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EZÉCHIEL (Prophète)

Définition biblique de Ezéchiel :

Ézéchiel fut par excellence le prophète des Juifs exilés en Babylonie. Selon toute vraisemblance, Ézéchiel faisait partie du convoi des déportés lors de la première prise de Jérusalem par les Caldéens. Par son influence sur cette élite, il dirigea les destinées d'Israël dans une des périodes les plus critiques de son histoire.

Sommaire

I. LE PROPHÈTE DE LA DIASPORA.

Ézéchiel fut par excellence le prophète des Juifs exilés en Babylonie. Son contemporain est Ésaïe. II est resté un prophète anonyme et sans ministère proprement dit. Ézéchiel, vivant au milieu des exilés, dans ce qui fut sans doute le principal centre de leur captivité, à Tel-Abib, exerça sur eux une action directe.

On ne saurait s'exagérer l'importance de la première prise de Jérusalem par les Caldéens en 597, sous le règne du malheureux Jéhojakin (appelé par Jérémie Jéconia). Élie marqua en réalité la fin de l'indépendance de Juda, dont le dernier roi, Sédécias, fut vassal de Babylone. Avec Jéhojakin, 10.000 Judéens, composant l'élite de la nation, partirent pour l'exil : Jérusalem fut vidée de tous ses meilleurs éléments, jusqu'à décourager ceux qui demeuraient ; Jérémie les compare à une corbeille de figues gâtées, tandis qu'il voit la corbeille de figues saines transportée au loin.

Selon toute vraisemblance, Ézéchiel faisait partie du convoi des déportés et, par son influence sur cette élite, dirigea les destinées d'Israël dans une des périodes les plus critiques de son histoire, à une époque où l'axe de la population juive et de la pensée hébraïque semblait se déplacer de plus en plus vers l'Orient.

On a trop méconnu jusqu'ici l'importance de la Diaspora (voir ce mot) israélite, oublié que l'Orient avait déjà recueilli et en quelque sorte absorbé un gros effectif des Israélites des Dix Tribus, après la ruine de Samarie, tandis que la seconde prise de Jérusalem allait achever l'oeuvre de la première, en réduisant en désert la cité sainte. Dès lors, malgré les efforts de Jérémie et des fidèles yahvistes restés en Judée, c'est principalement en pays assyro-baby-lonien que vont se développer la vie nationale et la vie religieuse d'Israël, en attendant la période de la restauration.

L'action d'Ézéchiel ne s'est pas limitée au seul groupe des Judéens de Tel-Abib, mais s'est étendue à toute la Diaspora, désignée par lui sous ce terme général : la maison d'Israël. Sa prophétie sur les deux soeurs Ohola et Oholiba (Eze 23), qui fait écho à celle de Jérémie (Jer 3:6 et suivants), montre qu'il ne séparait pas dans ses préoccupations religieuses le sort des Dix Tribus de celui de Juda et semble prouver que ses oracles pouvaient parvenu : aux déportés d'Assyrie. Dans les limites qui leur étaient assignées et qui nous paraissent n'avoir été ni très étroites ni très rigoureuses, les exilés avaient pu s'organiser selon leurs coutumes et jouissaient d'une véritable autonomie. Les conseils de Jérémie, transmis par sa Lettre aux captifs (Jer 29), étaient suivis docilement et des maisons se construisaient ; les champs de Tel-Abib (=monceau de gerbes) donnaient d'abondantes récoltes, le peuple prospérait sous la direction de ses anciens. Tel-Abib faisait figure de communauté religieuse, groupée autour de ses prêtres et de ses prophètes ; et là comme à Jérusalem il y avait prophète et prophète : (cf. Jer 29:15) les uns, anciens associés du Temple et flatteurs de la cour, poursuivant leur même carrière lucrative sur la terre étrangère ; les autres, dont Ézéchiel était le vrai représentant, fidèles à l'attitude et à la doctrine de Jérémie, continuant sa lutte contre les premiers au nom de la liberté de la prophétie. L'ascendant d'Ézéchiel fera passer au second plan et disparaître peu à peu les faux prophètes ; mais l'influence des prêtres, à la caste desquels Ézéchiel appartenait par sa naissance, sera plus tenace et grandira avec les premières espérances de la libération, jusqu'à inspirer au prophète sa vision du temple restauré, dont nous aurons à déterminer le vrai caractère.

La personnalité et l'oeuvre d'Ézéchiel ressortent de ses discours et de tous les détails fournis par son livre avec un relief saisissant. Faire d'Ézéchiel avant tout un prophète écrivain était une erreur, de laquelle on est complètement revenu. Ses actes symboliques destinés au peuple, ses entretiens avec les anciens qui viennent fréquemment le consulter, ses relations avec Jérusalem dont il reste exactement informé, manifestent une grande activité et feront de lui, surtout après la nouvelle de la ruine de la cité sainte, le véritable chef de la communauté de Tel-Abib.

II. LE PROPHÈTE CONSOLATEUR. 

Cette catastrophe marque ainsi, dans sa vie comme dans son livre, dans sa pensée comme dans son message, une coupure très nette. De même que Jérémie, lors de sa vocation, avait reçu l'ordre « d'arracher et de démolir », mais ensuite « de bâtir et de planter », Ézéchiel, après avoir, en sentinelle vigilante, averti les Judéens du danger imminent, arraché courageusement et presque brutalement leurs illusions, devint le prophète consolateur dont les visions ne se rapportent plus à un passé coupable ou à un présent ignominieux, mais à un avenir de relèvement moral et de résurrection spirituelle. L'auteur des invectives contre les deux soeurs, également adultères et criminelles (Eze 23:45), deviendra presque sans transition le visionnaire de la revivification des os secs (Eze 37) et de la Jérusalem restaurée (Eze 40 ss).

III. L'ORGANISATION DU LIVRE D’ÉZÉCHIEL.

Le déroulement de la vie et de l'oeuvre d'Ézéchiel nous est bien facilité par l'ordre qui règne dans tout le cours de son livre. Les discours ou les récits sont nettement délimités et se suivent (sauf quelques inversions sans importance) dans l'ordre chronologique. Ils portent la date de l'année, du mois et du jour de leur composition et ces dates sont fort nombreuses. Les suscriptions qui les fournissent sont toutes de la main d'Ézéchiel, suivant une formule invariable : « La parole de l'Éternel me fut adressée en ces mots... » Le cachet d'authenticité en est indéniable et nous n'avons pas, comme pour le livre de Jérémie, à faire le départ entre ce qui émane du prophète lui-même et ce qui a été ajouté par son biographe Baruc ou quelque autre rédacteur.

Le livre d'Ézéchiel ne porte aucun titre général. Dans la suscription du premier discours s'est glissée une notice explicative émanant d'un rédacteur (Eze 1:2 et suivant). Cette notice est destinée à nous renseigner sur le nom et la personnalité du prophète qui a déjà pris la parole pour introduire le récit de sa vocation. Nous n'avons aucun motif de mettre en doute ses données. Nous apprenons qu'il s'agit d'Ézéchiel (hébreu Jehêzeqèl =Dieu fortifie), fils du sacrificateur Bouzzi ; que le fleuve Kébar, mentionné par lui (verset 1) comme côtoyant la résidence des captifs, était situé dans le pays des Caldéens ; et que sa vocation eut lieu en la cinquième année de la captivité du roi Jéhojakin. Cette date est confirmée par le prophète lui-même, qui place son discours suivant en la sixième année et poursuivra son énumération jusqu'à la vingt-septième (Eze 29:17, cf. Eze 40:1, « la vingt-cinquième année de notre exil »). D'autre part Ézéchiel, dès ses premiers mots, situe sa vocation en la trentième année (Eze 1:1), ce qui, malgré toutes les tentatives pour trouver une autre explication, ne peut se rapporter qu'à son âge.

Ézéchiel avait donc vingt-cinq ans lorsqu'il quitta Jérusalem où, selon toute probabilité, il était disciple de Jérémie. La tradition rabbinique, selon laquelle Jérémie était son père, sous prétexte que le nom de Bouzzi (=le méprisé) pourrait s'appliquer à ce prophète, est invraisemblable et se heurte au texte formel où Jérémie mentionne l'ordre de Dieu lui interdisant de se marier (Jer 16:2). Nous savons par contre qu'Ézéchiel était marié et que sa femme mourut à la veille de la ruine de Jérusalem (Eze 24:18), sans qu'il soit fait allusion à des enfants nés de ce mariage. Le ministère d'Ézéchiel, commencé à l'âge de trente ans, dura au moins vingt-deux ans et se déroula tout entier à Tel-Abib, sur les bords du fleuve Kébar (probablement un fleuve artificiel, le grand canal appelé Kabarou dans les inscriptions d'Artaxerxès I er).

Le livre d'Ézéchiel se divise nettement en quatre parties :

Vision inaugurale et prophéties antérieures au siège de Jérusalem (1 à 24) ;

Prophéties sur les nations (25 à 32) ;

Prophéties postérieures à la ruine de Jérusalem (33 à 39) ;

Vision de la Jérusalem restaurée (40 à 48).

Comme dans la plupart des autres livres prophétiques, les prophéties sur les nations sont toutes rassemblées, quelle que soit leur date, et forment une section spéciale, qui chez Amos se trouve au début, chez Ésaïe au centre, chez Jérémie à la fin. Ici, cette section a été insérée entre les deux séries de discours qui occupent presque toute la durée du ministère d'Ézéchiel et remplit l'intervalle de deux ans environ pendant lequel le prophète garda un silence angoissé dans l'attente de la catastrophe inévitable.

IV. LA PREMIÈRE PHASE DU MINISTÈRE D’ÉZÉCHIEL.

La vision d'Ézéchiel se présente comme un frontispice grandiose, qui imprime sa marque à tout le livre. L'influence des grands monuments babyloniens s'y fait peut-être sentir dans la description des Keroubim (chérubins), mais il s'y trouve en une bien plus forte mesure des souvenirs authentiquement israélites : le récit de la vocation d'Ésaïe où les Séraphins entourent le trône de Dieu et la vision des 70 anciens qui au pied du Sinaï purent voir le Dieu d'Israël à travers une voûte de saphir transparent (Ex 24:10). Ézéchiel voit venir du nord, poussé par un vent impétueux, un char, semblable au char de feu qui avait emporté, le prophète Élie, traîné par quatre êtres composites et mystérieux (les Keroubim), supportant un dôme de cristal, au travers duquel apparaît sur un trône de saphir, dans la lumière de l'arc-en-ciel, une forme humaine, image glorieuse de Jéhovah. Dès lors Ézéchiel sera hanté par cette gloire de Dieu, qui lui apparaîtra une seconde fois sous la même forme (Eze 3) et à diverses reprises sous d'autres aspects. Cette gloire le terrifie et le jette dans la poussière, mais Dieu le relève pour lui faire entendre debout le message dont il est désormais chargé. Le message est écrit du doigt de Dieu sur un rouleau que le prophète est invité à dévorer et qui, malgré l'amertume de son contenu, lui semble doux comme du miel.

Ainsi, dès sa vocation, Ézéchiel connaît la douceur de l'obéissance : il ne sera qu'un instrument docile et humble, un Fils de l'homme sous la main de son Dieu. Cependant, comme Jérémie, il aura à lutter, car Dieu qualifie durement les Israélites : ils sont une « famille de rebelles » (expression qui revient souvent dans les discours) ; ils s'endurciront, mais « qu'ils écoutent ou qu'ils n'écoutent pas », ils sauront qu'un prophète est au milieu d'eux.

Sept jours après sa vocation, la parole de l'Éternel lui est adressée pour ajouter encore à la gravité de|son ministère en lui exposant toute la responsabilité qui incombe au prophète. Établi comme sentinelle sur la « maison d'Israël », il devra avertir les coupables et, si un coupable meurt dans ses péchés sans être averti, c'est au prophète que l'Éternel redemandera son sang.

Ézéchiel inaugure son ministère par deux actions symboliques : le plan de Jérusalem assiégée, gravé sur une tablette d'argile et qu'il montre à tous ses visiteurs (Eze 4), la chevelure coupée et dispersée (Eze 5). Deux discours (Eze 6 et Eze 7) en donnent l'explication : la révolte de Sédécias, vassal de Babylone, sera la cause de nouveaux malheurs.

En la sixième année de sa captivité, Ézéchiel fut transporté par l'Esprit à Jérusalem, pour être témoin de tous les cultes idolâtriques qui se célébraient dans le temple. Il vit au portail septentrional l'idole de la jalousie (la statue d'Astarté établie par Jojakim), et, dans des salles dissimulées, les anciens faisant fumer l'encens devant les images peintes sur la muraille, des femmes pleurant la mort de Thammouz (Adonis) ; enfin, dans le parvis, des adorateurs du soleil. Alors la gloire de l'Éternel, telle qu'il l'avait contemplée lors de sa vocation, lui apparut et, quittant le temple, se retira vers la montagne des Oliviers.

Ramené en Caldée, Ézéchiel simule un départ hâtif en sortant de sa maison par un trou percé dans la muraille : ainsi Sédécias sera obligé de fuir hors des murs de Jérusalem. Nous voyons ici commencer la lutte contre les faux prophètes qui entretiennent les illusions du peuple (Eze 13). Une visite des anciens est l'occasion de plusieurs discours (Eze 14 ss), où Ézéchiel affirme que Jérusalem est perdue ; quand il s'y trouverait des justes comme Noé, Daniel et Job, elle ne serait pas sauvée. Trois allégories illustrent cette sentence : Jérusalem est comparée au bois de la vigne qui, s'il ne répond pas à sa mission : porter les plus beaux fruits, est absolument inutilisable. L'histoire d'Israël est racontée sous l'emblème d'une prostituée (Eze 16) et son sort est décrit dans la parabole des deux grands aigles (la Caldée et l'Egypte). Une complainte sur les princes d'Israël termine cette section.

En là septième année, consulté par les anciens, Ézéchiel leur expose l'histoire des infidélités d'Israël, cause des malheurs qui s'approchent ; mais il tourne leurs regards vers un avenir meilleur, où ceux qui reviendront en Sion ne profaneront plus la montagne sainte et où l'Éternel sera « sanctifié par eux aux yeux des nations » (Eze 20). Bientôt on apprend que les armées sont en marche pour l'action décisive ; toutefois deux chemins s'offrent à elles. Ézéchiel en instruit ses visiteurs par une carte où deux routes sont tracées, l'une vers Rabbat-Ammon (TransJordanie), l'autre directement vers Jérusalem. Puis il prononce l'anathème sur la ville sanguinaire et souillée qui ne mérite plus que la fureur de l'Éternel (Eze 22). La grande prophétie sur les deux soeurs termine cette section (Eze 23).

Deux ans après, en la neuvième année, au dixième mois, à la nouvelle que le siège est mis devant Jérusalem, Ézéchiel prononce de nouvelles lamentations. A ce moment sa femme meurt soudainement ; mais, malgré sa douleur, Dieu lui interdit les larmes et le deuil. Désormais le silence lui est ordonné jusqu'au jour où un messager lui annoncera la catastrophe attendue.

Ce fut sans doute pendant cette période d'inactivité qu'Ézéchiel composa la plupart de ses oracles sur les nations étrangères, particulièrement ses oracles contre Tyr, que réjouissait la perspective d'une prospérité grandissante à la faveur de l'abaissement de Jérusalem, et contre l'Egypte coupable d'avoir entraîné Sédécias à la révolte.

V. LA SECONDE PHASE DU MINISTÈRE D’ÉZÉCHIEL.

La seconde phase du ministère d'Ézéchiel est inaugurée par une nouvelle consécration (Eze 33). Le prophète entend la voix de Dieu lui rappeler, presque dans les mêmes termes qu'au début, ses devoirs de sentinelle, établie pour détourner le méchant de sa mauvaise voie. Toutefois, à la foule des visiteurs qui se pressent chez lui, dès la nouvelle de la ruine de Jérusalem, c'est un langage assez différent qu'il va tenir. Si sa bouche, qui s'est rouverte, prononce encore des anathèmes, c'est plutôt contre les chefs, les mauvais bergers, qui se paissaient eux-mêmes au lieu de paître le troupeau de l'Éternel, tellement que les brebis se sont dispersées. Mais l'Éternel les rassemblera et sera lui-même leur pasteur : il sera leur Dieu ; et David, son serviteur, sera prince au milieu d'elles.

L'espérance messianique s'offre d'emblée pour la consolation des exilés ; elle inspirera encore son discours de reproches contre Édom, dont on sut à Tel-Abib l'attitude haineuse lors de la prise de Sion, et un peu plus tard sa grande prophétie sur Gog, où de grands mouvements de peuples sont décrits comme un présage de délivrance. Élie se traduira surtout par la promesse (Eze 36:16 et suivants) d'une purification du peuple, et par la vision célèbre de la résurrection des os secs (Eze 37). Sous le souffle de l'Esprit, Israël se lèvera de son sépulcre, comme une grande armée, pour reprendre son rang et pour sanctifier 4e nom de l'Éternel aux yeux des nations.

La description de Jérusalem restaurée (Eze 40 à Eze 48) se place quatorze ans après la ruine de la ville, en la vingt-cinquième année de la captivité d'Ézéchiel. Il s'agit d'une vision proprement dite, Ézéchiel étant, comme jadis, transporté par l'Esprit au pays d'Israël et conduit à travers la nouvelle ville par un ange tenant à la main un cordeau et une canne d'arpenteur. L'ange lui fait visiter le Temple, dont il fournit toutes les mesures. Le prophète, parvenu à la porte orientale, d'où la gloire de l'Éternel avait quitté le sanctuaire (Eze 11:24), assiste au retour de cette théophanie et à la fermeture de la porte, preuve que l'Éternel n'abandonnera pas le second Temple. Il reçoit des instructions détaillées sur le sacerdoce, sur le prince, sur les offrandes du peuple, sur le partage du pays entre les douze tribus d'Israël..

Ce n'est pas par un artifice littéraire et pour donner meilleure couleur à des lois peut-être trop rigoureuses qu'Ézéchiel les a attribuées à une vision : c'est parce qu'en réalité tout ce qui remplit cette dernière partie de son livre était le fruit d'une vision prophétique de même nature que les précédentes. Il n'a pas cessé d'être prophète pour se muer en législateur. Il reste prophète lorsqu'il rêve d'une organisation nouvelle du sacerdoce, de la royauté et du peuple.

Il est facile de relever la part de symbolisme que renferment la plupart des dispositions nouvelles. Le symbolisme apparaît déjà dans la position idéale de la ville, située sur une montagne au milieu du pays et exposée au midi. On le reconnaît aussi dans le partage idéal du pays entre les douze tribus, suivant des bandes parallèles d'égale dimension, partage qui, s'il avait pu se réaliser, aurait été fort injuste, mais qui symbolise l'égalité parfaite et la réconciliation définitive de tous les fils de Jacob ; enfin dans le groupement autour de la ville des propriétés du prince et du sacerdoce.

Ézéchiel reste le prédicateur de l'esprit nouveau (Eze 36:26). C'est en vertu d'un esprit nouveau que le Temple reconstruit ne présentera plus la distinction du lieu saint et du lieu très-saint ; que les chérubins ne seront plus cachés derrière le voile, mais orneront tout le pourtour du Temple ; que tous les prêtres devront se maintenir dans un état de pureté jadis exigé du seul grand-prêtre. C'est encore en vertu d'un esprit nouveau que la royauté fera place à un prince qui assumera la responsabilité et les. charges du culte, unissant en sa personne le pouvoir civil et le caractère religieux.

Les préoccupations d'Ézéchiel sont, malgré les apparences, d'ordre religieux plutôt qu'ecclésiastique. On a été trop impressionné par la multiplicité des règlements relatifs au sacerdoce et on a mal interprété ses dispositions au sujet des lévites. En réalité, Ézéchiel n'a pas préconisé une distinction entre prêtres et lévites, qui, selon Néhémie (Ne 12:1), existait déjà de son temps, ni cherché à rabaisser la classe des lévites en lui assignant un rôle inférieur. Son but était de châtier les lévites infidèles, ceux qui avaient pactisé avec l'idolâtrie du peuple (cf. la vision du ch. 8) et qui « s'étaient détournés de Dieu quand Israël s'égarait » (Eze 44:10). Ce sont ces lévites infidèles qui seront réduits à des emplois subalternes, en expiation de leur faute. Seuls seront dignes de la prêtrise les « fils de Tsadok » (Eze 44:15), les fils spirituels de ce Tsadok qui, au point de vue sacerdotal, symbolise la fidélité à l'Eternel (1Ro 1:8 2:35), comme David est le symbole du roi fidèle.

Le sacerdoce et le temple ainsi purifiés, la gloire de l'Éternel y rentrera pour toujours (Eze 43:7). Une source, qui jaillira sous la porte orientale, deviendra bientôt un fleuve profond, dont les eaux purifieront le monde souillé (Eze 47:1-12). Alors un nouveau nom sera donné à la Jérusalem nouvelle : « l'Éternel est ici ». C'est le dernier mot du livre et il fait écho, après tant d'autres, à la voix de Jérémie, qui avait aussi proposé pour l'avenir messianique un nom nouveau : « l'Éternel est notre justice » (Jer 23:6).

Le changement de nom implique un changement complet de nature et d'orientation. L'orientation nouvelle ne sera pas moins prophétique. Ézéchiel a voulu faire oeuvre de réformateur, non de créateur. Le symbolisme qui imprègne sa législation montre assez qu'il existe une profonde analogie entre ses aspirations et celles du Deutéronomiste. Chez l'un comme chez l'autre, le but n'est pas de créer des lois nouvelles, mais de plier la législation à un esprit nouveau, plus fidèle pour l'un à la révélation mosaïque, pour l'autre à l'idéal prophétique. C'est dire qu'on ne peut pas attribuer les chap. 40-48 à une troisième phase du ministère d'Ézéchiel, qui l'aurait amené à échanger son spiritualisme si marqué contre une tendance ritualiste. La date initiale de la seconde phase : douzième année de sa captivité, ne s'étend pas au delà du premier discours (Eze 33:21 et suivants) ; les prophéties suivantes ne sont plus datées et doivent s'échelonner jusqu'à la dernière, la prophétie sur Gog, où le nom de la Perse est un signe suffisant d'une époque très tardive. Dès lors l'intervalle devient insuffisant entre la vision des os secs et celle de la Jérusalem restaurée, pour une évolution de sa pensée aussi profonde et aussi grave. L'auteur du ch. 36, qui ne voyait de salut pour Israël que dans le baptême d'une eau pure et dans la substitution d'un coeur de chair au coeur de pierre, n'a pu, si peu de temps après, se mettre à l'oeuvre pour diriger son peuple dans les voies d'un ritualisme inconnu avant l'exil et dont il aurait assumé la paternité. Bien au contraire, persuadé qu'un jour Jérusalem sera restaurée et son temple rebâti, constatant peut-être déjà la formation du courant ritualiste qui l'emportera au retour de la captivité, sous l'influence d'Esdras, il a cherché à prémunir Israël, en déployant devant lui dans cette législation les grands principes de réconciliation politique, d'égalité religieuse et d'universalisme, qui témoignent de sa fidélité à l'idéal prophétique.

La carrière d'Ézéchiel offre un développement continu et son caractère ne paraît pas avoir subi de notables fluctuations. On a dit, peut-être avec raison, qu'il était plus grand par la conscience que par le coeur. Dans la crise de l'exil, sa fermeté de chef, sa vigilance de sentinelle, sa fidélité aux traditions des pères et à la théocratie yahviste ont contribué au salut de la Diaspora juive, au moins autant que les élans du coeur et les accents consolateurs si sublimes chez Ésaïe II

De nos jours, certaines de ses actions symboliques et de ses visions ont été interprétées dans un sens assez défavorable. Il est vrai qu'on peut différer sur l'interprétation réaliste ou fictive à leur donner. Son surnom de « faiseur de paraboles », qu'il signale lui-même, et la grande variété de similitudes que fournit son livre, semblent appuyer le caractère fictif de ses visions et de ses actes. Pourtant, dans bien des cas l'interprétation réaliste s'impose, surtout pour les actes, si singuliers soient-ils, qui sont rapportés comme ayant eu pour témoins ses visiteurs.

On a conclu de ce réalisme à des états extatiques ou pathologiques chez le prophète. Cependant l'extase, réelle ou fictive, durant laquelle il eut ses visions et reçut ses révélations, n'est pas différente de celle d'un Ésaïe et de tant d'autres prophètes chez lesquels on n'en a tiré aucune conséquence défavorable quant à leur état physique ou mental. Son long silence entre les deux phases de son ministère, à la suite duquel Dieu « lui ouvrit la bouche », ne prouve nullement qu'il était sujet à des accès mystérieux de mutisme ; et les crises de paralysie ou de catalepsie, dont quelques auteurs l'ont gratiné, ne ressortent nullement de l'action symbolique du ch. 4, qui perdrait à une telle interprétation une grande part de sa valeur.

Que l'action rapportée dans ce chapitre soit symbolique, c'est ce qu'indique nettement le but religieux qui lui est assigné. Si le prophète doit se tenir couché sur un côté, puis sur l'autre, un nombre de jours proportionné à la durée de l'infidélité d'Israël et de Juda, c'est afin de « porter leur iniquité ». A la notion de l'intercession prophétique paraît s'ajouter ici une idée nouvelle, qui s'élabore chez Ézéchiel et atteindra son plein développement chez Ésaïe II (Esa 53) Le prophète se charge de l'iniquité de son peuple et entrevoit ainsi la grande idée de la souffrance substitutive, dont la réalisation parfaite sera plus tard attribuée au Serviteur de l'Éternel, rédempteur d'Israël et des nations.

Le réalisme de cette action paraît d'ailleurs atténué par bien des détails du texte, qui montrent que l'immobilité du prophète n'était pas complète. Ézéchiel devait l'interrompre pour la préparation minutieuse de sa nourriture, laquelle, selon les ordres de Dieu, devait aussi servir de leçon à ses visiteurs. Le caractère symbolique de cette nourriture, destinée à annoncer la famine qui devait régner à Jérusalem durant le siège, achève de prouver que l'immobilité prescrite n'était nullement causée par une paralysie. Il faut comprendre tout ce passage en ce sens qu'Ézéchiel se présentait aux anciens d'Israël dans la position couchée et mangeant sa nourriture souillée chaque fois qu'au cours de leurs visites fréquentes ils pouvaient être des témoins de cet acte symbolique. Au surplus si l'on s'en réfère au texte des LXX, qui réduit singulièrement le nombre de jours où Ezéchiel devait rester couché sur le côté gauche pour Israël, la durée de cet acte ne semble pas plaider en faveur d'une paralysie ou d'un accès de catalepsie. Nulle part le prophète ne manifeste ces signes morbides. Les discours d'Ézéchiel, même les plus véhéments, loin de justifier une telle opinion, manifestent sa force et sa grandeur, l'équilibre parfait de toutes ses facultés.

Le style d'Ézéchiel est fonction de son caractère. On n'y trouve ni l'éloquence d'Ésaïe, ni le lyrisme de Jérémie ; cependant quelques-unes de ses complaintes montrent que la note émotive ne lui fait pas défaut. Le texte est malheureusement très défectueux et dans bien des cas intraduisible. Des interversions et des mélanges fréquents, joints à des récits répétés, ont fait croire à la fusion en un seul ouvrage de deux recensions, toutes deux attribuables à Ézéchiel. Quoi qu'il en soit, les obscurités du texte sont souvent faites pour décourager une saine exégèse. Toutefois la faute n'en incombe pas au prophète, dont la haute pensée se présente dans la plupart des discours avec toute la netteté désirable.

Nul n'a eu plus que lui le souci de l'honneur de Dieu et ne l'a revendiqué avec une plus inlassable énergie contre ceux qui profanaient le saint nom de l'Eternel aux yeux des peuples païens. La sainteté de l'Éternel, mise en regard de la souillure et de l'ingratitude de son peuple, est un de ses thèmes préférés. Aussi n'est-ce pas à cause de l'Israël infidèle que Dieu lui enverra le salut, mais pour l'honneur de son propre nom et pour que les nations sachent qu'il est l'Éternel.

Ézéchiel a exposé d'autre part, à l'exemple de Jérémie mais avec plus d'insistance, le caractère individuel du péché, la responsabilité personnelle, la valeur de l'âme humaine et par là il marque un progrès sensible. Ses idées messianiques, peu accentuées, ne paraissent pas différentes de celles de Jérémie : s'il n'a pas prononcé, comme ce grand précurseur du Christ, le mot de « nouvelle alliance », il en a eu la vision et en a posé les conditions dans la purification, dans le changement du coeur. Le baptême de repentance doit peut-être son origine à l'influence exercée par la prophétie d'Ézéchiel, qui garde une place éminente dans la préparation du royaume de Dieu. Ed. B.

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      6 Nous étions tous comme des brebis égarées : chacun suivait sa propre voie, et l'Eternel a fait retomber sur lui nos fautes à tous.
      7 Il a été maltraité, il s’est humilié et n'a pas ouvert la bouche. *Pareil à un agneau qu'on mène à l’abattoir, à une brebis muette devant ceux qui la tondent, il n'a pas ouvert la bouche.
      8 Il a été enlevé sous la contrainte et sous le jugement, et dans sa génération qui s’est inquiété de son sort ? Qui s’est soucié de ce qu’il était exclu de la terre des vivants, frappé à cause de la révolte de mon peuple ?
      9 On a mis son tombeau parmi les méchants, sa tombe avec le riche, alors qu'il *n'avait pas commis de violence et qu'il n'y avait pas eu de tromperie dans sa bouche.
      10 L'Eternel a voulu le briser par la souffrance. Si tu fais de sa vie un sacrifice de culpabilité, il verra une descendance et vivra longtemps, et la volonté de l'Eternel sera accomplie par son intermédiaire.
      11 Après tant de trouble, il verra la lumière et sera satisfait. Par sa connaissance, mon serviteur juste procurera la justice à beaucoup d'hommes ; c’est lui qui portera leurs fautes.
      12 Voilà pourquoi je lui donnerai sa part au milieu de beaucoup et il partagera le butin avec les puissants : parce qu'il s'est dépouillé lui-même jusqu’à la mort et qu'il *a été compté parmi les criminels, parce qu'il a porté le péché de beaucoup d'hommes et qu'il est intervenu en faveur des coupables.

      Jérémie 3

      6 A l’époque du roi Josias, l'Eternel m’a dit : « As-tu vu ce qu'a fait l'infidèle Israël ? Elle est allée sur toute montagne élevée et sous tout arbre vert, et là elle s'est prostituée.

      Jérémie 16

      2 « Tu ne prendras pas de femme et tu n'auras ni fils ni filles dans cet endroit.

      Jérémie 23

      6 A son époque, Juda sera sauvé et Israël habitera en sécurité. Voici le nom dont on l'appellera : ‘L'Eternel notre justice’.

      Jérémie 29

      1 Voici le contenu de la lettre que le prophète Jérémie envoya de Jérusalem au reste des anciens en exil, aux prêtres, aux prophètes et à tout le peuple, à ceux que Nebucadnetsar avait emmenés en exil de Jérusalem à Babylone.
      2 C’était après le départ de Jérusalem du roi Jéconia, de la reine, des eunuques, des chefs de Juda et de Jérusalem, des charpentiers et des serruriers.
      3 Il la remit à Eleasa, fils de Shaphan, et à Guemaria, fils de Hilkija, que Sédécias, roi de Juda, avait envoyés à Babylone auprès de Nebucadnetsar, roi de Babylone. Elle disait :
      4 « Voici ce que dit l’Eternel, le maître de l’univers, le Dieu d'Israël, à tous les exilés que j'ai emmenés de Jérusalem à Babylone :
      5 Construisez des maisons et habitez-les, plantez des jardins et mangez-en les fruits !
      6 Mariez-vous et ayez des fils et des filles, donnez des femmes en mariage à vos fils et des maris à vos filles, pour qu'elles mettent au monde des fils et des filles ! Augmentez en nombre là où vous êtes et ne diminuez pas !
      7 Recherchez le bien-être de la ville où je vous ai exilés et intercédez auprès de l'Eternel en sa faveur, parce que votre propre bien-être est lié au sien.
      8 » En effet, voici ce que dit l’Eternel, le maître de l’univers, le Dieu d'Israël : Ne vous laissez pas tromper par vos prophètes, ceux qui vivent parmi vous, ni par vos devins, et ne faites pas attention aux rêves que vous faites !
      9 En effet, ce sont des mensonges qu'ils vous prophétisent comme si cela venait de moi. Je ne les ai pas envoyés, déclare l'Eternel.
      10 En revanche, voici ce que dit l’Eternel : Dès que 70 ans seront passés pour Babylone, j’interviendrai en votre faveur, j’accomplirai ce que je vous ai promis en vous ramenant ici.
      11 En effet, moi, je connais les projets que je forme pour vous, déclare l'Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l'espérance.
      12 Alors vous m’appellerez et vous partirez, vous me prierez et je vous exaucerai.
      13 Vous me chercherez et vous me trouverez, parce que vous me chercherez de tout votre cœur.
      14 Je me laisserai trouver par vous, déclare l'Eternel, et je ramènerai vos déportés. Je vous rassemblerai de toutes les nations et de tous les endroits où je vous ai chassés, déclare l'Eternel, et je vous ferai revenir à l'endroit d'où je vous ai fait partir en exil.
      15 Cependant vous dites : ‘Dieu nous a donné des prophètes à Babylone !’
      16 » Voici ce que dit l’Eternel au sujet du roi qui occupe le trône de David, de toute la population qui habite cette ville, de vos frères qui ne sont pas partis avec vous en exil,
      17 voici ce que dit l’Eternel, le maître de l’univers : Je vais envoyer contre eux l'épée, la famine et la peste, et je les rendrai pareils à des figues avariées, immangeables en raison de leur mauvaise qualité.
      18 Je les poursuivrai avec l'épée, la famine et la peste ; je ferai d’eux une source de terreur pour tous les royaumes de la terre, un sujet de malédiction, de consternation, de moquerie et d’insulte dans toutes les nations où je les chasserai.
      19 Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas écouté mes paroles, déclare l'Eternel, eux à qui j'ai envoyé mes serviteurs les prophètes. Je les ai envoyés, inlassablement, mais vous n’avez pas écouté, déclare l'Eternel.
      20 Quant à vous, tous les exilés que j'ai envoyés de Jérusalem à Babylone, écoutez la parole de l'Eternel !
      21 » Voici ce que dit l’Eternel, le maître de l’univers, le Dieu d'Israël, sur Achab, fils de Kolaja, et sur Sédécias, fils de Maaséja, qui vous prophétisent des faussetés comme si cela venait de moi : Je vais les livrer entre les mains de Nebucadnetsar, roi de Babylone, et il les fera mourir sous vos yeux.
      22 On se servira d'eux pour prononcer une malédiction chez tous les exilés de Juda qui se trouvent à Babylone. On dira : ‘Que l'Eternel te traite comme Sédécias et comme Achab, que le roi de Babylone a fait brûler vivants !’
      23 Et cela arrivera parce qu'ils ont commis une folie en Israël : ils se sont livrés à l'adultère avec la femme de leur prochain et ont dit des faussetés en prétendant que cela venait de moi, alors que je ne leur avais pas donné d'ordre. Moi, je le sais et j'en suis témoin, déclare l'Eternel. »
      24 L’Eternel ordonna à Jérémie d’annoncer à Shemaeja le Néchélamite :
      25 « Voici ce que dit l’Eternel, le maître de l’univers, le Dieu d'Israël : Tu as envoyé en ton propre nom des lettres à toute la population de Jérusalem, au prêtre Sophonie, fils de Maaséja, et à tous les prêtres. Celles-ci disaient :
      26 ‘L'Eternel t'a désigné comme prêtre à la place du prêtre Jehojada afin qu'il y ait des inspecteurs dans la maison de l'Eternel pour surveiller tout homme qui délire et adopte un comportement de prophète, et afin que tu le mettes en prison et dans un carcan.
      27 Maintenant, pourquoi n’adresses-tu pas des menaces à Jérémie d'Anathoth, qui prophétise parmi vous ?
      28 En effet, il nous a envoyé ce message à Babylone : Votre exil va durer. Construisez des maisons et habitez-les, plantez des jardins et mangez-en les fruits !’ »
      29 Cependant, le prêtre Sophonie lut cette lettre au prophète Jérémie.
      30 Alors la parole de l'Eternel fut adressée à Jérémie :
      31 « Envoie le message suivant à tous les exilés : ‘Voici ce que dit l’Eternel au sujet de Shemaeja le Néchélamite : Parce que Shemaeja s’est mis à vous communiquer des prophéties sans que moi, je ne l'aie envoyé et qu'il vous a donné un sentiment de confiance trompeur,
      32 voici ce que dit l’Eternel : Je vais intervenir contre Shemaeja le Néchélamite et contre sa descendance. Aucun des siens n'habitera au milieu de ce peuple et ne verra le bien que je ferai à mon peuple, déclare l'Eternel, car par ses paroles il a appelé les autres à se détourner de l'Eternel.’ »

      Ezéchiel 1

      1 La trentième année, le cinquième jour du quatrième mois, je faisais partie des exilés, près du fleuve Kebar. Le ciel s’est ouvert et j’ai eu des visions divines.
      2 Le cinquième jour du mois – c'était la cinquième année de l’exil du roi Jojakin –

      Ezéchiel 3

      1 Il m’a dit : « Fils de l’homme, mange ce qui est devant toi ! Mange ce livre et va parler à la communauté d’Israël ! »
      2 J’ai ouvert ma bouche et il m’a donné ce livre à manger.
      3 Il m’a dit : « Fils de l’homme, nourris ton ventre et remplis tes intestins avec ce livre, celui que je te donne ! » Alors *je l’ai avalé, et dans ma bouche il a été doux comme du miel.
      4 Il m’a dit : « Fils de l’homme, va trouver la communauté d’Israël et communique-leur mes paroles !
      5 En effet, ce n'est pas vers un peuple dont le langage est obscur et la langue difficile que tu es envoyé, c'est vers la communauté d'Israël.
      6 Non, ce n'est pas vers de nombreux peuples dont le langage est obscur et la langue difficile, dont tu ne comprends pas les paroles. Si je t'envoyais vers eux, eux, ils t'écouteraient.
      7 Mais la communauté d'Israël ne voudra pas t'écouter parce qu’elle ne veut pas m'écouter. En effet, toute la communauté d'Israël a le front dur et le cœur endurci.
      8 Cependant, j’ai endurci ton visage pour résister à leur visage, et ton front pour résister à leur front.
      9 J’ai rendu ton front aussi dur qu’un diamant, plus dur que la pierre. Tu n’auras pas peur d’eux et tu ne te laisseras pas effrayer par eux, même si c’est une communauté de rebelles. »
      10 Il m’a dit : « Fils de l’homme, que ton cœur accepte et que tes oreilles écoutent toutes les paroles que je te dirai !
      11 Va trouver les exilés, les membres de ton peuple ! Tu leur parleras et, qu'ils écoutent ou qu'ils n'écoutent pas, tu leur diras : ‘Voici ce que dit le Seigneur, l'Eternel.’ »
      12 Puis l'Esprit m’a enlevé et j’ai entendu derrière moi le bruit d’une grande exclamation : « Bénie soit la gloire de l'Eternel qui se manifeste depuis l’endroit où il réside ! »
      13 J’ai entendu le bruit des ailes des êtres vivants qui se touchaient l'une l'autre, le bruit des roues auprès d'eux et le bruit de cette grande exclamation.
      14 L'Esprit m’a donc enlevé et m’a emporté. Je suis parti, amer et furieux, tandis que la main de l'Eternel agissait sur moi avec puissance.
      15 Je suis arrivé à Thel-Abib, vers les exilés qui habitaient près du fleuve Kebar, et je me suis assis là où ils s’asseyaient. Je suis resté là durant sept jours, consterné, au milieu d'eux.
      16 Au bout de sept jours, la parole de l'Eternel m’a été adressée :
      17 « Fils de l’homme, je te donne comme sentinelle à la communauté d'Israël. Tu écouteras la parole qui sort de ma bouche et tu les avertiras de ma part.
      18 Quand je dirai au méchant : ‘Tu vas mourir, c’est certain’, si tu ne l'avertis pas, si tu ne parles pas pour avertir le méchant afin qu’il renonce à sa mauvaise conduite et reste en vie, ce méchant mourra à cause de sa faute, mais je te réclamerai son sang.
      19 Si au contraire tu avertis le méchant et qu'il ne renonce pas à sa méchanceté ni à sa mauvaise conduite, il mourra à cause de sa faute, mais toi, tu auras délivré ton âme.
      20 Si un juste renonce à sa justice et commet l’injustice, je mettrai un piège devant lui et il mourra. Parce que tu ne l’auras pas averti, il mourra à cause de son péché et l’on ne se souviendra plus de la justice qu'il avait pratiquée, mais je te réclamerai son sang.
      21 Si au contraire tu avertis le juste pour qu’il ne commette pas de péché, et qu'il ne pèche pas, il restera en vie parce qu'il s'est laissé avertir et toi, tu auras délivré ton âme. »
      22 Là encore la main de l'Eternel reposait sur moi. Il m’a dit : « Lève-toi, sors dans la vallée et là-bas je te parlerai. »
      23 Je me suis levé et je suis sorti dans la vallée. Et voici que la gloire de l'Eternel se tenait là, telle que je l'avais vue près du fleuve Kebar. Alors je suis tombé le visage contre terre.
      24 L'Esprit est entré en moi et m’a mis debout sur mes pieds. Il m’a parlé et m’a dit : « Va t'enfermer chez toi.
      25 Fils de l’homme, on mettra sur toi des cordes, avec lesquelles on t’attachera afin que tu ne puisses pas aller au milieu d'eux.
      26 Je collerai ta langue à ton palais pour que tu sois muet et ne puisses pas leur adresser de reproches, car c'est une communauté de rebelles.
      27 Cependant, quand je te parlerai, j'ouvrirai ta bouche pour que tu leur dises : ‘Voici ce que dit le Seigneur, l'Eternel.’Que celui qui voudra écouter écoute, et que celui qui ne voudra pas n'écoute pas ! En effet, c'est une communauté de rebelles.

      Ezéchiel 4

      1 » Quant à toi, fils de l’homme, prends une brique, place-la devant toi, et dessus tu dessineras une ville : Jérusalem.
      2 Puis assiège-la, construis des retranchements contre elle, mets en place des remblais contre elle, dresse des armées en face d’elle et installe des machines de guerre tout autour d’elle !
      3 Prends une plaque de fer, dresse-la comme un mur de fer entre toi et la ville, et dirige ton regard sur elle. Elle sera assiégée, car tu l'assiégeras. Ce sera un signe pour la communauté d'Israël.
      4 » Ensuite, couche-toi sur le côté gauche et places-y la faute de la communauté d'Israël. Tu porteras leur faute sur toi tous les jours où tu seras couché sur ce côté.
      5 Je te fixe moi-même un nombre de jours qui correspond au nombre d’années marquées par leur faute : 390 jours. C’est ainsi que tu porteras la faute de la communauté d'Israël.
      6 Une fois cette période terminée, tu te coucheras encore, cette fois-ci sur le côté droit, et tu porteras la faute de la communauté de Juda pendant 40 jours : je te fixe un jour par année.
      7 Tu dirigeras ton regard et ton bras nu contre Jérusalem assiégée et tu prophétiseras contre elle.
      8 Je vais mettre des cordes sur toi afin que tu ne puisses pas changer de côté jusqu'à ce que tu sois arrivé au bout de ta période de siège.
      9 Prends du blé, de l'orge, des fèves, des lentilles, du millet et de l'épeautre ! Mets-les dans un même récipient et fais-en du pain. Tu en mangeras tous les jours où tu seras couché sur le côté, à savoir durant 390 jours.
      10 Le poids de la nourriture que tu mangeras sera de 200 grammes par jour ; tu en mangeras de temps à autre.
      11 La quantité d’eau que tu boiras sera de 6 décilitres ; tu en boiras de temps à autre.
      12 Tu mangeras des gâteaux d'orge que tu feras cuire en leur présence à l’aide d’excréments humains. »
      13 L'Eternel a ajouté : « C'est ainsi que les Israélites mangeront leur pain impur, parmi les nations vers lesquelles je les chasserai. »
      14 J’ai répondu : « Ah ! Seigneur Eternel, depuis mon enfance jusqu’à maintenant, je ne me suis pas rendu impur en mangeant une bête trouvée morte ou déchiquetée, et aucune viande infecte n'est entrée dans ma bouche ! »
      15 Il m’a répondu : « Eh bien, je te donne le fumier du bétail au lieu d'excréments humains, et tu prépareras ton pain dessus. »
      16 Il a ajouté : « Fils de l’homme, je vais priver Jérusalem de pain. Ils mangeront du pain, mais de façon rationnée et dans l’angoisse, et ils boiront de l'eau en quantité limitée et avec frayeur.
      17 Ils manqueront ainsi de pain et d'eau, et ils seront consternés, les uns comme les autres. Ils dépériront à cause de leur faute.

      Ezéchiel 5

      1 » Quant à toi, fils de l’homme, prends un couteau tranchant, un rasoir de barbier ! Prends-le et rase-toi la tête et la barbe ! Prends ensuite une balance et partage ce qui a été rasé.
      2 Tu en brûleras un tiers dans le feu, au milieu de la ville, lorsque la période de siège prendra fin. Tu en prendras un tiers pour le frapper avec l’épée tout autour de la ville. Tu en disperseras un tiers au vent et je les poursuivrai avec l’épée.
      3 Tu en prendras une petite quantité que tu serreras dans les pans de ton habit,
      4 et parmi eux tu en prendras quelques-uns que tu jetteras au feu pour les faire brûler. De là sortira un feu qui s’attaquera à toute la communauté d'Israël.
      5 » Voici ce que dit le Seigneur, l'Eternel : Cette Jérusalem-là, je l’avais placée au milieu des nations, environnée de pays.
    • Exode 24

      Néhémie 12

      1

      Les sacrificateurs et les Lévites, de retour à Jérusalem. (Néhémie 12:1-26)
      La dédicace de la muraille de Jérusalem. (Néhémie 12:27-43)
      Les préposés du temple sont désignés. (Néhémie 12:44-47)

      Nous avons une dette envers les fidèles serviteurs de Dieu : nous devons garder en mémoire qu'ils sont nos guides, et que ce sont eux qui nous ont présenté, au début de notre vie spirituelle, la Parole de Dieu.

      Il est bon de connaître le passé de nos pieux prédécesseurs, afin de pouvoir apprendre à suivre leur voie !

      Esaïe 53

      1

      La Personne, (Esaïe 53:1-3)
      Les souffrances, (Esaïe 53:4-9)
      L'humiliation et la glorification de Christ, sont décrites avec précision ; les bénédictions résultant de Sa mort. (Esaïe 53:10-12)

      On ne trouve nulle part ailleurs, dans tout l'Ancien Testament, une prophétie aussi claire et complète, relative aux souffrances de Christ et à Son entrée en Gloire. Mais aujourd'hui, bien peu discernent, ou reconnaissent cette Puissance divine, si bien décrite dans la Parole. Le plus authentique et important message du salut des pécheurs, par l'intermédiaire du Fils de Dieu, est toujours méprisé. La condition misérable à laquelle Il s'est soumis, ainsi que Son humble aspect ici-bas, n'étaient pas « conformes » aux idées que les Juifs se faisaient du Messie. Ils s'attendaient à Le voir arriver en grand apparat ; au lieu de cela, Il grandit comme une « simple plante », silencieusement, sans manifestation particulière. Il n'avait rien de la Gloire que l'on supposait contempler en Le rencontrant. Sa vie entière fut l'objet, non seulement, d'une grande humilité extérieure, mais également de souffrance. Ayant été fait « péché » pour nous, Il a subi à notre place, la sentence que nous méritions. Les cœurs charnels ne voient rien dans le Seigneur Jésus qui puisse susciter un quelconque intérêt !

      Hélas, encore de nos jours, combien Il est souvent méprisé par les Siens, et rejeté quant à Sa doctrine et Son autorité !

      4 Ces versets décrivent les douleurs de Christ : ils détaillent les souffrances qu'Il allait endurer. C'est à cause de nos péchés, que notre Seigneur Jésus a souffert, à notre place. Nous avons tous péché, et sommes privés de la Gloire de Dieu.

      Les pécheurs se complaisent dans leurs péchés, dans leur mauvais cheminement, qui ne nous procurent que peines et douleurs, les plus terribles qui soient. Quand, par contre, nous « déposons » nos iniquités aux pieds de Christ, nous échappons à la ruine inévitable qui nous attend. L'expiation a été accomplie par notre Sauveur, en vue de nous délivrer de nos péchés : c'est la seule manière d'être sauvé !

      Nos péchés étaient les « épines » qui couronnaient la tête de Jésus, les « clous » qui ont percé Ses mains et Ses pieds, la « lance » qui a blessé Son côté. Christ a été livré à la mort pour nos offenses. Par Ses souffrances, Il nous a permis de bénéficier de l'Esprit et de la Grâce de Dieu, pour anéantir notre corruption, qui est véritablement la « maladie » de notre âme. Par le soutien de la Grâce, nous serons alors à même d'endurer nos peines ici-bas : Jésus nous a enseigné de considérer toute chose comme une perte, pour Lui, afin que nous L'aimions, car Il nous a aimés Le premier !

      10 « Approchez-vous », et voyez combien Christ nous a aimés ! Il est impossible de prendre Sa place, Lui, par contre, a pris la nôtre. Il a ainsi ôté le péché du monde, en le prenant sur Lui. Il a subi la mort, qui est le salaire du péché.

      Il faut remarquer la grandeur, la puissance et la magnificence du Sauveur. Christ n'accordera à nul autre qu'aux pécheurs repentants, le bénéfice de Son dévouement. Les desseins de l'Éternel s'accompliront inexorablement. Toutes les actions que nous pourrons entreprendre, conformément à la volonté divine, ne pourront que prospérer. L'Éternel verra s'accomplir la conversion et le salut des pécheurs. Beaucoup seront justifiés en Christ, à cause de la rançon qu'Il a donnée : sa vie !

      Par la foi nous sommes justifié : Dieu est, de ce fait, glorifié, Sa Grâce nous est accordée, nous échappons à l'avilissement de la mort, et notre félicité éternelle est assurée. Nous devons connaître Jésus, croire en Lui, Celui qui a porté nos péchés, en nous évitant d'en subir les conséquences. Le péché, Satan, la mort, l'enfer, le monde et la chair, sont les ennemis puissants qu'Il a vaincus ! Celui que Dieu a « désigné » pour être le Rédempteur, accomplira, en tant que tel, Sa volonté.

      Quand Dieu a ramené les Siens de la captivité du péché, ces derniers Le remercièrent : nul autre ne pouvait offrir un tel cadeau aux hommes ! Quand nous songeons aux souffrances subies par le Fils de Dieu, nous devons nous rappeler les innombrables transgressions que nous avons commises, et considérer la douleur qu'Il a endurée, sous la charge de notre culpabilité.

      Tout cela est une ferme assurance pour le pécheur repentant, afin que son âme puisse s'appuyer sur ce fondement : nous sommes rachetés, par le sang de Christ, des bénéficiaires de Sa Grâce ; Il plaide continuellement en notre faveur, détruisant ainsi les œuvres du diable !

      Jérémie 3

      6 Si nous remarquons les « crimes » commis par ceux qui abandonnent la piété, avec toutes les conséquences que cela peut entraîner, nous serons alors convaincus qu'il faut éviter d'emprunter de telles voies.

      Il n'y a rien de pire que d'être trouvé plus fautif que ceux qui ont réellement péri dans leurs péchés ; ce sera un bien piètre réconfort, lors du châtiment éternel, de pouvoir contempler ceux qui auront eu une conduite pire que la nôtre !

      Jérémie 16

      Jérémie 23

      Jérémie 29

      1

      Deux lettres sont adressées aux captifs de Babylone : - La première leur recommande d'être calmes et patients. (Jérémie 29:1-19)
      - La seconde dénonce les jugements qui doivent tomber sur les faux prophètes qui trompèrent le peuple. (Jérémie 29:20-32)

      La véracité de la Bible repose sur son inspiration divine.

      Un serviteur de Dieu zélé cherche, par tous les moyens dont il dispose, à obtenir la bénédiction de ceux qui l'entourent : il leur adresse, comme l'a fait Jérémie dans ce texte, au moyen d'un courrier, toutes sortes d'encouragements spirituels, destinés à leur faire connaître la Parole de Dieu.

      L'envoi de cette lettre, au Nom de l'Éternel, au reste des captifs de Jérusalem, montre bien que ce Dernier n'avait pas oublié Son peuple, malgré la désapprobation de sa conduite. Si les Juifs consentaient à se soumettre à Dieu, dans la crainte, ils allaient connaître alors une vie paisible à Babylone.

      Dans toutes les conditions de vie ici-bas, notre devoir consiste, en toute sagesse, à savoir nous contenter de la situation dans laquelle nous nous trouvons.

      Les enfants d'Israël furent invités à rechercher le bien de la nation qui les retenait captifs. Tant que le roi de Babylone les protégeait, ils pouvaient vivre tranquillement en paix, en toute piété et dans l'honnêteté : ils pouvaient ainsi patiemment laisser à Dieu, le soin d'œuvrer à leur délivrance, au temps marqué.

      8 Certains individus devraient être prudents en appelant « prophète » celui qui proclame des faits qui ne font qu'exciter leurs propres convoitises, et considérant que leurs songes sont systématiquement une révélation directe du Seigneur.

      Les faux prophètes flattaient le peuple d'Israël, malgré les péchés qu'il continuait à pratiquer : les flatteries sont toujours agréables à entendre ! Les enfants d'Israël échangeaient ainsi avec ces individus, toutes sortes de vains propos. L'Éternel promit que Son peuple allait retourner dans son pays d'origine, après une captivité de soixante-dix ans.

      Il ressort de tous ces faits, que cette période ne devait pas être unique, mais le début d'une série de déportations. Pour le peuple, le moment était tout à fait propice pour recevoir le message de la Parole divine. Cela faisait d'ailleurs partie du plan divin !

      Nous ne nous connaissons pas toujours très bien nous-mêmes, mais le Seigneur, quant à Lui, nous connaît parfaitement ! Nous sommes parfois prêts à croire que les desseins divins s'opposent en totalité à notre bien : tout ce que Dieu accomplit en faveur de Son peuple, est pour le bien de ce dernier. Il ne donne pas à Ses enfants ce qui représente leur convoitise, ni ne leur épargne ce qui peut les effrayer ; Il leur accorde Sa bonté à la mesure de leur foi. La destinée qu'Il a promise aux enfants d'Israël était pour eux la meilleure part.

      Quand le Seigneur accorde aux Siens une prédisposition particulière à la prière, c'est une bénédiction ! Cela annonce qu'Il va les visiter et leur accorder toute Sa Grâce !

      Des promesses divines sont faites pour dynamiser et encourager la prière. Dieu n'a jamais demandé en vain de Le rechercher !

      Ceux qui étaient restés à Jérusalem allaient être complètement anéantis, malgré le fait que les faux prophètes avaient annoncé tout le contraire ; la raison portait à croire que tous allaient être épargnés... Tel est le sort réservé aux pécheurs impénitents.

      « Parce qu'ils n'ont pas écouté mes paroles, dit l'Éternel, eux à qui j'ai envoyé mes serviteurs, les prophètes, à qui je les ai envoyés dès le matin ; et ils n'ont pas écouté, dit l’Éternel », verset Jérémie 29:19.

      20 Jérémie prédit les jugements divins qui doivent s'abattre sur les faux prophètes ayant trompé les Juifs de Babylone.

      Ces mensonges étaient déjà vraiment horribles ; mais mentir au peuple de Dieu, pour l'induire en erreur, était encore plus grave. Quant au fait d'annoncer que toutes ces soi-disant « prophéties » étaient le reflet de « la Vérité divine », c'était vraiment un comble ! Ces faux prophètes flattaient les enfants d'Israël, alors que ces derniers étaient dans le péché, d'ailleurs ces soi-disant prophètes vivaient eux-mêmes aussi dans l'iniquité.

      Les fautes les plus secrètes sont toutes connues de Dieu ; le jour vient où ce Dernier mettra au grand jour les œuvres des ténèbres.

      Shemahia incitait les sacrificateurs à persécuter Jérémie. Le cœur de ces derniers s'était réellement endurci, au point qu'ils arrivaient à justifier leur mauvaise conduite ! Qu'il est triste de voir des individus se moquer ainsi des serviteurs de Dieu ou des prophètes ! Quelle offense faite à Dieu !

      Les afflictions envoyées par le ciel ne parviennent pas toujours à corriger les hommes, dans la pratique de leurs péchés, à moins que la Grâce divine ne les aide. Ceux qui ne reconnaissent pas les bénédictions du ciel, ne méritent que d'être privés des bienfaits qu'apporte la Parole de Dieu, à l'instar de Shemahia.

      On entend hélas de tous temps, de telles accusations, portées contre de nombreux chrétiens zélés, ces derniers ne cherchant qu'à montrer aux hommes leur intérêt et le chemin de leur devoir, dans l'attente des promesses divines, prévues au temps marqué.

      Ezéchiel 1

      1

      Ézéchiel était un sacrificateur ; il fut déporté en captivité, en Chaldée, avec Jéhoïakin. Toutes ses prophéties semblent lui avoir été révélées dans ce pays, en un lieu situé au nord de Babylone.

      Le but principal du livre semble être le soulagement de ses frères en captivité. Ézéchiel doit avertir ces derniers, des calamités redoutables qui risquent de s’abattre sur la Judée, à cause des faux prophètes et des nations environnantes.

      Mais le prophète doit annoncer également la future restauration d'Israël et de Juda, alors dans la dispersion, ainsi que le sort merveilleux qui leur est réservé aux derniers jours, à l’avènement du Messie.

      On trouvera également dans ce livre de nombreuses informations relatives à Christ, en particulier dans la conclusion.

      * Ézéchiel, dans sa vision, discerne Dieu et Ses anges. (Ezéchiel 1:1-14) L’action de la Providence divine. (Ezéchiel 1:15-25) Révélation du Fils de l’homme, sur Son trône céleste. (Ezéchiel 1:26-28)

      Ezéchiel 1:1-14 Quand nous sommes dans l'affliction, c'est une grâce d’avoir la Parole de Dieu à disposition ; il nous est même recommandé de La lire diligemment ! La « voix » de Dieu est venue ici-bas, dans la plénitude de Sa Lumière et de Sa Puissance, par le Saint-Esprit.

      Ces visions semblent avoir été révélées au prophète pour qu’il puisse contempler les aspects grandioses et élevés de l’Éternel. Leur but était aussi de terroriser les pécheurs, tout en réconfortant ceux qui craignent Dieu, en toute humilité.

      Les versets Ezéchiel 1:4-14, décrivent la première partie de la vision, représentant Dieu, assisté et servi par une multitude d’anges, qui sont en fait, tous Ses messagers et Ses ministres, accomplissant Ses commandements. Cette vision était impressionnante : elle représentait la révérence et la crainte solennelles du mécontentement de l’Éternel, ressenties par les pécheurs, en même temps que l’espoir du bénéfice de Ses bénédictions. Le feu était entouré de gloire. Bien que nous ne puissions pas, par notre recherche personnelle, découvrir l’ensemble des perfections de Dieu, Il permet cependant, de nous en révéler tout l'éclat.

      L’ensemble des créatures vivantes émanait du milieu du feu ; la puissance et l’existence des anges proviennent de Dieu. Ces derniers possèdent le pouvoir de compréhension de l’homme, et même davantage.

      Le lion caractérise la force et la hardiesse. Le bœuf représente la diligence et la patience, ainsi que l’inlassable persévérance au travail qu'il doit effectuer. L’aigle est remarquable pour sa vue perçante et redoutable, même quand il est très haut dans le ciel. Les anges, qui surpassent les hommes sur tous ces points, possèdent ces qualités. Ils ont des ailes ; quelle que soit la mission que Dieu leur assigne, ils ne perdent pas une minute pour l’accomplir. Ils se tiennent bien droits, fermes et sereins. Ils possèdent des ailes pour se mouvoir, mais aussi des mains pour agir.

      Beaucoup de personnes donnent l’impression d’être rapides, mais en fait, ne sont pas très actives ; elles courent çà et là, mais ne font rien de concret : elles ont des « ailes », mais pas de « mains ». Quand les anges sont portés par leurs ailes, leurs mains accomplissent le devoir qui leur est assigné. Quel que soit le lieu où elles doivent accomplir leur service, elles s’y rendent sans détour.

      Quand nous nous dirigeons directement vers un but, nous allons de l’avant ; quand nous servons Dieu avec tout notre cœur, nous sommes plus efficaces dans notre tâche.

      Quand les animaux se déplaçaient, ils ne se tournaient pas çà et là. Ils ne commettaient aucune erreur, leur travail n’avait pas besoin d’être revu. Ils se dirigeaient directement, là où l'Esprit de Dieu leur avait commandé d’aller.

      Le prophète pouvait discerner cette vision, par la lumière qui émanait directement des créatures vivantes : leur aspect était comme les charbons ardents ; c’était des séraphins, ou des « flambeaux » : cela dénotait l'ardeur de leur amour envers Dieu, et leur zèle pour accomplir Son service.

      Nous pouvons tirer des leçons profitables de la description de tels sujets, même si nous nous ne pouvons pas en comprendre la totalité du sens. Sachons nous occuper des tâches qui se rapportent à notre devoir et à notre paix, laissons les choses « cachées » au Seigneur, à qui elles appartiennent.

      Ezéchiel 3

      1

      Le prophète se prépare à accomplir sa tâche. (Ezéchiel 3:1-11)
      Son rôle de « sentinelle », envers la maison d’Israël. (Ezéchiel 3:12-21)
      L’Esprit fortifie Ézéchiel, pour qu’il annonce son message. (Ezéchiel 3:22-27)

      Ézéchiel était sur le point de recevoir les vérités divines : elles devaient tout d’abord nourrir son âme, afin d’affermir sa foi, pour qu’il prenne ainsi des forces.

      Les âmes pieuses savent recevoir ces « vérités » de la Parole de Dieu avec plaisir, alors que ces dernières transmettent un message de terreur à l’impie. Le prophète devait parler de tout cela, et de cela seulement : c’était le message que Dieu allait lui transmettre.

      Comment pouvons-nous mieux transmettre les pensées divines, autrement qu’avec les propres termes de la Parole de Dieu ? Si Ézéchiel, par son message, allait décevoir la maison d’Israël, il ne devait pas en être affecté.

      Les Ninivites furent interpelés par la prédication de Jonas, alors qu'Israël refusait de s’humilier et d’abandonner sa mauvaise conduite.

      Dans ce genre de situation, nous devons laisser agir la souveraineté divine, et tenir ces propos : « Seigneur, Tes Jugements sont infaillibles ».

      Les enfants d’Israël n’avaient guère d’égard envers le message du prophète : en fait ils ne craignaient absolument pas la verge divine. Le Seigneur promit à son serviteur fidèle de lui donner des forces : il devait continuer avec zèle sa prédication, quel que soit le résultat qui pouvait en découler !

      12 Cette mission, envoyée au prophète, réjouit le cœur des saints anges. Toutes les visions précédentes étaient destinées à convaincre Ézéchiel : Dieu qui l'envoyait, avait le pouvoir de le soutenir dans sa tâche.

      Ézéchiel était à la fois accablé par le constat de la misère et des péchés du peuple d’Israël, tout en étant terrassé par la gloire de la vision qu'il avait eue. Cependant, l’isolement, la méditation et la communion qu’il avait avec Dieu, lui semblaient extraordinaires ; le serviteur de l’Éternel devait se préparer à servir les siens. Le Seigneur annonça au prophète qu'il était promu « gardien de la maison d'Israël ».

      Si nous avertissons le méchant de ce qu’il l’attend, nous ne sommes pas imputables de sa ruine. Bien que de tels passages bibliques se rapportent à l'alliance divine faite avec Israël, ils peuvent également s’appliquer à la destinée de tout homme, en tout temps. Nous devons non seulement encourager et soutenir ceux qui pratiquent la droiture, mais nous devons aussi les avertir, afin qu’ils ne tombent pas dans un certain orgueil ou une sorte d’autosatisfaction, qui pourraient résulter de leur conduite ; ce serait alors les laisser sombrer dans le péché.

      Il est certain que ceux qui entendent l’évangile, ne doivent pas rester insensibles à ses avertissements, voire même, ses reproches.

      22 Nous serons pour toujours redevables à Christ, dans Son merveilleux rôle de Médiateur, entre Dieu et l'homme ; un croyant véritable peut en témoigner : « je ne suis jamais aussi seul que lorsque je suis laissé à moi-même, loin de Christ ».

      Quand le seigneur « ouvrit » la bouche d'Ézéchiel, ce fut pour qu’il annonce son message avec zèle : dire au peuple qu’il devait choisir entre la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction.

      Ezéchiel 4

      1

      Le siège de Jérusalem. (Ezéchiel 4:1-8)
      Ses habitants allaient souffrir de la famine. (Ezéchiel 4:9-17)

      Le prophète devait annoncer le siège de Jérusalem, sous la forme d’un signe, de manière imagée. Ézéchiel devait se coucher sur son côté gauche, pendant un certain nombre de jours, censés représenter le nombre d’années d'idolâtrie du peuple.

      Tout ce que le prophète annonça aux enfants d’Israël, au sujet de cette destruction de Jérusalem, servait à prouver que le péché était bien la cause de la ruine de cette ville, alors florissante.

      9 Le pain qui devait nourrir Ézéchiel, devait être composé de diverses céréales de piètre qualité, rarement utilisées, sauf en période de grave pénurie ; le prophète ne devait en prendre qu’une petite quantité seulement.

      Ceci révélait l'extrémité à laquelle les Juifs devaient être réduits, pendant le siège du pays et leur captivité. Ézéchiel n’implora pas l’Éternel en sa faveur, en soulignant que durant sa jeunesse il avait été élevé sans consommer une telle nourriture souillée ; il rappela à Dieu qu’il avait été élevé honnêtement, n'ayant jamais mangé quoi que ce soit d’interdit par la loi.

      Quand nous sommes confrontés à la souffrance et aux difficultés, il est réconfortant de nous rappeler, si c’est le cas, que nous avons toujours veillé à nous éloigner du mal.

      Nous pouvons constater dans ce texte, à quel point le péché conduit à l’affliction, et reconnaître en même temps la parfaite Droiture divine.

      Les enfants d’Israël avaient sombré dans la luxure et l'excès : ils furent, en toute logique, punis par la famine.

      Quand les hommes ne servent pas Dieu avec libéralité et sous toutes les formes, Dieu les conduit alors à servir leurs ennemis, par tous les moyens.

      Ezéchiel 5

      1

      La coupe de cheveux particulière du prophète, destinée à montrer aux Juifs les jugements qui doivent s’abattre sur eux. (Ezéchiel 5:1-4)
      De terribles jugements sont annoncés. (Ezéchiel 5:5-17)

      Le prophète devait raser ses cheveux et sa barbe, ce qui signifie que Dieu avait l’intention de rejeter et d’abandonner totalement Son peuple.

      Une partie de ces cheveux devait être brûlée au milieu de la ville, image des nombreux enfants d’Israël devant périr par la famine et la peste. Une autre partie devait être coupée en plusieurs morceaux, symbole des nombreux Juifs qui allaient être massacrés par l'épée. Une autre part devait être aussi dispersée au vent, annonçant la déportation de certains Hébreux dans le pays de leurs conquérants, et l’exil des autres, se réfugiant dans les terres voisines. Une petite quantité de la troisième partie de la chevelure du prophète devait être liée dans les pans de son vêtement, montrant par là la valeur de ceux qui restaient : en fait bien peu furent préservés.

      Quel que soit le lieu où les pécheurs se refugient, le feu et l'épée de la colère de Dieu les atteindront pour les anéantir.

      5 La sentence qui s’abat sur Jérusalem est vraiment redoutable ; l'expression qui la décrit, la rend encore plus terrible.

      Qui peut se tenir sous le regard de Dieu quand Il exprime Sa colère ? Ceux qui vivent et qui meurent dans le péché, périront en fait pour l’éternité ; un jour viendra où le Seigneur perdra patience, en manifestant Sa colère. Comment les personnes ou les églises, qui ne se soumettent aux statuts divins, pourront-ils échapper au sort malheureux, semblable à celui de Jérusalem ?

      Efforçons-nous d'honorer en toutes choses, la doctrine de notre Sauveur ! Tôt ou tard nous finirons par constater la véracité de la Parole de Dieu !

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