TopFormation Voyagez au cŇďur de l'arch√©ologie biblique !

2 Rois 25

    • 1

      1 à 7 Prise de Jérusalem.

      Comparez Jérémie 39.1-7 ; 52.4-11 ; Ezéchiel 24.1-2.

      Ce jour a √©t√© plus tard c√©l√©br√© par un je√Ľne (Zacharie 8.19). D'apr√®s J√©r√©mie 34.7. N√©bucadnetsar, au moment o√Ļ il investit J√©rusalem, s'√©tait d√©j√† empar√© du pays. Seules Lakis et Az√©ka r√©sistaient encore. Au moment m√™me de la prise, un peu plus tard, le roi de Babylone √©tait √† Ribla, mais il se peut qu'il soit venu en personne organiser le si√®ge.

      2

      2 et 3 Le siège dura tout près d'un an et demi, ainsi que cela résulte de la comparaison des versets 1 et 3 avec Jérémie 39.2 ; 52.6. Cette longue durée du siège s'explique non pas seulement par le courage et la ténacité des défenseurs, mais surtout par le fait que le siège fut suspendu pendant un temps, l'armée babylonienne ayant été à la rencontre de celle d'Egypte qui venait au secours de Jérusalem (Ezéchiel 30.20, note).

      Le peuple du pays. Voir verset 19 et 24.14-16.

      4

      4 à 7 Ici il n'est question que du roi et de ses fils. Le chapitre 39 de Jérémie parle aussi de notables qui partagèrent le sort de Sédécias. Sur tout ce passage, voir Jérémie 39.7, note.

      8

      8 à 21 Destruction de Jérusalem et dernière déportation.

      9

      Toutes les maisons des grands : spécialement les palais, 2Chroniques 36.19.

      11

      11 et 12 Trois classes de d√©port√©s : ceux qui avaient √©chapp√© √† la famine ou √† l'√©p√©e¬†; les transfuges qui pendant le si√®ge s'√©taient sauv√©s de la ville et r√©fugi√©s dans le camp chald√©en¬†; ils √©taient assez nombreux (J√©r√©mie 38.19)¬†; et le reste de la multitude, soit de l'arm√©e, soit, d'apr√®s J√©r√©mie 39.9, du peuple en g√©n√©ral dans ses classes inf√©rieures. J√©r√©mie 52.15 a lu, au lieu de ham√īn, multitude, am√īn, artisan, et y a vu le reste de ceux dont l'√©lite avait √©t√© d√©port√©e d√©j√† (J√©r√©mie 29.16).

      13

      13 à 17 Pillage du temple.

      14

      L'énumération de ces objets est plus complète dans Jérémie.

      15

      Voir 24.13, note.

      16

      J√©r√©mie mentionne en outre les douze bŇďufs sur lesquels reposait la cuve avant qu'Achaz les e√Ľt fait dispara√ģtre (16.17).

      17

      Trois coudées. Jérémie 52.22 et 1Rois 7.16 disent cinq, probablement parce qu'ils réunissent les deux nombres de la hauteur du treillis et du chapiteau.

      Au-dessus. C'est surtout par rapport au lys d'airain (1Rois 7.16, note), l'ornement le plus remarquable des colonnes, que l'auteur fait ressortir leur parfaite ressemblance.

      18

      18 à 21 Capture et massacre de prisonniers.

      Les trois gardiens du seuil. D'apr√®s J√©r√©mie 38.14, le temple semble avoir eu trois portes, √† chacune desquelles √©tait pr√©pos√© comme gardien un l√©vite de distinction. Sur S√©ra√Įa, voir J√©r√©mie 52.24, note¬†; sur Sophonie, idem, et 2Rois 23.4.

      19

      Le r√©cit passe aux notables la√Įques.

      Qui était préposé : qui avait été préposé, car l'armée était maintenant désorganisée.

      Qui voyaient la face : qui avaient été attachés de près à sa personne, mais qui cependant ne l'avaient pas suivi dans sa fuite.

      Le secrétaire du chef de l'armée : un des attachés du général en chef.

      Soixante hommes du peuple de la campagne : le reste des campagnards qui s'étaient réfugiés dans la ville. Voir 24.14, note.

      21

      Les fit mourir, comme le roi lui-même et ses fils, versets 6 et 7.

      22

      22 à 26. Gouvernement et meurtre de Guédalia. Dernière révolte et fuite en Egypte. Voir Jérémie chapitres 40 à 42.

      Guédalia. Fils d'Achikam (22.12), de cet homme de Dieu qui avait sauvé Jérémie (Jérémie 26.24), Guédalia était de ceux qui avaient écoulé les exhortations du prophète, et qui l'avaient protégé (Jérémie 39.14 ; 40.6).

      23

      Comparez Jérémie 40.7.

      Mitspa : √† 5 km au nord-ouest de J√©rusalem, en Benjamin¬†; centre national au temps des Juges (Juges 20.1¬†; 1Samuel 7.5). J√©rusalem en ruines, Gu√©dalia choisit Mitspa comme r√©sidence √† cause de sa position √©lev√©e et plus s√Ľre que tout endroit de la plaine.

      Isma√ęl (comparez J√©r√©mie 41.1, note) : de race royale (verset 25), l'auteur de la r√©volte contre Gu√©dalia.

      Johanan. Ces deux hommes sont indiqu√©s en premier lieu √† cause du r√īle qu'ils jou√®rent dans la suite, le premier comme instigateur du meurtre du gouverneur, le second comme celui qui travailla √† r√©primer ce crime (J√©r√©mie 40.13-16).

      Le N√©tophathite : de N√©topha, pr√®s de Bethl√©em, peut-√™tre l'actuelle Beit-Nettef. Il y a sans doute ici une lacune dans la liste, car l'√©pith√®te de N√©tophathite se rapporte d'apr√®s J√©r√©mie 40.8 √† Epha√Į.

      Jaazania... et leurs gens : c'étaient les chefs de bandes armées qui avaient échappé à la catastrophe.

      24

      Ce verset résume Jérémie 40.9-11.

      Les serviteurs des Chaldéens : les garnisons ennemies laissées dans le pays et soumises aux ordres de Guédalia. comparez Jérémie 40.9-10.

      25

      Au septi√®me mois : ainsi deux mois seulement apr√®s le cinqui√®me o√Ļ avait commenc√© le gouvernement de Gu√©dalia (verset 8).

      Isma√ęl... de race royale. Il √©tait sans doute pouss√© par la jalousie et de plus il √©tait excit√© et soutenu, d'apr√®s le r√©cit de J√©r√©mie 40.14, par le roi des Ammonites. Gu√©dalia avait √©t√© pr√©venu par Johanan du complot qui le mena√ßait. Il refusa d'y croire et fut victime de sa confiance. Mais Isma√ęl ne jouit pas longtemps du fruit de son crime. Il se pr√©parait √† emmener de Mitspa chez les Ammonites tous les Juifs rassembl√©s autour de Gu√©dalia, quand il fut arr√™t√© √† Gabaon par Johanan et d'autres chefs, et ne r√©ussit √† se sauver qu'avec quelques hommes aupr√®s du roi des Ammonites. Johanan et le reste du peuple auraient d√Ľ, d'apr√®s le conseil de J√©r√©mie, rester dans le pays, mais ils pr√©f√©r√®rent s'enfuir en Egypte, emmenant avec eux J√©r√©mie et son secr√©taire Baruc¬†; l√† ils tomb√®rent bient√īt dans l'idol√Ętrie (chapitre 43 de J√©r√©mie).

      27

      27 à 29 Délivrance de Jéhojachin. Comparez Jérémie 52.31-34.

      Le vingt-septième jour : d'après Jérémie, le vingt-cinquième.

      Evil-Merodac : en assyrien Avil-Marduk, serviteur de Mérodac, le Jupiter des Babyloniens. Il succéda à son père Nébucadnetsar en 561, régna deux ans et fut tué par son beau-frère et successeur Nériglissor. Bérose l'appelle injuste et débauché.

      Fit gr√Ęce √† J√©hojachin, litt√©ralement : releva la t√™te de J√©hojachin. Voir Gen√®se 40.13.

      [Et le fit sortir] de prison : acte d'amnistie √† l'occasion de son av√®nement. Peut-√™tre avait-on conserv√© le souvenir de la conduite de J√©hojachin, qui s'√©tait rendu volontairement, conform√©ment aux conseils de J√©r√©mie. Quoi qu'il en soit, ce rel√®vement est la premi√®re lueur qui brille pour Isra√ęl au sein de la captivit√© et comme un pr√©lude du rel√®vement du peuple entier.

      28

      Au-dessus des rois... Ces rois captifs avaient été amenés à Babylone pour illustrer la cour de leur vainqueur.

      29

      Il lui √īta ses v√™tements de prison. Peut-√™tre faut-il traduire : Il (J√©hojachin) changea ses v√™tements et mangea.

      30

      Et son entretien. Il s'agit ici de l'entretien de la petite cour dont Jéhojachin était entouré.

      Tous les jours de sa vie. Evil-M√©rodac n'ayant r√©gn√© que deux ans, il para√ģt que son successeur continua les m√™mes faveurs √† J√©hojachin, si du moins celui-ci a surv√©cu √† son premier bienfaiteur.

      Apr√®s les sombres pages qui terminent le livre des Rois, l'auteur a conserv√© cette courte notice pour montrer que la b√©n√©diction divine promise √† la post√©rit√© de David et √† son peuple n'√©tait pas √† son terme, et comme le gage d'une gr√Ęce plus grande.

      Conclusion.

      L'Eternel avait dit √† Abraham (Gen√®se 17.6) : Et m√™me des rois sortiront de toi. L'√©poque des Rois a √©t√© la r√©alisation de cette promesse. Isra√ęl √©tait parvenu en quelque sorte √† l'√©tat d'homme fait. D√®s ce moment il se trouve en relation avec les autres nations de l'Orient, constitu√©es monarchiquement comme lui. Seulement, entre elles et lui, il y a cette diff√©rence fondamentale que le vrai souverain d'Isra√ęl est l'Eternel, dont le roi humain n'est que le repr√©sentant et le lieutenant, tandis que les rois des autres nations les gouvernent en vertu de leur autorit√© propre.

      C'est alors que s'accomplit aussi une autre promesse divine : Dieu avait annonc√© √† son peuple, √† son entr√©e en Canaan, qu'il y aurait un lieu choisi par lui-m√™me, o√Ļ ils pourraient lui pr√©senter leurs holocaustes, leurs sacrifices et leurs d√ģmes (Deut√©ronome 12.11). L'ex√©cution de cette seconde promesse r√©sulta bient√īt de l'accomplissement de la premi√®re. David, le v√©ritable fondateur de la monarchie isra√©lite, fut celui qui, par la conqu√™te de J√©rusalem et l'√©l√©vation de cette ville au rang de capitale du pays tout entier, posa le fondement de la concentration du culte dans un sanctuaire national. Sans doute, il ne fut pas pratiquement possible de supprimer imm√©diatement tous les lieux d'adoration particuliers diss√©min√©s dans le pays (hauts-lieux). Tout au plus √† l'adoration des faux dieux canan√©ens sur ces hauteurs consacr√©es parvint-on √† substituer celle de l'Eternel. Jusqu'√† Josias les rois m√™me les plus pieux ne parvinrent pas √† abolir enti√®rement ces cultes locaux et secondaires. Mais tout ce qui constituait le culte national isra√©lite, les holocaustes r√©guliers, l'offrande journali√®re du parfum, les solennit√©s annuelles, tous les actes de culte institu√©s par le L√©vitique, se c√©l√©braient √† J√©rusalem dans le sanctuaire central b√Ęti et inaugur√© par Salomon sur la colline de Sion, √† c√īt√© de la r√©sidence royale. Il en fut ainsi jusqu'au moment o√Ļ les rois qui devaient guider le peuple dans la voie de la fid√©lit√© √† l'Eternel, s'en d√©tourn√®rent ouvertement et install√®rent eux-m√™mes les autels et l'adoration des divinit√©s √©trang√®res dans le sanctuaire √©lev√© au nom de l'Eternel. Ce fut l√† le signal de la chute de la royaut√© et du rejet de la nation. Isra√ęl, devenu pa√Įen, tomba au pouvoir des pa√Įens. La royaut√© isra√©lite avait subsist√© pr√®s d'un demi-millier d'ann√©es.

      Une chose manquait essentiellement √† cette charge en Isra√ęl¬†; c'√©tait d'√™tre jointe √† la sacrificature. Nous avons vu comment la loi avait rigoureusement s√©par√© ces deux charges. David, para√ģt-il, avait d√©j√† senti douloureusement cette lacune attach√©e √† sa souverainet√©. Il √©tait bien le repr√©sentant de Dieu aupr√®s du peuple : mais il n'√©tait pas celui du peuple aupr√®s de Dieu. C'est ce sentiment qui lui a inspir√© le Psaume 110, que l'on attribue bien √† tort √† un autre que lui. Il y contemple le Messie, son descendant promis, le vrai roi isra√©lite, d'abord √©lev√© sur le tr√īne de Dieu et associ√© √† sa souverainet√© (verset 1), puis joignant √† cette position royale, ainsi que Melchis√©dek, la dignit√© de sacrificateur. Voil√† le roi parfait, tel que le con√ßoit David (verset 4). Ce fut pr√©cis√©ment la s√©paration de ces deux charges jusqu'√† l'√©poque messianique qui fut l'occasion du p√©ch√© d'Ozias (2Rois 15.5, note).

      A c√īt√© de la royaut√© et du sacerdoce, nous voyons fonctionner dans le temps des Rois l'ordre des proph√®tes. Ce troisi√®me ordre a proprement commenc√© avec Samuel. Ces d√©l√©gu√©s imm√©diats et temporaires de Dieu avaient pour mission de soutenir les rois et le peuple dans la voie de la fid√©lit√© envers l'Eternel et de les y ramener quand ils s'en √©taient √©cart√©s, puis de compl√©ter l'Ňďuvre du sacerdoce en travaillant √† faire du service ext√©rieur c√©l√©br√© par celui-ci une r√©alit√© spirituelle dans le cŇďur du peuple¬†; enfin de diriger les regards de tous, peuple, rois et sacrificateurs, vers la r√©alisation finale du r√®gne de Dieu dont la th√©ocratie isra√©lite n'√©tait que le germe et la figure.

      On a voulu faire r√©cemment des proph√®tes les fondateurs du monoth√©isme en Isra√ęl. Selon cette mani√®re de voir, le peuple aurait √©t√© √† son origine et jusqu'√† ce moment polyth√©iste et idol√Ętre comme tous les autres. L'histoire et l'Ňďuvre d'un Abraham et d'un Mo√Įse ne seraient que des l√©gendes sans valeur et leur personnalit√© m√™me serait douteuse. Ce seraient les proph√®tes qui auraient tir√© Isra√ęl de l'√©tat de grossi√®re ignorance spirituelle o√Ļ il √©tait plong√© aussi bien que les nations¬†; et c'est √† eux que serait d√Ľ le monoth√©isme dont il est devenu le propagateur dans le monde entier. Mais cette mani√®re de voir se heurte non seulement aux documents, tout pleins de d√©tails on ne peut plus vivants et actuels, dans lesquels nous constatons la foi et aussi les chutes d'Abraham et de Mo√Įse. Elle est de plus incompatible avec les √©crits des proph√®tes eux-m√™mes. En effet, ceux-ci ne manifestent nulle part dans leurs discours la pr√©tention d'√©lever Isra√ęl √† une religion nouvelle¬†; ils font au contraire envisager l'√©tat d'idol√Ętrie dans lequel ils le trouvent plong√© comme une chute honteuse et criminelle¬†; ils lui en font un sujet de s√©v√®res reproches et de terribles menaces qui ne se comprendraient pas si cet √©tat avait √©t√© de tout temps celui du peuple. Comment, lorsque Amos et Os√©e fl√©trissaient √† B√©thel le culte du veau d'or comme une infid√©lit√© envers l'Eternel, comment, si ce culte avait √©t√© d√®s les temps anciens son culte national et l√©gitime, les proph√®tes eussent-ils os√© parler au peuple de la sorte¬†! Comment le peuple ne se f√Ľt-il pas r√©cri√© contre les novateurs qui pr√©tendaient lui imposer une nouvelle croyance et un nouveau culte¬†! Nous ne constatons rien de pareil dans les √©crits des proph√®tes. Esa√Įe, Mich√©e, J√©r√©mie, etc., parlent √©galement en Juda comme r√©formateurs, nullement comme initiateurs. A la loi et au t√©moignage¬†! s'√©crie Esa√Įe. Il en appelle au pass√©. C'est sur le monoth√©isme mosa√Įque que repose tout le minist√®re des proph√®tes¬†; c'est √† lui qu'il rappelle Isra√ęl √©gar√©. Sans doute le minist√®re proph√©tique n'en est pas rest√© l√†. Il a eu en vue un progr√®s en m√™me temps qu'un retour. Il ne visait pas √† √©tablir une religion nouvelle, il est vrai¬†; mais il s'effor√ßait de vivifier l'ancienne. Il travaillait √† substituer √† un culte de pure observance ext√©rieure l'adoration du cŇďur, et √† faire p√©n√©trer, dans le froid monoth√©isme de croyance et de profession, la chaleur du culte en esprit et en v√©rit√©. C'est l√† le sens de ce passage de J√©r√©mie 7.22, si mal interpr√©t√© par la critique moderne : Je n'ai point donn√© de commandement √† vos p√®res touchant les holocaustes et les sacrifices, lorsque je les fis sortir d'Egypte¬†; ce que je leur ai command√©, c'est d'√©couter ma voix. Ce que Dieu voulait en effet de son peuple, c'√©tait l'ob√©issance et non le sacrifice, comme le dit Samuel √† Sa√ľl (1Samuel 15.22). Dieu n'a pas besoin de la viande des victimes. En instituant les offrandes sanglantes et non sanglantes, il ne voulait en r√©alit√© obtenir que la fid√©lit√© du cŇďur et l'ob√©issance pratique. Voil√† l'intelligence spirituelle que les proph√®tes travaill√®rent √† d√©velopper en Isra√ęl. Aussi le peuple n'eut os√© protester contre la parole des proph√®tes quand ils lui disaient : Vous savez ce que Mo√Įse a dit : J√©hova est le seul vrai Dieu. Et nous, nous vous disons.... Toute la construction moderne de l'histoire religieuse isra√©lite (Reuss, Renan) nous para√ģt se heurter √† cette attitude constante des proph√®tes.

      La chronologie des livres des rois.

      Il n'y a pas, √† proprement parler, de chronologie biblique dans le sens moderne de ce mot. Les historiens sacr√©s nous fournissent sans doute de nombreuses dates isol√©es, mais lorsque nous voulons conna√ģtre la longueur d'une p√©riode un peu consid√©rable, nous en sommes r√©duits √† combiner toute une s√©rie de ces dates, au risque de faire fausse route¬†; car dans un pareil calcul les chances d'erreur sont nombreuses. Remarquons d'abord que les chiffres √©taient exprim√©s par des lettres ayant une valeur num√©rique et qu'ils pouvaient tr√®s facilement √™tre alt√©r√©s par les copistes. Puis les Isra√©lites ne connaissaient pas d'√®re¬†; c'est-√†-dire qu'ils ne dataient pas les √©v√©nements √† partir d'une √©poque fixe d'o√Ļ ils auraient commenc√© √† compter les ann√©es¬†; ils se bornaient √† indiquer √† quelle ann√©e du r√®gne de tel roi tel √©v√©nement avait eu lieu. Cette mani√®re primitive de fixer une date donnait lieu √† bien des erreurs¬†; on pouvait calculer de diff√©rentes mani√®res le commencement d'un r√®gne, selon que l'on attribuait l'ann√©e o√Ļ le changement de r√®gne avait eu lieu soit au r√®gne pr√©c√©dent, soit au r√®gne suivant, soit m√™me √† tous deux √† la fois¬†; les cor√©gences du p√®re et du fils, les r√©gences pendant la minorit√© du souverain, les interr√®gnes cr√©aient de nouvelles difficult√©s. En additionnant les nombres indiquant la dur√©e de plusieurs r√®gnes successifs, on accumule toutes ces chances d'erreur, et le r√©sultat de ces supputations demeure toujours probl√©matique.

      Le livre des Rois, il est vrai, fournit un certain moyen de contr√īle par le fait qu'il met en relation les r√®gnes parall√®les des rois de Juda et d'Isra√ęl, en indiquant pour chaque av√®nement quelle est l'ann√©e correspondante du r√®gne contemporain dans l'autre royaume. Malheureusement cette comparaison m√™me des deux chronologies fait na√ģtre de nouvelles complications. Depuis le schisme jusqu'√† l'av√®nement de J√©hu et d'Athalie, la s√©rie des six r√®gnes de Juda nous donne une somme de 93 ans, tandis qu'elle est de 98 ans pour les neuf r√®gnes contemporains en Isra√ęl. Mais surtout, les dix derniers rois d'Isra√ęl depuis J√©hu ont r√©gn√© 143 ans et 7 mois, tandis que depuis Athalie jusqu'√† la sixi√®me ann√©e d'Ez√©chias, date de la ruine de Samarie (d'apr√®s 2Rois 18.10), il se serait √©coul√© 165 ans.

      Les grands érudits des siècles passés avaient cherché à résoudre ces difficultés par toute une série d'hypothèses dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer ; en général ils avaient cherché à justifier la chronologie donnant les nombres d'années les plus grands, et par des calculs très habiles ils étaient arrivés à établir ce qu'on appelle la chronologie biblique, celle qui se trouve reproduite dans les manuels d'histoire sainte et dans quelques Bibles, celle que la Bible annotée a donnée elle-même à la fin de l'introduction aux livres prophétiques.

      Nous ne pouvons contr√īler l'exactitude de cette chronologie qu'en la comparant avec celle des nations voisines. L'Egypte et la Ph√©nicie n'ont √©t√© d'aucun secours sous ce rapport, malgr√© l'abondance des documents historiques, parce qu'on ne peut les faire entrer dans un cadre chronologique qui pr√©sente quelque garantie d'exactitude.

      Mais un nouveau facteur est intervenu dans la discussion de ce problème avec la découverte et le déchiffrement des inscriptions cunéiformes de l'Assyrie. En comparant les données historiques ainsi obtenues et celles fournies par la Bible, on arriva à ce résultat que les faits mentionnés par le récit biblique étaient confirmés par les inscriptions, mais que les deux chronologies étaient en désaccord.

      La Bible annot√©e a mentionn√© au fur et √† mesure les renseignements fournis par les inscriptions cun√©iformes, qui viennent √† l'appui du r√©cit sacr√©. C'est ainsi que, dans la Bible comme en Assyrie, nous trouvons mentionn√©s comme contemporains Achab d'Isra√ęl et Ben-Hadad de Damas, qui furent m√™me alli√©s pendant quelque temps (voir la note historique √† la fin de 1 Rois)¬†; J√©hu d'Isra√ęl et Haza√ęl de Damas (2Rois 9.2, note)¬†; Ozias de Juda et M√©nahem d'Isra√ęl (voir 2Rois 15.19, note)¬†; Achaz de Juda et P√©kach d'Isra√ęl (voir 2Rois 15.29, note); d'apr√®s les deux sources ce fut Os√©e qui succ√©da √† P√©kach et ce fut Salmanasar qui mit le si√®ge devant Samarie (voir 2Rois 17.3-6, note). Mais c'est surtout sur l'exp√©dition de Sanch√©rib contre J√©rusalem que les d√©tails abondent et compl√®tent ce que nous savons par les livres d'Esa√Įe et des Rois (voir Esa√Įe note en d√©but de chapitre 36). Une seule correction du r√©cit biblique para√ģt s'imposer : il est probable que les noms de Phul et deTiglath-Pil√©ser, mentionn√©s 2Rois 15.19,29 (voir note) et 1Chroniques 5.26, comme s'il s'agissait de deux personnages, ne d√©signent qu'un seul et m√™me roi d'Assyrie.

      Si l'accord entre les deux sources est remarquable au point de vue des faits, la chronologie présente des divergences importantes. Les Assyriens ne comptaient pas non plus d'après une ère, mais ils désignaient chaque année par le nom d'un grand personnage, ou éponyme. C'était en général le roi qui appelait de son nom la première année de son règne, puis venait le tour des grands officiers de la cour, puis des préfets des villes principales. En rapprochant les divers exemplaires de ces listes que l'on a retrouvées, on a reconstitué la série de 228 éponymes ; la mention du nom est accompagnée, pour 95 ans, d'une brève notice indiquant l'événement le plus important de l'année, en général la campagne militaire entreprise par le roi. Or ces listes se raccordent avec le Canon des rois de Babylone que l'astronome Ptolémée avait fixé astronomiquement ; nous apprenons ainsi que Sargon, roi d'Assyrie, est devenu roi de Babylone la treizième année de son règne et que cette année correspond à l'an 709 avant J-C. Il en résulte que la série des 228 éponymes correspond à celle des années 893 à 666 avant J-C. Ce résultat est confirmé par le fait qu'une éclipse de soleil est mentionnée sous l'éponymat de Purissagali, correspondant à l'année 763 d'après le rapprochement que nous venons d'indiquer, et les astronomes nous apprennent qu'en effet cette année-là une éclipse de soleil presque totale fut visible dans l'Asie centrale.

      Si nous comparons cette chronologie assyrienne avec notre chronologie traditionnelle, nous constatons qu'elles sont d'accord sur un point : elles fixent toutes deux la date de la prise de Samarie et la ruine du royaume des dix tribus √† l'an 722. Pour les ann√©es suivantes, une correction des dates bibliques s'impose. D'apr√®s 2Rois 18.10-13, la ruine de Samarie est cens√©e avoir eu lieu la sixi√®me ann√©e du r√®gne d'Ez√©chias et l'exp√©dition de Sanch√©rib huit ans apr√®s, la quatorzi√®me du m√™me r√®gne, soit en 714. Or, d'apr√®s les inscriptions assyriennes, Sanch√©rib monta sur le tr√īne en 705 et il ne fit son exp√©dition contre J√©rusalem qu'en 701, vingt-deux ans apr√®s la prise de Samarie. On r√©tablit l'accord en corrigeant l'une ou l'autre des deux dates bibliques¬†; la Bible annot√©e a corrig√© la seconde et plac√© l'exp√©dition de Sanch√©rib la vingt-septi√®me ann√©e d'Ez√©chias (voir Esa√Įe 36.1, note).

      Quant √† la p√©riode ant√©rieure √† la prise de Samarie, la chronologie traditionnelle semble devoir √™tre aussi modifi√©e. Elle fixait √† l'an 897 la mort d'Achab tandis que d'apr√®s les inscriptions le roi Salmanasar II aurait battu en 854 pr√®s de Karkar les rois de Syrie et Achab d'Isra√ęl, leur alli√©. Cette diff√©rence de 46 ans est la plus consid√©rable que nous ayons √† constater. J√©hu, qui serait mort en 856 d'apr√®s notre chronologie, est mentionn√© encore en 842 parmi les tributaires du m√™me roi Salmanasar II. P√©kach d'Isra√ęl est vaincu par Tiglath-Pil√©ser en 734, tandis que notre chronologie le fait dispara√ģtre de la sc√®ne en 739. On voit que l'√©cart entre les dates de la Bible et celles des inscriptions assyriennes diminue de plus en plus √† mesure que nous nous rapprochons de l'an 722 o√Ļ il dispara√ģt.

      Nous n'avons aucune donn√©e pr√©cise qui nous permette de poursuivre notre enqu√™te au-del√† de l'ann√©e 854. L'inscription de M√©sa sur laquelle on s'est appuy√© ne para√ģt pas donner des renseignements positifs, et nous sommes dans l'incertitude sur la date qu'il faudrait assigner au schisme des deux royaumes de Juda et d'Isra√ęl que l'on fixait d'ordinaire √† l'an 975 avant J-C. (Voir 1Rois 14.20, note. De trois savants qui ont √©crit sur ce sujet en 1894, et qui comme nous admettent l'exactitude de cette date de 854, Wellhausen place le schisme en 950, Bsethgen en 938 et Kautzsch en 933). Si nous admettons l'an 854 comme √©tant celui de la mort d'Achab et que nous ajoutions √† cette date les 79 ou 80 ans que le livre des Rois assigne au r√®gne d'Achab et de ses pr√©d√©cesseurs (Achab a r√©gn√© vingt-deux ans¬†; il est devenu roi la trente-huiti√®me ann√©e d'Asa¬†; Abijam a r√©gn√© trois ans et Roboam dix-sept ans), nous en concluerions que le schisme a eu lieu vers 933. C'est une hypoth√®se sans doute que de nouvelles d√©couvertes ou de nouveaux calculs pourront modifier¬†; cependant, si l'on veut tenir compte des r√©sultats des d√©couvertes assyriennes, nous pensons que la table suivante est celle qui combinerait de la mani√®re la plus probable ces r√©sultats avec les donn√©es bibliques¬†; nous l'avons extraite du suppl√©ment √† la traduction de l'Ancien Testament, publi√©e sous la direction du professeur E. Kautzsch en 1894. En la comparant avec celle que nous avons donn√©e √† la fin de l'introduction aux Proph√®tes, nos lecteurs se rendront compte que les corrections de d√©tail sont nombreuses¬†; nous les donnons sous toutes r√©serves.

      Royaume de Juda Dates
      avant J-C
      Royaume d'Isra√ęl ¬†
      Roboam 933 Jéroboam I  
      Abijam 916    
      Asa 913    
        912 Nadab  
        911 Baésa  
        888 Ela  
        887 Zimri  
        887 Tibni et Omri  
        876 Achab  
      Josaphat 873    
        854 Achazia 854. Achab battu à Karkar
      par Salmanasar II
        853 Joram  
      Joram 849    
      Achazia 842    
      Athalie 842 Jéhu 842. Jéhu paye tribut
      à Salmanassar II
      Joas 836    
        814 Joachaz  
        798 Joas  
      Amatsia 797    
        783 Jéroboam II  
      Ozias (Azaria) 779    
      Jotham 740   745-728. Tiglath-Piléser (Phul)
        743 Zacharie,
      Sallum,
      Ménahem
      738. Ménahem lui paye tribut
        737 Pékachia  
      Achaz 736 Pékach 734. Pékach est vaincu
        730 Osée 732. Prise de Damas, mort de Retsin,
      tribut d'Achaz
      Ezéchias 727   727-723. Salmanasar IV (commence
      le siège de Samarie)
        722 Fin du royaume 722-706. Sargon, prend Samarie en 722
      Manassé 698   705-681. Sanchérib
      Amon 643   681-668. Asarhaddon
      Josias 640   668-626. Assurbanipal
      Joachaz 609    
      Jéhojakim 608   606. Destruction de Ninive
      Jéhojachin 597   605. Pharaon Néco battu
      par Nébucadnetsar à Carkémis
      Sédécias 597   604-562. Nébucadnetsar
      Prise de Jérusalem 586    
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