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Ephésiens 3

    • 1 Chapitre 3.

      1 √† 13 Un myst√®re dont l'administration a √©t√© laiss√©e √† l'ap√ītre.

      Sous l'impression de la description qu'il vient de faire de la glorieuse vocation des pa√Įens dans l'Eglise, l'ap√ītre se tourne vers eux et veut r√©pandre tout son cŇďur en pri√®res pour eux. Mais, d√®s le premier verset, il interrompt sa phrase, il s'arr√™te √† la grande pens√©e de son apostolat aupr√®s d'eux, apostolat du myst√®re de mis√©ricorde qui lui a √©t√© r√©v√©l√©¬†; (Eph√©siens 3.2,3) puis, √† Eph√©siens 3.14, il revient par les m√™mes mots (√† cause de cela) √† son vŇďu plein d'amour, √† sa pri√®re. (Eph√©siens 3.14-21) C est avec un sentiment solennel, en pronon√ßant son propre nom, que Paul se pr√©pare √† prier pour ses fr√®res et qu'il s'appelle prisonnier de J√©sus-Christ.

      Ainsi, ailleurs, il appelle ses cha√ģnes "ses liens en Christ," (Philippiens 1.13) ou encore "les liens de l'Evangile" (Phil√©mon 13) parce que c'est pour Christ et pour son Evangile qu'il souffrait cette dure captivit√©. Ce n est pas l√† seulement sa consolation, mais sa gloire. (Galates 6.14¬†; comparez Romains 5.3) La croix de Christ crucifie le p√©ch√© et vivifie le p√©cheur au lieu de le tuer, comme le fait l'aiguillon de la loi.

      - "Tout cela, je le souffre pour vous," dit-il à ses frères convertis du paganisme, afin de leur montrer à quel prix il achetait leur introduction dans l'Eglise de Dieu. Quelle puissance de charité cette pensée donne à son apostolat (Ephésiens 3.2 et suivants) et à sa prière ! (Ephésiens 3.14 et suivants)

      2 La dispensation (comparez Eph√©siens 1.10) confi√©e √† Paul √©tait, √† la fois, le conseil de la gr√Ęce de Dieu pour le salut des p√©cheurs de toutes les nations, et la vocation sp√©ciale de cet ap√ītre √† en devenir le ministre parmi les Gentils (pour vous). Cette pens√©e est d√©velopp√©e Eph√©siens 3.3-10.

      - Ces mots¬†: si toutefois vous avez appris, etc., prouvent avec √©vidence que notre √©p√ģtre n'a pu √™tre adress√©e aux Eph√©siens seuls, qui connaissaient si bien l'ap√ītre et la nature de son minist√®re. (Voir l'introd.)

      3 Le mystère est ce que Paul vient de nommer "la dispensation" (Ephésiens 3.2) et qu'il explique clairement. (Ephésiens 3.6) Ce mystère, Paul l'a connu par révélation directe du Seigneur, non par l'instruction des hommes. (Galates 1,12)

      Comme je viens de vous l'√©crire (dans cette lettre) ne signifie pas que l'ap√ītre ait d√©j√† exprim√© cette pens√©e d'une r√©v√©lation directe, mais il entend ce myst√®re tel que (ou de la mani√®re dont) il en a d√©roul√© les richesses dans les deux premiers chapitres. (Voir en particulier Eph√©siens 1.9,10¬†; 2.11 et suivants¬†; comparez ci-dessous, Eph√©siens 3.6)

      6 Tel est le myst√®re. (Eph√©siens 3.3. note.) Paul appelle ainsi toute v√©rit√© divine ou tout fait divin que l'homme ne peut conna√ģtre que par r√©v√©lation. Ici il s'agit du fait de la participation de tous les peuples √† la gr√Ęce de Dieu en J√©sus-Christ. On sait combien les disciples de J√©sus eurent de peine √† comprendre et √† croire cette mis√©ricorde de Dieu¬†; il fallut qu'elle f√Ľt directement r√©v√©l√©e √† Pierre, (Actes 10) comme plus tard √† Paul, (Eph√©siens 3.3) et longtemps elle rencontra une opini√Ętre r√©sistance de la part des chr√©tiens juda√Įsants, grand sujet de lutte pour l'ap√ītre des Gentils.

      - Quand il dit que ce myst√®re n'a pas √©t√© r√©v√©l√© aux g√©n√©rations pr√©c√©dentes, il veut dire qu'il ne le fut pas avec la clart√© avec laquelle il fut manifest√© ensuite par l'Esprit aux ap√ītres et proph√®tes (voir sur ces mots Eph√©siens 2.20, note)¬†; car les proph√©ties de l'Ancien Testament sont d√©j√† remplies de la grande promesse du salut pour toutes les nations de la terre. (Esa√Įe 55.5¬†; 2.2,3¬†; 19.19,22-25)

      Mais c'est par l'Evangile seulement que parut dans tout son jour ce grand fait que Paul décrit (Ephésiens 3.6) par trois expressions d'une signification profonde. (Comparer Ephésiens 1.23 ; 2.15,16 ; comparez Ephésiens 2.20, note.)

      - L'√©pith√®te de saints appliqu√©e aux ap√ītres et proph√®tes (Eph√©siens 3.5) peut √©tonner sous la plume de Paul. Cette expression est insolite et semble inspir√©e par la v√©n√©ration dont un √Ęge post√©rieur entourait les fondateurs de l'Eglise. De Wette et d'autres ont fait de cette expression (comme de celle de Eph√©siens 2.20 le fondement des ap√ītres et proph√®tes) un argument contre l'authenticit√© de l'√©p√ģtre. Mais il faut remarquer que saint veut dire, dans le langage de l'Ecriture, mis √† part, consacr√© et non, parfait, accompli. Dans ce sens, ce qualificatif est attribu√© aux proph√®tes de l'Ancien Testament¬†; (Luc 1.70) et, par Paul lui-m√™me, √† tous les membres de l'Eglise. (Eph√©siens 1.1¬†; Philippiens 1.1¬†; Colossiens 1.2,6)

      Quoi d'√©tonnant d√®s lors que l'ap√ītre l'emploie pour d√©signer ceux qui sont constitu√©s en dignit√© au sein de l'Eglise et qui sont les organes particuliers de l'Esprit de Dieu¬†? (Comparer Eph√©siens 3.8)

      8 Le moindre de tous les saints annon√ßant la richesse incompr√©hensible de Christ¬†! voil√† le contraste qui humilie l'ap√ītre, la gr√Ęce qui le remplit d'admiration. (Comparer 1Corinthiens 15.9¬†; 1Timoth√©e 1.12-15)

      Plus Dieu élève un homme, plus celui-ci doit s'abaisser lui-même. Le mal qu'il trouve en lui est toujours plus grand que celui qu'il voit chez les autres ; c'est pourquoi il peut avec vérité se placer au-dessous d'eux. (Philippiens 2.3)

      9 Afin de montrer mieux encore la grandeur de sa vocation, l'ap√ītre dit qu'elle avait pour objet ce myst√®re cach√© d√®s les si√®cles en Dieu, (comparez Eph√©siens 3.5) et il ajoute¬†: qui a cr√©√© toutes choses, pour rappeler que la r√©demption est, aussi bien que la cr√©ation, un acte de la toute-puissance du Cr√©ateur¬†; c'est une cr√©ation nouvelle qui a plus co√Ľt√© que la premi√®re.

      - A ces mots : qui a créé toutes choses, le texte reçu ajoute : "par Jésus-Christ," paroles non authentiques.

      10 Les principautés et les puissances sont divers ordres des anges. (Comparer Ephésiens 1.21)

      Or, bien que les anges de Dieu contemplent ses perfections, ils apprennent √† les conna√ģtre mieux encore par l'Eglise, c'est-√†-dire par la r√©demption d'une race d√©chue, qui manifeste plus abondamment qu'aucune autre de ses Ňďuvres la sagesse, la puissance et l'amour de Dieu. (Comparer Luc 15.10¬†; 1Pierre 1.12)

      12 Ces mots de Eph√©siens 3.11¬†: selon le dessein (Grec¬†: "dessein des si√®cles") reprennent la pens√©e de Eph√©siens 3.9, √† laquelle le Eph√©siens 3.10 donne un d√©veloppement nouveau, et le but de l'ap√ītre est toujours de faire ressortir la grandeur divine de ce myst√®re accompli en Christ et dont l'administration lui a √©t√© confi√©e. (Eph√©siens 3.4-8)

      D'autres traduisent : "...le dessein qu'il a formé en Christ," mais ce sens ne s'accorde guère avec la suite.

      - Dès lors, nous avons (Ephésiens 3.12, grec) la liberté (de parole, d'action) et l'accès (auprès de Dieu) en confiance ou persuasion. (Comparer Ephésiens 2.18 ; Hébreux 4.16 ; 10.19-22)

      13 Telle est la traduction littérale de ce verset.

      Le sens de nos versions ordinaires : je vous prie de ne point vous décourager, est possible. (Luther, Calvin, la Bible anglaise et la plupart des commentateurs traduisent ainsi.)

      Il nous para√ģt plus probable, toutefois, que la pens√©e de l'ap√ītre est celle-ci¬†: "Je demande (√† Dieu) de ne pas permettre que je me d√©courage, etc."

      De m√™me qu'√† Eph√©siens 3.8, 1'ap√ītre est saisi de la grandeur de sa vocation, des souffrances qui l'accompagnent, du sentiment de sa faiblesse, et il termine par une humble supplication √† Dieu pour lui demander sa force.

      La derni√®re pens√©e du verset¬†: ce qui est votre gloire, s'accorde tr√®s bien avec ce sens¬†: l'ap√ītre consid√®re ses souffrances comme contribuant √† la gloire des Eglises (comparez 1Corinthiens 4.9 et Suiv.¬†; 2Corinthiens 1.6), et il faut entendre ce mot dans son sens le plus √©lev√©, c'est-√†-dire comme signifiant la consommation finale de toute la vie chr√©tienne, la glorification.

      Le serviteur de Dieu n'a pas d'autre but en se soumettant avec joie et avec constance √† toutes les tribulations qu'il endure pour l'amour des √Ęmes.

      "La gloire et le salut de l'Eglise est d'avoir un pasteur qui mette son honneur et sa confiance, non dans le crédit des hommes, mais dans la croix de Jésus-Christ." Quesnel.

      - Quelques interpr√®tes pensent que la gloire des Eph√©siens, ne consiste pas dans les souffrances de l'ap√ītre, mais dans le fait de ne pas perdre courage. On peut, d'apr√®s le texte, la rapporter √† l'une et √† l'autre de ces deux causes.

      14 14 √† 21 Pri√®re de l'ap√ītre pour ses fr√®res.

      Le c'est pourquoi de Ephésiens 3.13 indiquait une conclusion tirée de ce qui précède immédiatement, c'est-à-dire, de l'apostolat de Paul. (Ephésiens 3.8-12)

      Le c'est √† cause de cela de Eph√©siens 3.14 reprend celui du Eph√©siens 3.1¬†; ayant achev√© ce qu'il voulait dire de son minist√®re, l'ap√ītre revient, par la m√™me expression conjonctive, √† la grande pens√©e, qui, tout √† l'heure d√©j√†, remplissait son cŇďur¬†: il adresse √† Dieu des pri√®res ardentes pour l'affermissement et l'avancement de ses fr√®res dans la vie int√©rieure.

      Les versets Eph√©siens 3.16-19 expriment ce qu'il demande en leur faveur. Ces versets se rattachent donc directement √† ce que Paul a dit des gr√Ęces immenses accord√©es aux chr√©tiens convertis du paganisme. (Eph√©siens 2.11-22) Ils ont d√©j√† beaucoup re√ßu¬†; c'est ce qui lui donne courage et foi pour demander davantage, jusqu'√† "toute la pl√©nitude de Dieu." (Eph√©siens 3.19)

      "Cette seconde pri√®re de saint Paul pour les Eph√©siens a ainsi la m√™me motif que la premi√®re, (Eph√©siens 1.15-20) dont elle n'est gu√®re que la reprise et le d√©veloppement. Telle est la gratuit√© des dons de Dieu et notre pauvret√© propre, que nous n'avons pas d'autre titre √† des gr√Ęces nouvelles que les gr√Ęces d√©j√† re√ßues¬†; mais ce titre suffit." A. Monod.

      15 Ces paroles se rapportent au nom de Père, qui termine le verset Ephésiens 3.14. (Le texte reçu ajoute : "de notre Seigneur Jésus-Christ," contre les autorités les plus décisives.)

      L'ap√ītre fait un rapprochement de mots entre ce nom de P√®re (pater), et le mot de famille (patria), employ√© ailleurs dans le sens de tribu ou de descendance d'un p√®re. (Luc 2.4¬†; Actes 3.25) C'est du P√®re c√©leste que toute famille sur la terre et dans le ciel tire son nom (Grec¬†: "est nomm√©e d'apr√®s lui"), de m√™me que les familles des hommes portent le nom de leur p√®re.

      L'ap√ītre d√©signe par ce terme des familles spirituelles, celle des anges, celle des Isra√©lites fid√®les, celle des Gentils appel√©s √† la foi. Dieu s'attribue ce beau titre de P√®re, non seulement comme Cr√©ateur, mais surtout parce que ses vrais enfants sont "n√©s de lui," (Jean 1.12,13) par une naissance nouvelle, et qu'il a pour eux l'amour du plus tendre p√®re.

      Dans la pens√©e de l'ap√ītre, ce titre s'applique surtout √† ses lecteurs convertis du paganisme, et doit leur inspirer le sentiment que Dieu ne fait point d'acception de personne √† leur d√©triment¬†; c'est la pens√©e qui repara√ģt si souvent dans toute notre √©p√ģtre. (Voy. surtout Eph√©siens 2.18,19)

      - C'est devant ce P√®re que l'ap√ītre fl√©chit les genoux, c'est-√†-dire prie pour ses fr√®res, (Eph√©siens 3.16-19) avec autant d'humilit√© que d'amour, faisant preuve du v√©ritable esprit de pri√®re.

      16 La richesse de la gloire de Dieu, ce sont ses perfections, ici spécialement sa puissance et sa miséricorde que Paul implore.

      La premi√®re gr√Ęce qu'il demande, c'est que l'homme int√©rieur, faible encore, soit fortifi√© par la puissance divine qui lui est communiqu√©e. (Voy. sur cette notion de l'homme int√©rieur, Romains 7.22, note.)

      Cela ne peut avoir lieu que par l'Esprit de Dieu, qui vivifie en nous toutes ses gr√Ęces. En quoi consiste cette force¬†? Paul le dit abondamment dans ce qui suit.

      - "Qu'il est admirable, et au-dessus de l'homme, cet homme int√©rieur, dont la foi est la raison et la lumi√®re¬†; dont la charit√© est le cŇďur et la vie¬†; dont le Saint-Esprit est l'√Ęme et la force¬†; dont J√©sus-Christ est la personne et la substance¬†; dont Dieu est le P√®re, l'h√©ritage, la gloire les richesses et la demeure √©ternelle¬†; et que Dieu forme dans le temps, par une op√©ration dont la puissance r√©pond aux richesses et √† la grandeur de sa gloire¬†!" Quesnel.

      17 Le Saint-Esprit fortifie la foi, (Ephésiens 3.16) et cette foi nous unit à Christ au point qu'il demeure en nous et nous en lui. Il ne faut pas voir dans ces termes des figures, mais leur laisser toute leur vivante réalité. (Comparer Jean 14.23 ; Galates 2.20)

      Un christianisme qui se contente du Christ pour nous, en reniant ou négligeant le Christ en nous, (Colossiens 1.27) est une déplorable illusion.

      18 D'autres traduisent : "Afin que, étant enracinés et fondés dans l'amour, vous puissiez comprendre..."

      - Cela revient au m√™me pour le sens. Christ, demeurant en nous, y fait r√©gner l'amour. Paul parle, dans ces versets, de l'amour de Dieu ou de Christ pour nous, non de notre amour pour lui¬†; mais l'ap√ītre demande que ses fr√®res en soient p√©n√©tr√©s, qu'ils y plongent leurs racines, comme un arbre puissant plonge les siennes dans le sol, et que, fond√©s en lui, ils soient semblables √† un √©difice in√©branlable.

      Par cet amour, plus que par aucune de nos facult√©s intellectuelles, nous serons rendus capables de comprendre (Eph√©siens 3.18) et de conna√ģtre, (Eph√©siens 3.19) selon cette parole d'Augustin¬†: "Si quelqu'un veut conna√ģtre Dieu, qu'il aime¬†!"

      Comprendre avec tous les saints, qui seuls ont l'intelligence spirituelle, et avec qui tout chrétien se sent dans une communion vivante qui l'élève et le fortifie. Comprendre quoi ? Paul ne le dit pas ; sa pensée s'agrandit et embrasse l'infini, qu'il désigne en ces termes sublimes : la largeur et la longueur et la profondeur et la hauteur.

      Mais sans doute il veut parler de ce myst√®re de mis√©ricorde et d'amour dont il a entretenu ses lecteurs dans la premi√®re partie de ce chapitre (Eph√©siens 3.3,4,9) et qu'il contemple tout sp√©cialement ici. Il demande √† Dieu d'√©lever vers ce myst√®re toutes les aspirations de ses fr√®res. Il proclame la largeur de cette mis√©ricorde divine, qui s'√©tend √† tout pays, √† tout peuple, √† tout p√©cheur¬†; la longueur, qui dure d'√©ternit√© en √©ternit√© en ce Sauveur qui jamais ne cesse d'aimer¬†; la hauteur, par laquelle une cr√©ature d√©chue est √©lev√©e du sein de sa poussi√®re et de sa corruption jusqu'au tr√īne de Dieu¬†; la profondeur, ab√ģme insondable de cette mis√©ricorde qui peut atteindre jusqu'au dernier des p√©cheurs dans sa d√©gradation. (Comparer Job 11.7-9)

      "Si nous ne comprenons pas encore ce mystère, contentons-nous, en attendant, d'imiter la charité de Dieu : sa profondeur, en secourant ceux qui sont dans la plus profonde misère ; sa largeur en embrassant dans l'amour de Dieu indistinctement tous les hommes, même ceux qui le méritent le moins ; sa longueur en ne nous bornant à rien et ne nous lassant jamais ; sa hauteur, en n'agissant que par lui comme notre principe, ne regardant que lui comme notre modèle, rapportant tout à lui comme à notre fin." Quesnel.

      - Ou si l'on préfère ne pas donner une signification particulière à chacune de ces quatre dimensions de l'amour du Seigneur, on peut y voir simplement l'expression de l'immensité de cet amour "qui enveloppe de toutes parts le croyant, qui s'étend dans tous les sens autour de lui à perte de vue." A. Monod.

      19 Ces paroles encore d√©pendent imm√©diatement de ce qui pr√©c√®de¬†: il faut √™tre enracin√© et fond√© dans l'amour pour conna√ģtre l'amour dont Christ nous a aim√©s. Mais, comme si l'ap√ītre craignait d'avoir trop dit, d'avoir diminu√© l'amour de son Sauveur en supposant que nous pouvons le conna√ģtre, il se h√Ęte d'ajouter que cet amour surpasse et d√©borde de toutes parts notre connaissance.

      Que lui importe s'il froisse dans les termes la logique des hommes¬†! N'est-il pas ici tout entier dans une logique et une psychologie que le monde ignore¬†: comprendre par le cŇďur, conna√ģtre en aimant¬†! Et qui donc conna√ģtra l'amour, sinon celui qui aime¬†?

      "D'ailleurs, c'est bien ici la vraie connaissance des choses divines, et en particulier de l'amour de Christ¬†: elle consiste √† reconna√ģtre qu'elle se trouve en pr√©sence de l'infini, et que, plus elle se d√©veloppe, plus se d√©couvrent √† elle de nouvelles perspectives qu'elle n'avait pas m√™me soup√ßonn√©es." Olshausen.

      L'ap√ītre avait exprim√© la m√™me pens√©e en √©crivant aux Corinthiens¬†: "maintenant nous connaissons en partie," par fragments. Lorsque l'amour de Christ s'est empar√© de notre cŇďur avec une puissance divine, nous commen√ßons √† le conna√ģtre¬†; et, tandis que la connaissance intellectuelle t√Ętonne dans les t√©n√®bres, celle de l'amour la devance de son regard plus p√©n√©trant et marche de progr√®s en progr√®s, jusqu'√† ce que, √©chappant √† l'√©tat d'enfance, nous parvenions, dans l'√©ternit√©, √† l'√©tat d'homme fait. (1Corinthiens 13.8-12, note¬†; 1Corinthiens 8.2 note.)

      - L'ap√ītre, il est vrai, parle de l'amour de Christ pour nous, et non de notre amour pour lui. Mais aimer Christ est le seul moyen de "conna√ģtre son amour qui surpasse toute connaissance." C'est ce qui a induit Luther √† rendre ces paroles d'une mani√®re inexacte, mais admirable dans sa hardiesse¬†: "Aimer Christ vaut mieux que tout savoir."

      Grec¬†: "Afin que vous soyez remplis vers ou jusqu'√† toute la pl√©nitude de Dieu." Ici la pri√®re de l'ap√ītre s'√©l√®ve si haut, il sent si bien l'impossibilit√© de sa r√©alisation actuelle, qu'il emploie cette pr√©position jusqu'√† qui montre cette r√©alisation progressive et ne devenant compl√®te que dans l'avenir. (Comparer Eph√©siens 4.13)

      L'amour de Christ pour nous et en nous, est encore le moyen d'arriver à ce dernier terme. Et ce terme, c'est la plénitude de Dieu, c'est-à-dire tout son être, toutes ses perfections accomplies dans son Eglise et dans chaque membre du corps de Christ. (Ephésiens 1.23, note.)

      Au del√† de cette pl√©nitude de l'amour de Dieu, de la saintet√© de Dieu, de la lumi√®re de Dieu, de la f√©licit√© de Dieu, de Dieu lui-m√™me, il n'y a plus rien √† d√©sirer, ni √† demander¬†: c'est Dieu tout en tous. Ce vŇďu revient √† l'esp√©rance exprim√©e ailleurs par l'ap√ītre¬†: "Nous sommes transform√©s en la m√™me image de gloire en gloire, par l'Esprit du Seigneur." (2Corinthiens 3.18)

      21 P√©n√©tr√© de ce sentiment que l'amour de Christ surpasse toutes nos pens√©es, tous nos vŇďux, toutes nos pri√®res¬†; se souvenant que "nous ne savons pas nous-m√™mes comment nous devons prier," (Romains 8.26) l'ap√ītre s'en remet avec confiance pour tous ses vŇďux et tous les besoins des Eglises √† ce Dieu qui prend plaisir √† r√©pandre sur ses enfants toutes les richesses de sa gr√Ęce.

      Quoi que nous demandions ou même que nous pensions, Dieu peut et veut faire infiniment plus encore.

      Paul fonde cette confiance sur la puissance divine qui agit en nous avec efficace (Grec : "énergie"), et qui nous a tirés de la mort pour nous rendre participants de la vie de Christ. (Ephésiens 2.1-6)

      - C'est avec un sentiment profond d'adoration et d'amour que l'ap√ītre rend toute gloire √† son Dieu. Son vŇďu ardent est que l'Eglise enti√®re contribue √† cette gloire de Dieu. C'est ce qui aura lieu, car il s'agit de l'Eglise en J√©sus-Christ qui est en lui, dont il est la vie et √† qui il assure le triomphe final. Suivant d'autres, il faut traduire¬†: "dans l'Eglise, par J√©sus-Christ."

      - C'est encore par Christ que gloire est rendue à Dieu dans l'Eglise.

      - Cette gloire sera éternelle, et sur la terre tant qu'il y aura des hommes, et dans le ciel. Trad. littér. : En toutes les générations du siècle des siècles, c'est-à-dire du siècle le plus reculé, en d'autres termes : éternellement.

      - Amen, vérité, réalité immuable.

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