres : “Tu ne dois pas être infidèle à tes serments. Mais tu dois faire tout ce que tu as juré devant le Seigneur.”
      34 Mais moi, je vous dis : ne faites pas du tout de serments. Ne jurez pas par le ciel, parce que c’est là que Dieu habite.
      35 Ne jurez pas par la terre, parce que c’est l’endroit où il pose ses pieds. Ne jurez pas par Jérusalem, parce que c’est la ville du Grand Roi.
      36 Et ne jure pas par ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul cheveu de ta tête blanc ou noir.
      37 Dites simplement “oui” ou “non”. Ce qu’on dit en plus vient de l’esprit du mal. »
      38 « Vous avez appris qu’on a dit : “Œil pour œil et dent pour dent.”
      39 Mais moi, je vous dis : si quelqu’un vous fait du mal, ne vous vengez pas. Au contraire, si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre joue.
      40 Si quelqu’un veut te conduire au tribunal pour prendre ta chemise, laisse-lui aussi ton vêtement.
      41 Si quelqu’un te force à faire un kilomètre à pied, fais-en deux avec lui.
      42 Quand on te demande quelque chose, donne-le. Quand on veut t’emprunter quelque chose, ne tourne pas le dos. »
      43 « Vous avez appris qu’on a dit : “Tu dois aimer ton prochain et détester ton ennemi.”
      44 Mais moi, je vous dis : aimez vos ennemis. Priez pour ceux qui vous font souffrir.
      45 Alors vous serez vraiment les enfants de votre Père qui est dans les cieux. En effet, il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons. Il fait tomber la pluie sur ceux qui se conduisent bien et sur ceux qui se conduisent mal.
      46 Si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, quelle récompense est-ce que Dieu va vous donner ? Même les employés des impôts font la même chose que vous !
      47 Et si vous saluez seulement vos frères et vos sœurs, qu’est-ce que vous faites d’extraordinaire ? Même les gens qui ne connaissent pas Dieu font la même chose que vous !
      48 Soyez donc parfaits, comme votre Père dans les cieux est parfait ! »

      Matthieu 6

      1 « Attention ! Quand vous faites ce que la loi de Dieu demande, ne le faites pas devant tout le monde pour que les gens vous regardent. Sinon, votre Père qui est dans les cieux ne vous donnera pas de récompense.
      2 « Donc, quand tu donnes de l’argent aux pauvres, ne cherche pas à te faire remarquer. Les gens faux agissent ainsi, dans les maisons de prière et dans les rues. Ils cherchent les compliments des autres. Je vous le dis, c’est la vérité : ils ont déjà leur récompense.
      3 Mais toi, quand tu donnes de l’argent aux pauvres avec ta main droite, ta main gauche ne doit pas le savoir.
      4 Ainsi, ce que tu donnes reste secret. Dieu, ton Père, voit ce que tu fais en secret et il te récompensera. »
      5 « Quand vous priez, ne faites pas comme les hommes faux. Ils aiment prier debout, dans les maisons de prière et au coin des rues, pour que tout le monde les voie. Je vous le dis, c’est la vérité : ils ont déjà leur récompense.
      6 Mais toi, quand tu veux prier, va dans la pièce la plus cachée de la maison. Ferme la porte et prie ton Père qui est là, même dans cet endroit secret. Ton Père voit ce que tu fais en secret et il te récompensera.
      7 « Quand vous priez, ne parlez pas sans arrêt, comme ceux qui ne connaissent pas Dieu. Ils croient que Dieu va les écouter parce qu’ils parlent beaucoup.
      8 Ne faites pas comme eux. En effet, votre Père sait ce qu’il vous faut, avant que vous le demandiez. »
      9 « Vous devez donc prier de cette façon : “Notre Père qui es dans les cieux, ton nom est saint. Fais que tout le monde le connaisse !
      10 Fais venir ton Royaume. Fais que ta volonté se réalise sur la terre comme dans le ciel.
      11 Donne-nous aujourd’hui le pain qu’il nous faut.
      12 Pardonne-nous le mal que nous avons commis, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont fait du mal.
      13 Et ne permets pas que nous soyons tentés. Mais libère-nous de l’esprit du mal.”
      14 « En effet, si vous pardonnez leurs fautes aux autres, votre Père qui est dans les cieux vous pardonnera aussi.
      15 Mais si vous ne pardonnez pas aux autres, votre Père ne vous pardonnera pas vos fautes non plus. »
      16 « Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air triste comme les gens faux. Ils changent de visage, pour que tout le monde voie qu’ils jeûnent. Je vous le dis, c’est la vérité : ils ont déjà leur récompense.
      17 Mais toi, quand tu jeûnes, lave-toi le visage et parfume-toi la tête.
      18 Ainsi, tu ne montreras pas aux autres que tu jeûnes. Mais ton Père le verra, lui qui est là dans cet endroit secret. Ton Père voit ce que tu fais en secret et il te récompensera. »
      19 « Ne cherchez pas à posséder beaucoup de richesses sur la terre. Là, les insectes et la rouille détruisent tout. Les voleurs entrent dans les maisons et ils volent.
      20 Mais cherchez à posséder beaucoup de richesses auprès de Dieu. Là, les insectes et la rouille ne détruisent rien, les voleurs n’entrent pas et ils ne peuvent pas voler.
      21 Oui, là où tu mets tes richesses, c’est là aussi que tu mettras ton cœur. »
      22 « Les yeux sont la lampe du corps. Donc, si tes yeux ne sont pas malades, ton corps tout entier est dans la lumière.
      23 Mais si tes yeux sont malades, ton corps tout entier est dans la nuit. Alors, si la lumière qui est en toi est comme la nuit, ta nuit est bien noire ! »
      24 « Personne ne peut servir deux maîtres. En effet, ou bien il détestera l’un et il aimera l’autre, ou bien il sera fidèle à l’un et il méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent ! »
      25 « C’est pourquoi je vous dis : ne vous faites pas de souci pour votre vie ni pour votre corps. Ne vous demandez pas : “Qu’est-ce que nous allons manger ? Avec quoi est-ce que nous allons nous habiller ?” Oui, votre vie est plus importante que la nourriture, et votre corps est plus important que les vêtements.
      26 Regardez les oiseaux. Ils ne sèment pas, ils ne moissonnent pas. Ils ne mettent pas de récoltes dans les greniers. Et votre Père qui est dans les cieux les nourrit ! Vous valez beaucoup plus que les oiseaux !
      27 « Ce n’est pas en vous faisant du souci que vous pouvez ajouter un seul jour à votre vie !
      28 Pourquoi alors vous faire du souci pour les vêtements ? Observez les fleurs des champs, regardez comment elles poussent. Elles ne filent pas et elles ne tissent pas.
      29 Pourtant, je vous le dis : même Salomon, avec toute sa richesse, n’a jamais eu de vêtements aussi beaux qu’une seule de ces fleurs.
      30 L’herbe est aujourd’hui dans les champs, et demain on la jettera au feu. Et pourtant, Dieu l’habille de vêtements magnifiques. Vous qui n’avez pas beaucoup de foi, vous pouvez être sûrs d’une chose : Dieu en fera au moins autant pour vous !
      31 « Ne soyez pas inquiets en vous demandant : “Qu’est-ce que nous allons manger ? Qu’est-ce que nous allons boire ? Avec quoi est-ce que nous allons nous habiller ?”
      32 En effet, les gens qui ne connaissent pas Dieu cherchent tout cela sans arrêt. Vous avez besoin de toutes ces choses, et votre Père qui est dans les cieux le sait bien.
      33 Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et ce que Dieu demande. Il vous donnera tout le reste en plus.
      34 « Donc, ne vous faites pas de souci pour demain. Demain se fera du souci pour lui-même. La fatigue d’aujourd’hui suffit pour aujourd’hui ! »

      Matthieu 7

      1 « Ne jugez pas les autres, et Dieu ne vous jugera pas.
      2 En effet, Dieu vous jugera comme vous jugez les autres. Et il vous donnera comme vous donnez aux autres !
      3 Tu regardes le bout de paille qui est dans l’œil de ton frère. Mais le tronc d’arbre qui est dans ton œil, tu ne le remarques pas ! Pourquoi donc ?
      4 Comment peux-tu dire à ton frère : “Laisse-moi enlever le bout de paille qui est dans ton œil” ? Et toi, tu as un tronc d’arbre dans le tien !
      5 Homme faux ! Enlève d’abord le tronc d’arbre qui est dans ton œil ! Ensuite, tu verras assez clair pour enlever le bout de paille dans l’œil de ton frère ! »
      6 « Ne donnez pas aux chiens ce qui est à Dieu. Ils peuvent se retourner contre vous pour vous déchirer. Ne jetez pas vos perles précieuses devant les cochons. Ils peuvent les écraser en marchant dessus. »
      7 « Demandez, et on vous donnera. Cherchez, et vous trouverez. Frappez à la porte, et on vous ouvrira.
      8 Oui, celui qui demande reçoit. Celui qui cherche trouve. Et si quelqu’un frappe à la porte, on lui ouvre.
      9 Quand votre enfant vous demande du pain, qui parmi vous lui donne une pierre ?
      10 Quand il vous demande du poisson, qui lui donne un serpent ?
      11 Vous, vous êtes mauvais, et pourtant, vous donnez de bonnes choses à vos enfants. Alors, ceci est encore plus sûr : votre Père qui est dans les cieux donnera de bonnes choses à ceux qui les lui demandent. »
      12 « Faites pour les autres tout ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous. Voilà ce que la loi de Moïse et les livres des prophètes commandent. »
      13 « Entrez par la porte étroite. En effet, la porte qui ouvre sur la mort est large, et le chemin pour y aller est facile. Beaucoup de gens passent par là.
      14 Mais la porte qui ouvre sur la vie est étroite, et le chemin pour y aller est difficile. Ceux qui le trouvent ne sont pas nombreux. »
      15 « Faites attention aux faux prophètes ! Ils viennent à vous, habillés avec des peaux de moutons. Mais au-dedans, ce sont des loups féroces.
      16 Vous les reconnaîtrez en voyant ce qu’ils font. On ne cueille pas du raisin sur des cactus ! On ne cueille pas des figues sur des plantes piquantes !
      17 Oui, un bon arbre produit de bons fruits, un arbre malade produit de mauvais fruits.
      18 Un bon arbre ne peut pas produire de mauvais fruits, et un arbre malade ne peut pas produire de bons fruits.
      19 Quand un arbre ne produit pas de bons fruits, on le coupe et on le jette dans le feu.
      20 Donc, vous reconnaîtrez les faux prophètes en voyant ce qu’ils font. »
      21 « Pour entrer dans le Royaume des cieux, il ne suffit pas de me dire : “Seigneur, Seigneur !” Il faut aussi faire la volonté de mon Père qui est dans les cieux.
      22 Quand je viendrai pour juger les gens, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, c’est en ton nom que nous avons parlé, c’est en ton nom que nous avons chassé les esprits mauvais ! C’est en ton nom que nous avons fait de nombreux miracles !”
      23 Alors je leur dirai : “Je ne vous ai jamais connus. Allez-vous-en loin de moi, vous qui faites le mal !” »
      24 « Celui qui écoute toutes ces paroles et m’obéit, celui-là ressemble à un sage. Le sage construit sa maison sur de la pierre.
      25 La pluie tombe, les rivières débordent, les vents soufflent et se jettent contre la maison. La maison ne tombe pas, parce qu’on a posé ses fondations sur de la pierre.
      26 Mais celui qui écoute mes paroles et ne fait pas ce que je dis, celui-là ressemble à quelqu’un de stupide. Celui qui est stupide construit sa maison sur le sable.
      27 La pluie tombe, les rivières débordent, les vents soufflent et frappent la maison. La maison tombe et elle est complètement détruite. »
      28 Quand Jésus a fini de dire toutes ces paroles, les foules sont très étonnées par sa façon d’enseigner.
      29 En effet, il ne fait pas comme les maîtres de la loi, mais il enseigne avec l’autorité que Dieu lui donne.

      Matthieu 12

      39 Jésus leur répond : « Les gens d’aujourd’hui sont mauvais et infidèles à Dieu, ils demandent un miracle. Mais les gens verront un seul miracle : ce qui est arrivé au prophète Jonas.

      Matthieu 13

      57 Et cela les empêche de croire en Jésus. Jésus leur dit : « Un prophète est respecté partout, sauf dans sa ville et dans sa maison. »

      Matthieu 16

      14 Ils lui répondent : « Les uns disent que tu es Jean-Baptiste. D’autres disent que tu es Élie. D’autres encore disent que tu es Jérémie ou l’un des autres prophètes. »

      Matthieu 23

      8 Mais vous, ne vous faites pas appeler “Maître”. En effet, vous avez un seul Maître et vous êtes tous frères.
      12 Celui qui veut être au-dessus des autres recevra la dernière place. Et celui qui prend la dernière place sera mis au-dessus des autres. »
      37 « Habitants de Jérusalem ! Habitants de Jérusalem ! Vous faites mourir les prophètes et vous tuez ceux que Dieu vous envoie en leur jetant des pierres. Très souvent, j’ai voulu vous rassembler, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, mais vous n’avez pas voulu.

      Luc 2

      34 Siméon les bénit et il dit à Marie, la mère de Jésus : « À cause de ton enfant, beaucoup en Israël vont tomber ou se relever. Il sera un signe de Dieu, mais les gens le rejetteront.

      Luc 19

      46 Il leur dit : « Dans les Livres Saints, Dieu a dit : “Ma maison sera une maison de prière.” Mais vous, vous en avez fait un abri pour les voleurs ! »

      Luc 22

      25 Jésus leur dit : « Les rois des peuples les commandent comme des chefs, et ceux qui ont le pouvoir sur eux veulent qu’on les appelle “amis du peuple”.

      Jean 4

      14 Mais s’il boit l’eau que je lui donnerai, il n’aura plus jamais soif. Au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source, et cette source donne la vie avec Dieu pour toujours. »
      21 Jésus lui répond : « Crois-moi, le moment arrive où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.

      Jean 7

      37 Le dernier jour de la fête est le plus important. Ce jour-là Jésus, debout, dit d’une voix forte : « Si quelqu’un a soif, il peut venir à moi et boire.

      Jean 12

      32 Et moi, quand on me placera en haut, au-dessus de la terre, j’attirerai à moi tous les êtres humains. »

      Romains 1

      17 En effet, la Bonne Nouvelle montre ceci : Dieu reconnaît les êtres humains comme justes quand ils croient en lui, et cette foi suffit. Oui, dans les Livres Saints, on lit : « Celui qui croit en Dieu est juste, et ainsi, il aura la vie. »

      Romains 12

      2 Ne suivez pas les coutumes du monde où nous vivons, mais laissez Dieu vous transformer en vous donnant une intelligence nouvelle. Ainsi, vous pourrez savoir ce qu’il veut : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait.
      15 Soyez dans la joie avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent.

      Galates 3

      11 Personne ne devient juste devant Dieu par la loi, c’est clair ! On lit aussi : « Celui qui croit en Dieu est juste, et ainsi, il aura la vie. »

      Colossiens 3

      11 Maintenant, il n’y a plus des non-Juifs et des Juifs, des circoncis et des non-circoncis. Il n’y a plus des étrangers, des non-civilisés. Il n’y a plus des esclaves et des personnes libres. Mais il y a le Christ : il est tout et il est en tous.

      Hébreux 10

      38 Dieu dit : « Celui qui croit en moi est juste, et par là, il aura la vie. Mais s’il retourne en arrière, je ne mettrai plus ma joie en lui. »

      Apocalypse 6

      16 Ils disent aux montagnes et aux rochers : « Tombez sur nous. Cachez-nous loin de celui qui est assis sur le siège royal. Cachez-nous loin de la colère de l’Agneau.

      Apocalypse 21

      1 Ensuite, je vois un ciel nouveau et une terre nouvelle. En effet, le premier ciel et la première terre ont disparu, la mer n’existe plus.
      2 Et je vois la ville sainte, la Jérusalem nouvelle. Elle descend du ciel, envoyée par Dieu. Elle s’est faite belle comme une jeune mariée qui attend son mari.
      3 Alors j’entends une voix forte qui vient du siège royal. Elle dit : « Maintenant, la maison de Dieu est au milieu des êtres humains. Il va habiter avec eux. Ils seront ses peuples, Dieu lui-même sera avec eux et il sera leur Dieu.
      4 Il essuiera toutes les larmes de leurs yeux. La mort n’existera plus, il n’y aura plus ni deuil, ni cris, ni souffrance. Oui, le monde ancien a disparu. »
      5 Celui qui est assis sur le siège royal prend la parole et dit : « Maintenant, je transforme ce qui existe, tout devient nouveau. » Puis il ajoute : « Écris : “Ces paroles sont sûres et vraies.” »
      6 Et il me dit : « Maintenant c’est fait ! Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Celui qui a soif, je lui donnerai à boire gratuitement de l’eau de la source qui donne la vie.
      7 Le vainqueur recevra tout cela en partage. Je serai son Dieu et lui sera mon fils.
      8 Mais voici ceux qui iront dans le lac plein de feu et de poussière brûlante : les lâches, ceux qui n’ont pas été fidèles, ceux qui commettent des actions horribles, les assassins, les gens immoraux, les sorciers, ceux qui adorent les faux dieux, tous les menteurs. Pour ces gens-là, c’est la deuxième mort. »
      9 Et voici l’un des sept anges qui tiennent les sept coupes, pleines des sept derniers grands malheurs. Il vient me dire : « Viens, je vais te montrer la jeune mariée, celle que l’Agneau a choisie pour lui. »
      10 L’Esprit Saint vient en moi et il me transporte sur une grande montagne. Elle est très haute. Il me montre la ville sainte, Jérusalem qui descend du ciel, envoyée par Dieu.
      11 La gloire de Dieu l’éclaire de sa lumière. Elle brille comme une pierre précieuse, comme une pierre verte aussi transparente que du verre.
      12 Les murs de la ville sont hauts et épais. La ville a 12 portes, et 12 anges les gardent. Sur les portes, des noms sont écrits, ce sont les noms des 12 tribus du peuple d’Israël.
      13 Il y a trois portes de chaque côté de la ville : trois à l’est, trois au nord, trois au sud, trois à l’ouest.
      14 Les murs de la ville sont posés sur 12 pierres de fondation, et sur ces pierres, il y a les noms des 12 apôtres de l’Agneau.
      15 L’ange qui me parle tient quelque chose pour mesurer : c’est un roseau en or. Il mesure la ville, ses portes et ses murs.
      16 La ville est carrée : sa longueur est égale à sa largeur. L’ange la mesure avec le roseau : il y a 12 000 mesures en longueur, en largeur et en hauteur.
      17 L’ange mesure les murs : 144 mesures. L’ange utilise les mesures habituelles.
      18 Les murs de la ville sont construits en pierres précieuses vertes. La ville est en or pur, aussi transparent que du verre.
      19 Les pierres de fondation qui portent les murs de la ville sont décorées avec des pierres précieuses de toutes sortes. La première pierre de fondation est une pierre précieuse verte, la deuxième est bleue, la troisième a plusieurs couleurs. La quatrième est bleu-vert,
      20 la cinquième est rouge comme le sang, la sixième est rouge foncé. La septième est vert clair, la huitième est rose, la neuvième est jaune. La dixième est jaune-vert, la onzième est rouge-orange, la douzième est violette.
      21 Les 12 portes sont 12 perles, et chaque porte est faite d’une seule perle. La place de la ville est en or pur transparent comme du verre.
      22 Mais dans la ville, je ne vois pas de temple, parce que son temple, c’est le Seigneur, le Dieu tout-puissant, ainsi que l’Agneau.
      23 Pour être éclairée, la ville n’a pas besoin du soleil ni de la lune. La gloire de Dieu l’éclaire, et sa source de lumière, c’est l’Agneau.
      24 Les peuples marcheront éclairés par sa lumière, les rois de la terre apporteront leurs richesses à la ville.
      25 Ses portes ne seront jamais fermées, parce que dans cette ville, il n’y aura plus de nuit.
      26 Là, on apportera les richesses et les trésors des peuples.
      27 Rien d’impur ne pourra entrer dans cette ville, les gens qui commettent des actions horribles et les menteurs n’y entreront pas non plus. Mais ceux qui ont leur nom écrit dans le livre de vie de l’Agneau, ceux-là seulement pourront y entrer.
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