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L’auteur de cette lettre se nomme au premier verset « Pierre, *apôtre de Jésus-Christ » et précise au chapitre 5 (v.1) qu’il fut « témoin des souffrances du Christ » : il s’agit donc de *Simon, fils de Jonas, originaire de Bethsaïda en *Galilée, que Jésus appela à le suivre.
Avec *Jacques et Jean, il fit partie de son cercle d’intimes. Ce fut lui qui, le premier, le reconnut comme *Messie, et qui, pourtant, le renia par trois fois. Mais il reconnut sa faute et Jésus lui pardonna. Pierre joua alors un rôle éminent au début de l’Eglise chrétienne, à la Pentecôte (Ac 2) et jusqu’à la Conférence de *Jérusalem (Ac 15). Jésus avait prédit qu’il mourrait martyr (Jn 21.18).
Pierre nous dit que c’est par *Silvain (Silas) qu’il a écrit cette lettre (5.12). Celle-ci se présente comme une circulaire écrite de « Babylone », c’est-à-dire, sans doute, de Rome, à des chrétiens de fraîche date (2.2), membres d’Eglises de différentes provinces d’*Asie mineure (la Turquie actuelle). Les nombreuses citations de l’Ancien Testament, les allusions à des faits et des rites de l’ancienne *alliance, l’exemple de Sara, les histoires de *Noé et d’*Abraham pourraient faire penser que ces Eglises étaient composées de chrétiens d’origine juive. Mais quelques expressions du texte laissent entendre que beaucoup de destinataires étaient d’origine non-juive, en particulier la formule : « Vous qui autrefois n’étiez pas son peuple » (2.10).
Le but de la lettre ressort clairement du contenu ; l’apôtre veut encourager les chrétiens à tenir ferme devant l’épreuve et la persécution imminente. Des enseignements sur le sens de la souffrance (1.3-9 et 3.18 à 5.10) encadrent un développement sur la bonne conduite que doit adopter le croyant au milieu d’un monde qui lui est hostile.
L’espérance du salut ultime, accompli par Jésus-Christ (1.3-25), et la certitude que Dieu est souverain sur toute autorité (2.13-17) doivent aider l’esclave à obéir à son maître, même s’il est injuste (2.18-25), la femme à vivre avec son mari, même s’il est incroyant (3.1-6), les chrétiens à aimer leur prochain, même s’il fait le mal (3.8-17).
Dans cette perspective, l’exemple du Christ est central : « Injurié, il ne ripostait pas par l’injure. Quand on le faisait souffrir, il ne formulait aucune menace, mais remettait sa cause entre les mains du juste juge » (2.23).
Cette lettre garde toute son actualité pour l’Eglise d’aujourd’hui : dans le monde sans Dieu où elle vit, se pose la question de son rapport avec la société qui l’entoure et du témoignage qu’elle rend par ses œuvres et ses paroles : « Si l’on vous demande de justifier votre espérance, soyez toujours prêts à la défendre, avec amabilité et respect » (3.15).
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