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Galates 3

    • 1 Chapitre 3.

      1 à 14 La justification par la foi prouvée par l'expérience et par l'Ecriture.

      Ou ensorcelés.

      C'est par cette douloureuse et s√©v√®re apostrophe que l'ap√ītre se met √† attaquer l'erreur dans laquelle ses lecteurs s'√©taient laiss√© entra√ģner. Il voudrait leur en faire sentir l'absurdit√©, la d√©raison.

      Qui vous a fascinés ? par cette question Paul désigne et flétrit les séducteurs.

      - Le texte reçu ajoute : "pour que vous n'obéissiez pas à la vérité." Ces mots ne sont pas authentiques ici. Ils se retrouvent à Galates 5.7.

      Paul, par sa pr√©dication puissante et vivante de J√©sus-Christ, de ses souffrances, de son sacrifice expiatoire, de sa mort, l'avait tellement d√©peint aux yeux des Galates, qu'il peut dire en v√©rit√© que c'est comme si ces sc√®nes de Golgotha avaient eu lieu au milieu d'eux. Il √©tait d'autant plus incompr√©hensible qu'ils se fussent laiss√© d√©tourner de Christ¬†: l'ap√ītre s'en √©tonne, (Galates 1.6) il ne peut s'en rendre compte que par une sorte de fascination exerc√©e sur eux. (verset 1)

      Les mots parmi vous manquent dans plusieurs manuscrits, sans que l'inauthenticit√© en soit d√©montr√©e. On peut aussi les traduire par en vous¬†: "Christ est d√©peint devant vos yeux, crucifi√© en vous," c'est-√†dire, vous avez √©prouv√© dans vos cŇďurs toute la puissance divine de sa croix. Luther traduit¬†: "et maintenant crucifi√© parmi vous," par vous qui le rejetez. (H√©breux 6.6)

      Le sens expos√© en premier lieu est le plus naturel et le plus probable. M. Rilliet qui, d'apr√®s le manuscrit du Vatican, retranche parmi vous ou en vous, traduit ainsi¬†: "Vous, devant les yeux desquels a √©t√© clairement peint J√©susChrist crucifi√©." La m√™me le√ßon se lit dans le Sina√Įticus et deux autres manuscrits du groupe alexandrin.

      2 Grec¬†: "par l'ou√Įe de la foi¬†;" mais ce mot a, en grec comme en h√©breu, le sens de pr√©dication, le moyen par lequel on fait entendre. (Romains 10.17, note.)

      Cet appel √† l'exp√©rience √©tait des plus concluants, des plus persuasifs. Voici des chr√©tiens auxquels on a pr√™ch√© le salut par la foi en Christ crucifi√©¬†: l'Esprit de Dieu, avec ses manifestations puissantes, a accompagn√© cette pr√©dication, l'a scell√©e d'un t√©moignage divin dans le cŇďur m√™me des auditeurs.

      Est-ce par la loi, ou par la foi qu'on leur a annonc√©e, qu'ils ont √©t√© faits participants de tous ces dons¬†? La r√©ponse n'est pas douteuse. Aussi l'ap√ītre insiste sur sa question. (verset 5)

      - Dans les premiers temps de l'Eglise, l'assurance d'avoir re√ßu le Saint-Esprit et √©prouv√© ses divines influences, par le renouvellement du cŇďur et de la vie, √©tait plus absolue et plus vive chez la plupart des fid√®les qu'elle ne l'est en g√©n√©ral aujourd'hui, √† cause du contraste √©clatant qu'il y avait pour eux entre les profondes t√©n√®bres du paganisme, dont ils √©taient sortis, et la lumi√®re resplendissante de l'Evangile.

      De plus, les dons miraculeux, qui accompagnaient l'effusion du Saint-Esprit, √©taient un t√©moignage visible et saisissant de la pr√©sence et de l'action de cet Esprit dans l'Eglise et dans les √Ęmes.

      Malgr√© cela le raisonnement de l'ap√ītre conserve aujourd'hui toute sa force et s'applique √† tous ceux qui, apr√®s avoir √©prouv√© en eux-m√™mes la puissance de l'Evangile, tombent dans quelque erreur.

      Par quel moyen ont-ils senti la diff√©rence totale qu'il y a entre la nature et la gr√Ęce, entre le vieil homme et le nouveau¬†? Comment ont-ils re√ßu l'esprit d'adoption, la paix avec Dieu¬†? La pr√©dication qui leur a fait savourer ces gr√Ęces ne saurait √™tre l'erreur¬†: malheur √† eux s'ils y renoncent¬†!

      Mais celui qui ne trouverait dans l'histoire intime de son √Ęme aucun souvenir de cette nature, aucune exp√©rience de l'action de l'Esprit, n'a jamais √©t√© dans la gr√Ęce, il n'est point converti¬†; on ne saurait raisonner avec lui comme l'ap√ītre le fait ici.

      3 Voir sur ces deux notions opposées, chair et Esprit, Romains 1.3, note ; comparez Romains 4.1

      Par les Ňďuvres de la loi et tout ce qui favorise sa propre justice, l'homme reste dans la chair, dans sa nature corrompue. Ce mot d√©signe aussi les traditions humaines, ext√©rieures, dans lesquelles on cherche inutilement l'Esprit et la vie. (H√©breux 7.16¬†; 9.10)

      - Le verbe que nous traduisons ici par finirez-vous, signifie aussi arriver au but, à la perfection ; "arriver au but par la chair" serait l'expression d'une fine ironie.

      4 Ce serait en vain s'ils restent dans leurs erreurs. La tournure dubitative dont se sert l'ap√ītre laisse entrevoir l'esp√©rance d'un retour √† la v√©rit√©.

      D'autres rendent ainsi cette restriction : si seulement c'est en vain, si votre état moral n'en devient pas pire !

      Le souvenir de leurs souffrances pour la croix de Christ est un nouvel argument de la même nature que le précédent. Les Galates pouvaient voir dans ces épreuves un témoignage de la réalité de leur foi ; or, les faux docteurs allaient les priver des bénédictions que Dieu attache à ces épreuves. Ils prétendaient même les affranchir de l'opprobre de la croix. (Galates 6.12)

      Par ces souffrances des Galates, d'autres entendent les perplexit√©s, les luttes √©prouv√©es par eux en se voyant ramen√©s sous le joug de la loi. D'autres encore, les exp√©riences qu'ils avaient faites de la repentance et de la puissance de la gr√Ęce. Nous pr√©f√©rons le sens le plus ordinaire du mot.

      Le fait que nous ne connaissons pas de persécution dirigée contre les chrétiens de Galatie n'infirme pas cette interprétation. Les Eglises de ce temps ont passé par bien des épreuves dont l'histoire n'a pas conservé le souvenir. (Philippiens 1.28-30) Paul lui-même avait prémuni les Galates contre les tribulations qui les attendaient. (Actes 14.22)

      5 Voir verset 2, note. Cette question ne fait que pr√©ciser encore les pr√©c√©dentes, en nommant les dons miraculeux de l'Esprit. L'ap√ītre ne r√©pond pas directement, parce que la r√©ponse est trop √©vidente, mais il recourt maintenant au t√©moignage de l'Ecriture. (versets 6-14)
      7 En citant Gen√®se 15.6, Paul en tire les conclusions qu'il reproduit Romains 4.11,12,16, o√Ļ il d√©veloppe plus compl√®tement l'exemple d'Abraham et les rapports des vrais croyants avec lui, comme preuve scripturaire de la justification par la foi.

      Les Juifs voyaient la qualité d'enfants d'Abraham dans des rapports tout extérieurs avec lui, dans la circoncision, par exemple, et dans la descendance selon la chair. Paul montre que, pour être fils d'Abraham, il faut lui ressembler spirituellement. Les vrais enfants d'Abraham ce sont ceux qui sont de la foi, ceux dont la vie, née de la foi, est constamment inspirée et dirigée par elle.

      8 Grec : "A évangélisé par avance." Genèse 12.3 ; 18.18. C'est dans ce dernier passage que se trouvent littéralement les paroles citées ici.

      - L'Ecriture est ici personnifiée ; elle prévoyait par l'Esprit qui remplissait ses auteurs.

      9 Grec : "Ceux qui sont de la foi, (verset 7) sont bénis avec le fidèle Abraham."

      Puisque toutes les nations devaient être bénies en lui, il est bien évident que ce ne pouvait être qu'en vertu du rapport tout spirituel créé par l'identité de leur foi ; sans cela les chrétiens convertis du paganisme ne seraient à aucun égard enfants d'Abraham, ne descendant pas de lui. C'est pourquoi il est nommé "le père des croyants," (Romains 4.11,12) comme ayant laissé l'héritage de la promesse et de la bénédiction à tous ceux qui croient.

      Par la b√©n√©diction promise √† Abraham et h√©rit√©e par les croyants, l'ap√ītre entend toutes les gr√Ęces de l'Evangile, car cette b√©n√©diction consiste √† √™tre justifi√© par la foi.

      12 Dans ces versets (versets 10-12) l'ap√ītre passe √† une nouvelle d√©monstration (car) de sa th√®se.

      L'exemple d'Abraham lui a permis d'√©tablir que la justification vient par la foi. Il ajoute √† cette preuve positive une preuve n√©gative¬†: la justification ne vient pas par les Ňďuvres de la loi. Ce qu'il concluait de la b√©n√©diction d'Abraham, il le conclut √©galement de la mal√©diction de la loi.

      La b√©n√©diction promise √† Abraham ne s'obtient que par la foi, (verset 9) car quiconque "est des Ňďuvres de la loi," c'est-√†-dire cherche dans ces Ňďuvres un moyen de justification et de salut, se trouve non sous la b√©n√©diction, mais sous la mal√©diction. (D'apr√®s Deut√©ronome 27.26, librement cit√©.)

      L'ap√ītre ne dit pas, mais suppose comme √©vident que nul homme n'a observ√© et accompli toutes les choses √©crites au livre de la loi¬†; il faudrait, pour le nier, un degr√© d'aveuglement et d'orgueil qu'il ne saurait pr√©voir.

      Plus un homme s'est efforcé de garder la loi, plus se réveille douloureusement en lui cette conviction du péché, de réprobation, de malédiction sanctionnée par la loi. Aussi tous les hommes de Dieu, dès l'ancienne alliance, ont eu recours au moyen de justification qui avait sauvé Abraham, et ont proclamé avec le prophète cité ici par Paul (verset 11) que le juste vivra de la foi. (Habakuk 2.4 ; comparez Romains 1.17, note.)

      Entre ces deux moyens de salut, la loi et la foi, le contraste est absolu, il faut choisir : la loi n'a rien de commun avec la foi, elle n'est pas de même nature (tel est le sens de ces mots du verset 12 : la loi n'est pas de la foi ou par la foi) ; la loi ordonne, demande la perfection ; celui qui l'atteindra vivra par elle. (verset 12, cité de Lévitique 18.5 ; comparez Luc 10.28, note ; Romains 10.5,6, note.)

      13 Avec un joyeux empressement, l'ap√ītre passe brusquement, sans particule, √† la partie positive de sa d√©monstration¬†: Christ nous a rachet√©s¬†! Sur ce verbe racheter, qui signifie racheter de, d√©livrer par un prix, voy. 4.5¬†; 1Corinthiens 6.20¬†; 7.23¬†; comparez Matthieu 20.28.

      Deut√©ronome 21.23, cit√© d'apr√®s les Septante, qui traduisent¬†: "est maudit par Dieu quiconque est pendu au bois." L'h√©breu porte¬†: "Un pendu est une mal√©diction de Dieu." Cette parole motive l'ordre donn√© aux Isra√©lites d'enterrer un supplici√© dans la journ√©e m√™me, "afin de ne pas souiller le pays par la vue de cette mal√©diction." L'ap√ītre, √† cause de 1'application qu'il fait ici de ces paroles, retranche le mot par Dieu ou de Dieu.

      "Comme lorsqu'un homme est condamn√© √† mort, et qu'un autre, un innocent, s'offre √† mourir √† sa place, et ainsi l'arrache √† son ch√Ętiment¬†: voil√† ce que Christ a fait pour nous. Car il n'√©tait pas, lui, sous la mal√©diction de la loi, mais il l'a prise sur lui, (Galates 4.4) afin d'en d√©livrer ceux qui s'y trouvaient." Chrysost√īme.

      La pr√©cision des termes, l'ensemble de ce passage, tous les enseignements de l'ap√ītre √† ce sujet (voir entre autres Romains 3.22-25¬†; 8.3¬†; 2Corinthiens 5.21), ne sauraient laisser le moindre doute sur le caract√®re expiatoire de la mort du Sauveur.

      Cette mort fut le ch√Ętiment, la mal√©diction de la loi, volontairement soufferte par le plus insondable amour. Sans cela, comment aurait-elle rachet√© les p√©cheurs de cette mal√©diction¬†? Comment aurait-elle transform√© cette mal√©diction en une b√©n√©diction¬†? (verset 14)

      Mais qu'est-ce que cette mal√©diction¬†? celle de Dieu¬†? Dieu aurait-il maudit son Bien-aim√©, le Saint et le Juste personnellement¬†? L'ap√ītre ne dit rien de pareil, et c'√©tait l√† une impossibilit√© morale. Paul parle de la mal√©diction de la loi dont Christ nous a rachet√©s, c'est-√†-dire de la peine ou du ch√Ętiment stipul√© par la loi¬†; (verset 10) et c'est cette peine, ce ch√Ętiment que J√©sus-Christ a pris sur lui en sa mort (1Pierre 2.24¬†; comparez 2Corinthiens 5.21), comme membre et repr√©sentant de notre humanit√©.

      Les termes¬†: √™tre fait p√©ch√©, devenir mal√©diction (l'abstrait pour le concret), et cela pour nous, √† notre place, signifient donc, comme le dit Pierre, porter (et √īter) le p√©ch√©, la mal√©diction qu'il m√©ritait. L'exemple que cite l'ap√ītre (Deut√©ronome 21.23) conduit au m√™me r√©sultat.

      Le supplici√© √©tait "une mal√©diction de Dieu¬†;" l'h√©breu porte que Dieu avait ordonn√© cette peine par sa loi, sans qu'il s'en suivit n√©cessairement que le condamn√© f√Ľt, quant √† son √Ęme, maudit de Dieu¬†; il pouvait √™tre l'objet de la gr√Ęce divine, tout en souffrant la peine de son crime. Et pourtant, afin d'√©viter tout malentendu, l'ap√ītre, en appliquant cet exemple √† J√©sus, retranche, comme nous l'avons dit, du texte qu'il cite le mot de Dieu.

      Cela est significatif. La même vérité ressort du fait incontestable que jamais Jésus n'a cessé d'être l'objet de l'amour de Dieu. Tout en souffrant pour nos péchés, en Gethsémané et sur la croix, il l'appelle son Père ; (Matthieu 26.39 ; Luc 23.46) bien plus, il déclare lui-même que le Père l'aime, parce qu'il met sa vie pour ses brebis. (Jean 10.17)

      Le mystère de la rédemption, ce que Paul appelle la folie de la croix, est la conciliation de ce double fait des souffrances du Sauveur et de l'amour dont Dieu n'a cessé de l'aimer. Cela revient au fond à concilier la justice et l'amour en Dieu.

      14 Grec¬†: "Devint pour les pa√Įens en J√©sus-Christ, afin que nous re√ßussions la promesse de l'Esprit." Par la mort expiatoire de Christ, la b√©n√©diction promise √† Abraham a pu s'√©tendre aux pa√Įens, √† tous les peuples.

      Puis, dans le second membre de la phrase, l'ap√ītre parle √† la premi√®re personne nous, et marque ainsi que les Juifs aussi ont part √† cette b√©n√©diction qui est le fruit du sacrifice de Golgotha. Le mur de s√©paration qui, par la loi, s'√©levait infranchissable entre Juifs et pa√Įens est tomb√©¬†: "Christ est notre paix." (Eph√©siens 2.14-18)

      - L'ap√ītre insiste sur cette b√©n√©diction d'Abraham √† laquelle nous avons part par le sacrifice de Christ et par la foi¬†; il la d√©signe comme la promesse de l'Esprit.

      Recevoir la promesse, c'est en obtenir la r√©alisation. (H√©breux 10.36¬†; Luc 24.48¬†; Actes 1.4) Or le bien immense qui √©tait promis, c'√©tait l'effusion de l'Esprit de Dieu, apr√®s que l'Ňďuvre de la r√©demption serait accomplie. (Esa√Įe 44.3¬†; J√©r√©mie 31.33¬†; Ez√©chiel 36.27¬†; Ňst; 2.28-32)

      Et comme cet Esprit est re√ßu par la foi, et non par la loi, l'ap√ītre rentre ainsi dans son premier argument, (verset 2) et pr√©pare celui qui va suivre, √©galement tir√© de l'alliance de Dieu avec Abraham.

      15 15 à 29 La loi n'a pu annuler la promesse. Le vrai rapport des deux.

      C'est-à-dire à la manière des hommes : "Je vais raisonner d'après des principes reçus par tous les hommes dans les rapports mutuels de la société."

      - L'ap√ītre s'adresse √† ses fr√®res, avec affection. Ses impressions douloureuses, indign√©es, (verset 1) se sont adoucies, et c'est dans cette disposition qu'il va exposer le plan de Dieu, selon l'alliance de sa gr√Ęce.

      Ou "alliance¬†;" un contrat, en g√©n√©ral. Ici, toutefois, l'id√©e d'un testament para√ģt pr√©dominer (verset 18¬†; comparez H√©breux 9.16,17), parce que Dieu, dans son alliance avec Abraham, donna, par un acte de sa volont√© seule, une promesse de gr√Ęce, sans condition r√©ciproque √† remplir.

      16 Apr√®s avoir pos√© un principe reconnu, (verset 15) puis ici un fait, l'ap√ītre tire sa conclusion positive au verset 17. Les derniers mots de verset 16 ne sont qu'une remarque incidente.

      - Parmi les promesses générales adressées à Abraham, (Genèse 12.3 ; 18.18 ; 22.18) Paul fait spécialement allusion à celle qui se lit dans Genèse 13.15. Là, Dieu promet à Abraham et à sa postérité la possession de la terre de Canaan, c'est ce que Paul appelle l'héritage, (verset 18) c'est-à-dire, en premier lieu, le pays de Canaan, puis, spirituellement, "le monde," (Romains 4.13) la terre entière, renouvelée par la rédemption, le règne de Dieu, ce qui revient à l'idée exprimée à verset 14 dans cette parole : "la promesse de l'Esprit."

      Le pays de Canaan n'√©tait pas le dernier but de la promesse, il n'en √©tait que le symbole¬†; c'est pourquoi, longtemps apr√®s qu'Isra√ęl en eut pris possession, David proph√©tisa le vrai repos. (H√©breux 4.8 et suivants) De m√™me, la post√©rit√© √† laquelle s'adressait la promesse de poss√©der Canaan, n'√©tait pas exclusivement ce peuple d'Isra√ęl qui y fut introduit par Josu√©, mais le vrai peuple de Dieu, les rachet√©s de Christ, mis par lui en possession du repos √©ternel qu'il leur a acquis. (verset 29) Cette derni√®re remarque est essentielle pour l'intelligence des paroles qui suivent dans notre verset.

      Voici un des passages de l'Ecriture qui ont donn√© aux ex√©g√®tes le plus de travail, et √† la critique une abondante p√Ęture. "Voyez, a-telle dit, √† quelle interpr√©tation arbitraire et rabbinique l'ap√ītre a recours¬†! Il raisonne sur le singulier et le pluriel d'un mot qui n'a jamais de pluriel, il applique √† une seule personne (Christ), une expression (post√©rit√©, semence) qui ne peut avoir qu'un sens collectif, et tout cela, afin de plier forc√©ment une parole de l'Ecriture √† ses propres id√©es. Que peut-il prouver par l√†¬†?"

      A ces objections qui, philologiquement, sont parfaitement fond√©es, voici ce que r√©pond l'ex√©g√®se de l'√©cole oppos√©e¬†: Tout ce que veut dire l'ap√ītre, c'est que, dans la parole qu'il cite, il ne saurait √™tre question de plusieurs post√©rit√©s, ce qui serait v√©ritablement le cas s'il y en avait une qui obtint l'h√©ritage selon la promesse et une autre qui p√Ľt y pr√©tendre par les Ňďuvres de la loi. (versets 17,18)

      C'est exactement ce que l'ap√ītre d√©veloppe plus au long en parlant d'Abraham dans Romains 4.16, o√Ļ il mentionne aussi plusieurs post√©rit√©s¬†:

      "C'est donc par la foi," dit-il, apr√®s avoir montr√© que Juifs et pa√Įens sont h√©ritiers de la promesse, "afin que ce soit par gr√Ęce, pour que la promesse soit assur√©e √† toute la post√©rit√©, non seulement √† celle qui est de la loi, mais aussi √† celle qui est de la foi d'Abraham, le p√®re de nous tous." (Romains 4.16)

      Il est m√™me un autre sens encore dans lequel l'Ecriture pourrait parfaitement parler des post√©rit√©s d'Abraham, et de post√©rit√©s √† tous √©gards tr√®s distinctes¬†: celle par Agar et Ketura, et plus tard par Esa√ľ, n'a rien de commun, dans l'histoire du r√®gne de Dieu, avec sa post√©rit√© par Isaac et par Jacob.

      Et même dans sa postérité par Jacob, "ce ne sont pas tous ceux qui sont de la semence d'Abraham qui sont ses enfants ;" (Romains 9.6 et suivants) mais la seule vraie postérité c'est Christ et ses rachetés, son Eglise qui est son corps, selon l'interprétation de Calvin. Voilà pour l'emploi du mot postérité, ou semence, au pluriel.

      Quant √† l'application de ce mot, toujours collectif (voir pourtant Gen√®se 4.25 en h√©breu), √† une seule personne, Christ, cette objection est d√©j√† r√©fut√©e par ce qui pr√©c√®de¬†; si l'on entend par Christ, non seulement le Christ historique, personnel, mais le Christ id√©al, c'est-√†-dire Christ et son Eglise, alors l'id√©e est r√©ellement collective comme le mot, et telle est souvent la pens√©e de l'ap√ītre. (Galates 3.29¬†; 1Corinthiens 1.13¬†; 12.12¬†; Eph√©siens 1.22,23)

      Toutes les promesses faites au peuple de Dieu embrassent Christ, en qui seul elles s'accomplissent, et toutes les prophéties relatives au Sauveur embrassent aussi son Eglise, recueillie par la même foi de tout peuple, de toute langue, de toute nation.

      - De ces objections et de cette défense on peut conclure que la pensée de Paul est vraie, lumineuse au point de vue des Ecritures, si même l'argumentation sur laquelle il la fonde est grammaticalement défectueuse.

      17 Ratifié par Dieu à Abraham. (Voir verset 15) Le texte reçu ajoute ici : "ratifié envers Christ ou à l'égard de Christ." Ces mots, non authentiques, devaient, dans la pensée du correcteur, reproduire l'idée du verset16.

      Paul applique ici sa comparaison du verset 15 et argumente du fait déjà indiqué au commencement de verset 16. Ainsi :

      1¬į on n'annule pas un testament authentique¬†; (verset 15)

      2¬į il a √©t√© donn√© √† Abraham par la promesse¬†;

      3¬į cette promesse ne peut √™tre annul√©e par la loi, venue si longtemps apr√®s.

      - En rappelant les 430 ans pendant lesquels les Isra√©lites furent en √Čgypte, (Exode 12.40) depuis les derni√®res promesses r√©it√©r√©es √† Jacob jusqu'√† la loi, l'ap√ītre n'entend point observer une chronologie rigoureuse, mais exprimer seulement par ce chiffre connu le long intervalle √©coul√© entre la promesse et la loi¬†: celle-ci ne pouvait en aucune fa√ßon annuler celle-l√†.

      18 Grec¬†: "Dieu l'a gratifi√© (donn√© par gr√Ęce) √† Abraham par la promesse," sans aucune condition. Ce don √©tant irr√©vocable, (verset 15) reste pour tous le seul moyen d'obtenir l'h√©ritage √† l'exclusion de la loi. (Comparer Romains 4.4,5,14)
      19 Les Juifs devaient n√©cessairement opposer √† l'ap√ītre l'objection qu'il pr√©vient ici¬†: Puisque le salut est par gr√Ęce, fond√© uniquement sur la promesse de Dieu et re√ßu par la foi sans les Ňďuvres de la loi, pourquoi cette loi sainte donn√©e avec tant d'√©clat, qui remplit une si immense place dans la vie du peuple d'Isra√ęl¬†? (Voyez la m√™me question Romains 3.31)

      La r√©ponse de l'ap√ītre est conforme √† tous les enseignements de l'Ecriture sur le but de la loi¬†: Elle a √©t√© ajout√©e √† cause des transgressions, c'est-√†-dire, d'une part, pour donner au transgresseur la conscience humiliante de son p√©ch√©, faire abonder en lui le p√©ch√©, le porter par l√† √† soupirer apr√®s la r√©demption, et ainsi le ramener √† la "promesse¬†;" (Romains 3.20¬†; 5.20¬†; 7.13) d'autre part, pour emp√™cher, ne f√Ľt-ce que par la crainte du ch√Ętiment, les plus grossi√®res manifestations de la corruption. (versets 23,24)

      C'est-à-dire Christ, la vraie postérité. (Comparer verset 16, note.)

      L'Ancien Testament ne mentionne pas la pr√©sence ou le minist√®re des anges dans la promulgation de la loi sur le Sina√Į, √† moins qu'il ne s'agisse de "l'ange de l'alliance" ou "de l'ange de la face de l'√Čternel." Dieu parlait lui-m√™me √† Mo√Įse. Mais cette id√©e, introduite dans la th√©ologie juive par la traduction grecque du passage Deut√©ronome 33.2 (qui rend saints par anges), fut d√®s lors g√©n√©ralement re√ßue.

      - Paul et le Nouveau Testament l'adoptent (Actes 7.53 ; Hébreux 2.2) en conformité avec cette notion biblique que le Dieu souverain ne se communique pas directement aux hommes. (Exode 33.20-23 ; Jean 1.18)

      - Quant au m√©diateur de la loi, il ne peut √™tre que Mo√Įse, et nullement, comme le veulent Calvin et d'autres, le Fils de Dieu, ce qui serait en contradiction avec le raisonnement de l'ap√ītre au verset suivants

      - Mais quelle est l'intention de l'ap√ītre en rappelant ces circonstances de la promulgation de la loi¬†? Les uns pensent qu'il veut en relever la dignit√©¬†; les autres, qu'il veut en faire sentir l'inf√©riorit√© relativement √† la nouvelle alliance. Ce fut le peuple lui-m√™me qui alors demanda avec instance la m√©diation de Mo√Įse, ne pouvant supporter la pr√©sence ni la parole directe de l'√Čternel, (Exode 20.18,19¬†; Deut√©ronome 5.5) preuve nouvelle que ce n'est pas la loi qui r√©concilie le p√©cheur avec le Dieu saint. (verset 21)

      "Le peuple ne pouvait pas m√™me entendre la loi¬†: comment e√Ľtelle pu le rendre juste¬†?" Luther.

      20 Aux paroles qui précèdent (verset 19) et qui forment avec celles qui suivent (verset 21) l'ensemble le plus clair, Paul ajoute ici une remarque incidente, très obscure par sa brièveté même.

      Peu de versets de l'Ecriture ont autant occupé les commentateurs. Il serait inutile de citer leurs interprétations, infiniment diverses.

      Voici la traduction litt√©rale, d'apr√®s laquelle chaque lecteur pourra s'efforcer de trouver √† ces paroles le sens qui rentre le mieux dans l'ensemble de la pens√©e de l'ap√ītre¬†: "Or le m√©diateur n'est pas d'un, mais Dieu est un."

      A propos du m√©diateur qu'il vient de nommer, l'ap√ītre pose ce principe bien connu, qu'un m√©diateur ne l'est jamais d'un seul homme, d'une seule partie, mais de deux, qui sont divis√©es, et qu'il s'agit de rapprocher, de r√©concilier. Tel √©tait Mo√Įse, entre Dieu et le peuple¬†; mais seulement pour un temps¬†; car l'√©conomie de la loi est transitoire puisqu'elle suppose deux volont√©s unies par un m√©diateur et qu'elle re√ßoit de l'une des parties contractantes, le peuple d'Isra√ęl, son caract√®re temporaire et limit√©¬†; tandis que Dieu, qui est un seul Dieu, absolu, ind√©pendant, a donn√© la promesse de gr√Ęce √† Abraham (versets 15-18) librement, sans m√©diateur, sans conditions, sans aucun contrat, et la promesse re√ßoit de ce fait un caract√®re permanent et universel¬†; elle est immuable et unique comme son auteur.

      Dieu a bien voulu ensuite admettre la m√©diation de Mo√Įse¬†; mais quand la promesse sera accomplie, (verset 19) la m√©diation de Mo√Įse pourra cesser, son minist√®re par la loi ayant atteint son but. Ainsi donc la loi n'est pas contraire aux promesses de Dieu. (verset 21) Le m√™me Dieu qui a donn√© les promesses a donn√© aussi la loi qui devait y pr√©parer son peuple, et il reste toujours un, toujours le m√™me dans ses desseins.

      - Tel est √† peu pr√®s le sens sur lequel s'accordent les meilleurs ex√©g√®tes. Il peut se compl√©ter par cette remarque de J.-F. von Meyer¬†: "Dieu est un, c'est-√†-dire qu'il ne souffre point d'opposition¬†; c'est pourquoi nous devons, comme enfants de Dieu, parvenir √† l'unit√© divine par un M√©diateur plus grand que Mo√Įse, (H√©breux 8.6¬†; 1Timoth√©e 2.5¬†; Romains 9.5) et alors notre s√©paration d'avec Dieu (qui a donn√© la promesse sans m√©diateur) dispara√ģtra." (Comparer versets 26-28)

      Il faut mentionner encore l'opinion de ceux qui, comme Calvin, entendent ici par le m√©diateur non pas Mo√Įse, mais J√©sus-Christ, et interpr√®tent notre passage ainsi¬†: "Ce m√©diateur ne l'est pas d'un seul peuple (les Juifs), il l'est aussi des pa√Įens¬†; mais Dieu est un seul Dieu qui r√©concilie les uns et les autres avec soi, qui a donn√© aussi bien la promesse de gr√Ęce que la loi."

      Ce sens n'est pas du tout en harmonie avec l'ensemble du raisonnement de Paul dans ces versets.

      21 Et alors la promesse serait anéantie, (Romains 4.14) Dieu se contredirait, il ne serait plus un, (verset 20) il y aurait deux voies opposées de salut et deux postérités d'Abraham, l'une par la promesse, l'autre par la loi ; (verset 15, note) et les faux docteurs seraient fondés à s'opposer à la doctrine de Paul. Mais...(verset 22)
      22 Grec¬†: "Afin que la promesse qui est de par la foi de J√©sus-Christ, f√Ľt donn√©e aux croyants." Ainsi la loi, bien loin de pouvoir vivifier, (verset 21) n'a fait qu'enfermer tous les hommes sous le p√©ch√©, (comparez Romains 11.32) leur en a fait sentir les cha√ģnes et l'esclavage, sans leur laisser le plus l√©ger espoir de se d√©livrer par eux-m√™mes, (verset 12, note) afin qu'ils se sentissent press√©s de recourir, par la foi, √† la promesse et √† celui qui l'a accomplie, J√©sus-Christ. (Romains 1.17¬†; 3.22)

      - L'ap√ītre ne dit pas ici¬†: la loi, mais l'Ecriture, parce que tout l'Ancien Testament concourait au m√™me but, manifester le p√©ch√©, √† l'exception de la promesse faite √† Abraham, puis r√©it√©r√©e et confirm√©e par la parole des proph√®tes. Mais la promesse ouvrait aux regards de l'homme une tout autre voie de salut. (verset 8, note.)

      23 Grec : "Nous étions enfermés, gardés sous la loi, (verset 22) pour la foi qui devait être révélée."

      Par la foi, l'ap√ītre entend ici l'objet de la foi, tout l'Evangile. En effet, il ne faut pas oublier qu'avant la venue de cette foi, sous l'ancienne alliance, la foi consid√©r√©e en elle-m√™me, la foi subjective et personnelle existait d√©j√†.

      L'ap√ītre nous le dit luim√™me d'Abraham, (Galates 3.6¬†; Romains 4.1 et suivants) de David. (Romains 4.6 et suivants) L'√©p√ģtre aux H√©breux dit d'une multitude de croyants¬†: "Tous ceux-l√† sont morts en la foi" aux promesses, et ont √©t√© justifi√©s par cette foi. (H√©breux 11) Mais tout le peuple, et m√™me ces croyants, en une grande mesure, n'√©taient pas moins gard√©s sous la loi, par laquelle Dieu faisait leur √©ducation pour un meilleur avenir. (verset 24) Bien plus, ce rapport de la loi et de la gr√Ęce dure encore, et durera toujours, selon le degr√© de d√©veloppement o√Ļ se trouvent les hommes.

      "Saint Paul entend, par la venue de la foi, le temps o√Ļ Christ devait venir¬†; mais toi, tu dois l'appliquer tout aussi bien √† l'Ňďuvre que la loi et la gr√Ęce op√®rent en chaque croyant. Car ce qui est arriv√© dans l'histoire lorsque Christ est venu, arrive encore journellement en chaque chr√©tien qui se convertit¬†: la loi tombe avec ses terreurs¬†; la libert√©, la vie √©ternelle sont mises en lumi√®re." Luther.

      25 Le mot rendu ici par conducteur, et que l'on pourrait traduire plus compl√®tement par conducteur d'enfants (Grec¬†: "p√©dagogue"), d√©signait, chez les anciens, des esclaves charg√©s de surveiller les enfants, de les conduire chez les ma√ģtres, etc. Image tr√®s juste de la loi, selon le but que lui assigne l'ap√ītre. (versets 23-25)

      Ce ministère de la loi, pour amener les hommes à Christ, n'a jamais cessé ; car si Paul ajoute : nous ne sommes plus sous ce pédagogue, c'est en parlant de ceux pour qui véritablement la foi est venue.

      Il est toujours, m√™me sous l'Evangile, des multitudes qui n'en sont point encore l√†, pour qui la foi n'est pas venue, qui, au contraire, se trouvent, comme les Isra√©lites de l'ancienne alliance, √† l'√©tat d'enfants, (Galates 4.1,2) en qui doit s'accomplir encore le minist√®re de la loi pour les amener √† Christ. Toutes les phases successives de l'histoire du r√®gne de Dieu se reproduisent simultan√©ment, √† chaque √©poque, dans les divers √©tats d'√Ęme.

      "Sous cette image d'un p√©dagogue, dit Luther, l'ap√ītre nous montre clairement comment nous devons employer la loi¬†; car, de m√™me que le p√©dagogue conduit les enfants, les punit, les attriste, non dans l'intention que cette discipline dure toujours, mais afin que plus tard ils jouissent des biens de leur p√®re d'autant plus librement et avec joie, ainsi nous devons savoir que si la loi effraie et contriste les √Ęmes c'est afin de les pr√©parer √† Christ et √† la libert√© spirituelle qui doit suivre."

      26 Grec : "Car tous, vous êtes fils de Dieu, en Christ Jésus, par la foi."

      Tous, tant Juifs que pa√Įens, en sorte que ni les uns ni les autres ne sont plus sous le p√©dagogue¬†: pourquoi donc vous, Juifs, voudriezvous y ramener vos fr√®res convertis du paganisme¬†? En s'adressant de nouveau directement √† ses lecteurs, tandis que jusqu'ici il n'avait parl√© que des Juifs, il leur applique tout ce qu'il vient de dire et en tire les conclusions. (versets 26-29)

      Si l'ap√ītre appelle encore fils de Dieu des chr√©tiens auxquels il vient de faire de tels reproches, (verset 1 et suivants) c'est dans la supposition exprim√©e au verset suivant, et pour autant qu'ils ne sont point d√©chus de la foi en J√©sus-Christ, malgr√© leurs erreurs.

      27 Paul affectionne cette image si juste et si frappante : revêtir. (Voir 1Corinthiens 15.53,54 ; Ephésiens 4.24 ; Colossiens 3.10 ; comparez 2Corinthiens 5.2-4)

      Rev√™tir Christ, c'est devenir tellement un avec lui, que sa justice nous enveloppe tout entiers, et que sa vie soit notre vie¬†: en sorte que Dieu ne nous voie plus, nous, p√©cheurs, mais son Fils en nous et nous en lui. Cela seul donne √† l'√Ęme l'assurance et la paix pour para√ģtre un jour devant le Saint et le Juste.

      - "Mais comment peut-il dire que tous ceux qui ont √©t√© baptis√©s ont rev√™tu Christ, puisqu'il s'en faut tant que le bapt√™me soit efficace en tous¬†? Ne parait-il pas absurde d'unir ainsi la gr√Ęce du Saint-Esprit √† un signe ext√©rieur¬†? Je r√©ponds¬†: Paul parle des sacrements de deux mani√®res diff√©rentes¬†: s'il a affaire √† des hypocrites qui se glorifient de vaines c√©r√©monies, il pr√™che le vide et le n√©ant de ces choses ext√©rieures, et il attaque vigoureusement cette fausse confiance. Pourquoi¬†? parce qu'alors il regarde, non √† l'institution divine, mais √† l'abus des impies qui la corrompent. Tandis que lorsqu'il s'adresse √† des croyants qui usent des symboles comme ils le doivent, il joint aux signes la v√©rit√© qu'ils repr√©sentent. Pourquoi¬†? Parce que Dieu ne nous montre pas dans les sacrements une pompe trompeuse, mais il nous communique en m√™me temps la chose m√™me que le symbole repr√©sente. D√®s lors, selon l'institution de Dieu, la r√©alit√© est unie aux signes. Si quelqu'un objecte que, par le p√©ch√© des hommes, le sacrement peut n'√™tre plus en r√©alit√© ce qu'il repr√©sente, la r√©ponse est facile¬†: les impies ne sauraient √īter aux sacrements leur nature, ni leur efficace, quoique eux-m√™mes n'en retirent aucun fruit. Les sacrements offrent aux bons comme aux m√©chants la gr√Ęce de Dieu, et ce n'est pas pour tromper qu'ils promettent la gr√Ęce du SaintEsprit¬†: les fid√®les re√ßoivent ce qui est offert¬†; les impies, en le repoussant, le rendent inutile quant √† eux, mais ils ne peuvent emp√™cher ni Dieu d'√™tre fid√®le, ni la signification des sacrements d'√™tre vraie et r√©elle. Ainsi l'ap√ītre ne transporte pas au signe ce qui n'est propre qu'√† Dieu, et cependant il constate la force des sacrements, afin que nul ne les prenne pour de vains et froids spectacles." Calvin.

      (Comparer sur la doctrine du baptême Romains 6.3-11)

      En insistant sur la r√©alit√© et l'efficace de cette institution du bapt√™me (et de la c√®ne) pour n'en pas faire "un vain et froid spectacle," il faut se souvenir que Paul ne lui attribue cette profonde signification que pour des hommes qui, avant de recevoir le bapt√™me, avaient √©t√© amen√©s, par la pr√©dication de l'Evangile, √† la connaissance du Sauveur, √† la foi en lui¬†; sans cela on tombe dans l'erreur oppos√©e, on fait du bapt√™me et de la puissance de r√©g√©n√©ration qui lui est attribu√©e une Ňďuvre magique, un opus operatum, transf√©rant √† l'acte en lui-m√™me ce qui ne peut √™tre qu'une Ňďuvre de la puissance et de la gr√Ęce de Dieu, et que la foi seule peut s'approprier.

      28 Toutes ces diff√©rences de nationalit√© (juive ou pa√Įenne), de rang social, de sexe, sont effac√©es pour ceux qui, par la foi et la r√©g√©n√©ration, sont devenus un avec J√©sus-Christ, et sont transform√©s par lui √† sa ressemblance. (verset 27)
      29 C'est l√† la conclusion de tout ce que l'ap√ītre a prouv√©, (versets 15-28) c'est un regard qu'il jette en arri√®re sur sa d√©monstration¬†: les faux docteurs pr√©tendaient que ceux-l√† seuls √©taient la post√©rit√© d'Abraham, qui, entrant par la circoncision dans l'alliance ancienne, observaient toutes les prescriptions temporaires de la loi.

      Paul a montré que, dans ce cas, il y aurait plus d'une postérité d'Abraham, puisque la promesse, qui certainement en a créé une, a été donnée longtemps avant la loi. (Vers 15-18.) Il a prouvé ensuite par le but de la loi, qu'elle ne changeait rien aux dispositions que Dieu avait prises par la promesse, puisque la loi n'était qu'un moyen préparatoire, éducateur, pour amener à Christ, en qui n'existent plus de différences. (versets 19-28)

      Il n'y a donc qu'une seule postérité d'Abraham, celle de la promesse, parfaitement accomplie en JésusChrist. (verset 29)

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