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Philippiens 3

    • 1 Chapitre 3.

      1 à 14 Se garder des faux docteurs. Paul a renoncé à tout pour gagner Christ et atteindre le but.

      Les premiers mots de ce chapitre qui ne se lient logiquement ni √† ce qui pr√©c√®de ni √† ce qui suit, et qui sont une salutation √† la mani√®re des anciens, semblent indiquer que l'ap√ītre voulait d'abord terminer ici sa lettre, ou du moins passer aux relations personnelles qui se trouvent √† Philippiens 4. Cependant une exhortation fort importante se presse encore dans son cŇďur, (verset 2) et il y donne cours.

      - Sur cette sainte joie du racheté de Christ, qui est une force dans les combats et dans l'épreuve, et à laquelle Paul exhorte fréquemment ses frères vers la fin de ses lettres, comparez Philippiens 4.4 ; 2Corinthiens 13.11 ; 1Thessaloniciens 5.16. C'est la joie du Saint-Esprit en eux. (Romains 14.17 ; 1Thessaloniciens 1.6)

      Ces paroles peuvent se rapporter √† l'exhortation √† la joie qui pr√©c√®de¬†; mais il est plus probable qu'il faut les rattacher aux avertissements oui suivent, et que Paul avait d√©j√† fait entendre √† ses lecteurs, soit de vive voix, soit autrement. Il ne se lasse point d'y revenir pour leur s√Ľret√© en pr√©sence du danger.

      2 Ce sont les m√™mes hommes que l'ap√ītre d√©signe par ces trois noms.

      Le premier les marque comme impurs dans leur caract√®re et leurs motifs (en Orient, le chien est toujours le symbole de l'impuret√©¬†: Matthieu 7.6¬†; Apocalypse 22.15)¬†; le second montre en eux des hommes qui se donnaient √† eux-m√™mes la mission de travailler dans l'Eglise (comparez 2Corinthiens 11.13¬†; et ci-dessus Philippiens 1.14,15)¬†; le troisi√®me les d√©signe comme appartenant au parti des juda√Įsants, qui faisaient de la circoncision une condition indispensable au salut.

      L'ap√ītre, par un jeu de mots qui renferme une vive ironie, transforme cette circoncision en une simple incision ou mutilation (tel est le sens du mot traduit par fausse circoncision), et il fait sentir ainsi que c'est √† cela, en effet, que se r√©duit cette c√©r√©monie religieuse, d√®s le moment qu'on attache tant d'importance √† l'acte ext√©rieur, mat√©riel, en oubliant que la circoncision n'a de valeur que comme signe de la purification du cŇďur et de la vie. (Comparer Philippiens 3.3,Romains 2.28,29)

      Combien un tel avertissement est encore applicable à tous les genres de formalisme !

      3 Les chr√©tiens sont les vrais circoncis, parce qu'ils le sont spirituellement, dans le cŇďur. (Romains 2.28,29¬†; Colossiens 2.11)

      Dès lors leur culte est vivifié par l'Esprit de Dieu (vrai texte ; comparez Jean 4.23,24) ; et ils se glorifient en Christ Jésus seul, parce qu'ils ont en lui la rédemption et la justification, (1Corinthiens 1.31 ; 2Corinthiens 10.17) et non en la chair, comme les Juifs qui mettaient leur confiance dans la circoncision et en d'autres privilèges extérieurs. (Galates 3.3 ; 6.13)

      4 Voir sur cette notion de la chair, par opposition à l'esprit, Romains 1.3, note ; comparez Romains 4.1, note, et surtout Romains 8.1-13.
      6 Voil√† autant de privil√®ges dont Paul aurait pu se glorifier s'il avait voulu s'appuyer sur la chair, c'est-√†-dire sur ces choses ext√©rieures, sans regarder aux dispositions du cŇďur qui seules leur donneraient de la valeur¬†: lui aussi a √©t√© circoncis selon la loi d√®s l'entr√©e de sa vie, √©tant Isra√©lite de naissance, et non seulement pros√©lyte comme plusieurs de ses adversaires.

      Il appartenait à la tribu de ce Benjamin, le favori de son père, qui reçut de lui une bénédiction particulière ; (Genèse 49.27 ; Deutéronome 33.12) à cette tribu toujours restée fidèle et dans laquelle était Jérusalem avec son temple.

      Hébreu, fils d'Hébreux, Paul descendait d'Abraham ; pour la doctrine et pour la stricte observance de la loi, il était de la secte austère et respectée des pharisiens. (Actes 22.3 ; 26.5)

      Nul ne l'avait surpass√© en z√®le, puisqu'il avait pers√©cut√© l'Eglise chr√©tienne, et quant √† la justice de la loi, √† cette justice que lui opposaient ses adversaires, et qui consiste √† suivre √† la lettre chaque pr√©cepte, tandis que le cŇďur reste inconverti, Paul √©tait sans reproche de la part des hommes.

      7 Ces privilèges, dans l'intention de Dieu, étaient certainement d'une grande valeur (un gain) ; mais comme Paul en avait abusé par orgueil, il les considère maintenant comme une véritable perte : ce qui ne veut pas dire seulement qu'il les a perdus, qu'il y a renoncé, mais qu'ils lui étaient vraiment devenus nuisibles. (Comparer Jean 9.41 note.)

      C'est dans ce sens qu'un P√®re de l'Eglise a pu √©mettre l'id√©e paradoxale que "les bonnes Ňďuvres sont nuisibles au salut," ce qui est vrai si ces Ňďuvres emp√™chent l'homme de chercher son salut uniquement en J√©sus-Christ.

      8 Le verset verset 8 n'est pas une simple répétition de verset 7.

      Paul veut dire : "Ce n'est pas seulement alors dans le premier feu de la conversion, que j'ai considéré ces choses comme une perte ; mais encore plus maintenant, après une longue expérience de la vie chrétienne, je regarde toutes choses, tout ce que ce monde pourrait m'offrir, comme une perte. En comparaison de ce que j'ai trouvé dans l'excellence de la connaissance de Christ (Grec :"une connaissance qui surpasse tout"), je méprise tout le reste comme des ordures."

      Cette précieuse expérience de Paul est le principe universel de la vie chrétienne. Pour gagner Christ, se l'approprier tout entier, être trouvé en lui (verset 9) dans sa communion, au dernier jour, il faut faire la perte de tout ce en quoi l'homme naturel met sa confiance, être prêt à tout abandonner. (Matthieu 10.38,39 ; 16.24,25)

      9 L'ap√ītre ayant employ√© ce terme¬†: ma justice, l'explique par celuici¬†: celle qui me vient de la loi, celle qu'il s'effor√ßait d'acqu√©rir par l'observation de la loi.

      Cette justice ne saurait √™tre le fondement de son esp√©rance pour l'avenir. Il conna√ģt une autre justice dont il a √©t√© mis en possession par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu sur la base de la foi.

      Telle est la traduction litt√©rale de ces mots dont le sens est suffisamment expliqu√© par les autres √©p√ģtres de notre ap√ītre. (Voir en particulier Romains 3.21-28, notes¬†; Romains 10.3)

      Mais pour s'approprier cette justice, il faut être trouvé en Christ, dans une communion vivante avec lui par le lien intime de la foi, communion décrite en traits profonds dans les paroles qui suivent.

      10 Ces paroles, aussi bien que celles de verset 9, se rattachent étroitement à verset 8.

      L'ap√ītre expose (versets 9-11) ce que c'est que "gagner Christ." C'est d'abord poss√©der sa justice¬†; (verset 9) le conna√ģtre, lui¬†; conna√ģtrai la puissance de sa r√©surrection, la communion de ses souffrances et de sa mort¬†; (verset 10) c'est enfin parvenir par lui √† la r√©surrection des morts¬†: v√©rit√©s profondes qu'on doit sonder par la m√©ditation, et dont il faut faire l'exp√©rience pour les comprendre.

      - Le conna√ģtre ce n'est point poss√©der une simple notion historique et intellectuelle de Christ, mais c'est l'avoir embrass√© par une foi vivante, √™tre entr√© dans une communion intime avec lui. (Comparer Jean 10.14¬†; 17.3)

      - La puissance de sa r√©surrection n'est pas seulement cette force divine qui a ramen√© le Sauveur d'entre les morts, l'a √©lev√© √† la droite de la majest√© de Dieu, et qu'il d√©ploie pour appliquer √† tous ses rachet√©s les fruits de sa r√©demption (Calvin et d'autres)¬†; ni seulement l'assurance de notre propre r√©surrection fond√©e sur la sienne, la victoire sur la mort¬†; mais encore cette efficace de vie divine par laquelle le Seigneur ressuscit√©, en s'unissant √† ses membres qui sont sur la terre, fait mourir en eux le vieil homme, ressuscite lui-m√™me en eux, y reproduit son image, sa vie, jusqu'au moment o√Ļ ils seront consomm√©s en lui et √©lev√©s dans sa gloire. (Comparer Romains 6.4-11, notes¬†; et Romains 8.10,11,17¬†; 1Corinthiens 15.21¬†; 2Corinthiens 1.9,10¬†; Galates 2.20¬†; Eph√©siens 1.18-20¬†; Colossiens 3.1,4, notes.)

      Les derniers mots de cette phrase expliquent les premiers. La communion des souffrances de Christ n'est point seulement une appropriation personnelle de ses souffrances par la foi en lui¬†; c'est une exp√©rience r√©elle de ses souffrances, par laquelle chacun de ses membres ici-bas devient conforme √† sa mort, c'est-√†-dire meurt avec lui, condition indispensable pour avoir part √† la "puissance de sa r√©surrection¬†;" ou plut√īt c'est l√† une seule et m√™me Ňďuvre de la gr√Ęce en nous, envisag√©e par son c√īt√© n√©gatif, la mort, et par son c√īt√© positif, la vie.

      L'état du chrétien sur la terre est un état de souffrance, au dedans et au dehors. Il porte en tout lieu la douleur du péché ; il souffre de ses propres misères et de celles des autres ; il lutte, il succombe comme son Sauveur ; pour lui aussi la croix est l'unique moyen de la victoire. Ces souffrances sont celles de Christ même ; il les endure avec ses membres ; c'est le même combat, la même cause, la même force, le même but, la même couronne acquise par Christ et réservée aux siens. (Romains 8.17,26,27 ; 2Corinthiens 1.5 ; Colossiens 1.24 ; 1Pierre 4.1, notes.)

      11 Grec : "Si comment (en quelque manière) je parviendrai à la résurrection des morts."

      En un sens la r√©surrection des morts est universelle, tous y parviendront¬†; (Jean 5.29) mais Paul, dans les principaux passages qui traitent de ce sujet, n'envisage que la r√©surrection des justes, la consommation du chr√©tien tout entier, corps et √Ęme, glorifi√© par la puissance de r√©surrection et de vie, qui est Christ en lui. Cette esp√©rance de l'ap√ītre n'est donc que le dernier trait, le couronnement de tout ce qu'il a d√©j√† exprim√© √† verset 10.

      Mais pourquoi cette tournure dubitative¬†? Certes, il faudrait √™tre bien √©tranger aux √©p√ģtres de Paul pour penser qu'il doute de son salut final. (Comparer entre autres Romains 5.1 et suivants¬†; Romains 8.16,28-39¬†; 1Corinthiens 3.21-23¬†; Philippiens 1.5,6¬†; 2Timoth√©e 4.7,8,18)

      Mais l'assurance de l'enfant de Dieu est une assurance morale, qui d√©pend des moyens de gr√Ęce, et non une assurance math√©matique.

      Il marche par la foi et non par la vue. Sa vie est un combat perp√©tuel, et qui dit combat, dit danger. (2Timoth√©e 2.5) Il doit faire preuve d'une active vigilance, d'une consciencieuse fid√©lit√©, d'une humble d√©pendance de la gr√Ęce de Dieu, qui seule le gardera et lui assurera la victoire (Comparer 1Corinthiens 10.12¬†; 9.27 et les belles paroles ci-dessous, versets 12-14)

      14 Voici d'abord la version littérale de ces paroles : (versets 12-14) Non que j'aie déjà saisi, quoi ? ce verbe étant sans objet, les uns suppléent tout ce qui précède ; (versets 10,11) les autres, le but ; (verset 14) les autres, le prix ; (verset 14) - ou que je sois déjà perfectionné ; mais je poursuis, m'efforçant de saisir ; c'est pourquoi aussi j'ai été saisi par Christ. (verset 12) Frères, je ne m'estime pas moi-même avoir saisi ; (verset 13) mais une seule chose : oubliant les choses, etc.

      Ce mot énergique, absolu : une seule chose, (comparez Luc 10.42) est ordinairement complété par un verbe : je fais ; d'autres le relient à verset 13 : j'estime une chose ; d'autres le laissent isolé, dans son sens absolu.

      - Dans ces versets l'ap√ītre repr√©sente le combat de la foi sous l'image de la course telle qu'elle avait lieu chez les anciens. (1Corinthiens 9.24-27, notes¬†; et ci-dessus Philippiens 2.16) Par opposition √† toute perfection imaginaire, soit l√©gale, soit spirituelle, Paul confesse humblement que pour lui la vie chr√©tienne est encore un combat, et le restera jusqu'au terme.

      Ce terme est indiqu√© √† la fin de verset 14. Paul l'appelle le but et le prix, par o√Ļ il entend la perfection. (verset 12) Le point de d√©part de la course consiste √† √™tre saisi par Christ¬†; (verset 12) alors seulement le croyant peut songer lui-m√™me √† saisir le prix. (Il est bon de remarquer cet emploi du m√™me mot en deux sens diff√©rents.) Il faut, en effet, que l'ordonnateur de la course appelle celui qui doit y prendre part, lui ouvre la carri√®re, lui assigne sa place, d'o√Ļ il s'√©lancera vers le but. C'est ce que Christ fait pour tous les chr√©tiens¬†; mais cette exp√©rience initiale √™tre saisi par Christ avait √©t√© plus frappante chez l'ap√ītre Paul, √† cause de sa conversion extraordinaire, √† laquelle il fait allusion.

      "J'étais du nombre de ceux qui couraient vers la perdition ; déjà j'y touchais, j'allais périr...alors je fus saisi par Christ qui me poursuivait, tandis que je le fuyais de toutes mes forces." Chrysostome.

      - Cette image pleine de v√©rit√© explique tout le reste dans les paroles de l'ap√ītre¬†:

      "Le coureur ne s'arr√™te pas √† regarder en arri√®re pour voir quel espace il a d√©j√† parcouru, mais il porte les yeux en avant sur l'espace qui le s√©pare du but. (verset 14) A quoi bon contempler ce qu'il a fait, s'il oublie ce qui lui reste √† faire¬†? Il tend donc vers le but, br√Ľlant du d√©sir de le saisir. Quelque vitesse qu'il imprime √† ses pieds, il les devance encore du reste de son corps¬†; pench√© en avant (sens du mot grec), il tend les mains vers le but¬†: c'est ainsi que nous devons courir." Chrysostome.

      - D'après cette image, ce qui est en arrière et que le chrétien doit oublier, ce n'est pas seulement le monde et le péché, mais ses propres vertus, ses progrès réels, qu'il pourrait être tenté de contempler avec complaisance en lui-même, tandis qu'il oublierait ses fautes et ses misères. Dieu tient devant lui, au terme de la carrière, le prix glorieux de sa vocation en Jésus-Christ. Y parvenir, le saisir, doit être sa seule pensée, son unique affaire.

      15 15 à 21 Tendre à l'unité. Les hommes de la terre et les hommes du ciel.

      Etre parfait ne peut pas, d'apr√®s ce qui pr√©c√®de, s'entendre d'une perfection morale absolue. L'ap√ītre emploie souvent ce mot dans le sens de m√Ľr, d'homme fait par opposition √† l'√©tat d'enfant. (1Corinthiens 2.6¬†; 14.20¬†; comparez H√©breux 5.14)

      Paul exhorte ceux qui ont atteint ce degré de perfection à avoir cette même pensée ou ce même sentiment.

      Lequel¬†? Les uns r√©pondent en rapportant ces mots aux grandes pens√©es exprim√©es versets 9-11¬†; les autres, √† celles de versets 12-14, c'est-√†-dire que, tout en retenant ferme son √©lection et sa vocation en J√©sus-Christ, on ne se persuade pas l√©g√®rement d'avoir saisi le prix¬†; mais que l'on se p√©n√®tre, au contraire, avec humilit√© et tristesse, de la distance qui nous s√©pare encore de l'enti√®re sanctification du cŇďur et de la vie, √† laquelle nous devons tendre sans cesse.

      L'une et l'autre interpr√©tations ont du vrai. La pens√©e dont le chr√©tien doit √™tre rempli, c'est celle qui ressort de l'exp√©rience faite par Paul¬†: √™tre tout entier en Christ, mais reconna√ģtre et sentir tout ce qui lui manque encore.

      16 "La m√™me pens√©e" (verset 15) dont tous les chr√©tiens doivent √™tre anim√©s, c'est le centre m√™me, l'√Ęme de la vie nouvelle en Christ.

      Si un chrétien marche selon cette ligne de conduite, dans cet esprit, il se trouve sous la direction certaine de Dieu, sous la discipline de son Saint-Esprit.

      Mais sur divers points secondaires de doctrine ou de conduite, il peut y avoir, entre ceux qui suivent cette voie, des diff√©rences¬†; √† plus d'un √©gard ils peuvent penser autrement, tout en √©tant sur le m√™me fondement¬†; cela est dans la nature des choses et ins√©parable de la libert√© √©vang√©lique¬†; l'ap√ītre l'admet sans h√©siter.

      Mais il est tout aussi convaincu que, si des chrétiens sont réellement sur "le seul fondement que l'on puisse poser," conduits par le même Esprit de Dieu, ce qui manque à leur connaissance ou à leurs convictions leur sera révélé par cet Esprit, qui les rapprochera toujours plus de l'unité en toutes choses. (verset 15)

      En attendant, ils doivent user de support, de charité, respecter la liberté les uns des autres, et surtout conserver l'unité dans tout "ce à quoi ils sont parvenus." (Trad. littér.) Paul en donne ici lui-même un mémorable exemple. Autant il se montre absolu lorsqu'il s'agit de la vérité qui constitue l'essence même de l'Evangile, autant il est large et éloigné de vouloir étouffer les convictions individuelles sous le poids de son autorité apostolique, quand il a affaire à des opinions secondaires et sincères, qui ne différent le plus souvent que par suite d'une connaissance imparfaite. (Comparer Romains 14.1 ; Ephésiens 1.17 ; 1Jean 2.20,27)

      - Le texte re√ßu donne ainsi ce verset¬†: "cependant, ce √† quoi nous sommes parvenus, marcher selon une m√™me r√®gle, penser la m√™me chose." Les mots soulign√©s ne sont pas authentiques¬†; ils ont √©t√© ajout√©s dans l'intention de rendre plus claire la pens√©e de l'ap√ītre.

      17 Nous n'avons tous qu'un seul Ma√ģtre, qu'un seul mod√®le, Christ. (Matthieu 23.8¬†; 1Pierre 2.21) Aussi, quand l'ap√ītre en appelle √† l'exemple de sa propre vie pour que ses fr√®res s'y conforment, ce n'est jamais d'une mani√®re g√©n√©rale et absolue, mais, comme ici, relativement √† quelque direction sp√©ciale et pratique qu'il vient de donner √† ses lecteurs. (1Thessaloniciens 1.6¬†; 1Corinthiens 11.1)

      Il √©tait indispensable que les membres les moins √©clair√©s et les plus faibles de ces jeunes Eglises, sortant des t√©n√®bres du paganisme, eussent dans les ap√ītres de J√©sus-Christ, de m√™me que dans les chr√©tiens les plus avanc√©s, un exemple vivant de la doctrine et de la vie nouvelles qu'ils pr√™chaient.

      Aussi les ap√ītres n'h√©sitent-ils pas √† rappeler aux ministres de la Parole qu'ils doivent se montrer les mod√®les des troupeaux, (1Timoth√©e 4.12¬†; 2.7¬†; 1Pierre 5.3) ce qui implique, pour les fid√®les, le devoir, non d'imiter aveugl√©ment des hommes, mais de consid√©rer avec respect ces serviteurs de Dieu dont les lumi√®res, l'exp√©rience, la sagesse, la sainte vie sont √©videmment des fruits de l'Esprit de Dieu en eux.

      Au-dessous du seul Mod√®le parfait, il est utile de recevoir le t√©moignage vivant de ceux qu'il a le plus enrichis de ses dons. Les paroles qui suivent montrent assez combien l'ap√ītre √©tait fond√© √† faire un tel rapprochement.

      18 Soit que l'ap√ītre reporte sa pens√©e sur les faux docteurs qu'il a d√©sign√©s auparavant, (verset 2) soit qu'il ait en vue d'autres membres indignes de l'Eglise, qu'il avait eu souvent occasion de reprendre, de vive voix ou par ses lettres, il revient √† eux maintenant avec une profonde douleur, afin de mettre en garde les fid√®les contre un si pernicieux exemple. Ces hommes faisaient profession de christianisme, et pourtant ils √©taient ennemis de la croix de Christ.

      Il n'y a rien l√† de contradictoire, rien qui ne se voie chaque jour encore. Tant qu'il s'agit d'embrasser la doctrine de J√©sus-Christ comme un syst√®me, ou de professer l'Evangile comme une religion de pures formes, les hommes dont parle l'ap√ītre sont des amis. Mais d√®s qu'il faut admettre dans toute sa signification et toute sa puissance¬†; d√®s qu'il faut consentir √† n'√™tre sauv√© que par le myst√©rieux sacrifice du Calvaire, qui froisse et brise l'orgueil de la sagesse humaine et de toute propre justice¬†; d√®s qu'il faut prendre cette croix humiliante, la porter √† la suite de J√©sus, accepter d'y √™tre crucifi√© avec lui, d'y mourir √† soi-m√™me, au monde, au p√©ch√©, alors ces faux amis deviennent aussit√īt des ennemis. Or c'est bien l√† ce que l'ap√ītre entend par ce seul mot, la croix. (Comparer 1Corinthiens 1.17,18¬†; Galates 2.20¬†; 5.11,24¬†; 6.12-14)

      L'inimitié de ces hommes, dont il va caractériser la vie, lui arrache des larmes de douleur.

      "Et ces larmes, quel argument nous devons y voir, non de jalousie ou de haine pour de tels hommes, non du désir de les maudire, non d'un esprit poussé par la passion, mais d'un zèle plein de piété. Paul pleure, parce qu'il voit l'Eglise en danger de se perdre sous de telles influences." Calvin.

      19 Quiconque n'a pas été affranchi du monde et du péché par la croix de Jésus-Christ, quiconque est ennemi de cette croix, a encore ses pensées et ses affections sur la terre et dans l'esclavage de ses intérêts périssables.

      Que les convoitises soient alors élevées, spirituelles, et servent d'aliment à l'orgueil, ou qu'elles rampent sur les objets grossiers des passions charnelles (avoir son ventre pour Dieu désigne d'une manière énergique les plaisirs de la table), le résultat est le même, la perdition. (Comparer Galates 5.21 ; 6.8 ; notes.)

      20 L'ap√ītre rattache la description de la vie chr√©tienne √† ce qui pr√©c√®de, par cette particule car, comme motivant la profonde douleur que lui inspire la conduite de ceux qui n'ont d'affections que pour les choses de la terre.

      - Le mot traduit littéralement par bourgeoisie signifiait aussi chez les Grecs, en un sens dérivé, le genre de vie, la conduite, surtout dans les affaires publiques ; de la, dans nos vieilles versions, le mot de conversation (conduite).

      Le sens litt√©ral est celui qui convient le mieux √† la pens√©e de l'ap√ītre¬†: tandis que les hommes dont il vient de parler ne pensent qu'aux "choses de la terre," le chr√©tien a ses pens√©es et ses affections dans les cieux, qui sont sa patrie, sa bourgeoisie.

      Etranger et voyageur ici-bas, d√©pris du monde et de ses avantages, tous ses d√©sirs et toutes ses esp√©rances tendent vers la possession pleine et enti√®re de ces biens √©ternels dont il jouit d√©j√† en partie par sa communion avec son Sauveur et son Dieu. Tout ce qui, sur la terre, est incompatible avec cette vie c√©leste vers laquelle il aspire, lui devient de plus en plus √©tranger. Aussi sa position actuelle est-elle un √©tat d'attente, en vue du moment qui r√©alisera tous ses vŇďux. (Comparer 1Corinthiens 1.7¬†; 2.13)

      Celui qu'il attend, c'est le Seigneur Jésus-Christ, à sa seconde venue, et il l'attend comme Sauveur (ou libérateur) de tout mal. (verset 21) Nos anciennes versions effacent cette nuance de la pensée. (Romains 8.19)

      21 Telle est la r√©demption compl√®te du rachet√© de Christ. Aucun chr√©tien ne peut jouir d'une paix parfaite tant que la derni√®re trace du p√©ch√© n'aura pas √©t√© an√©antie en lui, et que tout son √™tre, l'esprit, l'√Ęme et le corps, n'aura pas √©t√© rendu √† sa destination √©ternelle, la perfection. De l√†, son √©tat d'attente¬†; il attend le Sauveur, qui ach√®vera son Ňďuvre en lui.

      Paul ne nomme ici que la transformation du corps, parce que ce sera l√†, par la r√©surrection et la glorification, le dernier acte de l'Ňďuvre de Christ. Mais il laisse entrevoir un contraste immense entre le corps actuel et celui de la gloire. Il nomme l'un le corps de notre humiliation, ce que nos versions rendent par "ce corps vil¬†;" corps humili√© en effet, puisqu'il sert d'instrument au p√©ch√©, qu'il est l'esclave de mille besoins mat√©riels, des infirmit√©s, de la mort, et qu'il doit enfin tomber en poudre et servir de p√Ęture aux vers.

      Paul désigne l'autre par ce seul mot qui dit plus que toutes les descriptions : être rendu conforme au corps de la gloire de Christ, ou à son corps glorifié. (Comparer, sur ce contraste du corps humilié et du corps glorifié, 1Corinthiens 15.42-44)

      Ainsi, "nous lui serons semblables" en toutes choses, (1Jean 3.2) pourvu que nous lui soyons devenus semblables spirituellement par notre communion avec lui. Quelle destination !

      - Ici, comme partout, l'Ecriture nous fait voir dans la r√©surrection un acte de la puissance divine de Christ lui-m√™me. (Grec¬†: "selon l'√©nergie de pouvoir m√™me s'assujettir toutes choses," y compris la mort.) Nous avons appliqu√© ce passage √† la r√©surrection proprement dite, parce que telle est √©videmment la pens√©e g√©n√©rale. D'autres, prenant ce mot de transformation dans un sens limit√©, pensent que Paul veut parler, ici comme ailleurs, (1Corinthiens 15.52,53¬†; 1Thessaloniciens 4.15-17) de ceux qui vivront lors de la venue du Seigneur, et qui, au lieu de ressusciter, seront chang√©s. Si cette interpr√©tation ne doit pas √™tre exclue, elle est loin d'exprimer toute la pens√©e de l'ap√ītre.

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